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    Mohamed Taleb-Plan Mattei pour l’Afrique : Mission civilisatrice ou nouveau braquage ?

    Plan Mattei pour l’Afrique – Mission civilisatrice ou nouveau braquage? par Mohamed Taleb

    Mohamed Taleb a publié aux éditions APIC-Alger deux livres : "Palestine, le plus grand hold-up du XXe siècle" (2019) et "Israël, prélude à un déclin autoprogrammé" (2023. 

    Enrico Mattei, né en 1906 à Acqualagna (petite ville de la région Marche, célèbre pour la culture des truffes),  mort dans un accident d’avion 1962 (la thèse du sabotage de l’avion qui le transportait s’étant confirmée, Enrico Mattei a été assassiné),  membre de la Résistance durant la 2ème Guerre mondiale, dans l’après-guerre militant au sein de la Démocratie Chrétienne (DC) dans sa faction de gauche, fondateur en 1953 de l’ENI (Entreprise nationale des hydrocarbures).

    Enrico Mattei, un personnage d’envergure exceptionnelle, est l’homme à la base de l’éclosion de l’industrie italienne et du miracle italien en général. Appuyé par d’éminents collègues de parti ou de gouvernement, il a pu, dans les années 50, instaurer un dialogue fructueux avec les partis politiques opposés à la DC dont le parti communiste, le plus puissant d’Europe à cette époque. Son action a porté à une croissance économique sans précédents, faisant de l’Italie, auparavant un pays caractérisé par la paysannerie, un pays industrialisé. Son rôle a été primordial dans la construction d’un État nouveau, soucieux aussi de dépasser son passé récent fasciste.

    Enrico Mattei a été chargé de la liquidation de l’entreprise d’hydrocarbures AGIP mais a opté pour la consolidation et le renforcement du secteur public. De l’AGIP est née en 1953 l’ENI qui devint par la suite et jusqu’à nos jours un des fleurons de l’économie italienne.
    Mattei avait également saisi l’air du temps et avait compris l’importance et la conviction politique des mouvements de décolonisation et de libération. Et l’Italie pouvait se présenter avec un visage nouveau après la guerre et la perte de ses colonies.

    Une stèle à sa mémoire a été inaugurée lors de la visite à Alger du président italien Sergio Mattarella 7 novembre 2021

    Mattei plaidait non seulement pour l’indépendance politique des pays sous régime colonial mais aussi pour la récupération de leurs richesses nationales. Son engagement et son soutien pour l’Algérie dans son combat pour l’indépendance ont été remarquables. En raison de cet engagement, il a été menacé[1] de mort  par l’organisation terroriste d’extrême droite OAS (Organisation Armée Secrète, fondée en 1961 par Raoul Salan) qui luttait pour le maintien de la colonisation.

    L’établissement de relations bilatérales  avec les pays producteurs d’hydrocarbures, nouvellement indépendants et dont il est le porte-voix dans la sphère occidentale, lui vaut l’hostilité de l’oligopole dans le secteur des hydrocarbures, représenté par les fameuses « Sept Sœurs », un conglomérat comprenant  Exxon, Mobil, Texaco, Standard Oil of California (Socal), Gulf Oil, l’anglo-hollandaise Royal Dutch Shell e la britannique British Petroleum. Cette hostilité est d’autant plus forte lorsque Mattei bouleverse le système de paiements instauré par les compagnies pétrolières. Il établit un partenariat avec la formule 75% de bénéfices aux pays producteurs et 25% à l’ENI, ce qui va à l’encontre des intérêts des « Sept Sœurs ».

    Son ouverture vers les partis de gauche se fait de plus en plus nette et il arrive à établir en pleine guerre froide des relations avec l’URSS[2] sur le plan de l’approvisionnement en hydrocarbures (jusqu’à 25% des besoins en énergie de l’Italie) moyennant export de produits de diverses natures vers l’URSS.

    Tout en n’étant pas communiste, il a été peut-être le pionner dans la recherche d’une participation des partis de gauche aux décisions prises au  niveau  national, et dans un climat de guerre froide, son adversité à l’égard de l’OTAN inquiétait d’autant plus les Américains. À noter qu’un deuxième personnage d’aussi grande envergure, Aldo Moro, également démocrate-chrétien de gauche, a été, avant d’être assassiné (1978), menacé par les Américains (via Henry Kissinger) en raison de la volonté de faire participer les communistes au gouvernement.

    Le rapport Afrique–Europe a été durant des siècles un rapport de domination coloniale, une domination qui continue, à la suite des indépendances des pays africains, sous le manteau néocolonial sur le plan économique voire sur le plan politique.
    L’Italie, retardataire sur le plan de la colonisation par rapport à la France ou la Grande Bretagne,  s’est assurée, avec usage de la violence sanguinaire surtout sous le fascisme, des possessions coloniales non indifférentes en Afrique.  L’historien et journaliste italien Angelo Del Boca[3] (1925-2021), fasciste pendant sa jeunesse puis dans la résistance partisane durant la 2ème  Guerre mondiale, écrivait à ce sujet, en 2005, dans son livre « Italiani, brava gente ? »: «…Entre l’unification de notre pays et la fin de la Seconde Guerre mondiale, de nombreux épisodes se sont produits au cours desquels les Italiens se sont révélés capables d’une cruauté indescriptible. Généralement, les massacres étaient perpétrés par des « hommes ordinaires », pas particulièrement fanatiques, ni entraînés aux liquidations massives. Des hommes qui ont agi par esprit de discipline, par émulation ou parce qu’ils étaient convaincus d’avoir raison en éliminant ceux qu’ils considéraient comme « barbares » ou « sous-humains… ».

    Le film, « Le lion du désert »,  sorti en 1981, qui retrace la lutte du chef  de la résistance armée,  Omar El Mokhtar, contre le colonialisme italien et ses atrocités, a été interdit jusqu’en 2009, date à laquelle  il a été enfin projeté,  à l’occasion de la visite en Italie du président libyen Mammar Kadhafi. 

    Les nombreuses difficultés auxquelles est confronté actuellement le système capitaliste en Italie remontent à bien avant l’installation du gouvernement de droite actuel, sous le guide de la Premier ministre Giorgia Meloni (chef de parti d’extrême droite « Fratelli d’Italia »). La situation s’est aggravée lorsque l’Union européenne a adopté une série interminable de sanctions à l’encontre de la Russie, suite à son « agression » contre l’Ukraine, dans le cadre de l’Opération spéciale russe du 24 février 2022 (Il faut rappeler que ce conflit, en réalité entre USA/OTAN et Russie via l’Ukraine, a démarré en 2014 avec le coup d’État fomenté par l’Occident contre le président légitime Viktor Ianukovytch, la non-application des Accords de Minsk et le bombardement des populations russophones du Donbass qui ont fait 14.000 victimes).  Ces sanctions ont donné des résultats autres que ceux escomptés par ses auteurs : elles se sont révélées, contrairement aux attentes, fatales pour les économies des pays européens, asphyxiées, dirait-on ironiquement,  par le manque de gaz russe, vital et à bon marché par rapport au gaz américain, de loin plus cher.  Par ailleurs, l’Italie subit en premier chef  la vague migratoire en provenance d’Afrique et n’arrive pas à en supporter à elle seule le poids.

    Les 28 et 29 janvier 2024, se tient à Rome un sommet qui a regroupé 46 pays africains, avec 21 chefs d’État, des chefs de gouvernement et des ministres des Affaires étrangères, ainsi que des représentants des institutions européennes tels Charles Michel, Ursula von der Leyen ou Roberta Metsola, le chef de la Commission de l’Union africaine Moussa Faki pour discuter d’un nouveau  plan de développement  pour l’Afrique.

    Le plan proposé par la présidente du Conseil, Giorgia Meloni, s’appropriant de manière tendancieuse et inappropriée le patronyme de Mattei, se veut, selon Giorgia Meloni,  non prédateur et devrait être mis en application, en s’adressant aux pays africains,  selon la logique d’un rapport d’égal à égal et de bénéfice réciproque.  Très diplomatique comme langage !
    Le Plan Mattei original relevait de la politique et d’une logique anticolonialiste.  Est-ce le cas pour le nouveau Plan Mattei? L’impérialisme, de nos jours, n’est plus celui du 19ème, la domination territoriale n’étant plus propédeutique à la domination économique, mise en place par des politiques néocoloniales et néolibérales imposées à d’autres pays.

    Le point central du Plan Mattei, illustrant bien la position du gouvernement de droite, est la prise en charge de la question de l’émigration africaine vers l’Europe, bien que présenté en deuxième position, et la colonne vertébrale d’un programme, encore vague et flou, d’interventions en Afrique, qualifié de « boite[4] vide » par l’opposition crypto-sioniste de gauche (pour utiliser une expression de Djamal Labidi), contrairement au gouvernement ouvertement pro-sioniste. Ce programme,  encensé par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen[5] (« Le nouveau plan Mattei représente une contribution importante à cette nouvelle phase de notre collaboration, et il vient compléter la stratégie “Global Gateway” de l’Union européenne»), s’inscrit (selon les vœux aussi de Giorgia Meloni)  dans le cadre plus général de l’European Global Gateway[6], un programme global de 150 milliards d’Euros pour le développement dans le monde, en particulier pour l’Afrique.

    Un budget de 5,5 milliards d’Euros est alloué par l’État italien pour la mise en application du plan Mattei, défini avec des projets d’intervention dans 5 secteurs : le secteur hydraulique,  de l’agriculture, de l’énergie, de l’instruction et de la formation et de la santé. Un programme qui ne dit pas non plus à quels pays africains il s’adresse.

    Le rapport Oxfam[7] de janvier 2024 (pour l’année 2022)  concernant la distribution de la richesse en Italie nous présente un tableau allarmant : 80% de la population disposent de seulement 31% de la richesse pendant que 20% de la population totale n’en possède que 0,3%.

    Dans le  Latium (Département de Rome), le taux[8] de chômage de la population jeune (entre 15 et 30ans)  atteind 19,8% alors qu’en Campanie (Département de Naples) et en Sicile, ce taux de chômage est de 34%.  En Italie méridionale, le taux[9] de chômage au sein de la population en âge de travailler se situe entre 22,24% et 25,19%.
    À la lumière de ces données, sera-il possible au gouvernement italien de réaliser un projet aussi vaste et ambitieux pour l’Afrique, qui implique un engagement pour des millions et des millions de personnes en Afrique, alors que l’Italie vit une crise sans précédents? Il est permis d’en douter fortement.

    D’autre part, Giorgia Meloni, à l’époque où elle se trouvait à l’opposition, avait eu en 2018  des propos assez virulents à l’encontre de l’État francais, dans un discours dont nous reprenons un extrait : « À vomir est qui, comme la France, continue d’exploiter l’Afrique en imprimant de l’argent pour 14 nations africaines sur lesquelles elle applique le seigneuriage,  en faisant travailler des enfants dans les mines pour extraire des matières premières comme c’est le cas au Niger  où la France extrait 30% de l’uranium dont elle a besoin pour faire marcher les centrales nucléaires et 90% des Nigériens vivent sans électricité. Ne nous donnez pas de  leçon Macron, parce que l’Afrique vous fuit et la solution n’est pas de déplacer les Africains vers l’Europe, c’est de libérer l’Afrique de certains Européens. Nous n’acceptons pas de leçon ! ».

    Il était question du Franc CFA, une monnaie coloniale (la monnaie existe depuis 1945, elle a été imposée à 14 États africains après leur indépendance) servant à détrousser 14 États africains et dont les 2 banques centrales qui les représentent dépendent du Ministère du Trésor français.  Giorgia Meloni a tenu ce discours en raison des évènements en Libye, soi-disant chasse gardée de l’Italie et passage obligé du gros de l’émigration  africaine. Mais aussi bien le Plan Mattei de Giorgia Meloni que l’European Global Gateway vont devoir affronter ce problème s’ils tenaient à être réalisés.  

    Entre temps des États de l’Afrique occidentale vont se regrouper au sein de l’organisation ECOWAS (Economic Community of West African State) et fonder une monnaie unique commune, l’ECO[10], à partir de 2027 (date fixée apres divers reports à cause de Covid etc.). Certains pays de la future ECOWAS seront pratiquement obligés de rompre la « lune de miel » de plus de 60 ans, imposée par le Ministère du Trésor de Paris. Il est curieux de voir si Paris renoncera à cette domination coloniale ? Le Plan Mattei ne fait aucune allusion à cette problématique qui sera sans le moindre doute une source de gros frottements au sein de l’Union européenne.

    Le Plan Mattei ne fait non plus aucune allusion à la colossale dette africaine. Thomas Sankara, président du Burkina Faso, a été assassiné en 1987 pour s’être exprimé contre l’exploitation capitaliste à travers la dette des pays pauvres ou en voie de développement.  Le Plan Mattei ne donne aucune indication sur une dette[11] qui s’élève à 1.140 milliards de dollars dont près de 800 milliards pour l’Afrique sub-saharienne. En 2018 la dette[12] subsaharienne était de près de 600 milliards. Une dette aussi énorme est-elle conciliable avec un budget de 5,5 milliards? Quand aux causes de la dette, un silence total. Le professeur Jean Ziegler, sociologue suisse et à l’époque Rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation, constamment vilipendé par le sioniste Hillel Neuer de UN-Watch[13] (une organisation pro-sioniste qui voudrait dissoudre l’UNRWA moyennant une pétition[14], actuellement sur son site internet -voir image ci-dessous), a plaidé, il y a plus de dix ans, pour l’effacement de la dette des pays

    pauvres. Ziegler a en outre analysé les raisons de la crise alimentaire des plusieurs pays africains dont la principale se trouve dans la politique agricole européenne, qui subventionnant à tout va le secteur de l’agriculture en Europe et exportant des produits à bas coût en Afrique, a mené à dénaturer la politique agricole des pays africains, non plus basée sur la production de produits essentiels et de base, mais sur des produits destinés à l’exportation vers l’Europe, même si ces derniers sont source de devises étrangères.

    Un autre chapitre important, mis sous silence par le Plan Mattei, concerne la présence sur les lieux de l’économie chinoise, russe et dans une moindre mesure turque. De vraies relations win-win ont été établies entre pays africains et la Chine.
    En 2018, avec Giuseppe Conte en tant que président du Conseil des Ministres d’une coalition de centre-gauche-verts, l’Italie, seul pays du G7,  avait adhéré au projet Belt and Road chinois et entamé un début d’échanges commerciaux avec la Chine. Il faut souligner la forte présence chinoise dans certaines régions de l’Italie et de longue date. Les partis d’opposition (atlantistes), dont celui de Giorgia Meloni, étaient contraires à cette démarche. Une démarche  qui n’était pas non plus du goût de la Maison Blanche. En octobre 2023, Giorgia Meloni[15], conseillée par les USA, se retire de ce projet.  Un préalable nécessaire pour la mise en place de son Plan Mattei. Au regard de la situation internationale, Plan Mattei, European Global Gateway et adhésion au projet chinois ne peuvent aller ensemble. Politique, conflits, intérêts, objectifs etc. sont diamétralement opposés.
    Plan Mattei et European Global Gateway, vitrines d’un plan de domination néocoloniale, ont des objectifs primaires : se substituer à la présence  chinoise, russe ou autre, en terre africaine, et faire de l’Afrique un nouvel atelier de production pour les besoins de l’Union européenne, surtout sur le plan énergétique, et mettre un frein à l’émigration massive africaine vers l’Europe, dans le cadre d’une « émigration sélective », soit faire saigner à blanc l’Afrique de ses élites intellectuelles et de ses cerveaux et créer des conditions d’existence minimales et de contrôle pour l’endiguer. Pétrole et gaz africains doivent supplanter le gaz russe en dépit des allégations européennes pour l’introduction d’énergies renouvelables, politique devenue prioritaire pour les pays de l’UE.
    Pour clôturer la question concernant le secteur énergétique, il faut souligner que l’Eni actuelle n’est plus celle d’Enrico Mattei. Le journal italien « Il Manifesto[16] » écrivait en octobre 2023, en pleine guerre génocidaire à Ghaza : « … le 29 octobre, le ministre de l’Énergie israélien a annoncé la signature d’une convention avec d’autres sociétés internationales et israéliennes ont obtenu la licence pour l’exploitation de gaz offshore, en face de Gaza, à l’intérieur de la zone G, a 62% palestinienne…». Ces sociétés internationales seraient, outre l’Eni, Dana Petroleum, Ratio Energies, BP, State Oil Company of Azerbaijan Republic (SOCAR) et NewMed Energy. NewMed Energy[17] est constituée de l’Égypte, la Jordanie et les Émirats arabes unis, soit une participation directe des ces pays arabes au vol israélien des richesses palestiniennes. L’Égypte, concernée par le Plan Mattei, ainsi que l’Algérie, la Tunisie et d’autres pays arabes africains, seront empétrés dans de multiples contradictions sur le plan politique dans le cadre de leur collaboration avec l’Eni. 

    La gestion et la direction du Plan Mattei  sont confiées à une « cabine de régie » formée par la Premier ministre Giorgia Meloni et d’autres ministres et vices-ministres actuels pour la coordination des activités entres l’Italie et les États africains, excluant de la sorte l’action du Ministère des Affaires étrangères, habituellement mieux placé pour la gestion de relations bilatérales.

    Le chef de la Commission de l’Union africaine Moussa Faki, présent au Sommet de Rome de fin janvier, déplorait le fait que le Plan Mattei a été élaboré sans que les pays africains ne soient ou n’aient été consultés auparavant. Un plan conçu à l’insu des principaux intéressés et dans une logique paternaliste, soi-disant pour leur bien. Ceci relève de la mentalité coloniale sur l’apport civilisationnel à travers le progrès et néocoloniale sur l’exploitation des ressources natuelles via d’autres moyens, le Plan Mattei entre autres. 

    Une véritable collaboration entre Europe et Afrique, par Italie interposée, aurait du et pu se faire, en premier lieu, en observant un minimum de respect, en consultant les pays africains et discuter conjointement les visées d’un éventuel plan de développement.

    Le deuxième point consiste en l’ignorance délibérée et la négation d’un plan africain existant, l’Agenda63[18], un programme de développement de l’Union africaine,  entamé depuis l’année 2013 et qui s’étale sur cinq décennies. Bon ou mauvais qu’il soit, favorable à l’option capistaliste ou non, cela relève des décisions des pays africains eux-mêmes. Les projets[19] phares sont ambitieux, avec entre autres : réseau  intégré de trains à grande vitesse, formulation d’une stratégie sur les produits de base, établissement d’un forum économique africain, projet hydroélectrique de Grand Inga… Grand musée africain.

    Le troisième point, sur le plan moral et celui de la crédibilité, concerne la poursuite d’une guerre génocidaire à l’encontre de la population de Ghaza, dirigée par l’entité sioniste avec, d’une part l’aval de l’Italie et de l’Union européenne en général au nom du droit à sa défense de l’entité sioniste, et d’autre part leur implication directe dans le génocide génocide. L’Italie, sous Giorgia Meloni, dirige la force européenne en Mer Rouge contre les Houthis qui plaident à travers leur action pour un cessez-le-feu à Ghaza. L’Italie, l’Union européenne et d’autres pays européens ont suspendu leur contribution financière à l’UNRWA, sous prétexte que 12 de ses employés (sur 30.000) seraient impliqués dans l’attaque du 7 octobre 2023.  Ces pays sont en train de tuer[20] des enfants (12.300), des femmes (8.400) et des hommes en toute impunité  à Ghaza mais proposent le Plan Mattei (Italie) et l’European Global Gateway (UE) pour le développement de l’Afrique.

    Mohamed Taleb

    16.02.2024


    [1] – Voir Link : https://www.lemonde.fr/archives/article/1961/08/03/l-o-a-s-menace-de-mort-m-mattei-roi-du-petrole-italien_2284640_1819218.html

    [2] – Voir Link: https://osservatorioglobalizzazione.it/progetto-italia/eni-mattei-bella-e-perduta/

    [3] – Voir Link: https://neripozza.it/libro/9788854500135

    [4] – Voir Link : https://www.unita.it/2024/01/30/il-piano-mattei-e-una-scatola-vuota-i-leader-africani-sbugiardano-meloni-non-siamo-mendicanti/

    [5] – Voir Link : https://europa.eu/newsroom/ecpc-failover/pdf/speech-24-502_fr.pdf

    [6] – Voir Link : https://commission.europa.eu/strategy-and-policy/priorities-2019-2024/stronger-europe-world/global-gateway_fr

    [7] – Voir Link: https://www.oxfamitalia.org/wp-content/uploads/2024/01/Rapporto-OXFAM-Disuguaglianza_il-potere-al-servizio-di-pochi_15_1_2024.pdf

    [8] – Voir Link : Voir Link: https://www.openpolis.it/in-ue-e-diffusa-la-disoccupazione-giovanile-soprattutto-al-sud/

    [9] – Voir Link: https://www.regioni.it/newsletter/n-4477/del-15-03-2023/istat-nel-2022-aumenta-loccupazione-25389/#:~:text=(Regioni.it%204477%20-%2015,Nord%20(5%2C1%25).

    [10] -Voir Link: https://www.europeanaffairs.it/blog/2021/07/03/lafrica-occidentale-verso-una-moneta-unica-nel-2027/

    [11] -Voir Link : https://www.jeuneafrique.com/1471235/economie-entreprises/les-dettes-souveraines-africaines-sont-elles-devenues insoutenables/#:~:text=D%27après%20le%20dernier%20rapport,200%20%25%20par%20rapport%20à%202010.

    [12] -Voir Link: https://pubdocs.worldbank.org/en/727761579205652353/pdf/Debt-Report-2020-Edition-I.pdf

    [13] – Voir Link: https://www.letemps.ch/suisse/controverse-jean-ziegler-lonu

    [14] – Voir Link : https://unwatch.org

    [15] – Voir Link: https://www.corriere.it/politica/23_ottobre_27/via-seta-l-italia-dira-addio-spinta-usa-uscire-ma-crisi-internazionale-allunga-tempi-1eb06afa-74fd-11ee-aa09-fdc5b793a6b9.shtml

    [16] – Voir Link: https://ilmanifesto.it/sulleni-a-gaza-il-silenzio-complice-del-governo-meloni

    Voir aussi : https://fr.timesofisrael.com/six-entreprises-dont-bp-et-eni-obtiennent-des-licences-dexploration-gaziere-en-israel/

    [17] – Voir Link: https://newmedenergy.com/about-us/

    [18] – Voir Link: https://au.int/fr/agenda2063

    [19] – Voir Link: https://au.int/fr/agenda2063/projets-phares

    [20] – Voir Link: https://www.palestinechronicle.com/genocide-in-numbers-this-is-what-israel-has-done-to-gaza/

  • Laure Lemaire-Le système de l’Union Européenne contre ses peuples

    Laure Lemaire-Le système de l’Union Européenne contre ses peuples


    Intro

    On dit l ‘Union Européenne ou l’Europe des 27, alors que pour la géographie et de l’histoire, l’Europe compte 57 pays, dont une partie de la Russie. De plus, les oligarques entretiennent la confusion entre « peuple » et « population » Le mot peuple a un contenu historique, politique et démocratique tandis que celui de population est utilisé en géographie. Il existe une population européenne de près de 500 millions de personnes,, composée de nombreux peuples.

    Au départ, l’idée de l’ Europe devait resserrer l’amitié entre les peuples, mise à mal par la 2° guerre mondiale. Une union des peuples avec des réalités linguistiques, culturelles, politiques avec, dans la mémoire de chacun une histoire, est nécessaire en s’appuyant sur les Nations , pour développer de vrais liens de coopération et de solidarité entre les peuples en rejetant la concurrence libre-échangiste comme seul horizon. De bonnes relations entre tous les pays européens sont indispensables pour faire du commerce, du tourisme, des échanges culturels et d’étudiants, et même pour former des alliances politiques permettant de peser sur la marche du monde. Chaque nation doit conserver sa souveraineté, son autonomie politique totale ; c’est la démocratie.

    Le système de l’Union Européenne est né de la Guerre Froide et de la seule volonté des dirigeants des Etats-Unis d’Amérique, stratégie portant le nom de containment pour reconstruire le capitalisme après la 2° Guerre mondiale, sous leadership américain, et faire face à l’URSS et au bloc communiste. Une forme d’union européenne étaient indispensables pour acheter la production américaine et aider les pays européens à produire leurs propres armements contre l’URSS (le Plan Marshall).

    Friedrich von Hayek, dès 1939, inspirateur des principes du système de l’Union européenne déclare: «La fédération européenne devra posséder le pouvoir négatif d’empêcher les Etats individuels d’interférer avec l’activité économique ». Il ajoute : « Une fédération signifie qu’aucun des 2 niveaux de gouvernement [fédéral et national] ne pourra disposer des moyens d’une planification socialiste de la vie économique. » Son but est de briser les souverainetés nationales pour empêcher tout risque que des politiques favorables aux intérêts des classes populaires puissent voir le jour dans tel ou tel pays européen.

    Aucune véritable volonté européenne issue des Européens eux-mêmes n’existe pour faire une Europe indépendante, démocratique et prospère. Le système actuel de l’Union européenne est le dispositif le plus sophistiqué au monde qui repose sur la tentative de construire une civilisation par le marché. Toute l’idéologie européiste s’appuie sur la croyance insensée que l’on pouvait résoudre les problèmes du monde en établissant un ordre quasi-intégralement marchand. Les traités européens ( Rome, Maastricht, Lisbonne) ont retiré leur souveraineté aux peuples pour parvenir à ce que rien des aspirations populaires ne puisse être pris en compte.

    Ses rouages principaux de décisions sont la Commission, le Conseil européen des chefs d’Etat, la Cour de Justice européenne, la Banque centrale européenne. Tout se passe dans l’ombre. Des commissaires européens et technocrates nationaux non élus, zélés et surpayés, concoctent les mesures visant à affaiblir les peuples: baisse du niveau de vie, destruction du système de santé, de retraites, d’éducation, des services publics. Ces décisions cheminent aux instances gouvernementales et parlementaires nationales pour être appliquées et les réactions des peuples aux régressions qu’ils subissent se retournent contre leur gouvernement, pas contre l’UE qui veut diluer les nations dans le marché en étendant au maximum l’espace du marché dérégulé, avec le libre-échange comme règle absolue. Ce système dirigiste et autoritaire travaille pour les intérêts privés des grandes firmes mondialisées européennes et états-uniennes.

