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Natalie Sauer-Rapport Meadows : pourquoi les alertes [climatiques] de 1972 ont été ignorées par les chercheurs en management ?
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Rapport Meadows : pourquoi les alertes de 1972 ont été ignorées par les chercheurs en management ? par Natalie Sauer

En octobre 1972, le Club de Rome, groupe de réflexion réunissant des scientifiques, des fonctionnaires et des dirigeants d’entreprises, publiait le célèbre rapport Meadows qui alertait les dirigeants sur le caractère non durable des stratégies poursuivies par les entreprises occidentales.
Ce rapport s’appuyait sur les travaux réalisés par Jay Forrester, alors professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT) avec l’aide de ses collègues Donella et Dennis Meadows. La démarche de prospective développée par l’équipe du MIT s’articule autour de cinq variables principales : la population, la production industrielle, la production agricole, les ressources naturelles et la pollution. La conclusion des auteurs est sans appel car :
« Si les tendances actuelles de croissance de la population mondiale, de l’industrialisation, de la pollution, de la production alimentaire et de l’épuisement des ressources se poursuivent sans changement, des limites seront atteintes au cours des cent prochaines années. Et en découlera vraisemblablement le déclin, rapide et incontrôlable, de la population et de la production industrielle. »
Commandité par des dirigeants et destiné à éclairer la prise de décision, on aurait pu s’attendre à ce que le rapport Meadows impacte le champ académique du management et en particulier les travaux en stratégie d’entreprise. Or, les alertes ont été globalement ignorées. Deux raisons complémentaires peuvent expliquer ce rendez-vous manqué.
Dérive académique
Tout d’abord, la conjoncture économique des années 1970 va conduire à recentrer le monde académique sur des objectifs stratégiques de performance économique et non de développement durable. Ce qui fait alors problème n’est pas la pollution et les risques d’effondrement mais bien la situation économique qui se dégrade dangereusement.
En effet, le choc pétrolier de 1973 et la crise économique qui s’ensuivit a marginalisé les analyses du rapport Meadows.
L’urgence de la situation à court terme et la crise énergétique ont relégué au second plan les analyses de fond du rapport Meadows qui propose une prospective à l’échelle du siècle. L’internationalisation et la financiarisation de l’économie l’emporteront très largement sur les hypothèses du Club de Rome d’une fin du monde économique sous l’effet d’une croissance non maitrisée.
Soucieux d’être utiles aux dirigeants, les enseignants-chercheurs en management ont collé aux attentes générées par la crise économique en orientant le contenu de leurs recherches et leurs enseignements autour de ces enjeux. Les questions de compétitivité et de création d’un avantage concurrentiel l’emportent très largement comme le montre le succès des publications de Michael Porter à partir des années 1980.
La deuxième raison est liée l’évolution de la recherche en stratégie d’entreprise au début des années 1980 et, en conséquence, à l’enseignement dispensé aux futurs dirigeants.
À la fin des années 1950, les business schools américaines ont en effet été bousculées par deux rapports : le premier, rédigé par les économistes Robert Gordon et James Howell, et le second par leur collègue Frank Pierson.
Ces études plaidaient pour une forme d’académisation du champ de la gestion sur le modèle des sciences « dures » (mathématiques, physique, etc.). Dans le même temps, ils préconisent que le cours de business policy reste quant à lui un cours structuré autour d’études de cas.
Si l’effet de ces deux rapports fut moins immédiat et visible que la crise pétrolière, ils ont toutefois conduit à une importante transformation des enseignements et des recherches en stratégie. Jugés trop empiriques et peu généralisables, les enseignements et les recherches en stratégie d’entreprises se sont par la suite développés sur la base d’un formalisme mathématique et de tests économétriques. La faisabilité d’une croissance infinie de la production industrielle dans un monde aux ressources limitées s’est alors éloignée des préoccupations des chercheurs et enseignants en stratégie d’entreprise.
À partir des années 1980, la légitimation du champ de la stratégie dans le concert des disciplines académiques a pris le pas sur l’analyse et la résolution de problèmes complexes auxquels les dirigeants étaient confrontés. La rigueur méthodologique et le raffinement des analyses sont progressivement passés au premier plan des préoccupations universitaires. Les chercheurs en stratégie se sont montrés de moins en moins soucieux d’engager des conversations avec les dirigeants et de s’intéresser à la stratégie telle qu’elle se pratique dans les entreprises.
Pourtant, un certain nombre de chercheurs en gestion, à l’instar de Sumantra Ghoshal et Henry Mintzberg à l’international et Alain-Charles Martinet en France, avaient très tôt souligné l’inutilité voire la dangerosité de certains travaux universitaires pour les entreprises et la société plus généralement.
Quand les hypothèses de 1972 se confirment
Dans un article publié en 2020, la chercheuse néerlandaise Gaya Herrington proposait une actualisation des analyses du rapport Meadows. Elle arrivait à la conclusion que deux scénarios identifiés par les époux Meadows en 1972 se confirment : l’arrêt de la croissance de la population mondiale, de l’industrialisation et de la production alimentaire devraient ainsi intervenir d’ici 2030.
En parallèle, les phénomènes climatiques extrêmes de ces dernières années ont renforcé la prise de conscience d’une transformation sans précédent des équilibres du système Terre. Nous entrons dans l’ère géologique de l’Anthropocène. Cette transformation est aujourd’hui largement documentée scientifiquement par de nombreuses disciplines reliées aussi bien aux sciences sociales (histoire, géographie, économie) qu’aux sciences fondamentales (climatologie, archéologie, physiques…).
Si les analyses du rapport Meadows pouvaient être considérées comme isolées dans les années 1970, les choses sont très différentes dans les années 2020 car les constats se recoupent et ils émanent de multiples disciplines. Plus personne ne peut aujourd’hui ignorer les synthèses que constituent les rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui sont sans équivoque.
La recherche en management et en stratégie d’entreprise ne peut donc plus rester sourde à ces alertes. Un des chercheurs phares de la discipline, le professeur américain Jay Barney, admet aujourd’hui qu’il serait souhaitable que les travaux, en particulier la théorie des ressources qu’il a contribué à développer, prennent mieux en compte les différentes parties prenantes de l’entreprise et plus singulièrement l’environnement naturel.
Un repositionnement des objets de recherche et des méthodes semble s’imposer aux enseignants-chercheurs en management et stratégie d’entreprise.
Ce repositionnement implique la construction de nouvelles théories, de nouvelles méthodes et de nouveaux supports de discussion et partage des connaissances. Ce travail prendra au moins une décennie et il est fort possible que d’autres disciplines académiques s’avèrent finalement mieux armées conceptuellement et méthodologiquement pour accompagner les dirigeants d’entreprises dans la construction et la mise en œuvre de nouvelles stratégies intégrant les limites planétaires.
Si ce sursaut épistémique n’est pas mis en œuvre rapidement, tout porte à croire que la légitimité des disciplines de gestion vont s’éroder plus vite encore que la biodiversité et autres déterminants biophysiques que les chercheurs en management se seront révélés incapable d’appréhender dans leurs recherches et enseignements.
Cet article est issu d’une conférence organisée par l’Institut français de gouvernement des entreprises d’EM Lyon Business School ayant eu lieu le 2 février 2023 célébrant les 50 ans du rapport Meadows, avec comme invités Gaya Herrington, vice-president of ESG Research au sein du groupe Schneider Electric.
Natalie Sauer
Head of English section, The Conversation France
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الطاهر المعز – الجانب القمعي لأولمبياد باريس

الجانب القمعي لأولمبياد باريس : الطاهر المعز
بعد مرور قرن على الدَّوْرَة الأخيرة لأولمبياد باريس، تستضيف العاصمة الفرنسية دورة الألعاب الأولمبية من 26 تموز/يوليو إلى 11 آب/أغسطس 2024، وتجري أحداث دورة الألعاب الأولمبية في باريس 2024 في سياق جيوسياسي خاص، يتسم بالحرب في أوكرانيا وما نتج عنها من إقصاء روسيا من الألعاب، والعدوان على الشعب الفلسطيني في غزة، وعدم إقصاء الكيان الصهيوني من دورة أولمبياد باريس 2024، وأجواء الحملة الإنتخابية في الولايات المتحدة، والحرب التجارية والحصار والحَظْر ضدّ الصّين وروسيا وإيران وكوريا الجنوبية وكوبا وفنزويلا وسوريا وغيرها، وهي عوامل تُؤثِّر قليلا أو كثيرًا على تنظيم الألعاب الأولمبية التي حادت عن مبادئ البارون بيير دي كوبرتان ( Le Baron « Pierre de Coubertin » ) الذي أعاد إحياء الألعاب الأولمبية المُعاصرة سنة 1896، وأراد فَصْل الرياضة عن السياسة، لكن هل يمكن الفصل بينهما، في ظل تَسْيِيس الحركة الأولمبية ومقاطعة الدّول الإمبريالية لألعاب موسكو 1980، فالحركة الأولمبية مُسيَّسَة وتدعم مواقف الإمبريالية الأمريكية وحلف شمال الأطلسي، وتتنافس الدّول لاستضافة الألعاب الأولمبية، بهدف تحسين صورتها، وأظْهَر تاريخ الألعاب الأولمبية « الحديثة » إن التظاهرات الرياضة الدّوْلِيّة كالألعاب الأولمبية التي تنقلها شبكات البث التلفزيوني إلى مليارات البشر في جميع أنحاء العالم، تُشكّل منتدى أو حلبة للتنافس الجيوسياسي، وتخضع لميزان القوى الدّولي، من خلال إقصاء بعض الدّوَل ومُقاطعة أخرى كما تتخلّلُها العديد من المطالب السياسية والصُّور الرّمزية، ومن بينها الصداقة بين الرياضِيّيْن جيسي أوينز، وهو أمريكي أسود ولوز لونغ الألماني الأبيض، خلال الألعاب الأولمبية بألمانيا الهتلرية سنة 1936 وتحالفهما ضد هتلر، فضلا عن تلك الصورة الرمزية للقبضة المرفوعة من قِبَلِ تومي سميث وجون كارلوس (مكسيكو 1968 ) أثناء رفع العلم الأمريكي، ويذكر العرب والصهاينة الألعاب الأولمبية في ميونيخ 1972 والمجزرة التي ارتكبتها ألمانيا والكيان الصهيوني، وعمومًا يتم استخدام الرياضة والرياضيين من قِبَلِ الأنْظِمَة الحاكمة لأغراض سياسية.
أما عن الوضع الدّاخلي الفرنسي فإن الألعاب تجري في ظل حكومة مؤقتة لتصريف الأعمال، لا تعكس ميزان القوى الذي أسفرت عنه الإنتخابات السابقة لأوانها يوم السابع من حزيران/يونيو 2024
حملة قمع « أولمبية »
نبّهت المنظمات الإنسانية التي أنشأت ائتلافًا تحت إسم « الوَجْه الآخر للميدالية »، منذ حوالي سنة وخصوصًا منذ شهر تشرين الأول/اكتوبر 2023، إلى « التّطهير الإجتماعي » الذي تمارسه سلطات مدينة باريس والدّولة، وإلى « عمليات الإخلاء القسري » للمآوي الإجتماعية ولمبيتات الطلبة، فضلا عن الأماكن التي تقدّم الحد الأدنى من الخدمات لفاقدي المأوى أو السكان الذين يعانون من حالة عدم الاستقرار، ومن بينهم آلاف العاملين بدون عقود أو بعقود هشة وبدوام جزئي وبرواتب مُتَدَنِّيَة، وذلك منذ صيف 2023، وفي منتصف نيسان/ابريل 2024، علق بالاكريشنان راجاجوبال، المقرر الخاص للأمم المتحدة المعني بالحق في السكن اللائق، قائلاً: « إن عمليات الإخلاء لتجميل باريس قبل الألعاب الأولمبية تشبه ما فعلته الصين والهند ودول أخرى قبل الأحداث الكبرى الأخرى، فكيف تبرر فرنسا ذلك؟ »
قرّر ائتلاف « الوجه الآخر للميدالية » إقامة حفل افتتاح مضاد أو مُوازي، يوم الخميس 25 تموز/يوليو 2024، في ساحة الجمهورية (باريس)، للتنديد بالانتهاكات الاجتماعية التي تحصل باسم الألعاب الأولمبية، واتّهمت هذه الجمعيات التي تساعد المشردين، الحكومةََ بطرد الأشخاص الأكثر حرمانا من ملاجئهم القريبة من المواقع الأولمبية، في عملية يمكن تسميتها “التطهير الاجتماعي”، وتعترف السّلطات بارتفاع عمليات الطرد والتّهجير والإقصاء، لكنها تَدَّعِي بأن لا علاقة لارتفاع عمليات الطرد بالألعاب الأولمبية، بل هي تحصل لأسباب أمنية، وتُشير تقارير الإئتلاف إلى تزايد عمليات الإخلاء والترهيب للمشردين وإجلائهم من باريس إلى مناطق أخرى، ووثّقت العديد من الجمعيات ومن وسائل الإعلام المحلّية (من بينها محطات تلفزيون القطاع العام) والأجنبية عمليات « التطهير الاجتماعي » وعلى سبيل المثال نشرت بعض وسائل الإعلام شريطا قصيرًا بتاريخ 17 نيسان/أبريل 2024، يُوثِّقُ إخلاء قوات الدرك والشرطة منطقة كانت تُؤْوِي نحو خمسمائة لاجئ من السودان (دارفور خصوصًا) وتشاد، في مصنع قديم مهجور بأطراف مدينة فيتري سور سين ( Vitry sur Seine )، وأخْلت السلطات يومَيْ 16 و 17 تموز/يوليو 2024، مخيمات أخرى بمحافظة ( Seine Saint-Denis ) المُتاخمة لباريس، وحيث يوجد ملعب فرنسا الدّولي، كان يتواجد بها حوالي خمسمائة لاجئ من بلدان خرّبتها فرنسا ودول حلف شمال الأطلسي، وكانت بعض الجمعيات توزع الطعام وتعالج المرضى في هذه المخيمات، وتم تفريق اللاجئين، وحرمانهم من بعض الخدمات الدّنيا كالماء والطعام والرعاية الصحية والإستشارات القانونية وما إلى ذلك، وبحلول منتصف تموز/يوليو 2024، قبل عشرة أيام من افتتاح الألعاب الأولمبية « تم إفراغ منطقة إيل دو فرانس ( Ile de France ) – التي تظم ولايات باريس وما حولها – من ما لا يقل عن 12500 من الأشخاص الذين تعتبرهم السلطات غير مرغوب فيهم بحلول نهاية أيار/مايو 2024، وهم الأشخاص الأكثر هشاشة في المجتمع »، وفق ائتلاف « الوجه الآخر للميدالية » الذي يُؤَكّد عدم إيواء المُشردين الذين يتم ترحيلهم إلى مدن أخرى، باسم تأمين الألعاب الأولمبية، وأدّى هذا الهاجس الأمني إلى إغلاق العديد من الجُسُور والساحات والشوارع ومحطات قطار الأنفاق والحافلات، وبذلك كانت الألعاب الأولمبية فرصة « للتطهير الاجتماعي » للفضاء الحضري وفق العديد من الجمعيات الخيرية.
نشرت محطة تلفزيون « فرانس 24 » وموقع صحيفة « هافينغتون بوست » وثائق صادرة عن مختلف أجهزة الدّولة منذ 2023، توتم تأكيدها خلال شهر آذار/مارس 2024، ُثْبِتُ الإرتباط الوثيق بين « تنظيم الألعاب الأولمبية وتكثيف دوريات المراقبة الأمنية والإجتماعية في الفضاء العمومي، وتحديد هوية الأشخاص في الشوارع وفي المناطق القريبة من المواقع الأولمبية… »، وأدّى تكثيف حملات المُداهمة والقمع إلى زيادة عدد عمليات الطرد والترحيل عن التراب الفرنسي بنسبة 10% سنة 2023 مقارنة بالعام 2022 ليصل عدد المُرَحَّلِين إلى نحو 17 ألف شخص، يخضع الترحيل لأسباب سياسية، وفق طبيعة العلاقة التي تربط فرنسا بدول المنشأ.
أدّت هذه الإجراءات الأمنية إلى رفْع ميزانية الدّورة، وفق الأرقام التي نُشِرَتْ قبل أسبوعَيْن من افتتاح دورة الألعاب الأولمبية باريس 2024، حيث يُتوقّع أن تتجاوز ميزانية الدّورة عشر مليارات يورو، في مناخ أمْنِي واقتصادي وسياسي متوتر، يشمل منذ أشهر عديدة حملة لإبعاد المشردين والمهاجرين غير النظاميين من الشوارع والساحات وضواحي العاصمة، بهدف تقديم صورة مثالية زائفة للعاصمة باريس، لكن المنظمات المدافعة عن حقوق الإنسان تفطّنت منذ حوالي سنة إلى مخاطر هذه السياسات التي لا تحترم القيم الأولمبية المُعْلَنَة مثل « تسخير الرياضة لخدمة التنمية البدنية، وتشجيع إقامة مجتمع يسوده السلام، ويعنى بالمحافظة على كرامة الإنسان، ويساهم في بناء عالم أفضل عن طريق استثمار ممارسة الرياضة في تعليم الشباب الفكر والقيم الأولمبية ». واستخدام الرياضة « كوسيلة للتفاهم والتواصل المتبادل بين الأفراد والشعوب والثقافات ومد جسور الصداقة، وتبادل الخبرات، وتوطيد العلاقات بين كافة منتسبي الحركة الأولمبية… وتكريم الإنسان، وجعل الرسالة الإنسانية القيمة المثلى في العلاقات المتبادلة، ومحاربة كافة أشكال العنصرية والتمييز… » ومن السّهل على أي زائر لباريس ملاحظة التضارب الواضح بين القيم الأولمبية وسياسات فرنسا -مضيفة الألعاب- على أرض الواقع، والتي تمس الكرامة وتضرب قيم الأُخُوّة والصداقة، وتعتمد التوظيف السياسي للبؤس الذي فاقمته مشاكل الغلاء والتضخم وشح المسكن، وقُدِّرَ تعداد المشردين بلا مأوى في فرنسا بأكثر من 330 ألفا وفق البيانات الرسمية لسنة 2022، وقَدّرت جمعيات الإغاثة عدد من يبيتون في شوارع باريس بنحو 3500 خلال شهر كانون الثاني/يناير 2024، من بينهم حوالي 500 من القاصرين، وعدد من العمال المهاجرين غير النظاميين الذين تم استخدامهم في تشييد المنشآت الرياضية المخصصة للألعاب الأولمبية، في ظروف غير إنسانية وفق الإتحاد النقابي « سي جي تي ».
في الجانب السياسي والإيديولوجي برر الرئيس الفرنسي يوم الإثنين 15 تموز/يوليو 2024، الفارق في التعامل مع الكيان الصهيوني المشارك في أولمبياد باريس رغم العدوان الوحشي على الشعب الفلسطيني، وروسيا التي استبعدت عن الألعاب على خلفية الحرب في أوكرانيا، معتبرا أن الكيان الصهيوني في حالة دفاع عن النفس وروسيا تشن حربا عدوانية على أوكرانيا، وسبق أن رفضت اللجنة الأولمبية الدولية خلال شهر شباط/فبراير 2024، فَرْضَ نفس العقوبات على روسيا والكيان الصهيوني، وأعلن الرئيس الفرنسي فَخْرَهُ برفع العلم الصهيوني في الملاعب الفرنسية، وشكّلَ هذا الموقف السياسي والإيديولوجي أَساسَ تقييد حركة 165 شخصًا وفق الأرقام الرسمية ( لكن محاكم باريس نظرت في أكثر من مائتَيْ اعتراض على هذه القرارات) بذريعة « مكافحة الإرهاب » بناء على « معلومات استخباراتية » اعتبرتها المحاكم « غير دقيقة وتستهدف أشخاصًا لا يُشكّلون أي تهديد » كما استنكر بعض القُضاة ومنظمات حقوق الإنسان ارتفاع عدد مداهمات المنازل في حملة القمع قبل الألعاب الأولمبية (قُدّرت بحوالي 230 حالة حبس منزلي ومراقبة يومية، بنهاية شهر حزيران/يوليو 2024 )، وقرارات الإبعاد « المُؤَقّت » (النّفْي غير القانوني) ومُراجعة محلات الشرطة يوميا، التي شملت عُمّالاً وموظفين وطلبة، معظمهم من أبناء وأحفاد المهاجرين الذين لم تُوَجّهْ لهم أي تهمة جنائية، ومع ذلك وصفهم وزير الداخلية جيرالد دارمانين خلال مؤتمر صحفي يوم 17 تموز/يوليو 2024 بأنهم « خطرون للغاية » وقادرون على تنفيذ هجمات، وفقَدَ العديد منهم وظائفهم وفق وكالة رويترز بتاريخ 25 تموز/يوليو 2024، ونظر القضاء في 27 حالة وألغى القضاة ست قضايا كُلِّيًّا أو جزئيا، بينما تم تعليق أربع قضايا كُلِّيًّا أو جزئيا…
خاتمة
لم تتَخَلّ أجهزة الدّولة الفرنسية عن الإيديولوجية والمُمارسات الإستعمارية في الخارج، وخصوصًا في إفريقيا ومُستعمرات بحر الكاريبي وكاناكي (كاليدونيا الجديدة) وجزر المحيط الهادئ، وفي الدّاخل تعتبر الإيديولوجية الرسمية (عقيدة الدّولة) أبناء وأحفاد المهاجرين العرب والأفارقة « عَدُوًّا داخليًّا »، وجبت مُراقبته ومُحاربته وعزله عن الأوروبيين البيض في العمل والسكن والفضاء العام، وشكّلت الألعاب الأولمبية فُرصة لتجربة تنفيذ حملة قمعية واسعة، بدعم من « خُبَراء أمنِيِّين » من دول صديقة، ومن بينها الكيان الصهيوني الذي يُشارك في الألعاب الأولمبية بفريق يتم « تأمِين » تنقلاته وإقامته من قِبَل مجموعات أمنية صهيونية، وتساهم قوى القمع الصهيونية في تدريب الشرطة الفرنسية على « إدارة التّجَمُّعات المُعادية »، وقمع شباب ضواحي المدن الفرنسية، منذ حوالي عشرين سنة، وخصوصًا خلال انتفاضة 2005، وتطبيق الوسائل المُستخدَمَة ضد أبناء الشعب الفلسطيني…
يُفْتَرَضُ أن تُشكل الألعاب الأولمبية حدثًا تاريخيًّا ورياضيًّا كبيرًا، لكن أجهزة الدّولة أوْلت جانبا كبيرًا « للقمع الوقائي » – أي استهداف أشخاص لم يرتكبوا جريمة، وتفترض وزارة الشرطة احتمال تنفيذهم لجُنْحَة أو جريمة، دون تقديم أي دليل – الذي استهدف بعض مناضلي الحركات الإجتماعية والفُقراء والمُشَرّدين واللاجئين من بُلدان ساهم الجيش الفرنسي في تخريبها، واستهدف بعض مناضلي اليسار السياسي والنقابي والإجتماعي، وبالأخص أبناء وأحفاد المُهاجرين، وتشهد كل المناطق المحيطة بنهر السين حالة حرب من خلال التقييدات الأمنية والحواجز المعدنية والإنتشار غير المسبوق لما لا يقل عن خمس وأربعين ألف من ضباط الشرطة والدرك الذين يقومون بدوريات منتظمة وبشكل يومي في مدينة باريس، فضلا عن حوالي 15 ألف من الجنود الذين يقومون بدوريات في محطات النقل البري والحديدي والساحات الرئيسية بباريس، ومن الشرطة البلدية وأعوان شركات الأمن الخاصة، في مداخل الملاعب والأحياء الرياضية والمبيتات، ما عَسَّرَ الحياة اليومية لسُكّان العاصمة الفرنسية التي تتميز بصعوبة التنقل والازدحام الخانق جراء تقييد حركة وسائل النقل العمومي أو إلغائها وضرورة الحصول على رمز خاص للتنقل في المناطق القريبة من الألعاب، فضلا عن المشاكل التي يواجهها العاملون في محلات التجارة والمطاعم والفنادق والمهن التي تختلف أوقات عملها عن الإدارات ويتعين على شبكات المترو والقطارات والحافلات استيعاب 7 ملايين مسافر إضافي، ونقل إذ قرابة 15 مليون متفرج، واستغلت شركة النقل في باريس لرفع أسعار التذاكر من 2,15 يورو إلى أربعة يورو للتذكرة الواحدة، بداية من 20 تموز/يوليو 2024، فضلا عن إغلاق العديد من محطات المترو في العاصمة وإلغاء مرور الحافلات في بعض المناطق، وحَظْر مرور المشاة والدراجات والسيارات وحظْر زيارة أهم المعالم السياحية في باريس…
الطاهر المعز
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Laure Lemaire- L’Ukraine n’intéresse plus personne

