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Laure Lemaire- Franco: fasciste par la grâce de l’Opus Deï


On parle de l’Espagne franquiste pour désigner le régime politique fondé par le général Francisco Franco, de 1936/1939 (guerre civile) jusqu’en 1977 (1° élections libres). On le nomme aussi le national-catholicisme, qui s’incarne dans des institutions autoritaires (parti unique, censure, juridictions d’exception).
Ce régime ne repose pas sur une idéologie, mais plutôt sur le personnage qui réussit à conserver un pouvoir quasiment sans limite jusqu’à sa mort en 1975. Pendant les 39 ans de son régime, il n’y a pas de constitution formelle, seulement un petit nombre de textes de rang constitutionnel. Le ”Caudillo” tient dans ses mains toutes les rênes, nommant les titulaires de tous les postes politiquement importants sur la base de ses rapports de confiance personnels, jusque dans les provinces. En outre, il garde le contrôle sur les institutions auxquelles il a donné des délégations de pouvoir ou qu’il ne peut ignorer: le parti unique Movimiento Nacional, l’Église catholique et l’armée, en jouant sans cesse l’une contre l’autre, imposant sa conception manichéenne d’une lutte entre la « nation » et ses « ennemis ». Il opère une identification totale entre l’État et la nation espagnole monolingue et catholique. Aux yeux de ses élites, le franquisme tire sa légitimité de sa victoire militaire en 1939, victoire d’une vision du monde, et défense de la civilisation et des cultures espagnole et occidentale. Dans la mesure où le catholicisme constitue une partie intégrante de la culture espagnole, on parle de national-catholicisme, dont l’acteur principal est l’Opus Déï (ou l’Oeuvre).
3 phases en 40 ans
1-Le franquisme triomphant de 1939 (despotisme pendant lequel des représailles massives sont exercées sur les populations appartenant au courant des vaincus), en ayant des traits d’économie planifiée, et se nourrit des vertus martiales et des mythes impérialistes.
2- Une étape moralisante et pieuse qui fait du prêtre le héros espagnol . Avec la fin de la 2° Guerre mondiale, les phalangistes les plus radicaux sont écartés, au profit des conservateurs plus traditionnels. Après la guerre, dans le cadre de la guerre froide, les impératifs diplomatiques et économiques mettront un terme à l’autarcie, tandis que l’Espagne se place aux côtés des États-Unis : la croissance économique succède à une longue phase de stagnation. Mais ces progrès ne sont accompagnés d’aucune ouverture politique.
3- Après quelques tentatives de libéralisation dans les années 1960, les années 1970 voient le régime se crisper avant de s’achever dans une nouvelle vague de répression.

Le Fascisme, une tradition espagnole ?
La dictature de Primo de Rivera- 1923-1930- est le régime politique de l’Espagne depuis son coup d’État. En dépit des progrès réalisés dans le domaine des infrastructures et de la stabilisation d’une situation politique chaotique, la dictature ne put se maintenir après la crise politique qui décrédibilise le roi Alphonse XIII aux yeux de l’opinion publique, ouvrant le chemin à la 2° République espagnole.
Sa dictature a été considérée comme « la 1° tentative d’institutionnalisation consciente du nationalisme autoritaire espagnol » dont l’instrument était l’Armée. Ce fut l’un des 1° régimes européens à créer un parti unique (création du Parti Nazi en 1920). Sa relation avec le fascisme, arrivé au pouvoir en Italie en 1922 serait un abus. En revanche, il cadre avec plusieurs régimes dictatoriaux existant en Europe de l’Est, comme celui du général Metaxas en Grèce, de Milan Stojadinovic en Yougoslavie, de Pilsudski en Pologne et de Horthy en Hongrie.
La révolution industrielle ratée
Dans l’Europe du Nord et de l’Ouest, la naissance des régimes parlementaires qui préfigurent les gouvernements démocratiques reflète l’émergence d’une nouvelle élite économique puis politique – la bourgeoisie – capable de ravir le pouvoir à des élites plus anciennes. Systématiquement, le développement agricole, puis industriel, y assure le bien-être croissant des masses. Dans cette perspective, il apparaît que, si l’industrialisation réussie entraîne la protestation ouvrière et la radicalisation politique, elle contient en même temps l’antidote d’une contestation trop violente des prolétaires qu’elle libère peu à peu de leur misère séculaire. La conjonction de ces 2 aspects de la révolution capitaliste induit le mariage possible de l’élitisme parlementaire et du suffrage universel, par-delà le progrès d’une certaine démocratie.
Or, les conditions de ce progrès ne se trouvent pas réunies en Espagne avant 1950. En 1936 encore, ce pays se caractérise par un retard économique à 2 visages. Il rate sa révolution industrielle : si l’industrie textile est à sa mesure et permet la consolidation d’un îlot économique moderne en Catalogne, l’essor de l’industrie lourde – sidérurgie – y est freiné par l’étroitesse de son marché et le repli des détenteurs de capitaux. Donc, une bourgeoisie conquérante sur le plan politique n’ émerge pas, pour se transformer en ferment d’un parlementarisme. Ou plutôt, cette classe libérale se circonscrit-elle aux régions périphériques modernisées que sont la Catalogne et le Pays basque. D’où le conflit qui se déclenche entre le pouvoir politique madrilène, crispé sur les attributs d’un centralisme étatique, et le pouvoir économique basco-catalan. La revendication autonomiste de ces 2 provinces, assez indifférente à l’avenir du pays.
1930: 25 M d’habitants en Espagne dont 8 M touchés par la misère; 2 M d’agriculteurs sont sans terre alors que 20 000 personnes possèdent la 1/2 de l’Espagne ; 50 ans d’espérance de vie; entre 30 et 48 % de la population est analphabète le clergé est constitué de 31 000 prêtres, 20 000 moines et 60 000 religieuses et 5 000 couvents soit 1 religieux pour 500 habitants. L’armée compte 15 000 officiers et 800 généraux ; soit un général pour 100 hommes.
1931: aux élections, victoire de la coalition des républicains et des socialistes, avec une participation de 65 % de l’électorat. La nouvelle composition des Cortès implique une rupture radicale avec le système des partis de la Monarchie.
1934: entre temps, la grève générale révolutionnaire a eu lieu dans les Asturies en octobre sous de la 2° République à majorité de droite et du centre. Ce mouvement est lancé depuis de nombreux secteurs: industrie, mines, agriculture, par d’importants dirigeants du PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol) et de l’UGT et par la CNT (Confédération nationale du travail), par la FAI (Fédération anarchiste ibérique) et par le PCE. Les principaux foyers de la rébellion se situent en Catalogne et dans les Asturies, avec une grève générale insurrectionnelle qui est brutalement réprimée par le général Francisco Franco. Les bassins miniers de Castille-et-León et les villes de la province de Valladolid ont également été mobilisés. Une forme de collectivisme s’est mis en place, dans les Asturies où un gouvernement provisoire s’est installé sur le modèle de la commune de Paris.
1936: le Front populaire, formé par les républicains, les socialistes et les communistes gagnent les élections. Il s’agit d’un retournement du panorama politique espagnol. Le taux de participation est le plus haut (73 %). La campagne se déroule dans un climat de violence autour de fraudes potentielles (41 morts et 80 personnes grièvement blessées) mais le Front populaire conforte une majorité absolue. Manuel Azaña, élu président de la République, forma le nouveau gouvernement et prit un décret d’amnistie au bénéfice des condamnés de 1934, puis rétablit le statut de la Catalogne et donna un coup d’accélérateur à la réforme agraire. Le PSOE en tête, ne participe pas au cabinet.
L’État républicain, rejeté par les forces conservatrices, l’Église, l’armée, l’oligarchie, pour son impuissance à maintenir l’unité de la Nation, et par, les forces populaires, qui n’y voient qu’un État oppressif, doit faire face aux affrontements armés et aux émeutes révolutionnaires.

La Phalange espagnole est une organisation politique nationaliste fasciste fondée en1933 par José Antonio Primo de Rivera, fils de Miguel. Elle tire son nom des formations militaires de la Grèce antique et s’inspire du fascisme italien (faisceaux de la Rome antique). Elle fusionne avec las Juntas de Ofensiva Nacional-Sindicalista (FE de las JONS). Àu début, les militants de la Phalange s’illustrent dans les combats de rue contre les militants révolutionnaires. Lors des élections de février 1936, ce parti refuse de rejoindre le Front national dirigé par la CEDA, et recueille -de 1 % des voix Mais il rejoint au dernier moment la conspiration militaire de Mola et la rébellion nationaliste qui tente un coup de force le 17 juillet 1936, marquant le début de la guerre civile espagnole.
Le 17 novembre 1936, José Antonio Primo de Rivera est jugé pour rébellion militaire, puis est condamné à mort par un tribunal populaire. Il est exécuté 3 jours plus tard, Le fondateur des JONS, ayant été exécuté en octobre, c’est donc l’ensemble du triumvirat qui fut éliminé par les républicains durant les 1° mois de la guerre civile. Primo de Rivera devient le principal martyr du régime franquiste, la figure du martyr étant moins encombrante que celle du dirigeant politique. Primo de Rivera fut alors comme « vivant mais absent ». Ce personnage charismatique avait cotoyé Federico Gacia Lorca et Salvador Dali. La Phalange n’essaya pas de se doter d’un nouveau chef, obéissant à la volonté de Franco de concentrer l’ensemble du pouvoir et du potentiel nationaliste entre ses mains
Ainsi la voie libre pour la conversion de la Phalange en parti unique du régime, établi par un décret du général Franco en avril 1937, regroupait la FE de las JONS, les traditionalistes carlistes ( mouvement royaliste, traditionaliste absolutiste et légitimiste du XIXe siècle ) et le reste des forces politiques qui avaient appuyé le soulèvement militaire du 18 juillet 1936. Cette Phalange domestiquée devint la branche politique d’un plus vaste Movimiento Nacional, l’appareil d’Etat dont Francisco Franco était le chef national.
Le coup d’État de juillet 1936 provoque l’effondrement de l’État républicain. L’ampleur même du conflit et du mouvement révolutionnaire qu’il entraîne, lui donnent des dimensions imprévisibles. L’Espagne devient le lieu d’affrontement des grandes puissances. Les conflits majeurs de l’Espagne avec la lutte autour de la Constitution, la montée de l’agitation ouvrière et de l’anticléricalisme, les guerres coloniales et les régionalismes sont à l’origine de la guerre civile. Le PSOE, converti à la dictature du prolétariat, croyait à la valeur du modèle russe et n’avait pas l’expérience suffisante pour la direction des affaires. Les communistes, dont l’influence se développait, étaient dépendants de Moscou. Beaucoup d’hommes de droite, d’une affligeante myopie politique, se prétendaient catholiques, mais jetaient aux orties les encycliques pontificales dès qu’elles contrariaient leurs intérêts immédiats, et voyaient d’un œil sec l’inhumaine condition des déshérités. Les militants d’extrême droite qui étaient sensibles aux outrances de l’injustice sociale, ne croyaient qu’à la force pour faire prévaloir leurs solutions.
Déroulement
Elle commence en juillet 1936 par un coup d’État militaire organisé par le général Mola (qui meurt dans un accident d’avion) Franco ne s’y rallie qu’après. Les putschistes ne veulent pas renverser la République, mais le gouvernement du Front populaire. Le coup d’État échoue : les insurgés n’arrivent pas à dominer l’ensemble du territoire mais provoque l’effondrement du gouvernement de Madrid.
Dès le 19 juillet, les organisations ouvrières armées des partis socialistes, communistes et des anarcho-syndicalistes (milices confédérales), ainsi que les autonomistes basques et catalans exercent la réalité du pouvoir et assument la défense du Front populaire. Commence alors la guerre civile . Le Parti communiste, appuyé par les Soviétiques, combat autant les dissidents républicains (la CNT et le POUM) que les nationalistes. Entre l’été 1936 et le printemps 1937, se développe la révolution sociale, avec des groupes politiquesqui commettent des exactions “la terreur rouge”, et le gouvernement est dépassé et envoie à l’URSS l’intégralité des réserves d’or de la Banque d’Espagne, soit 510 T .Du côté des opérations de guerre, le débarquement républicain à Majorque conduit à un échec militaire dès septembre mais les nationalistes disposent ainsi au plus tôt d’une base de guerre précieuse en face de Barcelone.
Dans le camp des nationalistes, Franco est élu le 1er octobre 1936 « chef du gouvernement de l’État espagnol » par une junte qui le choisit parce qu’il n’est pas trop marqué par ses affinités avec l’un ou l’autre des clans. Aidé par l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste, il parvient à opérer la jonction des 2 secteurs pris dès juillet par la rébellion, le Sud de l’Andalousie et une partie du Nord-Ouest, séparant ainsi le Pays basque du reste du territoire républicain.
Échouant à prendre Madrid en 1936-1937, il conquiert le Pays basque en octobre 1937. La guerre se concentre ensuite sur l’Aragon et la Catalogne. Barcelone tombe en janvier 1939 et Madrid en mars. Le 25 février 1939, le Gouvernement français (Daladier) signe, à Burgos, les accords Bérard-Jordana, reconnaissant la légitimité de Franco, obtenant ainsi la neutralité espagnole en cas de guerre. Le 31 mars 1939 les forces militaires du général Franco contrôlent l’ensemble du territoire.

Il y aura 28.000 exécutions après la fin de la guerre civile et de nombreux Espagnols croupiront en prison durant des années .
Dans certains territoires sous contrôle républicain, une révolution sociale aboutit à la collectivisation des terres et à l’auto-gestion des usines, et expérimenta différentes sortes d’organisations en faveur du travailleur, de type socialiste(soutenues notamment par des anarchistes de la CNT).Il eut un retentissement médiatique et culturel très important (et donna notamment lieu à des œuvres telles que L’Espoir d’André Malraux, Hommage à la Catalogne de George Orwell, Pour qui sonne le glas d’Ernest Hemingway ou encore Guernica de Pablo Picasso et la trilogie autobiographique d’Arturo Barea). Sanjurjo et Franco se haïssaient. C’est pourquoi il se refuse à prendre part au complot. Tous les conjurés espèrent le persuader de les rejoindre. Ils convainquent un financier espagnol, de déposer 500 000 pesetas à son nom dans une banque française, un montant similaire à celui destiné à Mola. Il finance aussi la location d’un avion britannique. Les conjurés feront escale à Casablanca sans être inquiétés.
En tentant ce coup d’État, les militaires ont déclenché la révolution dans le pays. Voyant les travailleurs armés, bien des patrons s’enfuient ou rejoignent le camp des nationalistes. En réaction, la population ouvrière saisit les entreprises, 70 % d’entre elles en Catalogne, 50 % dans la région de Valence, et instaure un contrôle sur les autres. Les paysans collectivisent les 3/4 des terres. L’ensemble des biens de l’Église est saisi, les couvents deviennent des réfectoires pour les miliciens, des écoles, des salles de bal, etc. Les autorités légales ont perdu tout pouvoir, ne disposent plus,de forces de police et militaires. À la place, les syndicats et les partis de gauche mettent en place les organes d’un nouveau pouvoir, organisent des milices pour combattre les nationalistes, réorganisent les transports, l’approvisionnement des villes, transformant des usines pour les besoins de la guerre.

Mais ils ( PCE, PSOE, UGT, CNT et POUM) laissent le gouvernement en place : début septembre, Francisco Largo Caballero qui donne 2 ministères aux communistes ; en novembre, ce sont des anarchistes qui entrent au gouvernement ; peu à peu, il reconstitue une armée qui va s’opposer aux milices et supprimer les comités mis en place par les organisations ouvrières. En novembre 1936, tous les ministres (y compris les anarchistes) signent un décret sur la dissolution des milices et leur incorporation dans les forces de l’armée régulière. Celles qui refusent d’entrer dans l’armée du gouvernement ne reçoivent plus d’armes, ce qui a pu faciliter la victoire des nationalistes sur plusieurs fronts ; les tribunaux révolutionnaires sont remplacés par les tribunaux du régime précédent. Ainsi, si l’énergie de la gauche révolutionnaire dans les 1° jours du soulèvement avait tenu en échec les militaires, la révolution est peu à peu désarmée, sans qu’aucun parti ouvrier ne s’y oppose.
Sa politique étrangère : l’anticommunisme
Dès le début, les Italiens fournissent un appui aérien pour transporter des troupes nationalistes du Maroc espagnol sur le continent. Mais Mussolini ne considère pas Franco comme compatible avec le fascisme. Son objectif est économique par la vente d’armes: envoi de matériel de guerre, des chars, des avions, et d’un important contingent (le Corps des troupes volontaires). Afin de contrebalancer cette aide, Franco demande celle de l’Allemagne nazie. Cela permet aux nazis de tester leurs nouveaux matériels (chars et avions). Hitler en profite pour prendre le contrôle d’ entreprises espagnoles.
En mars 1939, l’Espagne adhère au pacte anti-Komintern. En juillet 1940, Franco explique que son pays n’est pas neutre, mais qu’il ne fait pas la guerre. Toutefois, il met à la disposition de l’Allemagne des points d’appui de sous-marins et du matériel de transmissions. Mais l’intervention italienne, qui a coûté 10 000 hommes et 4,5 milliards de lires, n’est soutenue par Franco que par 100 000 T de fer. L’Espagne sera une station sur la route des rats, voie de fuite des nazis haut placés qui conduit jusqu’en Amérique du Sud.
En 1946, l’Espagne est considérée comme l’alliée des vaincus; presque tous les États retirent leur ambassadeur de Madrid, mais les États-Unis et la Grande-Bretagne laissent entrevoir qu’elles n’approuvent pas; la France ferme sa frontière pyrénéenne. Franco passe cette crise avec d’importantes livraisons de blé du président argentin Juan Perón.
Mais avec le début de la guerre froide, en 1950, l’OTAN (il n’est pas question d’ adhésion) repère que l’Espagne est stratégiquement importante car ses terrains d’aviation sont situés hors de portée des soviétiques. À partir de centres près de Séville, Saragosse et Madrid, le Strategic Air Command, avec ses avions-citernes et sa protection par la chasse, peut entrer en action. Le paiement des soutiens américains, mettent fin aux années de la faim. Un traité apporte 1,5 milliard de dollars à l’économie espagnole. Ses effets auraient contribué au changement d’opinion des élites, qui découvrent que de plus hauts profits et un développement plus soutenu sont possibles, au lieu de la politique d’autarcie suivie jusqu’alors.