    Pour faire taire les peuples en les éloignant des prises de décision, ce système a été conçu comme un monstre de technocratie qui n’a pas d’équivalent dans le monde. L’UE, c’est l’augmentation des inégalités, entre les peuples et à l’intérieur de chaque nation.  La pauvreté et la précarité progressent de façon inquiétante ; le chômage de masse est bien présent. La désindustrialisation s’accentue, pénalisant l’avenir de l’emploi et l’ensemble de l’économie. Les faillites de petites et moyennes entreprises s’accumulent. Les petits producteurs, agriculteurs, artisans, entreprises souffrent des quotas imposés. 

    L’Union européenne est une tyrannie. Son exécutif, composé de commissaires non-élus, est incarné par Ursula Van der Leyen, personnalité otanienne et atlantiste, présente dans tous les médias, alors qu’elle est accusée de corruption depuis le gouvernement d’Angela Merkel dont elle a dû démissionner.

    Rien de plus terrible que les guerres. Rien de plus inquiétant que les discours bellicistes. L’UE encourage la solution militaire des problèmes de sécurité à cause de son allégeance à l’OTAN. Dès le début de la guerre en Ukraine, l’UE propose d’armer ce pays sans aucun temps d’analyse, sans la réflexion qui pourrait aboutir à des négociations de paix. Ursula von der Leyen se rendant à Tel Aviv pour soutenir Israël dans sa guerre. Si l’Union européenne voulait la paix, elle cesserait ses livraisons d’armes et se placerait en intermédiaire entre la Russie et l’Ukraine pour imposer des négociations et d’abord un cessez-le-feu.

    Comprenons bien que l’UE vient de décider que cet État européen va se substituer à toutes les nations membres de l’Union européenne. Les pays ne seront plus que des « régions ». Les conséquences sont incalculables:

    * La prise de décision à l’unanimité des États membres devient l’exception. Le vote à la majorité simple ou qualifiée la règle.

    A ce sujet, le général De Gaulle en 1966 avait imposé le vote des États membres à l’unanimité (Accord de Luxembourg). Il l’a obtenu en pratiquant la politique de la « chaise vide » en réponse à Walter Hallstein qui voulait imposer son projet d’Europe fédérale. De Gaulle avait obtenu son départ en 1967. On assiste au retour du même projet.

    • Création d’une fonction de « Président de l’Union européenne » en remplacement des présidents du « conseil européen » et de la commission européenne » remplacée par un « exécutif » qui va se substituer à tous les pouvoirs nationaux.
    • Désormais la politique étrangère et de sécurité commune est adoptée à la majorité qualifiée. Finies, la souveraineté et l’indépendance nationale.

    * Création d’une “union de la défense” dotée de “capacités militaires” sous le “commandement opérationnel de l’UE” qui peut acquérir des armes et la constitution d’une armée de l’UE.

    L’arme nucléaire française va t’elle être mutualisée ou cédée à l’”exécutif” européen qui serait le seul à avoir les codes de mise à feu ? Le siège de la France au conseil de sécurité de l’ONU, va-t-il être donné à l’UE ?

    * Mise en place d’un mécanisme de défense collective : l’attaque contre un État membre est considérée comme une attaque contre tous les autres qui sont aussi membres de l’OTAN. Ils sont mis devant l’obligation d’être solidaires sur le plan militaire, sous l’égide des États-Unis.

    * L’UE pourra avoir recours à des moyens civils et militaires contre les campagnes de “désinformation”. Sera qualifiée comme telle, tout ce qui sera contraire à la doxa. Le délit d’opinion et les procès politiques seront la règle.

    * Les compétences de l’Europe ne sont plus partagées.

    Jusqu’à maintenant, il y avait 3 types de compétences: celles exclusives de l’Europe, celles partagées ( sur lesquelles elle n’avait pas légiféré ou dont elle ne voulait pas s’occuper),celles appartenant à chaque État.

    L’UE devient donc décisionnaire sur tous les domaines et chaque État doit obéïr

    * La politique commune migratoire devra tenir compte de la stabilité économique et sociale des États membres et répondre aux besoins de mains d’œuvre du marché unique, qui s’appelle l’immigration choisie pour répondre aux « métiers en tension ».

    *Création d’un “État d’urgence” européen : Le Parlement européen, à la majorité simple, avec le Conseil européen, à la majorité qualifiée, pourront donner des pouvoirs extraordinaires à la Commission (l’exécutif).

    Comprenons, si les peuples se mettaient dans la tête de se rebeller, l’UE pourrait employer la force pour les mâter. Avec les GOPÉ, c’est l’Union européenne qui pilote depuis des années et les élus locaux ne font qu’appliquer.

    Tous les peuples d’Europe sont au pied du mur :

    Soit l’UE impose son projet et c’est une dictature qui va s’imposer à tous

    Soit les peuples d’Europe se révoltent et font voler en éclat cette construction diabolique.

    Mais l’affaire est tellement importante qu’il paraît impossible que l’UE décide de passer en force en refusant de consulter les peuples par référendum. Si l’UE refuse d’organiser ce référendum, il faut engager le combat.

    Il est vital de sortir de ce système dictatorial.

    Sauf au Parlement européen (qui n’a quasiment aucun pouvoir), personne n’est élu parmi les dirigeants de l’Union européenne, pourtant ils imposent leurs volontés à près de 500 millions de personnes.

    d’après Jacques Nikonoff, 6 décembre 2023,

    Le site internet du « Parlement » européen explique qu’il aurait un rôle législatif et budgétaire, un pouvoir de décision avec la Commission européenne, un pouvoir de contrôle et de censure de la Commission européenne.

    Un pouvoir de décision ?

    Le pouvoir d’initiative concernant les actes législatif, les directives, règlements et décisions, revient à la Commission européenne et non au « Parlement ». Il peut demander de « soumettre toute proposition appropriée » pour la mise en œuvre des traités. Il a été impossible de trouver des exemples, ni les suites données. Le « Parlement » ne dispose que d’un pouvoir consultatif car le Conseil européen n’est pas tenu de suivre son avis. Il existe des « procédures législatives spéciales » où le Conseil européen est le seul législateur :

    – La politique étrangère et du sécurité commune (PESC).

    – Les dérogations aux règles du marché intérieur et le droit de la concurrence.

    – La fiscalité.

    – Certains accords internationaux

    – L’adhésion à l’Union européenne de nouveaux États membres.

    – Le retrait d’un pays de l’Union européenne.

    Des compétences budgétaires ?

    Le « Parlement » établit le budget annuel de l’Union européenne avec le Conseil mais c’est lui seul qui établit la partie recettes! Par ailleurs, le Conseil et à la Commission peuvent prendre des décisions budgétaires en urgence sans demander l’accord du « Parlement ». Un 49-3 à l’européenne !

    Un pouvoir de contrôle de l’exécutif ?

    Le « Parlement » peut poser des questions écrites et orales. Mais il n’existe aucune obligation de répondre !

    Le « Parlement » peut recevoir des pétitions de citoyens des pays membres de l’Union européenne sur des sujets “encadrés”; aucune pétition n’a été acceptée.

    Sur le papier, le « Parlement » peut créer des commissions d’enquête. Mais on n’en connaît pas la liste, ni les rapports, ni les suites.

    Le « Parlement » peut censurer la Commission à condition d’obtenir les 2/3 des voix. Aucun cas ne s’est présenté depuis la création du « Parlement » européen en 1979.

    Chaque élection européenne possède des enjeux à 3 niveaux : le niveau de l’Union européenne, le niveau national, et le niveau de chaque formation politique dans chaque pays.

    Il apparaît donc clairement que l’enjeu des « élections » européennes, pour les partisans du système de l’Union européenne, est celui de la participation électorale. C’est une raison supplémentaire pour renforcer les votes blancs et nuls, et surtout l’abstention !

    Que les libéraux, les sociaux-démocrates européens, les Verts, le Parti de la gauche européenne, l’extrême droite gagnent des sièges, cela ne changera rien aux orientations politiques du système de l’Union européenne. La composition du « parlement » n’aura aucun effet sur les orientations de l’Union européenne car elles ne dépendent que des Traités et de la Cour de justice .

    Tous les partis institutionnels participent à la mascarade qui consiste à faire croire qu’élection signifie démocratie. Les grands médias ignorent les petites listes, sont interdit de donner le moindre écho aux mouvements euro-critiques. Que vous votiez EELV, Horizon, LFI, LR, MoDem, NUPES, PCF, PS, Renaissance, RN, ou pour une liste « citoyenne », vous voterez pour le système, pour les diktats de la Commission de Bruxelles. Au-delà des différences, tous les partis sont europe’istes dans la mesure où ils croient en la « construction européenne » et au dépassement des Etats-nations. Ce qui diffère c’est le degré de croyance en l’UE.

    Certains groupes, en France, considèrent que le « Parlement » européen pourrait être une tribune à utiliser pour combattre la politique commune droite/sociaux-démocrates. Mais tout le monde se moque de ce qui se dit à Strasbourg et à Bruxelles ( ce « Parlement » a 2 sièges). En réalité, ce « Parlement » européen est un moyen de reclasser et de recycler les amis en difficultés, anciens syndicalistes (2 anciens porte-parole de la Confédération paysanne) ou politiciens battus sur la scène nationale. La plupart des partis politiques, y compris ceux qui s’affirment critiques vis-à-vis de l’Union européenne, présentent des candidats pour des raisons financières. Car avoir des élus rapporte beaucoup d’argent.

    .L’abstention

    Si on additionne les abstentions, les blancs et les nuls par rapport aux inscrits, pour ces 20 dernières années, la proportion était de 58,65 % en 2004. Elle est passée à 61,12 % en 2009 et 59,27 % en 2014. Elle a baissé à 51,09 % en 2019. Un sursaut est nécessaire, en 2024. Seuls les citoyens qui se seront abstenus auront clairement délégitimé l’U.E. Leur acte sera un coup de tonnerre politique ôtant toute crédibilité à l’Union européenne, la ridiculisant et ouvrant un espace sans précédent aux luttes populaires. Le véritable enjeu de cette mascarade électorale sera donc l’abstention citoyenne.

    Pour être fidèles au NON français lors du référendum du 29 mai 2005 sur le traité constitutionnel européen, il faut refuser la farce électorale du 9 juin 2024. Elle ne vise qu’à simuler un acte démocratique et à légitimer ainsi tout le système de l’U.E.

  • الطاهر المعز-أهمية موقع الوطن العربي في الصراعات الدّولية على النفوذ 16 شباط/فبراير 2024

    الطاهر المعز-أهمية موقع الوطن العربي في الصراعات الدّولية على النفوذ 16 شباط/فبراير 2024

    يقع الوطن العربي ( وليس « الشرق الأوسط وشمال إفريقيا » ) بين ثلاث قارات هى آسيا وإفريقيا وأوربا، أي في مُلتقى الحضارات والطّرُق التجارية بين القارات في منطقة تمتد من المحيط الأطلسي (المغرب وموريتانيا في قارة إفريقيا) إلى العراق وبحر العرب والخليج العربي، في غربي آسيا، واقتطعت الإمبريالية البريطانية والفرنسية عدّة أقاليم منها إقليم الأحواز(عربستان) الذي منحته بريطانيا إلى إيران سنة 1925، فيما يُطالب الصومال بإقليم أوغادين الذي تحتله الحبشة، وفَرّطت الإمارات في ثلاث جزر (طنب الكبرى وطنب الصغرى وأبو موسى) إلى إيران خلال حكم الشّاة، ولواء اسكندرون والأقاليم السورية الشمالية التي سلمتها فرنسا إلى تركيا سنة 1936 وجزر الكناري وسبتة ومليلية والجزر الجعفرية وصخرة الحسيمة وهي أراضي مغربية تحتلها إسبانيا…

    يضم الوطن العربي العديد من المَمَرّات المائية والطرقات التجارية البحرية بين آسيا وإفريقيا وأوروبا، عبر البحر الأبيض المتوسط  ( الذي يطل على البحر الأسود) والبحر الأحمر والخليج العربي الذي يَصل البحر الأحمر بالمحيط الهندي، فضلا عن مضيق جبل طارق الذي يصل بين البحر الأبيض المتوسط والمحيط الاطلسى الذي يحدّ المغرب والصحراء الغربية وموريتانيا من الغرب، وتزداد أهمية الوطن العربي بفعل احتواء باطن الأرض على معادن عديدة، من بينها الفوسفات والنفط والغاز، وعلى محاصيل زراعية هامة، من بينها التمور عالية الجودة والزيتون والحمضيات والتين والكروم…

    يُعَدّ البحر الأحمر – الذي سُمِّيَ كذلك لكثرة الشّعب المرجانية، ذات اللون الأحمر – شريانًا حيويًّا يمر بين ثماني دول عضوة بالجامعة العربية ويُطل على سواحل شرق إفريقيا، حيث أظهرت الحفريات وجود كميات ضخمة من الغاز الطبيعي، وتَصِل قناة السويس البحر الأبيض المتوسط بالبحر، عبر مضيق باب المندب وخليج وشبه جزيرة سيناء وخليج العقبة، وتُعد قناة السويس والبحر الأحمر مَمَرًّا لعدد كبير من السفن التجارية والعسكرية المُتّجهة إلى أو القادمة من الخليج الغني بالمحروقات، ما جعل الخليج وخصوصًا السعودية والإمارات والعراق، منطلقًا لعمليات إعادة تدوير مشاريع الأحلاف الإستعمارية القديمة، مثل حلف بغداد، فقد دعت كندا ( الحليف الوَفِي للولايات المتحدة)، بواسطة معهد « جيوبوليتيكال مونيتور » ( كانون الثاني/يناير 2023) الى إعادة إحياء « حلف بغداد للتعامل مع تحديات الحرب الباردة الجديدة القائمة في المنطقة والعالم، وخصوصا مع النفوذ الروسي المتزايد، على أن يضم الحلف الجديد كلا من الولايات المتحدة وتركيا وبريطانيا ومصر، بالإضافة إلى إسرائيل »، وذَكَر التقرير الكنَدِي « إن حلف بغداد كان احد اكثر الهياكل فعالية في التعاون الإستخباراتي والعسكري لمواجهة مخططات الاتحاد السوفيتي وحركة عدم الانحياز، ومن الضروري تصميم تحالفات جديدة لجعل منطقة الشرق الأوسط موالية للغرب ولحلف شمال الأطلسي – ناتو (…) ومواجهة روسيا في سوريا وليبيا والتصدّي للحركات المُعادية للنظام الدّولي القائم حاليا… كما وجب تطوير الردع النووي الاستراتيجي… »

    يُؤَشِّرُ هذا التّقرير الكندي إلى التّكامل والتّماثل بين مخططات حلف شمال الأطلسي (بزعامة الإمبريالية الأمريكية) والمخططات الصهيونية، وتندرج « اتفاقات ابراهيم » ضمن هذا الإطار، في ظل ازدهار العلاقات بين تركيا والكيان الصهيوني، من جهة وازدهار العلاقات بين دُوَيْلات الخليج والعدو الصهيوني في كافة المجالات، وأهمها التجارة والأمن والإتصالات والتّجسّس، بذريعة مواجهة التهديد الإيراني، ويُشير التقرير الكندي إلى ارتفاع مخزونات منطقة شرقي البحر الأبيض المتوسط من الغاز، والتي يعمل التحالف العسكري التركي الصهيوني على حمايتها، « حماية للأمن القومي الامريكي، ومساهمة في استقرار أسواق الطاقة العالمية »، كما يُشير التقرير الكندي إلى مُشاورات تجري منذ مدّة بين الولايات المتحدة وتركيا وبريطانيا ومصر والكيان الصهيوني، لاستقطاب مزيد من الدّول ولتعزيز « أمْن واستقرار البحر المتوسط وأمن الطاقة ومواجهة النفوذ الروسي وصعود الصين… »، ويقترح التقرير تمويل دُوَيْلات الخليج لهذا الحلف وإشراف تركيا (حلف شمال الأطلسي) على التنسيق العسكري، ونقل تجربة تحالف « العيون الخمس » (التحالف الاستخباراتي الذي يضم الولايات المتحدة وكندا وبريطانيا واستراليا ونيوزيلندا)، « وهو سيتيح للدول المتحالفة مواجهة التهديدات الداخلية المتبادلة والتركيز على التصدي لجهود روسيا والصين لتعطيل النظام العالمي القائم ».

    يستجيب هذا التقرير لرغبة الإمبريالية الأمريكية وعملائها، ومن بينهم ملك الأردن الذي أعلن ( شبكة سي إن بي سي – 06 تموز/يوليو 2022) دعمه إنشاء « تحالف عسكري في الشرق الأوسط على غرار حلف شمال الأطلسي بين دول لديها نفس التفكير » وصرح إن النظام الأردني يعتبر نفسه شريكا في هذا الحلف برعاية الولايات المتحدة أو « الناتو العربي » الذي يضم مصر والسعودية والأردن والإمارات وقطر والكويت والعراق، بهدف تشكيل قوة دفاعية لحماية الدول العربية من التهديدات الأمنية الخارجية وحفظ الأمن القومي العربي، وتجميع الدول العربية المُطبّعة مع الكيان الصّهيوني تحت لواء واحد ( أمريكي-صهيوني؟)، وتُشكل أنْظمة مصر والأردن والإمارات محور هذا الحلف الذي تُديره الولايات المتحدة والكيان الصهيوني، والمُوَجّه ضد إيران، وفق صحيفة “نيويورك تايمز” التي ابتهج مُحرّرها لتأسيس « تحالف إقليمي لمواجهة إيران بقيادة أمريكية ومشاركة إسرائيل وبعض الدول العربية » وأشار موقع نفس الصحيفة الأمريكية (06 تموز/يوليو 2022) « يُشبه هذا الحلف، حلف الناتو الأوسطي أو العربي حلف بغداد الذي انضمت إليه إيران وباكستان تحت إدارة بريطانيا لضمان أمن وسلام منطقة الشرق الأوسط ككل، ولمواجهة الخطر الشيوعي… »

    أسقطت الجماهير العربية وأنظمة سوريا ومصر حلف بغداد، فمن يُسقِطُ حلف الناتو العربي المُتآمر مع الكيان الصهيوني الذي يستمر، منذ نشأة الحركة الصهيونية برعاية الإمبريالية، في إبادة الشعب الفلسطيني، بدعم من الولايات المتحدة وحلف شمال الأطلسي، ومن الأنظمة العربية، وخصوصًا المُطَبِّعَة عَلَنًا والمُنْضَوِيَة تحت « الناتو العربي » وفي ظل صَمْت قادة الأنظمة التي لم تُطَبِّع علنًا، وفي ظل ضُعف الحركة الجماهيرية والأحزاب التقدّمية والنقابات. لقد شارك المُتطوّعون العرب في كفاح الشعب الفلسطيني، أثناء ثورة 1936 التي كان أحد قِيادِيِّيها المشهورين (عز الدين القسام ) سُوريًّا، لأن الشعوب العربية كانت واعية بأن الحركة الصهيونية (ثم الدّولة منذ 1948) لا تهدد شعب فلسطين فقط بل تهدد الشعوب والبلدان العربية.

    عَبَّرَ مستشار الأمن القومي الأمريكي جيك سوليفان، قبل فترة قصيرة من العملية الفدائية « طوفان الأقصى » عن ابتهاجه بالهدوء الذي يسود « الشرق الأوسط » مقارنة بما كان عليه قبل عقدَيْن (أي عند احتلال العراق) بفضل « قُدْرَة الولايات المتحدة على التركيز على الأولويات الإستراتيجية » بحسب زعمه،  وكان الرئيس الأمريكي جو بايدن قد أكّد سنة 2022 خلال أول رحلة له كرئيس إن زيارته هي الأولى لرئيس أمريكي دون تورّط القوات الأمريكية في حرب في الشرق الأوسط منذ 11 أيلول/سبتمبر 2001″ مُتناسيا احتلال جيش بلاده للعراق ولجزء من سوريا وتورطه في كافة النزاعات في شرق إفريقيا والمشرق العربي…

    تندرج هذه التصريحات ضمن مخطط أمريكي لاستعادة النفوذ في هذه المنطقة التي تجتذب المنافسين كالصين وروسيا، دون اكتراث بأمن المنطقة وشعوبها، ومنها الشعب الفلسطيني الذي تمكّن من إعادة القضية الفلسطينية إلى صدارة الأحداث من خلال العملية الفدائية « طوفان الأقصى »، يوم السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023، وتمكّن من خلخلة الثّقة المُفْرِطَة التي يوليها الكيان الصهيوني والإمبريالية للقوة العسكرية وتَطَوُّر تقنيات التّجسس والأسلحة الفتّاكة…

    تعتبر الولايات المتحدة إن أمنها القومي يمتد من واشنطن إلى أي شبر من الكرة الأرضية، ولذلك احتلت أفغانستان والعراق وسوريا وقصفت ودّمّرت العديد من البلدان وفَرَضت الحصار على العديد من البلدان والشعوب، باسم حماية الأمن القومي الأمريكي، ويعتبر زعماء الإمبريالية الأمريكية إن الليثيوم البوليفي والنحاس التشيلي والنفط العربي وكل معادن وثروات العالم ملكٌ للشركات العابرة للقارات، ذات المنشأ الأمريكي، ووجب حماية مصالحها بواسطة الجيش الأمريكي وبواسطة الحملات الإعلامية والحصار الإقتصادي وكافة الوسائل ليستمر ميزان القوى لصالح الولايات المتحدة، ولردع أي قوة منافسة، مثل الصين أو روسيا أو اليابان أو ألمانيا وتعتبر الولايات المتحدة إن عملية « طوفان الأقصى » تُشكّل تحدِّيًا للنفوذ الأمريكي الذي يُمثّله الوكيل الصهيوني في الوطن العربي، ما يُفسّر الدّعم المالي والعسكري والدّبلوماسي المُطلق للكيان الصهيوني، من قِبَل كافة القوى الإمبريالية وعُملائها من الأنظمة العربية، بالإضافة إلى دعم غير مباشر أو خَفِي للكيان الصهيوني من قِبَل روسيا والصين…

    دامت المفاوضات 15 سنة قبل انضمام الصين إلى منظمة التجارة العالمية سنة 2001 والتزامها تطبيق القواعد الرأسمالية « للإقتصاد والتجارة وتحرير السوق والإندماج في النظام الاقتصادي العالمي »، وقبلت الصين شروطًا صارمةً تتمثل في تطبيق الحَوْكَمَة والشّفافية وتخفيض التعريفات الجمركية على الواردات وتنفيذ إصلاحات كبيرة  تُمَكّن من تحرير السوق الدّاخلية وحماية حقوق الملكية الفكرية، والحد من تدخل الحكومة في شؤون الشّركات، غير إن الصين طبقت قواعد الإقتصاد الرأسمالي مع تعزيز دَوْر الدّولة، وتمكّنت من تحقيق قفزات هامة في مجالات الصناعة والتكنولوجيا، ما جعل حكومة الولايات المتحدة تُقرر (وتُنفّذ) حصار الصّين اقتصاديا وعسكريا، سنة 2012، خلال فترة رئاسة باراك أوباما ووزيرة خارجيته ( هيلاري كلينتون) التي تُمثل عشيرة كلينتون ذات النّفوذ الكبير، وادّعت الولايات المتحدة « إن النظام التجاري الذي تقوده الدولة في الصين غير متوافق مع مبادئ منظمة التجارة العالمية القائمة على اقتصاد السُّوق »، وبذلت الولايات المتحدة ودول الإتحاد الأوروبي جهودهما لعرقلة نمو اقتصاد الصين الذي سوف يتجاوز حتمًا اقتصاد الولايات المتحدة، وحاولت الدّول الرأسمالية المتطورة غلق أسواقها أمام الشركات والسلع والخدمات الصينية التي أصبحت تُنافس الشركات الأمريكية والأوروبية في عقر دارها (اللوحات الشمسية والحواسيب والهواتف المحمولة ومنظومة الإتصالات والسيارات الكهربائية…)، بذريعة « تدخّل الدّولة الصينية في الإقتصاد وتوجيهه »، وهو ما فعلته كافة الدّول الرأسمالية المتقدّمة خلال أزمة 2008/2009 وخلال انتشار وباء كوفيد-19، حيث تدخّلت الحكومات عبر سياسات « التّحفيز المالي » ففرضت التّقشف على العمال والأُجَراء والفُقراء، وَوَزّعت المال العام على المصارف والشركات الكبيرة، ما يُناقض مبادئ منظمة التجارة العالمية ورأسمالية السوق الحرة…

    في هذا الإطار جاءت مبادرة الحزام والطريق (أو طريق الحرير الجديدة) سنة 2013 ردًّا على محاولات الحصار الأمريكية التي أعلنها الرئيس الأمريكي باراك أوباما سنة 2012، فعزّزت الصين دَوْرَ الشركات المملوكة للدّولة وأبرمت العديد من الاتفاقيات الثنائية، ما مَكّن الإقتصاد الصّيني من التّوسّع والإستثمار في البنية التحتية لمبادرة الحزام والطريق، وتمكّنت الصين من توجيه النمو الاقتصادي نحو زيادة الإنتاجية وقُدْرة الشركات على الإبتكار، وتعزيز التطور التكنولوجي وتعزيز التدريب والقُدْرة على اكتساب المهارات في قطاعات إستراتيجية، ما مَكّنها من مجابهة الحرب التجارية الأميركية التي تمثلت في فَرْض تعريفات جمركية أحادية الجانب، وإطلاق قضايا نزاع تجاري، وفرض حظر على الصادرات، وقيود على الاستثمار…  

