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  • M.K. Bhadrakumar-La victoire de la Russie en Ukraine résonne en Asie centrale

    M.K. Bhadrakumar-La victoire de la Russie en Ukraine résonne en Asie centrale

    L’étonnante victoire de la Russie dans la bataille d’Avdiivka et la déroute de l’armée ukrainienne renforcent la crédibilité de la Russie en tant que fournisseur de sécurité pour la région de l’Asie centrale. L’esprit érudit de l’Asie centrale ne perd pas de vue que la Russie, à elle seule, a fait reculer l’OTAN.

    Il s’agit là d’un moment décisif, qui vient s’ajouter au confort résultant de la nouvelle normalité en Afghanistan, grâce à l’engagement diplomatique efficace de la Russie auprès des Taliban. 

    Un autre cercle vicieux de la propagande occidentale est en train de s’épuiser, fondé sur les hypothèses erronées selon lesquelles l’influence de la Russie en Asie centrale est en «déclin» (Wilson Centre), que les États d’Asie centrale «sortent de l’ombre de la Russie et affirment leur indépendance comme jamais depuis l’effondrement du communisme en 1991» (Financial Times) et que, dans le sillage de la guerre en Ukraine, les dirigeants d’Asie centrale «pourraient bien être en train de se demander combien de temps Poutine pourra rester au pouvoir en Russie» (Radio Free Europe / Radio Liberty).

    En réalité, les performances économiques de la région en 2023 ont enregistré une croissance impressionnante du PIB de 4,8%. Et la Russie a contribué à cette réussite. La guerre en Ukraine a conduit les entreprises occidentales à quitter le marché russe, ce qui a créé de nouvelles opportunités pour les États de la région. Dans le même temps, les conditions imposées par les sanctions ont incité les entreprises et les capitaux russes, ainsi que les citoyens russes, à délocaliser leurs activités dans la région d’Asie centrale.

    Les entrepreneurs d’Asie centrale n’ont pas manqué les occasions lucratives de s’approvisionner en biens et en technologies occidentaux pour le marché russe. Ils ont dû marcher sur la corde raide en veillant à respecter les sanctions occidentales, tout en renforçant leur interdépendance et leur intégration avec les marchés russes. La reprise de l’économie russe et sa croissance de 3,6% l’année dernière ont créé des opportunités commerciales pour les pays d’Asie centrale.

    Les politiques de Moscou visent à une «renaissance» des relations de la région avec la Russie. La nouvelle façon de penser à Moscou a amené Poutine à jouer un rôle actif pour maintenir un rythme élevé de contacts avec les dirigeants d’Asie centrale à un niveau personnel, en utilisant tous les formats d’interaction disponibles, tant bilatéraux que régionaux. L’approche russe a permis aux États de la région d’adopter une position «neutre» sur la guerre.

    Un problème de compréhension pour les étrangers est que les attitudes de l’Asie centrale sont rarement manifestes et que, dans des circonstances spécifiques (comme la guerre en Ukraine), elles doivent être discernées en termes de préférences. Ainsi, le message politique de la parade du 9 mai à Moscou l’année dernière, lorsque tous les présidents d’Asie centrale ont rejoint Poutine lors des cérémonies sur la Place Rouge, était un geste massif de soutien à la Russie – et à Poutine personnellement.

    Tout au long de l’année 2023, les États d’Asie centrale ont été la cible d’un effort diplomatique sans précédent de la part de l’Occident pour maintenir les sanctions contre la Russie. Le secrétaire d’État américain Antony Blinken et le président français Emmanuel Macron se sont rendus dans la région. Deux sommets historiques au format «C5+1» ont été organisés par le président Joe Biden et le chancelier allemand Olaf Scholz, respectivement à Washington et à Berlin.

    Mais les interlocuteurs occidentaux ont refusé de voir l’évidence. L’homologue kazakh de Blinken lui a dit qu’Astana «ne ressentait aucune menace ni aucun risque de la part de la Fédération de Russie». Les déclarations conjointes publiées à l’issue des deux sommets du «C5+1» n’ont même pas mentionné l’Ukraine !

    Le nouveau mode de pensée de Poutine relègue le grand jeu au second plan et donne la priorité à l’accroissement du contenu des relations de la Russie avec les États d’Asie centrale, en particulier dans les domaines économique et humanitaire. Cette approche a manifestement dissipé le syndrome du «grand frère». Les réunions de Poutine avec ses homologues du Tadjikistan, de l’Ouzbékistan et du Kazakhstan, qui se sont tenues mercredi à Kazan, se sont déroulées dans une atmosphère manifestement détendue. (iciici et ici)

    Il est intéressant de noter qu’Emomali Rahmon, le président tadjik, a souhaité à Poutine non seulement de réussir «tout ce qu’il entreprend», mais aussi d’avoir des «nerfs d’acier». Kassym-Jomart Tokayev, président du Kazakhstan, a souligné de manière significative que «sous votre direction (celle de Poutine), la Russie a obtenu des succès notables et impressionnants. En fait, vos déclarations et vos actions façonnent l’agenda mondial». La remarque de Tokayev est particulièrement intéressante, car les analystes occidentaux l’avaient repéré comme un mutin potentiel contre Poutine dans les steppes !

    Toutefois, en dernière analyse, si les relations de sécurité de la Russie avec la région d’Asie centrale se sont transformées au cours des deux dernières années, c’est parce que les efforts coordonnés de Moscou pour forger des liens avec les Taliban ont gagné du terrain ces derniers temps. Ils ont contribué à atténuer la perception de la menace que représente l’Afghanistan dans la région d’Asie centrale.

    Si le schéma traditionnel de réponse à ces perceptions de menace consistait à recourir à des moyens militaires et à isoler la région de l’Afghanistan, la diplomatie russe a adopté une approche radicalement différente en s’engageant de manière constructive avec les Taliban (bien que les talibans continuent d’être une organisation proscrite par la loi russe) et en s’efforçant de rendre ces derniers partie prenante dans l’établissement de liens de coopération au sein d’une matrice d’intérêts mutuels. Cela a porté ses fruits.

    Moscou estime que le régime des Taliban a considérablement stabilisé la situation en Afghanistan et qu’il est dans l’intérêt de la Russie d’aider l’administration de Kaboul à lutter efficacement contre les éléments extrémistes dans le pays (en particulier État islamique, dont on sait qu’il est un héritage de l’occupation américaine de l’Afghanistan). La Russie a tiré parti de son influence sur les États d’Asie centrale pour veiller à ce que les forces de «résistance» anti-Taliban soutenues par l’Occident ne soient pas sanctuarisées.

    Bien entendu, l’objectif stratégique est d’empêcher les services secrets occidentaux de manipuler des éléments afghans en roue libre pour déstabiliser à nouveau la région de l’Asie centrale ou le Caucase.

    Les Taliban se sont montrés très réceptifs aux ouvertures russes visant à renforcer l’État afghan. Récemment, les Taliban sont allés jusqu’à boycotter une conférence sur l’Afghanistan organisée par les Nations unies les 18 et 19 février au Qatar. Il s’agissait en réalité d’une tentative malveillante des États-Unis de renouer le dialogue avec les Taliban sous le prétexte de promouvoir le «dialogue intra-afghan» (ce qui signifiait essentiellement le retour des mandataires afghans de l’Occident vivant en exil en Europe et en Amérique).

    Certes, les Taliban ont compris le jeu occidental visant à reconstruire leur réseau de renseignements en Afghanistan et l’ont contré en posant des conditions à leur participation à la conférence de Doha, notamment qu’ils soient le seul représentant de l’Afghanistan à la réunion. Les Taliban se sont également opposés à la nomination d’un envoyé spécial des Nations unies en Afghanistan, dont la tâche principale serait de promouvoir le «dialogue intra-afghan».

    Dans un communiqué publié avant la réunion de Doha, le ministère des Affaires étrangères des Taliban a accusé la communauté internationale «d’impositions unilatérales, d’accusations et de pressions». L’aspect le plus intéressant de la pantomime qui s’est déroulée à Doha est qu’à la demande des Taliban, la délégation russe qui a participé à la réunion de Doha a refusé de rencontrer les soi-disant «représentants de la société civile» d’Afghanistan. Cela indique que la Russie a commencé à travailler avec les Taliban en tant que dirigeants de facto de l’Afghanistan.

    En effet, les États d’Asie centrale accueillent chaleureusement cette brillante initiative diplomatique de la Russie visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales. Le niveau de confiance de la région à l’égard des dirigeants talibans a déjà atteint un point tel que, lors de la réunion avec Poutine à Kazan mercredi, le président ouzbek Mirziyoyev a soulevé la «question importante» de l’Ouzbékistan et de la Russie concernant la construction d’un nouveau chemin de fer via l’Afghanistan pour relier l’Asie centrale aux régions adjacentes et au marché mondial.

    M.K. Bhadrakumar

    source : Indian punchline via La Cause du Peuple

  • Pierre Stambul – Israël est un morceau d’Europe installé au Proche-Orient

    Pierre Stambul – Israël est un morceau d’Europe installé au Proche-Orient

    un exemple de reconquête coloniale Propos recueillis par Keltoum Staali

    + de 4 mois après l’attaque du 7 octobre par le Hamas, les bombardements israéliens sur Gaza se poursuivent et le nombre de victimes atteint des sommets effroyables. Plus de 30 000 victimes dont la moitié sont des femmes et des enfants. Malgré le verdict de la CIJ (cours internationale de Justice)et ses ordonnances pour éviter le génocide, le gouvernement de Netanyahou semble décidé à poursuivre les massacres. Dans ce contexte totalement inédit, Pierre Stambul, porte-parole de l’UJFP, une « autre voix juive », a bien voulu répondre à nos questions.

    Pierre Stambul : L’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) a été fondée en 1994 avec le mot d’ordre « Pas de crimes en notre nom ». Rapidement, nous avons trouvé les mots qu’il faut mettre sur la guerre qu’Israël mène contre le peuple palestinien : occupation, colonisation, crimes de guerre, crimes contre l’humanité, apartheid, suprémacisme et à présent génocide. L’UJFP est une association juive antisioniste. Elle est la composante juive dans le mouvement de solidarité. Elle fait partie de BDS France (Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre l’État d’Israël). Nous revendiquons le fait que le droit international soit appliqué à la Palestine : fin de l’occupation et de la colonisation, fin du blocus de Gaza, destruction du mur, libération des prisonniers, égalité des droits pour tous les habitants de la région, retour chez eux des réfugiés palestiniens, jugement des criminels de guerre.

    L’UJFP est une association qui dénonce le racisme sous toutes ses formes : contre les Noirs, les Arabes les Roms, les Musulmans, les Juifs. Nous ne faisons pas de l’antisémitisme un racisme à part. Beaucoup d’entre nous ont des histoires familiales reliées au génocide nazi et nous dénonçons l’instrumentalisation de l’antisémitisme pour criminaliser les Palestiniens et leurs soutiens.

    L’UJFP soutient la société civile palestinienne. Depuis 2016, une solidarité active entre les paysans du Sud-Est de la Bande de Gaza et l’UJFP a abouti à de grandes réalisations : la construction d’un château d’eau, des canalisations, une maison des paysans, une pépinière solidaire, le recrutement d’un agronome … Depuis le début du génocide, l’UJFP soutient 2 équipes à Gaza qui réussissent à fournir aux réfugiés des vêtements, des chaussures, des tentes, des toilettes. Et surtout des repas.

    En 1944, le Conseil National de la Résistance garantissait le pluralisme de l’information. Aujourd’hui, 9 milliardaires possèdent la quasi-totalité des médias. Les 2 principales chaînes d’information appartiennent, l’une à Bolloré qui est d’extrême droite et islamophobe, et l’autre à Drahi qui a donné près de 8 M d’euros à l’armée israélienne. Dans la plupart des médias, on parle du « terrorisme du Hamas », d’un « conflit Israël-Hamas », d’une « riposte » israélienne, des otages … Les médias ont systématiquement repris les éléments de langage de l’armée israélienne. Ils ont amenuisé le génocide en cours, les immeubles pulvérisés, les enfants massacrés, les assassinats ciblés, les hôpitaux attaqués, la souffrance des déplacés, la famine organisée. Ils ont ignoré les appels aux meurtres, préférant donner la parole à des « sionistes de gauche » pour qui l’armée israélienne est « morale ». Quand l’Afrique du Sud a porté plainte devant la Cour International de Justice, les médias ont retransmis uniquement la plaidoirie des avocats d’Israël. Il y a 2 raisons pour ce comportement honteux: le pluralisme n’existe plus et que les propriétaires de beaucoup de médias sont ultralibéraux ou néofascistes.

    Les médias suivent les gouvernements européens et l’Union Européenne : Israël est leur État, un morceau d’Europe installé au Proche-Orient, un exemple de reconquête coloniale, de surveillance, d’enfermement, de répression contre les populations réputées « dangereuses » et une start-up technologique produisant les armes les plus perfectionnées.

    C’est un peu “le verre à moitié plein et à moitié vide”. D’un côté, alors que les pays occidentaux se prétendent les défenseurs du droit face à des pays qui les violent (Russie, Iran, Chine …), un pays du Tiers-Monde, l’Afrique du Sud, auréolé par sa victoire contre l’apartheid, vient leur rappeler qu’ils sont complices d’un génocide et que cette complicité détruit ce qui reste du droit international. La plainte met à nu la duplicité de l’Occident et son néo-colonialisme. Elle réduit à néant la défense d’Israël qui a l’impudence d’affirmer « qu’accuser l’État juif de génocide est obscène ».

    Mais voilà. La justice internationale est trop souvent une justice de vainqueur. Et elle n’a pas le pouvoir d’arrêter le génocide. Déjà, il y a 20 ans, elle avait condamné la construction du « Mur de l’apartheid » qui balafre la Cisjordanie. Malgré le verdict de la Cour, la construction du Mur a continué. Il fait aujourd’hui 700 km de long. Le sionisme a toujours bénéficié de l’impunité et a multiplié les faits accomplis. Le jugement de la Cour n’a pas arrêté le crime en cours. Mais il aura un retentissement énorme sur l’image d’Israël.

