-
Mariam Barghouti-Une Nakba se déroule aussi en Cisjordanie occupée

Une Nakba se déroule aussi en Cisjordanie occupée par Mariam Barghouti
Les forces israéliennes d’occupation et les colons terrorisent la population palestinienne de Cisjordanie afin de l’expulser et de voler ses terres.
Depuis un mois et demi, les objectifs génocidaires d’Israël à Gaza sont devenus de plus en plus clairs. Non seulement l’armée israélienne massacre des civils, mais elle bombarde également l’enclave dans le but de détruire toutes les infrastructures civiles nécessaires à la vie.
Hôpitaux, écoles, stations d’épuration, toute source d’électricité – y compris les panneaux solaires -, entrepôts et fermes ont été pris pour cible. Cela a rendu la bande de Gaza invivable, forçant les Palestiniens à vivre une nouvelle Nakba.
Mais ce n’est pas seulement à Gaza qu’Israël espère se débarrasser de la population palestinienne. La volonté israélienne de procéder à un nettoyage ethnique s’étend à la Cisjordanie occupée, où est mis en œuvre un plan similaire, bien que plus subrepticement.
Des plans d’annexion
Séparer la poursuite du génocide à Gaza du contexte palestinien à plus grande échelle revient à nier que la cible des crimes israéliens n’est pas limitée au mouvement Hamas ni à la bande de Gaza, mais bien à l’existence palestinienne dans la Palestine historique dans son ensemble.
Il ne s’agit pas d’une crainte imaginaire des Palestiniens, mais d’une réalité que même les fondateurs de l’État israélien ont constamment et ouvertement admise.
«Il n’y a pas d’autre moyen que de transférer les Arabes d’ici vers les pays voisins, et de les transférer tous, sauf peut-être [les Arabes de] Bethléem, Nazareth et la vieille Jérusalem», écrivait Joseph Weitz, le directeur du Fonds national juif (FNJ), dans son journal en 1940.
«Pas un seul village ne doit être laissé debout, pas une seule tribu [bédouine]. Ce n’est qu’après ce transfert que le pays pourra absorber des millions de nos frères et que le problème juif cessera d’exister. Il n’y a pas d’autre solution», avait-il conclu.
Les milices juives qui ont mené une campagne de nettoyage ethnique massif des Palestiniens pour créer Israël n’ont pas pris le contrôle de la Cisjordanie et de Gaza en 1948, non pas parce qu’elles ne le souhaitaient pas, mais parce qu’elles n’en avaient pas la capacité.
La pression internationale et les limites de leurs propres capacités militaires les en ont empêchées.
Ces territoires servaient aussi commodément de destination aux Palestiniens expulsés du littoral méditerranéen, des villes comme Yaffa, Safad, Lydd et des villages environnants, dont les milices s’étaient emparées.
La guerre de 1967 a donné à Israël l’occasion de réaliser son objectif de régner sur toute la Palestine historique. Il a occupé Jérusalem-Est, la Cisjordanie et Gaza, ainsi que la péninsule égyptienne du Sinaï et le plateau du Golan syrien, qui reste occupé à ce jour.
Depuis lors, divers plans ont été élaborés pour annexer une partie ou la totalité de la Cisjordanie et de Gaza, tout en repoussant la population palestinienne soit dans des bantoustans séparés les uns des autres, soit vers les pays voisins, la Jordanie et l’Égypte.
La construction de plus de 150 colonies israéliennes [totalement illégales au regard du droit international] et de 120 avant-postes dans toute la Cisjordanie occupée est une politique qui découle de ces plans.
C’était également le cas à Gaza jusqu’en 2005, date à laquelle Israël a démantelé ses colonies et imposé un siège sur le territoire deux ans plus tard.
Sous le prétexte de «protéger» les 700 000 colons, Israël a empiété sur de plus en plus de terres palestiniennes, expulsant de plus en plus de Palestiniens de leurs communautés et leur refusant l’accès à leurs fermes, à leurs pâturages et à leurs oliveraies.
Cette situation a porté atteinte aux moyens de subsistance et à l’autosuffisance des Palestiniens.
Elle a également enhardi et encouragé les colons à harceler, torturer et tuer les Palestiniens sur leur propre territoire. Ces mesures, associées à des politiques visant à étrangler l’économie palestinienne et à pousser la majorité des Palestiniens dans un état de constante précarité, ont pour but ultime de forcer la population palestinienne à partir «volontairement».
Préparer la Nakba
Au cours de l’année écoulée, le gouvernement israélien dirigé par Benjamin Netanyahou a intensifié ces politiques. Lorsque le Hamas a lancé son offensive du 7 octobre, la situation en Cisjordanie occupée était déjà intolérable depuis longtemps.
L’année 2023 s’annonçait comme la plus meurtrière pour les Palestiniens de Cisjordanie occupée depuis que les Nations unies ont commencé à recenser les décès en 2006.
A la date du 7 octobre, les forces israéliennes et les colons avaient tué quelque 248 Palestiniens, en majorité des civils, dont au moins 45 enfants.
L’armée israélienne, en coordination avec les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne (AP), a mené des raids violents et des meurtres en série dans toute la Cisjordanie, en particulier dans les districts de Naplouse, Jénine et Tulkarem, dans le nord du pays.
Le nombre d’attaques de colons contre les communautés palestiniennes a également explosé et a gagné en ampleur et en violence. En février, les colons ont mené un pogrom dans la ville palestinienne de Huwara.
En juin, le gouvernement israélien et son ministre des finances, [le fasciste] Bezalel Smotrich, ont annoncé de nouvelles mesures facilitant et accélérant l’annexion de terres palestiniennes. En juillet, les expansions approuvées des colonies israéliennes ont atteint des sommets.
L’économie palestinienne, déjà au bord du désastre, a souffert encore plus de la destruction des infrastructures et de la limitation de la liberté de mouvement par les forces israéliennes et les colons.
Les démolitions de maisons et de structures de subsistance palestiniennes se sont multipliées. Au 1er octobre, plus de 750 bâtiments avaient été détruits, entraînant le déplacement de plus de 1100 Palestiniens.
Tous ces processus, qui visent à l’expulsion des Palestiniens et à l’annexion de leurs terres, étaient déjà en cours avant le 7 octobre. Israël a ensuite profité de l’offensive du Hamas le 7 octobre pour les accélérer.
Et alors que jusque-là, les vociférations de «mort aux Arabes» pouvaient être entendues publiquement, principalement lors de rassemblements de colons, après le 7 octobre, une majorité d’Israéliens s’est sentie tout à fait à l’aise pour exprimer ouvertement ce sentiment entre eux et avec le reste du monde.
Au cours des 50 derniers jours, Israël a tué 249 Palestiniens en Cisjordanie, dont au moins 60 enfants. Les raids israéliens sur les villages, les villes et les camps de réfugiés palestiniens en Cisjordanie occupée se sont intensifiés en termes d’ampleur, de gravité et d’utilisation d’armes meurtrières, notamment des fusils automatiques, des chars et des drones suicides «Maoz».
Le nombre de Palestiniens arrêtés et placés en détention administrative – la version officielle de l’enlèvement par Israël – a atteint un niveau record. Depuis le 7 octobre, au moins 3 260 Palestiniens ont été arrêtés en Cisjordanie occupée, dont de nombreux enfants. Les 150 Palestiniens libérés jusqu’à présent dans le cadre de l’accord d’échange d’otages sont également susceptibles d’être arrêtés à nouveau.
Les rapports et les vidéos faisant état d’abus et de tortures en détention se sont multipliés. Les Palestiniens sont également régulièrement harcelés et battus, même chez eux ou dans la rue.
Encouragés et armés par les autorités israéliennes, les colons israéliens sont devenus encore plus violents. Ils ont intensifié les expulsions forcées des communautés bédouines palestiniennes dans le sud, près de la vallée du Jourdain, et dans le centre, près de Ramallah, déplaçant plus de 1000 personnes depuis le 7 octobre.
Ces pratiques ont également eu un impact dévastateur sur l’économie palestinienne.
L’armée israélienne a verrouillé les principaux barrages militaires dans toute la Cisjordanie occupée, paralysant presque totalement les transports. Les travailleurs journaliers ont eu du mal à gagner leur vie, tandis que les stocks de nourriture s’amenuisent et que les importations sont retenues plus longtemps dans les ports israéliens.
Le secteur de la santé est également en état de crise, incapable de gérer le nombre qui ne cesse d’augmenter de blessés et de malades. Pour tout aggraver, l’armée israélienne a également commencé à assiéger et attaquer les hôpitaux de Cisjordanie.
Toutes ces tactiques servent à répandre la crainte et le désespoir parmi les Palestiniens, les préparant finalement à l’annexion et à l’expulsion.
Éliminer la résistance
Aujourd’hui, nous assistons à la poursuite de la Nakba à Gaza et en Cisjordanie. L’objectif d’Israël est d’expulser les Palestiniens et de tenter d’assimiler les survivants, comme il a essayé de le faire avec les Palestiniens de 1948.
Aujourd’hui, ces survivants ont la citoyenneté israélienne, mais sont traités comme des citoyens de seconde zone et souvent exposés à des pratiques discriminatoires et violentes de la part des citoyens juifs-israéliens et des autorités.
Face à cette catastrophe imminente, les Palestiniens de Cisjordanie sont livrés à eux-mêmes.
L’Autorité palestinienne (AP) est le seul acteur palestinien ayant accès aux armes, mais elle n’a rien fait pour protéger les Palestiniens contre la violence israélienne.
Les forces de sécurité de l’AP, fortes de 10 500 hommes, sont formées par les États-Unis et la Jordanie au maintien de l’ordre, et non à la confrontation avec une autre force armée.
Pire encore, ces forces et les unités de renseignement ont directement aidé Israël à attaquer et à démanteler toutes les poches de résistance armée en Cisjordanie au cours des dernières années.
Contrairement aux affirmations de la propagande israélienne, les jeunes qui ont décidé de prendre les armes – principalement concentrés à Naplouse et Jenine – ne font pas partie du Hamas ; certains sont membres du Fatah ou sont des transfuges des forces de l’Autorité palestinienne, mais beaucoup n’ont aucune affiliation politique.
Depuis le 7 octobre, l’armée israélienne s’est attachée à éradiquer ces groupes de résistance afin que la population civile de Cisjordanie soit totalement démunie face à la violence, à la dépossession et à l’expulsion.
Mais à mesure qu’Israël intensifie la violence, la résistance palestinienne apparait. Les Palestiniens ne cesseront pas de lutter contre l’occupation et l’apartheid simplement parce qu’ils n’en ont pas les moyens.
Personne ne veut vivre au bord de la survie, poussé et maintenu au bord du gouffre par un régime étranger.
Le moins que le monde puisse faire est de cesser de donner tête baissée dans la propagande israélienne et de défendre le droit des Palestiniens à résister à leur colonisateur et à leur oppresseur dans leur quête de libération.
C’est le moment de rassembler le courage nécessaire pour s’exprimer et mettre un terme à la volonté génocidaire d’Israël. C’est ici que les livres d’histoire nous offrent la possibilité de reconnaître que les États d’apartheid violents fondés sur des massacres ne sont ni légitimes, ni durables.
source : Chronique de Palestine
-
La question palestinienne – Chronologie historique.

j'ai pensé utile de reprendre cette chronologie historique du site des Nations Unies. Elle est très partielle et par certains côtés partiale. Mais tenir le site d'une école est chronophage et souvent épuisant.
Si, parmi les lecteurs, certains peuvent compléter cette chronologie, j'en serai bien-sûr reconnaissant, mais les lecteurs le seront encore plus et encore plus que les lecteurs les militants qui ont besoin de matériaux pour mener leur combat.
Merci d'avance pour toute aide.
Mohamed Bouhamidi.
Chronologie historique-Chronologie historique


1885 – Le terme « sionisme » est inventé pour la première fois par l’écrivain viennois Nathan Birnbaum.
1896 – Theodor Herzl, fondateur du mouvement sioniste, appelle à la « restauration de l’État juif ».
1897 – Le premier congrès sioniste a lieu à Bâle, en Suisse et la première organisation sioniste est fondée.
1917 – La Déclaration Balfour promet un « foyer national pour le peuple juif en Palestine ».
1919 – L’émir Fayçal présente un mémorandum à la Conférence de paix de Paris, exposant les arguments en faveur de l’indépendance des pays arabes.
Avril 1948 – Massacre de Deir Yassin : des groupes paramilitaires sionistes tuent des centaines d’Arabes palestiniens à Deir Yassin, un village près de Jérusalem.
Mai 1948 – La Grande-Bretagne met fin au mandat sur la Palestine et Israël déclare son indépendance le 15 mai. L’expansion territoriale par la force entraîne le premier exode à grande échelle de réfugiés palestiniens ; Le 15 mai devient une journée officielle pour marquer la Nakba (« catastrophe ») palestinienne .