Cet article est réalisé à partir de celui de
Joël Périchaud, Secrétaire national du PARDEM aux relations internationales
et de celui de IN GIRUM IMUS NOCTE ET CONSUMIMUR IGNI
L’Ukraine est un produit de moins en moins vendeur. Même l’opinion occidentale est lassée. Et les perspectives pour ce pays sont très sombres. Depuis l’attentat contre Trump, il est assez évident que les Etats-Unis vont doucement laisser tomber ce pays qu’ils ont poussé à la guerre. Remontons dans le temps pour comprendre1945 : Recyclage des Nazis
Dès 1945, l’ancêtre de la CIA, l’Office of Strategic Services (OSS – service de renseignement en temps de guerre, créé par F. D. Roosevelt après Pearl Harbor), recrute des nazis allemands et leurs collaborateurs ukrainiens. L’un des plus connus est Reinhard Gehlen, chef du service des renseignements à l’Est, promu Général du IIIe Reich à 42 ans, fondateur et chef du Bundesnachrichtendienst (BND – services de renseignements ouest-allemands) jusqu’en 1968. Il met son réseau d’agents en Europe de l’Est au service des USA, évitant ainsi la peine de mort. Notons que Gehlen а intégré dans ses troupes une ribambelle de criminels nazis. Tous ses “employés” recevaient une nouvelle identité. Parmi les plus connus, Alois Brunner, proche d’Adolf Eichmann, et Klaus Barbie, ancien chef de la Gestapo à Lyon. La CIA elle-même estime que les anciens membres du NSDAP ( Parti national-socialiste des travailleurs allemands, le parti d’Hitler), du SD (service de la sécurité du Reichsführer-SS) de la Gestapo (acronyme de Geheime Staatspolizei – Police secrète d’État) et des officiers de la SS représentaient 28% du personnel…
L’Ukrainien Stepan Bandera, l’un des dirigeants de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), chef de file de la fasciste Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN-B), qui collabore avec l’Allemagne nazie en créant la Légion ukrainienne sous commandement de la Wehrmacht, rejoint Gehlen en Allemagne et, avec son organisation, mène une guerre sanglante contre l’URSS en Ukraine, alors territoire soviétique. Finalement l’URSS l’emporte et Bandera est assassiné en 1959. La situation se stabilise jusqu’en 1991.1991: Chute de l’Union Soviétique
Le démembrement de l’URSS en décembre 1991, donne naissance à une Ukraine indépendante, reconnue par la Russie et avec laquelle elle entretient de bonnes relations économiques. Entre autres accords, la Russie vend du gaz à l’Ukraine et lui verse des droits pour le gaz russe qui transite par l’Ukraine vers d’autres pays. La Crimée, qui a obtenu en 1991 le statut de République autonome, au sein de l’Ukraine indépendante (Sébastopol devenant une ville à statut spécial), reste aux mains de l’Ukraine, malgré le référendum (caduc) de janvier 1991 favorable au maintien dans l’URSS. La Russie conserve, par traité, la base navale de Sébastopol, essentielle pour sa défense en mer Noire.
Mais, le processus enclenché en 1991 se poursuit par une politique états-unienne de mainmise sur les « pays de l’Est », ex-membres du bloc soviétique, grâce à l’OTAN fondée en 1949. Malgré la chute du mur et la disparition de l’URSS, elle est maintenue comme instrument de contrôle de l’Europe et d’intervention militaire. Ce fut le cas lors du bombardement de la Serbie (Opération Force alliée 23 mars-10 juin 1999), et en Afghanistan de 2003 à 2021, puis en Libye en 2011.
Qui sait ou se souvient, qu’en 2000 la Russie avait envisagé, pour sa sécurité, d’intégrer l’OTAN ? Mais celle-ci, demeurant une alliance militaire antirusse sous la direction des USA, refuse l’adhésion de la Russie tout en continuant son expansion militaire vers les frontières de la Russie par l’intégration des ex-pays du Pacte de Varsovie. L’OTAN prend ainsi un caractère menaçant pour la Russie. En 1999, la Pologne, la Tchéquie et la Hongrie entrent dans l’OTAN. En 2004, c’est au tour des 3 pays baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie), de la Slovaquie, de la Slovénie, de la Roumanie et de la Bulgarie. Celle de l’Ukraine dans “l’Alliance” serait pour l’OTAN le bon moyen d’accéder à toute la frontière sud de la Russie. « Arracher » Sébastopol de la Russie permettrait de mettre en péril ses voies maritimes de la mer Noire et neutraliserait ses capacités balistiques de riposte par l’installation de missiles états-uniens, à quelques minutes de Moscou. Inacceptable pour n’importe quel État souverain !

2004 : La révolution orange
Le 21 novembre 2004, jour du 2° tour de l’élection présidentielle en Ukraine et de la victoire de Viktor Ianoukovytch, débutent des manifestations soutenues par les États-Unis. C’est la “révolution orange”, déclenchée pour effectuer un changement de régime, véritable coup d’État pour faire basculer l’Ukraine dans le camp occidental. En effet, il est établi que ces manifestations ont été organisées par 2 groupuscules, Znayu et Pora, grâce au financement de la National Endowment for Democracy (NED) faux-nez de la CIA ; de la United States Agency for International Development (USAID), agence officielle du gouvernement des États-Unis ; de la Westminster Foundation for Democracy (fondation britannique financée par le bureau des affaires étrangères et du Commonwealth (ou Foreign Office) et de Freedom House, ONG historiquement liée à la WACL (Ligue anticommuniste mondiale, rebaptisée en 1990, Ligue mondiale pour la liberté et la démocratie) ; du mouvement Resistance International, ainsi qu’à des organisations gouvernementales telles que la RFE/RL ( station de radio et groupe de communication privé financés par le Congrès des États-Unis), et la CIA, chargée de fournir et d’analyser des “informations”, soit d’espionner les gouvernements, les entreprises et les individus de tous les pays du monde pour le gouvernement américain et conduire des opérations clandestines à l’étranger.
Rappelons que les groupuscules Znayu et Pora ont des liens avérés avec le mouvement Otpor qui avait réussi à faire chuter l’ex-président serbe Slobodan Milošević (juillet 2000 ) et était déjà impliqué dans la “révolution des roses” géorgienne de novembre 2003, ainsi que dans les tentatives de renversement du régime biélorusse (2001 et 2004). Ne passons pas sous silence les financements des organisations comme le Konrad Adenauer Institut, proche de l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU) d’Angela Merkel, de l’Open Society Institute du milliardaire George Soros, du National Democratic Institute for International Affairs, think tank du Parti démocrate américain…
En appui des “révolutions colorées”, le pouvoir de la Géorgie, située dans la zone sensible au sud de la Russie, installé à Tbilissi par la “révolution des roses” de 2003, réclame d’intégration de l’OTAN, dont l’expansion se poursuit dans les Balkans en 2009, 2017 et 2020. Elle passe de 12 membres fondateurs en 1949 à 16 en 1990, puis à 31 en 2020. Aussitôt admis, ces pays voient s’ouvrir sur leur sol, des bases militaires de facto étasuniennes.

2007: Poutine au pouvoir
L’État “libéral” russe n’est que le remplacement de l’État soviétique par la jungle des oligarques, du grand banditisme et du capital étranger. Copier l’Occident et intégrer la mondialisation US seront vus pour ce qu’ils sont : un miroir aux alouettes. Ces désastres stratégiques, politiques, économiques et sociaux russes expliquent l’émergence de Vladimir Poutine sur la scène politique. Car s’il est à l’époque “occidentalisant” comme les autres dirigeants post-soviétiques, il doit, comme des millions de Russes, se rendre à l’évidence : déchéance du pays et drames économique et social sont la réalité. Toute sa politique consiste alors à restaurer l’État et à remettre la Russie sur pied (2004). Son succès sur tous ces plans lui vaut sa popularité en Russie et la détestation profonde, viscérale, de l’impérialisme étasunien et de ses affidés européens qui ne peuvent admettre qu’un pays défende sa souveraineté et ses intérêts. Pour les USA et l’UE, le « Far Ouest russe », faible et corrompu de l’ivrogne Eltsine était bien plus profitable.
L’avancée de la pieuvre otanienne alarme la Russie qui multiplie alors les appels à l’Occident. Elle demande à être écoutée, qu’il soit tenu compte de ses besoins de sécurité, que lui soit reconnu le droit de penser en termes de sécurité collective et pour tous, etc. En février 2007, à Munich, Poutine prononce un discours, devenu une référence. Il critique l’unilatéralisme étasunien et rappelle que la souveraineté des États et le droit international sont bafoués par « l’unique superpuissance » . Rien n’y fait. Les États-Unis continuent à entretenir le mythe du pays “exceptionnel » et “indispensable ». La « fin de l’histoire » avec la mondialisation serait le bonheur des peuples, la disparition des autres États souverains serait le seul horizon de l’humanité, etc. Avançant inexorablement, intervenant partout dans le monde sous des prétextes discutables, voire inventés (guerre contre le terrorisme, défense des droits humains et de la démocratie, lutte contre un dictateur), les États-Unis veulent absorber le monde entier dans leur impérialisme planétaire… La Russie ne serait qu’une variable négligeable à acculer dans ses derniers retranchements
2008 : Crise financière et conflit en Géorgie
En 2008, la crise financière et économique , générée par les États-Unis, touche tout le monde . En même temps, les économies “dirigées“ de la Chine et de pays du Sud, montrent leur dynamisme. Le modèle néolibéral n’est plus unique.
Rappelons que Saakachvili (président de 2004 à 2012) avait “ouvert” l’économie géorgienne au capitaux américains et “européens”, mis en œuvre une politique pro-occidentale et demandé l’adhésion de la Géorgie à l’OTAN…Sur le plan stratégique, la Russie (Dmitri Medvedev) réagit pour la 1° fois militairement, le 8 août 2008, après que ses troupes aient été attaquées par le pouvoir géorgien issu de la “révolution des roses” de novembre 2003. Saakachvili avait décidé d’un assaut sur Tskhinvali, la capitale de l’Ossétie du Sud, visant les points stratégiques défendus par un bataillon russe. Cette « guerre » se solda par un échec cuisant du gouvernement géorgien. Ce fut la 1° véritable réaction de la Russie face aux brimades internationales qu’elle subit et signale la détermination de la Russie à protéger ses frontières en metant un coup d’arrêt aux projets de l’OTAN.
Pourtant, la Russie pratique une diplomatie classique, alors qu’elle est traînée publiquement dans la boue par les gouvernements étasuniens et de l’UE à jet continu et sur tous les sujets. Sergei Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères parle encore de « nos partenaires occidentaux ». Dans les faits, elle ne sera jamais acceptée dans le “camp occidental” car elle refuse de renoncer à sa souveraineté. C’est cela qui en fait une “bête noire” pour le monde unipolaire voulu par les USA, mais aussi un exemple pour d’autres pays attachés à leur indépendance nationale. Le rejet de la Russie depuis 1990, formalisé par l’Occident depuis le début des années 2010 a ouvert la phase actuelle qui a abouti à l’affrontement militaire en Ukraine.
L’OTAN et ses djiadistes en Lybie, Syrie, Irak
L’OTAN attaque la Serbie en 1999, sans mandat de l’ONU, s’installe en Afghanistan en 2001 et militarise les réactionnaires ”révolutions colorées”. Puis, en 2011, en profitant dans les révoltes arabes, l’OTAN, abat directement les régimes des pays arabes qui échappaient encore à leur emprise, dont la Libye en détournant le mandat accordé par le Conseil de sécurité de l’ONU. La Russie qui, comme les autres membres, a voté pour un mandat de protection des populations, se rend compte de la supercherie : le mandat initial est transformé par l’OTAN en feu vert pour renverser le régime et assassiner Muammar Kadhafi (à la grande joie de Nicolas Sarkosy). La Russie prend conscience qu’elle a été instrumentalisée et que la résolution votée donnait une couverture juridique aux interventions impériales occidentales.
Une coalition (États-Unis, Grande-Bretagne, France, Turquie, Arabie saoudite, Qatar, Israël) déclenche une guerre pour effectuer un changement de régime en Syrie. Non, les “Occidentaux” ne veulent pas détrôner le “tyran” Bachar el-Assad mais attaquer un allié de la Russie.Le 22 mai 2014, à l’ONU, la Russie et la Chine usent de leur veto pour empêcher le Conseil de sécurité d’avaliser une attaque aérienne, mais la guerre aura quand même lieu. Tirant la leçon de leur échec à contrôler l’Irak depuis 2003, ils choisissent de mener les futures guerres par procuration, d’envoyer “au casse-pipe” des supplétifs disponibles pour faire le sale boulot. En Syrie, la mission sera confiée aux djihadistes sur le modèle employé en Tchétchénie contre la Russie en 1990. Dans ce scénario étasunien, l’installation de djihadistes à Damas devait mettre le feu à toute la région, et s’étendre à la Russie par le biais de manipulations de ses populations musulmanes appelleraient leurs parrains étasuniens à effectuer des bombardements. Un scénario connu. C’est ainsi qu’ en 2013, une attaque chimique, sous faux drapeau, avait été montée de toute pièce pour provoquer une intervention US. Mais le peuple étasunien fait hésiter Obama qui saisissant la porte offerte par V. Poutine, renonce à cette attaque. Mais les USA provoquèrent alors, à partir de novembre 2013, les manifestations de Maïdan à Kiev. L’encerclement de la Russie à l’Ouest et dans les Balkans n’a pas pu se compléter par le volet Sud, mais les conflits générés par les États-unis en Syrie et en Ukraine ciblent tous la Russie.

Kyiv, Ukraine. Events of February 18, 2014. Début 2014 : le coup d’Etat de Maidan
Des agitateurs du groupe Pravyï sektor font dégénérer les manifestations en violence. Il faut un bon prétexte pour que l’appel occidental à renverser un pouvoir légitime soit admis. Donc pour que le sang coule, des snipers embusqués ouvrent donc le feu depuis l’Hôtel “Ukraina” et abattent autant de manifestants que de membres des forces de l’ordre, pour les inciter à s’entretuer, pendant que l’accord franco-germano-polonais du 21 février 2014 pour une transition pacifique du pouvoir avec le président ukrainien légitime Viktor Ianoukovytch est saboté par les États-Unis quelques heures plus tard, en utilisant des néonazis bandéristes qui remplissent le rôle des djihadistes de Syrie. Le 22 février, le gouvernement élu est renversé mettant au pouvoir des ultranationalistes russophobes soutenus par les “bandéristes”.
Les faits sont désormais avérés : sur place, la représentante du gouvernement des Etats-Unis, Victoria Nuland, sélectionne elle-même les membres du nouveau gouvernement putschiste. Elle révélera plus tard que l’organisation du coup d’État de Maïdan a coûté 5 milliards de dollars aux États-Unis tandis que notre dit philosophe national, BHL soutient les manifestations populaires à Kiev au nom de la liberté, saluant son appétit La démocratie, revigorant pour l’Union européenne ! L’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN est à l’ordre du jour avec le tournant vers le conflit armé contre la Russie est effectué.
Les milices d’extrême-droite, dont le groupe Azov , ont les mains libres et seront intégrées à l’armée ukrainienne.Mai 2014 : La guerre interne et les accords de Minsk
Immédiatement, débute la guerre contre les russophones ukrainiens, marquée par le massacre d’Odessa, le 2 mai 2014, l’interdiction de la langue russe et un conflit armé contre les populations des régions (oblast) du Donbass qui résistent à la dé-russification et se battent pour la sécession. + de 14 000 civils sont tués entre 2014 et 2022 dans les bombardements quotidiens de l’armée ukrainienne. Les russophones de l’Est de l’Ukraine réclament l’unification avec la Russie qui donne d’abord la priorité à sa sécurité, en conservant sa base navale de Sébastopol, en annexant la Crimée (très majoritairement russophone et pro-réunification). Dans un 1° temps, la Russie veut le maintien de l’intégralité de l’État ukrainien et ne reconnaît donc pas les républiques sécessionnistes de Donetsk et de Lougansk. Mais elle s’efforce de trouver une solution qui protège les droits des russophones (langue, autonomie administrative) sans les soustraire à l’Ukraine. Les accords de Minsk I (septembre 2014) et Minsk II (février 2015), signés par l’Ukraine, la Russie, garantis par la France et l’Allemagne, ne seront jamais respectés, et même instrumentalisés par la chancelière allemande Angela Merkel : « les Accords de Minsk ont permis de donner du temps à l’Ukraine pour se renforcer militairement ». Ses propos au journal Die Zeit , le 7 décembre 2022, seront confirmés par François Hollande

2021-2022 : Biden et la « Rand »
Avec l’entrée en fonction de Biden, en 2021, les manœuvres militaires autour de la Russie, les survols de bombardiers à sa frontière et les heurts navals en mer Noire, signent le passage à l’offensive du front ukrainien. L’armée ukrainienne est prête à lancer l’assaut contre le Donbass, à l’affrontement militaire. Zelensky souhaite acquérir l’arme nucléaire. Fin 2021, la Russie quitte sa réserve des années 1990-2021. Elle oppose un refus catégorique à l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN, laquelle serait suivie de l’installation de missiles étasuniens sur son flanc sud. Elle propose et soumet des traités de sécurité pour l’ensemble de l’Europe, rejetés par les Occidentaux. Un accord multilatéral basé sur le droit international ainsi rejeté signifie que les Occidentaux veulent la guerre et que la Russie n’a pas de droit à sa sécurité.
C’est ce que préconisait déjà la Rand Corporation (think tank US au service de la décision politique et économique) dans un rapport de 2019. La “Rand” y recommandait une escalade des pressions contre la Russie afin de l’obliger à réagir pour son autodéfense par une opération militaire en Ukraine dans le but de permettre aux États-Unis de détruire la Russie économiquement par des “sanctions”, l’exclusion du système Swift et la rupture des exportations de gaz vers l’Europe. Ce scénario diabolique et guerrier a été suivi à la lettre.
2022, tout est en place pour que la Russie assure elle-même sa sécurité en obligeant l’Ukraine à renoncer à une adhésion à l’OTAN et cesse le massacre des civils du Donbass. A seule fin “d’appuyer” sa demande de signature d’un traité de neutralité de l’Ukraine, la Russie n’envisage qu’une intervention limitée (opération militaire spéciale). En effet, il lui suffirait que l’Ukraine ne soit pas hostile et ne mette pas son territoire à la disposition de l’OTAN, ses ennemis occidentaux. Elle n’envisage donc pas une “vraie” guerre et surtout pas la conquête de l’Ukraine. Mais elle fait face à un Occident décidé à lancer les Ukrainiens au combat, pensant que la Russie s’écroulera rapidement économiquement et militairement. Le 24 février 2022 est la dernière étape de la guerre engagée en 2014.
Au contraire, la Russie se porte mieux qu’avant les “sanctions” et possède un armement de qualité en quantité. Les États-Unis combattent aujourd’hui la Russie par Ukrainiens interposés, c’est la guerre par procuration qu’elle est en train de perdre.
Le groupe USA-OTAN-UE-Kiev n’admet pas la réalité, il y a donc une guerre “de haute intensité” sur le territoire de l’UE. Non dans l’espoir que l’Ukraine puisse l’emporter militairement mais pour provoquer une “révolution de couleur” à Moscou et pour y installer un paillasson de l’Occident. Et ce, quoiqu’il en coûte en sang ukrainien, russe et de citoyens de pays européens. Tandis que les multinationales sont déjà prêtes à envahir l’Ukraine à la fin du conflit armé, les populations restent soumises aux drames et dégâts de la guerre. Malgré la série ininterrompue de défaites des forces de Kiev depuis 2022, la destruction des armes occidentales sur le champ de bataille et l’état exsangue de l’Ukraine, la stratégie occidentale n’est pas un échec pour les multinationales et les marchands de canons. Les puissances capitalistes occidentales se sont déjà réparties les lambeaux de l’Ukraine.
Aujourd’hui, la voie rationnelle d’une résolution diplomatique n’est pas envisagée car les enjeux véritables pour l’Occident sont d’ordres mondiaux (sa perte de domination politique et économique) et ont toujours dépassé l’Ukraine. Mais du côté des peuples, à qui personne ne demande leur avis, une guerre est un drame.

Le dernier sommet de l’OTAN qui s’est tenu aux Etats-Unis du 9 au 11 juillet 2024 a été très décevant pour Zelensky. Si on a répété le catéchisme selon lequel l’OTAN soutiendrait l’Ukraine jusqu’au bout, et qu’elle allait un jour intégrer l’OTAN, rien n’a été acté. Le général Pat Ryder, porte-parole du Pentagone, dans un entretien accordé à Voice of America a dit :
« Nous avons récemment autorisé l’utilisation de munitions américaines de l’autre côté de la frontière pour des tirs de représailles et des frappes défensives (…). Mais notre politique concernant la longue portée n’a pas changé. Je pense qu’il est important de comprendre que nous ne voulons pas voir des conséquences inattendues, une escalade qui pourrait transformer ce conflit en un affrontement plus large qui dépasserait les frontières de l’Ukraine ».
C’était une manière de rappeler qui est le maitre du conflit en Occident, et de dire qu’au fond les Ukrainiens doivent faire ce qu’on leur dit et non pas avoir d’idées personnelles en matière de stratégie militaire. Les Etats-Unis comme souvent tiennent un double langage, d’un côté ils autorise les Ukrainiens à frapper la Russie sur son territoire, et tous les jours, il y a des civils tués du coté de Belgorod ou en Crimée, et de l’autre, ils mettent en garde contre les risques d’escalade. Mais l’escalade se fait pourtant, juste le temps que l’opinion publique occidentale s’habitue aux livraisons d’armes de plus en plus destinées à frapper la Russie et non à défendre l’Ukraine. Ce qui semble vouloir dire que les perspectives de la politique américaine en Ukraine sont à court terme.
Sur le terrain, tout le monde le dit, même le journal atlantiste Le monde, l’armée ukrainienne n’a pas les moyens de continuer à subir la guerre. Ils n’ont pas assez d’armement, et ils n’ont pas assez de soldats à envoyer au casse-pipe. Les Russes sont en passe de consolider leurs positions dans les territoires annexés. Les Ukrainiens qui se trouvent près du front en ont assez, et bien sûr les soldats qui subissent de lourdes pertes. Dans le Donbass ,les cimetières sont pleins. Les élections du mois de mars, ont été repoussées donc le gouvernement ukrainien est frappé d’illégalité. La cote de popularité de 80% de Zelensky est tombée à 44%. C’est la conséquence des saignées terribles que ce petit pays a subies et des campagnes sauvages de recrutement pour le front qui sont un vrai probléme. Si Zelensky a encore le soutien apparent de l’Occident, le soutien du peuple commence à lui faire défaut. Les Ukrainiens sont de plus en plus nombreux à réclamer des négociations directes avec la Russie pour mettre un terme au conflit. Selon un sondage réalisé pour le site d’information ukrainien ZN.ua, publié le 15 juillet , 44 % des Ukrainiens jugent le moment venu de négocier avec la Fédération de Russie et 35 % sont d’un avis contraire. Ils ont été victimes de la propagande, qui, jusqu’à la contre-offensive de l’été dernier, leur laissait croire qu’ils pouvaient gagner la guerre. Ils ont trop fait confiance à l’Occident et à son soutien illimité. Cela pourrait expliquer pour partie le retournement de Zelensky après le fiasco de la conférence sur la paix organisée en Suisse sans la Russie; le 16 juillet, il commençait à envisager les négociations avec la Russie. Pour l’instant, il en reste au 3 points déjà évoqués: la sécurité énergétique, la navigation sur la mer noire et l’échange de prisonniers. Les Russes, en position de force sur le terrain, ont répondu qu’ils attendaient de voir le contenu de ces négociations et sous quelle égide elles se dérouleraient. Ils ne semblent guère disposés à aller au-delà de l’échange de prisonniers, sachant pertinemment que la reconstruction des infrastructures énergétiques permettrait aux Ukrainiens de souffler un peu pour continuer la guerre et que la navigation sur la Mer Noire faciliterait des attaques à partir de bateaux navigants sous faux pavillons, ou encore le guidage des missiles vers le territoire russe.