    استغلّت الصّين بعض التناقضات الثانوية بين بعض الدّول العربية والولايات المتحدة لتُكثّف نشاطها الدّبلوماسي ولتُحقق بعض النّجاحات، ومن بينها إطفاء فتيل الحرب الفاترة بين السعودية ودُوَيْلات الخليج وإيران، وكانت السعودية قد كثّفت التّعاون مع روسيا لتنسيق الجهود في مجال إنتاج وتصدير النّفط، وامتنعت السعودية والعديد من حكومات الدّول الحليفة للولايات المتحدة في إفريقيا وآسيا وأمريكا الجنوبية من دعم مشروع القرار الذي قدّمته الولايات المتحدة لإدانة روسيا في الأمم المتحدة، وتحميلها مسؤولية إطلاق الحرب في أوكرانيا، واستغلت الصين وروسيا هذه الأحداث لتعزيز الشراكة مع العديد من دول الأَطْرَاف (أو المُحيط) ومن ضمنها الدّول العربية النفطية التي لم تستجب للطلب الأمريكي برفع حجم إنتاج النفط لكي تنخفض أسعاره…  

    شكّل الوطن العربي بموقعه الجيواستراتيجي وثرواته وطُرقاته ومَمَرّاته التجارية مجالا للصراع بين القوى العُظْمَى، خصوصًا منذ القرن التاسع عشر (حقبة الإمبريالية)، واغتنمت الصين فُرْصة الخلافات (الثانوية) بين بعض حكومات دول المشرق العربي والولايات المتحدة، لتعقد صفقات ضخمة لتوريد النفط السعودي والإماراتي واتفاقيات تجارية باستخدام العملة الصينية بدل الدّولار، فيما وجدت روسيا موطئ قدم من خلال التنسيق بين الدّول المنتجة والمُصدّرة للنفط، وتوسيع مجال حضورها الذي كان مقتصرًا على سوريا إلى منطقة الخليج، ولا يعني تعزيز العلاقات التجارية بين روسيا والصين من جهة ودول المشرق العربي من جهة أخرى انتهاء دور الولايات المتحدة التي تمتلك ما لا يقل عن إحدى عشر قاعدة عسكرية مُعْلَنَة في منطقة الخليج والبحر الأحمر، والتي تُسلّح بشكل شبه حَصْرِي جُيُوش كافة دول المنطقة باستثناء سوريا، وتُدرّب جيوشها وتُشرف على بُنيتها التحتية العسكرية والأمنية، وتمكّنت الولايات المتحدة من دفع المغرب والسودان والإمارات والبحرَيْن وقَطَر وعُمان إلى إعلان التّطبيع المَكْشُوف مع الكيان الصهيوني، فيما لا يزال التّطبيع السعودي غير مُعْلَن، ولا تزال الولايات المتحدة تحتل العراق وتتحكّم في مفاصل الدّولة الطّائفية التي تم تركيزها وفق الدستور الذي فَرَضَهُ الإحتلال الأمريكي… 

    تفوقت الصين على الولايات المتحدة في مجال التجارة الخارجية، حيث ارتفع حجم التجارة الصينية الخارجية سنة 2021 إلى أكثر من ست تريليونات دولارا، فيما بلغ حجم  التجارة الخارجية الأمريكية 5,92 تريليونات دولارا، خلال نفس السنة (2021)، بحسب بيانات وزارة الخارجية الأمريكية، غير إن الصّين لا تزال تفتقر إلى بعض مقومات القوة الأمريكية التي تعتمد على القوة العسكرية والإستخباراتية، ولها أكثر من ثمانمائة قاعدة عسكرية وأساطيل تشرف على الممرات المائية الإستراتيجية وعلى خطوط الملاحة البحرية في البحار والمحيطات والمَضَائِق في كافة مناطق العالم، بما فيها تلك القريبة من الصين التي عملت على احتواء الحصار الأمريكي من خلال مبادرة الحزام والطريق الذي مكنها، منذ 2013، من ارتفاع حجم تجارتها الخارجية، ومن ارتفاع حجم وارداتها من الطاقة لتصبح أكبر مُستورد عالمي للنفط والغاز، وأكبر زبون للسعودية، مع الإشارة إن الصين من كبار المنتجين العالميين للنفط والغاز، وأنفقت الصين حوالي تريليون دولارا خلال عشر سنوات ( 2013 – 2023) على البنية التحتية التي يتطلبها مشروع « الحزام والطريق » في إشارة إلى شبكة الطرق البرية والبحرية القديمة، التي كانت تُسمّى « طريق الحرير »، وربطت بين الصين وأوروبا مرورًا بالشرق الأوسط، بطول يتعدى عشرة آلاف كلم، ووقَّعت اتفاقيات مع أكثر من 150 دولة – تُمثِّلُ نحو 75% من سكان العالم – وأكثر من ثلاثين منظمة دولية، واتّهمت الولايات المتحدة وحلفاؤها الصّين بإغراق الدّول الفقيرة بالدّيُون وباستغلال ثرواتها ضمن اتفاقيات التعاون الثنائي أو ضمن مبادرة الحزام والطّريق، وكأن الولايات المتحدة وأعضاء حلف شمال الأطلسي يُمثّلون منظمة خَيْرِيّة ويتَصَدّقُون على فُقراء بلدانهم وفُقراء العالم بالأموال والمُعدّات والسّلع، غير إن الصّين حققت بعض التّقدّم في منابع النفط (إيران والخليج) قبل انعقاد القمة الثامنة للحزام والطريق ( هونغ كونغ، يومَيْ 13 و14 أيلول/سبتمبر 2023) بمناسبة مرور عشر سنوات على إطلاق المبادرة سنة 2013، بمشاركة أكثر من خمسة آلاف شخص من قادة الدّول والمُستثمرين ومُمثِّلِي الشركات من أوروبا وآسيا وأمريكا الجنوبية وإفريقيا، قبل فترة قصيرة من انعقاد المؤتمر الثالث لزعماء الدول المنظمة للمبادرة في بكين برئاسة الرئيس الصيني.

    تُعَرّف الحكومة الصينية مبادرة الحزام والطّريق أو « طريق الحرير الجديد » بأنها « خطة استراتيجية صينية للتعاون والتنمية من خلال تطوير البنية التحتية والاستثمارات، فضلا عن بناء شبكة تجارة وبنية تحتية تربط آسيا بأوروبا وإفريقيا »، فيما تعتبرها الولايات المتحدة خارطة طريق لتعزيز نفوذ الصين في العالم، لاسيما في إفريقيا والشرق والأوسط، حيث تتوفّر الموادّ الأولية والمعادن النّادرة ومنابع الطاقة الرئيسية »، وفق وكالة بلومبرغ 30 آب/أغسطس 2023، وتلجأ الولايات المتحدة إلى التهديد العسكري وفَرْض الحَظْر والعقوبات المالية والإقتصادية والتجارية وخصوصًا في مجال التقنيات المتطورة لعرقلة نمو الإقتصاد الصيني الذي يُهدّد بتجاوز الإقتصاد الأمريكي بعد أقل من عقد واحد…

    تحتل منطقة المَشْرق العربي، وخصوصًا الخليج، مكانة هامّة في مبادرة الحزام والطّريق، وكذلك في المشاريع المُضادّة التي أعدّتها الولايات المتحدة وحلفاؤها ( سوف يأتي ذكر بعضها لاحقًا) بفعل الطّرقات التجارية والمَمَرّات المائية وبفعل وفرة النّفط والغاز، ولذلك حرصت الصين، خلال القمّة الثامنة للحزام والطّريق، منتصف أيلول/سبتمبر 2023، على تعزيز التعاون مع الإمارات والسعودية وإيران وعلى تعدّد اللقاءات الثُّنائية « لاستكشاف فُرَص التعاون والتجارة في مختلف المجالات، والتّركيز على مجالات الطاقة الخضراء والحلول الرقمية الجديدة والتكنولوجيا والخدمات اللوجستية، حيث تتوفّر العديد من الفرص الجديدة والواعدة »، وفق وكالة الصين الجديدة « شينخوا » 15 أيلول/سبتمبر 2023.

    أشرف الرئيس الصيني في بكين، يومي 17 و 18 تشرين الأول/اكتوبر 2023، بعد حوالي شهر من قمة هونغ كونغ (13 و 14 أيلول/سبتمبر 2023) على المؤتمر الثالث لزعماء الدول المنظمة للمبادرة وأعلن بالمناسبة إبرام اتفاقيات لمبادرة الحزام والطريق بقيمة 97,2 مليار دولار أمريكي خلال مؤتمر الرؤساء التنفيذيين، إضافة إلى ضخ 80 مليار يوان إضافية في صندوق طريق الحرير، وتأسيس نافذة تمويل بقيمة 350 مليار يوان، وخَصّصَ مصرفان صينيَّان تمويلا بقيمة 350 مليار يوان لتنفيذ نحو ألف مشروع صغير ضمن مبادرة الحزام والطريق التي تتوقع َحكومة الصّين أن تُمَكِّنَها من ارتفاع حجم تجارتها للسلع إلى أكثر من 32 تريليون دولار وللخدمات إلى ما يزيد عن 5 تريليونات دولار خلال الفترة من  2024 إلى 2028.

    تمكّنت الصين، من خلال مبادرة الحزام والطّريق، من فكّ الحصار الأمريكي، ومن ربط علاقات تجارية بالدّول المُوالية للولايات المتحدة، مثل دويلات الخليج، ونجحت في إنشاء طرق تجارية وممرات اقتصادية تربط أكثر من 60 بلدا بين آسيا وأوروبا وإفريقيا، وتتضمن المبادرة تشييد شبكات من السكك الحديدية وأنابيب نفط وغاز وخطوط طاقة كهربائية وشبكات اتصال وبُنَى تحتية بحرية، ولا تزال الصين تسعى إلى توسيع الشبكات التي تربطها برًّا وبحرًا بجنوب شرق آسيا وآسيا الوسطى والشرق الأوسط وأوروبا وإفريقيا…

    يُعْتَبَرُ الممر الاقتصادي الصيني الباكستاني ( CPEC ) وأحدا من أهم مشاريع مبادرة الحزام والطريق، ويبلغ طوله ثلاثة آلاف كيلومترًا، بين غربي الصين وميناء غوادار الباكستاني، ويتضمن تطوير شبكة البنية التحتية في باكستان، ومن بينها ميناء بحري وشبكة سكة حديدية بقيمة 7,2 مليارات دولار وشبكة قطار أنفاق في مدينة « لاهور » بقيمة مليارَيْ دولار ومحطات لإنتاج الطاقة الكهرومائية، وخطوط كابلات الألياف الضوئية بين الصين وباكستان البلدين، من إنجاز شركة الاتصالات الصينية « هواوي » التي حَظَرت الدّول الغربية وجودها لأنها كانت سَبّاقة في تسويق الجيل الخامس للإتصالات، وأصبحت الصين أكبر مستثمر أجنبي في باكستان بحوالي 45 مليار دولارا، وتفوق استثماراتها مجموع الاستثمارات الأجنبية المباشرة، ضمن خطة طويلة الأجل تمتد من سنة 2015 إلى 2030، « لبناء مرافق النقل والطاقة والمناطق الصناعية ومناطق التجارة الحرة، وأكثر من ثلاثين اتفاقية ومذكرة تفاهم للتعاون المشترك »، وفق وكالة الصين الجديدة « شينخوا » بتاريخ 16 كانون الثاني/يناير 2024،

    لهذه الإتفاقيات تأثير مباشر على العلاقات الإقتصادية والتّجارية بين الصّين وبلدان المشرق العربي، حيث تعمل الصين على ربط ميناء « غوادار » الباكستاني بالخليج، وتتوقع السلطات المصرية إن الممر الاقتصادي الصيني الباكستاني ( CPEC ) يُعزّز حركة عبور السفن بين الخليج والبحر الأحمر وقناة السويس نحو البحر الأبيض المتوسط وأوروبا ما يُساهم في تزايد الأهمية الجيوستراتيجية لقناة السويس،  وأقامت الصين شبكة من محطات التزود بالوقود وإعادة الإمداد من قناة السويس إلى المغرب العربي بالجزائر (ميناء الحمدانية بمدينة شرشال، فضلا عن إنشاء خط للسكك الحديدية بين شمال الجزائر وجنوبها ) والمغرب ( ميناء طنجة ومنطقة صناعية بالميناء…) وموريتانيا على المحيط الأطلسي، كما تمتلك الشركات الصّينية أو تُدِير شبكة مُكونة من 95 ميناء في جميع أنحاء العالم (أرقام 2020) من بينها عشرين ميناء في البلدان العربية وفق معهد جيتستون الأمريكي (تموز/يوليو 2020)، وتهدف الصين توفير الخدمات اللوجيستية لسفن الشحن، كالوقود والصيانة والتموين، وتأهيل الموانئ العربية لاستقبال السفن الضخمة وتأمين وصول إمدادات الطاقة من البلدان العربية، واجتياح الأسواق العربية والإفريقية والأوروبية بواسطة السلع الصينية… 

    أما إيران فتعتبر ميناء « غوادار » الباكستاني مُنافسًا لميناء دُبَيْ ( الذي ساعد إيران على الإلتفاف على الحظر الأمريكي) ولميناء « تشابهار » وهو الميناء الإيراني الوحيد المُطل على المُحيط الهندي والذي لا يبعد سوى سبعين كيلومترا عن ميناء غوادار الباكستاني، ويربط بين إيران والهند وباكستان ومنها إلى أفغانستان، وتستخدمه الهند لتجنب مرور تجارتها عبر أراضي باكستاني، العدو التاريخي للهند، ما يخلق منافسة بين الميناءَيْن (الباكستاني والإيراني) الواقِعَيْن على طريق الحرير الجديدة، غير إن الإعلام الرّسمي الصيني يُقلّل من مخاطر هذه المنافسة، لأن الصين أكبر مُصَدِّر عالمي، وتعتمد على النقل البحري في التجارة الخارجية، ويمكنها استخدام الممر الاقتصادي الصيني الباكستاني لتعزيز العلاقات التجارية مع دول الشرق الأوسط المنتجة والمُصدّرة للنفط، لتوريد المحروقات بأسعار منخفضة وتصدير السلع، وتعتبر الصين إن إدماج باكستان وإيران ودُوَيْلات الخليج يُؤَدِّي إلى توسيع التعاون في قطاعات الاقتصاد والطاقة بين دول جنوب ووسط آسيا، وشمال إفريقيا وعلى طول الخليج العربي، وهي منطقة يسكنها نحو ثلاث مليارات نسمة، غير إن دولا مثل الهند تُعارض إنجاز المشاريع الصينية في باكستان وتعتبرها تُشكّل تهديدا لمصالحها، ما جعلها تسعى إلى تقويض المشروع أو تعطيله، إلى أن اتفقت مع الولايات المتحدة على إطلاق مشروع بديل منافس للحزام والطريق، بعد قمة العشرين بنهاية شهر آب/أغسطس 2023، تماشيًا مع سياسة التطويق الاستراتيجي للصين التي تنتهجها الولايات المتحدة عبر تحالفات دولية في المحيطين الهادي والهندي، على غرار تحالف « أوكوس » بين الولايات المتحدة وأستراليا وبريطانيا سنة 2021، وتحالف « كواد »، بين الولايات المتحدة واليابان والهند وأستراليا سنة 2022، بهدف تطويق الصين في مضيق ملقة (الرابط بين بحر الصين الجنوبي والمحيط الهندي ) وفي بحر الصين الشرقي وبحر الصين الجنوبي، بدعم من القواعد العسكرية الأمريكية الضّخمة في كوريا الجنوبية وتايوان واليابان.

    تهدف الولايات المتحدة عرقلة نمو الإقتصاد الصيني وحصار الصين عسكريا واقتصاديا ودبلوماسيا، من خلال دمْج الحلفاء الإقليميين في مشاريع جيواستراتيجية تٌعَزّز هيمنة الإمبريالية الأمريكية، وكان المُنعرج الذي عرفته الهند، منذ انهيار الإتحاد السوفييتي، وخصوصًا منذ بداية القرن الواحد والعشرين، فرصة التقطتها الولايات المتحدة لتعزيز نفوذها ولإقامة حلف قوي ضد الصين، فكان « تحالف الأعمال المُشترك » ( I2U2 ) سنة 2022 بين الولايات المتحدة والهند والكيان الصهيوني والإمارات، ثم تحالف الأعمال المشترك لهذه المجموعة في نيسان/ابريل 2023، ويُعَرّفها موقع « مونيتور » (20 نيسان/ابريل 2023) بأنها شراكة تركز على التنمية الاقتصادية والأمن الغذائي وسط التغيرات المناخية العالمية، بمشاركة الحكومات والقطاع الخاص والتركيز الاستثمارات والمبادرات المشتركة في مجالات الطاقة والأمن الغذائي والصحة والفضاء والنقل والمياه، وأعلنت الإمارات استثمار مليارَيْ دولار لتطوير مجمعات غذائية متكاملة في الهند…

    تمكّنت الولايات المتحدة من إدماج الكيان الصهيوني – إدماجًا مُهَيْمِنًا – في الوطن العربي، من خلال العديد من الإتفاقيات  (التطبيع العلني المصري والأردني وتطبيع قيادات منظمة التحرير) والمنتديات والقِمَم، ومن بينها « منتدى النّقب » واتفاقيات إبراهيم، وشكّل منتدى النقب (جنوب فلسطين المحتلة حيث لا يعترف الكيان الصهيوني ب42 قرية وُجِدَتْ قبل إعلان إنشاء الكيان  ويهدم المنازل ويُشرد المواطنين الفلسطينيين) واحدا من هذه الندوات التطبيعية بين الكيان الصهيوني والولايات المتحدة وسلطات الإمارات ومصر والمغرب والبحرين، بنهاية آذار/مارس 2022 وقرروا تحويل القمة إلى « منتدى سنوي دائم يجتمع بشكل دوري لبحث القضايا الإقليمية وإنجاز التنسيق الأمني بهدف رَدْع إيران، وأعلن موقع الصحيفة الصهيونية « يدعوت أحرونوت » ( 28 آذار/مارس 2022) إن المُشاركين في منتدى النقب اتفقوا على « معالجة التحدِّيات المُلِحَّة كالأمن الغذائي وتغيُّر المناخ والأمن الإقليمي »…

     كما أعلنت الولايات المتحدة على إثر انعقاد قمة العشرين بالهند ( آب/أغسطس 2023) إطلاق « طريق تجاري جديد يربط الهند بالشرق الأوسط وأوروبا عبر السِكَك الحديدية والموانئ »، وسيشكِّل المشروع تحدِّيًا مباشرًا لمبادرة الحزام والطريق الصينية، من خلال دمْج عدد من الحُلفاء في المشرق العربي مع حُلفاء من منطقة جنوب شرق آسيا وآخرين في الغرب، في الجهود الأمريكية لاحتواء صعود الصين، ولتعزيز النفوذ الإقليمي للولايات المتحدة وخلق شبكة علاقات بين تركيا والإمارات والكيان الصهيوني وقطر والبحرين والأردن ومصر والسعودية، ودمج الكيان الصهيوني عبر الإقتصاد والأمن والإتصالات والتّجسّس، لضمان أمن كيان الإحتلال والقضاء على كافة أشكال المقاومة الفلسطينية وعزلها عن محيطها الطبيعي، ولذلك اعتبرت الولايات المتحدة العملية الفدائية « طوفان الأقصى » (السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023) « تهديدًا وجوديًّا لإسرائيل واستهدافًا للأمن القومي وللمصالح الإستراتيجية الأمريكية »، ووفرت الولايات المتحدة المال والسلاح والدّعم السياسي والدّبلوماسي والإعلامي للكيان الصهيوني ليستمر في إبادة الشعب الفلسطيني، وحشد الدعم والرأي العام العالمي لصالح الإحتلال والإعتراض على أيّ قرار في مجلس الأمن يُدين العدوان، أو يدعو إلى وقْفه، بل تمكّنت الإمبريالية الأمريكية من تشكيل « تحالف دولي لحماية البحر الأحمر »، في كانون الأول/ديسمبر 2023، في محاولة للقضاء على المقاومة اليَمَنِيّة والسيطرة العسكرية على منطقة البحر الأحمر ومضيق باب المندب والقرن الأفريقي، وقطْع الطريق على مبادرة الحزام والطريق الصينية، ومواجهة النفوذ المتصاعد للصين وروسيا وإيران…  

    على الصعيد الدولي، نسَّقت الولايات المتحدة مواقفها من الأزمة مع حُلفائها الدوليين، وقد أظهر العديد من القادة الغربيين التزامهم بدعم إسرائيل سياسيًا وعسكريًا، وكان الظن الأمريكي أنَّه يمكنها أن توفِّر لإسرائيل الدعم على غرار ما قدَّمته لأوكرانيا، من خلال وشكّل التّصعيد الأمريكي في البحر الأحمر فرصة لحشْد الحُلفاء ضمن إستراتيجيتها لمواجهة القُوى المنافسة كالصين وروسيا، وردع إيران، من خلال منطق القُوّة العسكرية والهيمنة، وحشد القوة الجوية والبحرية والسفن والبوارج الأمريكية والبريطانية بذريعة حماية حرِّية التجارة العالمية، في تعارض مع مبادئ الدبلوماسية والبحث عن حلول سلمية للخلافات بين الدّول، وبذلك وظّفت الولايات المتحدة عملية «طوفان الأقصى»، لإعادة الانتشار العسكري في غرب آسيا وحوض البحر الأحمر والشرق الأوسط ككُل، وذلك في إطار تأمين الهيمنة وإرهاب الخُصُوم… 

    يضم البحر الأحمر ما لا يقل عن إحدى عشر قاعدة عسكرية، ما ينفي ضرورة نشْر مزيد من القوات الأمريكية، وتنفيذ عمليات عدوانية مشتركة مع بريطانيا، دفاعًا عن مصالح الكيان الصهيوني الذي لا يعدو كونه قاعدة عسكرية للإمبريالية ومَحْمِيّة وجدب الدّفاع عنها باستخدام القوَّة العسكرية…

    يُعتبر هذا العدوان العسكري واستعراض القُوة في البحر الأحمر عملا مُكمِّلاً لما أعلنته الولايات المتحدة في مدينة نيودلهي يوم التاسع من أيلول/سبتمبر 2023، على هامش قمة مجموعة دول العشرين التي استضافتها الهند، ويتمثل في الإعلان عن مشروع « المَمرات الخضراء » الذي يضم كلّا من الولايات المتحدة والهند والسعودية والإمارات والإتحاد الأوروبي وفرنسا وألمانيا وإيطاليا، ويتألف المشروع من ممرين منفصلين لنقل البضائع من الهند – التي تُنافس الصيني – إلى أوروبا، وهما « الممر الشرقي » الذي يربط الهند بالخليج العربي و »الممر الشمالي » الذي يربط منطقة الخليج بأوروبا،  ويمَكّن هذا المَمَر من اختصار مدَة نقل البضائع من الهند إلى أوروبا بنسبة 40%، ويربط هذا المشروع اقتصادات الخليج والأردن بالكيان الصهيوني وبالهند حليف الولايات المتحدة والكيان الصهيوني بدل الإرتباط بالصين ومبادرة الحزام والطريق، ما يجعل الولايات المتحدة والهند والكيان الصهيوني المستفيدين الوحيدين من « الممرات الخضراء » المزعومة وتشمل الممراُت شبكًة من السكك الحديدية والمَمَرّات المائية والموانئ البحرية « لتعزيز التبادَل التجاري وتسهيل مرور البضائع وتأمين الطاقة عبر تطوير عملية نقل الكهرباء المتجددة والهيدروجين النظيف عبر كابلات وخطوط أنابيب، وتنمية الإقتصاد الرقمي عبر ربط ونقل البيانات من خلال كابلات الألياف البصرية… »وفق التوضيحات الأمريكية التي أكّدت على « منافسة هذا المشروع لمبادرة الحزام والطريق، عبر خلق طريق تجارية موثوقة وأكثر فعالية من حيث التكلفة، وبما يعزز مرونة سلاسل التوريد ومشاريع التنمية العالمية… » في مواجهة النفوذ المتصاعد للصين في المنطقة العربية وإيران وإفريقيا، وعبّرت رئيسة المفوضية الأوروبية، أورسولا فون دير لاين ( المُغْرقة في الرجعية والصهيونية)، عن « إزالة المخاطر التي تواجه أوروبا من الاعتماد المفرط على مصادر الإمداد الصينية  » ويخدم هذا المشروع طموحات الهند التي تسعى إلى التحول إلى قوة تصنيعية كبرى منافسة للصين، وفق تقرير نشرته صحيفة « فاينانشال تايمز » البريطانية، يوم العاشر من أيلول/سبتمبر 2023، واعتبر التقرير « إن ممر الهند-الشرق الأوسط-أوروبا مشروع أميركي لمواجهة الصين ولترسيخ التطبيع بين الدول العربية – خصوصًا السعودية – وإسرائيل »، ويُعتبر هذا المشروع – في جانبه العربي – امتدادًا للاتفاقات الرباعية التي جرى التوصل إليها سنة 2022 ضمن مجموعة I2U2  التي ضمت الولايات المتحدة والهند والكيان الصهيوني والإمارات « لتعميق التعاون الاقتصادي والسياسي في الشرق الأوسط وآسيا، بما في ذلك، التجارة، وتغير المناخ، والطاقة والأمن البحري »، ومثلت « اتفاقات إبراهيم » التي رعتها إالولايات المتحدة محاولةً لدمج العدو الصهيوني في المنطقة العربية، وأدت الإمارات دَوْر العميل المُتَمَيِّز في مجمل هذه المشاريع التطبيعية ومن بينها مشروع ممر الهند-الشرق الأوسط-أوروبا الذي يمتد عبر بحر العرب، من الهند إلى الإمارات، ثم يعبر السعودية والأردن وموانئ فلسطين المحتلة، قبل أن يصل إلى أوروبا عبر البحر المتوسط

    يُعزز مشروع الممر الهندي النفوذ الأميركي والصهيوني في المنطقة ويعمل على عرقلة مشاريع الصين ( مبادرة الحزام والطريق) وزيادة قدرة الهند على منافسة الصين، وتعزيز الأنظمة العربية العميلة المُطبّعة مع الكيان الصهيوني ( الخليج والأردن، ومصر بدرجة أقل) وتعزيز التبادل غير المتكافئ ضمن التقسيم العالمي للعمل الذي يُقصي البلدان العربية ويُعزز دور الهند كحليف قوي للولايات المتحدة في مواجهة الصين، ويتجاوز المشروع حدود العلاقات التجارية ليشمل التعاون العسكري بإشراف أمريكي وصهيوني ضمن « التحالف الدّولي » الذي أنشأته الولايات المتحدة في البحر الأحمر، لعزل إيران وتعزيز الدّور المُهَيْمن للكيان الصهيوني، وتعزيز العلاقات التجارية بين شركاء الولايات المتحدة في الخليج – الذي يُشكّل منطقة حيوية لمصالح الولايات المتحدة – والهند، بدلًا من الصين…

    يتضمن المشروع الأمريكي العديد من الغموض، إذ لم تُنشَرْ تفاصيل التمويل ولا جدول لتنفيذ المشاريع، فيما شكّكت بعض الدّول ( ( خصوم الهند والولايات المتحدة) مثل الصين وإيران وتركيا وباكستان ومصر في جدوى وفعالية المشروع الأمريكي- الهندي، وتتخوف مصر (أول الدّول العربية المُطَبّعة مع الكيان الصهيوني) من التأثيرات السلبية على مستقبل قناة السويس…

    الطاهر المعز

     

  • Ilyes Zouari-Israël, ou la persécution des chrétiens, des musulmans, des Noirs … et des femmes, en 10 points stupéfiants  (occultés en Occident)

    Ilyes Zouari-Israël, ou la persécution des chrétiens, des musulmans, des Noirs … et des femmes, en 10 points stupéfiants  (occultés en Occident)
    Je trouve surprenante et déplacée la comparaison de la censure occidentale fasciste actuelle avec le contrôle soviétique de l'information. Quel rapport pertinent avec le sujet ? Mais la somme d'informations contenues dans ce texte me semble quand même utile au combat pour le soutien à la résistance palestinienne.  Je passe outre cette alignement inutile sur la narrative impérialiste sur l'URSS, convaincu que les militants antisionistes sauront faire avec cette incongruité.  