Sur le plan économique : installation du néolibéralisme
Comme en politique étrangère, on peut aussi distinguer 2 phases : d’abord l’autarcie pendant et après la guerre civile et, dés la fin des années 1950, les réformes d’économie libérale.
L’autarcie est un système économique sur un territoire géographiquement défini, l’État espagnol. Habité par des acteurs économiques (propriétaires des terres, des mines et des usines qui font travailler des paysans et des ouvriers), la production devrait suffire à tous leurs besoins et permettrait de vivre seulement de ces ressources, réduisant des importations au strict minimum, pour établir un équilibre économique à l’intérieur du pays. Des facteurs d’isolement peuvent expliquer l’absence d’échanges économiques et/ou la volonté d’indépendance de l’étranger. Protégée par l’interventionnisme de l’État (droits de douane), elle reste le point central du programme idéologique de la Phalange, ce qui permet le maintien de la vieille « élite » au pouvoir, voire le développement d’une petite bourgeoisie nationale, toute acquise à sa politique. L’Espagne reste un pays essentiellement agricole avec une stagnation durable, et les symptômes d’une économie de carence (le marché noir, le chômage), le népotisme et la fabrication de marchandises de mauvaise qualité. Pendant toutes les années 1950, l’État espagnol frôle la banqueroute.
La Phalange est abandonnée au profit d’un libéralisme économique, bien vu par les USA. À l’occasion d’un remaniement du gouvernement en 1962, Franco installe une équipe de technocrates de l’Opus Dei. L’Espagne entre au FMI, à la Banque mondiale et à l’OCDE,
La paix retrouvée et la liberté religieuse rétablie, Franco, tenant pour valable le concordat de 1851 dénoncé par la 2° République, obtiendra de présenter lui-même les candidats à l’épiscopat. Après 10 ans d’incubation, l’Opus Dei a pris son essor, coïncidant avec la victoire du franquisme. La consigne fut alors l’engagement des élites catholiques dans les affaires publiques,
L’abbé Escriva, son fondateur, mort en juin 1975,sera victime d’une campagne de dénigrement. En ces temps de patriotisme exacerbé, toute suspicion de tiédeur vis-à-vis du régime peut avoir des conséquences graves. Des membres de l’Opus Dei accepteront des responsabilités ministérielles dans le gouvernement franquiste, tandis que d’autres, exprimant leurs réserves, voire leur opposition au régime, en subiront durement les conséquences.

Qu’est-ce que l’Opus Dei ?
L’Opus Dei, l’« Œuvre de Dieu » en latin, est une institution de l’Église catholique fondée en 1928 par Josemaría Escrivá de Balaguer. Cette organisation a d’abord été une pieuse union, puis un institut séculier (en dehors des monastères). Elle promeut la sainteté au milieu du monde, aussi bien pour les laïcs que pour leurs prêtres. Son principal message est que chacun peut transformer son travail, ses loisirs et sa vie de famille en des moments de rencontre avec Dieu.
Son but est de diffuser le message évangélique en encourageant chacun personnellement, à chercher à devenir « saint » et à lutter contre tout ce qui ne correspond pas aux valeurs de l’Évangile. Elle encourage des initiatives à caractère social ou éducatif à but non lucratif prenant en charge leur orientation chrétienne.
Escriva,« Le Père », comme ils l’appellent, leur dit sans cesse que l’Opus Dei n’a pas été fondé pour telle ou telle classe sociale, à un moment donné : « Nous devons toujours être face à la multitude, car il n’est pas de créature humaine que nous n’aimions, que nous ne nous efforcions d’aider et de comprendre. Toutes nous intéressent, car toutes ont une âme à sauver » .
Prélature personnelle, pourvue de statuts, d’une convention, devient une organisation unique au sein de l’église. Elle ne dépend que du pape Pie XII, antimodernisme, soutien du fascisme italien et lmarqué par la loi française de 1905, séparation de l’Eglise et de l’Etat. Escriva s’installe à Rome en 1946. Son diocèse n’a pas de frontière. C’ est un corps apostolique composé de prêtres et de laïcs, hommes et femmes, organique et indivisible. L’Opus est en relation avec les élites catholiques se distinguant en fonction de leur fortune acquise dans le commerce et l’industrie.
En 1848 Marx et Engel ont publié le Manifeste du Parti Communiste (le Capital en 1867). A travers l’Europe, cette philosophie politique, socialiste,voire athée, captive le monde intellectuel et ouvrier.
L’Espagne est une monarchie catholique, un temps gouvernée par le dictateur, Primo de Rivera, qui protège les Jésuites dont les élites se distinguent par leur naissance noble.
Mais depuis 1881, les professeurs des universités espagnoles se sont arrogés le droit d’avoir des professeur de toute croyance, voire anti-catholique. La France devenant laïque (Loi de1905), le Vatican a conscience de l’anticléricalisme naissant. Les membres de l’Opus pour lutter contre, se considèrent comme les « soldats du Christ ». Cet esprit combatif convient très vite à beaucoup de clercs comme de laïcs. Escriva soigne l’aristocratie, les industriels Il possède le magnétisme du verbe ce qui lui vaut rapidement de nombreux disciples.Les élections de 1931 en Espagne voit la proclamation de la République. Les Jésuites nobles sont expulsés du pays et leurs biens deviennent propriété de l’Etat. L’anticléricalisme imposé par la République va permettre l’ essor de l’Opus Dei. Semi-clandestin et un peu désemparé face à cette nouvelle situation, Escriva se rétablit en créant des petits groupes de pensée, L’Opus, ne faisant pas de distinction entre les laïcs et les clercs, est plus une congrégation.L’union des deux est enrichissante, même si les prêtres y imposent un esprit très conservateur. Durant la guerre d’Espagne, en danger de mort, Escriva quitte Madrid pour rejoindre les nationalistes du Général Franco
Avec lui, s’installe en Espagne le National-Catholicisme. L’harmonie avec l’Opus devient totale. La religion catholique reprend sa place partout : éducation, université, vie sociale et l’Opus omniprésente, ne rencontre qu’une opposition,: les Jésuites.
Pour rendre sa doctrine universelle, José Maria Escriva s’ installe au Vatican en 1946. Les domaines d’interventions de l’Opus, le plus souvent déguisée par peur de l’anticléricalisme, ont des antennes dans pratiquement tous les pays. Pour la France, l’ancien porte-parole de l’Opus était l’ancien directeur de la communication du CNPF (le MEDEF actuel).L’Opus Dei a favorisé une certaine modernisation économique, préparé la libéralisation politique, mais elle a son nom mêlé à des « affaires » qui ont défrayé la chronique. Voici l’une d’entre elles.
Paul Marcinkus est un cardinal américain né en Géorgie (USA) qui devient traducteur de Jean XXIII, puis protecteur de Paul VI et enfin directeur de la banque Vaticane l’IOR ainsi que responsable de la banque milanaise Ambrosiano, affiliée à une banque de Genève. Les 2 directeurs précédents sont « suicidés » par la Maffia. En 1966, elle initie Licio Gelli, un ancien des « chemises noires » de la guerre d’Espagne, devenu fasciste en Italie. Pour lutter contre le communisme, la CIA a crée, basee en Italie, une organisation secrète le Gladio. Pour ses « oeuvres » au Chili, au Pérou, au Nicaragua, en Pologne (Solidarnosk), il faut beaucoup d’argent… l’Opus le fournit à l’IOR qui le « lave » avec Banco Ambrosiano et la banque de Genève sous la baguette de Paul Marcinkus. -
الطاهر المعز – مُتابعات : العدد الثامن والثلاثون بعد المائة بتاريخ الثّالث والعشرين من آب/أغسطس 2025الطاهر المعز –