    Il n’y a aucune ambiguïté dans l’attitude du gouvernement français. La France est, avec l’Allemagne, le seul pays au monde qui ait interdit les manifestations pour les droits du peuple palestinien. Elle tente depuis des années de criminaliser le mouvement de solidarité et le boycott d’Israël. Le ministre Darmanin a tenté et continue de tenter de dissoudre des associations du mouvement de solidarité. Il a expulsé (dans des conditions ignobles et avec violence) Mariam Abu Daqqa, dirigeante du FPLP de Gaza, que j’ai hébergée pendant 2 semaines. Juste après le 7 octobre, la présidente de la Chambre des députés, le président du Sénat et Meyer Habib (le député des colons) sont allés en Israël apporter le soutien de la France.

    La diplomatie française continue de considérer les Israéliens comme des victimes et pas comme des bourreaux. Elle refuse de donner des visas de sortie aux nombreux Gazaouis qui ont travaillé pour la France. Et elle vient d’annoncer qu’elle suspendait sa contribution pour l’UNRWA alors que 72% de la population de Gaza dépend de l’UNRWA. Les relations commerciales et militaires entre la France et Israël restent florissantes. 4000 Français se sont engagés dans l’armée israélienne en toute impunité. Cette attitude est en rupture complète avec ce qu’était la diplomatie française de De Gaulle ou de Villepin.

    Pourquoi ce positionnement ? Parce qu’Israël et la France appartiennent au même camp néolibéral. Mais aussi bien sûr à cause de la question coloniale. La parole sur les crimes du colonialisme français n’a jamais été dite. Les criminels de guerre du colonialisme français ont toujours leurs noms dans les rues des villes de France. L’ampleur des massacres commis en Algérie reste inconnue du grand public. Cette amnésie délibérée favorise la montée de l’extrême droite et la répression contre les migrants et les Sans Papiers. Donc la reconquête coloniale effectuée contre le peuple palestinien et le fait que l’islamophobie a remplacé l’antisémitisme comme racisme largement partagé en France ont contribué à cette complicité.

    Quelle est votre analyse de la place et du rôle des pays arabes dans ce conflit aujourd’hui ?

    Il fut un temps où le monde arabe était représenté par des régimes nationalistes, comme celui de Nasser en Égypte, capables de s’opposer à l’impérialisme. La défaite arabe de 1967 a initié un mouvement de déclin de la gauche dans le monde arabe. Le modèle des États féodaux, patriarcaux et esclavagistes du Golfe, incarné par le prince MBS d’Arabie Saoudite, a pris le leadership dans le monde arabe. C’est l’Occident qui a favorisé la puissance de ces États où des prolétaires étrangers sans droits sont surexploités pour garantir la production du pétrole. Les accords d’Abraham, donc la normalisation des relations d’Israël avec de nombreux pays arabes (y compris le Maroc) montrent que ceux qui dirigent politiquement le monde arabe contribuent à la tentative de liquidation du peuple palestinien.

    L’histoire de la trahison des dirigeants arabes vis-à-vis du peuple palestinien est ancienne. En 1948, les armées arabes se battaient pour conquérir des territoires, pas pour les Palestiniens. La seule armée capable de s’opposer à l’armée sioniste, l’armée de ce qui allait devenir la Jordanie, avait un accord de partage de la Palestine avec la direction sioniste. Elle s’est battue uniquement parce que les sionistes ont violé l’accord. En 1949, Jordanie et Égypte se sont partagés les 22% de la Palestine historique qui n’avaient pas été conquis par Israël et il n’y a pas eu d’État palestinien.

    En 1967, le roi du Maroc (qui avait poussé les Juifs marocains à émigrer) a informé les Israéliens de la non-préparation arabe avant la guerre des 6 jours. En 1970, l’armée jordanienne a massacré des milliers de Palestiniens (Septembre noir). En 1975, la guerre civile du Liban a commencé par un massacre de Palestiniens et toutes les factions libanaises ont du sang palestinien sur les mains. Le régime syrien a combattu les Palestiniens et la gauche libanaise. Il est responsable du massacre de Tel-al-Zaatar. Plus tard pendant la guerre civile syrienne, il a affamé des milliers de Palestiniens dans le camp de Yarmouk. La paix séparée entre Israël et l’Égypte a fait de ce pays un collaborateur zélé sans lequel le blocus de Gaza serait impossible.

    Aujourd’hui, à la différence de ce qui s’est passé lors de la guerre de 1973, les pays arabes n’ont pas utilisé l’arme pétrolière. Cette complicité est obscène. Le régime d’Abu Dhabi a déclaré qu’il allait « surmonter les obstacles » que représente le génocide à Gaza et maintenir ses relations avec Israël. La rumeur dit que les féodaux du Golfe songent à installer, avec l’accord de Netanyahou, le mafieux Mohammed Dahlan à la tête de Gaza.

    Tout ceci contraste avec le fait que, partout, la population des pays arabes est descendue massivement dans les rues pour soutenir la Palestine, obligeant la Jordanie à rappeler son ambassadeur à Tel-Aviv et le dictateur Sissi à déclarer qu’il ne laisserait pas le Sinaï servir d’exil pour les Gazaouis. Cette solidarité des peuples arabes avait été très visible lors de la coupe du monde au Qatar.

    Malgré les 30 000 morts, malgré l’ampleur des destructions, les dizaines de milliers de blessés, les déplacements forcés, et alors que tout cela est documenté au quotidien, comment expliquez-vous qu’on ne puisse arrêter ces massacres ?

    Cela m’attriste et cela m’angoisse, d’autant que je reçois, chaque jour, des informations détaillées sur les meurtres ciblés, la famine organisée et l’impunité des assassins. En tant que Juif, j’emploie volontairement le mot « négationnisme ». Nier qu’un génocide est en cours, qu’il est prémédité, que les dirigeants israéliens, y compris la pseudo « gauche sioniste » justifient qu’on tue les femmes et les enfants, c’est du négationnisme.

    Que faire ? Les Palestiniens ont toujours dit que l’issue de cette guerre dépend de 2 facteurs : que les Palestiniens continuent de faire société, qu’ils cultivent la terre, qu’ils produisent, qu’ils éduquent leurs enfants, qu’ils commercent, qu’ils fassent la fête, qu’ils croient en l’avenir … Et que nous, sociétés civiles d’Europe, d’Amérique ou du monde arabe, nous soyons assez forts pour forcer nos gouvernements complices à cesser de soutenir ce régime criminel.

    Pour l’instant, dans les pires circonstances, la société palestinienne ne s’est pas écroulée. Mais on commence à voir des phénomènes de désagrégation à Gaza. Il est de notre devoir d’aider par tous les moyens la société civile palestinienne, c’est ce que l’UJFP essaie de faire.

    Dans le reste du monde, on a réussi à détruire l’image d’Israël. Le boycott se renforce. Des entreprises comme Carrefour qui collabore avec les génocidaires vont payer un prix lourd pour leurs actes. Mais les manifestations ne sont pas assez massives, nous n’arrivons pas à briser le mur des médias dominants. La cause palestinienne est aussi victime du fait que la crise du capitalisme favorise la montée de l’extrême droite raciste et pro-israélienne.

    L’extrême-droite est hégémonique en Israël depuis plusieurs décennies, majoritaire chez les colons. Avant la conquête de 1967, la religion juive n’était pas « territorialiste ». On pouvait étudier la Torah ou commenter le Talmud n’importe où. À présent, le courant « national-religieux », celui qui interprète à la lettre la phrase (sortie de son contexte) « Dieu a donné cette terre au peuple juif » est hégémonique chez les religieux. L’extrême-droite est majoritaire chez les Séfarades (descendants des Juifs espagnols) et les Mizrahis (Juifs venus du monde arabe). Ceux-ci ont subi racisme et discriminations de la part des Ashkénazes (Juifs européens) et ils ont été poussés à faire disparaître leur « arabité ». Cela les a poussés vers l’extrême-droite. Celle-ci est aussi à présent hégémonique dans une armée ultraviolente qui a longtemps été dirigée par des généraux travaillistes. Et elle est également dominante chez les Russes. Certes, elle est profondément divisée : ashkénazes contre séfarades et mizrahis, laïques contre religieux, colons contre ceux qui vivent de la mondialisation et de la modernité.

    Cela explique les gigantesques manifestations contre Netanyahou et ses alliés fascistes. Mais il y a consensus sur la question palestinienne. Par exemple, la Cour Suprême, que Netanyahou veut domestiquer, a légalisé la torture et l’expulsion des Bédouins du village de Masafar Yata. Le projet sioniste a toujours été “un État ethniquement pur sur un territoire aussi grand que possible”. Les opposants à Netanyahou partagent l’idée majoritaire en Israël : « On ne veut pas vivre avec ces gens-là » ; « On aurait dû tous les virer ». Il n’y a qu’à écouter certains opposants à Neétanyahou : Benny Gantz s’est vanté « d’avoir ramené Gaza à l’âge de pierre ». L’ancien Premier ministre Naftali Bennett a déclaré : « J’ai tué beaucoup d’Arabes dans ma vie, je ne vois pas où est le problème ». Même la dirigeante du parti travailliste, Merav Michaeli, a déclaré : « Où qu’ils soient, les membres de Jihad Islamique doivent être anéantis ». Donc sans sanctions, sans que les Israéliens aient à souffrir de ce qu’ils infligent aux Palestiniens, il n’y aura pas de rupture du front intérieur en Israël.

    Peut-on aujourd’hui envisager un après ? Comment voyez-vous l’avenir du peuple palestinien à l’heure où des tractations sont en cours pour tenter de mettre en place une trêve humanitaire ?

    Il me semble très dangereux de partir sur le fameux débat « 1 État, 2 États ». 2 États, ce n’est ni possible ni souhaitable. Un seul État laïque et démocratique, c’est bien sûr le plus juste, mais il n’y a pas le début d’un rapport de force pour y parvenir. L’urgence, c’est de faire échouer le projet sioniste : une nouvelle Nakba, une double expulsion massive, à Gaza et en Cisjordanie.

    C’est aussi mettre en avant le droit international que l’Occident détruit dans son soutien à Israël. C’est aboutir à des sanctions contre Israël comme on y est parvenu contre l’Afrique du Sud. En particulier expulser Israël des Jeux Olympiques. Mais dans l’immédiat, il faut un cessez-le-feu immédiat et durable. Le nombre de morts à Gaza en 4 mois de guerre dépasse en pourcentage le nombre de morts français pendant toute la 2° guerre mondiale. Il est temps de donner la parole à la société civile palestinienne massacrée et meurtrie, et qui résiste.

  • Entretien avec Emil Ludwig- Ce que le léninisme a apporté à la question nationale

    Entretien avec Emil Ludwig- Ce que le léninisme a apporté à la question nationale

    D’après les notes de D. Bleitrach sur l’ Actualité des concepts sur l’impérialisme-

    Le retour à Lénine aide à l’effort conceptuel pour penser ce basculement, cette “tombée en disgrâce” de l’occident pour reprendre les termes du politologue allemand dont nous publions l’analyse, une des nombreuses voix qui constatent la chute de l’empire occidental et tentent de le sauver.
    Faut-il sauver l’ordre libéral occidental avec nos réformistes, par un « décentrage » ? Non
    Les concepts de Lénine (qui ont besoin d’être retravaillés), sont indispensables pour percevoir la crise et en quoi elle impose ce “décentrage” mais sauver les nations occidentales et leur prolétariat impose de renoncer à “l’ordre libéral” et son salut passe la dénonciation de son propre impérialisme. Cette analyse léniniste va a contrario des espérances réformistes : on ne peut pas sauver l’ordre libéral (capitaliste à son stade impérialiste) parce qu’il est ce qu’il est ou il meurt. Les concepts léninistes, oubliés par les partis communistes occidentaux devenus réformistes, sont pourtant indispensables et nécessairement en pleine transformation face à la réalité du processus qu’il a mis en œuvre dans la révolution d’octobre suivie d’autres révolutions. Donc voici un bref et pédagogique rappel, pour formation basique.

    Quand on parle de l’apport du léninisme, il faut y ajouter le travail théorique et politique de Staline ; d’abord, il a rédigé des thèses sous la direction de Lénine et les a complétées plus tard ; ensuite, il l’a fait dans le cadre de l’expérience soviétique et des transformations en pratique sur l’internationalisme. Mais il faut conserver la référence prioritaire au plan théorique à Lénine, parce que c’est par rapport à sa critique de la 2° internationale et à sa définition de l’impérialisme qu’il y a eu un véritable bouleversement de la question nationale. La manière de poser la question nationale pendant la deuxième internationale et celle que le mouvement ouvrier se pose à partir de Lénine, ne sont plus les mêmes, ni dans leur étendue, ni dans leur caractérisation.

    Il y a bien sûr une réflexion très en vogue pour accompagner la remise en cause de cette caractérisation de ce qui est impérialiste et de ce qui ne l’est pas ce serait la nature “bureaucratique” des Etats prolétariens, l’URSS et maintenant la Chine et à peu près tous les Etats à dominante socialiste. Cette caractérisation a fortement été influencée par le trotskisme qui continue à voir dans le “stalinisme” (en fait tout ce qui ne correspond pas à la démocratie occidentale) l’ennemi principal.

    « Le capitalisme en développement connait 2 tendances historiques dans la question nationale.

    La 1°est l’éveil de la vie nationale et des mouvements nationaux avec la lutte contre toute oppression nationale et la création d’Etats nationaux.

    La 2°est le développement et la fréquence accrue des relations de toutes sortes entre les nations; la démolition des cloisons nationales, la création de l’unité internationale du capital, de la vie économique en général, de la politique, de la science, etc…

    Les 2 tendances sont une loi universelle du capitalisme. La 1° prévaut au début puis la 2° caractérise le capitalisme mûr, marchand vers sa transformation en société socialiste ».

    Pour l’impérialisme, ces 2 tendances apparaissent comme des contradictions inconciliables car il n’ aborde la question des nations que par des annexions et des pillages coloniaux ; il doit maintenir tout dans un “tout unique” dont il est le maître.