    Parallèlement à l’effroyable et sanguinaire occupation multidécennale de la Palestine, une des occupations les plus cruelles de l’histoire, Israël mène une politique d’apartheid particulièrement hostile aux minorités ethniques et religieuses historiques présentes sur son propre territoire. Loin d’adhérer aux valeurs de l’Occident, comme le prétend la propagande sioniste dont pâtit notamment le Liban, Israël est en réalité le pays le plus raciste et le plus ségrégationniste au monde, paradis des théories raciales, et est même en train de devenir un des pays les plus misogynes de la planète. Une situation dramatique, qui ne fait pourtant que s’aggraver d’année en année, du fait d’une totale impunité et pour des raisons démographiques liées à la montée en puissance des juifs ultra-orthodoxes.

    Alors que :

    – les chrétiens et les musulmans d’Israël, qui regroupent 19 % de la population du pays dans ses frontières internationalement reconnues de 1967, ne sont pas des immigrés mais les descendants des rescapés de l’épuration ethnique organisée par l’armée israélienne et des milices juives sionistes dans les quelques mois ayant précédé et suivi la création d’Israël, le 14 mai 1948, et ayant abouti à l’expulsion de près de 85 % de la population arabe (en s’appuyant notamment sur un grand nombre de massacres de civils, par l’extermination de la population de certains villages dans les zones rurales, et par une vague d’attentats terroristes sanglants ciblant les lieux publics dans les villes. Des crimes qui ont notamment été perpétrés par l’Irgoun et le Lehi, deux milices sionistes comparables aux SS allemands de la seconde guerre mondiale, dont les méthodes et la philosophie ont été qualifiés de « nazis » par Hannah Arendt dans une lettre ouverte publiée par le New York Times, le 2 décembre 1948, et qui étaient dirigés respectivement par Menahem Begin et Yitzhak Shamir, qui accédèrent aux plus hautes responsabilités du pays quelques décennies plus tard. Ainsi, Israël est l’un des très rares pays de l’histoire récente à avoir eu deux dirigeants ayant personnellement ordonné le massacre de populations civiles, comme celui de la population villageoise de Deir Yassin, commis conjointement le 09 avril 1948 par l’Irgoun et le Lehi – où certaines victimes ont été brûlées vives dans des fours, et l’attentat de l’hôtel de l’hôtel King David de Jérusalem, qui fit 91 morts le 22 juillet 1946 et fut perpétré par l’Irgoun. Et auxquels s’ajoutent des assassinats ciblés de hautes personnalités étrangères, comme le double assassinat du médiateur de l’ONU, le comte suédois Folke Bernadotte, et du chef des observateurs militaires en Palestine de la même organisation et colonel de l’armée de l’air française, André Sérot, commis par le Lehi le 17 septembre 1948. Une campagne de terreur qui avait d’ailleurs déjà commencé avant la seconde guerre mondiale, dans la seconde moitié des années 1930).

    – le territoire d’Israël n’a jamais été uniquement peuplé par les juifs dans l’antiquité, contrairement à ce qu’affirme la propagande officielle et sioniste, mais que d’autres peuples y habitaient également (les chrétiens et les musulmans d’Israël ayant donc souvent des ancêtres à la présence très ancienne, et étant même, pour un certain nombre d’entre eux, les lointains descendants de juifs convertis) ;

    – la population juive d’Israël bénéficie d’une démographie plus dynamique que les populations non juives du pays, grâce à une fécondité de plus en plus largement supérieure (3,1 enfants par femme en 2022, contre 2,8), et à une immigration permanente quasi exclusivement juive ou de culture juive (la population totale d’Israël, déjà largement supérieure à celle de la Palestine occupée, devant bientôt être deux fois supérieure à celle du Liban, et dépasser celle de la Jordanie) ; et alors que la quasi-totalité des pays du monde progressent d’année en année en matière de lutte contre les discriminations ethniques, religieuses et sexistes, Israël mène une politique de plus en plus forte de ségrégation et de marginalisation des minorités, accompagnée d’une hostilité grandissante à l’égard des femmes. Et ce, comme le démontrent les 10 points suivants, stupéfiants et totalement occultés par les grands médias occidentaux :  

    Un nombre grandissant d’écoles publiques israéliennes refuse de scolariser les petits enfants chrétiens et musulmans, même lorsqu’il n’y a aucune école appartenant à leur secteur à proximité (le système éducatif israélien compte un secteur juif et un secteur arabe, dans lesquels sont respectivement scolarisés la quasi-totalité des enfants juifs et non juifs). Dans la localité très majoritairement juive de Karmiel, dans le nord du pays, se sont même désormais les vingt écoles publiques de la ville qui refusent, toutes, de scolariser les enfants chrétiens ou musulmans, les obligeant ainsi à parcourir plusieurs kilomètres afin de trouver une école pouvant les accueillir. Et dans le même temps, la municipalité refuse absolument toute construction d’une école pour la communauté non juive, qui représente 6 % de la population locale. 

    Par ailleurs, de plus en plus de villes israéliennes interdisent aux chrétiens et aux musulmans d’accéder à leurs parcs municipaux (ou encore à leurs piscines et centres sportifs). Certaines l’interdisent à toute personne non juive, tandis que d’autres, comme la ville d’Afoula, refusent l’accès aux chrétiens et aux musulmans non résidents, mais tout en laissant passer les juifs non résidents… et en empêchant l’installation de non-juifs dans leur localité. Et ce, à travers différentes mesures de discrimination indirecte, voire en pratiquant une politique d’intimidation : manifestations, agressions ou encore dénonciation des juifs qui accepteraient de vendre ou de louer à des chrétiens ou musulmans (à l’instar du maire adjoint de Karmiel, qui avait contribué à la mise en place d’une ligne téléphonique consacrée à la dénonciation). 

    Et à ces intimidations, s’ajoutent des décrets religieux régulièrement publiés par des rabbins israéliens pour interdire à tout juif de louer ou de vendre un logement à un chrétien ou à un musulman. À titre d’exemple, près de 300 rabbins avaient signé, et en toute impunité, un décret religieux de ce type en décembre 2010. Des rabbins qui étaient même, pour la grande majorité d’entre eux, des fonctionnaires employés par l’État pour assurer le service religieux dans les synagogues municipales ou enseigner dans des écoles religieuses !

      Toutefois, de moins en moins de localités israéliennes ont besoin de recourir à l’intimidation, de s’efforcer de trouver des critères indirectement discriminatoires ou de s’appuyer sur des décrets religieux, puisque les très nombreuses petites localités peuvent désormais, en toute légalité, interdire facilement l’installation de chrétiens et de musulmans à travers la mise en place d’un « Comité d’admission », qui se charge de trier les candidatures en fonction de la « compatibilité socio-culturelle », avec pour résultat un refus souvent systématique des non-juifs. En effet, et alors que de nombreuses localités adoptaient déjà cette pratique discriminatoire depuis plusieurs années, entérinée par une loi votée en 2011 qui l’autorisait pour près de 300 localités de moins de 400 logements et situées dans les régions de Galilée et du Néguev (comme les kibboutz, interdits aux chrétiens et aux musulmans depuis des décennies, sans pour autant qu’il leur soit permis de créer les leurs…), ce sont désormais près de la moitié des villages et petites villes d’Israël qui ont la possibilité d’exclure toute personne non juive. Et ce, grâce à une nouvelle loi votée très récemment, en juillet 2023, qui élève la limite à 700 logements pour la création de ces Comités d’admission, tout en étendant cette possibilité à l’ensemble des territoires désignés comme étant des « zones de priorité nationale ».

    Ces politiques de discrimination ne peuvent faire l’objet d’aucune contestation de la part des chrétiens et des musulmans, qui sont systématiquement déboutés par la justice israélienne, qui s’appuie désormais sur la loi fondamentale votée en juillet 2018 et définissant le pays comme « État-nation du peuple juif ». Une loi qui stipule explicitement, dans son article 7, que « l’État considère que le développement des implantations juives relève de l’intérêt national, et agira de manière à les encourager et à les consolider ». Un article qui est systématiquement interprété par les autorités et la justice israéliennes comme un feu vert à l’élimination progressive de toute présence chrétienne et musulmane dans le pays.

    Par ailleurs, il convient de rappeler que si les chrétiens et les musulmans d’Israël ont de moins en moins accès écoles publiques non arabes, aux parcs municipaux, aux villes et aux villages, les citoyens juifs ont, quant à eux, le droit d’accéder à toute structure publique et de s’installer dans toute localité se trouvant dans le pays, y compris dans les localités majoritairement chrétiennes ou musulmanes, qui s’exposeraient, en cas de refus, à de terribles sanctions.

      Enfin, il est à noter que ces discriminations dont sont victimes les chrétiens d’Israël ne se retrouvent dans aucun des quatre pays voisins majoritairement musulmans, que sont le Liban, la Syrie, la Jordanie et l’Égypte, où les chrétiens ont le droit d’accéder à toutes les structures publiques de leur pays, de s’installer où ils le souhaitent, et ne sont pas victimes de décrets religieux hostiles.

    Depuis la création d’Israël en 1948, les autorités interdisent systématiquement aux chrétiens et aux musulmans de construire de nouvelles localités, malgré leur croissance démographique. Dans le même temps, la population juive du pays a le droit de construire partout où elle souhaite, y compris dans les localités arabes du pays en expropriant massivement leurs terres. Ainsi, et en dehors du désert du Néguev, où ont été sédentarisés quelques populations nomades, et aussi incroyable que cela puisse paraître, plus de 700 localités juives ont vu le jour en Israël depuis 1948 (et s’ajoutant à celles déjà présentes auparavant), contre aucune du côté chrétien ou musulman (« aucune » signifiant véritablement « zéro »), comme le rappelle le rapport d’Amnesty international publié en février 2022 et intitulé « L’apartheid d’Israël contre la population palestinienne : un système cruel de domination et un crime contre l’humanité ».  

    Et lorsque les chrétiens et les musulmans protestent contre cette politique de discrimination, ils font face à une féroce répression policière, qui peut parfois aller jusqu’au meurtre (et sans la moindre sanction, contrairement à ce qui se passerait si la victime était juive). Et s’ils se permettent de construire sur des terrains vacants appartenant à leur municipalité, ces constructions sont souvent détruites par les autorités sous prétexte qu’elles ont été faites sans permis de construire (permis qui ne sont que rarement accordés, afin que ces terres puissent, un jour ou un autre, être annexées par les nouvelles localités juives voisines).

    Cette interdiction de construire de nouvelles localités, en vigueur depuis 75 ans pour les minorités historiques du pays, qui ont pourtant connu une importante croissance démographique au cours des dernières décennies, n’existe dans aucun des pays voisins d’Israël (qui abritent des minorités chrétiennes) ni dans aucun autre pays au monde abritant des minorités religieuses ou ethniques historiques (à ne pas confondre avec les minorités non historiques présentes dans différents pays).

    Par conséquent, et compte tenu de l’interdiction de construire de nouvelles localités, des expropriations massives de leurs terres, de l’interdiction de s’installer dans des centaines de villes et villages, et des nombreux décrets religieux qui leurs sont hostiles, les chrétiens et les musulmans d’Israël n’ont d’autre choix que de s’entasser dans les localités où ils sont historiquement, et encore, majoritaires (qui concentrent près de 90 % des arabes israéliens, et sont très densément peuplées), de consacrer beaucoup de temps et d’énergie à la recherche d’un endroit pouvant les accepter ailleurs en Israël (mais en étant de moins en moins certains de pouvoir facilement scolariser leurs enfants), ou de s’exiler à l’étranger…

    Alors que les juifs d’Israël ont le droit de faire venir un(e) conjoint(e) de la diaspora juive, de n’importe où dans le monde, les chrétiens et les musulmans sont dépourvus du droit de vivre en couple avec une personne palestinienne se trouvant en Palestine occupée, au Liban ou en Syrie, trois territoires voisins où se concentre notamment la majorité des descendants des près de 800 000 Palestiniens chassés par Israël lors de sa création. Et dans les très rares exceptions prévues par la loi, les quelques Palestiniens acceptés sont soumis à une vie particulièrement difficile, devant constamment renouveler leurs documents, et n’ayant, par exemple, pas le droit d’ouvrir un compte bancaire ou de posséder une carte de crédit ! Par ailleurs, cette interdiction a également été entendue à l’ensemble des citoyens libanais et syriens. 

    Cette discrimination concernant le regroupement familial avec des membres de la diaspora, dont sont victimes les minorités chrétienne et musulmane d’Israël, ne se retrouve dans aucun autre pays abritant également des minorités religieuses ou ethniques historiques, y compris dans les pays arabes voisins ayant des minorités chrétiennes. Et il en est presque de même pour l’interdiction du regroupement familial entre membres d’un groupe ethnique transfrontalier.

    À cette terrible injustice, s’ajoute le fait que l’immigration permanente de personnes n’ayant aucune attache familiale en Israël est autorisée pour les juifs et les personnes de culture juive du monde entier, alors qu’elle est quasiment interdite aux chrétiens et aux musulmans. 

    Aux différentes mesures discriminatoires précédemment citées, s’ajoutent bien d’autres mesures s’inscrivant dans le cadre d’une politique délibérée de paupérisation et de marginalisation des chrétiens et des musulmans du pays, et visant à assurer la suprématie de la majorité juive. À titre d’exemple, seul 1,7 % du plan de relance de l’État adopté à la suite du Covid 19 a été affecté aux localités chrétiennes et musulmanes, alors que celles-ci regroupent 15 % de la population du pays (en tenant compte des territoires illégalement annexés par Israël en 1967). Quant aux financements publics destinés à l’éducation, les montants alloués aux écoles chrétiennes et musulmanes du pays sont également très largement inférieurs à ceux destinés aux écoles juives. Ainsi, une étude réalisée en 2018 par le Bureau israélien de la statistique indiquait que les dépenses publiques par habitant pour l’école et la culture affectées à la population juive correspondaient à près du triple de celles affectées à la population non juive (soit près de 200 % de plus !). Une autre étude conduite en 2016 par le Mossawa Center, une ONG israélienne, avait révélé que les élèves chrétiens et musulmans de milieux défavorisés recevaient environ quatre fois moins de financements au secondaire par rapport aux élèves juifs appartenant au même milieu socio-économique (qui recevaient donc environ 300 % de plus).

    Et en ce qui concerne le développement industriel, seuls 2 % des zones industrielles du pays sont situées dans des localités chrétiennes ou musulmanes. Un déséquilibre considérable qui s’explique par la quasi-interdiction faite à ces localités d’attribuer des terres à usage industriel, et de réaliser d’importants projets d’infrastructure nécessaires au développement économique. Une incroyable politique de discrimination, qui se manifeste également à travers l’exclusion des localités arabes de la liste des zones prioritaires de développement, définie par l’État israélien, et par la fourniture de services publics de moins bonne qualité à leur population.

    Par ailleurs, les chrétiens et les musulmans sont également victimes d’importantes discriminations à l’embauche. À titre d’exemple, de nombreuses offres d’emploi s’adressent uniquement aux personnes ayant accompli leur service militaire, ce qui exclut, en toute impunité, la population arabe du pays, qui en est « exemptée » (à l’exception de la petite minorité druze), car considérée comme une menace potentielle (imaginons que les pays occidentaux fassent de même à l’égard de leurs citoyens juifs…). Une exemption qui les prive également de certaines prestations sociales. De même, de plus en plus d’écoles juives interdisent le recrutement d’enseignants chrétiens ou musulmans, afin de satisfaire la demande des parents d’élèves qui ne souhaitent pas que leurs enfants soient en contact avec des non-juifs…

    Si des inégalités existent dans de nombreux pays à travers le monde, au détriment des minorités ethniques ou religieuses historiques, celles-ci atteignent en Israël un niveau record qui n’existe nulle part ailleurs. À tel point que près de la moitié de la population non juive du pays vit sous le seuil de pauvreté (indicateur qui ne reflète que partiellement les inégalités), soit plus de trois fois plus que la population juive d’Israël, et six fois plus que la population juive hors ultra-orthodoxes (qui, pour des raisons religieuses, refusent en général de travailler et font beaucoup d’enfants).

    Enfin, il convient de rappeler que les chrétiens et les musulmans d’Israël n’ont, pour diverses raisons, presque jamais obtenu ensemble plus de 10 % des sièges à l’Assemblée nationale (la « Knesset »), alors qu’ils représentent environ 20 % de la population du pays (21 % en tenant compte des territoires annexés par Israël en 1967, et 19 % selon les frontières internationalement reconnues du pays).

    Depuis de nombreuses années, et en particulier depuis 2010, les chrétiens d’Israël sont la cible d’attaques régulièrement perpétrées par des juifs radicaux, avec la complicité totale des autorités du pays (malgré les discours officiels mensongers). Ces extrémistes multiplient les agressions physiques (crachats contre les passants, les prêtres et les bonnes sœurs, aspersion au gaz lacrymogène…), les agressions verbales, les actes de vandalisme contre les églises et les lieux saints (dégradations, inscriptions racistes comme « Mort aux chrétiens » et « Mort aux Arméniens », incendies d’églises…), la profanation de cimetières chrétiens, les irruptions dans les processions religieuses et les lieux de culte (comme celle de juifs hassidiques dans le monastère de Stella Maris, à Haïfa, en juillet 2023), les lettres d’intimidation envoyées par des rabbins pour exiger le départ des chrétiens d’Israël et de Terre sainte, ou encore les attaques et dégradations contre les commerces tenus par les chrétiens (restaurants, boutiques…).

    Ces innombrables agressions, devenues quasi quotidiennes, ne sont suivies d’aucune enquête ni d’aucune sanction contre leurs auteurs, même lorsqu’ils sont clairement identifiés, les laissant ainsi agir en toute impunité (ou, plus précisément, dans 99 % des cas, les rarissimes exceptions étant destinées à tromper les Occidentaux…). À titre d’exemple, les deux jeunes juifs qui avaient craché, en mars 2023, sur un prêtre grec orthodoxe handicapé de Jérusalem, sortant lentement et avec difficulté d’un monastère, et qui avaient menacé d’asperger de gaz lacrymogène un autre prêtre venu à sa défense, ont été immédiatement relâchés par la police israélienne, présente à proximité. La complicité des autorités israéliennes est telle, qu’au moins 50 % des processions de l’Église arménienne sont interrompues par des crachats, des insultes ou par des perturbateurs s’y introduisant volontairement, selon les déclarations d’une responsable du Centre interculturel de Jérusalem, en décembre 2022 (des agressions et souffrances qui n’affaiblissent en rien les pèlerins, qui se sentent ainsi plus proches du Christ). Rien de surprenant, lorsque l’on sait que le ministre israélien de la sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, avait déclaré publiquement, en octobre 2023, que le fait de cracher sur des chrétiens n’avait « rien de criminel », et que cela « ne mérite pas une arrestation » (il avait également affirmé, dans le passé, que cela correspondait simplement « à une vieille tradition juive » !).

    La situation est désormais si grave que les Patriarches et chefs d’Église de Jérusalem font désormais front commun pour dénoncer les agressions dont sont spécifiquement victimes les chrétiens d’Israël. Et ce, comme ils le firent en 2018 lors d’une conférence de presse, devant l’église du Saint Sépulcre, pour accuser la municipalité de Jérusalem de « mener une campagne systématique contre les églises et contre la communauté chrétienne en Terre sainte », ou encore en publiant un communiqué commun en décembre 2021, dénonçant une stratégie visant « à chasser les chrétiens de Jérusalem et d’autres parties de Terre sainte », à travers la multiplication des agressions contre les membres du clergé et les lieux saints.

    De son côté, le Patriarcat arménien de Jérusalem a publié un communiqué le 16 novembre 2023, soutenu deux jours plus tard pour toutes autres Églises de la ville sainte, et dans lequel il affirmait être « probablement confronté à la plus grande menace existentielle de son histoire vieille de 16 siècles ». Un nouveau communiqué faisant suite aux nombreuses agressions subies par la communauté et à la volonté de juifs ultra-orthodoxes de s’approprier, par la force et en toute illégalité, une partie significative du quartier arménien de la ville, et propriété historique de l’Église arménienne. Des tentatives répétées qui se font avec la complicité des forces de police israéliennes, qui n’arrêtent jamais les juifs radicaux coupables, mais arrêtent les chrétiens qui essaient de se défendre…

    Le récent communiqué publié par le Patriarcat arménien de Jérusalem est d’ailleurs fort révélateur du drame que vivent les chrétiens dans les territoires sous contrôle israélien, que cela soit en Israël même, ou en Palestine occupée. Un drame qui se manifeste notamment à Bethléem, berceau du christ et ville historiquement chrétienne, mais où les chrétiens ne représentent plus qu’environ 15 % de la population, alors qu’ils en constituaient l’écrasante majorité en 1948, à la création d’Israël (environ 85 %). Ainsi, force est de constater que quelques décennies seulement de présence israélienne en Palestine historique (marquée par l’épuration ethnique, puis par une occupation cruelle, étouffante et meurtrière) ont suffi à déchristianiser presque entièrement la ville de Bethléem, alors que les 12 siècles de domination musulmane de la région n’avaient jamais remis en cause le statut chrétien de la ville. Par ailleurs, et en ce qui concerne le christianisme arménien, il convient de rappeler qu’Israël refuse toujours de reconnaître le génocide arménien, perpétré par la Turquie à partir de 1915… dans une région pourtant géographiquement très proche. 

    Israël est le seul pays au monde où les chrétiens se font cracher dessus. Et de surcroît, de manière régulière et en toute impunité.

    En Israël, de nombreux rabbins, y compris parmi les plus hautes autorités religieuses du pays, affirment publiquement et en toute impunité que les non-juifs (« goyim » en hébreu) ont vocation à servir les juifs, allant même parfois jusqu’à développer des théories raciales affirmant la supériorité juive. Ainsi, le grand rabbin Yitzhak Yosef, un des deux grands rabbins du pays, aux côtés du grand rabbin ashkénaze, déclara en mars 2016 que les non-juifs ne pouvaient rester en Israël que pour servir les juifs. Des propos venant quelques années après ceux tenus par un de ses prédécesseurs, le grand rabbin Ovadia Yosef, qui avait déclaré, en octobre 2010, que « les non-juifs n’ont de place dans le monde que pour servir le peuple d’Israël ».

    Ces différents propos tenus par les plus hautes autorités religieuses du pays ne font que venir en appui aux discours ouvertement racistes et violents de nombreux autres rabbins, dont certains légitiment, en toute impunité, l’utilisation de la force pour chasser les non-juifs de Terre sainte, ou encore, le meurtre à titre préventif des bébés non juifs de certains pays (comme dans le livre « La Torah du roi », publié en 2010 et soutenu par de nombreux rabbins). Par ailleurs, certains d’entre eux dispensent leur « enseignement religieux » dans des écoles publiques ou privées, ainsi que dans de prestigieuses institutions, comme l’académie pré-militaire Bnei David, située dans la colonie d’Eli, en Cisjordanie occupée. 

    En effet, et concernant cette académie, qui s’enorgueillit d’avoir formé et placé des centaines d’officiers à des postes de combat supérieur dans l’armée israélienne, des enregistrements diffusés en 2019 ont permis de divulguer les propos tenus par des rabbins pendant leur cours, en l’occurrence le rabbin Eliezer Kashtiel (qui dirige aussi l’académie) et le rabbin Giora Redler. On y voit notamment le premier déclarer à ses élèves, futurs militaires et autres agents de sécurité en Israël et en Palestine occupée, que les Arabes (les chrétiens et les musulmans d’Israël et de Palestine) « sont génétiquement déficients et devraient être nos esclaves. Les Juifs sont la race supérieure », avant d’ajouter « Il y a des races dans le monde et les peuples ont des caractéristiques génétiques, les Juifs sont une race qui réussit mieux » (pourtant, les écoles chrétiennes d’Israël, dont environ 40% des élèves sont musulmans, affichent globalement de meilleurs résultats que les écoles juives, et malgré d’assez faibles financements…).

