-
Daniel Guérin témoigne : « On ne tient pas parole aux colonisés »

« On ne tient pas parole aux colonisés » : le témoignage de Daniel Guérin
- 20/06/2024
Dans « Front Populaire, révolution manquée », le militant anticolonialiste Daniel Guérin pointait le poids des préjugés colonialistes chez les socialistes.
Militant communiste libertaire, anticolonialiste et membre du mouvement pour la libération homosexuelle, historien, Daniel Guérin (1904 -1988) fut membre de la tendance « Gauche Révolutionnaire » de Marceau Pivert au sein de la SFIO au pouvoir durant le Front Populaire. Dans cet extrait de son Front Populaire, révolution manquée (1963), il fait le récit de son expérience pour le moins décevante au sein de la Commission coloniale de la SFIO et souligne le poids considérable des préjugés colonialistes au sein du parti dirigé par Léon Blum.
Extrait de Front Populaire, révolution manquée (1963)

On ne tient pas parole aux colonisés
Pour la plupart des militants SFIO, le problème de ce que nous appelons aujourd’hui la décolonisation était une question secondaire. Elle ne les touchait pas directement. Ils étaient imbus de préjugés plus ou moins colonialistes et, ne comprenant rien à la question nationale, ils taxaient de nationalisme (au sens rétrograde du mot) les luttes libératrices des colonisés. À la Gauche révolutionnaire, grâce à l’insistance de quelques spécialistes, dont j’étais, le problème dit colonial avait cessé d’être sous-estimé.
Sur ce grave sujet, dont l’actualité n’était pas moins brûlante alors que de nos jours, le Rassemblement populaire n’avait accouché que d’une souris : sur un plan théorique, la reconnaissance d’un vague principe de « justice pour les indigènes des colonies » ; sur le plan pratique, la nomination d’une commission d’enquête. Tel était le maigre lest jeté par les radicaux-socialistes, qui trempaient jusqu’au cou dans la fange colonialiste. Encore fallut-il attendre décembre 1936 pour que le Sénat se décidât à voter la création de cette commission d’enquête, et celle-ci ne fut envoyée qu’en Afrique occidentale, sans résultats tangibles.
La SFIO, dans une large mesure sous notre impulsion, s’était montrée un peu moins chiche. Au congrès de Huyghens, à la veille de prendre le pouvoir, elle avait adressé un message solennel aux peuples colonisés :
« Le congrès du parti vous adresse l’expression de son active solidarité. Il connaît votre misère, il a la volonté d’y mettre un terme. Avec le Front populaire au pouvoir, une ère nouvelle commence pour la France laborieuse aussi bien que pour les peuples qu’elle associe à sa destinée. […] Le parti socialiste vous en donne l’assurance formelle. »
La SFIO s’engageait à mettre en vigueur dans les pays colonisés l’ABC de nos républicaines conquêtes : libertés démocratiques, législation sociale. On n’avait jamais entendu au-delà des mers pareil langage, pareilles promesses. Leur retentissement, les espoirs suscités furent immenses.
Mais ce programme minimum, programme pourtant démocratique et non socialiste, qui s’inscrivait dans le cadre de l’ordre existant, n’en fut pas moins saboté par une administration demeurée impérialiste et ne reçut pas le plus petit commencement d’exécution. Tout au contraire, le Front populaire une fois au pouvoir, une nouvelle vague de répressions, emprisonnements, dissolution de mouvements, fusillades s’abattit sur les colonisés. Un pauvre bougre d’Annamite fut même condamné à plusieurs années de prison pour avoir donné lecture à ses amis d’une brochure ancienne du président du Conseil Léon Blum.1
En une série d’articles, je m’obstinais à dénoncer ce scandale qui, à vrai dire, ne nous surprenait guère. Nous nous étions associés au message de Huyghens, dû à la plume généreusement démagogique de Maurice Paz, mais nous savions que les féodalités capitalistes ne lâcheraient pas leur proie coloniale sans y être contraintes. Nous tendions une main fraternelle à ceux qu’elles opprimaient et qui lui résistaient : « Tous les ennemis de nos ennemis sont nos amis. »
Seul à la commission coloniale
J’étais entré, après Huyghens, à la commission coloniale, organisme purement technique et consultatif, qui devait, en principe, transmettre des avis à la commission administrative du parti. J’y étais l’unique représentant de la Gauche révolutionnaire, position inconfortable dans un aréopage réformiste, assimilationniste, néocolonialiste. Ainsi, Germaine Picard-Moch nous déclara, un jour, avec une moue butée, qu’au grand jamais elle ne voudrait mettre un bulletin de vote entre les mains d’illettrés algériens. Un autre membre, le gouverneur colonial Hubert Deschamps, chef de cabinet de Léon Blum, me retourna un cahier des revendications qui émanait authentiquement du peuple malgache avec ce commentaire méprisant : « [Elles] n’émanent en réalité que d’un petit groupe sans mandat. Vous savez le mot de Guesde : quand nous sommes trois, signons : le comité. Quand nous sommes deux, nous signons : le parti. Mais que je sois seul, je signe : le peuple. Ce travail ne servira donc pas de base à mon rapport. » Quant au docte professeur Charles-André Julien, il nous confia, en invoquant des incidents survenus en Tunisie entre les deux partis destouriens, qu’il « ne fallait pas donner trop vite la liberté aux indigènes ». L’illustre historien politique de l’Afrique du Nord, ancien communiste, futur président du Comité pour la vérité sur l’affaire Ben Barka, assurait alors le secrétariat d’un organisme gouvernemental de coordination : le Comité méditerranéen. Il n’avait pas les mains libres.
La plupart des membres de cette inopérante commission étaient liés aux ministres dits socialistes par des liens personnels et même, parfois, professionnels, car plusieurs d’entre eux faisaient partie de cabinets ministériels. Bien que peu satisfaits, inquiets même, du tour que prenait la répression dans les pays colonisés, ils craignaient de parler trop haut ; ils ne voulaient faire à leurs ministres aucune peine, même légère ; ne protestaient que lorsque l’abus était trop flagrant. Ils croyaient se mettre en règle avec leur conscience en se contentant de délibérations académiques, en vase clos, ou en émettant, leurs soirs d’audace, des ordres du jour platoniques, qui allaient mourir dans les paperasses du secrétariat du parti.
Les ministres dits socialistes, par ailleurs, traitaient notre commission par-dessus la jambe, n’accusaient même pas réception de nos résolutions et prenaient la plupart de leurs initiatives sans juger bon de nous consulter.
À l’automne 1937, je déposai devant la commission un texte leur rappelant les termes des motions de nos congrès de Huyghens et de Marseille et exigeant l’exécution des promesses faites. Je fus, bien entendu, le seul de mon avis. Le cri d’alarme que je publiai ensuite en tribune libre du Populaire suscita l’ire de Maurice Paz, étroitement lié au secrétariat du parti. Il se refusait « à déplacer les responsabilités pour en accabler nos camarades délégués au gouvernement » et il soutenait que la commission n’avait « aucun pouvoir de citer à sa barre les ministres socialistes pour leur adresser des remontrances ». Je voulais à toute force « faire œuvre de tendance », ce qui n’était pas la meilleure façon d’aider les colonisés.
Je ripostai, le 21 octobre, au cours d’une réunion du parti dont il sera question plus loin, que ce n’était pas faire injure à nos délégués au gouvernement que d’exprimer un doute sur leurs possibilités d’action. Ils se heurtaient, à chaque minute, nous ne le savions que trop, à la formidable pression exercée sur eux tant par l’appareil de l’État bourgeois que par la coalition des grands intérêts colonialistes. Et c’était une des raisons, précisément, pour lesquelles nous adjurions le parti de les retirer d’un gouvernement à direction radicale.5
Je réussis, pourtant, à force d’insistance, à décider le ministre des Colonies, Marius Moutet, à se rendre, un soir, devant notre commission. Le 25 octobre 1937, il se fit conduire rue Victor-Massé par un chauffeur qui, une fois l’Excellence débarquée, ploya littéralement sous le poids des piles de dossiers mobilisés par la rue Oudinot pour se défendre, et me confondre. Pendant plusieurs heures, je dus rompre des lances seul, ou à peu près, avec un personnage entêté, venimeux, de mauvaise foi, souvent désarçonné, car il ne connaissait pas trop bien ses dossiers. D’accusateur, on essaya de me transformer en accusé. Le procès de Marius Moutet faillit devenir le mien. Seul, le brave et courageux Jean Longuet vint, de temps à autre, bien que timidement, à ma rescousse.
La situation était pour moi d’autant plus intolérable que j’avais jadis connu, et apprécié, un autre Moutet : celui qui, en 1931, au Comité de défense et d’amnistie des Indochinois, avait accepté, avec un dévouement inépuisable, la défense d’innombrables emprisonnés. Maintenant, c’était lui qui jetait, ou laissait jeter en prison, les leaders anticolonialistes (tels les conseillers municipaux autochtones marxistes de Saigon), s’obstinant, contre toute raison, à défendre soit ses services, soit les lointains proconsuls, ses subordonnés, jusque dans leurs actes les plus odieux.
Lorsqu’il était en veine de confidences, Moutet nous avouait volontiers, à Jean Longuet et à moi-même, dans le creux de l’oreille, qu’il était « prisonnier » de ses bureaux. Mais il se résignait trop aisément à cette captivité dorée.
Un jour il m’adressa une lettre fort vive, où il s’emportait contre ces « agitateurs » qui, disait-il, « dirigent leurs buts contre le Front populaire, le gouvernement qui en est issu et l’administration coloniale dont je suis le chef ». Ce fut lui qui, le 19 septembre 1936, avait invité le gouverneur général de l’Indochine à maintenir l’ordre « par tous les moyens » et à engager des poursuites contre les « fauteurs de trouble ». À Loubet, de la commission coloniale, Moutet confia qu’il ne serait pas le fossoyeur des colonies, qu’il ne les ferait pas perdre à la France.
Les dirigeants staliniens n’étaient pas d’un avis sensiblement différent. Moutet me révéla que des députés communistes étaient venus tout exprès le voir pour me dénoncer auprès de lui comme un « dangereux personnage ». En prévision de la guerre des « démocraties » contre les dictatures, le Komintern veillait à ne pas priver l’allié impérialiste du soutien de ses précieuses colonies. De ses conseillers occultes, de Goloubieva, dite Suzanne, en particulier, le parti communiste reçut l’ordre de renverser la vapeur dans ce domaine comme dans les autres, et les organisations d’émancipation nationale, non inféodées à Moscou, donc jugées indociles, furent désormais en butte à l’hostilité systématique du stalinisme. Il combattit à boulets rouges l’Étoile nord-africaine et, dans la coulisse, exigea sa dissolution ainsi que l’arrestation de son leader, le fondateur du Mouvement de libération nationale algérien, Messali Hadj. Au Maroc, il ne fut pas étranger à la dissolution du Comité d’action marocaine et à l’emprisonnement de ses chefs. À Madagascar, il désavoua publiquement les activités du mouvement national malgache, attirant sur lui les foudres colonialistes.
En Indochine, les staliniens ordonnèrent une scission au sein du groupe du journal La Lutte*, dressant deux conseillers municipaux de Saigon, de tendance stalinienne (dont l’un avait nom Tao), contre deux autres, de tendance trotskistes (Ta thu thau et Tran van Tach), pour ensuite appeler la répression des pouvoirs publics sur ces derniers. Averti par le ministre intérimaire des Colonies, Maurice Violette, des menaces de dissolution qui pesaient sur le groupe de Saigon, je m’étais rendu en hâte, le 1er avril 1937, devant le Rassemblement des Indochinois de France pour alerter ses militants. Mais le même jour les staliniens ordonnaient à leurs affiliés de cesser de participer à ce Rassemblement : on les faisait se défiler au moment précis où était sollicitée, en faveur d’un groupe menacé par la répression, leur solidarité active.
Quant aux affaires algériennes, elles étaient du ressort du ministre de l’Intérieur, Marx Dormoy. Elles allaient fort mal, puisque le gouvernement de Front populaire n’avait même pas osé tenir tête au Sénat pour lui imposer le vote du projet Blum-Violette. Ce texte, éminemment assimilationniste, était, pour les Français d’Algérie, les prépondérants, comme on les appelait, bien peu nocif, et pour nous bien insuffisant, puisqu’il visait simplement à écrémer les populations musulmanes de leurs « élites » les plus dociles, pour les verser dans le collège électoral français. Mais c’en était encore trop pour les partisans du double collège et de la suprématie de la représentation européenne. Tandis que le projet était enterré, la répression la plus brutale frappait le mouvement national de Messali Hadj. J’insistai pour l’audition de Dormoy par la commission. Le ministre me répondit qu’il « causerait volontiers » de la question algérienne avec la commission coloniale. Mais il ne daigna pas se déranger.
Le gouvernement de Front populaire n’avait manifesté une certaine hardiesse décolonisatrice que sur un point : le mandat exercé par la France en Syrie. Pierre Viénot, sous-secrétaire d’État aux Affaires étrangères du gouvernement Blum, y était chargé des territoires sous protectorat et mandat (Tunisie, Maroc, Syrie). Il n’appartenait pas au parti socialiste, mais au minuscule Parti socialiste français gravitant autour du social-patriote Paul-Boncour. Pourtant, il fit preuve de moins d’inconséquence que le SFIO Marius Moutet. N’hésitant pas à négocier directement avec les leaders du nationalisme syrien, il signa avec eux, le 22 décembre 1936, un traité qui mettait fin au mandat et proclamait l’indépendance de l’État syrien.
Cet acte de sagesse faisait, d’ailleurs, la part assez belle aux intérêts impérialistes : l’indépendance ne devait devenir effective qu’après une période probatoire de trois ans ; pendant vingt-cinq ans, la Syrie resterait liée à la France par une alliance politique et militaire. Mais le colonialisme se cabra. Pierre Viénot fut vitupéré ; les gouvernements qui se succédèrent de 1936 à 1939 renièrent la parole donnée : le traité franco-syrien ne fut jamais soumis à la ratification du Parlement.
Exécution d’une brebis galeuse
Au conseil national des 6-7 novembre 1937, la fédération socialiste du Maroc m’avait donné mandat de la représenter. Elle constituait une exception remarquable. Contrairement aux autres fédérations social-démocrates des pays colonisés qui, composées presque exclusivement de petits métropolitains, voyaient d’un fort mauvais œil les mouvements d’émancipation nationale, celle du Maroc avait épousé résolument la cause des autochtones et elle militait en liaison étroite avec le Comité d’action marocaine, le futur parti de l’Istiqlal. Ses leaders : P. Chaignaud, Gaston Delmas, étaient pourtant des fonctionnaires, enseignants pour la plupart, mais leurs sympathies pour le marxisme, voire le trotskisme, avaient fait d’eux des internationalistes. Le mandat en question m’avait été expressément confié pour me permettre de faire à la tribune du conseil national le procès de la politique coloniale du gouvernement de Front populaire.
La fédération du Maroc était, juste à ce moment-là, à couteaux tirés avec la direction du parti comme avec Léon Blum, devenu vice-président du Conseil dans le gouvernement radical présidé par Camille Chautemps. Le 22 octobre, son journal, Le Maroc socialiste, avait été saisi par la Résidence de Rabat pour avoir combattu la répression déchaînée par le général Noguès contre les nationalistes marocains. Le 25, André Blumel, chef de cabinet de Léon Blum, et Paul Faure, au nom du secrétariat du parti, avaient téléphoné et télégraphié à Chaignaud et à Delmas pour leur signifier à la fois leur « approbation » de la politique autoritaire du résident, un militaire cher au cœur de Léon Blum, et leur « désapprobation » de l’attitude socialiste de la fédération. Ainsi assuré de la confiance des ministres dits socialistes et du parti, le général Noguès, le soir même, se décida à sévir, selon sa propre expression, de façon impitoyable ; les dirigeants du Comité d’action marocaine furent jetés en prison.
Telles étaient les ignominies que je m’apprêtais, au nom de la fédération du Maroc, à produire à la tribune du conseil national. La bureaucratie SFIO décida de me fermer la bouche. Un prétexte purement formel fut aisément trouvé. Pour être délégué, il fallait, aux termes des statuts, cinq années au moins de présence dans le parti et, par suite de ma malencontreuse démission temporaire (de mars 1931 à mai 1935), je n’en comptais que trois et demie, et encore non consécutives. En vain ma section, bonne fille, avait-elle consenti à me laisser payer les cotisations dues pour la période où j’avais été démissionnaire. Mon étouffement parut à la direction du parti affaire non négligeable puisqu’il fit l’objet d’un vote par mandats. Par près de 4?000 mandats contre 798, ma délégation fut annulée.
Cette guillotine sèche était d’autant moins justifiable que j’appartenais, par décision de congrès, à deux organismes dirigeants du parti : conseil d’administration du journal Le Populaire, commission coloniale. Lorsque les trotskistes, en 1934, étaient entrés dans la SFIO, leur ancienneté dans le parti communiste leur avait été comptée et ils purent ainsi être délégués à la commission administrative permanente comme aux assises nationales. N’ayant jamais vendu mon âme à Moscou, je ne pus revendiquer pareille faveur.
La brebis galeuse une fois exécutée, le conseil national s’empressa de blanchir le camarade Marius Moutet. Il le félicita de « l’effort immense » qu’il avait « accompli pour apporter aux populations indigènes plus de justice et plus d’humanité » et lui fit « confiance pour poursuivre l’application de ce programme en surmontant toutes les résistances ».
Si j’ai cru devoir insister sur cet incident de procédure, c’est à cause de sa signification politique et des amers lendemains qu’il nous réservait : la démocratie, tant vantée, de la SFIO,, s’en allait en fumée dès que sa bureaucratie désirait étouffer des voix gênantes.
La lutte décolonisatrice de la Gauche révolutionnaire était orientée dans trois directions :
– harceler et, si possible, tenter convaincre les ministres dits socialistes ;
– faire l’éducation anticolonialiste des militants de base SFIO ;
– soutenir, voire même coordonner, les luttes menées respectivement par les autochtones dans les pays colonisés par la France.
J’ai déjà traité de la première tâche, et de ses piètres résultats.
Pour mener à bien la seconde, nous eûmes recours à des moyens théoriques aussi bien que pratiques.
Il importait, avant tout, car personne dans la social-démocratie française ne s’en était soucié avant nous, de définir un anticolonialisme qui fût internationaliste et révolutionnaire et de l’insérer dans nos perspectives socialistes d’ensemble. Il fallait, notamment, préciser, pour répondre aux objections sans cesse renaissantes qui nous étaient faites, la nature de nos rapports avec ceux des mouvements de libération nationale dont le contenu n’avait pas encore dépassé le stade bourgeois.
Les socialistes révolutionnaires, dans les pays colonisés, devaient, selon nous, s’efforcer de conserver vis-à-vis de ces mouvements l’autonomie politique la plus absolue, empêcher la bourgeoisie de prendre la direction exclusive de la lutte émancipatrice. En même temps, ils avaient à mener une lutte sans compromis contre le féodalisme, le cléricalisme, contre la réaction sociale et le Moyen Âge. Il leur fallait mettre, entre autres, à leur programme, la réforme agraire, les libertés démocratiques, le droit syndical, une législation ouvrière. Le jour où la lutte libératrice prendrait la forme d’un mouvement révolutionnaire de masses, susceptible d’effrayer la bourgeoisie, ils auraient sans doute à prévenir une collusion du nationalisme bourgeois, menacé dans ses privilèges de classe, soit avec les éléments féodaux, soit même avec l’impérialisme. À chaque étape, en bref, ils auraient pour tâche de mettre la bourgeoisie autochtone au pied du mur, jusqu’au jour où ils parviendraient à lui enlever la direction du mouvement pour mettre fin à toute forme d’exploitation, nationale ou sociale, sous le drapeau du socialisme.
J’avais été le rédacteur de ce morceau doctrinal, et je n’y avais aucun mérite, car il s’inspirait, dans ses grandes lignes, des écrits de Lénine et des plates-formes des quatre premiers congrès de l’Internationale communiste. Son seul défaut était son irréalité. Les socialistes, dans les pays colonisés, étaient, on l’a déjà dit, des Européens, des « petits blancs » à mentalité colonialiste. Quant au socialisme révolutionnaire et internationaliste, c’était une monnaie qui n’avait plus cours nulle part, sauf dans notre petit groupe et dans les quelques groupuscules étrangers avec lesquels nous avions noué, à défaut d’une adhésion à la fantomatique IVe Internationale, des liens fraternels. Qu’espérer, par ailleurs, du Komintern, qui domestiquait les mouvements anticolonialistes pour les asservir aux impératifs changeants de la diplomatie russe?? Il était chimérique, dans ces conditions, de prétendre enlever à la bourgeoisie autochtone la direction d’une lutte que, d’ailleurs, à cette étape de l’évolution, elle menait avec ténacité et un sens politique assez remarquable.
Notre tâche pratique consistait à alerter nos militants par des articles de presse, des causeries faites dans les sections, des réunions d’information, des interventions dans les assises du parti sur la gravité du problème colonial. Il fallait, à tout prix, percer le mur de l’indifférence. Nous n’y parvenions pas toujours.
Une fois le gouvernement Blum au pouvoir, le soutien des mouvements autochtones devint la partie la plus positive de notre effort. Nous obéissions d’ailleurs à des mobiles moins altruistes que politiques. Nous savions que, comme sur le champ de bataille intérieur, seule l’action directe des masses était capable de désembourber le Front populaire. C’étaient donc les peuples colonisés eux-mêmes qui, par leur constante pression, devaient contrebalancer celle exercée par le colonialisme sur nos ministres. Mais la bureaucratie SFIO tenait aux colonisés exactement le même langage qu’aux travailleurs français : patience, sagesse, confiance. Elle les invitait à renoncer aux exigences « utopiques », c’est-à-dire aux promesses qui leur avaient été faites solennellement au congrès de Huyghens, et à ne pas « gifler en plein visage », comme l’avaient fait ces malotrus de grévistes sur le tas, « leur » gouvernement de Front populaire.
Extrait publié par Contretemps
Daniel Guérin, Front populaire, révolution manquée, Marseille, Agone, 2013, 504 pages (Avant-propos de Charles Jacquier, préface de Barthélémy Schwartz).
-
Gilles Manceron-Ligue des droits de l’Homme, socialistes et communistes et la question coloniale lors du premier Front populaire