    Pour les communistes, ces 2 tendances ne sont que les 2 aspects d’une seule chose: l’émancipation des peuples opprimés du joug de l’impérialisme. Ils savent que l’union des peuples dans une économie mondiale unique n’est possible que sur la base d’une confiance mutuelle et d’un accord librement consenti; que la voie d’une union librement consentie des peuples passe par la séparation des colonies avec le “tout” impérialiste “unique”, passe par la transformation en Etat indépendant et souverain. De là, la nécessité d’une lutte opiniâtre contre le chauvinisme métropolitain des nations dominantes (Angleterre, France, Amérique, Japon, etc… ) et contre “les socialistes”qui ne veulent pas combattre leurs gouvernements impérialistes.

    La révolution n’aurait pas été vainqueur en Russie, si le prolétariat russe n’avait pas eu pour lui la sympathie des peuples opprimés de l’ancien empire russe. Mais pour gagner leur sympathie, il lui avait fallu d’abord rompre les chaînes de l’impérialisme russe et libérer ces peuples de l’oppression nationale. Sans cela, il eut été impossible de consolider le pouvoir soviétique, d’implanter l’internationalisme véritable, et de créer cette remarquable organisation de collaboration des peuples qui s’appelle l’Union des Républiques socialistes soviétiques et qui est la préfiguration vivante de l’Union future groupés dans une économie mondiale unique. ”

    Mao Zedong reprit en 1940 dans “de la démocratie nouvelle” la distinction entre les 2 types de révolution mondiale:

    « Le 1° appartient à la catégorie bourgeoise ou capitaliste. Son temps est depuis longtemps révolu; il a pris fin dès 1914, quand éclata la 1° guerre mondiale impérialiste, et plus encore en 1917, quand eut lieu la Révolution d’Octobre en Russie. Depuis, a commencé le 2° type de révolution mondiale, la révolution mondiale socialiste prolétarienne. Elle a pour forces principales le prolétariat des pays capitalistes et pour alliés les peuples opprimés des colonies et des semi colonies. Peu importe, chez les peuples opprimés, quelles classes, quels partis ou individus participent à la révolution, et peu importe qu’ils soient conscients ou non de ce que nous venons d’exposer, qu’ils le comprennent ou non, il suffit qu’ils s’opposent à l’impérialisme pour que leur révolution devienne une partie de la révolution mondiale socialiste prolétarienne et qu’ils en soient les alliés.»

    On retrouve chez Fidel Castro et sa participation aux non alignés, dont il est plus que jamais question aujourd’hui, les mêmes échos du léninisme et de ce qu’il a réussi à rendre possible face à la trahison de la IIe internationale.

    L’originalité du marxisme, du léninisme réside dans la nécessité de bien articuler les 2 “centres” du mouvement émancipateur : le prolétariat et sa relation au développement des forces productives, et le mouvement de libération nationale. Si on déséquilibre cette union, on vide le mouvement de son contenu émancipateur. Des penseurs comme Mao et Fidel n’ont jamais négligé le communisme comme véritable unificateur y compris pour les pays du tiers monde, et pour le développement.

    On voit que les débats actuels au sein du mouvement communiste international sur la caractérisation du conflit ukrainien méritent d’être rapportés à la définition des concepts qui marquent des divergences. Ne jamais oublier la dimension “pratique” des concepts léninistes et mesurer les positionnements débouchant sur une efficacité ou non: si la paix est le choix fondamental de toute l’activité “diplomatique” et internationaliste des communistes, il faut donc s’interroger sur ce qui permet la paix et ce qui l’interdit. Si l’on admet que l’impérialisme a besoin de la guerre, l’appuyer en allant jusqu’à la folie du vote de la résolution 39 derrière l’OTAN par le parti communiste et toute la “gauche” dit qu’il y a là un très gros problème !

  • Diana Johnstone-Le génocide rencontre la dévotion française envers Israël

    Diana Johnstone-Le génocide rencontre la dévotion française envers Israël

    Le génocide rencontre la dévotion française envers Israël par Diana Johnstone-

    Le soutien français à Israël est politique et de longue date, mais teinté d’une dévotion semi-religieuse enracinée dans l’histoire récente

    Paris, 12 février 2024
    Special to Consortium News

    Manifestation à Paris contre l’antisémitisme, le 12 novembre 2023. (S5A-0043, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)

    Les fidèles partisans d’Israël en Occident combattent l’indignation mondiale croissante face aux souffrances du peuple palestinien en changeant de sujet.

    Lorsque des familles gazaouies sont ensevelies sous les décombres de leurs maisons, il ne s’agit pas du sort des  Palestiniens dépossédés ; il s’agit de victimes juives éternelles ; il s’agit du « terrorisme islamique » ; ou bien il s’agit d’une menace pour les « valeurs occidentales ».

    C’est la ligne adoptée par la plupart des médias et de la classe politique française.

    Ou bien il y a le recours aux récits bibliques, mettant en scène la vengeance, le massacre ethnique et la prophétie de malheur. En Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu déclare une lutte entre le bien et le mal :

    « Nous sommes le peuple de la lumière, eux sont le peuple des ténèbres et la lumière triomphera des ténèbres.  Maintenant, mon rôle est de conduire tous les Israéliens vers une victoire écrasante… Nous réaliserons la prophétie d’Isaïe… »

    Aux États-Unis d’Amérique, les folles prophéties du leader israélien trouvent le soutien d’une variante américaine du judéo-christianisme, plus judéo que chrétien, dont les adeptes apprennent à croire que le doux Jésus reviendra sur terre en tant que vengeur meurtrier pendant que ses fidèles flottent jusqu’au ciel.

    La France sceptique est très loin de tels fantasmes. Le soutien français à Israël est politique et de longue date, mais teinté d’une dévotion semi-religieuse enracinée dans l’histoire récente.

    La France est officiellement, voire ostensiblement, une nation laïque, considérablement déchristianisée au cours des deux cents dernières années.

    Au cours du dernier demi-siècle, ce vide religieux a été comblé par le souvenir sacré de la Shoah, comme on appelle habituellement ici l’Holocauste.

    Tout a commencé en 1954, lorsqu’un journaliste juif de 27 ans, Eliezer Wiesel, rencontre à Paris le romancier catholique François Mauriac, âgé de 70 ans.

    Mauriac a été profondément ému par la « résurrection » de Wiesel de son expérience de prisonnier à Auschwitz, le considérant comme une figure du Christ. Pour Mauriac, le sacrifice des Juifs rappelle la crucifixion de Jésus.

    Avec l’aide de l’éminent écrivain français, Wiesel a transformé ses nombreuses notes yiddish en un mémoire français, La Nuit , témoignage qui a fait de lui une figure spirituelle majeure de l’après-Seconde Guerre mondiale.

    C’est Mauriac, le fervent chrétien, qui voyait chez Wiesel et son peuple des parallèles avec le christianisme, qui, avec la Shoah, était destiné à prendre les attributs d’une religion d’État en France à mesure que les souvenirs de l’occupation nazie se transformaient en mythe sacré.

    Lorsque les nazis ont envahi la France, environ 320 000 Juifs vivaient en France, dont un grand nombre d’étrangers ayant fui l’antisémitisme en Europe de l’Est.

    Ces malheureux exilés constituaient la majeure partie des 74 000 Juifs qui furent brutalement arrêtés et déportés sous l’occupation allemande. Ces déportations constituent la principale base factuelle de ce qui est devenu un sentiment de responsabilité nationale dans la Shoah comparable à celui de l’Allemagne elle-même.

    Cependant, de tous les pays occupés par les nazis, la France est le pays où le plus grand pourcentage de Juifs ont échappé aux déportations nazies. On estime que 75 pour cent des Juifs ont survécu à l’occupation sans être déportés, dont environ 90 pour cent des Juifs ayant la nationalité française.

    Les raisons de cette situation sont controversées, mais l’une des conséquences est que la France compte aujourd’hui la plus grande population juive d’Europe – environ un demi-million, soit la troisième plus grande population juive au monde, bien que loin derrière Israël ou les États-Unis (avec environ 7 millions chacun).

    Ces dernières années, de nombreux Juifs ont quitté la Russie et Israël pour s’installer en Allemagne (118 000 au total), ce qui fait de la France et de l’Allemagne les foyers avec plus de Juifs que tout autre État membre de l’Union européenne. Ce sont aussi les pays où la repentance institutionnalisée pour la Shoah est la plus développée.

    La différence est qu’un certain nombre d’éminents juifs d’Allemagne critiquent vivement Israël (ce qui pourrait leur causer des démêlés avec la justice), alors que la communauté juive française est plus résolument sioniste. Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), une sorte d’AIPAC française, défend farouchement les intérêts israéliens.

    Une particularité importante de la France est que la plus grande population juive d’Europe cohabite avec la plus grande population d’origine musulmane d’Europe continentale, majoritairement arabe. Bien que la France évite officiellement les comptages ethniques ou raciaux, cette population est estimée à environ 15 millions.

    Bien que politiquement désorganisée, cette communauté est considérée – en particulier par les dirigeants de la communauté juive – comme hostile à Israël. Le potentiel de conflit entre ces deux communautés – l’une très petite et très influente, l’autre très grande et disparate – hante depuis des années les dirigeants politiques français.

    Guy Mollet, alors ancien Premier ministre français, avec son épouse, à droite, et la politicienne israélienne Golda Meir, à gauche, lors du défilé du Jour de l’Indépendance d’Israël à Tel Aviv, le 13 mai 1959. (Wikimedia Commons, domaine public)

    Lorsque l’État juif n’était qu’un rêve, certains y voyaient une sorte de projet socialiste, basé sur le kibboutz. S’appuyant sur les relations amicales de longue date entre les socialistes français et le sionisme, la France était l’alliée occidentale la plus proche du nouvel État d’Israël.

    En 1954, le gouvernement du Premier ministre socialiste Guy Mollet accepta de vendre à Israël tout l’équipement militaire qu’il souhaitait. La France a même aidé Israël à développer des armes nucléaires.

    À cette époque, Tel Aviv et Paris étaient alliés contre le nationalisme arabe, dans la mesure où les États arabes laïcs et de gauche (Égypte, Syrie, Irak) sympathisaient à la fois avec les Palestiniens et avec le mouvement de libération nationale montant en Algérie française.

    Mais cela a changé sous Charles De Gaulle, qui a concédé l’indépendance de l’Algérie en 1962, a imposé un embargo sur les armes dans la région en 1967 et a cherché à construire des relations équilibrées avec les États arabes dans le cadre d’un effort visant à développer des relations amicales et postcoloniales avec le Sud global. .

    En juin 1967, la victoire éclair d’Israël dans la guerre des Six Jours fut célébrée dans les rues de Paris par de joyeux klaxons. Mais le président De Gaulle s’était opposé à l’expansion israélienne et avait appelé à une paix durable basée sur l’évacuation des territoires conquis par Israël et la reconnaissance mutuelle des États belligérants.

    Lors d’une conférence de presse remarquable le 27 novembre 1967, De Gaulle a exprimé son soutien continu à l’existence d’Israël comme fait accompli tout en exprimant de fortes réserves quant à l’avenir de la domination juive sur les territoires palestiniens.

    Après avoir rappelé l’admiration partagée pour le peuple juif et la sympathie pour ses souffrances, de Gaulle a observé, à propos de la création d’un État juif, que :

    « Certains redoutaient même que les Juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui restaient ce qu’ils avaient toujours été, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui et dominateur, une fois réunis sur le lieu de leur ancienne grandeur, viendraient transformer les vœux très émouvants exprimés depuis dix-neuf siècles dans une ambition ardente et conquérante”.

    Charles de Gaulle à Londres diffusant une émission de radio de la BBC en 1941. (Wikimedia Commons, domaine public)

    De Gaulle a rappelé qu’il avait promis que la France défendrait Israël de toute attaque arabe, mais a imploré Israël de ne pas utiliser son avantage pour attaquer ses voisins arabes.

    « Nous savons que la voix de la France n’a pas été entendue. Israël ayant attaqué, s’empare en six jours de combat des objectifs qu’il souhaitait atteindre. Aujourd’hui, sur les territoires conquis, elle organise une occupation qui ne peut se poursuivre sans oppression, répression, expulsions et résistance à tout ce qu’elle appellera terrorisme.»

    En réponse à ces déclarations, d’éminents intellectuels et dirigeants communautaires juifs ont cessé de vénérer De Gaulle en tant que chef de la Résistance. À cette époque, la Résistance elle-même en tant que mythe patriotique national fut rapidement discréditée à mesure que l’imaginaire public de l’occupation nazie se concentrait sur l’Holocauste.

    Le cinéma a joué un rôle. En 1969, le film documentaire de Marcel Ophuls, « Le chagrin et la pitié », convainc le public que la collaboration plutôt que la Résistance a largement dominé la France occupée. Le film a eu un fort impact sur l’opinion publique, notamment sur les jeunes de gauche qui avaient mené l’année précédente une révolte libertaire ciblant les deux héritiers politiques de la Résistance : le Parti communiste français et le président Charles De Gaulle.

    Dans l’ambiance révisionniste de l’époque, la fierté nationale issue de la Résistance a cédé la place à la honte nationale suscitée par la déportation des Juifs. Cette culpabilité est devenue une sorte de rituel public pour le public qui a regardé le documentaire de neuf heures « Shoah » de Claude Lanzmann, sorti en 1985. En 1990, la France a adopté une mesure appelée loi Gayssot qui peut entraîner de lourdes amendes, voire des peines d’emprisonnement, pour toute mise en question de la version officielle de l’Holocauste.

    Comme je l’ai écrit dans mon livre Circle in the Darkness , l’hérésie définit la religion. Un citoyen français peut nier l’existence de Napoléon, ou de tout autre événement historique, mais toute remise en cause de la version officielle de la Shoah est un blasphème. Ainsi, en sacralisant un événement historique unique, la loi Gayssot a en effet institué la Shoah comme religion d’État.

    La Shoah est célébrée officiellement et officieusement, non seulement lors de la commémoration annuelle de la Shoah, mais presque constamment dans les salles de classe, lors de voyages à Auschwitz, dans des programmes de radio et de télévision, dans des livres et des films. Elle a de facto remplacé le christianisme, qui avait succombé à la laïcité il y a plus d’un siècle, comme religion d’État. Elle a ses martyrs et ses saints, ses saintes écritures, ses rituels, ses pèlerinages, tout ce que le christianisme avait sauf la rédemption.

