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  • Pepe Escobar : Cris et chuchotements le long des tours de guet russes (sur Prighozin et Poutine)

    Pepe Escobar : Cris et chuchotements le long des tours de guet russes (sur Prighozin et Poutine)

    Souvenez-vous de Poutine : « Nous n’avons même pas encore commencé quoi que ce soit. »

    « Des chuchotements d’un « pouvoir maléfique » ont été entendus dans les files d’attente des laiteries, des tramways, des magasins, des appartements, des cuisines, des trains de banlieue et longue distance, dans les gares grandes et petites, dans les datchas et sur les plages. Inutile de dire que les personnes vraiment mûres et cultivées n’ont pas raconté ces histoires sur la visite d’une puissance maléfique dans la capitale. En fait, ils se sont même moqués d’eux et ont essayé de raisonner ceux qui leur ont dit.
    Mikhaïl Boulgakov, Le Maître et Marguerite

    Pour citer Dylan, qui aurait pu être un épigone de Boulgakov: « Alors arrêtons de parler faussement maintenant / l’heure se fait tard. » À présent, il est tout à fait clair que l’illusion d’un accord de « paix » en Ukraine est le dernier rêve humide des suspects habituels « non capables d’un accord », toujours accros aux mensonges et au pillage tout en manipulant habilement des libéraux sélectionnés parmi l’élite russe.

    L’objectif serait d’apaiser Moscou avec quelques concessions, tout en gardant crucialement Odessa, Nikolaev et Dnipro, et en sauvegardant ce qui serait l’accès de l’OTAN à la mer Noire.

    Tout cela en investissant dans une Pologne enragée et pleine de ressentiment pour devenir une milice militaire de l’UE armée jusqu’aux dents.

    Ainsi, toute « négociation » vers la « paix » masque en fait une volonté de reporter – juste pour un petit moment – le plan directeur initial : démembrer et détruire la Russie.

    Il y a des discussions très sérieuses à Moscou, même au plus haut niveau, sur le positionnement réel de l’élite. Grossièrement trois groupes peuvent être identifiés : le parti de la Victoire ; le parti « Paix » – que Victory décrirait comme des redditions ; et le Neutre/Indécis.

    La victoire inclut certainement des acteurs cruciaux tels que Dmitri Medvedev ; Igor Sechin de Rosneft ; le ministre des Affaires étrangères Lavrov ; Nikolai Patrushev; le chef de la commission d’enquête de Russie, Aleksandr Bastrykin ; et – même sous le feu – certainement le ministre de la Défense, Choïgou.

    « Peace » comprendrait, entre autres, le chef de Telegram, Pavel Durov ; l’entrepreneur milliardaire Andrey Melnichenko ; le tsar métallurgiste et minier Alisher Usmanov (né en Ouzbékistan); et le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

    Neutre/Indécis comprendrait le Premier ministre Mikhail Mishustin ; le maire de Moscou, Sergueï Sobianine ; chef de cabinet du bureau exécutif présidentiel, Anton Vaino; Premier adjoint au chef de cabinet de l’administration présidentielle et tsar des médias, Alexey Gromov ; le PDG de Sberbank, Herman Gref ; le PDG de Gazprom, Alexey Miller ; et – pomme de discorde spéciale – peut-être le suprémo du FSB Alexander Bortnikov.

    Il est juste de dire que le troisième groupe représente la majorité de l’élite. Cela signifie qu’ils influencent fortement l’ensemble du déroulement de l’opération militaire spéciale (SMO), qui s’est maintenant métastasée en une opération anti-terroriste (ATO).

    Le brouillard de guerre « contre-offensive »

    Ces différents points de vue russes au sommet suscitent de manière prévisible des spéculations effrénées parmi les États-Unis et l’OTAN Think Tankland. Otages de leur propre excitation, ils oublient même ce dont est conscient toute personne ayant un QI supérieur à la température ambiante : Kiev – bourrée de 30 milliards de dollars d’armement de l’OTAN – peut produire moins que zéro effet de sa « contre-offensive » tant vantée. Les forces russes sont plus que préparées et l’Ukraine n’a pas l’élément de surprise.

    Les hacks collectifs de l’Ouest, après s’être gratté la tête fébrilement, ont finalement découvert que Kiev devait se lancer dans une « opération interarmes » pour tirer quelque chose de son nouveau déluge de jouets de l’OTAN.

    John Cleese a noté à quel point le couronnement de Charles The Tampax King ressemblait à un croquis de Monty Python. Maintenant, essayez celui-ci comme suite : l’Hégémon ne peut même pas payer ses billions de dettes tandis que les crétins des relations publiques de Kiev se plaignent que les 30 milliards de dollars qu’ils ont obtenus sont des cacahuètes.

    Sur le front russe, l’indispensable Andrei Martyanov – un maelström d’esprit – a observé à quel point les correspondants militaires russes les plus alarmés n’ont tout simplement aucune idée « du type et du volume d’informations de combat qui affluent vers les postes de commandement à Moscou, Rostov-sur-le-Don ou les états-majors des formations de première ligne.

    Il souligne qu’ »aucun officier de niveau opérationnel sérieux » ne parlera même à ces gars, joyeusement décrits comme des « voenkurva » (en gros, des « chiennes militaires »), et ne « divulguera tout simplement aucun type de données opérationnelles hautement classifiées ».

    Ainsi, dans l’état actuel des choses, tout le bruit et la fureur de la «contre-offensive» sont enveloppés par un épais brouillard de guerre.

    Et cela ne sert qu’à ajouter de l’huile sur le feu des vœux pieux des Think Tankland américains. Le nouveau récit dominant dans le Beltway est que le leadership à Moscou est « fragmenté et imprévisible ». Et cela peut conduire à « une défaite conventionnelle d’une grande puissance nucléaire » dont « le système de commandement et de contrôle est tombé en panne ».

    Oui : ils croient en fait à leur propre propagande stupide (copyright John Cleese). Ils sont l’équivalent américain du Ministry of Silly Walks. Incapables d’analyser pourquoi et comment les élites russes ont des points de vue différents sur la méthode et l’étendue du SMO/ATO, le mieux qu’elles puissent trouver est que « la protection de l’Ukraine est une nécessité stratégique, car la menace russe augmente si Moscou gagne en Ukraine ». .”

    Qu’y a-t-il derrière le son et la fureur de Prighozin

    L’arrogance/ignorance américaine n’efface pas le fait qu’il semble y avoir une lutte de pouvoir sérieuse parmi les siloviki. Yevgeny Prigozhin, un siloviki, a en fait dénoncé Choïgou et Gerasimov comme incompétents, laissant entendre qu’ils ne conservent leurs postes que par loyauté envers le président Poutine.

    C’est aussi sérieux que possible. Parce que c’est lié à une question clé posée à travers plusieurs silos instruits à Moscou : si la Russie est largement connue pour être la puissance militaire la plus puissante au monde avec les missiles défensifs et offensifs les plus avancés, comment se fait-il qu’elle n’ait pas conclu l’ensemble de l’affaire dans le Champ de bataille ukrainien ?

    Une réponse plausible est que seuls 200 000 membres de l’armée russe combattent actuellement et qu’environ 400 000 à 600 000 attendent en réserve l’attaque ukrainienne. Pendant qu’ils attendent, ils sont en formation constante ; donc attendre joue à l’avantage de la Russie.

    Une fois la fameuse « contre-offensive » terminée, l’Ukraine sera frappée avec une force massive. Il n’y aura pas de règlement négocié. Seul abandon inconditionnel.

    Ce qui se passe en ce moment – ​​le drame de Prigozhin – est subordonné à cette logique, parallèlement à une opération médiatique assez sophistiquée.