Les prochains mois « seront très difficiles » pour le président ukrainien, juge le maire de Kiev, Vitali Klitschko, dans un entretien accordé au Corriere della Sera le 16 juillet. « Doit-il poursuivre la guerre au prix de nouveaux morts et de nouvelles destructions, ou envisager un compromis territorial avec Poutine ? », s’interroge l’ancien boxeur. « Et comment pouvons-nous expliquer au pays que nous devons abandonner des parties de notre territoire qui ont coûté la vie à des milliers de nos héroïques combattants ? », poursuit-il, jugeant qu’un référendum serait nécessaire en pareil cas. « Quelle que soit sa démarche, notre président risque le suicide politique », estime son adversaire, le maire de la capitale qui plaide en faveur de la formation d’un gouvernement d’union nationale.« Soyons clairs, nous devons gagner la guerre, mais la situation devient de plus en plus compliquée, elle dépend de l’aide qui provient des alliés, ce serait un cauchemar si nous devions nous battre encore 2 ans », ajoute Vitali Klitschko qui semble réclamer l’éviction de Zelensky, quitte à changer de stratégie et à négocier quand on peut encore limiter les dégâts. Et s’il s’en va, il sera plus facile pour les Ukrainiens de négocier avec les Russes, avançant que c’est bien Zelensky et non tous les Ukrainiens qui est responsable de cette catastrophe.
C’est dans ce contexte d’effondrement programmé que Viktor Orban a pris la présidence tournante de l’Union européenne pour les 6 mois à venir. Il a rencontré des acteurs majeurs, d’abord Vladimir Poutine, puis le président chinois, et enfin Trump, en marge du sommet de l’OTAN. Les tenants d’une guerre longue avec la Russie l’ont dénoncé, disant qu’il outrepassait ses droits en s’avançant sur le terrain de la diplomatie. L’Union européenne, Ursula von der Leyen, Josep Borrell et leur gang, envisagent de boycotter une réunion en Hongrie après la visite de Viktor Orban à Moscou comme mesure de rétorsion. Il n’y a pourtant aucun texte ou traité qui interdit au président de la présidence tournante de l’Union européenne de ne pas tenter d’ouvrir des discussions de paix. Gageons que cette rodomontade n’ira pas bien loin. Si la Commission européenne à des moyens financiers de chantage, la Hongrie en a aussi, la sortie de ce pays de l’Union européenne serait une catastrophe pour la cohésion de l’ensemble et une catastrophe pour l’OTAN qui s’apparenterait à une défaite. Cela met à jour des tensions qui existaient à l’état latent dans l’Europe, malgré l’esprit moutonnier de la plupart des dirigeants européens. En effet lorsqu’il y a un conflit entre 2 pays, il n’y a que 2 solutions, soit la reddition d’une partie, soit la négociation. Mais une négociation veut dire que chacune des 2 parties abandonne un aspect de ses prétentions. L’Union européenne a choisi, pour faire plaisir à l’OTAN et à Biden, un affrontement militaire dont elle n’a pas les moyens, plutôt que la négociation. Il va de soi que la Russie ne saurait renoncer à la Crimée et aux 4 oblasts conquis depuis le début de la guerre, et donc elle ne négociera que quand, sur le terrain, elle aura consolidé ses positions. De même on ne voit pas la Russie négocier autre chose que la neutralisation de l’Ukraine à sa porte. Viktor Orban est le dernier dirigeant de l’Union européenne qui a quelque crédibilité pour jouer les intercesseurs entre Poutine et Kiev, pourquoi s’en priver, comme le suggère Ursula von der Leyen ? Cette dernière a été réélue à la tête de la Commission européenne par un parlement européen inconscient, car elle va avoir 2 problèmes (en dehors de ses problèmes judiciaires avec la gabegie des vaccins Pfizer)

le 1° est qu’elle rend l’Union européenne incapable d’avoir un dialogue avec la Russie, et que cela pourra mener certains pays à s’affranchir de la tutelle de la Commission européenne sur le plan diplomatique.
Le 2° est qu’elle aura des problèmes avec l’administration Trump s’il est élu. Et cela comptera dans le financement de la guerre en Ukraine, comme dans le financement de l’OTAN. Le 21 juillet 2024 on apprenait que Biden renonçait à la course à la Maison Blanche, cette sage décision rend en réalité les choses un peu plus difficiles pour Trump.
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لطاهر المعز – عرض كتاب : إندونيسيا – تكريمًا للشّهداء والمناضلين من أجل العدالة والمُساواة