Le médiateur des Nations Unies pour la Palestine fera rapport au Conseil de sécurité sur la Palestine
Le comte Folke Bernadotte (Suède), médiateur des Nations Unies pour la Palestine, et son épouse Estelle Manville-Bernadotte, à leur arrivée à l’aéroport de La Guardia. Il doit faire rapport au Conseil de sécurité sur la question de Palestine.

Organisation des Nations Unies chargée de superviser la trêve (ONUST)
Mai 1949 – L’AGNU adopte la résolution 273 (III) admettant Israël comme membre de l’ONU.
Décembre 1949 – L’ONU crée l’UNRWA pour remplacer l’UNRPR ( Résolution 302 (IV) de l’Assemblée générale ).

Le secrétaire général de l’ONU annonce la nomination du directeur de l’UNRWA
Le nouveau directeur de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, le major-général Howard Kennedy (à gauche), du Canada, serre la main du secrétaire général de l’ONU, Trygvie Lie.

Le drapeau d’Israël prend sa place parmi les drapeaux des pays membres au siège de l’ONU
Le drapeau d’Israël est hissé à sa place dans le grand cercle parmi les drapeaux des États membres au Siège de l’ONU. À droite, on voit Moshe Sharett, ministre des Affaires étrangères d’Israël, et d’autres membres de la délégation à gauche, tenant le drapeau.
1967 – Guerre des Six Jours : Israël occupe la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, Gaza, le plateau du Golan et la péninsule du Sinaï.
En novembre, le Conseil de sécurité de l’ONU adopte à l’unanimité la résolution 242 (Terre contre paix).
1968 – Création du Comité spécial des Nations Unies chargé d’enquêter sur les pratiques israéliennes affectant les droits humains du peuple palestinien et des autres Arabes des territoires occupés.





1975 – En 1975, le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien (CEIRPP) est fondé par la résolution 3376 de l’AGNU.
1976 – Le CEIRPP soumet son programme au Conseil de sécurité et à l’Assemblée générale pour permettre aux Palestiniens d’exercer leurs droits inaliénables.
1977 – Conformément à la résolution 32/40 B de l’AGNU , la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien est célébrée chaque année le 29 novembre.



1978 – Après deux semaines de négociations secrètes à Camp David (États-Unis), le président égyptien et le Premier ministre israélien s’accordent sur un cadre pour la paix au Moyen-Orient .
1979 – L’AGNU redésigne l’Unité spéciale sur les droits des Palestiniens en Division des droits des Palestiniens ( Résolution 34/65 D ).

Le Secrétaire général effectue une visite de deux semaines au Moyen-Orient
Le Secrétaire général Kurt Waldheim a quitté New York le 31 janvier pour une série de pourparlers avec les dirigeants d’Égypte, de Syrie, d’Arabie saoudite, du Liban, de Jordanie et d’Israël, dans le but de relancer les négociations de paix. Lors de son séjour au Liban, il a également discuté du rôle de l’ONU dans les efforts de secours et de réhabilitation dans ce pays. Sur le chemin du retour, il a visité une autre région troublée – Chypre – et a rencontré les dirigeants des deux communautés de l’île. Le Secrétaire général Kurt Waldheim s’adressant à la presse, à son arrivée à l’aéroport de Jérusalem. À gauche se trouve le ministre des Affaires étrangères d’Israël, Yigal Allon.

1980 – La Knesset israélienne promulgue la « Loi fondamentale » sur Jérusalem, proclamant que « Jérusalem entière et unie » est la capitale d’Israël ; le Conseil de sécurité et la résolution 35/169 E de l’Assemblée générale censurent cette loi.
1981 – L’UNESCO ajoute la vieille ville de Jérusalem à la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Le Conseil de sécurité de l’ONU adopte la résolution 497 , appelant Israël à annuler son action visant à annexer le plateau du Golan.




1982 – Israël envahit le Liban avec l’intention d’éliminer l’OLP. Après un cessez-le-feu, les forces de l’OLP se retirent vers les pays voisins. Malgré les garanties de sécurité pour les réfugiés palestiniens restés sur place, des massacres ont lieu dans les camps de Sabra et Chatila .


1987 – La première « Intifada » commence dans le camp de réfugiés de Jabaliya, dans la bande de Gaza.
1988 – En juillet, la Jordanie renonce à ses revendications sur la Cisjordanie et reconnaît l’OLP comme « le seul représentant légitime du peuple palestinien ».
En novembre, à Alger, le Conseil national palestinien adopte la déclaration d’indépendance de l’État de Palestine.

1991 – La conférence de paix au Moyen-Orient à Madrid rassemble toutes les parties au conflit israélo-arabe.
1993 – Israël et l’OLP signent la Déclaration de principes sur les arrangements intérimaires d’autonomie gouvernementale , également connue sous le nom d’accords d’Oslo. Plusieurs « statuts permanents »
1994 – Le Bureau du Coordonnateur spécial des Nations Unies dans les territoires occupés ( UNSCO ) est créé et M. Terje Roed-Larsen, de Norvège, est nommé premier Coordonnateur spécial des Nations Unies.



1995 – Israël et l’OLP signent l’ accord intérimaire palestino-israélien sur la Cisjordanie et la bande de Gaza (« Oslo II) ».

M. Terje Roed-Larsen de Norvège, premier Coordonnateur spécial des Nations Unies
Terje Roed-Larsen, Envoyé spécial pour la mise en œuvre de la résolution 1559 du Conseil de sécurité, informe aujourd’hui les correspondants sur le Liban en dehors du Conseil de sécurité, au siège de l’ONU à New York.

1996 – Des élections générales palestiniennes ont lieu.
1997 – Israël et l’OLP signent le Protocole d’Hébron .




1998 – Israël et l’OLP signent le mémorandum de Wye River , qui comprend des mesures visant à faciliter la mise en œuvre des accords précédents.
2000 – En juillet, le président américain Clinton convoque un sommet de paix au Moyen-Orient à Camp David qui se conclut sans accord.
La visite d’Ariel Sharon à al-Haram al-Sharif en septembre 2000 déclenche la deuxième Intifada palestinienne.

2001 – Le président américain sortant Clinton propose les paramètres Clinton pour un accord sur le statut permanent afin de résoudre le conflit israélo-palestinien.
Peu de temps après, le sommet de Taba se tient entre Israël et l’Autorité palestinienne mais ne parvient pas à résoudre la question du « statut permanent ».

Le Quatuor



2002 – Le Conseil de sécurité de l’ONU adopte la résolution 1397 affirmant la vision d’une solution à deux États au conflit.
Le Quatuor , composé de l’ONU, de l’UE, des États-Unis et de la Russie, a pour mandat de contribuer à la médiation du conflit israélo-palestinien et de soutenir le développement économique et le renforcement des institutions palestiniennes.
Lors d’un sommet à Beyrouth, la Ligue des États arabes adopte l’ Initiative de paix arabe .

2003 – La Feuille de route pour la paix est publiée par le Quatuor et est approuvée par le Conseil de sécurité dans la résolution 1515 .





2004 – La Cour internationale de Justice (CIJ) rend un avis consultatif sur la légalité de la construction d’un mur dans le territoire palestinien occupé.

2006 – En janvier, le Hamas remporte les élections législatives palestiniennes ; forme le gouvernement de l’Autorité palestinienne. Le Quatuor répond avec les Principes du Quatuor .
En juillet, Israël entre en guerre contre le Hezbollah au Liban.
2007 – Israël impose un blocus sur la bande de Gaza après une prise de contrôle armée de Gaza par le Hamas.
En novembre, la Conférence d’Annapolis se termine avec la publication d’une déclaration commune par les parties s’engageant à mettre immédiatement en œuvre leurs obligations respectives au titre de la Feuille de route et à œuvrer en faveur d’un traité de paix d’ici la fin de 2008.






Réunion sur l’accord de cessez-le-feu
Quatorze membres du Conseil de sécurité votent en faveur d’une résolution appelant à un cessez-le-feu immédiat à Gaza conduisant au retrait complet d’Israël, à la distribution sans entrave de nourriture, de carburant, de soins médicaux et à une intensification des accords internationaux pour empêcher la contrebande d’armes et de munitions sur le territoire. , avec un membre s’abstenant.

Création de la Mission d’enquête des Nations Unies sur le conflit à Gaza
Le juge Richard Goldstone (à gauche), chef de la Mission d’établissement des faits des Nations Unies sur le conflit de Gaza, informe la presse de la publication du rapport de la mission sur le conflit de Gaza, alors qu’Ahmad Fawzi, directeur de la Division de l’information et des médias du Département de l’information publique, regarde.



2008 – Israël étend ses sanctions et boucle complètement la bande de Gaza.
Plus tard dans l’année, Israël lance l’Opération Plomb Durci, une attaque militaire massive de 22 jours contre la bande de Gaza.
2009 – Le Conseil de sécurité adopte la résolution 1860 appelant à un cessez-le-feu à Gaza. Le HRC crée la Mission d’enquête des Nations Unies sur le conflit de Gaza pour enquêter sur les violations du droit international humanitaire et des droits de l’homme. Leurs conclusions sont publiées dans le « Rapport Goldstone ».

2012 – En novembre, Israël lance le « Pilier de défense », une opération militaire de 8 jours contre la bande de Gaza.
Plus tard dans le mois, l’Assemblée générale adopte la résolution 67/19 accordant à la Palestine le statut d’État observateur non membre auprès de l’ONU.
2013 – Des négociations directes entre Israël et la Palestine ont lieu à la suite d’une initiative du secrétaire d’État américain John Kerry visant à relancer le processus de paix.




Opération militaire de 8 jours contre la bande de Gaza
Trois jeunes Palestiniens inspectent les restes d’une maison ciblée par une frappe aérienne israélienne dans le district de Sheikh Radwan, au nord-ouest de la ville de Gaza.

La Palestine devient un État observateur non membre auprès de l’ONU
Riyad H. Mansour, Observateur permanent de l’État de Palestine auprès des Nations Unies, s’adresse à la réunion du Conseil de sécurité sur la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne.

2014 – Israël lance une opération militaire à grande échelle baptisée « Bordure protectrice » sur la bande de Gaza.





2016 – Le Conseil de sécurité de l’ONU adopte la résolution 2334 , déclarant que l’activité de colonisation d’Israël constitue une « violation flagrante » du droit international et n’a « aucune validité juridique ».

2017 – Le président américain Donald Trump annonce que les États-Unis reconnaîtraient Jérusalem comme capitale d’Israël.

-
Taher Elmouez-Palestine : Ce n’est pas « un conflit ou un problème ou un dilemme « religieux », c’est une guerre de libération anticoloniale.

