Je rajoute à cette importante alerte de René Naba, une copié collé d’un article du quotidien libanais El Akhbar traduit par le site El Manar du Hezbollah, sur cette présence massive des forces de l’OTAN au Liban.

Le Liban célèbre le 22 Novembre 2023 le 80eme anniversaire de son indépendance, sur fond d’une vacance du pouvoir de deux postes clés –la présidence de la République et le gouvernorat de la Banque du Liban–, à l’arrière-plan d’une Softwar de l’OTAN pour faire plier ce pays en vue de l’inciter à se soulever contre le Hezbollah libanais et de dissuader la formation paramilitaire chiite de s’engager dans la guerre contre Israël en appui au mouvement islamiste palestinien Hamas à Gaza.

Le Liban a d’ailleurs été transformé en vaste dépôt d’armement de l’Otan à la faveur de la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l’opération “Déluge Al Aqsa” menée par le mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël, première incursion d’une telle ampleur sur le territoire israélien depuis la création de l’état hébreu en 1948.

55 avions militaires de l’Otan ont atterri au Liban entre le 8 et le 20 octobre, soit dès le lendemain de l’opération palestinienne, au prétexte de renforcer la sécurité des ambassades occidentales au Liban et de préparer l’évacuation des ressortissants occidentaux de ce pays dans l’hypothèse de l’extension au Liban du conflit entre Israël et le Hamas.

32 appareils (dont 9 américains, 9 hollandais et 9 britanniques) ont atterri à Hamate, dans le nord du Liban et 23 à l’annexe militaire de l’aéroport de Beyrouth venant de France, Canada, Italie, Espagne et Arabie saoudite. Les États Unis ont obtenu du Liban de bénéficier de l’extraterritorialité pour leur usage de la base de Hamate

Certains avions venaient directement d’Israël, mais en raison de l’absence de relations diplomatiques entre le Liban et l’État Hébreu, ces appareils faisaient brièvement escale à Chypre, à la base de souveraineté britannique d’Akrotiri, avant d’atterrir à Beyrouth.

Un avion canadien transportait un lot de “silencieux”. Un appareil hollandais de matériel de « brouillage électronique » et un avion belge de bombes fumigènes. Du matériel davantage destiné à la répression de manifestations qu’à la défense du Liban.

La France a même demandé l’autorisation de faire accoster un bateau transportant 500 soldats et 50 véhicules blindés, mais la requête française a été refusée.

L’armée libanaise, laconique, a assuré que ce matériel était destiné à son usage personnel et aux besoins de la FINUL (Force Intérimaire des Nations Unis au Liban) qui stationnent à la frontière libano-israélienne depuis 2006, sans toutefois préciser la répartition de ses équipements.

Touche supplémentaire à cette ténébreuse affaire, l’armée libanaise a transféré la totalité de ses exercices militaires aériens et terrestres vers Hamate (Nord-Liban), à l’abri des regards du Hezbollah libanais, la formation chiite qui tétanise Israël et rend l’Otan insomniaque.

Le Liban transformé en dépôt de l’armement occidental, cf ce lien pour le locuteur arabophone.

Le Royaume-Uni se propose, pour sa part, d’établir un nouveau mandat sur le Liban, dans le prolongement de son rôle déstabilisateur de ce pays lors de la guerre de Syrie, via ses ONG.

Prenant prétexte de la guerre Israël-Hamas à Gaza Londres a soumis directement au commandement de l’armée libanaise –et non au gouvernement libanais—un projet visant à autoriser le déploiement et la protection des forces britanniques au Liban.

Présenté avant l’opération « Déluge Al Aqsa », ce projet concerne la protection des navires de guerre britanniques et des appareils de la Royal Air Force, les membres des forces armées britanniques et leurs collaborateurs locaux, sans toutefois préciser ni leur lieu de déploiement, ni le nombre des équipements pas plus que leur volume.

Le document spécifie que le gouvernement libanais ne saurait entraver la libre circulation des forces britanniques ni dans l’espace aérien libanais ni dans les eaux territoriales du Liban et lui recommande d’accorder la priorité absolue à l’accès des forces britanniques à l’espace libanais et aux eaux territoriales de ce pays.