    Oui, le ministère de la Défense (MoD) a commis plusieurs erreurs graves, ainsi que d’autres institutions russes, depuis le début du SMO. Les critiquer en public, de manière constructive, est un exercice salutaire.

    La tactique de Prighozin est un joyau; il manipule un certain degré d’indignation publique pour faire pression sur la bureaucratie du MoD en disant essentiellement la vérité. Il pourrait même aller jusqu’à citer des noms : des officiers qui abandonnent différents secteurs du front. En revanche, ses « musiciens » wagnériens sont décrits comme de véritables héros.

    La question de savoir si le bruit et la fureur de Prigozhin suffiront à affiner la bureaucratie enracinée du MoD est une question ouverte. Pourtant, la couverture médiatique de l’ensemble du drame est essentielle; maintenant que ces problèmes sont dans le domaine public, les gens s’attendront à ce que le ministère de la Défense agisse.

    Et soit dit en passant, c’est le fait essentiel : Prighozin a été autorisé (c’est moi en italique) à aller aussi loin qu’il le souhaite par la Puissance Supérieure (la connexion de Saint-Pétersbourg). Sinon, il serait maintenant dans un goulag rénové.

    Les prochaines semaines sont donc absolument cruciales. Poutine et le Conseil de sécurité savent certainement ce que tout le monde ignore, y compris Prighozine. L’essentiel à retenir est que le terrain commencera à être préparé pour que les États-Unis et l’OTAN finissent par transformer l’Ukraine croupion, les chiens baltes, la Pologne enragée et quelques autres figurants en une sorte de forteresse Europe de l’Est engagée dans une guerre d’usure contre la Russie. avec le potentiel de durer des décennies.

    C’est peut-être l’argument ultime pour que la Russie opte enfin pour la jugulaire, dès que possible. Sinon, l’avenir sera sombre. Eh bien, pas si sombre. Souvenez-vous de Poutine : « Nous n’avons même pas encore commencé quoi que ce soit. »

  • Zohra Mahi – La dernière daube (sur la pseudo dernière reine d’Alger)

    Zohra Mahi – La dernière daube (sur la pseudo dernière reine d’Alger)

    La dernière daube-Zohra Mahi

    C’est ainsi qu’aurait dû s’appeler le film portant sur un épisode de l’histoire de l’Algérie qui entre parenthèses n’existait pas en attendant que la France vienne en 1830 lui donner vie mais ça c’est une autre histoire.

    Nous sommes au 16e siècle et l’Espagne qui venait de terminer sa reconquista et expulsé le dernier « arabe » s’est enhardie à poursuivre les expulsés jusque dans les pays de la côte sud de la méditerranée qui leur offraient l’hospitalité.

    Les Espagnols déjà solidement installés à Oran et le resteront jusqu’à ce qu’ils en soient délogés par le Bey de Mascara Mohamed El Kurdi El Kabir en 1790-92 s’installent sur le penon face à Alger obligeant l’oligarchie Algérienne à leur payer un tribut pour chaque bateau qui accoste dans le port d’Alger

    Le Cheikh Salim Ettoumi Ethaalibi sous la contrainte du conseil oligarchique qui gouvernait Alger et devant l’agressivité des Espagnols qui les menaçaient, fait appel à Aroudj , un pirate Turc pour le débarrasser de cette mainmise qui est en train de virer à la colonisation avec la construction par Charles  Quint de Fort l’Empereur sur la côte algéroise.

    Une fois les Espagnols battus à plate couture par les Turcs, ces derniers dont la mission est terminée, s’installent à demeure puis Aroudj trouve la place si bonne qu’il veut la prendre à son titulaire, Salim Ettoumi qu’il assassine et envisage, pourquoi pas, d’épouser sa femme Zaphira , laquelle se suicide en se coupant la gorge dans un déluge de sang lorsqu’elle est demandée en mariage par l’assassin de son mari.

    Voilà à peu près l’intrigue de « La dernière reine » que je suis allée voir en trainant les pieds invitée par une amie bien intentionnée qui en est ressortie aussi consternée que moi.

    A force de vouloir ressembler à Hollywood, le cinéma algérien se bollywoodise. C’est ce qui est arrivé à ce film qui a pris ses distances avec l’histoire et a choisi le clinquant des costumes et l’intrigue minimaliste au lieu de la vérité historique.

    Il est clair que le discours idéologique de ce film vise à présenter nos frères Turcs comme des envahisseurs dont la férocité va nous réconcilier avec celle des Arabes Thaalibiyoun parce que malgré une propagande intense, la faribole de la colonisation arabe il y a 1400 ans n’a pas résisté à la prescription des siècles ni trouvé d’écho dans la majorité du peuple Algérien.

    Une analyse objective des faits historiques doit remettre les choses en place.

    Non Aroudj n’était pas un pirate, il était un corsaire au service des intérêts de tout pays musulman qui réclamait son aide, non, il n’a pas exécuté Salim Ettoumi pour prendre sa place mais c’est ce dernier qui après avoir demandé aux Turcs de venir se sacrifier pour Alger s’est mis à intriguer contre eux avec ses ennemis d’hier et a été exécuté par les siens ! C’était donc une lutte de pouvoir comme il y en a eu tant dans l’histoire et Salim, qui n’était pas roi, ne pouvait pas être regardé autrement que comme un traitre ingrat. Il a mérité son sort dans la logique de l’époque.

    Quant à Zaphira dont l’existence n’est pas démontrée, elle se serait empoisonnée et ne fut  pas, comme le veut le réalisateur de ce film, noyée par le sang de sa gorge coupée dans un bruit et une fureur dont le paroxysme a obligé une vieille Française assise à deux fauteuils de moi, à quitter la salle de projection. Elle a sans doute été heurtée par ces mœurs barbares.

    Il est regrettable que nos frères Turcs qui ont porté à bout de bras l’empire musulman et l’ont arrosé de leur sang comme l’a si bien dit le dernier Khalife de l’Islam, le sultan Abdelhamid II, continuent à être vilipendés par des peuples qui les ont appelés à la rescousse pour ensuite se retourner contre eux comme le Bey de Tunis qui a appelé Charles Quint à venir parader à Tunis après avoir fait appel à Kheir Eddine Barberousse pour le délivrer de ce même Charles Quint !!

    Bien sûr que le but de ce film est de faire oublier la nature de la colonisation de peuplement avec la disparition inévitable et programmée des indigènes. C’est la grosse ficelle dont usent et abusent les nouveaux intellectuels qui veulent nous persuader que toutes les occupations se valent mais certaines sont moins sanglantes que d’autres.

    Faut-il rappeler à ces manipulateurs que les Turcs en dehors de quelques garnisons de janissaires n’ont jamais importé le peuple Turc pour remplacer celui qui se trouvait en Algérie et qu’en dehors de prélever un impôt nécessaire pour l’entretien de l’armée, les populations Algériennes se géraient elles-mêmes ?

    Il est temps que la Turquie, débarrassée du règne des Dönmeh post Atatürk, retrouve la gratitude du monde musulman et que son retour parmi les nations musulmanes après tant d’années d’isolement soit enfin apprécié et que des films soient consacrés aux immenses sacrifices consentis par son peuple dans la défense de l’Islam.

    Je regrette pour les acteurs Algériens qui ont cru participer à une œuvre majeure de nature à apporter prestige et gloire à notre pays mais je n’ai pas gouté ce film, et les torrents d’hémoglobine déversée et la violence montée en épingle comme si les nations européennes n’ont pas usé des mêmes procédés dans leurs affrontements, n’ont pas suffi à m’émouvoir.

    Zohra Mahi.