Palestine : Ce n’est pas « un conflit ou un problème ou un dilemme « religieux », c’est une guerre de libération anticoloniale par Taher ElMouez
Le peuple palestinien a subi l’occupation ottomane ( 1516 – 1918), le colonialisme britannique (1918 – 1948) qui a « promis » en 1917 la Palestine au mouvement sioniste, puis leur a livré le pays en 1948. Cette occupation sioniste continue, avec le soutien de l’impérialisme (surtout américain et européen) et des régimes réactionnaires arabes.
Le colonialisme britannique a envahi la Palestine, suite à la défaite de l’empire ottoman et aux accords franco-britanniques, connus sous le nom d’accord « Sykes-Picot » (accords secrets, révélés par Lénine, après la victoire de la révolution bolchévique). Le colonialisme britannique a ensuite donné la Palestine au mouvement sioniste pour créer l’État d’Israël.
La Déclaration Balfour, le 2 novembre 1917, marqua le début du drame palestinien . Les conséquences de la « Déclaration Balfour », le 2 novembre 1917ont commencé avec la création d’un État dans la Palestine historique en 1948, où les deux tiers du peuple palestinien ont été expulsés par la force armée, selon un plan élaboré, depuis deux décennies. Cet événement est connu sous le nom de « Nakba », un terme arabe qui signifie : Catastrophe. Depuis, une partie du peuple palestinien vit sur les territoires occupés en 1948. Ce sont les descendant des 160 milles palestiniens qui ont échappé à l’expulsion. Ceux qui étaient expulsés (entre 800 milles et 850 milles) sont devenus des réfugiés dans les pays voisins (Liban, Syrie, Jordanie, Egypte) ou dans les territoires qui ont été occupés par la suite, en 1967, et surtout à Ghaza où les 2/3 des habitants sont des réfugiés dans leurs propres pays ( des déplacés, dans le jargon de l’ONU). Les Palestiniens qui vivaient dans les terres occupées en 1948 en tant que citoyens sont dépossédés de leurs droits et ont vécu sous un régime d’exception (couvre-feu, interdiction de se déplacer sans autorisation du gouverneur militaire…) pendant vingt ans.531 villages ont été rasés pour empêcher les réfugiés d’y retourner…
La lutte du peuple palestinien a pris forme en 1951 avec le début du Mouvement nationaliste arabe (MNA), dirigé par le Dr Georges Habash. Le mouvement susmentionné a soulevé la lutte anticoloniale dans tous les pays arabes, en particulier au Moyen-Orient, et a englobé la lutte pour la libération de la Palestine. Le (MNA) avait des sections dans plusieurs pays arabes comme Bahreïn, Oman, le Yémen, le Koweït, la Jordanie, etc. L’objectif fondamental était de promouvoir un soulèvement populaire dans tous les pays arabes contre le colonialisme britannique, principal responsable des désastres subis par de nombreux peuples arabes, y compris les Palestiniens.
En 1964, l’OLP fut créée par la Ligue Arabe, comme réponse à la revendication palestinienne d’avoir leur propres outils de lutte. Le Fatah a été fondé, dans la foulée, par des patriotes palestiniens de divers horizons (nationalistes, frères musulmans, patriotes laïques etc) prônant « la non ingérence dans les affaires des pays », séparant par là la lutte de libération de la Palestine, de la libération des autres pays arabes, sous colonisation directe (comme le Yémen ou les mini-pays du Golfe) ou indirecte (néo-colonisation) comme le reste des pays arabes, à quelques exceptions près.
La défaite des régimes arabes lors de la guerre de 1967 fut à l’origine de la naissance de la « nouvelle gauche » arabe, dont le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Les membres du FPLP étaient arrivés à la conclusion que ce ne sont pas les armées régulières arabes qui font infliger une défaite à l’entité sioniste, mais cette défaite ne pouvait être que par le peuple (même s’il est dépossédé et opprimé) et par une guerre populaire de longue haleine, à la manière algérienne ou chinoise ou vietnamienne.
L’apport du FPLP était important en clarifiant que que les véritables acteurs de la révolution étaient les pauvres, les ouvriers, les paysans, les hommes et les femmes écrasés et opprimés. Les dirigeants du FPLP ont insisté sur les différences entre le judaïsme (comme religion et non une identité nationale) et le sionisme comme idéologie colonialiste et raciste.
L’Etat fondé par les sionistes – avec l’aide active de l’impérialisme – sur la terre du peuple palestinien n’est pas le produit divin d’un livre de fiction religieuse, c’est un État illégitime. Il n’a pas de frontières définies. Il utilise contre la population palestinienne des lois héritées du colonialisme britannique, qui autorisent l’esclavage, le racisme, le nettoyage ethnique, l’extermination et les crimes contre l’humanité…
Mais aux yeux des pouvoirs politiques, économiques ou médiatiques des pays impérialistes « c’est la seule démocratie au moyen orient… (qui aurait) l’armée la plus respectueuse de la morale et de l’éthique…
Quel est le rôle des progressistes, hors de Palestine ?
L’idéologie sioniste est née en Europe, ainsi que les ghettos et l’extermination. Ce sont des armées et des colons européens qui ont exterminé les peuples autochtones aux Amériques, en Australie, en Nouvelle Zélande, qui ont privé des millions d’Africains réduits en esclavage. C’est ce travail gratuit et forcé des esclaves irlandais, puis africains, qui a permis une accumulation rapide du capital en Amérique du Nord et qui continue à se développer grâce au travail quasi-gratuit des prisonniers et des précaires. Ce sont ces « valeurs » qui servent de modèle à l’Etat sioniste en Palestine qui cherche à élargir son champ de domination à la Syrie (Golan), en Egypte (Sinaï), au Sud Liban, en Jordanie et ailleurs « du Nil à l’Euphrate » .
Il est nécessaire de dénoncer le plan de partage de l’ONU de 1947 qui représente une mesure qui reflète l’injustice coloniale historique avec le consentement de la » communauté internationale « . Le « droit international » est un leurre, car cette « communauté internationale » applique une partie de la résolution 181, néglige l’application de la résolution 194 sur le « droit au retour des réfugiés, en plus de leur indemnisation » et voudrait des organisations palestiniennes dociles et qui jouent le rôle d’auxiliaire de la colonisation, sinon ce sont des extrémistes et des terroristes !
La partition de la Palestine historique et la création, par l’ONU, de l’entité sioniste, servit de cadre juridique afin d’expulser les autochtones palestiniens. La création de cet Etat colonial sur la terre du peuple palestinien est une injustice coloniale historique, qui ne fut possible que par les conditions concrètes d’une ONU à ses débuts, lorsque la grande majorité des pays d’Afrique et d’Asie étaient sous domination coloniale Franco- Britannique. Tous les pays arabes étaient colonisés.
Maintenant, il ne s’agit pas de s’opposer à un gouvernement mais d’abolir le régime colonial qui ne veut avoir ni constitution, ni frontières. Ceci ne peut se faire pacifiquement, car la colonisation est – par définition – un processus d’actes violents qui ne disparaitra pas par une opération du Saint Esprit, mais par la lutte. C’est aux opprimés de choisir le moyen approprié, en fonction des moyens et des possibilités. Généralement le colonialisme ne laisse aucun choix aux colonisés.
La bataille de Gaza a démontré qu’il y a une modification des rapports de forces mais qui n’est pas en faveur des peuples opprimés. C’est une réorganisation ou une redistribution du pouvoir au détriment de l’impérialisme américain et européen (au détriment de l’OTAN), mais en faveur d’autres forces capitalistes ( Chine, Russie, Brésil, Iran…) qui veulent agrandir leur part en instaurant un monde multipolaire, au lieu d’un monde unipolaire. L’avenir du prolétariat, des exploités, des opprimés et des colonisés – comme les palestiniens – est l’affaire des concernés eux-mêmes, mais l’aide non conditionnée est nécessaire.
L’histoire de la lutte du peuple palestinien montre que la Palestine était et reste une terre habitée par son peuple (ou une partie de son peuple) qui la défend contre les colons venus d’une centaine de pays pour s’emparer du pays et de la terre par la force, avec l’aide des membres de l’OTAN. Plus de cent ans après la Déclaration Balfour, la Palestine est devenue l’endroit le moins sûr pour les entreprises capitalistes qui investissent en Palestine occupée et pour les touristes fascinés par la propagande sioniste, et particulièrement dangereux pour les colons qui veulent croire que ils occupent une « terre sans peuple ». Cette tendance doit se poursuivre (l’inversement des rapports de forces) pour que les coûts du colonialisme de peuplement augmentent par rapport à ses recettes et ses profits…
Taher Elmouez
-
الطاهر المعز-الكيان الصهيوني استثمار استراتيجي امبريالي للسيطرة على المشرق العربي

