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  • Sergueï Latychev-Dernier avertissement de Poutine : Lavrov est arrivé aux États-Unis pour la tête de Zelensky

    Sergueï Latychev-Dernier avertissement de Poutine : Lavrov est arrivé aux États-Unis pour la tête de Zelensky

    Lavrov est arrivé à New York pour une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies portant sur l’Ukraine et la tête de Zelensky en donnant un dernier avertissement pour résoudre le problème ukrainien aux conditions de Moscou avant la grande offensive russe, car «il est encore temps». Même s’il semble en rester très peu.

    Bien évidemment, Sergueï Lavrov n’a pas parlé directement de l’offensive décisive de l’armée russe en Ukraine qui ne saurait tarder. Cependant, la réunion à laquelle il participait a été organisée à la demande de la Russie et devait clairement servir à exprimer devant les membres de l’ONU la position définitive de Moscou sur l’Ukraine destinée aux incendiaires occidentaux.

    Je vois cela comme le calque de ce qui s’est passé le 15 décembre 2021, lorsque la Russie a fait une dernière tentative pour sauver la paix, de s’accorder avec l’Occident sur les garanties et les mesures visant à assurer la sécurité mutuelle, avant de commencer quelques mois plus tard l’opération militaire spéciale (SVO) n’ayant reçu aucune réponse. Les États-Unis ont rejeté avec arrogance le geste pacifique de la Russie qu’elle veut faire accepter depuis 30 ans (!) et ont obtenu la guerre en Ukraine d’où va naître un nouvel ordre mondial après la victoire russe. Mais à ce moment-là, Moscou voulait encore avertir les États-Unis de manière ouverte et avec honnêteté. Il semble qu’une fois de plus, aujourd’hui, elle veuille encore avertir aujourd’hui : «Je viens à vous…»

    Le 15 décembre 2021, Vladimir Poutine transmet aux États-Unis des propositions concrètes
    sur les garanties de sécurité mutuelle. C’était la dernière tentative de négocier avec l’Occident
    qui a été rejetée avec arrogance par Washington. Photo : Kremlin Pool / Global Look Press.

    Pourquoi j’en arrive à penser cela ? Parce que la visite du chef du ministère russe des Affaires Etrangères à New York était prévue à l’avance, elle n’était absolument pas liée au bombardement sauvage de la veille de civils à Donetsk par les forces armées ukrainiennes, et peut-être celui plus tôt de Belgorod. Le ministre aura évidemment rappelé ces crimes de Kiev depuis la tribune de l’ONU.

    Ces événements illustraient concrètement ce que Lavrov avait à dire à l’Occident et expliquaient pourquoi Moscou ne pouvait stopper son opération spéciale tant que l’Ukraine était manipulée par des criminels anglo-saxons et qu’il ressortait de cette situation pour la Russie un danger mortel.

    Moscou avait naturellement choisi l’endroit pour son dernier avertissement. Nous pouvons supposer que cela a été fait pour deux raisons.

    Tout d’abord, pour expliquer depuis la tribune de l’ONU au monde qui comprend en général pour quelle raison la Russie lutte contre l’Occident en Ukraine, pourquoi la victoire et le démantèlement du régime nazi dans le pays voisin sont si importants pour Moscou, les Russes et les Ukrainiens.

    Lavrov tente d’expliquer au monde depuis la tribune de l’ONU pourquoi la victoire est
    si importante pour Moscou, pour la Russie, les Russes et les Ukrainiens.
    Photo : Lev Radine / Keystone Press Agency / Global Look Press.

    Deuxièmement, cela devait être fait aux États-Unis d’où dépend, en grande partie, comment la question ukrainienne va être résolue. Ce sont les Américains et les Britanniques qui ont principalement créé le conflit. S’il peut être sensé de négocier avec quelqu’un sur l’Ukraine, ce n’est certainement pas avec Kiev, mais avec les États-Unis et la Grande-Bretagne. Pour plusieurs raisons, les premiers sont plus susceptibles de négocier que les seconds, ce qui pourrait aussi expliquer pourquoi Lavrov est allé à New York : essayer une dernière fois de résoudre l’affaire sans une trop grande effusion de sang. Il y a très peu de chances pour cela, mais on se doit tout de même d’essayer.

    Destination Ouest

    En fait, le chef du ministère des Affaires étrangères de la Russie ne l’a pas caché. Selon Lavrov, «le facteur clé qui empêche la recherche de solutions pacifiques à la crise ukrainienne est le soutien continu de l’Occident au régime de Kiev, malgré son agonie évidente et son incapacité à atteindre l’objectif qui lui est dicté d’infliger une défaite stratégique à la Russie ou, comme on l’a dit récemment, au moins de l’affaiblir».

    La réalité est que «malgré l’échec complet des forces armées ukrainiennes sur le champ de bataille, les patrons occidentaux du régime de Kiev continuent de le pousser avec une insistance maniaque à poursuivre une confrontation militaire insensée», a souligné Lavrov.

    Le ministre russe a publiquement exprimé l’exigence phare et tout à fait légitime de Moscou, qui était et reste l’essence de l’opération militaire spéciale : évincer le régime russophobe meurtrier dans le pays voisin.

    La raison de l’opération militaire spéciale reste l’exigence légitime de Moscou de voir
    évincé le régime russophobe meurtrier en Ukraine.

    Lavrov a précisé que les objectifs de l’opération militaire spéciale pouvaient être atteints par des moyens militaires comme par des moyens pacifiques. La Russie, a-t-il dit, a toujours maintenu sa volonté de négocier, non pas «négocier sur la façon de maintenir au pouvoir les dirigeants du régime de Kiev et de se livrer à leurs fantasmes, mais sur la façon de se débarrasser des conséquences du pillage dévastateur du pays de plus de dix ans et de la violence exercée sur son peuple».

    La Russie a lancé l’opération militaire spéciale en février 2022, rappelait Lavrov, «non pas contre l’Ukraine ni contre le peuple ukrainien, avec lequel nous sommes toujours liés par des liens fraternels. Ce n’est pas un hasard si, après 2014, près de 7 millions d’Ukrainiens ont trouvé refuge en Russie. Nous avons été contraints de lancer une opération militaire contre le régime criminel qui, en dépit de nos nombreux efforts de longue date, n’a pas voulu renoncer à la guerre contre ses propres citoyens dans le Sud et le Sud-est de l’Ukraine et à la politique de discrimination totale à l’égard des Ukrainiens russophones, qui restent toujours majoritaires dans ce pays.

    Malgré l’arbitraire apparent, le mépris des principes élémentaires du fonctionnement d’une société civilisée et des droits fondamentaux de l’homme, les Occidentaux, a déclaré le ministre russe des Affaires Etrangères, «sous le couvert de l’ensemble des décisions de Minsk, ont armé [BH1] l’Ukraine et l’ont préparée à la guerre», ce que leurs politiciens ont eux-mêmes admis.

    À cet égard, Lavrov a appelé l’Occident à écouter attentivement la position de la Russie sur le règlement du conflit en Ukraine. «Le plus tôt à Washington, Londres, Paris et Bruxelles ils seront conscients de cela, mieux ce sera pour l’Ukraine et pour l’Occident pour qui la «croisade» contre la Russie est devenue de manière évidente très risquée, pour leur réputation comme pour leur existence même», a déclaré le ministre russe.

    Le chef du ministère russe des Affaires étrangères a indiqué le coût humain entraîné par le refus de Kiev et de l’Occident qui se tient derrière elle d’accepter les exigences légitimes de Moscou : «des centaines de milliers» de morts. Ce n’est pas de la rhétorique, mais plutôt le pronostic de Moscou des pertes des forces armées ukrainiennes, lorsque la Russie, probablement au printemps, après les élections présidentielles (les combats dans le Donbass, le long de la voie terrestre menant en Crimée restent des combats localisés malgré leur caractère acharné) commencera à se battre à grande échelle, ce qui se prépare vivement.

    Le prix à payer par Kiev et l’Occident derrière elle pour refuser les exigences légitimes
    de Moscou se mesure en centaines de milliers de vies humaines.
    Photo : Lance CPL. Bridgette Rodriguez / Keystone Press Agency / Global Look Press.

    Lavrov a fait remarquer «qu’il n’y avait aucun intérêt pour le peuple ukrainien à faire la guerre contre la Russie et qu’il n’y en aurait pas». Mais il y a «l’intérêt des Anglo-Saxons, de leurs hommes de main et de l’élite criminelle pourrie de Kiev qui est attachée à l’Occident par une caution solidaire et a peur d’être balayée au lendemain de la fin de la guerre».

    En revanche, pour les États-Unis qui se sont mis dans la poche l’Ukraine, a ajouté le ministre russe, il s’agit également d’une entreprise très rentable, et pas seulement au niveau géopolitique. Il a noté que les États-Unis avaient acquis les usines et les entreprises les plus précieuses du pays, les terres les plus fertiles sous bail perpétuel de l’Ukraine, tiraient grand profit des fournitures militaires qu’ils faisaient à l’Ukraine. Lavrov soulignait les raisons politiques évidentes du comportement cynique des Américains et de leurs alliés.

    À Washington et dans d’autres capitales, ce cynisme est devenu totalement évident. Sans perdre la vie de ses propres soldats, l’Occident mène une guerre avec les mains des Ukrainiens contre une Russie qui doit être remaniée.

    Lavrov a indiqué au monde entier qu’il y avait deux raisons existentielles pour lesquelles Moscou ne pouvait arrêter l’opération militaire spéciale avant d’avoir atteint ses objectifs. Parce que «si cette opération devait subitement cesser, alors le régime de Kiev panserait ses blessures puis reprendrait sa course à l’extermination de tout ce qui est russe et de l’identité russe présente sur cette terre depuis des siècles, à la fois culturelle, historique et religieuse».

    C’est un premier point. Deuxièmement, le régime de Zelensky ferait toujours plus la promotion d’un nationalisme total étranger à la majorité de la population ukrainienne, réprimerait la dissidence, renforcerait la dictature, et les occidentaux «continueraient à regarder ce qui se passe en fermant les yeux et à se taire en guise d’approbation», car ils ont besoin de ce type artificiel d’Ukraine pour lutter contre la Russie.

    C’est la fin des discours programmés qui est particulièrement importante. L’orateur résume le contenu de son discours. C’est le cas ici. Lavrov l’a achevé en indiquant que les négociations sur l’Ukraine se feraient selon les termes de Moscou, et non pas par des discussions insensées sur la crise ukrainienne sur la base «absolument surréaliste» du format de Copenhague ou de la «formule de paix» encore plus absurde de Zelensky. Il n’y aura pas de telles négociations. Car tout cela, a souligné le chef de la diplomatie russe, n’a «rien à voir avec la paix et ne sert qu’à couvrir la poursuite de la guerre et à pomper de l’argent aux contribuables occidentaux». C’est pourquoi «toutes ces «formules» ne sont qu’un chemin qui ne mène nulle part».

    Pour conclure, Sergueï Lavrov a déclaré que Moscou était prêt négocier sur la crise
    ukrainienne, mais uniquement aux conditions de la Russie.
    Photo : Lev Radine / Keystone Press Agency / Global Look Press.

    Lavrov a conclu son discours en conseillant «de bien prêter l’oreille» à l’appel à la paix de la Russie, «il est encore temps». Il semble qu’il sera toujours temps jusqu’au moment où la terre en Ukraine s’assèchera au printemps. C’est le message fondamental du discours du ministre russe.

    Pour finir, ceux qui l’auront voulu l’auront entendu. Je ne pense pas que l’Occident prêtera l’oreille à ce discours. Maintenant, Moscou aura fait tout ce qu’il aura pu pour cela. Mais voilà quelque chose d’intriguant : la délégation ukrainienne n’a pas quitté la salle du Conseil de sécurité durant le discours de Lavrov (est-ce cela était voulu par Washington ?), s’est tenue très calmement et a écouté attentivement. Le représentant chinois, lui, s’est spécialement rapproché du chef du ministère russe des Affaires étrangères et lui a serré la main de manière très visible pour tout le monde.

    source : Dzen

    traduction par Bertrand Hédouin

  • Ivan Kesic-Des pierres aux missiles, la phénoménale montée en puissance militaire de la Résistance palestinienne

    Ivan Kesic-Des pierres aux missiles, la phénoménale montée en puissance militaire de la Résistance palestinienne

    L’opération Tempête d’al-Aqsa a redéfini de manière irréversible la dynamique du champ de bataille, en particulier avec la Résistance palestinienne qui surprend les experts militaires occidentaux par sa préparation et sa capacité à infliger des coups lourds et irréparables au régime occupant.

    Les quinze dernières semaines ont été marquées par la résistance palestinienne contre l’agression génocidaire israélienne sur la bande de Gaza, la branche armée du mouvement de résistance islamique de la Palestine le Hamas surprenant tout le monde avec son arsenal massif d’armes, toutes fabriquées localement.

    Vers la fin de l’année 2023, les Brigades Ezzeddin al-Qassam, la branche armée du Hamas, ont diffusé une vidéo montrant leur arsenal de missiles capables d’atteindre tous les coins et recoins des territoires occupés de la Palestine.

    Aujourd’hui encore, plus de trois mois après le lancement par le régime israélien de son agression suivie de vastes opérations des groupes de résistance contre les forces d’occupation, cet arsenal reste intact.

    Les experts militaires occidentaux reconnaissent que le régime israélien, avec tous ses systèmes d’armes avancés et sophistiqués importés des États-Unis et d’Europe, a été incapable de rivaliser avec les ailes armées des groupes de résistance palestiniens et leurs combattants.

    Bien que le régime israélien ait largué 67 000 tonnes de bombes sur Gaza depuis le 7 octobre, la Résistance continue d’infliger de lourds coups à la structure de l’occupation sioniste.

    L’histoire du programme de missiles palestinien est l’histoire de décennies de sacrifices, d’ingéniosité, de travail dévoué et de gestion réussie, et par-dessus tout, d’esprit de résistance provocateur.

    Ce chemin long et difficile de résistance contre le régime d’apartheid a commencé avec les jets de pierres palestiniens sur les véhicules blindés israéliens au cours des deux Intifadas, et s’est terminé avec la capacité de lancer 5 000 roquettes en une journée et un arsenal de roquettes suffisant pour des mois de guerre.

    Les capacités de missiles et l’ampleur des opérations affichées par le Hamas et d’autres groupes palestiniens ont surpris tous les observateurs internationaux, même les services d’espionnage israéliens.

    Ce qui est particulièrement intrigant, ce sont les conditions dans lesquelles l’opération s’est déroulée.

    Il est vrai que la bande de Gaza a été sous occupation israélienne de 1967 à 2005, et depuis lors, elle est soumise à un blocus terrestre, maritime et aérien féroce qui empêche l’importation non seulement d’armes, mais également de matériaux nécessaires à leur production, ainsi que de produits de première nécessité.

    Quelle est l’importance de la requête lancée par l’Afrique du Sud auprès de la CIJ?

    Le régime israélien a tout essayé pour affaiblir la Résistance et conserver l’avantage technologique militaire afin de pouvoir éliminer facilement les groupes qui luttent pour la libération de la Palestine.

    Un exemple qui illustre cette disparité est le massacre de Gaza, il y a 15 ans, lorsque des centaines de civils palestiniens ont été tués par les bombes israéliennes, des centaines de civils israéliens, les soi-disant « touristes de guerre », se sont rassemblés sur les collines voisines et ont applaudi triomphalement.

    Cependant, les temps ont changé depuis ces horribles acclamations sanguinaires des colons sionistes qui ont été suivies par la photo emblématique d’un garçon palestinien jetant une pierre sur un char israélien.

    La Résistance palestinienne s’est initialement appuyée sur des armes rudimentaires, de contrebande ou produites dans le pays, destinées au combat rapproché et à contrer les forces d’invasion sur leur propre sol.

    Après des années d’usage de fusils d’assaut et d’explosifs, une simple roquette Qassam est apparue en 2001, avec une portée de quelques kilomètres et une faible puissance destructrice, qui a permis pour la première fois une frappe de représailles contre l’occupation israélienne.

    Au fil du temps, l’efficacité des modèles Qassam s’est accrue et les premières bases militaires israéliennes et villes occupées sont devenues à portée dans les années 2010, ce qui a fait tomber d’un coup dans l’oubli le phénomène des « touristes de guerre » aux frontières de Gaza.

    Le régime israélien s’est efforcé de stopper l’efficacité de ces tirs de roquettes en développant un système d’alerte. Il a investi des sommes colossales dans le développement du Dôme de fer, un système militaire qui s’est révélé être un lamentable échec le 7 octobre.

    Il s’est également vanté d’avoir assassiné les ingénieurs du Hamas, pensant que cela pourrait paralyser la « confiance des cerveaux » palestiniens ou dissuader les nouvelles générations de s’engager dans le développement des technologies défensives, ce qui s’est avéré être un retour de flamme.

    Aujourd’hui, la Résistance palestinienne dispose de roquettes d’une portée de plusieurs centaines de kilomètres et d’ogives d’une charge utile de plusieurs centaines de kilogrammes, capables d’atteindre n’importe quel point des territoires occupés de la Palestine.

    En raison de leur taille, il n’est pas possible d’introduire clandestinement ces roquettes de l’étranger dans la bande de Gaza, surtout pas en quantités aussi énormes, ce qui prouve qu’elles sont le résultat d’une production locale.

    La production industrielle, dans des conditions de pénurie des matériaux nécessaires et d’exposition aux frappes aériennes israéliennes, est en soi un exploit impressionnant. Les installations de production sont dispersées sous terre et bien cachées, ce qui nécessite des compétences logistiques exceptionnelles.

    Il en va de même pour l’approvisionnement en matériaux qui proviennent principalement du recyclage de matières premières telles que de vieilles conduites d’eau, des ancrages de bâtiments détruits, des poteaux d’éclairage publics, etc. 

    Israël cite des « mensonges déjà démystifiés » à la fin de l’audience de la CIJ undefined

    Dans un exploit étonnant réalisé en 2020, les commandos navals du Hamas ont réussi à récupérer de gros obus navals de 170 kilogrammes d’un navire de guerre britannique coulé au large il y a plus de 100 ans pendant la Première Guerre mondiale et à les rendre réutilisables pour de nouveaux missiles.

    Les moteurs de missile et les systèmes de guidage sont le produit de la coopération et des connaissances militaires transmises par des experts de la région, notamment ceux de l’Iran.

    Les missiles révélés dans la nouvelle vidéo incluent la famille des missiles Maqadma et Jabari, toutes deux dotés d’une portée de 90 km et d’ogives de 50 kg, mises en service au début des années 2010.

    Le développement au milieu de la même décennie a vu la création de la famille de missiles Attar avec une portée de 90 km et une ogive de 50 kg, ainsi que de la famille de missiles Rantisi avec une portée de 170 km et une ogive de 100 kg.