  • Laure Lemaire : Syracuse (-734) et ses tyrans (introduction historique aux cours sur la philosophie antique)

    Laure Lemaire : Syracuse (-734) et ses tyrans (introduction historique aux cours sur la philosophie antique)
     
    Cette note de Laure Lemaire est décisive pour comprendre les derniers développements qui amèneront la naissance de la philosophie en tant que telle avec Socrate. Laure écrit ses notes sur l'histoire de la Grèce antique et ses transformations économiques, sociales et politiques pour éclairer les déterminations de la naissance et du développement de la philosophie grecque et ses héritages Mésopotamien et Égyptien. Cette note est en rapport direct avec mon webinaire 25-"Un autre tournant : de la rhétorique d'Empédocle aux sophistes". Je mettrai en bas de cette note le lien vers ce webinaire. De façon générale, je vais associer les notes de Laure avec mes webinaires concernés. Bonne lecture et (je l'espère) bon visionnage.
    
    

    Syracuse (-734) et ses tyrans

    Syracuse est fondée au -viiie siècle par des colons grecs de Corinthe, sur l’île d’Ortygie. Pour Cicéron, c’est la plus grande et la plus belle des villes grecques.

    1° habitants

    L’occupation d’Ortygie et des Epipoles, où ont été découverts des villages sicules, avec des objets mycéniens dans les sépultures  est donc plus ancienne que-1200. Les Phéniciens auraient installé un comptoir, permanent ou saisonnier, nommé Sour-ha-Koussim, « Pierre aux mouettes » d’où proviendrait le nom de Syracuse. Le commerce des Sicules avec les Grecs reprend après les siècles obscurs, au -VIIIe siècle. Dans les mythes grecs, Syracuse est une étape pour Héraclès et Enée.

    La colonisation est menée par Archias de la famille des Bacchiades pour se poster sur les routes qui traversent la mer Méditerranée. Un autre BacchiadeChersicratès, fondeCorcyre sur la route  préexistante allant de la côte illyrienne à la côte Est de la Sicile.

    Les 1° colons bâtissent des maisons rectangulaires garnies de céramique protocorinthienne, locale et cycladique. Ils fondent l’aristocratie foncière qui va gérer la cité, les Gamores. En prenant possession des terres, ils entrent en conflit avec les populations locales que les Doriens qu’ils sont, asservissent sous le nom de Cillicyriens, comparables aux Hilotes et aux Pénestes à Sparte. Les cultes indigènes auraient persisté dans les sanctuaires grecques telle Artémis Lyaia (Libératrice), vénérée dans la grotte de la Scala greca, héritière d’une Grande Déesse sicane et sicule, mère de fertilité et de fécondité, ou Aristée, inventeur de l’apiculture assimilable à son parèdre. Les sicules sont les 1° habitants de Malte après la désertification, où ils créent une brillante civilisation aux temples majestueux.

    La ville se développe grâce à ses riches plaines pour devenir l’une des colonies grecques les plus brillantes d’Occident. Très agricole, elle développe un artisanat de céramique, du travail du métal et delainage, et le commerce grâce à son port; à partir du -VIIe siècle, elle fonde plusieurs établissements ou cités en Sicile.

    Les tyrans: Gelon contre Carthage et Hérion I contre les Etrusques (-480)

    Gélon, le tyran de Gela se rend maître de Syracuse en -485. Il  laisse son frère Hiéron à Gela.   Syracuse devient la puissance dominante, dont il renforce la population par l’arrivée de la 1/2 des habitants de Gela, de tous ceux de Camarina, et de nouveaux colons grecs. Ils s’installent sur  dans les nouveaux quartiers de Néapolis et de Tyché et y élèvent une 2° agora. Syracuse se dote d’entrepôts sur les quais, d’un arsenal et descasernes, consacre de nouveaux sanctuaires à Déméter, à Coré et à Athéna, enjolive celui d’Apollon. Gelon assoit son pouvoir par les alliances matrimoniales. Allié à Théron, tyran d’Acragas, il bat à Himère, en -480, une expédition carthaginoise ( le jour même où les Grecs battent les Perses à Salamine).

    Après sa mort, son frère Hiéron lui succède. Plus violent selon Diodore, il commence une politique de mécénat et invite à sa cour les poètes et philosophes grecs XénophaneSimonide de Céos et son neveu Bacchylide, ,Eschyle Épicharme et Pindare qui compose en son honneur les 3 1°Pythique et la 1°olympique. Hiéron participe aux jeux panhelléniques, vainqueur aux courses de chevaux montés puis de chars, à 3 reprises aux Jeux olympiques et aux Jeux pythiques. Il commande aux sculpteurs Calamis et Onatas un groupe statuaire pour Olympie.

    En -474, Hiéron I bat les Étrusques à la bataille de Cumes et dédie à Olympie un casque sur lequel il fait inscrire « Hiéron et les Syracusains à Zeus sur le butin fait sur les Etrusques à Cumes. » Il entre en conflit avec son frèrePolyzalos, maitre de Gela qui se réfugie auprès de son beau-père, Théron. Hiéron vide Naxos et Catane de leur population qu’il déporte. Il refonde Catane sous le nom d’ Etna) avec des colons du Péloponnèse et de Syracuse et contraint Zancle de lui donner l’accès au détroit de Messine. En 466, Thrasybule son frère lui succède. « Violent et sanguinaire, il fit mourir des citoyens et, les  exila  sur des accusations mensongères, il confisqua leurs biens au profit du trésor royal » raconte Diodore. Il est renversé en –465 et exilé.

    La démocratie et l’expédition d’Athènes

    Avec la chute des tyrans et l’installation d’un régime démocratique pour 60 ans, elle perd sa domination sur la partie orientale mais redevient la plus puissante cité de l’île par une série de victoires : en -453 contre les districts miniers étrusques en Corse et sur l’île d’Elbe, en -450 face au Sicule Doukétios, contre Agrigente, et contre les sicules en -445. Elle attaque en -427, Léontinoi et Egeste, alliées d’Athènes qui, en guerre du Péloponnèse, souhaite contrer la puissance de Syracuse et prendre pied en Sicile pour s’assurer le contrôle de la mer. L’expédition de Sicile prit la mer avec 134 trières portant 5 100 combattants en -415. Les Syracusains avec l’appui de Sparte défont sur terre aux Épipoles les Athéniens. En 410, des négociations pour rétablir la paix entre Agrigente et les Elymiens, alliée de Carthage échouent. En 406, Carthage attaque AgrigenteGela et Syracuse, mais survint une épidémie de peste. La paix est signée en -405 et l’équilibre des forces sur l’île n’est pas remis en cause.

    Le nouveau tyran: Denys l’Ancien (-405)

    La menace carthaginoise met au pouvoir en -405 Denys l’Ancien, d’origine modeste, pour négocier avec l’ennemi. Protégé par une garde de 1 000 hommes, le nouveau tyran persécute les aristocrates, affranchit les Cyllyriens et les esclaves. Il accroit son armée jusqu’à 50 000 fantassins et 10 000 cavaliers, la dote de catapultes portant à 300 m, et fait d’Ortygie, une citadelle imprenable qu’il complète du Château d’Euryale sur les Épipoles. Il construit des gymnases sur les rives de l’Anapo, élève des temples tout en pillant les trésors sacrés comme le manteau d’or de Zeus, levant des tributs, augmentant les impôts et altérant les monnaies pour couvrir les nombreuses dépenses.

    Il conquiert une partie du territoire des Sicules et fonde à Adranon pour la contrôler. Il prend Catane, rase Naxos et obtient la reddition de Léontinoi, contraint des populations à s’installer à l’intérieur des terres. Contre les Carthaginois, dans 3 guerres successives, il prend Motyé  mais doit subir un siège à Syracuse  en 397, lors duquel les Carthaginois détruisirent le temple de Déméter et Coré et le tombeau de Gélon.