Ligue des droits de l’Homme, socialistes et communistes et la question coloniale lors du premier Front populaire par Gilles Manceron, pour histoirecoloniale.net
Les compromissions de la part d’une grande partie de la gauche française avec le projet colonial ne sont pas le seul sujet qui nécessite un réexamen critique par celle-ci de certaines de ses positions passées. La question de l’hésitation d’un courant important en son sein, au nom d’un « pacifisme intégral » et d’un esprit « munichois » totalement illusoire, conduisant, au nom de l’idée de « La guerre, plus jamais ça ! », et même de « La paix, même avec Hitler ! », à sous-estimer le caractère criminel du régime nazi, mérite, elle aussi, d’être réfléchie par la gauche d’aujourd’hui. Car dans les années qui ont suivi l’accession de Hitler au pouvoir en 1933, le peu d’attention aux persécutions antisémites en Allemagne demande, elle aussi, à être aujourd’hui examinée. En particulier, lors du premier massacre antisémite du « NovemberReichsPogrom » de novembre 1938, appelé par euphémisme en France la « Nuit de Cristal », l’indignation dans la société française, y compris à gauche, n’a pas été à la hauteur.
Le Front populaire, par ailleurs, n’a pas été le seul moment où la compromission d’une partie de la gauche française avec le projet colonial doit être questionnée (1). Dès la première moitié du XIXème siècle, dans la période où est né le mouvement socialiste en France et dans d’autres pays, les socialistes se sont divisés sur la légitimité de l’expansion coloniale. Cette division s’est poursuivie dans les années 1920 lors de la guerre du Rif au Maroc, puis, en 1931, lors de l’immense opération de propagande coloniale qu’a été l’Exposition coloniale internationale dans le bois de Vincennes. Une division qui s’est poursuivie de 1940 à 1944 au sein de la France Libre et de la Résistance intérieure, puisque les partisans de l’émancipation des colonies y étaient minoritaires et ceux du rétablissement de l’empire colonial français – éventuellement réformé – largement majoritaires, y compris à gauche. Et cette division est restée une réalité après la Seconde guerre mondiale, à l’époque où se sont propagés, de l’Indochine au Maghreb, les mouvements d’émancipation des peuples colonisés.
Mais le premier Front populaire doit être examiné du point de vue de sa politique coloniale, car il s’est trouvé confronté à l’émergence des premiers mouvements indépendantistes et d’importantes forces politiques de la gauche, lorsqu’il s’est agi de peuples non européens, n’ont pas su s’en tenir à un réel internationalisme à leur égard.
Le débat de 1931 au sein de la Ligue des droits de l’Homme
Des débats sur la question coloniale ont existé au sein de la LDH dès sa fondation en 1898 et en particulier en 1931, l’année de l’exposition coloniale, où la question coloniale été inscrite à son congrès et où une minorité d’un peu moins d’un tiers des délégués a maintenu une position anticolonialiste, contre celle de la majorité qui prônait une « colonisation démocratique », sans prendre en compte le droit collectif des peuples à disposer d’eux-mêmes. Forte de près de 200 000 adhérents et implantée dans toute la France et ses colonies, la LDH, bien qu’elle se refusait à participer à la vie politique à la manière des partis, était un acteur bien plus important qu’avec ses quelque 12 000 membres d’aujourd’hui de la gauche et de la société française.
Dans sa revue, les Cahiers des Droits de l’Homme, le problème colonial était fréquemment abordé et Victor Basch, son président, a publié en 1930 une longue réflexion intitulée Pour la liberté individuelle, comportant un chapitre sur les colonies dans lequel il s’élève notamment contre le régime judiciaire et les procédures d’expulsion. Ainsi, sa section de Hanoï dénonce la justice expéditive et les graves atteintes aux droits de la défense, et demandait la suppression de la Commission criminelle, juridiction d’exception instituée par le gouvernement général de l’Indochine en 1929. Elle publie une pétition en février 1930 dénonçant la condamnation le 11 octobre 1929 par le Tribunal provincial de Vinh (Annam) de 36 personnes lors d’un procès à huis clos, sans avocat, ainsi que des arrestations arbitraires, suivies de mauvais traitements et de supplices ; et une autre contre la condamnation, le 3 juillet 1929 à Hanoï, de 75 personnes au terme d’un procès dirigé contre le parti nationaliste d’Annam pour complot contre la sûreté de l’Etat.
Autre exemple de la défense des libertés individuelles, lorsque les 25 et 26 avril 1930 s’est tenu le congrès interfédéral de l’Afrique du Nord, une proposition de loi est déposée par le groupe parlementaire de la LDH à la Chambre des députés « pour la suppression en Algérie de la mise en surveillance », sorte d’assignation à résidence sans jugement, « à l’encontre des indigènes non-citoyens, déclarés coupables de s’être livrés à des menées anti-françaises ou à des actes de piraterie agricole ». Mais sur la question de « la représentation des indigènes au Parlement », les comptes-rendus montrent la réticence des sections d’Afrique du Nord à l’idée d’un élargissement du droit de vote des indigènes, alors que les représentants de la LDH venus de métropole y sont favorables. Au terme d’un vif débat, le Congrès adopte le principe suivant : « si cette question de l’éligibilité risquait de retarder la réalisation d’une réforme nécessaire, il conviendrait d’accepter, comme première étape, que les indigènes fussent représentés par des citoyens français ».
Le 2 juin 1931, la LDH signale au ministre du Travail « les conditions particulièrement rigoureuses de travail du personnel de la Société des Parcs d’Attraction de l’Exposition Coloniale, allant à l’encontre des dispositions légales sur la journée de huit heures et le repos hebdomadaire ». Le 18 août 1931, la LDH intervient auprès du ministre des Colonies au sujet des canaques exhibés au Jardin d’acclimatation, attirant l’attention sur leurs conditions de séjour et la date imprécise de leur retour au pays.
En mai 1931, à Vichy, la Ligue des Droits de l’Homme tient son congrès consacré au thème « La colonisation et les Droits de l’Homme ». Deux thèses s’y opposent dans un affrontement souvent tumultueux. L’une, défendue par Félicien Challaye tend, au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, à une condamnation globale du fait colonial, la colonisation y étant définie comme « la mainmise d’un peuple économiquement et militairement fort sur un peuple d’une autre race économiquement et militairement faible ». L’autre thèse, soutenue à la fois par Albert Bayet et Maurice Viollette, tend au contraire à montrer que l’acceptation du principe colonial ne signifie en aucune façon une trahison à l’égard d’un idéal de progrès et de démocratie. « Sans doute, dans quelques-uns de ses aspects, la colonisation française est-elle entachée de graves abus, d’actes arbitraires et de tyrannie qu’il importe de dénoncer et de corriger. Sans doute une évolution progressive doit-elle amener à faire des peuples colonisés des associés et non plus des sujets ». Mais, déclare Albert Bayet, « de ce que l’action colonisatrice s’accompagne trop souvent d’abus, avons-nous le droit de conclure qu’elle en est inséparable ? Je ne le crois pas. Viciée, la colonisation est un danger pour le monde, purifiée, elle peut être un bienfait. »
Maurice Viollette, de la même façon, considère que même si la politique actuelle est indéfendable, notamment en Indochine, « abandonner les colonies, ce serait y organiser la ruine et la mort, les plonger presque toutes dans une anarchie terrible, et ce n’est pas une façon d’apporter une solution moralisatrice au problème colonial ».
S’opposant à l’argumentation d’Albert Bayet et Maurice Viollette, Félicien Challaye condamne dans la colonisation un « fait d’ordre économique » : le « déplacement » des richesses mondiales au profit des capitalistes européens. « Oui ou non, la Ligue des droits de l’homme estime-t-elle que la colonisation est conforme ou contraire au droit des peuples à dispose librement d’eux-mêmes ? Si vous refusez de condamner le principe de la colonisation, notre Ligue devra changer son titre, devenant la Ligue pour la défense des droits de l’homme blanc et du citoyen français ». Un délégué résume ainsi le débat : « Dirons-nous avec nos camarades ligueurs, MM. Basch et Challaye, que colonisation égale spoliation et, par conséquent, crime, ou avec nos amis MM. Bayet et [Charles] Gide que la colonisation est un devoir sous certaines conditions ».
Face à un congrès majoritairement acquis à cette seconde thèse, plusieurs délégués demandent une condamnation formelle de la colonisation. Un représentant du Pas-de-Calais : « La Ligue faillirait à son devoir si elle ne jugeait pas la colonisation ; si elle est mauvaise, elle doit avoir le courage de le dire, même si cela doit avoir pour elle quelques inconvénients. […] Il faut s’orienter vers la seule conclusion logique, c’est-à-dire l’évacuation ou, si vous préférez, la libération des colonies ». La minorité refuse tout compromis et maintient sa motion, qui demande « l’extension aux races dites de couleur du droit des peuples à disposer librement d’eux-mêmes » et recueillera près d’un tiers des voix lors d’un vote où, à une forte majorité (1 523 voix contre 634), le congrès « demande, qu’à la colonisation impérialiste soit substituée une colonisation démocratique, qui se donne invariablement pour but de répandre ce qu’il y a de meilleur dans notre effort scientifique, dans notre idéal rationaliste et démocratique, et d’habituer les peuples colonisés à se gouverner eux-mêmes et à être, non plus des sujets, mais des peuples libres ».
Cette résolution, qualifiée de « jésuitique » par les surréalistes qui dénoncent vigoureusement l’Exposition coloniale, montre qu’à l’époque du premier Front populaire, la LDH n’était pas majoritairement anti-colonialiste. Attentive aux violations des droits des individus dans l’espace colonial, et même si une minorité en son sein défendait le droit collectif des peuples à disposer d’eux-mêmes, sa majorité ne le reconnaissait pas aux peuples extra-européens. Son universalisme n’était ni effectif, ni conséquent.
Les rapports de l’Etoile nord-africaine avec le PCF et le Front populaire
Le courant communiste a été incontestablement en France, de 1920 jusqu’au XXIème siècle, le courant idéologique le plus porteur d’une critique du colonialisme et d’un refus des formes de racisme dont il s’est nourri. Mais il a connu des périodes diverses, des moments où il a mené de grandes batailles symboliques et d’autres où ses positions ont été nettement moins en accord avec l’internationalisme auquel il se référait.
Le premier mouvement d’indépendance des peuples du Maghreb, l’Etoile nord-africaine (ENA), a été soutenue à sa fondation en 1925 par le parti communiste français, puis combattue ensuite par lui. En 1935, l’ENA a fait partie des signataires du Pacte du Rassemblement populaire qui a servi de base au Front populaire. Puis, en janvier 1937, elle a été dissoute par un décret du gouvernement de Front populaire. Ce qui a provoqué à deux reprises dans les colonnes de la revue de la LDH, les Cahiers des droits de l’Homme, des protestations de Félicien Challaye, celui qui avait conduit, on l’a vu, le combat anticolonialiste minoritaire au sein de l’association en 1931. Ses protestations ont été ignorées par les instances de cette association, dans un moment où, il est vrai, le combat contre le nazisme était devenu légitimement leur préoccupation principale.
Devant le Sénat, en 1937, alors que quelques élus du Front populaire s’étonnaient de la dissolution de l’Etoile nord-africaine, le ministre de l’Intérieur a même affirmé qu’elle avait été réclamée par le parti communiste français. Si son anticommunisme l’a probablement conduit à exagérer le rôle du PCF dans cette dissolution, qui n’a pas été faite « à la demande » du PCF, mais de ce même ministre de l’Intérieur, avec l’accord, ou même « à la demande », du « Monsieur Colonies » de la SFIO, Marius Moutet., il est incontestable qu’elle a été faite avec le soutien et l’approbation du PCF. Il n’est qu’à se reporter aux articles de l’Humanité qui traitent les militants de l’Etoile nord-africaine interpellés de provocateurs trotskistes et d’agents nazis.
Le « pacte Laval-Staline »
L’influence de l’Union soviétique sur le parti communiste français doit être sur ce sujet soulignée. Staline, recevant Pierre Laval à Moscou en 1935 et recherchant le soutien des démocraties occidentales face au péril nazi a reconnu à la France la possession de son empire colonial français. Rompant avec l’anticolonialisme prôné par l’Union soviétique depuis ses débuts, qui s’était exprimé notamment lors du Congrès de Bakou des peuples d’Orient et qui s’était retrouvée dans les conditions d’adhésion imposées aux partis socialistes à l’Internationale communiste (IC ou Komintern). Ce tournant a eu des conséquences sur la ligne du PCF qui, de 1925 à 1935, a épousé l’orientation anticolonialiste du Komintern, puis, à partir du Front populaire, a soutenu le Plan dit Blum-Viollette, très réformiste, et s’est opposé à l’idée d’une Assemblée algérienne.
Ce fut le début d’une divergence du PCF avec l’alliance des courants algériens favorables à l’indépendance qui ont constituée les Amis du Manifeste et des libertés (AML), autour de Ferhat Abbas, désormais acquis, à partir de 1943, à l’idée d’indépendance, de l’Etoile nord-africaine de Messali Hadj et du courant culturel et religieux des Ouléma. Et aussi le début d’une divergence entre le parti communiste français et les communistes algériens, qui, dans les années 1950, sont devenus de plus en plus favorables à l’indépendance algérienne. Et qui, à la différence du PCF, soutiendront en novembre 1954 l’insurrection lancée par le FLN et s’efforceront d’y participer, y compris en lui fournissant des armes, tout en cherchant à créer leurs propres maquis, à mener la lutte armée sans abandonner la lutte politique et à faire des actions militaires, dont des attentats, selon leurs propres principes.
Le traité d’indépendance de la Syrie signé par Léon Blum
Dans l’anticolonialisme au sein de la gauche française lors du premier Front populaire, il faut aussi souligner le rôle de certains courants non communistes, notamment dans des milieux chrétiens proches des éditions du Seuil et de la revue Esprit. Il faut souligner aussi le rôle de courants d’extrême gauche, trotskistes, libertaires, avec en particulier Daniel Guérin. Et aussi le rôle de Pierre Viénot, socialiste, nommé en 1936 secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères au sein du gouvernement Blum, qui n’avait pas la même ligne en matière de politique coloniale que Marius Moutet, le « Monsieur colonies de la SFIO ». C’est Pierre Viénot qui a préparé un traité d’indépendance de la Syrie, alors sous mandat français, que Léon Blum a signé, mais qui, en raison de l’opposition du « lobby colonial », ne sera jamais ratifié. Un traité sur lequel un certain nombre d’historiens font silence, et pour qui, dans la gauche française, seuls les communistes auraient été anticolonialistes.
Les inconséquences du Front populaire se retrouveront à la Libération
La question de la légitimité de la volonté d’indépendance des peuples coloniaux continuera à faire débat dans la France Libre, comme dans la Résistance intérieure, puis ensuite à la Libération. Le rôle notamment d’Andrée Viénot – l’épouse de Pierre Viénot, mort en 1944 – et celui d’André Philip, tous deux socialistes et anticolonialistes mérite alors d’être souligné. André Philip faisait partie en 1931 de la minorité anticolonialiste de la LDH, mais, à la différence de Félicien Challaye dont le « pacifisme intégral », s’ajoutant à une volonté de dénonciation des Procès de Moscou plus vigoureuse que ne l’a fait la LDH, préoccupé avant tout par l’unité contre le nazisme, l’a conduit à adhérer à l’« esprit munichois », et à avoir une conduite hostile à la Résistance sous l’occupation allemande. En effet, André Philip a rejoint la France Libre à Londres dès 1940. Et, lors de la guerre d’Algérie, sa fille s’engagera avec les opposants à la politique de Guy Mollet qui fonderont le PSU, puis deviendra la compagne de Francis Jeanson, responsable du réseau français de soutien au FLN. Tandis qu’Albert Bayet, quant à lui, fera partie, trente ans après le congrès LDH de 1931, des derniers partisans à gauche de l’Algérie française, en particulier au sein de la Ligue de l’enseignement.
Le Nouveau Front populaire fera-t-il preuve d’un universalisme plus authentique ?
L’histoire a parlé. Au moment historique marqué, du XVIIème au XXème siècle, par le phénomène général de l’expansion coloniale européenne a succédé celui de l’émancipation des colonies. Le contexte idéologique du monde d’aujourd’hui se distingue de celui du premier Front populaire. Du point de vue géopolitique, le monde se définit aujourd’hui par sa multipolarité et l’émergence d’un « Sud global ». Sur la planète et dans l’enceinte des Nations Unies, le colonialisme a fait l’objet de condamnations de principe de plus en plus explicites, et, à la différence des années 1930, des secteurs importants de la société française ont désormais sur lui un jugement sévère. Mais son héritage idéologique n’a pas disparu des mentalités. Il constitue même, à l’heure des derniers sursauts de l’entreprise coloniale française, à Mayotte ou en Kanaky, à l’heure du démantèlement inexorable de la Françafrique, un terreau important pour l’« européocentrisme tardif » qui sert de base à l’extrême droite.
Le Nouveau Front populaire saura-t-il s’en démarquer clairement ?
(1) Gilles Manceron, Marianne et les colonies, une introduction à l’histoire coloniale de la France (La Découverte, 2003), et 1885, le tournant colonial de la République, Jules Ferry contre Georges Clemenceau et autres affrontements parlementaires sur la conquête coloniale (La Découverte, 2006).
-
الطاهر المعز-كينيا : نظام في خدمة الإمبريالية