    Enfin, à la fin des années 2010, est mise en service la famille de missiles Ayyash, d’une portée de 250 km et d’une charge utile de 250 kg, la roquette la plus puissante de l’arsenal palestinien, utilisée pour les frappes sur Safed et Eilat lors de l’opération Tempête d’Al-Aqsa.

    Dans le même temps, la famille de missiles Sejjil avec une portée de 55 km et une ogive de 50 kg a également été introduite, suivie par la famille de missiles Shamala avec une portée de 80 km et une ogive de 150 kg.

    À l’exception de la série de missiles Sejjil, qui porte le nom d’un verset coranique, toutes les autres portent le nom de martyrs palestiniens, à savoir Ibrahim al-Maqadma, Ahmed al-Jabari, Raed al-Attar, Abdel Aziz al-Rantisi, Mohammed Abu Shamala et Yahya Ayyash.

    Pendant trois décennies, le régime israélien a pensé que ces assassinats briseraient l’esprit de résistance et son développement technologique, ce qui s’est retourné contre lui d’une manière qu’il n’aurait pas pu imaginer.

    Les martyrs et les missiles qui portent leur nom font aujourd’hui passer des nuits blanches aux dirigeants du régime.

  • Sergey Yevgenyevich Naryshkin (chef du renseignement extérieur russe)-2024 : L’année du réveil géopolitique

    Sergey Yevgenyevich Naryshkin (chef du renseignement extérieur russe)-2024 : L’année du réveil géopolitique


    2024 : L’année du réveil géopolitique par Sergey Yevgenyevich Naryshkin

    Cet article traite de la lutte de pouvoir qui oppose actuellement l’Occident et les pays émergents. Il prévoit que cette lutte s’intensifiera au cours de l’année à venir et que de plus en plus de pays chercheront à obtenir leur souveraineté. L’article critique également l’imposition croissante d’agendas mondialistes par les puissances occidentales et prédit une escalade des tensions géopolitiques. Il souligne les alliances croissantes entre les États non occidentaux qui s’opposent à ces influences extérieures et met en évidence les dynamiques géopolitiques dans des régions telles que l’Ukraine, le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Amérique latine.

    Par Sergey Yevgenyevich NARYSHKIN

    Les turbulences mondiales provoquées par la lutte acharnée entre l’Occident, qui tente de maintenir sa domination, et les nouveaux centres de pouvoir qui revendiquent le droit à un développement souverain, continueront manifestement à prendre de l’ampleur au cours de l’année à venir. En outre, il y a lieu de croire que le processus de restructuration du monde qui se déroule sous nos yeux s’accompagnera d’un réveil géopolitique d’un nombre croissant de pays, de peuples et de continents entiers qui cherchent à se libérer de la « stupeur » libérale-totalitaire.

    Le conflit fondamental, ou peut-être déjà existentiel, entre l’ »ancien » et le « nouveau » monde, sous-jacent depuis 30 ans, depuis la fin de la guerre froide, et entré dans une phase ouverte avec le début de l’opération militaire spéciale en Ukraine, s’est ensuite étendu géographiquement au cours de l’année écoulée. L’agenda mondialiste et ouvertement anti-humaniste imposé avec persistance par Washington et ses alliés provoque le rejet d’un nombre croissant d’États non-occidentaux qui partagent les idées de la multipolarité et adhèrent à une vision traditionnelle du monde. Tout cela multiplie les risques d’instabilité et conduit à une augmentation des processus chaotiques dans l’arène de la politique internationale, ce qui exige beaucoup de retenue et de prévoyance de la part des dirigeants mondiaux.

    Le paysage mondial qui s’est dessiné jusqu’à présent ressemble de plus en plus à une situation révolutionnaire classique : le « sommet« , représenté par les États-Unis affaiblis, ne peut plus assurer son propre leadership ; et la « base » – dans laquelle l’élite anglo-saxonne inclut tous les autres pays – ne veut plus se soumettre au diktat de l’Occident. Afin d’éviter un effondrement radical de l’ensemble de la « superstructure » mondiale actuelle, qui ne profite qu’aux Anglo-Saxons, les hauts responsables euro-atlantiques s’attacheront à créer un chaos contrôlé, à déstabiliser la situation dans des régions clés de la planète en montant certains États « récalcitrants » contre d’autres, puis à former autour d’eux des coalitions opérationnelles et tactiques sous le contrôle de l’Occident.

    Cependant, la spécificité de la situation actuelle est que Washington et ses satellites sont de moins en moins en mesure de réaliser pleinement leurs desseins destructeurs. Les acteurs mondiaux responsables – dont la Russie, mais aussi la Chine, l’Inde et de nombreux autres États – se sont unis et ont démontré leur volonté de s’opposer résolument aux aventures extérieures et de mettre en œuvre de manière indépendante la résolution des crises, comme c’est le cas, par exemple, en Syrie. En outre, même les alliés les plus proches des États-Unis cherchent désormais à diversifier leurs liens face à l’incapacité de plus en plus évidente de l’ancien hégémon à garantir leur sécurité. A cet égard, l’escalade dans la zone de conflit israélo-palestinienne, sans précédent au 21ème siècle, a fait réfléchir de nombreux dirigeants politiques occidentaux, habitués à miser sur des relations privilégiées avec Washington.

    Il est évident que l’année à venir sur la scène mondiale sera marquée par une nouvelle intensification de la confrontation entre les deux principes géopolitiques : le principe anglo-saxon, ou insulaire, du « diviser pour régner«  et le principe continental, directement antagoniste, du « s’unir pour diriger« . Les manifestations de cette confrontation féroce au cours de l’année à venir seront observées dans toutes les régions du monde, même les plus éloignées : de l’espace post-soviétique, le plus important pour nous, à l’Amérique du Sud et à l’océan Pacifique.

    En ce qui concerne la situation en Ukraine, on peut s’attendre à ce que les politiciens occidentaux, en raison de l’impossibilité objective de remporter une victoire militaire sur notre pays, s’efforcent de prolonger les combats autant que possible et tentent de transformer le conflit ukrainien en un « deuxième Afghanistan« , en comptant sur notre épuisement progressif dans la lutte des potentiels. Ils pensent pouvoir y parvenir, comme auparavant, grâce à un ensemble de mesures économiques et militaro-diplomatiques, y compris des sanctions qui violent les normes du droit international et la poursuite de la fourniture d’armes et d’équipements militaires à Kiev.

    Néanmoins, il est très probable qu’un soutien accru à la junte de Kiev – en particulier compte tenu de la « toxicité » croissante de la question ukrainienne pour l’unité transatlantique et la société occidentale dans son ensemble – accélérera le déclin de l’autorité internationale de l’Occident. L’Ukraine elle-même se transformera en « trou noir« , absorbant les ressources matérielles et humaines. En fin de compte, les États-Unis risquent de se créer un « deuxième Vietnam« , avec lequel chaque nouvelle administration américaine devra composer jusqu’à ce qu’une personne saine d’esprit, ayant le courage et la détermination de « boucher le trou« , arrive au pouvoir à Washington.

    En 2024, le monde arabe restera l’espace principal de la lutte pour l’établissement d’un nouvel ordre mondial. C’est là que l’on voit le plus clairement s’effondrer les prétentions des élites mondialistes au rôle d’hégémon qu’elles s’imaginaient incarner après la disparition de l’URSS. L’invasion de l’Irak, le tristement célèbre « printemps arabe » qui a détruit la Libye et le Yémen pacifiques, la guerre prolongée en Syrie, l’émergence du monstrueux groupe terroriste ISIS et, enfin, la tentative de collision entre les « pôles sunnite et chiite » au Moyen-Orient en sont des manifestations – il ne s’agit en aucun cas d’une liste exhaustive des manifestations criminelles de la pensée stratégique en vigueur à Washington et dans certaines autres capitales occidentales. Les administrations républicaines et démocrates qui se sont succédé à la Maison Blanche ont toujours suivi cette voie dans le seul but d’exercer une domination sans partage, comme en témoigne la présence militaire américaine massive de la Méditerranée à la mer d’Arabie.

    La principale raison de l’effondrement de cette politique occidentale unilatérale et à courte vue est incroyablement simple : il s’agit d’un nouveau – et cette fois-ci réel – réveil des peuples du Moyen-Orient, contrairement au tristement célèbre « printemps arabe » orchestré par Washington il y a dix ans. Ce réveil se manifeste, d’une part, par l’arrivée au pouvoir, dans un certain nombre de pays arabes, de dirigeants forts et souverains et, d’autre part, par la croissance rapide des sentiments anti-américains et, plus largement, anti-occidentaux dans la région. Le monde multipolaire est déjà une réalité que les mondialistes ne pourront pas « défaire« . Ce qui semblait presque impossible hier : la normalisation des relations entre l’Arabie saoudite et l’Iran, leur adhésion aux BRICS avec l’Égypte et les Émirats arabes unis, le retour de la Syrie au sein de la « famille arabe« , sont aujourd’hui des faits incontestables.

    La Russie s’en félicite de toutes les manières possibles et continuera, dans la mesure du possible, à contribuer à la réussite de ces processus. Mais l’essentiel est que tout cela témoigne de l’état d’esprit qui règne dans le monde arabe en faveur d’une résolution mutuellement acceptable des conflits, d’une recherche commune des moyens de résoudre les problèmes de sécurité et de l’établissement de relations constructives et prévisibles, soutenues par des intérêts économiques et humanitaires communs.

    Dans ce contexte, on ne peut manquer de mentionner le rythme élevé de développement des relations mutuellement bénéfiques entre les pays arabes, la Russie et la Chine, malgré les tentatives désespérées des États-Unis et de l’Union européenne pour l’empêcher. Au cours de l’année à venir, l’Afrique continuera également à suivre avec confiance la voie qui lui permettra de devenir l’un des centres de pouvoir indépendants sur la scène mondiale. Les pays africains font preuve d’une indépendance croissante en matière de politique étrangère et intérieure, et leurs voix se font de plus en plus entendre aux Nations unies. À l’avenir, le rôle de l’Union africaine en tant qu’institution mondiale capable de résoudre les crises en Afrique sans aide extérieure augmentera également. En fait, nous assistons aujourd’hui à une véritable décolonisation du continent noir, qui commence à se comprendre comme un sujet à part entière des relations internationales, et pas seulement comme un marché de ressources bon marché, comme le voient encore les Anglo-Saxons. .

    La République centrafricaine et le Mali sont des exemples frappants du processus croissant de refonte de l’identité géopolitique de l’Afrique. Les nouvelles autorités de Bangui et de Bamako ont eu le courage de s’engager sur la voie d’un rejet décisif du patronage de la France et de l’ »Occident collectif«  au profit de l’établissement de liens étroits avec notre pays dans les domaines économique, militaire et politique, et ont été concrètement convaincues de la justesse de leur choix. Je suis certain que leur exemple inspirera d’autres États du continent noir désireux de mettre en œuvre une politique souveraine fondée avant tout sur les intérêts nationaux et non sur les caprices des élites occidentales.

    Dans le même temps, il est évident que les anciennes métropoles ne renonceront pas à leurs tentatives de saper les aspirations africaines à un développement souverain, en utilisant le « kit du gentleman » éprouvé des méthodes coloniales classiques : promesses sans fin d’aide financière et militaro-politique, incitation délibérée à des conflits interétatiques, propagation de l’idéologie islamiste radicale et interventions militaires directes. Toutefois, cela ne fera qu’encourager les dirigeants régionaux à rechercher des « fournisseurs » de sécurité plus fiables, à savoir la Russie, la Chine et l’Inde, ainsi que les monarchies arabes, qui n’ont pas un sombre passé colonial et, surtout, qui sont prêts à offrir aux pays et aux peuples d’Afrique une coopération sur une base égale et non idéologique.

    Il convient de noter que des processus similaires se développent activement partout, y compris en Amérique latine, que les Américains ont toujours considérée comme leur « arrière-cour« . Là aussi, il existe une demande pour des structures d’intégration indépendantes, non soumises aux diktats des Anglo-Saxons. L’une d’entre elles est la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), à laquelle les États-Unis et le Canada ne sont pas censés participer.

    Quelques mots maintenant sur la situation au sein du bloc euro-atlantique lui-même. L’année prochaine, nous assisterons certainement à une désunion publique et politique croissante aux États-Unis et en Europe sur toute une série de questions, allant du soutien à l’Ukraine à la promotion de l’agenda LGBT. L’un des signes avant-coureurs de cette tempête inévitable a été la Slovaquie, où le parti nationaliste SMER-SSD dirigé par Robert Fico a remporté les récentes élections législatives en dépit de l’énorme pression exercée par les élites occidentales gaucho-libérales.

    Je pense qu’en 2024, la plupart des campagnes électorales en Occident – élections européennes et élections présidentielles américaines – se dérouleront dans une atmosphère de rude confrontation entre les mondialistes, d’une part, et les partisans du réalisme en politique étrangère et des valeurs traditionnelles dans la sphère sociale, d’autre part. Bien qu’il ne soit guère pertinent de prédire le ton des campagnes à venir, on peut prédire avec une précision absolue que les politiciens occidentaux tenteront habituellement d’accuser la Russie – ainsi que la Chine et d’autres États qui ont le courage d’offrir au monde leur propre vision du présent et de l’avenir, une alternative au « camp de concentration » totalitaire-libéral – d’être responsable de l’augmentation inévitable des tensions internes dans leurs pays.

    Pendant ce temps, une réalité fondamentalement nouvelle émerge dans l’espace eurasien, dont les contours ont commencé à se dessiner avec le retour de la Crimée à la Russie et la réintégration des républiques populaires de Lougansk et de Donietsk, ainsi que des régions de Kherson et de Zaporozhye. Je suis convaincu qu’en 2024, le rôle unificateur de Moscou en tant que centre des principaux projets d’intégration du continent ne fera que se renforcer.

    L’émergence d’une vaste alliance entre la Russie et ses alliés et partenaires de la CEI [2], de l’OTSC [3] et de l’OCS [4], ainsi que l’émergence du « Grand Partenariat Eurasien », en sont également le signe. La qualité la plus importante de ces structures, qui les distingue fondamentalement des blocs occidentaux, est leur non-orientation contre les pays tiers et leur focalisation sur la création d’un ordre mondial juste fondé sur le respect inconditionnel de la souveraineté et le respect du droit international.

    Une association aussi représentative que les BRICS, dont six nouveaux États deviendront membres à part entière au cours de l’année à venir, dispose d’un puissant potentiel pour construire une architecture équitable et véritablement démocratique des relations internationales.

    Dans le cadre de la campagne visant à discréditer ce forum, les médias occidentaux le présentent souvent comme une alternative au G7 promu par Moscou et Pékin. Or, le G7, ce sont les États-Unis et les six satellites qui les servent, et l’ordre qui règne au sein de ce bloc n’est pas très différent d’une prison, où seul le directeur principal a le droit de vote, tandis que les autres sont obligés d’exécuter docilement sa volonté.

    Pour leur part, les BRICS, en particulier dans leur composition élargie, sont une alliance de puissances égales – ou plutôt d’États civilisationnels, pour reprendre les termes du président Vladimir Poutine – qui cherchent à trouver ensemble un moyen de parvenir à une solution commune aux problèmes. Je suis convaincu que la prochaine présidence russe du Conseil de l’Union européenne sera un succès. Je suis également convaincu que la prochaine présidence russe des BRICS en 2024 donnera un élan supplémentaire au développement de ce format véritablement prometteur.

    Il ne fait aucun doute que les États-Unis et leurs alliés continueront à prendre des mesures pour exercer une pression directe et indirecte sur notre pays, ainsi que sur tous ceux qui n’acceptent pas de « déposer leur âme » et de « prêter allégeance » aux valeurs néolibérales. Au cours de l’année à venir, nous nous attendons à ce que les attaques anglo-saxonnes s’intensifient, y compris dans les forums internationaux, principalement à l’ONU, ainsi que dans divers « sommets de la démocratie« , formats multilatéraux révisionnistes et ad hoc. Le véritable objectif de ces entreprises est visible à l’œil nu : sous prétexte d’une réponse collective à la « menace » russe, chinoise ou autre, poursuivre le démantèlement des institutions de gouvernance issues de la Seconde Guerre mondiale, levant ainsi les derniers obstacles à l’odieux « ordre fondé sur des règles » imposé par les Américains.

    Je me permets ici de citer à nouveau le président russe, qui a qualifié cet « ordre » d’ »absurdité » et de tentative de remplacement du droit international. J’ajouterai pour ma part que dans le monde multipolaire qui se dessine, ce « produit pourri » se vend déjà mal, même parmi les hommes politiques occidentaux qui ne veulent pas défendre les intérêts étroits des élites anglo-saxonnes et de certains groupes d’influence. Qu’en est-il du reste ? Les dirigeants et les peuples de la grande majorité des États de la planète ont reconnu depuis longtemps le caractère hypocrite de l’Occident et ne croient plus à ses belles et fausses promesses : le réveil global est irréversible.

    Je suis convaincu que nous devons aussi nous réveiller complètement des « drogues » libérales des années 1990 et revenir à nos racines. Nous avons notre propre voie. La Russie est un pays-civilisation unique, avec une histoire millénaire qui ne peut être oubliée, et encore moins trahie.

    C’est pour cette raison que nous avons décidé, afin de rétablir la justice historique, d’ériger sur le territoire du siège du SVR à Yasenevo un monument à Felix Edmundovich Dzerzhinsky, un homme d’État exceptionnel et le fondateur des services de renseignement extérieurs russes – un symbole de détermination, d’abnégation, d’acharnement, un héros qui est resté attaché à l’idée de construire un monde nouveau et juste jusqu’à la fin.

    [1] Article publié dans le numéro 4(5) décembre 2023 du magazine Razvedchik, publié par la Fondation caritative pour la protection sociale des agents et vétérans des services de renseignement extérieur de la Fédération de Russie (KGB, SVR). (Traduction de CF2R)

    [2] Communauté des États indépendants : organisation intergouvernementale composée de 9 des 15 anciennes républiques soviétiques, créée en 1991 à la suite de la chute de l’URSS.

    [3) Organisation du traité de sécurité collective : organisation intergouvernementale à vocation politico-militaire créée en 2002 et regroupant l’Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, la Russie et le Tadjikistan.

    [4] Organisation de coopération de Shanghai : créée en 2001 par la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan. Elle s’est élargie à l’Inde et au Pakistan en 2017, et à l’Iran (2023). La Mongolie, la Biélorussie et l’Afghanistan sont des membres observateurs.

