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  • Laurent Guyénot- Christianisation et dépaganisation de l’Empire Romain (1ère partie)

    Laurent Guyénot- Christianisation et dépaganisation de l’Empire Romain (1ère partie)

    Sous mon article «The Satanic False Flag» paru sur unz.com, un commentateur me reproche de ne pas avoir compris que «le christianisme s’est répandu par adoption volontaire» et que cette «adoption volontaire» prouve la supériorité du christianisme, qui constitue «une bien meilleure compréhension de la transcendance par rapport à d’autres croyances». En conclusion, «le rejet du Christ est une folie et ne peut pas améliorer la situation dans laquelle se trouve l’Occident».

    Ce sont des points importants à discuter. En ce qui concerne la dernière affirmation, ma position est qu’il est vital, non seulement pour l’amélioration, mais pour la survie de la civilisation occidentale d’aller au fond de la question juive, et le fond de la question juive est le Dieu juif (le dieu d’Israël qui prétend être Dieu qui prétend avoir choisi les juifs). Nous ne pouvons donc pas faire l’économie d’une critique du christianisme et de la chrétienté. La question chrétienne est tout simplement l’autre face de la question juive : c’est la question de la vulnérabilité de la chrétienté au pouvoir juif, et c’est aussi la question de la contribution du christianisme au pouvoir juif.

    Cependant, une critique du christianisme ne signifie pas «le rejet du Christ». Cela peut signifier au contraire la libération du Christ.

    J’insiste : Je ne confonds pas le Christ et le christianisme. En fait, mon sujet n’est même pas le christianisme en tant que tel : c’est le processus par lequel un certain christianisme est devenu la religion obligatoire et exclusive de tous les Européens, et les conséquences à long terme de ce processus.

    Je ne cherche pas à déranger qui que ce soit dans sa foi ancestrale. Ce qui m’importe, c’est de comprendre la civilisation à laquelle j’appartiens, comment elle en est arrivée à ce niveau de judaïsation et de corruption morale, et ce que l’on peut faire pour y remédier.

    Le christianisme est la religion institutionnelle formalisée pour la première fois sous Constantin le Grand (Concile de Nicée, 325). Est-il vital pour la civilisation occidentale ? J’en doute, et j’ai expliqué pourquoi dans «Le génie helléno-romain de la Renaissance» : la grandeur de la civilisation occidentale, dans les domaines de la science, de la philosophie, de l’art et de la politique, découle principalement de sa racine helléno-romaine.

    La conception chrétienne de la transcendance est-elle supérieure à celle des autres religions ? Je ne le pense pas, et j’ai défendu ce point de vue dans «L’Arbre philosophal et le dieu jaloux». Je vais continuer à creuser ces questions essentielles.

    Dans le présent article et les suivants, je réfuterai la théorie selon laquelle «le christianisme s’est répandu par adoption volontaire». Je montrerai que, depuis l’époque de Constantin le Grand, alors que les chrétiens ne représentaient pas plus de deux pour cent de la population impériale totale1, le christianisme a été imposé aux Romains et aux Barbares par la propagande, l’intimidation, la pression politique et fiscale, la persécution judiciaire, les conquêtes militaires, les massacres, le pillage et la destruction des temples, et d’autres formes de terrorisme d’État. La question de savoir si cela a été pour le bien des Européens et de l’humanité est une autre question, que je réserve pour plus tard.

    Cet article est le premier d’une série qui comprendra une douzaine ou plus d’articles traitant de la christianisation de l’Europe, un processus qui doit être décomposé en plusieurs étapes : la propagation précoce du christianisme, la conversion de Constantin (et de ses fils), la conversion de l’aristocratie et de la bureaucratie romaines, la conversion des communautés paysannes, et la conversion des barbares. Je traiterai ces sujets dans un ordre différent. J’aborderai également des questions telles que : Qu’est-ce que le «paganisme» (De quoi les Romains ont-ils été convertis) ? Le christianisme a-t-il contribué à la chute de Rome (comme le suggère Edward Gibbon) ? Le christianisme a-t-il été bénéfique pour les juifs ? Le christianisme a-t-il favorisé l’unité ou la division de l’Europe ? Dans quelle mesure le catholicisme des campagnes prémodernes était-il «païen» ? Jésus peut-il nous aider, et quel Jésus ? Au gré de l’inspiration, je réfléchirai à l’influence du christianisme sur les conceptions européennes de la vérité, de l’individu, de l’humanité, de la judéité, de la race, du sexe, de la filiation, de la vengeance, de la maternité, etc..

    L’idée que la christianisation a été un processus pacifique (parce que le christianisme est une religion pacifique) est, bien sûr, la thèse des historiens ecclésiastiques, à commencer par le conseiller de Constantin, Eusèbe de Césarée, qui admet n’avoir écrit que ce qu’il jugeait «utile» (vous n’apprendrez pas de lui que Constantin a assassiné son beau-père, sa femme et son fils)2. Comme les historiens ont peu d’autres sources écrites primaires, ils ont eu tendance à répéter ce qui s’apparente à de l’apologétique ou à de la propagande chrétienne. En fait, jusqu’au XIXe siècle, les historiens séculiers préféraient laisser le sujet de la christianisation aux «historiens de l’Église», qui étaient, à quelques exceptions près, des théologiens formés dans les séminaires. Une histoire plus objective de la christianisation a commencé à la fin du XIXe siècle (notamment avec Ernest Renan en France)3, mais ce n’est que depuis la seconde moitié du XXe siècle que des historiens rigoureux nous donnent une image fiable, grâce à une approche plus critique des sources chrétiennes, à une plus grande attention portée aux rares sources païennes, à une meilleure prise en compte des facteurs politiques, économiques et même militaires, et aux nouveaux apports de l’archéologie et de l’épigraphie.

    Même un historien plutôt conservateur et favorable au christianisme comme Richard Fletcher, qui dans The Conversion of Europe prétend expliquer le «processus de l’acceptation du christianisme», doit commencer par évoquer l’importance décisive du soutien impérial dans cette «acceptation» :

    «Constantin n’a pas fait du christianisme la religion officielle de l’empire romain, bien que cela soit souvent dit de lui. Il a simplement fait de l’Église chrétienne le bénéficiaire privilégié des ressources quasi illimitées de la faveur impériale. Une nouvelle et gigantesque église Saint-Pierre fut construite à Rome, sur le modèle des basiliques utilisées pour les salles du trône impérial, comme celle qui subsiste à Trèves. Le siège de Rome reçut d’importantes dotations foncières et l’une des résidences impériales, le palais du Latran, pour loger son évêque et son personnel. Constantinople, fondée en 325, devait être une ville résolument et exclusivement chrétienne, même si elle était embellie par des statues païennes pillées dans les temples des provinces orientales. Jérusalem fut dotée d’une splendide église du Saint-Sépulcre. L’Église chrétienne et son clergé bénéficiaient de privilèges et d’immunités juridiques. L’empereur prit une part active aux affaires ecclésiastiques, convoquait et assistait aux conciles, participait aux débats théologiques, et tentait de régler les querelles et les controverses».4

    Le soutien de l’empereur au christianisme s’étend naturellement à la promotion des chrétiens à tous les postes prestigieux et lucratifs de l’administration. Comme l’écrit Ramsay MacMullen dans Christianizing the Roman Empire (A.D. 100-400) :

    «les gens adhéraient à l’Église en partie pour devenir riches, ou en tout cas moins pauvres. C’était un motif supposé par les contemporains. Il n’était pas nécessaire de l’expliquer et il n’y avait pas lieu de s’en vanter. C’est pourquoi les témoignages explicites du type «Je me dis chrétien parce que je n’ai pas les moyens de ne pas l’être» font défaut. Mais l’idée a dû être présente».5

    Mais la promotion du christianisme n’était qu’un aspect de l’histoire. La discrimination à l’égard des autres religions en était l’autre facette. La construction et l’ornementation d’églises somptueuses se faisaient aux dépens des temples païens, qui étaient privés de fonds publics, expropriés ou détruits. Diana Bowder écrit dans The Age of Constantine and Julian :

    «en 331, l’épuisement du trésor public par les travaux de Constantinople et par son extravagante générosité [envers l’Église] a conduit Constantin à ordonner un inventaire général des biens, et probablement des revenus, des temples païens ; ce fut l’occasion de les dépouiller de leur or et de leur argent et d’objets tels que les portes et les tuiles en bronze. Les empereurs précédents, des païens, avaient mis la main sur les trésors des temples lorsqu’ils en avaient besoin, mais cette fois-ci, il y avait un élément intentionnel de dérision, car le placage en or des images de culte était enlevé, de sorte que les matériaux de rembourrage étaient exposés au mépris public. Les terres appartenant aux temples ont également été confisquées, et les sanctuaires les plus importants ont ainsi perdu une grande partie de leurs moyens de subsistance. Un grand nombre de statues – y compris des statues de culte – emportées pour décorer Constantinople ont probablement été pillées à cette époque. Plusieurs temples importants ont même été fermés».6

    Le pillage des temples s’intensifie sous les fils de Constantin, Constance et Constance, encouragés par des chrétiens fanatiques comme Firmicus Maternus : «Enlevez, oui, enlevez calmement, très saints empereurs, les ornements des temples. Laissez le feu des ateliers de monnaie ou le brasier des fonderies les faire fondre, et confisquez toutes les offrandes votives pour votre usage personnel» (De l’erreur des religions profanes, XI).7

    La ruine physique du paganisme a atteint sa phase finale sous Théodose Ier (379-395). Voici les conclusions de MacMullen dans Christianizing the Roman Empire :

    «Précédée par le pillage des temples par Constantin, par des explosions de destruction occasionnelles enregistrées dans les provinces orientales et (attestées archéologiquement) dans les provinces septentrionales, une phase d’attaques physiques nettement plus tranchantes ne peut être perçue qu’à partir de 380. La mission devait être terminée. Les chefs de famille et les propriétaires de grands domaines sont exhortés en chaire à se mettre au travail. Ils doivent utiliser tous les moyens de persuasion : la carotte et le bâton. Des lois visent les lieux de culte non chrétiens, afin d’en réduire l’accès pour les cultes. Et, avec plus d’une longueur d’avance sur toutes les lois, sortis des monastères et des basiliques, sous le regard bienveillant des unités militaires, les zélateurs de la conversion descendent dans la rue ou sillonnent les campagnes, détruisant sans doute plus de trésors architecturaux et artistiques que tous les barbares de passage par la suite. (…), une fois la leçon terminée, moines et évêques, généraux et empereurs avaient chassé l’ennemi de notre champ de vision. Ce que nous ne pouvons plus voir, nous ne pouvons plus le rapporter. C’est donc ici que se termine mon livre».8

    Ramsay MacMullen est l’un des meilleurs historiens de la christianisation de l’Empire romain et, outre Christianizing the Roman Empire (A.D. 100-400), je recommande vivement ses deux autres ouvrages majeurs : Paganism in the Roman Empire (A.D. 100-400), et Christianity and Paganism in the Fourth to Eighth Centuries.

    Ce qu’il faut retenir de tout cela, c’est que la conversion au christianisme ne signifiait pas simplement l’acceptation d’une nouvelle religion ; elle signifiait le rejet de toutes les autres pratiques et croyances cultuelles, parce que tous les autres dieux étaient déclarés être des démons sataniques conspirant pour asservir les humains et les conduire en enfer.

    Le christianisme avait été interdit par Dioclétien précisément en raison de l’irrespect manifeste des chrétiens envers les protecteurs divins de l’Empire. Lorsque Constantin a inversé cette politique et rendu le christianisme légal (Édit de Milan, 313), il n’a pas rendu les autres cultes illégaux, mais dix ans plus tard, sa «déclaration de tolérance» sonnait déjà moins tolérante : «Que ceux qui sont encore aveuglés par l’erreur soient donc accueillis dans le même degré de paix et de tranquillité que ceux qui croient»9. Après Constantin, la politique religieuse impériale s’est de plus en plus concentrée sur l’idée que les temples, les rites et les croyances non chrétiens étaient offensants pour le vrai et seul Dieu, et devaient donc être traités comme un risque pour la sécurité de l’Empire. Plus l’Empire devenait chrétien, plus il devait se montrer destructeur des autres cultes, non pas en vertu de la nature de l’Empire, mais en vertu de la nature du christianisme.

    Le christianisme avait appris de la religion d’Israël que tous les dieux autres que le Dieu révélé dans la Bible étaient des démons. Jusqu’à Jésus-Christ, seul le peuple juif connaissait Dieu, qui s’était révélé à Abraham puis à Moïse. Toutes les autres nations ignoraient Dieu, et les dieux qu’elles adoraient étaient en fait des démons qui se faisaient passer pour des dieux – non pas des daimones au sens grec d’«esprits», qui pouvaient être bons ou mauvais, mais des agents du Diable, de Lucifer, du Serpent qui avait trompé Adam et Ève et les avait détournés de Dieu. Comme je l’ai souligné dans «Belzébuth pour les nuls», le grand Dieu des Cananéens a eu l’honneur de devenir le Diable lui-même, sous le nom de Beelzebul ou Belzébuth, bien qu’il n’y ait aucune source indiquant qu’il ait ordonné des génocides ou des massacres de prêtres.

    Les missionnaires chrétiens ont dénoncé les dieux du «paganisme» comme étant des crypto-démons. Ils ne prétendaient pas que le Christ les avait détruits – car alors il n’y aurait plus besoin du Christ – mais que le baptême et la messe vous purifieraient et vous protégeraient d’eux. La victoire finale n’interviendrait qu’à la fin des temps, sans cesse repoussée. Entre-temps, les démons habitaient tous les temples, et se logeaient même dans les statues des divinités, qu’il fallait donc exorciser en leur crevant les yeux, en les mutilant et en les marquant de la croix sur le front. Un genre particulier d’histoire de miracles raconte que des démons s’échappent des statues en les faisant exploser en mille morceaux à la simple vue d’une croix (par exemple La Vie de Porphyre de Gaza, 61), mais en général, il fallait l’aide d’un burin et d’un marteau.

    Dans leur complot contre les humains, les anges déchus avaient réussi à imiter le salut chrétien avant même qu’il ne soit disponible, grâce à leur prescience démoniaque du plan de Dieu. C’est ainsi que les théologiens répondaient aux païens qui accusaient les chrétiens de plagiat. Par exemple, les similitudes entre le mithraïsme et le christianisme, tant dans leurs mythes que dans leurs sacrements, étaient dues à l’imitatio diabolica de Mithra, selon Tertullien de Carthage. Eusèbe de Césarée a développé cette théorie du complot satanique dans ses Problèmes et solutions de l’Évangile (Quaestio 124, Adversus Paganos) :

    «Mais le diable – je veux dire Satan – pour donner quelque autorité à ses tromperies et colorer ses mensonges d’une fausse apparence de vérité, a usé de son pouvoir, qui est réel, pour instituer des mystères païens pendant le premier mois, au cours duquel il sait que doivent être célébrées les saintes cérémonies du Seigneur. Il a ainsi enchaîné leurs âmes dans l’erreur, et cela pour deux raisons : d’abord parce que le mensonge anticipait sur la vérité ; la vérité apparaissait donc comme un mensonge, l’antériorité même créant un préjugé contre elle ; ensuite parce que, dans le premier mois où les Romains observent l’équinoxe comme nous, cette observation s’accompagne pour eux d’une cérémonie dans laquelle ils prétendent obtenir l’expiation par le sang, comme nous l’obtenons par la croix. Grâce à cette ruse, le démon tient donc les païens dans l’erreur ; ils s’imaginent que la vérité, qui est la nôtre, n’est pas la vérité, mais une imitation, forgée par quelque superstition pour leur faire concurrence. ‘Car il est impossible, affirment-ils, de tenir pour vraie une invention qui vient après coup».10

    En conclusion, il faut comprendre qu’il est dans la nature même du christianisme de lutter à mort contre les autres cultes, et dès que Constantin a apporté son soutien au christianisme, il a enclenché le processus qui ne pouvait que conduire à la défaite et à la mort du paganisme. À l’époque, être chrétien signifie être un soldat du Christ, engagé dans une guerre d’extermination contre les dieux. Construire l’Église, c’est détruire les temples. «C’est ce résultat, la destruction, que les non-chrétiens de l’époque percevaient comme spécifiquement chrétien, écrit MacMullen, et c’est ce résultat qui, à son tour, a donné un sens si grave, du point de vue païen comme du point de vue chrétien, aux vagues successives de persécution. Ce furent autant de vagues de désespoir».11

    Pourquoi le désespoir ? Parce que sous le terme péjoratif de «paganisme», les chrétiens s’attaquaient en fait au fondement même de toute activité sociale. La christianisation/dépaganisation a été une opération d’ingénierie sociale d’une violence inouïe.

    Il n’y avait pas un banquet, une fête ou une réunion à laquelle les dieux n’étaient pas conviés. Les enceintes des temples servaient d’auberges, de théâtres, de places de marché, d’hospices pour les pauvres et de centres médicaux. Toute forme d’art était religieuse. On estime à 30 000 le nombre de statues de divinités dans l’Empire romain12. MacMullen écrit dans Paganism in the Roman Empire :

    «Toute la gamme des instruments de musique connus était mise au service des dieux dans un culte ou un autre, de même que tous les styles imaginables de danse et de chant, de spectacle théâtral, d’hymne en prose, de conférence ou de traité philosophique, de vulgarisation, d’édification, et ainsi de suite – en somme, toute la culture. La même conclusion peut être exprimée de manière négative : enlevez des arts de ces siècles tout ce qui n’était pas largement consacré à la religion, et le cœur de la culture a disparu».13

    Chaque voyage, même à des fins commerciales, était l’occasion de visiter un sanctuaire local, et les foires religieuses attiraient des personnes de tous horizons venant de dizaines, voire de centaines de kilomètres à la ronde. «Quelle que soit leur taille ou leur zone d’attraction, elles constituaient l’un des principaux moyens d’introduire quelqu’un dans un monde plus vaste que celui dans lequel il était susceptible de passer sa vie professionnelle».14

    L’une des plus émouvantes défenses du paganisme est la lettre adressée par le rhéteur païen Libanius à l’empereur Théodose le Grand en 386 (Oration XXX, «Pro Templis», 8-10), plaidant pour la préservation des temples contre la prédation des moines chrétiens qui, selon lui,

    «s’empressent d’attaquer les temples avec des bâtons, des pierres et des barres de fer, et dans certains cas, au mépris de ceux-ci, avec les mains et les pieds. Il s’ensuit une désolation totale, avec le démantèlement des toits, la démolition des murs, l’arrachage des statues et le renversement des autels, et les prêtres doivent se taire ou mourir. Les prêtres doivent se taire ou mourir. Après avoir démoli l’un d’entre eux, ils se précipitent sur un autre, puis sur un troisième, et les trophées s’empilent les uns sur les autres».