مُتابعات – العدد الثامن والثلاثون بعد المائة بتاريخ الثّالث والعشرين من آب/أغسطس 2025 : الطاهر المعز
غزة
ادّعى مسؤولون كبار في إدارة وحكومة دونالد ترامب مرارًا « لا توجد أزمة غذاء (في غزة) ولكن حماس تستولي على المساعدات الإنسانية التي تُنقل إلى غزة »، غير إن شبكة « سي إن عن » الأمريكية بَثّت تقريرًا يوم 25 تموز/يوليو 2025 واستنتجت « لم تَجِدْ إدارة الرئيس الأمريكي دونالد ترامب أية أدلة بشأن مزاعم سرقة حركة حماس للمساعدات الإنسانية في غزة »، واستند تقرير الشبكة الأمريكية إلى تقرير لوكالة التنمية الدولية الأمريكية التي أجرت تحقيقا حول ادعاءات سرقة حماس للمساعدات، وإلى مصدر عسكري أمريكي، وشمل تحقيق الوكالة الأمريكية للتنمية الدّولية » 156 ادعاء بالإسراف والاحتيال تم الإبلاغ عنها من قبل منظمات شريكة بين تشرين الأول/اكتوبر 2023، و أيار/مايو 2025، واستنتجت، استنادًا إلى مصدر استخباراتي أمريكي لم تَذْكُرْه » لا توجد أدلة على خسائر منهجية في المساعدات الإنسانية بسبب تدخل أو سرقة أو توجيه من قبل حماس، وتُفنّد هذه المعطيات الإتهامات التي وجّهتها وزارة الخارجية الأمريكية لحركة حماس بسرقة المساعدات الإنسانية، واستخدمت وزارة الخارجية الأمريكية هذه الاتهامات كمبرر لدعم مؤسسة غزة الإنسانية التي أنشأتها أمريكا وإسرائيل، وهي مؤسسة خاصة مثيرة للجدل »، وهي متورّطة في « المجاعة المُستفحلة التي أدّت إلى الصّيام القَسْرِي لثُلُث فلسطينيي غزة الذين لم يأكلوا منذ عدة أيام بسبب الحصار الإسرائيلي المستمر على القطاع »، وفق برنامج الأغذية العالمي الذي أعلن يوم الثلاثاء 22 تموز/يوليو 2025، إن الجيش الصهيوني يمنع دخول الغذاء ويشن حرب إبادة جماعية تشمل القتل والتجويع والتدمير والتهجير القسري، ويتجاهل النداءات الدولية وأوامر محكمة العدل الدولية بوقف الدّمار والإبادة…
قبل يومين من نشْر تقرير شبكة « سي إن إن »، أقر بعض ضُبّاط جيش العدو يوم 23 تموز/يوليو 2025، بإتلافهم مواد غذائية ومياه وإمدادات طبية كانت موزعة على أكثر من ألف شاحنة تُقِلّ عشرات آلاف الطرود من المساعدات الإنسانية، وتم احتجاز المساعدات وتركها عمدًا لأسابيع عديدة لتتعفن تحت أشعّة الشمس عند معبر كرم أبو سالم بعد منع توزيعها بقطاع غزة، وذلك منذ السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2025 حتى اليوم، مما أدّى إلى تفشي المجاعة وفق قناة “كان” التابعة لهيئة البث الرسمية الصهيونية، خلال برنامج تم بَثُّهُ مساء الجمعة 25 تموز/يوليو 2025، واعتبرت الأمم المتحدة إن قطاع غزة يعيش واحدة من أسوأ الأزمات الإنسانية في التاريخ، حيث تتداخل المجاعة القاسية مع الإبادة الجماعية..ز
اعترف أحد ضباط الجيش الصّهيوني في حديثه لقناة “كان” الصهيونية قائلا: “دَفَنَّا كل شيء في الأرض، وأحرَقْنا بعض المواد، ولا تزال آلاف الطرود مُلقاة في الشمس، وسوف يتم إتلافها أيضًا »، وتتذرع الحكومة الصهيونية « بعدم توزيع بعض الشحنات لأن الطرقات غير صالحة »، وهي الطرقات التي دَمّرها الجيش الصهيوني…
فلسطين – مخططات ترحيلتستمر عمليات طرد وإزاحة الفلسطينيين من وطنهم، لاستكمال مراحل النّكبة وإفراغ فلسطين من أهلها ( مما يُفنّد ادّعاء الصهاينة بأن فلسطين أرض بلا شعب) ويندرج العدوان الصهيوني الحالي الذي انطلق يوم السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023، ضمن مخطط طرد السكان الفلسطينيين من غزة وإفْراغ فلسطين من أهلها، وهي الخطة المستمرة منذ عقود من الزمن، وأطلقت الولايات المتحدة والكيان الصهيوني مفاوضات مع العديد من الأنظمة العربية العميلة ( مصر والأردن والسعودية ) وأخرى غير عربية في شرق إفريقيا، من بينها جنوب السودان، لإنشاء مخيمات للفلسطينيين المُهَجَّرِين قَسْرًا، بتمويل أمريكي ( وربما خليجي وأوروبي)، وتَسْوِيق عملية التّهْجير « كمبادرة إنسانية » وفق برقية وكالة أسوشيتد برس ( 14 آب/أغسطس 2025)، وأعلنت الولايات المتحدة اتّصالها مع عدة دول في محاولة لترحيل سكان غزة جماعيًا، ونَقْل نحو مليون فلسطيني من قطاع غزة إلى ليبيا بشكل دائم، وفقًا لما ذكرته قناة إن بي سي نيوز خلال شهر أيار/مايو 2025، وذكرت القناة 12 التلفزيونية الصهيونية، خلال شهر شباط/فبراير 2025، إن مفاوضات تجري مع المغرب ومنطقة بونتلاند الصومالية وجمهورية أرض الصومال لتوطين الفلسطينيين فيها كجزء من خطة ترامب، في مَسْعى من بونتلاند وأرض الصومال إلى الحصول على اعتراف دولي بسيادتهما على الأراضي الصومالية، في حين تسعى المغرب إلى الاعتراف بسيادتها على الصحراء الغربية المحتلة، ولا تزال الإدارة الأمريكية تبحث مع الكيان الصهيوني تفاصيل مخطّط ترحيل الفلسطينيين.
يُفاوض النظامُ المصريُّ ( بواسطة المخابرات)، وهو رائد التّطبيع السياسي والإقتصادي، وممثلو مشيخة قَطَر التي تحتل إحدى القواعد الأمريكية نصف مساحتها، الكيانَ الصهيونيَّ « نيابة عن حماس »، وفق تعبير قناة « العربية » ( سعودية مقرها الإمارات) التي أعلنت « موافقة مصر على عدد من مطالب حماس وتعتزم عرضها على الوسطاء وإسرائيل للنظر فيها » وذكرت وسائل إعلام سعودية « تعتزم مصري عقد اجتماعات مع حركة فتح وممثلين آخرين عن القيادة الفلسطينية لبلورة موقف موحد »، بالتنسيق مع أنظمة التطبيع الأخرى كالسعودية والإمارات والأردن، ويتضمن مقترح « هدنة لمدة شهرين واتفاقية تبادل أسرى شاملة »…
في الأثناء تدرس الإستخبارات الأمريكية والصهيونية مسألة تهجير الفلسطينيين من وطنهم وإعادة توطينهم في بلدان أخرى لا حُدُود لها مع فلسطين، وأفاد موقع « أكسيوس » منتصف تموز/يوليو 2025، إن رئيس الإستخبارات الصهيونية ناقش فكرة إعادة توطين الفلسطينيين من قطاع غزة في واشنطن، منتصف تموز/يوليو 2025، وخلال الأسبوع الثاني من آب/أغسطس 2025، وتباحث الطّرَفان نتائج المفاوضات مع الحبشة وإندونيسيا وليبيا لتوطين الفلسطينيين المُهَجَّرين قَسْرًا من وطنهم، مقابل « تقديم حوافز أمريكية »، كجزء من العرض الذي قدّمه الرئيس الأمريكي دونالد ترامب خلال شهر شباط/فبراير 2025، « بضرورة تولي واشنطن إدارة قطاع غزة بعد انتهاء الأعمال العدائية فيه وضرورة إعادة توطين سكان غزة في مصر والأردن أو دول أخرى » إلا أن الدول العربية المُطبّعة والموالية للولايات المتحدة عارضت هذا المقترح، بحسب موقع أكسيوس الذي أشار « إن السلطات الأميركية أبلغت الحكومة الإسرائيلية أنه إذا كانت تريد طرد الفلسطينيين من قطاع غزة، فعليها أن تجد دولا مستعدة لاستقبالهم »، ولذلك وسّع الكيان الصّهيوني المفاوضات لإعادة توطين الفلسطينيين، لتشمل الحبشة وبعض الكيانات الصّومالية غير المُعتَرَف بها وجنوب السودان وليبيا وإندونيسيا وفق شبكة CNN الأمريكية التي أفادت يوم الخميس 14 آب/أغسطس 2025، « إن إسرائيل تجري مفاوضات متزامنة مع عدة دول بشأن إمكانية قبول الفلسطينيين المغادرين من قطاع غزة مقابل الحصول على تعويضات مالية ودولية كبيرة »، وذكرت وكالة أسوشيتد برس و شبكة CBS فَشَل المفاوضات مع حكومتَيْ السودان وسوريا… عن وكالة « إنترفاكس » ( روسيا) 14 آب/أغسطس 2025
سوريا، إعادة تدوير الإرهاب والتّطبيع
ترأس وزير الإستثمار السّعودي وفْدًا يضم أكثر من 120 مستثمرًا زار دمشق يوم الأربعاء 23 تموز/يوليو 2025، لبحث سبل عقد “شراكات استثمارية” ولتوقيع اتفاقيات تتجاوز قيمتها 4 مليارات دولار، في إطار « منتدى الاستثمار السوري السعودي 2025 » وفق الإعلام السعودي الذي أكّدَ « حرص القيادة على تعزيز العلاقات الاقتصادية مع سوريا »، وأفادت وكالة الأنباء السورية (سانا) أنّ الزيارة تتضمن “إطلاق مشروع مصنع فيحاء للإسمنت الأبيض في مدينة عدرا الصناعية بريف دمشق”، وكانت السعودية وقطر والإمارات وتركيا من أكبر داعمي المنظمات الإرهابية في سوريا، منذ 2011، بتشجيع من الولايات المتحدة ودول الإتحاد الأوروبي، وبعد استيلاء زعماء هذه المنظمات على السلطة كانت الرياض وجهة أول زيارة خارجية للزعيم الإرهابي أحمد الشّرع الذي أصبح « رئيسًا انتقاليا »، حيث التقى بالرئيس الأميركي دونالد ترامب في الرياض وتعَهّدَ ترامب برفع العقوبات المفروضة على سوريا، وحصل تعليق العقوبات يوم 30 حزيران/يونيو 2025، وبقي الجيش الأمريكي يحتل شمال شرقي سوريا، على الحدود السورية العراقية.
قبل شَهْرَيْن، زار وزير الخارجية السعودي أواخر شهر أيار/مايو 2025، وتعهد « بمشاركة رأس المال السعودي في إعادة الإعمار والنهوض الاقتصادي لسوريا »، ووقّع الوفد السّعودي، يوم الخميس 24 تموز/يوليو 2025، « اتفاقيات استثمار وشراكة مع سوريا بقيمة 6,4 مليارات دولار للمساعدة في إعادة بناء البنية التحتية والاتصالات وغيرها من القطاعات الحيوية في البلاد الخارجة من حرب مدمرة ».
من المُلاحظ إن الدول التي أقرّت قوانين متشدّدة ضدّ مواطنيها وأطلقت حروبًا عدوانية في الخارج باسم محاربة الإرهاب، هي التي دعمت المجموعات الإرهابية في ليبيا وسوريا، بالإضافة إلى صهاينة العرب في الخليج، ومكّنتها من الإستحواذ على السّلطة، ثم وقّعت معها اتفاقيات لإعادة إعمار ما دَمّرته أسلحة تلك الدّول… ورد الخبر الأصلي من وكالة الصحافة الفرنسية 23/07/2025
السنغال- استكمال الإستقلال
بدأ الإستعمار الفرنسي منذ القرن السابع عشر، وسيطر الإستعمار الفرنسي على كامل البلاد المعروفة حاليا باسم « السينغال » بين سنتَيْ 1817 و 1960، ثم تحوّل الإستعمار العسكري المباشر إلى استعمار « جديد » (اقتصادي ومالي وثقافي وسياسي…)، ولكن فرنسا مُنيت بعدد من الهزائم في مستعمراتها، فقد اضطر الجيش الفرنسي – منذ سنة 2022 – إلى إنهاء وجوده الدائم في مالي وبوركينا فاسو والنيجر وتشاد والغابون، ثم في السينغال رسميا يوم الخميس 17 تموز/يوليو 2025، حيث تم تسليم آخر القواعد العسكرية الفرنسية، وعلى رأسها « معسكر جييل »، إلى السلطات السنغالية، واحتفل السينغاليون بهذا الحدث التّاريخي، وأعلن رئيس السنغال باسيرو( بشير) ديوماي فاي أن بلاده « تتمتع بالسيادة الكاملة وهذه السيادة لا تتماشى مع تواجد قوات عسكرية أجنبية فيها… هذا لا يعني قطيعة مع فرنسا بل تأسيس لشراكة متجدّدة… «
يأتي الإنسحاب في سياق أوسع يشهد تراجعا للنفوذ العسكري الفرنسي في أفريقيا، في ظل رفض شعبي متزايد للوجود الأجنبي، خاصة بعد صعود أنظمة عسكرية في مالي والنيجر وبوركينا فاسو، فيما ازداد التّأثير الإقتصادي والسياسي لروسيا والصّين في هذه المنطقة وفي القارة الأفريقية بشكل عام.
بقيت السنغال بعد الإستقلال سنة 1960، من أهم حلفاء فرنسا في إفريقيا، ولما أسفرت الإنتخابات الدّيمقراطية عن تغيير في اتجاه السلطة ( نيسان/ابريل 2024) أعلنت الحكومة « استعادة السيادة » ومعاملة فرنسا على قدم المساواة مع الشركاء الأجانب الآخرين، وتم التفاوض مع فرنسا التي بدأت انسحابا عسكريا تدريجيا منذ شهر آذار/مارس 2025 بعد 348 عامًا من الاحتلال، وكان وأعلن الرئيس السنغالي باسيرو ديومايي فايي خلال شهر تشرين الثاني/نوفمبر 2024 « سينتهي الوجود العسكري الفرنسي والأجنبي على الأراضي الوطنية بحلول العام 2025… السنغال دولة مستقلة وذات سيادة، والسيادة تتنافى مع وجود قواعد عسكرية أجنبية (…) لكننا لا نعلن القطيعة مع فرنسا » التي لم تعد لها قواعد عسكرية علَنِية سوى في جيبوتي ( 1500 جندي وضابط)، على البحر الأحمر
بعد الانسحاب الرمزي للقوات الفرنسية لا تزال اتفاقية التعاون العسكري الموقعة سنة 2012، تُمثل نموذج العلاقة غير المتوازنة بين السنغال وفرنسا، وتُطالب قُوى اليسار ( بعضها متحالف مع السلطة الحالية) « بمراجعتها، والقطع مع اللغة والثقافة الفرنسية ( الفرنكفونية) والخروج من مجموعة الفرنك الإفريقي ( Franc CFA ) لاستكمال التّحرّر من التّبعية للإمبريالية الفرنسية وتحقيق السيادة الكاملة… »
أوروبا – اليمين المتطرف الصهيوني
نموذج المَجَر
قررت حكومة المَجَر التي يرأسها اليميني المتطرف « فيكتور أوربان » يوم الخميس 24 تموز/يوليو 2025، منع أعضاء الفرقة الموسيقية « نيكاب » ( من إيرالندا الشمالية) الداعمة لفلسطين من دخول البلاد لمدة ثلاث سنوات، بتهمة « معاداة السامية والترويج للإرهاب »، ومَنْعِ مشاركتها في مهرجان شيغيت الموسيقي، يوم 11 آب/أغسطس 2025، بسبب مواقف عناصر الفرقة المؤيدة للشعب الفلسطيني، ووصفت الفرقة القرار بأنه « فضيحة بلا أساس قانوني ». وأثار القرار الذي اتّخذته الحكومة المَجَرية المناصرة للإحتلال الصهيوني، تفاعلات واسعة تُساند فرقة « نيكاب » ( من مدينة بلفاست الإيرلندية التي تحتلها بريطانيا) التي اشتهرت بتقديم موسيقى الراب باللغتين الإنكليزية والإيرلندية وبإعلان دعمها الصريح للنضال من أجل الإستقلال وتأسيس حكم جمهوري في إيرلندا، وبدعم للقضية الفلسطينية، ولذلك تم حظر دخول أعضاء الفرقة إلى الولايات المتحدة وحرمان جمهورها من حضور حفلاتها، أما ألمانيا فكانت هجماتها على الفرقة أشدّ من بريطانيا، حيث قطعت شبكة بي بي سي البث ( نهاية شهر حزيران/يونيو 2025) عندما ارتفعت أعلام فلسطين من قِبل جمهور فرقة « نيكاب » التي أعلن أعضاؤها دعم الشعب الفلسطيني والتنديد بالكيان الصهيوني، من منصّة مهرجان « غلاستونبري »، و يواجه وليام أوهانا، المعروف فنيا باسم « مو شارا » وعضو الفرقة، محاكمة ( في لندن يوم 20 آب/أغسطس 2025) بتهمة « ارتكاب جريمة إرهابية » بتهمة رفعه علم حزب الله اللبناني خلال حفل موسيقي سنة 2024، بعد اغتيال الكيان الصهيوني قادة المقاومة اللبنانية وتدمير مناطق واسعة من لبنان، ورفض أعضاء الفرقة مرارا أي اتهامات بدعم حزب الله.
ندّدت فرقة « نيكاب » بقرار حكومة رئيس الوزراء المجري فيكتور أوربان وأعلنت « من الواضح أن ما يحدث مجرد ملهاة سياسية ومحاولة جديدة لإسكات الأصوات التي تندد بالإبادة الجماعية بحق الشعب الفلسطيني »، وعبر منظمو مهرجان شيغيت عن أسفهم لصدور هذا « القرار غير المسبوق »، فيما اعلنت السفيرة الصهيونية في بودابيست، عاصمة المَجر، ابتهاجها بـ »وضوح موقف المجر »…
سبقَ أن اتخذ رئيس الوزراء المجري فيكتور أوربان قرار حَظْرِ كافة التجمعات المندّدة بالجرائم الصهيونية والدّاعمة للشعب الفلسطيني، معبّرًا بوضوح عن دعمه غير المشروط للكيان الصهيوني ولرئيس حكومته « نتن ياهو » بشكل خاص، وكان قد استقبله في بودابيست خلال شهر نيسان/ابريل رغم قرارالمحكمة الجنائية الدّولية باعتقاله بتهم ارتكاب جرائم حرب وجرائم ضد الإنسانية في غزة.
… للتذكير: زار رئيس الحكومة المَجَرِية زملاءه في فلسطين المحتلة يوم الإربعاء السادس عشر من تموز/يوليو 2025، في أَوْج حرب الإبادة والتجويع والتّهجير،
ويعتبر أوربان ونتن ياهو من كبار اليمينِيِّين المُؤيّدين للرّئيس الأمريكي دونالد ترامب، وعززت مجموعة « فيشغارد » التي تنتمي دُوَلُها إلى الإتحاد الأوروبي، وتضم المجر وبولندا وسلوفاكيا وجمهورية تشيكليا، علاقتها مع الكيان الصهيوني، وكانت مواقف حكومات هذه البلدان أكْثَرَ صهيونية من مواقف ألمانيا أحيانًا…
الصين
أظهرت الصين خلال انتشار وباء كوفيد – 19 إنها تقود مجال الإبتكار في قطاع الأدوية عالي الربحية، وينعكس ذلك في سرعة تشخيص الوباء وتطوير لقاح عالي الجودة، رفضت الدّول الأوروبية ودول أمريكا الشمالية استخدامه ( كما رفضت اللقاحات الرّوسية والكوبية)، وتتجلى ريادة الصين في القطاع الصناعي في طلبات براءات الاختراع ( كأداة لحماية الملكية الفكرية) التي تُعتَبَر واحدة من مقاييس الابتكار التقني في الدول الصناعية، وتعكس إحصائيات سنة 2023 أهمية الإبتكار والتّطوير الصيني في مجال الصناعات عموما وتفوقها على دول منظمة التعاون الاقتصادي والتنمية، إذ بلغ نصيب الصّين 1,6 مليون براءة اختراع والولايات المتحدة 516 ألف براءة اختراع واليابان 471 ألف وكوريا الجنوبية (290 ألف وألمانيا 132 ألف وسجلت فرنسا – السابعة عالميًا بعد الهند – 51 ألف براءة اختراع، والصين هي الدولة التي تقدم أقل نسبة من براءات الاختراع الخاصة بها في الخارج (130 ألف) بينما تقدم دول منظمة التعاون الاقتصادي والتنمية أكثر من النصف في الخارج، بسبب ضعف النظام الصناعي القومي لهذه الدّول…
الهند
أضرب عشرات الملايين من العمال يوم التاسع من حزيران/يونيو 2025، بدعوة من عشر نقابات، احتجاجًا على مجموعة قوانين تهدف إلى إلغاء أو تحوير بعض قيود قوانين العمل، كما تهدف إلى تسريع خصخصة الخدمات العامة، ضمن سياسات حكومة ناريندرا مودي اليمينية المتماهية مع الهندوسية المتطرفة ضد المسلمين وكافة الأقليات والفُقراء، ولا تخدم هذه السياسات سوى مصالح العائلات الثرية التي تُدير اقتصاد البلاد، وتريد حكومة مودي تقديم ضمانات للشركات وللرأسماليين الأجانب، لتكون الهند الشريك المُفضّل للولايات المتحدة في المنطقة، في مواجهة الصين، كما تبيّنَ من خلال تحريضه على الحرب في كشمير، ولجوئه إلى وساطة دونالد ترامب، مما فاقم انتقادات المعارضة وإلى تراجع شعبية مودي، فكان إضراب الفلاحين قبل سنوات والذي أطلق شرارة الإحتجاجات الواسعة ضد هذا النظام الرأسمالي اليميني الهندوسي المتطرف، صديق وحليف الولايات المتحدة والكيان الصهيوني… في هذا المناخ دعا تحالف اتحاد النقابات العُمّالية إلى الإضراب العام من أجل التعبئة ضد السياساته الهندوسية المتطرفة والمُحابية للرأسمالية والمناهضة لمصالح العُمّال، وشارك نحو 250 مليون عامل في الإضراب، مما عطّل قطاعات النّقل بأنواعه وعمليات الشّحن والخدمات والمصارف، وغيرها…
الهند، عضو مجموعة البريكس، وهي دولة رأسمالية كثيفة السّكان وتسعى إلى ترسيخ مكانتها كشريك للولايات المتحدة لمواجهة جارتها القوية، الصين، ويُهاجم الإئتلاف الطبقي الرأسمالي الحاكم حقوق العُمّال ومكتسبات الفلاحين وأهمها شراء وكالة حكومية للإنتاج بسعر لا ينزل تحت الحد الأدنى المضمون وضمان تخزينه وتوزيعه للحفاظ على السيادة الغذائية للبلاد، وهو ما كانت الحكومة تريد إلغاءه سنة 2021، وأدّى إلى الإضراب العام الطويل للفلاحين، بدعم من نقابات العُمّال التي تقاوم سياسات حكومة مودي التي تهدف ضمان الرّبح الأقصى لرأس المال وضمان تراكمه السريع من خلال الإستغلال الفاحش للعمال…
موريشيوس
تمر جزيرة موريشيوس، الواقعة بالقرب من جزيرة لاريونيون ( مستعمرة فرنسية تابعة لقارة إفريقية)، بفترة اقتصادية عصيبة، حيث تواجه العديد من شركات القطاعَيْن العام والخاص صعوبات اقتصادية لأن الإقتصاد مبني على التعاقد من الباطن مع شركات عابرة للقارات في مجالات عديدة منها الملابس والمنسوجات والجلد، ومراكز الإتصال والإنتاج الفلاحي، ومن مظاهر الأزمة، إغلاق العديد من المصانع دون سابق إنذار، ودون تسديد مستحقات العُمال من رواتب وحوافز قانونية وبدل العطلة السنوية الخ، وحصل بعض أرباب العمل على المساعدات الحكومية والإعفاء من الضرائب، ثم أغلقوا المصانع، وفقًا للصحافة المحلية، ووفقا لاتحاد عمال القطاعين العام والخاص ( CTSP ).
غذاء – ارتفاع الأسعار بشكل حادّ
أظهرت دراسة حديثة أجرتها مجموعة باحثين من سِتّ مؤسسات أوروبية بالتعاون مع المصرف المركزي الأوروبي، نُشِرَتْ يوم 20 تموز/يوليو 2025 عشية انطلاق قمة نظم الغذاء التابعة للأمم المتحدة في عاصمة الحبشة ( أديس أبابا من 27 إلى 29 تموز/يوليو 2025)، أن موجات الحر والفيضانات والجفاف المرتبطة بتغير المناخ أدت إلى إلحاق أضرار فادحة بالمحاصيل وإلى ارتفاعات حادة في أسعار العديد من السلع الغذائية الأساسيةن أضرّت بالفئات الفقيرة من سُكّان العالم، بين 2022 و 2025، وصلت إلى 300% ومن أبرز هذه الزيادات ارتفاع أسعار الكاكاو بنسبة 280% منذ شهر نيسان/ابريل 2024، عقب موجة حرّ في غانا وساحل العاج، وارتفعت أسعار الخَسّ في أستراليا بنسبة 300% بعد فيضانات 2022، وعمومًا تزامنت الإرتفاعات الحادة في الأسعار مع مع موجات حر شديدة، من بينها زيادة بنسبة 70% في أسعار الملفوف الكوري الجنوبي وارتفاع أسعار الأرز الياباني بنسبة 48% خلال شهر أيلول/سبتمبر 2024، وارتفاع أسعار البطاطا بالهند بنسبة 81% مطلع العام 2025، وأدّى الجفاف في البرازيل إلى سنة 2022 إلى ارتفاع أسعار القهوة بنسبة 55%، وأدّى الجفاف في الحبشة إلى زيادة أسعار الغذاء بنسبة 40% سنة 2023، مما أكّدَ أَثَرَ التّغْيِر المناخي على تكاليف المعيشة، وخصوصًا على الفئات الأشدّ فقرًا، سواء في إفريقيا أو آسيا أو اليابان والولايات المتحدة، وكذلك في أوروبا حيث ارتفعت الأسعار بما يعادل 360 يورو شهريا لكل أسرة بين سَنَتَيْ 2022 و2023، غير إن التّقرير يُهْمِلُ دَوْرَ الشركات العابرة للقارات التي تحتكر تخزين ونَقْلَ وتسويق الغذاء والتي تفرض على صغار الفلاحين أسعارًا منخفضة، وتُحقّقُ أرباحًا طائِلَة من بيع السلع الغذائية في أسواق الجملة، كما وجبت الإشارة إلى مؤشّر أسعار الغذاء الذي تنشره شهريا منظمة الأغذية العالمية (فاو) التابعة للأمم المتحدة، والتي تقتصر على أسعار الجملة، ليس على مستوى البلدان وإنما في أسواق الجملة العالمية، مثل سوق الحبوب في واشنطن، مما يُعطي صُورَةً خاطئة عن أسعار الإستهلاك التي يُسدّدها المواطنون في أرجاء العالم…
الطاهر المعز
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Caitlin Johnstone – Le sionisme est ce qu’il fait