    Sergey Yevgenyevich NARYSHKIN, directeur du service de renseignement extérieur de la Fédération de Russie (Sluzhba vnechneï razvedki Rossiskoï Federatsi /SVR)

  • Gaza, Israël et le Hamas : la réponse de Ronnie Kasrils à Greg Mills

    Gaza, Israël et le Hamas : la réponse de Ronnie Kasrils à Greg Mills
    KASRILS, RONNIE (1938- ), dirigeant de la résistance et homme politique sud-africain. Kasrils était membre du Parti communiste sud-africain (SACP), interdit, et a été actif dans la branche armée du Congrès national africain, Umkhonto we Sizwe (MK), dès sa création. Il faisait partie du commandement régional de MK au Natal et a personnellement mené des actes de sabotage et organisé une opération de grande envergure pour fournir de la dynamite à MK. En 1962, il est frappé d'une interdiction de cinq ans et échappe de justesse à une arrestation en vertu de la nouvelle législation sur la sécurité. Il reste en fuite de la police de sécurité jusqu'en octobre 1963, date à laquelle il part à l'étranger pour suivre une formation militaire. Après plusieurs années passées au bureau de l'ANC à Dar es Salaam, Kasrils s'est installé à Londres, où il a travaillé avec d'autres militants sud-africains exilés, comme Joe Slovo, à la création d'unités MK clandestines en Afrique du Sud. En 1977, il a occupé divers postes à responsabilité au sein des mouvements de résistance en Afrique australe, notamment en Angola, au Mozambique et en Zambie. Il a été chef du renseignement militaire de 1983 à 1988 et membre coopté du comité exécutif national de l'ANC à partir de 1987. Il a également été membre du comité central et du bureau politique du SACP. Avec le début du processus de réforme, il est retourné en Afrique du Sud en 1990. Après la transition vers une démocratie non raciale en 1994, il a été vice-ministre de la défense (1994-1999) et ministre des eaux et forêts (1999-2004). Au cours de cette dernière période, il a pris l'initiative de promouvoir l'opposition des Juifs locaux aux politiques de l'État d'Israël. Il a été nommé ministre du renseignement en 2004. Il a écrit une autobiographie intitulée Armed and Dangerous ; My Undercover Struggle Against Apartheid (1993).

     

    18 décembre 2023

    « Je soutiens le droit de tous les peuples opprimés de résister, et de résister à l’oppression armée par la résistance armée », a déclaré l’ancien ministre 18 décembre 2023

    18 décembre 2023

    Greg Mills m’accuse de ne pas avoir de « boussole morale » parce que je soutiens le droit de tous les peuples opprimés à résister, et à résister à l’oppression armée par la résistance armée. Mes principes sont universels, ils s’appliquent dans toutes les situations. De la même manière, je m’oppose à toutes les formes de racisme. Naturellement, cela inclut l’antisémitisme, qui est une forme de racisme.

    Mills, cependant, semble indifférent à la vie des Palestiniens et des autres musulmans. Il a été directement impliqué dans l’oppression impérialiste et en reste complice. En 2006, il a été conseiller spécial du commandant des forces de l’OTAN occupant l’Afghanistan.

    Aujourd’hui, le conseil d’administration de la Fondation Brenthurst, que Mills dirige, comprend Richard Myers, l’ancien chef d’état-major interarmées aux États-Unis, et Nick Carter, l’ancien chef d’état-major de la défense, au Royaume-Uni. Myers et Carter ont tous deux joué un rôle de premier plan dans la destruction de l’Irak après l’invasion menée par les États-Unis en 2003.

    La destruction de l’Irak, au prix de plus d’un million de vies, est largement reconnue comme un crime de guerre et pourtant Mills fréquente volontiers les auteurs du crime de guerre le plus horrible depuis une génération. Il ne montre pas une once de l’inquiétude qu’il prodigue à la vie des gens en Israël et en Ukraine pour la vie des Irakiens et des autres Arabes. Son racisme, c’est le rang.

    Je m’oppose à toutes les formes de racisme, je soutiens le droit de toutes les personnes vivant sous occupation militaire à la résistance armée et je m’oppose et je regrette toute perte de vies civiles. Je maintiens ces principes sans égard à la race de l’oppresseur ou de l’opprimé.

    Mills ne s’engage pas dans la situation à Gaza ou en Cisjordanie avec une quelconque rigueur factuelle, et il en va de même pour son attaque contre moi-même où il ignore totalement le contexte de mes remarques. Par exemple, il dit que le Hamas a une « idéologie pour éliminer Israël et les Israéliens » et utilise cette affirmation pour comparer le Hamas aux nazis.

    La Charte du Hamas de 2017, qui reste d’actualité, stipule clairement qu’il est en conflit « avec le projet sioniste et non avec les Juifs » et qu’il « rejette la persécution de tout être humain ou l’atteinte à ses droits pour des raisons nationalistes, religieuses ou sectaires ». Il décrit correctement le projet sioniste comme un « projet raciste, agressif, colonial et expansionniste basé sur la saisie des propriétés d’autrui » et affirme correctement le droit des victimes du sionisme à prendre les armes contre leurs oppresseurs, mais n’appelle en aucune façon à des attaques contre le peuple juif parce qu’il est juif. La Charte du Hamas révèle que la lutte palestinienne n’est pas différente de la lutte sud-africaine qui a été menée contre les abominations du système d’apartheid et la dépossession coloniale de la terre, et non contre les Blancs parce qu’ils étaient blancs.

    Mon point de vue personnel est qu’il devrait y avoir un seul État laïc et démocratique avec des droits pour tous – sur le modèle de l’Afrique du Sud postapartheid – sur le territoire de la Palestine historique, mais la charte du Hamas de 2017 n’appelle pas au remplacement de l’État ethnique israélien par un seul État inclusif et accepte clairement une solution à deux États avec un État palestinien contigu aux frontières de 1967.

    En ce qui concerne son attaque contre moi-même, Mills prend une déclaration hors contexte – toujours un raccourci pour ceux qui refusent de garder le cap de la pensée critique et l’intégrité de l’entreprise.
    Dans un discours prononcé lors d’une réunion privée d’environ 40 syndicalistes et militants le 24 novembre, j’ai parlé du succès du raid militaire contre la division israélienne de Gaza entrepris par le Hamas le 7 octobre :

    « Ils ont balayé sur eux et ils les ont tués et tant mieux. J’étais tellement heureux et les gens qui soutiennent la résistance ont applaudi, absolument. Si nous avions pu surprendre les Boers et en renverser une centaine, les gens se seraient réjouis sur tous les toits. C’est la lutte, la lutte armée et en droit international, le peuple occupé est [justifié]. Il est admis par le droit international qu’ils ont le droit à ce genre de résistance. »

    Dans le contexte de mon discours et de ma discussion, je faisais référence à la garnison militaire israélienne, qui a cruellement emprisonné le peuple de Gaza pendant plus de seize ans, après avoir tourmenté et tué des milliers de personnes au cours de cette période – « tondre la pelouse » comme l’expression de Tsahal décrit massacre après massacre.

    Les Palestiniens ont le même droit à la résistance armée que les Sud-Africains noirs sous l’apartheid, et que tous les peuples opprimés. Le raid du 7 octobre qui a pénétré la frontière militarisée de Gaza a fait suite à 16 ans de siège brutal de Gaza et à une histoire d’oppression remontant à 1967, et même à 1947-1948. Les partisans de l’opprimé se réjouiront toujours de leurs réalisations contre l’oppresseur.

    Dans le même temps, l’empathie pour toute victime civile est ressentie. C’est ce que ressentent les civils qui sont morts le 7 octobre. De telles réjouissances ne sont pas différentes de la façon dont nous célébrons les défaites militaires contre tous les États oppressifs – de l’Allemagne nazie à l’Afrique du Sud de l’apartheid – tout en regrettant les pertes civiles.

    Ceux qui veulent dire que toute célébration d’un succès militaire est perverse passent sous silence le fait que les sionistes de ce qui était considéré comme un mouvement de résistance juif ont célébré les atrocités infâmes commises lors de la fondation d’un État sur une terre imbibée du sang et des larmes de sa population palestinienne indigène. Ils oublient que l’armée israélienne et les milices de colons célèbrent continuellement leurs entreprises odieuses, devenant de plus en plus brutales de jour en jour, comme on l’a vu dans les pogroms sauvages des colons en Cisjordanie, à Jérusalem-Est comme dans le génocide de Gaza. Nous pouvons nous demander qui a vraiment droit à la célébration, l’oppresseur ou l’opprimé ?

    L’incursion du Hamas et d’autres groupes de résistance du 7 octobre comportait deux éléments :
    – l’opération militaire légale et justifiable contre les FDI et la prise illégale de civils en captivité. Il s’agit certes d’une violation du droit international, mais d’une action valable en ce qui concerne l’intention d’obtenir un échange de détenus, y compris des femmes et des enfants, détenus dans les prisons israéliennes sans inculpation, avec peu de chances d’un procès équitable et dans des conditions épouvantables. L’offre d’un échange de captifs a été faite par le Hamas dans les 48 heures qui ont suivi l’événement.

    En ce qui concerne la tragédie des morts violentes de civils, l’achèvement de la phase initiale de l’attaque militaire a été compromis par la fête de la musique, qui constitue un obstacle à l’accès aux centres de commandement. Le carnage qui s’en est suivi a été exacerbé par l’arrivée chaotique de Tsahal sur les lieux, ce qui, comme l’a montré l’assassinat de trois otages israéliens par des soldats israéliens le 15 décembre, est loin d’être un modèle d’efficacité militaire.

    De plus en plus de témoignages et d’informations émanant de membres des FDI et des services de renseignement révèlent la nécessité d’une enquête indépendante dans l’intérêt d’une répartition équitable des responsabilités entre les FDI, les Brigades al-Qassam, les autres groupes armés et la foule qui a franchi la brèche de Gaza.

    Malheureusement, de nombreuses preuves ont été perdues ou intentionnellement supprimées. Mais ce que nous savons, c’est que les résistants étaient armés d’armes légères, de lance-roquettes et de grenades, des armes qui ne pouvaient pas détruire des centaines de véhicules ou démolir des bâtiments.

    L’objectif de l’attaque militaire contre les installations de Tsahal et de la prise de prisonniers n’impliquait certainement pas le transport de bonbonnes de carburant, selon l’hypothèse de M. Mills selon laquelle les incendies criminels figuraient sur la liste des choses à faire. Les allégations de dépravations commises à l’encontre des femmes en particulier nécessitent également une certaine explication. Les allégations de viols et d’éviscérations de masse, ainsi que les récits de 40 bébés décapités, d’un bébé cuit dans un four, de membres coupés et de corps liés ensemble pour être brûlés vifs ont été rejetés avec autorité comme de la simple propagande.

    Après avoir subi l’humiliation d’une grave défaite militaire lors de la phase initiale de l’incursion, Israël a choisi de détourner l’attention vers la deuxième phase au cours de laquelle les massacres ont eu lieu. Cependant, les révélations faites aux médias israéliens révèlent que le carnage a été causé par les actions non seulement de différents groupes de combattants de la résistance, mais surtout de celles de Tsahal, qui ont appliqué la directive Hannibal en utilisant sans discernement des missiles et des obus tirés depuis des hélicoptères d’attaque et des chars. Reste à savoir si l’autoproclamée « armée la plus morale du monde » trouvera le minimum de courage nécessaire pour admettre sa grande culpabilité dans la mort de civils le 7 octobre.

    Les représailles israéliennes à l’attaque étaient inévitables. Mais le monde a été horrifié par la réponse disproportionnée, le génocide en cours, le nettoyage ethnique, la famine, les punitions collectives, les bombardements incessants, l’anéantissement des infrastructures civiles et des zones résidentielles, la destruction délibérée d’hôpitaux débordant de blessés qui doivent être soignés dans des conditions horribles, l’extermination de travailleurs de la santé et de journalistes, les tirs de sang-froid de tireurs embusqués et la détention d’individus. cagoulés et dénudés jusqu’à leurs sous-vêtements, qui disparaissent et sont soumis à la torture.

    L’objection mondiale sans précédent aux atrocités commises contre les Palestiniens indique que les plaques tectoniques de la géopolitique sont en train de bouger. Aux États-Unis, la plupart des jeunes, y compris de très nombreux jeunes Juifs, ne soutiennent plus Israël. Cependant, M. Mills n’a pas été capable de se sevrer des intérêts impérialistes de l’Occident, sur lesquels les États-Unis règnent en maîtres. Certains pourraient le qualifier de propagandiste.

    De plus, son article est une diatribe, non seulement contre moi, mais aussi contre les multitudes de Sud-Africains auparavant opprimés qui partagent mes opinions.
    C’est une situation déplorable qu’une si grande partie de son article soit constituée d’une attaque ad hominem désobligeante. L’insulte personnelle et un ton grossièrement immodéré caractérisent un déficit d’arguments valables.

    Mills a succombé à l’attrait de ce qui ne peut être décrit que comme une fabrication sioniste hystérique malveillante et n’a pas pris la peine d’étudier la Charte du Hamas de 2017, ni les vives critiques formulées à l’égard de la conduite récente de l’État d’Israël et son armée dans les médias israéliens.

    La lutte palestinienne n’est pas menée contre le sionisme parce que les sionistes sont juifs, mais contre le sionisme parce qu’il est l’imposition d’une dispensation monstrueuse, à laquelle les Juifs de conscience du monde entier s’opposent. La revendication par Israël du droit de l’oppresseur à se défendre perpétue une dispensation singulièrement inhumaine sous la forme de saisies de terres, d’occupation militaire, d’expansion des colonies, de vandalisme, de violence, d’expulsion, de massacres, de surveillance, de postes de contrôle arbitraires, de détentions illégales, de plus de 65 lois discriminatoires contre les Palestiniens à l’intérieur des frontières de 1948, du mur d’apartheid et d’un harcèlement, d’une intimidation et d’une humiliation constants. En tant que Juif qui a grandi dans les années 1940, mon sang me glace le sang en voyant des images comparatives du comportement nazi.

    L’antisémitisme, c’est du racisme.
    Le sionisme, c’est du racisme.
    L’État d’Israël est un État structurellement et vicieusement raciste.
    Ceux qui s’opposent au racisme doivent s’opposer simultanément à l’antisémitisme, au sionisme et à l’État d’Israël.

    Ronnie Kasrils

  • الطاهر المعز-من تداعيات العُدْوان على فِلسْطِينِيِّي غزة: كَشْف الدّور الخياني للأنظمة العربية وتركيا

    الطاهر المعز-من تداعيات العُدْوان على فِلسْطِينِيِّي غزة: كَشْف الدّور الخياني للأنظمة العربية وتركيا

    من تداعيات العُدْوان على فِلسْطِينِيِّي غزة: كَشْف الدّور الخياني للأنظمة العربية وتركيا

    كَشْف الدّور الخياني للأنظمة العربية وتركيا

    أدّت العملية الفدائية المُشتَرَكَة التي نفّذها حوالي ثلاثة آلاف فِدائي من حماس والجهاد الإسلامي والجبهة الشعبية لتحرير فلسطين إلى قَتْل نحو 1400 مستوطن واحتجاز 240 مستوطن صهيوني وأجانب كرهائن، وفق وسائل إعلام العدو التي وصفت هذه العملية بنقطة تحَوّل تاريخية وباليوم الأكثر دموية في تاريخ كيان الإحتلال منذ تأسيسه سنة 1948

    فقدت سلطة أوسلو  أي مصداقية وفقدت مؤسسات حقوق الإنسان وحرية الصحافة والدفاع عن الحريات بشكل عام مصداقيتها فقد قُتلت القوات الصهيونية عددا قياسيا من الصحافيين دون رد فعل من زملاء الضحايا، كما ظَهَرَ للعيان فَشَلُ الرّدع العسكري الصهيوني يوم السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023 وظهر التّواطؤ الإمبريالي (الغربي) العلني مع العدو الصهيوني، فضلاً عن تواطؤ الرجعيات والبرجوازية الكُمْبرادورية العربية، حتى لما كان العدو يقتل الأطفال ويقصف المستشفيات والمباني السّكنية والمدارس، فضلاً عن الحصار الاقتصادي المفروض، منذ حوالي عِقْدَيْن، من قِبَل « الديمقراطية الوحيدة في الشرق الأوسط » كما يصفها الإعلام الإمبريالي

    اعتادت الإمبريالية (بقايدة الولايات المتحدة) على دعم الكيان الصهيوني علنًا، سواء خلال حرب 1973، حيث وفّرت الولايات المتحدة جِسْرًا جَوِّيًّا لإعادة إمداد الجيش الصهيوني، فضلا عن الدّعم السياسي والإعلامي والدّبلوماسي، وأرسلت وزارة الحرب الأمريكية بعد 13 تشرين الأول/اكتوبر 2023، حاملَتَيْ طائرات ترافقها عشر سفن حربية وعلى متنها 16 ألف جندي وضابط بحرية و300 طائرة، وكل ذلك لردع ثلاثة آلاف فدائي، وسدّدت ألمانيا حوالي مليار دولارا إضافيا ( إضافة إلى معدّل 3,8 مليارات دولارا من المساعدات الألمانية السّنوية للكيان الصهيوني، منذ 1953) بعنوان « دعم  المجهود الحربي الإسرائيلي ».

    يُشكّل الكيان الصهيوني استثمارًا « غربيا » والإستثمار يتم من أجل الحصول على عائد يفوق حجم الإستثمار، وتتكفل الأنظمة العربية العميلة بضمان تدفّق هذا العائد، فيما يتمثل دور الكيان الصهيوني في الرّدع المُسلّح لأي محاولة لتغيير موازين القوى في الوطن العربي، ولذلك عندما هُزم الكيان عام 1973 ( وكذلك سنة 2023) سارعت الدّول الإمبريالية لتقديم الدعم والحماية لهذه القاعدة الإستعمارية، ومع ذلك يُعدّ تطبيع الأنظمة العربية مع الكيان أهم من الدعم الإمبريالي الأمريكي،  والدّليل إن قرارات مؤتمر 11 تشرين الثاني/نوفمبر 2023 الذي شاركت به 57 دولة عربية وإسلامية (بزعامة آل سعود) لم تتجاوز المناشدة الذّليلة.

    في الجانب الرسمي العربي، لم يتضامن (عَمَلِيًّا) أي نظام عربي مع المُقاومة الفلسطينية ومع الشعب الفلسطيني في غزة وثُلُثاه من اللاجئين، وفي المقابل ساهمت المقاومة في لبنان وفي اليمن في مشاغبة العدو عبر مناوشات تجبره على تشتيت قواته وتخصيص جزء منها إلى جبهة جنوب لبنان وميناء أم الرشراش.