كينيا – نظام في خدمة الإمبريالية : الطاهر المعز
مُلَخّص الوضع الحالي
تظاهر المواطنون في العاصمة « نيروبي » وفي كافة مناطق البلاد، يوم الخميس 20 حزيران/يونيو 2024، ضد مشروع قانون المالية المقترح للسنة المالية 2024/2025 الذي يخَطّط لزيادة الضّرائب بحوالي ثلاثة مليارات دولارا إضافية، واستخدمت الشرطة خراطيم المياه والغازات المسيلة للدّموع لتفريق المتظاهري، مما أدّى إلى قتْل ما لا يقل عن متظاهر واحد في العاصمة نيروبي وإصابة ما لا يقل عن مائتَيْ مُتظاهر واعتقال ما لا يقل عن مائة متظاهر، وأعلنت خَمْسُ منظمات حقوقية « إن وجود خراطيش فارغة يشير ضمنا إلى استخدام الذخيرة الحية ضد المتظاهرين في جميع أنحاء كينيا » الذين يُطالبون الحكومة بالتّخلّي عن الضّرائب الإضافية التي فَرَضَها صندوق النقد الدّولي، ومن بينها الرسوم على السيارات وزيادة أسعار الخبز وزيت الطهي والأدوية ورسوم العلاج ( من خلال خفض الدّعم) والمعاملات المالية والإتصالات وخدمات الهاتف المحمول، فضلا عن خفض الإنفاق الحكومي، وتم إقرار هذه الإجراءات رغم حَثِّ لجنة برلمانية الحكومة يوم الإربعاء 19 حزيران/يونيو 2024 على إلغاء بعض الضرائب الجديدة المقترحة في مشروع قانون المالية، وراجت أخبار عن ارتفاع عدد القتلى في العاصمة والمدن الأخرى إلى تسع ضحايا.
بعد أسبوعين من بدء الاحتجاجات على قانون المالية وزيادة الضرائب والأسعار، أصدرت لجنة حقوق الإنسان الكينية تقريرًا يوم الأول من تموز/يوليو 2024، يدين انتهاكات حقوق الإنسان والعنف الذي تمارسه الشرطة والجيش الكيني في الشوارع في جميع أنحاء البلاد، حيث أصبح المتظاهرون يُطالبون برحيل الرئيس ويليام روتو الذي انتُخِبَ سنة 2022، وأدّى القمع، بين الثامن عشر والثلاثين من حزيران/يونيو 2024، إلى مقتل 39 شخصًا وإصابة 361 آخرين بجروح خطيرة واختطاف واختفاء 32 شخصًا من المُعارضين والنقابيين والصحافيين، واعتقال 627 شخصًا، ومارست قوات الأمن العنف الشديد وغير المُبَرّر ضدّ المتظاهرين والعاملين في المجال الطبي والصحفيين والمحامين، خصوصًا بين يَوْمَيْ 25 و 30 حزيران 2024، فضلا عن التهديدات التي تلقّاها العديد من مُعارِضِي سياسة الحكومة…
المُتَغَيِّرات منذ 2022
تُعدّ كينيا قاعدة أمريكية منذ انهيار الإتحاد السوفييتي، وتم استهداف السفارة الأمريكية بها بنهاية القرن العشرين، في علاقة باحتلال وتدمير الصّومال، ولم ينفع الولاء للإمبريالية لما أصبحت كينيا على حافة العجز عن تسديد أقساط الدّيون الخارجية، وهو وضع عانت منه العديد من الأنظمة الموالية للإمبريالية في إفريقيا: مصر والسّودان وغانا ونيجيريا وتونس، مع فارق هام يتمثل في أهمية ميناء مومباسا لكينيا وبعض البلدان المجاورة – وخصوصًا غير المُطلّة على البحر – واستثمرت الصين في البنية التحتية التي تسمح بنقل السلع وازدهار التجارة بين أهم المدن الكينية وميناء مومباسا، وتندرج الإستثمارات الصينية ضمن مشروع « الحزام والطريق » الذي تبذل الولايات المتحدة قصارى جهدها لإفشاله.
جرت انتخابات 2022 في كينيا في هذا المناخ، ولما أصبح « ويليام رُوتو » رئيسا لكينيا، خلال شهر آب/أغسطس 2022 خَلَفًا لأُوهُورُو كينياتا الذي حكم البلاد طيلة عشر سنوات، من 2013 إلى 2022، كانت البلاد ترزح تحت وطأة الدّيُون الخارجية التي بلغ حجمها آنذاك 62 مليار دولارا، أو ما يُعادل 67% من الناتج المحلي الإجمالي للبلاد، وارتفع حجم الدّيون الخارجية خلال شهر حزيران/يونيو 2024 إلى 82 مليار دولارا من بينها ثمانية مليارات دولارا مُستَحَقّة للصين، لقاء إنشاء بُنية تحتية من سكة حديدية وطُرقات ورَبْط العاصمة نيروبي بميناء مدينة مومباسا، وتتضمّن قائمة الدّائنين صندوق النقد الدّولي والبنك العالمي والولايات المتحدة والسعودية، فضلا عن الصين، ولذلك تُخصّص الحكومة نحو 67 % من إيراداتها لتسديد الدّيون، وهي دُيُون لم يستفد منها العاملون وصغار الفلاحين وفئات الشعب الكادح، بل تعاني هذه الفئات من ارتفاع أسعار المواد الأساسية الضرورية ومن ارتفاع نسبة التّضخّم، ويرى صندوق النّقد الدّولي الحل في زيادة إيرادات الدّولة من الضرائب وخفض الإنفاق الحكومي، من خلال خطط التّقشُّف، وطبّقت الحكومة هذه الوَصْفَة، من خلال ميزانية 2023/2024 التي قابلها المواطنون بالإحتجاج، لكن احتجاجات حزيران 2023 لم تكن بنفس حجم وزخم احتجاجات حزيران 2024…
من أسباب الغضب الشعبي
قرر صندوق النقد الدولي والبنك العالمي، خلال شهر كانون الثاني/يناير 2024، زيادة ثالثة لحجم القروض المقدمة لكينيا، ليصل المبلغ إلى 4,4 مليارات دولار للفترة 2021-2025، لكي تتجنب الدّولة حالة التّخلّف عن السداد، أي الحصول على قُروض جديدة بفائدة مرتفعة لتسديد قروض قديمة حان أجَلُ سداد مليارَيْ دولار منها خلال شهر حزيران 2024، وخلال إعداد موازنة العام المالي 2024/2025، حصلت حكومة كينيا على قرض إضافي من صندوق النقد الدولي بقيمة 976 مليون دولار، بشروط من بينها زيادة إيرادات الموازنة العامة للدولة وخصخصة مؤسسات الدولة وخفض الإنفاق العام، وما إلى ذلك من الشّروط التي يَفْرِضُها الدّائنون، وتحتاج الحكومة إلى اقتراض 2,7 مليار دولارا لسد العجز في ميزانية السنة المالية 2024/2025.
تم انتخاب رئيس كينيا ويليام روتو ( آب/أغسطس 2022 ) لأنه وَعَدَ بالدفاع عن الضُّعفاء، ولكنه حرص، فَوْرَ انتخابه، على تطبيق سياسات التقشف التي يفرضها صندوق النقد الدولي من خلال زيادة ضريبة الدخل وحصص مساهمات الأُجراء في الحماية الإجتماعية والصحية والضمان الاجتماعي منذ سنة 2023، كما تضاعفت ضريبة القيمة المُضافة على البنزين، وبذلك يتحمل شعب كينيا ثمنًا باهظا لتنفيذ حكومته تعليمات صندوق النقد الدولي والبنك العالمي، الأمر الذي أدى إلى تدهور الظروف المعيشية لغالبية السكان الذين احتجوا على هذا الوضع، وقمعت الحكومة بوحشيةٍ المظاهرات الشعبية احتجاجًا على ما تَضَمَّنَهُ مشروع ميزانية 2024-2025 الذي قدّمته الحكومة يوم 13 حزيران/يونيو 2024 والذي ينص على زيادة العديد من الضرائب، وإقرار ضرائب جديدة وفقًا لتوصيات صندوق النقد الدولي، وكانت الضرائب غير المباشرة ـ 16% على الخبز على سبيل المثال ـ بمثابة القشة التي قصمت ظهر البعير، لأنها أَفْضَتْ إلى ارتفاعٍ كبير لأسعار الضروريات الأساسية، واستخدمت الشرطة الغاز المسيل للدموع وخراطيم المياه والذخيرة الحية لقمع المتظاهرين، وأدّى قمع مظاهرة يوم 25 حزيران/ يونيو 2024 واقتحام مَقَرّ البرلمان ( كَأحد رُموز الفساد) إلى قَتْل أكثر من 30 وإصابة العشرات، ولم تهدأ المظاهرات بل تضاعف زخم الإحتجاجات، فاضطرت الحكومة والرئيس ويليام روتو، الذي وصفه صندوق النقد الدولي بأنه « تلميذ نَجيب »، إلى التراجُع وسحب مشروع الميزانية، قبل تنقيحه وإعادته إلى البرلمان لمّا تكون الظروف مُواتية، وَتُعْتَبَرُ هذه الخطوةُ تراجُعًا تكتيكيًّا، لأن الحكومةَ لم تطلب من صندوق النقد الدّولي والبنك العالمي مراجعة شُرُوط الاتفاقيات المبرمة معهما، بل تأمل تطبيق تلك الشّرُوط تدريجيا أو دُفعة واحدة، حالما تحين الفُرْصة وتهدأ الإحتجاجات، لكن تواصلت الإحتجاجات إلى حين كتابة هذه الورقة (يوم 12 تموز/يوليو 2024) وتطورت المطالب وتوسّعت إلى المطالبة باستقالة الرئيس « ويليام روتو » وإدانة صندوق النّقد الدّولي والبنك العالمي، من خلال لافتات يرفعها المتظاهرون وشعارات مكتوبة على الجُدران، تتهم الصندوق والبنك بممارسة « العُبُودية العَصْرِيّة ».
على المستوى الدولي، تُعَدُّ كينيا حليفًا موثوقًا للولايات المتحدة، وأعلن الرئيس الأمريكي جوزيف بايدن خلال زيارة الرئيس الكيني ويليام روتو للولايات المتحدة (أيار/ مايو 2024)، إن كينيا » ارتَقَتْ إلى مرتبة حليف رئيسي، غير عضو في حلف شمال الأطلسي – ناتو »، وتجدر الإشارة إلى رفض سلطات كينيا إدانة المجازر الصهيونية الذي انطلقت بعد السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023، ومن المفترض أن يمنح هذا الوضع – حليف رئيسي للولايات المتحدة – مزايا عسكرية واقتصادية، لكنه في الواقع يُعْتَبَرُ المكافأة الممنوحة لويليام روتو لموافقته على إرسال الجيش الكيني إلى هايتي، بعد ضغوط أمريكية تهدف مُساعدتها على وضع هايتي تحت الإنتداب بإشراف أمريكي وبغطاء صُورِي أو شَكْلِي من الأمم المتحدة، وتمثّلت مُساهمة كينيا في إرسال فرقة من ألف جندي إلى هايتي لتنفيذ الخطة الأمريكية – التي تغطيها الأمم المتحدة – « لاستعادة النظام » و »وضع حد لعدم الاستقرار السياسي الهيكلي » الذي خلقته الولايات المتحدة بالتّدخّل السياسي والعسكري المُباشر، منذ ثلاثة عقود، وهكذا، فإن الديون تُحَوِّلُ كينيا إلى مُنَفِّذ للاستراتيجيات الإمبرياية في أفريقيا ( الصّومال والسّودان والحبشة…) التي تهدف إلى الحفاظ على التبعية الاستعمارية الجديدة من خلال الديون وإنشاء دول وكيلة تساعدها على « الحفاظ على النظام » حيث تتطلب مصالح الإمبريالية وحلف شمال الأطلسي ذلك.
اشتهر الرئيس « ويليام روتو » وحلفاؤه بالتّباهي بالبذخ ونَشْر نمط حياة مُتْرَفَة والتّفاخُر بذلك بشكل علني، بدعم من الكنائس ورجال الدّين، وانتشار الفساد والإسراف في نفقات الحكومة على النقل والترفيه، رغم الإيرادات المحدودة، بفعل ارتفاع حجم أقساط الدُّيُون، في حين يعاني أغلب المواطنين من تَدَهْور الوضع الإقتصادي وانتشار البطالة والتضخم وارتفاع الأسعار ( الغذاء والطاقة والدّواء والنّقل…) وانخفاض قيمة الدّخل، ومن انخفاض الإنفاق على التعليم والرعاية الصحية، ويحظى الرئيس وحكومته بدعم الولايات المتحدة التي أشادت سفيرتها في نيروبي (عاصمة كينيا) بالتصرف الحكيم للحكومة واعتبرت مشروع الميزانية – الذي رفضه الشّعب – متوازنا ومنطقيا لتحقيق النّمو والتّوازن، ويندرج هذا المديح في إطار دَعم « ويليام روتو » الذي وَعَدَ خلال الحملة الإنتخابية بتنظيف كينيا من اللاّدينيِّين الصّينِيِّين، وبالفعل غادر الصينيون ورؤوس أموالهم واستثماراتهم البلاد بعد تنصيبه رئيسا يوم الثالث عشر من أيلول/سبتمبر 2022، في حين كانت الصين ملاذًا وحيدًا للرئيس كينياتا منذ سنة 2013، لمّا كان الرئيس ونائبه ( ويليام روتو) يواجهان تُهم محكمة الجنايات الدّولية، ولما كانت الدّول الإمبريالية ترفض إقراض الحكومة وخُصِّصَت قُروض الصين لمشاريع بُنْيَة تحتية ضخمة ولتأهيل الشباب الكينيين في مجالات الهندسة والطّاقة والنّقل…
يندرج دعم الولايات المتحدة وصندوق النقد الدّولي للرئيس ويليام روتو ضمن المواجهة التي قررتها الدّول الإمبريالية والشركات متعددة الجنسيات لنفوذ الصين في إفريقيا، ضمن مخطط واسع يتضمن محاصرة الصين ومضايقتها في بحر الصين الجنوبي وفي مُحيط تايوان، أما الدّعم الظاهر لبعض الدّول الإفريقية والآسيوية من قِبَل الإمبريالية الأمريكية وحُلفائها فهو ليس مجانيّا بل مُرتفع الثمن.
علاقات غير متكافئة
ازدهرت العلاقات بين الصين وكينيا برغبة من حكومة كينيا، بداية من 2013 (كان الرئيس الحالي ويليام روتو نائبًا للرئيس أوهورو كينياتا)، إثر رفض حكومات الدّول الإمبريالية إقراض كينيا التي اندمجت (اضطرارًا) في مبادرة الحزام والطريق، وأنجزت الصين خط السكة الحديد القياسي ( أكثر من 600 كيلومترا) وبرامج البنية التحتية للطرقات (حوالي 2000 كيلومترا)، وشمل برنامج التعاون الثنائي « تعزيز التنمية الشاملة والمستدامة » من خلال رَبْطِ ميناء مومباسا بالعاصمة نيروبي ‘لتيْسير حركة البشر والسّلع »، وهو مشروع تحتاجه كينيا كما تحتاجه الشركات الصينية مما لترويج إنتاجها في كينيا، غير إن توقف الأشغال وتوقف حركة التجارة خلال وباء كوفيد- 19 خلق مشاكل عديدة في كينيا وفي العديد من البلدان المُثْقَلَة بالدُّيُون التي بلغت حافة العجز عن تسديد الأقساط التي حل أجل تسديدها، فاضطرت إلى الإقتراض بشروط مجحفة لتسديد الدّيون القديمة والدّخول في دوامة يعسر الخروج من دائرتها…
تطَوَّرَت العلاقات بين كينيا والصّين خلال فترة رئاسة « أوهورو كينياتا » من 2013 إلى 2022 ( ابن الرئيس الأسبق جومو كينياتا الذي حكم البلاد من 1964 إلى حين وفاته سنة 1978) وكان الرئيس الحالي (ويليام روتو) ينتقد سَلَفَهُ الذي عَزّز العلاقات الإقتصادية مع الصّين، وعندما أصبح روتو رئيسا خلال منتصف أيلول/سبتمبر 2022، غَيَّرَ الإتجاه نحو الولايات المتحدة التي جعلت من كينيا موقعًا متقدّما لها في شرقي إفريقيا، وللتذكير فقد أظهر ويليام « روتو » قُدْرَةً عجيبة على التّقلّب وتغيير انتمائه الحزبي، منذ سنة 1997، وكان نائبًا برلمانيا ومُقرّبا من السلطة ووزيرًا في عدّة مناسبات، ونائبًا للرئيس من 2013 إلى 2022، ثم اتهم الرئيس الذي كان هو نفسه نائبًا له، بتوريط البلاد مع الصّين، واتّهمته المحكمة الجنائية الدّولية بالمُساهمة في إطلاق وإذكاء نار الصراعات التي اتخذت طابعًا إثنيا سنة 2007 وبلغ عدد الضحايا 1100 وفق التقارير الرسمية، ونشرت المحكمة الجنائية الدّولية، (كانون الأول/ديسمبر سنة 2010 ) بعد تحقيق دام أربع سنوات قائمة تتضمن ستة مسؤولين عن هذه « الجرائم ضد الإنسانية »، من بينهم ويليام روتو، الرئيس الحالي، كما تم اتهامه من قِبَل المحكمة الجنائية الدّولية (كانون الثاني/يناير 2012) بارتكاب جرائم ضد الإنسانية بعد الإنتخابات، وتتضمن التُّهمة « تنظيم وتنسيق أعمال عُنف شديد ضد مجموعات عرقية دعمت المُرشّح الرئاسي »مواي كيباكي »…
توصلت كينيا والإتحاد الأوروبي إلى توقيع اتفاقية شراكة اقتصادية سنة 2017، بعد سنوات من التفاوض، وتتضمن الإتفاقية إعفاء البضائع من الرسوم الجمركية، وهو ليس في صالح كينيا أو البلدان المماثلة التي لا تنتج مواد مصنعة وآلات وتجهيزات ثقيلة وتكنولوجيا متطورة، بل تقتصر صادراتها على الإنتاج الزراعي الخام وعلى المواد الأولية، وهي منتجات رخيصة الثمن وذات قيمة مضافة منخفضة، و يعتبر الاتحاد الأوروبي أكبر مُستورد للزهور التي تنتجها شركات عابرة للقارات في كينيا، منها شركات صهيونية، ولحوالي 20 % من صادرات كينيا (الزهور الفواكه والخضار والشاي والقهوة) وبلغ حجم التبادل التجاري بين كينيا والاتحاد الأوروبي 3,3 مليارات يورو سنة 2022، كما تعهّد مصرف الإستثمار الأوروبي (منذ سنة 2018) بضَخِّ 200 مليون دولار « لمساعدة بنك التجارة والتنمية » ( وهو مصرف إفريقي)، ودعم شركات إفريقية تضرَّرَت من الحرب في أوكرانيا، وتتنزّل هذه الإجراءات ضمن مواجهة أوروبا ( بزعامة الولايات المتحدة) للنفوذ الرّوسي والصّيني في إفريقيا.
خاتمة
لم تتوقف المظاهرات بعد إعلان الحكومة سَحْبَ مشروع ميزانية السّنة المالية 2024/2025، ووصل عدد القتلى برصاص الشرطة إلى أربعين وعدد الجرحى إلى 360، فضلا عن العديد من حالات القتل والإصابة التي لم يشملها الإحصاء، بين الثامن عشر من يوم 18 يونيو/حزيران إلى يوم العاشر من تموز/يوليو 2024، وانتقل شعر سحب مشروع قانون الميزانية إلى المُطالبة برحيل الرئيس ويليام روتو، وإقالة ومُحاسبة الفاسدين من « النُّخَب السياسية والإقتصادية » المسؤولين عن هَدْر المال العام، ومحاسبة ضُبّاط الشّرطة الذين أمروا بإطلاق النار على متظاهرين عُزّل، بلا حزب سياسي بلا قبيلة بلا طائفة، وإطلاق النار على أطفال ونساء كانوا في الشوارع الخلفية… عاش شعب كينيا تجربة مماثلة سنة 1997، حيث فرضت مؤسسات بريتون وودز ( صندوق النّقد الدّولي والبنك العالمي) « إصلاحات » ضمن « برامج التّكَيُّف الهيكلي » أدّت إلى فقدان العديد من الكينيين وظائفهم ووسائل عيشهم، وفرضت زيادات كبيرة في أسعار المواد الأساسية وفي رُسوم التعليم الجامعي، وبخوص الفساد، تذكر وسائل الإتصال المحلية العديد من الفضائح، ومن بينها بَيْع أحد الوزراء أسمدة فاسدة للفلاحين الكينيين دون محاسبة ولم تتم معاقبة سكرتير مجلس الوزراء الذي أُلْقِيَ عليه القبض بينما كان يحمل ما يعادل 1,7 مليون دولارا بالعملات الأجنبية، كما أفادت تقارير إعلامية عن وجود روابط بين أعضاء من الحكومة والموظفين السامين وشبكات تهريب المخدرات أو المجموعات المُسلّحة في الصّومال، وتُشيرُ بعض وسائل الإعلام إلى عدم الفصل بين السلطات التشريعية والقضائية والتنفيذية، وإلى سيطرة السلطة التنفيذية على السلطة التشريعية، حيث لا يقرأ النّوّاب مشاريع القوانين ولا يناقشونها بل يُصوّتون بشكل منهجي في الاتجاه الذي تقرره السلطة التنفيذية، ما يُفسّر دخول المتظاهرين إلى مَقَرّ البرلمان أثناء الاحتجاجات، ويعتبر المتظاهرون إن ذهاب الدكتاتور « دانييل آراب موي » ( كان رئيسًا من 1978 إلى 2002) لم يحل المشكلة، وعلى سبيل التّذكير فقد كان الرئيس الحالي ( ويليام روتو) جزءًا من حكومة دانييل أراب موي.
لا يثق معظم المواطنين بالأجهزة الإدارية وخصوصًا بالشرطة لأنها لا تخدم مصالح المواطنين، بل هي واحدة من أكثر المؤسسات فسادًا في البلاد، فالشرطة تبتز الأموال من الناس وتقوم بأنشطة غير قانونية في الشوارع، بدون أي مُساءلة أو تحقيقات أو ملاحقات قضائية، ويظّل نظام الحُكْم – بغض النظر عن إسم الرئيس – في خدمة أجندة الولايات المتحدة وحلف شمال الأطلسي في أفريقيا.
الطاهر المعز
-
الطاهر المعز-سلسلة: محاولة تبسيط مفاهيم الإقتصاد السّياسي