الكيان الصهيوني استثمار استراتيجي امبريالي للسيطرة على المشرق العربي-الطاهر المعزكانت فلسطين مقر القيادة العسكرية للإمبراطورية البريطانية في ما سُمِّيَ « الشرق الأوسط »، بين سنتَيْ 1918و 1947، وبعد إنشاء وتمويل وتسليح الكيان الصهيوني من قِبَلِ الإمبريالية وتسليم جيش الاستعمار البريطاني سنة 1947 كافة معسكراته ودباباته وطائراته المقاتلة للكيان الصهيوني استَمَرَّ الدّعم العسكري والإقتصادي والدّبلوماسي، من معظم الدّول الأوروبية ومن أمريكا الشمالية، وتشير التقديرات أن المُساعدات الخارجية تُمثل 35% من الناتج المحلي الإجمالي للكيان الصهيوني، أي إن جُزْءًا من فائض القيمة الذي تسرقه الرأسمالية من عرق العُمّال في أمريكا الشمالية وأوروبا يذهب إلى الكيان الصهيوني، ومن واجبنا كتقدّميين عرب توضيح هذه المسألة لأصدقائنا ورفاقنا في الدّول الإمبريالية التي ترسل مساعدات مالية وعسكرية سنوية تُمثل 35% من حجم الإقتصاد الصهيوني البالغ أكثر من خمسمائة مليار دولارا، وقُدِّرت قيمة التحويلات المالية والهِبات والتعويضات التي قَدّمتها الولايات المتحدة وألمانيا إلى الكيان الصهيوني بين سنتَيْ 1948 و 2010 بنحو 200 مليار دولار، واستفاد الكيان الصهيوني من اتفاقيات أوسلو، حيث تمكّن من اجتذاب 104 مليارات دولارا من الإستثمارات الأجنبية مباشرة بعد توقيع اتفاقيات أوسلو سنة 1993، لأن المستثمرين اعتبروا إن الإستثمارات أصبحت آمنة، ولن تزعجها المُقاومة المُسلّحة بعد موافقة قيادات منظمة التحرير الفلسطينية على وقف العمليات الفدائية.
تشير التقارير إلى 14 مليار دولار من التبرعات الأمريكية التي ضمنت مؤسساتها التعويضات عن الخسائر الناجمة عن الحرب، فضلا عن الدّعم العسكري في شكل صواريخ وأسلحة وذخائر بنحو 3,5 مليار دولارا، وضمنت سندات الكيان الصهيوني لتشجيع المُستثمرين على شرائها، لأن الكيان الصهيوني استثمار استراتيجي مُرْبِح للإمبريالية في الوطن العربي، أي إن الرّبح يفوق الخسارة
قال روبرت إف كينيدي جونيور في تغريدة له بتاريخ 8 تشرين الثاني/نوفمبر 2023 « إسرائيل هي معقلنا وأقدم حليف لنا، وإذا اختفت إسرائيل، فإن روسيا والصين ودول البريكس+ ستسيطر على 90% من نفط العالم، وستكون هذه كارثة على الأمن القومي الأمريكي »، ويعني هذا التّصريح أن الوطن العربي مستعمرة، وهو جزء من أمريكا، وثروته جزء من الأمن القومي الأمريكي!
الجيش الصّهيوني جزء من آلة الحرب الأمريكية والإمبريالية
تُقدّم الإمبريالية الأمريكية رسميا 3,8 مليارات دولارا سنويا للكيان الصهيوني في شكل مساعدات عسكرية، وتجمع المنظمات الصهيونية الأمريكية حوالي أربعة مليارات دولارا من التبرعات سنويا لدعم الكيان الصهيوني. أما خلال فترات الحرب العدوانية فإن هذا المبلغ يتضاعف مرّتَيْن أو ثلاثة، فضلاً عن الدّعم الأمريكي الإستثنائي، وعلى سبيل المثال فقد طلب الرئيس الأمريكي من الكونغرس الموافقة على مُساعدة مجانية للكيان الصهيوني بأربعة عشر مليار دولارا، بعد السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023، وأرسلت الولايات المتحدة إلى الجيش الصهيوني اليورانيوم المُنَضّب والفوسفور الأبيض والقنابل العنقودية، دعما للعدوان على فلسطينِيِّي غزة والضّفّة الغربية، وجميعها أسلحة مُحَرَّمَة، وموّلت الولايات المتحدة عمليات الإستيطان، وعلى سبيل المثال، عندما انهار الإتحاد السوفييتي وساءت حال المواطنين ساعدت المنظمات الصهيونية حوالي مليون سوفييتي على الإستيطان في فلسطين، في أراضي الشعب الفلسطيني، وسدّدت الولايات المتحدة، خلال رئاسة « بيل كلينتون » عشر مليارات دولار كضمانات قرض لتوطينهم، وخلال عدوان تشرين 2023 حضر الرئيس الأمريكي ووزراؤه والرئيس الفرنسي والعديد من المسؤولين الحكوميين الألمان، كما حَضَرت رئيسة المفوضية الأوروبية فاندرلاين وعدد من المُفَوِّضِين لإعلان دعمهم عمليات المجازر والإبادة ضد الشعب الفلسطيني المُحاصَر لأن الكيان الصهيوني يحقق المصالح الإستعمارية في الوطن العربي، وأرسلت الولايات المتحدة كميات ضخمة من الأسلحة دعمًا للجيش الصهيوني خلال عُدوان تشرين 2023، ونشرت بعض وسائل الإعلام صُورًا ( يوم 24 تشرين الأول/أكتوبر 2023 ) لشحنات عسكرية أمريكية عديدة انطلقت من قواعد الجيش الأمريكي بالولايات المتحدة وألمانيا والأردن باتجاه فلسطين المحتلة…
إن الدّول الإمبريالية تجني أرباحًا تفوق ما تنفقه لدعم الكيان الصهيوني الذي يُمثّل استثمارًا استراتيجيًّا للإمبريالية، وقاعدة مسلحة تحرس مصالحه في المشرق العربي، ولذلك فإن حماية الكيان الصهيوني هي حماية لمصالح الإمبريالية، ويُشكّل تطبيع الأنظمة العربية علاقاتها مع دولة الإحتلال انتصارًا يفوق أي انتصار عسكري، كما يُشكل استغلال المحروقات المَسْرُوقة من سواحل فلسطين خطوة هامة نحو استقلال الكيان الصهيوني عن الإمبريالية، لكن الشعوب العربية، وفي مقدّمتها شعوب مصر والأردن والمغرب ترفُضُ التّطبيع وترفض الكيان برُمّته وتُمارس المقاطعة رغم الدّعاية الإعلامية والسياسية ورغم القَمْع.
من يُعَوّض خسائر الفلسطينيين؟
.تقييم عملية طوفان الأقصى
أدّت العملية الفدائية المُشتَرَكَة التي نفّذها حوالي ثلاثة آلاف فِدائي من حماس والجهاد الإسلامي والجبهة الشعبية لتحرير فلسطين إلى قَتْل نحو 1400 مستوطن واحتجاز 240 مستوطن صهيوني وأجانب كرهائن، وفق وسائل إعلام العدو التي وصفت هذه العملية بنقطة تحَوّل تاريخية وباليوم الأكثر دموية في تاريخ كيان الإحتلال منذ تأسيسه سنة 1948
فقدت سلطة أوسلو أي مصداقية وفقدت مؤسسات حقوق الإنسان والدفاع عن الحريات مصداقيتها فقد قُتلت القوات الصهيونية 50 صحفياً خلال 45 يوماً في غزة، وهي واحدة من أكثر الخسائر دموية في هذا القرن، كما ظَهَرَ للعيان فَشَلُ الرّدع العسكري الصهيوني يوم السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023 وظهر التّواطؤ الإمبريالي (الغربي) العلني مع العدو الصهيوني، فضلاً عن تواطؤ الرجعيات والبرجوازية الكُمْبرادورية العربية، حتى لما كان العدو يقتل الأطفال ويقصف المستشفيات والمباني السّكنية والمدارس، فضلاً عن الحصار الاقتصادي المفروض، منذ حوالي عِقْدَيْن، من قِبَل « الديمقراطية الوحيدة في الشرق الأوسط » كما يصفها الإعلام الإمبريالي
اعتادت الإمبريالية (بقايدة الولايات المتحدة) على دعم الكيان الصهيوني علنًا، سواء خلال حرب 1973، حيث وفّرت الولايات المتحدة جِسْرًا جَوِّيًّا لإعادة إمداد الجيش الصهيوني، فضلا عن الدّعم السياسي والإعلامي والدّبلوماسي، وأرسلت وزارة الحرب الأمريكية بعد 13 تشرين الأول/اكتوبر 2023، حاملَتَيْ طائرات ترافقها عشر سفن حربية وعلى متنها 16 ألف جندي وضابط بحرية و300 طائرة، وكل ذلك لردع ثلاثة آلاف فدائي، وسدّدت ألمانيا حوالي مليار دولارا بعنوان « دعم المجهود الحربي الإسرائيلي ».
في الجانب العربي، لم يتضامن (عَمَلِيًّا) أي نظام عربي مع المُقاومة الفلسطينية ومع الشعب الفلسطيني في غزة وثُلُثاه من اللاجئين، وفي المقابل ساهمت المقاومة في لبنان وفي اليمنفي مشاغبة العدو عبر مناوشات تجبره على تشتيت قواته وتخصيص جزء منها إلى جبهة جنوب لبنان وميناء أم الرشراش.
كشفت العملية الفدائية ليوم السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023 فشل نظام التجسس « بيغاسوس » وكافّة أنظمة التنصت والتتبع الإلكتروني أمام التقنيات البدائية التي يستخدمها المقاتلون الفلسطينيون في غزة، وبذلك قد تنخفض مبيعات أجهزة التجسس والأسلحة والتجهيزات الإلكترونية التي يُشرف عليها الجيش الصهيوني وتدعمها الشركات ورؤوس الأموال الأمريكية وكانت تُشكل 48% من الصادرات و18,1% من الناتج الإجمالي الصهيوني وتُشغّل أكثر من 8200 مهندس عسكري…
طبيعة الكيان الصّهيوني
لا يجوز توصيف القضية بأنها « صراع » أو « مشكلة » أو معضلة « دينية »، إنها حرب تحرير ضد استعمار من نوع خاص، لأنه استعمار استيطاني اقتلاعي إحلالي.
عانى الشعب الفلسطيني من الإحتلال العثماني (1516 – 1918)، والإستعمار البريطاني (1918 – 1948) الذي “وعد” الحركة الصهيونية سنة 1917 بفلسطين، قبل أن يُسلّمها البلاد سنة 1948، ومنذ ذلك الحين يستمر الاحتلال الصهيوني، بل يتوسّع، بدعم من الإمبريالية (وخاصة الأمريكية والأوروبية) والأنظمة العربية الرجعية.
غزا الاستعمار البريطاني فلسطين، إثر هزيمة الدولة العثمانية خلال الحرب العالمية الأولى، وتَبَعًا للاتفاقية الفرنسية البريطانية المعروفة باتفاقية « سايكس بيكو » سنة 1916 (اتفاقية سرية كشف عنها لينين بعد انتصار الثورة البلشفية)، ثم مَنَحَ الاستعمار البريطاني فلسطين للحركة الصهيونية لإقامة « دولة إسرائيل ».
كان وعد بلفور، في الثاني من تشرين الثاني/نوفمبر 1917، بمثابة نقطة تحول في مأساة الشعب الفلسطيني، التي تجسّدت بتأسي الغرباء الأوروبيين دولةً في فلسطين سنة 1948، حيث تم طرد وتهجير ثُلُثَيْ الشعب الفلسطيني بالقوة المسلحة، خارج البلاد، وفق خطة تمت دراستها قبل عقدين من الزمن، ويعرف هذا الحدث باسم « النكبة »، وهو مصطلح عربي يعني: الكارثة، ومنذ ذلك الحين، يعيش جزء من الشعب الفلسطيني في الأراضي المحتلة سنة 1948، وهؤلاء هم أحفاد 160 ألف فلسطيني أفلتوا من الطرد. أما أولئك الذين طردوا (ما بين 800 ألف و 850 ألف) فقد أصبحوا لاجئين في البلدان المجاورة (لبنان وسوريا والأردن ومصر) أو في الأراضي التي تم احتلالها لاحقاً سنة 1967، وخاصة في غزة حيث يشكل اللاجئون نحو ثُلُثَيْ السكان وهم لاجئون في بلادهم (النازحون، بلغة الأمم المتحدة)، وعاش الفلسطينيون في الأراضي المحتلة سنة 1948 كمواطنين من درجة دُنْيا، جُرِّدوا من حقوقهم وعاشوا في ظل نظام عسكري (حظر التجول وحظر التنقل دون تصريح من الحاكم العسكري، إلخ) لمدة عشرين عامًا، كما حصلت عشرات المجازر وتم هدم 531 قرية لمنع اللاجئين من العودة…
تشكّلت مجموعات مقاومة صغيرة منذ عام النّكبة، وتأسست حركة القوميين العرب س 1948 (في خلاف مع حزب البعث)، ثم تبلْوَرَت الفكرة والنّضال سنة 1951، من خلال نقاشات المناضلين المُؤَسِّسِين، وهم من بلدان عربية مختلفة (فلسطين والأردن وسوريا والعراق والكويت واليمن وموريتانيا ) ومن بينهم جورج حبش ووديع حداد وهاني الهندي وأحمد الخطيب وصالح شبل وحامد الجبوري وغيرهم، وأصدرت الحركة نشرات ومجلاّت بين 1951 و 1959، تتمحور مواضيعها حول « ضرورة الوحدة العربية والتحرّر من الإستعمار والثأر من الصهيونية »، ثم حذفت الحركة شعار الثّأر واستبدلته بشعار استعادة فلسطين، وأضافت الإشتراكية سنة 1959، وأصبح هدف حركة القوميين العرب: « تعبئة جماهير كافة أقْطار الأمة العربيّة من أجل تحرّرها من الإستعمار واسترداد فلسطين وتحقيق وِحْدَة الأمة العربية وإنجاز الإشتراكيّة »، وفق ما ورَدَ في مجلاتها « الرّأي » و « الحُرِّيّة »، وتم حَلّ الحركة إثر هزيمة 1967، ليتأسّس الفرع الفلسطيني تحت إسم الجبهة الشعبيّة لتحرير فلسطين.
كان لحركة القوميين العرب فروع في عدة بلدان عربية في فلسطين وسوريا والعراق والأردن والبحرين وعُمان واليمن والكويت وغيرها، بهدف « تعزيز الانتفاضة الشعبية في جميع البلدان العربية ضد الاستعمار »، وقادت الحركة انتفاضة شعب عُمان في إقليم ظُفار، وقادت النضال ضد الإستعمار البريطاني وضد الحكم الملكي في اليمن وحكمت اليمن الجنوبي…
أنشأت جامعة الدول العربية منظمة التحرير الفلسطينية، سنة 1964، استجابة لطلب جزء من البرجوازية الوطنية الفلسطينية الحصولَ على أدوات نضال خاصة بالفلسطينيين، ثم تأسست حركة فتح في وقت لاحق على يد وطنيين فلسطينيين من خلفيات مختلفة (قوميون وإخوان مسلمون ووطنيون علمانيون إلخ ) وكانوا يدعون إلى « عدم التدخل في شؤون الدول »، وبالتالي فصل النضال من أجل تحرير فلسطين عن تحرير الشعوب العربية الأخرى، خلافًا لحركة القوميين العرب التي تعمل على تحرير البلدان الواقعة تحت الاستعمار المباشر (مثل اليمن أو دويلات الخليج ) أو الإستعمار غير المباشر (الاستعمار الجديد) ويشمل بقية البلدان العربية، مع استثناءات قليلة.
شكّلت هزيمة الأنظمة العربية وجيوشها خلال حرب 1967 تاريخ ولادة « اليسار الجديد » العربي، بما في ذلك الجبهة الشعبية لتحرير فلسطين التي توصّل مُؤسِّسُوها إلى نتيجة مفادها أن الجيوش العربية النظامية ليست قادرة على إلحاق الهزيمة بالكيان الصهيوني الذي تدعمه الإمبريالية، ولن تكون هذه هزيمته سوى من قِبَل الشعب (حتى لو كان يعيش الظّلم والحرمان) بواسطة الحرب الشعبية طويلة المَدَى، على الطريقة الجزائرية أو الصينية أو الفيتنامية، وكانت مساهمةُ الجبهة الشعبية لتحرير فلسطين مُهِمَّةً في توضيح أن الفاعلين الحقيقيين في صفوف الثورة هم الفقراء والعمال والفلاحون والرجال والنساء المسحوقون والمُضْطَهَدُون، وشدد قادة الجبهة الشعبية لتحرير فلسطين على الاختلافات بين اليهودية (كدين وهو ليس هوية وطنية) والصهيونية كأيديولوجية استعمارية وعنصرية.
ما هو دور التقدميين خارج فلسطين؟لقد وُلِدَت الأيديولوجية الصهيونية في أوروبا، كما وُلِدَت الغيتوات والإبادة، وسبق أن أبادت الجيوش الأوروبية والمستعمرون الشعوب الأصلية في الأمريكتين ( منذ القرن السّادس عشر) وأستراليا ونيوزيلندا، واستَعْبَدَ المُستعمرون الأوروبيون ملايين الأفارقة وسَلَبُوهم حريتهم التي يتشدّق الأوروبيون بها خلال القرن الثامن عشر وأجبر المستعمرون الأوروبيون العبيد على العمل في الأراضي التي سلبوها من السّكّان الأصليين، لتصبح مزارع ضخمة. إن هذا العمل القسري والشّاق للعبيد الأيرلنديين في البداية، ثم للعبيد الأفارقة، هو الذي سمح بالتراكم السريع لرأس المال في أمريكا الشمالية والذي يستمر في التطور بفضل العمل شبه الإجباري للسجناء والعمال غير المستقرين والنساء في الولايات المتحدة، حتى خلال القرن الواحد والعشرين، وإن هذه «القيم» هي التي تشكل نموذجاً للدولة الصهيونية في فلسطين التي تسعى إلى إبادة الأحياء وإجبارهم على الهجرة من وطنهم، وتسعى إلى توسيع نطاق هيمنتها إلى سوريا (الجولان)، ومصر (سيناء)، وجنوب لبنان، والأردن، وأماكن أخرى «من النيل إلى الفرات»، ولذلك، من الضروري التنديد بقرار التقسيم الذي أصدرته الأمم المتحدة سنة 1947 والذي يمثل صورةً عن الظلم الاستعماري التاريخي، باسم « المجتمع الدولي »، أو « القانون الدولي » الذي لا يعدو أن يكون أداةً للهيمنة، لأن هذا « المجتمع الدولي » يطبق جزءا من القرار 181، ويُهْمِل تطبيق القرار 194 الخاص بـ « حق عودة اللاجئين، فضلاً تعويضهم »، ويُريد المُتشدّقون بالمجتمع والقانون الدّوْلِيَّيْن أن تلعب المنظمات الفلسطينية دور المُساعد للإستعمار ( أي العَميل أو « الحركي »)، وإلا فهي متطرفة وإرهابية، خصوصًا إذا قاومت الإحتلال!
كان تقسيم فلسطين التاريخية وإنشاء الأمم المتحدة للكيان الصهيوني بمثابة إطار لِقَوْنَنَة وشَرْعَنَة طَرْدِ الفلسطينيين ( السكان الأصليين). إن إنشاء هذه الدولة الاستعمارية على وَطَن أرض الشعب الفلسطيني هو ظلم استعماري تاريخي، وهي جريمة حصلت في ظل الظروف التي أدّت إلى تأسيس الأمم المتحدة وفي ظل أيامها الأولى، عندما كانت الغالبية العظمى من البلدان في أفريقيا وآسيا تحت الحكم الإستعماري الفرنسي أو البريطاني، وكانت جميع البلدان العربية تحت الإستعمار، ويتمتع بعضها باستقلال شكلي، تحت إشراف وإدارة القادة العسكريين البريطانيين والفرنسيين.حاليا، لا يتعلق الأمر بمعارضة سياسات الحكومة الصهيونية، بل بإلغاء هذا النظام الاستعماري الإستيطاني الذي لا يريد أن يكون له دستور ولا حدود، ولا يمكن أن يتم ذلك سلميًا، لأن الاستعمار عنيف بطبيعته، ولن ينتهي الإستعمار (أي نوع من الإستعمار) وخصوصًا الإستعمار الإستيطاني من خلال التفاوض والنّضال السّلْمي (إن سمح به الحكم الإستعماري)، بل من خلال النضال، وعلى المظلوم أن يختار الوسيلة المناسبة، على أساس الوسائل والإمكانيات، وبشكل عام، لا يترك الاستعمار أي خيار للمستعمَرين، لأنه يُقاتلهم بقُوّة السّلاح وبالإستيلاء على الأراضي والممتلكات، فيضطر الشّعب الواقع تحت الإستعمار إلى مُقاومته بنفس الوسائل، وبالتّجنيد الشّعبي، فالشعب هو حاضن المُقاومة…
إن الدولة التي أسسها الصهاينة – بدَعْم مُباشر من الإمبريالية – على أرض الشعب الفلسطيني ليست نتاجاً لأمْر إلَهي (أرض بلا شعب وهَبَها اللّه لشعب بلا أرض !!!)، بل هي دولة غير شرعية، وتنفرد بانعدام دُسْتُورٍ وبعدم رسم حدودٍ لها، وتستخدم ضد السكان الفلسطينيين – أصحاب البلاد الشّرْعِيِّين – القوانين الموروثة من الإحتلال التّركي (العثماني) ومن الإستعمار البريطاني، والتي يُتَرْجَمُ تأويلها إلى إجازة العبودية والعنصرية والتطهير العرقي والإبادة والجرائم ضد الإنسانية… لكن هذا الإستعمار الإستيطاني الذي يعتمد عقيدة عنصرية تُجيز الإقصاء والإبادة، يُصبح في نظر القوى السياسية أو الاقتصادية أو الإعلامية في البلدان الإمبريالية » الديمقراطية الوحيدة في الشرق الأوسط… (التي لديها) الجيش الأكثر احترامًا للأخلاق وethics… »
لقد أثبتت معركة غزة أن هناك بعض التّغْيِير في ميزان القوى، لكنه – رغم تَوفُّر الإرادة – ليس لصالح الشعوب المضطهدة حاليا، بل يتمثل التّغيير الأساسي في إعادة تنظيم أو إعادة توزيع للهيمنة على حساب الإمبريالية الأمريكية والأوروبية (على حساب الناتو)، لصالح القوى الرأسمالية الأخرى (الصين وروسيا والبرازيل وإيران وغيرها) التي ترغب في توسيع نفوذها من خلال إقامة عالم متعدد الأقطاب بدلاً من عالم أحادي القطب، وهو تغيير قد يُخَفّف بعض الحمل لفترة وجيزة، لكن مستقبل البروليتاريا والمستغَلِّين والمضطَهَدين والمستعْمَرين – مثل الفلسطينيين – يتطلب تولِّي المعنيين أمورهم بأنفسهم، وهم في حاجة إلى المساعدة غير المشروطة من التّقدّمِيِّين والثوريين في العالم، لتحقيق أهدافهم في تحرير الأرض والإنسان.
يوضح تاريخ نضال الشعب الفلسطيني أن فلسطين كانت ولا تزال أرضًا يسكنها شعبها (أو جزء من شعبها) الذي يدافع عنها ضد المستوطنين القادمين من مائة بلد للإستيلاء على الوطن وعلى الأرض بالقوة، بمساعدة الإمبريالية وأعضاء حلف الناتو، وبعد مرور أكثر من مائة عام على وعد بلفور، يجب أن تُصبح فلسطين المكان الأقل أمانًا للشركات الرأسمالية المُستثمرة في فلسطين المحتلة، وللسياح المفتونين بالدعاية الصهيونية، وغير آمنة خاصة للمستوطنين الذين يرغبون في تصديق أنهم يحتلون « أرضًا بلا شعب »، ويجب أن يتواصل هذا الإتجاه (في ميزان القوى) لكي ترتفع تكاليف الإستعمار الإستيطاني، مقارنة بإيراداته وأرباحه…
رغم حَظْر المُظاهرات المُندّدة بجرائم الكيان الصهيوني أو المُتضامنة مع الشعب الفلسطيني، ورغم الحملات الإعلامية والقَمع والإعتقالات، تَظاهر الآلاف في العديد من مُدُن أوروبا وأمريكا الشّمالية، ومن واجبنا (كتقدّميين عرب) استغلال هذا التعاطف لتطوير عملية التّضامن وتحويلها إلى عملية مُساندة لحق الشعب الفلسطيني في وطنه وحقوق اللاجئين في العَوْدَة إضافةً إلى التّعْويض ونبذ الكيان الصهيوني كمستفيد من عرق الكادحين الذين يُعانون صعوبات مالية كبيرة بسبب ارتفاع الأسعار وارتفاع إيجارات المسكن وانخفاض القيمة الحقيقية للدّخل…
-
Moon of Alabama-Washington donne son feu vert à la reprise de la tuerie en Israël