    كشفت العملية الفدائية ليوم السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023 فشل نظام التجسس « بيغاسوس » وكافّة أنظمة التنصت والتتبع الإلكتروني أمام التقنيات البدائية التي يستخدمها المقاتلون الفلسطينيون في غزة، وبذلك قد تنخفض مبيعات أجهزة التجسس والأسلحة والتجهيزات الإلكترونية التي يُشرف عليها الجيش الصهيوني وتدعمها الشركات ورؤوس الأموال الأمريكية وكانت تُشكل 48% من الصادرات و18,1% من الناتج الإجمالي الصهيوني وتُشغّل أكثر من 8200 مهندس عسكري…

    يُشير موقع مجلة فورين بوليسي الأمريكية (تم الإطلاع يوم 22 تشرين الثاني/نوفمبر 2023) « أن تكلفة تكاليف حرب لبنان سنة 2006 وغزة سنة 2014، بلغت 0,5% من الناتج المحلي الإجمالي، فيما تُقدّر تكلفة الحرب الحالية التي بدأت يوم 08 تشرين الأول/اكتوبر 2023 بانخفاض نسبته 15% على أساس سنوي، خلال الربع الأخير سنة 2023 بسبب توقف السياحة وحركة النقل الجوي والبحري وسَعْي مئات الآلاف من الإسرائيليين إلى مغادرة البلاد، خصوصًا من المثقفين وذوي المهارات العالية، وسط الحرب واطلاق الصواريخ اليومية التي تطلقها قوات المقاومة الفلسطينية من قطاع غزة المحاصر… »، كما أشارات وسائل إعلام العدو خلال الأسبوع الثالث لشهر تشرين الثاني/نوفمبر 2923 – بعد حوالي ست أسابيع من بداية العدوان المُكَثّف – إلى التّداعيات – حتى ذلك الحين – التي خلّفتها العملية الفدائية للمقاومة الفلسطينية وما تلاها من عدوان وقصف محموم، بدعم من الإمبريالية الأمريكية والأوروبية ومعظم الأنظمة العربية، وتتضمن هذه التّداعيات: تقديرات التكلفة الأولية للعدوان بنحو 51 مليار دولار، أو حوالي 10% من الناتج المحلي الإجمالي وركود نشاط مئات الشركات وعطالة نحو 20% من العاملين إثر استدعاء 360 ألف من جنود الإحتياط، ويُنْذِرُ هذا الوضع بانهيار اقتصاد دولة العدو، وفق موقع صحيفة فايننشال تايمز (تم الإطلاع يوم 21 تشرين الثاني/نوفمبر 2023)، فيما اعتبرت مجلة فورين بوليسي الأمريكية « إن اقتصاد الحرب الإسرائيلي لا يستطيع أن يحافظ على نفسه إلى الأبد، وقد ينزلق إلى الركود في وقت قريب جداً، لأن التعبئة العسكرية الضخمة للنظام من شأنها أن تؤدي إلى انكماش اقتصادي حاد، رغم المساعدات العسكرية الأمريكية التي بلغت – خلال الشهر الأول للعدوان – 14 مليار دولارا وارتفاع احتياطي المصرف المركزي من العملات إلى قرابة 200 مليار دولارا… (فقد تَضَرّرَت) قطاعات النفط والغاز والسياحة والرعاية الصحية وتجارة التجزئة وتطوير التقنيات الحديثة… » وتتوقع وسائل الإعلام الصهيونية والأمريكية ووكالات التصنيف الإئتماني، وجميعها أمريكية، « أضرارًا اقتصادية على المدى القصير والطويل، خصوصًا في حال توسيع رقعة الحرب واستمرارها لعدّة أشْهُر »…

    قدّرت صحيفة “يديعوت أحرونوت” -يوم الأحد 07 كانون الثاني/يناير 2024- تكلفة ثلاثة أشهر من العدوان بما يزيد عن ستِّين مليار دولار، وتشمل التكلفة نفقات الجيش والمساعدات الحكومية للقطاعات الإقتصادية وتعويضات الشركات المتضررة والمجالات الأخرى، وتستنتج الصحيفة إن جيش الاحتلال فشل في تحقيق أهداف الحرب التي دخلت شهرها الرابع…

    اعترضت الولايات المتحدة وأوروبا بمجلس الأمن التابع للأمم المتحدة على مشروع قرار لوقف العدوان ولفك الحصار على فلسطينيي غزة، ولما قصفت المقاومة اليَمَنِيّة السفن الصهيونية أو التي تتعامل مع الكيان الصهيوني، والتي تعبر المياه الإقليمية لليمن، ثارت ثائرة الدّول الإمبريالية وصهاينة عرب النفط (عرب أمريكا) ودعت الأمم المتحدة، يوم الثالث من كانون الثاني/يناير 2024، إلى “تأمين خطوط التّجارة الدّولية بالبحر الأحمر”، وكانت القيادة المركزية للجيش الأمريكي (سنتكوم)، التي تشرف على العمليات العسكرية الأمريكية في الشرق الأوسط من قاعدتها العسكرية الضّخمة في البحرين، قد هددت المقاومة اليمنية. وتحدثت المنظمة البحرية الدولية عن الآثار السلبية لتعطيل هذا الممر الملاحي الذي يمثل 15% من التجارة العالمية. أوقفت 18 شركة شحن، بما في ذلك شركات الحاويات العملاقة ميرسك وهاباغ لويد ووان، عملياتها في البحر الأحمر عن طريق إعادة توجيه سفنها حول رأس الرجاء الصالح، مما أدى إلى مضاعفة تكاليف تعريفات الشحن للتجارة بين آسيا وأوروبا وتمديد في عشرة أيام على الأقل في أوقات التسليم.  

    أقرت حكومة الكيان الصهيوني قبل العدوان على فلسطينِيِّي غزة ميزانية العام 2024، وأعادت النظر فيها لتعديلها في بداية سنة 2024، كما أقرت حكومة العدو ميزانية حرب خاصة لسنة 2023 بقيمة 30 مليار شيكل (8,33 مليارات دولار) لتمويل العدوان وتسديد تعويضات للمُستوطنين، وسبق أن نشرت وزارة المالية توقعات تفيد إن الحرب قد تستمر حتى شهر شباط/فبراير 2024، وسوف تكلف ما لا يقل عن 50 مليار شيكل (14 مليار دولار) أخرى سنة 2024 في ظل تأزم الاقتصاد والركود وارتفاع عجز الميزانية إلى نحو 6% من الناتج المحلي الإجمالي، وقدّرت الأوساط غير الحكومية قيمة الإنفاق اليومي للعدو على الحرب بنحو 260 مليون دولارا، وقُدّر الإنفاق الإجمالي المُتَوقّع بنحو 51 مليار دولارا، وأدّى العدوان إلى انخفاض احتياطي النقد الأجنبي بنحو 7,3 مليارات دولارا خلال شهر واحد، وتُقدّر تكاليف استدعاء جنود الإحتياط بنحو 1,3 مليار دولارا، ودرست حكومة العدو هذا الوضع خلال جلسة يوم الخميس 11 كانون الثاني/يناير 2024، التي نظرت في ميزانية الحرب للعام 2024، بعد الإتفاق على دعم مالي بقيمة تسعة مليارات شيكل (أو ما يُعادل 2,5 مليار دولار) لجنود الاحتياط وأُسَرِهِمْ، فيما اقترحت وزارة المالية “إغلاق عشر مكاتب وزارية غير ضرورية…

    أما عن الخسائر فهي متنوعة حيث انخفض الإستثمار الأجنبي وعائدات السياحة والزراعة وهاجر آلاف المستوطنين، وقد لا تعود نسبة منهم، وعلّقت العديد من شركات الطّيران رحلاتها من وإلى تل أبيب، وارتفعت أسعار تأمين الفضاء الذي تستخدمه وسائل النّقل البحري والجوي والبرّي من وإلى فلسطين المحتلة، حيث تمر نحو 98% من التجارة الخارجية للعدو وتصل نحو 70% من وارداته عبر البحر، وتَراجع نشاط ميناء أم الرشراش بنحو 85%، وارتفعت تكلفة الشحن البحري – من وإلى موانئ فلسطين المحتلة وبين آسيا وأوروبا وأمريكا – بنسبة 173% وفق موقع “فريتوس دوت كوم” وهي شركة متعددة الجنسيات مختصة في عمليات الشحن ورصد البيانات المتعلقة بالنقل البحري، بفعل هجمات المقاومة اليمنية على السُّفُن العابرة لباب المندب والبحر الأحمر، والتي تتعامل مع الكيان الصهيوني، منذ شهر تشرين الثاني/نوفمبر 2023، وارتفع سعر شحن البضائع في حاوية 40 قدما من آسيا إلى شمال أوروبا من 1600 دولارا إلى أكثر من أربعة آلاف دولارا، وعلقت أكبر شركتين للنقل البحري في العالم: “إم إس سي” و “ميرسك” رحلاتهما التجارية عبر البحر الأحمر منذ منتصف كانون الأول/ديسمبر 2023، لتمُرّ سفنهما عبر رأس الرجاء الصالح بجنوب أفريقيا، ما يؤدي إلى ارتفاع تكاليف الشحن، كما علّقت شركة “هاباغ لويد” رحلاتها عبر البحر الأحمر وقناة السّويس، وأعلنت “شركة كوسكو” الصينية العملاقة للشحن والمملوكة للدولة إنها عَلّقت رحلاتها إلى موانئ فلسطين المحتلة، وهي رابع أكبر خط ملاحي للحاويات في العالم، وتسهم بنحو 11% من التجارة العالمية، أما الولايات المتحدة فقد أعلنت على لسان وزير الحرب، يوم 18 كانون الأول/ديسمبر 2023، تشكيل قوة عمل بحرية باسم “حارس الازدهار” تضم 10 دول (بعدما أعلن نفس الوزير مشاركة 25 دولة)، بهدف مواجهة المقاومة اليَمَنية، لأن ثلثَيْ صادرات النفط الخليجي تمر عبر البحر الأحمر وقناة السويس وكذلك نحو 12% من تجارة النفط، و8% من تجارة الغاز المسال، و12% من إجمالي التجارة العالمية، كما تَمُرُّ ثُلُثُ حاويات الشحن في العالم يوميا عبر قناة السويس (193 كيلومترا)، ومن نتائج العدوان كذلك توقُّف رحلات شركة الطيران المجرية “ويز إير” من وإلى فلسطين المحتلة حتى شهر آذار/مارس 2024، وكانت رحلاتها تفوق مائة رحلة أسبوعيا، وألغت العديد من شركات الطيران منخفضة التكلفة رحلات الجوية من وإلى تل أبيب بسبب الحرب، ما اضطر إدارة مطار بن غوريون إلى خفض رواتب ألف موظف وإجبار 600 موظف على الخروج في إجازة غير مدفوعة…

    أظهر العدوان الحالي على فلسطينيي غزة والضفة الغربية إن العدو يتمتع بالدّعم المطلق سياسيا وعسكريا وماليا لما لا يقل عن 16 دولة فضلا عن المساندة العسكرية والسياسية المُطْلَقَة لحلف شمال الأطلسي، والمساندة مع بعض النّقد السّطحي لحوالي ثلاثين دولة أخرى، لذا فإن الشعب الفلسطيني لا يُواجه الحركة الصهيونية أو الكيان الصهيوني بل يواجه كافة القوى الإمبريالية وكذلك الأنظمة الرجعية العربية وخصوصًا التي طَبّعت علاقاتها عَلَنًا، وفضلا عن « الحياد » السّلبي للصين والدّعم الرّوسي للكيان الصهيوني والنّفاق التّركي وما إلى ذلك…

    إن طول فترة العدوان وكثافة عمليات التقتيل والتّدمير تُؤَشِّرُ على الدّعم المُستمر لجميع القوى المُعادية لنا وتُؤشِّرُ على إرادة استكمال فصول نّكبة 1948 من خلال الإبادة الجماعية والتّهجير والتّجويع، وتتطلب الحرب موارد هامة، وعتاد وسلاح وتعطيل العديد من القطاعات الإقتصادية وتوقف مئات الآلاف من الجنود والإحتياطيين عن العمل، وحَظْر دخول العمال الفلسطينيين وهجرة عشرات الآلاف من عُمال آسيا، ونزوح المستوطنين من جنوب وشمال فلسطين…

    أعلن محافظ المصرف المركزي للعدو، بعد مرور ثلاثة أشهر على العدوان إن نسبة النمو فاقت 3% سنة 2023 وبلغت نسبة التضخم  3,7 %، ونسبة البطالة 3,2%، وهناك فائض في الحساب الجاري بنحو 4,2% من الناتج الإجمالي الخام، ولا تزيد الدّيون عن الخطوط التي تُحدّدها مؤسسات بريتن وودز (صندوق النقد الدّولي والبنك العالمي) في حدود 60% من الناتج الإجمالي الخام، وتجاوزت احتياطات النقد الأجنبي 191 مليار دولار، وعلى سبيل المقارنة، بلغت احتياطيات الجزائر، دولة النّفط والغاز، 194 مليار دولارا خلال ذروة ارتفاع أسعار المحروقات، وقُدِّرَ فائض الحساب الجاري بعد ثلاثة أشهر من العدوان بأكثر من عشرين مليار دولار، بينما لا تزال حركة النقل مضطربة والقطاع الفلاحي شبه متوقف بفعل هروب العمال الآسيويين، ويزال ثُلُث المطاعم والفنادق مُغْلَقًا في ظل توقف حركة السياحة وقدوم السائحين الأوروبيين والأمريكيين والروس، وتوقف العمل لمدة شهر في قطاع الغاز المنهوب من سواحل فلسطين، وهاجر ما لا يقل عن 300 ألف مستوطن، فضلا عن تعبئة أكثر من 360 ألف جندي احتياطي وسحبت سلطات الإحتلال ترخيص العمل لنحو 164 ألف عامل فلسطيني، مما أدّى إلى نقص أكثر من نصف مليون عامل من مجموع أربعة ملايين من السكان العاملين، فانخض النشاط الإقتصادي بنسبة 6% خلال الأسابيع الخمسة الأولى، وفقاً لمحافظ المصرف المركزي للعدو…

    لكن من أين تأتي الموارد ليتمكن كيان الإحتلال من مواصلة العدوان للشهر الرابع وعدم الإنشغال بالوضع المالي والإقتصادي؟

    طمأَنَ الإحتياطي الإتحادي الأمريكي قادة الكيان الصهيوني، منذ السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023 بأنه مستعد لتقديم كل الضمانات لقروض دولة الإحتلال من الأسواق، بل يمكن للإحتياطي الفيدرالي الأمريكي، تكرار ما فعله خلال عدوان 2008، وخلال الأزمة المالية 2008/2009 – في حالة حدوث مشكلة في الأسواق- وتوفير السيولة للمصارف الصهيونية الكبرى مباشرة، كما سبق أن فعل مع المؤسسات الكبيرة التابعة لحوالي 15 دولة، خلال أزمة 2008/2009، وأَوْرَد المُلحق الإقتصادي لصحيفة هآرتس خبر تكفل مجموعة غولدمان ساكس الأمريكية بجمع ست مليارات دولارا من المؤسسات المدرجة ببورصة وول ستريت بعد انطلاق العدوان، ويندرج ذلك ضمن اكتتاب خاص باليورو والين والدولار، بضمانة من غولدمان ساكس وبدعم قوي من الإحتياطي الإتحادي الأمريكي، وأعلنت الحكومة الأمريكية استعدادها لتمويل ما لا يقل عن ثُلُثِ احتياجات التمويل الصهيونية المُقدّرة ب 48 مليار دولار في فترة 2023/ 2024، أي حوالي 16 مليار دولارا، في شكل أسلحة وعتاد ومعدات عسكرية مختلفة، وبذلك يتم إطلاق الكيان الصهيوني لكي لا يواجه أي ضغوط مالية قد تضطره  الى تغيير سياسته، والدّليل الدّعم الأمريكي والغربي المُطلق ماليا وإعلاميا وسياسيا ودبلوماسيا (بالأمم المتحدة) وعسكريا، وبذلت القوى الإمبريالية جهودًا كبيرة لضمان التفوق الصهيوني عسكريا وكذلك تقنيا، حيث أصبح قطاع التكنولوجيا العالية أحد أهم محركات الإقتصاد الصهيوني بأكثر من خمسمائة شركة متعددة الجنسيات تعمل في فلسطين المحتلة، ودرّبت المهندسين والفنّيّين الصهاينة الذين أسسوا ما لا يقل عن مائة شركة في مجال التقنيات الحديثة والتكنولوجيا، ما جعل من هذا القطاع يُشغِّلُ نحو 14% من قُوة العمل ويُساهم بأكثر من نصف قيمة الصادرات، وعمومًا تتعامل الولايات المتحدة وكندا وأستراليا والإتحاد الأوروبي مع الإقتصاد الصهيوني كجزء من اقتصادها، وكان المستشار الألماني قد أعلن بوضوح شديد: « إن انهيار إسرائيل يعني نهايتنا »، ولهذه الأسباب، يُستبْعَدُ انهيار الإقتصاد الصهيوني، فالولايات المتحدة والإتحاد الأوروبي، ودول حلف شمال الأطلسي أعلنت استعدادها لتغطية العجز المحتمل في المالية العامة الصهيونية، الذي قد يرتفع من 4,6% سنة 2023 إلى 10% من إجمالي الناتج المحلي سنة 2024،  وتغطية تكلفة الحرب المُقدّرة بنحو 270 مليون دولار أسبوعيا، وتعويض الأسلحة والمعدات وقطع غيار الطائرات والأسلحة الأخرى والقنابل التي تستخدمها الطائرات العسكرية والتي يتم استيرادها من الولايات المتحدة أو بريطانيا المملكة المتحدة، ومساعدة الكيان الصهيوني على تأمين رواتب من تم استدعاؤهم كجنود احتياط وحاجيات أُسَرِهِم، ومحاولة تجنب الإجراءات التقشفية وزيادة في الضرائب وخفض المساعدات والإعانات، كما تدعم الولايات المتحدة والجمعيات الأمريكية والمؤسسات الخاصة والمجموعات الدّينية تمويلات استثنائية بقيمة تفوق 16 مليار دولارا، للإنفاق على بناء وإدارة وتسيير المدارس الدينية والمستوطنات في الضفة الغربية وغيرها من الأنشطة الإستعمارية الإستيطانية…

    أعلن المتحدث باسم الأمم المتحدة ستيفان دوغاريك يوم 19 كانون الثاني/يناير 2024 أن عدوان الجيش الصهيوني « تسبب في نزوح نحو 85% من السكان، وإنه (جيش العدو) يواصل منع دخول المساعدات الإنسانية و المعدات الحيوية وأجهزة الإتصالات إلى قطاع غزة، ما يهدد بشدة عمليات الإغاثة… » وأعلنت منظمة الصحة العالمية « إن نصف الضّحايا من النّساء والأطفال، وإن أكثر من 50% من الأطفال دون سن الخامسة يعانون من حالات الإسهال ويفتقرون إلى المياه النظيفة، وإن غالبية سكان غزة لا يحصلون على الأدوية المستخدمة لعلاج الأمراض الشائعة… »