Le sionisme est ce qu’il fait par Caitlin Johnstone
Le sionisme signifie exactement ce que nous voyons aujourd’hui. Génocide. Nettoyage ethnique. Apartheid. Violence et abus incessants. Voilà ce que signifie le sionisme. Et l’antisionisme signifie s’opposer à ces choses.
Les apologistes d’Israël attaquent toujours les antisionistes en disant : «Le sionisme signifie simplement l’autodétermination des juifs ! Si vous détestez le sionisme, alors vous détestez les juifs !»
Non, ce n’est pas ce que signifie le sionisme. Le sionisme signifie exactement ce que nous voyons aujourd’hui. Génocide. Nettoyage ethnique. Apartheid. Violence et abus incessants. Voilà ce que signifie le sionisme. Et l’antisionisme signifie s’opposer à ces choses.
Il n’y a tout simplement aucun argument qui puisse démontrer le contraire. C’est incontestablement à cela que ressemble le sionisme. Il n’existe aucune autre réalité alternative du sionisme où le génocide, le nettoyage ethnique, l’apartheid et la violence et les abus incessants n’existent pas. C’est la seule forme que prend le sionisme. L’expérience sioniste a été menée, et voici les résultats.
Essayer de prétendre que le sionisme ne signifie pas génocide, nettoyage ethnique, apartheid, violence et abus incessants revient exactement à prétendre que le nazisme ne signifie pas tout ce qui s’est passé lorsque l’expérience nazie a été menée. Le nazisme signifie tout ce qui s’est passé sous le nazisme. Vous ne pouvez pas légitimement me dire : «Non, en fait, le nazisme signifie simplement une patrie sûre et prospère pour le peuple allemand». Nous avons vu à quoi ressemble le nazisme, et nous avons vu à quoi ressemble le sionisme. Prétendre le contraire, c’est nier la réalité.
C’est tellement odieux d’entendre les partisans d’Israël dire : «Le sionisme, c’est toutes ces belles choses et ces beaux mots, donc si vous êtes contre le sionisme, vous êtes contre les belles choses et les beaux mots !» Non, connards, ça ne marche pas comme ça. Vous avez droit à votre opinion, mais pas à votre propre réalité.
Israël est ce qu’il fait. Le sionisme est ce qu’il fait. Vous ne pouvez pas les séparer de leurs actions. Le débat sur la véritable nature de ces choses a été tranché par la réalité de ce qui se passe.
Peu importe que vous croyiez qu’Israël veut simplement vivre en paix. Peu importe que vous croyiez que le sionisme est simplement l’idée que les juifs méritent l’autodétermination. La réalité dit que vous avez tort. La réalité dit qu’Israël et le sionisme sont synonymes de violence et d’abus incessants. La réalité dit qu’Israël et le sionisme impliquent nécessairement le génocide, l’apartheid et le nettoyage ethnique. Parce que c’est la réalité sur le terrain.
Ce sont les faits. Si vous n’êtes pas d’accord avec eux, vous avez objectivement tort.
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J’ai vu un extrait de l’émission de Patricia Karvelas sur ABC, dans lequel elle mettait sur la sellette Ophir Falk, conseiller politique de Netanyahou, pour son déni des atrocités commises par Israël à Gaza, et je me suis dit qu’Israël avait vraiment perdu les gens normaux. Tous les partisans de l’empire occidental qui, en temps normal, suivent docilement la ligne impériale, sont en train de se désolidariser, un par un.
Le fait qu’Israël ait réussi à s’aliéner les libéraux occidentaux est tellement drôle, car ils seraient les plus fervents supporters d’Israël si on leur donnait la moindre justification pour adopter cette position.
Israël correspond en effet parfaitement à la mythologie libérale occidentale. Une démocratie capitaliste alignée sur les États-Unis, dirigée par une minorité religieuse courageuse qui a survécu à d’horribles persécutions, qui embrasse les valeurs progressistes laïques et renforce le discours dominant occidental sur les merveilles que l’ordre mondial dirigé par les États-Unis a accomplies depuis sa victoire triomphale et glorieuse lors de la Seconde Guerre mondiale. Tout ce qu’Israël avait à faire, c’était de leur donner quelque chose, n’importe quoi, et ils continueraient à penser qu’Israël est la meilleure chose au monde. Ils avaient juste besoin d’une excuse, même très mince.
Mais Israël n’a même pas pu leur donner cela. Le génocide, le racisme, l’apartheid, le nettoyage ethnique et l’expansionnisme étaient tout simplement trop importants pour son idéologie motrice. Le projet sioniste ne pouvait tout simplement pas se poursuivre sans tomber un jour le masque, et maintenant, ils ont perdu tous les libéraux modérés du courant dominant et pratiquement tout le monde, à l’exception des extrémistes d’extrême droite qui pensent que «tuer des musulmans, c’est bien» et des sionistes chrétiens qui pensent qu’«il faut soutenir Israël parce que Dieu le commande».
Finalement, toutes les contradictions ont dû être révélées au grand jour.
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La presse israélienne avance l’argument selon lequel si les habitants de Gaza souffrent tant, ils n’ont qu’à partir, ce qui est précisément le discours que j’avais prédit qu’Israël tiendrait bientôt pour faciliter son programme de nettoyage ethnique de longue date.
Le mois dernier, j’ai écrit ce qui suit dans un article intitulé «Ils affament des civils pour voler un territoire palestinien, et ils mentent à ce sujet» :
«Les gouvernements occidentaux commencent à dénoncer les atrocités commises à Gaza, mais c’est beaucoup trop peu et beaucoup trop tard. On peut s’attendre à ce qu’Israël et les États-Unis répondent à ce tollé en affirmant que les Palestiniens doivent être évacués de Gaza le plus rapidement possible afin de les sauver de cette crise humanitaire délibérément provoquée. On peut s’attendre à ce qu’ils dénoncent tous ceux qui s’opposent à cette opération de nettoyage ethnique comme des monstres maléfiques qui veulent affamer les pauvres Palestiniens».
Le Jerusalem Post vient de publier un article d’opinion intitulé «La crise humanitaire à Gaza devrait accélérer le plan de relocalisation de Trump», sous-titré «Maintenant que le public est conscient de la crise humanitaire à Gaza, il faut en tirer parti pour rallier le soutien à la proposition de relocalisation de Gaza avancée par Trump».
L’auteur de l’article, Gol Kalev, se plaint que «les Gazaouis» se voient «refuser le droit humain fondamental de fuir une guerre» par les Européens méchants et malveillants qui ne veulent qu’accuser Israël de crimes de guerre et d’atrocités.
«Ils sont nécessaires sous les décombres de Gaza, non seulement pour le Hamas, qui les utilise comme boucliers humains, mais aussi pour l’Europe et ses mandataires, qui les utilisent comme pions dans leur opposition séculaire à l’État juif et comme moyen de s’attaquer par procuration aux États-Unis», écrit Kalev, affirmant que la frustration du public «ne devrait pas être dirigée contre Israël, mais contre ceux qui font obstacle au plan de relocalisation de Trump, notamment les dirigeants européens». «Maintenant que le public est conscient de la crise humanitaire à Gaza, il faut en tirer parti pour rallier le soutien à la proposition de relocalisation de Trump, qui pourrait apporter sécurité et prospérité aux Gazaouis et la paix à toute la région», écrit Kalev. «Le message public doit être clair : libérez les Gazaouis, laissez-les fuir».
Comme je l’avais prédit, ils déguisent une opération de nettoyage ethnique en humanitaire et dénoncent comme des monstres sans cœur tous ceux qui veulent apporter une aide massive aux Palestiniens dans leur patrie historique. Nous pouvons nous attendre à voir davantage de messages de ce type à l’avenir.
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Quiconque vous dit soutenir Israël pour des raisons religieuses vous dit de cesser d’essayer de le raisonner. Ils disent que leur position n’est pas fondée sur des faits, des preuves, la logique ou la moralité, mais sur leur foi aveugle en un ensemble d’histoires inventées. Vous ne pouvez donc rien leur dire qui puisse les faire changer d’avis ou les convaincre qu’ils ont tort.
Essayer de débattre ou de raisonner avec une telle personne reviendrait à essayer de convaincre quelqu’un que Dieu n’existe pas. C’est une position totalement infalsifiable, contre laquelle aucun argument fondé sur des faits et des preuves ne peut être avancé.
Quelqu’un comme Mike Huckabee ne dit jamais la vérité ou ce qu’il pense vraiment lorsqu’il s’agit d’Israël et des Palestiniens, il se contente de dire tout ce qu’il faut pour aider à accomplir une prophétie biblique et s’assurer sa récompense éternelle. De telles personnes n’ont pas leur place dans la conversation. Elles devraient être complètement exclues du débat, car elles n’y participent pas réellement. Elles ne font que mentir et manipuler pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la vérité ou la moralité.
Caitlin Johnstone
source : Caitlin Johnstone
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الطاهر المعز – الذّكرى الثلاثون للتطهير العرقي في البَلْقَان – من منطقة « كريينا » الصربية 1995 إلى غزة 2025