    Des convictions partagées par le second rabbin, qui affirmait de son côté à ses étudiants qu’Adolf Hitler « était la personne la plus correcte et la plus juste qu’il n’y ait jamais eu, et tout ce qu’il a dit était vrai… il était juste du mauvais côté ». Ce rabbin professeur légitime donc les théories raciales nazies développées par Hitler et la politique génocidaire mise en œuvre, en regrettant simplement qu’il ait fait « l’erreur » d’inclure les juifs parmi les populations à persécuter et à exterminer. 

    Israël est le seul pays au monde où des autorités religieuses défendent publiquement des théories raciales (à ne pas confondre avec les propos stigmatisants et plus ou moins racistes que l’on peut parfois entendre ailleurs), et le seul pays au monde où des autorités religieuses légitiment l’esclavage des minorités religieuses. Et le tout, en totale impunité…Par ailleurs, il est à noter que ces différents rabbins se rendent librement dans les pays occidentaux, où ils vont régulièrement faire des conférences à l’attention de la partie sioniste des communautés juives de ces pays, et notamment dans les écoles.

    Pendant de nombreuses années, les femmes juives éthiopiennes ont été obligées par les autorités israéliennes, et à leur insu, de se soumettre à une contraception durable, afin de pouvoir s’installer dans le pays. Cette contraception, par injection, qui commençait en Éthiopie et se renouvelait tous les trois mois après leur arrivée en Israël, leur était présentée comme un vaccin qu’elles devaient impérativement prendre afin d’avoir le droit de faire leur alyah, puis de bénéficier d’aides sociales et de soins médicaux. 

    Les différentes études mettant en évidence un déficit considérable de fécondité chez les femmes noires (dont une, réalisée en 2008, qui avait constaté qu’une seule des cinquante femmes suivies au cours des trois dernières années avait eu un enfant) ont commencé à susciter des interrogations et des polémiques, jusqu’à l’abolition de cette pratique début 2013, qui ne concernait que les femmes noires venues s’installer en Israël. Au niveau mondial, le dernier pays à avoir mis en place une politique de stérilisation forcée des Noirs était l’Allemagne nazie, dans les années 1930. 

    Parallèlement à cela, les autorités israéliennes interdirent discrètement aux établissements de santé de collecter du sang auprès des résidents noirs du pays (près de 2 % de la population, très majoritairement des juifs d’origine éthiopienne), qu’elles considéraient comme étant porteur de nombreuses maladies (un argument injustifié étant donné que tout sang humain est potentiellement contaminé, d’où les analyses systématiquement pratiquées). Dans de nombreux cas, le sang des Noirs israéliens qui se présentaient pour faire un don était collecté avant d’être discrètement jeté, tandis que dans d’autres cas, les donneurs se faisaient directement refouler (comme ce qui arriva en 2013 à une femme politique noire, arrivée en Israël à l’âge de trois ans et à laquelle une responsable de l’équivalent local de la Croix-Rouge, le Magen David Adom, avait simplement dit, comme le révéla un enregistrement vidéo : « selon les directives du Ministère de la santé, il n’est pas possible d’accepter le sang spécial d’origine juive éthiopienne »).

    Ce n’est qu’en juillet 2017, et après de nombreuses mobilisations, qu’a été levée l’interdiction de collecter du sang auprès des Noirs d’Israël. Toutefois, et compte tenu du fait que le racisme demeure très profondément ancré dans la société israélienne, et de la faible crédibilité des autorités israéliennes dans bien des domaines, rien ne permet d’affirmer avec certitude que le sang des Noirs israéliens ne continue pas à être discrètement détruit.

    En Israël, les Noirs sont souvent victimes d’agressions verbales, voire physiques, ainsi que d’une répression policière dont la brutalité se rapproche de celle subie par les chrétiens et les musulmans du pays. À titre d’exemple, la ville de Tel-Aviv avait connu une émeute raciste en mai 2012 lorsque des centaines de juifs « blancs », qui assistaient à un rassemblement politique, ont déferlé dans les rues du quartier Hatikva pour agresser des Noirs pris au hasard (insultes, coups, crachats…) et vandaliser des commerces tenus par des membres de cette communauté. La situation était si dangereuse qu’un groupe d’ambassadeurs de pays africains s’était plaint au ministère des Affaires étrangères d’Israël, en faisant part de la crainte des diplomates de marcher dans la rue.

    Ces agressions, demeurées totalement impunies, et précédant de quelques jours les propos du ministre de l’Intérieur israélien de l’époque, Eli Yishai, qui avait affirmé qu’Israël « appartient à l’homme blanc », avaient eu lieu à un moment où le pays recevait des immigrés clandestins en provenance d’Afrique (avant que l’installation d’une clôture métallique et électronique, le long de la frontière avec l’Égypte, ne réduise drastiquement le nombre de passages). Pourtant, les autorités israéliennes faisaient déjà preuve d’une grande fermeté à l’égard des immigrés africains, comme en atteste le fait qu’elles n’acceptaient en moyenne qu’environ cinq demandes d’asile par année, soit toujours entre 0,15 % et 0,5 % du total des demandes. Certes, tous les pays du monde ont le droit légitime de définir le nombre de personnes étrangères qu’ils souhaitent recevoir sur leur sol. Toutefois, force est de constater que même les pays riches ayant la politique migratoire la plus restrictive, accordent tout de même le droit d’asile à au moins quelques dizaines de personnes par année, voire quelques centaines, à l’exception des pays du Golfe. En n’accordant qu’environ cinq réponses favorables par année, comme cela est toujours le cas aujourd’hui, une douzaine d’années plus tard, et en rendant très difficile l’installation de travailleurs africains, extrêmement peu nombreux, Israël est le pays au monde à avoir la politique la plus hostile à l’égard des Noirs. 

    Ce racisme, dont ont également fait preuve certaines écoles et crèches juives, qui refusaient jusqu’à encore très récemment d’accueillir des enfants noirs israéliens (en justifiant publiquement leur décision par le fait qu’ils seraient « bruyants » ou poseraient des « problèmes d’hygiène »), est favorisé par certaines des plus hautes autorités religieuses juives du pays, qui vont même parfois jusqu’à nier l’appartenance des Noirs à l’espèce humaine. En effet, le grand rabbin sépharade d’Israël Yitzhak Yosef avait publiquement assimilé, en mars 2018, les enfants noirs à des singes, tout en qualifiant leurs parents de nègres (« kushim » en hébreu, et comme l’avait fait le grand rabbin ashkénaze David Lau en 2013, au sujet des joueurs afro-américains évoluant dans le championnat israélien de basket). Des propos qu’il avait tenus lorsqu’il répondit, à une question sur la bénédiction des enfants noirs : « Il faut que ce soit un enfant dont la mère et le père sont blancs, car si vous savez que cet enfant singe est ainsi venu à eux, alors vous pouvez lui donner une bénédiction car c’est une créature différente ». Ainsi, l’un des deux grands rabbins d’Israël considère que les enfants noirs sont des singes, et que le seul moyen pour eux de devenir des êtres humains est d’être élevés par des parents blancs. À défaut, ils resteront des singes, et engendreront à leur tour des singes…

    Israël est le seul pays au monde où les plus hautes autorités religieuses développent publiquement des théories raciales, notamment en considérant que les Noirs sont des singes.

    La société israélienne étant majoritairement constituée de suprémacistes juifs, religieux ou non, la majorité des femmes juives israéliennes approuve les discriminations à l’égard des chrétiens et des musulmans du pays, voire aussi à l’égard des juifs noirs. Pourtant, celles-ci sont également victimes de discriminations, comme dans les cas relevant du statut personnel. En effet, il n’y a pas de séparation entre la religion et l’État en Israël, et les affaires relevant du statut personnel, comme le mariage, le divorce, la garde des enfants et la pension alimentaire, sont traitées par des tribunaux religieux en fonction des lois de la religion des personnes concernées (il y a donc des tribunaux rabbiniques, pour les juifs, des tribunaux pour les chrétiens et d’autres pour les musulmans). 

    Par conséquent, et pour les femmes juives, qui représentent environ 80 % de la population féminine du pays, seul l’époux a le droit d’accorder le divorce, et ce, quels que soient les arguments présentés par l’épouse. Une situation dont profitent de nombreux hommes afin de conditionner le divorce à l’obtention d’avantages, comme le non-versement de la pension alimentaire, le non-partage des biens, l’octroi d’une forte somme d’argent, ou encore, dans certains cas, l’abandon de toute plainte pour violences familiales (cas des femmes battues).

    S’il peut arriver que les tribunaux rabbiniques penchent en faveur de l’épouse, en essayant de pousser l’époux, dit « récalcitrant », à accorder l’acte de divorce (le « guet », à travers différentes sanctions, mais rarement importantes), celui-ci demeure le seul à pouvoir accepter le divorce, et peut donc bloquer son épouse autant de mois ou d’années qu’il le souhaite, jusqu’à obtention des avantages réclamés. Ainsi, ce sont aujourd’hui environ 20 % des femmes juives d’Israël qui sont dites enchaînées (les « Agounot »), pour des durées plus ou moins longues. Une situation aux conséquences désastreuses pour ces femmes, qui, tant qu’elles le sont, ne peuvent se remarier et refaire tranquillement leur vie (alors que les hommes peuvent se remarier dans les cas extrêmement rares où l’épouse oserait refuser le divorce). En effet, toute nouvelle relation amoureuse serait considérée comme un adultère, passible de poursuites judiciaires, et tout enfant qu’elles auraient serait considéré par la loi israélienne comme illégitime. Avec, là aussi, des conséquences dramatiques pour ses enfants innocents, qui n’auront le droit, une fois adultes, de n’épouser que des personnes elles-mêmes conçues de manière « illégitime » (ce qui, de facto, équivaut à une quasi-interdiction de se marier). Même dans l’Afghanistan des Talibans, les enfants n’ont pas à payer pour les erreurs, ou supposées telles, de leurs parents.

    Et la situation est encore plus dramatique au sein des communautés ultra-orthodoxes, de plus en plus importantes dans le pays, où les tribunaux rabbiniques soutiennent presque toujours l’époux, même s’il a commis des actes condamnables, et empêchent souvent la femme de se défendre contre les accusations farfelues et mensongères portées à son égard (par exemple, en refusant des tests sanguins pour détecter d’éventuelles traces de drogues). Par ailleurs, les tribunaux rabbiniques ultra-orthodoxes font également preuve d’une grande hostilité à l’égard des femmes qui souhaitent quitter leur milieu religieux pour vivre ailleurs en Israël, et auxquelles ils interdisent parfois totalement de voir leurs enfants. Un cas particulièrement émouvant, cité dans un documentaire réalisé en 2016 et intitulé « Israël sous la pression des ultras » (diffusé par la chaîne cryptée française Canal+, à l’audience négligeable), est celui d’une jeune femme trentenaire, déjà mère de six enfants, ne souffrant d’aucune addiction, et à qui la justice israélienne a interdit définitivement de voir ses enfants, même sous conditions (présence d’une tierce personne, respect d’un certain code vestimentaire…). Même dans l’Afghanistan des Talibans, pareille cruauté n’existe pas. 

    En Israël, de plus en plus de femmes sont obligées de s’asseoir à l’arrière des bus, et dans un nombre grandissant de cas, elles n’ont même pas le droit de monter à bord. Théoriquement, aucune discrimination n’est permise dans les transports publics israéliens, et les femmes ont la possibilité de s’asseoir où elles le souhaitent. Cependant, dans les bus desservant uniquement les quartiers ultra-orthodoxes, qui représentent désormais 13 % de la population israélienne, et 16 % de la population juive du pays (une part qui ne cesse d’augmenter grâce à une forte natalité), les femmes sont contraintes de se mettre à l’arrière du bus, et l’acceptent parfaitement, en général (à défaut de quoi, elles s’exposeraient à des réactions assez violentes). Et pour ce qui est des lignes de bus ne desservant pas uniquement des quartiers religieux, un nombre grandissant de chauffeurs, et en particulier lorsque quelques religieux se trouvent dans le bus, obligent les femmes à s’asseoir à l’arrière (tout en exigeant qu’elles s’habillent d’une certaine manière). Pire encore, certains chauffeurs refusent même, désormais, de prendre des femmes à bord, voire carrément de s’arrêter lorsqu’ils constatent qu’il n’y a que des femmes à l’arrêt de bus. 

    Ces dérives, qui se multiplient, et sont régulièrement dénoncées par différentes associations, ne sont jamais réellement sanctionnées, compte tenu du poids démographique et politique grandissant des fanatiques religieux juifs en Israël. Un fanatisme croissant qui se traduit notamment, de plus en plus, par des entrées différentes pour les hommes et les femmes à certains supermarchés, bureaux de poste ou cabinets médicaux, par des cours séparés à l’université (validés en juillet 2021 par la Cour suprême), ou encore par l’interdiction aux femmes soldats de chanter avec les hommes.

    La mise à l’écart des femmes dans la société se manifeste également dans le domaine de la publicité, à travers l’effacement du visage des femmes ou des fillettes dans les affiches publicitaires de la partie grandissante du territoire israélien peuplée d’ultra-orthodoxes (dans certains cas, seul le bras demeure, comme cela s’est déjà produit pour une publicité de sacs à main). Des conditions auxquelles s’adaptent les agences publicitaires, soucieuses de ne pas voir leurs affiches être détruites, en toute impunité. Par ailleurs, les femmes israéliennes sont de moins en moins capables de défendre leurs droits, à cause du poids grandissant des partis politiques religieux, dont certains interdisent d’ailleurs aux femmes, et de facto en toute légalité en Israël, d’être candidates sur leur liste aux élections !

    Les discriminations contre les femmes, qui pour beaucoup d’entre elles n’existent dans aucun des quatre pays voisins, et rarement ailleurs dans le monde, atteignent un tel niveau qu’Israël a été classé en 2023 à la toute dernière position des pays de l’OCDE en matière d’égalité hommes-femmes, en arrivant à la 38e position sur les 38 pays membres de l’organisation (dont l’acceptation de l’adhésion d’Israël, en 2010, compte tenu des dix points précédemment cités et de l’effroyable et sanguinaire occupation de la Palestine, est plus que surprenante…).

    Malgré la persécution des minorités religieuses et ethniques qui se déroule en Israël, pays le plus raciste et ségrégationniste de la planète, et l’hostilité grandissante envers les femmes, une grande majorité des populations occidentales, et surtout celles des principales puissances, les plus ciblées par la propagande (États-Unis, France, Royaume-Uni et Allemagne), ne sait pratiquement rien de la véritable nature d’Israël. Une incroyable ignorance due à une terrible censure et à une intense propagande pro-israélienne pratiquées par de nombreux médias de masse, et en particulier par les chaînes de télévision (seule source d’information pour une bonne partie de la population), qui présentent le pays comme le défenseur des valeurs humanistes et démocratiques de l’Occident, et comme un paradis pour les minorités chrétiennes historiques, entouré de pays qui seraient peuplés par de quasi barbares.

    Une terrible manipulation, qui dissimule non seulement les pratiques d’Israël sur son propre territoire, mais également celles en Palestine occupée. Un territoire qui ne représente que 22 % de la Palestine historique (dont Israël contrôle déjà 78 % de la superficie depuis 1967), et qui souffre d’une des occupations les plus cruelles de l’histoire, visant à l’élimination progressive du peuple palestinien, et se traduisant notamment par les quelques points suivants, parmi tant d’autres :

    – l’accaparement d’environ 85 % des ressources en eau de la Palestine (fluviales, souterraines et pluviales) et de la quasi-totalité des meilleures terres agricoles (accompagné d’agressions régulières et totalement impunies par les colons israéliens, contre les Palestiniens qui essaient de cultiver leurs terres) ;

    – la quasi-interdiction de collecter l’eau de pluie sur près de 60 % du territoire (la zone C de Cisjordanie), avec destruction régulière des citernes mises en place par les Palestiniens (alors que les colons israéliens peuvent en installer où ils veulent, quand ils veulent, et autant qu’ils veulent) ;

    – la quasi-interdiction d’obtenir de nouveaux raccordements à l’électricité et à l’eau sur près de 60 % du territoire palestinien (alors que les colons israéliens nouvellement installés y sont immédiatement raccordés) ;

    – l’interdiction du regroupement familial pour les Palestiniens ayant épousé une personne étrangère (alors que les colons israéliens ont le droit de faire venir de l’étranger autant de personnes qu’ils souhaitent pour s’installer en Palestine occupée) ; 

    – l’Interdiction pour les Palestiniens de Gaza de s’installer en Cisjordanie, et donc l’impossibilité d’y vivre en couple avec un ou une compatriote ;

    – la quasi-interdiction pour les Palestiniens de Gaza de visiter la Cisjordanie ou de voyager à l’étranger, et les très fréquentes interdictions de voyage pour les Palestiniens de Cisjordanie (qui, par ailleurs, souffrent de la quasi-interdiction d’utiliser les aéroports israéliens, ce qui leur complique considérablement la tâche) ;

    – la terrible fragmentation des zones partiellement administrées par les Palestiniens en Cisjordanie en une multitude de petits territoires (semblables aux bantoustans pendant l’apartheid en Afrique du Sud), séparés par des routes permettant aux colons israéliens de se déplacer aisément entre les colonies ;

    – le cauchemar des déplacements pour les Palestiniens de Cisjordanie, avec non moins de 175 points de contrôle militaires permanents et plusieurs dizaines de barrages routiers temporaires, pour un territoire aussi petit qu’un département français, et plus petit que le minuscule État américain du Delaware. Les déplacements sont donc un véritable cauchemar quotidien pour les Palestiniens, qui doivent souvent passer plusieurs heures par jour pour ne faire que quelques kilomètres seulement (ce qui les empêche parfois de cultiver correctement leurs petites parcelles de terre… qui sont ensuite déclarées abandonnées par l’occupant israélien et ses colons) ;

    – et bien sûr, les nombreuses attaques, agressions et assassinats commis par les colons et l’armée israélienne, et en toute impunité (alors que les Palestiniens qui osent se défendre sont immédiatement arrêtés par l’armée et emprisonnés sans procès).

    Par ailleurs, la guerre actuelle menée par Israël à Gaza, depuis le 7 octobre 2023, est une nouvelle illustration de la cruauté israélienne et de la censure dont elle bénéficie en Occident, et notamment en France où les chaînes de télévision, y compris celles d’information en continu, dissimulent un grand nombre de faits marquants (les médias à destination de la population française ne devant pas être confondus avec les médias français destinés au reste du monde, qui ne peuvent se permettre de pratiquer la censure, crédibilité internationale oblige). Et ce, comme par exemple, le fait que les bombardements de l’armée israélienne aient tué, dès le premier mois, autant de civils que le conflit russo-ukrainien lors de ses 12 premiers mois (ce qui démontre d’une part, et indépendamment de ce que l’on peut penser de la guerre en Ukraine, l’incontestable retenue de la Russie, et d’autre part, l’incontestable sauvagerie israélienne), le fait qu’aucun autre conflit n’ait jamais causé, et de loin, la mort d’autant d’employés de l’ONU (145 employés tués pas les frappes israéliennes sur leur lieu de travail ou de résidence, au bout de seulement trois mois), ou encore le fait qu’aucun autre conflit de l’histoire, et de loin là aussi, n’ait causé la mort d’autant de journalistes (72 déjà tués par Israël à Gaza au bout de trois mois, dont plusieurs volontairement ciblés par l’armée israélienne selon les accusations documentées de différentes organisations internationales de journalistes). 

    Et parmi les survivants, nombreux sont ceux ayant perdu une bonne partie de leurs proches. Et notamment les deux cas particulièrement émouvants de deux journalistes de la grande chaîne internationale d’information Al-Jazeera, l’un ayant perdu 22 membres de sa famille, et l’autre, dénommé Wael Al-Dahdouh et chef du bureau de la chaîne à Gaza, ayant perdu sa femme, un fils, une fille et un petit fils lors d’une première frappe israélienne (et dont il avait appris la mort en direct, le 25 octobre), avant d’être lui-même blessé par une nouvelle frappe israélienne le 15 décembre (ayant entrainé son hospitalisation et la mort d’un confrère journaliste), puis de perdre un autre fils lors d’une troisième frappe, le 07 janvier, et encore deux neveux le lendemain. Et après chacun de ces drames, ce journaliste reprenait dès le lendemain son activité journalistique afin de témoigner au reste du monde de l’horreur de cette guerre. Un exemple qui résume à lui seul la tragédie et la résistance du peuple palestinien, et un modèle d’héroïsme salué par de nombreux dirigeants à travers le monde et relayé par de nombreuses chaînes de télévision… mais que les populations des grands pays occidentaux n’ont pas le droit de connaître (à l’inverse, il est presque certain que tous les Occidentaux connaîtraient son histoire s’il s’agissait d’un journaliste israélien …).

    Et parallèlement à cette terrible censure, tout est fait pour faire croire qu’Israël bénéficie du soutien de la grande majorité de la communauté internationale, à l’exception des pays arabes et musulmans qui seraient, bien sûr, les seuls à ne pas le soutenir. Ainsi, aucune des chaînes de télévision française, y compris parmi les chaînes d’information en continu (et malgré les milliers d’heures d’antenne accumulées), n’a fait mention des déclarations de la Chine et de la Russie faisant porter, dès le début du conflit, l’entière responsabilité de la guerre à l’occupation israélienne, des déclarations du chef de l’ONU rappelant que le conflit tire son origine dans l’occupation israélienne étouffante et multidécennale, de celles du président du Venezuela parlant de génocide, de celles du président colombien parlant également de génocide et qualifiant de nazis les propos tenus par certains hauts responsables israéliens, du soutien total apporté par l’ANC de Nelson Mandela au Hamas et sa condamnation de l’apartheid israélien, de l’invitation de hauts responsables du Hamas à la commémoration du dixième anniversaire de la disparition de Nelson Mandela, (le 05 décembre dernier), de la saisie de la Cour internationale de justice (CIJ) par de nombreux pays afin d’enquêter sur les crimes de guerre commis par Israël (Mexique, Chili, Bolivie, Afrique du Sud, Djibouti, Bangladesh…), de la rupture totale ou partielle des relations diplomatiques avec Israël par un certain nombre de pays d’Amérique latine, ou encore de la plainte déposée contre Israël à la CIJ par Reporters sans frontières (une organisation pourtant française), pour crimes de guerre contre des journalistes. Une triste réalité qui traduit, au passage, une cassure et un fossé de plus en plus grands entre la France et la majeure partie des mondes latin et francophone, et plus globalement entre la chrétienté occidentale et celle, très majoritaire, du reste du monde chrétien.

    Et même lorsque se déroula, les 11 et 12 janvier 2024, un évènement international majeur avec les audiences tenues à la CIJ suite à une plainte déposée contre Israël pour actes de génocide, par l’Afrique du Sud (qui n’a jamais oublié le soutien jusqu’au-boutiste d’Israël en régime d’apartheid sud-africain, dont elle s’est largement inspirée pour administrer la Palestine occupée et son propre territoire), et venant après la censure totale de tant d’autres informations par les chaînes de télévision françaises, la quasi-totalité de celles-ci, publiques ou privées, ne firent aucune mention de cet événement historique relayé par toutes les chaînes de télévision du monde… sauf dans certains grands pays occidentaux. Ainsi, et à titre d’exemple, la présentatrice du journal télévisé de France 2, première chaîne de télévision publique en France, a préféré parler d’un bombardement russe en Ukraine n’ayant fait aucun mort (mais seulement des blessés), passant totalement sous silence les audiences à la CIJ, et les près de 300 Palestiniens massacrés par Israël pendant ces deux jours… Une censure digne des pays totalitaires, et qui rappelle notamment celle de l’Union soviétique, dont les habitants ne découvraient parfois certains événements majeurs que quelques années plus tard…

    Et dans le même temps, la propagande sioniste et ses relais médiatiques et politiques occidentaux aiment à présenter l’armée israélienne comme étant l’une des plus morales du monde, voire même la plus morale d’entre toutes, alors qu’il s’agit en réalité d’une des armées les plus immorales et inhumaines de la planète, et constituée d’une partie grandissante de soldats ayant été formés par des établissements religieux ou pré-militaires leur ayant enseigné des théories raciales, la supériorité juive et la légitimité d’asservir les non-juifs. Une immoralité qui se manifeste, donc, à nouveau, avec les effroyables massacres de Gaza, avec l’utilisation inhumaine de l’intelligence artificielle (caractérisée, comme l’ont révélé certaines fuites, par la quasi-non prise en compte du nombre des victimes civiles dues aux bombardements programmés par cette intelligence – qu’Israël avait déjà été la première au monde à utiliser à des fins militaires, lors des bombardements de Gaza en 2021), avec les chants de soldats israéliens se réjouissant d’avoir fait du « kebab » avec la population de Gaza, avec la destruction au bulldozer d’une quinzaine de cimetières, ou encore avec l’assassinat, par un tireur d’élite israélien, de deux femmes chrétiennes, une mère et sa fille, qui se trouvaient paisiblement dans la cour de la seule église catholique de Gaza, et lieu de refuge pour de nombreuses familles, le 16 décembre dernier.

    Un double assassinat, demeuré impuni, comme toujours, et qui rappelle celui de la journaliste chrétienne mondialement connue d’Al-Jazeera, Shireen Abu Akleh, volontairement ciblée par l’armée israélienne le 11 mai 2022 (comme l’ont démontré les enquêtes indépendantes menées sur le sujet), et venant s’ajouter aux dizaines d’autres assassinats de journalistes commis par l’armée israélienne, qui font d’Israël l’assassin numéro un de journalistes dans le monde. Une armée, dont l’une des principales missions est de défendre l’État le plus raciste et ségrégationniste au monde, et de perpétuer la cruelle occupation de la Palestine, mais qui reçoit chaque année des armes occidentales ainsi qu’un certain nombre de jeunes sionistes vivant en Occident, et choisissant volontairement d’effectuer leur service militaire en Israël… avant de retourner dans leur pays de résidence et de reprendre, en toute impunité, leur activité professionnelle ou leur parcours universitaire.