عرض كتاب : إندونيسيا – تكريمًا للشّهداء والمناضلين من أجل العدالة والمُساواة : الطاهر المعز
» طريقة – أو مَنْهَج – جاكرتا، حملة واشنطن الصليبية ضد الشيوعية وبرنامج القتل الجماعي الذي شكل عالمنا » – تأليف فنسنت بيفينز- نشر (إينودي – 2021)“The Jakarta Way, Washington’s Crusade Against Communism and the Mass Murder Program That Shaped Our World” – by Vincent Bivins – Published (Einaudi – 2021)
فنسنت بيفينز صحفي حائز على جوائز. كان يكتب لصحيفة فايننشال تايمز في لندن، ثم عمل كمراسل لصحيفة لوس أنجلوس تايمز في البرازيل، قبل أن يغطي جنوب شرق آسيا لصحيفة واشنطن بوست، وصدر كتابه الأول، « طريقة جاكرتا »، سنة 2020، وهو يعيش حاليا في مدينة ساو باولو بالبرازيل.اعتمد – عند إعداد الكتاب – على خبرته كصحافي استقصائي، باستخدام الوثائق التي رفعت عنها السرية، والبحوث والدّراسات التي انطلقت من الأرشيف، فضلا عن تقرير وكالة الإستخبارات الأمريكية الذي يعود تاريخه إلى 1968 (وكالة المخابرات المركزية – مديرية الاستخبارات- : « إندونيسيا 1965: الانقلاب الذي جاء بنتائج عكسية ، كانون الأول/ديسمبر 1968″ ) وشهادات شهود العيان التي تم جَمَعَهَا الباحثون عبر اثنتي عشرة دولة للكشف عن الإجرام الإمبريالي الأمريكي العابر للقارات، لتحويل حركات التّحرّر في البلدان حديثة الإستقلال إلى نظام حُكْم يقوم بمهام وكيل للنظام الرأسمالي الذي تقوده الولايات المتحدة، في إطار حرب باردة تقودها الولايات المتحدة ضد كل ما تعتبره شُيُوعيًّا، ويندرج « أسلوب » أو « طريقة » جاكرتا ضمن هذه الحرب التي جعلت من الإبادة الوحشية لليساريين العزل جزءاً أساسياً من المعركة التي أدّت إلى انتصار واشنطن في الحرب الباردة وهو الإنتصار الذي اعتبره البعض نهائيّا، بل نهاية التّاريخ، ويُفَنّد هذا الكتاب الرواية الرّسمية الأمريكية والإمبريالية لتاريخ تطور وانتشار الرأسمالية في البلدان « النّامية » بعد الحرب العالمية الثانية.
يتضمّن هذا المقال عرضًا لكتاب فنسنت بيفينز، ويُشكل التّطرّق إلى محتوى الكتاب فُرصة أخرى (سبق أن كتَبْتُ عن هذا الحدث سابقًا) لتحليل الظّروف والأحداث التي سبقت ورافَقَت ولَحِقت المجزرة، أي الحدث ومُقدّماته ونتائجه، والتّوسّع في البحث ليشمل مصادر أخرى…
صرّح رئيس وزراء أستراليا سنة 1966 – هارولد هولت – لصحيفة نيويورك تايمز ( تموز/يوليو 1966): “بعد القضاء على ما يتراوح بين خمسمائة ألف ومليون متعاطفًا مع الشيوعية، يمكننا الإعتقاد بإعادة توجيه للبلاد” ( نحو الغرب).
أما منظمة العفو الدّولية فقد لخّصت – بعد خمسة عُقُود – ( سنة 2016) الأحداث كما يلي:
« في الأول من تشرين الأول/أكتوبر 1965، وقعت محاولة انقلاب مزعومة في جاكرتا بإندونيسيا، لمّا حاولت مجموعة صغيرة من العسكريين الاستيلاء على السلطة وقتل ستة من جنرالات الجيش… لم يتم تحديد ما حدث على وجه التحديد ومن المسؤول حقًا. سحق الجنرال سوهارتو محاولة الانقلاب المحتملة في غضون أيام وألقى باللوم على الحزب الشيوعي الإندونيسي (PKI) في تدبير محاولة الانقلاب، وتم تنفيذ حملة قمع وانتهاكات حقوق الإنسان ضد كل من يعتبرون أعضاء في الحزب الشيوعي الإندونيسي والمتعاطفين المشتبه بهم… » (انتهى الإقتباس)
قدّرت المنظمة، وفقًا لشهادات مختلفة، عدد الضحايا بما لا يقل عن نصف مليون حالة وفاة، إذ استمرت عمليات القتل والاعتقال والتعذيب والاختفاء لعدة سنوات، واستمر الاحتجاز التعسفي والعمل القسري لأكثر من عشر سنوات، ولا يزال التمييز مُستمرًا، بعد خمسين عامًا (عند نشر التّقرير)، ونشرت منظمة العفو الدولية الوثائق الأصلية التي بحَثَتْها وحلَّلَتْها واستَخْدَمَتْها في أنشطتها لدعم سجناء الرأي، وندّدت بالمحاكمات غير العادلة، وعقوبة الإعدام، والعمل القسري، وانتهاكات حقوق الإنسان وتقتصر المعلومات الموجودة على الوثائق المُتعلقة بمجازر الفترة الممتدة بين 1965 و 1967
الوقائع
حدث الإنقلاب خلال آخر ليلة من شهر أيلول/سبتمبر وبدأت عمليات الإغتيال السياسي المُنَظّم لنحو مليون مواطن يوم الأول من تشرين الأول/أكتوبر 1965 واستمرت حتى سنة 1968 وبلغت ذروتها خلال الأشهر الست اللاحقة للإنقلاب، وقد يصل عدد القتلى إلى قرابة ثلاثة ملايين، بحسب شهادات تم جَمْعُها بعد حوالي خمسة عُقُود، وبعد الإفراج عن وثائق أمريكية وإندونيسية كانت تشملها السّريّة، وترافقت عمليات الإغتيال مع حملة اعتقالات واسعة شملت مئات الآلاف المواطنين الذين تم حَشْرُهُم في سجون مخصصة لهذا الأمر، وبقي قرابة عشرين ألفًا في السجون والمُحْتَشَدات حتى سنة 1979، ولم تقتصر عمليات الإغتيال والسجن والتعذيب على مناضلي الحزب الشيوعي، ثالث أكبر حزب شيوعي عالمي وأكبر حزب غير مُمْسِك بالسّلطة، بل شملت الأنصار والمتعاطفين وأُسَرهم والجناح اليساري للحزب الوطني الإندونيسي والتنظيمات الجماهيرية المتحالفة مع الحزبَيْن والأحزاب اليسارية الصغيرة مثل حزب إندونيسيا “بارتيندو” وحركة الشيوعيين الشباب “اكوما”، وكان الحزب الشيوعي الإندونيسي هو أكبر تلك القوى وأكثرها نموًا، فقد ازداد عدد داعميه وأعضائه من عشرات الآلاف في بداية الخمسينيات، بعد مُشاركته النّشطة في المقاومة من أجل استقلال البلاد ( حتى سنة 1945) إلى ما يزيد عن عشرين مليون شخصًا تقريبًا سنة 1965 حين كان عدد الإندونيسيين الذين لهم حق الاقتراع يتراوح ما بين 35 و 40 مليونًا تقريبًا، واستفاد الحزب الوطني الإندونيسي ( حزب الرئيس أحمد سوكارنو الحاكم منذ استقلال البلاد سنة 1945) من تحالفه مع الحزب الشيوعي بداية من سنة 1960، فاجتذب العديد من الوطنيين اليساريين غير الشيوعيين وأصبح سوكارنو ( بعد مؤتمر باندونغ – 1955) يدعو إلى « اشتراكية مَحَلِّيّة » وإلى تحالف دولي للبلدان حديثة الإستقلال بالتحالف مع القوى التقدّمية والإشتراكية، وكان الحزب الشيوعي يقود حملة ( تضُمّ قوى يسارية أخرى) ضد الفساد وسوء التصرف في شركات القطاع العام، حيث كان الضُّبّاط يُشرفون على إدارتها، وطالب الحزب الشيوعي بتمثيل العمال في مجالس الإدارة وتحديد ملكية الأرض الزراعية وتوزيع الأراضي على الفلاحين الفُقراء وسُكّان الريف الذين يُشكلون أغلبية السّكّان، وكان أحمد سوكارنو والجناح اليساري من حزبه (الحزب الوطني) يدعم هذه المطالب، لكن الجيش كان يُعارض كل مقترحات الحزب الشيوعي، وهو حزب قانوني له مُستشارون بلديون في المدن الرئيسية للبلاد، منذ انتخابات 1957، وساهم بنضالات أعضائه في استقلال البلاد ةكذلك في حصول بعض المكتسبات الدّيمقراطية والسياسية للنساء والعُمّال، رغم المعارضة الشديدة للأحزاب اليمينية ومجموعات الدّين السياسي ( الإسلامية والمسيحية)، ووافق سوكارنو على تعيين أعضاء الحزب الشيوعي في بعض الوزارات ومناصب أخرى…
أرادت الإمبريالية الأمريكية وضع حدّ لتجربة التحالف بين قوى وطنية وشيوعية في أكبر بلد إسلامي، في منطقة آسيا، خوفًا من « العَدْوَى » الصينية، حيث يحكم حزبٌ شيوعيٌّ أكبرَ دولةٍ آسيويةٍ ( الصين)، واعتمدت الولايات المتحدة على مجموعة من الضّبّاط الموالين للإستخبارات الأمريكية، بقيادة الجنرال محمد سوهارتو الذي عَزَلَ “سوكارنو” ووزارته، خلال انقلاب 1965، وانطلقت الحملة الدّعائية ضدّ الحزب الشيوعي واليسار الإندونيسي والتي كانت ترافق عمليات القتل الجماعي والإرهاب الذي تُنفذه مليشيات إرهابية – بإشراف مُباشر من ضُبّاط الجيش – تأتمر بأوامر زعماء الدّين السياسي والملاك العقاريين ( الأراضي الفلاحية)، على مدار السنوات الثلاث التالية، وتم منع نشاط الحزب الشيوعي الإندونيسي واليسار، قبل الإعلان الرسمي عن اعتقال “سوكارنو »، وتم اعتقال وقَتْلُ معظم قيادات الحزب الشيوعي الإندونيسي، والحزب الوطني الإندونيسي، وحزب إندونيسيا “بارتيندو”، وحركة الشيوعيين الشباب “آكوما”، والاتحادات العمالية، ومنظمات النساء والتنظيمات الجماهيرية المتحالفة معهم، ونجا القليل من القيادات من القتل ولكنهم سُجنوا، ولم يكن الحزب الشيوعي مُتهيِّئًا للدّفاع عن وجوده ولا للعمل السّرِّي، ولم يكن مُحتاطًا لمثل هذه المُفاجآت، واستطاعت قلة من العناصر القيادية الإفلات والقيام بأنشطة سرية فعالة ضد الحكومة حتى سنة 1968، وقدّمت الولايات المتحدة الدّعم المُباشر – المالي والعسكري والإستخباراتي – للجيش الإندونيسي طيلة فترة حكم الجنرال سوهارتو الذي استمر لفترة 32 سنة، حتى سنة 1998، وباركت حكومات الولايات المتحدة وبريطانيا وهولندا (القوتان الإستعماريتان السابقتان) واليابان وأستراليا، وحكومات أخرى، عمليات القتل، واعترف عملاء وكالة الاستخبارات المركزية السابقين فيما بعد بأن سفارة الولايات المتحدة قد سَلَّمَتْ حكومة “سوهارتو” قوائم بأسماء وعناوين قيادات وأعضاء الحزب الشيوعي الإندونيسي.
1965 – من عدم الإنحياز والإصلاح الزراعي إلى التَّبَعِيّة والحَيْف الطّبقي
كان الحزب الشيوعي الإندونيسي، قُبَيْل الإنقلاب، في حالة صعود ويحظى بدعم شعبي كبير في العديد من الأوْساط (العمال وصغار الفلاحين والنساء والمُثقفين والفنانين وموظفي المدن…) وكان أقوى من الحزب الوطني الإندونيسي (حزب الرئيس أحمد سوكارنو) عدَديا وتنظيميا وانتخابيا، ولكنه لم يكن لديه مخطط بديل أو خطة طوارئ، و كان اهتمامه مُصَوّبًا نحو العمل القانوني – ما دام يُشارك في الحكومة ويُطبق جزءًا من برنامجه – ولم يكن مُهيّأً لمجابهة خصومه في الجيش والمالكين العقاريين ومنظمات ومليشيات الإسلام السياسي ذات التنظيم العسكري المُحْكَم – رغم البداية المحتشمة للتدريب العسكري لأعضائه وأنصاره من ذوي المسؤوليات القيادية والوسطى بالمنظمات الجماهيرية – ولذلك فاجأه الإنقلاب وفاجأته القسوة مما جعله ينهار، دون مقاومة تقريباً، ولم يكن متحسّبًا للدّعم الأمريكي والبريطاني الهائل للقوى الرجعية التي تهيأت لِشَلّ القدرة النضالية الهائلة للحزب الشيوعي الإندونيسي، الذي جمع نحو 27 مليون مواطن في منظماته المختلفة، من مناضلي الحزب والنقابات والشباب والمنظمة النسائية وجمعيات الفلاحين والفنانين والأدباء والصحافيين…
ارتكب الحزب الشيوعي الإندونيسي خطأ استراتيجيا كبيرا تمثّل في الإكتفاء بالعمل العلني والجماهيري، رغم إيجابياته، فقد تمكّن الحزب من إطلاق برنامج إعادة توزيع فائض الأراضي وإنشاء مجالس المصانع والمزارع بمشاركة كثيفة لمناضلي وأَنْصَار الحزب الشيوعي وهو تطبيق لقانون الإصلاح الزراعي الذي أقره البرلمان، ولكن بشكل ثوري كثّفَ تغلغل الحزب الشيوعي في أجهزة الدّولة، ويُشارك الحزب بثلاثة وزراء فقط في حكومة مكونة من ثمانين وزيرًا ونائب وزير ومناصب حكومية أخرى، لكن كان العديد من المناضلين يحتلون مناصب حساسة في جميع القطاعات، على أساس الكفاءة، وليس بفضل انتمائهم الحزبي، وكان التحالف بين القوميين والشيوعيين والمنظمات الإسلامية « المُتَنَوِّرَة » ناجحا ولم يُعرقل وجود الشيوعيين من ذوي الكفاءة والخبرة في مناصب قيادية إدارية أو في القطاع العام أو في الجيش، وكان الحزب الشيوعي يدعو إلى إنشاء « وحدات من العمال والفلاحين المسلحين » وهو المُخطّط الذي أراد وزير الدّفاع الجنرال ناسوتيون، وقيادة أركان الجيش بزعامة الجنرال ياني تخريبه وبدأ التخطيط للإنقلاب بإشراف الإستخبارات الأمريكية بداية من شهر تموز/يوليو 1965، عندما اكتشفت قيادة الجيش إن وحدات العُمّال والفلاحين التي يتم تدريبها في قاعدة حليم الجوية مُكونة من مناضلي وأنصار الحزب الشيوعي، وتفطّن أحمد سوكارنو الذي اتهم في خطابه بمناسبة العيد الوطني يوم 17 آب/أغسطس 1965 « بعض الجنرالات بعرقلة الطريق نحو الثورة الشعبية » وحَذَّرَ حلفاءه الشيوعيين من رد فعل الأغنياء، وخاصة ملاك الأراضي، ضد الإصلاح الزراعي، وافتعل هؤلاء الأثرياء بعض المعارك التي استهدفت الفئات المحرومة والنساء وغيرها من الفئات المُؤَيِّدَة للحزب الشيوعي، وخلال الإنقلاب، كان رجال الدّين المحلّيّين يُحَرِّضون على قتل كل من يعتبرونه شُيُوعيًّا، مما أدّى إلى قَتْل نحو 5% من سُكّان مدينة بالي، ولا زالت جماجم الضحايا تظهر من تحت رمال الشواطئ التي تعجّ بالسائحين الأمريكيين والأوروبيين، وفق جيفري بي روبنسون – Geoffrey B. Robinson – « الجانب المُظلم من الجَنّة – العُنف السياسي في بالي » – 1997.
أكّد تقرير مديرية الإستخبارات بوكالة المخابرات المركزية الأمريكية ( CIA ) سنة 1968 أن مذبحة الشيوعيين الإندونيسيين خلال سنتَيْ 1965-1966، شكلت واحدة من أكثر الأحداث مأساوية في القرن العشرين، ولكنها أيضًا واحدة من أكثر الأحداث التي تم تجاهلها، كما تم تجاهل الثورات الشيوعية سَنَتَيْ 1926 بقيادة الزعيم الشيوعي موسو وثورة 1948، والتي قمعتها السلطات الإستعمارية (هولندا وبريطانيا) بقسوة، وحصلت عملية التجاهل والإهمال بفعل الرقابة المُشدّدة على الأخبار والشهادات وبفعل قتل وسجن وترهيب نسبة كبيرة من المواطنين وأُسَرِهِم وتوسيع دائرة القمع الفظيع إلى كافة أطْياف اليسار والنّقابيين والمُثقّفين والنّساء، ورغم الجرائم التي حدثت في العالم منذ ذلك الحين، يظل حجم عمليات القتل استثنائياً، نظرًا لوقوعها فجأة ( بدون مُقدّمات ظاهرة) ولِقَصِر وقتها نسبياً (حوالي ستة أشهر في المجموع)، وبذلك فهو الحدث الأكثر عنفاً في الأرخبيل الإندونيسي، ورغم هبوط نسق عمليات القتل، فقد تواصلت عمليات القمع العسكري والسياسي والإجتماعي بعنف شديد حتى سنة 1968، وخصوصًا في الريف ضد صغار الفلاحين الذين استفادوا من برنامج الإصلاح الزراعي، وضدّ المناضلين التقدميين والمثقفين الثوريين والنقابيين في المدن وفق الدراسة التي نشرتها فرنسواز كايراك – بلانشارد سنة 1991، بعنوان « الجيش والسّلطة في إندونيسيا « .
شاركت منظمات الإسلام السياسي والمليشيات التي أنشأها كبار ملاك الأرض في المذابح وعمليات القتل غير المحدودة بهدف القضاء النهائي على الشيوعيين في إندونيسيا، بدعم مادي وعقائدي وسياسي وعسكري أمريكي وبريطاني، وصرّح أحد زعماء « نهضة العلماء » ( إسلام سياسي) في جاوة خلال اجتماع علني » يجب القضاء التّام على الشيوعيين بشكل منهجي، دون ترك أي فُرصة لهم للنجاة » وكتبت مجلة القوات المسلحة: « يجب الانتقام لمقتل كل جنرال بمقتل 100 ألف شيوعي » ( راجع روبرت كريب – Robert Cribb – « المذابح الإندونيسية – قرن الإبادة الجماعية : روايات شهود العيان » – نيويورك 1987 ) ولنفس المؤلف كتاب آخر بشأن نفس الموضوع، نُشر سنة 2004.
مُقدّمات الإنقلاب
كانت إندونيسيا تعيش أزمة اقتصادية خلال صيف العام 1965، مما زعزع الإستقرار السياسي، بفعل ارتفاع نسبة التّضخّم (انعكاسًا لارتفاع الأسعار) بشكل غير مسبوق وصلت نسبة 134% بنهاية سنة 1964، وارتفع عجز الميزانية ( الإنفاق أعلى من الإيرادات)، وتعرضت التجارة لضربة شديدة بسبب الحظر المفروض على المرور عبر سنغافورة (ثم ماليزيا)، وراجت شائعات في بداية آب/أغسطس 1965 عن احتمال حدوث انقلاب عسكري وشيك، وكان من شأن هذه الشائعات أن تزيد من يقظة الحزب الشيوعي وحلفائه، لكن قيادة الحزب كانت مَزْهُوّةً بقوة الشيوعيين في آسيا (الصين وإندونيسيا وماليزيا والهند…) وبصلابة التحالف مع سوكارنو الذي كان يُدافع عن أداء الحزب الشيوعي في الحكومة والقطاع العام، وكان الحزب الشيوعي الإندونيسي يكتسب المزيد من القوة والشعبية في الدّاخل وفي الخارج، رغم العُنف الإستعماري في تايلند والفلبين وفي جنوب شرقي آسيا ( فيتنام ولاوس وكمبوديا…)، وكانت الولايات المتحدة تُهيِّئُ الظروف لإنجاح الإنقلاب بعد أن وثّقت صلاتها بمئات الضّبّاط الإندونيسيّين الذي درّبهم الجيش الأمريكي، وعمومًا ورغم انتصار الحزب الشيوعي الصيني منذ 1949، ظلت الولايات المتحدة هي القوة المهيمنة عسكريا على المنطقة، بقواعدها العسكرية الضّخمة في الفلبين وتايلاند وكوريا الجنوبية واليابان، فضلا عن تورّطها المتزايد في فيتنام، واعتبرت الولايات المتحدة آنذاك (وفق الوثائق التي كانت سرية قيل أن يتم الإفراج عنها) إندونيسيا موقعًا استراتيجيا للمواجهة بين « الشرق والغرب »، ضمن المُخطّطات الأمريكية خلال الحرب الباردة، لكن نظام إندونيسيا (تحالف القوميين والشيوعيين ) طلب الخفض التّدريجي لعدد العاملين في السفارة (بما في ذلك العائلات) من 400 شخص إلى 35 في آب/أغسطس 1965.
انتشرت شائعة استعدادات « مجلس الجنرالات » الرّجعي، المتحالف مع كبار مالكي الأرض ومع الإستخبارات الأمريكية، لتنفيذ انقلاب يوم الخامس من تشرين الأول/اكتوبر 1965، وقد يكون الجيش نفسه والإعلام المُوَجَّه أمريكيا مصدر الشائعة، واتفقت مختلف الرّوايات إن بعض الضباط التقدّميين استبقوا الحدث ونفذوا انقلابًا خلال الليلة الفاصلة بين 30 أيلول/سبتمبر والأول من تشرين الأول/اكتوبر 1965، بقيادة المُقدّم أونتونغ، الضابط بالحرس الرئاسي الذي اعتمد على عدد صغير من كبار الضباط، بما في ذلك المارشال داني، لسدّ الطّريق أمام « مجلس الجنرالات » الرّجعي، وأعلن الإنقلابيون تشكيل مجلس ثورة، لا يوجد به أعضاء أو مُقرّبون من الحزب الشيوعي، ومع ذلك تم اتهام الحزب الشيوعي بتدبير الإنقلاب الذي فشل بسرعة ونجح كبار الضّبّاط المُوالين للولايات المتحدة، بقيادة الجنرال مجمد سوهارتو، مساء الأول من تشرين الأول/اكتوبر 1965، في « القضاء على الإنقلابيين واستعادة القانون والنظام » وتم إعدام بعض الضباط بسرعة ومن بينهم رئيس الأركان « ياني »، وأصيبت حفيدة الجنرال ناسوتيون، التي هربت منهم، بجروح خطيرة، وفقد سوكارنو سلطته بفعل تحالف أثرياء وأعيان الريف ( الذين تضرروا من الإصلاح الزراعي) مع منظمات الإسلام السياسي ومليشياته، ومع الجيش ومساعدته في تنفيذ المجازر، وبداية من يوم الرّابع من تشرين الأول/اكتوبر 1965، أصبح سوهارتو (قائد الإنقلاب الرجعي) يتحدّى الرئيس سوكارنو علنًا فأعلن حالة الطّوارئ واتّهم الحزب الشيوعي بارتكاب محاولة الإنقلاب الفاشلة والمشبوهة، وتم إغلاق الصحف اليومية التي اعتبرت معادية للجيش (ولن تعود صحف اليسار إلى الصُّدُور مرة أخرى)، والسيطرة على كافة وسائل الإعلام، وتم اعتقال الشيوعيين وإصدار أمر بسحق الحزب الشيوعي الذي لم تكن له مخططات بديلة، وشاركت مليشيات « نهضة العُلَماء » (إسلام سياسي متطرف في رجْعيته) في مُظاهرات مناهضة للشيوعيين وللأقليات الإثنية والدّينية تحت شعار « القضاء النّهائي على الشيوعيين » وعَمّت المُداهمات والإعتقلات والإعدامات خارج إطار القضاء وعمليات تدمير المنازل والممتلكات والعديد من الإنتهاكات مُتباينة الخُطُورة…
اليد الأمريكية غَيْر الخَفِيّة
اعتبرت مجلة تايم إن المذبحة « أفضل أخبار الغرب القادمة من آسيا منذ سنوات » ( تايم 16 تموز/يوليو 1966) وأعلن السفير الأمريكي في جاكرتا (أيار/مايو 1966) إرسال أجهزة الاتصال اللاسلكي والأدوية وبعض الأسلحة الخفيفة، فضلاً عن الدّعم السياسي الأمريكي والبريطاني المُباشر باسم « مكافحة الشيوعية »، وسرعان ما استفادت إندونيسيا – التي ألْغت قرارات التّأميم والإصلاح الزراعي – من القروض الهائلة والإستثمارات الصناعية…
لم يتم إجراء أي تحقيق جِدِّي بين سنتَيْ 1965 و 1999، إلى أن بادَرَ الكاتب التقدّمي « برامويديا أنانتا توير »، الذي كان من بين المساجين السياسيين، ضحايا انقلاب 1965 لفترة اثنتي عشر سنة، حتى سنة 1977، باقتراح إجراء تحقيق بشأن المجازر والمقابر الجماعية وجَمْع شهادات عائلات الضحايا ( المجلة الإقتصادية للشرق الأقصى – 06 أيار/مايو 1999) وحظي بدعم العديد من المثقفين في إندونيسيا وخارجها، لكنه أصبح هدفًا لهجمات وتشويهات منظمات الإسلام السياسي ومليشياتها التي تدعمها الإستخبارات الأمريكية والجيش بحكم مساهمتها في المجازر، بعد إشراف الجيش على تدريبها وتسليحها لمطاردة الشيوعيين (والإندونسيين من أصل صيني أيضًا)، والبحث في ظروف اعتقال وإعدام الأمين العام للحزب الشيوعي الإندونيسي ( عيديت ) الذي تم إلقاء القبض عليه وإعدامه من قِبَل المليشيات اليمينية المتطرفة بعد إجراءات موجزة، في منتصف تشرين الثاني/نوفمبر 1965، وقُدّر عدد القتلى بحوالي ثلث العدد الإجمالي للرجال البالغين في بعض المناطق التي كانت تُعْتَبَرُ معاقل الحزب الشيوعي، والتي صوت أهلها بكثافة لصالح المُرشّحين الشيوعيّين.
بَرّر قادة الجيش تسامحهم المُفْرِط مع مليشيات الأصولية الإسلامية ودعوات القَتْل المتكرّرة الصادرة عن قادتها المُتعصّبين، بأن الهدف كان يقتصر على اجتثاث الحزب الشيوعي والقضاء سياسيا على هذا العدوّ الرّئيسي، لكن بشكل نهائي هذه المرة (ليس كما حصل في مناسَبَتَيْن سابقَتَيْن) لكي لا يبقى مجال لعودة الشيوعيين إلى الحياة السياسية، كما حدث بعد الانتفاضة الفاشلة سنة 1926 ( تحت الإستعمار البريطاني والهولندي) أو انتفاضة ماديون سنة 1948 (سنة استقلال إندونيسيا)، وأظهرت الوثائق التي كشفت عنها فرنسواز كايراك- بلانشارد، إن وكالة الإستخبارات الأمريكية زوّدت الجيش والمليشيات اليمينية المتطرفة ( مليشيات الإسلام السياسي) بقوائم تظم أسماء الكوادر والمناضلين الشيوعيين وأماكن إقامتهم لتسهيل عملية الإبادة و »الإجتثاث »، وشجّعت الإمبريالية الأمريكية بوسائل خفية الطلاب البروتستانت والكاثوليك، والتيارات الدينية الهندوسية على النضال من أجل « استعادة النظام الإلهي والمجتمعي الذي أضر به الحزب الشيوعي الإندونيسي، من خلال القضاء الجسدي الكامل على المُلْحِدِين » خصوصًا في مناطق أتشيه وبالي حيث تم القضاء على قرى بأكملها، واستغلّت جمعية « نهضة العُلماء » (وهي حزب سياسي إسلامي) الوضع لتدمير المنافس السياسي الديني (المسلمين « الفاترين ») المُتمثل في الحزب الوطني التقدمي، وتم تدمير منازل أُسَر مسلمة ومسيحية وبوذية بدعم من الضبّاط الذي أشرفوا على أسوأ عمليات القتل، في جزيرة جاوة الغربية، على سبيل المثال، حيث ظل تأييد الحزب الشيوعي أَقلَّ أهمّيّةً من مناطق أُخْرى، وكانت الذّريعة « تصفية جميع الكُفّار »، وتمثّل دعم الجيش لمليشيات الإسلام السياسي وكبار المالكين العقاريين في تزويدها ( بفضل الهَدايا الأمريكية والبريطانية) بالأسلحة الخفيفة ووسائل الاتصال والتدريب المتسارع، فضلاً عن ضمان الإفلات من العقاب، وعلى سبيل المثال أدّت المجازر التي ارتكبتها المليشيات الإسلامية في « آتشيه » – بدون تدخّل الجيش بشكل مباشر – إلى القضاء على عائلات بأكملها، وأدّت المجازر إلى فقدان بعض المناطق نحو 20% من القوى العاملة بها، ما يُشير إلى تأثير الحزب الشيوعي الإندونيسي في أوساط الطبقة العاملة.
أعلنت لجنة رسمية شَكّلها الجيش الذي سيطر على السلطة، في وثيقة نشرتها كانون الأول/ ديسمبر 1965 (قبل نهاية المجازر بفترة طويلة)، عن 78500 قتيل وقَدَّر الدبلوماسيون الأمريكين عددهم بنحو ثلاثمائة ألف قتيل وقدّر بعض قادة الحركة الطّلاّبية العدد بنحو مليون خلال الفترة من بداية شهر تشرين الأول/اكتوبر 1965 إلى شباط/فبراير 1966 بما لا يقل عن مليون قتيل، وبعد عشر سنوات، ( سنة 1976) قدّر الأدميرال سودومو، رئيس خدمة مكافحة التجسس بالجيش، عدد قتلى انقلاب 1965 بما بين 450 ألفاً و500 ألف فيما كان الحزب الشيوعي يضم حوالي 3,5 ملايين عضو سنة 1965، وتدّعي وسائل الإعلام الأمريكية بأن نسبة الضحايا قليلة مقارنة بعدد السكان وترفض وصفها ب »الإبادة الجماعية » التي وجب إطلاقها بشكل حصري على قتل اليهود الأوروبيين في أوروبا، وقَدّرت مصادر حكومية عدد المُعتقَلين بنحو 1,5 مليون شخص بقي منهم أكثر من مائة ألف سجين سياسي في المُحتشدات سنة 1969، أما من نجا منهم من الموت والإعدام بعد محاكمات صورية امتدت لفترة فاقت عشرين سنة، فبقوا مواطنين من الدرجة الثانية مدى الحياة ومُنِعُوا من العمل في القطاع العام، ومن التسجيل في الجامعات، وامتدّ الحظْر إلى الأبناء والأَحْفاد، وفق المجلة الإقتصادية للشّرق الأقصى بتاريخ السادس من أيار/مايو 1999…
لم يتمكن الصحفيون من القيام بعملهم، لا أثناء المذابح (قام الجيش بتقييد حركتهم)، ولا بعدها، وكانت الإستخبارات الأمريكية والبريطانية قد صنعت سمعة طيبة للجنرال سوهارتو، أما الناجون من المذابح فكانوا خائفين وأخفوا خبر المجازر عن أبنائهم وأفراد عائلاتهم، حتى تاريخ إسقاط الإمبريالية لسوهارتو الذي انتهى دَوْرُهُ، سنة 1998، بذريعة إنه دكتاتوري وسارق وفاسد وارتكب مذابح في تيمور الشرقية، وتيمور هي جزيرة إندونيسية كان يحتلها البرتغال، ويشكل المسيحيون أغلبية السّكّان (تم تنصيرهم من قِبَل الإستعمار) وتم تقسيم الجزيرة إلى جزأَيْن…
تتميز إندونيسيا ما بعد سوهارتو بالسعي إلى شكل من أشكال الاتحاد الوطني الذي يخفي تضارب المصالح أو « الضغائن القديمة »، ومحاولة مَحْو « أحداث عام 1965 » من الذّاكرة، ولا تزال « شَيْطَنَةُ » الحزب الشيوعي قائمة، لإنكار شرعية بعض المطالب التي كان يُدْرِجُها الحزب الشيوعي في برنامجه، ومن بينها: الحقوق النقابية والسياسية وحقوق الفقراء والمساواة بين المواطنين والمواطناتراعي ومشاركة العُمال في تسيير المؤسسات الخ.
مثّلت مجازر 1965 في إندونيسيا حملة القمع الذي شنتها ميليشيات الإسلام السياسي ( نهضة العلماء ) والقوميين الرجعيين (الحزب الوطني الإندونيسي) ضد الحزب الشيوعي الإندونيسي والمتعاطفين معه، تحت إشراف القوات المسلحة الإندونيسية، بدأت المجازر في تشرين الأول/اكتوبر 1965، ثم امتدت على مدار سنة 1966 بأكمله، حتى خريف سنة 1967، وتراوحت الحصيلة – بحسب المصادر – بين 500 ألف (الحد الأدنى للتقدير) وثلاثة ملايين حالة وفاة…
ساعدت الحكومة الأمريكية الجيش الإندونيسي والمليشيات اليمينية على قتل ما يقرب من مليون مدني بريء، خلال الأشهر الأربع الأخيرة من سنة 1965،،وتواصلت المجازر بعد ذلك ليُقدّر عدد القتلى، وفق بعض المصادر بنحو ثلاثة ملايين، ونحو 1500 مُعتقل، وكانت هذه واحدة من أهم نقاط التحول في القرن العشرين، حيث تم القضاء على أكبر حزب شيوعي خارج الصين والاتحاد السوفيتي وكانت هذه المجازر بمثابة التّمرين الذي تُشرف علية وكالة الإستخبارات الأمريكية، لتطبيقه فيما بعد في بلدان أخرى ( أمريكا الجنوبية بشكل خاص) ونجحت وكالة الإستخبارات الأمريكية في التعتيم على هذه المجازر التي ظلت موضع تجاهل على نطاق واسع.
ما هي طريقة جاكرتا؟
كانت إندونيسيا، سنة 1965، رابع أكبر دولة في العالم من حيث عدد السكان، وموطن ثالث أكبر حزب شيوعي في العالم، والذي يدعمه الملايين من المُناضلين، وبعد عدة محاولات امبريالية فاشلة، نجحت إحداها وكانت الأكثر دموية من بين الخطط التي نفذتها الولايات المتحدة، باختلاق ذريعة غامضة لا تزال غير واضحة حتى اليوم، كانت مُنطلقًا لحملة واسعة النطاق من الإرهاب النفسي من خلال الصحافة والإذاعة والمسيرات، وتبيَّنَ سنة 1987، أن الرواية الرسمية كانت مزيفة، وكان الجنرال محمد سوهارتو، مدبر الانقلاب، في خدمة الإمبريالية الأمريكية التي أرادت الإطاحة بالرئيس أحمد سوكارنو، ولو كان ذلك مصحوبًا بقتل ما لا يقل عن مليسون شيوعي أو نصير أو صديق للحزب الشيوعي، وكان حوالي 15% من الأشخاص الذين تم أسرهم من النساء اللاتي تعرّضْنَ للعنف القاسي والجنساني… وأعلنت المحكمة الشعبية الدولية للعام 1965 التي انعقدت في لاهاي سنة 2014، أن الجيش الإندونيسي مذنب بارتكاب جرائم ضد الإنسانية، وأثبتت أن المذبحة نُفذت بهدف تدمير الحزب الشيوعي ودعم نظام دكتاتوري عنيف، وتم تنفيذ الإنقلاب بدعم من الولايات المتحدة الأمريكية وبريطانيا وأستراليا، ومنذ العام 1965، تم استخدام « طريقة جاكرتا » كبرنامج أو خطة لإرهاب القادة الشيوعيين والسياسيين القوميين الذين اقترحوا الإصلاحات والتأميم، وتم تهديدهم بنشر عبارة: « جاكرتا قادمة ».
اعتمد تحليل فنسنت بيفينز على التقارير والوثائق التي رفعت عنها السرية، وعلى البحث في الأرشيف وشهادات شهود العيان التي تم جمعها عبر اثنتي عشرة دولة للكشف عن إرث صادم يمتد عبر العالم، لعقود من الزمن، لترويج الإدّعاء بأن العديد من الدّول الفقيرة، حديثة الإستقلال، انتقلت بسلاسة إلى النظام الرأسمالي الذي تقوده الولايات المتحدة، لكن مجازر إندونيسيا (أسلوب أو طريقة جاكرتا وفق فنسنت بيفينز) توضح أن الإبادة الوحشية للنقابيين ومناضلي اليسار العُزّل كانت جزءاً أساسياً من انتصار واشنطن النهائي في الحرب الباردة، ووفّرت الإستخبارات الأمريكية الذريعة والشروط المادية للجيش للقضاء على فصيل سياسي قوي وشعبي يحظى بدعم جماهيري، وهو الحزب الشيوعي الإندونيسي، وفي غضون أشهر قليلة قُتل مئات الآلاف من أعضاء الحزب الشيوعي الإندونيسي والأشخاص العاديين وتم تدمير الحزب الشيوعي، وبرز سوهارتو كزعيم ساعدته الإمبريالية الأمريكية على تأسيس نظام قمعي استمر من 1965 إلى 1998.
تكشف الملفات الأميركية والبريطانية عن الدعم الكامل لهذه المجازر، وعن التشجيع المستمر للجيش على الاستمرار، وتكشف إحدى الوثائق رسالة من الولايات المتحدة بتاريخ 14 تشرين الأول/اكتوبر 1965، تنص على ما يلي: « أولاً، نود أن نؤكد لكم أنه ليس لدينا أي نية للتدخل في الشؤون الداخلية الإندونيسية بشكل مباشر أو غير مباشر. ثانياً، لدينا سبب وجيه للاعتقاد بأن أياً من حلفائنا لا ينوي البدء بأي عمل هجومي ضد إندونيسيا » واعتُبِرت الرسالة بمثابة ضمان عدم المُساءلة، وقدّمت الولايات المتحدة « قائمة الأهداف » للجيش الإندونيسي، وتتضمن نحو خمسة آلاف إسم من مسؤولي الحزب الشيوعي الإندونيسي باللجان الإقليمية والمدنية واللجان المحلية وقادة المنظمات الجماهيرية، مثل اتحاد العمل الوطني والمجموعات النسائية والشبابية، وقال روبرت مارتنز، العضو السابق في السفارة الأمريكية: « لقد كانت بالفعل مساعدة كبيرة للجيش… ربما قتل الكثير من الناس، وربما كانت يديَّ ملطخة بالدماء، لكن هذا ليس سيئًا كله، هناك وقت يتعين عليك فيه الضرب بقوة في لحظة حاسمة… »
وكان توفير المعدات والأسلحة الخفيفة والذخيرة والدّعم الإعلامي جزءًا من الدّعم السِّرِّي الذي كانت المُراسلات تُسمِّيه « الأدْوِيَة »، « بتنسيق بين سفارَتَيْ الولايات المتحدة وبريطانيا في جاكرتا االّتَيْن حرصت حكوماتهما على تثبيت النّظام العسكري، لأنه أكثر مُلاءَمَةً للمصالح الإقتصادية والسياسية الغربية »، وفق مذكرة وكالة المخابرات المركزية بتاريخ 9 تشرين الثاني/نوفمبر 1965
تعد حملة إندونيسيا واحدة من أكثر الحملات دموية في تاريخ ما بعد الحرب العالمية الثانية حيث تعاونت الولايات المتحدة وبريطانيا وحلفاؤهما للهيمنة على إندونيسيا التي تُعتَبَرُ موقعًا رئيسيا للإتصالات الدّولية، ولتأمين التّزوّد ببعض السلع الأساسية والمواد الخام والمطاط وجوز الهند وخام الكْرُوم من آسيا، ولذلك تعاونت تلك الدّول للإطاحة بحكومة محمد مصدق في إيران سنة 1953 وبحكومة غواتيمالا سنة 1954، وترحيل سكان المُستعمَرة البريطانية جزيرة دييغو غارسيا لإفساح المجال للقاعدة العسكرية الأمريكية التي كانت منطلقًا للعديد من التدخلات العسكرية الأمريكية، فيما دعمت بريطانيا والدّول « الغربية » العدوان الأمريكي في فيتنام وأمريكا الوسطى وغرينادا وبنما وليبيا والعراق والعمليات السرية في كمبوديا وأفغانستان وغيرها، ووَرَدَ في إحدى المذكرات الأميركية أن « مائة مليون إنسان، والموارد المحتملة الهائلة، وسلسلة من الجزر ذات الأهمية الاستراتيجية في إندونيسيا، تُعَدُّ من الأولويات الأساسية للولايات المتحدة، ما يتطلّبُ مَنْعَ توطيد نظام قومي مستقل، يضم مكونات شيوعية ومتعاطفين، يهدد المصالح الاقتصادية والسياسية الغربية، ويمكن أن يكون بمثابة نموذج تنموي مُغاير لمصالحنا ( كالمطاط والنّفط)… » وفق برقية أرسلها سفير الولايات المتحدة في ماليزيا قبل عام من انقلاب تشرين الأول/أكتوبر 1965، فيما عبر مُحررو أحد التقارير الأمريكية عن تخوفاتهم كالتالي: « تحتل الحكومة (الإندونيسية) موقعاً مهيمناً في الصناعة الأساسية والمرافق العامة والنقل الداخلي والاتصالات (…) ومن المحتمل أن تختفي الملكية الخاصة وقد يخلفها شكل من أشكال ترتيبات عقود تقاسم الأرباح في الإنتاج والتي سيتم تطبيقها على جميع المستثمرين الأجانب (…) ويتمثل الهدف الإندونيسي المُعلن في تنمية الإقتصاد والتَّحَرُّر من النفوذ الأجنبي، ومن الضّروري عرقلة هذه الإستراتيجية وهزيمتها… » فالإمبريالية – بطبيعتها – مُعادية للمصالح الوطنية للدّوَل والشُّعُوب، وأدّى انقلاب 1965 إلى تعزيز التحالف بين الولايات المتحدة والنظام الحاكم في إندونيسيا وتوسيع المصالح الاقتصادية « الغربية » التي تمكّنت بفضل الإستثمارات من تحويل الاقتصاد الإندونيسي إلى اقتصاد يوفر فرصاً وأرباحاً كبيرة للمستثمرين الغربيين، بمساعدة الرئيس سوهارتو الذي دعمته الإمبريالية طيلة أكثر من ثلاثة عقود من حكم القمع والفساد.
خصوصيات الوضع في إندونيسيا:
كان الحزب الشيوعي الإندونيسي أكبر حزب شيوعي غير حاكم في العالم، قاوم الإستعمار ( إلى جانب القوميين بزعامة أحمد سوكارنو) وبعد الإستقلال اعتمد طريق الديمقراطية البرلمانية غير المسلحة، وقوة الحُضُور والمُشاركة في النشاط النقابي والنسائي ونضالات المزارعين والطلاب والفنانين، وكان معروفًا بأنه الحزب الأقل فسادًا في البلاد ويحظى بالاحترام لدوره في مناهضة الإستعمار ومُقاومة الإستغلال والإضطهاد، كما كان الرئيس الأول لإندونيسيا، أحمد سوكارنو يتمتع بشعبية كبيرة، وأصبح هدفًا للغرب عندما تجذّرت مناهضته للإمبريالية.
كان حوالي ربع الإندونيسيين ينتمون بطريقة أو بأخرى إلى الحزب الشيوعي، ولذلك حقق نجاحًا انتخابيًا هائلاً، لكن لا يكفي العمل على أُسُسٍ ديمقراطية، لأن الإمبريالية والقوى الرجعية لا تحترمها عندما تتعرض مصالحها للتهديد، وخلال ستة أشهر امتدت من أواخر 1965 إلى منتصف 1966، في أعقاب الانقلاب الذي دعمته الولايات المتحدة، قُتل أو اختفى ما بين 500 ألف ومليون شيوعية وشيوعي مزعوم، وهي المرة الأولى في جنوب شرق آسيا التي يتم فيها استخدام الاختفاء كأداة للقمع وهو الأسلوب الإرهابي الذي طوّرتْهُ وكالة المخابرات المركزية، في أمريكا الوسطى والجنوبية لاحقًا…أثْبَتَ فنسنت بيفينز في كتابه « طريقة – أو مَنْهَج – جاكرتا، حملة واشنطن الصليبية ضد الشيوعية وبرنامج القتل الجماعي الذي شكل عالمنا » مساهمة الولايات المتحدة في القتل الجماعي لمئات الآلاف من الأشخاص في إندونيسيا، فضلاً عن المزيد من أعمال العنف بسبب الدعاية المناهضة للشيوعية في بلدان مثل البرازيل وتشيلي وغواتيمالا والعراق وباكستان، ويُذَكِّرُنا كتابه بكتاب آخر يرتبط ارتباطًا وثيقًا بالموضوع، وهو « عملية كوندور » الذي كتبته الصحفية ستيلا كالوني، ويدين كتاب كالوني الدعم الأمريكي للمنظمات اليمينية الفاشية في أمريكا الجنوبية والتي تمتد علاقاتها ضمن شبكة تضم مجموعات الجريمة المُنظّمة وتُجار المخدّرات والجماعات اليمينية المتطرفة والإنقلابية، بإشراف وكالة الإستخبارات الأمريكية مثل عملية « غلاديو » و « بي 2 » في إيطاليا و « ستاي بيهايند » على مستوى أوروبا، وأظْهر الكتاب كيفية استخدام « مناهضة الشيوعية » كستار من الدخان لإخفاء أهداف الإمبريالية الأمريكية وتواطؤ الولايات المتحدة بل إشرافها على أعمال العنف في جميع أنحاء العالم، وغالبًا ما يتم إخفاء العديد من الوقائع التاريخية عن مواطني الدّول الإمبريالية، وتُخفي شعارات « مُعاداة الشيوعية » الإرهاب الأمريكي للحفاظ على الهيمنة من خلال منع أي بديل سيادي أو إنهاء استعمار في بُلدان « الأطْراف »، ويُعَدُّ الإصلاح الزراعي خطوة هامة على طريق الإستقلال الإقتصادي وتحقيق السيادة الغذائية وإنهاء الاستعمار، ولذلك تُعادي القُوى الإمبريالية – وعلى رأسها الإمبريالية الأمريكية – الإصلاح الزراعي الذي تُقرّه الأنظمة الوطنية، وتدعمه عند إقراره من قِبَلِ الأنظمة العميلة في اليابان وكوريا الجنوبية وتايوان.
يلقي فنسنت بيفينز نظرة عامة على عمل المخابرات الأمريكية التي تطور مجموعة أدوات لتنفيذ الانقلابات والاغتيالات وممارسة الإرهاب وللقضاء على القوى اليسارية والوطنية، ولو كانت غير مُسلّحة، دفاعًا على مصالح الشركات الإحتكارية الأمريكية مثل شركات النفط في إيران 1953 والتّعدين في تشيلي 1973 أو شركة يونايتد فروت في غواتيمالا 1954 أو إندونيسيا 1965/1966 حيث جرّبت الإستخبارات الأمريكية الاختفاء الجماعي، وفقًا لجون روزا، مؤلف كتاب « التاريخ المدفون – المذابح المناهضة للشيوعية في إندونيسيا » وغريغ غراندين، مؤلف كتاب « المذبحة الاستعمارية الأخيرة: أمريكا اللاتينية في الحرب الباردة ».
لقد خَلّفَت « الحملة الصليبية » للحرب الباردة الأمريكية الكثير من الضحايا المدنيين، ويُحلل فنسنت بيفينز الكيفية التي دمرت بها الولايات المتحدة إندونيسيا وتشيلي ودول أخرى لعقود من الزمن من خلال الإطاحة بقادتها لأن « رائحتهم تشبه رائحة الاشتراكيين »، وما حصل في إندونيسيا ليس حدثًا فريدًا بل يُشبه أحداثًا مماثلة في العديد من الأماكن الأخرى: غواتيمالا والعراق وتشيلي والبرازيل وغيرها، ويكمن الإختلاف في الذّريعة وفي عدد القتلى والمعتقلين، وتجدر الإشارة إلى مخالفة وكالة الإستخبارات الأمريكية كافة القواعد الدّيمقراطية، وعلى سبيل المثال، أنفقت » « مليون دولار » خلال سنة واحدة في أواخر الخمسينيات « للتأثير على الانتخابات البرلمانية في إندونيسيا » وفشلت في عرقلة برنامج الحزب الشيوعي الذي ركّزَ حملته الإنتخابية على الإصلاح الزّراعي ومجانية التعليم والرعاية الصّحّيّة، وحل مشكلة عدم المساواة، ورفع الحد الأدنى للأجور.
طرقية جاكرتا تعني حل المسألة باللجوء إلى عمليات القتل الجماعي وتلقّى مناضلو وقادة اليسار في تشيلي، طيلة الأشهُر السابقة لانقلاب 11 أيلول/سبتمبر 1973، بطاقات بريدية من حزب باتريا واي ليبرتاد اليميني مكتوب عليها « جاكرتا قادمة »، وبعبارة أخرى سوف نقتلكم جميعًا، كما حصل في إندونيسيا، وقُتل اليساريون في تشيلي لأنهم تجرأوا على المطالبة بحياة أفضل، واختفى أو قُتل عشرات الآلاف لتصبح موارد تشيلي مُستَغَلَّةً من قِبَل الشركات الأمريكية، ونُفِّذت « خطّة كوندور » عبر حملات إرهابية في جميع أنحاء القارة الأمريكية والعالم، سقطت تشيلي كما سقطت إندونيسيا إثر مذبحة المليون أو نحو ذلك من الإندونيسيين الذين قُتلوا، ولم تكن المجزرة حدثًا « عَرَضِيًّا » بل خطة مُدَبَّرَة مُسبقًا، وليست قضية مَحَلِّيّة، بل مجزرة مُدَبَّرة بتشجيع وتخطيط ودعم منن حكومات الدّول الإمبريالية ودفع الحزب الشيوعي الإندونيسي ثمناً باهظاً لهذا المستوى من الثقة في الدّيمقراطية البرلمانية، وكانت « طريقة جاكرتا » فاتحة مجموعة انقلابات نظمتها الولايات المتحدة والقوى الإمبريالية، بهدف سَحْقِ الحكومات الديمقراطية في الدول التي تسعى إلى الاستقلال الاقتصادي والوطني، وتم استبدال هذه الأنظمة أو الحكومات بأنظمة قمعية أثبتت خضوعها لمطالب الشركات متعددة الجنسيات.
اعتمد فنسنت بيفينز في كتابه: طريقة جاكرتا، حملة واشنطن الصليبية ضد الشيوعية وبرنامج القتل الجماعي الذي شكل عالمنا (إينودي، 2021) على منهج علمي لفحص المصادر والوثائقية التي رُفِعَتْ عنها السرية من الأرشيف الأمريكي ومن مختلف البلدان حول العالم، وعلى منشورات لباحثين آخرين، وتسجيلات مباشرة لوثائق سرية، ولقاءات وبرقيات وشهادات قدمها الناجون من المجازر وقُدماء المساجين السياسيين في إندونيسيا، ليخلص المؤلف إلى أساليب الولايات المتحدة خلال فترة ما بعد الحرب العالمية الثانية (فترة الحرب الباردة)، حيث نفذت الولايات المتحدة استراتيجية السيطرة والهيمنة الإقتصادية والعسكرية على أكبر عدد ممكن من البلدان التي كانت سُكّانها يعتقدون إنهم تحرروا من استعمار بريطانيا وفرنسا وهولندا، لاستعادة موارد البلاد وإدارتها، من خلال عمليات تأميم النفط (كما فعل الرئيس سوكارنو في إندونيسيا)، والمناجم والمزارع وإقرار برامج يتضمن التعليم والرعاية الصحية والإصلاح الزراعي بهدف تحقيق التنمية الاقتصادية، وتعتبر الإمبريالية مثل هذه البرامج مُناقضة لمصالحها، ولذلك تُعدّ مشاريع الانقلابات، ومن العسير إحصاء عدد الإنقلابات والمُؤامرات التي نفذتها أمريكا خلال العُقُود الماضية للسيطرة على البلدان التي خرجت من الاستعمار الأوروبي القديم، وغالبًا ما كان ذلك بمساعدة بريطانيا: في إيران (1953) وغواتيمالا (1954)، وإندونيسيا (1958 و1965) وكوبا (1961) وجنوب فيتنام (1961و 1963) والبرازيل (1964) وغانا (1966) وتشيلي (1973) وعدد لا يحصى من أعمال التخريب والقتل وتكييف سياسات الحكومات المختلفة، واختلاق الذّرائع المختلفة لتنفيذ « العُقُوبات » والحَظْر والحِصار، والتخريب التجاري والمالي، والتمويل السري المنهجي المقدم للجيوش ومجموعات المُعارضة المُوالية للإمبريالية
خاتمة
ادّعت الولايات المتحدة تحرير الشعوب لكن سياستها الخارجية ارتكزت في جميع أنحاء العالم، خصوصًا بنهاية الحرب العالمية الثانية، على الهيمنة العسكرية والإيديولوجية والمالية فأصبحت أوروبا – وخصوصًا ألمانيا وإيطاليا – منطقة نفوذ أمريكية، بفعل القواعد العسكرية وكذلك بفعل مشروع مارشال الإقتصادي، وأسفرت المخططات والبرامج الأمريكية عن انتهاكات صارخة لما سُمِّي « القانون الدّولي » ولحقوق الإنسان وعن ملايين القتلى، فضلا عن تشويه أي سُلطة أو أي نظام حُكْم يحاول الخروج عن « طاعة أمريكا » بإطلاق نَعْت « الدّول المارقة » وفي الواقع فإن هذا الوَصْف ينطبق على الولايات المتحدة والكيان الصهيوني.
لقد فازت الولايات المتحدة بالحرب الباردة، ويعود ذلك – جزئيا – إلى عدم تردّد الإمبريالية الأمريكية في تنفيذ برامج الإبادة في الأرجنتين وبوليفيا والبرازيل وتشيلي وكولومبيا وتيمور الشرقية والسلفادور وغواتيمالا وهندوراس وإندونيسيا والعراق والمكسيك ونيكاراغوا وباراغواي والفلبين وكوريا والسودان وتايوان وتايلاند وأوروغواي وفنزويلا وفيتنام ووجب النظر إلى ما حدث من حروب وانقلابات على أنها أحداث مترابطة وليست منفصلة أو منعزلة عن بعضها، وهي جزء حاسم من انتصار الولايات المتحدة في الحرب الباردة.
إن الإمبريالية الأمريكية ( وحلف شمال الأطلسي) مسؤولة عن العنف الذي دمر العديد من البلدان والشُّعُوب، لأن الولايات المتحدة تعتبر وجود نموذج منافس خارج النظام العالمي الذي تقوده، تهديدًا وجوديا لها، وكانت الدّعاية الأمريكية تدّعي – بعد الحرب العالمية الثانية – إنه مع زوال الإتحاد السوفييتي، سوف ينخفض الإنفاق العسكري العالمي والأمريكي، وتنخفض حدّة التّوتّر والنزاعات المُسلّحة، وقد حدث انخفاض طفيف في الإنفاق العسكري خلال العقد الأخير من القرن العشرين، ثم انفجرت ميزانية وزارة الحرب الأمريكية (البنتاغون ) منذ مطلع القرن الواحد والعشرين، حيث ترشح باراك أوباما كمرشح مناهض للحرب، ولمّا انتهت فترة ولايته الثانية سنة 2016، كانت الولايات المتحدة تقصف سبع دول على الأقل، ما يُؤَكّد الطبيعة العدوانية للإمبريالية، فقد اتّسم سلوك الولايات المتحدة بالعدوانية وبالرغبة في التّوسّع غير المحدود وكانت الحرب الباردة بمثابة استمرار للاستعمار من خلال وسائل مختلفة قليلاً، ولم يُشكل السلوك العدواني بعد الحادي عشر من أيلول/سبتمبر 2001، انحرافاً، بل كان استمرارًا للسياسة الأمريكية خلال الحرب الباردة وبعدها، واتسمت هذه السياسة بخداع ومغالطة من آمنوا بوجود نظام دولي ليبرالي، ومن وثقوا في الديمقراطية…
تتوفر بعض الوثائق والكتب والأشرطة الوثائقية عن مجازر 1965، من بينها :
شهادة الكاتب والسجين السياسي السابق « مارتن أليدا » وشهادة الصحفية والسجينة السياسية السابقة « سيري لستيافالتي » ل »المحكمة الشعبية الدّولية 1965″ – لاهاي (هولندا) تشرين الثاني/نوفمبر 2015
مارك كيرتس « شبكة الخداع: الدور الحقيقي لبريطانيا في العالم » فينتاغ 2003.
الخداع العظيم: القوة الأنغلو أمريكية والنظام العالمي »، بلوتو- لندن
تم نشر الملفات الأمريكية المشار إليها سنة 2001 في سلسلة العلاقات الخارجية للولايات المتحدة من قبل مكتب الطباعة الحكومي الأمريكي. الملفات البريطانية موجودة في مكتب السجلات العامة في لندن.
كتاب « موسم القَتْل: تاريخ المذابح الإندونيسية 1965 – 1966 » – تأليف جيفري بي روبنسون
Killing season : A history of Indonesian massacres 1965 – 1966 Geoffrey B. Robinson
كتاب غاريث إيفانس، وزير خارجية أستراليا من 1988 إلى 1996 – رئيس مجموعة « الأزمات الدّولية » ( تمويل أمريكي) من 2000 إلى 2009 ومؤلف كتاب » مسؤولية الحماية: إنهاء الجرائم الفظيعة الجماعية مرة واحدة وإلى الأبد » (مطبعة معهد بروكينغز، 2009).
Gareth Evans – The Responsibility to Protect: Ending Mass Atrocity Crimes Once and For All (Brookings Institution Press, 2009).
دراسة بعنوان: “الإبادة الجماعية الإندونيسية في 1965-1966” – روبرت كريب (2004).
The Indonesian Genocide of 1965–1966 Robert Cribb (2004)
« آليات القتل الجماعي: قضية لفهم عمليات القتل الإندونيسية باعتبارها إبادة جماعية » ملفين جيس (2017).
« Mechanics of Mass Murder: A Case for Understanding the Indonesian Killings as Genocide » Melvin، Jess (2017).
ويليام بلوم الكتاب الأسود للولايات المتحدة – فازي، 2003 أو » قتل الأمل – التدخلات العسكرية الأمريكية ووكالة المخابرات المركزية منذ الحرب العالمية الثانية » – 2003
الأشرطة الوثائقية “فعل القتل” – The Act of Killing – و « “النظرة الصامتة” (The Look of Silence ) من إخراج جوشوا أوبنهايمر ( 2012) الذي قام بتحقيق دقيق مع الناجين ومع أُسَر الشهداء، من 2003 إلى 2012 وتم تهديده ومنعه من دخول إندونيسيا
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Robert Inlakesh-Pourquoi les États-Unis ne peuvent pas dire non à Netanyahou