Le Royaume Uni, auteur de la « promesse Balfour » portant création du «Foyer National Juif» en Palestine, songe-t-il à aménager un nouveau «foyer national» à une quelconque minorité sur le territoire libanais  afin de purger les turpitudes occidentales à l’égard d’une composante de sa population, en un lointain remake de la promesse Balfour?

Pour le locuteur arabophone, ce lien sur le projet britannique

Pour aller plus loin sur le rôle du Royaume Uni en Syrie et au Liban, cf ce dossier en trois volets.

Hélicoptères CH-53 de l’USMC lors de l’évacuation des citoyens étrangers lors du conflit israélo-libanais de 2006 sur la base de la RAF d’Akrotiri. https://fr.wikipedia.org/wiki/Akrotiri_et_Dhekelia#/media/Fichier:USMC_CH-53_Akrotiri.jpg

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René Naba

Journaliste-écrivain, ancien responsable du Monde arabo musulman au service diplomatique de l’AFP, puis conseiller du directeur général de RMC Moyen-Orient, responsable de l’information, membre du groupe consultatif de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme et de l’Association d’amitié euro-arabe. Auteur de « L’Arabie saoudite, un royaume des ténèbres » (Golias), « Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français » (Harmattan), « Hariri, de père en fils, hommes d’affaires, premiers ministres (Harmattan), « Les révolutions arabes et la malédiction de Camp David » (Bachari), « Média et Démocratie, la captation de l’imaginaire un enjeu du XXIme siècle (Golias). Depuis 2013, il est membre du groupe consultatif de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme (SIHR), dont le siège est à Genève et de l’Association d’amitié euro-arabe. Depuis 2014, il est consultant à l’Institut International pour la Paix, la Justice et les Droits de l’Homme (IIPJDH) dont le siège est à Genève. Editorialiste Radio Galère 88.4 FM Marseille Emissions Harragas, tous les jeudis 16-16H30, émission briseuse de tabous. Depuis le 1er septembre 2014, il est Directeur du site Madaniya.

 Depuis 1 heure  21 novembre 2023

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 Article traduit – Liban – Moyent-Orient

Rédaction du site

Le quotidien libanais al-Akhbar a révélé que le mystère persiste autour de l’activité intense et croissante des avions militaires étrangers opérant des vols entre l’aéroport de Beyrouth, la base aérienne de Hamat de l’armée libanaise, et entre les bases militaires de la région, y compris l’aéroport de Tel Aviv dans l’entité occupante.

En une semaine, entre le 14 et le 20 de ce mois-ci, 9 avions Atlantistes ont été enregistrés atterrissant dans les deux aéroports de Beyrouth et de Hamat qui renferme la base aérienne de l’armée libanaise.

Des sources ont indiqué à Al-Akhbar que la cargaison de certains avions comprenait des dispositifs utilisés pour le brouillage, ce qui soulève des questions sur la raison de leur transport au Liban, et s’ils sont utilisés pour brouiller le réseau de communication de la résistance dans le cas de l’extension de la guerre qui se déroule actuellement au sud du Liban contre les positions militaires israéliennes.

Les sources ont rappelé le rôle majeur de l’arme de signalisation de la résistance qui a joué un rôle primordial lors de l’offensive israélienne de juillet 2006.

Deux ans plus tard, en 2008, le gouvernement libanais du Premier ministre Fouad Siniora avait à son tour tenté en vain de démanteler le réseau de communication de la résistance.

Les mêmes sources ont confirmé que les autorités de sécurité des aéroports de Beyrouth et de Hamat « prennent note » de ce que les avions transportent dans leur manifeste, sans qu’il n’y ait d’audit sérieux de ces chargements, notant que la base aérienne de Hamat manque de dispositif scanner.

Le site Intelsky, spécialisé dans la surveillance des mouvements aériens dans la région, a suivi, entre le 14 et le 20 novembre, l’atterrissage de neuf avions militaires (un à Hamat et huit à l’aéroport de Beyrouth) appartenant à des États membres de l’Otan.

Le 14, un avion militaire Lockheed C130H Hercules appartenant à l’armée de l’air néerlandaise a atterri à Hamat.