    Pendant ce temps, le développement industriel français d’après-guerre attirait des milliers de travailleurs d’Algérie.

    Ce n’est que lorsque de nouvelles lois dans les années 1970 ont autorisé le « regroupement familial » que le regroupement de travailleurs étrangers avec épouses et enfants a commencé à créer de grands quartiers d’immigrés, notamment dans les banlieues de Paris et d’autres grandes villes, avec leurs propres pratiques religieuses ethniquement distinctes, leur nourriture et leur habillement, notamment les femmes voilées, qui contrastent visiblement avec les coutumes françaises.

    La croissance de ces communautés a eu un fort impact sur l’environnement politique. Le Front national, une coalition de groupes d’extrême droite dirigée par Jean-Marie Le Pen, a appelé à l’arrêt de l’immigration, et la nouvelle gauche issue du mouvement de Mai 68 est devenue la championne des immigrés.

    Au début des années 1980, afin de se concilier avec l’unification européenne, le président socialiste François Mitterrand abandonne le programme de nationalisations et de mesures sociales pour lequel il avait été élu en coalition avec le Parti communiste français (PCF).

    Le PCF a quitté la coalition et a perdu par la suite son rôle d’influence à la fois dans l’assimilation des travailleurs étrangers et dans l’opposition à l’immigration illimitée. Les socialistes ont alors adopté les droits de l’homme et l’antiracisme comme leurs thèmes déterminants, condamnant l’opposition à l’immigration comme étant raciste. Accusé d’antisémitisme, le Front national a été condamné comme un paria n’ayant pas sa place dans la République. Cet ostracisme a été renforcée par la condamnation de Le Pen en vertu de la loi Gayssot pour avoir déclaré, dans une interview, que les chambres à gaz étaient « un point de détail de la Seconde Guerre mondiale ».

    Alors que la gauche a de plus en plus adopté une acceptation « des frontières ouvertes » de l’immigration, elle a aussi, de plus en plus, préconisé des mesures visant à interdire les coutumes musulmanes considérées comme violant la doctrine officielle française de la laïcité.

    La laïcité française a été institutionnalisée par la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État, qui a finalement privé l’Église catholique de son rôle traditionnel en matière d’éducation. En réponse à une apparente croissance de la pratique religieuse parmi les jeunes musulmans, la laïcité a été revitalisée en interdisant la signalisation de l’identité religieuse dans les écoles publiques, notamment en interdisant aux écolières de porter un foulard musulman pour se couvrir les cheveux. Cette focalisation sur l’habillement féminin a ensuite abouti à l’interdiction du port de la burqa en public. Bien que destinées à promouvoir l’assimilation culturelle, de telles mesures peuvent également alimenter le ressentiment des musulmans à l’idée d’être une minorité discriminée.


    Des manifestants palestiniens affrontent les troupes israéliennes dans la ville de Gaza en 1987, lors de la première Intifada. (Efi Sharir / Agence de presse et de photo israélienne, Wikimedia Commons, CC BY 4.0)

    En 1979, les attitudes occidentales à l’égard de l’Islam sont entrées dans une période radicalement schizophrénique, dénonçant la révolution islamique en Iran comme un désastre politique et en matière de droits de l’homme, tout en apportant leur plein soutien aux moudjahidines islamiques de l’Afghanistan voisin.

    L’exhibitionniste politique français Bernard Henri Lévy était un partisan des plus zélés des musulmans afghans opposés à l’incursion russe qui n’a pas réussi à sauver les forces progressistes modernisatrices à Kaboul.

    C’est le stratège en chef du président Jimmy Carter, Zbigniew Brzezinski, qui a vu le potentiel de l’islam militant pour vaincre l’influence soviétique en Asie centrale. Dans les années 1990, les États-Unis ont secrètement soutenu l’armement illégal des moudjahidines pour combattre aux côtés des islamistes en Bosnie, contre la Serbie, considérée par Washington comme une Russie miniature.  Pour les dirigeants de l’Occident “éclairé”, les expressions les plus médiévales de l’Islam étaient considérées comme un outil utile contre la version rivale des Lumières, à l’Est, fondée sur le marxisme.

    Les premiers ennemis d’Israël étaient liés au nationalisme arabe laïc : les Forces populaires de libération (FPL), le Fatah et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). À Gaza, la branche locale des Frères musulmans, interdite en Egypte et hostile aux groupes laïcs, semblait inoffensive, d’autant que son chef, Cheikh Ahmad Yassin, était tétraplégique, confiné dans un fauteuil roulant et à moitié aveugle.

    Yassin a construit un centre islamique, appelé Moujamma, qui a gagné en popularité grâce à diverses activités sociales et caritatives. Les maîtres israéliens ont favorisé cette évolution car elle rivalisait avec les groupes de résistance laïque. Israël a officiellement reconnu la Moujamma en 1979 et le nombre de mosquées à Gaza a doublé sous l’administration israélienne.

     “Pour les dirigeants de l’Occident éclairé, les expressions les plus médiévales de l’Islam étaient considérées comme un outil utile contr la version rivale des Lumières, à l’Est, fondée sur le marxisme.”

    Ce n’est que lors du soulèvement palestinien de décembre 1987, connu sous le nom de Première Intifada, que Cheikh Yassine crée le Hamas, voué à la résistance islamiste. Proche du peuple par ses activités culturelles et sportives, l’organisation islamique disposait d’une base populaire qui a finalement conduit à un succès électoral à Gaza contre l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) laïque en 2006.

    L’instrumentalisation complexe d’Al-Qaïda par les États-Unis en Afghanistan, la révolution islamiste en Iran, le soutien américain à l’Irak de Saddam Hussein contre l’Iran avant de lancer une guerre contre Saddam Hussein, ont conduit de manière mystérieuse aux dramatiques attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center. à New York et au Pentagone, dont le seul effet politique évident a été de cimenter l’alliance américano-otano-israélienne contre le « terrorisme islamique ».

    Ce terme implique de confondre différents groupes, souvent mutuellement hostiles, ainsi que d’associer faussement des musulmans pacifiques à des groupes armés. Les dirigeants israéliens ont toujours dénoncé les résistants palestiniens comme des terroristes, y compris ceux qui sont chrétiens. Mais le terrorisme islamiste était une menace qui permettait d’identifier plus facilement Israël comme la ligne de front dans la défense de la civilisation judéo-chrétienne occidentale.

    8 octobre 2023 : Ruines laissées par les frappes aériennes israéliennes à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza. (Mahmoud Fareed, Wafa pour APAimages)

    Depuis lors, les États-Unis et leurs partisans de l’OTAN ont ravagé le Moyen-Orient, utilisant l’extrémisme islamiste comme ennemi officiel ou allié factuel, pour détruire les trois États les plus laïcs et pro-palestiniens de la région, l’Irak, la Libye et la Syrie – en exécutant Saddam Hussein, en assassinant Mouammar Kadhafi et en persistant dans l’occupation illégale et les sanctions contre la Syrie visant à renverser Bashar al Assad.

    Suivant la tradition gaulliste, le président Jacques Chirac a tenu la France à l’écart de l’invasion de l’Irak menée par les États-Unis en 2003. Mais les gouvernements suivants se sont alignés sur les États-Unis et Bernard-Henri Lévy a ostensiblement incité la France à attaquer la Libye.  La France a payé un lourd tribut à cause de ses rencontres ambiguës avec l’Islam. Au cours des 12 dernières années, le pays a connu un nombre extraordinaire d’attaques terroristes islamistes authentiques contre des civils, perpétrées par des fanatiques criant « Allahu Akbar ».

    – En mars 2012, un homme nommé Mohammed Merah a abattu sept personnes, dont un rabbin français et trois jeunes enfants juifs, dans le sud de la France. Ses motivations déclarées incluaient la Palestine et l’interdiction française de la burqa.

    – Le 7 janvier 2015, deux attaques coordonnées ont eu lieu, provoquant un choc majeur dans l’opinion publique. Des hommes armés sont entrés dans les locaux du journal satirique Charlie Hebdo et ont assassiné huit caricaturistes de renom et deux gardiens, pour se venger de la publication de caricatures insultantes à l’égard du Prophète. Entre-temps, un complice a tué plusieurs personnes lors d’une prise d’otages dans une épicerie casher.

    – L’attaque la plus meurtrière a eu lieu dans la soirée du 13 novembre de la même année, tuant 131 personnes et en blessant 413 autres lorsque des fanatiques islamistes se sont fait exploser devant un événement sportif majeur, ont lancé des coups de feu et des grenades dans un théâtre lors d’un concert de rock et aux terrasses des cafés parisiens. L’État islamique en Irak et en Syrie (EIIS) a qualifié ces attaques de représailles aux bombardements français en Syrie.

    – Le 14 juillet 2016, un Tunisien a foncé avec un camion de 19 tonnes sur une foule en vacances sur la Promenade des Anglais à Nice, tuant 86 personnes et en blessant 434 avant d’être abattu par la police.

    –Douze jours plus tard, un prêtre de 86 ans est tué à coups de couteau alors qu’il disait la messe dans une église de Normandie. L’Etat islamique a revendiqué la responsabilité du meurtre.

    – Le 6 octobre 2020, lors d’un cours sur la liberté d’expression, l’enseignant de collège Samuel Paty a montré à sa classe les caricatures du Prophète de Charlie Hebdo, après avoir autorisé les élèves musulmans à sortir s’ils le souhaitaientDix jours plus tard, en représailles, l’enseignant a été poignardé et décapité dans la rue par Abdullakh Anzorov, 18 ans, un réfugié islamique tchétchène bénéficiant de l’asile politique en tant qu’exilé de Russie. Cela a provoqué un énorme choc en France, notamment parmi le corps enseignant.

    – Le 13 octobre 2023, un réfugié politique tchétchène de 20 ans criant Allahu Akbar a attaqué une école d’Arras, dans le nord de la France, poignardant à mort le professeur de littérature française Dominique Bernard.

    Dans ce contexte, les Français sont particulièrement sensibles au terme de « terrorisme islamique » [comme si toute la religion islamique en était responsable, plutôt que de parler de terrorisme islamiste, qui fait référence à l’islam politique.]

    Lorsque, le 7 octobre, des combattants de Gaza ont réussi à entrer en Israël, les médias et les hommes politiques français ont immédiatement condamné l’attaque comme étant du « terrorisme islamique », la reliant implicitement à la longue chaîne d’attaques islamistes en France.

    Contrairement à ces attaques, les combattants du Hamas, bien organisés, ont mené une opération militaire réussie, brisant le mur israélien qui emprisonne Gaza et envahissant les bases militaires israéliennes. Cette opération avait des objectifs clairs, notamment la prise d’otages pour les échanger contre quelques-uns des milliers de prisonniers palestiniens détenus par Israël. La prise d’otages était une invitation claire à des négociations, mais le régime israélien déteste toute négociation susceptible de « légitimer » un mouvement palestinien.

    “Lorsque, le 7 octobre, des combattants de Gaza ont réussi à entrer en Israël, les médias et les hommes politiques français ont immédiatement condamné l’attaque en la qualifiant de “terrorisme islamique”, la reliant implicitement à la longue chaîne d’attaques islamistes en France.” 

    Le gouvernement a initialement interdit les manifestations protestant contre les attaques massives d’Israël sur la population de Gaza. Des manifestants pacifiques ont été brutalisés et condamnés à une amende par la police. Toutefois, les interdictions ont été levées et les manifestations pro-palestiniennes se sont poursuivies. L’opposition aux représailles génocidaires d’Israël contre la population de Gaza est certainement forte au sein de la population française, en particulier parmi les jeunes, mais elle a très peu de voix politique et jusqu’à présent, aucun sondage ne la mesure.

    Les médias français ont fait écho aux rapports israéliens extrêmement exagérés sur les atrocités du Hamas et la « montée de l’antisémitisme ».

    Les journaux ont fait état des craintes croissantes des Juifs d’être attaqués ici en France. Le gouvernement israélien a délibérément exploité la peur de l’antisémitisme pour encourager les Juifs français à s’installer en Israël, mais le succès des incursions du Hamas risque d’ébranler la confiance en Israël en tant que refuge sûr des Juifs – en entassant la moitié de la population juive mondiale dans un petit espace entouré par des ennemis.

    Jean-Luc Mélenchon en 2019. (La Gauche, Flickr, CC BY-NC-ND 2.0)

    Dans les jours qui ont suivi le 7 octobre, les intervieweurs des grands médias ont mis à l’épreuve tous les politiciens en exigeant de condamner le Hamas comme une « organisation terroriste islamiste ». Presque tous se sont conformés avec enthousiasme, soulignant leur soutien au « droit d’Israël à exister » (quoi que cela puisse impliquer).

    Du chef du Parti communiste Fabien Roussel à Eric Zemmour, fondateur d’un parti nationaliste à droite de Marine Le Pen, les politiques français ont été unanimes à condamner « l’attaque terroriste brutale » du Hamas – à une exception près. L’exception notable était le principal homme politique de gauche du pays, Jean-Luc Mélenchon.

    Mélenchon a refusé de dénoncer le Hamas comme une « organisation terroriste ». Les meurtres de civils par le Hamas sont des « crimes de guerre », comme tout meurtre de civils, a-t-il déclaré. Les attaques, a-t-il tweeté, “ne prouvent qu’une chose : la violence ne fait que se produire et se reproduire. Horrifiées, nos pensées et notre compassion vont à toutes les populations en détresse, victimes de tout cela. Un cessez-le-feu doit être imposé . ”

    De nombreux parlementaires du parti de Mélenchon « La France Insoumise » (LFI) ont emboîté le pas, contrairement à d’autres sections de la gauche fragmentée. Danièle Obono, députée LFI Paris d’origine africaine, a été brutalement incitée par un journaliste de télévision hostile à déclarer que le Hamas « est un mouvement de résistance, c’est comme ça qu’il s’appelle… son objectif est la libération de la Palestine… il résiste à l’occupation ». En quelques heures, le ministre de l’Intérieur, Gérard Darmanin, a annoncé qu’il la mettait en examen pour « apologie du terrorisme ».