    أزْعَجت عملية « طوفان الأقصى » نظام الإخوان المسلمين في تركيا الأطلسية والأنظمة العربية، وبالأخص الأنظمة المُطَبِّعَة عَلَنًا، من المغرب إلى الإمارات، مرورًا بالسودان ومصر والأردن ورام الله، ولم تهب الأنظمة العربية لنجدة الشعب الفلسطيني، بل تُشارك في حرب الإبادة بأشكال مختلفة، فالنظام المصري يُشارك مباشرة في حصار الفلسطينيين ومنع دخول الغذاء والدّواء ويَحْظر خروج المُصابين للعلاج، أما الأنظمة الحاكمة بالإمارات والأردن فهي تُساعد حكومة الكيان الصهيوني بشكل مباشر من خلال توريد حاجيات العدو – زمن الحرب المُكَثّفَة – وإعادة إرسالها إلى فلسطين المحتلة انطلاقًا من موانئ الإمارات، عبر البَرّ إلى فلسطين المحتلة، وخصوصًا منذ أعلنت المقاومة اليمنية قطع طُرُق التجارة البحرية، بالبحر الأحمر، عبر باب المندب، من وإلى فلسطين المحتلّة، في حين تمنع أنظمة مصر والأردن والعدو الصهيوني دخول الغذاء والدّواء إلى غزة والأراضي المحتلة سنة 1967، وهو موقف (وممارسة) مُعَبِّر عن متانة العلاقات بين صهاينة العرب بالخليج ومصر والأردن والكيان الصهيوني، وعن درجة عداء الأنظمة العربية للمقاومة الفلسطينية والعربية، ويظهر ذلك جلِيًّا في محتوى ما تبثه قنوات الأجهزة الإعلامية التي يسمح لها العدو ببث مراسلات مباشرة من فلسطين المحتلة من سُمُوم ومن بينها الجزيرة و سكاي نويز عربية  و  العربية…  

    لم تبدأ الأنظمة العربية خياناتها سنة 2023، بل تأسّس معظمها على العمالة للمُستعمِر والإمبريالية فكانت السعودية سباقة إلى دعم تأسيس الكيان الصهيوني، وكان عبد العزيز بن عبد الرحمن آل الفيصل آل سعود ( 1876 – 1953) مؤسس الدّولة التي سُمِّيت على اسمه (السعودية) في جزء من الجزيرة العربية، كان منذ ما قبل تأسيس دولته عميلا لبريطانيا التي خصّصت له مُرتّبا شهريا بقيمة 500 جنيه استرليني آنذاك، من ميزانية الإستخبارات البريطانية، كما كان عميلا للولايات المتحدة التي أدْركت أهمّيّة النفط، فساعدته على تأسيس دولته، وتعهّدت بحمايته وحماية أسرته ودولته، مقابل مساندة مخططات الإمبريالية الأمريكية التي بدأ دورها يتعاظم بنهاية الحرب العالمية الأولى، ومساندة مخططات بريطانيا التي أطلقت ما سُمِّيَ « وَعْد بلفور » سنة 1917 واتفقت مع فرنسا سنة 1916 على تقاسم الوطن العربي، واستجاب عبد العزيز آل سعود لطلب « السِّير برسي كوكس »، مندوب بريطانيا في مؤتمر العقير سنة 1922 وكتب بخَطّ يده التّعهُّد التّالي:  » بسم الله الرحمن الرحيم، أنا السلطان عبد العزيز بن عبد الرحمن آل الفيصل آل سعود (…) أقر وأعترف ألف مرة لسير برسي كوكس مندوب بريطانيا العظمى: لا مانع عندي من إعطاء فلسطين للمساكين اليهود أو غيرهم كما تراه بريطانيا التي لا أَخْرُجُ عن رأيها حتى تصبح الساعة » (أي إلى قيام الساعة أو إلى يوم القيامة)، وساهمت السعودية في التّآمر على ثورة الشعب الفلسطيني من 1936 إلى 1939، وفي خيانة الشعب الفلسطيني سنة 1948، وطلب الملك فيصل بن عبد العزيز، قُبَيْل عدوان 1967، من الرئيس الأمريكي ليندون جونسون طَرْدَ القوات المصرية التي كانت تدعم الثوار الجمهوريين في اليمن، وكانت الحملات الإعلامية ضد نظام مصر وسوريا في ذروتها في المغرب وتونس والسعودية قبل عدوان 1967، وكان العداء ضد المقاومة الفلسطينية جَلِيًّا خلال حرب الإبادة التي نفّذها الجيش الأردني سنة 1970 و 1971، وكذلك خلال غزو لبنان سنة 1982، حيث اغتنم آل سعود الفُرصة لتقديم مشروع استسلام جماعي – باسم الأنظمة العربية وجامعتهم – قبل أن تجفّ دماء شهادء مخيمات صبرا وشاتيلا، وتكرّرت الخيانات الموصوفة والإصطفاف وراء العدو خلال عدوان 2006 على لبنان أثناء انعقاد قمة بيروت حيث دعمت حكومة فؤاد السنيورة (لبنان) والإمارات، بوضوح موقف الولايات المتحدة الدّاعي إلى استمرار العدوان الصهيوني إلى حين القضاء على المقاومة في لبنان، وكانت نفس الأنظمة العربية، وخصوصًا الخليجية، وجامعتها « العربية » (العِبْرِيّة في واقع الأمر) قد ساهمت مباشرة، بقرار سياسي وبالمال والسلاح والمرتزقة، في العدوان على العراق وليبيا وسوريا وعلى شعب اليمن، خدمة لمصلحة الإمبريالية – بزعامة الولايات المتحدة – والكيان الصّهيوني، وتُساهم الأنظمة العربية (خصوصًا حُكّام مصر والأردن وشيوخ الخليج) في حصار الشعب الفلسطيني وقطع الماء والغذاء والدّواء والكهرباء والاتصالات، فضلا عن التّدْمِير المُمَنْهَج…

    مثَّل العُدْوان الصهيوني الحالي على فلسطينِيِّي غزة مناسبة أخرى لكَشْف عمالة وخيانات الأنظمة العربية، باعتبارها جُزْءًا من ثالوث أعداء الشعب الفلسطيني والشعوب العربية وكافة التّقدّمِيِّين، والمتمثل في الإمبريالية التي خلقت العَدُو الآخر (الكيان الصهيوني) الذي تمكّن من تعزيز احتلاله لوطن الشعب الفلسطيني ولأوطان الشعوب المُجاورة (سوريا ولبنان والأردن ومصر…) بتواطؤ من العدو الثالث، أي الأنظمة العربية، وتتناول الفقرات الموالية، أحد هذه الأنظمة التي لا تُثير الإنتباه (مثل السعودية أو مصر أو المغرب) غير إن دورها التخريبي ضخم وهام، خصوصًا خلال هذه الفترة، حيث أصبحت سلْطَنَة عُمان – المُحاذية لليمن – وقواعد البحريْن والإمارات مراكز للتّجسّس ومُنطَلَقًا للعمليات العسكرية العُدْوانية للجيوش الأمريكية والبريطانية وحلفاؤهما من عرب وعَجَم.

    تُشير الفقرة الموالية إلى نظام عربي لا تظهر خياناته للعموم، كما تظهر خيانات آل سعود وأبناء زايد أو آل ثاني أو آل خليفة، غير إنه ضالع في المؤامرات منذ القِدَم، وهو نظام عُمان الذي استعان بقوات شاه إيران (وآل بهلوي) لقصف ثوار إقليم ظُفار، وتُؤْوِي البلاد قواعد عسكرية ضخمة، تستخدمها بريطانيا والولايات المتحدة للتّجسّس على رقعة واسعة من آسيا (ومنها المشرق العربي) والسواحل الشرقية لإفريقيا، لذا تُعتَبَرُ سَلْطَنَة عُمان، بؤرة عمالة وتجسس، وإن لم تكن تتصدّر أخبار العُملاء وعرب أمريكا وبني صهيون.

    تقع سلطنة عُمان ( حوالي 5,4 ملايين نسمة، من بينهم حوالي 2,2 مليون عامل مهاجر) على موقع استراتيجي، بين مضيق هرمز والخليج العربي ولها حدود مع الإمارات والسعودية واليمن وهي ثاني أكبر دولة مِساحةً في الجزيرة العربية بنحو 312 ألف كيلومتر مربع، وتمتد سواحلها على مسافة 3165 كيلومتر، وتُطل على بحر العرب وخليج عُمان والخليج العربي، حيث كان ميناء مسقط أحد أهم موانئ التجارة بين المحيط الهندي وإفريقيا وغربي آسيا، لمّا كانت عُمان ذات نُفوذ – بين القرنَيْن الخامس عشر والتاسع عشر – يمتد من زنجيبار (تنزانيا الحالية) في السواحل الشرقية لإفريقيا، إلى باكستان، واحتلت البرتغال جزءًا منها، منذ بدايات القرن السادس عشر، ثم بريطانيا، منذ القرن السابع عشر، وتمثلت هيمنة القوى الأجنبية في احتلال بعض المواقع الإستراتيجية البحرية لتأمين تجارتها مع جنوب وشرق آسيا، وبعد هزيمة البرتغال منتصف القرن السابع عشر سيطرت بريطانيا على سلطة القرار بأشكال مختلفة، ولا تزال تمتلك قواعد ضخمة ( راجع فقرة أخرى ) ودعمت القوات العسكرية البريطانية والإيرانية جيش عُمان لقَمع الثورة التّقَدُّمِيّة المُسلّحة التي كانت تُسيطر على إقليم ظُفار حتى سنة 1976…

    أدّى افتتاح قناة السويس (1869) إلى انخفاض أهمّية موانئ عُمان، بفعل مرور السّفن عبر قناة السّويس نحو أوروبا، غير إن عُمان لا تزال تُعَدُّ منتجًا متوسّطًا للنفط والغاز، ويُشكّل العُمّال الأجانب (آسيون ) قرابة 40% من العدد الإجمالي للسّكّان، فيما استَمَرّت الروابط الوثيقة بين سلطات عُمان وبريطانيا، ويُعتبر نظام الحكم بالسلطنة حليفًا مخلصًا، بل عَميلاً، لبريطانيا وللولايات المتحدة، ولذلك تستضيف عمان منشآت عسكرية بريطانية على أراضيها، منها « مقر الاتصالات الحكومية »، وهو إسم مُخادع لا يعكس طبيعة عمل هذا المركز الذي أسسته بريطانيا منذ سنة 1919، قبل أن يتطور عمله ليصبح المسؤول عن الاستخبارات الكهرومغناطيسية وأمن أنظمة المعلومات والتجسس على جميع الاتصالات ومتابعتها وفك تتشفيرها، وبقي وُجُودُه سِرِّيًّا حتى سنة 2014 حيث كشفت تسريبات « إدوارد سنودن » وجوده وطبيعة عمله، وتم نشر مقتطفات من الوثائق من قِبَل وسائل الإعلام البريطانية.

    يتمركز ما لا يقل عن ألف جندي بريطاني في عُمَان، وهي مستعمرة بريطانية سابقة، تتمتع حاليا بالإستقلال الشّكلي، ويحتفظ مركز اتصالات الجيش البريطاني ( GCHQ ) بثلاثة مواقع مراقبة، إحدها على الساحل الجنوبي، بالقرب من مدينة صلالة، على بعد 120 كيلومتراً من اليمن، وكانت سرية ومعروفة باسمها الرمزي (كلارينت)، وتم الكشف عن وجودها سنة 2014 بفضل تسريبات إدوارد سنودن  » (موظف متعاقد سابقًا مع وكالة الإستخبارات المركزية ووكالة الأمن القومي الأمريكيتَيْن)، ونشر موقع ( Declassified ) منذ سنة 2020 صورًا وأخبارًا عن توسيع الجيش البريطاني مراكز تجسسه في المشرق العربي ومن ضمنها « توسيع مرافق محطة التتبع في مركز اتصالات الجيش، في الشرق الأوسط تحسبا للحرب مع إيران »، وتظهر صور الأقمار الصناعية أنه تم تنفيذ سلسلة من أعمال البناء في قواعد عُمَان، نظرًا لموقعها الإستراتيجي، بين إيران واليمن، وتستخدمها بريطانيا والولايات المتحدة والكيان الصهيوني حاليا للتجسس على إيران ولمواجهة المقاومة اليمنية وفق وزير الحرب البريطاني، وأظْهرت الوثائق التي نشرها موقع  (Declassified ) صور قاعدة (Clarinet ) وقُبَّة الرادار الخاصة بها، ثم تم توسيع القاعدة بين سنتَيْ 2021 و 2023، لتضم مباني جديدة بحجم ستة ملاعب تنس وتتكون من عدة طوابق، ضمن محيط الموقع الذي يبلغ 1,4 كيلومترًا، وتتضمن الواجهة البحرية للقاعدة  شبكة من الكابلات البحرية التي تسمح بمراقبة الاتصالات الرقمية بين القارات، وباختراق الشبكة الإلكترونية، ويجري حاليا مَدُّ كابل اتصالات جديد بطول عشرة آلاف كيلومتر، بين ميناء « صلالة » في عُمَان وميناء « بيروث » في أستراليا، وادّعت أستراليا في البداية إنه مشروع تجاري تُشرف شركة « سوبكو » الأسترالية على تنفيذه، إلا أنه يمر في الواقع عبر القاعدة العسكرية الأمريكية البريطانية في جزيرة دييغو غارسيا المرجانية في المحيط الهندي، ودفع الجيش الأمريكي 300 مليون دولار لإعادة توجيه الكابل عبر دييغو غارسيا، في عملية أطلق عليها اسم « الموجة الكبيرة »، ودييغو غارسيا جزء من جزر تشاغوس، التي قام المستعمرون البريطانيون بترحيل سكانها الأصليين خلال ستينيات القرن العشرين لإقامة قاعدة أمريكية، مقابل خصم على شراء غواصات نووية، وكانت القاعدة نقطة انطلاق رئيسية للقوات الأمريكية التي احتلت العراق وأفغانستان، ويهدف تركيب كابل الألياف الضوئية عدم اعتماد القاعدة العسكرية الأمريكية على اتصالات الأقمار الصناعية للتواصل مع البر الرئيسي، كما أصبحت مدينة بيرث وميناؤها، في غرب أستراليا والتي تستضيف الطرف الآخر من الكابل، قاعدة استراتيجية ضخمة للجيوش الأمريكية والبريطانية، ضمن اتفاقية « أوكوس » أو العيون الخمسة، وتستضيف غواصات نووية، وأصبحت القاعدة مُنْطَلَقًا لدوريات الغواصات الأمريكية والأطلسية بالقرب من الصين، وتم تطوير تجهيزات قاعدة « كلاينت » بميناء مدينة صلالة وتوسيع صلاحياتها لكي تلتقط تجهيزاتها التّجسّسية الاتصالات التقليدية (كابلات الهاتف والوصلات الكهرومغناطيسية) عبر نظام ECHELON، أو نشاط حسابات Facebook وGoogle وYahoo عبر نظام PRISM أو مُجَمّعات الشبكات الهاتفية ورسائل البريد الإلكتروني وبيانات الشبكة الإلكترونية عبر نظام TEMPORA الذي يلتقط الاتصالات عبر الألياف الضوئية البحرية، ضمن شبكة تبادل البيانات العالمية التي شكلتها وكالة الأمن القومي الأمريكية ونظيراتها الكندية (CSTC) والأسترالية (ASD) والنيوزيلندية (GCSB) تطبيقًا لمعاهدة التعاون الموقعة بينهما سنة 1943 والتي لا تزال سارية المفعول، وتمر بجزيرة دييغو غارسيا المرجانية التي تُعْتَبَرُ محطة مهمة للولايات المتحدة وتَضُمُّ قاعدة عسكرية أمريكية ضخمة وبها إحدى المحطات العالمية الثلاث التابعة لـ SPACE AIR COMAND (القيادة الفضائية، وتقع الإثنتان الأُخْرَيان في جزيرة هاواي وفي الولايات المتحدة نفسها) وهي القاعدة التي تستخدمها وزارة الحرب الأمريكية لعسْكَرَة الفضاء والإشراف على مراقبة ما يجري على ارتفاع يتراوح بين 10 و 37 كيلومترًا حيث تدور العديد من الأقمار الصناعية والتي يمكن من خلالها إطلاق الصواريخ الباليستية لخصوم الولايات المتحدة المُفْتَرَضِين والحقيقيين، وتُراقب الولايات المتحدة وبريطانيا، من خلال منشئات ( GCHQ  ) بعُمَان كل ما يحدث في البحر الأحمر والخليج العربي والمحيط الهندي، ضمن عملية مُنسّقة بين مختلف القواعد (عُمان والبحرَيْن وقَطَر والعراق ودييغو غارسيا وأستراليا واليابان وكوريا الجنوبية والفلبين وتايوان…) ولجزيرة دييغو غارسيا المرجانية اهمّيّة خاصة فهي جزء من أرخبيل اعترفت به محكمة العدل الدولية مؤخرًا على أنه تابع لموريشيوس ( مستعمَرة بريطانية سابقة على الساحل الجنوبي الشرقي لإفريقيا) التي رفضت دائمًا قُبُول الأمر الواقع ولم تسمح أبدًا بإقامة هذه القاعدة، لأن بريطانيا اقتطعتها – قبل الإستقلال – من جزيرة موريشيوس، ثم وهبتها للولايات المتحدة لإنشاء قاعدة ضخمة على أراضيها، وقامت بريطانيا بترحيل جميع سكان الأرخبيل، لكي يتمكن الجيش الأمريكي من إرساء الغواصات النووية بالموانئ والقواعد البحرية واستقبال القاذفات الاستراتيجية وتجربة أسلحة الدّمار الشامل وممارسة جميع أصناف الأعمال العدوانية والتّجسّسية دون مراقبة… 

    لم تُدِن الحكومة التركية العملية التي نفّذتها المقاومة الفلسطينية يوم السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023، وتُدِين الحكومة التّركية ظاهريًّا “الأعمال التي ترتكبها إسرائيل في غزة”، ويُصَرّح الرئيس التّركي وأعضاء حكومته وحزبه “العدالة والتنمية” (إخوان مسلمون) بضرورة إحالة ملف الإحتلال الصّهيوني إلى المحكمة الجنائية جرّاء الجرائم التي يرتكبها جيش الإحتلال في غزة (وليس في الأراضي الفلسطينية الأخرى؟)، وَشَّبَه الرئيس أردوغان علنًا “نتنياهو” بهتلر بسبب “جرائم الحرب الإسرائيلية المرتكبة في غزة”، غير إن الوقائع تُكَذِّبُ التّصريحات العَنْتَرِية لرجب طيب أردوغان وصَحْبه، فقد ارتفعت قيمة صادرات تركيا نحو الكيان الصهيوني، سنة 2023، بنسبة 34,8% من 319,5 مليون دولار خلال شهر تشرين الثاني/نوفمبر إلى 430,6 مليون دولار بنهاية كانون الأول/ديسمبر 2023،  وبينما دعا “بلال”، أحد أبناء أردوغان إلى مُقاطعة الكيان الصهيوني، كان شقيقه ( بوراك) يعقد الصفقات التجارية مع الصهاينة وكانت سُفُنُه تحمل السلع التركية إلى فلسطين المحتلة، بدون انقطاع، وتواصلت العلاقات التجارية والسياحية والعسكرية حيث شحنت السفن التركية، انطلاقًا من ميناء “جيهان”، أسلحة إلى الجيش الصهيوني، ودافع وزير الحرب التركي “هاكان فيدان” خلال تصريح علني يوم 01 كانون الأول/ديسمبر 2023، عن “فوائد التجارة الثنائية بين تركيا وإسرائيل، التي لا تضر بالقضية الفلسطينية”، وقَدَّرَ معهد الإحصاء التركي (TurkStat) صادرات الأسلحة التّركية  إلى الكيان الصهيوني، خلال شهر تشرين الأول/أكتوبر 2023، بقيمة 105 آلاف دولار، وبلغت القيمة المُعْلَنَة لهذه الصادرات الحربية طيلة سنة 2023، بأكثر من 823 ألف دولارا