الذّكرى الثلاثون للتطهير العرقي في البَلْقَان – من منطقة « كريينا » الصربية 1995 إلى غزة 2025 : الطاهر المعزصادف الرابع من أغسطس الذكرى الثلاثين لعملية العاصفة ( 04 آب/أغسطس 1995)، وهي حملة عسكرية نفّذتها قوات كرُواتيا ضد المدنِيِّين الصِّرْب ( كانت صربيا وكرواتيا أهم مكونات يوغسلافيا الإتحادية السابقة وكان السّكّان يستقرون في أي منطقة من مناطق يوغسلافيا الإتحادية، يختارونها أو يجدون بها عملا، وكان الزواج مختلطا بين جميع مكونات البلاد)، وكانت هذه العملية هجومًا خطّط له حلف شمال الأطلسي، ونفّذته قواتٌ كرُواتية مُسلّحةٌ ومدربةٌ أمريكيًا، بتنسيقٍ مباشرٍ مع قوى « غربيةٍ » أخرى، أدّى إلى إحدى أكبر عمليات التّطهير العرقي وقتل مئات الآلاف من الصّرب خلال أيام قليلة، بزعامة قائد فاشي كرواتي مدعوم من الولايات المتحدة، وفق الوثائق التي رُفِعت عنها السِّرِّيّة مُؤَخّرًا، وبينما أيّدت واشنطن علنًا السلامَ التفاوضي، شجعت المليشيات الفاشية الكرواتية سرًا على إظهار أقصى درجات العدوانية، ولو أدّى ذلك إلى اختفاء جميع السكان الصِّرْب للبلاد، وبعد المجازر التي نفّذتها قوات تتبنّى الإيديولوجية الفاشية علنًا – وهي وريثة المليشيات التي تعاونت مع الإحتلال الفاشي خلال الحرب العالمية الثانية – أكد الدّبلوماسي الأمريكي ريتشارد هولبروك، وكيل وزارة الخارجية في إدارة الرئيس وليام كلينتون، مُخاطبا الرئيس الكرواتي ( الذي تعاون مع ألمانيا النازية في شبابه وأسس مليشيا أعاد إحياءها خلال تلك الحرب الأطلسية لقتل المواطنين الصرب والمسلمين) : « لقد أعلنا في وسائل الإعلام وفي الإجتماعات الدّولية[…] أننا نشعر بالقلق، ولكن في الخفاء، كنتم تعلمون ما نريده » ( أي القضاء على الصّرب الذين عارضوا المخططات الأمريكية والأطلسية في أوروبا الشرقية)، وكتب أحد مستشاري هولبروك في مذكرة حجبها الدبلوماسي لاحقًا: « قد استُخْدِمَت القوات الكرواتية كحراس أمن لواشنطن لتدمير يوغوسلافيا » وانطلقت الحملة العسكرية التي أفضت إلى إبادة جماعية بِطَرْد جميع السكان الصرب من كرواتيا، بقوة السلاح ووصف السياسي السويدي كارل بيلت هذه العملية بأنها « أكثر عمليات التطهير العرقي فعالية التي شهدناها في البلقان »، حيث اجتاحت القوات الكرواتية المناطق المحمية من قبل الأمم المتحدة في جمهورية كرايينا الصربية المعلنة من جانب واحد، نهبًا وحرقًا واغتصابًا وقتلًا أثناء تقدمها عبر الإقليم، وفَرّ ما حوالي 350 ألفًا من السكان، غالبًا سيرًا على الأقدام، ولم يعودوا أبدًا، كما تم إعدام الآلاف بإجراءات موجزة، تحت أنظار « قوات حفظ السلام » التابعة للأمم المتحدة، المكلفة بحماية كرايينا، وأنكر قادة الولايات المتحدة أن تكون هذه المجازر والنزوح الجماعي بمثابة جرائم حرب أو تطهير عرقي، وأعلن عقيد بريطاني من قادة قوات الأمم المتحدة: » إن الخطة العسكرية الكرواتية كانت من تصميم خرّيجي الكُلِّيّات العسكرية لحلف شمال الأطلسي في أمريكا الشمالية أو أوروبا الغربية « ، وأظهرت الوثائق التي تم رفع السّرّيّة عنها إن الجيش الأمريكي خطّط للحرب الخاطفة لقتل أكثر ما يمكن من السكان الصّرب وترويع النّاجِين من المجازر لكي يفرّوا بأسرع وقت ممكن، مثلما حصل في فلسطين إبّان النّكبة، وتباهى قادة كرواتيا بسفك الدماء والقضاء على السكان الصرب في كرواتيا تمامًا، بدعم أمريكي وأطلسي مباشر، وأعلنوا اجتماع المسؤولين الكرواتيين مع مسؤولين أمريكيين للاحتفال بانتصارهم.
بعد طرد السكان الصرب من كرواتيا وانفصالها عن يوغسلافيا، اعتمد النظام الكرواتي حديث التأسيس على هذا النظام لفرض الهيمنة الأمريكية والألمانية، ليس فقط على البلقان، بل على جميع أنحاء أوروبا، ولا تزال التوترات العرقية التي يغذيها حلف شمال الأطلسي (الناتو) في المنطقة مُسْتَعِرَة، وتم استغلالها لتبرير احتلال دائم، ولا تزال يوغوسلافيا السابقة تعاني من ندوب عميقة جراء عمليات القتل الجماعي والتّطهير العرقي، فيما اعتبر حلف شمال الأطلسي هذه العملية ( التي سُمِّيت « عملية العاصفة ») نموذجًا لحروب الوكالة والهجمات العسكرية اللاحقة، وقد كررت الولايات المتحدة استراتيجية استخدام المقاتلين الأجانب المتطرفين كقوات ضاربة في مختلف مسارح العمليات، من سوريا إلى أوكرانيا.
الدّعم الإمبريالي للفاشيين الكرواتييين ومخطط « النّقاء العِرْقي » المزعوم
كانت يوغسلافيا جمهورية اتّحادية بعد تحريرها من الإحتلال الفاشي ( الإيطالي والألماني) خلال الحرب العالمية الثانية، وكانت صربيا وكرواتيا أهم إقْلِيمَيْن بها، وسَرّعَت وضاعفت القوى « الغربية، بزعامة الولايات المتحدة وألمانيا وبريطانيا والفاتيكان، طوال ثمانينيات القرن العشرين، دعمها الفكر القومي الشوفيني، وخصوصا من مُخلّفات الفكر الفاشي الذي كان سائدًا في كرواتيا قبل تأسيس يوغوسلافيا الإتحادية، وتمكنت القوى « الغربية » من تأجيج تفكك الاتحاد متعدد الأعراق، وكان ممثلها في كرواتيا، فرانيو تودجمان، أصوليًا كاثوليكيًا وعضوًا في جماعات انفصالية متطرفة، تمتد أصولها إلى النّازية، وشنت هذه الفصائل الفاشية حملة إرهابية في أوائل السبعينيات من القرن العشرين، ومن بينها اختطاف وتفجير طائرات تجارية، ومهاجمة البعثات الدبلوماسية اليوغوسلافية في الخارج، واغتيال فلاديمير رولوفيتش، سفير بلغراد في السويد، سنة 1971…
بعد تجدد العنف الانفصالي الكرواتي في يوغوسلافيا، سُجن تودجمان ( آذار/مارس 1972) مع شريكه المقرب ستيبان ميسيتش بسبب البروباغندا والمُمارسات الفاشية، وبعد ثمانية عشر عامًا، عندما أجرت أول انتخابات متعددة الأحزاب منذ الحرب العالمية الثانية، فاز الاتحاد الديمقراطي الكرواتي (HDZ)وهو الحرب الفاشي الذي يتزعمه تودجمان وميسيتش، بأغلبية الأصوات والمقاعد في البرلمان، وبذلك أصبح تودجمان رئيسًا، وميسيتش رئيسًا للوزراء، ومع صعود الفاشية الكرواتية، تم طَرْد المواطنين من أصُول صربية من كافة المؤسسات العامة، ولم يتنكّر فرانيو تودجمان وستيبان ميسيتش لماضيهما الفاشي، بل تم إحياؤه وتحديثه، وأبْدى توجمان، خلال الحملة الانتخابية « احترامه الكبير لدولة كرواتيا المستقلة »، الكيان الدمية الذي أنشأه النازيون وحكمه المتعاونون المحليون بوحشية من نيسان/ابريل 1941 إلى أيار/مايو 1945، واصفًا هذا الكيان الفاشي بأنه « تعبير عن التَّطَلُّعَات التاريخية للشعب الكرواتي »، وفي سياق آخر، أعلن صراحةً: « الحمد لله، زوجتي ليست صربية ولا يهودية ».
عكست هذه التصريحات استراتيجيةً وحشيةً رسمها فرانيو تودجمان خلال شهر شباط/فبراير 1990 في اجتماعٍ عامٍّ عُقد في كليفلاند، أوهايو ( الولايات المتحدة)، عندما تولّى الاتحاد الديمقراطي الكرواتي السلطة، وأوضح تودجمان أن « هدفنا الأساسي […] هو فصل كرواتيا عن يوغوسلافيا إذا وصلنا إلى السلطة، ففي غضون 48 ساعةً الأولى، وبينما لا تزال النشوة تسود، من الضروري أن نُحاسب جميع من يعارضون كرواتيا (…) لقد وُضعت قوائم بأسماء هؤلاء الأشخاص بالفعل، يجب إلغاء الكنيسة الأرثوذكسية الصربية… »، ورغم هذه التصريحات والإفتخار بالإنتماء الفاشي، اعترف الإتحاد الأوروبي، الذي كان يسمى آنذاك الجماعة الاقتصادية الأوروبية، بكرواتيا الإنفصالية والفاشية بعد عامين من الدّعم شبه السّرِّي من قِبل ألمانيا والفاتيكان والولايات المتحدة وبريطانيا…
أَسّس الفاشيون من عُملاء ألمانيا النازية ميليشيا « الأوستاشا » وكان العديد من أنصار تودجمان يُقدّسون الأوستاشا الفاشيين الذين حكموا دولة كرواتيا المستقلة خلال الحرب العالمية الثانية ( وهي دُوَيْلة عميلة لألمانيا النازية التي تحتل مجمل بُلدان أوروبا) وتراوحت جرائمهم بين إعدام مئات النساء وكبار السن بقطع الرؤوس أو الغرق، وإدارة شبكة من معسكرات الإبادة في يوغوسلافيا التي احتلتها دول المحور ( إيطاليا وألمانيا)، مع وحدات متخصصة باختطاف الأطفال، وأثارت وحشية مليشيات الأوستاش تجاه الصّرب والغجر والمسلمين واليهود استياء حتى من قِبَل رُعَاتِهِم النازيين، بعد قَتْلِ مئات الآلاف على يد الأوستاشا، الذين كان من بين ضباطهم شقيق ووالد وزير دفاع تودجمان، غويكو سوساك ( في حكومة 1990)
ظلت هذه الأحداث المُرَوِّعَة محفورة في ذاكرة سكان إقليم كرايينا الصربي التاريخي، المُلحق إداريًا بجمهورية كرواتيا اليوغوسلافية الاشتراكية بعد الحرب العالمية الثانية، وتلقى حزب الاتحاد الديمقراطي الكرواتي تمويلًا من منفيي حركة أوستاشا في الدول الغربية، وعند وصوله إلى السلطة، أعاد تسمية ساحة ضحايا الفاشية الشهيرة في العاصمة زغرب باسم « ساحة النبلاء الكروات »، بينما كانت الوحدات شبه العسكرية الكرواتية تلوح بفخر بشعارات ورموز حركة أوستاشا، وأجّجَت حكومة تودجمان الكراهية العرقية علنًا، وبدأ الصرب في الدولة الناشئة يستعِدُّون لحرب أهلية.
في أعقاب اندلاع الاشتباكات العرقية في كرواتيا خلال شهر آذار/مارس 1991، نُشرت وحدات من جيش الشعب اليوغوسلافي لحماية كرايينا، حيث أعلن السكان قيام جمهورية صربية مستقلة إلى حين التوصل إلى اتفاق سلام دولي، وصرّح الرئيس اليوغوسلافي آنذاك، بوريسلاف يوفيتش، قبل وفاته بأن الهدف هو « حماية الأراضي الصربية حتى التوصل إلى حل سياسي »، ودامت المفاوضات من أجل التّوصّل إلى حل سياسي أربع سنوات، وبحلول شهر آب/أغسطس 1995، بدا أن « الحل السياسي » على وشك التحقق، وعقدت مجموعة اتصال خاصة تابعة للأمم المتحدة مفاوضات سلام في جنيف بين سلطات كرايينا ( منطقة صربية داخل كرواتيا) وزغرب (عاصمة كرواتيا) واتفق الاتحاد الأوروبي وروسيا والولايات المتحدة على مقترح مُشترك لإنهاء الصراع في كرواتيا، وأَقَر الإتفاق بين جميع الأطراف ( يوم الثالث من آب/أغسطس 1995) بقاء المناطق ذات الأغلبية الصربية في كرواتيا جزءًا من البلاد، مع قدرٍ من الحكم الذاتي، وفي اليوم نفسه، أكد غالبريث على التلفزيون المحلي الاتفاق على إعادة دمج المناطق الصربية في كرواتيا، وفي الوقت نفسه، أعلن الوسطاء الأمريكيون في جنيف أنه، نظرًا للتنازلات الكبيرة التي قدّمها الصرب تمهيدًا لسلام تفاوضي، « لم يكن هناك سببٌ لدخول كرواتيا في حرب »، وأعلن قادة صرب كرايينا المتفائلون أنهم تلقوا ضمانات من واشنطن بالتدخل لمنع أي عمل عسكري كرواتي ضد كرايينا إذا قبلوا بنودتلك الخطّة، لكن قبل نهاية اليوم، رفض القادة الكروات الخطّة وتخلوا عن المفاوضات، وبدأت عملية التطهير العرقي المُسمّاة « العاصفة » صباح اليوم التالي، تحت شعار « اضربوا الصّرب حتى يختفوا عمليا » مشاركة كرواتيا في مفاوضات جنيف كانت خدعة صُممت لخلق وهم بأن كرواتيا تسعى إلى تسوية دبلوماسية، بينما تُطوّر سرًا خططًا « لهزيمة العدو تمامًا »، وفق وثائق محضر اجتماع عُقد يوم 31 تموز/يوليو 1995 بين تودجمان وكبار قادته العسكريين في القصر الرئاسي بجزر بريوني، وأبلغ تودجمان الحاضرين: « يجب أن نوجه ضربات قاضية تُجبر الصرب على الاختفاء عمليًا… سأذهب إلى جنيف للتّظاهر باهتمامنا بالسلام، ولدحض جميع الحجج التي تُشير إلى أننا نُشعل حربا أثنية وعرقية ودينية، ولإخفاء خططنا التي سوف ننفذها قريبًا… »
لم تقتصر هذه التصريحات، التي تُشكل دليلاً واضحاً لا لبس فيه على نية الإبادة الجماعية، على الرئيس وحده، فقد أقرّ أنتي غوتوفينا، وهو جنرال رفيع المستوى عاد إلى يوغوسلافيا لإدارة عملية العاصفة بعد فراره في أوائل سبعينيات القرن العشرين، بحتمية التطهير العرقي. وأعلن غوتوفينا أن الهجوم الحاسم والمستمر على كرايينا سيعني لاحقاً « أنه لن يكون هناك الكثير من المدنيين، بل فقط أولئك الذين سيضطرون للبقاء، أولئك الذين لا يملكون إمكانية المغادرة »، ومن الغريب إن محكمة دولية يهيمن عليها الغرب قد بَرَّأت القائد السابق للفيلق الأجنبي الفرنسي، الذي عمل سابقاً مرافقاً للفاشي الفرنسي جان ماري لوبان، وقاد مليشيات هاجمت المُضْرِبِين من عمال ينتمون إلى الإتحاد العام للعمالفي فرنسا (CGT)، من دوره القيادي في عملية « العاصفة » بكرواتيا…
اقترح تودجمان شن حملة دعائية ضخمة تستهدف الصرب المحاصرين في جيب عرقي معادٍ، مع توزيع منشورات تُعلن « انتصار الجيش الكرواتي، بدعم من المجتمع الدولي »، وتحث الصرب على عدم الفرار، في محاولة واضحة لإضفاء طابع شامل على اقتراحه بتهجير السكان المدنيين قسرًا، قال: « هذا يعني توفير مخرج لهم، مع التظاهر بضمان حقوقهم المدنية… باستخدام الإذاعة والتلفزيون، ولكن أيضًا المنشورات »، وناقش القادة العسكريون استراتيجيات دعائية أخرى لتبرير الهجوم، بما في ذلك عمليات « الراية الكاذبة »، وبما أن « كل عملية عسكرية لا بد أن يكون لها مبرر سياسي »، أكد تودجمان أن الصرب « كان عليهم أن يقدموا لنا ذريعة ويستفزونا » قبل بدء الهجوم، واقترح أحد المسؤولين « اتهامهم بشن هجوم تخريبي ضدنا… ولهذا السبب اضطررنا للتدخل »، واقترح جنرال آخر التسبب في « انفجار كما لو أنهم هاجمونا بقواتهم الجوية » ( الوَهْمِيّة)…
الضوء الأخضر الأمريكي للمذبحة
صوّر جهاز المخابرات اليوغوسلافي سرًا وزير الدفاع الكرواتي مارتن سبيغلج وهو يتآمر لطرد السكان الصرب من كرواتيا وقال لزميله في أحد التسجيلات ( أواخر سنة 1990) « إن أي شخص يعارض استقلال كرواتيا يجب قتله على الفور، في الشارع، في المصنع، في الثكنات، في أي مكان … »، وتوقع « حربًا أهلية بلا رحمة على أحد، لا نساء ولا أطفال، وسَتُدَمَّرُ منازل الصرب بقنابل يدوية بسيطة »، وذلك قبل أن يدعو سبيغلج علنًا إلى « مذبحة لحل » مشكلة كنين، عاصمة كرايينا، بإزالتها نهائيا » وتباهى قائلًا: « لدينا اعتراف دولي بهذا »، في إشارة إلى الولايات المتحدة التي كانت قد « عرضت كل المساعدة الممكنة، وتقديم آلاف المركبات العسكرية القتالية والتسليح الكامل لنحو مائة ألف جندي كرواتي مجانًا لكي لا يعود الصرب إلى كرواتيا أبدًا (… )سننشئ دولة مهما كلف الأمر، حتى لو لزم إراقة الكثير من الدماء ».
قال توجمان خلال اجتماع مع قادته العسكريين يوم 31 تموز/يوليو 1995 بشأن الدعم « الغربي » لخُططات التصفيات والإبادة والتّطهير العرقي: « إن ألمانيا صديق يدعمنا دون قيد، شرط إبلاغها وإبلاغ حلف شمال الأطلسي مسبقًا بالهجمات وبأهدافنا كما نَحْظَى بدَعم الولايات المتحدة »، كما ورَد في مجلة دير شبيغل الألمانية سنة 2006، حيث كتبت: » إن المجازر تحمل بصمات واشنطن »، وأكّدت مصادر عسكرية كرواتية تلقيها « دعمًا مباشرًا، وإن كان سريًا، من وزارة الحرب الأمريكية ومن وكالة المخابرات المركزية في تخطيط وتنفيذ هجوم العاصفة »، وتلَقّى جنود وضُبّاط كرواتيون تدريبًا في قاعدة فورت إروين بولاية كاليفورنيا، وساعد البنتاغون في التخطيط للعملية، وفقًا لما ذكرته المجلة، وتجاوز الدعم الأمريكي بكثير ما تم الإقرار به علنًا، أي أن القوات الكرواتية شاركت ببساطة في تدريبات أجرتها شركة إم بي آر آي العسكرية الأمريكية الخاصة، » التقى نائب مدير وكالة المخابرات المركزية الأمريكية، جورج تينيت، بنجل غوتوفينا وتودجمان، الذي كان آنذاك رئيسًا للمخابرات الكرواتية، لإجراء مشاورات أخيرة، قبل الهجوم بمشاركة الطائرات الأمريكية التي دمرت مراكز دفاع جوي واتصالات صربية، ونقل البنتاغون المعلومات التي جُمعت عبر الأقمار الصناعية إلى القوات الكرواتية »، وفق نفس المصدر…
وجب التّذكير إن التّدخلات العسكرية الأمريكية تتم في ظل الإدارات الديمقراطية والجمهورية على حدّ السواء، فقد احتفلت الإدارة الدّيمقراطية لوليام كلينتون سنة 1995 بانتصار المليشيات الفاشية الكرواتية التي نفّذت عمليات الإبادة الجماعية، حيث عُقدت قمة رفيعة المستوى يوم 18 آب/أغسطس 1995، في القصر الرئاسي بزغرب ( عاصمة كرواتيا) بين زعماء كروات ودبلوماسيين أمريكيين يقودهم ريتشارد هولبروك، أحد أركان مؤسسة السياسة الخارجية الأمريكية، المهووس بالتدخل في يوغسلافيا وتفكيكها ووصف التذهير العرقي ب »العمل المَشْرُوع »، وفق موقع « ذا غراي زون » ( 04 آب/أغسطس 2025) الذي كتب « لقد أقرّ هولبروك علنا بدعم الإدارة الأمريكية عمليات الإبادة الجماعية »…
استمر الدّعم الأمريكي والأوروبي لجمهورية كرواتيا واستمرت قوات حلف شمال الأطلسي في تدمير البلاد وتفتيتها إلى دويلات غير قابلة للعيش ( الجبل الأسود وكوسوفو والبوسنة…) لتسهيل السيطرة عليها وتحويلها إلى قواعد أطلسية، ورغم وجود أدلة دامغة على ارتكاب جرائم حرب خطيرة، وفق الوثائق المُفْرج عنها مؤخرا، لم تُوجّه المحكمة الجنائية الدولية ليوغوسلافيا السابقة، الممولة من حلف شمال الأطلسي (الناتو)، أي اتهام لأي مسؤول عن عملية العاصفة حتى سنة 2008، بينما لاحقت الإستخبارات الأمريكية الزعماء الصّرب واتهمتهم بالفاشية وألقت القبض عليهم، وتم محاكمتهم وسجنهم ظُلما، فيما انتظرت الولايات المتحدة وفاة العديد من الضباط المذنبين من كبار السّن، بمن فيهم تودجمان، ولم تتم محاكمة سوى ثلاثة قادة عسكريين كروات سنة 2011، تم تبرئة أحدهم وأُدِين إثنان قبل إلغاء القرار خلال جلسات محكمة الإستئناف سنة 2012، ولم تتم إدانة الحكومة الكرواتية ولا جيشها المُشبع بالإيديولوجيات العنصرية والفاشية الذي طرد بالقوة كافة الصّرْب من كرواتيا.
خاتمة
يهدف التّذكير بهذه المذبحة، بعد ثلاثة عُقُود من تنفيذها إلى تزامنها مع انهيار الإتحاد السوفييتي ومع العدوان الثّلاثيني على العراق (بداية سنة 1991) والتّذكير بأن ما يحدث اليوم في فلسطين هو جزء من مخطط صهيوني بدأ تنفيذه منذ أكثر من قَرْن، وإن الولايات المتحدة – رأس حرْبَة الإمبريالية والعدوان على الشعوب – خطّطت العديد من المجازر والإنقلابات الدّموية وعمليات الإبادة التي تنفذها القوات الأمريكية مباشرة، أو قوات وكيلة (مُتعاقدة من الباطن) وإن ما يقوله ويكتبه بعضنا اليوم يُصنف ضمن « نظريات المؤامرة » في حين أظهرت الوثائق المُفرج عنها صحّة ما كان يقوله الصّرب منذ سنة 1990 بشأن إحياء الفكر الفاشي والمليشيات الفاشية في كرواتيا بدعم أمريكي وألماني وبريطاني ( وأطلسي بشكل عام) فضلا عن دعم علني من قِبَل الفاتيكان…
هناك أوجه شبه بين ما حدث في يوغسلافيا وما يحدث في أوكرانيا من إحياء المليشيات الفاشية التي ساعدت الجيش الألماني لاحتلال أراضي الإتحاد السوفييتي ( من بينها أراضي أوكرانيا نفسها) خلال الحرب العالمية الثانية، وأشارت صحيفة « كييف بوست » ( أيلول سبتمبر 2022) : » يُعَدّ الهجوم المضاد غير المتوقع لجيش أوكرانيا في خاركوف ضدّ الجيش الروسي بمثابة عملية العاصفة (الكرواتية) التي تُبشِّرُ باستسلام روسيا الوشيك ». وللتذكير فإن هذا الهجوم المُضاد الذي خطط له وأشرف على تنفيذه حلف شمال الأطلسي، حظِيَ بتبجيل كبير من قِبَل الأوساط العسكرية الأطلسية، مع الحديث عن تنفيذ مثل هذه الخطط في مناطق صراع أخرى، بتحالف بين المليشيات الفاشية والإستخبارات الأمريكية وقوات حلف شمال الأطلسي، مثلما يحدث في غزة حيث تُشارك شركات التكنولوجيا والإتصالات في المجازر بدعم من الجيش والكونغرس والرئيس الأمريكييين…
لا غرابة إذًا أن ينفّذ الكيان الصهيوني عمليات الإبادة في ظل الحصار والتّجويع مع توسيع رقعة العدوان إلى سوريا ولبنان واليمن وإيران، بدعم أمريكي مُطلق وأوروبي مَشْرُوط، ولا غرابة في قَمْع أي حركة احتجاج على عمليات الإبادة، ولا يجب أن ننتظر ثلاثة عقود لاكتشاف الوثائق التي تثبت مُشاركة كافة القوى الإمبريالية والسلطات العربية في هذه الحلقة الجديدة من النّكبة، بل وجب التّصدّي لها الآن قبل فوات الأوان…
وردت المعلومات بموقع « المنطقة الرمادية » ( The Gray Zone ) بتاريخ الرابع من آب/أغسطس 2025، بعنوان:
(leader US backed cleaning of serbs , top diplomat secretly tol croat )
الطاهر المع
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Laure Lemaire- Les Chicago-Boys au Chili