Washington donne son feu vert à la reprise de la tuerie en Israël par Moon of Alabama
Hier, le secrétaire d’État américain Anthony Blinken s’est rendu en Israël. Il a donné son feu vert à l’intention du régime radical de Netanyahou de génocider davantage de personnes à Gaza.
Israël accepte de protéger les civils lorsque la guerre à Gaza reprendra, dit Blinken – Washington Post
TEL AVIV — Le gouvernement israélien a accepté d’élaborer un « plan clair » pour éviter la mort de civils avant de reprendre son assaut sur le sud de Gaza, a déclaré jeudi le secrétaire d’État Antony Blinken, signe de l’intensification de la pression américaine à laquelle Israël est confronté pour recalibrer son approche au milieu de la crise. le lourd tribut humanitaire de la guerre.
Blinken aurait dit à Israël de changer de stratégie pour le sud de Gaza, suggérant qu’il n’aurait pas des mois pour gagner la guerre – Times of Israël
Selon des remarques divulguées lors de la réunion du cabinet de guerre d’aujourd’hui, à laquelle a participé le secrétaire d’État américain Antony Blinken, Blinken a déclaré à Israël qu’il ne pouvait pas opérer dans le sud de Gaza comme il l’a fait dans le nord – une référence présumée aux bombardements aériens intenses et aux opérations terrestres écrasantes. – et a indiqué qu’Israël disposait de semaines, et non de mois, pour achever sa mission déclarée de destruction du Hamas.
Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le général Herzi Halevi, a déclaré jeudi au secrétaire d’État Tony Blinken que l’opération militaire israélienne à Gaza, y compris dans la partie sud de l’enclave, devrait prendre « plus que quelques semaines supplémentaires », ont indiqué trois personnes. avec une connaissance directe de la réunion a déclaré….
Blinken n’a pas demandé à Israël d’arrêter l’opération, mais a exprimé son inquiétude et a déclaré que plus la campagne militaire de haute intensité se poursuivrait, plus la pression internationale s’intensifierait sur les États-Unis et Israël pour qu’ils y mettent un terme, a déclaré une source….Ce qu’ils disent : Netanyahu a déclaré dans un communiqué après la rencontre avec Blinken qu’Israël poursuivrait la guerre jusqu’à ce qu’il atteigne trois objectifs : libérer tous nos otages, éliminer complètement le Hamas et garantir qu’aucune menace de ce type ne survienne jamais. de nouveau de Gaza.
Le dernier objectif n’est bien sûr réalisable que si Israël expulse tous les Palestiniens de Gaza, par le meurtre ou le nettoyage ethnique forcé.
Ce matin, peu après le départ de Blinken, le régime de Netanyahou a repris ses bombardements contre des personnes au hasard à Gaza.
Alors que les États-Unis ne sont pas disposés à utiliser leur pouvoir pour empêcher Israël de commettre de nouveaux crimes de guerre, il appartient à la résistance, au Hamas, au Hezbollah, à Badr et aux Houthis, de ramener les États-Unis et Israël, ainsi que tous ceux qui les soutiennent, à la raison.
Moon of Alabama
Source : https://www.moonofalabama.org/
-
Laure Lemaire-Vers une république fasciste en France ?

Il me semble à propos de s’interroger sur la nature du régime politique de la France à la suite de la manière dont il intervient dans le conflit Palestine-Entité Sioniste, soit par ses décisions, soit en empêchant le peuple de prendre position pour la Palestine. Après les « Emeutes » des quartiers délaissés de juillet, Frédéric Lordon avait fait une analyse remarquable du tournant que prenait la France depuis l’investiture de Macron à la tête de la république française. A la lumière de son blog, essayons d’appeler un chat, un chat, sans complaisance ni abus de langage.