    La désinformation pro-israélienne atteint désormais un tel niveau en France, que la chaîne Al-Jazeera a même réalisé un reportage inédit de sept minutes, diffusé le 04 décembre 2023 et intitulé « Comment les médias français ont rendu les Palestiniens invisibles ». Un reportage dans lequel elle révélait l’ampleur de la désinformation pro-israélienne et de la manipulation de la population française par les chaînes de télévision, qui censurent de nombreuses données, relaient systématiquement la propagande et les mensonges israéliens (comme ceux des quarante bébés décapités, de l’utilisation des hôpitaux comme centres de commandement par le Hamas, ou encore, probablement, des viols de masse – Israël venant de refuser toute enquête internationale sur le sujet, qualifiant même l’ONU d’organisation « antisémite », comme d’habitude…). Et ce, tout en interdisant presque d’antenne les Palestiniens et autres défenseurs de la justice et du droit international (dont, notamment, les experts régionaux, libanais ou égyptiens, chrétiens ou musulmans), au profit des seuls « experts » géopolitiques ou militaires et des seuls responsables politiques ou associatifs pro-israéliens, sionistes ou israéliens. Et notamment les membres du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), une organisation qui se présente comme la représentante des juifs de France, mais qui n’est en réalité, comme l’AIPAC aux États-Unis, qu’une organisation au service des intérêts exclusifs d’Israël, dont elle soutient totalement l’occupation de la Palestine et la politique d’apartheid, tout en œuvrant activement à imposer au peuple français une terrible censure en la matière. Le tout, sans la moindre considération pour les intérêts de la France, bien secondaires à ses yeux, car plaçant toujours Israël « über alles ».

    La censure est telle, que même les Français de confession juive qui ne soutiennent pas la politique raciste d’Israël et son occupation de la Palestine, comme les responsables de l’Union juive française pour la paix (UJFP), ne sont jamais invités sur les plateaux des chaînes de télévision, qui les interdisent d’antenne.

    Et pendant ce temps, les grands médias français, et plus globalement occidentaux, ne cessent de marteler, étrangement, qu’Israël « a le droit de se défendre », suite à l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023. Une affirmation assez surprenante, émanant presque des seuls pays occidentaux, et en contradiction avec un principe fondamental selon lequel toute puissance occupante, agressante et annihilante, n’a guère le droit de se défendre. Ceci est une vérité universelle, une constante éternelle… et encore plus dans le cas d’Israël, État le plus raciste et ségrégationniste au monde, qui n’a jamais rien apporté de bon aux Palestiniens, et qui pratique une des occupations les plus cruelles de l’histoire de l’humanité.  Par ailleurs, et même s’il arrive parfois aux peuples opprimés de commettre, en réaction, des actes condamnables, il convient de rappeler que l’attaque du Hamas a causé un nombre de victimes civiles (environ 800, auxquels d’ajoutent près de 330 soldats tués) plusieurs dizaines de fois inférieur à celui causé par la destruction de Dresde, du 13 au 15 février 1945, lorsque Churchill et Roosevelt avaient sciemment massacré la population de cette ville non stratégique, uniquement dans le but de terroriser le peuple allemand et de le pousser à ne plus soutenir le régime nazi. Une terrible boucherie qui fit au moins 35 000 morts (voire plus de 100 000 selon certaines sources). Pourtant, force de constater que ni Churchill ni Roosevelt, ni leurs gouvernements respectifs, n’ont été qualifiés de terroristes. Ni pendant les faits, ni aujourd’hui, 80 ans plus tard. Cependant, et malgré la persécution des minorités religieuses et ethniques (et de plus en plus des femmes), et l’effroyable occupation de la Palestine, aucune sanction n’a jamais été décidée contre Israël. Un pays qui continue à siéger tranquillement au sein des différentes organisations internationales (politiques, économiques, culturelles et sportives – bien que n’adhérant à aucune des valeurs du sport de l’olympisme), de bénéficier d’accords commerciaux pour écouler librement ses marchandises, et dont les ressortissants continuent à pouvoir voyager sans entrave. Et même les plus fanatiques d’entre eux, comme les rabbins qui enseignent des théories raciales, ou les membres du gouvernement israélien qui nient, purement et simplement, l’existence d’un peuple palestinien (à l’instar du ministre des Finances, Bezalel Smotrich, lors de sa visite à Paris en mars 2023, et devant un public en liesse composé de membres du CRIF et de la partie sioniste de la communauté juive de France. Celui-ci s’était d’ailleurs exprimé devant un pupitre arborant la carte d’un Grand Israël qui englobait la totalité de la Jordanie…).  Pourtant, bien d’autres pays ont déjà été touchés par des sanctions, comme l’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid, ou encore la Russie après le début de la guerre en Ukraine. Une guerre qui a donc eu de nombreuses conséquences, comme l’arrêt d’une grande partie des échanges commerciaux entre l’Occident et la Russie, l’interdiction à tout citoyen russe de se rendre directement dans un pays occidental (touristes, professeurs, artistes, hommes d’affaires…), l’exclusion de la Russie de nombreuses compétitions internationales sportives, ou encore l’interdiction de participer au concours musical annuel de l’Eurovision… Un concours dont les organisateurs ne cessent de répéter aujourd’hui qu’il est hors de question d’exclure Israël (pays ségrégationniste, et puissance occupante ayant tué en un seul mois plus de civils à Gaza que la guerre russo-ukrainienne en une année entière), en martelant qu’il s’agit d’un événement totalement « apolitique ». Incroyable et monstrueux deux poids deux mesures…

    Déjà majoritairement composée de suprémacistes juifs, religieux ou non, qui représentent un peu plus de la moitié de la population totale du pays, la société israélienne va continuer à se radicaliser au cours des prochaines années et décennies, principalement pour des raisons liées à la montée en puissance démographique des ultra-orthodoxes, dont le nombre double environ tous les 20 ans. Ainsi, et grâce à une fécondité exceptionnelle de plus de six enfants par femme en moyenne (en passe de devenir la plus élevée au monde), et, dans une moindre mesure, à l’immigration d’extrémistes religieux venant principalement des États-Unis (où ils sont de plus en plus nombreux, et émigrerons davantage vers Israël), ces derniers représentent aujourd’hui 13 % de la population israélienne (et près de 20 % des élèves), après une hausse de 509 % entre 1977 et 2023, contre 135 % seulement pour le reste de la population. Et dans les prochaines décennies, ils devraient donc représenter près de 30 % de la population israélienne en 2060, puis près de 60 % à la fin du siècle. 

    Ainsi, la société israélienne sera de plus en plus contrôlée par les extrémistes religieux, qui s’attaqueront aux femmes et à toute forme de laïcité, instaurant progressivement une société assez semblable à celle de l’Afghanistan des Talibans (dont ils s’inspirent déjà, sur certains points, dans les zones qu’ils contrôlent actuellement). Par ailleurs, et avec les religieux non ultra-orthodoxes et les autres sionistes non religieux, la population juive d’Israël sera presque entièrement constituée de suprématistes juifs, qui aggraveront ensemble la persécution des chrétiens et des musulmans du pays (accélérant ainsi leur départ), et seront une source permanente de tension dans la région en raison des velléités dominatrices et expansionnistes de certains d’entre eux (notamment en matière de ressources naturelles, ou encore avec le projet du Grand Israël, qui engloberait, outre la Palestine, une partie de chacun des autres pays voisins).

    À moyen terme, la société israélienne sera si extrémiste et religieusement fanatique, que de nombreux Israéliens porteurs de valeurs humanistes ne se sentiront plus capables de vivre dans pareil environnement, et choisiront de s’exiler à l’étranger (renforçant ainsi encore davantage le poids des fanatiques). Certains d’entre eux iront refaire leur vie dans des puissances émergentes, tandis que beaucoup iront s’installer dans des pays occidentaux, et notamment ceux qu’avaient quittés leurs parents et grands-parents, faisant ainsi une sorte d’Alyah à l’envers. Mais cette émigration touchera également un certain nombre de sionistes non religieux, qui éprouveront aussi de la difficulté à vivre dans une société en grande partie contrôlée par les ultra-orthodoxes. Cependant, si l’afflux de juifs israéliens non suprématistes ne sera guère problématique pour leur nouveau pays d’accueil, où il s’assimileront rapidement et dont ils contribueront au dynamisme et à la prospérité (comme les membres de l’UJFP), il n’en sera pas de même pour les immigrés sionistes, qui utiliseront leurs positions (comme les membres du CRIF) pour arrimer leur nouveau pays de résidence à Israël, qu’ils placeront toujours au-dessus de tout, même au détriment des intérêts supérieurs du pays qui les accueille et qu’ils tireront ainsi vers le bas. 

    Encore assez épargnées par l’influence néfaste des lobbys sionistes, les puissances émergentes devront faire preuve de vigilance afin de ne pas reproduire les erreurs commises par les grandes puissances occidentales, où ces lobbys sont déjà extrêmement puissants et ravageurs (et dont le poids sera potentiellement renforcé par l’immigration future de sionistes israéliens). Et ce, comme il fut donc une nouvelle fois possible de le constater en France, avec les terribles censure et propagande pro-israéliennes au sujet du conflit israélo-palestinien, ou encore avec le fervent militantisme pro-israélien de la présidente de l’Assemblée nationale française, un des personnages clés de l’État et descendante d’immigrés juifs est-européens, Yaël Braun-Pivet. En effet, celle-ci avait publiquement déclaré son soutien inconditionnel à Israël, le 10 octobre, et outrepassé ses prérogatives en demandant à l’Assemblée nationale de faire de même, sans se soucier le moindre instant des conséquences dramatiques sur l’image et l’influence mondiales de la France, dont les intérêts ne sont, à ses yeux, que bien secondaires par rapport à ceux d’Israël (« Israël über alles »). 

    Une réalité qui s’est à nouveau confirmée onze jours plus tard, le 21 octobre, lorsque celle-ci se permit de se déplacer en Israël afin de réitérer publiquement son soutien inconditionnel à l’État hébreu, cruelle puissance occupante et État le plus raciste et ségrégationniste du monde, et ce, alors que celui-ci avait déjà massacré plusieurs milliers de Palestiniens, et en contradiction avec la position officielle de la Présidence française, qu’elle œuvra toujours à soumettre aux intérêts israéliens. Un voyage au cours duquel elle avait d’ailleurs choisi de se faire accompagner par les plus fanatiques des soutiens à Israël, comme le député franco-israélien et suprémaciste juif, Habib Meyer, qui s’efforce depuis de nombreuses années à défendre les intérêts exclusifs d’Israël, en contribuant notamment à la propagande et à la censure, et en soutenant l’occupation de la Palestine et l’élimination progressive du son peuple (dont il considère la présence comme religieusement illégitime en Palestine…).

    Ilyes Zouari Expert en géopolitique et en démographie. Chercheur indépendant.

    Source :  http://libnanews.com/israel-ou-la-persecution-des-chretiens-des-musulmans-des-noirs-et-des-femmes-en-10-points-stupefiants-occultes-en-occident/

  • Joe Gill-Ce que Frantz Fanon peut nous apprendre sur la guerre coloniale de l’Occident à Gaza

    Joe Gill-Ce que Frantz Fanon peut nous apprendre sur la guerre coloniale de l’Occident à Gaza

    L’analyse de l’écrivain pionnier de l’anticolonialisme est toujours d’actualité dans la guerre actuelle à Gaza. Les parallèles avec la guerre de libération de l’Algérie et la conduite de l’Occident aujourd’hui sont nombreux.

    Dans son ouvrage phare Les Damnés de la Terre, Frantz Fanon aurait pu parler de Gaza lorsqu’il affirme que « dans les luttes armées, il y a ce qu’on pourrait appeler le point de non-retour. C’est presque toujours la répression énorme englobant tous les secteurs du peuple colonisé qui le réalise. »

    En Israël, à Gaza et en Cisjordanie, ce point est atteint.

    Sur tous les fronts, de Gaza à la mer Rouge, l’Occident est désormais dévoilé comme une machine à tuer hors-la-loi, terrorisé à l’idée de perdre le contrôle de la situation. Le génocide, la famine et la guerre, défendus par un double langage diplomatique d’un niveau olympique, représentent ses seules réponses au fait que le Sud global et les nations du Moyen-Orient (sinon leurs dirigeants) ne veulent plus vivre sous l’hégémonie américaine.  

    Jean-Paul Sartre, dans sa préface à l’essai de Frantz Fanon, a écrit à propos du colonialisme occidental : « Notre machiavélisme a peu de prises sur ce monde fort éveillé qui a dépisté l’un après l’autre nos mensonges. Le colon n’a qu’un recours : la force, quand il lui en reste ; l’indigène n’a qu’un choix : la servitude ou la souveraineté. »

    Frantz Fanon était un penseur révolutionnaire et un psychiatre spécialiste du racisme colonial et de son impact psychique sur les colonisés et les colonisateurs. Avec Sartre, il écrivait sur la défaite imminente de la France en Algérie après sept années de guerre brutale.

    Il peut sembler absurde, quatre mois seulement après le début de cette guerre, de considérer que l’empire anglo-saxon mené par les États-Unis est lui aussi confronté à la défaite. Les guerres en Ukraine et à Gaza ont mis en évidence les limites de la puissance occidentale et son approche totalement hypocrite du droit international et des lois de la guerre. La Russie est accusée de crimes de guerre en Ukraine, tandis que la guerre génocidaire d’Israël à Gaza est soutenue par tous les moyens nécessaires, même face à la décision provisoire de la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye contre Israël pour son génocide en cours.

    À la suite de l’ordonnance historique de la CIJ, la décision prise par les États-Unis, le Royaume-Uni et une série de leurs alliés, principalement européens, de suspendre leur financement de l’agence pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) est une manœuvre éhontée visant à affamer les Palestiniens et à forcer le Hamas à se rendre, ce dernier étant proscrit comme groupe terroriste par les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Union européenne.

    Avec la suspension du financement de l’UNRWA – la principale structure d’aide aux Palestiniens – à la suite d’allégations israéliennes non prouvées, Israël pense avoir remporté un grand prix auprès de ses alliés occidentaux, ce qui ne fera qu’aggraver la situation catastrophique de la bande de Gaza.

    Si, en théorie, Israël et ses alliés ont un avantage écrasant sur le Hamas et ses alliés dans la région, compte tenu de la puissance de feu militaire et du terrorisme financier qui sont déployés contre ces derniers, la situation est moins rose qu’il n’y paraît pour l’axe occidental.

    Chacune de ces escalades mène à une conflagration générale s’étendant de la mer Rouge au Liban et à la mer Baltique. Ce n’est peut-être pas ce que souhaitent Joe Biden ou Rushi Sunak […]. Pourtant, toutes leurs actions nous entraînent dans cette direction

    Comme l’a récemment expliqué le macroéconomiste Philip Pilkington, le blocus imposé par les Houthis aux navires à destination d’Israël qui traversent la mer Rouge, depuis novembre, est le premier de l’histoire à être imposé sans la présence d’une marine militaire.

    Cette stratégie de résistance a changé la donne. Les États-Unis et leurs alliés y ont réagi en menant des frappes aériennes contre des cibles yéménites et en abattant des drones houthis. Plutôt que de reculer, la réponse du mouvement yéménite a été la défiance et la mobilisation massive de millions de ses partisans sur les boulevards de Sanaa et d’autres villes.

    Cela souligne un problème plus large, également mis en évidence par l’attaque de drone fin janvier contre une base américaine à la frontière entre la Syrie et la Jordanie. Les principales forces qui combattent les États-Unis et Israël sont des acteurs non étatiques hautement motivés, plutôt que les dictatures affaiblies que l’axe de l’empire occidental a attaquées par le passé.

    La force d’invasion du président américain George W. Bush a réussi à s’emparer de Bagdad en quelques semaines en 2003, déclarant la mission accomplie le 1er mai 2003 (mais sans parvenir à sécuriser le pays dans les années qui ont suivi). Il a fallu environ sept mois à l’OTAN pour traquer Mouammar Kadhafi en Libye, avant que les forces rebelles ne l’assassinent dans un fossé en 2011. En revanche, le Hezbollah, acteur non étatique, a tenu Israël en échec au Liban pendant plus d’un mois en 2006.

    Philip Pilkington, créateur du podcast Multipolarity, a également affirmé fin janvier que le soutien de l’Occident à l’Ukraine avait atteint un point critique, ce qui explique certains des discours les plus alarmistes émanant des capitales occidentales. « L’Occident se trouve actuellement dans une position très précaire. L’effort de guerre qui a mobilisé d’énormes ressources en faveur de l’Ukraine est sur le point de se désintégrer ».

    Les républicains aux États-Unis conditionnent un soutien accru à l’Ukraine à leurs appels en faveur d’une politique frontalière plus stricte, tandis que l’engagement européen de 50 milliards d’euros envers l’Ukraine risque de disparaître dans le trou noir budgétaire de Kyiv.

    « La situation politique aux États-Unis devient brûlante et s’oriente vers une crise constitutionnelle potentielle », écrit Philip Pilkington. « Et tout cela se déroule dans un contexte d’élections extrêmement controversées et déstabilisantes se profilant à l’horizon du pays en novembre prochain. »

    Au Royaume-Uni, des tensions entre le gouvernement conservateur de Rishi Sunak et le ministère de la Défense apparaissent également face à la stratégie britannique vis-à-vis de la guerre en Ukraine et des enjeux plus larges. Le chef d’état-major sortant, Sir Patrick Sanders, a même évoqué la perspective d’un retour de la conscription face à l’imminence d’un conflit mondial.

    Le discours du chef d’état-major était si critique à l’égard de la capacité militaire réduite du Royaume-Uni que le ministère de la Défense a refusé de le communiquer aux médias. Un attaché de presse a confirmé au groupe de médias britannique Sky que le discours de Sir Patrick Sanders « n’a[vait] pas été et ne sera[ait] pas » rendu public.

    Tobias Ellwood, ancien ministre britannique de la Défense et fervent partisan de la guerre, a déclaré à Sky qu’« il y a[vait] une atmosphère de 1939 dans le monde en ce moment ». Reflet d’une vision occidentale commune à travers le prisme de la défaite, il a ajouté : « Ces États autoritaires se réarment. Il y a une réticence de l’Occident à prendre des risques pour y faire face, et nos institutions internationales, telles que les Nations unies, ne sont pas en mesure de tenir ces nations dévoyées responsables. »

    Si Tobias Ellwood considère que l’Occident est réticent à prendre des risques, le reste du monde voit les États-Unis et leurs alliés se déchaîner, défier la CIJ, affamer les civils assiégés à Gaza et bombarder l’un des pays les plus pauvres de la planète.

    Les États-Unis et la Grande-Bretagne mènent une guerre en mer Rouge en frappant le Yémen pour contrer le blocus naval de ce dernier à l’encontre des navires liés à Israël. À la suite de ces frappes, les Houthis ont déclaré leur intention de prendre pour cible les navires britanniques et américains.

    Les responsables politiques britanniques et américains ont beau nier que les Houthis agissent en soutien aux Palestiniens de Gaza, c’est bien ainsi que le reste du monde voit les choses. Grâce aux réseaux sociaux, les déclarations des Yéménites ne peuvent pas être bloquées.

    Chaque jour apporte de nouveaux risques d’escalade. Les sénateurs américains exercent désormais des pressions sur le président Joe Biden pour qu’il attaque l’Iran, à la suite de la mort de trois soldats américains dans une base située en Jordanie à la frontière syrienne, lors d’une attaque de drone revendiquée par une milice irakienne.

    Par son soutien à l’Ukraine, et potentiellement même par son entrée en guerre, l’Occident prépare la Troisième Guerre mondiale. La Russie se bat à sa propre frontière et Poutine peut présenter la guerre comme un combat existentiel contre son ennemi éternel, l’Occident, que les Russes semblent actuellement en train de remporter.

    « Le colonisé […] rit un bon coup chaque fois qu’il se découvre animal dans les paroles de l’autre. Car il sait qu’il n’est pas un animal. Et précisément, dans le même temps qu’il découvre son humanité, il commence à fourbir ses armes pour la faire triompher »
    – Frantz Fanon

    Chacune de ces escalades mène à une conflagration générale s’étendant de la mer Rouge au Liban et à la mer Baltique. Ce n’est peut-être pas ce que souhaitent Joe Biden ou Rushi Sunak en cette année électorale, marquée par la lassitude des électeurs à l’égard de la guerre et par une majorité en faveur d’un cessez-le-feu à Gaza. Pourtant, toutes leurs actions nous entraînent dans cette direction.

    Les puissances occidentales sont impliquées dans des conflits à des milliers de kilomètres de chez elles, comme elles l’étaient à l’époque de Frantz Fanon en Algérie, au Congo et en Indochine. Aujourd’hui, la classe politique occidentale s’est ralliée à l’Ukraine et à Israël, mais pour des millions de personnes, ces guerres ne valent plus la peine d’être menées.

    Pour reprendre les termes du porte-parole des Houthis, Mohammed al-Bukhaiti : « La guerre d’aujourd’hui oppose le Yémen, qui lutte pour mettre fin aux crimes de génocide, à la coalition américaine et britannique [qui] soutient les auteurs de ces crimes. Chaque parti ou individu dans ce monde a deux choix sans troisième option… de quel côté vous tenez-vous en regardant ces crimes ? »

    Fanon, dans ses écrits il y a 63 ans, était de cet avis : « Le monde colonial est un monde manichéiste. […] Parfois ce manichéisme va jusqu’au bout de sa logique et déshumanise le colonisé. À proprement parler, il l’animalise. […] L’indigène est déclaré imperméable à l’éthique, absence de valeurs, mais aussi négation des valeurs. Il est […] l’ennemi des valeurs. En ce sens, il est le mal absolu. »

    « Le colonisé sait tout cela et rit un bon coup chaque fois qu’il se découvre animal dans les paroles de l’autre. Car il sait qu’il n’est pas un animal. Et précisément, dans le même temps qu’il découvre son humanité, il commence à fourbir ses armes pour la faire triompher. »

    Joe Gill

    – Joe Gill a vécu et travaillé en tant que journaliste à Oman, à Londres, au Venezuela et aux États-Unis, pour des journaux tels que le Financial Times, Brand Republic, Morning Star et le Caracas Daily Journal. Il a poursuivi des études de maîtrise en politique de l’économie mondiale à la London School of Economics. @gill_joe

    Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

    Traduit de l’anglais (original).

    Source : https://www.middleeasteye.net/fr/opinion-fr/ce-que-frantz-fanon-peut-nous-apprendre-sur-la-guerre-coloniale-occident-gaza

  • الطاهر المعز-متابعات، نشرة أسبوعية – العدد 58، بتاريخ 10فبراير 2024-

    الطاهر المعز-متابعات، نشرة أسبوعية – العدد 58، بتاريخ 10فبراير 2024-

    يتضمن العدد الثامن والخمسون من نشرة « متابعات » الأسبوعية فقرة عن مؤشرات منظمة فاو » لأسعار الأغذية لسنة 2023 وللشهر الأول من سنة 2024، وفقرة عن محاولة إنهاء مهام وكالة غوث وتشغيل اللاجئين الفلسطينيين – أنروا- كرد فعل أمريكي وصهيوني وأوروبي على قرار رمزي لمحكمة العدل الدّولية، وفقرة عن تجارة الأغذية المَوْصُوفَة ب »الحلال »، وهي من أكثر القطاعات الغذائية رِبْحِيّةً في العالم، وفقرة عن المعادن الثمينة والنادرة في إفريقيا، وفقرة عن عسكَرَة السياسة الخارجية الأمريكية، مع نموذجيْن لعَسْكَرة الدّبلوماسية في قارّتَيْ أوروبا وإفريقيا، وفقرة عن صفقة ضخمة لتجارة الأسلحة بين الولايات المتحدة والكيان الصهيوني في ذروة العدوان على الشعب الفلسطيني في جميع أماكن تواجده (غزة والضفة الغربية ولبنان والأراضي المحتلة سنة 1948  وسوريا) وفقرة عن بعض خصائص الإقتصاد الرأسمالي في الصين وفقرة عن الحرب التكنولوجية الأمريكية ضد الصّين، وفقرة عن استمرار الهيمنة الأمريكية في غياب أدوات جماعية للدّفاع عن الشعوب الواقعة تحت الإستعمار والإضطهاد…     

    تنشر منظمة الأغذية والزراعة التابعة للأمم المتحدة (فاو) مُؤَشِّرًا شهريًّا لأسعار ست مجموعات من الأغذية (الحبوب واللحوم والزيوت والسّكر والألبان ومشتقاتها والسلع الطازجة…) ويعتمد هذا المؤشر على أسعار أسواق الجملة على مستوى العالم، ما يجعل أسعار هذا المؤشر متناقضة مع أسعار الجملة وأسعار التجزئة على صعيد محلي وطني، ولا يعكس هذا المؤشر الأسعار التي يُسدّدها المواطنون (المُستهلكون) لشراء الغذاء، وبحسب هذا المُؤشر، انخفضت أسعار الأغذية سنة 2023 بنسبة 13,7% مقارنة بأسعار سنة 2022، ولم ترتفع سوى أسعار السّكّر، حيث يُستَخْدَمُ قصب السكر لإنتاج وقود الإيثانول…

    أما تقرير نهاية شهر كانون الثاني/يناير 2024 فيشير إلى انخفاض أسعار اللحوم (للشهر السابع على التوالي !!!) وأسعار الحبوب (خصوصًا القمح والذّرّة) ويُعلّل مُعدُّو التقرير انخفاض أسعار الحبوب (الذي يبقى افتراضيًّا للمُستهلكين) بارتفاع الإنتاج سنة 2023 إلى مستويات قياسية بلغت 2,836 مليار طنًّا، بزيادة 1,2% عن مستويات الإنتاج لسنة 2022،وارتفع إنتاج الحبوب ( خصوصًا القمح والأرز) في العديد من مناطق العالم: الولايات المتحدة وكندا والصين والهند وتركيا…   

    كان ردّ الفعل الصهيوني والأمريكي جاهزًا لمواجهة قرار محكمة العدل الدولية ( على هِناته وعلى محدوديته ) الرّمزي رغم الوقائع والوثائق والأدلّة التي تدعم تهمة الإبادة الجماعية والجرائم ضد الإنسانية، وتمثّل الرّد في تكثيف عمليات الإبادة والتخريب والتّهديم والتّجويع، وفي تصفية وكالة غوث وتشغيل اللاجئين الفلسطينيين (أونروا)، وهي وكالة تابعة للأمم المتحدة ذات ميزانية منفصلة لتوفير الحدّ الأدنى للاجئين الذين طُرِدُوا من وطنهم خلال حرب الأحتلال الأول (1948) والإحتلال الثاني (1967) وبقوا في مخيمات فبالدّول المُحيطة بفلسطين ( سوريا ولبنان والأردن) أو في غزة والضفة الغربية وتُوفّر الوكالة خدمات الصحة والتعليم وبعض شؤون الحياة اليومية للاجئين الفلسطينيين، وتهدف الولايات المتحدة والكيان الصهيوني، من خلال تصفية « أونروا » القضاء على شواهد الجرائم المستمرة للحركة الصهيونية وداعميها من القوى الإمبريالية، وتأمل القضاء السريع على الشعب الفلسطيني، ومحوه من التاريخ، كما فعل الإستعمار الإستيطاني الأوروبي في القارة الأمريكية وفي أستراليا ونيوزيلندا.