    L’autoproclamé « archonte de Sicile » envoie des mercenaires pour aider le Perse Cyrus le Jeune dans sa révolte contre le souverain achéménide Artaxerxès, il s’allie à Archytas de Tarente, colonise la Corse, fonde Ancône et Adria sur la côte adriatique, pille Pyrgi en -384. Sous son règne, Syracuse est la cité la plus peuplée et la plus riche du monde grec.  Il veut réunir  des intellectuels grecs mais il supporte moins la liberté artistique que ces prédécesseurs : Platon, trop proche de Dion, est emprisonné, Philoxène de Cythère envoyé aux latomies. Amateur de drame et dramaturge amateur, il fait creuser dans la roche un théâtre grec. Les anecdotes sur Denys l’Ancien sont innombrables et l’on peut encore voir, la fameuse « Oreille de Denys », une imposante grotte dans laquelle le tyran enfermait ses prisonniers et dont l’acoustique permettait à Denys d’écouter leurs conversations.

    Le déclin: le tyran Agathocle -337

    Denys l’Ancien meurt en -367 et son fils  Denys le Jeune lui succède Il reprend le contrôle d’Ortygie mais Dion (le frère de l’épouse syracusaine de son père), lui était hostile. En 357, Dion, avec 1000 mercenaires, marcha sur Syracuse qui lui ouvrit la porte. 10 ans de luttes s’engagèrent qui contribuèrent à l’affaiblissement de l’empire syracusain en Sicile. Une série d’assassinats s’ensuivit. Les Syracusains demandent de l’aide à Corinthe, leur métropole, qui dépêche en -344 Timoléon; il exile Denys à Corinthe, démantèle la citadelle d’Ortygie, en fait un tribunal, et restaure les lois. Il repeuple la Sicile de colons grecs. Mais, quand Timoléon se retire en -337, il laisse un pouvoir fragile, qui revient aux mains d’un nouveau tyran, Agathocle.  Il prend le pouvoir à Syracuse après 2 jours de soulèvement populaire, avec l’aide d’anciens combattants des villes de l’intérieur. 4 000 personnes oligarques furent tuées et 6 000 opposants exilées. Il s’allie avec le peuple.  À la fin, Agathocle fut élu unique commandant avec les pleins pouvoirs. Il domine toute la Sicile grecque et s’empare deCorcyre. Démagogue, il promit l’annulation des dettes et la distribution des terres. Il a tenu ses promesses. Sa cruauté était dirigée contre la classe oligarchique et non à l’égard du peuple.

    Carthage, en -311, envahit de nouveau la Sicile. Agathocle, assiégé dans Syracuse en -310, confia la défense de la ville à Antander et s’embarqua avec 14 000 hommes et 60 navires pour envahir le Nord de l’Afrique. Il établit son siège à Tynes la blanche, menaçant directement Carthage.

    Hamilcar, subit une lourde défaite, fut capturé, torturé à mort, puis sa tête fut envoyée à Agathocle en Afrique. Mais Agathocle avait besoin de plus de troupes, il s’allia à Ophellas, gouverneur de Cyrène. Il conquit Utica et Hippone, capturant une grande force navale comprenant ses chantiers et ses bases mais échoua à Carthage. Les nouvelles de soulèvements en Sicile en -307 le contraignirent à rentrer.  la paix fut signée. Carthage conservait Héracléa Minoa, Solunte, Ségeste et Sélinonte, mais renonçait à son programme d’expansion.

    Ce fut alors qu’il prit le titre de roi de Sicile ; pas de changement réel, seul un changement de statut dans le cadre des relations en « politique extérieure ». Il se consacra à étendre son royaume en Italie, il conquit Leucade et Corfou pour la donner en dot à sa fille, épouse de Pyrrhus Ier, roi d’Épire. Puis il prit pour 3° épouse, la fille de Ptolémée d’Égypte. Sous son long règne, la Sicile prospéra.

    A sa mort, en -289, Syracuse s’enfonce dans des troubles politiques. Elle bat  Agrigente en -280, mais aucun dirigeant ne s’impose. Carthage menace une nouvelle fois Syracuse, qui en appelle àPyrrhus roi d’Épire et gendre d’Agathocle. Après 2 ans de batailles en Sicile, il se retire et l’un de ses officiers, Hiéron est choisi comme stratège par les Syracusains.

    Hiéron II en -269, prit le pouvoir à Syracuse et il conclut un accord avec les Carthaginois. Jusqu’à sa mort en -215, il se soucia des relations commerciales sur le marché méditerranéen et égyptien. Très vite, il se rendit compte que l’astre émergent était Rome. En -263, il signa un traité avec elle et il lui resta fidèle, épargnant à ses sujets et ses alliés les terribles conséquences de la 1° guerre punique. Déjà, les troupes romaines avaient infligé de sévères coups aux villes de la Sicile occidentale.

    Laure Lemaire.

    Med Bouhamidi-Philosophie W25-Un autre tournant : de la rhétorique d’Empédocle aux sophistes.

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  • Philippe Tancelin-La Nakba. Ce passé-présent-futur immédiat.

    Philippe Tancelin-La Nakba. Ce passé-présent-futur immédiat.

    La Nakba. Ce passé-présent-futur immédiat. Philippe Tancelin.

    A l’aube de la commémoration du déplacement forcé de 700.000 palestiniens de leur terre, de leur maison, de leur village en 1948, lors de la création d’Israël, il paraît juste de rappeler le sens premier de ce concept « Nakba ». A l’époque, devant l’ampleur des événements,  il fut créé par l’intellectuel Syrien Constantin Zureiq. Ce qu’on traduit en français par « la catastrophe » et désignerait un événement suprême qui viendrait en dénouement d’une série de « péripéties » au sens de la tragédie grecque, signifiait dans l’esprit de C. Zureiq non pas une fin,  mais au contraire, le début d’un processus dont depuis 75 ans on ne cesse de constater la véracité et les effets dévastateurs.

    Il n’est pas ici question de comptabiliser, les expulsions, la destruction des villages, les emprisonnements, les spoliations, les occupations de territoire, les installations de colonies, les victimes civiles parmi lesquelles de très nombreux enfants, la répression, les mesures discriminatoires prises à l’encontre du peuple palestinien, autant de drames que les organisations humanitaires et de soutien à la résistance de ce peuple ne cessent de dénoncer.

    En cette période du souvenir, il nous semble décisif de rappeler le sens profond des termes employés et de dénoncer les détournements-glissements d’interprétation qui peuvent être opérés. Après une catastrophe naturelle ou humaine, on attend le plus souvent une reconstruction, une remise en état ou en santé de ce qui fut détruit, abîmé, blessé.

    Dans le cas de la « Nakba », la destruction s’est poursuivie, se poursuit sans lasse et tous les signes de sa progression, de son déploiement dans un futur immédiat sont là quotidiennement sous nos yeux. Nous pouvons éprouver le profond ressenti qu’au regard de la communauté internationale, cela s’inscrit dans une continuité presque logique, indépendante de toute volonté politique, selon une finalité sans fin…une sorte de concession inéluctable et de toute éternité faite à l’histoire humaine quant au sacrifice désigné d’un d’entre ses peuples.

    Cela n’est pas seulement insupportable sur un plan éthique mais participe d’un crime d’humaine mémoire.

    Que signifie se souvenir des pogroms d’hier séparés de ceux d’aujourd’hui ? Que représente la conscience d’un jour meurtrier, séparé de ce qu’il poursuit au-delà de lui ?