    Un lynchage verbal s’est élevé contre Mélenchon, un chœur vigoureusement rejoint non seulement par ses ennemis de droite mais aussi par ses rivaux dans les petits partis appartenant à la coalition électorale de gauche en désintégration NUPES ( Nouvelle Union Populaire, Ecologique et Sociale ) qu’il a fondée. Mélenchon et LFI sont dénoncés comme des « islamo-gauchistes », flattant les terroristes pour conquérir le vote musulman.

    Yonathan Arfi, le président du CRIF, a dénoncé avec colère Mélenchon comme « un ennemi de la République ». Mélenchon, a-t-il dit en étant enragé « a choisi de ne pas exprimer sa solidarité avec Israël mais de légitimer le terrorisme par une équivalence entre Israël et le Hamas ».

    De son côté, Serge Klarsfeld, célèbre chasseur de nazis de toujours et président de l’association Fils et filles de juifs déportés de France, se réjouissait que Marine Le Pen ait complètement changé l’idéologie de son parti, le Rassemblement National , par rapport à celle de son père, Jean-Marie Le Pen.

    Marine Le Pen a dirigé son parti lors d’une manifestation à Paris le 12 novembre 2023 contre l’antisémitisme tout en soulignant son soutien à Israël. Du coup, elle est « devenue respectable », a-t-il conclu. Une telle approbation rendra difficile sa diabolisation lors des prochaines élections, comme par le passé.

    Faisant référence à Jean-Luc Mélenchon, Klarsfeld a regretté que « l’extrême gauche ait abandonné sa ligne d’action contre l’antisémitisme», tout en soulignant que « l’extrême gauche a toujours eu une tradition antisémite ».

    Ainsi, un renversement politique qui se prépare depuis longtemps est en train de s’achever, non seulement en France mais dans toute l’Europe et même en Amérique. Israël, dont les premiers partisans étaient à gauche, de l’Union soviétique aux socialistes français, est défendu le plus vigoureusement par la droite, tandis que de plus en plus de personnes (mais rarement de politiciens) de gauche se joignent au choc et à l’horreur du monde non occidental face aux actions génocidaires d’Israël contre le peuple palestinien.

    Les champions d’Israël les plus extrémistes, dont de nombreux commentateurs et Eric Zemmour, journaliste fondateur du parti nationaliste et anti-musulman appelé Reconquête à droite de Marine Le Pen, fusionnent le conflit israélo-palestinien dans une guerre mondiale des civilisations. Pour eux, le Hamas n’est qu’une partie d’une guerre islamique internationale contre la civilisation occidentale. Dans cette vision des choses, Israël est l’avant-garde de la civilisation occidentale dont le principal ennemi est l’antisémitisme.

    Au milieu de cette tourmente, le président Emmanuel Macron suit les tendances européennes, mais avec des notes d’ambiguïté confirmant sa position de parfait centriste. Il a hésité avant de suspendre le financement de l’UNRWA, puis l’a fait en affirmant que son intention était d’obtenir un cessez-le-feu. Une telle incertitude ne peut que déplaire aux deux côtés de la nation aigrie et divisée autour de Gaza.

    Il est resté à l’écart des manifestations politiquement surchargées du 12 novembre contre l’antisémitisme, mais a compensé en dirigeant une commémoration le 7 février à Paris des 42 victimes françaises et franco-israéliennes des attentats du 7 octobre. Le gouvernement français a affrété un avion pour transporter les proches des victimes d’Israël. Les participants ont hué et crié « fasciste ! » et « terroristes ! » aux parlementaires du parti de Mélenchon venus leur rendre hommage.

    Sous une pluie froide, Macron a lu les prénoms des 42 victimes dont la vie, selon lui, a été « brisée par la fureur terroriste».

    « Le 7 octobre, à l’aube, dit-il, l’innommable a refait surface des profondeurs de l’histoire, produisant « le plus grand massacre antisémite de notre siècle ».

    Ainsi, en France, il semble que le véritable sujet du 7 octobre ne concernait pas Gaza, ni Israël, et certainement pas les Palestiniens, mais fondamentalement une résurgence de l’impunité provoquée par l’omniprésente Shoah.

    Diana Johnstone

    Par Diana Johnstone

    Diana Johnstone a été attachée de presse du Groupe des Verts au Parlement européen de 1989 à 1996. Dans son dernier livre, Circle in the Darkness : Memoirs of a World Watcher (Clarity Press, 2020), elle raconte les épisodes clés de la transformation de l’Allemagne. Le Parti Vert passe d’un parti de la paix à un parti de la guerre. Ses autres livres incluent : La croisade des fous  Yougoslavie, première guerre de la mondialisation (Éditions critiques) et en co-auteur avec son père, Paul H. Johnstone, From MAD to Madness : Inside Pentagon Nuclear War Planning (Clarity Press). Elle est joignable à diana.johnstone@wanadoo.fr

    Article original en anglais publié le 12 février 2024 dans Consortiumnews.com

    Traduction en français: https://arretsurinfo.ch/diana-johnstone-le-genocide-rencontre-la-devotion-francaise-envers-israel/

  • Dernières nouvelles (23février 2024)- Le FMI s’engage à soutenir l’Égypte ….

    Dernières nouvelles (23février 2024)- Le FMI s’engage à soutenir l’Égypte ….

    alors qu’elle se prépare au déplacement massif des habitants de Gaza

    Le Fonds monétaire international (FMI) affirme qu’il y a « d’excellents progrès » dans les négociations avec l’Égypte sur un programme de prêt qui vise à « aider » le pays à surmonter ses difficultés financières et à gérer un déluge potentiel de réfugiés palestiniens dont Israël cherche à se débarrasser pour procéder au nettoyage ethnique de Gaza.

    « L’équipe du FMI et les autorités égyptiennes se sont mises d’accord sur les principaux éléments d’un programme, et les autorités ont exprimé un ferme engagement à son égard. Ces discussions sont en cours et nous vous tiendrons au courant une fois finalisées », a déclaré la porte-parole du FMI, Julie Kozack, aux journalistes le 22 février.

     « En ce qui concerne la question de l’impact potentiel des pressions exercées par les réfugiés de Gaza, ce que nous constatons en Égypte, c’est qu’il est nécessaire de disposer d’un programme de soutien très complet. Et nous travaillons pour que l’Égypte n’ait pas besoin de financement résiduels et pour garantir que le programme soit capable d’ y assurer la stabilité macroéconomique et financière  » a ajouté Kozack.

    L’Égypte est en pourparlers depuis le mois dernier avec l’agence financière basée aux États-Unis pour relancer et étendre un accord de prêt de 3 milliards de dollars signé en décembre 2022. Les décaissements du prêt ont été suspendus l’année dernière après sa promesse non tenue de laisser la livre égyptienne « répondre aux forces du marché » et l’a plutôt fixée par rapport au dollar américain en mars.

    Cependant, la situation du Caire auprès du FMI a changé après le début de la campagne de génocide israélienne dans la bande de Gaza. La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a déclaré en novembre que l’agence « envisageait sérieusement » une éventuelle augmentation du programme de prêts égyptien en raison des « difficultés économiques posées par la guerre entre Israël et Gaza ».

    « Le prêt pourrait atteindre jusqu’à 10 milliards de dollars pour aider l’économie égyptienne à survivre face à des facteurs locaux et externes, notamment l’attaque israélienne sur la bande de Gaza voisine et les tensions dans la mer Rouge, qui influencent négativement les revenus générés par le canal de Suez », a déclaré un responsable égyptien à une source, New Arab, ce mois-ci.

    En outre, cette semaine, la multinationale énergétique américaine Chevron a annoncé son intention d’ augmenter la production du champ israélien de Tamar, ce qui entraînera une augmentation des exportations de gaz vers l’Égypte de 4 milliards de mètres cubes supplémentaires dans les années à venir.

    A Palestinian woman by the barbed-wire fence in the Rafah camp by the Egyptian border, in the Gaza Strip.

    Cela a coïncidé avec le début des travaux de construction d’une « zone de sécurité isolée » dans l’est du désert du Sinaï, à la frontière avec la bande de Gaza, dont beaucoup s’attendent à ce qu’elle serve de zone tampon pour les Palestiniens déplacés.

    « Les travaux de construction observés dans le Sinaï le long de la frontière avec Gaza – l’établissement d’un périmètre de sécurité renforcé autour d’une zone spécifique et ouverte – sont des signes sérieux que l’Égypte pourrait se préparer à accepter et à autoriser le déplacement des Gazaouis vers le Sinaï, en coordination avec Israël et les États-Unis », a déclaré la semaine dernière Muhannad Sabry, chercheur sur les affaires du Sinaï et la sécurité en Égypte, à la Fondation Sinaï.

    Le Caire a récemment renforcé sa présence militaire à la frontière de Gaza, invoquant les craintes d’un débordement de la campagne de nettoyage ethnique menée par Israël sur son territoire une fois que l’invasion terrestre de Rafah aura commencé. Les responsables israéliens ont clairement exprimé à plusieurs reprises leur désir non seulement de « vaincre le Hamas », mais aussi de forcer les 2,3 millions de citoyens de Gaza à fuir vers l’Égypte ou d’autres pays en tant que réfugiés.

    Source : https://thecradle.co/articles-id/23572

  • Pepe Escobar-L’Axe d’Asymétrie s’attaque à « l’ordre fondé sur des règles »

    Pepe Escobar-L’Axe d’Asymétrie s’attaque à « l’ordre fondé sur des règles »

    La Troisième Guerre mondiale est là, se déroulant de manière asymétrique sur des champs de bataille militaires, financiers et institutionnels, et le combat est existentiel. L’hégémon occidental, en vérité, est en guerre contre le droit international, et seule une « action militaire cinétique » peut le mettre au pas.

     Il s’agit d’acteurs étatiques et non étatiques qui emploient des mouvements asymétriques sur l’échiquier mondial pour marginaliser l’ordre occidental fondé sur des règles et dirigé par les États-Unis. Et son avant-garde est le mouvement de résistance yéménite Ansarallah. 

    Ansarallah est absolument implacable. Ils ont abattu  un drone MQ-9 Reaper de 30 millions de dollars avec seulement un missile indigène de 10 000 dollars. Ils sont les premiers dans les pays du Sud à utiliser des missiles balistiques antinavires contre des navires commerciaux et de la marine américaine se dirigeant vers Israël et/ou protégeant celui-ci.

     À toutes fins pratiques, Ansarallah est en guerre  contre rien de moins que la marine américaine.

    Ansarallah a capturé l’un des véhicules sous-marins autonomes (AUV) ultra sophistiqués de la marine américaine, le Remus 600, d’une valeur de 1,3 million de dollars, un drone sous-marin en forme de torpille capable de transporter une charge utile massive de capteurs. 

    Prochaine étape : l’ingénierie inverse en Iran ? Les pays du Sud attendent avec impatience, prêts à payer dans des devises qui contournent le dollar américain. Tout ce qui précède – un remix maritime du XXIe siècle de la piste Ho Chi Minh pendant la guerre du Vietnam – montre clairement que l’Hégémon n’est peut-être même pas considéré comme un tigre de papier, mais plutôt comme une sangsue de papier.

    Dans le tableau d’ensemble – lié au génocide incessant perpétré par Israël à Gaza – intervient un véritable leader du Sud, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva . Lula a parlé au nom du Brésil, de l’Amérique latine, de l’Afrique, des BRICS 10 et de l’écrasante majorité des pays du Sud lorsqu’il est allé droit au but et a défini la tragédie de Gaza pour ce qu’elle est : un génocide. Il n’est pas étonnant que les tentacules sionistes du Nord – ainsi que ses vassaux du Sud – soient devenus fous. 

    Les génocidaires de Tel Aviv ont déclaré Lula persona non grata en Israël. Pourtant, Lula n’a pas assassiné plus de 29 000 Palestiniens – dont l’écrasante majorité étaient des femmes et des enfants.

    L’histoire sera impitoyable : ce sont les génocidaires qui finiront par être jugés comme persona non grata pour l’humanité toute entière.

    Ce que Lula a dit représente les 10 BRICS en action : cela a évidemment déjà été réglé avec Moscou, Pékin, Téhéran et, bien sûr, l’Union africaine. Lula a pris la parole à Addis-Abeba et l’Éthiopie est désormais membre des 10 BRICS. Le président brésilien a été extrêmement intelligent en programmant sa vérification des faits sur Gaza pour qu’elle soit sur la table lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 à Rio. Bien au-delà des BRICS 10, ce qui se passe à Gaza est un consensus parmi les partenaires non occidentaux du G20 – qui constituent en réalité la majorité. Personne, cependant, ne devrait s’attendre à une quelconque suite sérieuse au sein d’un G20 divisé. Le cœur du problème réside dans les faits sur le terrain.

    Une attention extrême doit être portée au calendrier. Les forces de la République populaire de Donetsk (RPD) et la Russie ont passé deux années de durs combats à Novorossiya juste pour arriver au stade où il devient clair – sur la base du champ de bataille et des faits accumulés sur le terrain – que les « négociations » ne signifient que les termes de l’accord. La capitulation de Kiev. En revanche, le travail de l’Axe de la Résistance en Asie occidentale n’a même pas encore commencé. Il est juste d’affirmer que sa force et sa pleine implication souveraine n’ont pas encore été déployées (pensez au Hezbollah et à l’Iran). 

    Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avec sa subtilité proverbiale, a laissé entendre qu’il n’y avait en fait rien à négocier sur la Palestine. Et s’il devait y avoir un retour à des frontières, ce seraient celles de 1948. L’Axe de la Résistance comprend que l’ensemble du projet sioniste est illégal et immoral. Mais la question demeure : comment le jeter, en pratique, dans les poubelles de l’Histoire ?

    Les scénarios possibles – manifestement optimistes – incluent la prise de possession de la Galilée par le Hezbollah, étape vers la reprise éventuelle du plateau du Golan occupé par Israël. Il n’en reste pas moins que même une Palestine unie n’a pas la capacité militaire de reconquérir les terres palestiniennes volées. 