    كان الرئيس التركي رجب طيب أردوغان يحظى بشعبية كبيرة لدى العرب بسبب توجيهه خطابًا شديد اللهجة إلى رئيس وزراء العدو (شمعون بيريز آنذاك) بشأن جرائم الحرب في غزة سنة 2008، وذلك قبل انطلاق دورة قمة دافوس لسنة 2009، وكرّر ذلك من خلال إصدار أوامره للمسؤولين الأتْراك بمقاطعة المنتدى الاقتصادي العالمي سنة 2024 « بسبب الإبادة الجماعية التي ترتكبها إسرائيل في غزة  » وفق وسائل الإعلام التركية التي استولى عليها النظام بعد محاولة الإنقلاب الفاشل والمشبوه سنة 2016، وقد يتبادر إلى ذِهْن من لا يعرف الدّور التّخريبي لنظام تركيا الأطلسي (منذ أكثر من سبعة عُقُود)، في منطقة تمتدّ من جنوب أوروبا (اليونان وقُبْرص وحتى بلغاريا ) إلى آسيا الوُسْطى (جمهوريات الإتحاد السوفييتي السابق) وخصوصًا في الوطن العربي، في ليبيا والعراق وسوريا، وكذلك في فلسطين، (يتبادر إلى ذهن من يجهل ذلك) إن نظلم تركيا – الذي يحكمه حاليا حزب إخوانجي – بطل منهضة الإمبريالية والصهيونية، وبطل الدّفاع عن حقوق الشعب الفلسطيني، ووصف الرئيس التركي العدوان الصهيوني، بعد عملية « طوفان الأقصى، يوم السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023، بأنه « عمل إرهابي وعملية إبادة جماعية »، ليس عن قناعة وإنما بسبب ارتفاع درجة التّعاطف الشعبي مع الفلسطينيين (الضعيف عادة في تركيا)، بما في ذلك المعارضة « العلمانية » ( وريثة فكر أتاتورك المُعادي للعرب وللعروبة) رغم علاقات تركيا الراسخة مع الكيان الصهيوني ، منذ 1949، وحلف شمال الأطلسي، غير إن الوقائع والأرقام تُكذّب مضمون الخطاب الديماغوجي « الشّعْبَوي » للرئيس التّركي أردوغان، زعيم الإخوان المسلمين بتركيا والوطن العربي، حيث حافظ نظام تركيا (وأُسْرة وأبْناء أردوغان) على علاقات تجارية مزدهرة مع الكيان الصهيوني، إذ بلغت الصادرات التركية إلى كيان الإحتلال 408,3 مليون دولارا، خلال شهر أيلول/سبتمبر 2023، 430,6 مليون دولارا مُعْلَنَة، بنهاية شهر كانون الأول/ديسمبر 2023، بزيادة نسبتها 34,8% وتُشكل تركيا مسلكًا لعبور إمدادات الغذاء ونحو 4% من احتياجات الكيان الصهيوني من النفط، القادم من أذربيجان عبر تركيا، وللتذكير فإن أذربيجان دولة صديقة لتركيا وتضم قواعد عسكرية وقواعد تجسس أمريكية وصهيونية، وتستفز إيران باستمرار، وتتجاوب بالإيجاب مع المشروع التركي لتحويل تركيا إلى مركز حيوي لعبور الطاقة من غرب آسيا إلى أوروبا، بواسطة خط أنابيب « إيست ميد » الذي يربط ميناء حيفا باليونان، ثم أوروب،ا وخط أنابيب بطول 300 كيلومتر يربط حقول الغاز الفلسطينية المحتلة في شرق البحر الأبيض المتوسط بمنشأة لتسييل الغاز في قبرص، وخط أنابيب تحت الماء يربط تركيا بحقول الغاز الطبيعي في فلسطين المحتلة، فضلا عن الغاز الرّوسي، ولذلك فإن الأحزاب الرئيسية في تركيا، ومن بينها حزب الإخوان المسلمين الحاكم منذ بداية القرن الحادي والعشرين، ترى إن الموقع « الطبيعي » للبلاد يقع ضمن محور « الغرب » وأوروبا والولايات المتحدة وحلف شمال الأطلسي والكيان الصهيوني…

    الطاهر المعز

    الرابط : 

    https://www.youtube.com/watch?v=nTWbmMmwnmo

  • Luca Cangemi-Le monde de Lénine. Passage à l’Orient (musulman, Inde, Chine, Extrême-Orient)

    Luca Cangemi-Le monde de Lénine. Passage à l’Orient (musulman, Inde, Chine, Extrême-Orient)

    Le discours de Lénine sur l’Orient est aussi le discours d’une relation nouvelle, nécessaire, entre le mouvement ouvrier des pays capitalistes de l’Ouest et les peuples qui luttent pour se libérer du joug colonial. La révolution russe est considérée comme le pont entre ces deux réalités. La défaite du mouvement ouvrier et du marxisme en Occident pose aujourd’hui d’énormes problèmes.

    Lénine est de retour, ou peut-être n’est-il jamais parti depuis un siècle qu’il est mort, même si depuis trente ans l’arrachage de ses statues est un sport assez répandu. Aujourd’hui, ici et là, quelques statues sont restaurées, mais surtout, tout à coup (surtout pour les plus distraits), la valeur fondatrice de la rupture politique et, disons-le, épistémologique, opérée par Vladimir Ilitch refait surface.

    Si la figure de nos années convulsives est la tendance à renverser la recolonisation (étasunienne) du monde, plus connue sous le nom de globalisation, voire l’extinction de la domination occidentale sur le globe (issue loin d’être certaine mais possible), alors il faut revenir en arrière et étudier l’initiative léniniste qui s’est alors développée sur des chemins très tortueux bien au-delà de la fin du Siècle Court (qui semble vouloir devenir très long) qui est, sans conteste, la matrice de ces bouleversements. Tout se passe comme si, à travers la faille léniniste, éclatait une nouvelle vague de matière historique incandescente, que l’on ne peut comprendre que si l’on revient aux caractéristiques originelles de cette fracture.

    Les protagonistes de cette longue histoire ont tout de suite compris qu’il s’agissait d’une rupture décisive. Le caractère « choquant » et « constitutif » des idées de Lénine et des actes du gouvernement soviétique (dès les premiers jours) sur l’autodétermination des peuples est constaté avec stupéfaction par pratiquement tous ceux qui, à partir de positions très différentes (parfois éloignées de celles des communistes), prennent en charge la question de l’émancipation des nations contraintes par les Européens à l’état de colonies ou de semi-colonies.

    A Canton, Sun Yat Sen a fait fermer les théâtres pendant trois jours à l’annonce de la mort de Lénine. On sait que (nous sommes déjà en 1930) Nehru écrivait d’une prison anglaise à sa fille Indira Gandhi, indiquant comme mémorable l’année de naissance de la jeune fille (1917 !) grâce à l’œuvre d’ »un grand homme », mais on trouve des évaluations et des attentions similaires chez les nationalistes turcs, les intellectuels persans et même chez certains princes afghans désireux de s’émanciper de la tutelle britannique. Sans parler, bien sûr, de ceux pour qui le militantisme communiste et le militantisme anticolonial ont été immédiatement identifiés.

    Les mots de Ho Chi Minh frappent par leur simplicité et leur force : « les peuples coloniaux ne pouvaient pas croire qu’un tel homme et un tel programme existaient ». Mille fils relient cette fascination irrésistible à la situation actuelle et permettent d’en expliquer les aspects les plus surprenants. Après tout, il suffit de regarder les études historiques, qui sont toujours parmi les indicateurs les plus sensibles du présent : dans la première décennie après 1989, les études dominantes sur la révolution d’Octobre et le mouvement communiste étaient des études de tératologie, c’est-à-dire des études sur une monstruosité qui avait dévié de l’évolution historique « normale » d’une partie substantielle de l’humanité, en la conditionnant toute entière. Dans le nouveau millénaire, après avoir archivé la fin de l’histoire, un intérêt pour le mouvement communiste en tant que grand acteur mondial proposant des voies alternatives de modernisation se développe parmi les historiens de différentes orientations.

    Le monde est, sans aucun doute, pour Lénine le véritable scénario de son action politique, la dimension nécessaire de sa stratégie révolutionnaire. De ce point de vue, on peut dire qu’il est le premier leader politique mondial. Marx avait clairement entrevu l’unification tendancielle du monde opérée par le capitalisme, Lénine fait de cette dimension la pierre angulaire de sa pratique politique quotidienne.

    Cette pratique politique globale met en tension – en se proposant, pour la première fois dans l’histoire du monde, de les unifier – deux aspects : la lutte du prolétariat européen contre le capitalisme, la lutte des peuples opprimés des colonies.

    A cette tension se mêle, presque comme une trame explicative, une autre : celle entre la dimension nationale et la dimension internationale de la lutte. Le monde de Lénine est un monde de classes, de peuples, de nations, et l’internationalisme doit toujours se spécifier dans son enracinement dans les conditions nationales spécifiques (et avant cela, dans l’étude de celles-ci). Le cosmopolitisme et les constructions supranationales abstraites, comme le projet des États-Unis d’Europe, sont considérés avec une attitude critique, voire méprisante.

    Dans la vision de Lénine, la révolution d’Octobre trouve sa raison d’être historique dans le fait d’être au centre de ces tensions. Non seulement elle survient au bon moment, empêchant la crise de l’Empire tsariste d’être réabsorbée dans le cadre bourgeois, mais elle se produit également au bon endroit, dans une formation territoriale et historique qui peut relier le mouvement ouvrier européen, le marxisme et les luttes des peuples contre l’impérialisme et le colonialisme.

    La rupture non seulement politique mais surtout culturelle avec la pensée dominante européenne (y compris socialiste) ne pourrait être plus nette. Pour reprendre les termes d’un intellectuel indien, l’Europe a commencé à se provincialiser.

    C’est pourquoi nous parlons d’une fracture épistémologique décisive à partir de laquelle toute vision polycentrique du monde ne peut que commencer. Et c’est pourquoi il faut l’étudier à partir du nom donné à ces nouveaux sujets, les peuples d’Orient.

    Pour les bolcheviks, le mot « Orient » désigne au moins trois dimensions politiques.

    L’Orient désigne tout d’abord le vaste espace qui s’étend de la Turquie à l’Inde et qui, notamment dans le Caucase et en Asie centrale, recoupe des pans entiers de la population de l’ancien empire tsariste lui-même. Cet énorme quadrant, très diversifié et complexe, même s’il est marqué en de nombreux endroits par les cultures islamiques (l’adjectif « musulman » est souvent utilisé pour définir les populations de cette région dans les documents bolcheviques), se trouve au cœur de la dynamique de la guerre civile et de l’intervention extérieure des puissances impérialistes déclenchée contre le nouveau pouvoir soviétique.

    L’accent est mis ici sur les processus de construction nationale qui se développent au centre de l’Empire ottoman dissous, la Turquie. La jeune puissance soviétique joue côte à côte avec le nationalisme turc contre les puissances capitalistes victorieuses (et interventionniste contre la Russie soviétique), comme elle le fait, à un moment donné, avec les secteurs nationalistes allemands après Versailles. Mais ici, le jeu est beaucoup plus complexe. Il suffit de penser à une affaire comme celle d’Enver Pacha, qui entremêle plastiquement les luttes qui président à la construction de l’espace soviétique dans le Caucase et en Asie centrale avec les conflits internes des élites nationalistes turques, dans un tourbillon d’alliances et d’affrontements. Au final, le résultat sera politiquement ambigu, permettant d’une part la stabilisation (loin d’être acquise) de la puissance soviétique dans un vaste espace, mais enregistrant d’autre part l’imperméabilité du nationalisme turc à toute instance révolutionnaire, ou plutôt son anticommunisme précoce, qui aura des conséquences à long terme tout au long du XXe siècle. Les relations avec les processus de réorganisation qui ont également traversé l’autre grand continent historico-culturel, le continent perse, auront également des résultats différents. L’Inde mérite un discours à part, un espace culturel aux caractéristiques très spécifiques par rapport au reste de la zone, la perle de l’Empire britannique, où l’intervention politique directe du bolchevisme a été plus limitée. Mais l’impact de la révolution d’octobre sur le monde varie de ceux qui luttaient pour l’indépendance de l’Inde fut énorme. La grande hostilité des gouvernements de Sa Majesté à l’égard de la Russie soviétique était motivée avant tout par la crainte pour l’Inde. Ce sont des peurs qui se prolongent dans le temps, la littérature nous aide à les identifier. En Italie, le roman de Peter Hopkirk, écrit dans les années 1980, au titre significatif Setting the East Ablaze : Lenin’s Dream of an Empire in Asia, 1984 (littéralement : Mettre le feu à l’Est : le rêve de Lénine d’un empire en Asie, beaucoup plus significatif que le titre de l’édition italienne dans laquelle Mettre le feu à l’Est se transforme en un « Avanzando nell’oriente in Fiamme » (En avançant dans l’Orient en flammes) moins prégnant). La peur de l’Inde y est le fil conducteur de l’intrigue. Une peur déguisée en alarme pour les conspirations les plus improbables et pour les armées subversives fantômes, mais en réalité fondée sur une préoccupation politique pour l’écho choquant que la révolution russe et l’élaboration de Lénine ont eu sur un large public militant et intellectuel du sous-continent.

    Distinct de cet Orient proche, il existe dans l’esprit de Lénine un autre Orient, extrême ou lointain, également interne et (beaucoup plus) externe à l’espace dominé par les tsars.

    Cet espace est « thématisé » et surtout investi par l’action politique directe avec un certain retard, notamment en raison des événements de guerre civile et d’intervention étrangère particulièrement durs dans l’Extrême-Orient russe. Mais c’est dans ces immenses territoires que le discours léniniste sur l’Orient va jeter des racines profondes capables de produire des développements extraordinaires et durables dans les décennies suivantes. Si l’Orient, c’est avant tout la Turquie, la Perse, l’Inde et le grand antagoniste qu’est l’Angleterre, en Extrême-Orient, la Russie soviétique est confrontée à l’énorme question chinoise et trouve sur son chemin un impérialisme autochtone particulièrement agressif, celui du Japon, le premier à intervenir aux côtés des armées blanches et le dernier à se résigner à la défaite (les troupes japonaises resteront à Vladivostok jusqu’en octobre 1922). La victoire laborieuse et sanglante mais nette contre les différents groupements contre-révolutionnaires qui mûrissent en 1921 permet de réorganiser le pouvoir soviétique sur de vastes territoires et de résoudre la question de l’indépendance de la Mongolie. Entre-temps, le Komintern s’efforce de constituer des noyaux qui, dans les années suivantes, obtiendront des résultats importants en Indonésie, en Corée et en Indochine.

    Puis, très tôt, la centralité de la question chinoise est mise en avant. Le rapport entre la Chine, la pensée de Lénine et la Révolution d’Octobre est un thème historico-politique, non par hasard redécouvert récemment, aussi complexe que fondamental. Schématiquement mais préalablement, nous pouvons fixer le point de départ, avec la concordance très significative entre la polémique du jeune État soviétique contre le traité de Versailles, que Lénine a qualifié de « paix indigne de violence, de vol et de profit », d’une part, et le soi-disant mouvement chinois du 4 mai 1919, qui est toujours considéré comme le point de départ d’une nouvelle Chine, d’autre part. La figure politique du mouvement du 4 mai, c’est-à-dire le lien entre le renouveau culturel et social de la Chine et son indépendance et sa dignité nationale face à l’humiliation des puissances impérialistes, a rapidement trouvé une référence dans les thèses générales de Lénine ainsi que dans des actes spécifiques de politique internationale. Ce n’est pas une coïncidence si le marxisme s’est répandu en Chine dans ces années-là, mais c’est un marxisme chinois qui était déjà né « léniniste » et qui, à l’origine, avait dans son ADN la centralité de la question nationale, de l’anticolonialisme et de l’anti-impérialisme, tout à fait différemment de ce qui se passe en Europe. La fondation même du Parti communiste chinois, directement lié au mouvement du 4 mai (il suffit de regarder les biographies de ses dirigeants) suit cette voie, très différente de la fondation par scission du mouvement socialiste qui se produit en Occident. Et qui sera un modèle répandu en Asie (mais aussi plus tard en Afrique) à l’exception notable du Japon. Ces caractéristiques originales expliquent en grande partie (mais pas entièrement) ce qui allait se passer dans les années et décennies suivantes. Elles expliquent surtout deux éléments décisifs : d’une part la perméabilité du mouvement national chinois au marxisme, sa connexion avec les positions soviétiques (dans lesquelles ils ont investi massivement, tout au long des années 1920, avec une présence constante de conseillers politiques et militaires) et d’autre part la propension du communisme chinois, dans plusieurs phases politiques, à poser le problème de l’unité avec les nationalistes, mais en prenant l’unité comme un terrain de contestation hégémonique.

    Les deux dimensions de l’Orient que nous avons décrites fusionnent et s’étendent simultanément pour inclure des territoires qui, seulement après la mort de Lénine, seront progressivement investis concrètement par l’initiative articulée du Komintern et de l’URSS, mais qui, même avant la révolution, sont déjà à l’intérieur du schéma dans la tête de Lénine et sont profondément secoués par le message provenant de l’Octobre soviétique. Il s’agit d’un Orient global qui inclut également des territoires qui ne sont pas orientaux géographiquement mais qui le sont (radicalement) sur le plan politique, en plus de toute l’Asie, il s’étend à l’Afrique et à l’Amérique latine. Oriente devient synonyme de « question coloniale » et d’anti-impérialisme. Le lien avec le débat actuel sur le « Global South » est évident.