Nous arrivons à la fin de la durée de vie d’un empire narcissique. Un monde qui a été construit sur des notions de suprématie raciale, de classe et culturelle, qui sont toutes révélées pour ce qu’elles sont, au fur et à mesure que les masques tombent un par un.

La visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu aux États-Unis s’est avérée être un embarras majeur pour le gouvernement et le système politique américains. Cependant, les raisons de l’accueil réservé au dirigeant israélien, qui attend un mandat d’arrêt pour crimes de guerre, sont multiples et exposent plus que le simple lobby sioniste.
Le discours de Netanyahu devant le Congrès a donné l’impression qu’il était un chef de secte s’adressant à ses fidèles, à l’exception évidente de la législatrice démocrate Rashida Tlaib qui a choisi d’organiser une manifestation discrète. Le 1° ministre israélien a reçu plus d’applaudissements que n’importe quel dirigeant étranger s’adressant au Congrès, et a battu l’ancien 1° ministre britannique Winston Churchill pour y avoir prononcé le plus grand nombre de discours, tout en attaquant les manifestants américains pour avoir utilisé leurs droits au 1° amendement.Le 1° ministre israélien a ensuite rencontré en privé Kamala Harris et Donald Trump, en plus du président américain Joe Biden. Son message était clair : il cherchait le soutien des États-Unis pour une occupation interne temporaire de Gaza, pour continuer la guerre indéfiniment et pour que Washington soutienne une expansion du conflit afin de combattre directement la République islamique d’Iran.
L’un des principaux points à retenir du discours, qui a été manqué par presque tous les analystes, est lorsque Netanyahu a déclaré qu’il « choisissait ses mots avec soin » avant de parler de la façon dont les États-Unis et « Israël » ont travaillé ensemble pour développer certaines des armes les plus avancées de la planète ; Il s’agissait d’une référence aux armes nucléaires.
Rempli de mensonges ridicules, de distorsions et de demi-vérités tordues, le dirigeant israélien a reçu des éloges et du soutien, les seules objections venant de son manque de détermination à conclure un accord d’échange de prisonniers avec la Résistance palestinienne. De plus, près de la moitié des membres du Congrès du Parti démocrate ne se sont pas présentés à son discours, ce qui ne montrait en aucun cas leur opposition à l’entité sioniste, mais avait plus à voir avec la relation du Parti démocrate avec Netanyahu ; à l’exception évidente d’une poignée de législateurs démocrates qui ont exprimé séparément leur aversion pour les crimes de guerre israéliens à Gaza.
Pourquoi personne n’est-il capable de dire non à Netanyahu ?
Il faut répondre à cette question à plusieurs niveaux, en commençant par le plus évident. Lorsque nous voyons des membres du Congrès et des sénateurs américains agir dans une sorte de culte relatif devant le 1° ministre israélien, la raison la plus évidente est le lobby sioniste aux États-Unis.
Des centaines de milliers, parfois des millions de dollars achètent des ovations debout, de la part des élus. L’AIPAC, qui avait l’habitude de travailler dans l’ombre, se vante maintenant ouvertement de sa capacité à acheter des élus, se vantant d’un taux de réussite de 100% avec chaque candidat qu’ils soutiennent. Donc, pour un politicien de carrière moyennement intelligent, la réponse est simple : prenez votre chèque, signez la législation pro-israélienne et tapez dans vos mains lorsqu’un dirigeant israélien s’adresse à vous. Cette partie est évidente et l’absence d’opposition au lobby pro-israélien est née de la peur que si vous ne prenez pas leur argent, votre concurrent recevra plus de financement pour vous battre, ou pire, si vous vous exprimez contre le régime israélien, vous serez qualifié d’antisémite.
Cet aspect de l’énorme influence du lobby sioniste à Washington vaut également pour les campagnes électorales présidentielles. C’est ce que nous voyons dans le cas de la course de campagne entre Kamala Harris et Donald Trump, qui expose la nature psychotique du Lobby et des principaux donateurs sionistes, en ce sens qu’ils ne peuvent même pas tolérer toute descendance d’un culte complet de l’Entité sioniste.

Dans le cas du Parti républicain, il est logique que Donald Trump affiche publiquement son sionisme, car il a des dizaines de millions de sionistes chrétiens qui le soutiennent et forment une sorte de culte autour de lui. Ces Américains chrétiens sont délibérément induits en erreur sur les enseignements bibliques par les Chrétiens Unis pour « Israël » (CUFI) et d’autres, vendus sur l’idée qu’ils ne devraient même jamais critiquer les Israéliens, et que les Juifs doivent déménager en Palestine afin d’amener le jour du jugement.
La candidate du Parti démocrate, Kamala Harris, en revanche, n’est pas avantagée en proclamant ouvertement son sionisme, mais elle est forcée de le faire, malgré le fait que cela sape considérablement ses chances auprès de ses principaux électeurs. Selon toutes les données de sondages récentes, les électeurs du Parti démocrate sont plus favorables au sort des Palestiniens qu’ils ne le sont des Israéliens, c’est particulièrement le cas pour la plupart des communautés minoritaires et parmi les jeunes ; qui sont les groupes clés que Harris doit gagner pour revendiquer la victoire.
Mis à part le fait que Kamala Harris a parlé de son engagement de toute une vie envers le sionisme, le fait que son mari est un homme juif sioniste et qu’elle a reçu des fonds considérables de groupes de pression pro-israéliens, la meilleure chose qu’elle aurait pu faire la semaine dernière a été de défier Benjamin Netanyahu pour ses crimes de guerre. Elle aurait même pu adopter le point de vue de l’opposition israélienne et cela aurait peut-être même été mieux accueilli par ses partisans, mais non, ses donateurs sionistes ne pouvaient même pas permettre que cela se produise de manière coordonnée. Il s’agit d’ailleurs d’un signe de grande faiblesse de la part du lobby.
Ensuite, nous avons les questions plus complexes à portée de main, comme les objectifs de la politique étrangère américaine. Malgré le théâtre politique, la stratégie de politique étrangère du gouvernement américain en Asie occidentale ne change pas fondamentalement entre les présidents démocrates ou républicains. Alors que George W. Bush Jr. a commencé la « guerre contre le terrorisme » et renversé les talibans et Saddam Hussein, il y a une raison pour laquelle Barack Obama a suivi ses traces en éliminant Mouammar Kadhafi en Libye.
Le seul problème pour le gouvernement des États-Unis était l’inefficacité de ses opérations de changement de régime à remodeler fondamentalement l’Asie occidentale. Alors qu’Obama tentait d’utiliser la ferveur révolutionnaire qui s’est répandue à la suite du Printemps arabe, en lançant une invasion de la Libye par l’OTAN, il a également perdu le contrôle de la situation. Alors qu’il s’est finalement retrouvé avec un régime militaire favorable en Égypte, travaillant aux côtés des régimes arabes du Golfe pour soutenir l’ascension du général Abdul Fattah Al-Sisi en 2013, puis utilisant la montée de Daesh pour justifier la présence militaire américaine continue en Irak et plus tard en Syrie, il a fini par échouer à soutenir le renversement du président Bachar al-Assad en Syrie.
Cela s’est produit alors qu’Ansar Allah au Yémen avait pris le pouvoir et renversé le régime d’Abdrabbuh Mansour Hadi à la suite de la révolution yéménite, à laquelle l’administration Obama a répondu en poussant l’Arabie saoudite à diriger une coalition multinationale afin de rétablir le président déchu Hadi. Le complot américain au Yémen échouerait également.
Alors qu’Obama signerait l’accord nucléaire iranien de 2015, il ne s’y engagerait jamais pleinement et continuerait plutôt à s’accrocher à l’idée que par la force militaire, les États-Unis pourraient obtenir ce qu’ils voulaient dans la région. Depuis le début, le gouvernement américain avait prévu d’écraser l’Iran, mais il était à un point où il n’était pas plausible de lancer une guerre aussi directe, et il a été gravement blessé par une série de petites victoires contre lui.