1- L’ordre républicain
On savait déjà où en est, le signifiant « républicain » après un communiqué ouvertement raciste et factieux de syndicats policiers d’extrême droite, invoquant comme il se doit « l’ordre républicain » pour lancer la chasse à l’homme, plus précisément à ceux des hommes considérés comme des « nuisibles ». Tout à son habitude de confondre modération et aveuglement, le journal Le Monde avait jugé le communiqué « révélateur de l’exaspération des troupes», là où il aurait plutôt fallu y voir la fascisation de l’appareil de force . Le Monde n’accédera à l’idée que le fascisme naît « du dedans ». Car notre « dedans », c’est « la république » et « la démocratie ».
L’ éditorialiste n’a pas lu Brecht et ne sait pas que « le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie mais son évolution en temps de crise ».
Avec la sortie du DGPN réclamant l’extraterritorialité légale pour la police, avec la bénédiction du ministre de l’intérieur, un cran supplémentaire a été franchi. Même le besoin de s’envelopper de l’oripeau républicain est tombé. On ne veut plus qu’une chose: l’exception permanente et la licence intégrale. La police a totalement perdu de vue la nature exorbitante de ses prérogatives : être mandatée pour détenir des armes et s’en servir. Des prérogatives aussi extraordinaires ne sauraient aller sans la conscience d’une responsabilité extraordinaire. Mais non : la police veut pouvoir tirer à tuer sans être empêchée, ou cogner jusqu’à laisser pour mort sans être réprimandée: « nous avons les armes, nous nous en servons, fin de la discussion ». Et ceci maintenant jusqu’au sommet de sa hiérarchie, ministre compris.
2- La république policière
Le pouvoir qui, tout à sa passion d’offenser socialement et symboliquement la population, n’a plus aucune légitimité politique et ne tient plus que suspendu à sa police. A propos du communiqué syndical policier raciste et factieux, Dupond-Moretti le garde des Sceaux, c’est-à-dire le conservateur de la Constitution et de sa Déclaration des droits de l’homme, ne s’exprime pas.
Darmanin arme un dispositif de laisser faire (encouragé en sous-main) le grand débrayage de la police ; le pouvoir de Macron est à la merci du moindre trouble ; Darmanin devient indispensable si une crise aigüe se redéclenche.
De l’observation passive de la dérive autoritaire, le régime passe à l’accompagnement actif, prend même la tête du processus. La pensée se remanie en temps réel pour s’ajuster : l’ordre est bon, l’ordre est désirable, rien ne doit venir en atténuer l’exercice. Que la logique des institutions y périsse n’a aucune importance. « L’ordre, l’ordre, l’ordre » : la république policière a trouvé sa devise.3- Les vrais » territoires perdus » de la république
Il n’y a plus que le maintien du signifiant « républicain », pour poser encore quelques problèmes dans cette fuite en avant qui abolit la république. Dès le départ, la confusion était installée. Car « république » n’ayant jamais rien dit d’autre que « chose publique », elle ne préjuge rien quant à sa forme. En France, le mot a reçu sa signification de la Révolution. La « république » était toute marquée des idéaux de démocratie et d’égalité, dont il est patent que la Ve République finissante leur est devenue totalement étrangère.
Les vrais territoires perdus de la république, ce sont les commissariats, les fourgons de police, la préfecture et l’IGPN, mais aussi le bureau du garde des sceaux d’où sortent des circulaires de talion, les tribunaux qui les exécutent en leur donnant la forme d’une justice d’abattage, dont les minutes sidèrent d’ignominie, les instituts médico-légaux qui falsifient les comptes-rendus, comme celui d’Adama Traoré, les prisons et les CRA bien sûr, et l’on pourrait y ajouter tous ces médias où le racisme a pris la consistance d’une ligne éditoriale.
Voilà les vrais territoires perdus de la république, à l’exact envers de ceux qui sont usuellement donnés pour tels, ces quartiers d’où monte pourtant la demande d’égalité authentiquement républicaine dans une république démocratique et sociale.4-Vers la république fasciste
Dans l’état actuel de violence dégondée et de racisme incrusté où se trouve la police, il y a tout lieu de craindre que la république policière ne soit qu’une configuration transitoire dans un mouvement appelé à se poursuivre. On a longtemps réfléchi aux formes nouvelles que pourrait prendre un fascisme contemporain, qui permettraient de le qualifier sans qu’il ait à ressembler trait pour trait à celui des années 1930. Ces exercices d’imagination deviennent superflus quand des milices d’extrême droite prennent la rue pour y faire régner la terreur avec la bénédiction des forces de police qui regardent ailleurs, quand ces forces de police votent à + de 2/3 pour un parti d’extrême droite raciste, ou quand s’y répandent des insignes ouvertement fascistes voire néo-nazis. La convergence d’une police raciste hors de contrôle et des groupes de rue fascistes, 2 milices en quelque sorte, qui signe le possible devenir d’une « république fasciste ». C’est ce qu’il y a de plus terrifiant dans la situation présente.
« La police qui protège » était déjà une fiction en lambeaux, elle est complètement en cendres maintenant que nous avons vu le Raid, supposément nos « sauveurs » des jours d’attentat, tirant de bon cœur au fusil à pompe sur des émeutiers racisés. La confirmation est venue de Jean-Michel Fauvergues, ancien commandant du Raid devenu député Renaissance, qui réclame une « excuse de violence ». Il saute aux yeux que la police, dans un nombre croissant de ses unités, n’est plus qu’une milice sadique ivre de violence, livrée à ses vendettas personnelles, contre la famille Traoré par exemple ou contre des journalistes.
5- L’État hors les libertés et hors la loi
Mais c’est bien le bâtiment entier de la Ve « République » qui est en train de s’effondrer. Dans la main de la police, le gouvernement ne cesse plus d’installer un climat où l’intervention est en train de devenir la 1° des politiques publiques, en tout cas l’adjuvant nécessaire de toutes les autres. Alors le registre « policier » imprègne toute la vie publique.
L’une des tendances les plus frappantes de ce climat général réside dans la destruction avancée des libertés fondamentales. La restriction du droit de manifester par l’intimidation policière violente, qui aurait dû à elle seule scandaliser tous les démocrates, s’accompagne des interdictions par arrêtés à étouffer toute démonstration critique. La restriction des libertés politiques fondamentales prend la forme d’une illégalité d’État, entre arrêtés d’interdiction abusifs, ou publiés après coup donc hors droit. La partie de la justice qui ne s’est pas encore rendue à la ligne de répression totale, finit par condamner, mais pour combien de temps ? Les redispositions légales suivront de près les abus extralégaux, à l’image des drones, de la reconnaissance faciale ou de la censure des réseaux sociaux, « manières de faire » qui rangent la France de Macron au côté de l’Égypte, du Pakistan ou de la Chine. Comment appelle-t-on un pouvoir qui veut que le silence règne ?
Dans un lapsus fameux, au début de son 1°mandat, Macron voulant parler de la sortie de l’état d’urgence, avait dit : « Nous sortirons de l’État de droit ».6- Le rassemblement de l’extrême-droite
Le séisme est total, emporte tout. Tous les étages de la politique institutionnelle se sont écroulés sur le Rassemblement National. Nul ne pourrait plus dire en quoi Les Républicains s’en distinguent, ni la fausse majorité LREM qui aspire à s’allier avec LR, et traite avec complaisance le RN à l’Assemblée. Ainsi s’est constitué un bloc quasi-unifié idéologiquement, de la droite extrême : même idéologie économique et sociale, même racisme (et ceux qui ne disent mot sont comptés comme consentants), même tropisme pour la conduite policière de la société, même mépris pour les réels principes d’une démocratie libérale. Alors la députée Petel demande qu’on dise « le jeune délinquant » plutôt que « le petit Nahel ». Tout Renaissance passe à l’extrême droite et sa base électorale avec.
On mesure la dérive générale vers l’extrême droite quand la qualification d’« extrême-gauche » abonde, pour un parti aussi platement social-démocrate (au sens historique du terme) que la FI, largement propagée par les journalistes. La fusion de toutes les droites dans l’extrême droite au motif de faire un « arc républicain » (contre la FI) devient patente. Cet arc autoritaire-fasciste qui n’est plus dénoncé que par la FI qui se différencie clairement de cet agglomérat infâme, où l’on trouve en position de satellite, le PC de Roussel, passé sans l’ombre d’une hésitation du côté de la république policière, ainsi que la fraction du PS typique de la gauche d’extrême droite (Cazeneuve, Valls et consorts).7- La bourgeoisie
Mais le lieu où le renversement des catégories et des valeurs, l’abolition des principes et le déni d’humanité font des ravages, c’est la bourgeoisie. Elle n’a jamais trouvé personnage si adéquat que Macron pour la représenter. Macron a verbalisé le fond de sa pensée en explicitant la différence « de ceux qui ont réussi et de ceux qui ne sont rien », c’est-à-dire en installant formellement la catégorie des « riens ». D’où suit que avec les « riens », il a posé la structure élémentaire de la pensée raciste : une sous-humanité.
On comprend que la bourgeoisie y verse tête la 1°: racisme tout court à la suite du racisme social, quand la crise organique s’aiguise, que l’ambiance xénophobe se répand, et que tous les éléments de la conjoncture viennent se solidariser avec la défense aveugle de son ordre policier et raciste. « Il faut en passer par la pure ignominie politique pour défendre l’ordre bourgeois ». Voilà donc la bourgeoisie qui, sur les réseaux sociaux ou dans les médias, hurle de rage et de jouissance contre les Arabes et les Noirs, en plus de se déverser des milliers d’euros, dans la cagnotte de la honte pour un meurtrier d’enfant arabe.
Il y a une bourgeoisie éclairée, humaniste et cultivée, une bourgeoisie-de-gauche. Dans cette séquence ‘émeutes du printemps, le mot maudit, « illibéralisme », a émergé; on a commencé à faire parler les « intellectuels déçus du macronisme », manière de voir où en était leur enthousiasme libéral après un 49.3, une répression féroce des manifestations, la chasse aux casseroles, aux cartons rouges et l’entrée dans les arrêtés d’interdiction tombés de la lune. L’ invité des médias raisonnables s’alarme : « illibéralisme, pourquoi pas dictature pendant qu’on y est! ». Non, toute la bourgeoisie macroniste pense que « élections formelles » et « presse privée » sont la démocratie.
Le problème avec les emplois du mot fascisme contraints de coller parfaitement à la situation du moment et à elle seule, c’est qu’ avant l’heure c’est pas l’heure, mais qu’après l’heure c’est trop tard.
Françoise Fressoz : « La gravité des faits, combinée à la forte demande de l’opinion, commande [à Macron] d’aller plus loin pour contrer la surenchère sécuritaire de la droite et de l’extrême droite ». Soit, pour empêcher la survenue de l’extrême droite, menons nous-mêmes la politique de l’extrême droite. On reconnaît la « pensée » bourgeoise à ce que l’Histoire, porteuse de leçons, ne peut y trouver sa place, sauf comme une complète défiguration. Le macronisme en tant que tel n’est pas un fascisme mais il aura tout installé, et tout préparé. Les régimes monstrueux ne prennent jamais que sur des terreaux adéquats. En 6 ans, le macronisme, totalement ignorant de ce qu’est une société, des forces qui la composent, de ce qui peut s’y réveiller, a répandu partout une violence inouïe, y a déposé une épaisse couche de fumier où Tout peut pousser.
-
John Cassidy-Le fondamentalisme libéral de l’argentin Javier Milei

Le fondamentalisme libéral de l’argentin Javier Milei par John Cassidy
Le président élu, un populiste de droite aux instincts autoritaires, a été comparé à Donald Trump, mais ses opinions radicales sur l’économie le distinguent. Il est visiblement pire et même aux Etats-Unis la thérapie de choc qu’il préconise inquiète les gens les plus réalistes même si la bourse et les marchés financiers ont salué sa victoire. Son programme est proprement irréalisable comme le démontre ici ce chroniqueur du NewYorker. En fait, sans vouloir se moquer de l’impérialisme américain on doit constater que quand un gouvernement qui résiste est élu ou vient au pouvoir c’est certes une mauvaise nouvelle mais quand ce gouvernement est un allié ostensible et qu’il veut dollariser c’est encore pire. (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
Par John Cassidy21 novembre 2023