    Libanius se souvient avec nostalgie de l’époque où les temples, innombrables, étaient partout «une sorte de recours commun pour les gens dans le besoin». Ils sont «l’âme de la campagne», dit-il ;

    «Ils marquent le début de son peuplement et ont été transmis de génération en génération jusqu’aux hommes d’aujourd’hui. C’est en eux que les communautés agricoles placent leurs espoirs pour les maris, les femmes, les enfants, pour les bœufs et la terre qu’ils sèment et plantent. Un domaine qui a tant souffert a perdu l’inspiration des paysans et leurs espoirs, car ils croient que leur travail sera vain si on leur enlève les dieux qui dirigent leurs travaux vers leur fin. Et si la terre ne jouit plus des mêmes soins, le rendement ne peut plus être le même qu’auparavant et, dans ce cas, c’est le paysan qui s’appauvrit et le revenu qui est mis en péril».

    En résumé, commente MacMullen, «l’ancienne religion convenait très bien à la plupart des gens. Ils l’aimaient, lui faisaient confiance, y trouvaient leur compte et résistaient ainsi au changement, quelle que soit l’éloquence ou la férocité des pressions exercées sur eux».15

    Ceux que les chrétiens appelaient «païens» (ce qui signifie «paysans» ou «gens de la campagne») ne partageaient pas tous une même religion au sens où on l’entend aujourd’hui : le paganisme était une multitude de cultes, de sanctuaires, de rites, de mythes et de croyances. Certains dieux avaient la réputation d’être jaloux, mais jusqu’à l’adoption du christianisme comme religion d’État, les Romains considéraient que la liberté de culte allait de soi. Rome avait même pour tradition d’accueillir les dieux des nations vaincues. L’exception était le dieu des juifs, considéré comme inassimilable en raison de l’intolérance fanatique des juifs à l’égard des autres dieux, ce qui explique que les objets cultuels du temple de Jérusalem aient été traités comme un simple butin en 70 après J.-C..16

    Pour les peuples de l’Empire romain, le culte chrétien n’avait rien d’unique ou d’exceptionnel – certainement pas la notion d’un homme-dieu immortel – si ce n’est son intolérance fanatique à l’égard de toutes les autres religions. En s’opposant à la christianisation, les «païens» ne luttaient pas tant contre le christianisme que pour défendre leur liberté d’adorer les dieux ou les héros de leur choix, pourvu que ce culte ne soit pas hostile à l’État ou ne trouble pas l’ordre public.

    Pour devenir chrétien, il vous fallait renoncer à tous les dieux que vos grands-parents et vos parents vous avaient appris à aimer dans votre enfance : non seulement les dieux protecteurs de votre ville ou de votre peuple, mais aussi les dieux moins importants qui veillaient sur votre famille et votre clan. Le «paganisme» était la «tradition», le lien entre les générations. «Tel est le principal fruit de la piété, disait Porphyre, honorer la divinité selon la coutume ancestrale».17

    On comprend que les Romains ne se soient pas facilement soumis à une christianisation forcée. En 438, Théodose II déplorait que de nombreuses personnes résistent encore au baptême : «Les mille terreurs des lois promulguées, la menace de l’exil ne les retiennent pas… Mais ils pèchent aussitôt par une folie si audacieuse !18» Ce n’est que sous Justinien (527-565) que l’on peut dire que l’Empire est entièrement christianisé, quelques décennies avant la conquête islamique. Toutes les autres religions avaient alors disparu.

    Toutes sauf une : le judaïsme était la seule religion non chrétienne qui restait légale dans tout l’Empire romain, sous l’étrange justification que le peuple juif était un témoin de la vérité du christianisme. Eux, et eux seuls, furent autorisés à mutiler les organes génitaux de leurs nouveau-nés mâles au nom de leur religion, ce que les empereurs païens avaient interdit à maintes reprises.19

    Laurent Guyénot

    source : Kosmotheos

    1. Selon l’estimation récente de Peter Heather dans Christendom : The Triumph of a Religion, Knoff, 2023, p. 24.
    2. Ramsay MacMullen, Christianizing the Roman Empire (A.D. 100-400), Yale UP, 1984, p. 6.
    3. Ernest Renan, Histoire des origines du christianisme, 1863-1881.
    4. Richard Fletcher, The Conversion of Europe : From Paganism to Christianity 371-1386 AD, Fontana Press, 1998, p. 35.
    5. MacMullen, Christianizing the Roman Empire, p. 115.
    6. Diana Bowder, The Age of Constantine and Julian, Barnes & Noble, 1978, p. 80.
    7. Firmicus Maternus, L’erreur des religions païennes, trad. Clarence A. Forbes, Newman Press, 1970, x.7, xxviii.6.
    8. MacMullen, Christianizing the Roman Empire, p. 119.
    9. Peter Heather, Christendom : The Triumph of a Religion, Knopf, 2023, Penguin, p. 83.
    10. Pierre de Labriolle, La Réaction païenne. Étude sur la polémique antichrétienne du Ierau Vesiècle, 1934, p. 496.
    11. MacMullen, Christianizing the Roman Empire, p. 109.
    12. Ramsay MacMullen, Paganism in the Roman Empire, Yale UP, 1981, p. 34.
    13. MacMullen, Paganism in the Roman Empire, p. 24.
    14. MacMullen, Paganism in the Roman Empire, p. 27.
    15. Ramsay MacMullen, Christianity and Paganism in the Fourth to Eighth Centuries, Yale UP, 1997, p. 69.
    16. Emily A. Schmidt, «The Flavian Triumph and the Arch of Titus : The Jewish God in Flavian Rome», UC Santa Barbara : Ancient Borderlands Research Focus Group, 2010.
    17. MacMullen, Paganism in the Roman Empire, p. 2-3.
    18. MacMullen, Christianity and Paganism, p. 24.
    19. «La circoncision seule préservera la nation juive pour toujours», a écrit Baruch Spinoza dans Theological-political treatise, chapitre 3, §12, Cambridge UP, 2007, p. 55.
  • د حبيب بوخليفة -غياب الذات و الموقف في الادب : ازمة تعبير ام ازمة وعي ؟

    د حبيب بوخليفة -غياب الذات و الموقف في الادب : ازمة تعبير ام ازمة وعي ؟


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    اذا كان الادب بمختلف أنواعه( القصة، الشعر، المسرح، السينما، الرواية، النثر ) يفتقد الى الذات و الموقف فلا يمكن اعتباره تعبيرا حقيقيا عن الطبيعة البشرية و تناقضاتها و صراعها مع الوجود.

    في زمن تتسارع فيه الأحداث وتتشظى فيه المعاني، يبدو الأدب ــ في كثير من تجلياته المعاصرة ــ وقد فقد صوته الداخلي، وانفصل عن جذوره العميقة في التجربة البشرية. لم يعد الأدب، كما كان في الماضي، صرخة وجود، أو محاولة لفهم الإنسان في قلقه، وهشاشته، وتمرده؛ بل تحول في أحيان كثيرة إلى خطاب محايد، بارد، تجريدي، أو استعراضي، يفتقد إلى الذات، وإلى الموقف.

    إن سؤال الذات في الأدب ليس سؤالًا بسيطًا. لقد كان محورًا جوهريًا في فكر جان بول سارتر، الذي رأى في الكتابة التزامًا أخلاقيًا وسياسيًا، وفي الكاتب ضميرًا للعصر، لا مجرد حاويًا للّغة أو راويًا للوقائع. في نصه الشهير « ما الأدب؟ » (Qu’est-ce que la littérature?)، يشدد سارتر على أن « الكاتب مسؤول عن العالم »، وأن الأدب بلا موقف هو أدب بلا معنى.

    وفي السياق نفسه، يؤكد ألبير كامو أن الأدب ليس ترفًا، بل « فعل مقاومة ». فالمثقف ــ كما يقول في خطاب استلامه جائزة نوبل ــ يجب أن « يوحد بين وعيه بعالم الظلم، وبين مسؤوليته في تغييره ». ومن هذا المنظور، فإن الأدب الذي لا يعبر عن التمزق الداخلي للذات، وعن صراعها مع الوجود، هو أدب فقد جوهره.

    أما ميخائيل باختين، فقد بيّن في تحليلاته للخطاب الروائي أن قوة الأدب تكمن في تعدّد الأصوات والصراعات، لا في التنميط أو السرد المسطح. فالخطاب الأدبي يجب أن يُحتضن فيه الاختلاف، التوتر، وحتى التناقض، لأن هذه هي طبيعة الإنسان.

    لكن، هل يمكن للكاتب اليوم، وسط ضجيج المنصات، وهيمنة الصورة، وسرعة الاستهلاك، أن يكون ذاتًا فاعلة وصوتًا عميقًا؟

    يبدو أن الأدب الحديث، في انبهاره بالشكل والتقنية، قد خسر جوهر التجربة. لم يعد يجرؤ على قول « أنا »، ولا على الاعتراف بالخوف، بالحب، بالغضب، بالجنون، بالهزيمة… كما فعل دوستويفسكي عندما غاص في أعماق الذات البشرية حتى حدود الجنون والقتل والقداسة. ولا كما فعل كافكا حين جعل الأدب تجسيدًا مرعبًا للاغتراب الإنساني.

    أما نيتشه، فقد رأى أن التعبير الفني الحقيقي لا يمكن أن يكون إلا صادرا عن « الروح المأساوية »، تلك التي تعي مأزقها وتصر على الصراخ من داخله. والكاتب الذي يتهرب من صراعه مع ذاته، مع قضاياه، مع أخلاقياته، يتحول إلى موظف في صناعة ثقافية فارغة، لا إلى ضمير حي.

    في غياب الذات والموقف، يُختزل الأدب إلى لعبة شكلانية، أو إلى منتج استهلاكي لا يُزعج، لا يُسائل، لا يُحرّك. وربما لهذا السبب لم تعد الرواية، كما كانت في الماضي، مرآة للتاريخ، ولا الشعر مرآة للروح، ولا المسرح ساحة للتطهير.، كما نطالعه عند بعض الروائيين الجزائريين الذي يتمسكون بالمظاهر من خلال نرجسية نتنة، معتمدين الابتداع و الاتباع. لقد كتبوا بالعربية الظعيفة ثم انتقلوا الى الكتابة بالفرنسية الرديئة، محاولين ارضاء دوائر الجوائز الفرنسية، مثلما فعل كمال داود على سبيل المثال لا الحصر.

    لقد كتب إدوارد سعيد أن « الكاتب الحقيقي هو من يقف خارج السلطة، لا من يسعى للتموضع داخلها ». والمقصود هنا بالسلطة، ليس فقط السياسة، بل كل منظومات الهيمنة: السوق، الذوق العام، الموضة الثقافية، وحتى المعايير الأكاديمية المعلبة التي تحافظ على استقرار اصحابها.

    فهل يمكن استعادة الذات في الكتابة؟ وهل نملك، في زمن الرقابة الذاتية والخوف والرقمنة، شجاعة اتخاذ موقف؟

    الجواب ربما في العودة إلى جوهر الكتابة: أن تكون شاهدًا على العصر، ومجسّدًا لما لا يُقال، ورافعًا لصوت الإنسان في هشاشته القصوى. كما قال هنري ميلر: « الأدب الحقيقي لا يُكتب بالأفكار فقط بل بالحياة نفسها »

    ( هذا تعليقي للصديق الكاتب و المفكر عمر ازراج حول تساؤله حول ماهية الادب، ارتايت مهما نشره)

    د_حبيب_بوخليفة

    : المصدر

     
  • Faim et spéculation à Gaza-Chris Hedges interviewe Francesca Albanese

    Faim et spéculation à Gaza-Chris Hedges interviewe Francesca Albanese

    Francesca Albanese : Faim et spéculation à Gaza

    Nous vous présentons la transcription de l’entretien entre le journaliste Chris Hegdes, lauréat du prix Pulitzer, et la rapporteuse de l’ONU pour la Palestine, Francesca Albanese, sur le génocide d’Israël dans la bande de Gaza
    Lorsque l’histoire du génocide à Gaza sera écrite, l’une des figures les plus courageuses et les plus franches de la défense de la justice et du respect du droit international sera Francesca Albanese, Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les droits de l’homme dans les territoires palestiniens. Albanese, juriste italien, occupe le poste de rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme dans les territoires palestiniens depuis 2022. Son bureau est chargé de surveiller et de rendre compte des « violations des droits de l’homme » commises par Israël contre les Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza.
    Albanese, qui reçoit des menaces de mort et subit des campagnes de diffamation bien orchestrées de la part d’Israël et de ses alliés, cherche courageusement à traduire en justice ceux qui soutiennent et alimentent le génocide. Vous dénoncez durement ce que vous appelez « la corruption morale et politique du monde » pour génocide. Son bureau a publié des rapports détaillés documentant les crimes de guerre commis par Israël à Gaza et en Cisjordanie, dont l’un, Genocide as Colonial Erasure, a été reproduit en annexe de mon dernier livre A Genocide Foretold.
    Il travaille sur un nouveau rapport qui expose les banques, les fonds de pension, les entreprises technologiques et les universités qui aident et facilitent les violations par Israël du droit international, des droits de l’homme et des crimes de guerre. Il a informé les organisations privées qu’elles étaient « pénalement responsables » d’avoir aidé Israël à perpétrer le « génocide » à Gaza.
    Il a annoncé que si, comme cela a été rapporté, l’ancien ministre britannique des Affaires étrangères, David Cameron, menaçait de couper le financement et de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI) si celle-ci émettait des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Yoav Gallant, Cameron et l’ancien Premier ministre britannique Rishi Sunak pourraient être inculpés d’infractions pénales en vertu du Statut de Rome.
    Le Statut de Rome considère comme criminels ceux qui cherchent à empêcher la poursuite des crimes de guerre. Il a appelé les hauts responsables de l’UE à être accusés de complicité ou de crimes de guerre pour leur soutien au génocide, affirmant que leurs actions ne pouvaient rester impunies. Elle était une partisane de la flottille Madleen cherchant à briser le blocus de Gaza et à livrer de l’aide humanitaire, écrivant que le navire, intercepté par Israël, transportait non seulement des fournitures mais aussi un message d’humanité.
    Je suis accompagnée de Francesca Albanese pour discuter du génocide à Gaza et de l’échec des gouvernements occidentaux à intervenir ou à respecter le droit international.

    Chris Hedges* Faisons le point sur la situation à Gaza. C’est très affligeant. Nous ne pouvons pas édulcorer la pilule, surtout après le 2 mars.

    Francesca Albanese Oui, Chris. Tout d’abord, merci de m’avoir invité. C’est un plaisir.

    Écoutez, la situation à Gaza est devenue si désastreuse, si horrible que je n’ai plus de mots pour la décrire. Je me souviens que lorsque j’ai reçu les premiers rapports faisant état de cas de faim, c’était l’année dernière, principalement dans le nord de Gaza, qui, soit dit en passant, est complètement isolé de notre compréhension de ce qui se passe à Gaza.

    D’une certaine manière, la misère que nous voyons se trouve dans le sud de Gaza. Le nord est complètement obscurci. Mais quand j’ai reçu les premiers rapports sur la famine, je me souviens que les gens de Gaza disaient que nous devenions des monstres.

    Et c’est quelque chose que j’entends de plus en plus de la part des gens. La faim est si grande, si répandue, si profonde qu’elle transforme les gens en un stade pré-humain, et c’est ce qui arrive à ceux qui souffrent de cette brutalité. Ils sont forcés, ils sont repoussés dans un espace qui est antérieur à la civilisation et, une fois de plus, penser que c’est stratégique, que c’est intentionnel de la part d’Israël, est une tache pour nous tous.

    Comment pouvons-nous permettre que cela se produise ? Pourquoi les États européens, pourquoi les États arabes n’ont-ils pas encore envoyé leurs marines pour briser le blocus ? Il faut le faire. C’est une obligation, ce n’est pas un acte de charité. Ils doivent briser le siège. Et il est déjà trop tard, vous savez ? Telle est la situation à Gaza. C’est dévastateur.

    Chris Hedges Eh bien, c’est le genre d’action de la flottille avec Greta Thunberg, évidemment ils n’auraient pas pu passer, mais c’était un acte de protestation, un acte de conscience, certainement un acte de courage. Votre voix n’a jamais faibli depuis le début du génocide. Pourtant, en même temps, je pense que beaucoup d’entre nous qui se prononcent contre le génocide doivent accepter le fait que nous n’avons pas été en mesure de sauver une seule vie, et pourtant nous devons continuer à parler de toute façon.

    Francesca Albanese Oui, regardez, je me demande souvent à quoi ça sert. Parce que, encore une fois, je me sens dans un certain sens agité. Je n’arrête pas de parler de Gaza, de la Cisjordanie, des Palestiniens. Parce que je pense que je suis comme beaucoup d’autres, je porte une blessure avec moi en ce moment. C’est quelque chose que je n’ai jamais voulu voir se répéter.

    J’appartiens aussi à une génération qui a vu le génocide au Rwanda, qui a lu sur le génocide au Rwanda. J’ai des souvenirs très vifs du génocide en Bosnie-Herzégovine et voir le génocide des Palestiniens se dérouler au ralenti et être le chroniqueur de ce génocide m’a en quelque sorte blessé au-delà de toute réparation, mais ce n’est pas grave.

    La seule façon que j’ai de trouver la paix est de m’assurer que les gens se réveillent et se rendent compte que tout cela porte les traces de nous tous. Et quand je dis que je ne l’utilise pas au sens figuré, c’est vrai. Parce que quand vous voyez les profits que les entreprises enregistrées dans les pays occidentaux et d’autres pays tirent du génocide des Palestiniens, vous comprenez, je veux dire, vous perdez la foi en l’humanité pour toujours.

    Et il est vrai que nous n’avons pas pu sauver des vies, mais nous ne le savons pas. Nous ne le savons pas, Chris, parce que je crois que si Israël avait eu les mains libres, il aurait déjà éliminé les Palestiniens de Gaza, alors qu’en fait, en exposant ce que fait Israël, nous contribuons à ce que la Palestine ne disparaisse pas de la carte.