    Ainsi, les questions posées par l’écrasante majorité des pays du Sud qui soutiennent Lula pourraient être les suivantes : qui d’autre, à part Ansarallah, le Hezbollah, les Hashd al-Shaabi, rejoindra l’Axe d’asymétrie dans la lutte pour la Palestine ? Qui serait prêt à venir en Terre Sainte et à mourir ? (Après tout, dans le Donbass, seuls les Russes et les Russophones meurent pour les terres historiquement russes)Et cela nous amène à la fin du jeu : seule une opération militaire spéciale (SMO) en Asie occidentale, jusqu’au bout, réglera la tragédie palestinienne. Une traduction de ce qui se passe au sein de l’Axe de la Résistance slave :  « Ceux qui refusent de négocier avec Lavrov, traitent avec Choïgou ».

    Ce néoconservateur hors de lui, le secrétaire d’État Tony Blinken, a laissé le chat sortir du sac lorsqu’il a défini son tant chéri « ordre international fondé sur des règles » :

    « Si vous n’êtes pas sur la table, vous êtes au menu. »

    Suivant sa propre logique hégémonique, il est clair que la Russie et les États-Unis/l’OTAN sont sur la table tandis que l’Ukraine est au menu. Et la mer Rouge ? Les Houthis défendant la Palestine contre les États-Unis, le Royaume-Uni et Israël sont clairement sur la table, tandis que les vassaux occidentaux soutenant Israël par voie maritime sont clairement au menu. 

    Et c’est là le problème : les Hégémons – ou, dans la terminologie scientifique chinoise, « les croisés » – ont perdu le pouvoir de placer des cartes de visite sur la table. La principale raison de cet effondrement de l’autorité est la multiplication de réunions internationales sérieuses parrainées par le partenariat stratégique Russie-Chine au cours des deux dernières années depuis le début de la SMO. Il s’agit d’une planification séquentielle, avec des objectifs à long terme clairement définis. Seuls les États civilisationnels peuvent le faire – et non les casinos néolibéraux ploutocratiques. 

    Négocier avec l’Hégémon est impossible parce que l’Hégémon lui-même empêche les négociations (voir le blocage en série des résolutions de cessez-le-feu à l’ONU). De plus, l’Hégémon excelle dans l’instrumentalisation de ses élites clientes dans les pays du Sud par le biais de menaces ou de kompromat : voyez la réaction hystérique des grands médias brésiliens au verdict de Lula sur Gaza.

    Ce que la Russie montre au Sud, deux ans après le début du SMO, c’est que la seule voie pour donner une leçon à l’Hégémon doit être  cinétique, ou « militaro-technique ». Le problème est qu’aucun État-nation ne peut se comparer à la superpuissance nucléaire/hypersonique/militaire, la Russie, dans laquelle 7,5 % du budget gouvernemental est consacré à la production militaire. La Russie est et restera sur le pied de guerre permanent jusqu’à ce que les élites hégémoniques reprennent leurs esprits – et cela n’arrivera peut-être jamais.

    Pendant ce temps, l’Axe de la Résistance d’Asie occidentale observe et apprend, jour après jour. Il est toujours crucial de garder à l’esprit que pour tous les mouvements de résistance dans les pays du Sud – et cela inclut également, par exemple, les Africains de l’Ouest contre le néocolonialisme français – les lignes de fracture géopolitiques ne pourraient pas être plus marquées. C’est une question d’Occident collectif contre l’Islam ; l’Occident collectif contre la Russie ; et tôt ou tard, une partie substantielle de l’Occident, même à contrecœur, contre la Chine.

    Le fait est que nous sommes déjà plongés dans une guerre mondiale à la fois existentielle et civilisationnelle. Alors que nous nous trouvons à la croisée des chemins, il y a une bifurcation : soit une escalade vers une « action militaire cinétique » manifeste, soit une multiplication des guerres hybrides sous plusieurs latitudes. 

    C’est donc à l’Axe de l’Asymétrie, calme et serein, de forger les couloirs, les passages et les pistes souterraines capables de saper et de renverser l’ordre international unipolaire et fondé sur des règles dirigé par les États-Unis.

    Source 23 https://thecradle.co/articles-id/23577 FÉVRIER 2024

  • الطاهر المعز-خفايا العدوان الصهيوني: مشاريع خطيرة

    الطاهر المعز-خفايا العدوان الصهيوني: مشاريع خطيرة

    خفايا العدوان الصهيوني: مشاريع خطيرة -لطاهر المعز

    قال الرئيس المصري أنور السادات إن توقيع اتفاقية سلام مع العدو الصهيوني سيسمح بتخفيض الإنفاق العسكري وتخصيص المزيد من الأموال للتنمية. لقد وعد الشعب المصري بالرخاء والإزدهار، ولكن وبعد أكثر من 45 عاماً ازداد الوضع سوءاً، وظهرت النتائج الكارثية للتطبيع مع العدو ولم تسترد مصر سيادتها الكاملة على أراضيها، بما في ذلك سيناء، حيث يحتاج دخول الجيش المصري إلى جزء من وطنه، موافقة أمريكية وصهيونية، ولا تمارس الدولة المصرية أي سيادة على المناطق الحدودية بين مصر وفلسطين، ولا يمكن للدولة المصرية أن تتخذ أي قرار بشأن سيناء دون موافقة الولايات المتحدة والدولة الصهيونية، أما رفح فهي مدينة يقع جزء منها في مصر والآخر في فلسطين، ولا يمكن للدولة المصرية أن تقرر فتح أو إغلاق المعبر الحدودي بين غزة ومصر دون إذن وإشراف ومراقبة الدولة الصهيونية، والدولة المصرية غير قادرة – إن توفّرت الإرادة – على التصدي للمخطط الصهيوني لنقل مئات الآلاف من الفلسطينيين من غزة إلى سيناء.

    أما الغاز المنهوب من الساحل الفلسطيني قبالة ميناء مدينة حيفا المُحتلّة فيتم تسييله ومُعالجته في مصر قبل تصديره إلى أوروبا، ما يجعل مصر متعاقدة من الباطن مع الكيان الصهيوني، فقد سمح « التطبيع الاقتصادي » بـ »الإندماج المهيمن » للدولة الصهيونية في منطقة المشرق العربي، والكيان الصهيوني هو الممثل الرسمي للمصالح الإمبريالية في المنطقة، وتمتد هيمنته من الخليج إلى المغرب، ولم تستفد مصر، أهم دولة عربية وأول دولة طبّعت علاقاتها رسميا، من استسلامها، بل على العكس من ذلك، ارتفعت الديون الخارجية ونسبة الفقر والبطالة والأمية والهجرة غير النظامية للمصريين بحثًا عن عمل، وتُناور الدولة الصهيونية – بدعم من الولايات المتحدة – لبناء قناة – اصطُلِحَ على تسميتها « قناة بن غوريون » – تنافس قناة السويس وتحرم مصر من عائدات القناة، وهو مشروع قديم يعود تاريخ طرحه إلى ما بعد العدوان الثلاثي على مصر سنة 1956، لكنه عاد إلى السّطح مؤخّرًا…

    أدّى العدوان الصهيوني على فلسطينِيِّي غزة إلى بعض الرُّدُود من المقاومة في بعض البلدان المجاورة لفلسطين، واستهدفت المقاومة اليَمَنِيّة السّفن المُتجهة إلى أو القادمة من موانئ فلسطين المحتلة، والتي تعبر خليج عَدن ومضيق باب المندب، ورغم أهمية البحر الأحمر وربطه بين ثلاث قارات (آسيا وإفريقيا وأوروبا) غَيَّرت بعض الشركات مسارات سفنها إلى رأس الرجاء الصالح (جنوب إفريقيا) ما يزيد من زمن الرحلة أسبوعًا كاملا بفعل المسافة الإضافية المُقَدّرة ب3500 ميل بحري، ومن تكلفة نقل الشحنات وارتفاع تكاليف التأمين والرسوم، وتضرّر الإقتصاد المصري جراء انخفاض عدد السّفن العابرة لقناة السويس التي تَعْبُرُها السفن الحربية والتجارية المُتّجهة إلى أو القادمة من آسيا وآوروبا عبر باب المندب، أحد المنافذ البحرية الحيوية في البحر الأحمر الذي يبلغ عرضه 18 ميلاً في أضيق نقطة له، ما يجعل حركة الناقلات تقتصر على قناتين فقط للشحنات الواردة والصادرة، وأهمها 12% من إجمالي الشحنات العالمية للنفط الخام و8% من شحنات الغاز الطبيعي المسال، وخصوصا المتجه من منطقة الخليج إلى البحر الأبيض المتوسط عبر قناة السّويس، أو السلع الأخرى المتجهة إلى آسيا.

    يبلغ طول قناة السويس 192 كيلومتراً، وتمثل شريانًا حيويًّا للتجارة العالمية، وخصوصًا لنَقْل نحو 9,2 مليون برميل يوميا من شحنات النّفط، أو نحو 9% من إجمالي الإمدادات العالمية، فيما تمر نسبة 12% من التجارة العالمية البحرية و 40% من حجم المعاملات التجارية بين آسيا وأوروبا ومجمل صادرات النفط الخليجية عبر البحر الأحمر، واستغلت بعض الدّول والشركات اضطراب حركة الملاحة، بفعل العدوان الصهيوني، لتفعيل بدائل قديمة لقناة السويس والبحر الأحمر ( مثل قناة بن غوريون التي تربط بين البحر الأبيض المتوسط والبحر الأحمر) أو ابتكار بدائل جديدة (مثل طريق الهند الخليج فلسطين المحتلة أوروبا)، فضلا عن محاولات تركيا تحويل ميناء جيهان إلى محور لعبور الغاز القادم من روسيا ودول وسط آسيا أو جعل ميناء مرسين محطة للمشروع الإيراني « طريق التنمية » الذي يمتد من ميناء الفاو العراقي في البصرة إلى ميناء مرسين التركي، ليكون بديلا لقناة السويس…  

    قبل العدوان الصهيوني على فلسْطِينِيِّي غزة، كانت ضفاف البحر الأحمر تضم ما لا يقل عن إحدى عشر قاعدة عسكرية أجنبية، معظمها أمريكية، وخلال العدوان الذي لا يزال مُستمرًّا نشرت الولايات المتحدة بوارج حربية وقوات إضافية وعززت تحالفاتها مع بريطانيا والأنظمة العميلة لها في الخليج، ونفّذت (مع بريطانيا خصوصًا) عمليات عسكرية عدوانية على شعب اليمن الذي قصفت مُقاومته السفن المتجهة إلى فلسطين المحتلة أو المرتبطة بالكيان الصهيوني، ما خفض حركة السُفُن عبر مضيق باب المندب وقناة السّويس – التي تُعَدُّ مصدَرًا هامًّا للعملات الأجنبية للدولة المصرية – بسبب تغيير بعض الشركات وجهة سُفُنها نحو رأس الرجاء الصالح (جنوب إفريقيا)، ما زاد من فترة الرحلة ومن تكلفة الشحن، وتتخوف بعض الشركات من اضطراب سلاسل الإمداد، وتَرَاجُعِ نمو التجارة الدّولية التي تمر عبرها نحو 20% من حركة التجارة ومن إنتاج النفط العالمي، وفق وكالة « بلومبرغ » التي نبّهت منذ منتصف كانون الثاني/يناير 2024 إلى تَراجُعِ حركة مرور السفن التجارية عبر قناة السويس إلى أدنى مستوياتها منذ ثلاث سنوات تقريبا (منذ انتشار وباء كوفيد-19) وتحول التجارة العالمية إلى رأس الرجاء الصالح بجنوب أفريقيا، وهي الطريق الأطول والأكثر تكلفة، وزادت حِدّة المَخاطر بعد الإعتداءات العسكرية الأميركية والبريطانية على شعب اليمن والمقاومة اليَمَنِية للإحتلال السعودي/الإماراتي المدعوم امبرياليًّا.

    انخفض حجم التجارة عبر قناة السويس، خلال شهرَيْن بنسبة 45% بنهاية كانون الثاني/يناير 2024، وفق منظمة الأمم المتحدة للتجارة والتنمية (أونكتاد) التي عبَّر أحد مُدِيرِيها عن مخاوفه من التداعيات على التجارة العالمية، وانخفض العدد الأسبوعي لعمليات عبور سفن الحاويات بنسبة 67% على أساس سنوي، بحسب وكالة الصحافة الفرنسية ( أ.ف.ب.)، مع الإشارة إلى أن أكثر من 80% من التجارة العالمية للسلع تتم عن طريق البحر، وتستقبل قناة السويس ما بين 12% و15% من التجارة العالمية وما بين 25% و30% من حركة الحاويات، وأدّى انخفاض الحركة التجارية إلى انخفاض عائدات قناة السّويس بنسبة 40% منذ بداية العام 2024 مقارنة بنفس الفترة من سنة 2023 ما قد يُؤَدِّي إلى اضطرابات في سلاسل التوريد العالمية وتأخير تسليم السلع وزيادة التكاليف وخطر زيادة الأسعار وارتفاع نسبة التضخم، وأعلنت المديرة التنفيذية لصندوق النقد الدولي يوم 11 شباط/فبراير 2024 « إن اقتصادات الشرق الأوسط ستتباطأ سنة 2024 وقد تنخفض نسبة النمو إلى 2,9% سنة 2024، بسبب خفض إنتاج النفط والحرب في غزة التي أدّت إلى انخفاض حركة النقل والسياحة، رغم مَتَانَةِ التوقعات الاقتصادية العالمية… »

    تواترات التّهديدات الأمريكية بتوسيع رقعة العدوان في منطقة البحر الأحمر، باسم « حماية طُرُق التجارة العالمية وحرية الملاحة »، وخصوصًا لحماية للكيان الصهيوني، وأعلنت وزارة الخارجية الأمريكية تصنيف حركة المقاومة « أنْصار الله » ضمن المنظمات الإرهابية، بداية من يوم الجمعة 16 شباط/فبراير 2024، وهدّدت الولايات المتحدة بنشر قواتها البرّية في منطقة مدينة وميناء الحُدَيْدَة باليمن ( غربية البلاد)، كما أعلنت المفوضية الأوروبية نَشْر السفن الحربية للأسطول الأوروبي في البحر الأحمر، ونفّذت الولايات المتحدة وبريطانيا عملية إعادة انتشار قواتها في البحر الأحمر، ومنعت الصيادين اليمنيين من ممارسة الصيد في عرض سواحل بلادهم، ونشرتْ عددًا من السفن العسكرية لحماية السّفن المُتعاملة مع الكيان الصهيوني والتي حَظَرت المقاومة مُرُورها، ما أدّى إلى تَعْزيز عَسْكَرَة البحر الأحمر، لتأمين السّفن المُتّجِهَة إلى أو القادمة من موانئ فلسطين المحتلة، بالتحالف مع السعودية والإمارات والكيان الصهيوني، وردّت المُقاومة اليمنية على هذا الإستفزاز بتصعيد هجماتها العسكرية ضد السفن البريطانية والأميركية والصهيونية في البحر الأحمر وخصوصًا في خليج عدن، وأقَرَّ « المجلس السياسي الأعلى » الحاكم في صنعاء قانون تصنيف الكيانات والدول المعادية للجمهورية اليمنية، وإنشاء « مركز تنسيق العمليات الإنسانية » الذي سوف يتولى تنفيذ العقوبات البحرية على الدول المُعادية، وأظهرت المقاومة فعاليتها، حيث أضافت أكثر من عشرين سفينة شحن في البحر الأحمر وخليج عدن، إلى بياناتها الملاحية وَأجهزة التعريف الخاصة بها، نَفْيَ أي صلة لها بالعدو الصهيوني والولايات المتحدة وبريطانيا، لتجنّب تعرّضها للعقوبات اليَمَنِيّة.