Ensuite, nous avons eu l’administration Trump, qui a décidé que l’accord nucléaire d’Obama de 2015 ne valait pas la peine d’être maintenu et qu’il valait mieux poursuivre une stratégie simple de confrontation avec l’Iran de manière plus directe. Trump, dont le principal donateur était le milliardaire sioniste Sheldon Adelson, a été encouragé à rejeter complètement l’idée de compromis et à afficher effrontément les intentions du gouvernement américain dans la région. Il a décidé de rejeter la vieille idée d’une soi-disant « solution à 2 États » en Palestine et a plutôt cru qu’il pourrait pousser le peuple palestinien à l’écart, pour commencer à ouvrir des liens entre l’entité sioniste et une série d’États arabes, y compris les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc, le Soudan et le prix principal aurait été l’Arabie saoudite.
Lorsque l’administration Biden a pris le pouvoir, elle a prêché sur la relance de l’accord nucléaire de 2015, mais n’a jamais poussé les négociations assez loin pour obtenir un accord, préférant maintenir la politique de « sanctions maximales » de Donald Trump. Comme l’Afghanistan semblait être une cause relativement inutile à ce stade et en raison du fait que Trump avait déjà mis en mouvement le retrait des forces américaines, il a donné suite et est parti complètement.
Puis, plaçant la normalisation saoudo-israélienne au centre de ses ambitions politiques régionales, l’administration Biden a également continué à écarter les Palestiniens. Afin d’essayer d’empêcher l’Iran de répondre avec force à la normalisation saoudo-israélienne, l’administration Biden a conclu des accords privés avec Téhéran pour libérer les avoirs gelés appartenant à la République islamique et a assoupli certaines sanctions. La même année, l’administration Biden a reçu un coup dur lorsque le gouvernement chinois a servi de médiateur au rapprochement entre l’Arabie saoudite et l’Iran. Avec des visions étroites, Washington a toutefois commencé à planifier une nouvelle route commerciale qui serait rendue possible avec la normalisation israélo-saoudienne, que Biden a qualifiée de « gros problème » en septembre 2023. Le « gros problème » était que le nouveau corridor économique prévu pour traverser l’Arabie saoudite et la Palestine occupée allait faire contrepoids aux nouvelles routes commerciales chinoises dans le cadre de leur initiative Belt and Road.
Le gouvernement de Biden croyait qu’il allait réussir la longue transition de l’ère de la guerre contre le terrorisme, en formant une « OTAN arabe » qui serait dirigée par les Israéliens, et que cela pourrait être leur réponse à la puissance croissante de Téhéran. Et puis, le 7 octobre 2023 est arrivé. Comme si elle était tombée du ciel, l’opération Al-Aqsa dirigée par le Hamas a détruit le complot américain visant à réaffirmer sa domination sur l’Asie occidentale. Le monde entier a été choqué par le succès du raid militaire et les Israéliens sont restés sans croyance. L’ensemble du projet américain en Asie occidentale semblait s’effondrer et la réponse américaine n’a pas été de s’asseoir et de réfléchir, elle a choisi de revenir à son état d’esprit de « guerre contre le terrorisme » dont elle venait de se débarrasser.
La cause palestinienne renaît de ses cendres ; Le peuple qui s’était retrouvé sans aucun moyen, avait réussi à infliger une défaite militaire à son ennemi, comme cela ne s’était jamais produit dans l’histoire du conflit. Les États-Unis et le projet sioniste étaient furieux, faisant équipe pour mettre fin aux Palestiniens résilients une fois pour toutes. Ils ont décidé qu’il n’y aurait plus de règles, plus de charte de l’ONU ou de droit international, la mentalité du colonisateur est revenue à sa mentalité de « tuer les sauvages » et ils ont fait pleuvoir l’enfer sur le peuple de Gaza.
S’accrochant à la croyance que leur assaut débridé sur Gaza, un génocide, mettrait fin une fois pour toutes à la Résistance palestinienne et écraserait la volonté d’un peuple déjà tourmenté, ils arrivent maintenant à 10 mois de défaite après défaite. La Résistance palestinienne continue, ses alliés renforcent leur détermination et lancent des attaques encore plus audacieuses depuis les autres fronts de pression, tandis que l’Entité sioniste souffre de blessures dont elle ne se remettra jamais complètement.
La vérité est que les sionistes aux États-Unis et à l’intérieur de l’Entité elle-même ne voient pas d’autre moyen viable d’avancer que la guerre continue, et donc ils jettent tous leurs fonds dans des politiciens qui se plieront à leurs exigences, tandis que le 1° ministre israélien, Benjamin Netanyahu, ne mettra pas fin à la guerre parce qu’elle signifierait la fin potentielle de son règne au pouvoir. Ceci, alors que le gouvernement des États-Unis porte tout le poids du lobby sioniste comme jamais auparavant et fait face à une situation dans laquelle il n’a plus d’autres options pour affirmer sa domination sur l’Asie occidentale.

Les États-Unis n’ont pas de stratégie, ils ne peuvent pas offrir la paix ou la prospérité économique, et même s’ils devaient réfléchir sur eux-mêmes, en adoptant une approche plus sino-chinoise de leur politique étrangère en Asie occidentale, ils ont détruit la région si horriblement que réparer les dégâts s’avérerait une tâche énorme en soi. Les États-Unis ont donc 2 options sur la table :
1. Tuer, diviser, détruire et soutenir les Israéliens dans toute escalade qu’ils recherchent. Faites-le alors que le lobby sioniste continue de faire des chèques comme incitation à côté.
- Laisser la région tranquille militairement, forcer les Israéliens à conclure un accord avec les Palestiniens, et exercer une influence par le biais d’investissements, de manœuvres diplomatiques et de réparation des liens avec l’Iran. Malheureusement, le gouvernement des États-Unis refuse de reconnaître la réalité qu’il n’est plus la puissance qu’il était à la fin de la guerre froide. Nous vivons aujourd’hui dans un monde multipolaire, dans lequel la République islamique d’Iran est une véritable puissance en Asie occidentale. Les groupes de résistance régionaux qui se sont formés pour combattre l’impérialisme américain et le colonialisme de peuplement israélien sont plus forts que jamais, au point qu’une guerre totale entre l’entité sioniste et le Liban écraserait le régime israélien. Pourtant, le narcissisme de l’autoproclamé « leader du monde libre » de l’Occident, les États-Unis, ne permettra pas qu’il soit moins qu’exceptionnel, malgré le fait qu’il n’est plus ce qu’il prétend être. En réalité, les États-Unis ont été pendant une brève période l’un des régimes les plus puissants de l’histoire du monde, mais la durée du règne de leur empire n’est qu’un point dans la chronologie historique.
Nous arrivons à la fin de la durée de vie d’un empire narcissique. Un monde qui a été construit sur des notions de suprématie raciale, de classe et culturelle, qui sont toutes révélées pour ce qu’elles sont, au fur et à mesure que les masques tombent un par un. À ce stade, dire non à Benjamin Netanyahou, c’est dire non à soi-même, parce qu’il incarne les idéaux sur lesquels vit l’impérialisme américain. La seule façon dont le changement se produira, c’est la modification fondamentale du système politique américain.
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الطاهر المعز – متابعات، نشرة أسبوعية – العدد 81، بتاريخ 20 من تموز/يوليو 2024

متابعات، نشرة أسبوعية – العدد 81، بتاريخ 20 من تموز/يوليو 2024 : الطاهر المعز
يتضمن العدد الواحد والثمانون من نشرة "متابعات" الأسبوعية فقرة عن تأثيرات العدوان الصهيوني على عُمّال الضفة الغربية وفقرة عن تأثيرات العدوان الصهيوني على الوضع الإقتصادي في مصر، أول دولة عربية طبّعت العلاقات مع كيان الإحتلال، وفقرة عن فوز صحيفة نيويورك تايمز بجائزة بوليتزر للصحافة العالمية بسبب تبنيها السّردية الصهيونية لما حدث يوم السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2024، وفقرة عن غربي إفريقيا وإعلان "تحالف دول السّاحل" بين مالي والنيجر وبوركينا فاسو، وفقرة عن استغلال مناجم الليثيوم في الأرجنتين ومخاطره على السكان وعلى المُحيج والمياه، وفقرة عن اجتماعات قمة حلف شمال الأطلسي (ناتو) في الذّكرى الخامسة والسبعين لتأسيسه، وفقرة عن الحياد الكاذب لسويسرا ومشاركتها في أشغال حلف شمال الأطلسي، وفقرة عن درجة تركيز ( Concentration ) رأس المال في مجالات التكنولوجية، وفي شركات أمريكية، بحكم هيمنة الولايات المتحدة على المنظومة الرأسمالية العالمية
حِكْمة:
« تحدثنا كثيرًا في أدبياتنا ووثائقنا حول أهمية العمل بين صفوف الجماهير وتحسس آلامها ومعنوياتها ومزاجها، إلا أننا وأقولها بكل صراحة: تأثرنا بأمراض الظاهرة العلنية وأمراض المقاومة بشكل عام، بحيث أصبحنا نعاني من البيروقراطية والمكتبية والمراتبية، وهي أمراض فتكت بالعديد من الأحزاب الشيوعية العالمية… »
من وثائق المؤتمر الخامس للجبهة الشعبية لتحرير فلسطين- كلمة جورج حبش ( 1926 – 2008 ) أمام أعضاء المؤتمر – شباط/فبراير 1993
فلسطين – من تأثيرات العدوان
كان أكثر من 200 ألف عامل من الضفة وغزّة ينتقلون يوميا للعمل في الجزء المُختَلّ سنة 1948 في قطاعات البناء والإنشاء والصناعة والزراعة والخَدَمات، بالمياومة، بأجر يَقِلّ عن أُجُور العمّال اليهود، وبدون عقود ولا حقوق ولا تأمين على المرض والشيخوخة ومنذ السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023، أَلْغت سلطات الكيان الصهيوني تصاريح العمل ل 147 ألفًا منهم وشنّت حملة اعتقالات ضدّ من لا يمتلكون تَصاريح، وقُدِّرت إيرادات الضّفّة الغربية من عمل هؤلاء بنحو 3,8 مليارات دولارًا سنويا، وترافقَ مَنْعُ هؤلاء العُمّال من دخول الجزء المُحتل سنة 1948 مع تشديد قَبْضة الإحتلال على الضفة الغربية وتدمير غزة، ما رفع من بطالة فلسْطِينِيِّي الضفة الغربية إلى حوالي 34% من القادرين على العمل…
أدّى العدوان على فلسطينِيِّي غزة، وصُمُود المقاومة الفلسطينية واللّبنانية واليَمَنِية إلى فرار آلاف العمّال التايلانديين والنيباليين والتنزانيين من فلسطين، وتعفّن جزء هام من المحاصيل الزراعية في الجليل وقُرْب غزة وركدَ قطاع البناء لكن الكيان الصهيوني أعلن حَظْر تَنقّل العُمّال الفلسطينيين داخل وطنهم، رغم خسارة الإقتصاد الصهيوني حوالي 830 مليون دولارا شهريا، جراء هذا الحَظْر، وبحثت الحكومة الصهيونية عن بدائل، واستيراد عمّال من الهند والصّين وسريلانكا وتايلند وأوزباكستان ومولدافيا وأوكرانيا وروسيا وماولاوي والحبشة وإيريتريا للعمل في قطاعات البناء والزراعة والصناعة والفنادق والمطاعم والتجارة والبنية التحتية والخدمات والنقل، وبعد فترة قصيرة من العمل في فلسطين المحتلة، احتجّ عُمّال من الهند على حياة العُبُودية التي يعيشونها، بدون عقود عمل وبرواتب منخفضة جدًّا…
مصر – جزاء سنمار
فقدت مصر دورها الرّيادي في الوطن العربي، تدريجيًّا، منذ هزيمة 1967، وانتقلت من وظيفة الفاعل إلى المفعول به منذ سنة 1974، خلال حكم الرئيس محمد أنور السّادات ( الذي كان نائب الرئيس جمال عبد النّاصر) وتحولت مصر من « المُواجَهَة » إلى « الوساطة » بين الكيان الصهيوني ومنظمة التحرير الفلسطينية، خصوصًا بعد توقيع اتفاق كمب ديفيد، ورافق هذه التّحَوُّلات توسُّع الفجوة الطّبقية وتدهوُر الوضع الإقتصادي للبلاد ولأغلبية الشعب المصري واضمحلال دَوْر الدّبلوماسية المصرية في إفريقيا والوطن العربي، مقابل تضخُّم دور السعودية وقَطَر والإمارات، وأظْهر العدوان الصّهيوني ( 2023/2024) على فلسْطِينِيِّي غزة – المتاخمة لشبه جزيرة سيناء- خطورة تحوّل مصر من المواجهة إلى الوساطة (بين العدو والمنظمات الفلسطيني) وفقدت مصر كافة وسائل الضّغط التي كانت تملكها، فلم تتمكّن من مجابهة الحَبَشة بشأن سُدّ النهضة، ولم يعد لمصر أي دَوْر في السّودان أو في ليبيا أو في فلسطين، بل كافأ الكيان الصهيوني مصر بإعادة إحياء مشاريع مُنافِسَة لقناة السويس (قناة بن غوريون بين البحر الأحمر والبحر الأبيض المتوسط، عبر فلسطين) وأعلنت الولايات المتحدة عن مَمَرّ الهند- الخليج – أوروبا، عبر فلسطين، و يُراد منه منافسة الصّين لكنه لا يُراعي مصالح مصر، أول دولة مُطبّعة رسميا مع الكيان الصهيوني، وجاء هذا المشروع لما بدأت المقاومة اليمنية تقصف السفن الصهيونية أو المُتعاملة مع الكيان الصهيوني، مما أدّى إلى تَحَوُّل العديد من الشركات إلى ممر رأس الرّجاء الصّالح، بدَلَ قناة السّويس، وانخفضت إيرادات مصر من الغاز الذي يسرقه الصهاينة من سواحل فلسطين وإيرادات قناة السويس، وانخفض احتياطي النقد الأجنبي بالمصرف المركزي المصري فتأثرت الواردات واقتصرت على الضروريات، ولما بلغت مشاكل مصر ذروتها وافق صندوق النقد الدّولي على قرض بثمانية مليارات دولارا ووافقت الإمارات على الإستثمار بمدينة سياحية وترفيهية على ساحل البحر الأبيض المتوسط، فتمكّن المصرف المركزي من ضَبْطِ سوق الصرف ومن توفير العملات الأجنبية لتفريغ شحنات السّلع التي كانت عالقة بسبب عدم توفّر العملة الأجنبية، جراء تأثير العدوان على حركة التجارة بقناة السويس التي تُقَدَّرُ إيراداتها بنحو تسع مليارات دولارا سنويا، لكنها تراجعت بأكثر من النّصف، كما انخفض إنتاج الغاز في حقل ظهر، وشَلّ العدوان الصهيوني مشروع التحالف الإقليمي بين مصر والكيان الصهيوني وقبرص واليونان الذي يجعل من مصر مركزاً إقليمياً لتَسْيِيل الغاز وتصديره إلى أوروبا، بل أصبحت الإنقطاعات المتكررة للكهرباء، بمعدّل ثلاث ساعات يوميا – بفعل نقص المحروقات، وأهمها الغاز – مُضِرّة بقطاعات الصناعة ( كالأسمدة والكيماويات ) والخَدمات، وأثارت تذمُّرَ المواطنين الذين تضرّروا من التّطبيع ومن تأثيرات العدوان الصهيوني…
إعلام أو دعاية إيديولوجية؟
فازت صحيفة نيويورك تايمز بجائزة بوليتزر للصحافة الدّولية لسنة 2024، بسبب – أو بفضل – نشر « تحقيقات » طويلة وكاذبة عن « الاغتصاب الجماعي » و « الجرائم » و « الفظائع » المَزْعُومة للمُقاومة الفلسطينية ضد المُستوطنين الصّهاينة يوم السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023 ، وفي المقابل منَعَت إدارة الصحيفة الصحافيين من استخدام إسم فلسطين عند التّطرُّقِ لما يحدث منذ السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2024، واستخدام تعابير مثل « الإبادة الجماعية » أو « التّطهير العرقي »، وما يرتكبه الكيان الصهيوني من إبادة وتدمير وتجويع وتهجير قَسْرِي بدعم إعلامي وإيديولوجي وعسكري ومالي واقتصادي من جهاز الدّولة الإتحادية للولايات المتحدة…
تجدر الإشارة إلى وجود « مينوش شفيق »، رئيسة جامعة كولومبيا، كعضو مجلس جائزة بوليتزر، مُكافأةً لها على استدعاء الشرطة وتفويضها فَضّ اعتصام الطُّلاّب الدّاعمين للشعب الفلسطيني، بالعُنف الشديد الذي أدّى إلى اعتقال العديد من الطلبة وفَصْل بعضهم من الجامعة، ويتمثل القاسم المُشترك لمينوش شفيق وصحيفة نيويورك تايمز والمُشرفين على جائزة بوليتزر للصحافة، في تبرير، بل دَعْم العُنف الإستعماري والإمبريالي، ودَعْم السّرْدِيّة السّائدة لتاريخ الإستعمار الاستيطاني وإنكار الإبادة الجماعية في أمريكا وأستراليا ونيوزيلندة وفلسطين، وصَدَقَتْ هيلاري كلينتون عندما صرّحت يوم العاشر من أيار/مايو 2024، على قناة إم إس إن بي سي « إن الطّلاّب لا يعرفون الكثير عن تاريخ الشرق الأوسط، ولا عن تاريخ العديد من مناطق العالم، بما في ذلك في بلدنا » وهذا صحيح لكن من المسؤول عن هذا التّعتيم؟ أهم الطّلاب وأولياء أمورهم أم منظومة التعليم والإعلام والتاريخ الرسمي والدّعاية اليومية؟
استخدمت الصهيونية أساليب الإستعمار الإستيطاني الأوروبي في أمريكا، فكانت أساطير المشروع الصّهيوني وممارسات المليشيات الصهيونية مُماثلة لأساليب وممارسات المستوطنين الأوروبيين، وتزييف الرّواية التّاريخية للشعوب الأصلية، وبعد تأسيس دولة الكيان الصهيوني على أرض فلسطين، دعمت الإستعمار ونظام الميز العنصري في جنوب إفريقيا وزودت الأنظمة الدّكتاتورية في سلفادور وغواتيمالا وتشيلي والبرازيل والأرجنتين وغيرها بالأسلحة وأنظمة الرقابة ووسائل القمع، ودَرّبت وسلّحت طَرَفَيْ الإبادة في رواندا سنة 1994، أي الجيش الحكومي وميليشيات أثنية « الهوتو » ضد أثنية « التُّوتْسي »، ودَوْر الكيان الصهيوني مُكمّل لدَور الإمبريالية الأمريكية التي لها تاريخ طويل في « عِلْم الإنقلابات » والإغتيالات والتّجسّس ونشر الأخبار والتّقارير والسّرديات التاريخية الزائفة، بمشاركة وسائل الإعلام المُهيمنة مثل صحيفة نيويورك تايمز …
إفريقيا – استكمال الإستقلال؟
تَغّرت أنظمة الحكم، خلال السنتين الأخيرتَيْن، في مالي والنّيجر وبوركينا فاسو، عبر انقلابات عسكرية، وطلبت الدّول الثلاثة من فرنسا إخْلاء القواعد العسكرية، لكن لا تزال القواعد الأمريكية في شمال مالي وفي النّيجر، فيما لا يزال وضع القواعد الأمريكية غامضًا، وردّت فرنسا الفعل بالإيعاز لعملائها في الجماعة الاقتصادية لدول غرب أفريقيا (إكواس) بحصار البلدان الأعضاء الثلاث التي « خرجت عن طاعة فرنسا » – والبلدان الثلاثة من مؤسسي إكواس سنة 1975 – والتي بادرت، يوم السادس من تموز/يوليو 2024، في نيامي، عاصمة النِّيجر، إلى إعلان إنشاء اتحاد (كنفدرالية) بينها تحت إسم « تحالف دول الساحل »، الذي حظي بدعم جماهيري واسع، خصوصًا بعد الإنسحاب من مجموعة « إكواس »، وتجاوزت بنود الإتفاق المسائل الأمنية إلى الجوانب الإقتصادية والإجتماعية، كما طوّرت حكومات الدّول الثلاث علاقاتها مع دول أخرى من خارج الإتحاد الأوروبي وأمريكا الشمالية، كما انطلقت يوم الرابع من تموز/يوليو 2024، محادثات ثنائية بين حكومَتَيْ النّيجر و بنين ( عضو إكواس) التي تُشكّل منفذًا على البحر لتصدير النفط ولكن أغلقت بنين الحدود إثر توتر علاقات النيجر مع مجموعة إكْواس…
تكنولوجيا، الوجه الخَفِي للتّطور
يحتل اللِّيثيُوم مكانة هامة في الصناعات التكنولوجية المتقدّمة، وخصوصًا لصناعة بطاريات الحواسيب والهواتف المحمولة والسيارات الكهربائية، وتوجد نسبة حوالي 30% من كميات الليثيوم في العالم في الصّخور والطّين، وحوالي 70% في نوع من السباخ التي تحتوي على كميات كبيرة من المَحْلُول المِلْحِي الذي يحتوي على الليثيوم، وهو معدن أبيض فِضِّي ضروري لصنع بطاريات السيارات الكهربائية وارتفع الطّلب عليه مع تحول العالم إلى الطاقة الخضراء، تحاول إحدى شركات التعدين الفرنسية ( إيراميت) وشركة إيني الإيطالية للطاقة استخدام تقنية مبتكرة أنْظَفَ وأسْرَع وأرْخص لاستخراج الليثيوم مباشرة، مع خفض استخدام كميات المياه، بفعل عدم وجود بِرَك من المحلول الملحي ( كما الحال في الطريقة التقليدية)، حيث يتبقى الليثيوم بعد تبخر السائل في الشمس، وتتم تجربة هذه الطريقة « المُبْتَكَرَة » في منطقة سالار سنتيناريو (شمال الأرجنتين، رابع أكبر منتج عالمي للِّيثيُوم) حيث يتم امتصاص محلول المِلْح من أعماق الأرض عبر أنابيب ضخمة تحمله إلى خزان ضخم، ويُتوقّع أن يتم إنتاج الليثيوم بنفس الطريقة في الويات المتحدة وتشيلي منتصف سنة 2025، لمنافسة بوليفيا التي تمتلك احياطيات ضخمة من الليثيوم، وتتنافس شركات التعدين الكُبرى العالمية (رِيُو تِينْتُو وبوسكو – كوريا الجنوبية – وزينجين وجانفينغ الصينة وشركات أستراليا وكندا وغيرها ) على استغلال الليثيوم في أمريكا الجنوبية، إلى جانب إنتاج المعادن الأخرى كالمنغنيز والنيكل والرمال المعدنية في أماكن أخرى من العالم،
تعتمد التقنية الجديدة التي طورتها الشركة الفرنسية ( Eramet ) على مادة مصممة خصيصًا تمتص الليثيوم من المحلول الملحي مثل الإسفنج وتوضع داخل صف من الخزانات الكبيرة، ثم غَسْل الشوائب مثل كلوريد الصوديوم أو ملح الطعام، وتسمح هذه التقنية لشركة إيراميت بإنتاج طن من كربونات الليثيوم في أسبوع واحد، مقابل عام واحد بالطرق التقليدية، لكن يجب التّأكّد من سلامة صَمّامات الأنابيب أن يتزامن عمل أجهزة الكمبيوتر مع أجهزة الاستشعار، وأن تكون درجة الحرارة مُستقرة في غرفة التّبْخِير… كما تتنافس الشركات خفض كميات المياه المُستخدمة لإنتاج الليثيوم، وإعداة تدويرها خاصة في المناطق القاحلة والمرتفعات التي يسكنها السكان الأصليون حيث يتهدّد نشاط التّعدين التّوازن الهش لمقومات الحياة وللطبيعة وللمُحيط الهش…
الذّكرى الخامسة والسبعون لحلف شمال الأطلسي
بدأ زعماء الدول الأعضاء في حلف شمال الأطلسي (ناتو الذي يضم 32 دولة، ومقره بروكسل عاصمة بلجيكا) اجتماعاتهم في واشنطن يوم الثلاثاء 09 تموز/يوليو 2024، وتستمر الإجتماعات ثلاثة أيام، احتفالاً بالذكرى الـ75 لتأسيس الحلف الذي يصل إنفاقه على التّسلّح نحو 1,5 تريليون دولارًا، وأعلنت الدّول الأعضاء زيادة الدعم لأوكرانيا، وإرسال مقاتلات ’إف-16‘ من الدانمارك وهولندا » إلى أوكرانيا وأعلنت كل من الولايات المتحدة وألمانيا ورومانيا وإيطاليا وهولندا أنها ستزود أوكرانيا بمنظومة صواريخ باتريوت للدفاع الجوي والعشرات من أنظمة الدّفاع الجوي التكتيكية الإضافية » في غضون بضعة أشْهُرٍ، وفْقَ وزير الخارجية الأمريكي أنتوني بلينكن يوم الأربعاء 10 تموز/يوليو 2024، وأشارت وسائل الإعلام الأمريكية إلى ظروف اللقاء، والوضع السياسي في أوروبا (بريطانيا وألمانيا وفرنسا…)
من المواضيع المطروحة على قمة حلف شمال الأطلسي، تمويل مشروع طرق وخطوط بديلة للشبكات الإلكترونية والإتصالات الأرضية التي تمر عبر البحار، في حالة وقوع هجمات على ألياف الإتصالات الأوروبية تحت الماء، وفق وكالة بلومبرغ يوم 10 تموز/يوليو 2024، وتدرك الولايات المتحدة ذلك بعد تفجيرها خط أنابيب الغاز الروسي نحو ألمانيا وشمال أوروبا (نورد ستريم ) وأنفق حلف شمال الأطلسي 433 ألف دولار لدراسة كيفية الاستمرار في نقل البيانات دون انقطاع من الكابلات البحرية إلى أنظمة الأقمار الصناعية في حالة وقوع هجمات أو كوارث طبيعية، ويتولى تطوير المشروع علماء من أيسلندا والولايات المتحدة والسويد وسويسرا ( « المُحايدة »، وهي ليست عضوًا رسميا في الحلف) وتبلغ قيمته الإجمالية 2,5 مليون دولار، وفق مدير البرنامج الذي صرح لوكالة رويترز ( 10 تموز/يوليو 2024) « إن 99% من الحركة الرقمية تتم عبر كابلات تحت الماء لا يزيد عرضها عن خراطيم الري، والتي توجد أحيانًا في قاع البحر، على عمق يزيد عن عشرة كيلومترات، وهي ملكية خاصة لاحتكارات كبيرة، لكنها تحت رقابة جيوش الدول العظمى، التي تستغل الفرصة لاعتراض الرسائل التي تمر عبرها »، وأكدت العديد من المصادر (منها إدوارد سنودن منذ عشر سنوات) قرصنة وكالة الأمن القومي الأمريكية ووكالات الإستخبارات، واعتراض البيانات المتداولة عبر البرقيات والرسائل الإلكترونية وجميع الإتصالات التي تمر عبر الكابلات التي يقارب عددها 500 كابل تعبر طريقين رئيسيين: تحت المحيط الأطلسي، بين أوروبا وأمريكا الشمالية، وتحت جنوب المحيط الهادئ، بين جنوب شرق آسيا والولايات المتحدة.
وأظهر استطلاع رأي أجراه مركز بيو للأبحاث إن 7% من الأمريكيين يعتبرون أن الولايات المتحدة أنفقت أكثر مما يجب على الحرب في أوكرانيا، عند انطلاقها، وارتفعت النسبة خلال استطلاع آخر في نيسان/أبريل 2024، لتبلغ 31% من الأمريكيين…
دَعت الولايات المتحدة العديد من بلدان « الأطراف » لحضور قمة حلف شمال الأطلسي في واشنطن: أرمينيا وأذربيجان وجورجيا (لتوسيع رقعة الأعداء ضد روسيا) ودَعت كذلك دولاً عربية إلى جانب الكيان الصهيوني، في ذروة عدوانه على فلسطينيِّي غزة والضفة الغربية: المغرب وتونس ومصر والإمارات والبحرَيْن وقطر…
من قرارات القمة: تزويد الجيش الاوكراني – الذي يُحارب تحت إشراف الجيش الأمريكي وحلف شمال الأطلسي – بصواريخ بعيدة المدى لقصف العُمْق الرّوسي، وجمْع تمويلات إضافية بقيمة أربعين مليار يورو سنويا، فضلا عن ما يحصل عليه نظام أوكرانيا من تمويلات وأسلحة من الولايات المتحدة والإتحاد الأوروبي وحلف شمال الأطلسي، ، وفق وكالة الصحافة الفرنسية – أ.ف.ب. 09 و 10 تموز/يوليو 2024
سويسرا عضو غَيْر مُعْلَن بحلف شمال الأطلسي؟
على هامش مؤتمر حلف شمال الأطلسي
تدّعي دولة سويسرا الحياد منذ مؤتمر فيينا سنة 1815، لكنها أظهرت انحيازها للإمبريالية الأمريكية ولحلف شمال الأطلسي في عدّة مناسبات، وآخرها مُشاركة سويسرا في « قمة السلام في أوكرانيا » ( 15 و 16 حزيران/يونيو 2024) والتي كانت استعراضًا إعلاميا ودعائيا لحلف شمال الأطلسي، قبل اقتراح إنشاء مكتب اتصال لمنظمة حلف شمال الأطلسي في جنيف، وهي منظمة حربية عدوانية استفزازية وإجرامية تُقَوّض السلم من خلال استخدام القوة ولا شيء غير القوة، وتتوسع في مناطق خارج شمال المحيط الأطلسي (منطقة آسيا والمحيط الهادئ ومنطقة القوقاز والبحر الأسْوَد)، وارتكب حلف شمال الأطلسي بزعامة الجيش الأمريكي جرائم في يوغوسلافيا وأفغانستان والعراق وليبيا وسوريا واليمن وغيرها
رأس المال الإحتكاري – قائمة أعلى الشركات قيمة في أسواق الأسْهم
مايكروسوفت الأمريكية للتكنولوجيا، تأسّست سنة 1975، القيمة السوقية: 3.462 تريليونات دولار.
شركة آبل الأمريكية للتكنولوجيا، تأسست سنة 1976، القيمة السوقية: 3.441 تريليونات دولار.
إنفيديا الأمريكية للتكنولوجيا وصناعة الرقائق، تأسست سنة 1993، القيمة السوقية: 3.113 تريليونات دولار
ألفابت (غوغل) الأمريكية للتكنولوجيا، تأسست سنة 1998، القيمة السوقية: 2.349 تريليون دولار
أمازون الأمريكية للتكنولوجيا والتجارة الإلكترونية، تأسست سنة 1994، القيمة السوقية: 2.076 تريليون دولار
أرامكو السعودية، شركة نفطية أمريكية الأصْل تأسست سنة 1933، القيمة السوقية: 1.820 تريليون دولار
شركة ميتا (فيسبوك) الأمريكية للتكنولوجيا والتواصل « الإجتماعي »، تأسست سنة 2004، القيمة السوقية: 1.340 تريليون دولار
« تي إس إم سي » (TSMC) التايوانية لصناعة أشباه المواصلات، تأسست سنة 1987، القيمة السوقية: 953.25 مليار دولار
بيركشاير هاثاواي الأمريكية للإستثمارات، تأسست سنة 1839، القيمة السوقية: 880.10 مليار دولار
شركة إيلي ليلي (Eli Lilly)الأمريكية للأدوية والصيدلة، تأسست سنة 1876، القيمة السوقية : 818.92 مليار دولار
المصدر: منصة « كومبانيز ماركت كاب » (companiesmarketcap) بتاريخ الخامس من تموز/يوليو 2024
نلاحظ إن ثماني شركات – من عشرة – هي أمريكية، بحكم تطور الرأسمالية الإحتكارية في الولايات المتحدة، وإن القيمة السوقية لكل واحدة من هذه الشركات تفوق ميزانية حوالي 80% من دول العالم، مما يجعل هذه الشركات أكثر نفوذًا من أي دولة في إفريقيا ومن العديد من دول آسيا وأمريكا الجنوبية، كما نلاحظ وجود سبع شركات تكنولوجيا من عشرة، لأن القيمة الزائدة مرتفعة، وشركة واحدة تنتج الدّواء – ضمن قائمة العَشْر الكبار – ولا وجود لشركة واحدة تُنتج الغذاء أو التجهيزات الصناعية الضرورية للحياة اليومية
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Carlo Formenti-Luciano Canfora. Un historien « subversif ». Pour une lecture tendancieuse du « Dictionnaire politique minimal »