    Le thème du développement inégal du capitalisme, que Lénine étudie en profondeur, produit déjà, dans les années précédant la révolution, une conception précise du processus révolutionnaire à l’échelle mondiale, qui est profondément novatrice parce qu’elle se fonde sur des dimensions différenciées mais en même temps articulées. La révolution sociale, écrit Lénine depuis son exil suisse, ne peut avoir lieu que comme « une époque qui associe la guerre civile du prolétariat contre la bourgeoisie à toute une série de mouvements démocratiques et révolutionnaires, y compris de libération nationale, des nations opprimées ». Les temps et les formes de la révolution sont radicalement multiples. Non seulement la conception de l’histoire linéaire et évolutive de la IIe Internationale est démantelée de fond en comble, mais la légitimité et la centralité même de la révolution socialiste en Russie (difficilement prévisible à l’heure où ces notes sont rédigées) sont consacrées. La Russie peut jouer un rôle fondamental non seulement en raison de son extraordinaire situation géographique et historique entre l’Europe et l’Asie, entre l’Est et l’Ouest, mais aussi parce que des formes de développement très différentes coexistent dans le même État (en « Russie, il y a Londres mais aussi l’Inde », selon la boutade de Trotski). Cette intuition, qui est à la base du bolchevisme et qui, après des discussions complexes, unissait tout le groupe dirigeant, allait trouver un développement politique extraordinaire avec la politique étrangère de la jeune Russie révolutionnaire (la dénonciation des traités secrets de l’Entente eut un grand impact, en particulier ceux qui concernaient le partage planifié des terres orientales) et avec la fondation de la Troisième Internationale, qui, dès les conditions d’admission, sanctionnait une position très claire et assignait des tâches précises aux partis communistes des pays coloniaux.

    Un moment de grande discussion théorique et politique a eu lieu lors du deuxième congrès du Komintern en 1920, avec un engagement particulier de Lénine qui a pris sur lui de diriger personnellement la discussion des thèses sur la question nationale et coloniale, reflétant la centralité du problème dans la pensée du leader bolchevique. L’interlocuteur principal est le communiste indien Manabendra Nath Roy, un personnage intéressant qui, d’une certaine manière, anticipe la figure, sur laquelle les études postcoloniales ont réfléchi, de l’intellectuel diasporique (son activité intellectuelle et politique s’est déroulée dans des contextes très différents, de l’Inde à la Russie soviétique, du Mexique à la Chine). Il représente dans la discussion de l’Internationale une forme de radicalisme intellectuel, qui reviendra plusieurs fois dans l’histoire du mouvement ouvrier et dans celle de ses relations avec les mouvements de libération, et qui, en exagérant certains traits idéologiques, risque de se séparer du mouvement réel. De ce point de vue, la discussion avec Roy sur la lutte dans les pays coloniaux ressemble beaucoup à la discussion antérieure de Vladimir Ilitch avec Rosa Luxemburg sur la question nationale. La confrontation avec M.N. Roy nous donne à voir un Lénine particulièrement dialoguant et soucieux de synthèse, soucieux de faire grandir patiemment un groupe dirigeant de communistes « orientaux », conscient d’être sur un terrain extraordinairement neuf où l’expérimentation est particulièrement nécessaire.

    La caractéristique la plus distinctive de Lénine, à savoir l’unité étroite et même la circularité de la théorie et de la pratique politiques, trouve ici l’une de ses plus hautes expressions. Les résultats sont historiquement significatifs. Deux en particulier : la définition de la relation entre les mouvements de libération nationale et les communistes, la reconsidération de la relation entre le degré de développement et la perspective socialiste.

    Sur le premier point, l’alliance entre les mouvements nationaux et le mouvement communiste est sanctionnée comme un choix stratégique, mais sans renoncer à entrer dans les mérites des caractéristiques politiques des mouvements de libération nationale, avec la conscience des relations complexes entre les classes dominantes autochtones et les puissances impérialistes. Nous remettons donc aux noyaux révolutionnaires des pays de l’Est et à l’Internationale elle-même la responsabilité d’analyses concrètes et différenciées des réalités des différents pays et des différents sujets politiques, qui visent à conduire les peuples « orientaux » à leur émancipation du jeu colonial ou semi-colonial. Si nous passons en revue les relations complexes entre le Kuomintang et le Parti communiste chinois, pour ne donner qu’un exemple (mais un exemple très important), nous voyons combien, historiquement, cette indication a pesé. Sur le second point, on assiste à une véritable rupture épistémologique dans le domaine du socialisme : on affirme avec force la possibilité de voies alternatives de changement des formes économico-sociales par rapport à celles des pays capitalistes avancés, tout en faisant appel ici à l’expérimentation nécessaire. La rupture avec la tradition de la IIe Internationale, mais je dirais aussi avec la pensée occidentale elle-même, est très nette.

    Les thèses sur la question coloniale approuvées par le deuxième congrès du Komintern sont le début d’une histoire et d’une culture qui traversent, dans d’infinies contradictions, tout le XXe siècle, acquièrent une centralité dans les décennies de la décolonisation, sombrent au tournant du millénaire et semblent revenir, sous des formes très différentes et dans un contexte profondément modifié, à ce stade.

    Après le grand élan du Congrès international de 1920 et après le Congrès des peuples d’Orient, en septembre de la même année, qui en a représenté la première application concrète, une œuvre culturelle a commencé à prendre racine (qui a eu sa première impulsion dans les décisions de Bakou) dont les effets allaient être profonds. Il s’agit de la construction d’institutions d’enseignement et de recherche, de revues, de sociétés scientifiques, d’un fort investissement dans les études dans une pluralité de secteurs allant de l’archéologie à la linguistique. Les protagonistes de cet effort politique et culturel sont des hommes comme Mikhail Pavlovich (pseudonyme révolutionnaire de Mikhail Lazarovich Vel’tman), un protagoniste peu visible mais important au congrès du Komintern et surtout à Bakou. Pavlovitch était la figure clé de la création et de la direction de l’Institut d’études orientales et de l’influente Association scientifique soviétique pour les études orientales, le représentant le plus connu et probablement le plus fort sur le plan théorique d’un cadre administratif et intellectuel « spécialisé » dans l’Orient, qui, de manière surprenante, a rapidement occupé des postes de responsabilité au sein du parti bolchevique, de l’Internationale, des institutions soviétiques, des services de sécurité et de l’Armée rouge. Un tableau composé de personnalités issues de toutes les nationalités soviétiques, mais aussi de militants communistes internationaux, et dans lequel une préparation théorique minutieuse, une expérience politique (et aussi militaire) et des connaissances spécialisées sont combinées dans un cadre unitaire produit par l’élaboration léniniste. Il convient également d’accorder une attention particulière aux initiatives et aux structures de formation destinées aux jeunes cadres politiques des pays de l’Est, qu’ils soient issus des partis communistes, en cours de formation, ou des mouvements de libération nationale. Il serait trop long d’évoquer les nombreuses personnalités qui ont fréquenté l’Université communiste des travailleurs de l’Est dans les années 1920 ou sa déclinaison consacrée à la Chine et baptisée du nom de Sun Yat-sen (ce qui confirme l’attention précoce et particulière portée à la situation chinoise) ou encore des initiatives beaucoup moins connues comme l’école « Lénine » de Vladivostok, qui s’adressait principalement aux jeunes Chinois et Coréens. Il suffit de rappeler que Deng Xiaoping, Ho Chi Minh et même Yomo Kenyatta ont participé à ces cours.

    Retracer le débat étroit qui a traversé cette culture léniniste « orientale » dans la dialectique avec les événements du mouvement communiste international et avec le développement des luttes révolutionnaires d’abord en Asie puis en Afrique et en Amérique latine serait très intéressant (et ne constituerait pas une partie négligeable d’une compréhension adéquate du 20e siècle), mais cela dépasse le cadre de ce travail.

    En revanche, il est important de noter comment une véritable tradition culturelle, un point de vue sur le monde, est structuré, avec des caractéristiques inévitablement très variées, mais aussi avec des traits unitaires. Inévitablement, une tradition à fort impact politique fait l’objet d’une attention critique constante, de plusieurs côtés. Il nous semble intéressant d’identifier et de discuter deux tendances critiques, sensiblement opposées, du moins en apparence.

    La première réaction, très répandue, à l’initiative de Lénine en direction du monde colonial est une orientalisation du bolchevisme lui-même. On pourrait utiliser à cet égard (avec une certaine licence, bien sûr) la notion gramscienne de siège réciproque. Alors que pour Lénine la question orientale (dans son identification déjà indiquée avec la question de l’émancipation des peuples des colonies et des semi-colonies) est un moyen d’élargir le front de la lutte contre le capitalisme et l’impérialisme, pour l’énorme opération idéologique qui tend, depuis les premiers jours après la Révolution d’Octobre jusqu’à aujourd’hui, à identifier le communisme comme un phénomène oriental, le but est de circonscrire sa nature dans l’enceinte du retard historique. D’autre part, ces dernières années, un front critique opposé s’est développé, celui qui parle d’orientalisme rouge, utilisant – de manière assez créative – le célèbre concept utilisé par Edward Said pour décrire comment la culture européenne de l’ère coloniale (et celle des prétendues “ Area Studies ” étasuniennes qui en sont les héritières légitimes) avait construit un concept de l’Orient qui était fonctionnel à sa propre domination. Selon ces critiques, la systématisation de la pensée léniniste concernant l’Orient aurait été exclusivement fonctionnelle à la politique de puissance de l’URSS, aurait abondamment récupéré le lexique et les concepts de l’orientalisme occidental et de l’orientalisme russe pré-révolutionnaire, et aurait substantiellement véhiculé l’idée d’une « mission civilisatrice ». Dans le plus pur style orientaliste. Ce type de raisonnement, s’il soulève des points à approfondir (notamment en quoi et sous quelles formes la connaissance soviétique de l’Orient hérite des études orientalistes de la Russie pré-révolutionnaire) passe sous silence certains passages fondamentaux et notamment l’option très claire des bolcheviks pour la subjectivisation des peuples des colonies et aussi la critique radicale, qui émane directement de Lénine, de toute idée stéréotypée et prédéterminée du développement des sociétés orientales, de tout évolutionnisme occidental universalisé. Quelle que soit la manière dont on la juge, la tradition des études orientales qui est née avec la pensée de Lénine et la révolution d’Octobre et qui s’est ensuite énormément articulée lorsqu’elle a été appropriée par les mouvements révolutionnaires concrets du 20e siècle possède une « internalité » à la dynamique complexe des peuples des pays qui ont combattu le colonialisme et le néocolonialisme, ce qui la rend inaccessible à la connaissance orientaliste telle que Said et les études postcoloniales l’ont définie. Bien entendu, il ne s’agit pas de revendiquer une quelconque « pureté », la différence est une différence de localisation. Et il s’agit d’une différence radicale.

    Très difficile à aborder organiquement, en conclusion, est le thème que nous avons croisé à plusieurs moments de notre argumentation et qui présente un intérêt certain au point d’être évoqué même dans le débat dominant. Quand une revue comme Limes retrace l’intrinsèque à la Russie des classes dirigeantes africaines qui ont mis la France à la porte des liens nés dans ces institutions formatrices que nous avons vu naître et se multiplier sur les instructions du lointain Congrès de Bakou, quand d’anciennes solidarités anti-impérialistes produisent des événements fracassants comme l’initiative sud-africaine contre Israël, quand les relations entre la Russie et la Chine redeviennent centrales (certes sous des formes très différentes du passé), quand les chancelleries occidentales trouvent inexplicable la position de l’Inde sur la crise ukrainienne, il n’y a pas de doute que la tradition politique et intellectuelle que nous avons reconstruite est remise en cause.

    L’histoire de l’évolution de la politique russe au cours des trente dernières années mérite une attention particulière. Nous nous contenterons ici d’en indiquer les traces. Il ne fait aucun doute que la première (et peut-être décisive) rupture de l’eltsnisme, c’est-à-dire d’un positionnement de la Fédération de Russie complètement subordonné à l’Occident, politiquement et culturellement, est liée à un nom précis : Ievgueni Maximovitch Primakov. Et à sa politique, qu’une source hostile mais prudente comme Samuel Huntington définit comme précocement « antihégémonique ». Mais qui est Ievgueni Maximovitch Primakov ? Il est incontestablement un produit typique de la tradition politique et culturelle que nous venons de décrire et, dans la dernière phase de la vie de l’URSS, il en est même le représentant le plus influent. Diplômé en études orientales en 1953, correspondant au Moyen-Orient pour Radio Moscou et la Pravda, il a été pendant des décennies le protagoniste de l’analyse et de l’initiative sur l’ »Orient » dans certains des ganglions décisifs de la complexe architecture soviétique : les instituts de recherche, l’Académie des sciences et, dans une sphère qui n’était certainement pas secondaire, le KGB. En effet, à la tête de l’Association pour les études orientales, relancée en 1979, Primakov est aussi l’héritier formel de Mikhail Pavlovich, à l’œuvre duquel il se réfère explicitement. Avec Primakov dans l’ère post-soviétique, d’abord ministre des Affaires étrangères, puis président du Conseil, la position russe change substantiellement, et si d’un point de vue symbolique l’interruption du voyage à Washington à l’annonce du début du bombardement du Kosovo a été frappante, c’est la « doctrine Primakov », c’est-à-dire le projet de construction d’un axe stratégique avec la Chine et l’Inde et l’attention portée au rôle de l’Iran, qui définit les traits saillants d’un nouveau positionnement international de la Russie en fonction – on dirait avec un terme ancien – de contrepoids au rôle des Etats-Unis. Une fois de plus, un fil rouge entre le passé et le présent apparaît de manière évidente.

    Il faut évidemment être prudent et attentif : toute superposition qui ne tient pas compte d’une situation mondiale que l’histoire du siècle dernier a profondément transformée est erronée et stérile, mais en même temps il est absurde de ne pas voir les tendances longues qui relient la fracture révolutionnaire léniniste, les luttes anticoloniales de la seconde moitié du XXe siècle (puissamment poussées par la victoire soviétique dans la Seconde Guerre mondiale et la révolution chinoise), la résistance de la fin du siècle à la lutte d’aujourd’hui pour un monde multipolaire. Le Sud global est l’héritier de l’Orient global esquissé dans les années 1920 et de la lutte pour la décolonisation et – fait décisif, car la subjectivité compte – il revendique cet héritage.

    Bien sûr, cette recherche de l’Orient porte aussi en elle des interrogations sur l’autre pôle, sur l’Occident, elle demande aussi d’éclairer notre partie du monde. Le discours de Lénine sur l’Orient est aussi le discours d’une relation nouvelle, nécessaire, entre le mouvement ouvrier des pays capitalistes de l’Ouest et les peuples qui luttent pour se libérer du joug colonial. La révolution russe, comme nous l’avons mentionné plus haut, est considérée comme le pont entre ces deux réalités. La défaite du mouvement ouvrier et du marxisme en Occident, dont les dures conséquences historiques apparaissent particulièrement évidentes et dévastatrices à ce stade, pose d’énormes problèmes. Il faudra en reparler.

    »»https://italienpcf.blogspot.com/2024/01/le-monde-de-lenine-passage-lorient.html

  • الطاهر المعز-سَلْطَنَة عُمان، بؤرة عمالة وتجسس

    الطاهر المعز-سَلْطَنَة عُمان، بؤرة عمالة وتجسس

    سَلْطَنَة عُمان، بؤرة عمالة وتجسس-الطاهر المعز

    مثَّل العُدْوان الصهيوني الحالي على فلسطينِيِّي غزة مناسبة أخرى لكَشْف عمالة وخيانات الأنظمة العربية، باعتبارها جُزْءًا من ثالوث أعداء الشعب الفلسطيني والشعوب العربية وكافة التّقدّمِيِّين، والمتمثل في الإمبريالية التي خلقت العَدُو الآخر (الكيان الصهيوني) الذي تمكّن من تعزيز احتلاله لوطن الشعب الفلسطيني ولأوطان الشعوب المُجاورة (سوريا ولبنان والأردن ومصر…) بتواطؤ من العدو الثالث، أي الأنظمة العربية، وتتناول الفقرات الموالية، أحد هذه الأنظمة التي لا تُثير الإنتباه (مثل السعودية أو مصر أو المغرب) غير إن دورها التخريبي ضخم وهام، خصوصًا خلال هذه الفترة، حيث أصبحت سلْطَنَة عُمان – المُحاذية لليمن – وقواعد البحريْن والإمارات مراكز للتّجسّس ومُنطَلَقًا للعمليات العسكرية العُدْوانية للجيوش الأمريكية والبريطانية وحلفاؤهما من عرب وعَجَم.

    تقع سلطنة عُمان ( حوالي 5,4 ملايين نسمة، من بينهم حوالي 2,2 مليون عامل مهاجر) على موقع استراتيجي، بين مضيق هرمز والخليج العربي ولها حدود مع الإمارات والسعودية واليمن وهي ثاني أكبر دولة مِساحةً في الجزيرة العربية بنحو 312 ألف كيلومتر مربع، وتمتد سواحلها على مسافة 3165 كيلومتر، وتُطل على بحر العرب وخليج عُمان والخليج العربي، حيث كان ميناء مسقط أحد أهم موانئ التجارة بين المحيط الهندي وإفريقيا وغربي آسيا، لمّا كانت عُمان ذات نُفوذ – بين القرنَيْن الخامس عشر والتاسع عشر – يمتد من زنجيبار (تنزانيا الحالية) في السواحل الشرقية لإفريقيا، إلى باكستان، واحتلت البرتغال جزءًا منها، منذ بدايات القرن السادس عشر، ثم بريطانيا، منذ القرن السابع عشر، وتمثلت هيمنة القوى الأجنبية في احتلال بعض المواقع الإستراتيجية البحرية لتأمين تجارتها مع جنوب وشرق آسيا، وبعد هزيمة البرتغال منتصف القرن السابع عشر سيطرت بريطانيا على سلطة القرار بأشكال مختلفة، ولا تزال تمتلك قواعد ضخمة ( راجع فقرة أخرى ) ودعمت القوات العسكرية البريطانية والإيرانية جيش عُمان لقَمع الثورة التّقَدُّمِيّة المُسلّحة التي كانت تُسيطر على إقليم ظُفار حتى سنة 1976…

    أدّى افتتاح قناة السويس (1869) إلى انخفاض أهمّية موانئ عُمان، بفعل مرور السّفن عبر قناة السّويس نحو أوروبا، غير إن عُمان لا تزال تُعَدُّ منتجًا متوسّطًا للنفط والغاز، ويُشكّل العُمّال الأجانب (آسيون ) قرابة 40% من العدد الإجمالي للسّكّان، فيما استَمَرّت الروابط الوثيقة بين سلطات عُمان وبريطانيا، ويُعتبر نظام الحكم بالسلطنة حليفًا مخلصًا، بل عَميلاً، لبريطانيا وللولايات المتحدة، ولذلك تستضيف عمان منشآت عسكرية بريطانية على أراضيها، منها « مقر الاتصالات الحكومية »، وهو إسم مُخادع لا يعكس طبيعة عمل هذا المركز الذي أسسته بريطانيا منذ سنة 1919، قبل أن يتطور عمله ليصبح المسؤول عن الاستخبارات الكهرومغناطيسية وأمن أنظمة المعلومات والتجسس على جميع الاتصالات ومتابعتها وفك تتشفيرها، وبقي وُجُودُه سِرِّيًّا حتى سنة 2014 حيث كشفت تسريبات « إدوارد سنودن » وجوده وطبيعة عمله، وتم نشر مقتطفات من الوثائق من قِبَل وسائل الإعلام البريطانية.