    Parce que d’une certaine manière, j’ai le sentiment en moi que le sacrifice des Palestiniens à Gaza va continuer, il va vraiment continuer, il continuera à moins qu’il n’y ait un embargo sur les armes et à moins que le blocus, c’est-à-dire le siège, ne soit brisé, et cela ne peut se faire sans mesures coercitives. La seule façon de protéger Israël, de s’assurer qu’Israël est protégé, c’est d’arrêter Israël. Israël est nuisible aux Palestiniens, à la région, il est nuisible à beaucoup d’entre nous et il est nuisible à lui-même et à ses citoyens.

    C’est quelque chose que les Israéliens doivent comprendre. Aucun d’entre nous qui œuvrons pour les droits de l’homme et la justice n’a quoi que ce soit… Personnellement, je ressens beaucoup de douleur pour les Israéliens eux-mêmes parce que je pense qu’ils doivent être traumatisés au point d’avoir perdu leur humanité. Et je ne peux penser qu’à une énorme forme de guérison pour les Palestiniens et les Israéliens.

    Mais je le répète, je ne sais pas, nous n’avons certainement pas sauvé des vies, mais nous avons contribué à montrer le vrai visage de l’apartheid israélien.

    Chris Hedges Lorsque vous parlez de mesures coercitives, j’ai suivi le retrait des forces irakiennes du nord de l’Irak alors qu’elles menaient une campagne génocidaire contre les Kurdes. Les forces de l’OTAN ont établi une zone d’exclusion aérienne. Les forces irakiennes ont dû battre en retraite d’où elles frappaient les Kurdes. Enfin, il n’y a rien de comparable avec ce qui arrive aux Palestiniens de Gaza.

    Mais à l’époque, il était clair que seules des mesures coercitives sauveraient les Kurdes. Et vous, bien sûr, soulignez à juste titre que c’est exactement la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement avec les Palestiniens. En l’absence de mesures coercitives, qui doivent être imposées de l’extérieur, la campagne de génocide et de déplacements probables d’Israël ne sera pas arrêtée.

    Francesca Albanese Absolument. Et vous savez ce qui me dérange ? Quand je m’adresse aux États membres, même aux plus éclairés, pour ainsi dire, au niveau mondial, je veux dire à l’Occident, que j’appelle la minorité mondiale, compte tenu de notre insignifiance territoriale dans ce monde. Mais aussi lorsque vous parlez à des États membres qui semblent avoir une position éclairée et axée sur les droits de l’homme sur la Palestine. Quand je leur fais mes recommandations, ils me disent : « Oh, mais vous attendez-vous vraiment à ce que nous boycottions Israël ?

    Eh bien, vous êtes un État, ce n’est pas à vous de boycotter. Vous avez l’obligation de ne pas aider, de ne pas aider, de ne pas commercer avec Israël, de ne pas envoyer d’armes, de ne pas acheter d’armes, de ne pas fournir de technologie militaire, de ne pas acheter de technologie militaire. Ce que je vous demande n’est pas un acte de charité. C’est votre obligation.

    Et cette sorte de nonchalance que les États membres, même ceux qui semblent avoir les plus de principes, à l’égard du non-respect du droit international, parce que c’est ce qu’ils font avec une grande nonchalance, viole le droit international partout.

    Et la seule chose qui leur vient à l’esprit, c’est : pensez-vous vraiment que nous allons isoler Israël ? Oui, oui, le fait qu’ils aient vraiment du mal avec cette façon de penser est une mesure de la distance qui nous sépare de la solution du problème.

    Chris Hedges Que pensez-vous, je veux dire, la faim et plus d’un demi-million de Palestiniens sont maintenant au bord de la famine. Et puis il y a toute la question de l’eau. Il n’y a pas d’eau potable. Et puis, bien sûr, les fournitures médicales ou l’aide humanitaire ou autre, 90 % des Palestiniens vivent dans des tentes ou en plein air. Où va-t-il ?

    Ils attirent les Palestiniens comme des rats dans un piège dans le sud avec ces… Et personne ne pense que les centres d’aide ou la quantité de nourriture, la maigre quantité de nourriture, sont autre chose qu’un appât pour entasser les Palestiniens dans des complexes gardés dans le sud. Et bien sûr, ils tirent sur des dizaines de Palestiniens par jour qui essaient désespérément d’avoir quelque chose à manger.

    Vont-ils les pousser dans le Sinaï ? Avez-vous des idées ou peut-être qu’Israël ne le sait pas, mais avez-vous une idée de l’endroit où cela finira ?

    Francesca Albanese Je n’ai pas d’idée précise, si ce n’est qu’Israël accepterait une solution qui éloignerait les Palestiniens de la bande de Gaza pour l’instant, puis de la Cisjordanie et enfin probablement d’Israël. Ce sont les trois phases du plan de nettoyage ethnique de la Palestine historique, car votre public ne doit jamais oublier qu’Israël est un État créé en Palestine.

    Ainsi, lorsque nous parlons de la bande de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, nous faisons référence aux petits morceaux de terre qui restent. Et même là, les Palestiniens ne sont pas autorisés à jouir du droit à l’autodétermination, comme le droit d’exister en tant que peuple. C’est ce qu’Israël vise. Israël ne veut pas que les Palestiniens se mettent en travers de son chemin. C’est la vraie victoire.

    Parce que lorsque 80 % de la population soutient le gouvernement dans le maintien de ce niveau de violence contre les Palestiniens, en particulier ceux de Gaza qui meurent de faim en ce moment même, qui n’ont plus rien d’autre que leur dignité et le peu de choses et d’affections qui leur restent dans leur vie. La seule victoire de ce gouvernement, qui représente une grande partie de la société israélienne, est de se débarrasser des Palestiniens.

    Je veux dire, bien sûr, peu importe que ce soit le Sinaï ou le Congo, ils supplient tous les pays d’accueillir les Palestiniens. Et le problème, c’est que personne ne peut le faire à moins d’y être forcé, à moins que les Palestiniens ne demandent et ne supplient d’être secourus. C’est tellement cruel et c’est ce qui se passe.

    Mais les Palestiniens ne l’ont pas encore fait. Eyal Weizman de Forensic Architecture, qui a étudié d’autres génocides tels que le génocide allemand des peuples Nama et Herero en Namibie, a une façon très intéressante de décrire la façon dont Israël confine les gens dans un endroit où ils ne peuvent pas survivre par eux-mêmes.

    C’est comme un camp de concentration. C’est comme si vous étiez complètement dépendant d’une main qui vous donne, qui distribue quelque chose, mais qui n’est pas durable et tout le reste est détruit. Gaza ne redeviendra pas ce qu’elle était à cause des dommages environnementaux, à cause de la contamination, à cause de tout ce qu’elle est aujourd’hui. Mais cela n’a pas d’importance. S’il y a un endroit où les Palestiniens de Gaza pourront se déplacer, c’est bien Israël.

    C’est l’occasion de permettre aux Palestiniens de retourner dans leur patrie d’origine. Et je comprends que c’est un énorme choc, un énorme choc pour les Israéliens, mais tôt ou tard, ils devront y faire face. Ils vivent comme beaucoup d’autres, comme les autres sociétés coloniales. Je suis désolé, mais vous vivez sur des terres volées.

    Et vous ne pouvez pas, comme les Américains qui ne sont pas Amérindiens et comme les Australiens qui ne sont pas Aborigènes, vous vivez sur des terres volées. Et la seule rédemption que vous pouvez avoir dans cette vie est de réparer, de rattraper les erreurs du passé. C’est donc ce que les Israéliens consciencieux devraient faire.

    Chris Hedges : Je veux parler de l’enlèvement. Israël n’efface pas seulement physiquement la Palestine et, bien sûr, il a attaqué ses universités, ses musées, ses centres culturels. Il a physiquement effacé ou tué, par des assassinats ciblés, sa classe intellectuelle, ses écrivains, ses poètes, plus de 200 journalistes, ses médecins.

    Et dans quelle mesure, et j’aimerais que vous parliez des lourdes campagnes qui ont été lancées contre vous par l’AIPAC et le lobby israélien, non seulement, je pense, parce que vous êtes franc, mais parce que vos reportages rendent difficile pour Israël d’effacer ce qu’il a fait et d’effacer ce qui se passe, ce que tous les meurtriers génocidaires essaient de faire.

    Francesca Albanese Je dis souvent que les attaques dont j’ai été victime sont emblématiques de divers aspects de cette lutte. D’une part, ce qui m’arrive n’est pas unique dans le sens où être accusé d’être pro-Israël, pro-terroriste, antisémite, c’est la litanie de mensonges auxquels tout le monde, du Pape au Secrétaire général, en passant par les universitaires, les militants, les journalistes, tous ceux qui ont un minimum de décence et qui ont osé dénoncer l’abominable réalité en Palestine, ont dû faire face.

    Ce qui m’est arrivé à nouveau n’est donc pas unique. Ce que je trouve unique, c’est l’acharnement des attaques et la façon dont elles ne cessent de croître parce que je n’abandonne pas. Je pense que c’est parce que plus ils me menacent, plus je me dis : voyons comment je peux mieux faire mon boulot, parce qu’il ne s’agit pas… Je les appelle les chiens qui aboient.

    Ce sont vraiment des chiens qui aboient et ils n’ont pas d’importance, leur but est de me distraire et ils ne réussiront pas parce que je les connais, je les comprends, parce que je dis souvent que je viens d’un endroit qui a été gangrené par la mafia. Vous savez combien de choses j’ai comprises ces derniers mois même sur moi-même.

    Pourquoi sont-ils comme ça ? Pourquoi n’ai-je pas peur d’eux ? Parce qu’à chaque fois que je démarre ma voiture, j’ai peur. Bien sûr, il y a des moments où je n’ouvre pas la porte en me disant : « Mon Dieu, qui sera derrière ? » Mais c’est pourquoi je vis ma vie de manière à ce qu’elle soit pleine de sens. J’aime ma famille. J’adore mes enfants. J’aime mon mari. J’adore mes amis. J’aime mes collègues et c’est ce que j’apprécie et chéris chaque jour et chaque jour, quand j’arrive à me coucher et à dormir, je n’ai aucun regret car je fais ce que tout le monde devrait faire.

    Donc, d’un côté, si j’étais quelqu’un à Gaza ou dans d’autres endroits en Palestine, mais aussi l’un des nombreux Israéliens avec lesquels j’interagis constamment et avec qui je me sens désespéré, je me sens dévasté par ce qui est fait en leur nom. Si j’étais l’une de ces personnes, j’aimerais avoir, j’aimerais avoir quelqu’un qui les comprend, qui les écoute et qui fait le lien. C’est la chose qui agace énormément mes détracteurs.

    Le fait que, d’un côté, ils ne peuvent pas me faire taire, au contraire, chaque tentative de les gifler provoque une tempête contre eux. Peu importe d’où ils viennent, peu importe qui ils sont, cela se transforme toujours en plus de soutien pour moi. C’est pourquoi, quand les gens me demandent : comment vous sentez-vous d’être si détesté ? Par qui ?

    De ce groupe de serviteurs et de charlatans qui défendent le génocide. On s’en fout? On s’en fout? Mais il y a tout un monde dans la tourmente et d’une manière ou d’une autre, j’ai la chance d’être entendu, ce qui est un énorme privilège pour moi. Et parce que je sais combien l’être humain peut être fallacieux, excusez-moi, oui, la nature humaine.

    Mon point de référence reste le droit international, dans la meilleure façon de l’interpréter possible, parce qu’il est universel. Cela s’applique à nous tous. C’est pour nous tous. Je n’apporte donc pas mes préceptes ou mon idéologie. J’apporte quelque chose qui appartient à nous tous. Et c’est ce qui agace les détracteurs : j’utilise la solidité des faits et du droit pour leur dire qui ils sont, pour les mettre devant un miroir, et ce n’est pas qu’ils ne m’apprécient pas, mais ils n’apprécient pas l’image qu’ils se font à travers moi d’eux-mêmes, génocidaires ou partisans du génocide.

    Chris Hedges : Dans quelle mesure cela a-t-il changé la communauté mondiale ? Et je me réfère en particulier, bien sûr, au Sud du monde, qui a subi son propre holocauste. Vous avez mentionné les Hereros et les Namakwa, mais aussi les Arméniens, les Kenyans sous le colonialisme britannique, les Indiens, en particulier pendant la famine du Bengale de 1943, au cours de laquelle trois millions d’Indiens sont morts.

    Et ces holocaustes ne sont pas reconnus par leurs auteurs. Aimé Césaire dans son Discours sur le colonialisme affirme que la raison pour laquelle l’holocauste des nazis contre les Juifs a résonné est que les tactiques employées, et ce sont ses mots, contre les coolies en Inde, les Noirs en Afrique et les Algériens par les Français en Algérie étaient simplement dirigées contre d’autres Européens blancs.

    Et bien sûr, c’est le Sud du monde, dirigé par l’Afrique du Sud, qui s’est rebellé et a essayé d’imposer l’État de droit à Israël sur le génocide. Mais est-ce là une reconfiguration de la communauté mondiale ?

    Francesca Albanese Je pense. Je pense. Pas aussi vite qu’il en faudrait pour mettre fin au génocide, mais oui. Je vois donc différentes tendances. Tout d’abord, comme vous le dites, il y a un rapprochement sur certaines questions fondamentales. Je n’ai jamais entendu autant de gens parler le langage du droit international.

    Sérieusement, je veux dire qu’en tant qu’avocat, en tant qu’avocat des droits de l’homme, si j’avais l’occasion de ne pas regarder le génocide un seul instant, j’aurais l’impression que la mission des droits de l’homme est en quelque sorte accomplie parce que les gens sont conscients et ils le sont à travers une lentille commune qui permet à beaucoup, vraiment, de l’Afrique à l’Asie, aux minorités mondiales et à d’autres endroits, vraiment, de regarder la Palestine et de la reconnaître.

    Il y a quelques points communs. Les gens parlent le langage des droits de l’homme. Phénoménal, non ? Il y a aussi un autre aspect de l’éveil : jamais auparavant je n’ai entendu autant de gens faire le lien entre le passé et le présent, entre le passé colonial et le présent.

    Je ne sais pas si vous êtes d’accord avec moi, mais au moins je perçois qu’il y a une prise de conscience mondiale de quelque chose qui a longtemps été une prérogative, une prérogative douloureuse de la majorité mondiale, du Sud global, à savoir la prise de conscience de la douleur et des blessures du colonialisme.

    Israël, en tant que frontière coloniale des colons, frontière coloniale des colons occidentaux, offre l’occasion de comprendre ce qu’est le colonialisme de peuplement et ce qu’il a fait. La troisième chose est que l’éveil vient en reliant les points. Et écoutez, je veux dire, nous aurons l’occasion d’en parler une fois que mon rapport sera publié.

    Mais je ne cesse de répéter deux choses alors que je me prépare à démêler ce que j’ai découvert à travers les résultats des six derniers mois d’enquête : le génocide à Gaza n’a pas cessé parce qu’il est rentable, il est bénéfique à trop de gens. C’est une entreprise. Les gens ont exploité, je veux dire, il y a des entreprises, même d’États amis de la Palestine, qui pendant des décennies ont fait des affaires et profité de l’économie d’occupation, parce qu’Israël a toujours exploité la terre, les ressources et la vie des Palestiniens.

    Mais je veux dire, les profits ont continué et ont même augmenté lorsque l’économie du travail s’est transformée en une économie de génocide. Et encore une fois, les gens doivent comprendre que les Palestiniens ont simplement, et je dis bien simplement avec beaucoup de douleur, et je ne veux pas dire manquer de respect aux Palestiniens, mais ils ont fourni ce terrain d’entraînement illimité pour tester des technologies, tester des armes, tester des techniques de surveillance qui sont maintenant utilisées contre les gens partout, du Sud au Nord.

    Regardez ce qui se passe aux États-Unis ou en Allemagne. Nous sommes espionnés. Je veux dire, regardez l’utilisation des drones, la biométrie. Ce sont toutes des choses qui ont été expérimentées en premier lieu sur les Palestiniens. Je pense donc qu’il y a ce lien entre le capitalisme débridé et le capitalisme illimité, qui était aussi un capitalisme colonial racial pour les Palestiniens, nuisible à nous tous.

    Comment répondre à tout cela ? Je vois un mouvement, je vois une révolution qui se déroule, je l’appelle la révolution de la pastèque et c’est là. Il y a des jeunes, des travailleurs, des juifs antisionistes ou des juifs qui ne se reconnaissent pas comme antisionistes mais qui ne veulent toujours rien avoir à faire avec les crimes d’Israël et ne veulent pas qu’ils soient commis en leur nom.

    Donc il y a ce mouvement et au niveau des pays je vois, par exemple, le Groupe de La Haye, qui est une coalition composée principalement de pays du Sud, et ça ne devrait pas être comme ça. J’ai donc soutenu, j’ai soutenu, j’ai fait l’éloge de ces pays et j’invite d’autres États d’Asie à l’Afrique et surtout à l’Occident à rejoindre le Groupe de La Haye, qui dit : commençons par quelques petits pas, quelques mesures minimales pour respecter le droit international.

    Pas d’impunité, pas de refuge et pas d’armes pour Israël. Ce qui est vraiment crucial, mais c’est là où nous en sommes. Petits pas.

    Chris Hedges Pouvez-vous nous parler de ce rapport qui est sur le point d’être publié, des entreprises qui profitent du génocide et de la façon dont elles le font ?

    Francesca Albanese Je ne peux pas vous en dire beaucoup parce que le rapport est encore confidentiel. Mais j’ai décidé d’énumérer une cinquantaine d’entreprises, des fabricants d’armes aux grandes entreprises technologiques, en passant par les entreprises qui fournissent des matériaux de construction ou qui extraient des matériaux de construction des territoires palestiniens occupés, de l’industrie du tourisme, des biens et services et de la chaîne d’approvisionnement.

    Ce sont aussi les deux principaux secteurs de déplacement et de déplacement palestiniens. Et puis il y a un réseau d’animateurs tels que des assureurs, des fonds de pension, des fonds de fortune, des banques, des universités, des organisations caritatives. C’est un écosystème qui soutient cette illégalité.

    Vous savez, le secteur privé a tendance à devenir incontrôlable, il est très intelligent. Et en effet, le secteur privé a toujours été l’un des moteurs du colonialisme de peuplement. Dans les années 1600, par exemple, pensez aux compagnies des Indes. Ils ont quitté les Pays-Bas, depuis les ports néerlandais, pour atteindre et coloniser les Antilles ou l’Asie du Sud-Est. Mais pourquoi? Pourquoi? Et c’est ce qui s’est passé.