Luciano Canfora. Un historien « subversif » Pour une lecture tendancieuse du « Dictionnaire politique minimal » par Carlo Formenti
Prémisse
Luciano Canfora : Dizionario Politico Minimo, édité par Antonio Di Siena, Fazi, 2024
Le dictionnaire politique est un genre que l’industrie de l’édition spécialisée en sciences sociales a proposé assez fréquemment au cours des dernières décennies, un phénomène qui peut également être interprété comme une réaction à l’horror vacui généré par le retrait progressif de la politique – entendue comme une pratique visant à changer l’état actuel des choses – de l’horizon de la réalité postmoderne, car elle est progressivement surclassée par d’autres sphères de l’action humaine, à commencer par l’économie. C’est un genre que je n’aime pas particulièrement, car il est principalement pratiqué par des universitaires – philosophes, sociologues et politologues – qui ont tendance à neutraliser le caractère antagoniste du politique, en le « mettant » dans des lemmes bourrés de catégories abstraites et transhistoriques (sinon antihistoriques).
Cela dit, le « Dizionario politico minimo » de Fazi (édité par Antonio Di Siena) (1) vient de paraître, mais je l’ai beaucoup apprécié : d’abord, parce qu’il ne s’agit pas d’un « vrai » dictionnaire, dans le sens où l’éditeur, comme il l’explique dans l’introduction, a mené une longue interview avec Luciano Canfora, l’articuler sur une cinquantaine de mots-clés qui, plus que de vraies voix, sont des « stations » d’un voyage à travers les événements historico-politiques actuels (2) ; deuxièmement, parce que le regard de Canfora, en tant qu’historien, se concentre sur les faits au lieu de se perdre dans des dissertations abstraites ; Enfin, grâce au travail de l’éditeur (qui attribue également le mérite à la clarté de la présentation de l’interviewé), le texte est fluide et agréable à lire et – grâce aussi à sa longueur limitée – peut être dévoré en quelques heures.
Ce qui suit n’est pas une revue, mais une tentative d’extrapoler à partir du livre quatre chemins thématiques (opération exposée à des risques inévitables d’arbitraire et de tendanciosité) que j’ai « tirés » d’une trentaine d’entrées (en omettant les autres) en exploitant les redondances et les liens croisés qui les interconnectent. Ce sont quatre fils qui évoquent autant de grands courants– pour reprendre la définition de Jean-François Lyotard (3) – de la modernité politique : la démocratie, l’impérialisme, le fascisme, la gauche.
1. Démocratie
(voir démocratie, élections, élites, liberté, populisme, post-démocratie, propagande et liberté)
J’ai commencé par souligner que les philosophes sont souvent responsables des définitions transhistoriques des catégories politiques. C’est particulièrement vrai dans le cas du concept de démocratie, que beaucoup n’hésitent pas à décrire comme une catégorie universelle dont les « incarnations » historiques, de la Grèce antique à nos jours, présenteraient des affinités substantielles (4). Répondant aux demandes du commissaire, Luciano Canfora se distancie de cette approche en indiquant à plusieurs reprises comment le terme correspond à des réalités concrètes (historiques) radicalement différentes dans le temps et dans l’espace. À Athènes, comme dans la Rome antique, il n’y a jamais rien eu qui puisse être comparé, même de loin, aux (différentes) formes de démocratie moderne, à moins d’accepter l’idée que les institutions démocratiques peuvent être définies comme des institutions qui ont accordé à une infime minorité le droit de participer au processus décisionnel (pour alimenter le malentendu, note Canfora, la représentation, par les chefs jacobins, de la grande révolution bourgeoise comme un retour aux vertus politiques de l’antiquité classique).
Venant à nos jours, Canfora exploite les questions du commissaire pour démystifier l’opération idéologique qui interpose le double trait d’union du signe mathématique de l’égalité entre les termes de démocratie, de liberté et de capitalisme (marché libre). Que la démocratie et le capitalisme soient aux pôles opposés d’une contradiction est évident : alors que le second revendique le respect absolu de l’intérêt subjectif et individuel (identifié à la liberté d’initiative économique et au caractère sacré de la propriété privée), le premier est identifié à la décision collective et à la recherche du bien commun. Quant au caractère antithétique de la démocratie et de la liberté (entendue comme la liberté de l’individu de toute forme de limitation politique), ce n’est pas seulement Marx qui l’a mis en évidence, démontrant que l’homme libre est une simple abstraction philosophique (5), mais aussi des libéraux bourgeois comme Alexis de Tocqueville, qui ont anticipé (6) les préoccupations des fondateurs modernes du néolibéralisme (7) concernant les risques de « dictature de la majorité ».
Les passages dans lesquels la plus grande lucidité du regard historique émerge clairement par rapport aux lectures surdéterminées par l’abstraction philosophique et/ou l’idéologie sont, à mon avis, avant tout ceux consacrés au thème du rapport entre démocratie et représentation électorale. Canfora cite l’illusion (partagée par les pères fondateurs du marxisme eux-mêmes) que l’avènement du suffrage universel aurait déterminé l’inversion automatique du rapport de force dans la représentation politique (et donc dans les rapports de classe). L’illusion socialiste se reflétait dans l’inquiétude de leurs homologues bourgeois qui, comme on le sait, ont tout fait pour retarder l’extension du suffrage. Cependant, une fois la « catastrophe » survenue, il se rend compte qu’il peut facilement capter le consensus des classes moyennes qui cultivent l’illusion de pouvoir faire partie de l’élite.
En même temps, les dévots de l’illusion « électoraliste » ont été amenés à prendre note de la dure réalité que Lénine et Gramsci, entre autres, ont contribué à révéler : les idées des classes dirigeantes deviennent les idées dominantes de l’ensemble (ou de la grande majorité) du peuple. Un mécanisme qui reflète une vérité banale : ceux qui ont la force (et les outils : contrôle des médias, ressources économiques pour alimenter des campagnes de propagande massives, etc.) pour façonner l’opinion publique sont inexorablement destinés à gagner (avec tout le respect que je dois aux théoriciens de la communication qui théorisent la relative autonomie de l’opinion publique vis-à-vis des apports médiatiques (8)).
Là où l’hégémonie culturelle n’arrive pas, les règles du jeu sont manipulées : du double tour qui élimine de la compétition les « ailes extrêmes » (voir le cas français), aux dispositifs truqués fabriqués aux États-Unis qui régissent la « plus grande démocratie du monde » (dénoncée, entre autres, par Bernie Sanders (9)), destinés à assurer que la représentation soit systématiquement monopolisée par la minorité des super-riches, aux réformes « majoritaires » qui, dans notre pays, ont sabordé le système proportionnel pour piétiner la volonté du peuple et encourager l’abstention. En bref : nous sommes à des années-lumière de la grande illusion qui, entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, avait rêvé d’enterrer les élites bourgeoises sous une montagne de votes. Au point que Canfora peut se moquer du terme post-démocratie inventé par Colin Crouch (10), le définissant comme un concept qui a été dépassé par la réalité avant même qu’il ne puisse s’affirmer dans le débat théorico-politique.
Un peu plus haut, j’ai mentionné l’importance du rôle des classes moyennes dans la garantie de la base difficile (sinon insurmontable) du consensus pour les élites dirigeantes. À cet égard, Canfora cite la prolifération de nouvelles couches de classe (à la fois vers le haut et vers le bas, contredisant la prédiction de Marx d’une polarisation croissante entre les travailleurs et le capital) – un phénomène qui contribue à accroître la complexité de la lutte pour la conquête du consensus et qui, d’autre part, peut ouvrir des lueurs de contestabilité du pouvoir dans des situations de crise institutionnelle. C’est pourquoi il ne s’aligne pas sur le chœur des condamnations du « populisme ». Dans la situation susmentionnée d’articulation de la composition de classe, soutient-il, le mot peuple ne représente pas un recul idéologique par rapport au mot classe, mais peut plutôt contribuer à rassembler tous ces segments dans un nouveau projet politique (11). D’où la répulsion qu’il suscite dans les couloirs du pouvoir établi.
2. Impérialisme
(voir Chine, décolonisation, mondialisation, internationalisme, impérialisme, monde multipolaire, nation, patrie, révolution, souveraineté)
Extraire d’une série de passages éparpillés dans l’interview une esquisse d’une théorie de l’impérialisme serait trop (après tout, ce n’est pas ce que l’on peut attendre d’un texte qui nourrit des ambitions plus limitées). Pourtant, en creusant ici et là, il est possible de mettre en évidence un réseau d’idées significatives. Je vais essayer de les résumer à travers le schéma suivant par points.
a) En premier lieu, Canfora souligne la torsion – le changement de paradigme – que Lénine a imposée à la théorie marxiste. Il est vrai que beaucoup voient dans le Manifeste une brillante anticipation du processus que nous appelons aujourd’hui mondialisation, mais il ne faut pas oublier que Marx « a vu et décrit un monde il y a 150 ans », alors que c’est Lénine qui a diagnostiqué la réalité spécifique de l’impérialisme comme une expression du capitalisme tardif et de ses formes politiques et économiques. En particulier, Lénine était conscient du fait que dans les centres métropolitains, les classes subalternes partagent également les bénéfices liés à l’exploitation des colonies – un phénomène que Marx a pressenti lorsqu’il a été amené à prendre note de la façon dont l’oppression anglaise de l’Irlande rendait impossible une révolution prolétarienne en Angleterre, et que l’école de la dépendance (12) a approfondi depuis la Seconde Guerre mondiale. Chez Lénine, cette prise de conscience se traduit par l’exaltation du rôle stratégique des luttes de libération nationale dans la lutte anticapitaliste mondiale – à tel point que, après l’échec de la révolution en Occident, il commence à se tourner vers l’Asie pour préserver l’espoir d’une révolution mondiale.
b) En partant du nœud qui vient d’être souligné, Canfora fait une déclaration forte qui renverse les lectures dogmatiques (à la fois nostalgiques-hagiographiques et liquidatrices) de l’issue de la Révolution russe : ce grand événement historique, soutient-il, n’a pas coïncidé avec l’avènement du socialisme mondial, mais avec le réveil de l’Asie puis d’autres mondes dépendants, en un mot, c’est l’étincelle qui a déclenché le processus de décolonisation. La vérité historique de ce tournant historique est révélée par l’évolution de la Révolution chinoise : après les désastres du Grand Bond en avant et de la Révolution culturelle – associés au rêve maoïste d’une transition directe du sous-développement au socialisme – le Denghismo prend le relais, que l’on peut qualifier de gigantesque NEP (13) (imposée, comme celle voulue par Lénine un demi-siècle plus tôt, la nécessité de passer par une phase caractérisée par le capitalisme d’État et la réintroduction de fortes doses d’économie de marché). Est-il encore possible de parler de socialisme ? Canfora – contrairement à cet auteur (14) – ne s’exprime pas clairement sur la question, préférant parler de « national-socialisme » et comparant la voie chinoise à celle empruntée, entre autres, par Tito, Castro et Chavez, qu’il définit comme un choix obligatoire pour ceux qui veulent obtenir le consentement des populations qui aspirent à l’émancipation et à la rédemption nationale.
c) Que la décolonisation soit une nécessité patriotique, que le concept de patrie soit un carburant stratégique de mobilisation anti-impérialiste, et que toutes les luttes de libération nationale aient abouti à la naissance de nouveaux États-nations, sont des éléments indigestes pour une gauche occidentale ancrée dans le concept abstrait d’internationalisme. Malheureusement, note Canfora, avec une autre des affirmations fortes qui représentent le meilleur de cet entretien-dictionnaire, il faut admettre que les seuls vrais internationalistes sont les classes dirigeantes, pour qui la dimension mondiale, transnationale, mondiale ou quelle que soit la définition que l’on veut, est le terrain idéal sur lequel elles sont certaines de vaincre les classes subalternes, pour lesquelles c’est plutôt l’État-nation la seule dimension dans laquelle il est possible de défendre leurs intérêts et de gouverner le monde et société en cas de prise de pouvoir. Le drapeau de l’internationalisme, lorsqu’il est hissé par une nation dans laquelle la révolution a gagné, risque de légitimer les opérations impérialistes : de l’internationalisme jacobin transformé en impérialisme français par Napoléon, à l’internationalisme socialiste transformé en impérialisme russe par Staline. Quant à la gauche radicale italienne et à son idéologie anti-étatiste et antinationale, Canfora cite son échec face à la tragédie du néocolonialisme, témoin par la liquidation méprisante des luttes des peuples périphériques comme « tiers-mondistes », tout comme il cite l’idéologie ouvriériste de la « fin du travail », soulignant leur complicité de facto avec le néocolonialisme : l’illusion que la phase du non-travail est proche, Il soutient que c’est l’expression d’une situation de bien-être, « du privilège des zones qui se portent bien ».
3. Fascisme
(voir antifascisme, fascisme, Hitler, Mussolini, national-socialisme, Carnets de prison)
Je ne pense pas être loin de la vérité en disant que l’analyse du phénomène fasciste par Canfora doit beaucoup au concept de révolution passive de Gramsci. Un concept que la gauche et la philologie gramscienne des marxistes universitaires ont affaibli en proposant une lecture doctrinale, abstraite (c’est-à-dire en l’associant à la capacité « en général » des élites conservatrices à résoudre une crise en captant le consensus des classes subalternes par une propagande démagogique basée sur des slogans « populaires »). Inversement, Canfora « incarne » ce modèle abstrait dans l’histoire concrète des « révolutions » fascistes et nazies. C’est-à-dire qu’il n’ignore pas le fait que les fascistes et les nazis se présentaient à l’origine comme des mouvements anticapitalistes. Le programme des Fasci (fascistes) de 1919, écrit-il en particulier, avait des caractéristiques qui ne pouvaient être définies comme subversives (ce n’est pas un hasard si le Parti communiste, dans la clandestinité, a lancé un appel en 1936 – dont notre gauche n’aime pas se souvenir – « aux frères en chemise noire »).
Quant au national-socialisme, le second terme « socialisme » n’a pas été choisi au hasard, mais a servi à évoquer l’interconnexion programmatique entre la défense des intérêts nationaux et les politiques sociales. Une juxtaposition que les forces socialo-communistes abhorraient comme contraire aux dogmes de l’internationalisme. Ainsi, Mussolini a pu se présenter comme un socialiste qui respectait le sacrifice des masses populaires qui avaient payé un lourd tribut de sang pendant la Première Guerre mondiale, tandis que les communistes s’aliénaient les sympathies des vétérans en dénonçant ce sacrifice comme « inutile » et dénué de sens (voir le sectarisme démentiel qui empêchait les communistes d’accepter les offres d’alliance des Arditi del Popolo et voir, J’ajouterai, la critique que le dirigeant bolchevique Karl Radek a adressée au KPD, pour ne pas avoir été capable de lutter contre les nazis pour la capacité de mobiliser la colère du peuple allemand contre les conditions imposées à l’Allemagne par les puissances victorieuses (15)). Dépeindre Mussolini comme un clown et Hitler comme un fou sous-estime leur capacité politique à exploiter l’intérêt national comme levier de mobilisation de masse, ainsi que le fait que même la composante « socialiste » des révolutions passives en Italie et en Allemagne n’est pas réductible à une simple propagande : à leur manière, selon Canfora, l’IRI et les industries d’État représentaient une forme d’« État-providence » autoritaire et la politique économique du Troisième Reich, pourrions-nous ajouter, était caractérisée par des aspects non moins « keynésiens » que ceux du New Deal à l’étranger.
4. Gauche
(voir constitution, droits, Manifeste, Marx, politiquement correct, gauche, souveraineté)
Nous avons vu comment Canfora, en parlant de démocratie, souligne les différentes significations que le terme a prises au fil du temps (et assume dans le contexte des différentes approches idéologiques de ceux qui l’évoquent). De même, lorsqu’on lui demande de définir le sens du mot gauche, il commence par déclarer que, lorsque nous parlons de gauche, « nous ne sommes pas clairs sur ce dont nous parlons ». La nébulosité sémantique d’un concept historiquement associé (une association qui remonte à des temps lointains) à des partis et mouvements politiques qui visent à promouvoir les intérêts des classes subalternes, est devenue telle qu’elle peut servir de prêt-à-porter aux sujets les plus improbables.
Je me limiterai ici à souligner trois jugements – plus ou moins explicites – contenus dans le discours que Canfora consacre au sujet dans certains passages de son « dictionnaire minimal ». Le premier concerne le parcours historique qui a conduit ce qui était le plus grand parti communiste occidental à se suicider d’abord, puis à se transformer en une formation libérale. Le grand changement idéologique que Togliatti a imposé au PCI après la Seconde Guerre mondiale, qui peut se résumer dans les concepts de démocratie progressiste et de réformes structurelles, a offert un cadre idéal – même s’il ne légitimait pas directement – que ses successeurs ont exploité pour prendre une voie qui a fait de ce parti un parti radical de masse qui s’occupe des droits civiques et néglige les droits sociaux. Cette mutation est associée au processus parallèle – en l’occurrence de type structurel et non idéologique – qui s’est opéré dans la composition de classe de notre pays (et plus généralement dans les pays occidentaux, non moins intéressés par le phénomène de l’éclipse de la gauche). C’est le processus déjà évoqué dans les éléments analysés ci-dessus : c’est-à-dire l’expansion monstrueuse des classes moyennes, qui sont devenues un corps énorme qui comprend « les aristocraties ouvrières, la bourgeoisie déchue, les professions libérales, le crime organisé, le lobbying, la clientèle parlementaire », etc. Les forces socialo-communistes, ne sachant ni comment analyser ni être capables d’endiguer ce changement, se sont simplement adaptées à celui-ci, changeant leur propre base de référence électorale (nous savons bien, note Canfora, que ce qu’on appelait autrefois la gauche, et qui prône aujourd’hui les droits civiques comme principal combat, est aujourd’hui majoritairement composé de nantis).
De plus, la référence sociale que nous venons d’évoquer s’applique également à la « nouvelle gauche » qui, dans la seconde moitié du siècle dernier, s’est élue comme une alternative révolutionnaire à la gauche traditionnelle. C’est peut-être pourquoi le jugement de Canfora sur la soi-disant Nouvelle Gauche est encore plus sévère : c’était, dit-il succinctement, « une renaissance de l’anarchisme sous une forme puérile ». Cela est démontré par le choix de revendiquer, en opposition au réalisme et à l’opportunisme des formations « révisionnistes », la mise en pratique des aspects plus anciens (rendus insoutenables par la réalité historique) de l’utopie marxiste. Nous parlons de l’idée qu’il peut y avoir une fin à l’histoire, que l’État s’éteindra et que le travail se dissoudra. En épousant cette utopie, commente Canfora, Marx lui-même a fini par s’identifier à ces socialistes et anarchistes utopiques contre lesquels il avait tant tonné. Face à cette vision du XIXe siècle, Canfora réitère sa conviction que l’histoire ne s’arrêtera pas mais continuera à s’articuler dans une série de conflits toujours différents les uns des autres.
Je conclus par une question à partir de laquelle il ne m’est pas facile d’extrapoler un jugement clair de l’auteur (comme je l’ai fait jusqu’à présent, peut-être parfois en forçant ses intentions). Je fais référence aux passages dans lesquels Canfora fait allusion au caractère prétendument « subversif » de notre Charte constitutionnelle. En tant qu’historien, il ne peut manquer d’évoquer le compromis entre les différentes forces politiques qui a contribué à sa rédaction – un compromis qui reflétait l’équilibre d’après-guerre entre les deux blocs auxquels appartenaient les puissances victorieuses. Cela dit, il admet que, si l’on voulait appliquer l’article 3 (« Tous les citoyens ont une égale dignité sociale et sont égaux devant la loi, sans distinction de sexe, de race, de langue, de religion, d’opinion politique, de conditions personnelles et sociales »), il faudrait instaurer une véritable révolution sociale ; de même qu’elle admet que le contenu de l’article 5, qui consacre le principe selon lequel « il est du devoir de la République d’éliminer les obstacles qui entravent le plein épanouissement de la personne et la participation effective du travailleur à l’organisation politique du pays », est indubitablement subversif par rapport aux principes qui régissent l’ordre économique, social et politique actuel. Cher aux militants de ce qui reste de la gauche radicale, selon lequel un programme anticapitaliste pourrait encore se résumer aujourd’hui dans la demande de mettre en pratique les premiers articles de la Charte de 1948 ?
Comme mentionné ci-dessus, je ne sais pas comment donner une réponse sans équivoque à cette question (ou peut-être que je n’ai pas pu la saisir dans ce que j’ai lu). Ce qui me semble certain, c’est que Canfora, raisonnant sur la privation progressive du diktat constitutionnel par les gouvernements qui appliquent servilement les décisions de l’UE, reconnaît que notre pays (comme les autres membres de la Communauté) se trouve aujourd’hui sous le joug de ce qui est « à toutes fins utiles une charte qui vient d’en haut et qui gâche les constitutions nationales ». C’est pour cette raison que la question de la souveraineté nationale apparaît incontournable pour tout projet politique qui vise à recréer les conditions minimales pour pouvoir intervenir dans le rapport de force entre les classes sociales, malgré les anathèmes que les partis et les médias du régime, mais aussi certains opposants radicaux autoproclamés, lancent quotidiennement contre le soi-disant « souverainisme ».
Carlo Formenti : Luciano Canfora. Un historien « subversif » (sinistrainrete.info)
Notes
(1) Luciano Canfora, Dizionario politico minimo, (édité par Antonio Di Siena), Fazi, Rome 2024.
(2) Il s’agit d’une solution similaire à celle que l’écrivain a adoptée il y a quelques années en organisant un film-entretien avec Mario Tronti, publié par DeriveApprodi sous le titre « Abecedario ».
(3) J-F Lyotard, La condition postmoderne (trad. par Carlo Formenti), Feltrinelli, Milan 1980.
(4) Dans Le socialisme est mort. Viva il socialismo (Meltemi, Milan 2019) Je cite un exemple typique de cette tendance des philosophes à postuler une continuité substantielle entre la Grèce antique et le monde moderne (européen), un fil rouge qui relierait la civilisation grecque à l’Europe contemporaine, et plus généralement à l’Occident, et marquerait une distinction claire entre les nations et les peuples « philosophiques » et le reste du monde. Voir mon commentaire (pp. 187 et suiv.) sur l’article de Roberto Esposito « Europe et philosophie » (aut aut, n° 378, 2018).
5) Pour Marx, l’homme libre de la société bourgeoise est « l’homme replié sur lui-même, sur son intérêt privé et sur sa volonté privée, et isolé de la communauté » (Œuvres choisies, Editori Riuniti, Rome, pp. 961-962).
(6) Voir les remarques critiques de Tocqueville sur l’excès de démocratie qui caractérise les institutions américaines dans La democrazia in America, Rizzoli, Milan 1999.
(7) L’auteur contemporain qui a le plus radicalement dénoncé « l’excès de prétention » associé à la démocratie moderne est le gourou de la pensée néolibérale Friedrich von Hayek (voir, entre autres, La società libera, Rubettino 2011).
(8) La thèse selon laquelle l’effet manipulateur des médias est beaucoup moins efficace qu’on ne pourrait le penser a été, entre autres, par les philosophes et sociologues de la communication faisant autorité en Italie, d’Umberto Eco à Alberto Abruzzese.
(9) Je me réfère en particulier à la critique de Bernie Sanders sur les procédures des élections présidentielles américaines (voir An Outsider in the White House, Jaka Book, Misano 2016).
(10) Voir C. Crouch, Postdemocrazia, Laterza, Roma-Bari, 2003.
(11) Sur le débat théorique au sein de la gauche sur le concept de populisme, déclenché par les thèses du philosophe argentin Ernesto Laclau (voir La ragione populista, Laterza, Rome-Bari 2008 et Les fondements rhétoriques de la société, Mimesis, Milan 2017), l’écrivain est intervenu à plusieurs reprises (voir Le socialisme est mort…Op. cit. et Guerre et révolution, Meltemi, Milan 2023).
(12) Voir A. Visalli, Dipendenza, Meltemi, Milan 2020.
(13) Pour une reconstruction précise de l’histoire de la révolution chinoise et des réformes post-maoïstes des années 1970, voir D. A. Bertozzi, People’s China. Origines et chemins du socialisme à la chinoise, l’Antidiplomatico 2021. Sur la NEP dans la Russie révolutionnaire au début des années vingt, voir, entre autres, R. di Leo, L’esperimento profano, Futura, Rome 2011, voir aussi l’anthologie des écrits économiques de Lénine éditée par Vladimiro Giacché L’economia della rivoluzione, il Saggiatore, Milan 2017.
J’ai exprimé mes idées sur la nature socialiste de l’expérience chinoise dans le deuxième volume (« Éloge du socialisme imparfait ») de Guerre et Révolution, op. Cit.
(15) Radek soutenait que les communistes allemands devaient défendre les intérêts de l’Allemagne prostrée par les conditions imposées par les puissances victorieuses de la Première Guerre mondiale, dirigeant la colère populaire contre la bourgeoisie nationale (complice des victorieuses et coupable d’avoir entraîné le pays dans la guerre), contrairement aux nazis qui niaient la lutte des classes en attribuant la responsabilité du désastre aux Juifs.
Luciano Canfora (né à Bari, Italie, le 5 juin 1942) est un philologue classique, un historien et l’un des plus grands spécialistes italiens de l’Antiquité.
Professeur de philologie grecque et latine à l’Université de Bari et directeur scientifique de l’École Supérieure d’Études Historiques de Saint-Marin.
Depuis 1975, il dirige la revue Quaderni di storia.
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Joan Roelofs- Les bases civiles de l’OTAN