Lundi, alors que les analystes politiques (et de nombreux Argentins) cherchaient anxieusement à digérer l’élection de l’incendiaire d’extrême droite Javier Milei comme prochain président de la deuxième plus grande économie d’Amérique du Sud, les investisseurs se sont réjouis. À New York, les prix des actions et des obligations argentines ont fortement augmenté, la valeur de Y.P.F., une société pétrolière et gazière détenue majoritairement par l’État, ayant clôturé en hausse de 40%. « C’est l’occasion d’un nouveau départ », a déclaré Jorge Piedrahita, fondateur de Gear Capital Management, à Bloomberg.
L’Argentine aurait certainement besoin d’un nouveau départ économique. Il y a un siècle, après que le développement des bateaux à vapeur ait permis d’exporter du bœuf et d’autres produits périssables vers l’Europe et l’Amérique du Nord, son PIB par habitant était comparable à celui de nombreux pays d’Europe occidentale. Aujourd’hui, il est loin derrière eux. Depuis 2000, elle a fait défaut sur sa dette souveraine à trois reprises. Au cours des deux dernières années, une longue sécheresse a dévasté le secteur agricole du pays. L’économie est entrée en récession et le taux d’inflation a atteint 142,7 %. Quatre Argentins sur dix vivent dans la pauvreté et, au cours des quatre dernières années, la valeur du peso argentin a chuté de plus de 90% par rapport au dollar américain.
Milei, un économiste de 53 ans, a d’abord attiré l’attention en apparaissant dans une émission de télévision de fin de soirée. Il a blâmé la classe politique argentine pour les difficultés économiques du pays et a promis de tout faire exploser. Bien qu’il ait dirigé une grande partie de ses tirs contre les partis péronistes de centre-gauche qui ont été au pouvoir pendant une grande partie des vingt dernières années, il a également critiqué le gouvernement de centre-droit de Mauricio Macri, qui a été au pouvoir de 2015 à 2019, pour ne pas être assez conservateur. S’il était élu, a-t-il dit aux électeurs, il réduirait les dépenses publiques, réduirait les impôts, ferait un feu de joie des réglementations gouvernementales, remplacerait le peso argentin par le dollar américain et abolirait la plupart des agences gouvernementales, y compris la Banque centrale. « Aujourd’hui marque la fin de la décadence en Argentine », a-t-il déclaré lors de sa fête de victoire.
Certains comptes rendus ont comparé Milei à Donald Trump comme un populiste de droite avec des sympathies autoritaires. (Il a minimisé les crimes de la dictature militaire qui a assassiné des milliers d’Argentins entre 1976 et 1983.) En ce qui concerne l’économie, cependant, la comparaison n’est pas suffisante. Bien que Milei et Trump soient tous deux des nationalistes économiques autoproclamés, l’Argentin n’a pas de temps à perdre avec le protectionnisme que Trump épouse, ou pour dire aux fabricants où placer leurs usines. Les inspirations intellectuelles du libertarianisme économique intransigeant de Milei incluent Milton Friedman et Robert Lucas, deux illustres économistes de l’Université de Chicago, et Murray Rothbard, un New-Yorkais moins célèbre qui a contribué à introduire l’école autrichienne d’économie de marché aux États-Unis. (Milei possède cinq dogues anglais, dont quatre s’appellent Milton, Robert, Lucas et Murray ; le cinquième s’appelle Conan, d’après le Barbare.)
Milei a grandi à Buenos Aires. Après un court passage en tant que gardien de but pour l’équipe de football professionnelle Chacarita Juniors, il s’est tourné vers l’économie, obtenant deux maîtrises et travaillant pour plusieurs sociétés financières, dont HSBC, la banque internationale. Dans une interview révélatrice accordée à The Economist en septembre, Milei a rappelé que c’est la lecture d’un article de Rothbard, décédé en 1995, qui l’a transformé en un « anarcho-capitaliste » – quelqu’un qui croit que l’économie devrait être organisée uniquement sur la base de contrats privés et que l’État-providence est « l’ennemi ». Milei a déclaré qu’il était toujours un anarcho-capitaliste, intellectuellement parlant, mais qu’il reconnaissait également certaines des difficultés associées à la mise en œuvre de cette philosophie. Donc, en termes pratiques, il était un « minarchiste » – un partisan de rendre l’État aussi petit que possible en limitant ses fonctions à la défense et à l’application de la loi.
Le fondamentalisme libéral de Milei le place davantage dans le camp ultra-reaganien que dans la nation maga. Dans le contexte latino-américain, il est l’héritier des Chicago Boys du général Pinochet, qui ont libéralisé l’économie chilienne dans les années 1970 et 1980 sous la menace du fusil, et de Domingo Cavallo, le ministre argentin néolibéral de l’économie qui a arrimé le peso au dollar dans les années 1990. Cependant, c’est une chose d’épouser des idées radicales en tant que commentateur économique ou candidat protestataire. Leur mise en œuvre en est une autre, surtout dans un pays aussi divisé que l’Argentine.
Les obstacles auxquels Milei est confronté sont considérables. Ayant exclu de mettre en œuvre sa politique par décret présidentiel, il devra la faire passer par la législature bicamérale, dominée par les partis de centre-droit et de centre-gauche. Même si le parti de Macri, Ensemble pour le changement, soutenait les propositions de Milei à la chambre basse, il aurait encore besoin de convaincre certains péronistes au Sénat. Cela semble peu probable.https://6237098e3fa4d059b6d1db01540e1b0f.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-40/html/container.htmlADVERTISEMENThttps://6237098e3fa4d059b6d1db01540e1b0f.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-40/html/container.html
Compte tenu de ces réalités politiques, Milei pourrait avoir du mal à faire passer les politiques d’austérité sévères qu’il a réclamées, notamment la réduction des retraites et des programmes de lutte contre la pauvreté. Il y a aussi de sérieuses questions sur sa proposition politique phare : la dollarisation. Son argument intellectuel en sa faveur est simple. Il affirme que l’une des principales causes profondes des problèmes d’inflation en Argentine est que les politiciens de tous les partis, lorsqu’ils sont confrontés à des défis économiques, ont régulièrement recours à la planche à billets. L’abolition de la Banque centrale argentine et l’adoption du dollar américain comme seule monnaie légale mettraient fin à l’option inflationniste et obligeraient le gouvernement à équilibrer ses comptes, dit-il. Trois autres pays d’Amérique latine, l’Équateur, le Salvador et le Panama, ont dollarisé leurs économies, mais ils sont beaucoup plus petits que l’Argentine.
Milei fait référence à l’expérience de l’Argentine au début des années 1990, lorsque Cavallo, sous la présidence de Carlos Menem, a réagi à l’hyperinflation en rendant le peso entièrement convertible et en mettant en place une caisse d’émission pour protéger l’ancrage. En l’espace de quelques années, le taux d’inflation est passé de plus de 1000% à moins de 20%. La seule critique de Milei à l’égard de la politique de convertibilité de Cavallo est qu’elle a maintenu les pesos en circulation, et qu’elle pouvait donc être inversée, ce qui s’est produit en 2002. Dans le cadre de son plan de dollarisation, les Argentins devraient échanger tous leurs pesos contre des dollars.
Il y a beaucoup de problèmes potentiels avec la proposition de Milei, à commencer par un problème très fondamental : à l’heure actuelle, l’Argentine n’a pas les dollars dont elle aurait besoin pour dollariser son économie. Les réserves nettes de change de la Banque centrale du pays sont négatives, selon les analystes, ce qui signifie qu’elle doit plus d’argent en devises étrangères qu’elle n’en possède. « Dollariser sans dollars, c’est comme dire que vous voulez que toute la population porte des baskets Nike, même si vous ne les fabriquez pas et que vous n’avez pas les ressources pour les acheter », a déclaré Alejandro Werner, un ancien haut fonctionnaire du Fonds monétaire international, à Bloomberg il y a quelques mois. « C’est impossible. »
Emilio Ocampo, économiste et historien qui conseille Milei, affirme que la pénurie de dollars est plus apparente que réelle. « Les Argentins ont plus de 200 milliards de dollars de billets de banque cachés dans des coffres-forts dans les banques ou à la maison « sous le matelas » », a récemment écrit Ocampo. Ceci… reflète une dollarisation spontanée. Malgré cette réserve de dollars, presque tous les experts estiment que, pour que son plan fonctionne, le gouvernement de Milei devrait emprunter une grosse somme de dollars à l’étranger. Milei, lui aussi, a reconnu le dilemme : « Si quelqu’un vient me donner les 30 milliards de dollars en espèces, je peux le résoudre en une journée », a-t-il déclaré dans une interview accordée à The Economist. S’ils ne me donnent pas les 30 milliards de dollars en espèces, je ne résoudrai pas le problème en un jour.
Où Milei pourrait-il trouver l’argent dont il a besoin ? L’Argentine doit déjà plus de quarante milliards de dollars au Fonds monétaire international, dont la majeure partie a été fournie sous la présidence de Macri. En conséquence, obtenir du prêteur basé à Washington qu’il finance le plan de dollarisation semble être un long coup, au mieux. Ces dernières années, la Chine a également fourni beaucoup de devises fortes à l’Argentine, mais Milei est un fervent anticommuniste. Il veut aligner l’Argentine sur les États-Unis et Israël. (Il dit aussi qu’il envisage de se convertir du catholicisme romain au judaïsme.)
Même si la dollarisation s’avérait réalisable, elle pourrait s’avérer désastreuse au fil du temps. À la fin des années quatre-vingt-dix, alors que l’ancrage au dollar de Cavallo était encore en place, une flambée de la valeur du dollar (et, par conséquent, du peso) a contribué à rendre les exportations argentines non compétitives sur les marchés mondiaux. L’économie a plongé dans une profonde récession et les capitaux ont commencé à fuir le pays. Après le retour au pouvoir de Cavallo en 2001, la fuite des capitaux s’est accélérée et il a finalement ordonné aux banques de limiter les retraits d’espèces. En décembre 2001, des émeutes ont éclaté à Buenos Aires et dans d’autres villes. Cavallo démissionna. Le président Fernando de la Rúa aussi. Peu de temps après, l’Argentine a fait défaut sur ses dettes et a finalement abandonné l’ancrage de la monnaie.
La leçon est celle que de nombreux gouvernements occidentaux ont apprise dans les décennies qui ont suivi la Première Guerre mondiale, lorsqu’ils ont insisté pour restaurer l’étalon-or du XIXe siècle. Les régimes monétaires rigides, bien qu’ils puissent constituer un point d’ancrage efficace pour lutter contre l’inflation, privent les pays de la capacité de réagir aux chocs économiques, internes et externes. De plus, en abolissant la Banque centrale, la dollarisation complète priverait l’Argentine d’un prêteur en dernier ressort, ce qui rendrait son système financier encore plus fragile.
« La dollarisation est une stratégie potentiellement périlleuse de ‘no exit’ », a écrit Mark Sobel, ancien haut fonctionnaire du département du Trésor américain et ancien représentant des États-Unis au FMI, dans un article sur les propositions de Milei. « Cela pourrait semer les graines d’une contraction et d’un krach énormes, tout en détournant l’attention du travail difficile de redressement de l’économie. » Mark Weisbrot, un expert de l’Amérique latine au Center for Economic and Policy Research, un groupe de réflexion progressiste basé à Washington, a écrit que, même si l’Argentine était confrontée à de graves problèmes économiques, « une approche folle et économiquement suicidaire ne ferait qu’empirer les choses – et comme l’Argentine en a fait l’expérience, les choses peuvent empirer ».
C’est en supposant que le plan de Milei entre en vigueur, bien sûr. Mais sa position de faiblesse au sein de la législature signifie que nombre de ses propositions, y compris le plan de dollarisation, « ont peu de chances de voir le jour, du moins à court terme », a commenté lundi Michael Stott, rédacteur en chef du Financial Times pour l’Amérique latine. Est-ce qu’une personnalité comme Milei, qui a fait campagne avec une tronçonneuse, s’inclinera devant les politiciens élus qu’il a qualifiés de « voleurs » ? Dans son interview avec The Economist, il a déclaré que si la législature bloque ses propositions, « alors nous prévoyons d’aller à des référendums pour des réformes structurelles que nous considérons comme fondamentales ». Il semble que Milei ne se laissera pas facilement détourner de son programme radical. ♦
John Cassidy
Une version antérieure de cet article indiquait de manière erronée l’année où la dictature militaire argentine a commencé.
John Cassidy est rédacteur au New Yorker depuis 1995. Il écrit également une chronique sur la politique, l’économie et plus encore pour newyorker.com.
-
René Naba-Le Liban vaste dépôt d’armement de l’Otan depuis l’opération « déluge Al Aqsa » du Hamas contre Israël.