سلسلة: محاولة تبسيط مفاهيم الإقتصاد السّياسي – الطاهر المعز
صندوق النقد الدّولي رمز العلاقات غير المتكافئة بين « المركز » و »المُحيط »
تخلّفت 18 دولة عن سداد أقساط الدّيون بين سنَتَيْ 2021 و2023، لكنّ وسائل الإعلام المُهَيْمِنَة لا تكترث للأمر سوى بعد انطلاق المظاهرات والإحتجاجات الشّعبية التي تُجابهها الحكومات بالقمع الدَّمَوِي
وقعت نحو 60% من الدول منخفضة الدخل أو قد تقع في أزمة سداد الدّيُون ويُقدّر صندوق النقد الدّولي إن 21 دولة إفريقية قدّ تجد صعوبات أو قد تتخلف عن سداد الدّيون بسبب قرارات المصارف المركزية للدول الإمبريالية برَفْعِ أسعار الفائدة وبسبب العلاقات غير المتكافئة بين الدّائنين (الدّول الإمبريالية) والمُستَدِينِين من الدّول الفقيرة وما ينتج عنها من شُرُوط مُجْحِفَة تجعل الثروات تتدَفّق من « الجنوب » ( آسيا وإفريقيا وأمريكا الجنوبية) إلى « الشمال » ( أمريكا الشمالية وأوروبا واليابان…) إي من الدول الفقيرة إلى الدول الغنية.
كيف يجني صندوق النقد الدولي المال
يتكون رأس مال صندوق النقد الدّولي من مُساهمات الدّول ( أو الحصص)، وتم تحديد هذه المُساهمات بشكل يُؤَبِّدُ سيطرة الولايات المتحدة التي تتحكّم – مع حلفائها أوروبا واليابان – بقرارات وآلية عمل الصندوق، ومن فائدة القُروض ومن تَسْعِير « الخَدمات » ومن الرسوم الإضافية التي فرضها صندوق النقد الدولي منذ « الأزمة الآسيوية » سنة 1997، والتي تزيد أعباء دُيُون الدّول الفقيرة، وقدّرت الشبكة الأوروبية « أوروداد » إن صندوق النقد الدّولي يَجْنِي حوالي ثلاثة مليارَات دولارا سنويا من الرسوم الإضافية التي تُفْرضُ على 16 دولة من الدّول التي تمر بأزمات ( من بينها تونس ومصر والأردن)، وقدّرت نفس الشبكة أن تُمثل الرسوم الإضافية التي يفرضها صندوق النقد الدولي بين سَنَتَيْ 2021 و2028، نحو 61% في المتوسط من تكاليف الإقتراض، مما يُغرق البلدان في دوامة الدّيون التي يصعب الخلاص منها سوى بالقطيعة مع مؤسسات بريتن وودز، وهو أمر عسير في ظل العَوْلَمة، وله نتائج قد لا تستطيع الدّول تحمّلها، إلا إذا كانت تحظى بمساندة شعبية قوية…
وجب الحصول على نسبة 85% من أصوات الدّول الأعضاء لكي تتم المُصادقة على القرارات، وبما إن الولايات المتحدة تمتلك 16,6% والصين 6,06% ولا تمتلك 23 دولة فقيرة مجتمعة سوى 1,62% من الأصوات، فإن الولايات المتحدة قادرة لوحدها على الإعتراض على أي قرار لا يخدم مصالحها، وتعترض الولايات المتّحدة وحلفاؤها الأوروبيون واليابان على زيادة حصّة الصين، ثاني أكبر اقتصاد عالمي…
لجأت العديد من الدّول إلى الإقتراض بسبب عوامل مناخية، مثل الجفاف أو الفيضانات، أو بسبب ارتفاع أسعار الحبوب والمُضاربات بأسعار النفط، أو بسبب رفع أسعار الفائدة من قِبَل الإحتياطي الفيدرالي الأمريكي والمصرف المركزي الأوروبي (ما يرفع سعر فائدة القُروض المُقومة بالعملات الأجنبية) وتخضع الدّوَل المُقْتَرِضة لشروط، منها خفض النفقات الحكومية وعدد الموظفين في القطاع العام ونفقات التعليم والصحة والنقل العمومي وخصخصة هذه القطاعات – وهي مِلْكٌ للشّعوب – لكي تستحوذ عليها الشركات العابرة للقارات بأسعار منخفضة،
صندوق النقد الدّولي في خدمة الأثرياء
تتضمّن شروط صندوق النّقد الدّولي حوافز جمركية على الواردات والصادرات وخفض أو إلغاء الضريبية على المضاربة في البورصة وعلى أرباح الشركات، مُقابل زيادة الضريبة على الأجْر والضرائب غير المباشرة التي تَضُرّ بميزانية الفقراء، بذريعة تحفيز الإقتصاد وتحقيق النموّ، وهو ما لم يحصل أبدًا، بينما ثَبَتَ إن إعادة توزيع الثروة من خلال زيادة الإنفاق الإجتماعي والإنفاق على خدمات الرعاية الاجتماعية والصّحّيّة والتعليم، هي استثمارات إيجابية تُحقّق النّمو كما حصل في الأرجنتين، في بداية القرن الحادي والعشرين، بعد أزمة 2001/2002، وفي ماليزيا وكوريا الجنوبية، حيث حفزت الإستثمارات الإجتماعية إنتاجية الطبقة العاملة وأكّدت تقارير منظّمة «أوكسفام» ومن بينها تقرير بعنوان «الفجوة في الشرق الأوسط وشمال أفريقيا: الرخاء للأغنياء والتقشّف للآخرين» إن إعادة توزيع الثروة وإعادة النّظر في الإجراءات الضريبية تُساعد على الحدّ من عدم المساواة في الوطن العربي، وهو ما ينطبق على العديد من مناطق العالم، في حين يُؤَدِّي إعفاء الأثرياء من الضرائب ومن المساهمة في الحماية الإجتماعية إلى خفض إيرادات الدّولة وإلى إلحاق الضّرَر المالي والصّحّي بالطبقة العاملة وبالفُقراء، وتُظهر تجارب الدّول مثل لبنان أو تونس ارتفاع أرباح القطاع المصرفي خلال الأزمات، بفعل اقتراض الدّولة – التي فقدت مواردها بأمْر من الدّائنين – من هذه المصارف بفائدة مرتفعة، وبضمان من الدّولة… ومع ذلك، يستمر صندوق النقد في فَرْض رفع ضريبة القيمة المضافة وفرض ضرائب على الوقود والخدمات والرعاية الصحية والتعليم في المغرب وتونس ومصر ولبنان والأردن، وغيرها وهي إجراءات ترفع أسعار السلع والخدمات الأساسية وتزيد من أعباء الطبقة العاملة والفئات المتوسطة والضعيفة…
تغيير الشكل والحفاظ على الجوهر
تأسّسَ صندوق النقد الدولي سنة 1944، بهدف « تأمين الاستقرار النقدي » لتستفيد منه الدّول التي أصابها الخراب (أوروبا واليابان)، خلال الحرب العالمية الثانية، ولم يهتم مؤسسو الصندوق بالدّمار الذي خلفته الحرب في الإتحاد السوفييتي وبلدان أوروبا الشرقية، أو المستعمرات التي لا ناقة لها ولا جمل في الحرب، ومع ذلك نالها الخراب، ومنها دول المغرب العربي من المغرب إلى مصر، والشام، وكان تدخّل صندوق النقد الدّولي سريعًا وظَرْفِيًّا، بهدف الوقاية من الأزمات، إلى أن بدأت النيوليبرالية تُهَيْمن على اقتصاد الدّول « الغربية » خلال عقد الثمانينيات من القرن العشرين ( وكان من رموزها: رونالد ريغن في الولايات المتحدة ومارغريت تاتشر في بريطانيا) بالتزامن مع أزمة الدّيُون التي أضَرّت باقتصاد أشباه المُستعمَرات، فأصبح صندوق النقد الدّولي أداة لنشر وفَرْض النيوليبرالية في جميع أنحاء العالم في شكل برامج الإصلاح الهيكلي التي تهدف وَضْعَ حدٍّ لتدخّل الدّولة في الشأن الإقتصادي، وترك الأمر للسوق، وعدم الإنفاق على منظمة التعليم والرعاية الإجتماعية والصّحّية، وإلغاء دعم الوقود والنقل والغذاء والدّواء، وأدّى تطبيق هذه الشروط إلى انطلاق انتفاضة 18 و 19 كانون الثاني/يناير 1977 في مصر والإضراب العام في تونس ( 26 كانون الثاني/يناير 1978) ثم تتالت « انتفاضات الخُبز » خلال عقد الثمانينيات من القرن العشرين، من المغرب إلى الأردن، مرورًا بتونس ومصر…
ادّعى صندوق النقد الدّولي والبنك العالمي دَعْم « الإنتقال الديمقراطي » في تونس ومصر، وتَمَظْهَرَ هذا « الدّعم » في مُضاعفة حجم الدّيُون الخارجية خلال عِقد واحد، وأدّت سياسات التقشف والخصخصة، في كل الدّول المُقترِضَة، إلى ارتفاع نسبة الفقر والبطالة وإلى ارتفاع الأسعار وإلى العديد من التّداعيات السّلبية، وتغير شكل الخطاب، دون تغيير في الجوهر، بعد أزمة 2008 وأزمة الدّيون في بلدان أوروبية مثل اليونان والبرتغال وإيرلندا، ومن أبرز مظاهر التغيير تعزيز الرقابة وإصدار تقارير فَصْلِية فضلا عن التقرير السّنوي، مع تشديد شروط القُروض، وتغير شكل التعامل مع الأزمات الطارئة وطريقة الإستجابة لها، بعد أزمة « كوفيد -19 » سنة 2020، وكان دور صندوق النقد الدّولي مُكَمِّلاً لدور المصارف المركزية التي ضخّت الأموال، وضخّ الصندوق سيولة في الاقتصاد العالمي حفاظًا على ثروات الشركات الكبرى والدّول الرأسمالية، وطَوَّرَ الصندوق مُهِمّة الإعلام (البروباغندا) دون حُصُول أي تغيير في مهمته الأساسية وهي تحويل الثروات من « الجنوب » إلى « الشّمال »
أدّى تدخل الصندوق في المغرب وتونس ومصر والأردن إلى تعميق الأزمة الاجتماعية واللامساواة بفعل إلغاء الدّعم على الغذاء والكهرباء وتعويم العملات المحلية لتنخفض قيمتها مقابل العملات الأجنبية، في حين بقيت الدّيون والواردات مُقوّمة بالعملات الأجنبية، وأدى ذلك إلى ارتفاع كبير في أسعار الحبوب ومشتقاتها والألبان واللحوم والخضار والفواكه وأسعار الوقود والنقل، وارتفعت نسبة الفقر والأُمِّيّة والبطالة، وعلى سبيل المثال ارتفعت نسبة الفقر في مصر من 27,8% سنة 2015 إلى 32,5% عام 2018، وفق البيانات الرسمية، وانخفضت مساهمة الشركات في العوائد الضريبية للدولة التونسية بنسبة 37% بين سنتَيْ 2010 و2018 فيما ارتفعت مساهة الأسر في الفترة نفسها بنسبة 10%، وانخفض عدد العاملين في القطاع العام وتدهورت ظروف العمل بانتشار الوظائف الهشة والرواتب المنخفضة والقطاع الموازي الذي يُعادل حجمه نصف الناتج المحلي الإجمالي في مجمل الدّول التي طبقت تعليمات صندوق النقد الدولي والبنك العالمي…
باختصار، يتمثل دَوْر صندوق النّقد الدّولي في سرعة التّكَيُّف مع الوضع، وإدارة المُتغَيِّرات والأزمات التي تمر بها الرأسمالية العالمية ( 1997 و 2008 و 2020…)، وأدّى لجوء الدّول إلى الإقتراض من الخارج إلى تدهور الوضع الإقتصادي والوضع الإجتماعي لحوالي تسعة أعْشار المواطنين، ولم تتمكن هذه الدّول من تحقيق التنمية ومن تحسين ظروف عيش المواطنين، فيما تم تخريب منظومات الإنفاق الإجتماعي والصحة والتعليم والحماية الاجتماعية…
يتمثل « أضْعَف الإيمان » في إرساء ضريبة على الثروة وإقرار النظام التصاعدي للضريبة على الدّخل، بدل إرهاق المواطنين بالضرائب غير المباشرة، وتطوير القطاع العام وإرساء أنظمة حماية اجتماعية للجميع، وهذه إجراءات تم تطبيقها ضمن النظام الرأسمالي الليبرالي، ولا علاقة لها بالإشتراكية التي يعتبرها صندوق النقد الدّولي والقوى النافذة داخل مجلس إدارته: « الشّرّ المُطْلَق ».
الطاهر المعز
-
غواتيمالا – في ذكرى الإنقلاب على الرئيس « جاكوبو آربينز » : الطاهر المعز