Pourquoi l’OTAN a-t-elle été si généralement acceptée en Europe par presque tous les grands partis politiques et, surtout, par les sociaux-démocrates ?
Ses coûts économiques, ses guerres d’agression illégales, ses dommages environnementaux et les risques d’anéantissement nucléaire semblent en faire un élément de 1° ordre. Il est peu probable que des militants politiques bien informés croient qu’une invasion de la Suisse ou du Danemark est imminente. Il existe d’importants mouvements anti-OTAN, tels que Non à la guerre, Non à l’OTAN, mais jusqu’à présent, ils n’ont pas été en mesure d’inverser la tendance.
Certaines raisons sont assez évidentes. Les liens militaires américains avec les ministères européens de la Défense et des Affaires étrangères ont commencé pendant la 2°Guerre mondiale.
Des lobbies ouvertement pro-OTAN tels que l’Atlantic Council et des groupes de réflexion nationaux, par exemple le Council on Foreign Relations (États-Unis), le British Royal Institute of International Affairs et leurs homologues de nombreux pays, ont mené une promotion de longue haleine. Il existe également une Association jeunesse du Traité Atlantique, un réseau d’organisations nationales de jeunes professionnels, d’étudiants universitaires et de chercheurs.
Le groupe secret Bilderberg exploite les élites politiques, économiques, universitaires et journalistiques des pays de l’OTAN. L’opération Gladio, l’opération Paperclip et d’autres ont maintenu des liens solides avec les agences militaires et de renseignement. Il y a également eu des interventions secrètes et ouvertes dans les partis politiques et les organisations non gouvernementales, comme le financement par la CIA du Parti démocrate-chrétien en 1948 pour vaincre le Parti communiste et l’ingérence dans le Parti travailliste britannique pour minimiser l’influence du Comité du désarmement nucléaire. Celles-ci ont également ouvert la voie à l’OTAN. L’Europe de l’Est a été encore plus facilement pénétrée par l’OTAN, après la dévastation de ses institutions économiques, culturelles et scientifiques.
Il y a eu des protestations constantes contre les bases de l’OTAN, mais leurs sympathisants moins bruyants apprécient les avantages économiques. Au début, dans l’Europe déchirée par la guerre, les nations libérées et occupées ont connu peu d’activité économique. Aujourd’hui, l’économie européenne est de plus en plus militarisée, ayant externalisé une grande partie de son industrie civile et faisant face à un déclin de son industrie touristique en raison des pandémies, des protestations des résidents locaux et des coûts environnementaux. Selon la fiche d’information de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) de 2024, la production d’armes s’est considérablement accélérée dans de nombreux pays européens, même si l’OTAN et les armées nationales s’équipent également royalement de produits américains. Les ventes au Moyen-Orient et dans d’autres zones touchées par la violence sont de bonnes affaires.
Aujourd’hui, les travailleurs, dont beaucoup sont syndiqués, et certains sont même socialistes et communistes, ont des emplois sûrs dans les industries de guerre et dans les industries militaro-civiles en plein essor.

Comme les Eriksson l’ont documenté :
L’industrie de la défense connaît des changements rapides, notamment en ce qui concerne le développement des technologies à double usage et le transfert de technologie entre les domaines militaire et civil. L’effacement du fossé entre militaires et civils est particulièrement perceptible avec le développement rapide de l’intelligence artificielle (IA), de la numérisation, de la technologie satellitaire, de l’informatique quantique intégrée, de la photonique, des communications sans fil à haute capacité et de la mise en réseau des «mégadonnées» grâce à la 5G – des développements qui ont été qualifiés de «quatrième révolution industrielle».
Tout comme ses bases militaires ont besoin de tout, les instituts de l’OTAN, les opérations, les conférences, les jeux de guerre et son quartier général surdimensionné à Bruxelles équipent et entretiennent tous les types d’entreprises. De nombreuses informations sont disponibles sur le site web de l’OTAN ; elle est également présente sur YouTube, LinkedIn, Facebook, Instagram et X (Twitter). La base de données des contrats de l’Agence OTAN de soutien et d’acquisition pour 2023 ne répertorie que les commandes d’une valeur supérieure à 80 000 euros. Il s’agit notamment de «consommables» d’une entreprise luxembourgeoise, de transports de tentes et de matériel de centre de conférence depuis la Belgique, de vêtements d’hiver de France, de vêtements «civils et mécaniques» d’Albanie, de matériel médical de Suède, de sacs étanches de Grande-Bretagne et de pièces de rechange provenant de fournisseurs de nombreux pays. Il ne fait aucun doute que même les petites entreprises fournissent un large éventail et, comme aux États-Unis, assurent la survie économique des propriétaires, des travailleurs et des communautés (voir The Trillion Dollar Silencer). Les offres supérieures à 800 000 € comprennent des structures de traitement médical d’une entreprise italienne, des services de formation (Pays-Bas et Espagne) et des lits de camp militaires et des moustiquaires (Italie et Turquie). Bien que les dépenses les plus importantes dans les deux listes soient les dépenses d’armement, des entreprises qui sont souvent le moteur économique – ou plutôt le sang mortel – de leurs communautés, les achats plus petits (mais pas mesquins) peuvent influencer de nombreux citoyens et leurs représentants élus.

Les opérations de formation et de recherche de l’OTAN impliquent des universités civiles, qui ont de plus en plus de départements militaires, ainsi que des académies militaires nationales. Il existe même des programmes de formation dans des écoles secondaires publiques, par exemple en Suède, en Allemagne et en France (Cadets de la défense). En outre, le ministère américain de la défense a conclu des contrats directs avec des universités et des instituts scientifiques du monde entier, en particulier pour le développement d’armes, les nanotechnologies et les biotechnologies. L’OTAN dispose également de plusieurs niveaux d’entités de formation qui lui sont propres. L’une d’elles est constituée par les centres de formation et d’entraînement du Partenariat Training and Education Centres, répartis dans 34 pays membres et partenaires (c’est-à-dire qui ne sont pas membres à part entière). En voici quelques exemples :
Suisse, Centre de politique de sécurité de Genève ; Israël, Académie de médecine militaire de Tsahal ; Serbie, Centre de formation chimique, biologique, radiologique et nucléaire ; Mongolie, Centre des opérations de soutien de la paix ; Colombie, Centre international de déminage ; Italie, Institut international de droit humanitaire ; et Royaume-Uni, Académie de défense du Royaume-Uni.
Un autre réseau de l’OTAN est celui des 28 Centres of Excellence, qui sont des «organisations militaires internationales qui forment et entraînent des dirigeants et des spécialistes des pays membres de l’OTAN et des pays partenaires». Ils sont financés au niveau national et accrédités par l’OTAN. Ils sont financés au niveau national et accrédités par l’OTAN. Certains d’entre eux sont la coopération civilo-militaire, l’un des 2 aux Pays-Bas ; la gestion des crises et la réaction aux catastrophes, en Bulgarie ; la modélisation et la simulation, l’un des plusieurs en Italie ; les communications stratégiques, en Lettonie ; le changement climatique et la sécurité, au Canada ; et la sécurité maritime, en Turquie. Cette dernière est décrite comme suit :
Fournir une expertise à la fois en tant que centre de recherche académique et en tant que pôle (multinational) de formation pratique dans le domaine de la sécurité maritime, ainsi que dans les domaines pertinents (commerce maritime, sécurité énergétique, environnement maritime, ressources maritimes, santé publique, transport maritime-logistique). Le Centre s’efforce d’assurer la collaboration nécessaire entre les intervenants du gouvernement, de l’industrie, du milieu universitaire et du secteur privé.
L’énorme département Diplomatie civile de l’OTAN travaille sur tous les médias imprimés et électroniques. Ses tournées de presse permettent aux journalistes de «naviguer à bord du porte-avions USS George H.W. Bush sur la mer Adriatique» et de «se mêler aux experts du contre-terrorisme dans une station de métro de Rome, en Italie». Le département accueille également les demandes de subventions de groupes de réflexion, d’universités, d’ONG et d’autres organisations de la société civile «allant d’idées originales et non traditionnelles à des formats plus institutionnels». Une attention particulière devrait être accordée à la sensibilisation des jeunes, des femmes et des principaux faiseurs d’opinion, y compris ceux qui n’ont jamais eu de contacts avec l’OTAN auparavant.
Comme le note Merje Kuus :
En plus de la division de diplomatie publique de l’OTAN, le message de l’Alliance est produit et projeté par une multitude d’ONG qui collaborent avec l’OTAN mais ne lui sont pas affiliées. Financés par les ministères nationaux des Affaires étrangères et de la Défense, la Division Diplomatie publique de l’OTAN et des entreprises privées, ils organisent un large éventail d’activités destinées à populariser l’OTAN au sein et au-delà de ses États membres.
L’influence moins évidente de l’OTAN peut provenir de sa pénétration accélérée des institutions civiles : l’éducation, le divertissement, les adolescents «influenceurs», les festivals, les organisations non gouvernementales, et même les mouvements progressistes et de défense des droits de l’homme. L’OTAN se présente simplement comme la 1° association de nations démocratiques, ce qui était apparemment très persuasif dans les régimes d’Europe de l’Est qui tentaient de se défaire de l’étiquette «totalitaire».

La photo ci-dessus, prise lors du sommet de l’OTAN de 2022 à Madrid, représente des femmes ministres des Affaires étrangères et de la Défense, du Canada, de la Norvège, de la Suède, du Royaume-Uni, de l’Islande, de la Slovénie, de l’Allemagne et de la Belgique.
Ces liens étroits se sont poursuivis, mettant maintenant l’accent sur le nouveau visage féministe de l’OTAN, à savoir l’agenda des femmes, de la paix et de la sécurité. La journaliste Lily Lynch rapporte :
En janvier 2018, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a tenu une conférence de presse sans précédent avec Angelina Jolie. Alors qu’InStyle a rapporté qu’elle «était vêtue d’une robe fourreau noire à épaules dénudées, d’une capelette assortie et d’escarpins classiques (également noirs)», il y avait un but plus profond à cette rencontre : la violence sexuelle en temps de guerre. Les 2 hommes venaient de co-écrire un article pour le Guardian intitulé «Pourquoi l’OTAN doit défendre les droits des femmes?». Le moment était significatif. À l’apogée du mouvement #MeToo, l’alliance militaire la plus puissante du monde était devenue une alliée féministe. «Mettre fin à la violence sexiste est une question vitale de paix et de sécurité ainsi que de justice sociale», ont-ils écrit. «L’OTAN peut jouer un rôle de 1° plan dans cet effort». Une étude de Katharine AM Wright, explorant la légitimité donnée à l’OTAN par la participation surprenante des groupes de défense des droits des femmes à ses activités, a révélé que certains militants soutenaient que cela permettait aux féministes de «conseiller» l’OTAN, «de lui faire entendre des choses qu’elles n’entendent pas habituellement» et de «dire la vérité au pouvoir».
Alors que le changement climatique fait partie de la liste des menaces graves pour la sécurité de l’OTAN, les écologistes prennent la parole lors des conférences de l’OTAN et vice versa, siègent à des conseils consultatifs et interagissent officiellement de nombreuses façons. Par exemple, la réunion de 2020 du Dialogue de Bruxelles sur la diplomatie climatique et du Centre de ressources pour l’environnement et le développement a été accueillie par l’Unité de planification politique du Cabinet du secrétaire général de l’OTAN.

En plus de l’Association du Traité de l’Atlantique de la jeunesse, plus traditionnelle, l’OTAN a récemment créé des activités pour les jeunes qui sont plus câlines. Sa campagne 2022 «Protégez l’avenir» a recruté : 12 jeunes créateurs en ligne d’Allemagne, de Hongrie, de Lettonie, d’Espagne, du Royaume-Uni et des États-Unis. Pour en savoir plus sur le travail de l’Alliance, les créateurs ont rencontré le secrétaire général en mai ; se sont rendus au Sommet de Madrid en juin ; ont visité le porte-avions américain USS George H.W. Bush en octobre ; et ont participé à une mission d’entraînement AWACS en novembre. Selon l’OTAN, 300 000 engagements sur les réseaux sociaux ont touché plus de 9 millions de jeunes.
Dans le cadre d’un autre volet de cette campagne, «de jeunes artistes de toute l’Alliance ont participé à un concours ouvert pour contribuer à la création du tout 1° roman graphique de l’OTAN, Protégeons l’avenir». 6 jeunes artistes ont été sélectionnés pour travailler avec des professionnels afin de produire le livre. Pour la multitude, un sommet de la jeunesse a été organisé, auquel ont participé 35 000 personnes de 99 pays.
À l’occasion du tournoi de jeux de l’OTAN [2023] à Varsovie (Pologne), des milliers de joueurs de toute l’Alliance et du monde entier se sont rassemblés pour jouer à des jeux en ligne et discuter avec des experts du siège de l’OTAN. L’ambiance dans la chambre est décontractée et détendue. Les jeunes joueurs de Varsovie côtoient des artistes, des soldats et des experts de l’OTAN. Dans un coin, les troupes du groupement tactique multinational de l’OTAN en Pologne jouent à des jeux de console vintage, notamment Street Fighter et Super Mario. Dans un autre domaine, les joueurs écrasent des boutons sur de vieux jeux d’arcade comme Pac-Man.
Les arts ne sont pas négligés. L’OTAN parraine des expositions, des peintures murales et des concours :
Vous êtes un artiste de moins de 35 ans ? Vous avez l’esprit créatif et vous souhaitez que vos œuvres d’art soient exposées dans un lieu permanent à Washington, où l’OTAN célébrera le 75e anniversaire de l’Alliance ? Soumettez votre travail au concours de peintures murales de l’OTAN, l’occasion de mettre en valeur votre talent et votre vision artistique de l’avenir. Le gagnant aura l’occasion de travailler avec un artiste de rue local pour présenter sa peinture murale de manière permanente sur un mur de la ville.
Dans le cadre de cette compétition, les jeunes talents auront l’occasion de produire une image emblématique pour l’anniversaire de l’OTAN dans le cadre de sa campagne «Protégeons l’avenir».
À l’ère de la gouvernance en réseau, il n’est pas surprenant que l’OTAN entretienne des liens étroits avec l’Union européenne (y compris son Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe et son Agence européenne de défense), les Nations Unies, le Conseil de l’Europe et de nombreuses autres organisations intergouvernementales. Ceux-ci sont à leur tour étroitement liés à des organisations internationales (par exemple, le Forum économique mondial, Amnesty International) et à des milliers d’organisations non gouvernementales nationales (par exemple, le Council on Foreign Relations), de fondations et de sociétés commerciales. Zbigniew Brzezinski a noté dans Le Grand Échiquier :
Au fur et à mesure que l’imitation des coutumes américaines envahit le monde, elle crée un cadre plus propice à l’exercice de l’hégémonie américaine indirecte et apparemment consensuelle. Et comme dans le cas du système intérieur américain, cette hégémonie implique une structure complexe d’institutions et de procédures imbriquées, conçues pour générer un consensus et masquer les asymétries de pouvoir et d’influence.
Le personnel des organisations intergouvernementales est tenu d’être politiquement neutre. Cependant, il y a aussi des pressions sur les organisations non gouvernementales progressistes ou de gauche pour éviter la confrontation ou la forte dissidence avec les participants à la conférence ou tout membre du «partenariat».
La taille même de cette ruche monumentale d’associations, y compris les représentants, le personnel, les groupes de travail des experts universitaires et autres, les ONG et les entrepreneurs, peut en soi affecter la composition des partis politiques européens. Bien que je n’aie trouvé aucune preuve jusqu’à présent, peut-être y a-t-il eu une «fuite des cerveaux» des militants progressistes vers le travail plus prometteur, intéressant et souvent rémunéré de ces institutions, comparé aux maigres récompenses des partis politiques locaux. Il pourrait s’agir d’un autre facteur du soutien passif ou actif à l’OTAN en Europe. Pourrait-il y avoir des universitaires, des journalistes ou des militants qui explorent cette possibilité ?
source : Histoire et Société
« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »
– Keiko, Londres
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– Sarah, New York
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– Olivia, Paris