    لم يعد لدى القادة الصهاينة احتياطي من المهاجرين اليهود المحتملين إلى فلسطين المحتلة، ولم ينجحوا في التخفيف من الهاجس الدّيموغرافي وجعل المُستعمرين اليهود الصهاينة أغلبية في فلسطين المحتلة، بل حصل العكس لأن عمليات المقاومة يمكن أن تخيف المستوطنين الموجودين بالفعل، وتُثْنِي من يعتزمون الهجرة والمستوطنين المستقبليين، ويقلل حجم الاستثمارات الأجنبية المباشرة وإيرادات السياحة…

    تضم المياه الإقليمية قبالة سواحل قطاع غزة حقلَيْن رئيسيين للغاز: الأول يقع على بعد 35 كيلومتراً غرب مدينة غزة، والثاني داخل المياه الإقليمية لفلسطين المحتلة، ويعمل الكيان الصهيوني، منذ اكتشاف هذه الحُقُول، على طرد الفلسطينيين بالقوة وبالمحاصرة والتّصعيد ومحاولات القضاء على المقاومة، لتتحقّقَ كذبة « أرض بلا شعب » وليصبح استغلال مكامن الغاز الكبيرة مُمكنًا، وتُخَطّط الولايات المتحدة والكيان الصهيوني لحويل غزة ( بعد إفراغها من سكانها) إلى مركز اقتصادي يضم ميناءً كبيرًا يمكن استغلاله تجارياً وعسكرياً، فقد اعتَبَر الكيان الصهيوني والولايات المتحدة – منذ تأميم قناة السويس والعدوان الثلاثي سنة 1956- شمال غزة موْقِعًا مِثالِيًّا للإلتفاف على قناة السويس، من خلال بناء قناة جديدة تربط خليج العقبة بالبحر الأبيض المتوسط، ويعيب مشروع هذه القناة البَدِيلَة إنها أطول من قناة السويس، بالإضافة إلى ارتفاع تكلفة إنشائها، مما أدى إلى تأجيل تنفذ المشروع لما يقرب من ستة عقود، وأعاد نضال المُقاومة الوطنية اليمنية في البحر الأحمر هذا المشروع إلى أجندة الولايات المتحدة والكيان الصهيوني، مع تعديله وتحديثه، لتَمُرّ القناة عبر غزة التي فتُصبحَ المسافة أقْصَر وتنخفض النّفقات وتُصبح أوْسَعَ وأعمَق وأَرْخَصَ من قناة السويس، أي أكثر تنافسية وأكثر رِبْحِيّة… وليس من باب الصُّدْفَة أن يَعُود طَرْح هذا المشروع في الظّرف الحالي، بعد أشهر قليلة من طرح مشروع الهند والخليج وأوروبا، وهو مشروع أمريكي، تم تصْميمه لينافس مشروع «طريق الحرير الجديد» الصيني (أو الحزام والطريق)، ويكون بذلك المشروع الصهيوني مكمِّلًا لمشروع الهند والخليج وأوروبا…  

    منذ انطلاق عدوان السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023 على فلسطينِيِّي غزة مَنَحَ الكيان الصهيوني تراخيص التنقيب عن الغاز قبالة ساحل غزة لبعض الشركات ( شركة إيني الإيطالية وشركة دانا إنرجي البريطانية والشركة الصهيونية ريشيو بتروليوم) ما اعتبرته بعض المنظمات الحقوقية جريمة حرب بواسطة النهب، مع الإشارة إلى عدم انضمام الكيان الصهيوني إلى اتفاقية الأمم المتحدة لقانون البحار، بحكم عدم وجود حدود معروفة لدولة الإحتلال، ثم منحت حكومة الإحتلال، يوم 29 تشرين الأول/اكتوبر 2023، إثنا عشر ترخيصًا لِسِتِّ شركات، من بينها شركة بريتيش بتروليوم وشركة إيني الإيطالية، للتنقيب عن الغاز الطبيعي قبالة منطقة حوض البحر الأبيض المتوسط ، حيث يُقدّر حجم احتياطي الغاز بنحو 1,4 تريليون قدم مكعبة، ودعمت الولايات المتحدة هذا النهب، بل شَجّعته وأشرفت على تنفيذه، وفي هذا الإطار يتنزل إعلان الولايات المتحدة والإتحاد الأوروبي، خلال قمة العشرين في نيودلهي، عاصمة الهند (التاسع من أيلول/سبتمبر 2023) إطلاق « خطة لبناء قوة اقتصادية مشتركة » تشمل إ »نشاء ممر اقتصادي يربط الهند بالشرق الأوسط وأوروبا لمنافسة مبادرة الحزام والطريق الصينية « ، ويصل المشروع ميناء دُبَيْ بميناء أم الرشراش وحيفا في فلسطين المحتلة، وفي هذا السياق تُعتَبَرُ السيادة على حقول الغاز في غزة أمراً حيوياً بالنسبة للإحتلال الصهيوني واعتبر رئيس وزراء العدو إن الممر الإقتصادي الهندي « أعظم مشروع  في تاريخ إسرائيل (…) التي ستُشكل تقاطعًا مركزيًا في هذا الممر الاقتصادي وستصبح خطوط السكة الحديدية والموانئ بوابة جديدة بين الهند في آسيا والشرق الأوسط وأوروبا… »، ويندرج العدوان على فلسطينيي غزة، بداية من السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023، في إطار هذه الخطة لطرد الفلسطينيين من وطنهم، ونهب الغاز من سواحلهم وتحويل غزة إلى محطة لتصدير الغاز ومحطّة عبور الممر الإقتصادي الهندي…     

    أصبح الكيان الصهيوني مُصَدِّرًا للغاز، بعد اكتشاف الغاز في المياه الإقليمية الفلسطينية التي يحتلها الصهاينة مع أراضي فلسطين، وتم اكتشاف الغاز في ساحل حيفا ثم في ساحل غزة سنة 1999، وتنهب سلطات الإحتلال هذه الثروة فيما يُسدّد الفلسطينيون 22 مليون دولارا كل شهر مُقابل استهلاك الكهرباء في غزة والضفة الغربية.

    أدّى قرار مصر تأميم قناة السويس سنة 1956، وانتزاعها من المصالح البريطانية والفرنسية، إلى العدوان الثلاثي بمشاركة بريطانيا وفرنسا والكيان الصهيوني ضد مصر، و ظلت قناة السويس مغلقة أمام حركة السفن الصهيونية لمدة عام، ومن هنا جاءت فكرة « قناة بن غوريون » التي ظهرت سنة 1963، عندما طور مختبر لورانس ليفرمور الأمريكي سيناريو يستخدم التفجيرات النووية لحفر القناة العابرة لفلسطين قريبًا من غزة، بين البحر الأحمر والبحر الأبيض المتوسط، كبديل لقناة السويس، وبقيت الوثيقة سرية حتى سنة 1993، ويتطلب إنجاز قناة بن غوريون ( التي تمر شمال غزة) استثمارات كبيرة، تتطلب بدورها استتباب الأمن وإنشاء وضع آمن لرأس المال، كي يرتفع العائد على الإستثمار، ولذلك تم طرْح إزاحة أو طَرْد الفلسطينيين من غزة، وخاصة من الطرف الشمالي…

    عاد الحديث من جديد عن مشروع قناة بن غوريون بعد اتفاقيات إبراهيم التي  جعلت بعض الأنظمة العربية ترى في العدو الصهيوني صديقًا لها ضد إيران، وأعلنت استعدادها للتعاون معه، منذ سنة 2020، لما تم إبرام صفقة شحن النفط الإماراتي عبر خط أنابيب من ميناء أم الرشراش بفلسطين المحتلة على ذراع البحر الأحمر إلى البحر الأبيض المتوسط، ثم تم الإعلان عن « مَمَر اللهند – الشرق الأوسط – أوروبا » من قِبَل الرئيس الأمريكي، خلال اجتماع مجموعة العشرين في أيلول/سبتمبر 2023، وهو خط مواصلات من الهند إلى أوروبا عبر شبه الجزيرة العربية وميناء دُبَيْ في الإمارات إلى ميناء حيفا بفلسطين المحتلة ثم إلى أوروبا، وفي ذروة العدوان الصهيوني على فلسطينيي غزة، خلال شهر كانون الأول/ديسمبر 2023، اتفق حكام الإمارات مع الكيان الصهيوني على إنشاء جِسْر بين ميناء دُبَيْ وميناء حيفا، لتَجَنُّب ضربات المقاومة اليَمَنِيّة التي استهدفت السفن الصهيونية والتي لها ارتباطات مع العدو.

    لما تعرضت سفينة حاويات ضخمة لعطب في قناة السويس، ( آذار/مارس 2021)، توقفت حركة الملاحة في قناة السويس، فعاد الحديث عن قناة بن غوريون وأعلنت حكومة الكيان الصهيوني خلال شهر نيسان/إبريل 2021، أنها ستبدأ في بناء قناة مزدوجة بطول 181 كيلومترا وبعمق خمسين مترا، وهي أعمق من قناة السويس بعشرة أمتار، وعرض 200 متر، لتكون قادرة على استيعاب أكبر السفن في العالم، وهي ميزة على قناة السويس الأكثر محدودية، ويمكنها التعامل مع حركة المرور في الاتجاهين، ويستوجب إنجاز المشروع استثمارات بقيمة تتراوح بين 16 إلى 55 مليار دولارا، ليجني الكيان الصهيوني نحو 6 مليارات دولار سنويا من رسوم العبور، مما سيؤدي إلى خفض كبير في إيرادات مصر التي بلغت 9,4 مليار دولارا خلال السنة المالية من 1 تموز/يوليو 2022 إلى 30 حزيران/يونيو 2023، وفق وكالة رويترز بتاريخ 21/06/2023…  

    لكن لم يبدأ البناء، وعلّلت مجلة « أوراسيا ريفيو » ( 17 تشرين الثاني/اكتوبر 2023 ) ذلك بأن إحياء هذا المشروع القديم يتطلب إخلاء قطاع غزة من أهله وتهجير الفلسطينيين لتَمُرّ القناة من شمال غزة، حتى البحر الأبيض المتوسط، ما يساعد على خفض التكاليف وتقصير مسار القناة عبر تحويل محطتها النهائية إلى قطاع غزة، بدلا من ميناء حيفا، فضلا عن استغلال احتياطي الغاز المُتوفر بنحو 1,3 تريليون متر مكعب في سواحل غزة والذي تم تأكيده منذ سنة 1999.

    ساهمت الأنظمة العربية – من خلال العلاقات السياسية والإقتصادية – في تمكين العدو من الإندماج المُهيْمن بإشراف امبريالي أمريكي على العديد من الإتفاقيات التطبيعية، ومنها  « اتفاقات إبراهيم » و « منتدى النقب » و »تحالف – I2U2 – و »الممر الاقتصادي » الذي صمّمته وأعلنته الولايات المتحدة خلال مؤتمر العشرين بنيودلهي، ويربط هذا الممر الهند بأوروبا مروراً بالخليج وفلسطين المحتلة، ما يزيد من تشابك العلاقات والمصالح بين الأنظمة العربية وكيان الإحتلال، في إطار محاولات الولايات المتحدة والإتحاد الأوروبي والهند خَنْق اقتصاد الصّين ومنافسة مبادرة « الحزام والطّريق »، وخدمة مصالح الولايات المتحدة بدرجة أولى، سواء من خلال « منتدى النقب » ( الولايات المتحدة والكيان الصهيوني ومصر والإمارات والبحرين والمغرب) أو تحالف – I2U2- (الولايات المتحدة  والكيان الصهيوني والهند والإمارات) أو « المَمَرّ الإقتصادي » لنقل الطاقة والسّلَع الذي يربط ميناء دُبَي بميناء حيفا ويجعل الإمارات طرفًُا في كل مشاريع التطبيع وإدماج الكيان الصهيوني في الوطن العربي، وإدماج البلدان العربية في المُخطّطات الأمريكية المُعادية للصّين وربط أنظمة الخليج بحلفاء واشنطن في آسيا ( اليابان وكوريا الجنوبية والهند ) بهدف عرقلة نمو اقتصاد الصين ومبادرة « الحزام والطريق »، ولا تهتم الولايات المتحدة والكيان الصهيوني بالنظام المصري، أول المُطبّعين، ولا بمصالحه الإقتصادية، عند تصميم مشروع « المَمر الإقتصادي » بين الهند وأوروبا أو عند تحديث مشروع « قناة بن غوريون » المنافس لقناة السويس…   