غواتيمالا – في ذكرى الإنقلاب على الرئيس « جاكوبو آربينز » : الطاهر المعزنشر تشارلز ديفيد كيبنر و جاي هنري سوثيل سنة 1935 كتابًا بعنوان: « إمبراطورية الموز: دراسة حالة للإمبريالية الاقتصادية »، وهو نقد اجتماعي واقتصادي رائد لنموذج الأعمال الإمبريالي لشركة يونايتد فروت (شركة الفواكه المتحدة ) – التي تَغَيَّرَ إسمها إلى « تشيكيتا » – وهي معروفة باسم « إل بولبو » (الأخطبوط) وكانت تُسيطر آنذاك على نحو 40% من الأراضي الصالحة للزراعة في غواتيمالا ومُعفاة من الضّرائب والرُّسُوم الجمركية، وَ وَرَدَ في الكتاب: « إن الشركة « استفادت من النظام الجائر لحيازة الأراضي الذي تسبب في تعفن الوضع في ريف غواتيمالا – وبلدان أخرى – فخنقت المنافسين وهيمنت على الحكومات وقَيّدَت السكك الحديدية ودمرت المزارعين وخنقت التعاونيات وفرضت سيطرتها على العمال وحاربت كل أشكال تنظيمهم واستغلت المستهلكين » ولما حاول الرئيس المنتخب ديمقراطيا جاكوبو أربينز (1913 – 1971) والذي حكم من 1951 إلى 1954، تطبيق برنامجه ووعوده الإنتخابية ومن بينها تنفيذ إصلاح زراعي أقره الكونغرس الغواتيمالي في حزيران/يونيو 1952، وصدر مرسوم لإعادة توزيع الأراضي غير المستخدمة مع مصادرة الأراضي المملوكة لكبار ملاك الأراضي لاستخدامها في برنامج توزيع الأراضي على مستوى البلاد، تمت الإطاحة به من خلال انقلاب نفّذته وكالة الإستخبارات المركزية الأمريكية بواسطة عُملائها في الجيش المَحَلِّي يوم السابع والعشرين من حزيران/يونيو 1954، وعُرفَتْ تلك المؤامرة مؤامرة باسم « عملية بي بي سي سكسيس »، التي أطلقها الرئيس الأميركي دوايت د. أيزنهاور خلال شهر آب/أغسطس 1953 وأدارها كارلوس كاستيلو أرماس، القائد العسكري اليميني الذي أطاح بأربينز بأموال من وكالة المخابرات المركزية وشركة يونايتد فروت التي كانت ولا تزال تستغل آلاف العاملين في زراعة الموز في أمريكا الجنوبية ويُعاني العاملون من غياب الحقوق ومن ظروف العمل السيئة والرواتب الهزيلة ومن المبيدات الحشرية الخطيرة على الصحة، والثعابين السامة والبعوض الناقل للأمراض والرطوبة القاتلة…
كان مشروع الرئيس يعقوب أربينز مُتعارضا مع المشروع الجيوسياسي للإمبريالية الأمريكية ( المُسمّى « مبدأ مونرو ») الذي يعتبر أمريكا الوُسطى امتدادًا طبيعيا وجزءًا من مناطق النُّفُوذ الحَصْرِي للولايات المتحدة، ويتضمّن مشروع الرئيس آربينز إعادة الأمل لآلاف من الفلاحين الذين لا يملكون أرضًا والعمال الجائعين ومجموعات السّكّان الأصليين الذين اضطرّوا إلى النّزوح عن موطنهم، وذلك من خلال مُصادرة الأراضي غير المستخدمة والمملوكة لكبار ملاك الأراضي، وإعادة توزيعها على أكثر من مائة ألف أُسْرة ريفية، ضمن برنامج وطني للإصلاح الزراعي، بِدَعْمٍ من اليسار السياسي والنقابات العمالية والحركات الاجتماعية في غواتيمالا التي ناضلت من أجل هذه الأهداف، وفق تقرير رُفِعت عنه السّرّيّة أصدَرَتْه السفارة الأمريكية في أيار/مايو 1951، لكن الإصلاح الزراعي يتعارض مع مصالح شركة « يونايتد فروت » التي لا تهتم بظروف عمل الفلاحي، بل بمستوى الأرباح الصّافية، وكانت تحظى بدعم الرأسماليين الأميركيين ووزارة الخارجية الأميركية والإستخبارات، وكانت أميركا الوسطى ملاذًا للمشاريع الأميركية و »حصناً منيعاً ضد الشيوعية الملحدة »، وفق مجلس الكنائس المَحَلِّي الذي دعم الحكومات المدعومة من الولايات المتحدة والتي استمرت في حكم غواتيمالا حتى منتصف تسعينيات القرن العشرين، وساندت الحملات العسكرية واسعة النطاق التي شنتها هذه الحكومات ضد معارضيها السياسيين ـ سواء من المجموعات المسلحة أو من زعماء النقابات العمالية المستقلة، ومارست سياسة الإبادة الجماعية ضد السكّان الأصليين من خلال مخططات البنك العالمي وبنك التنمية للبلدان الأميركية، وتمويل مشاريع التعدين والسدود الكهرومائية على أراضي شعب « المايا »، وتأمين أرباح شركة « يونايتد فروت »، وجرى القمع والإبادة والإستغلال والإضطهاد في ظل تعتيم إعلامي تام، وأورد الصحافي والكاتب الأمريكي « غريغ غراندين » في كتابه بعنوان « آخر مذبحة استعمارية بأمريكا الجنوبية خلال الحرب الباردة » إن وكالة الإستخبارات المركزية الأمريكية طلبت من الصحف الأمريكية الكُبْرى عدم إرسال مُراسلين إلى الرّيف عقب الإنقلاب الذي أَطاحَ بالرئيس يعقوب آربينز، لأن معظم السّكان مُؤَيِّدُون له ولبرنامج الإصلاح الزراعي، ولم تنته المجازر بعد الإنقلاب بل تواصلت في مزارع الموز ردًّا على مطالب النقابيين بتحسين ظروف العمل، كما استمرت في شكل حرب أهلية حتى سنة 1996، قُتِلَ خلالها ما لا يقل عن مائتي ألف شخص، فضلا عن الآلاف من حالات الإختفاء القَسْرِي…
تمت الإطاحة بالرئيس يعقوب آربينز لأن برنامجه الذي يهدف تحسين وضع الفلاحين يتعارض مع توقعات الأرباح التي صَمَّمَتْها شركة يونايتد فروت، ومع « مبدأ مونرو » ( 1823) الذي يريد إبقاء أمريكا الوُسطى منطقة نفوذ حصْرِي للولايات المتحدة، ما يُشير إلى السياسة التّوسُّعِيّة والهيمنيّة المُبَكِّرة للإمبريالية الأمريكية، وفق ما أورده الصحافي والكاتب إدواردو غاليانو في كتابه » الشرايين المفتوحة لأميركا اللاتينية: خمسة قرون من نهب قارة » . أما كيث فهو رجل أعمال كلّفته حكومة كوستاريكا، خلال سبعينيات القرن التاسع عشر بإنشاء خط سكة حديد عابر للحدود الوطنية لنقل الموز ومحاصيل المزارع الكُبْرى – التي تم إطلاقها على نطاق واسع – بين المزارع والموانئ البحرية، وتمكّن ماينور سي كيث من خلال مشروع السكة الحديدية، من الإستحواذ على مساحات كبيرة من الأراضي في هندوراس وغواتيمالا، وتم تخصيص هذه الأراضي لإنتاج الموز، وفي هذا المناخ تأسّست شركة الفواكه المتحدة (United Fruit Compagny ) إثر اندماج الشركة التي كان يمتلكها رجل الأعمال الأمريكي ماينور سي كيث مع شركات أمريكية أخرى، سنة 1889، تجسيدًا لمبدأ مونرو للعام 1823، الذي نص على أن القارة الأمريكية منطقة نفوذ حيوي وحَصْرِي للولايات المتحدة، ولا ينبغي لأي قوة أوروبية أن تُخطّط لأي مشروع استعماري في المنطقة أو لأي مشروع قد يُعَرْقِلُ المصالح الأميركية في النصف الغربي من الكرة الأرضية…
تأسّست شركة الفواكه المتحدة (يونايتد فروت) وازدهرت وأصبحت ذات نفوذ اقتصادي وسياسي كبير في أمريكا الوُسطى والجنوبية بفعل رشوة ضُبّاط الجيش والحكومات ورجال السياسة، وكذلك زعماء المليشيات وقُطّاع الطُّرُق للإستيلاء على الأراضي الزراعية المملوكة للشعوب الأصلية ولاستغلال المزارعين والعُمّال، وأسّست الشركة جهازًا عسكريًّا يحمي مصالحها ومصالح الإمبريالية الأمريكية…
تمتعت شركة الفواكه المتحدة (يونايتد فروت أو تشيكيتا حاليا) بالحصانة طيلة سبعة عُقُود أو أكثر، وفي الذكرى السبعين للانقلاب العسكري المدعوم من الولايات المتحدة والذي أطاح بيعقوب أربينز في غواتيمالا، اعتبرت هيئة مُحَلَّفِين في قضية مدنية في المنطقة الجنوبية من فلوريدا، في حزيران/ يونيو 2024، أن شركة « تشيكيتا براندز » مسؤولة عن تمويل مليشيات ومجموعات شبه عسكرية يمينية متطرفة، ارتكبت جرائم وانتهاكات لحقوق الإنسان خلال الحرب الأهلية التي استمرت نصف قرن في كولومبيا، واعتبرت هيئة المُحَلَّفِين إن لشركة تشيكيتا ( يونايتد فروت سابقا) علاقات وطيدة مُوثّقَة بالحُجَج مع هذه المليشيات التي تُسلحها وتُدربها الإستخبارات الأمريكية، ومن بينها مجموعات أصبحت تعتبرها الولايات المتحدة والإتحاد الأوروبي (بعد انتهاء مهامها) « منظمات إرهابية »، وأمرت المحكمة شركة تشيكيتا براندز بتسديد 38,3 مليون دولارا إلى عائلات ثمانية من ضحايا المليشيات في كولومبيا، وقد يؤدّي هذا الحُكْم إلى إثارة العديد من القضايا الأخرى المُعَلَّقَة التي حاولت إثبات الروابط بين نظام الحكم في كولومبيا (المدعوم من الولايات المتحدة وأوروبا) والمليشيات الإرهابية اليمينية المتطرفة، خصوصًا خلال فترة حُكْم الرئيس السابق ألفارو أوريبي، ذي العلاقات الجيدة مع رأس المال الأمريكي…
تجدر الإشارة إلى تأسيس شركة يونايتد فروت « رأسمالية الموز » في كولومبيا ( كما الحال في غواتيمالا) حيث تظاهر ضدّها أكثر من ثلاثة آلاف من عُمّال مزارع الموز في شوارع مدينة سيجانا ( كانون الأول/ديسمبر 1928) على سحل بحر الكاريبي، بإشراف اتحاد عمال ماغدالينا احتجاجًا على ظروف العمل وانخفاض قيمة الرواتب، وبدل الحوار مع المضربين اتهمتهم شركة يونايتد فروت وحكومة ووسائل إعلام الولايات المتحدة بأنهم « شيوعيون »، يُعرقلون فُرص الإستثمار الأمريكية وتدفُّقَ السّلع الرخيصة القادمة إلى الولايات المتحدة من غواتيمالا وكولومبيا وكوبا وجمهورية الدومينيكان وهايتي وهندوراس ونيكاراجوا، وفنزويلا، وتقع جميع هذه البُلدان تحت السيطرة العسكرية المباشرة لسلاح البحرية الأميركية، ومكّنت هذه الهيمنة العسكرية شركة يونايتد فروت من ممارسة الضُّغُوط الشّديدة على الجيش الكولومبي الذي أطلق النار على العُمّال المُضربين وقتل أكثر من ألف عامل، وفق برقية السفير الأميركي في بوغوتا، جيفيرسون كافري، وكانت فظائع هذه المجزرة المُسمّاة « مجزرة الموز » والنفوذ الأمريكي المتزايد، أحد مواضيع رواية « مائة عام من العزلة » التي نَشَرها الكاتب الكولومبي غابريال غارسيا ماركيز سنة 1967، واعتبرها عملا إجراميا للمحافظة على المصالح الأميركية التي تتطلب عرقلة الإصلاح الزراعي، وبرامج والرعاية الاجتماعية الشاملة وتنظيم النقابات العمالية، وكتب المؤلف المسرحي البريطاني هارولد بينتر سنة 1996: « لم يحدث شيء قط، وحتى أثناء حدوثه لم يحدث، ولم يكن للأمر أي أهمية… كانت جرائم الولايات المتحدة في جميع أنحاء العالم منهجية ومتواصلة وناجعة ولا هوادة فيها وموثقة بالكامل ولكن لا أحد يتحدث عنها ».
بعد مرور حوالي قَرْن (96 سنة) على « مجزرة الموز » في كولومبيا، وبعد سبعين سنة على انقلاب غواتيمالا، بدأ الكشف عن بعض الحقائق بشأن التّدخّل الأمريكي المُباشر في أمريكا الوسطى والجنوبية، بمناسبة الإجراءات القانونية الجارية ضد الرئيس السابق ألفارو أوريبي، وربما يتم الكشف عن خطورة الدور الذي لعبته شركة الموز الأمريكية العملاقة في جنوب القارة الأمريكية، بالتعاون مع الحكومة والجيش والإستخبارات الأمريكية…
الطاهر المعز
-
Salvatore Bravo -Microphysique du capital