Je rajoute à cette importante alerte de René Naba, une copié collé d’un article du quotidien libanais El Akhbar traduit par le site El Manar du Hezbollah, sur cette présence massive des forces de l’OTAN au Liban.
Le Liban célèbre le 22 Novembre 2023 le 80eme anniversaire de son indépendance, sur fond d’une vacance du pouvoir de deux postes clés –la présidence de la République et le gouvernorat de la Banque du Liban–, à l’arrière-plan d’une Softwar de l’OTAN pour faire plier ce pays en vue de l’inciter à se soulever contre le Hezbollah libanais et de dissuader la formation paramilitaire chiite de s’engager dans la guerre contre Israël en appui au mouvement islamiste palestinien Hamas à Gaza.
Le Liban vaste dépôt d’armement de l’Otan depuis l’opération « déluge Al Aqsa » par René Naba
Le Liban a d’ailleurs été transformé en vaste dépôt d’armement de l’Otan à la faveur de la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l’opération “Déluge Al Aqsa” menée par le mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël, première incursion d’une telle ampleur sur le territoire israélien depuis la création de l’état hébreu en 1948.
55 avions militaires de l’Otan ont atterri au Liban entre le 8 et le 20 octobre, soit dès le lendemain de l’opération palestinienne, au prétexte de renforcer la sécurité des ambassades occidentales au Liban et de préparer l’évacuation des ressortissants occidentaux de ce pays dans l’hypothèse de l’extension au Liban du conflit entre Israël et le Hamas.
32 appareils (dont 9 américains, 9 hollandais et 9 britanniques) ont atterri à Hamate, dans le nord du Liban et 23 à l’annexe militaire de l’aéroport de Beyrouth venant de France, Canada, Italie, Espagne et Arabie saoudite. Les États Unis ont obtenu du Liban de bénéficier de l’extraterritorialité pour leur usage de la base de Hamate
Certains avions venaient directement d’Israël, mais en raison de l’absence de relations diplomatiques entre le Liban et l’État Hébreu, ces appareils faisaient brièvement escale à Chypre, à la base de souveraineté britannique d’Akrotiri, avant d’atterrir à Beyrouth.
Un avion canadien transportait un lot de “silencieux”. Un appareil hollandais de matériel de « brouillage électronique » et un avion belge de bombes fumigènes. Du matériel davantage destiné à la répression de manifestations qu’à la défense du Liban.
La France a même demandé l’autorisation de faire accoster un bateau transportant 500 soldats et 50 véhicules blindés, mais la requête française a été refusée.
L’armée libanaise, laconique, a assuré que ce matériel était destiné à son usage personnel et aux besoins de la FINUL (Force Intérimaire des Nations Unis au Liban) qui stationnent à la frontière libano-israélienne depuis 2006, sans toutefois préciser la répartition de ses équipements.
Touche supplémentaire à cette ténébreuse affaire, l’armée libanaise a transféré la totalité de ses exercices militaires aériens et terrestres vers Hamate (Nord-Liban), à l’abri des regards du Hezbollah libanais, la formation chiite qui tétanise Israël et rend l’Otan insomniaque.
Le Liban transformé en dépôt de l’armement occidental, cf ce lien pour le locuteur arabophone.
Un projet de mandat britannique sur le Liban
Le Royaume-Uni se propose, pour sa part, d’établir un nouveau mandat sur le Liban, dans le prolongement de son rôle déstabilisateur de ce pays lors de la guerre de Syrie, via ses ONG.
Prenant prétexte de la guerre Israël-Hamas à Gaza Londres a soumis directement au commandement de l’armée libanaise –et non au gouvernement libanais—un projet visant à autoriser le déploiement et la protection des forces britanniques au Liban.
Présenté avant l’opération « Déluge Al Aqsa », ce projet concerne la protection des navires de guerre britanniques et des appareils de la Royal Air Force, les membres des forces armées britanniques et leurs collaborateurs locaux, sans toutefois préciser ni leur lieu de déploiement, ni le nombre des équipements pas plus que leur volume.
Le document spécifie que le gouvernement libanais ne saurait entraver la libre circulation des forces britanniques ni dans l’espace aérien libanais ni dans les eaux territoriales du Liban et lui recommande d’accorder la priorité absolue à l’accès des forces britanniques à l’espace libanais et aux eaux territoriales de ce pays.
Le Royaume Uni, auteur de la « promesse Balfour » portant création du «Foyer National Juif» en Palestine, songe-t-il à aménager un nouveau «foyer national» à une quelconque minorité sur le territoire libanais afin de purger les turpitudes occidentales à l’égard d’une composante de sa population, en un lointain remake de la promesse Balfour?
Pour le locuteur arabophone, ce lien sur le projet britannique
Pour aller plus loin sur le rôle du Royaume Uni en Syrie et au Liban, cf ce dossier en trois volets.
DE LA DÉSTABILISATION DE LA SYRIE ET DU LIBAN PAR LE ROYAUME UNI DURANT LA GUERRE DE SYRIE
- https://www.madaniya.info/2022/03/03/de-la-destabilisation-de-la-syrie-et-du-liban-par-le-royaume-uni-dans-la-phase-du-printemps-arabe-1-3/
- https://www.madaniya.info/2022/03/08/de-la-destabilisation-du-liban-par-le-royaume-uni-dans-la-phase-du-printemps-arabe-2-3/
- https://www.madaniya.info/2022/03/15/de-la-destabilisation-du-liban-et-de-la-syrie-par-le-royaume-uni-3-3/
ILLUSTRATION
Hélicoptères CH-53 de l’USMC lors de l’évacuation des citoyens étrangers lors du conflit israélo-libanais de 2006 sur la base de la RAF d’Akrotiri. https://fr.wikipedia.org/wiki/Akrotiri_et_Dhekelia#/media/Fichier:USMC_CH-53_Akrotiri.jpg
SHARE
René Naba
Journaliste-écrivain, ancien responsable du Monde arabo musulman au service diplomatique de l’AFP, puis conseiller du directeur général de RMC Moyen-Orient, responsable de l’information, membre du groupe consultatif de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme et de l’Association d’amitié euro-arabe. Auteur de « L’Arabie saoudite, un royaume des ténèbres » (Golias), « Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français » (Harmattan), « Hariri, de père en fils, hommes d’affaires, premiers ministres (Harmattan), « Les révolutions arabes et la malédiction de Camp David » (Bachari), « Média et Démocratie, la captation de l’imaginaire un enjeu du XXIme siècle (Golias). Depuis 2013, il est membre du groupe consultatif de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme (SIHR), dont le siège est à Genève et de l’Association d’amitié euro-arabe. Depuis 2014, il est consultant à l’Institut International pour la Paix, la Justice et les Droits de l’Homme (IIPJDH) dont le siège est à Genève. Editorialiste Radio Galère 88.4 FM Marseille Emissions Harragas, tous les jeudis 16-16H30, émission briseuse de tabous. Depuis le 1er septembre 2014, il est Directeur du site Madaniya.
Une activité aérienne suspecte des avions atlantistes au Liban, depuis le lancement de l’offensive israélienne contre Gaza.
Depuis 1 heure 21 novembre 2023

Article traduit – Liban – Moyent-Orient
Le quotidien libanais al-Akhbar a révélé que le mystère persiste autour de l’activité intense et croissante des avions militaires étrangers opérant des vols entre l’aéroport de Beyrouth, la base aérienne de Hamat de l’armée libanaise, et entre les bases militaires de la région, y compris l’aéroport de Tel Aviv dans l’entité occupante.
En une semaine, entre le 14 et le 20 de ce mois-ci, 9 avions Atlantistes ont été enregistrés atterrissant dans les deux aéroports de Beyrouth et de Hamat qui renferme la base aérienne de l’armée libanaise.
Des sources ont indiqué à Al-Akhbar que la cargaison de certains avions comprenait des dispositifs utilisés pour le brouillage, ce qui soulève des questions sur la raison de leur transport au Liban, et s’ils sont utilisés pour brouiller le réseau de communication de la résistance dans le cas de l’extension de la guerre qui se déroule actuellement au sud du Liban contre les positions militaires israéliennes.
Les sources ont rappelé le rôle majeur de l’arme de signalisation de la résistance qui a joué un rôle primordial lors de l’offensive israélienne de juillet 2006.
Deux ans plus tard, en 2008, le gouvernement libanais du Premier ministre Fouad Siniora avait à son tour tenté en vain de démanteler le réseau de communication de la résistance.
Les mêmes sources ont confirmé que les autorités de sécurité des aéroports de Beyrouth et de Hamat « prennent note » de ce que les avions transportent dans leur manifeste, sans qu’il n’y ait d’audit sérieux de ces chargements, notant que la base aérienne de Hamat manque de dispositif scanner.
Le site Intelsky, spécialisé dans la surveillance des mouvements aériens dans la région, a suivi, entre le 14 et le 20 novembre, l’atterrissage de neuf avions militaires (un à Hamat et huit à l’aéroport de Beyrouth) appartenant à des États membres de l’Otan.
Le 14, un avion militaire Lockheed C130H Hercules appartenant à l’armée de l’air néerlandaise a atterri à Hamat.
Auparavant, entre le 15 octobre et le 2 novembre, 5 avions néerlandais avaient atterri à Hamat et 4 à l’aéroport de Beyrouth.
Dans l’aéroport de Beyrouth, les atterrissages suivants ont été signalés :
Le 14 novembre, 3 avions, un Airbus 400M Atlas belge et 2 autres appartenant à la Royal Air Force britannique du même modèle.
Le 16, deux avions, un Boeing américain C -17A Globemaster III et un polonais de type CASA C-295M.
Le 17 novembre, un avion américain Boeing C-17A Globemaster III.
Le 20, 3 avions dont deux espagnols, des Airbus 400M Atlas et un français de type CASA CN-235- 300M.
A noter que certains types de ces énormes avions, comme le Boeing C-17A Globemaster, sont destinés au transport d’équipements lourds.
Beyrouth-Tel Aviv en passant par Chypre
Bien que la loi libanaise interdise les vols directs entre le Liban et l’entité sioniste, le site a observé l’atterrissage de trois avions à l’aéroport de Beyrouth ayant des liaisons avec Tel Aviv.
Le premier a eu lieu le 14 novembre, lorsque d’un avion, le Royal Air Force britannique (Airbus A400M Atlas) a réalisé deux vols Tel Aviv-Beyrouth puis Beyrouth-Tel Aviv en effectuant dans les deux cas un « touch and go » (toucher la piste et décoller directement sans s’arrêter) sur la base britannique Akrotiri à Chypre « par observation » de l’interdiction des vols directs par la loi libanaise.
Le seconda a eu lieu le 16 novembre par l’appareil de l’US Air Force (Boeing C-17A Globemaster III). Le site Internet Intelsky a indiqué que l’avion avait disparu des radars avant l’atterrissage et était réapparu après le décollage supposé. La période pendant laquelle l’avion a été absent des radars au-dessus de Larnaka n’a duré que 4 minutes à une altitude de 1 264 mètres, ce qui renforce l’hypothèse selon laquelle il n’a pas réellement atterri à Chypre.
Le troisième a été réalisé par un avion de la Royal Air Force britannique (Airbus A400M Atlas). En provenance de Tel Aviv, il a effectué un atterrissage camouflé à Akrotiri, à seulement 375 mètres d’altitude au-dessus de la base, ce qui signifie qu’il a violé la loi libanaise.
A noter que des vols quotidiens ont été enregistrés entre la base d’Akrotiri et Tel-Aviv depuis le déclenchement de l’opération du Hamas Déluge d’al-Aqsa, le 7 octobre dernier.
Ce qui ne manque pas de susciter des soupçons quant à savoir si ces voyages font partie de stratégies plus larges liées aux conflits en cours et dans le contexte d’efforts visant à renforcer les capacités militaires de certaines parties dans la région, ou à leur fournir un soutien logistique comprenant le transport des équipements et des fournitures nécessaires.
À l’ambiguïté s’ajoute le silence complet sur la position officielle libanaise, en particulier celle du commandement de l’armée libanaise, à l’exception d’une déclaration publiée le 10 de ce mois.
Elle y a indiqué qu’« une partie du trafic aérien à l’aéroport est une activité de routine visant à transférer de l’aide militaire à l’armée libanaise ». La nature de l’autre partie n’a toutefois pas été précisée.
La déclaration a été publiée après que le site Internet Intelsky a surveillé une importante activité d’avions militaires étrangers inédites au Liban depuis des années.
Entre le 8 octobre dernier et le 10 novembre, 32 avions ont atterri au Liban, dont 9 appartenant aux forces aériennes américaine, néerlandaise et britannique dans la base de Hamat et 23 appartenant aux forces aériennes américaine, française, néerlandaise, espagnole, canadienne, italienne et saoudienne et qui ont atterri dans la base réservée aux avions militaires et diplomatiques, située à l’ouest de l’aéroport de Beyrouth.
(Traduit par notre site du quotidien al-Akhbar)
Source: Médias
ma source (interdite en Europe, sauf via VPN) : https://french.almanar.com.lb/2788678
« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »
– Keiko, Londres
« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »
– Sarah, New York
« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »
– Olivia, Paris