    أمّا الذّريعة فهي إعلان الكيان الصهيوني أن 12 من موظفي الوكالة (أونروا ) من إجمالي عشرة آلاف موظف لدى الوكالة في غزة شاركوا في العملية الفدائية ليوم السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023، وأعادت وسائل الإعلام السائدة وسلطات الدّول الإمبريالية، وبعض الدّول التي كانت تدّعي الحياد، هذه التّأكيدات، بل اتخذت قرار وقف الدّعم المالي للوكالة على الفور، دون دليل أو إثبات،  وانطلقت الإشاعة من مقال نشرته صحيفة وول ستريت جورنال وكتبته جندية احتياط صهيونية، وصديقة حميمة للمتحدثة العسكرية الصهيونية، بشأن « تورّط بعض موظّفي وكالة غوث وتشغيل اللاجئين الفلسطينيين –أنروا-  التابعة للأمم المتحدة، في العملية الفدائية يوم السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023، دون تمحيص أو تثبُّت في صحة الخبر، وعلى أساس هذا « الخبر » المُلفّق أعلنت الولايات المتحدة والعديد من الدّول المتحالفة معها تعليق مشاركتها المالية، ضمن عملية تصفية وكالة الأمم المتحدة التي بدأت منذ سنوات، لأن وجود الوكالة شاهد على عمليات الإبادة والتهجير القَسْرِي لنحو 850 ألف فلسطيني وتدمير 531 قرية سنة 1948، ولا تزال الوكالة تقدم خدمات لنحو 2,2 مليون من فلسطينيي غزة التي يُشكل اللاجئون حوالي 80% من ساكنيها، وشَكّك عدد من الصحافيين البريطانيين في صحة العديد من البيانات الرسمية الصهيونية، مثل استخدام المستشفيات والمدارس من قِبَل المنظمات الفلسطينية، غير إن الكيان الصهيوني يحظى بدعم قوي ومستمر من الولايات المتحدة الأمريكية وأستراليا وفنلندا وإستونيا وإيسلندا ونيوزيلندا واليابان وكندا وبريطانيا وسويسرا ومن الإتحاد الأوروبي كمؤسسة ومن دول أوروبية عديدة، من بينها: ألمانيا وهولندا وإيطاليا وفرنسا والنمسا والسويد ورومانيا، وهي الدّول التي أعلنت وقف الدّعم المالي للأنروا، دون أي بحث أو تَمْحيص، وهو دعم يتناقص من سنة إلى أخرى، منذ أكثر من عِقْدَيْن، وأفاد كريغ مخيبر، الذي كان حتى استقالته الأخيرة مديراً لمكتب نيويورك لمفوضية الأمم المتحدة السامية لحقوق الإنسان: إن جهاز الإستخبارات الدّاخلية – شين بيت – هو مَصْدَر الإشاعة الصهيونية بشأن تشويه سُمْعَة وكالة غَوْث اللاجئين الفلسطينيين وموظّفيها، بهدف تصفيتها.

    قَصَف الجيش الصهيوني مئات المباني، منها الكنائس التاريخية والمساجد والمباني التابعة لمنظمات الأمم المتحدة، من مدارس ومحلات الرعاية الصحية والملاجئ المعروفة لدى الجيش الصهيوني الذي قتل، خلال الأشهر الأولى الثلاث من العدوان، ما لا يقل عن مائة من موظفي وكالة غوث وتشغيل اللاجئين، فضلا عن حوالي مائة وعشرين صحافيا، دون إثارة احتجاجات أو إدانة نقابات الصحافيين ومالكي وسائل الإعلام… 

    الغذاء الحلال هو – مبدئِيًّا – الطعام المسموح به وفقا للتشريع الإسلامي، خصوصًا في البلدان التي لا يُشكّل المسلمون أغلبية سُكّانها، حيث يُحاول المُقيمون بها والسّائحون العابرون استهلاك أغذية « حلال »، كما تحاول الدّول الإسلامية استيراد أغذية (كاللحوم والدواجن ) مذبوحة وفق التشريع الإسلامي، أو أطعمة جاهزة لا تحتوي محرمات (خمر أو لحم خنزير أو أسماك الأحواض) واستغلت بعض الدّول (الصّين والبرازيل والأرجنتين) الطّلب على هذا النوع من الغذاء، لتحتل صدارة الصّادرات لبعض أنواع اللحوم والمأكولات التي توصف بأنها ‘حلال »، كما استغلت بعض الشركات ارتفاع الطّلب لتتَخَصّصَ في بيع شهادات « الحلال » إلى التّجّار والقَصّابين وأصحاب المطاعم، ومنتجي الحليب ومشتقاته وَوَسَّعت هذه الشركات – التي لا تهتم سوى بمستوى الأرباح التي تجنيها من بيع شهادات « الحلال – مجال عملها ليشمل الأدوية والتجهيزات الطّبّيّة والمنتجات الصّحّيّة ومستحضرات التجميل والزينة، وما إلى ذلك، وتُشير المُلصقات الإشهارية إن هذه الشركات « تُطَبِّق معايير صارمة لمصادر السلع وللنظافة ولسلامة الأغذية لتكون مُطابقة للتشريع الإسلامي… »

    يتمثل الوَجْه الظّاهر لتجارة « الحلال » في المتاجر التي تقدم مجموعة من المنتجات الطازجة واللحوم والسلع المعبأة والوجبات الخفيفة لكن لهذه التجارة وَجه خَفِي وسوق واسعة تتجاوز الغذاء إلى المصارف والتحويلات المالية والسياحة الفاخرة، وتستهدف نحو مليارَيْ مسلم، يعيش بعضهم في دُول نَفْطِيّة غنية مثل الخليج، فضلا عن الملايين من غير المسلمين الذين أصبحوا زبائن محلات بيع اللحوم والأغذية « الحلال »، لقربها من محل سكناهم أو لأن المتاجر تبقى مفتوحة لساعة متأخرة من الليل وأيام العطلات الأسبوعية والرسمية.

    بلغت القيمة التقديرية لسوق الأغذية الحلال في الولايات المتحدة 59,4 مليار دولار سنة 2022، ويُتوقع أن تصل إلى حوالي 88,9 مليار دولار بحلول سنة 2026 وقُدِّرت قيمة سوق الأغذية الحلال العالمية بأكثر من 2,34 تريليون دولارا، سنة 2023، وفق منصّة « إم إم آر » لأبحاث السوق ومنصة « ألايد ماركت ريسيرتش »، وتتوقّع الدّراسات نُمُوّض إيرادات سوق الأغذية الحلال بمعدل سنوي مركب قدره 10,5% بين سنتَيْ 2024 و 2030، ليصل إلى حوالي 5,3 تريليون دولارا سنة 2030، وأصبحت الأغذية « الحلال » من أكثر القطاعات رِبْحِيّةً على الصعيد العالمي بمجال الصناعات الغذائية، بفعل زيادة عدد السكان المسلمين وانتشار التجارة الإلكترونية والتسويق الرقمي، ولا تشمل هذه الأرقام سوى الغذاء، ولم تشمل منتحجات الصّحّة والأدوية ومستحضرات الزينة والتجميل، وقطاع الخدمات السياحة والتمويل « الإسلامي »، لكن من المُستفيد الأول من تجارة « الأغذية الحلال »؟ 

    نشرت مجموعة « آي إم إيه آر سي » مُلَخّصًا لدراسة بعنوان « تقرير سوق الأغذية الحلال العالمي » وأظْهَر التقرير إن قنوات التوزيع العالمية للغذاء « الحلال » تشمل المتاجر الكبرى وتجار التجزئة التقليديين والإنترنت الخ، غير إن شركات المتاجر الكبرى تملك الحصة الأكبر من السوق، خصوصًا في المناطق الحضرية وضواحي المُدُن الكبرى، بسبب ارتفاع قُدراتها وأهمّيّة شبكاتها التي تُهَيْمن على قنوات التوزيع العالمية، وقُدْرَتها على تقديم مجموعة واسعة من المنتجات الطازجة واللحوم والسلع المعبأة والوجبات الخفيفة، لتقتصر حصة تجار التجزئة التقليديين والشركات الصغيرة على توزيع المنتجات الغذائية الحلال، في الأسواق المحلية…

    استحوذت منطقة آسيا والمحيط الهادي على أكبر حصة في سوق الغذاء الحلال باعتبارها تضم أكبر عدد من المسلمين، وباعتبار تنظيم بعض دولها مثل إندونيسيا وماليزيا وباكستان وبنغلاديش الصناعات الغذائية « الحلال » من خلال إنشاء هيئات تنظيمية لإنتاج وتسويق الأطعمة الحلال، فيما ارتفع الطّلب على الغذاء « الحلال » في أميركا الشمالية، حيث أصبح متوفِّرًا في محلات السوبر ماركت والمطاعم الرئيسية، خلافًا لبعض بلدان أوروبا التي تحاول حَظْر التجارة « الحلال »، رغم ارتفاع الطّلب في الدّول الإستعمارية الأوروبية مثل بريطانيا وفرنسا وألمانيا وإسبانيا وعمل الإتحاد الأوروبي على توحيد عمليات إصدار شهادات الحلال، وبشكل عام أدّى تطور سوق الغذاء « الحلال » إلى اهتمام بعض الشركات العابرة للقارات بصناعة الأغذية « الحلال » مثل نستله (Nestle) وكارغيل  (Cargil)التي تمتلك قُدُرات مالية كبيرة وشبكات توزيع ضخمة في جميع أنحاء العالم…

    تمتلك قارة أفريقيا كميات كبيرة من الموارد الطبيعية ومن الرواسب المعدنية التي تسمى « حرجة » والتي تعتبر ضرورية للصناعات الدّقيقة ولإنجاز تحول الطاقة، وتشمل المعادن الحيوية والموارد الأساسية لبناء البنية التحتية للطاقة والتحول الرقمي (الألواح الشمسية وتوربينات الرياح والمركبات الكهربائية وشاشات اللمس وتخزين البيانات وربط الأنظمة ببعضها البعض)، فقد ارتفع الطلب على الليثيوم بنسبة 200% وزاد الطلب على الكوبالت بنسبة 70% والنيكل بنسبة 40%، بين سَنَتَيْ 2017 و2022، وتتوقع وكالة الطاقة الدولية أن يتضاعف الطلب بمقدار 3,5 مرات بين سَنَتَيْ 2023 و2030، بسبب استخدام هذه المعادن في إنتاج الطاقة « النظيفة »  والانتقال الرقمي.

    تتمتع أفريقيا بموقع مهيمن في أربعة معادن تعتبر حيوية: الكوبالت والمنغنيز والكروم والبلاتين، ويحتوي باطن الأرض الأفريقية أيضًا على البوكسيت والغرافيت والنحاس والنيكل والزنك، وغيرها، غير إن التعدين لا يجلب الكثير من الإيرادات أو القيمة المضافة، خصوصًا إذا تم استخراجه من قبل شركات أجنبية وتصدير المعادن خامّة، ويُظْهِرُ مثال النحاس بوضوح التحديات التي يتعين مواجهتها: ففي زامبيا وجمهورية الكونغو الديمقراطية، زاد إنتاج المعادن في حين انخفضت حصة صادرات المنتجات شبه المصنعة. إن تكرير المعادن ومعالجتها هو الذي يطور القطاع الصناعي ويدر دخلاً كبيراً، وكما أسلفنا فإن الشركات العابرة للقارات تستغل هذه المعادن التي يتم تصديرها في حالتها الخام وتقع معالجتها في البلدان الصناعية التي تحقق من تصفيتها وتصنيعها قيمة مضافة كبيرة.

    جَمَعَ الاتحاد الأفريقي الدول الأفريقية المَعْنِيّة في كيب تاون (جنوب أفريقيا) لدراسة معالجة المعادن في أفريقيا، من أجل خلق المزيد من القيمة المضافة وتوليد فوائد اقتصادية محلية وإقليمية، وذلك بفضل « مركز تنمية الموارد المعدنية في أفريقيا »، فهذه المعادن تُستخدم في صناعة الألواح الشمسية والسيارات الكهربائية وبطاريات الهواتف محمولة، لكن يجب على البلدان الأفريقية تدبير الإستثمارات والبنية التحتية الضرورية لمعالجة المعادن مثل النيكل أو الليثيوم أو المنغنيز، فلا يوجد – في الظرف الحالي – مشروع تعاون بين الدول الأفريقية للتكاتف وتحويل المعادن معًا وزيادة الإيرادات، ولا توجد روابط تجارية متينة أو مبادلات أو حتى طرقات تربط بين البلدان الإفريقية، كما لم يتحسن وضع السكان المحليين بعد اكتشاف النفط أو المعادن الثمينة مثل الماس أو الذهب أو الليثيوم، ولذا فقد حان وقت فك الإرتباط بالدّول الإستعمارية ووضع حد للتبعية…

    البيانات من الموقع الإلكتروني للجنة الأمم المتحدة الاقتصادية لأفريقيا والموقع الإلكتروني للبنك العالمي

    عسكَرَة السياسة الخارجية الأمريكية

    أكبر مناورة حربية ضد روسيا

    في أوروبا، أعلن الجنرال الأمريكي « كريستوفر كافولي »، القائد الأعلى لقوات الناتو في أوروبا،عن أكبر مناورة لحلف شمال الأطلسي (الناتو) منذ عقود، « بعنوان « المُدافع الصّامد – 2024 » ( Steadfast defender – 2024 ) تجري في أوروبا طيلة أربعة أشهر، في الفترة من نهاية كانون الثاني/يناير وحتى نهاية أيار/مايو 2024، بمشاركة تسعين ألف جندي من 31 دولة في حلف شمال الأطلسي بالإضافة إلى السويد، قبل انضمامها الرسمي إلى الحلف، وتستخدم المناورات ما لا يقل عن 80 طائرة مقاتلة وطائرات مروحية وطائرات بدون طيار و50 سفينة حربية بينها حاملات طائرات و1100 دبابة ومركبات قتالية أخرى، بهدف « اختبار وتحسين استراتيجية الحرب وتعزيز القدرات العسكرية لمنطقة أوروبا ضد روسيا »، وتم اختيار إيطاليا لتكون المقر الرئيسي للمناورات ولتنفيذ مجموعة من المهام التي تتطلب الإنتشار السريع للقوات من إيطاليا إلى بولندا القريبة من روسيا، وسوف يتم استخدام الأسلحة القادرة على حمل رؤوس نووية من طائرات وسفن وأنظمة الصواريخ، لتتمكن الولايات المتحدة من اختبار الأسلحة النووية الجديدة التي تنشرها في أوروبا على مقربة متزايدة من روسيا… 

    لا يقتصر الإستفزاز الأمريكي على قارة أوروبا، بل يتحدّاه إلى غربي آسيا وآسيا الوسطى.

    في إفريقيا، تُحاول الولايات المتحدة عرقلة التّأثير المتزايد لخصومها ومنافسيها (الصين وروسيا) ونشرت قناة « فرنسا 24 » تحقيقًا وصف زيارة وزير الخارجية الأمريكي « أنتوني بلينكن » لأفريقيا (الرأس الأخضر وساحل العاج ونيجيريا وأنغولا ) بأنها خطوة لمواجهة النفوذ الصيني والروسي، بعد الهزائم التي تعرضت لها فرنسا في مستعمراتها السابقة وتقارب الأنظمة العسكرية الجديدة في مالي وبوركينا فاسو والنيجر مع روسيا، في مجالات عديدة، ومنها المجال العسكري، بينما يقوم الرئيس الانتقالي لتشاد (ابن الرئيس السابق إدريس دبي)، الحليف المُقرب « للغرب » بزيارة رسمية إلى روسيا، في حين أصبحت مجموعة « بريكس » التي تدعو إلى « عالم متعدد الأقطاب » (بدل عالم ذي قطب واحد تقوده الولايات المتحدة)  تضم ثلاث دول أفريقية كبرى (جنوب أفريقيا ومصر والحبشة) من إجمالي عشر دول، ويمكن تبرير هذا التحول بعجز الإمبريالية الأمريكية والأوروبية عن تقديم أي شيء للدّول الإفريقية، فقد انخفض حجم التجارة بين الولايات المتحدة وقارة إفريقيا من 142 مليار دولار من التجارة سنة 2008 إلى 64 مليار دولار سنة 2021، لأن الولايات المتحدة لم تعد تستورد المحروقات من نيجيريا والجزائر، فيما بلغ حجم تجارة إفريقيا مع الصين ما يعادل 300 مليار دولار، وحجم التجارة بين روسيا وإفريقيا 23 مليار دولار تقريبًا بين كانون الثاني/يناير وتشرين الثاني/نوفمبر 2023، ويتوقع أن يرتفع حجمها بنسبة 30% سنة 2024، ولذا لم تتمكن الولايات المتحدة ولا دول الإتحاد الأوروبي من التنافس اقتصاديًا مع الصين ومع روسيا في قارة إفريقيا…

    في جبهة الأعداء

    في ذروة العدوان على الفلسطينِيِّين في غزة والضّفّة الغربية وارتفاع حدّة القمع المُسلّط على فلسطينيي الإحتلال الأول (1948) وتشريد أكثر من مليونَيْ فلسطيني وقتل وإصابة عشرات الآلاف وهدم المباني والبُنْيَة التّحتية، واغتيال كل ما يَمُتُّ بصِلَة إلى الحياة، نشرت الصحيفة الصهيونية « هآرتس » يوم 25 كانون الثاني/يناير 2024، خبر المفاوضات بشأن ثلاث صفقات تتضمن بيع الولايات المتحدة أسلحة وطائرات عسكرية إلى الكيان الصهيوني، من بينها 25 طائرة مقاتلة من طراز F-35 من صنع شركة لوكهيد مارتن و25 طائرة مقاتلة من طراز F-15 وسرب طائرات مروحية هجومية من طراز أباتشي من صنع شركة بوينغ، وأسلحة ثقيلة أخرى، ولن يُسدّد الكيان الصهيوني فِلْسًا واحدًا، حيث سوف يتم التسديد بفضل المساعدات الأميركية، وكانت الولايات المتحدة قد سلمت طائرات  إف 35 إلى الجيش الصهيوني قبل تسليمها لجيوش الدّول الأعضاء في حلف شمال الأطلسي التي مَوّلت تصنيع هذه الطائرة، وتتضمن الصفقة الأخيرة (إضافة إلى الطائرات والمروحيات)، ذخائر الطيران (صواريخ وقذائف ) سوف يتم تسليمها قريبًا، في إطار تجديد مخزونات جيش العدو التي تستنزف بسرعة ضد الشعب الفلسطيني والشعوب المجاورة (سوريا ولبنان)، ما جعل حكومة العدو تُقِر ميزانية حربية إضافية بقيمة 8,3 مليار دولار، لتبلغ الميزانية الحربية مستوى تاريخيًّا يبلغ حوالي 37 مليار دولار.

    الصين – مُقَوّمات الإقتصاد الرّأسمالي

    لا يزال الحزب الحاكم (والحزب الأَوْحَد) يُصِرّ على ادّعاء صفة « الشيوعية » غير إن اقتصاد البلاد رأسمالي، بخصائص تختلف عن اقتصاد اليابان أو أمريكا الشمالية أو أوروبا، بحكم إشراف الدّولة على التّخطيط والتّجارة والتّمويل وعلى القطاع المالي، غير إن تدخّل الدّولة لا يؤَمِّن الإقتصاد الرأسمالي ولا يَقِيه من الأزمات الدّوْرِية أو العابرة أو الهَيْكَلِيّة وكما انفجرت فُقاعة العقارات في الولايات المتحدة سنة 2008، يُعاني الإقتصاد الصيني منذ منتصف 2023 خطر انفجار فقاعة العقارات التي تمثلت بعض مظاهرها في صعوبات تمويل بعض مشاريعها، رغم بعض الفُرُوق بين هياكل اقتصاد البلَدَيْن، ولكن العلاج واحد، فقد ضخت كل من الدّولَتَيْن المال العام لإنقاذ قطاع يتّسم بالمُضاربة، وأعلنت الحكومة الصينية يوم الجمعة 26 كانون الثاني/يناير 2024، عن سلسلة جديدة من الإجراءات لدعم شركات العقارات الصينية ماليا ومَنْحِ قروضٍ جديدةٍ ، بهدف وضع حد للأزمة العقارية التي قد تؤدّي إلى تداعيات خطيرة على كافة قطاعات الإقتصاد الصيني

    شهد قطاع العقارات نمواً كبيراً طوال عقدين (منذ بداية القرن الواحد والعشرين) حيث تم بيع المنازل الجديدة قبل بنائها، وتم تمويل المشاريع بواسطة شركات الإئتمان، وفاق حجم قطاع العقارات رُبع الناتج المحلي الإجمالي للصين، غير إن الصعوبات بدأت تظهر سنة 2020، وأصبحت الديون الهائلة لقطاع العقارات تُشكّل عبئا هاما على الاقتصاد، فَشَدّدت الدّولة شروط الإئتمان والحصول على الدّيون  ، مما أدى إلى استنفاد مصادر التمويل للمجموعات العقارية وإفلاس العديد من الشركات العملاقة ودخل القطاع في أزمة حقيقية، خصوصًا في المُدُن الرئيسية حيث انخفض الطّلب وتراجعت أسعار العقارات، وتأثرت قطاعات أخرى بهذه الأزمة وانخفض نمو الناتج المحلي للبلاد إلى 3% سنة 2023، وهي نسبة تقل عن الهدف المُعْلن ما دون وإحدى أدنى المعدلات التي سجلتها البلاد منذ أربعة عقود، ولذلك أعلنت الحكومة عن إجراءات لإنقاذ القطاع العقاري، ونشر البرلمان الصيني يوم 23 تشرين الثاني/نوفمبر 2023 تقريرا يدعو المصارف إلى « بَذْلِ المزيد من الجهد لدعم القطاع العقاري وتقليل مخاطر التخلف عن سداد الائتمان، وتهدئة مخاوف الأشخاص الذين يشترون منازل بقروض طويلة الأجل”… ومن تداعيات الأزمة العقارية، تواتر انتكاسات سوق الأوراق المالية وانخفاض قيمة الأسهم الصينية بسوق هونغ كونغ، وتدرس الحكومة الصينية ضخّ 278 مليار دولار لدعم الأسواق المالية الدّاخلية، من خلال صندوق استقرار يشتري الأسهم عبر سوق هونغ كونغ. إن كل هذه الإجراءات هي من مقومات الإقتصاد الرأسمالي الذي يجعل الدّولة تهرع لإنقاذ القطاع الخاص باستخدام المال العام…

    حرب تكنولوجية

    لمّا أصبحت الصّين تُنافس الشركات العابرة للقارات – ذات المنشأ الأمريكي – في مجالات الطاقات المتجدّدة والإتصالات والتكنولوجيا بشكل عام، حاربتها الولايات المتحدة وحلفاؤها في أوروبا واليابان، فتعدّدت الإجراءات لخنق أو عرقلة الثورة التكنولوجية الصينية، من خلال العقوبات وحَظْر دخول إنتاج شركات التقنية الصينية الكبيرة الأسواق الأمريكية والأوروبية، ومنها الألواح الشمسية وإنتاج شركات الهواتف ومعدات الإتصالات، مثل هواوي وزد تي إي، وأضيفت لها قُيُود جديدة، سنة 2023، على أشباه الإتصالات ورقائق « الذكاء الاصطناعي » التي تمكّنتالشركات الأمريكية من تطويرها رغم الحصار والحَظْر، وأجبرت السلطات الأمريكية الشركات الأمريكية المتخصصة في تطبيقات « الذّكاء الإصطناعي »، والشركات المتعاملة معها، منذ بداية العام 2024، مثل شركة ( ASML ) الهولندية المتخصصة في صنع الرقائق، على عدم تصدير وبيع بعض أنواع آلات تصنيع الرقائق للشركات الصينية، بذريعة « استفادة الشركات الصينية من المُساعدات الحكومية لزيادة الطاقة الإنتاجية لصناعة الرّقائق التي يُتوقّع أن تنمُو بنسبة 60% خلال السنوات الثلاث المقبلة، وقد تتضاعف خلال السنوات الخمس المقبلة، ما قد يُؤَدِّي إلى إغراق الأسواق العالمية بالرقائق الصينية، وخفض الأسعار، وفق صحيفة « فاينانشال تايمز » (بريطانيا) التي أكّدت على تخوفات حكومات الولايات المتحدة واليابان وأوروبا والشركات « الغربية » من انخفاض الأسعار وانخفاض الأرباح، كما حصل في مجال الألواح الشّمسية، حيث لجأت الحكومات التي تدافع عن « حرية التجارة والأسواق » إلى الحد من وصول الشركات الصينية إلى الأسواق الدّولية، غير إن شركة « هواوي » الصينية للإتصالات والهواتف « الذّكية » التي حاولت الولايات المتحدة القضاء عليها لما منعت تداول ابتكاراتها من فئة الجيل الخامس ( G5 ) تمكّنت من الإلتفاف على الحظر الأمريكي/الأوروبي ومن تجاوز الشركات الأمريكية والأوروبية واليابانية وهي بصدد تطوير تقنيات صناعة الرقائق مثل تقنية التصنيع باستخدام أشعة الليزر أو النانو تكنولوجي، وتجاوزت الصناعة الأوروبية التي تعتزم استثمار 43 مليار يورو في مجال إنتاج الرقائق الإلكترونية…