Quand on pense au Chili, on pleure encore à cause des milliers de morts et de disparus, on chante encore avec Victor Jarra. Mais on connait moins l’acharnement macabre des USA pour y installer le néolibéralisme.Président du Chili sous le gouvernement d’Unité populaire, Salvador Allende (1908-1973) restera dans l’histoire comme le premier leader politique ayant dirigé une tentative de « transition pacifique » et dans la légalité vers le socialisme.
Issu d’une famille de la bourgeoisie de Valparaiso , il adhère à la franc-maçonnerie. Étudiant en médecine, il découvre de la misère dans les bidonvilles. En 1933, il est cofondateur du Parti socialiste chilien ; en 1938, élu député, il dirige la campagne du radical Aguirre Cerda, 1° président du Front populaire ; en 1942, ministre de la Santé, il administre la sécurité sociale ouvrière. À 3 reprises, il est candidat à la présidence de la République (1952, 1958 et 1964), avant de l’emporter le 4 septembre 1970 avec 36,3 % des voix, devant le conservateur Jorge Alessandri (34,98 %) et le démocrate-chrétien Radomiro Tomic (27,84 %). Soutenu par une coalition d’Unité populaire allant des communistes aux radicaux et aux chrétiens de gauche, Salvador Allende doit aussi son élection à son prestige auprès des masses populaires.
Son gouvernement se proposait de transformer dans la légalité les structures économiques et sociales du Chili et de le libérer de l’emprise économique des États-Unis.
La vigueur avec laquelle Allende soutint certaines mesures, comme la nationalisation des mines de cuivre en juillet 1971, ne l’empêcha pas d’adopter, sur le plan intérieur comme sur le plan international, une attitude modérée. Son propre parti qui prônait des mesures plus radicales, mais il s’appuyait sur les sociaux-démocrates et les communistes qui voulaient « consolider » les acquis avant « d’avancer ». Lorsque les difficultés économiques se multiplièrent à partir de 1972, Salvador Allende accorda une importance à l’armée. Malgré sa réputation de professionnalisme et d’apolitisme, un secteur militaire avait tenté, en 1970, d’empêcher soninstallation à la tête de l’État. Le président comptait sur ses relations personnelles avec des officiers, par le biais de la franc-maçonnerie. Après la démission, le 23 août 1973, du général Prats, son soutien le plus ferme à l’intérieur de l’armée, il fit une entière confiance au général Augusto Pinochet qui le remplaça comme commandant en chef.
Les désordres s’aggravèrent durant l’hiver 1973 (inflation galopante, émeutes, pressions du M.I.R.(Mouvement de la gauche révolutionnaire), du mouvement fasciste (Patrie et Liberté) et les partis de l’Unité populaire ne parvinrent pas à s’accorder ; Salvador Allende s’apprêtait à annoncer le 11 septembre un référendum concernant la politique de son gouvernement quand il fut pris de vitesse. L’armée entra en dissidence et il s’enferma avec une poignée de fidèles dans le palais présidentiel de la Moneda. Refusant les offres de la junte de quitter le pays, il en dirigea lui-même la défense pendant des heures. Le gouvernement militaire annonça le 12 septembre qu’il s’était suicidé.
Ce coup d’État eut lieu dans un contexte international marqué par la guerre froide. Sur le plan international, la politique chilienne du gouvernement de l’Unidad Popular a été marquée par le rapprochement avec Cuba et l’ouverture vers l’URSS provoquant le mécontentement des États-Unis.

La dictature militaire d’Augusto Pinochet gouverna le Chili pendant 16 ans, du coup d’État du 11 septembre 1973 jusqu’au référendum révocatoire qui permit la restauration d’une certaine démocratie en mars 1990.
Ce régime autoritaire et conservateur est connu pour ses multiples atteintes aux droits de l’homme (+ de 3 200 morts et « disparus », 38 000 personnes torturées, plusieurs centaines de milliers d’exilés)
Sa politique économique de privatisations – qualifiée de néolibérale – est menée par les « Chicago Boys », inspirés par les conceptions économiques développées par .Milton Friedman qui fut conseiller du président Richard Nixon à la fin des années 1960 puis dans les années 1980, conseiller officieux du candidat républicain Ronald Reagan, et rejoint son comité économique quand il est élu à la Maison-Blanche jusqu’en 1988.
Le régime militaire brésilien accorde d’importants prêts à la Banque centrale chilienne pour développer ses exportations. À partir de 1973–1975, pour relancer l’économie, les Chicago Boys maîtrisent relativement l’inflation et re-privatisent les industries (à l’exception des mines de cuivre), ce qui entraînent un fort accroissement du chômage, qui passe de 4,8 % en 1973 à 31 % en 1983, et une récession. Les salaires réels baissent très fortement et les inégalités s’accroissent significativement. La part du budget de la défense passe de 10 % en 1973 à 32 % en 1986 et la dette explose, passant de 5,6 milliards de dollars en 1977 à 15,6 milliards en 1981.

Pendant 5 ans, la croissance atteint 8 % par an alors que le taux d’analphabétisme régresse et que l’espérance de vie passe de 63,6 ans en 1975 à 74,4 ans en 1990 bien que la mortalité infantile ait fortement augmenté durant les 1° années du régime et que la malnutrition affecte 1/2 des enfants chiliens.
En 1981, les 1° symptômes d’une nouvelle crise économique commencent à se faire sentir. La balance des paiements atteignit un déficit de 20 % et les cours du cuivre chutèrent rapidement. Les banques étrangères cessèrent d’investir, mais le gouvernement déclare que tout cela faisait partie de la récession économique mondiale. La banque nationale et les entreprises chiliennes avaient approuvé plusieurs emprunts, basés un taux de change fixe du dollar américain pour 39 pesos chiliens.
L’État doit donc se monter plus dirigiste. En juin 1982, il dévalue le peso. Les emprunts atteignirent alors des intérêts exorbitants et de nombreuses banques et entreprises firent faillite. Le chômage s’éleva à 28,5 %. L’inflation atteignit 20 % et le PNB chuta de 14,3 % en 1982. Il s’agit de la pire récession au Chili depuis les années 1930. Les coupes drastiques dans les budgets sociaux et le programme de privatisations massives provoquent une hausse importante des inégalités. De nombreux employés du secteur public perdent leur emploi.
Face à cette situation les 1° protestations, pacifiques mais interdites furent violemment réprimées par les carabiniers et par l’armée. Le gouvernement déclara l’état de siège, et le moment fut mis à profit par diverses organisations, comme le Front Patriotique Manuel Rodríguez, qui décida de mettre sur pied l’« Operación Retorno » (opération Retour), nom donné à la tentative de mettre fin au Régime par la voie armée.
En 1980, la dictature militaire privatise le système de retraites. Elle favorise l’enseignement privé au détriment du public. En 1981, le régime réforme le système universitaire et élimine l’éducation supérieure gratuite. En 1990, la Loi réduit encore le rôle de l’État dans l’éducation au bénéfice des écoles privées qui reçoivent 60 % des élèves dans le primaire et le secondaire. L’État se désengage du financement des universités, qui se financent à 75 % par le biais des frais universitaires versés par les étudiants, rendant difficile leur accès aux jeunes issues des milieux modestes
À partir de 1985, le ministre des Finances, Hernán Büchi, allait arriver à produire le « Second Miracle », grâce à une embellie du prix du cuivre. Il met en œuvre un profond processus de privatisations d’entreprises publiques :LAN Chile, ENTEL (entreprise nationale de télécommunications), CTC (télécommunications), CAP (sidérurgie), et la réimplantation du modèle néolibéral qui avait été remplacé par le keynésianisme durant la crise. La réduction des dépenses sociales augmenta le fossé entre les riches et les pauvres, faisant du Chili un des pays ayant la plus grande inégalité de revenus, et les pensions de retraite allaient se réduire à des limites minimales, entre autres. D’autre part, le tremblement de terre de mars 1985, provoque de graves dommages aux immeubles de Santagio, Valparaíso et San Antonio. À partir de 1987, le pays repart pour 12 années de croissance économique ininterrompue mais les manifestations se poursuivent.
Si les classes aisées ont bénéficié de l’expansion économique, ce ne fut pas le cas des classes populaires. Ainsi, entre 1974 et 1989, les revenus des 10 % des ménages les plus riches ont augmenté 28 fois plus vite que les 10 % les plus pauvres. À la fin de la dictature, en 1990, la pauvreté touche 39 % des chiliens. Ce chiffre sera réduit de moitié durant les 13 années suivantes de gouvernement démocratique, mais le pays reste très inégalitaire : « la tranche des 20 % les plus pauvres de la population reçoit seulement 3,3 % des revenus totaux du pays, tandis que celle des 20 % les plus riches en reçoivent 62,6 % »
L’armée chilienne, qui s’était assurée le monopole de l’exploitation du cuivre, sources de revenus importants pour le pays, conservera ce privilège, à hauteur de 10 %, après le retour de la « démocratie ». Le mal est fait.
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Laure Lemaire- Vous avez dit “Fascisme”?


Le fascisme se situe au stade impérialiste du capitalisme. Il est né dans les années 1920, en même temps que le communisme. Dans chacun des pays où il s’est installé, il a pris en compte son histoire, sa situation économique si bien que les régimes politiques paraissent différents, mais le but est le même: empêcher les victimes de la misère de se révolter et de prendre le pouvoir politique.
Etymologie : de l’italien fasci, (faisceau: emblème de l’autorité de la Rome antique, utilisé par les milices de Mussolini), avec le suffixe -isme , pour qualifier une attitude, un comportement, une doctrine, un dogme, une idéologie.
Au sens strict, le fascisme est le régime politique né de la crise qui a suivi la 1° Guerre Mondiale, établit par Benito Mussolini en Italie de 1922 à 1945, fondé sur la dictature d’un parti unique anticommuniste., l’exaltation nationaliste et le corporatisme. On trouve aussi: doctrine visant à installer un régime autoritaire qui affirme la supériorité de l’État sur l’individu et l’extension illimitée de son pouvoir. « Pour le fascisme, tout est dans l’État et rien d’humain ou de spirituel n’existe ou n’a de valeur en dehors de lui ».
Le régime fasciste entend faire de la nation une communauté unique, rassemblée derrière un seul homme (culte de la personnalité et importance de la hiérarchie), les individus devant s’effacer devant l’Etat. Ignorant les Droits de l’Homme, il s’accompagne d’un Etat policier fort et sécuritaire, d’une organisation verticale des métiers en corporation, d’une méfiance envers les étrangers et d’une politique réactionnaire.
Au-delà du régime mussolinien, le terme « fasciste » sert souvent à qualifier des régimes autoritaires, Outre les nationaux-socialistes (Nazis), le fascisme de Mussolini a influencé d’autres mouvements en Europe :Phalange en Espagne, Garde de fer de Codreanu en Roumanie, Oustachi de Pavelitch en Croatie, Croix-Fléchées de Szalasi en Hongrie..
A partir de la définition très simple du fascisme italien, on va reprendre les mots qui sont des « synonymes » ou qui sont en rapport étroit avec le concept.Le lexique autour du « fascisme »
- La dictature est un régime politique dans lequel une personne ou un groupe exercent tous les pouvoirs de façon absolue, sans qu’aucune
loi ou institution ne les limitent ; Au contraire, un régime autoritaire peut avoir des lois, des institutions, voire un parlement avec des
députés élus, mais pas librement donc pas de contre-pouvoir.
L’origine du terme remonte à Rome.
Le terme apparaît pour la 1° fois chez Cicéron dans De Republica, sous le terme de dictator, dérivé du verbe dictare « dire en répétant souvent, ordonner, commander » avec le suffixe d’agent -tor, pour désigner un magistrat par un mot au sens non-défini pour les formes spéciales de gouvernance de certaines villes du Latium.
A Rome, la dictature était un moment de la République où un magistrat (le dictateur) se voyait confier de manière temporaire et légale les pleins pouvoirs en cas de troubles graves, d’une situation de crise, nommé par le Sénat, et investi par les Consuls pour les remplacer. Il était muni des pleins pouvoirs, excepté le pouvoir financier qui demeurait sous la coupe du Sénat, pendant un mandat, qui ne pouvait, à l’origine excéder 6 mois, mais évoluera. 4 dictateurs se distinguent : Marius, Sylla, Pompée et César. Cette 1° forme de dictature tombe en désuétude à la fin du –iiie siècle; elle est abolie à la mort de César. Cette « magistrature républicaine extraordinaire » n’ est pas péjorative, au contraire, elle est valorisé par Tite-Live et Cicéron.
Le mot dictateur désigne pour la période contemporaine, ce que l’on appelait tyran dans l’Antiquité ou despote dans l’Ancien Régime.

La tyrannie est un régime où seul l’intérêt du tyran compte. Il se sert des sujets de façon abusive afin de satisfaire son propre intérêt, et non pour le bien commun, par la force, servitude, autocratie, absolutisme, despotisme, domination, oppression, hégémonie. Etymologie: : du grec turannos, maître, dominateur..Dans l’Antiquité grecque, la tyrannie est un pouvoir absolu conquis par la force et illégalement, après un coup d’Etat, usurpant l’autorité légale, souvent grâce à la faveur, la sympathie populaire.
Les historiens distinguent les tyrannies;- Des -VIIe et -VIe siècles, le tyran disposa du soutien des classes populaires qui cherchent à limiter la domination des riches propriétaires terriens. La tyrannie a pour but de lutter contre les excès de l’aristocratie, de l’oligarchie, Exemples : Phidon à Argos, Cypsélos à Corinthe et Pisistrate ( -600 à -527) à Athènes. Ayant souvent favorisé l’activité économique, ces tyrannies préparent la transition de la royauté vers la démocratie.
- Du -IVe siècle avec Denys l’Ancien (-430 à -367) et son fils Denys le Jeune à Syracuse qui établissent leur pouvoir par la menace des armes contre toute forme d’opposition démocratique. Par extension de celle-ci, la tyrannie désigne de nos jours, tout pouvoir injuste, cruel, ne respectant pas les lois.
Il est repris au xx° siècle, durant l’entre-deux-guerres, pour forger un nouveau concept avec l’apparition concomitante des régimes nazi et stalinien. Il signifie que le système s’exerce dans les sphères privées, quadrillant toute la société et tout le territoire, en imposant à tous les citoyens l’adhésion à une idéologie obligatoire, hors de laquelle ils sont considérés comme ennemis.
Les caractéristiques retenues pour le définir sont :
* un monopole idéologique, une vérité qui ne tolère aucune critique, est imposée à tous et lutte contre les ennemis du régime,
* un parti unique qui contrôle la totalité de l’appareil étatique, qui dispose de tous les moyens de communication de masse utilisés comme des instruments de propagande,
*Ce parti crée des structures d’embrigadement de chaque catégorie de la société et dispose d’une direction centrale de l’économie. Le parti unique est dirigé par un chef charismatique, un guide autour duquel est formé un « culte».
* Un monopole de la force armée, un système policier qui a recours à la terreur avec un réseau omniprésent d’agents de surveillance des individus, basé sur la suspicion, la dénonciation et la délation ; et concentrationnaire afin de pouvoir se prémunir contre tout individu « suspect ». Il a recours à l’emprisonnement, la torture et l’élimination physique des opposants et à la déportation des groupes de citoyens jugés « inutiles » ou « nuisibles ».