Machines à désirer
Le capital se révèle dans les détails de la vie quotidienne. Ce n’est pas seulement du profit, mais cela produit un mode de vie, c’est une question de planification quotidienne avec des valeurs politiques et économiques. La solitude de l’individualisme est le support le plus solide de l’économie du profit. Les hommes et les femmes solitaires consomment non seulement pour se consoler, mais aussi pour « sentir qu’ils sont là dans la lutte quotidienne » parmi la solitude, et surtout, les choix marqués par la « singularité radicale » sont considérés comme des « libertés inaliénables ». Tout est au nom de l’individualité. Le mode de production capitaliste ne produit pas seulement de l’exploitation et des marchandises, c’est donc une vision du monde tentaculaire qui pénètre la vie des subjectivités en les soumettant à la mentalité individualiste. On est entraîné à la singularité et on la gratifie de l’hypertrophie des désirs qui cultivent un sentiment enfantin de toute-puissance.
L’individuum est le résultat final de la lente et inexorable pénétration du nihilisme passif, fondement du capitalisme. Tous les désirs sont légitimes, tant qu’ils produisent des effets économiques. Le PIB est l’empereur silencieux de toute vie.
Nous ne naissons pas individu, nous devenons un individu par un processus de désocialisation. Nous naissons en tant que communauté, le capital nous transforme en atomes de migrants errants. Nous migrons d’une zone géographique à l’autre comme d’une envie à l’autre. Le capital sépare, de sorte que l’individu est ce qui reste après un long processus de désintégration des unités : les peuples et les communautés s’évaporent devant la force destructrice du libéralisme individualiste.
À l’heure actuelle, les médias et la télévision d’État ont décrété la mort de la pratique communautaire, à sa place l’individu abstrait est resté, libéré de toute contrainte communautaire et éthique ; L’individu est le dernier résidu de cette opération d’érosion communautaire. Le capitalisme absolu n’est pas le pouvoir qui submerge les subjectivités, c’est un automatisme infiltrant qui remodèle les individualités avec une gradualité tenace et obsessionnelle. L’individu abstrait sans liens familiaux et communautaires réels et stables finit par être parlé par le capital. Dans cette course à la dissolution absolue, il ne reste que l’impuissance de la politique et la subsomption réelle. Le sujet solitaire, rendu déconstruit par le silence de la raison critique, n’est qu’une machine désirante qui écoute, perçoit et ne veut que ses désirs. Le type anthropologique qui permet au capitalisme de dominer l’incrusté est constitué d’appareils anatomiques qui perçoivent le monde dans une fonction désirante-consommatrice. Le capital est un état intérieur, il n’est pas en dehors du sujet, mais le gouverne en s’installant dans ses processus délibératifs. Le « je » a donc une valeur purement juridique et formelle, car nous sommes très souvent confrontés à la répétition sans médiation critique des désirs imposés de manière persuasive. La séduction est le principe émotionnel de l’individualité. Le séducteur est celui qui est séduit par le système capitaliste.
L’infantilisme de masse, résultat final de ce processus de déstabilisation de l’unité substantielle et rationnelle du sujet, se caractérise par un désir illimité. La réalité avec ses contraintes rationnelles et réelles est oubliée, il n’y a pas de contraintes éthiques et ontologiques, mais seulement des désirs au point que la réalité coïncide avec le désir. Nous sommes face à une « pensée magique » généralisée, ce qui est désiré à un moment donné doit devenir « réalité ». Les contraintes rationnelles et objectives sont donc non seulement impensées, mais il y a surtout une aversion générale pour la rationalité critique. Les personnalités déstructurées et enfantines ne veulent pas et ne désirent pas de critique, leur but est la « confirmation » dans le style des likes sur les médias sociaux. La grande victoire du mode de production capitaliste dans sa phase apogée est la réduction de la pensée à l’expression vocale des désirs et au calcul des actions, dans un cercle étroit, pour les réaliser. Si les désirs ne sont pas réalisables, la frustration est atténuée par l’intervention thérapeutique de psychologues et de soutiens pour soutenir la personne malheureuse.

Microphysique du capital
Une société de victimes désirantes se révèle chaque jour. Dans ce climat de violence, où les victimes d’automatismes inconscients sont des subjectivités réduites à des machines désirantes, pour comprendre le « capital », il convient d’analyser la réalité dans plusieurs directions et de les réunir : la finance et la vie quotidienne. Une observation attentive nous révèle la violence qui produit la rupture de toute communauté et de tout lien rationnel. La solitude à laquelle l’humanité est contrainte produit des habitudes anormales derrière lesquelles il y a un désir inconscient de communauté et de liens, auxquels nous répondons de manière irrationnelle. Il arrive de plus en plus souvent de rencontrer des individus avec des chats en laisse et des chiens en poussette. Bien sûr, personne n’ose dire un mot. Le chat n’est pas un animal à tenir en laisse, et le chien, même s’il est petit, n’est pas un animal de poussette. Des considérations triviales qui, dans le chaos de l’irrationnel, ne sont pas l’objet d’un jugement. La solitude ne permet pas à la raison rationnelle et émotionnelle de prendre forme. Le désir naturel de compagnie, normalement nié par la compétition et le délire individualiste, conduit à la solitude narcissique. Le vide communautaire est perçu, mais il n’est pas conceptualisé ; L’ensemble du système empêche cela. Vous n’êtes plus touché émotionnellement par quoi que ce soit, mais vous êtes perpétuellement exposé à la recherche tragique de l’attention. La rationalité, pour se transformer en pensée capable de saisir les contraintes naturelles de l’altérité, exige une bonne habitude d’être prêt à écouter les paroles des autres ainsi qu’à vérifier les différences naturelles entre les espèces. Dans ce climat d’irrationalité croissante, le désir personnel assimile l’altérité à l’innocence, car chez les personnes qui pratiquent et développent de telles habitudes, il n’y a pas de désir de nuire, au contraire elles sont mues par une affectivité sincère. Il n’y a pas de volonté de mal, mais c’est la solitude qui rend certains comportements réels. Le système applaudit les solutions solitaires. Là où il n’y a pas de relation entre égaux, il n’y a pas de politique.

Gaza L’animal de compagnie est humanisé par la solitude. Le vide ontologique est comblé non seulement par les choses, mais aussi par les animaux créés en créatures anthropomorphes. L’affection sans le don de liens risque donc de devenir une forme de violence non reconnue. Les observations pourraient être étendues : de plus en plus souvent les oliviers qui donnent l’huile nourrie par la terre et son humus sont devenus des arbres d’ornement, ils sont contraints de vivre dans de petits espaces, dans des pots qui mutilent la vitalité ensoleillée et terreuse de l’arbre. Ils perdent leurs fruits perdus sur la terre aride de briques et d’asphalte. Les olives qui tombent du corps de l’arbre offensé et humilié ressemblent aux larmes noires d’une plante qui cherche la terre profonde, et qui est au contraire obligée de vivre de manière non naturelle et d’être l’objet de regards et de jugements esthétiques. Nous regardons la forme, mais rien n’est compris de son histoire millénaire qui lie la terre à l’homme par son fruit précieux. Dans ce cas également, une contrainte a été refusée. La solitude de l’olivier en pot, des plantes parfois monumentales, est la solitude de la terre qui est de moins en moins travaillée et de plus en plus abandonnée ou exploitée par les multinationales. Sans la culture de la terre, la vie se décompose en « déracinement » sans contraintes objectives.
Pour puiser l’énergie et la motivation nécessaires à la lutte contre le capitalisme, nous devons réapprendre à regarder le monde pour faire ressortir la dévastation qui se cache derrière la richesse apparente. Ramener les phénomènes qui nous parviennent à la totalité d’où ils émergent est l’un des moyens les plus importants de comprendre à quel point le capital a un impact mortel, même dans les gestes les plus simples et les plus immédiats. Ce qui nous semble évident révèle des vérités profondes.
Dans la solitude offensée de tant de nature penchée sur les désirs induits des humains, se reflète notre terrible et dépressive réalité quotidienne, qui est impitoyable. Anthropomorphiser la nature, c’est la dissimuler et n’en faire qu’un moyen.
La solitude « capital »
L’individu est politiquement muet et passif, parce qu’il est décontextualisé par rapport à la communauté, c’est une personne déracinée qui cherche désespérément un point d’ancrage à sa solitude oppressante. La seule participation autorisée est le vote pour exclure les candidats de télé-réalité. La participation à la vie politique et sociale est remplacée par des votes visant à exclure ; Une pédeutique (pédagogie) perverse dans laquelle le caractère naturel de l’exclusion pour des raisons émotionnelles est enseigné. La passivité est masquée par des « interventions télévisées ». Elle est soutenue par la solitude ; Le système offre des semblants de sociabilité. La démocratie est devenue une pratique perverse de la passivité dans la société du spectacle. Le geste banal du vote du spectateur doit être conceptualisé par une critique publique rationnelle, afin de réactiver les énergies rationnelles endormies d’une longue passivité.

La solitude dans l’abondance n’est pas pour tout le monde : une partie de la classe moyenne qui sombre dans la précarité vit en consommant les dernières splendeurs du passé. La décontextualisation est le paradigme avec lequel l’homme occidental lit la réalité. Il est émotionnellement analphabète. La solitude est la barrière boueuse à transcender, pour que « la dimension du politique » puisse à nouveau être le protagoniste. « Barrière de boue », car elle est toujours à un pas de sa démolition. Le malheur et la frustration sont les fissures à travers lesquelles comprendre la violence irrationnelle du temps au nom du capital. Rien n’est perdu, les êtres humains peuvent nous donner des “surprises politiquement incorrectes “. On se disperse pour se retrouver, l’état de réification n’est pas un destin prédéterminé.
La nature peut aussi nous parler, si nous sommes prêts à l’accueillir dans sa vérité, car tout contact suppose un seuil de respect. Une fois le seuil franchi, l’autre ne devient plus qu’un instrument nié dans sa nature. Pour sortir de l’irrationalité qui oblitère le sens éthique, il faut réapprendre à regarder en mettant la représentation en contact avec le logos. De ce scandale éthique et politique peut commencer l’exode de la micro-violence qui se déroule parallèlement à la macro pour faire converger le tout vers le désert qui avance inexorablement et transforme la vie et la pensée en sable informe. Là où il y a la vie, il y a la forme qui présuppose que la fin objective doit être respectée, tout cela en ce moment historique semble tragiquement perdu.

Le présent n’est pas tout, nous devons donc réorganiser notre raison et notre regard vers la réalité et rétablir le contact entre la raison et la réalité. À la macrophysique du capital, il est nécessaire d’ajouter, pour que l’analyse soit complète, la microphysique avec laquelle détecter la vérité du capital. Chacun a la grande tâche de ne pas se taire et d’être le véhicule d’une nouvelle conscience dans un monde sans cœur et sans raison. À l’heure actuelle, la radicalité de la critique ne peut être différée, et elle doit permettre l’acquisition de catégories matérielles qui permettent de ramener les manifestations phénoménales naturalisées à leur vérité historique. Les gestes, les paroles et les nouvelles habitudes doivent être compris et conceptualisés en les ramenant à la Totalité – Totalitarisme du capitalisme. La liberté dans le cône d’ombre du capitalisme doit se révéler dans sa vérité : l’asservissement à la logique de la consommation. La critique radicale est la condition préalable à la préparation de l’alternative. La barbarie est parmi nous, seule l’élaboration d’un processus alternatif peut nous sauver du crash final. Nous devons revenir sur notre parole et nous donner des dons de concept afin de reprendre possession de la nature politique et communautaire de l’être humain. Le don du mot-concept est le premier pas pour bannir le « bavardage » du capital avec ses effets quotidiens. Le long travail de l’esprit qui nous attend pour ramener l’humanisme communiste dans la vie quotidienne ne doit pas dédaigner la critique radicale, qui doit étendre sa capacité d’analyse dans le macro comme dans le micro, révélant le rapport entre les lois d’airain de la finance et les petites et grandes tragédies de la vie quotidienne. La solitude n’est pas un événement fatal, c’est l’effet des politiques économiques du capitalisme dans sa phase cannibale absolue. Reconstruire les généalogies et les dynamiques de la solitude à l’ère du capitalisme est l’un des moyens de sortir de la grotte sombre de la finance.
-
Agata Iacono – Extermination à Gaza.