    يُتَوَقَّعُ أن تتمكّن الشركات الصينية من الوصول والاستفادة من القوة الحاسوبية لرقائق « الذكاء الاصطناعي المتطور »، التي تم منعها سابقًا من شرائها، وأن تستفيد منه لتحقيق تقدم اقتصادي وعسكري، بعدما تمكنت من تطوير الأجهزة الكهربائية والهواتف المحمولة والسيارات والطائرات وشبكات الاتصالات، ومراكز البيانات والحواسيب وأجهزة الإنتاج في المصانع، وأنظمة التسلح والصواريخ والأسلحة النووية…  

    تغييرات عالمية بآفاق محدودة

    تُشكل الإمبريالية مرحلة من تطور الرأسمالية تميزت بهيمنة الشركات الإحتكارية ورأس المال المالي ( المصارف وشركات التأمين وصناديق التّحوّط والمؤسسات المالية) التي توسّعت خارج الحدود الوطنية بحثًا عن مواد أولية وموارد خام، وغزو أسواق جديدة لتسويق إنتاجها ولا تزال الإمبريالية تُهيمن على الإقتصاد العالمي من خلال استخدام القوة العسكرية والقوة المالية (الإستثمارات والقُرُوض) وقوة الإعلام والدّعاية، واحتكار الصناعات الإستراتيجية كالصناعات الغذائية والأدوية والتكنولوجيا ومنظومة الإتصالات والتحويلات المالية، ولا تتردّد الإمبريالية بزعامة الولايات المتحدة وشركاتها الإحتكارية في التّدخّل عسكريًّا للحفاظ على هيمنتها في أي مكان من العالم…

    بدأت الهيمنة الأمريكية على العالم خلال الحرب العالمية الثانية التي دَمّرت العديد من مناطق العالم في القارات الأخرى، فيما بقيت أمريكا سالمة، وأنشأت الولايات المتحدة مع بريطانيا منذ بداية الحرب شراكات عسكرية واستخباراتية، وصمّمت نظام هيمنة اقتصادية ومالية قبل نهاية الحرب من خلال ربط سعر الدّولار بالذهب وتأسيس صندوق النقد الدّولي والبنك العالمي ومنظمة التجارة العالمية سنة 1944 (تغيرت التسمية وبقي الجوهر) قبل ميلاد حلف شمال الأطلسي سنة 1949 وحرب كوريا سنة 1953 وبدأ التخطيط الرأسمالي المشترك للإمبريالية من خلال مؤتمر بيلدربيرغ (1953) ومؤتمر دافوس (1971) ومجموعة السبع (1974) وغيرها من التشكيلات التي تُخطّ لاستمرار وتأبيد الهيمنة على موارد العالم وعلى الممرات التّجارية والمواقع الإستراتيجية، من خلال نشر أكثر من ثمانمائة قاعدة عسكرية أمريكية حول العالم، فضلا عن قواعد حلف شمال الأطلسي وقواعد المحميات مثل الكيان الصهيوني أو تايوان، وتعول الإمبريالية الأمريكية على القوة العسكرية كأحد أهم أدوات الهيمنة، ويظهر ذلك من خلال ضخامة الإنفاق العسكري للولايات المتحدة وحلفائها الذي يمثل نحو 74,3% من إجمالي الإنفاق العسكري العالمي وكُلّما ارتفع الإنفاق العسكري انخفض الإنفاق الإجتماعي في الدّاخل، وارتفعت التهديدات الأمريكية في الخارج واستبدلت الولايات المتحدة الدّبلوماسية بالتّدخل العسكري (أو عَسْكَرَة السياسة الخارجية) للحفاظ على السيطرة، غير إن تَسارع عملية تحول الصين نحو الرأسمالية أدّى إلى تجاوز حصتها من الإنتاج الصناعي العالمي حصة الولايات المتحدة منذ سنة 2004،

    ومنذ ثلاثة عقود أصبحت الصين مُصَدِّرًا صافيًا لرأس المال، وتمكّنت الصين بفضل هذه الأموال الفائضة (ومصدرها الإستغلال الفاحش للطبقة العاملة في الصين وفي إفريقيا وآسيا) من إقراض الدول الفقيرة ومن تمويل المشاريع الضخمة مثل مبادرة الحزام والطريق، منذ 2013، كمحاولة للإلتفاف على الحصار الذي أعلنه الرئيس الأمريكي باراك أوباما ووزيرة خارجيته هيلاري كلينتون سنة 2012، كما أنشأت الصين أو ساهمت في إنشاء منظمة شنغهاي للتعاون (2001)، ومجموعة بريكس (2009)، ومجموعة الدفاع عن ميثاق الأمم المتحدة (2021) وهي منظمات لا تتجاوز المنطق الرأسمالي ولكن تدعو إلى « عالم متعدد الأقطاب »  بدل عالم القطب الواحد الذي تهيمن عليه الإمبريالية الأمريكية، والدّعوة إلى التّخلِّي عن استخدام الدّولار في المبادلات التجارية واستبداله باستخدام العملات المحلية.

    لا تُشكّل هذه الخطوات بديلا للطبقة العاملة وللكادحين والشعوب المُضْطَهَدَة، لأنها تفتقد إلى أُطُر ومنظمات تجمعها كطبقة أو شعوب مُسْتَعْمَرَة ومُضْطَهَدَة.  

  • Lakhdar Benchiba-L’Algérie, grande absente du soutien international à la Palestine

    Lakhdar Benchiba-L’Algérie, grande absente du soutien international à la Palestine

    Alger, ville où l’Etat de Palestine a été proclamé le 15 novembre 1988. Alger la « Mecque des révolutionnaires », selon la formule du leader indépendantiste de Guinée-Bissao Amilcar Cabral rappelée régulièrement, non sans nostalgie. Mais la ville blanche est condamnée au silence depuis le début de la guerre génocidaire sur Gaza, et l’intensification de la colonisation et de la répression en Cisjordanie.

    Dans « l’Algérie nouvelle », slogan du régime censé le différencier de l’ère Bouteflika (de 1999 à 2019), les autorités ont rétabli de fait l’interdiction absolue de manifester qui avait été décrétée par un simple communiqué du gouvernement de la présumée « vieille Algérie » en 2001, après qu’une manifestation dans la capitale ait tourné à l’émeute.

    Déstabilisé par le caractère non-violent des manifestations du Hirak entamées le 19 février 2019 et ayant conduit à la démission du président Abdelaziz Bouteflika, le régime a profité de la cessation des manifestations pour cause de Covid en mars 2020 pour se lancer dans une répression tous azimuts.

    Sans aucune gêne, les autorités ont mobilisé l’appareil judiciaire pour étouffer toutes les libertés, à commencer par le droit de manifester. « L’espace civique a été si sévèrement restreint par les autorités que même les quelques libertés acquises depuis les années 1990 ont été annihilées », souligne Ziad Abdel Tawab, vice-président de l’Institut du Caire pour les études des droits de l’homme, cité par Human Rights Watch.

    Le 13 octobre 2023, alors que la guerre sur Gaza tourne déjà au grand carnage, des tentatives de marche de soutien aux Palestiniens sont réprimées sans ménagement, le pouvoir excipant de son soutien à la cause palestinienne pour laisser entendre qu’il n’y avait pas besoin de manifester. Mais la frustration et l’exaspération sont perceptibles sur les réseaux sociaux, où l’on ne se prive pas de relever qu’au Maroc, pays qui a normalisé ses relations avec Israël, d’imposantes manifestations ont pu avoir lieu.

    Abderrezak Makri, ancien président du Mouvement de la société pour la paix (MSP) proche des Frères musulmans a pour sa part appelé à manifester mais s’est fait embarquer par les forces de l’ordre. Dans une vidéo, il s’insurge contre cette interdiction de manifester pour la Palestine qui va, selon ses mots, « à l’encontre des valeurs algériennes ». Il invite aussi le pouvoir à organiser lui-même les manifestations : « Sortez et on sera derrière vous ! On ne cherche pas le leadership sur le dos de la noble cause palestinienne ! » L’appel est entendu, et le 19 octobre 2023, des manifestations fermement encadrées mais néanmoins très suivies par des Algériens voulant marquer leur solidarité avec Gaza, sont organisées dans tout le pays. Mais il n’y en aura pas d’autres.

    Neuf jours plus tard, Makri publie un message amer sur X (anciennement Twitter) :

    Les peuples manifestent actuellement dans les différentes villes du monde en cette nuit terrible où les gens de Gaza sont exterminés, et où des héros se sacrifient pour leur pays et pour Al-Aqsa… Et voilà notre capitale silencieuse, soumise, le régime a réussi à apprivoiser tout le monde, félicitations !

    L’islamiste Abderrazak Makri, également secrétaire général du Kuala Lumpur Forum for Civilizational Thought1 et candidat putatif à la présidentielle algérienne de décembre 2024, est loin d’être un opposant radical. Il découvre néanmoins le 28 novembre 2023 qu’il fait l’objet d’une interdiction de sortie du territoire national (ISTN), la nouvelle arme utilisée, souvent en dehors des règles du droit, pour empêcher les opposants de quitter le pays.

    Sur son site internet, il impute cette « agression officielle » à son soutien à la cause palestinienne. Ce n’est sans doute pas la seule raison, mais le sujet palestinien est sans aucun doute source de malaise pour le régime. Officiellement, l’Algérie ne transige pas : le Hamas est un mouvement palestinien de résistance nationale légitime face à l’occupation, et le pays rejette toute normalisation avec Israël. Mais dans les faits, au-delà des tentatives – vaines – de ressouder les liens entre le Fatah et le Hamas, et le paiement régulier d’une contribution financière à l’Autorité palestinienne, le soutien de l’Algérie est sans consistance.

    Sur les réseaux sociaux, restés de fait le seul espace d’expression relativement libre, beaucoup d’Algériens ne sont pas surpris de voir que c’est l’Afrique du Sud et non leur pays qui saisit la Cour Internationale de justice (CIJ) en raison du génocide en cours à Gaza. Si les compétences pour mener une telle saisine ne manquent pas, l’Algérie a néanmoins perdu de son aura politique au niveau international. La « Mecque des révolutionnaires » a cessé d’être la grande référence du tiers-monde2.

    Pour beaucoup d’Algériens, la cause est entendue : si l’Afrique du Sud « ose » porter la cause palestinienne devant la CIJ, cela tient fondamentalement au fait qu’elle est une démocratie incontestable, capable d’agir en conformité avec son histoire, sans tenir compte des réprobations américaines et occidentales.

    Tout comme d’autres régimes dits « progressistes » du monde arabe, supplantés par les monarchies au sein de la Ligue arabe, Alger a raté une sortie par le haut du système autoritaire mis en place à l’indépendance. Le décalage entre les grandes ambitions de la révolution algérienne et la terne réalité d’un régime autoritaire était déjà béant avec les émeutes de la jeunesse d’octobre 1988 ; il est devenu abyssal avec la guerre civile des années 1990. Durant cette période de repli, l’action politique à l’extérieur s’est limitée à essayer de sauver l’image passablement dégradée du régime, tandis que la question du Sahara occidental devenait plus que jamais l’axe central de la diplomatie, supplantant de fait la cause palestinienne.

    Choisi par les militaires en 1999, notamment pour redorer l’image de l’Algérie à l’étranger, Bouteflika voyage beaucoup, parle beaucoup. Mais l’effet retombe vite. À partir de 2012, le pays est devenu aphone avec un président malade, incapable de s’exprimer et maintenu au pouvoir contre le bon sens. Cette période de grande déprime accentue l’absence de l’Algérie au plan international. Le pays revient sur le devant de la scène en 2019 avec le Hirak, tranchant par son pacifisme avec une tradition de contestation violente. Cependant, l’opportunité d’opérer un changement réel est rejetée par les élites au pouvoir.

    Même si les médias mis au pas brodent sur le « grand retour de l’Algérie » sur la scène internationale, les revers diplomatiques s’accumulent : candidature rejetée pour l’adhésion au groupe des BRICS3 malgré un périple du président Abdelmadjid Tebboune à Moscou et Pékin, échec du bras de fer engagé durant 19 mois avec Madrid après l’alignement de Pedro Sanchez sur le Maroc sur la question du Sahara Occidental, relations devenues difficiles avec les voisins du Sahel, le Mali et le Niger…

    Le régime algérien navigue à vue entre la Russie, la Chine et les États-Unis sans qu’aucune vision n’émerge. La volonté de ne pas s’aliéner Washington est, au-delà des discours nationalistes à consommation interne, d’autant plus évidente que le lobby pro-israélien favorable au Maroc peut causer de sérieuses nuisances. Beaucoup s’étonnent aussi des balades dans le pays très médiatisées sur les réseaux sociaux de l’ambassadrice américaine alors que Gaza est sous les bombes.

    Il s’agit de ne pas faire de vagues vis-à-vis des États-Unis, surtout que l’allié russe présumé n’a pas évité à l’Algérie la déconvenue du rejet de sa demande d’adhésion aux BRICS. L’échec a été d’autant plus ressenti par le pouvoir que l’adhésion, considérée comme acquise, a été présentée par les médias du régime comme la « confirmation » du grand retour de l’Algérie sur la scène internationale. « L’allié » russe maintient au demeurant de bonnes relations – notamment commerciales – avec le Maroc. Il apporte également un appui concret, via le groupe Wagner, à la junte militaire au Mali, dont les rapports se sont grandement dégradés avec l’Algérie4.

    Le géographe Ali Bensaad souligne dans un billet de blog5 le rôle des Émirats arabes unis dans les difficultés que connaît l’Algérie avec ses voisins du Sahel. Selon lui, Abou Dhabi alimente un « nouveau front militaire » au Sahel où l’influence algérienne est en « net recul », le but étant « d’ouvrir la voie à une reconfiguration des alliances notamment au profit du Maroc et d’Israël ».

    Il n’est pas surprenant dès lors que, sur la question palestinienne, c’est le profil bas qui domine. Khaled Satour, juriste au regard critique, relevait sur son blog que l’Algérie s’est abstenue au Conseil de sécurité sur la résolution soumise le 10 janvier 2024 par les États-Unis pour légitimer les attaques contre les houthis, dont l’action à haut risque s’avère être le soutien le plus concret aux Palestiniens à Gaza. Il souligne :

    L’intervention [du représentant de l’Algérie] a été d’une inconsistance remarquable, usant de circonlocutions « diplomatiques » à peine compréhensibles pour exprimer sa désapprobation de la coalition militaire montée avec dix autres pays par les États-Unis contre le mouvement yéménite, en évitant soigneusement d’évoquer la situation à Gaza ; et qui s’est contentée d’une abstention alors qu’un vote négatif, s’il n’empêchait pas l’adoption de la résolution, aurait du moins signifié une opposition politiquement significative.

    Le journaliste Nadjib Belhimer note aussi sur sa page Facebook qu’un vote négatif de l’Algérie n’aurait pas eu d’incidences mais « qu’il a un coût politique que les autorités algériennes ne sont pas prêtes ou capables d’assumer ». Le vrai problème, souligne-t-il, est le fossé entre un discours officiel à consommation interne qui met la barre haut et la réalité : « Pour la millième fois : arrêtez la propagande qui ne sert à rien et retrouvez la vertu de vos anciens qui agissaient beaucoup et parlaient peu ».

    Au lendemain des brillantes plaidoiries sud-africaines à la CIJ, l’écrivain Amin Khan a écrit sur sa page Facebook :

    Hier, l’Algérie combattante a été décisive dans la libération de l’Afrique sous domination coloniale. Aujourd’hui, l’Afrique du Sud est décisive dans la libération du peuple palestinien et des autres peuples de la Région sous domination coloniale ou néocoloniale.

    En résumé, Alger fut, Pretoria est.

    LAKHDAR BENCHIBA

    Journaliste (Alger).

    Source : https://orientxxi.info/magazine/l-algerie-grande-absente-du-soutien-international-a-la-palestine,7049

  • Anita Goldman-L’héritage de la guerre de Gaza perdurera pendant des générations

    Anita Goldman-L’héritage de la guerre de Gaza perdurera pendant des générations

    La bande de Gaza contient déjà des millions de tonnes de ferraille, de ciment pulvérisé, de tuyaux, de plastiques et de produits chimiques. Pendant des décennies, les humains, le sol et la Méditerranée seront empoisonnés. Mettre fin à la guerre devient de plus en plus impossible.

    Le premier champ de bataille – et de loin le plus grand – de l’ultraviolence moderne se trouve au centre de l’Europe, où plus de trois cent mille hommes sont morts et un demi-million d’autres ont été blessés ou ont subi des attaques au gaz. Avant la fin de la bataille, plus de quarante millions d’obus avaient été tirés. Ces obus, ainsi que des pièces de fusil brisées et des masses de corps humains, ont été laissés dans le sol lorsque la bataille de Verdun entre les Allemands et les Français pendant la Première Guerre mondiale a finalement pris fin.

    Des deux côtés de la frontière, dans la Somme et à Ypres, en Belgique, où les destructions ont également pris des proportions apocalyptiques, de bonnes terres agricoles ont été réutilisées avec succès. Mais aujourd’hui encore, les agriculteurs locaux sont confrontés à des «récoltes de fer» – des obus et des métaux qui ont été enterrés pendant plus de cent ans et que l’on retrouve aujourd’hui.

    À Verdun, le terrain était plus haché et plus escarpé, les dégâts étaient totaux – «un désert biologique», comme l’appelle l’auteur Cal Flyn. De vastes étendues de terre sont toujours interdites. Au lieu de cela, des forêts ont été plantées et elles sont toujours là, sombres et denses. Mais il y a une ouverture, une clairière, dans la forêt. Flyn la décrit dans son livre «Islands of abandonment. Life in a post-human landscape»1. Ici, après la fin de la guerre, deux cent mille armes chimiques : gaz moutarde, gaz lacrymogène, phosgène, ont été rassemblées dans une grande fosse commune et incendiées. Le site s’appelle toujours Place à Gaz et la zone Zone Rouge. En 2017, cent ans plus tard, des scientifiques allemands ont testé le sol et ont trouvé des niveaux élevés d’arsenic et de métaux lourds.

    Dans la bande de Gaza, l’une des zones les plus densément peuplées au monde, on estime que pas moins de 15 millions de tonnes de matériaux de construction pulvérisés sont aujourd’hui éparpillés. Comparé à l’attaque du World Trade Center, qui a laissé un million de tonnes de décombres à Ground Zero, l’ampleur de cette catastrophe est énorme. Près de trois mille personnes sont mortes ce jour-là, le 11 septembre 2001. Depuis lors, jusqu’à dix mille personnes ont été diagnostiquées avec un cancer et des maladies respiratoires et pulmonaires graves, conséquence directe du cocktail toxique de poussière, d’amiante et de produits chimiques répandus dans Manhattan. Le nombre de personnes décédées à la suite du 11 septembre est plus élevé que lors de l’attaque terroriste elle-même.

    Comme toujours, les chiffres des dommages collatéraux sont incertains. Tant et tant de personnes et d’autres êtres vivants meurt à la guerre. Mais combien de personnes meurent de la guerre ? Des toxines résiduelles dans le sol, l’air, les corps, les esprits ? La question est de savoir combien de temps il faut continuer à compter. Quand la guerre se termine-t-elle ? Quand les personnes, le sol et la végétation se rétablissent-ils ? L’après-guerre, c’est pour quand ?

    À Gaza, il y a donc quinze millions de tonnes de débris de la civilisation – ciment, amiante, produits d’étanchéité, produits chimiques ménagers et industriels, verre, fils et appareils électroniques brûlés, et produits chimiques PCB (terme générique désignant diverses substances toxiques et persistantes). Lorsque toutes ces substances sont libérées et réduites en poussière et en poudre, elles libèrent des fibres microscopiques qui pénètrent facilement dans les corps humains fragiles. Qui nettoiera les masses inimaginables de poussière de construction ? Disposeront-ils des équipements de protection appropriés ? Et si les gigantesques montagnes de toxines sont effectivement enlevées (on peut supposer qu’une grande partie sera déversée dans la Méditerranée, qui sera à son tour empoisonnée), quelle quantité de toxines a pénétré dans le sol ? Et dans les poumons de la jeune population de Gaza ? Les questions sont nombreuses.

    À cela s’ajoutent les émissions de la guerre elle-même. Selon un article paru dans The Guardian, on estime que la guerre menée par Israël au cours des deux derniers mois a eu un «coût climatique» équivalent à l’émission de cent cinquante mille tonnes de carbone. Mais là on parle d’émissions dues aux bombardements aériens, aux chars et autres véhicules de guerre, ainsi qu’à l’explosion des roquettes et des pièces d’artillerie.

    Gaza est bien sûr, à juste titre, au centre de l’attention de nombreuses personnes, mais des situations similaires se sont produites à plusieurs reprises ces dernières années en Irak et en Syrie, où un tiers des bâtiments et un quart des forêts du pays ont été détruits. La situation d’après-guerre dans les pays belligérants est souvent si chaotique et les besoins si énormes que la mesure et la collecte de ce type d’informations ne se réalisent jamais. Par exemple, qui comptabilisera la pollution et les émissions dues à la guerre en Ukraine ?

    L’Ukraine ne possède pas seulement certaines des meilleures terres agricoles du monde. Elle abrite également pas moins d’un tiers de la biodiversité européenne. Elle est aussi aujourd’hui l’un des pays les plus minés au monde. Un tiers du pays doit être débarrassé des mines, des bombes à fragmentation et des vieilles roquettes. Et la guerre n’est pas terminée, loin s’en faut.

    J’ai déjà écrit sur le lien entre la militarisation, le réarmement et la crise climatique, sur l’énorme empreinte carbone de l’armée usaméricaine et sur la transparence minimale des émissions militaires : beaucoup de choses sont sous le sceau du Secret Défense. Les chiffres sont notoirement difficiles à obtenir. Même dans les pays démocratiques, l’armée est soumise à des exigences de déclaration différentes de celles de la société civile. L’Association suédoise pour la paix et l’arbitrage a montré dans le rapport «Frikortet. En granskning av Försvarets klimat¬arbete» [Carte blanche : un examen du travail de la Défense sur le climat] de 2020, comment les forces armées suédoises – la deuxième plus grande autorité de Suède – ne rendent pas compte des émissions et de l’impact sur le climat de la même manière que les autres autorités.

    Depuis la publication de mon article il y a un an et demi, le débat sur la sécurité suédoise est devenu de plus en plus fébrile. Mais les effets de l’armement et de la guerre sur l’environnement et le climat sont à peine mentionnés. Malgré l’excitation de l’actualité, la conversation est très démodée, voire obsolète. Mais il est absurde de parler de sécurité aujourd’hui sans tenir compte de la politique écologique et climatique.

    Un ami usaméricain m’envoie par courrier électronique un article sur la nouvelle édition de mon roman «Om jag så måste resa till Los Alamos» [ Si je dois me rendre à Los Alamos] qui traite de la création de la bombe atomique au Nouveau-Mexique, aux USA. L’article concerne les Tularosa Basin Downwinders, une organisation locale qui lutte pour la reconnaissance et l’indemnisation des personnes ayant souffert de maladies causées par l’essai nucléaire «Trinity» du 16 juillet 1945. Les Downwinders se considèrent comme les victimes parce que les radiations ont été transportées par le vent depuis le site d’essai jusqu’à leurs communautés. Personne n’a été prévenu à l’avance, personne n’a été évacué, même lorsque les retombées ont recouvert de «neige» leurs fermes, leurs maisons et leurs puits.

    Les autorités n’ont jamais pris de mesures. Aujourd’hui, quatre générations plus tard, le taux de cancer est très élevé. De nombreux habitants sont d’origine latino-américaine ou autochtone, des groupes socio-économiquement défavorisés qui ne sont pas écoutés. Et les personnes touchées au Nouveau-Mexique ne représentent qu’une fraction des centaines de milliers de personnes touchées directement ou indirectement par l’extraction d’uranium et les essais nucléaires aux USA, dans les îles Marshall et ailleurs.

    Quand une guerre se termine-t-elle ?

    Selon le professeur Shlomo Mendelovich, directeur du principal hôpital psychiatrique d’Israël, jusqu’à six cent mille nouveaux cas de stress post-traumatique pourraient être apparus en Israël depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023. Une enquête de la Banque mondiale réalisée en juillet 2023, avant la guerre actuelle, a révélé que 71% de la population de Gaza était dépressive. Les chiffres doivent être très élevés aujourd’hui. Quand la guerre prendra-t-elle fin pour toutes ces personnes traumatisées ?

    La nouvelle épigénétique montre que les traumatismes peuvent être transmis génétiquement. Peut-être l’esprit humain est-il le reflet de la nature dont il fait partie. Si la guerre demeure et continue d’agir sur la terre pendant au moins cent ans, alors elle demeure et agit en nous qui vivons sur et de la terre. Le nombre de personnes qui meurent dans les guerres peut être calculé par la suite. Mais pour les nombreuses personnes qui souffrent et meurent de la guerre, il se peut qu’il n’y ait jamais d’après.

    L’héritage de la guerre perdure donc pendant des générations. Fixer un point final, dire que c’est fini et lancer des confettis blancs de joie, deviendra de plus en plus impossible à l’ère de la crise climatique et des guerres hypermodernes.

Note : 5 sur 5.

« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »

– Keiko, Londres

Note : 4 sur 5.

« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »

– Sarah, New York

Note : 5 sur 5.

« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »

– Olivia, Paris