    تعتبر سلطات الإحتلال الصهيوني إن « قناة بن غوريون » تُوَفّرُ لها مصدرًا للنفوذ على واحدة من أهم نقاط الشحن في العالم للسلع المصنعة والحبوب والوقود الأحفوري، وعلى أحد الشرايين الرابطة بين آسيا وإفريقيا وأوروبا، والقضاء على قناة السويس التي عَبَرتها 22 ألف سفينة سنة 2023، ونحو 12% من حجم التجارة الدّولية، والسّلع الإستراتيجية مثل المحروقات، وهي ممر للسفن الحربية الأمريكية، ومنها سفن الأسطول السادس الذي يجوب البحر الأبيض المتوسط ويراقب البحر الأسود شرقًا والمحيط الأطلسي غربًا، ويعبر قناة السويس والبحر الأحمر نحو القواعد الأمريكية الهامة في الخليج، ونحو المحيط الهندي وجنوب وشرق آسيا، وأدّى التخطيط الصّهيوني لإعادة مشروع « قناة بن غوريون » إلى الواجهة وتهديد قناة السويس، إلى زيادة التقارب بين مصر وروسيا والصين، وانتماء مصر إلى مجموعة بريكس والمشاركة في مبادرة الحزام والطريق الصينية…

    تتمثل بعض أهداف العدوان الصهيوني الحالي على فلسطينيي غزة، بدعم مطلق وغير محدود من كافة الدّول الرأسمالية المتقدمة مواصلة عملية تهجير الشعب الفلسطيني التي بدأت قبل ثمانين سنة، وتدمير قطاع غزة لجعله غير قابل للسكن، وإنشاء دولة يهودية حصرية في جميع أنحاء فلسطين التاريخية، وفي السيطرة على احتياطيات الغاز البحرية، وتحويل غزة إلى محطة رئيسية للشحن الدّولي وللتجارة الدّولية من خلال حفر « قناة بن غوريون » التي من المُقَرّر أن تنافس أو تقضي على قناة السويس…

    قد يتنزل قرار الولايات المتحدة وحلفائها وقف تمويل وكالة الأمم المتحدة لإغاثة وتشغيل اللاجئين الفلسطينيين (أونروا) ضمن تحويل قطاع غزة – التي يُشكل اللاجؤون ثُلُثَيْ سكانها – إلى مكان غير صالح للعيش، وجاء القرار مباشرة بعد إعلان محكمة العدل الدولية ضرورة « اتخاذ إجراءات لمنع الإبادة الجماعية »، ويهدف القرار الأمريكي ( والحلفاء) تشويه منظمات الأمم المتحدة، ووقف المُساعدات التي كانت تقدمها « أنروا » إلى الشعب الفلسطيني، ما يزيد من حدة المجاعة المنتشرة الآن بين السكان، وفق مجلة منظمة العفو الدّولية – كانون الثاني/يناير 2024 

     كما يندرج مشروع القناة الصهيونية ضمن المشروع الصهيوني للسيطرة على منطقة عربية تمتد من النيل إلى الفرات، أو ما سماه القادة الصهاينة مشروع «إسرائيل الكبرى» الذي يشكل هدفاً دائماً، ولذلك فإن عمليات استعمار الأراضي الفلسطينية ودول الجوار لن تنتهي باحتلال غزة وطرد سكانها – إذا حدث ذلك – بل سوف يستمر احتلال الأراضي ونهْب الثروات والتَّهجير القَسْرِي للسّكّان، لتكون المقاومة وحدها – وليس المفاوضات أو الإنبطاح والإستسلام والتّطبيع – هي التي ستردع هذا الكيان الاستعماري الذي استمَرّت جرائمه منذ ما قبل النّكبة ( 1948 ) ضد الشعب الفلسطيني والشعوب المجاورة، بدعم عسكري ومالي وإعلامي من القوى الإمبريالية والأنظمة العربية الرجعية.

    الطاهر المعز

  •  Brahim Lalibi -Badinter, droits de l’homme et Ghaza

     Brahim Lalibi  -Badinter, droits de l’homme et Ghaza

     En réponse à ce  » concert de louanges, de ce tintamarre médiatique et de ce défilé de pleureuses, à la suite du décès de Robert Badinter « 

    Avec Badinter, on ne badine pas avec les intérêts sionistes            

         L’assemblée générale des nations unies avait réaffirmé et entériné le 18 décembre 2014 pour la cinquième fois depuis 2007, la résolution : « Moratoire sur l’application de la peine de mort ». Elle avait ajouté un paragraphe concernant la protection des droits des étrangers passibles de la peine de mort, en particulier leur droit à recevoir une aide consulaire (ce paragraphe comme vous pouvez le constater  a été introduit par les occidentaux, dont plusieurs de leurs ressortissants sont passibles de la peine de mort. A savoir pour des affaires de drogue, de pédophilie et autres…) .

       « Nous faisons valoir le fait que la peine de mort est, pour nous, attentatoire au respect du droit humain » disait Badinter. 

    Sur 1200 français condamnés à l’étranger pour des délits de drogue et autres, Le cas du français Jean Marc Thivind est éloquent de cette approche sélective et très élitiste sur le chapitre de la mort. Condamné en 2007 pour le meurtre d’un ressortissant allemand, incarcéré en France pour trafic d’héroïne aussi, L’homme s’était, en effet, évadé de prison dans des circonstances rocambolesques. Le juge lui avait accordé une permission d’un jour, pour se rendre au chevet de son père mourant. Il avait profité de cette opportunité pour prendre la fuite en Thaïlande et là encore il commettra un autre crime odieux, en assassinant un jeune homme Thaïlandais. Sa condamnation à mort est en instance d’exécution.

          Entre l’indifférence affichée envers Mohamed Dorra, cet enfant palestinien assassiné, en direct, dans les bras de son père qui essayait de le couvrir en suppliant les bourreaux de la Tsahal de ne pas tirer-une scène affligeante et bouleversante- Et dans un meme acte similaire et non moins monstrueux aujourd’hui, Israel persiste et signe, en nous faisant découvrir en direct un four crématoire version 2015, où un bébé de 18 mois Ali Saad Dawabcha avait peri. Brulé vif par un feu provoqué par des colons impitoyables, primitifs et barbares. Entre le cas du criminel cité: Jean Marc Thivind, les associations pour l’abolition de la peine de mort se sont rapidement déployés, avaient rapidement choisi leur camp et avaient cyniquement pris la défense de ce meurtrier. Tous les médias français ont pris le relais, et notre presse par suivisme, plutôt par panurgisme s’est jointe à ce combat injustifié et mal fondé.

      Pour faire bonne figure et ne pas se retrouver en déphasage sur ces themes de mode, notre presse si prompte à chaperonner les soubresauts et le moindre réflexe parkinsonien du monde occidental, ouvre graduellement et régulièrement ses colonnes à ces débats d’outre méditerranée, sans emettre d’objections , ni discernement , ni rappel à ces pays qui appliquent la peine de mort d’une façon systématique par « drones guidés à distance » là, où la pitié des bourreaux consiste à frapper d’un seul coup fatidique et sur et à mille lieux, un cortège nuptial au Pakistan.

             La presse Brésilienne, chinoise et russe, à raffut des contradictions de ce monde , pose les problèmes de la peine de mort sous un autre prisme : jugeant  qu’elle est indissociable de la mort infligée à des milliers de personnes sans défense. Une mort inscrite dans des guerres soigneusement programmées à mille lieux, qui ressemblerait à une une guillotine généralisée et dévastatrice, causant cet étripage et ces hécatombes, dans un silence complice que seuls les cimetières de Tombouctou, de Ghaza , Sanaa, Dir zour, Kénitra,  Lagos et Syrie en connaissent un bout !

             Certes, Le principe du droit à la vie est un idéal que l’humanité entière doit y contribuer. « C’est pourquoi nous avons prescrit pour les enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque leur fait don à la vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les hommes  » Sourate El Mayda verset 32.

     Mais Si les condamnés à mort ont eu, de tout temps, un dispositif d’avocats pour les défendre et une mécanique d’associations pour démonter les actes répréhensibles dont ils font objet. Les « autres », « les damnés de la terre » (selon Franz Fanon ou Taha Hussein) ceux du Burundi, de Centrafrique, du Yémen ,  d’Irak , de Syrie et de Ghaza n’auront pas cette aubaine ni cette opportunité. Seule l’histoire se chargera un jour de les innocenter. Mais tant que c’est  les vainqueurs qui  écriront l’histoire, comme d’habitude, les vaincus pourront dormir paisiblement dans leurs fosses communes, jusqu’au jour du « dernier jugement ».

            En réalité la pensée occidentale souffre d’une dualité historique, l’horloge du temps réglée uniquement  sur « le profit » ne lui a pas permis de faire l’effort  moral nécessaire pour dépasser ce conflit latent et cette discordance entre ses  » idéaux humains affichés  » et sa suprématie matérielle. André Malraux l’avait bien analysée à l’époque. Aujourd’hui même, c’est la bourse qui fait obstacle à toute tentative de réappropriation de l’histoire. Elle modèle  les conceptions, dresse les agendas et détermine les objectifs des nations.

     Entre le cri spirituel, vertueux et humain de l’abbé  Pierre en cet hiver 1954 et le sursaut pour plus de justice, aujourd’hui, de la gauche Grecque, on y trouve les mêmes ingrédients , la même causalité et cette corrélation morale rompue, face à un ordre occidental cruel, étroit et impitoyable.                                 

                 Dans cette même optique, Mr Robert Badinter, Ministre de la justice dans le gouvernement de Mitterrand, s’était battu avec une rare pugnacité et un grand sens de la persuasion, pour qu’enfin, la peine de mort soit abolie en France. Cependant ce grand Ministre, au-delà de ses origines cachées à une certaine époque, et affichées avec dédain et arrogance après,  n’a pas été inspiré par la même ferveur, ni par ses habituelles envolées lyriques pour défendre les opprimés des temps modernes, contre les  crimes de génocide commis par ses frères de sang à Gaza. Aucune réprobation, aucune condamnation, même pas un reproche de  » l’universaliste  » Mr Badinter  , concernant les 300 enfants palestiniens de moins  de 12 ans emprisonnés à Israël ou les dizaines de milliers morts et ensevelis à Ghaza .

    En réalité, Mr Badinter est un blanchisseur de crimes israéliens. Il est une caution morale de l’entité sioniste. Il est progressiste et humaniste à Paris, mais suprémaciste à visage démocratique en Palestine. 

    J’ouvre cette parenthèse et le fait mérite d’être raconté. Le 26 novembre 2014 Nihal ghanam Ghawadra, la mère de Balqis et Baraa, originaire du village palestinien de Bir el Bashaa, s’est rendue avec ses deux enfants à la prison Israélienne de Bir sabaa pour rendre visite à leur père emprisonné. Mais la visite ne s’est pas déroulée comme prévu. Dés son arrivée, la petite famille a été séparée, les deux enfants ont été privés de leur mère qui a été accusée d’avoir tenté d’introduire un portable pour son mari. Le petit Balqis de 9 mois et sa sœur Baraa de 2 ans se sont retrouvés ainsi séparés de leur mère et mis dans une cellule spéciale de la prison. Ces plus petits prisonniers du monde n’ont jamais pu revoir leur mère ! Acte ignoble, terrifiant et cruel…La presse occidentale n’a pas relaté les faits et Mr Badinter qui était en visite à Tel aviv, au moment, n’a pas osé lever ses yeux cachés sous des oeilleres sous ses sourcils touffus ! Quelle partialité et quelle hypocrisie !

    Ses articles dans le journal le Monde pour défendre les crimes racistes de l’entité sioniste nous renseignent sur  son idéologie sioniste et sur sa vision sélective des droits de l’homme. Son combat pour l’abolition de la peine de mort n’est qu’un écran de fumée qui cache mal ses obligations envers l’Etat Hébreu.     

              En février 1956, et pour sa onzième participation à un gouvernement, Mitterrand, ministre de l’intérieur lors du déclenchement du 1er novembre, était nommé ministre de la justice sous Guy Mollet . Il était Numéro deux du gouvernement. En 16 mois de son règne, la guillotine a été actionnée 45 fois. Ce nombre révèle la haine qui habitait son cœur.  Avec une détermination intraitable et une autorité de bronze, il opposait sa signature de rejet de toutes les  demandes  de grâce qui lui étaient présentées.Parmi ceux qui ont offert leur vie à Dieu, figurait Zabana. Il fut exécuté le 19 mars 1956 .

    Mitterrand n’avait pas réussi à dompter sa violence obscure et dissimulée, mais il faisait semblant de ne pas l’etre. Il était prisonnier de cette supériorité de race décrite par Ernest Renan envers les peuples soumis. L’inégalité des races était enracinée dans son subconscient comme elle l’est, aujourd’hui, dans celui des ultras yankees. 

    Pour d’autres, l’homme a évolué, la preuve c’est qu’il avait aboli, en compagnie de Badinter, la peine de mort en 1981. Ils oublient que peu de temps après, en 1982,  sur sa décision et sur la proposition de son ministre de la justice Badinter, il imposa l’amnistie en faveur des généraux putschistes et sanguinaires de l’ OAS et cela même, contre l’avis du sénat. En réalité il avait abolit la peine de mort pour se racheter, et se libérer de la hantise d’un sentiment de culpabilité qui le poursuivait comme l’œil de Caïn.

           Beaucoup reste à dire sur le silence complice de la  » dauche et la groite « , sur leur implication dans les guerres d’Algérie, d’Irak, Libye, Afghanistan et Ghaza et surtout sur leur implacable et impitoyable répression. C’est des vérités qui brûlent les lèvres. Entre Zabana et les enfants exterminés au phosphore à Ghaza , la guillotine, sous toutes ses formes macabres, a coupé le souffle à un nombre effrayant d’hommes, Algériens, et aujourd’hui Palestiniens . Les bourreaux, tellement pris par   » leurs obligations génocidaires « , n’ont pas eu le temps de reprendre leur souffle.

             Inadmissible pour tous ces peuples, d’Afrique du sud, Nicaragua, Iran, Algérie et autres, ces épris de justice, de croire encore à cette tromperie et cette farce des droits de l’homme et cette forme d’ « apartheid de la mort », car une seule mort injustifiée et tolérée suffit à remettre en cause le principe même de la vie sur cette terre. Chose que Sir Badinter avait oubliée.

    Brahim Lalibi                                         

Note : 5 sur 5.

« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »

– Keiko, Londres

Note : 4 sur 5.

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– Sarah, New York

Note : 5 sur 5.

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– Olivia, Paris