    Mais il y a aussi des cas où des sociétés ou des entités privées n’ont pas été les moteurs, mais les facilitateurs qui ont fourni des outils et des fonds aux entreprises coloniales qui en ont ensuite profité. Et c’est pourquoi les grandes entreprises et les intérêts des entreprises ont contribué à façonner la loi de sorte qu’elle devienne incontrôlable.

    Ce n’est pas nouveau que des entreprises aient profité du génocide, mais pensez à ce qui s’est passé pendant l’Holocauste. Les procès des industriels de l’Holocauste ont aidé à comprendre comment les entreprises faisaient des affaires sur la tragédie de millions de Juifs.

    Et il est choquant de voir que certaines des entreprises tenues pour responsables des procès des industriels de l’Holocauste sont toujours impliquées dans le génocide des Palestiniens. Et puis il y a eu l’expérience de l’Afrique du Sud après la conclusion des travaux de la Commission vérité et réconciliation. Certaines entreprises ont été condamnées à verser des indemnités. Il y a donc eu des moments historiques qui ont conduit à une plus grande réglementation des entreprises.

    Par exemple, les Principes directeurs de l’ONU qui imposent aux entreprises une diligence raisonnable sont le résultat de l’expérience sud-africaine. Pourtant, ce n’est pas encore suffisant. Ce n’est absolument pas suffisant car les entreprises continuent d’opérer dans les zones grises de la responsabilité de l’État.

    Par exemple, j’ai prévenu 48 entreprises et la réponse a été : oui, mais ce n’est pas de notre faute, c’est de la faute d’Israël. Oui, ce n’est pas à vous de nous dire ce que nous devons faire, c’est aux États. Donc non, je suis désolé. Aujourd’hui, l’occupation est illégale. Israël a été averti et fait l’objet d’une enquête directe ou indirecte dans au moins trois procédures pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Et vous ne pouvez pas continuer à faire des affaires comme si de rien n’était.

    Et si vous le faites, vous ferez face à la justice. C’est donc probablement la tempête que je vais aider à déclencher contre eux : s’assurer que la société civile et les avocats de chaque pays où ces entreprises sont enregistrées sont actifs, et aussi que les consommateurs sachent qu’ils peuvent voter, qu’ils peuvent se retirer. Ils peuvent s’assurer, par exemple, qu’il existe des agences de tourisme qui recommandent des propriétés dans les villages. Vous devriez voir, par exemple, des agents immobiliers vendant de beaux quartiers anglophones au cœur de la Judée et de la Samarie.

    C’est donc la normalisation de l’occupation par une clique et vous serez punis. Peut-être pas devant les tribunaux, mais vous perdrez certainement beaucoup de clients lorsqu’ils sauront ce que vous faites.

    Chris Hedges : Nous concluons en parlant des organismes internationaux, de la Cour pénale internationale, des Nations Unies. Certes, ils ont pris position et se sont prononcés contre le génocide, ils ont essayé de tenir Israël responsable du génocide, mais ils n’ont aucun mécanisme d’application. Comment évaluez-vous ces organisations internationales et le rôle qu’elles ont joué dans le génocide ?

    Francesca Albanese Écoutez, je ne suis pas tout à fait d’accord avec l’affirmation selon laquelle il n’y a pas de mécanismes d’application. Les mécanismes d’application existent et ce sont les États membres. Les États membres ont l’obligation d’appliquer les décisions de la Cour internationale de Justice.

    Il y a aussi le Conseil de sécurité. L’année dernière, le Conseil de sécurité a adopté une résolution ordonnant un cessez-le-feu à Gaza, qui n’a pas été respectée. Ainsi, de nos jours, il n’y a pas d’application de ce qui a été conçu pour mettre une limite à l’impunité d’Israël.

    Et d’une certaine manière, oui, je suis d’accord avec ce que vous disiez plus tôt. Israël est considéré comme faisant partie du colonialisme occidental. Israël est considéré comme faisant partie de la confrontation occidentale avec le reste du monde, ce qui est franchement honteux. Nous ne devrions pas être ici, toujours là, avec cette façon raciale, cette vision raciale, cette façon racialisée de nous regarder les uns les autres.

    Nous faisons partie de la même famille. C’est ce que signifie être humain. Peu importe la couleur de votre peau, peu importe le Dieu que vous adorez ou n’adorez pas, cela n’a pas d’importance. C’est ce qui nous rend humains, et nous sommes si cruels envers tous les animaux, toutes les créatures de ce monde, parce que nous avons vraiment érigé tellement de barrières et nous devons les supprimer.

    C’est maintenant l’opportunité, je ne sais pas si nous avons besoin d’un autre génocide, mais ce génocide déclenche quelque chose de plus, Chris. Voyez-vous la guerre en Iran ? La guerre contre l’Iran ? C’était totalement prévisible. C’était totalement prévisible parce qu’Israël sème des guerres dans la région depuis des décennies. D’abord, c’était l’Irak, puis d’autres pays, même la Libye et la Syrie ont été dévastés. Certes, vous ne pouvez pas blâmer Israël pour tout.

    Eh bien, Israël a certainement bénéficié de l’anéantissement de tous ses adversaires dans la région. Et l’Iran, bombarder l’Iran, c’était comme nourrir un démon. C’était l’objectif à long terme de plusieurs gouvernements israéliens et c’est finalement arrivé.

    Qu’est-ce que les Israéliens gagneraient sérieusement de tout cela ? De la mort de vies innocentes, qu’elles soient iraniennes ou israéliennes ? C’est pourquoi je dis que tout cela doit cesser. Et l’application de la loi est là, mais c’est aux États membres de décider. Eh bien, les États membres continuent de prendre leur temps et s’attendent à ce que ce soit un deus ex machina d’intervenir, qu’il s’agisse de l’Union européenne dans son ensemble ou des Nations unies dans leur ensemble. Non!

    Cela commence par les principaux États membres, et c’est la raison pour laquelle je loue une fois de plus tant le groupe de La Haye, car il n’agit pas comme une organisation régionale ou transrégionale, mais comme une coalition d’États qui partagent les mêmes principes et les mêmes idées.

    (Traduction de L’AntiDiplomatico)

    Journaliste lauréat du prix Pulitzer, il a été correspondant à l’étranger pour le New York Times pendant quinze ans, où il a été rédacteur en chef pour le Moyen-Orient et les Balkans. Auparavant, il a travaillé à l’étranger pour The Dallas Morning News, The Christian Science Monitor et NPR. Il est l’animateur de The Chris Hedges Report.















  • « الطاهر المعز-الثورات الملونة و الحرب « النّاعمة

    « الطاهر المعز-الثورات الملونة و الحرب  « النّاعمة

    إن عبارة « الثورات الملونة » هي ابتكار أمريكي، وتم ترويج هذه العبارة بواسطة وكالات الأنباء والصّحف وشبكات الإعلام المُهَيْمن، وتم إطلاقها لوصف الاحتجاجات والحركات السياسية وحركات العصيان المدني التي ظهرت في عدد من الدول في أواخر القرن العشرين وبداية القرن الواحد والعشرين وخاصة في الدول  التي تحكمها أنظمة تريد الولايات المتحدة الإطاحة بها والتخلص منها بشكل سلمي وللقضاء على دور الدولة وفتح الأسواق لتهيمن عليها الشركات العابرة للقارات، وتُمثل كذلك تكتيكا استخباراتيًّا سياسيًّا انتهجته الإمبريالية وخاصة الأميركية لتوسيع نفوذها وفرض هيمنتها وإقامة « نظام عالمي جديد »، مكان التّوازن الذي كان سائدًا بين الإتحاد السوفييتي والولايات المتحدة بين 1945 وثمانينيات القرن العشرين…

    كانت الولايات المتحدة في بداية سبعينيات القرن العشرين غارقة في مجموعة من الأزمات، حاول الرئيس رتشارد نيكسون معالجة الجانب المالي منها بفك الإرتباط بين الدّولار والذّهب سنة 1971، مُنهيًا بذلك اتفاقية « بريتن وودز » ( 1944) التي أفْضت إلى تأسيس البنك العالمي وصندوق النقد الدّولي، واتّسمت تلك السّنوات – التي أعقبت طفرة النّمو التي تَلت الحرب العالمية الثانية – بسلسلة من فترات الرّكود، وانهيار الأسواق المالية ( 1973 و 1974)، وكانت المفاوضات جارية في باريس بين المقاومة الفيتنامية والغُزاة الأمريكيين، وأسفرت عن اتفاق لوضع حدّ للعدوان العسكري الأمريكي…     

    في ظل هذا المناخ السياسي والأزمات الإقتصادية والسياسية ( أسفرت عن استقالة رتشارد نيكسون بعد فضيحة وترغيت ) والعسكرية، نشر جين شارب ( Gene Sharp – 1928 – 2018)، الذي يعتبر مُنظّر الثّورات المُضادّة التي اشتهرت باسم « الثورات الملونة »، سنة 1973 الجزء الأول من كتابه « سياسات العمل اللاّعُنْفِي » ( ثلاثة أجزاء بعنوان – The Politics of Nonviolent Action – )، ويتناول كتابه الجوانب النظرية والتّطبيقية للعصيان المدني من التّخطيط إلى التنفيذ، ويُؤكّد جين شارب على أهمّية التحضير الجيّد للإطاحة بالحكومات التي لا ترضى عنها الولايات المتحدة أو التي انتهت مُهمّتها، ووجب تغييرها شكْلاً، دون المساس بمصالح الرأسمالية والشركات العابرة للقارات، وتمّت تجربة « الثّورات المُلَوّنة » ( وفق جين شارب) في الصين سنة 1989 (ساحة تيانانمن ) ولاتفيا وتشيكوسلوفاكيا ( قبل تقسيمها)، وتم تمويل هذه الثورات المُضادّة من قِبَل مؤسسات أمريكية مثل الأذْرُع العديدة للوكالة الأمريكية للتعاون الدّولي ( يو إس إيد) والوقف الدّيمقراطي ( NED ) وفريدوم هاوس وغيرها…

    أسّسَ جين شارب مع بيتر أكرمان مؤسسة ألبرت أينشتاين خلال عقد الثمانينيات من القرن العشرين، ولا علاقة لهذه المؤسسة بألبرت إينشتاين، لأن أكرمان مَصْرِفِيّ مُضارب ورئيس مصرف استثماري أمريكي عابر للقارات، وبعد بضعة سنوات من استخدام إسم ألبرت إينشتاين لاجتذاب بعض الدّيمقراطيين والتّقدّميين، اندمجت هذه المؤسسة في شبكة الإستخبارات الأمريكية للتدخل في شؤون الدول، وتبرير العمليات السرية، وتنظيم عمليات تغيير الأنظمة بواسطة الثورات الملونة – باسم الدّفاع عن الدّيمقراطية وحقوق الإنسان – حيثما اعتبرت الولايات المتحدة إن مصالحها مُهدّدة…

    كان جين شارب، بنهاية عقد الستينيات من القرن العشرين طالبًا بجامعة هارفارد التي كانت مُختبرًا للفكر والدراسات والبحوث المناهضة للشيوعية خلال فترة الحرب الباردة، بإشراف مُدرّسين مثل هنري كيسنغر وصامويل هنتنغتون  وزبيغنيو بريجنسكي، ومَوّلت وزارة الحرب ووكالة الإستخبارات الأمريكية بحثًا لجين شارب بشأن الحُلُول التي تُمكّن الإمبريالية الأمريكية من تدارك تأثيرات هزيمتها السياسية (ثم العسكرية) في فيتنام وانتشار المظاهر المُعادية للولايات المتحدة التي أصبحت مُؤشّرًا على تراجع النّفوذ الأمريكي الذي ساد أوروبا وأمريكا الشمالية وجزءًا من آسيا بعد الحرب العالمية الثانية، فضلا عن التراجع الإقتصادي، وتضمّنت دراسة جين شارب حُلُولا عملية باستخدام « القُوّة النّاعمة » لتقويض المنافس السوفييتي ولتعزيز القوة الأمريكية بأساليب غير عسكرية، على غرار ما قامت به وكالة الإستخبارات الأمريكية في أوروبا من استقطاب مُثقّفين ومُفكّرين وفلاسفة ضمن مخطط احتواء « مدرسة فرنكفورت » وإنشاء « مدرسة شيكاغو » واكتساح الساحة العقائدية والثقافية، وكان هذا البحث محل اهتمام المُموّلين ( وزارة الحرب الأميركية والمؤسسات الفكرية التي تُشرف على أدائها وكالة الاستخبارات المركزية الأميركية، من وراء السّتار، وقَدّم جين شارب   مُخطّطًا لكي تستعين أجهزة الدّولة، بما في ذلك الجيش، ب »مصادر خارجية » أي شركات خاصّة، من خلال عُقُود، لتنفيذ بعض « مهام الأمن والدفاع والوظائف العسكرية التّنفيذية »، إلى جانب إغواء « النخب الفكرية بهدف التَّسَلُّل الإيديولوجي بواسطة المنظمات غير الحكومية ووسائل الإعلام والطّوائف الدّينية والمنظمات الخيرية ووكالات الإغاثة، ومجموعات اللاّجئين والمهاجرين… »

    صدور كتاب « سياسات العمل اللاعنفي » 

    كانت الولايات المتحدة تُعاني من أزمة اقتصادية تمثلت بعض مظاهرها في عجز ميزان المدفوعات وارتفاع حجم الدَّيْن العام بفعل حرب فيتنام، والتضخم النقدي وارتفاع قيمة الدولار ( الذي كان آنذاك مُقوّمًا بالذّهب) الذي استنزف احتياطيات الذهب الأميركية، خصوصًا بعد انهيار مجمع الذهب في لندن ( آذار/مارس 1968) مما أدّى – سنة 1970 – إلى تدهوُر مستوى التغطية للذهب ( كان يحق لمن يمتلك دولارات استبدالها بالذّهب ) من 55% إلى 22%، واضطرت الولايات المتحدة سنة 1971، إلى  طَبْع كميات كبيرة من الدولارات غير المدعومة بما يقابلها من الذّهب، ولذا قررت إدارة الرئيس رتشارد نيكسون التخلص من الدولار المدعوم بالذهب، وهو النظام الذي كان سائدًا منذ اتفاق بريتن وودز سنة 1944، ومكّن من ضمان النمو الاقتصادي وتجنّب الأزمات المالية، لكنه مكّن كذلك من صُعود اقتصاد المَحْمِيّات الأمريكية مثل اليابان وألمانيا، ثم استخدمت الولايات المتحدة الدّولار كسلاح ضد أعدائها أو منافسيها أو خُصُومها.   

    عندما تم نَشْرُ كتاب جين شارب، سنة 1973، انخفضت قيمة الدّولار بنسبة 10% بسبب « تعوِيمه » أي التّخلِّي عن سعر الصّرف الثّابت النّاجم عن ارتباطه بالذّهب، وهو ما اعتبره جورج سوروس ( مؤسس ومُموّل مؤسسة « أُوبن سوسايتي » أو ما  تُرْجِمَ ب »المجتمع المفتوح » ) في كتابه « كيمياء التمويل » ثورةً مكّنته من زيادة ثروته بفعل المُضاربة، وبفعل زيادة حركة تدفق رأس المال، والتّخلِّي عن السياسات الكينزِيّة التي كانت تولي أهمّية لدور الدّولة في تعديل الأُجُور والأسعار والسياسات النّقدية…

    كانت القرارات الأمريكية بشأن السياسات النّقدية ودَوْر الدّولار، سنة 1973 ، بدايةً للتحولات التي أدّت إلى انهيار أُسُس « بريتون وودز » وهيمنة الدّولار ورأس المال المالي والشركات متعددة الجنسيات على السلطة السياسية التي قامت بإلغاء القيود التنظيمية وعَمّمت عمليات الخصخصة، فضلا عن زيادة دَوْر المُجمّع الصناعي العسكري في الولايات المتّحدة، وتزامن ذلك مع تدهْوُر ظُروف العمل ودَخْل الطبقة العاملة…

    كان فكّ ارتباط الدّولار بالذّهب منعرجًا وبداية لمرحلة جديدة من تطوّر النظام الرّأسمالي، بدل المرحلة التي سادت منذ سنة 1945، وشكّلت « الثورات الملونة » حلقة من هذا التّحوّل نحو حقبة جديدة من العولمة الرّأسمالية بزعامة الإمبريالية الأقْوى والأعْظَم التي حثّت ( بل فَرَضت ) إزالة الضّوابِط والكوابح وإلغاء الفصل بين الخدمات المصرفية الإستثمارية والتجارية الذي كان سائدًا في الولايات المتحدة منذ سنة 1933، زمن الأزمة الكبرى، وتُشكّل الثورات المُلوّنة إعلانًا عن نهاية مرحلة التوسع الرأسمالي التجاري والصناعي، وتعزيز هيمنة الرأسمالية المالية والمُضاربة و »المشتقات المالية  » وتزامنت مع بعض التراجع للإقتصاد الأمريكي ( وللهيمنة الأمريكية) وأدّت هيمنة رأس المال المالي إلى جعل السياسة النقدية أداة رئيسية لمعالجة المشاكل الاقتصادية، من خلال التمويل المتزايد للاقتصاد الأميركي بواسطة الدّيون والسّندات وضخّ الدّولارات في الخارج، ونهب موارد البلدان الفقيرة ومتوسطة الدّخل بواسطة المؤسسات المالية مثل صندوق النقد الدّولي والبنك العالمي ومنظمة التجارة العالمية…  