    La « Nakba » ne fut pas tant la catastrophe d’un moment de l’histoire que le projet en devenir de la disparition d’un peuple par lent mais progressif effacement non seulement de sa mémoire passée mais de son présent, son futur antérieur pour ne plus de futur simple.

    En ce sens, il est indispensable de ne pas traduire aujourd’hui la «  Nakba » par « la catastrophe » mais de laisser ce terme dans sa langue propre, d’origine, en entendant que tout ce par quoi la « Nakba » s’est exprimée il y à 75 ans,  continue et que si cela continue, c’est parce que le projet destructeur initial ne peut en finir car il se heurte à une résistance de tous les temps et c’est aujourd’hui cette résistance  qui est le devenir du peuple palestinien.

    Les acteurs.ces d’une pareille résistance avec celles et ceux qui les soutiennent à travers le monde,  ne manquent pas de témoigner et ils constituent en cela la mémoire vivante du futur du peuple palestinien.

    Pour notre seule part ici-même et en ce jour, nous voulons redire en tant que poète : si nous fraternisons avec le devenir du peuple palestinien résistant, ce n’est pas au nom d’une  solidarité consciencieuse ou encore d’une compassion de circonstances,  comme tant d’occasions dans l’histoire présente,  peuvent en susciter mais au titre d’un partage de penser avec des femmes, des hommes, des enfants qui depuis la « Nakba », n’ont cessé d’en retourner, d’en subvertir le sens.

    En effet depuis les événements de 1948,  le peuple palestinien  pense, habite ou ré-habite  la maison, la terre, le village, l’arbre, le puits, la lumière, la nuit étoilée non plus comme un  fragment de monde sur un fragment de terre mais comme le monde dans l’infini imaginaire qu’il lui voue en chaque instant vivant et non soumis à vivre. Pour ce peuple résistant,  chaque jour et minute lui sont à la fois bien réels par la douleur qu’ils suscitent et utopiques  pour  ce qu’il cherche à vivre à travers eux .

    Ce que de loin et par fausse empathie, on pourrait à tort considérer comme « survivre » en résistant, la « Nakba » depuis 75 ans, propose de le partager comme POEME-DE-VIVRE.

    Oui, chaque instant menacé de mort y est repris comme éternité vivante, tel cet art du mouvement incessant du jongleur sachant jouer entre l’éphémère et l’infini. De même chaque geste, mouvement empêchés, limités dans l’espace,  s’élancent comme dix mille à eux seuls. Le plus petit fragment d’espace-temps sensible devient le monde possible pour une utopie vivante ici, ailleurs, maintenant, de tous temps.

     Si la «Nakba » est la « catastrophe » promise par ceux qui l’ont déclenchée et tentent de la faire perdurer, elle n’en est plus une pour chaque jour résistant comme le peuple palestinien le prouve. Les palestiniens s’en sont emparés dans  l’esprit non plus de mourir mais de vivre pour l’idée d’un autre monde possible au-delà d’eux-mêmes et de leur peuple.

    La « Nakba » au sens que lui donne le quotidien des palestiniens,  représente une autre façon de penser  le monde humain et non humain ; c’est un penser profondément  poétique qui n’est pas le seul fait des poètes palestiniens.nes mais de tous.tes. Cette autre façon de penser la « catastrophe » est née des premières résistances du peuple. Elle a créé et nourrit ce subversif moyen de voir dans le visible ce que l’oppresseur est incapable de voir : l’autrement le jour. Elle détient aussi cette force de capter et ressentir les vibrations d’appels de temps immédiats grâce auxquels, le réprimé en ne se soumettant pas, peut reposer la question de la valeur de la vie et pas seulement la sienne dans le plus intime et le plus infime de son existence quotidienne mais l’existence de tous pour tous : lorsqu’un humain  recouvre un comportement instinctif devant l’absolu et qu’il accueille pour éclaireur l’intuition.

    Depuis longtemps, l’intuition porte le nom d’une « Palestine pluriculturelle, multiconfessionnelle et démocratique » au plein sens de l’utopie poétique politique de ce peuple et pour toute l’humanité.

    Cette intuition nous dit dans la peine comme dans la joie, dans la guerre comme dans la paix, sur le front des fleurs comme celui des batailles les plus sanglantes que la beauté n’est pas une fin mais cet apprentissage d’un autre goût du monde, d’une autre hospitalité entre nous et lui ; nommons-les poétiques, utopiques, ils n’en sont pas moins réels, existants et tangibles.

    75 ans d’une certaine histoire, d’une certaine terre, d’un certain peuple insoumis nous en disent l’universel visage à contempler et à aimer.

    Philipppe Tancelin (poète philosophe)

    11 mai2023

  • Samir Bouakouir sur l’Algérie nouvelle : NE JOUEZ PAS AVEC LE FEU!

    Samir Bouakouir sur l’Algérie nouvelle : NE JOUEZ PAS AVEC LE FEU!

    NE JOUEZ PAS AVEC LE FEU!

    La nouvelle Algérie peine à trouver sa voix et sa voie. Une impression de déjà vu, déjà vécu, s’insinue dans l’inconscient des algériens.

    La vague du « Hirak » retombée et c’est la résignation qui reprend son cours habituel. Tout comme les vieilles habitudes de gouvernance.

    Et voilà que ceux qui avait annoncé avec frénésie le « grand soir », nous refont, avec une pointe de nostalgie ou de dépit, les éloges de l’Algérie de Bouteflika, finalement pas si « autoritaire » que cela, beaucoup plus clémente envers l’opposition que la « nouvelle ».

    Les plus audacieux, ne craignant pas l’indignité, vont même jusqu’à éprouver une forme de compassion envers des oligarques, généraux, anciens ministres et premier-ministres incarcérés,…victimes de simples règlements de compte politiques.

    Alors que le pays a frôlé l’hécatombe. Que les «ateliers » des « révolutions colorées » ont saisi l’énorme brèche provoquée par un 5ème mandat encouragé par l’ancienne puissance coloniale pour s’y engouffrer méthodiquement, les dirigeants de l’Algérie nouvelle, avec le retour d’une saison exceptionnelle de pluie de « devises », retrouvent les vieux réflexes et habitudes.

    L’Algérie du développement politique, économique et social et culturel qui renforce l’indépendance du pays attendra.

    Laissons pour le moment les algériennes et les algériens s’abreuver des « bonnes intentions » et s’il le faut faisons preuve de générosité sociale pour calmer les esprits impatients.

    A écouter les responsables politiques, la « bureaucratie », ce léviathan qu’on ne parvient pas à dompter depuis… 50 ans, est beaucoup trop puissante.

    Ce frein « carbone céramique » à l’émergence de l’Algérie de l’économie de production hors hydrocarbures, de l’intelligence et du travail, sert, en définitive, davantage à justifier une forme d’impuissance qu’à faire prendre conscience d’un « mal » qu’il s’agit de combattre.

    Car, s’il était question de cela, quel meilleur remède que d’encourager la formation de contre-pouvoirs politiques, associatives, syndicales ou médiatiques plutôt que de sponsoriser une série de « hauts conseils » comme autant de lieux où se bousculent les courtisans les plus zélés et les vieux relais de l’ancienne « issaba »?

    Cette obsession à vouloir se constituer une base sociale, sur le mode caricatural des « organisations de masse » des années 70, s’avérera autant budgétivore que contre-productive faute d’un projet de « développement global ».

    C’est dire que la perspective électorale à venir « contraint » le premier concerné, peut-être bien malgré lui, à adouber le tout et son contraire donnant cette impression d’incohérence et de cafouillage.