La censure de Méta fait un (encore) bond en avant en termes de qualité

Ajouté par l’éditeur
Meta Platforms ou Meta, anciennement connue sous le nom de Facebook, est une multinationale américaine fondée en 2004 par Mark Zuckerberg. Elle est un des géants du Web, regroupés sous l’acronyme GAFAM, aux côtés de Google, Apple, Amazon et Microsoft. Reposant à ses débuts sur le réseau social Facebook, l’entreprise se développe et acquiert Instagram, WhatsApp. Meta est dirigée par son fondateur, Mark Zuckerberg. Il détient 13 % du capital, mais dispose d’actions spéciales lui assurant 60 % des droits de vote, soit le contrôle absolu de l’entreprise et de son conseil d’administration.
Dans la fureur de la dystopie cognitive sur la manipulation sémantique, le terme HISTORIQUE de « Sionisme », qui représente une idéologie précise et n’est pas du tout synonyme de Judaïsme, sera censuré par Meta. C’est précisément à l’idéologie du « sionisme » que les communautés juives du monde entier prétendent être étrangères, protester contre le génocide du peuple palestinien.
Le débat sur le terme « sioniste » au sein de Meta n’est pas nouveau et a suscité l’inquiétude parmi les militants des droits numériques et les groupes pro-palestiniens qui affirment que cette approche étoufferait les critiques politiques légitimes à l’égard du gouvernement israélien, à ses forces armées et à cette horreur quotidienne, que même la Cour internationale de La Haye, les Nations Unies et les représentants des droits de l’homme définissent comme une extermination injustifiable.
« Le sionisme est une idéologie. Ce n’est pas une course », a déclaré Nadim Nashif, co-fondateur du groupe pro-palestinien de défense des droits numériques « 7amleh », qui a été informé par Meta de la révision de sa politique. « Comme je leur ai dit, c’est à mon avis, une pente glissante. Cela pourrait entraîner la suppression de nombreux contenus critiquant Israël et le sionisme et faisant partie de discussions politiques légitimes. » Depuis 2 jours, dans le silence médiatique mondial, la société Meta, qui gère les réseaux sociaux Facebook et Instagram, mais aussi Messenger et Whatsapp, a décidé de supprimer les posts utilisant le terme « sioniste », « lorsqu’il est utilisé en conjonction avec des métaphores antisémites. »
Cette décision fait suite, rapporte la multinationale elle-même, à ce que l’entreprise décrit comme une enquête de plusieurs mois sur la manière dont le terme a été utilisé historiquement et comment il est actuellement utilisé sur les réseaux sociaux, en particulier dans le contexte de la guerre à Gaza. « Nous avons déterminé que les lignes directrices actuelles ne traitent pas suffisamment la manière dont les gens utilisent le terme « sioniste » en ligne et hors ligne », a déclaré Meta dans un article de blog. « À l’avenir, nous supprimerons les contenus qui attaquent les « sionistes » lorsqu’ils ne concernent pas explicitement le mouvement politique, mais ils utilisent plutôt des stéréotypes antisémites ou menacent d’autres types de préjudices. Le mot est parfois utilisé comme substitut aux mots « Juif » ou « Israélien », notamment dans une connotation négative”. Meta a déclaré avoir interviewé plus de 145 historiens, groupes de défense des droits civiques, des experts juridiques et des droits de l’homme et des défenseurs de la liberté d’expression du monde entier pour prendre sa décision. Parmi les termes scrutés, il y aurait aussi l’expression « du fleuve à la mer » utilisée par les militants pro-palestiniens.
Mais nous savons tous, malheureusement, que chaque vidéo, chaque photo qui informe sur le meurtre d’enfants, de femmes et de personnes âgées palestiniennes est systématiquement censurée. On sait que ces enfants n’ont pas le droit, sur les réseaux sociaux comme dans tous les médias généralistes, d’avoir un visage, un nom, une dignité. De nombreuses chaînes qui racontent simplement la réalité en direct, sans qu’il soit nécessaire de la manipuler, sont obscurcies et ne peuvent pas être vues. Profils suspendus, posts supprimés ou rendus invisibles : la voix des Palestiniens et de ceux qui s’expriment sur Gaza et les Territoires est de plus en plus exposée à la censure.

« Ce n’est pas nouveau », explique Mona Shtaya, expert en droits en ligne. « Pendant ce temps, les plateformes elles-mêmes ne font rien pour limiter les discours de haine des hommes politiques et des colons israéliens. Le conflit entre Israéliens et Palestiniens, aujourd’hui plus que jamais, est également numérique et social. Profils suspendus, contenus supprimés, jusqu’à ce que l’on appelle le shadow ban, ils ciblent les Palestiniens ou ceux qui diffusent des contenus sur Gaza et la Palestine, notamment sur les réseaux sociaux Meta, à savoir Facebook, Instagram, Messenger et WhatsApp. Mais pas seulement. A tel point que l’on voit de plus en plus souvent des posts avec les mots Gizeh, G@z@, P7l3st1nA et d’autres termes presque illisibles, utilisés pour tenter de contourner ce qui semble être une tentative de censure ».
Shtaya est chercheur à l’Institut Tahrir pour la politique au Moyen-Orient sur les droits numériques et la censure en ligne.
« La bataille avec Meta dure depuis plusieurs années. Cependant, depuis le 7 octobre, nous assistons à une augmentation des violations dans le domaine des droits numériques, et pas seulement sur les réseaux sociaux de Meta, même si ce sont ceux qu’utilisent la plupart des Palestiniens. Il existe plusieurs violations, qui sont principalement mises en œuvre de deux manières. La première est la suppression des voix palestiniennes, par la censure du contenu en ligne : ce faisant, le récit palestinien est opprimé, empêchant sa diffusion dans le monde. L’autre consiste à autoriser l’information et l’utilisation trompeuse de discours de haine et de discours violents par des Israéliens sur les réseaux sociaux, propageant des stéréotypes, en particulier des hommes politiques israéliens, contre les Palestiniens. Ils ont décrit les Palestiniens comme des « animaux humains » et les plateformes n’ont pris aucune mesure contre ce contenu, à tel point qu’il est toujours en ligne et est utilisé pour déshumaniser les Palestiniens. »
En mai 2024, l’administration Biden avait spécifiquement exhorté les grandes entreprises technologiques « à redoubler d’efforts pour limiter les contenus antisémites sur leurs plateformes », a rapporté Bloomberg News. Des représentants d’entreprises telles qu’Alphabet, Meta, Microsoft, TikTok et Lipstadt a demandé que chaque entreprise désigne un membre de l’équipe politique pour organiser une formation pour le personnel clé « afin d’identifier l’antisémitisme et de signaler publiquement les « tendances en matière de contenu anti-juif ». « Nous avons accueilli favorablement cette réunion et avons été heureux de nous réunir pour partager les faits sur les mesures prises par TikTok pour résoudre cette question importante et pour continuer à apprendre des experts présents dans la salle », a déclaré le porte-parole de TikTok.
À notre connaissance, X n’a pas encore fait de commentaires, demandés par les routeurs.
-
الطاهر المعز – متابعات، نشرة أسبوعية – العدد 80، بتاريخ 13 من تموز/يوليو 2024