    فرضت مؤسسات بريتن وودز خصخصة المصارف وقطاعات الصناعة والفلاحة والخدمات والتجارة، وأدّت الخصخصة وخَفْض الإنفاق الحكومي وإلغاء دعم السلع والخدمات الأساسية في البلدان الفقيرة ومتوسّطة الدّخل إلى تضخّم دور المنظمات « غير الحكومية » والخَيْرِيّة والإنسانية، لتملأ بعض الفراغ الذي تركته الدّولة، وتحتاج هذه المنظمات إلى التّمويل في شكل مِنَح أو مساعدات ليست متوفّرة في البلدان الفقيرة، وهنا يأتي دَوْر المُنَظِّر جين شارب والمُمَوِّل ( المُستَثْمر) جورج سوروس وأمثالهما، لتمويل منظمات « المجتمع المدني » (بشروط ) وهي عملية نقل السُّلطة والنّفوذ من مؤسّسات الدّولة إلى القطاع الخاص الذي لا يتبرّع بل يستثمر، ولا يعزز الديمقراطية، بل يُعزّز دَوْر الدّول الإمبريالية وشركاتها العابرة للقارات التي تفرض « اقتصاد السّوق » بدل الإقتصاد المُوَجَّه من قِبَل الدّولة ( الذي قد يكون رأسماليا أيضًا) والقواعد التي تفرضها هيمنة الدّولار والأسواق المالية أو ما اصطلح على تسميتها بالليبرالية الجديدة التي هيمنت – بواسطة المؤسسات المالية والشركات العابرة للقارات والمنظمات غير الحكومية ووسائل الإعلام – على مجمل فئات وقطاعات المجتمع، بالتوازي مع القضاء على المنافسة على المستوى الدّاخلي كما على المستوى العالمي، أي هيمنة الإحتكارات باسم الحرية أي حرية السّوق وأصبح تصدير رأس المال متفوّقًا على تصدير السّلع، وأدّى استغلال العمالة الرخيصة والكثيفة في البلدان الفقيرة إلى استنزاف موارد هذه البلدان الفقيرة، واحتكار الدّول الإمبريالية القطاعات الإستراتيجية مثل صناعة الأسلحة والقطاعات ذات القيمة الزّائدة المرتفعة مثل التكنولوجيا المتطورة…  

    الثورة هي حركة شعبية بهدف إحداث تغيير جذري للوضع السياسي والإقتصادي والاجتماعي، أما « الثورات المُلوّنة » فهي حركات سلمية تدعمها الإستخبارات الأمريكية والأوروبية مباشرة أو بواسطة منظمات « غير حكومية » أو « إنسانية » أو « حُقُوقية » تُموّلها القوى الإمبرالية وتكفّل إعلام الدّول الإمبريالية بإضافة لون لها « الثورة البرتقالية » أو « الزّرقاء » أو غيرها من الألوان باستثناء اللّوْنَيْن الأحمر والأسْود، والمقصود بها ثورات سلمية ( غير عنيفة) أو « مَخْمَلِيّة » لا تحدث سوى في بلدان تحكمها أنظمة لا ترضى عنها الإمبريالية الأمريكية وتوابعها بهدف تغيير الأنظمة القائمة بتلك البلدان ( بلدان الإتحاد السوفييتي بعد انهياره وبلدان أوروبا الشرقية والوُسطى) ويُسميها الإعلام « الغربي » ثورات « مُؤيّدة للدّيمقراطية » (pro-democracy revolutions ) أي مؤيدة للغرب، وهي احتجاجات جيّدة التنظيم لها يافطات وشارات وشعارات وألوان مُوحّدة مما يدلّ على قُوّة خَفِيّة تُشرف عليها « من وراء سِتَار »، لها مُنظّرُوها مثل « جين شارب » الذي حَرّض على حُسن التنظيم، مثل رَفْع الرّايات بشكل جماعي وبألوان موحّدة وتعيين ناطقين يُحسنون فن الخطابة والتصريحات ثم يتكفل الإعلام الغربي بنَشْر الشعارات والمطالب التي تقتصر عادة على « إسقاط النظام الديكتاتوري » دون التّعرّض لما سوف يحدث بعد ذلك، ولهذه « الثورات الملونة » من يدعمها ماليا وإعلاميا مثل « جورج سوروس » الذي لعبت مؤسساته دورًا هامًّا في الدّعاية للخصخصة ول »حرية السّوق » كبديل لتدخّل الدّولة في مسائل الأسعار والأجور وأنشأت مؤسسات جورج سوروس منظمات « المجتمع المَدَني » بهدف تغيير الحكومات والأنظمة باسم الدّيمقراطية وبأقل تكاليف ممكنة ثم يتكفّل الإعلام الرّأسمالي ( المملوك لمجموعات مصرفية أو صناعية أو تجارية ) والمحللون والمفكرون ومراكز الأبحاث والمواقع الإخبارية بكيْل المدائح للناطقين باسم هذه الإحتجاجات المُمَوّلة أمريكيًّا، وتقديمها كشكل راقي من ممارسة « الثورة »، ويشرح « جين شارب » ذلك بشكل مُفصّل في كتابه « من الدّكتاتورية إلى الدّيمقراطية » ( 1994) حيث يُؤكّد على « التخطيط المَرحلي » (التّكتيكي) والإستراتيجي « لتحقيق أكبر قدر ممكن من التأثير »، ويستشهد العديد من هؤلاء المفكّرين بتجربة بولندا، خلال عقد الثمانينيات من القرن العشرين، حيث تأسست نقابة « التّضامن » من قِبَل عُمّال الصّلب وميناء مدينة « غدانسك »، ثم استولت على قيادتها مجموعة مُقرّبة من الكنيسة الكاثوليكية والنقابات الأمريكية والأوروبية التي تدعمها وكالة الإستخبارات الأمريكية، وخاضت نقابة « التّضامن » ( سوليدارنوشك) عدّة إضرابات ومظاهرات واعتصامات مُناهضة للشيوعية كفكر وممارسة، وليس للنظام القائم في بولندا فحسْب، وتدعو صراحة إلى اقتصاد السّوق، وانتصر هذا الخط الرّجعي بفعل الدّعم الإمبريالي المادّي والإعلامي الكبير، وأصبح زعيم نقابة « تضامن » ( ليس فاليزا) رئيسًا للدّولة فيما بعد واتّسمت فترة حُكْمِهِ بالفساد والتراجع عن مكتسبات الطبقة العاملة والشباب والنّسْوة، ومع ذلك تكرّرت هذه « الثورات المُلَوّنة » التي روجت لها وسائل الإعلام المهيمنة ووسائل التواصل الاجتماعي والهواتف والكنائس والمنظمات « غير الحكومية » في المجر ويوغسلافيا وجورجيا وأوكرانيا ورومانيا وغيرها لتصبح معظم دول أوروبا الشرقية ومنطقة البلْقان والدّول المحاذية لروسيا أعضاء في حلف شمال الأطلسي والإتحاد الأوروبي…  

    أشرفت الإستخبارات الأمريكية ومؤسسات مثل فريدم هاوس أو الوَقْف الدّيمقراطي على الثورات الملونة، كما كان لجورج سوروس ومؤسساته دور هام، بدوافع مالية وإيديولوجية، وعلى سبيل المثال تأسس معهد أميركان إنتربرايز سنة 1983، وهو مُصنّف كمنظمة غير حكومية ويُديره ويُشرف على برامجه ضُبّاط متقاعدون من الجيش والإستخبارات العسكرية الأمريكية، وتُمَوِّلُهُ الحكومة بواسطة مؤسساتها غير الرّسمية، من ضمنها الصندوق القوْمي للديمقراطية وأمثاله من مراكز البحوث والمنظمات التي تُشَكِّلُ أَذْرع الإمبريالية الأميركية، ومن ضمنها صندوق كوانتوم ( الذي يُشرف على مجموعة صنادق الإستثمار التي أسسها جورج سوروس) المختص في تمويل « العمل الخيري والإنساني » في أوروبا الشرقية منذ نهاية القرن العشرين، وقام بتمويل « العمل الإجتماعي والتّربوي والتّرفيهي » في العديد من دول أوروبا الشرقية وكذلك العديد من الأحزاب السياسية ووسائل الإعلام التي ساهمت بقوة في إطلاق وإدارة « الثورات المُلوّنة »…

    مَوّلت الولايات المتحدة والإمبريالية عمومًا ( والعديد من المنظمات والأحزاب والنقابات والتيارات والأحزاب الديمقراطية الإجتماعية والكنائيس) ثورة مُلَوّنة ناجحة في بولندا، ومولت الولايات المتحدة ودعمت ثورات مُضادة في المجر ورومانيا ويوغسلافيا وفي تشيكوسوفاكيا وفكّكت معظمها وفي تشيكوسلوفاكيا كان الأرستقراطي « فاكلاف هافيل » – الذي كان يُقدّمه الإعلام كأكبر مثقف ديمقراطي ( مسرح العبث) وحصل على العديد من الجوائز، أول رئيس لتشيكيا ما بعد التقسيم ( تشيكيا + سلوفاكيا) وكان استرجاع قُصُور ومنتجعات ومزارع أُسْرَتِهِ من أوَّل قراراته…

    حدثت « الثورة الوَرْدِيّة » في جورجيا سنة 2003، بقيادة حركة « كمارا » ( كَفَى) للإطاحة بالرئيس إدوارد شيفرنادزه الذي لم يُفِدْه انبطاحة أمام الإمبريالية الأمريكية لما كان آخر وزير خارجية للإتحاد السوفييتي خلال العدوان على العراق سنة 1991، ثم جاء دَوْر أوكرانيا و « الثورة البرتقالية » سنة 2004 وكان اللون البرتقالي هو اللون الرسمي للحملة الانتخابية التي قادها المعارض فيكتور يوشنكو الذي يحظى بدعم أمريكي وأوروبي ضد فيكتور يانوكوفيتش، وكان شعار الثورة البرتقالية « بورا » أو « حان الوقت » ونجح الصّخب الإعلامي وشبكات المسيحيين البروتستنت الصهاينة الأمريكيين في إلغاء نتيجة الانتخابات وهيّأت الولايات المتحدة الظروف الكفيلة بفوز فيكتور يوشنكو واستمرت الثورات الملونة في دول الإتحاد السوفييتي المُنهار فكانت « ثورة التُّوليب » في قيرغيزيا سنة 2005  ثم أوزباكستان وغيرها، وعندما ينهزم مُرشّح الثورات الملونة تتم إزاحته بالقُوّة مثلما حدث في أوكرانيا سنة 2014 بإشراف القوى الإمبريالية ومليشيات اليمين المتطرف التي أشرفت على تدريبها الإستخبارات الأمريكية والصّهيونية، وعمومًا كانت هذه الثورات الملونة في أوروبا الشرقية مُوجّهة ضد روسيا التي كانت تُحاول النّهوض بعد إزاحة  زُمّرة بوريس يلتسين وتركيز النفوذ الأمريكي من خلال مجموعة من الأدوات، تبدأ من المنظمات « غير الحكومية » وتصل إلى الإنضمام لحلف شمال الأطلسي، وإبعاد وتشويه الأشخاص غير المُوالين للإمبريالية الأمريكية وللشركات العابرة للقارات، وتتم جميع هذه « الثورات » باسم حُرِّيّة التّعبير وباسم الديمقراطية، لتُغَيِّر الحكومات دون تحسين ظروف عيش المواطنين، بل تدهْوَرَ وضع العاملين والكادحين والنّسوة وفئات عديدة من هذه الشُّعُوب، وشكلت « الثورات المُلونة » فُرصة لتوسيع الإستثمارات الرأسمالية في أوروبا الشرقية لتكون الشركات العابرة للقارات والمصارف الكبرى المُستفيد الوحيد من هذه الأحداث…  

    شخصِيًّا لا أميل إلى تسمية ما حدث في العديد من البلدان العربية خلال نهاية 2010 وبداية 2022 « ربيعًا عربيًّا » ولا أعتبر  انتفاضات تونس ومصر « ثورات مُلَوّنة » فهي انتفاضات شعبية تلقائية، سبقتها انتفاضات جزئية، واستغلّتها القوى الرّجعية ( الإخوان المسلمون) الأكثر تنظيما والتي تمتلك المال وتُشرف على العديد من المنظمات الإنسانية والخيرية، ودعمتها الإمبريالية الأمريكية والأوروبية التي اعتبرتها القوة الوحيدة المُستعِدّة لحُكم هذه البلدان وعدم إعادة النّظر في اقتصاد السّوق وعدم تحدِّي الهيمنة الإمبريالية ( لم تستهدف الإنتفاضتان الهيمنة الإمبريالية ولم تَرِدْ في شعاراتها)، وكانت تلك الإنتفاضات بدون برامج أو أهداف واضحة وبلا قيادة تُخطّط لما بعد الإنتفاضة وإبعاد رأس النظام، وبذلك أزاحت الإمبريالية الأمريكية والأوروبية سلطات موالية لها لكنها فَقَدت مصداقيتها لتستبدلها بقوى أخرى غير متورطة في الفساد رسميا ولكنها لا تطمح لتغيير نمط الإنتاج أو هيمنة الإمبريالية، وما ذَكَرْتُهُ عن تونس ومصر يختلف عن نظرتي لما حدث في ليبيا وسوريا التي كانت تحكمها سلطات غير ديمقراطية لكنها « مُشاغبة » وغير خانعة بنسبة 100% خصوصًا بعد اقتراح القذافي مشروع عملة إفريقية مُوحّدة. أما في سوريا فلم تغفر الإمبريالية للنظام عدم توقيعه اتفاقية للتنازل عن الجولان والأراضي التي يحتلها الكيان الصهيوني، ورفضه مشروع خط أنابيب الغاز القطري الذي كان ينافس مشروعًا إيرانيا لمد خطوط نقل الغاز إلى موانئ سوريا كمرحلة نحو أوروبا…

    الطاهر المعز

  • Moon of Alabama : NYT – Devinettes sur l’Iran avec des « experts » qui manquent de connaissances

    Moon of Alabama : NYT – Devinettes sur l’Iran avec des « experts » qui manquent de connaissances

    Une grande partie de l’incompréhension qu’ont les décideurs politiques américains à l’égard des pays étrangers est due à la mauvaise qualité des reportages dans les médias américains.

    Voici un exemple parmi tant d’autres :

    Après la guerre avec Israël et les États-Unis, l’Iran est sur le fil du rasoir ( archivé ) – NY Times , 29 juin 2025
    La République islamique s’essouffle après 12 jours de conflit. Où ira la nation à partir de maintenant ?

    L’article a été rédigé par Roger Cohen, le « chef du bureau parisien du Times », de Dubaï.

    L’ouverture est quelque peu étrange :

    Roxana Saberi avait l’impression d’être de retour derrière les barreaux à Téhéran. En regardant le bombardement israélien de la prison d’Evin, ce tristement célèbre centre de détention au cœur de la répression politique iranienne, elle frissonnait au souvenir de l’isolement, des interrogatoires incessants, des accusations d’espionnage fabriquées de toutes pièces et du simulacre de procès pendant ses 100 jours d’incarcération en 2009.

    Comme beaucoup d’Iraniens de la diaspora et du pays, Mme Saberi hésitait, tiraillée entre son rêve d’un effondrement du gouvernement qui libérerait l’immense potentiel du pays et son inquiétude pour sa famille et ses amis alors que le nombre de victimes civiles s’accumulait. Les aspirations à la libération et à un cessez-le-feu rivalisaient.

    Ce langage « désirant » conviendrait parfaitement à l’introduction d’un essai de soft-porn. Mais il n’a rien à voir avec la question à laquelle l’article est censé répondre (mais ne répond pas).

    Roxana Saberi est née aux États-Unis d’une mère iranienne et d’un père japonais. Elle vit avec ses parents dans le Dakota du Nord. Sur 48 ans, elle n’a passé que six ans en Iran, où elle a travaillé jusqu’en 2009 comme reporter pour divers médias de propagande occidentaux. Après avoir été découverte en possession de documents secrets, elle a été emprisonnée, puis expulsée du pays.

    Comment peut-on s’attendre à ce qu’elle nous dise où l’Iran va désormais aller ? Elle ne le peut pas.

    Aucune des autres personnes citées dans ce texte trop long ne le peut non plus :

    … a déclaré Sanam Vakil, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Chatham House, un groupe de réflexion londonien.

    Et c’est qui ?

    À Chatham House, Sanam dirige un portefeuille diversifié d’initiatives de recherche et de politique, abordant des questions cruciales telles que la sécurité et les transitions économiques des pays arabes du Golfe, les ambitions régionales de l’Iran, la gouvernance et la réforme politique, l’autonomisation des femmes et l’intersection des défis climatiques et socio-économiques.

    Une autre source du NY Times :

    … a déclaré Abdulkhaleq Abdulla, éminent politologue aux Émirats arabes unis. « Une République islamique affaiblie pourrait perdurer quatre ou cinq ans. »

    En regardant Abdulkhaleq Abdulla vita, je me demande comment il est connu « aux Émirats arabes unis » :

    Le Dr Abdulkhaleq Abdulla est chercheur principal au sein de l’Initiative Moyen-Orient du Belfer Center for Science and International Affairs de la Harvard Kennedy School. De nationalité émiratie, il …

    Le professeur Abdulla a été boursier Fulbright, professeur invité au Centre d’études arabes contemporaines de l’Université de Georgetown et chercheur principal à la London School of Economics. Il est titulaire d’un doctorat en sciences politiques de l’Université de Georgetown et d’un master de l’American University.

    Je vois beaucoup de mérites dans le monde universitaire américain, mais pas beaucoup d’expérience dans le Golfe.

    Un autre « expert » du New York Times :

    … a déclaré Jeffrey Feltman, chercheur invité à la Brookings Institution à Washington

    Feltman est un ancien diplomate américain qui a passé des années à Tel-Aviv, mais aucune en Iran. L’Institut Brookings, où il réside, publie la brochure Which Path To Persia , qui constitue toujours le manuel d’actualité pour le changement de régime à Téhéran.

    Et enfin, un « expert » au moins quelque peu local :

    « Le peuple iranien en a assez d’être considéré comme un paria, et certains ont été plus attristés par le cessez-le-feu que par la guerre elle-même », a déclaré Dherar Belhoul al-Falasi, ancien membre du Conseil national fédéral des Émirats arabes unis.

    « Attristé par le cessez-le-feu » ? Comment Falesi le saurait-il ? Il a été cité dans les médias sionistes lorsqu’il a refusé de donner de l’argent des Émirats arabes unis au Hamas ou à l’Autorité palestinienne, sous prétexte qu’ils « sont corrompus ». Bien sûr. Comment pourrait-il en être autrement ? Mais que sait-il des Iraniens ?

    Voilà. Un article du New York Times qui diagnostique l’Iran comme étant sur le fil du rasoir, en se basant sur les dires de cinq « experts » dont aucun n’est en Iran ni n’y est allé récemment (voire jamais). Mais tous sont issus du même bourbier d’universitaires ou de « think tanks » spécialisés en politique étrangère américaine, qui se nourrissent de ces articles et les assimilent.

    On a l’impression d’avoir un regard extérieur sur un objet mystérieux avec des suppositions aléatoires sur ce qui pourrait se trouver à l’intérieur.

    Il s’agit simplement d’un remix des mêmes opinions qui ont été répandues pendant des années.