    Il se trouvera bien sûr toujours des experts laudateurs pour louer l’ingéniosité de ceux qui nous gouvernent et se moquer de l’étroitesse d’esprit de ceux qui, par exemple, ont pointé la scène surréalisme d’un Président face au représentant d’une ONG qualifiée il y a pas si longtemps d’ennemi de l’Algérie.

    Ce dernier fait est révélateur, à lui seul, d’une autorité politique dirigeante ne sachant où placer son curseur dans un monde en profonde mutation et dans lequel l’ « équidistance » est synonyme d’effacement géopolitique.

    La volonté affichée, stratégiquement juste, de rejoindre l’organisation des Brics est chaque jour contrarié par l’inaction, l’immobilisme et la très grande « sensibilité » aux oukases occidentales.

    La diplomatie algérienne, qui renoue avec ses fondamentaux, ceux de Bandung et de la conférence d’Alger de 1973, après une longue période d’hibernation, risque d’être plombée dans son action par une situation interne loin d’être normalisée.

    Le « front interne », indispensable pour annihiler toute action extérieure hostile à notre pays, à sa souveraineté et l’unité de son peuple, reste fragile.

    Conçu sur le mode unanime du ralliement inconditionnel plutôt que d’une adhésion libre et responsable qui autorise les divergences de vue sur les objectifs de politique intérieure et sur le mode de gestion des affaires publiques, le « lem echeml » présuppose la mise sous scellé de toute vie politique.

    L’acte politique d’opposition, y compris celui s’inscrivant dans un cadre légal et républicain, devient dérangeant.

    Cette attitude interroge autant qu’elle trouble. Réduire l’action de l’opposition patriotique par toute une série de lois répressives, dont celle annoncée sur les partis, ne fait-elle pas le jeu des mercenaires, agents actifs de la guerre de 4ème génération menée contre l’Algérie?

    Il faut est encore temps de se raviser pour éviter de reproduire les mêmes impasses. L’ouverture doit se faire en direction des forces patriotiques et non en direction de ceux qui ont ruiné le pays.

    Le « lem echeml » s’il emprunte les chemins marécageux de la réhabilitation des cercles compradores néolibéraux et néocoloniaux que le peuple a dégagé un certain 22 février 2019, fera courir au pays un énorme risque.

    Rejouer avec le feu sera, cette fois, fatal.

    Si l’institution militaire demeure le bouclier protecteur de la Nation, déverrouiller les espaces de libertés et permettre le débat contradictoire notamment au sein des médias publics, ne profitera pas aux extrémistes mais renforcera l’Etat national et les défenses immunitaires de l’Algérie.

    La stabilité du pays, indispensable au développement du pays, suppose la construction d’un espace politique autonome et l’émergence d’une élite politique civile dotée d’un sens élevé de l’Etat et consciente des intérêts stratégiques de la Nation.

    Il appartient aux autorités politiques, à commencer par le premier magistrat du pays, de faire le choix du meilleur et d’éviter la tentation du pire.

    Samir Bouakouir.

  • Youcef Aouchiche-Premier Secrétaire national du FFS : »la principale ligne de démarcation est entre forces patriotiques et cercles antinationaux. »

    Youcef Aouchiche-Premier Secrétaire national du FFS : »la principale ligne de démarcation est entre forces patriotiques et cercles antinationaux. »

    #Alger, le 08 mai 2023

    #Déclaration du Secrétariat national

    #Pour_le_FFS_la_principale_ligne_de_démarcation_est_entre#forces_patriotiques_et_cercles_antinationaux

    Le secrétariat national du FFS, réuni en séminaire les 5 et 6 mai 2023, tient à rendre un émouvant et vibrant hommage aux victimes des massacres du 08 mai 1945 commis par la France coloniale contre des manifestants algériens réclamant le droit à l’indépendance.

    Le FFS continuera d’exiger que justice soit faite. Ce crime contre l’humanité ne peut être rangé dans le registre des « détails de l’histoire ». Il appartient aux autorités françaises de le reconnaître en tant que tel avec ce que cela exige comme excuses officielles et réparations.

    A l’occasion de ce séminaire, le secrétariat national a adopté son programme d’action annuel et a engagé le processus d’élaboration de son projet politique, économique, social et culturel qui sera proposé aux Algériennes et Algériens.

    C’est dans un esprit d’ouverture et en concertation avec les organisations de la société civile autonomes, les personnalités et les compétences nationales indépendantes que le FFS s’engage à proposer au pays une alternative politique crédible qui réponde aux attentes légitimes de nos compatriotes et qui propulsera notre pays au rang de grande puissance régionale.

    Dans un monde en total bouleversement, obligeant les nations à redoubler d’efforts en pariant sur l’intelligence, en diversifiant leurs économies et en investissant dans les nouvelles technologies, les autorités du pays continuent, en dépit des professions de foi, de s’agripper à la logique sécuritaire et rentière en différant les grandes réformes structurelles nécessaires.

    Se complaire dans le statuquo et se nourrir de cette dangereuse illusion que les réserves de change, l’extinction de toute vie politique et une redistribution de la rente à travers des mesures sociales, au demeurant indispensables, suffisent à garantir la stabilité et à prévenir une révolte sociale est un pari risqué, a fortiori dans un environnement régional et international périlleux et en mutation permanente.

    L’ « Algérie nouvelle » promise comme étant celle qui redonnera sa fierté et sa dignité à l’Algérien en mettant fin à l’arbitraire, à l’injustice et au mépris de ses droits fondamentaux semble balbutier, incapable de franchir le stade des bonnes intentions et des promesses sans lendemain.

    Pour le FFS, seul un climat d’ouverture politique et une stratégie claire, audacieuse et ambitieuse qui libère les forces créatrices de richesses et qui réhabilite la valeur du travail est de nature à donner de vraies perspectives au pays et à répondre aux inquiétudes qui gagnent de larges franges de la société, éprouvées par des conditions d’existence de plus en plus dégradées.

    Il est temps d’en finir avec cette absurdité politique qui veut qu’un projet de développement peut se concevoir sans une adhésion libre et consciente du peuple et sans une concertation avec l’ensemble des forces politiques, économiques et sociales du pays.

    Le FFS réitère à nouveau sa disponibilité à s’engager dans tout processus politique qui permettra l’élaboration d’un Pacte historique pour le parachèvement du projet national.

    S’enfermer aujourd’hui dans l’immobilisme et privilégier les équilibres boiteux au détriment d’un engagement politique courageux pour briser le cycle infernal des luttes intestines ne feront que reproduire les mêmes impasses, et susciter davantage de confusion et interrogations sur le niveau de cohérence des actions des responsables du pays.

    La soudaine réactivation des vieilles polarisations idéologiques risquent aujourd’hui de replonger notre pays dans le bourbier politique des années noires.

    L’agitation des vieux relais politiques et médiatiques, balayée par le mouvement populaire du 22 février 2019, est symptomatique des tentatives de certaines parties de ressusciter, dans la perspective des prochaines échéances politiques, une scène politique factice autour d’un supposé affrontement entre « modernistes » et « islamistes ».

    Le FFS considère plus que jamais que la principale ligne de démarcation est entre forces patriotiques et cercles antinationaux.

    Le FFS met en garde contre toutes les manœuvres visant à restaurer un ordre faussement politique et faussement pluraliste destiné à favoriser, en la masquant, la réorganisation des castes prédatrices néolibérales.

    Le FFS prend acte de l’évolution des positions de certains milieux politiques se réclamant de l’opposition en renonçant aux logiques populistes et extrémistes qui ont largement contribué à pervertir l’esprit patriotique et démocratique du mouvement populaire du 22 février 2019.