Auparavant, entre le 15 octobre et le 2 novembre, 5 avions néerlandais avaient atterri à Hamat et 4 à l’aéroport de Beyrouth.

Dans l’aéroport de Beyrouth, les atterrissages suivants ont été signalés :

Le 14 novembre, 3 avions, un Airbus 400M Atlas belge et 2 autres appartenant à la Royal Air Force britannique du même modèle.

Le 16, deux avions, un Boeing américain C -17A Globemaster III et un polonais de type CASA C-295M.

Le 17 novembre, un avion américain Boeing C-17A Globemaster III.

Le 20, 3 avions dont deux espagnols, des Airbus 400M Atlas et un français de type CASA CN-235- 300M.

A noter que certains types de ces énormes avions, comme le Boeing C-17A Globemaster, sont destinés au transport d’équipements lourds.

Beyrouth-Tel Aviv en passant par Chypre

Bien que la loi libanaise interdise les vols directs entre le Liban et l’entité sioniste, le site a observé l’atterrissage de trois avions à l’aéroport de Beyrouth ayant des liaisons avec Tel Aviv.

Le premier a eu lieu le 14 novembre, lorsque d’un avion, le Royal Air Force britannique (Airbus A400M Atlas) a réalisé deux vols Tel Aviv-Beyrouth puis Beyrouth-Tel Aviv en effectuant dans les deux cas un « touch and go » (toucher la piste et décoller directement sans s’arrêter) sur la base britannique Akrotiri à Chypre « par observation » de l’interdiction des vols directs par la loi libanaise.

Le seconda a eu lieu le 16 novembre par l’appareil de l’US Air Force (Boeing C-17A Globemaster III). Le site Internet Intelsky a indiqué que l’avion avait disparu des radars avant l’atterrissage et était réapparu après le décollage supposé. La période pendant laquelle l’avion a été absent des radars au-dessus de Larnaka n’a duré que 4 minutes à une altitude de 1 264 mètres, ce qui renforce l’hypothèse selon laquelle il n’a pas réellement atterri à Chypre.

Le troisième a été réalisé par un avion de la Royal Air Force britannique (Airbus A400M Atlas). En provenance de Tel Aviv, il a effectué un atterrissage camouflé à Akrotiri, à seulement 375 mètres d’altitude au-dessus de la base, ce qui signifie qu’il a violé la loi libanaise.

A noter que des vols quotidiens ont été enregistrés entre la base d’Akrotiri et Tel-Aviv depuis le déclenchement de l’opération du Hamas Déluge d’al-Aqsa, le 7 octobre dernier.

Ce qui ne manque pas de susciter des soupçons quant à savoir si ces voyages font partie de stratégies plus larges liées aux conflits en cours et dans le contexte d’efforts visant à renforcer les capacités militaires de certaines parties dans la région, ou à leur fournir un soutien logistique comprenant le transport des équipements et des fournitures nécessaires.

À l’ambiguïté s’ajoute le silence complet sur la position officielle libanaise, en particulier celle du commandement de l’armée libanaise, à l’exception d’une déclaration publiée le 10 de ce mois.

Elle y a indiqué qu’« une partie du trafic aérien à l’aéroport est une activité de routine visant à transférer de l’aide militaire à l’armée libanaise ». La nature de l’autre partie n’a toutefois pas été précisée.

La déclaration a été publiée après que le site Internet Intelsky a surveillé une importante activité d’avions militaires étrangers inédites au Liban depuis des années.

Entre le 8 octobre dernier et le 10 novembre, 32 avions ont atterri au Liban, dont  9 appartenant aux forces aériennes américaine, néerlandaise et britannique dans la base de Hamat et  23 appartenant aux forces aériennes américaine, française, néerlandaise, espagnole, canadienne, italienne et saoudienne et qui ont atterri dans la base réservée aux avions militaires et diplomatiques, située à l’ouest de l’aéroport de Beyrouth.

(Traduit par notre site du quotidien al-Akhbar)

Source: Médias

ma source (interdite en Europe, sauf via VPN) : https://french.almanar.com.lb/2788678