    Comment un décideur politique est-il censé comprendre l’Iran à partir de là ?Publié par b à  14h27 UTC | 

  • الطاهر المعز-مُتابعات : العدد الثلاثون بعد المائة بتاريخ الثامن والعشرين من حزيران/يونيو 2025

    الطاهر المعز-مُتابعات : العدد الثلاثون بعد المائة بتاريخ الثامن والعشرين من حزيران/يونيو 2025

    يتضمن العدد الثلاثون بعد المائة من نشرة "مُتابعات" الأسبوعية فقرة عن الأصدقاء والأعداء المُحتَمَلِين في أوروبا وفقرة عن الفقر وأخرى عن جوع وسوء تغذية الأطفال، وفقرة عن المُشاركة الواعية لأجهزة الدّولة الفرنسية في إبادة الشعب الفلسطيني ودعم الكيان الصهيوني، وفقرة عن أزمة مجموعة "فولكس فاغن" كمؤشر على أزمة قطاع صناعة السيارات في أوروبا وفقرة عن مشروع حلف شمال الأطلسي لتوسيع مفهوم "الأمن" أو "الدّفاع" ليشمل التجسس ومراقبة المواطنين داخل البلدان، باسم مكافحة الإرهاب، خلافًا للمهام المُعْلَنة عند تأسيس الحلف وهي مهام دفاعية بحتة، وفقرة عن تفوق السلاح الجوي الصيني بواسطة باكستان خلال الحرب الخاطفة مع الهند في إقليم كشمير وفقرة عن محاولات الولايات المتحدة إزاحة الشركات الصينية من إدارة الموانئ التجارية في فلسطين المحتلة (ميناء حيفا) وبنما وأستراليا وألمانيا

    أيّد مجلس بلدية برشلونة، يوم الجمعة 30 أيار/مايو 2025، خلال جلسة تصويت قطع العلاقات المؤسّسية مع حكومة الاحتلال الصهيوني، وتعليق اتفاق الصداقة مع مدينة تل أبيب « إلى حين احترام القانون الدولي وضمان الحقوق الأساسية للشعب الفلسطيني » وتجدر الملاحظة – رغم إيجابية القرار – إن معظم المؤسسات وجمعيات التضامن مع الشعب الفلسطيني تعتبر فلسطينيِّي الأراضي المحتلة سنة 1948 « إسرائيليين » أي لا ينتمون للشعب الفلسطيني، وإن هذه الأراضي ليست مُحتلّة بل هي « أراضي إسرائيلية »، وبذلك يُضْفِي معظم « أصدقائنا » الشّرعية على الإحتلال، فيما تُقسّم بعض مجموعات التضامن مع الشعب الفلسطيني المُستوطنات في الضّفّة الغربية أو القُدْس إلى « شرعية » و « غير شرعية »…

    حظي قرار تعليق العلاقات بين مدينة برشلونة وتل أبيب على تأييد الحزب الاشتراكي الحاكم في المدينة وعدد من أحزاب اليسار والأحزاب المؤيدة لاستقلال إقليم كاتالونيا، ونصّ القرار على قطع العلاقات المؤسّسية مع « الحكومة الإسرائيلية الحالية » ( هل يعني ذلك عودة العلاقات حال تغيير حكومة الصهانية؟)، وتعليق « اتّفاق الصداقة » المُبرم يوم 24 أيلول/سبتمبر 1998 بين العاصمة الكاتالونية وتل أبيب- يافا، وعلّل رئيس بلدية برشلونة القرار ب »مستوى المعاناة والموت الذي شهدته غزة على مدار العام ونصف العام الماضيَين، بالإضافة إلى الهجمات المتكرّرة التي شنتها الحكومة الإسرائيلية في الأسابيع الأخيرة… مما يجعل أي علاقة بين المدينتَين غير قابلة للاستمرار »، وطلب المجلس البلدي من مجلس إدارة معرض برشلونة « عدم استضافة أجنحة حكومية إسرائيلية أو شركات أسلحة أو أي قطاع آخر يستفيد من الإبادة الجماعية والاحتلال والفصل العنصري واستعمار الشعب الفلسطيني » ( يقتصر الشعب الفلسطيني على غزة والضفة الغربية، أي الأراضي التي تم احتلالها سنة 1967)، ويجري النظر في توصية مماثلة بشأن ميناء برشلونة « لعدم استقبال سفن متورطة في نقل الأسلحة إلى إسرائيل ».

    سبق أن قرّرت رئيسة البلدية السابقة « تعليق علاقات مدينة برشلونة مع إسرائيل » خلال شهر شباط/فبراير 2023، وتعليق اتفاقات التوأمة مع بلدية تل أبيب، وجرى تعليق القرار بعد بضعة أشهر من الانتخابات البلدية، ثم اعترفت الحكومة الإسبانية مع حكومة إيرلندا والنّرويج بدولة فلسطين ( وهي « دولة » وَهْمِيّة ) يوم 28 أيار/مايو 2024.

    من ناحية أخرى، نَسَبَت صحيفة « زود دويتشه تسايتونغ »، يوم الجمعة 30 أيار/مايو 2025، لوزير الخارجية الألماني يوهان فاديفول تصريحا ضمن مقابلة مع الصحيفة، قوله:   » إنّ ألمانيا ستتخذ القرار بشأن الموافقة على شحنات أسلحة جديدة إلى إسرائيل بناءً على تقييم الوضع الإنساني في قطاع غزة… » وشكّك فاديفول فيما « إذا كانت أفعال إسرائيل في الحرب التي تشنّها على غزة تتوافق مع القانون الدولي… إننا ندرس هذا، وإذا لزم الأمر، سنأذن بشحنات أسلحة أخرى بناء على هذا التقييم، إذ من المهمّ أن تتمكّن إسرائيل من الدفاع عن نفسها نظراً للتهديدات التي تواجهها من جماعة الحوثيين في اليمن وحزب الله وإيران…  بالنسبة لي، ليس هناك شك في أنّنا نتحمل مسؤولية خاصّة في الوقوف إلى جانب إسرائيل »، مكرراً « ضرورة الدعم الألماني لإسرائيل تكفيراً عن المحرقة في الحرب العالمية الثانية، ومن ناحية أخرى، هذا لا يعني بالطبع أنه يمكن للحكومة أن تفعل ما تشاء ».

    في المقابل، وبعد عشرة أيام من منع شحنة أسلحة متجهة من ميناء مرسيليا إلى ميناء حيفا بفلسطين المحتلة، نُشرت مقالات تُشير إلى تمويل الإتحاد الأوروبي برامج عسكرية تُساهم في عمليات الإبادة في غزة، في حين تفرض الحكومات الأوروبية ومُفوضية الإتحاد الأوروبي والمصرف المركزي الأوروبي التّقشّف وخفض الإنفاق الحكومي وخفض ميزانيات البرامج الإجتماعية…

    يشمل برنامج « أفق أوروبا »، برنامج البحث والابتكار التابع للاتحاد الأوروبي (2021-2027) مُساعدات للكيان الصهيوني بقيمة 93,5 مليار يورو، خلال مُدّة المُخطّط 2021 – 2027،  ويقترض البرنامج استخدام هذه الأموال لأغراض مَدَنِيّة، وعدم استخدام هذه المُساعدات لأغراض عسكرية، غير إن صحيفة « ليكو » البلجيكية ( 31 أيار/مايو 2025 ) نشرت تحقيقا يُؤَكّد إن ما لا يقل عن 21 مشروعًا من مشاريع « أفق أوروبا » تُموّل المُجمّع العسكري والجيش الصّهيوني بشكل مباشر، ويشمل هذا التمويل الأوروبي مساعدات لشركة الصناعات الجوية الصهيونية (IAI)، والشركة الحربية الحكومية روفائيل، وتمويل بحوث عسكرية لوزارة الحرب والبنية التحتية التي يستخدمها جيش العدُوّ ، كما يُمَوِّلُ صندوق الدفاع الأوروبي مشاريع مُتَعَلِّقَة مباشرةً بأمن ودفاع الدول الأعضاء بالإتحاد، وللكيان الصّهيوني نصيب من هذا التّمويل الذي يستخدمه لتطوير وتسليح الطائرات العسكرية المسيرة ( بقيمة 42 مليون يورو)، وهي تُستَخْدَم حاليا من قِبَل شركة بني صهيون لصناعات الطيران والفضاء لرصد واستهداف وقصف المباني والمُخيمات التي يلجأ لها الفلسطينيون، وفق موقع البحث والإستقصاء « ديسكلوز » بتاريخ 12 حزيران/يونيو 2025، وتحصل جامعة تل أبيب على 230 يورو من الإتحاد الأوروبي وجامعة بن غوريون على 54 مليون يورو، وتحصل جل الجامعات الصهيونية على تمويلات أوروبية، تستخدمها في مجالات البحث، وخصوصًا البحوث الأمنية والعسكرية وتطوير أجهزة وتقنيات مراقبة الفلسطينيين بالتعاون مع شركات صناعة الأسلحة، مما يجعل المُؤسسات الأوروبية متواطئة مباشرة مع الإحتلال ومُشاركة في عمليات الإبادة والتّجويع والحصار وانتهاك حقوق الإنسان، وسبق أن دَعَتْ 200 منظمة غير حكومية أوروبية إلى تعليق اتفاقية الشراكة بين الاتحاد الأوروبي والكيان الصهيوني، والتي دخلت حيز التنفيذ منذ 25 عامًا.

    أطلق «التقرير العالمي حول أزمات الأمن الغذائي» للعام 2025 ، الصادر عن شبكة الأمن الغذائي العالمية بمشاركة منظمات الأمم المتحدة والاتحاد الأوروبي والبنك العالمي، تحذيراً صارخاً من تفاقم مستويات الجوع الحاد في أكثر من خمسين دولة، حيث واجه نحو 295 مليون شخص انعداماً شديداً في الأمن الغذائي خلال سنة 2024، وهو ما يعادل 22,6% من السكان المشمولين بالتحليل، وتؤكد الشبكة الأممية أن هذه الأرقام تمثل الاتجاه التصاعدي السادس على التوالي منذ العام 2016، بفعل تفاقم الأزمات العالمية والوضع المتدهور في بُؤَر النّزاع مثل السودان وقطاع غزة وميانمار، وأدّى هذا التّفاقم إلى تدهور غير مسبوق في معدلات الجوع، نتيجة مباشرة للصراعات المسلحة والإغلاق الكامل للمساعدات، كما في حالة قطاع غزة، الذي واجه منذ مارس 2024 إغلاقاً لجميع المعابر ومنعاً لدخول الغذاء والدواء والوقود، ما أدى إلى تفاقم المعاناة الإنسانية.

    في السودان، أكد «فريق مراجعة المجاعة» التابع للشبكة، وجود مجاعة في معسكر «زمزم» بدارفور الشمالي منذ تموز/يوليو 2024، وهي أول حالة مجاعة مؤكدة عالمياً منذ العام 2020، وتبعتها أربع مناطق أخرى تأكدت فيها حالة المجاعة مع نهاية العام 2024، إضافة إلى توقع المجاعة في خمس مناطق أخرى بين كانون الأول/ديسمبر 2024 وأيار/مايو 2025، ولا تقتصر الأزمة على مناطق النزاعات، بل تتداخل معها أزمات اقتصادية وهيكلية، فارتفاع الأسعار العالمية للمواد الغذائية وانخفاض قيمة العُملات المحلية ( بأمر من الدّائنين، وفي طليعتهم صندوق النقد الدّولي والبنك العالمي) وارتفاع حجم وقيمة الديون الخارجية، عوامل أدّت جميعها إلى تراجع القدرة الشرائية، خصوصاً في الدول المُسْتَوْرِدَة للغذاء، مثل اليمن وسوريا وأفغانستان، كما لعبت الظواهر الجوية المتطرفة، مثل الجفاف والفيضانات والعواصف دوراً رئيساً في تراجع المحاصيل الزراعية وارتفاع أسعار المواد الغذائية، خصوصاً في القرن الأفريقي وأجزاء من آسيا، وتشير التوقعات إلى استمرار هذه الظواهر خلال النصف الثاني من سنة 2025…

    أفْرَدَ التقرير قِسْمًا للأطفال الذين يُواجهون الهلاك بسبب نقص أو انعدام الغذاء، ووصفها التقرير ب »الكارثة الصّحّيّة الصّامتة »، حيث يُعاني نحو 37,7 مليون طفل تحت سن الخامسة من سوء التغذية الحادّ، بينهم أكثر من 10,2 مليون طفل في حالة حرجة تهدد حياتهم، وتتركز الحالات الأخطر في نيجيريا وجمهورية الكونغو الديمقراطية والسودان واليمن وأفغانستان، وهي نفس الدّول التي تشهد أيضاً أعلى معدلات الجوع الحاد، وتفاقمت هذه الكارثة مع انتشار أمراض مثل الكوليرا والحصبة في مخيمات النزوح المكتظة، في ظل انعدام الرعاية الصحية ونقص اللقاحات عالمياً، ما زاد من خطر الوفيات بين الأطفال والنساء الحوامل، وتفاقمت أزمة الجوع ( والأمراض المصاحبة له) بفعل النزوح الجماعي، إذْ سجل التقرير وجود 95,8 مليون شخص نازح قسرياً في البلدان المتأثرة بالأزمات الغذائية سنة 2024، بزيادة قدرها 4% مقارنة بالعام 2023، مع تركز أكبر عدد من النازحين داخلياً في السودان وسوريا وجمهورية الكونغو الديمقراطية، ويُواجه  السكان النازحون نسباً أعلى من الجوع الحاد مقارنةً بالمقيمين، بسبب ضعف سبل الوصول إلى الغذاء والخدمات الأساسية، ولذلك يشدد التقرير على ضرورة زيادة التمويل الإنساني بشكل عاجل، لا سيما بعد أن شهدت القطاعات الغذائية تخفيضاً حاداً يصل إلى 45% في الدعم الدولي، مما يُعرّض أكثر من 14 مليون طفل لفقدان خدمات التغذية العلاجية، وممّا ينذر بكارثة إنسانية محتملة إذا لم يتم التدخل السريع، وأوْرَدَ تقرير الأمن الغذائي العالمي: « إن المجاعة ليست احتمالاً بعيداً، بل واقعاً قائماً في مناطق عدة… ( وإذا) استمرت الاتجاهات الحالية من النزاعات والتغير المناخي والتراجع الاقتصادي، فقد نشهد توسعاً غير مسبوق في أزمات الجوع على مستوى العالم سنة 2025… »

    صرّح الأمين العام للأمم المتحدة أنطونيو غوتيريش «لا يمكن تبرير الجوع في القرن الحادي والعشرين ويُعَدُّ التراجع الحاد في تمويل المساعدات الإنسانية فشلاً كبيرًا للإنسانية… ( مما يوجب) تحركًا عالميًّا يعيد ترتيب الأولويات ويعتمد على إجراءات قائمة على الوقائع… »، كما شدد شو دونيو، المدير العام لمنظمة الأغذية والزراعة (فاو)، على « ضرورة الاستثمار في الزراعة الطارئة، ليس فقط بصفته استجابةً للأزمة، بل بصفته حلاً أكثر فاعلية واستدامة على المدى الطويل… ( والتركيز على ) تعزيز النظم الغذائية المحلية وخدمات التغذية المتكاملة، إلى جانب ربط المساعدات الإنسانية بالتنمية طويلة الأمد »، ويؤكد تقرير الأمن الغذائي العالمي « أن 70% من الأسر في المناطق المتأثرة تعتمد على الزراعة،  ما يستدعي توجيه الدعم إليها لبناء القدرة على الصمود أمام الصدمات المستقبلية… »

    قَدّرت منظمة الأمم المتحدة للطفولة (يونيسيف)  » إن ما لا يقل عن 77 مليون طفل بواقع واحد بين كل ثلاثة أطفال في الشرق الأوسط وشمال إفريقيا يعانون من سوء التغذية بشكل أو بآخر، سنة 2024، وإن 55 مليون طفل في المنطقة يعانون من زيادة الوزن أو السمنة بفعل ارتفاع أشكال سوء التغذية بين الأطفال في سن المدرسة في جميع بلدان المنطقة (…) ويُعني 24 مليون طفل آخر من نقص التغذية والتقزم والهزال والنحافة »، خصوصًا بين الأطفال دون سن الخامسة، حيث لا يحصل سوى ثُلُث أطفال المنطقة – سنة 2024 – على الأطعمة المغذية التي يحتاجونها للنمو والتطور والازدهار… ويتفاقم سوء التغذية مع استمرار النزاعات والأزمات والتحديات وضعف إمكانية الحصول على الأطعمة المغذية والمياه النظيفة والرعاية الطبية والخدمات الأساسية الأخرى وانتشار الأطعمة غير الصحية الرخيصة والغنية بالملح والسكر والدهون… في ظل ارتفاع أسعار المواد الغذائية…  وتؤثر العديد من التحديات نفسها على النساء في سن الإنجاب حيث تعاني 9 ملايين امرأة أي 5% من نساء منطقة الشرق الأوسط وشمال إفريقيا من نقص الوزن، وتعاني 114 مليون امرأة أي 68% من زيادة الوزن والسمنة، وفي 17 دولة في المنطقة يتجاوز معدل انتشار زيادة الوزن والسمنة بين النساء البالغات 60% وهو أعلى بكثير من المتوسط العالمي البالغ 45%… »، وفق يونسيف.