    Soucieux d’épargner à notre pays de nouvelles crises et de nouveaux traumatismes, le FFS réaffirme l’urgence d’un rassemblement des forces patriotiques autour d’un projet historique qui s’enracine dans les valeurs et principes de novembre 1954 et de la plateforme de la Soummam 1956, qui renoue avec la promesse historique d’édifier un Etat national démocratique et social et qui consacre les principes universels de la primauté du Droit, de l’inviolabilité des libertés individuelles et collectives et de la justice sociale, dans le cadre strict du respect de l’unité et de la souveraineté nationales.

    Aucune manipulation, aucune diversion et aucune provocation ne fera détourner le FFS de cette ambition.

    Gloire à nos martyrs

    Vive l’Algérie, indépendante souveraine et démocratique

    P/le Secrétariat national

    Le Premier Secrétaire national

    Youcef Aouchiche

  • Taher Al-MOUEZ – Etats-Unis, de l’esclavage au capitalisme monopolistique.

    Taher Al-MOUEZ – Etats-Unis, de l’esclavage au capitalisme monopolistique.

    Etats-Unis, de l’esclavage au capitalisme monopolistique-Taher Al-MOUEZ

    Le capitalisme n’hésite pas à montrer sa brutalité, surtout quand ses intérêts sont menacés, mais le capitalisme américain est plus tyrannique et brutal parce qu’il est directement issu de l’extermination de la population indigène et de la confiscation de leurs terres (les Américains étaient un exemple pour les sionistes ) et de la race des Noirs réduits en esclavage dans les fermes, selon un article publié par le supplément du New York Times, le 18 avril 2019, sous le titre « Pour comprendre le capitalisme (américain), il faut partir des fermes ».

     « Nous vivons dans une société capitaliste, dans un système capitaliste avec des règles capitalistes », selon Warren Buffet. Dans une société capitaliste, les salaires sont bas car les entreprises se battent pour le prix, et non pour la qualité des produits. L’inégalité règne et la pauvreté s’étend. Aux États-Unis, 1 % des Américains possèdent 40 % de la richesse du pays, et il y a plus de gens en âge de travailler (18-65 ans) qui vivent dans la pauvreté que dans tout autre pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Seulement 10 % des salariés américains ont une carte syndicale. La majorité des travailleurs sont précaires et les employeurs ont beaucoup de facilités pour licencier un salarié, avec très peu d’indemnités ou sans indemnités.

    Le capitalisme américain est né de l’accumulation des capitaux dégagés par le travail des esclaves dans les champs de coton de Géorgie et d’Alabama. L’esclavage a indéniablement été une source de richesse phénoménale. À la veille de la guerre civile, la vallée du Mississippi comptait plus de millionnaires par habitant que partout ailleurs aux États-Unis. Le coton cultivé et cueilli par des travailleurs réduits en esclavage était l’exportation la plus précieuse du pays. La valeur totale des esclaves dépassait celle de tous les chemins de fer et de toutes les usines du pays. La Nouvelle-Orléans, berceau de l’esclavage a bénéficié d’une plus dense concentration de capitaux bancaires que New York. S’il y a eu un boom de l’économie du coton aux Etats-Unis, et pas dans aucune autre partie du monde qui a un climat et un sol adaptés à cette culture, c’est à cause de l’exploitation à volonté des terres et de force de travail des esclaves noirs. En 80 ans, l’esclavage a contribué à faire d’un pays pauvre et jeune un colosse financier. Cet impact de l’esclavage est toujours visible dans l’économie américaine. « L’esclavage est nécessairement inscrit dans l’ADN du capitalisme américain », selon les historiens Sven Beckert et Seth Rockman.

    Les esclaves, hommes, femmes et enfants cueillaient le coton et le mettaient dans un sac suspendu autour du cou, sous la supervision des surveillants à cheval. Les jeunes enfants apportaient de l’eau. Leur récolte était pesée après le coucher du soleil quand on ne pouvait plus « distinguer les mauvaises herbes des plants de coton ». Si la récolte était légère, les esclaves étaient fouettés.

    Jusqu’à la fin du 18ème siècle, avant l’industrialisation du coton, les gens portaient des vêtements en laine ou en lin. Au 19ème siècle, le coton est utilisé dans les hôpitaux, dans les fabriques de vêtements ou de savon. Le coton était au XIXe siècle l’une des matières premières les plus échangées dans le monde. C’est une source de richesse et de pouvoir. L’inconvénient est que la culture du coton appauvrit les terres et les colons blancs ont exproprié les terres des autochtones (amérindiens) par la force, en occupant la Géorgie, l’Alabama, le Tennessee et la Floride. Les terres confisquées étaient vendues à bas seulement à des colons blancs. Les premiers à s’enrichir ont été les spéculateurs fonciers. Les firmes opérant dans le Mississippi ont spéculé sur la terre, la revendant peu après l’achat, généralement pour le double du prix.

    Après la cueillette, il faut égrener le coton (enlever les grains) et le nettoyer, ce qui ralentissait le rythme de l’exploitation des plantations, avant l’invention du ( cotton gin), la machine à égrener le coton, vers 1790.

    Pour étendre la surface des champs et trouver de nouvelles terres dont le sol n’est pas encore appauvri par la culture du coton, les propriétaires ordonnent aux esclaves d’abattre les arbres à la hache, brûler les sous-bois et niveler la terre pour la plantation d’une seule culture : le coton.

    Suite à cette destruction des forêts, les inondations sont devenues plus importantes et plus fréquentes. Le manque de biodiversité a épuisé le sol et la culture du coton « a rendu l’une des régions agricoles les plus riches du monde dépendante du commerce extérieur pour son alimentation », selon l’historien Walter Johnson.

    En 1831, le pays récoltait près de la moitié de la récolte mondiale de coton brut, avec 160 millions de kilos récoltés et 230 millions de kilos en 1835. Le coton récolté au sud est à l’origine des grandes richesses des élites blanches du Sud qui envoient la production à leurs homologues du Nord, qui s’enrichissent à leur tour en érigeant des usines textiles. La culture à grande échelle du coton a accéléré la révolution industrielle et a changé le cours de l’histoire. En 1810, il y avait 87 000 broches à filer le coton en Amérique et cinq millions, en 1860. L’esclavage était la source du développement capitaliste aux Etats-Unis. Les exportations de grandes quantités de coton et de textile nécessitent la circulation des capitaux, de la main-d’œuvre et des marchandises. Elles nécessitent aussi le développement des moyens de transport, surtout ferroviaire et maritime. L’économie capitaliste s’étend et se mondialise. Ainsi la puissance économique des Etats-Unis s’est développée, sur le plan local et à l’échelle mondiale, grâce au travail forcé, donc gratuit, des millions d’esclaves noirs dans les plantations.

    Plusieurs manuels de nouvelles techniques comptables sont édités au début du 19ème siècle, pour maximiser les rendements mais aussi pour prévenir les révoltes des esclaves et garantir que la violence ne vienne que d’une minorité de Blancs qui doit contrôler un groupe beaucoup plus important d’esclaves noirs. Les planteurs américains voulaient éviter la révolte des esclaves de Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti) qui ont pris les armes, en 1791, et ont chassé de nombreux esclavagistes blancs qui se sont installés ensuite aux États-Unis.