متابعات، نشرة أسبوعية – العدد 80، بتاريخ 13 من تموز/يوليو 2024 : الطاهر المعز
يتضمن العدد الثمانون من نشرة « متابعات » الأسبوعية فقرات بعنوان في جبهة الأعداء، عن تحقيق نشره موقع « عربي بوست » بخصوص منتجات غذائية عربية ( منها منتجات تونسية ) تُباع في متاجر صهيونية بفلسطين المحتلة، وفقرة عن حجم وقيمة الأسلحة الأمريكية التي تسلمها الجيش الصهيوني وفقرة عن اللوبي الصهيوني في الولايات المتحدة ومحاولة الإجابة على سؤال « هل يتحكم اللوبي الصهيوني بالقرار الأمريكي؟ » وفقرة عن الإحتجاجات وإحصائيات القتلى والجرحى والإعتقالات في كينيا، في متابعة لما وَرَدَ في العدد السابق، وفقرة عن بزنس الرياضة- كرة السلة الأمريكية كنموذج لصفقات نهاية الموسم وفقرة عن الدورة الرابعة والعشرين لمنظمة شنغهاي للتعاون وفقرة عن الحرب التجارية في مجال السيارات الكهربائية وفقرة عن التركيبة الطّبقية لمجلس النواب الفرنسي الجديد
في جبهة الأعداء 1
دَعْم أمريكي وأوروبي وعربي للإقتصاد الصّهيوني زمن العُدْوان
أدّى العدوان الصهيوني المُستمر على فلسطينيِّي غوة والضفة الغربية إلى شح الإستثمار الأجنبي المباشر وخروج الثروات وإلى انخفاض عدد السّائحين والمُستوطنين الجدد، فضلا عن خُروج بعضهم، ونزوح آخرين، وأنقذت الولايات المتحدة وأوروبا (خصوصًا ألمانيا) اقتصاد العدو بالدّعم المُباشر، وبينما تدعو العديد من المنظمات العربية وغير العربية إلى مقاطعة الكيان الصهيوني ورفض التطبيع، كشفت تقارير (نشر موقع « بوست » بالعربية بعضها) عن بعض أَوْجُه تطبيع الأنظمة العربية، عبر وجود مئات المنتجات المُصنّعة من قبل عشرات الشركات الموجودة في ست بلدان عربية، على رفوف متاجر فلسطين المحتلة…
اعتاد العدو الصهيوني على خوض الحروب الخاطفة، ويخوض حاليا (-عند كتابة هذه الفقرة يوم 25 حزيران/يونيو 2024) أطول عدوان له بعد تأسيسه، مما يُشير إلى صمود الشعب الفلسطيني رغم عمليات الإبادة اليومية والدّعم الإمبريالي للكيان الصهيوني على كافة الجبهات العسكرية والإقتصادية والإعلامية والتكنولوجية، حيث يفوق الإنفاق العسكري الصهيوني ثُلُثَ الناتج المحلي الإجمالي، وقدرت وزارة المالية الصهيونية تكلفة العدوان بنحو 269 مليون دولارا يوميا، لكن هذه التكلفة الباهظة لم تردع العَدُوّ بفضل الدّعم العسكري والمالي والسياسي الأمريكي والأوروبي وبفضل ارتفاع حجم احتياطي العملات الأجنبية إلى 200 مليار دولار بنهاية سنة 2023، وعلى سبيل المقارنة بلغ احتياطي الجزائر 194 مليار دولارا في ذروة ارتفاع أسعار المحروقات منتصف سنة 2014، واستفاد العدو من الدّعم اللُّوجيستي وخدمات الشركات العابرة للقارات، ذات المنشأ الأمريكي (غوغل وإنفيديا ومايكروسوفت وميتا…) لتوجيه عمليات الإبادة والتّدمير بواسطة « الذكاء الإصطناعي »، وساعدت الهند العدو الصهيوني لتطبيق عمليات التجويع والحصار، بتوفير حوالي مائة ألف عامل في قطاعات البناء والفلاحة ومجمل الوظائف التي كان يشغلها العُمّال الفلسطينيون، فيما لم يتأثر التبادل التجاري للعدو مع الإتحاد الأوروبي (الذي تربطه علاقات شراكة مُميّزة بالعدو) الذي بلغت قيمة وارداته من فلسطين المحتلة 4,27 مليار يورو خلال الربع الأول من سنة 2024…
تكشف بيانات رسمية صهيونية ( موقع حكومة العدو يوم 30 أيار/مايو 2024) عن وصول آلاف المنتجات الغذائية من دول عربية ( المغرب ومصر والأردن والسعودية والإمارات وتونس…) وإسلامية ( باكستان وتركيا…) خلال فترة العدوان الذي دخل شهره التاسع، وتمثلت السلع المُستوردة في الخضار والفواكه المجمدة أو المعلبة، والزيوت والسكر والعصائر والتّمور وغيرها من الأطعمة المحلية العربية، صدّرتها ثمانون شركة يقع مقرها في المغرب وتونس ومصر والأردن والإمارات والسعودية، فضلا عن 332 شركة يقع مقرها بدول إسلامية غير عربية ( المجموع 412 شركة) وحصلت جميع هذه الشركات على ترخيص من السلطات الدينية اليهودية بفلسطين المحتلة لتكون المنتجات مُطابقة لشروط الشريعة اليهودية…
لم يُطبّع النظام التونسي علاقاته بشكل رسمي مع الكيان الصهيوني غير إن منتجات شركة « مونافود » بالمحمدية قرب عروس وشركة « المنار » ( تعليب التّن أو التونة) تُباع في رفوف المتاجر الصهيونية، بعد حصولها على ترخيص السلطات الدّينية اليهودية بفلسطين المحتلة، وسبق أن أُثِيرت قضية مماثلة سنة 2021، عندما أشار أحد نواب البرلمان إلى « وجود معلومات عن قيام بعض الشركات الغذائية التونسية بتصدير منتجاتها إلى إسرائيل »، وراجت أخبار عن تصدير العجين (مكرونة) إلى شركة فرنسية تُعيد تصديرها إلى فلسطين المحتلة وتحويل العائدات إلى ملاذات ضريبية، وتعهد وزير التجارة التونسي آنذاك (محمد بوسعيد)، « بفتح تحقيق فوري بشأن معلومات حول قيام بعض الشركات التونسية بتعليب بعض المواد محلياً وتصديرها إلى الكيان الصهيوني عبر فرنسا »، وفق موقع « عربي بوست » بتاريخ 24 حزيران/يونيو 2024
في جبهة الأعداء 2
بعد ثمانية أشهر من الدّعم الأمريكي المُطلق للوكيل الصهيوني، أعلنت وزارة الخارجية الأمريكية، خلال شهر أيار/مايو 2024، تعليق بيع مقاتلات إف-15 جديدة وأسلحة دقيقة وتأجيل صفقة أخرى بقيمة مليار دولار لتسليم الجيش الصهيوني قذائف هاون ومركبات عسكرية وذخائر دبابات، « بسبب مخاوف بشأن سقوط ضحايا من المدنيين »، وذلك بعد قَتْل أكثر من خمس وثلاثين ألف فلسطيني بأسلحة أمريكية سلّمتها الولايات المتحدة بوتيرة جنونية، إذ استلم الجيش الصهيوني خلال شهريْن أسلحة وذخائر أمريكية، خلال شَهْرَيْن، بقيمة فاقت 23 مليار دولارا، وهو ما يُعادل قيمة الأسلحة التي كان يتوقع تسليمها خلال سَنَتَيْن، وفق تصريحات بعض « التقدميين » في الحزب الديمقراطي الأمريكي الذين دعوا إلى « وقف تسليم الأسلحة الأمريكية التي قتلت وأصابت حوالي 120 ألف فلسطيني بين قتيل وجريح » خلال ثمانية أشهر
وأشارت وول ستريت جورنال إلى الإفتقار إلى الشفافية وإلى صعوبة تَتَبُّع شحنات الأسلحة الأمريكية التي تُقدّمها الولايات المتحدة إلى الكيان الصهيوني حيث يتم إرسالها دون الكشف عنها علناً، واللّجوء إلى وسائل لا تتطلب من الحكومة إخطار الكونغرس أو الجمهور بحجم ونوع الأسلحة التي لا تزال الولايات المتحدة ترسلها إلى الكيان الصهيوني الذي يستخدم كذلك المخزونات الأمريكية من الأسلحة والذّخائر الموجودة في فلسطين المحتلة، بحسب ما أورده موقع صحيفة « وول ستريت جورنال » بتاريخ 26 حزيران/يونيو 2024
في جبهة الأعداء 3
تحرص الولايات المتحدة على نشر تفاصيل كميات المساعدات العسكرية المرسلة إلى أوكرانيا لدعمها ضد روسيا، لكن السلطات الأمريكية تتكتّم على حجم وعية وقيمة شحنات الأسلحة والذخيرة التي سلمتها إلى الكيان الصهيوني لمساعدته على توسيع نطاق عمليات إبادة الشعب الفلسطيني، وكشفت بعض وسائل الإعلام الأمريكية تسريبات بشأن إحدى الشحنات التي تضم كمية كبيرة من الذخائر، من بينها أكثر من ألف قنبلة شديدة التدمير تزن مائتي رطل وآلاف صواريخ هيلفاير، نقلا عن مسؤولَيْن أمريكِيّيْن، بنهاية شهر حزيران/يونيو 2024، ونشرت وكالة رويترز تقديرات للذخائر التي تم شحنها منذ بداية العدوان على غزة (من الثامن من تشرين الأول/اكتوبر 2023 إلى منتصف حزيران/يونيو 2024) تُشِيرُ إلى نَقْل الولايات المتحدة ما لا يقل عن 14 ألف قنبلة من طراز « إم كيه 84″، و6500 قنبلة زنة 200 كيلوغرام، و3000 صاروخ جو-أرض عالي الدقة، و1000 قنبلة ذات قطر صغير وغيرها من الذخيرة، ويشير العدد الإجمالي إلى أنه لم يكن هناك انخفاض كبير في الدعم العسكري الأمريكي، حتى مع تزايد الدعوات الدولية لواشنطن للحد من شحنات الأسلحة، ويتطابق محتوى هذه الشحنات مع مستوى الدّمار والقتل في غزة والضفة الغربية وجنوب لبنان وبعض مناطق سوريا، وتعكس القائمة التّقديرية بوضوح مستوى الدعم الأمريكي الضّخم للعدوان الصهيوني، مما يجعل من الإمبريالية الأمريكية ( وكذلك أوروبا وبالخصوص ألمانيا وفرنسا وبريطانيا) شريكًا مباشرًا في الجريمة ضد الشعب الفلسطيني وشعوب البلدان المجاورة، وتُمثّل هذه الشحنات جزءًا من قائمة أوسع من الأسلحة التي تم نقلها إلى فلسطين المحتلة التي بلغت قيمتها المُعلَنة 6,5 مليارات دولارا، وفق وكالة رويترز نقلا عن « مسؤول كبير في إدارة بايدن » وأعلنت وكالة رويترز ( 28 حزيران/يونيو 2024) أن الولايات المتحدة تناقش مع الكيان الصهيوني شحنة القنابل الكبيرة التي تم تعليقها في مايو/أيار، ومن ضمنها قنابل يبلغ وزنها 900 كيلوغرام قادرة على تدمير الخرسانة المسلحة والمعادن، مع تَرْكِ آثار خطيرة.
بالإضافة إلى هذه الشحنات، تقدم واشنطن مساعدة عسكرية سنوية بقيمة 3,8 مليارات دولارا سنويا، فضلا عن المساعدات الإقتصادية والمنح والقروض المُيَسّرة وائتمان (ضمان) قروض وسندات الحكومة الصّهيونية…
اللوبي الصهيوني في الولايات المتحدة
أثار كتاب جون ميرشايمر وستيفن والت بعنوان « اللُّوبي الإسرائيلي » ( سنة 2007) ضجة في الولايات المتحدة، وركّز الكتاب آنذاك على دور شبكة « العلاقات العامة » التي أنشأتها المنظمات الصهيونية، وأهمها » لجنة الشؤون العامة الأمريكية الإسرائيلية » (إيباك) التي تدعم السياسيين الدّاعمين للإحتلال وتشن حملات تشويه ضد الآخرين، لتبرير الدّعم السياسي والمالي الأمريكي لكيان الإحتلال، ولكن الواقع أكثر تعقيدًا فالكيان الصهيوني نُسْخَة مُنَقّحة للإستعمار الإستيطاني الأوروبي لأمريكا، وتهجير السّكّان الأصليين خارج البلاد، عندما تتعذّر إبادتهم…
يُشكل تمويل الحملات الإنتخابية، من قِبَل الأثرياء والشركات، لمُرشّحي الإنتخابات الرئاسية أو النيابية في الكونغرس أو حُكْم الولايات الأمريكية أو غيرها من المناصب، رشوة قانونية للسياسيين الأمريكيين، ويقوم اللّوبي الصهيوني، ولوبيات أخرى، بعملية استثمار، لكي يساند نواب الكونغرس تقديم المساعدات العسكرية والمالية للكيان الصهيوني، وتَصُبُّ هذه المُساعدات في مصلحة المُجَمّع الصّناعي العسكري الأمريكي، وقَدّر موقع « سي إف آر » إن اللوبي الصهيوني أنفق ست مليارات دولارا على الدّعاية السياسية، من 1948 إلى سنة 2023، بينما حصل الكيان الصهيوني على مساعدات أمريكية بقيمة 280 مليار دولارا، استفادت منها شركات الصناعات العسكرية الأمريكية بنصيب الأسد، أي إن « المساعدات الخارجية » هي مدفوعات من الحكومة الفيدرالية الأميركية لحكومات أجنبية لشراء السلع والخدمات من الموردين الأميركيين، وبمعنى آخر، لا تترك الحكومة الإتحادية الأمريكية أمْرَ رواج السلع (بما فيها الأسلحة) « لليد الخفية للسوق »، بل تدعم الحكومة الصناعات الأميركية من خلال ما يسمى بالمساعدات الخارجية، ويُعَدُّ الكيان الصّهيوني أكبر مُتَلَقّ للمساعدات الخارجية الأميركية على أساس تراكمي منذ إنشائه سنة 1948، وبالتالي فإن الكيان الصهيوني يعتمد على الدّعم الأمريكي، خلافًا للأطروحات الرائجة لدى بعض العرب وغير العرب، ومفادها « إن إسرائيل تسيطر على الولايات المتحدة من خلال المساهمات في الحملات الانتخابية وممارسة الضغط »، وهذا لا يتماشى مع الوقائع والأرقام، لأن التكلفة الإجمالية للمساهمات في الحملة الانتخابية وممارسة الضغط من قبل أيباك لا تمثل سوى حوالي 2% من الحجم الإجمالي للمساعدات الأمريكية للكيان الصهيوني الذي يُمثل وكيلا للإمبريالية وقاعدة متقدّمة في المشرق العربي ترعى المصالح الأمريكية (والإمبريالية عمومًا) في المنطقة، وتمثل شركات الصناعات العسكرية قُوّةً هامة يمكنها تقديم الرّشاوى وفرض مصالحها على نواب الكونغرس ليعلنوا شن حرب وتدمير دولة في آسيا أو إفريقيا أو أمريكا الجنوبية، بل أصبحت الولايات المتحدة تُهدّد روسيا والصّين، من خلال حلف شمال الأطلسي الذي يشتري السّلاح من الشركات الأمريكية، ومن بينها « لوكهيد مارتن » و « نورثروب غرومان » وغيرها من الشركات التي تستفيد من ميزانية الحرب الأمريكية الضّخمة ومن شن الحروب ومن قتل الملايين من الأبرياء مثلما يحدث في غزة، إذ يُحَفِّزُ المجَمّع الصناعي العسكري أعضاء الكونغرس على زيادة تمويل البنتاغون التي تستفيد منها الصناعات العسكرية التي تُدير السياسة الخارجية الأمريكية المُتميّزة منذ عدّة سنوات بعَسْكَرَة الدّبلوماسية…
يُشكّل الدّعم الأمريكي لدولة أوكرانيا أو الكيان الصهيوني دعما حكوميا لشركات خاصة لتصنيع الاسلحة، ولولا هذا الدّعم لتوقفت الحرب في أوكرانيا ولغيّر الكيان الصهيوني مخطّطاته، وقد يُشكل توقّف الدّعم الأمريكي بداية النّهاية للكيان الصهيوني…
كينيا
مُتابعة لما وَرَدَ في العدد السابق عن المظاهرات الشعبية في كينيا: بعد أسبوعين من بدء الاحتجاجات على قانون المالية وزيادة الضرائب والأسعار، أصدرت لجنة حقوق الإنسان الكينية تقريرًا يوم الأول من تموز/يوليو 2024، يدين انتهاكات حقوق الإنسان والعنف الذي تمارسه الشرطة والجيش الكيني في الشوارع في جميع أنحاء البلاد، حيث أصبح المتظاهرون يُطالبون برحيل الرئيس ويليام روتو الذي انتُخِبَ سنة 2022، وأدّى القمع، بين الثامن عشر والثلاثين من حزيران/يونيو 2024، إلى مقتل 39 شخصًا وإصابة 361 آخرين بجروح خطيرة واختطاف واختفاء 32 شخصًا من المُعارضين والنقابيين والصحافيين، واعتقال 627 شخصًا، ومارست قوات الأمن العنف الشديد وغير المُبَرّر ضدّ المتظاهرين والعاملين في المجال الطبي والصحفيين والمحامين، خصوصًا بين يَوْمَيْ 25 و 30 حزيران 2024، فضلا عن التهديدات التي تلقّاها العديد من مُعارِضِي سياسة الحكومة…
بزنس الرياضة – كرة السّلّة الأمريكية
فاز نادي « بوسطن سلتيكس » للمرة الثامنة عشر بلقب دوري كرة السلة الأميركي للمحترفين بقيادة اللاعب « جايسون تايتوم » ( قائد المنتخب الأمريكي لكرة السّلة) الذي جدّد النادي عقده لمدة خمس سنوات مقابل 63 مليون دولارا سنويا، وهي أكبر صفقة في تاريخ دوري كرة السّلّة الأمريكي، كما جدّد النادي عقد اللاعب الماهر الآخر جايلن براون لمدة خمسة أعوام مقابل 53,64 مليون دولارا سنويا، وعقد كريستابس بورزينغيس ( من لاتفيا) مقابل 36 مليون دولار…
ارتفعت قيمة نادي بوسطن سلتيكس هذا الموسم بنسبة 18% قبل الفوز بالبطولة، وقدّرت مجلة فوربس ( تشرين الأول/اكتوبر 2023) قيمة النادي بـ4,7 مليارات دولار، وهو ليس أَثْرَى نادي، حيث قُدِّرت قيمة نادي غولدن ستايت ووريرز ب7,7 مليارات دولار وقيمة نادي نيويورك نيكس ب6,6 مليارات دولارا ونادي لوس أنجليس ليكرز ب6,4 مليارات دولارا، ما يجعل من نوادي كرة السلة الأمريكية (كما نوادي كرة القدم الأوروبية) شركات رأسمالية مُربحة لأصحابها، أما نادي بوسطن فهو ملكية عائلية وتم طرحه للبيع بنهاية هذا الموسم، فأصبحت أغلبية الأسهم مملوكة لمُجَمّع اقتصادي لا يهتم بكرة السّلة كرياضة بل كمصدر للإشهار وللأرباح…
منظمة شنغهاي للتعاون
انطلقت في العاصمة الكازاخستانية أستانا، يوم الأربعاء الثالث من تموز/يوليو 2024، أعمال القمة الموسعة الـ24 لزعماء الدول الأعضاء في منظمة شنغهاي للتعاون، بحضور الأمين العام للأمم المتحدة ومنظمة التعاون الإقتصادي والتنمية، ورؤساء أو زعماء رفيعي المستوى من كازاخستان – البلد المُضيف ورئيس المنظمة لفترة ستة أشهر– وروسيا والصين والهند وباكستان وإيران وقرغيستان وطاجيكستان وأوزبكستان، فضلا عن الأعضاء المُراقبين: بيلاروسيا وأفغانستان ومنغوليا، والدّولة الشريكة في الحوار: تركيا وقطر وأذربيجان وأرمينيا وكمبوديا ونيبال وسريلانكا.
تأسست منظمة شنغهاي للتعاون سنة 1996 من قِبَل خمس دول هي روسيا وكازاخستان والصين وقرغيزستان وطاجيكستان ووقّع ممثلو هذه البلدان على اتفاقيات « لبناء الثقة في المجال العسكري وتقليص القوات المسلحة بشكل متبادل على الحدود »، وكان الهدف في البداية « حل المشاكل الناجمة عن انهيار الإتحاد السوفييتي، من بينها مشاكل الحدود والأمن الإقليمي »، قبل طَرْح مواضيع « التنمية المشتركة في بيئة آمنة »، ممّا يستوجب « مكافحة الإرهاب والنزعات الانفصالية والتطرف ».
تشكّل هذه القمة الرابعة والعشرون اختبارًا لـ »الشراكة الإستراتيجية » بين موسكو وبكين في سعيهما لإرساء « نظام عالمي متعدد الأقْطاب » أي بدون هيمنة الولايات المتحدة، غير إن الصين استغلت انشغال روسيا بحرب أوكرانيا لِتُوسّعَ نفوذها ( على حساب روسيا) في آسيا الوُسْطَى التي كانت جُزْءًا من الإتحاد السُّوفييتي.
تعدّ بلدان منظمة شنغهاي نحو 3,8 مليار نسمة، أو حوالي نصف سُكّان العالم، وحوالي 25% من الناتج الإجمالي العالمي، وتدرس الدّورة 24 تعزيز التجارة الثنائية والعلاقات البينية المباشرة في ظروف تصاعد التوتر بين روسيا والصين من جهة والدول « الغربية » من جهة أخرى، لكن مجموعة شنغهاي غير متجانسة، حيث تنتمي تركيا إلى حلف شمال الأطلسي وتمارس سياسات عدوانية هَيْمَنِيّة في سوريا والعراق وتحتل جزءًا من قبرص منذ 1974، كما إن للهند والسعودية علاقات وطيدة بالولايات المتحدة…
أوروبا – حرب تجارية ضد الصّين
أعلنت المُفوضية الأوروبية (أعلى سلطة بالاتحاد الأوروبي) يوم الخميس الرابع من تموز/يوليو 2024 فَرْضَ رُسُومٍ جمركية قد تصل إلى 38% على السيارات الكهربائية الصينية المستوردة، لفترة خمس سنوات، متهمة الصّين بدعم صناعتها بشكل غير قانوني، وتُضاف هذه الرسوم الجديدة إلى أخرى بنسبة 10% كانت مُطَبَّقَة على السّيّارات الصّينيّة، وسبق أن أعلنت المفوضية الأوروبية خلال شهر تشرين الأول/اكتوبر 2023 إجراء تحقيق واسع النطاق بشأن الدعم الحكومي الصيني لصناعة السيارات الكهربائية، وتأتي هذه الرسوم الجديدة، مباشرة إثْرَ إعلان الولايات المتحدة (منتصف أيار/مايو 2024) زيادة الرسوم الجمركية على السيارات الكهربائية الصينية من 25% إلى 100% وهي خطوة حِمائية لِدَعْم صناعة السيارات المحلية، وتتخوف الشركات الأمريكية والأوروبية الرّائدة في صناعة محرّكات البنزين والديزل، من تدهور صناعاتها أما تطور صناعة السيارات الكهربائية الصينية التي كانت تمثل 3% من سوق السيارات الأوروبية، وارتفعت حصتها، خلال ثلاث سنوات إلى حوالي 22% وفقاً لتقديرات الشركات الأوروبية لصناعة السيارات التي طلبت من الإتحاد الأوروبي حمايتها، بذريعة « استفادة قطاع السيارات الكهربائية في الصين من دعم غير عادل يشكّل تهديداً بإلحاق أضرار اقتصادية بالمنتجين الأوروبيين »، وشكّلت شركة فولسفاغن حالة شاذّة حيث انتقدت إدارتها ( الخميس 04 تموز/يوليو 2024) قرار الاتحاد الأوروبي فرض رسوم جمركية إضافية مؤقتة على واردات السيارات الكهربائية الصينية بسبب مخاوف من الدعم، لأن « توقيت قرار المفوضية الأوروبية غير ملائم ويَضُرُّ بسوق السيارات الكهربائية الأوروبية… ( ولأن ) الرسوم التعويضية بشكل عام غير مناسبة لتعزيز القدرة التنافسية لصناعة السيارات الأوروبية على المدى الطويل «
الأصول الإجتماعية والطّبقية لنواب مجلس الأُمّة الفرنسي
ظل أغلبية النواب في الجمعية الجديدة من البيض، والبرجوازيين، من البعيدين عن الاهتمامات اليومية لأغلبية المجتمع، ولا يُمثل أبناء الأحياء الشعبية وأبناء المهاجرين سوى 28، بالإضافة إلى 23 من المُستعمرات (بحر الكاريبي والمحيط الهادئ وإفريقيا) ويبقى تمثيل الفئات الإجتماعية غير متكافئ، ولا يمثل مجلس النواب تنوع المجتمع ولا الواقع الاقتصادي والاجتماعي للبلاد: فقد أدت هذه الانتخابات التشريعية السابقة لأوانها، والتي تم تنظيمها بشكل عاجل، إلى تفاقم الفجوات بين الناخبين والمنتَخَبين، فعدد الشباب ضئيل، ويتجاوز متوسط عمر النواب 48 عاما، وهناك عدد قليل من النساء، وعدد قليل من الأشخاص من المهاجرين والمستعمرات السابقة، وعدد قليل من صغار الموظفين من القطاع الخاص أو من أسفل سلم الأجور، ويمثل الموظفون المتميزون (التنفيذيون أو الكوادر) وأصحاب المهن الحرة والأكاديميون 22,4% من السكان النشطين (أولئك الذين لديهم وظيفة) في فرنسا لكنهم يمثلون 68% من نواب المجلس، أي 391 نائبا من أصل 577، ولا يَضُمُّ المجلس سوى أربعة نواب من الطبقة العاملة، ويمثل الموظفون (ذوو الرواتب المتوسطة أو المنخفضة) والعمال معاً ما يقارب 44% من القوى العاملة، لكنهم لا يمثلون سوى 7% من العدد الإجمالي للنواب، فيما يرتفع تمثيل المهن الوسيطة والحرفيين والتجار ورجال الأعمال. أما بالنسبة لتمثيل النساء (أكثر من نصف المجتمع) فقد بلغ عدد النائبات 224 نائبة (من أصل 577 نائباً) سنة 2017، وانخفض إلى 215 سنة 2022، ويبلغ 208 فقط سنة 2024، فكيف يمكن للسلطات الفرنسية الإدّعاء بأن أنظمة دول المُحيط لا تحترم حقوق النّساء؟
حزب فرنسا الأبية هو الحزب الأكثر تنوعًا اجتماعيًا، حيث يضم 12,2% من الموظفين، و4,1% من العمال، و16,2% من متوسّطي الأجر، ويضم حزب اليمين المتطرف 9,1% من الحرفيين والتجار ورجال الأعمال، و60,1% من المديرين التنفيذيين والأكاديميين، و8,4% من المهن الوسيطة.
الطاهر المعز
« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »
– Keiko, Londres
« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »
– Sarah, New York
« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »
– Olivia, Paris