    وقّعت نحو 145 منظمة وجمعية في فرنسا لائحة تُطالب بعدم مشاركة الكيان الصهيوني في الدورة الخامسة والخمسين ( من 16 إلى 22 حزيران/يونيو 2025 ) من « المعرض الدّولي للطيران والفضاء « ، لكن مجمل هذه المنظمات لا تشارك في التصدّيس الفعلي للمنظمات الصهيونية في فرنسا ولا تتمكّن (مجتمعة) من جَمْع خمسة آلاف متظاهر في شوارع باريس) ويستضيف مطار « لوبورجيه » في الضواحي القريبة من باريس ما يُعرف بمعرض باريس الجَوِّي الذي تنظمه جمعية صناعات الطيران والفضاء الفرنسية  (GIFAS)، وهو أحد أهم المعارض الدّولية في مجال صناعة الطيران والفضاء، ويُعدّ المعرض سوقًا هامة للطيران العسكري والطائرات المسيّرة والأقمار الصناعية والطائرات المقاتلة والصواريخ، ولذلك تولي الشركات العسكرية الصهيونية أهَمّيَّة خاصة لهذا الحدث، غير إنها اضطرت إلى التغيّب عن الدورة الرابعة والسبعين ( سنة 2024) بفضل الضغط الشعبي، احتجاجًا على « العدوان على غزة، وارتكاب جرائم حرب وإبادة جماعية… » غير إن تراجع التعبئة والإحتجاجات أتاح عودة مشاركة شركات صناعة الأسلحة الصّهيونية، رغم تقارير الأمم المتحدة وقرارات المحاكم الدّولية واشتداد عمليات الإبادة الجماعية فيما يمكن اعتبار هذه المشاركة تواطُؤًا وإضفاء للشرعية على المجازر الصهيونية في غزة والضفة الغربية واليمن وسوريا ولبنان وأماكن أخرى ومكافأة هذه الفظائع

    يستضيف المعرض – الذي يستقبل أكثر من ثلاثمائة ألْف زائر – وفدًا من وزارة الحرب الصهيونية وما لا يقل عن ثماني شركات حربية تنتج أسلحة يتم استخدامها في غزة، مما دفع عدّة جمعيات إلى رَفْع دعاوى قضائية لأن المعرض يستضيف شركات تُساهم في ارتكاب الإبادة الجماعية للفلسطينيين، وفق تصريحات  عَلَنِيّة للعديد من رؤساء هذه الشركات، من بينهم  الرئيس التنفيذي لمجموعة  (Aeronautics Group) المتورطة في مقتل العاملين في المجال الإنساني ورئيس « شركة الصناعات الجوية الإسرائيلية »  (IAI) التي تُنتج طائرات هيرون المُسيّرة للمراقبة، ورئيس شركة « البيت سيتيمز » وغيرها.

    رغم هذه التصريحات، لم تتخذ الحكومة الفرنسية أي إجراء لمنع الشركات الموردة للأسلحة المستخدمة في غزة من عرضها في معرض لو بورجيه، مما اضطر عدة جمعيات لخوض معركة قانونية مع الشركة المنظمة لمعرض باريس الجوي (SIAE  ) « لمنع حضور الشركات المُساهمة في جرائم الإبادة الجماعية »…

    من جهة أخرى، وفي ميناء « فُوس سور مير » ( Fos Sur Mer ) قُرب مرسيليا، قاطع عُمال الميناء المنتمين إلى « الإتحاد العام للعمال » ( CGT ) سفينة شحن صهيونية ورفضوا شَحْنَ 14 طنا من قطع غيار عسكرية فرنسية على متن السفينة المُتّجهة إلى ميناء حيفا بفلسطين المحتلة، يوم الخامس من حزيران/يونيو 2025، واعتقلت الشرطة مسؤول نقابة الميناء، من الصباح الباكر وحتى الثالثة بعد الزوال، بسبب البيان النقابي الذي يرفض « المُشاركة في الإبادة الجماعية المُستمرة  » للفلسطينيين، واستشهد البيان النقابي وكذلك شكوى الجمعيات بتقارير المنظمات غير الحكومية والمنظمات الدولية وأوامر محكمة العدل الدولية وأوامر الاعتقال التي أصدرتها المحكمة الجنائية الدولية ضد القادة الصهاينة… 

    تخطط شركة فولكس فاغن الألمانية العملاقة للسيارات لخفض 35 ألف وظيفة في ألمانيا بحلول سنة 2030، دون إغلاق مصانعها أو تسريح عمال، وقد قرر حوالي 20 ألف عامل مغادرة الشركة بالفعل، ويتم التفاوض حاليا على « خطة الإنقاذ  » التي تتضمن انخفاض عدد الموظفين بمقدار الثلث وتأجيل تنفيذ أجندة 2030، وتتضمن تأجيل بعض المكافآت وتجميد الرواتب خلال سنتَيْ 2025 و2026، مع تسديد زيادة في الرواتب بنسبة 5% على مرحلتين إلى صندوق مخصص، من بين أمور أخرى،  » لتمويل نماذج العمل المرنة »، واضطر العمال إلى قبول توقف إنتاج سيارة غولف بمحرك الاحتراق الداخلي في فولفسبورغ، وسيتم نقل المصنع إلى المكسيك، فيما يواصل المصنع الألماني إنتاج طرازي ID.3 وCupra Born الكهربائيين، وتُشير هذه المعطيات إلى عجز صناعة السيارات الأوروبية عن التحول من صناعة السيارات التقليدية إلى السيارات الكهربائية لعدم قدرتها على منافسة العلامات التجارية الصينية.

    بدأت أزمة مجموعة فولكس فاغن تظهر سنة 2015، عندما تم اكتشاف تلاعبها بانبعاثات ثاني أكسيد الكربون على نطاق واسع، حيث قامت هذه الشركة متعددة الجنسيات عمدًا بتثبيت تطبيق برمجي في سياراتها التي تعمل بالديزل لتزوير اختبارات الانبعاثات، ويسمح البرنامج، المعروف باسم « جهاز الهزيمة »، للسيارات باكتشاف وقت خضوعها لاختبارات الانبعاثات وضبط أدائها وفقًا للامتثال للوائح البيئية، وأطلقت هذه المركبات – في ظل ظروف القيادة الحقيقية – مستويات أعلى بكثير من الملوثات، مثل أكسيد النيتروجين (NOx)، مما تسمح به اللوائح البيئية.

    تتزايد ميزانيات حرب المعلومات، وتؤكد أحدث البيانات الصادرة عن الولايات المتحدة والمملكة المتحدة وحلفائهما، بما في ذلك حلف شمال الأطلسي (الناتو)، الاهتمام المتزايد بتعزيز القوات الهجومية والدفاعية في الفضاء الإلكتروني، ولتبرير هذه الزيادات في الميزانيات العسكرية، تُنشر أكاذيب حول تهديدات روسية وصينية مزعومة، مع أن أحد أهدافها هو السيطرة على المواطنين، واقترح حلف شمال الأطلسي (الناتو) إدراج الإنفاق على الأمن السيبراني والتدابير المتعلقة بحماية الحدود والسواحل لتحقيق الهدف الجديد المتمثل في تخصيص 1,5% من الناتج المحلي الإجمالي للدول الأعضاء للعسكرة والحرب، وسيكون هدف الإنفاق 5% من الناتج المحلي الإجمالي، بما في ذلك 3,5% للنفقات الدفاعية الرئيسية و1,5% للنفقات المتعلقة « بالأمن وحماية البنية التحتية الحيوية، وخدمات الاستخبارات غير الدفاعية، والأنشطة الفضائية »، واقترح حلف شمال الأطلسي توسيع مفهوم « الإنفاق الدّفاعي » إلى « مكافحة الإرهاب »، لتيْسير عملية عسكرة قوات الشرطة وتعميم مراقبة السّكّان، كما يشمل « الإنفاق الدّفاعي » المُقترح تجنيد الجواسيس وجمع المعلومات الإستخبارية والتّصوير ومراقبة وقرْصَنَة المكالمات الهاتفية والرسائل النصية ورسائل البريد الإلكتروني، وقُدِّرَ الإنفاق الإضافي على هذه الوسائل في الولايات المتحدة بنحو 910 ملايين دولارا ، واستفادت شركة « بلانتير » ( تأسست سنة 2003 مع احتلال العراق) بحصة هامة من هذه الميزانية الإضافية، لارتباطها الوثيق بوكالة المخابرات المركزية والجيش الأمريكي ويُعتبر تطبيق « فاوندري » ( لجَمْع وتحليل البيانات) منتجها الرئيس، وقدّمته لأربع وزارات، بما في ذلك وزارة الصحة والخدمات الإنسانية والعديد من المؤسسات العامة، بهدف إنشاء ملفات تعريف مفصلة للمواطنين الأمريكيين باستخدام البيانات العامة، بما في ذلك أرقام حساباتهم المصرفية، وديونهم، وسجلاتهم الأكاديمية، وسجلاتهم الطبية، وسجلات التطعيم، وغيرها، ويستمر جمع البيانات وإنشاء معسكر اعتقال إلكتروني في الولايات المتحدة، واستخدام المعلومات لأغراض سياسية، وقد رُفعت دعاوى قضائية لمنع الوصول إلى البيانات، مما يُثير الشكوك حول قدرة الحكومة على استغلال المعلومات الشخصية كسلاح ( المصدر: وكالة بلومبرغ + موقع صحيفة واشنطن بوست 28 أيار/مايو 2025 )

    خسرت الهند، خلال المناوشات الجوية التي وقعت يومي السابع والثامن من أيار/مايو 2025، بين الهند وباكستان، فوق منطقة كشمير الحدودية (بين الهند وباكستان والصين)، عدة طائرات مقاتلة، بما في ذلك مقاتلات رافال الفرنسية، وطائرة سو-30 إم كي آي، وطائرة ميغ- 29 روسية الصنع، بالإضافة إلى طائرة بدون طيار، وكان الجيش الباكستاني يستخدم أسلحة صينية مكّنته من وضع حدّ للتفوق الجوي للهند، وتسلط المناوشات الضوء على فعالية تكنولوجيا المقاتلات والصواريخ الصينية مقارنة بنظيراتها الغربية والروسية، رغم أهمية العنصر البشري لدي جانِبَيْ الصّراع، وتفوقت باكستان بفضل الصاروخ PL-15E خط البصر (LVR) الصيني الصنع، الذي تم العثور على حطامه في البنجاب بالهند، في أول ظهور له في القتال الحي، وأظهَرَ أداء الصاروخ الصيني PL-15 خارج مدى الرؤية (BVR) إنه مماثل لأداء الصاروخ الأمريكي AIM-120 AMRAAM ومتفوق على أداء الصاروخ الروسي R-77 وتمكنت الصين من تطوير طائراتها وصواريخها وزيادة مداها وتحسين أدائها وتعزيز قدرات منصة إطلاق الصواريخ وتزويد المقاتلات برادار صغير وبالأشعة تحت الحمراء وروابط بيانات أخرى كأجهزة الإستشعار والإنذار المُبَكّر، لتصبح الأسلحة الجوية الصينية منافسة للجيل الخامس من الأسلحة الأمريكية و »الغربية »…

    تُشير بيانات معهد ستوكهولم الدولي لأبحاث السلام إلى إلى ظهور الصين كقوة عالمية حقيقية في الحرب الجوية ومبيعات الطائرات المقاتلة، وإلى أن الصين ستكون رابع أكبر بائع للأسلحة، رغم الصعوبات الحالية التي تعترض الصين لبيع طائراتها المقاتلة إلى دول أخرى، ويقتصر زبائنها على دول مثل باكستان وبنغلاديش وزامبيا والسودان وكوريا الشمالية، وقد يُعزّز أداء باكستان في الاشتباكات الأخيرة مع الهند مبيعات الطائرات المقاتلة الصينية إلى دول « الشرق الأوسط، » حيث تعتبر دول مثل مصر وإيران والسعودية من الزبائن المحتملين، وقد تسمح هذه المبيعات للصين بتوسيع نفوذها في مجال المتطلبات التقنية والصيانة والتدريب على استخدام الصواريخ والطائرات المقاتلة…

    الطاهر المعز

  • Taher Elmouez-Note de lecture : Quelles leçons de l’agression contre l’Iran ?

    Taher Elmouez-Note de lecture : Quelles leçons de l’agression contre l’Iran ?

     T.M.

    Le 13 juin 2025, l’agression sioniste contre l’Iran occupait la « Une » des medias. L’agression s’est déroulée dans un contexte d’escalade provoquée par l’armée sioniste ( soutenue par tous les Etats impérialistes, d’où l’intérêt d’étudier les conséquences possibles de cette escalade  majeure dans le contexte du conflit mondial entre l’OTAN ( dirigée par les Etats-Unis) et le reste du monde, dont la Russie et la Chine.

    L’agression sioniste surprise contre l’infrastructure militaire iranienne et l’assassinat de dirigeants de premier plan, n’était pas seulement une « frappe » ( selon l’expression des médias impérialistes) contre « l’ennemi régional », comme le décrit Tel-Aviv, mais plutôt un test pratique de la technologie militaire et de la stratégie de guerre élaborées dans les coulisses des centres de décision américains, sous la direction de la célèbre RAND Corporation.

    L’écrivaine et professeure russe Elena Panina, députée au Parlement fédéral ( Douma) et directrice de l’Institut d’études stratégiques en politique et économie, a publié deux articles les 17 et 24 juin 2025, analysant l’attaque sioniste, puis américaine contre l’Iran du point de vue russe. Elle a tenté de mettre en garde les autorités russes contre des attaques surprise utilisant des tactiques similaires. Elle a essayé de conclure que l’une des leçons les plus importantes que la Russie devrait tirer de l’attaque contre l’Iran est qu’un manque de préparation à une agression étrangère et une mauvaise gestion entraînent forcément des conséquences désastreuses. Elle posait la question suivante : comment une guerre éclair de renseignement peut-elle détruire les capacités d’un État majeur sans que celui-ci ne tire la sonnette d’alarme ?

    Ce qui est frappant, selon Yelena Panina, c’est que « dans cette opération, Israël ne s’est pas limité à éliminer des personnalités isolées, mais a plutôt tenté d’éliminer d’un coup l’ensemble des hauts dirigeants militaires… L’Iran a perdu des dizaines de dirigeants importants, et le coup fatal porté par l’élimination de ces dirigeants n’était plus un simple scénario de renseignement, mais s’est transformé en un modèle militaire prêt à l’emploi immédiatement, pour démanteler la structure ( ou la chaîne ) de commandement et à éliminer l’ennemi dès les premières heures de l’agression. » L’auteure ne mentionne pas ce qui s’est passé en 1967, lorsque l’armée sioniste a bombardé des bases militaires égyptiennes et syriennes et a vaincu les armées des deux pays (ainsi que celle de la Jordanie) en quelques heures. Il s’agissait de la première expérience de la tactique visant à éliminer les capacités de l’ennemi et à contrôler rapidement le cours de la guerre, donc cette démarche n’est pas tout à fait nouvelle mais elle est mise à jour…

    L’auteure relie directement cette stratégie à ce qui a été développé dans les groupes de réflexion américains, affirmant : « Le concept du coup de grâce a été développé par la RAND Corporation et présenté à la Maison-Blanche au début des années 2000. Par conséquent, ce qui s’est passé en Iran n’est pas une initiative israélienne indépendante, mais plutôt la mise à l’épreuve d’un scénario préalablement élaboré à Washington ». 

    La Russie est-elle la prochaine cible ?

    Il convient de noter que cette étude est réalisée par une chercheuse et députée du parlement fédéral russe (Elena Panina). Elle dirige aussi un centre d’études et de recherches, elle perçoit donc l’actualité mondiale à travers le prisme russe. Elle pose explicitement la question dans la deuxième partie de l’article : à quoi la Russie doit-elle se préparer après cette expérience iranienne ? Elle répond par un avertissement explicite : il est fort probable que la Russie soit soumise à « une frappe combinée menée par l’Ukraine, pour le compte des forces de l’OTAN, visant le système de commandement militaire et politique russe, en conjonction avec une attaque contre son arsenal nucléaire et ses capacités de dissuasion ». L’auteur s’appuie sur des faits antérieurs, soulignant les similitudes temporelles et de terrain entre l’attaque sioniste contre l’Iran le 13 juin 2025, deux jours avant un cycle de négociations entre l’Iran et les États-Unis, et l’attaque ukrainienne contre des aéroports stratégiques russes le 1er juin 2025, deux jours seulement avant un supposé cycle de négociations à Istanbul entre la Russie et l’Ukraine. Yelena Panina demande avec sarcasme : « Cette similitude ne recèle-t-elle pas de nombreuses coïncidences ? »

    Guerre technologique :

    L’article souligne également la profonde transformation des outils de guerre moderne. L’attaque contre l’Iran n’a pas été menée uniquement avec des missiles ou des avions, mais avec une combinaison d’intelligence artificielle, de reconnaissance spatiale et d’analyse de données. Quatre géants technologiques ont également participé à l’agression de l’Iran (Palantir, Meta, OpenAI et Thinking Machines Lab). Les dirigeants de ces entreprises ont prêté serment comme officiers de réserve dans l’armée américaine, juste avant le début de l’agression israélo-américaine contre l’Iran. Encore une « coïncidence » ?

    Ainsi, la relation entre le ministère américain de la guerre et les grandes entreprises technologiques a dépassé le stade de la coopération technologique, et a atteint le stade de la coordination militaire pour effectuer des agressions contre un pays indépendant, membre de l’ONU. Le domaine de la finance ou des services s’est transformé aussi en un outil de fusion entre le Pentagone et la Silicon Valley, en une structure organique de la nouvelle guerre « occidentale » qui utilise la numérisation au service de l’armée et du Pentagone, sans aucune « couverture » ou prétexte pour camoufler cette collaboration. Starlink s’est illustré aussi et a été le principal fournisseur d’accès Internet pour les forces armées ukrainienne contre la Russie…

    En conclusion du premier article, Elena Panina a formulé des observations audacieuses et proposé un plan de défense stratégique pour la Russie, à commencer par la réactivation de la doctrine de l’armement nucléaire russe, le renforcement du domaine des renseignements pour plus d’efficacité et l’élargissement des capacités du pays pour pouvoir remplacer rapidement des dirigeants ou responsables ( civils et militaires) éliminés par l’ennemi, mais « n’attendez pas que les missiles ennemis commencent à nous tomber dessus. » Il faut plutôt prendre l’initiative préventivement pour priver l’ennemi des capacités techniques nécessaires au lancement d’une attaque, considérant les frappes préventives comme un droit légitime dans la logique de la nouvelle guerre initiée par les Etats-Unis et ses alliés.

    Le deuxième article étudie la question des pertes et profits et pose la question des conséquences d’une défaite potentielle de l’Iran, pas en tant que régime mais en tant qu’Etat, et ce au vu de ce qui s’est passé en Iraq, en Libye ou en Syrie, ainsi que les conséquences à court et à moyen terme sur la Russie et la Chine. L’article se termine par un appel à former une alliance solide entre les pays visés par la machine de guerre américaine : Russie, Chine, Corée du Nord, Iran…

    Malgré l’arrêt des frappes aériennes et des tirs de missiles qui ont duré 12 jours, ce qui s’est passé entre l’entité sioniste et l’Iran n’a pas marqué la fin d’un affrontement militaire, mais plutôt le début d’une phase plus complexe et probablement plus dangereuse. La guerre, qualifiée d’« occidentale », n’a pas conduit à une victoire décisive, mais a ouvert la voie à un projet plus vaste : déstabiliser l’Iran de l’intérieur, transformer le pays en une arène de conflit chronique menée par des moyens subtils et dissimulés. L’objectif de l’agression n’est peut-être pas d’obtenir une défaite militaire rapide, mais plutôt de provoquer une désintégration politique et sociale durable qui serve les intérêts de Washington et de Tel-Aviv et redessine les cartes de l’influence. Au Moyen-Orient, à commencer par Téhéran.