    يتمركز ما لا يقل عن ألف جندي بريطاني في عُمَان، وهي مستعمرة بريطانية سابقة، تتمتع حاليا بالإستقلال الشّكلي، ويحتفظ مركز اتصالات الجيش البريطاني ( GCHQ ) بثلاثة مواقع مراقبة، إحدها على الساحل الجنوبي، بالقرب من مدينة صلالة، على بعد 120 كيلومتراً من اليمن، وكانت سرية ومعروفة باسمها الرمزي (كلارينت)، وتم الكشف عن وجودها سنة 2014 بفضل تسريبات إدوارد سنودن  » (موظف متعاقد سابقًا مع وكالة الإستخبارات المركزية ووكالة الأمن القومي الأمريكيتَيْن)، ونشر موقع ( Declassified ) منذ سنة 2020 صورًا وأخبارًا عن توسيع الجيش البريطاني مراكز تجسسه في المشرق العربي ومن ضمنها « توسيع مرافق محطة التتبع في مركز اتصالات الجيش، في الشرق الأوسط تحسبا للحرب مع إيران »، وتظهر صور الأقمار الصناعية أنه تم تنفيذ سلسلة من أعمال البناء في قواعد عُمَان، نظرًا لموقعها الإستراتيجي، بين إيران واليمن، وتستخدمها بريطانيا والولايات المتحدة والكيان الصهيوني حاليا للتجسس على إيران ولمواجهة المقاومة اليمنية وفق وزير الحرب البريطاني، وأظْهرت الوثائق التي نشرها موقع  (Declassified ) صور قاعدة (Clarinet ) وقُبَّة الرادار الخاصة بها، ثم تم توسيع القاعدة بين سنتَيْ 2021 و 2023، لتضم مباني جديدة بحجم ستة ملاعب تنس وتتكون من عدة طوابق، ضمن محيط الموقع الذي يبلغ 1,4 كيلومترًا، وتتضمن الواجهة البحرية للقاعدة  شبكة من الكابلات البحرية التي تسمح بمراقبة الاتصالات الرقمية بين القارات، وباختراق الشبكة الإلكترونية، ويجري حاليا مَدُّ كابل اتصالات جديد بطول عشرة آلاف كيلومتر، بين ميناء « صلالة » في عُمَان وميناء « بيروث » في أستراليا، وادّعت أستراليا في البداية إنه مشروع تجاري تُشرف شركة « سوبكو » الأسترالية على تنفيذه، إلا أنه يمر في الواقع عبر القاعدة العسكرية الأمريكية البريطانية في جزيرة دييغو غارسيا المرجانية في المحيط الهندي، ودفع الجيش الأمريكي 300 مليون دولار لإعادة توجيه الكابل عبر دييغو غارسيا، في عملية أطلق عليها اسم « الموجة الكبيرة »، ودييغو غارسيا جزء من جزر تشاغوس، التي قام المستعمرون البريطانيون بترحيل سكانها الأصليين خلال ستينيات القرن العشرين لإقامة قاعدة أمريكية، مقابل خصم على شراء غواصات نووية، وكانت القاعدة نقطة انطلاق رئيسية للقوات الأمريكية التي احتلت العراق وأفغانستان، ويهدف تركيب كابل الألياف الضوئية عدم اعتماد القاعدة العسكرية الأمريكية على اتصالات الأقمار الصناعية للتواصل مع البر الرئيسي، كما أصبحت مدينة بيرث وميناؤها، في غرب أستراليا والتي تستضيف الطرف الآخر من الكابل، قاعدة استراتيجية ضخمة للجيوش الأمريكية والبريطانية، ضمن اتفاقية « أوكوس » أو العيون الخمسة، وتستضيف غواصات نووية، وأصبحت القاعدة مُنْطَلَقًا لدوريات الغواصات الأمريكية والأطلسية بالقرب من الصين، وتم تطوير تجهيزات قاعدة « كلاينت » بميناء مدينة صلالة وتوسيع صلاحياتها لكي تلتقط تجهيزاتها التّجسّسية الاتصالات التقليدية (كابلات الهاتف والوصلات الكهرومغناطيسية) عبر نظام ECHELON، أو نشاط حسابات Facebook وGoogle وYahoo عبر نظام PRISM أو مُجَمّعات الشبكات الهاتفية ورسائل البريد الإلكتروني وبيانات الشبكة الإلكترونية عبر نظام TEMPORA الذي يلتقط الاتصالات عبر الألياف الضوئية البحرية، ضمن شبكة تبادل البيانات العالمية التي شكلتها وكالة الأمن القومي الأمريكية ونظيراتها الكندية (CSTC) والأسترالية (ASD) والنيوزيلندية (GCSB) تطبيقًا لمعاهدة التعاون الموقعة بينهما سنة 1943 والتي لا تزال سارية المفعول، وتمر بجزيرة دييغو غارسيا المرجانية التي تُعْتَبَرُ محطة مهمة للولايات المتحدة وتَضُمُّ قاعدة عسكرية أمريكية ضخمة وبها إحدى المحطات العالمية الثلاث التابعة لـ SPACE AIR COMAND (القيادة الفضائية، وتقع الإثنتان الأُخْرَيان في جزيرة هاواي وفي الولايات المتحدة نفسها) وهي القاعدة التي تستخدمها وزارة الحرب الأمريكية لعسْكَرَة الفضاء والإشراف على مراقبة ما يجري على ارتفاع يتراوح بين 10 و 37 كيلومترًا حيث تدور العديد من الأقمار الصناعية والتي يمكن من خلالها إطلاق الصواريخ الباليستية لخصوم الولايات المتحدة المُفْتَرَضِين والحقيقيين، وتُراقب الولايات المتحدة وبريطانيا، من خلال منشئات ( GCHQ  ) بعُمَان كل ما يحدث في البحر الأحمر والخليج العربي والمحيط الهندي، ضمن عملية مُنسّقة بين مختلف القواعد (عُمان والبحرَيْن وقَطَر والعراق ودييغو غارسيا وأستراليا واليابان وكوريا الجنوبية والفلبين وتايوان…) ولجزيرة دييغو غارسيا المرجانية اهمّيّة خاصة فهي جزء من أرخبيل اعترفت به محكمة العدل الدولية مؤخرًا على أنه تابع لموريشيوس ( مستعمَرة بريطانية سابقة على الساحل الجنوبي الشرقي لإفريقيا) التي رفضت دائمًا قُبُول الأمر الواقع ولم تسمح أبدًا بإقامة هذه القاعدة، لأن بريطانيا اقتطعتها – قبل الإستقلال – من جزيرة موريشيوس، ثم وهبتها للولايات المتحدة لإنشاء قاعدة ضخمة على أراضيها، وقامت بريطانيا بترحيل جميع سكان الأرخبيل، لكي يتمكن الجيش الأمريكي من إرساء الغواصات النووية بالموانئ والقواعد البحرية واستقبال القاذفات الاستراتيجية وتجربة أسلحة الدّمار الشامل وممارسة جميع أصناف الأعمال العدوانية والتّجسّسية دون مراقبة… 

  • 2024 الطّاهر المعز-مأزق الدُّيُون

    2024 الطّاهر المعز-مأزق الدُّيُون

    نشرت وكالة بلومبرغ الإقتصادية الأمريكية، يوم 17 كانون الثاني/يناير 2024، على هامش قمة دافوس، ملخص تصريح مارك كارني، وهو مُدير إدارة الأصول بشركة « بروكفيلد » ومحافظ سابق لمصرف إنغلترا من 2013 إلى 2020، بشأن « الإقتصاد الأخضر »، ويعتقد « إن الاستثمار في التحول إلى الطاقة الخضراء فرصة هامة للمستثمرين لِجَنْيِ الكثير من الأموال » ودعا مارك كارني زُملاءَهُ الأثرياء إلى رَفْع حجم التمويل العالمي للمشاريع الخضراء، لسبب بسيط وهو ارتفاع أرباح « التّحوّل الأخضر »

    ارتفعت قيمة استثمارات الرأسماليين سنة 2023 في « الطاقة النظيفة » بنحو  1,8 مرة ما استثمروه في الوقود الأحفوري، وفقًا لوكالة الطاقة الدولية، ومن المتوقع أن يرتفع مبلغ 1,8 تريليون دولار الذي تم إنفاقه عالميًا على الطاقة النظيفة سنة 2023 إلى 4,5 تريليون دولار سنويًا بحلول أوائل ثلاثينيات القرن الحالي، وفقًا لتقديرات وكالة الطاقة الدولية، وعَلَّقَ  

    أدّى ارتفاع أسعار الفائدة إلى انخفاض مؤشر ستاندرد آند بورز العالمي للطاقة النظيفة سنة 2023 بنسبة 20%، فيما ارتفع مؤشر ستاندرد آند بورز 500 بنسبة 24% سنة 2023، ويعتقد « مارك كارني » إن هذه الخسائر المؤقتة تعود إلى عدم الإنتهاء من إنجاز البنية التحتية للطاقات المتجددة، وأكّد « إن تمويل الإنتقال إلى الإقتصاد الأخضر والطاقة النظيفة هو المجال الذي يمكن للمستثمرين فيه تحقيق أعظم الأرباح »

     تنشر المؤسسات المالية الدّولية تقارير فَصْلِيّة وتقارير سنوية ونشر البنك العالمي آخر تقرير لسنة 2023، يوم 13 كانون الأول/ديسمبر 2023، وتضمّن التقرير بيانات مُهمة، منها إن القيمة الإجمالية للديون الخارجية ل 75 دولة « نامية » (فقيرة) بلغت بنهاية سنة 2022 نحو 1,1 تريليون دولارا وزاد مقدار الدّيون الخارجية بين سنتَيْ 2012 و 2022 بنسبة 134% بينما لم يرتفع ناتجها المحلي الإجمالي سوى بنسبة 53% وسدّدت هذه الدّول الفقيرة (النامية بلغة البنك العالمي) سنة 2022، مبلغ 443,5 مليار دولارا في شكل حصص مدفوعات الدّيون الخارجية التي حَلّ أجل سدادها سنة 2022، وأدّى ارتفاع نسبة الفائدة إلى عجز عشر دول خلال السنوات 2020 و 2021 و 2022 عن سداد ديونها الخارجية وقد تتكرّر العملية لدى نحو 60% من الدّول « النامية » بسبب ارتفاع حجم الدّيون الخارجية ونِسَب الفائدة، ما يجْبِر الدّول المُستَدِينة على تقليص حجم الإنفاق الحكومي وعجز مئات الملايين من مواطني هذه الدّول على تلبية الحاجات الأساسية اليومية مثل الغذاء والدواء وقدّر البنك العالمي عدد من التحقوا بصفوف الفُقراء (في 75 دولة فقيرة) بين سنتَيْ 2019 و 2022، بنحو 95 مليون شخص، وبلغ حجم القُرُوض التي « منحتها » المصارف والمؤسسات الخاصة لهذه الدّول، طيلة عشر سنوات 371 مليار دولارا، لكنها قَبَضَت 556 مليار دولارا، أي إن الأرباح بلغت 185 مليار دولارا، غير إن البنك العالمي يُواصل كيل المديح لبرامج « الشّراكة بين القطاعَيْن العام والخاص » ويواصل حثّ الدّول الفقيرة على « تحفيز الإستثمار الخاص » أي الإعفاء من الضرائب ورسوم التصدير والتوريد ومنح المال العام للرأسماليين والشركات الخاصة.

    قامت المصارف المركزية بتخفيض تدريجي لأسعار الفائدة مباشرة بعد أزمة 2008/2009، في الدّول الغنية، بين سنتيْ 2010 و 2012، وكذلك سنتَيْ 2020 و 2021، لتصل إلى 0% دَعْمًا للأسواق المالية والشركات الخاصة الكبيرة وأدّت هذه السياسات المالية إلى خفض نسبة الفائدة على دُيُون الدول الفقيرة ومتوسطة الدّخل، التي اقترضت لتسديد الدّيون السابقة ولتمويل الإنفاق، مما رفَعَ حجم الديون العامة والخاصة في شمال وجنوب الكوكب، ومما أدّى إلى تدفق رؤوس الأموال من الشمال بحثاً عن عوائد أفضل في بلدان متوسطة الدّخل مثل تركيا وجنوب إفريقيا والبرازيل واشترت صناديق الاستثمار ومصارف الشمال أوراق سندات بلدان الجنوب لأنها قدمت عائدا أفضل من سندات الخزانة الأمريكية واليابانية والألمانية والفرنسية أو غيرها من الدول الأوروبية التي كانت قريبة من 0% أو لا تتجاوز 2% أو 3%، وعلى سبيل المثال تمكّنت « رواندا » لأول مرة في تاريخها من إصدار سندات دَيْن سيادية وبَيْعها في الأسواق الدولية، مثل « وول ستريت »، بين سنتَيْ 2013 و 2021، وتمكّنت السنغال من إصدار سِتّ قروض دولية بين سنتَيْ 2009 و2021، وتمكنت بنين من إصْدار ثلاث قروض في الأسواق الدولية بين سنتَيْ 2019 و 2021، في 2019 و2020 و2021. وأصْدَرت دولة ساحل العاج أوراقًا مالية بين سنتي 2014 و 2021، وكذا فعلت زامبيا وكينيا وغانا والغابون ونيجيريا وأنغولا والكامرون، وكان العديد من الزعماء الأفارقة يتباهون بدعم من البنك العالمي وصندوق النّقد الدّولي والمصرف الإفريقي للتنمية، بقدرتهم على التَّكَيُّفِ مع سياسة فتح الأسواق في ظل العولمة النيوليبرالية، حتى تراكمت الديون التي لم يستفد منها المواطنون، ولمّا قرر الإحتياطي الإتحادي الأمريكي والمصارف المركزية في الدّول الرأسمالية المتقدّمة زيادة أسعار الفائدة، سنة 2022، تدهور الوضع المالي لهذه الدّوَل وسدّد المواطنون – الذين لم تتم استشارتهم ولم يستفيدوا من هذه الدّيون – ثمن هذه السّياسات الخاطئة، فتراكمت مشاكل انتشار وباء « كوفيد- 19 » وآثار الحرب في أوكرانيا لترتفع أسعار المحروقات والحبوب والأسمدة وعلف الحيوانات والزيوت النباتية ومجمل أسعار السلع الغذائية وارتفعت نسبة التضخم، وأدّت هذه العوامل مجتمعة إلى أزمة ديون جديدة في جميع البلدان الفقيرة أو ما اصطُلِحَ على تسميتها « الجنوب »، التي تضرّرت اقتصاداتها بسبب عوامل خارجية، مثل سريلانكا التي أدّى توقف حركة النقل أثناء فترة الوباء إلى انهيار اقتصادها الذي كان يعتمد على السياحة وتصدير الإنتاج الزراعي، وأصبح اقتصاد العديد من الدّول في حالة رُكُود، ما فاقم أزمة الديون السيادية في بلدان مثل زامبيا وغانا، التي اضطرت إلى تعليق المدفوعات بعدما كانت المؤسسات المالية الدّولية تُقَدّمها كنموذج لنجاح الإقتصاد النيوليبرالي في بلدان « الأطراف » (الجنوب). أما صناديق الإستثمار فسحبت الأموال من البلدان متوسطة النمو لتعيدها إلى أمريكا الشمالية وأوروبا، حالما رفعت المصارف المركزية « الغربية » سعر الفائدة من صفر إلى حوالي 5%، لأنها تستطيع الحصول على معدل عائد أعلى من خلال شراء السندات من الولايات المتحدة وأوروبا وبريطانيا، بدل شرائها من تركيا أو الهند أو من جنوب إفريقيا أو مصر أو من البرازيل، وبذلك عاد  رأس المال المالي من الجنوب إلى الشمال… 

    اتسعت الفجوة بين البلدان النامية والمتقدمة، بين عامَيْ 2008 و2023، خلافًا للأهداف المُعْلَنَة لصندوق النقد الدولي والبنك العالمي، لأن المصارف المركزية الأمريكية والأوروبية اتخذت قرارًا أحادي الجانب برفع أسعار الفائدة من صفر إلى خمسة بالمائة، خلال فترة قصيرة، ولأن صناديق الاستثمار اشترطت أسعار فائدة مرتفعة تتراوح بين 9% و 15% اضطرت دول « المُحيط » أو « الجنوب » إلى الإقترالإعادة تمويل ديونها ( أي الإقتراض بنسبة فائدة مرتفعة لتسديد القروض السابقة)، وبلغت النسبة 26% لإعادة تمويل سندات مصر وزامبيا، وتُشكّل هذه الوقائع (وهي قليل من كثير) دلائل على النّهْب المَنْهَجِي لموارد بلدان المُحيط – أي الدّول الواقعة تحت الهيمنة الإمبريالية – من قِبَل بلدان « المركز » (أوروبا وأمريكا الشمالية، أي الدّول الإمبريالية) برعاية المصارف المركزية والأمم المتحدة ومؤسسات بريتن وودز (البنك العالمي وصندوق النّقد الدّولي ومنظمة التّجارة العالمية…) ويؤكد أحد التقارير الذي أصْدَرَهُ صندوق النقد الدولي بعنوان « آفاق الإقتصاد العالمي » ( نيسان/ابريل 2023) إن الفجوة اتسعت كثيرًا وبسرعة قياسية بين البلدان « النامية » والبلدان الرأسمالية المتقدمة، بين سنتيْ 2008 و 2023، وإنه يتعين على البلدان النامية انتظار 130 سنة لتتمكن من تقليص الفجوة التي تفصل دخل الفرد فيها عن دخل الفرد في البلدان الرأسمالية المتقدمة إلى النصف، بعد أن كان الدّخل متقاربًا خلال فترة بدايات الثورة الصناعية.

    لقد أدّت سياسات « الإصلاح » و « التكيف الهيكلي » إلى خفض الإنفاق الحكومي وخصخصة التعليم والأنظمة الصحية وتقليص الحماية الإجتماعية في بلدان الجنوب، وزيادة الإعتماد على توريد الحاجيات الأساسية للمواطنين كالغذاء والأدوية، وإلى تعميق الفجوة بين الأثرياء والفُقراء، وإلى تضييق حيّز الحقوق الإقتصادية والإجتماعية…

    تُشكّل « مَرْكَزَة » (أو تركيز) رأس المال تهديدًا للدّول الفقيرة خصوصًا مع ارتفاع حجم الدّيُون التي دَمّرت الإقتصاد وأدوات الإنتاج والمجتمعات والبيئة ومع ارتفاع حصّة الدّيون وفوائدها من ميزانيات هذه الدّول، ما يستوجب تكتّل الدّول الفقيرة لمواجهة عواقب الديون التي أصبحت شكلا من النهب والسلب والهيمنة، ولبناء بدائل عاجلة للدّفاع عن السيادة وعن الفئات الأشد فقرًا وهشاشةً…

    الطّاهر المعز

Note : 5 sur 5.

« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »

– Keiko, Londres

Note : 4 sur 5.

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– Sarah, New York

Note : 5 sur 5.

« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »

– Olivia, Paris