Le potentat (du latin potentatus puissant) est un Souverain (roi) qui, dans un État, détient le pouvoir absolu. Il dispose de toute l’autorité importante en raison desa richesse et en use de façon despotique.
Le despote (du grec maître) est un chef d’État qui rassemble tous les pouvoirs pourgouverner entre ses mains. Il s’appuie sur la contrainte policière et la terreur. Aristote jugeait le despotisme comme une forme de gouvernement propre aux « sociétés serviles», où l’autorité règne avec le concours et la crainte de la loi religieuse. Dans sa forme classique, le despote est pour ses sujets, tel le père de famille pour ses enfants. Il œuvre pour leur bien. Despote était un titre légitime dans l’Empire byzantin, transmis à la descendance mâle de l’empereur, et à partir du xiiie siècle à des princes étrangers. Ils régnaient sur des parties de l’empire.
Le despotisme éclairé, dans l’Europe du xviiie siècle, désigne des chefs d’État qui passent outre les droits de débat, d’opposition ou de remontrance des pouvoirs constitués, pour imposer des réformes sur le système politique et/ou la société de leur pays. Frédéric II de Prusse, aidé par Voltaire, rédigea un ouvrage, inspiré par les idéaux des “Lumières”
Le mot « totalitarisme » a été inventé par Mussolini, qui lui donnait un sens positif. Il visait l’unité de la nation. Le totalitarisme est un régime et système politique dans lequel existe un parti unique, n’admettant aucune opposition organisée, et où l’ État tend à exercer une mainmise sur la totalité des activités de la société. Un tel système restreint l’opposition à l’État qui exerce un contrôle important sur la vie publique et privée. Dans les États totalitaires, le pouvoir politique est souvent détenu par des autocrates (dictateurs, monarques) qui utilisent la propagande, diffusée par les médias de masse contrôlés, incarnée dans l’État.
Le terme de « totalitarisme » désigne aussi l’utilisation de « tous les moyens » pour parvenir au but que s’est assigné l’État. Dès lors, il implique d’assurer un despotisme politique, de contraindre des intérêts divergents à une politique économique définie par l’État, d’imposer des normes idéologiques uniformes. Il concerne tous les aspects de la vie, l’État et son idéologie, exerçant sa mainmise sur les individus.
Il est repris au xx° siècle, durant l’ entre-deux-guerres, pour forger un nouveau concept avec l’apparition concomitante des régimes nazi et « stalinien« . Il signifie que le système s’exerçe dans les sphères privées, quadrillant toute la société et tout le territoire, en imposant à tous les citoyens l’adhésion à une
idéologie obligatoire, hors de laquelle ils sont considérés comme ennemis.
Les caractéristiques retenues pour le définir sont :*un monopole idéologique, une vérité qui ne tolère aucune critique, est imposée à tous et lutte contre les ennemis du régime,
*un parti unique qui contrôle la totalité de l’appareil étatique, qui dispose de tous les moyens de communication de masse utilisés comme des instruments de propagande,
*Ce parti crée des structures d’embrigadement de chaque catégorie de la société et dispose d’une direction centrale de l’économie. Le parti unique est dirigé par un chef charismatique, un guide autour duquel est formé un « culte».
*Un monopole de la force armée, un système policier qui a recours à la
terreur avec un réseau omniprésent d’agents de surveillance des individus, basé sur la suspicion, la dénonciation et la délation ; et concentrationnaire afin de pouvoir se prémunir contre tout individu « suspect ». Il a recours à l’
emprisonnement, la torture et l’élimination physique des opposants et à la
déportation des groupes de citoyens jugés « inutiles » ou « nuisibles ».5- L’autocratie est un régime politique où un seul individu détient le pouvoir, alors qualifié de pouvoir personnel et absolu, « qui tire son pouvoir (cratie) de lui-même (auto) ». L’autocrate n’a d’autre justification et légitimité que lui-même. Sans caractère officiel, une dictature peut être décrit comme une « dérive autocratique ». Ce mot est utilisé pour qualifier certains régimes africains: « la démesure autocratique et la cruauté d’un Idi Amin Dada en Ouganda (1971-1980), d’un Bokassa en Centrafrique (1965-1979). En Afrique « depuis le début des années 1990, 24 chefs d’État ont tenté de modifier les constitutions afin de se maintenir au pouvoir au-delà de leur double mandat ». Il s’agit de “coups d’État constitutionnels, qui s’accompagnent d’une répression contre ceux qui s’y opposent “.

6- Le populisme – Formé sur le radical populus ( peuple) , ce substantif est apparu, en français en 1912. Il désigne des mouvements politiques du xixe siècle, promus par les petits fermiers et ouvriers agricoles américains. Le Parti populiste voulait que le peuple se réapproprie ce que lui avait volé Wall Street et le capitalisme. En 2020, 5 éléments constituent le populisme :- une conception du peuple (le peuple-Uni) ;
- une théorie de la démocratie (préférence pour la démocratie directe, rejet des corps intermédiaires et expression spontanée de la volonté générale;
- une modalité de la représentation (mise en avant d’un homme-peuple) ;
- une politique et une philosophie de l’économie (national-protectionnisme dans une vision souverainiste attentive à la sécurité de la population) ;
- un régime de passions et d’émotions (sentiment d’abandon, d’invisibilité, besoin d’un monde plus lisible comblé par des récits complotistes, volonté d’agir par le dégagisme).
En 1995, Umberto Eco publiait dans la New York Review of Books un essai intitulé Ur-Fascism ( fascisme éternel )
Adapté d’un discours qu’il avait tenu à la Columbia University, il revenait sur son expérience personnelle du fascisme italien, et avançait une grille d’analyse des signes avant-coureurs du basculement d’un régime politique vers le fascisme.
Dans l’esprit d’Eco, ces attributs ne peuvent s’organiser en système, beaucoup sont contradictoires entre eux et sont aussi typiques d’autres formes de despotisme. Mais il suffit d’un seul pour que le fascisme puisse se concrétiser. Voici les 14 points
- La première caractéristique du fascisme éternel est le culte de la tradition. Il ne peut y avoir de progrès dans la connaissance. La vérité a été posée une fois pour toutes, et on se limite à interpréter toujours plus son message obscur.
- Le conservatisme implique le rejet du modernisme. Le rejet du monde moderne se dissimule sous un refus du mode de vie capitaliste, mais il a principalement consisté en un rejet de l’esprit de 1789 (et de 1776, bien évidemment [Déclaration d’indépendance des États-Unis]). La Renaissance, l’Âge de Raison sonnent le début de la dépravation moderne.
- Le fascisme éternel entretient le culte de l’action pour l’action. Réfléchir est une forme d’émasculation. En conséquence, la culture est suspecte en cela qu’elle est synonyme d’esprit critique. Les penseurs officiels fascistes ont consacré beaucoup d’énergie à attaquer la culture moderne et l’intelligentsia libérale coupables d’avoir trahi ces valeurs traditionnelles.
- Le fascisme éternel ne peut supporter une critique analytique. L’esprit critique opère des distinctions, et c’est un signe de modernité. Dans la culture moderne, c’est sur le désaccord que la communauté scientifique fonde les progrès de la connaissance. Pour le fascisme éternel, le désaccord est trahison.
- En outre, le désaccord est synonyme de diversité. Le fascisme éternel se déploie et recherche le consensus en exploitant la peur innée de la différence et en l’exacerbant. Le fascisme éternel est raciste par définition.
- Le fascisme éternel puise dans la frustration individuelle ou sociale. C’est pourquoi l’un des critères les plus typiques du fascisme historique a été la mobilisation d’une classe moyenne frustrée, une classe souffrant de la crise économique ou d’un sentiment d’humiliation politique, et effrayée par la pression qu’exerceraient des groupes sociaux inférieurs.
- Aux personnes privées d’une identité sociale claire, le fascisme éternel répond qu’elles ont pour seul privilège, plutôt commun, d’être nées dans un même pays. C’est l’origine du nationalisme. En outre, ceux qui vont absolument donner corps à l’identité de la nation sont ses ennemis. Ainsi y a-t-il à l’origine de la psychologie du fascisme éternel une obsession du complot, potentiellement international. Et ses auteurs doivent être poursuivis. La meilleure façon de contrer le complot est d’en appeler à la xénophobie. Mais le complot doit pouvoir aussi venir de l’intérieur.
- Les partisans du fascisme doivent se sentir humiliés par la richesse ostentatoire et la puissance de leurs ennemis. Les gouvernements fascistes se condamnent à perdre les guerres entreprises car ils sont foncièrement incapables d’évaluer objectivement les forces ennemies.
- Pour le fascisme éternel, il n’y a pas de lutte pour la vie mais plutôt une vie vouée à la lutte. Le pacifisme est une compromission avec l’ennemi et il est mauvais à partir du moment où la vie est un combat permanent.
- L’élitisme est un aspect caractéristique de toutes les idéologies réactionnaires. Le fascisme éternel ne peut promouvoir qu’un élitisme populaire. Chaque citoyen appartient au meilleur peuple du monde; les membres du parti comptent parmi les meilleurs citoyens; chaque citoyen peut ou doit devenir un membre du parti.
- Dans une telle perspective, chacun est invité à devenir un héros. Le héros du fascisme éternel rêve de mort héroïque, qui lui est vendue comme l’ultime récompense d’une vie héroïque.
- Le fasciste éternel transporte sa volonté de puissance sur le terrain sexuel. Il est machiste (ce qui implique à la fois le mépris des femmes et l’intolérance et la condamnation des mœurs sexuelles hors normes: chasteté comme homosexualité).
- Le fascisme éternel se fonde sur un populisme sélectif, ou populisme qualitatif pourrait-on dire. Le Peuple est perçu comme une qualité, une entité monolithique exprimant la Volonté Commune. Étant donné que des êtres humains en grand nombre ne peuvent porter une Volonté Commune, c’est le Chef qui peut alors se prétendre leur interprète. Ayant perdu leurs pouvoirs délégataires, les citoyens n’agissent pas; ils sont appelés à jouer le rôle du Peuple.
- Le fascisme éternel parle la Novlangue. La Novlangue, inventée par Orwell dans 1984, est la langue officielle de l’Angsoc, ou socialisme anglais. Elle se caractérise par un vocabulaire pauvre et une syntaxe rudimentaire de façon à limiter les instruments d’une raison critique et d’une pensée complexe.

Synthèse d’un siècle d’expérimentation du fascisme
Du premier fascisme en Italie en Europe à celui du Chili en Amérique du Sud, ces régimes ont les mêmes caractéristiques, plus ou moins marquées en fonction des circonstances qui les a instaurés.
- Des mesures draconiennes prises par une bourgeoisie effrayée par une potentielle révolution populaire “communiste”
- La Nation dénonce avec violence un ou des ennemis intérieurs et/ou extérieurs. Une propagande médiatique incite à la délation, voire aux passages à l’acte.
- Un peuple uni qui est guidé par un Etat fort de sa police et de son armée, avec à sa tête, un Chef. Le contrôle et la répressions sont sanguinaires.
- Le travail est divisé en corporations de métiers, comprenant les patrons jusqu’aux apprentis. Les richesses produites sont gérés par les patrons et l’état. Le mode de production suit les grandes phases du capitalisme par l’implantation du modèle américain.
- L’Eglise catholique est une aide précieuse. L’école lui est confiée. Les gouvernements des USA ferment les yeux officiellement, mais les soutiennent indirectement
- Des groupes armés font règner la terreur dans les rues.
Dans les articles suivants, nous examinerons les spécificités de quelques uns

- La dictature est un régime politique dans lequel une personne ou un groupe exercent tous les pouvoirs de façon absolue, sans qu’aucune
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Philippe Tancelin – Ne nous laissons pas taire, (Pour la Palestine)

Ne nous laissons pas taire ,ce serait le naufrage…par le silence par Philippe Tancelin
Ne nous laissons pas taire,
ce serait le naufrage…par le silence
Tandis que les gouvernants « pantins » d’Europe, se bousculent pour grignoter quelques reliefs du banquet Pouti-Trumpien, espérant sauver leur crédibilité plutôt que la vie de jeunes générations soldatesques Russo-Ukrainiennes, ces mêmes « pantins » reconnaissent sans précipitation ni aucune définition territoriale un hypothétique état Palestinien, improbable voire impossible, compte-tenu de l’État colon qui le côtoie lequel,ne cesse de se déployer au mépris radical du droit international et laisse libre cours à sa politique d’extermination du peuple de Gaza et de Cisjordanie.
Qui ose encore suggérer qu’il faudrait peut-être ici juger de tout par les même règles et sans partialité ?
Les morts eux-mêmes n’ont pas le même poids semble-t-il… Et on peut fort bien le comprendre lorsqu’un vivant Gazaoui meurt de faim et,ou, de balles tirées sur lui par ce que c’est affamé par l’occupant et ventre vide, qu’il va vers les quelques rares sources de ravitaillement.
N’entend-on pas de plus en plus que tout ceci est tellement : « injuste et horrible qu’il n’y a pas de mots pour en parler et qu’il ne reste plus que le silence dans lequel se réfugier » ? Réfugier sa sale et petite mauvaise conscience si bien abritée par « la discrétion, voire la sidération devant l’horreur, la peine et se sentir déchiré de toutes parts… »
Le carnage qui se déroule à Gaza, les victimes et témoins directs peuvent et savent courageusement le décrire aussi longtemps qu’on ne les assassine pas. Leurs témoignages évoquent la cruauté, la persécution qui conduisent la mise à faim et la mise à mort de milliers d’êtres humains tous âges et sexes confondus.
Mais l’horreur, elle, n’est pas descriptible. Elle est un sentiment.
Il est inspiré par la connaissance et la reconnaissance d’actes monstrueux avérés et prouvés qui depuis très longtemps, sont accessibles à quiconque le veut bien.
Aux habités par un tel sentiment d’horreur, nous vous rappelons sœurs, frères humains que jamais les mots ne peuvent manquer pour exprimer notre ressenti, le crier, le hurler, en faire entendre la puissance de révolte, seuls ou à plusieurs, comme les manifestations à travers le monde en témoignent.
Qu’on ne nous réplique pas qu’« on ne sait pas bien écrire ou parler, exprimer ses sentiments. » Se rassembler peut exprimer un NON catégorique devant « l’horreur.»
Ce n’est pas le vocabulaire qui manque, ce n’est pas la langue qui serait lacunaire, et paraîtrait désuète, incapable de dominer « l’indicible, l’inexprimable.» Ce n’est pas non plus l’écriture y compris de la poésie qui serait devenue impossible devant les barbaries, mais ce sont la conscience, la connaissance qui font faillite, une faillite dont la déclaration souvent n’est pas sans intérêt idéologique, à moyen terme.
Nous le savons fort bien, c’est le nombre qui manque, le courage, la volonté, mais aussi et surtout l’amour pour y contribuer qui sont absents, soit en raison d’une complicité objective avec les assassins, soit encore au nom de certaines leçons critiques de l’histoire qui justifieraient une adhésion sourde au laisser-faire le temps, les autres, ne pas s’engager, ne pas se déplacer, se déranger,ne pas sortir sous peine de se perdre.
Le ressenti d’impuissance si largement partagé au regard des événements ici comme ailleurs, est souvent le fruit d’un propre manquement à soi-même, à la nourriture de son espérance, autant de manquements qui précipitent une humanité en sa perdition.
Comment autrement expliquer que confrontées à la violation, négation du droit international,toutes ces nombreuses consciences, ces belles connaissances civilisationnelles, fières des « Lumières », héritées par transmission directe ou importées, n’en appellent pas aux devoirs et obligations de l’Homme vis à vis de valeurs essentielles qui font que la vie fait sens et que nous lui donnons sens.
Lorsque l’Usurpateur détruit par des actes de barbarie ces valeurs qui ne sont pas seulement celles de la culture occidentale mais de la culture mondiale, humaine et du dialogue des cultures, il est impératif que chacun.e s’empare de sa langue et en elle, par elle, réalise les conditions sous lesquelles un appel universel à son obligation, son devoir, est de nouveau possible.
Si à cette fin, la langue poétique est satisfaisante et peut être suffisante, elle ne saurait s’affirmer comme indispensable. Le cri de l’affamé(e) de Gaza, ses lèvres figées dans l’in-prononcé du dernier souffle, parlent non pas l’impossible, mais l’interdit, le perdu : la nourriture, la vie…
Ce qui doit être entendu ce jour, c’est que toute langue qu’on appelle et prononce depuis le refus de l’inéluctable, de l’invincible, le combat qu’elle porte contre l’indicible, est non seulement possible mais indispensable par « ces temps de Gaza », pour neutraliser les bourreaux et leur langue massacrière.
On peut, on doit écrire nos ressentis profonds devant ce qui se déroule d’horrible. Il faut, on doit écrire de la poésie « pendant Gaza ». On pourra, il faudra écrire de la poésie « après Gaza ». Ces langues, ces écritures en seront d’autant plus différentes qu’elles auront mené la bataille du langage contre l’odieux.
Les poètes palestiniens de la diaspora comme ceux sur le terrain en témoignent quotidiennement.
Si le peuple Palestinien a urgemment besoin de pain, il n’a pas moins besoin d’espérance exprimée en sa langue comme en les nôtres, ici, ailleurs à travers la terre, ne serait-ce que pour contenir une heure, un jour de plus sa faim avant de s’éteindre, sans perdre son lumineux de vie et de résistance.
Le regard aimant de la mère se réfléchit dans les yeux de l’enfant de Gaza mourant par manque de nourriture et de soins, sa fin de vie en est différente, éclairée par l’amour.
Face à la négation du droit et des valeurs essentielles, fondatrices du sens universel de vivre,toutes langues portant refus d’abandon au silence, face aux affirmations d’un « indicible », ou d’un « innommable », doivent occuper maintenant toute la place de notre expression, que celle-ci soit poétique, ou non poétique, pourvu que toutes portent notre engagement à recouvrer pleinement le sens du devenir Homme qui nous est ôté par pantins et bourreaux associés.
A qui hésite au nom de son petit doigt… Qu’il y aille de toute son âme, l’amour l’y aidera
Philippe Tancelin
17 août 2025
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Salvatore Bravo-La Chine peut-elle être notre modèle ?