    L’impérialisme américain nous a rappelé une fois de plus qu’il est la plus grande puissance et le gendarme mondial, déterminé à résoudre tous les problèmes persistants par les menaces, la force et la coercition. Cela nous a également rappelé que la décision de déclencher, de poursuivre ou d’arrêter la guerre appartient avant tout aux Américains. L’entité sioniste a lancé l’agression, mais l’Iran a répondu avec force et détermination. Il n’a pas semblé capituler ni se soumettre. Au contraire, Tel-Aviv, Haïfa, Jérusalem, le Néguev et les sites militaires sionistes sont devenus la cible de bombardements intensifs. Lorsque la situation est devenue critique, l’impérialisme américain est intervenu directement pour secourir son agent et représentant dans la région. L’hypothèse selon laquelle le lobby sioniste contrôle la politique américaine a été dissipée, car la guerre des Douze Jours a démontré que l’impérialisme américain est le leader ( le général) et l’entité sioniste le suiveur ( le caporal), quoique d’une manière particulière.

    La situation intérieure aux États-Unis a été marquée par l’élargissement du champ des manifestations, qui ont débuté à Los Angeles, en Californie, et se sont étendues à plusieurs grandes villes américaines. Les manifestations contre la répression et les arrestations visant les immigrants, pilier de l’économie américaine dans une société initialement composée d’immigrants ( qui se sont transformés en colons criminels), se sont poursuivies malgré les violences commises par la Garde nationale et de l’armée. Donald Trump a réussi à détourner l’attention de la situation intérieure explosive en lançant une guerre extérieure ( une agression, comme toutes les guerres américaines) à laquelle ses opposants ne se sont pas opposés. Le président américain a pu contrôler totalement son parti (le Parti républicain) et la majorité de la société, qui soutenait une « participation américaine limitée » à l’agression contre l’Iran, présenté depuis 45 ans par les médias comme une source de maux et à auquel on a imputé une grande partie des problèmes du monde. Les dirigeants politiques et militaires américains ont mal évalué l’ampleur de la réplique iranienne à l’agression. L’Iran a résisté durant la phase intense de la confrontation, et la rébellion interne attendue n’a pas eu lieu. Les alliés américains et sionistes, qui cherchaient à renverser le régime iranien après les bombardements aériens, ont été déçus car au contraire cette agression a uni la société iranienne face à l’ennemi extérieur. Cela s’explique par le fait que les forces politiques iraniennes, y compris l’opposition, rejettent l’intervention de forces extérieures pour renverser le régime qui signifierait l’effondrement de l’État, et non pas seulement du régime – comme cela s’est produit en Libye, en Syrie, en Iraq et ailleurs – et l’avènement d’une catastrophe dont personne ne connaît les limites.

    Un arrêt temporaire de l’agression pourrait conduire à des tentatives de lancer une nouvelle « révolution coloriée » en Iran, après l’échec de la dernière tentative en 2022. L’impérialisme américain s’appuie sur des forces organisées telles que les héritiers de la bourgeoisie qui a soutenu le régime du Shah Mohammad Reza Pahlavi et leurs alliés, tels que l’organisation des « Moujahidines du peuple » devenus un outil et un pion de certaines franges de la bourgeoisie compradore iranienne et des services de renseignement impérialistes.

    Les médias américains ont divulgué des rapports d’instituts de recherche appelant à se concentrer sur la déstabilisation de l’Iran, de l’intérieur, afin de détruire le régime, l’Etat et le pays ( riche en hydrocarbures) en organisant et en finançant les groupes qui déclencheraient une « révolution coloriée » en exploitant la pénurie et les destructions. Le « mécontentement interne », aux motivations légitimes, pourrait ainsi être exploité par les États-Unis, l’entité sioniste, l’OTAN et les régimes réactionnaires du Golfe pour transformer les revendications pour de meilleures conditions de vie en une guerre civile visant à détruire l’État et à diviser le pays, à l’instar de ce qui s’est passé en Iraq, en Libye, en Syrie ou en Yougoslavie.

    Ces objectifs américains et sionistes entrent en conflit avec ( ou contrarient ) les intérêts de la Russie et de la Chine, car la fragmentation de l’Iran entraîne inévitablement la déstabilisation des pays voisins d’Asie centrale, du Pakistan, de l’Afghanistan et de la région du Caucase du Sud, vitale pour la Russie. La Turquie (membre de l’OTAN) pourrait tirer profit de cette situation, qui entravera ou arrêtera inévitablement tous les projets de corridors de transport, tels que les lignes « Nord-Sud » entre l’Iran et la Russie, et les lignes du projet chinois « la nouvelle route de la soie ». Si cela se produit et que l’influence de la Turquie se renforce, la déstabilisation de la Russie de l’intérieur (le Caucase du Nord et la région de la Volga) et de la Chine (la région autonome Ouïghour du Xinjiang) deviendra possible d’ici quelques années. Par conséquent, certaines études ou recherches russes appellent à une coopération renforcée entre la Russie, la Chine, la Corée du Nord et l’Iran – ou la région appelée « Eurasie » –, car chacun de ces pays est exposé à la menace d’une agression impérialiste américaine et européenne ou les puissances qui constituent l’adversaire géopolitique commun.

    Le premier article n’est pas une simple analyse d’une guerre dans un pays tiers, mais plutôt un avertissement réfléchi : ce qui s’est passé en Iran pourrait se reproduire, avec de nouveaux outils, n’importe où, notamment en Russie. L’entité sioniste a non seulement attaqué l’Iran, mais a également ouvert la voie à une nouvelle ère de guerre, où les négociations se transforment en tromperie, où la technologie et l’intelligence artificielle sont des armes, et où la rapidité devient une norme existentielle. Il n’y a pas de place pour la confiance dans les accords bilatéraux ou internationaux, signés avec de tels adversaires ou ennemis. Les guerres à venir seront des guerres d’intelligence artificielle.

    Le deuxième article est plutôt une analyse stratégique de ce qui pourrait se produire à l’avenir, notamment la possibilité de détruire et de diviser l’Iran, de renverser le régime de l’intérieur par une « révolution de couleur », plutôt que par une agression militaire, ou une combinaison des deux procédés, en parallèle. Si la « révolution de couleur » devait se produire et réussir en Iran, les conséquences négatives, voire catastrophiques de cette situation atteindraient la sphère d’influence de la Russie et de la Chine, au bénéfice de la Turquie, membre de l’OTAN menant une guerre par procuration contre la Russie en Ukraine. Une telle situation déstabiliserait la région eurasienne, la Russie et la Chine. Par conséquent, Elena Panina appelle à un renforcement de la coopération entre la Russie, la Chine, la Corée du Nord et l’Iran, difficile à réaliser actuellement car la Russie et la Chine ont fait preuve d’une grande prudence et d’une grande réserve lors de l’agression américano-sioniste contre l’Iran. La Russie est embourbée en Ukraine, tandis que la Chine est préoccupée par la guerre économique déclenchée par les Etats-Unis, en plus des menaces militaires américaines.

    Taher Elmouez

  • Laure Lemaire- L’émigration algérienne 5°Partie- Le FLN soutenu par des Français

    Laure Lemaire- L’émigration algérienne 5°Partie- Le FLN soutenu par des Français

    Il peut sembler paradoxal qu’un flux massif d’hommes émigrent vers la métropole qui opère la répression contre l’insurrection nationaliste de leur pays. L’émigration double pendant le conflit, entre 1954 et 1962 en raison de la loi de liberté de circulation entre les départements algériens et métropolitains (septembre 1947). Mais surtout, la répression, les camps de regroupement (destruction des villages), les injustices du système colonial s’aggravent du fait du conflit armé qui devrait se nommer Guerre, et non pacification..

    Donc, suivant le même schéma que les 1° migrations, ils viennent pour aider à la croissance des Trente Glorieuses, comblant le manque de main-d’œuvre, aggravé par l’envoi du contingent en Algérie en 1956. Mais, guerre oblige, leurs séjours s’allongent, passant de 2 à 4 ans, et la venue en famille (destrucion des structures traditionnelles) passent de 7000 à 30 000. Leurs conditions de vie sont très précaires, 

    A partir de 1962, les jeunes seront en général algériens par filiation car +de 90% des immigrés opteront pour la nationalité de l’Indépendance.

    Des politiques de regroupement familial dans les années 1970, voient des dizaines de milliers d’Algériennes s’ installer durablement Avant, -de 20 % des Algériens vivaient en famille ou en couple (dont 1/3 avec une femme française),

    La communauté algérienne (les émigrés) comptait 211 000 personnes en 1954 et 350 000 en 1962. Une part importante, 180 000 personnes, dont 8 000 femmes et 29 000 enfants en 1961, sont concentrée en région parisienne. Mais c’est récent. Ceux qui accueillent les nouveaux arrivants, étaient des hommes jeunes, souvent mariés, dont beaucoup avaient laissé leur famille en Algérie. Illettrés pour la plupart, ils étaint employés en tant que manœuvres, rarement ouvriers qualifiés et vivaient, pour Paris et la Région Parisienne, dans les bidonvilles de NanterreAubervilliers, Saint-Denis,Argenteuil, Bezons ou dans les quartiers les plus modestes de Paris à la Goutte d’Or, à Ménilmontant, à Belleville, à la porte d’Italie. C’est toujours là qu’ils sont les plus nombreux mais ils sont très présents dans les autres grands centres urbains français comme le montre le découpage des wilayas du FLN.

    La communauté est fortement politisée: c’est en métropole que naît le nationalisme algérien sous la houlette de Messali Hadj qui fonde le 1° parti indépendantiste en 1926 : l’Etoile nord-africaine. De nombreux militants actifs diffusent journaux et tracts ou organisent réunions et manifestations. Les Algériens émigrés accueillent avec enthousiasme la nouvelle de l’insurrection de la Toussaint Rouge le 1er novembre 1954.

    Elle devient un enjeu du conflit aussi bien pour les nationalistes algériens que pour les pouvoirs publics français. Sa mobilisation est décisive dans la lutte pour l’indépendance.

    Le conflit entre le FLN et le MNA- Les Messalistes ont l’avantage de l’ancienneté, très implanté dans l’émigration, depuis la création de l’Etoile Nord Africaine dans les années 1920. A son Congrès en  juillet 1954, le MTLD est divisé entre « messalistes », « centralistes » et les 472 « neutraliste », qui refusent de prendre parti. Ils (dont M. Boudiaf créent le CRUA (Comité révolutionnaire d’Unité et d’Action) et décident de passer à l’action armée, sous le nom de Front de Libération Nationale (FLN). De toute façon, le MTLD est dissous en novembre par l’État français. Ceux qui restent, se refondent en Mouvement national algérien (MNA). Ses revendications portent sur l’indépendance totale de l’Algérie, l’évacuation des troupes françaises, l’abrogation du code de l’indigénat, la récupération par les Algériens de leurs biens sous séquestre, et en France, le droit des Algériens à l’enseignement avec l’ouverture du champ médiatique et la liberté d’exercice des droits politiques et syndicaux. En 1955, il encadre très fortement l’émigration algérienne en France.

    En métropole, la rivalité « FLN-MNA » prend une ampleur bien plus importante qu’en Algérie. Le FLN entend se concilier l’émigration algérienne de gré ou de force. La fédération de France, constitue un formidable groupe de pression au sein du FLN. Son influence provient de son ancrage dans une communauté émigrée ouvrière et militante de 350 000 membres et de son énorme contribution financière en direction des coffres du GPRA . Très unie, elle assure au parti un poids politique et idéologique incontestable, au sein même de la métropole.

    Cette rivalité a laissé de nombreux blessés et morts parmi les frères ennemis dans les rues et les cafés, en particulier dans les zones industrielles (Paris, Nord, l’Est de la France et la région lyonnaise). Dès 1955, la région parisienne, qui regroupe 1/3 de l’immigration, devient le théâtre d’affrontements sanglants. Le bilan de cette guerre fratricide s’élèverait à 4000 morts et 12 000 blessés. Elle se termine en 1957. Le FLN prend le dessus en France comme en Algérie. Messali Hadj est privé de tout rôle politique au sein des instances dirigeantes de la lutte armée pour l’indépendance de l’Algérie. .

    Le FLN est le seul interlocuteur politique de la France à partir de 1956. Il a le soutient de l’Egypte de Nasser et l’aide du Maroc et de la Tunisie qui accueillent l’ALN.

    A partir de la formation du GPRA en septembre 1958, puis de la reconnaissance de l’autodétermination, le FLN acquière un statut quasi officiel au niveau international, reconnu par les Etats-Unis. Il est reçu en Chine, au Viêt Nam, en Corée et participent à la conférence des pays non-alignés en 1961. Les ralliements individuels se multiplient, aussi dans l’espoir oportuniste d’un poste dans le futur Etat algérien.

    Le gouvernement Français cherche à installer une «3° voie» en recrutant parmi les élus musulmans de l’après 1958 (pleins pouvoirs) et la bourgeoisie locale, une politique d’association avec la France. Elle échoue face à la peur (assassinat du sénateur algérien Chérif Benbalylès) et la frange modérée s’est décrédibilisée en acceptant de participer à des élections truquées, contrôlées par l’armée française. Il tente de jouer sur les divisions internes. Autre échec. Le gouvernement français se résout à n’avoir que le FLN pour partenaire.

    La manifestation du 17 octobre 1961 est un carnage, complètement passé sous silence

    Depuis le 1° septembre 1961, la Fédération française du FLN est organisée en 3 groupes composés chacun de 2 ou 3 wilayas : le G1 regroupe le Sud de la région parisienne et le Sud-Ouest (Bordeaux); le G2, le Nord de la RP et le Nord-Pas de Calais (Lille) et aussi l’Alsace-Lorraine (Strasbourg); le G3 comprend la région de Lyon et celle de Marseille (avec le Languedoc)

    Les Français, mal informés par les radios et la télé suivent de loin les « événements en Algérie », L’envoi du contingent en 1956 est le déclencheur de la prise de conscience des réalités du conflit.

    Le gros de la troupe passe par une préparation au maniement des armes de 2 à 4 mois, en métropole ou en Algérie, «les classes » qui pouvaient être suivies, d’une spécialisation (radio télégraphiste) ou d’une formation dans une école pour officiers de réserve (EOR), souvent des sursitaires étudiants.

    Les émigrés algériens en France qui vivent avec une Française (ce qui est assez courant) ont des enfants français (droit du sol) avec un nom et un prénom « arabe ». Ils font partie du contingent. Chacun d’eux va employer son imagination pour ne pas faire la guerre, par exemple se faire coller au « trou », en prison pendant 18 mois. Pour ces jeunes, français de souche ou d’origine algérienne, l’amitié de l’école, puis en apprentissage, grandit encore à l’armée.

    Les jeunes Pieds-Noirs, citoyens français, ont été appelés aussi en 1954. Leur situation était délicate, car vivant en Algérie, ils pouvaient avoir des liens forts avec la population locale.

    Le contingent des appelés augmente mais la plupart n’a aucune envie de partir. Les manifestations de 1956 autour des trains d’appelés pour les empêcher de partir sont un mouvement spontané. On parle des épouses, fiancées, mères de l’ UFF (union des femmes françaises, proche du PCF) qui se couchent sur les rails. Selon le ministère de l’Intérieur,1/5 train fait l’objet de troubles au printemps 1956, estimation minimisée. Une partie ne veut pas fêter ses “20 ans dans les Aurès” tandis que les rappelés de 1956 plus âgés, savent ce qui les attend là-bas, d’où un mouvement plus fort auquel les autorités se sont bien préparées, via les rapports des RG, sur leurs activités politiques.

    Les appelés, sans aucun soutien politique, pratiquent une “résistance individuelle” en reprenant des études pour être sursitaires, une « résistance passive », par leurs tenues vestimentaires, l’hygiène et surtout le retard systématique au retour des permissions, jusqu’en 1961, le commandement militaire répondant : « Si tu arrives en retard, c’est l’un de tes camarades qui partira en retard en permission »

    Sur le plan pratique, elle est divisée en 3 branches indépendantes, parfois rivales : l’« OAS Madrid », l’« OAS Alger » et l’« OAS Métro », métropole où elle est très active.

    5 généraux  de l’armée à Alger tentent d’obliger le général de Gaulle à poursuivre la guerre. Leur putsh a échoué en partie en raison du refus de participation du contingent et même de sa résistance ; ils écrivent aux généraux pour les désavouer, sous une signature collective, ce qui déclenche une fracture dans l’institution militaire. Le général de Gaulle les encourage ; il a, depuis l’instauration de la 5° République en 1958, les pleins pouvoirs. Il termine son allocution radiodiffusée et télévisée par un vibrant « Aidez-moi ! ».

    Alors que Radio-Alger est aux mains des généraux putschistes, Radio Monte-Carlo est la seule station métropolitaine reçue en Algérie. Elle retransmet toutes les heures, l’appel du président de la République. Les soldats du contingent en prennent connaissance grâce à leurs transistors, l’échec du putsch étant attribué à la radio, la télévision ne connaîssant, qu’ une diffusion très limitée .

    Ces appelés du contingent, les « 500 000 gaillards munis de transistors », réclament que leurs chefs prennent position pour Paris. À la base aérienne 140 Blida, des centaines d’appelés forcent l’immense porte cadenassée du parking pour empêcher les parachutistes d’Alger de s’emparer des avions puis demandent au commandant Joseph Kubasiak, loyaliste à de Gaulle, de prendre le commandement de cette base stratégique, ce qui causera son assassinat par l’OAS un an après.

    Les appelés sont encouragés par les nouvelles de métropole. Les syndicats lancent (enfin !) une grève générale d’une heure, massivement suivie contre le putsch.

    Le réseaux est composés de militants situés à l’extrême gauche, imprégnés d’internationalisme, et appartenant aux milieux professionnels de l’Université, de l’édition, du spectacle. Ils mènent diverses actions comme l’hébergement ou le déplacement de membres et cadres du FLN, et à apporter un support en collectant et en transportant des fonds et des faux-papiers pour les agents du FLN opérant dans la métropole, d’où leur surnom de « porteurs de valises ».

    Leurs obsèques au Père Lachaise rassemblent 500 000 personnes.

Note : 5 sur 5.

« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »

– Keiko, Londres

Note : 4 sur 5.

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– Sarah, New York

Note : 5 sur 5.

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– Olivia, Paris