La Chine peut-elle être notre modèle ? par Salvatore Bravo
17 août 2025

L’Occident, terme désignant une zone géographique qui s’étend des États-Unis à Israël, montre sans équivoque la « vérité » de son système. C’est une zone géographique, où les différences sociales et culturelles ont presque disparu, à leur place l’américanisme prévaut. Ce dernier se caractérise par un économisme fanatique qui met tout en vente afin de récolter de la plus-value. L’individualisme est le modèle qui règne et dévore l’histoire et l’être avec sa hiérarchie de valeurs. Le multi-nullisme est l’essence de l’américanisme.
Le génocide des Palestiniens a lieu en mondovision et, pendant que tout cela se produit, les commérages dominent et règnent. Israël n’est pas soumis à de véritables sanctions, au contraire, on demande à la puissance qui défend les intérêts occidentaux au Moyen-Orient de faire preuve de « retenue » en matière de trêves et on l’invite à laisser passer l’aide humanitaire. Une esthétique funéraire qui voudrait masquer la complicité substantielle de l’Occident. Dans ce climat de monstruosité pourrissante devenue banale et ordinaire, poser le problème de l’alternative à un système qui semble invincible et éternel, mais qui est en réalité assiégé par un monde qui change rapidement, est essentiel pour redonner espoir au désert du désespoir. On se dirige vers une révolution également en Occident, puisque les technologies et les ressources minières sont maintenant en pleine possession des peuples non occidentaux. Les siècles de parasitisme et de pillage sont terminés ou sont en train de se terminer. La population de l’Ouest diminue et vieillit fortement ; la culture des seuls droits individuels montre son vrai visage, c’est-à-dire que la famille disparaît et avec elle l’avenir, ne laissant que des individus consommateurs qui ne laissent aucune trace derrière eux. Il n’y a pas de souci de l’autre (de la famille au sens propre et étendu), donc l’Occidental moyen finit ses jours en appauvrissant ce qui l’humanise. Dans ce contexte, rechercher et la fonder l’alternative est inévitable.
Les colonisés sont ceux qui défendent le modèle américain. Ce sont les athées fervents qui, afin de renforcer le système, s’engagent à soutenir des réformes purement esthétiques qui peuvent fortement le légitimer.
La lutte contre les racismes sert à masquer la violence ordinaire d’un modèle capitaliste fondé sur la concurrence et le nihilisme de l’argent. Le nouveau racisme qui émerge est basé sur la distinction entre les gagnants (propriétaires de grands patrimoines) et les perdants (socialement non pertinents). L’américanisme, tel que l’a défini Costanzo Preve, est le serviteur qui défend le maître et contribue à son pouvoir :
« L’américanisme ne signifie absolument pas toujours soutenir servilement tout ce que les gouvernements américains décident de faire à chaque fois. Le véritable américanisme, au contraire, consiste à conseiller l’empereur sur ce qu’il doit faire pour être plus aimé de ses sujets, plus multilatéral, moins unilatéral, et généralement plus porteur de soft power. Le véritable américaniste conseille de fermer Guantanamo, de décourager le Ku Klux Klan, d’élire autant de Noirs, de femmes, d’homosexuels que possible à la direction, etc. Le véritable américaniste veut pouvoir se reconnaître dans la puissance impériale qui occupe son pays avec des bases militaires et des dépôts de bombes atomiques des décennies après la fin de la Seconde Guerre mondiale (1945) et la dissolution de tout pacte militaire « communiste » (1991). Le véritable américaniste veut être le sujet d’un bon empire, et c’est pourquoi il regrette que l’empire soit parfois mauvais et exagère. En massacrant l’Irak, l’empire n’a pas commis un crime, mais une erreur. L’américaniste utilise deux registres linguistiques et axiologiques différents, le code du crime et le code de l’erreur. Nous pouvons tous faire des erreurs, que diable ! Hitler, Mussolini, les Japonais, les communistes, Milosevic, Mugabe, la junte militaire du Myanmar, les talibans, etc., ont commis et commettent des crimes. Churchill massacrant les Kurdes et les Indiens, Truman larguant la bombe atomique sur Hiroshima, Bush envahissant l’Irak en 2003, ils ne font que des erreurs désagréables. L’américaniste accuse d’anti-américanisme tous ceux qui prétendent que les États-Unis se comportent comme un empire, et ne devraient pas le faire, mais se comportent plutôt comme un État-nation normal, confiant le monde à un équilibre entre les puissances, sans ambitions messianiques impériales. Ici, l’américaniste atteint le comble de l’imposture, parce qu’il accuse paradoxalement la culture américaine elle-même d’anti-américanisme, qui affirme clairement qu’elle est un empire, qu’elle veut être un empire et qu’elle veut continuer à être un empire, et qu’elle n’est pas du tout disposée à renoncer à cet exceptionnalisme messianique. L’américanisme ne consiste donc pas en un ensemble variable d’opinions sur tel ou tel acte spécifique des États-Unis, mais en un présupposé d’une intériorité illimitée à ce monde, dans laquelle il faut ensuite négocier les modalités de l’adhésion spécifique1”.
L’américanisme occidental est le symptôme de la décadence. Si les identités des peuples européens sont annihilées par des décennies de colonialisme linguistique, culturel et économique, il ne reste plus que l’américanisme avec son économisme pour donner un «habit du néant» qui se cache derrière le rideau idéologique des seuls droits individuels, lesquels proclament le marché comme lieu et espace de liberté. Le marché est bien plus qu’une institution économique, c’est le sens pervers de l’Occident. La liberté s’achète et se vend sur le marché, c’est une valeur d’échange, donc la liberté est une image miroir de la marchandisation. Dans ce climat de crépuscule, les tensions ne peuvent que s’aiguiser. Il est inévitable, dans un état suffocant, de chercher un autre modèle au-delà des frontières de l’Occident que rien ne semble pouvoir céder dans un tel état.
La Chine, avec ses succès et sa politique de défense des intérêts souverains, semble être « le modèle » dont il faut s’inspirer, d’autant plus qu’elle est une « puissance communiste » qui submerge aujourd’hui les États-Unis. Maintenant, le vrai problème est de savoir si le communisme est en vigueur en Chine. Pour pouvoir évaluer, nous avons besoin d’un modèle objectif, d’un paradigme, même s’il est partiellement défini, et le paradigme nous est donné par Marx. Le communisme est la participation radicale des travailleurs à la planification politique et économique. La nationalisation des banques et des grandes industries ne qualifie pas un État de communiste, ce qui le définit est la participation et le renversement de chaque oligarchie. En Chine, le pouvoir est fermement entre les mains d’une nomenclature d’hommes et de femmes qui utilisent le capitalisme à des fins sociales, pour augmenter la richesse nationale et pour satisfaire les besoins fondamentaux et maintenant même les superflus. Tout cela est grand, d’autant plus que cela s’est produit en quelques décennies, mais ce n’est pas du communisme, puisque les ouvriers restent des sujets gardés de la nomenclature. Ce qui manque, comme l’affirme Costanzo Preve, c’est la réflexion théorique sur la Chine, sans cette praxis de pensée on se limite à admirer les résultats, mais on n’évalue pas les processus et les fins :
Il est dit qu’une « longue marche vers la prospérité » est en cours en Chine. Je n’ai aucun doute à ce sujet. Je suis d’accord qu’il n’est pratiquement pas important qu’un chat soit rouge ou noir, tant qu’il attrape des souris, mais ce sage dicton n’aide pas à clarifier la nature sociale de la Chine d’aujourd’hui. On parle de la diaspora chinoise (Casati), de l’affrontement autour des terres rares (Giannuli), de la Chine qui est maintenant au centre du monde (Ricaldone). D’accord, il ne manque qu’une réflexion inspirée de la théorie de Marx. Maintenant, je ne dis pas que c’est nécessaire, en fait c’est peut-être trompeur. Mais alors il faut le dire, et ne pas se déclarer à la fois « communistes » et admirateurs du « dépassement » sino-américain. Giovanni Arrighi, dans sa précieuse étude sur la succession des cycles d’accumulation Gênes-Hollande-Angleterre-USA-Chine (Adam Smith à Pékin), dit des choses très similaires, mais il ne rêve même pas de parler d’un modèle socialiste qui l’emporte sur un modèle capitaliste.
Le livre suggère que l’élément principal pour caractériser la Chine comme une « nation souveraine d’origine principalement socialiste » réside dans la prépondérance macroéconomique de la propriété étatique et coopérative sur la propriété privée. Mais s’il en est ainsi, il faut avoir le courage de dire que Lassalle avait raison contre Marx. Je n’ai rien contre, mais qu’on le dise. Si le socialisme est l’ IRI[1] écrit en idéogrammes chinois, c’est très bien. Dans son introduction, Losurdo parle de son voyage en Chine (j’imagine honoré en tant qu’invité étranger de marque) et parle de bien-être partout visible. Je le crois, même si de temps en temps nous lisons des articles sur les révoltes paysannes et ouvrières, mais même les visiteurs des États-Unis du passé l’ont dit2”.
L’intervention de l’État dans l’économie ne garantit pas le communisme ou les formes de socialisme. Le dirigisme et la propriété étatique de la terre ne sont pas une garantie du socialisme ou du communisme, mais c’est une forme de capitalisme contrôlé. La Chine semble avoir renoncé aux objectifs idéaux du communisme : la participation politique, l’égalité formelle et matérielle, le soutien aux associations de travailleurs auxquelles devraient appartenir les moyens de production, au lieu de tels idéaux politiques règnent en Chine. Les hommes et les femmes vivent dans une réalité dans laquelle les inégalités économiques sont de plus en plus évidentes et dans laquelle l’argent a un poids de plus en plus important, il est donc difficile d’émettre l’hypothèse que les Chinois puissent au fil du temps concevoir des formes de communisme ou de socialisme plus harmonieuses et conformes à la définition marxiste du communisme. Si la nature humaine est éthique et rationnelle et que la pratique de la solidarité est donc ce qui humanise, la Chine répond-elle à cette vérité ? La Chine fait également partie d’un développement historique et productif très différent de celui de l’Europe, de sorte que les catégories chinoises et son modèle ne sont pas applicables en Europe. La stabilité chinoise est certainement l’une des forces de la Chine, et après les décennies de maoïsme, elle peut atteindre des objectifs impensables d’un point de vue productif et assiéger l’Occident, ou plutôt ses oligarchies, mais ce n’est pas le communisme :
« Je vais maintenant résumer brièvement mon essai engagé sur « l’Eurasie », 1/2006. La Chine est issue d’un mode de production asiatique, et donc les catégories sociopolitiques occidentales, qui se sont plutôt développées à travers le processus esclavagiste-féodalisme-capitalisme jusqu’à nos jours, ne lui sont pas applicables. Tout chevauchement de catégories créées pour comprendre la Grèce, Rome, le Moyen Âge, l’État absolutiste moderne, les Lumières, etc., est trompeur. Philosophiquement parlant (p. 113), l’objet historique traditionnel de la philosophie chinoise n’a jamais été la vérité (théorique), mais l’harmonie (pratique). Platon n’est donc pas superposable à Confucius. L’approche maoïste de la théorie de la contradiction (l’un est toujours divisé en deux) remonte à une tradition anti-confucéenne vieille de deux mille ans, principalement légiste et taoïste. Je suis redevable à mon ami le sinologue allemand (oriental) Ralf Moritz. Après la mort de Mao, certes hostile à Confucius (pensons à la campagne contre Confucius-Lin Piao), le retour à Confucius marque la mise au premier plan de la « recherche de l’harmonie » après les bouleversements de la période de trente ans 1946-1976.
Personnellement, je vois cela très favorablement. Je n’ai jamais conçu le socialisme à la manière de Sartre (révolution permanente des groupes-en-fusion contre les pratiques-inertes sous l’emprise du paroxysme du projet-finalité), mais je l’ai toujours conçu à la manière de Lukacs (stabilisation d’une vie quotidienne non pas au sens de Bakounine, mais d’Aristote et de Hegel). Je n’ai donc aucune objection. Mais je ne vois pas pourquoi le développement capitaliste de la Chine, même avec la présence bénéfique d’un contrôle macroéconomique de l’État que les dissidents pro-américains imprudents voudraient abolir, devrait être considéré comme le socialisme du XXIe siècle. Si vous voulez le considérer comme une correction de cap bénéfique par rapport à l’extrémisme stalinien et/ou trotskyste, je suis d’accord. Mais je pense qu’en Italie, en Italie et en Occident, cela n’a plus de sens de retomber dans « l’État dirigeant », même si ce n’est que symbolique, sans le Komintern et le Kominform, mais il est beaucoup plus utile de reprendre une discussion sensée sur le socialisme, impossible tant que cette discussion est « détournée » par la jet-set de gauche comme « Manifesto », « Liberazione » et d’autres journaux sédimentés par la tradition anarchiste de 1968.
Mais c’est une autre histoire. La vraie histoire3”.
Nous ne pouvons comprendre la Chine que si nous considérons qu’elle fait partie d’une histoire qui a son fondement dans la propriété de la terre qui, dans le mode de production asiatique, appartenait à l’empereur et appartient maintenant à l’État, et c’est bien sûr le katechon aux formes d’individualisme propriétaire sans limites ni frontières :
Le mode de production asiatique, dont Marx parle longuement (cf. K. Marx – F. Engels, Inde Chine Russie, Il Saggiatore, Milan 1960), implique d’une part la propriété de l’État despotique sur la terre, et d’autre part l’autonomie productive réelle des collectivités paysannes subalternes. Comme nous pouvons le voir, cela n’a rien à voir avec l’esclavage gréco-romain antique et le féodalisme d’Europe occidentale, deux modèles historiques qui ont servi à Marx pour élaborer les deux types respectifs d’esclavage et de mode de production féodal. La propriété exclusive de l’État despotique sur la terre, combinée à l’autonomie productive réelle des collectivités majoritairement paysannes, configure un modèle social, économique, politique et culturel absolument non occidental (pour le meilleur ou pour le pire, c’est une autre question à discuter séparément), que l’on retrouve sous des formes différentes et spécifiques en Chine, en Inde, chez les Incas du Pérou, et ainsi de suite. Ce modèle, dit asiatique, ne doit pas être confondu avec deux autres modèles qui ne sont pas non plus occidentaux, mais qualitativement différents, tels que l’antique-oriental (l’Égypte ancienne, l’ancienne Mésopotamie, la Chine et l’Inde anciennes des premières civilisations fluviales et hydrauliques, etc.) et comme l’africain, basé sur le rôle productif et structurel des langues des familles élargies et la division du travail social entre les sexes et les générations qui s’organisent toutes deux de manière autonome dans un sens de culturel et politique. La Chine a été le plus grand modèle historique du mode de production asiatique. C’est pourquoi ceux qui veulent parler de Mao comme d’un simple admirateur de Staline et d’un ennemi de Khrouchtchev doivent être invités, poliment mais aussi résolument, à approfondir l’étude4.
Le fait inévitable est le suivant : un dirigisme fort n’implique pas le socialisme. L’IRI n’a pas conduit au socialisme en Italie. L’intervention de l’État dans l’économie n’est pas une garantie du socialisme, au contraire, l’État a souvent été et est sous les ordres des oligarchies. L’argent a un pouvoir d’infiltration et de corruption remarquable. Ceux qui détiennent les moyens de production et l’argent peuvent percer les filtres et les limites institutionnelles.
Le socialisme et le communisme ne sont pas réductibles à des succès matériels et à des stratégies de contrôle de l’économie pour mettre en œuvre la production. Le socialisme et le communisme avec des densités différentes ont pour but de fonder et de concevoir une communauté d’État conforme à la nature humaine. Les critiques de Costanzo Preve ont eu pour but d’éclaircir avec l’art de la définition, qui ne doit jamais manquer à tout philosophe de race, le communisme à partir de ce qui peut sembler tel pour ne pas tomber dans des erreurs qui ont souvent leur cause dans le vide politique de nos terribles années. Il n’en reste pas moins un fait, la Chine nous enseigne l’autonomie et la défense des intérêts souverains, donc nous, Européens aussi, si nous retrouvons notre identité et notre indépendance, nous pourrions développer un modèle économique et social cohérent avec notre histoire et avec la tradition communiste européenne et, peut-être, si nous nous engagions sur cette voie difficile, nous pourrions être les catalyseurs populaires d’un nouveau projet sur mesure. On reste colonisé dans l’esprit, si pour échapper à un État colonialiste (les États-Unis), on cherche la solution dans un autre État. Se débarrasser des toxines du colonialisme est un chemin long et difficile. L’habitude de la dépendance est le mal qui sévit en Europe, et en particulier en Italie, occupée par plus d’une centaine de bases de l’OTAN et encline à imiter le monde anglo-saxon dans tous les domaines et toujours prête à détruire la langue, la culture, l’histoire et son paysage pour se transformer en une copie sinistre du dirigeant. Peut-être, de manière inconsciente, cette attitude répandue cache-t-elle le désir de cacher l’humiliation quotidienne en se démarquant de son identité et en s’identifiant aux dominateurs. Nous devons sortir de ce piège.
Salvatore Bravo
Notes
1 Costanzo Preve, Elements of Political Correctness Étude préliminaire d’un phénomène idéologique destiné à devenir de plus en plus envahissant et important à l’avenir, paragraphe XVII
2 Costanzo Preve, Lettre ouverte à Domenico Losurdo, dans Communisme et communauté, paragraphe VIII, oct. 2011
3 Ibid., paragraphe X
4 Costanzo Preve, Sur le maoïsme et Mao, Kelebek, paragraphe IV
[1] – IRI (Institut de Reconstruction Industrielle) Institution créée en 1933 et liquidée en 2002. Elle a été fondée pour acquérir les propriétés industrielles déjà détenues par les 3 grandes banques italiennes, Banca Commerciale Italiana, Credito Italiano et Banco di Roma, qui ont fait faillite à la suite de la grande crise de 1929 et ont ensuite été définies comme des banques d’intérêt national.
Après la 2ème Guerre mondiale, l’IRI a joué un rôle central dans le miracle économique italien.
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