    La logique capitaliste, la discipline et la surveillance permanente ont été mis en place depuis le 18ème siècle dans les champs de coton : Les esclaves les plus rapides étaient placés en tête de ligne, ce qui obligeait ceux qui suivaient à aller au même rythme. L’alignement des esclaves sur des rangées très longues permettait aux surveillants de repérer ceux qui traînaient. Lorsque les esclaves tombaient malades, vieillissaient ou tombaient enceintes, on leur donnait des tâches plus légères. Un esclavagiste a organisé une « équipe de tétées » pour les mères allaitantes, ainsi qu’une « équipe de rougeole », qui mettait immédiatement en quarantaine les personnes malades qui continuent à travailler plus loin pour contribuer à la machine productive. Les propriétaires échangeaient des conseils détaillés sur tous les aspects de la gestion d’une plantation, y compris sur les régimes alimentaires, les vêtements des esclaves, et le ton qu’un maître devrait utiliser. En 1846, un planteur de l’Alabama conseillait à ses amis esclavagistes de toujours donner des ordres « d’un ton doux, et d’essayer de donner l’impression aux nègres que ce que vous dites est le résultat de la réflexion ».

    La comptabilité scientifique dans les plantations d’esclaves est antérieure à l’industrialisation. Les grands camps d’esclaves sont devenus de plus en plus efficaces et les esclaves noirs ont été les premiers travailleurs modernes de l’Amérique, leur productivité augmentant à un rythme stupéfiant. Les usines du Nord ne commenceront à adopter ces techniques que des décennies après l’émancipation. Au cours des 60 années qui ont précédé la guerre civile (guerre de Sécession) la quantité quotidienne de coton récolté par esclave a augmenté de 2,3%  par an. La récolte moyenne d’un esclave a augmenté de 400%, entre 1801 et 1862.

    En 1848, Henry Watson, un ancien esclave, écrivait : « Chaque esclave avait un nombre déterminé de livres de coton à cueillir, et il recevait autant de coups de fouets qu’il en manquait. » Les surveillants connaissaient très bien les capacités de chaque esclave, ils attribuaient à chacun un quota spécifique. Si un esclave ne respectait pas ce quota, il était battu, mais s’il dépassait le quota, il lui faudra cueillir la même quantité les jours suivants… Les sanctions augmentaient et diminuaient selon les fluctuations du marché mondial. En 1854, l’esclave fugitif John Brown a publié ses souvenirs de la cueillette du coton : « Lorsque les prix augmentent sur le marché anglais, les esclaves en ressentent immédiatement les effets, car ils sont dirigés plus durement, et le fouet ne cesse plus de les frapper »…

    La plantation de coton a été la première grande entreprise américaine, et le surveillant d’esclaves a été le premier Big Brother du pays. L’économie américaine reposait sur la brutalité et la torture des esclaves. Mais la violence n’était ni arbitraire ni gratuite. Elle était rationnelle, capitaliste, tout cela faisait partie de l’organisation de la plantation.  

    L’esclavage avait réduit les salaires des travailleurs, dans les campagnes et dans les villes, car les employeurs disposaient d’une réserve de main-d’œuvre importante et flexible composé d’esclaves et de personnes libres qui étaient des journaliers, comme les travailleurs précaires ou à temps partiel d’aujourd’hui. Le pouvoir ouvrier faiblit lorsque les patrons peuvent choisir entre acheter des gens, les louer, engager des serviteurs sous contrat, prendre des apprentis ou embaucher des enfants et des prisonniers. Ce système permet de créer des inégalités entre les travailleurs ( noirs et blancs, précaires et titulaires…) pour les diviser. Les pauvres travailleurs blancs qui voyaient les horreurs de l’esclavage, se laissaient persuader que leur situation aurait pu être pire. Ils acceptaient donc généralement leur sort.

    Financiarisation de l’économie américaine

    En 1980, le Congrès a abrogé les règlementations en vigueur depuis la loi Glass-Steagall de 1933, en permettant aux banques de fusionner et de facturer à leurs clients des taux d’intérêt plus élevés. Depuis lors, les profits les plus importants ne sont plus réalisés par le commerce ou la production de biens et de services, mais par les instruments financiers. Entre 1980 et 2008, plus de 6600 mds $ ont été transférés à des sociétés financières et c’est le succès des marchés financiers comme Wall Street, ce qui a incité les sociétés non financières à placer l’argent dans des activités et des produits financiers. L’hégémonie américaine sur le monde s’est renforcée, mais n’a pas commencé en 1944 (Bretton Woods) ou en 1971 ( fin du dollar équivalent or) ou en 1980, avec la suppression de Glass-Steagall, mais cette domination a commencé avec l’esclavage, lorsque les esclaves ont été utilisés comme garantie pour des hypothèques, bien avant l’hypothèque immobilière. La plupart des prêts étaient basés sur la propriété humaine, au début du 18ème siècle. Les esclaves étaient la garantie dominante en Caroline du Sud. L’extension des hypothèques à la propriété des esclaves a contribué au développement du capitalisme américain et mondial, à partir de la fin du 18ème siècle, selon  l’historien Joshua Rothman.

    Avec l’expansion de la filière du coton aux Etats-Unis, la valeur des esclaves a grimpé. Le prix moyen des hommes de 21 à 38 ans, vendus à la Nouvelle-Orléans, est passé de 450 $ en 1804 à 1 200 $ en 1860. L’extension des plantations exige l’achat de plus d’esclaves. La  « Second Bank of the United States », créée en 1816, a commencé à investir massivement dans le coton. Au début des années 1830, les États esclavagistes du Sud-Ouest représentaient presque la moitié des affaires de la banque. D’autres banques ont été créées. Les planteurs utilisaient les esclaves comme garantie pour obtenir des prêts. Thomas Jefferson ( rédacteur de la Constitution des Etats-Unis et défenseur de l’abolition de l’esclavage au Congres) a hypothéqué 150 de ses esclaves pour construire sa ferme et ses propriétés de Monticello. Les esclaves pouvaient être vendus beaucoup plus facilement que les terres et, dans plusieurs États du Sud, plus de 80% des prêts hypothécaires utilisaient les esclaves comme garantie totale ou partielle, selon l’historienne Bonnie Martin qui a écrit : « les propriétaires d’esclaves ont fait travailler financièrement et physiquement leurs esclaves de l’époque coloniale jusqu’à l’émancipation, en hypothéquant leurs esclaves pour en acheter davantage ».

    Un propriétaire d’une plantation de coton, dans la première décennie du XIXe siècle, pouvait payer un intérêt de 8 %  sur ses esclaves dont le rendement trois fois plus élevé. Les planteurs ont donc contracté d’énormes dettes pour financer leurs opérations d’extension. Les banques du Mississippi ont émis, en 1833, vingt fois plus de papier-monnaie qu’elles n’avaient d’or dans leurs coffres. Dans plusieurs comtés du Sud, les prêts hypothécaires sur les esclaves ont injecté plus de capitaux dans l’économie que les ventes des récoltes.

    Les marchés financiers mondiaux ont participé aux opérations. Quand Thomas Jefferson a hypothéqué ses esclaves, c’est une entreprise néerlandaise qui lui a prêté l’argent. L’achat de la Louisiane à la France, en 1803, n’a coûté que 15 millions $ ou 3cents par acre. Plusieurs millions d’hectares ont été ajoutés à la production de coton. La transaction a été financée par la banque commerciale britannique Baring Brothers. La majorité du crédit qui alimentait l’économie esclavagiste américaine provenait du marché monétaire londonien. La Grande Bretagne et une grande partie de l’Europe ont aboli la traite des esclaves, mais continuent, au 19ème siècle, le financement de l’esclavage aux États-Unis. Pendant la période d’essor de l’esclavage, les banques ont rapidement répandu les obligations, jusqu’à Hambourg et à Amsterdam, à Boston et à Philadelphie. Les pays européens ont profité de l’esclavage sans se salir les mains, selon l’historien Calvin Schermerhorn.

    Les banques ont émis des dizaines de millions de dollars de prêts en partant de l’hypothèse que la hausse des prix du coton se poursuivrait indéfiniment. La spéculation a atteint son paroxysme dans les années 1830, alors que les hommes d’affaires, les planteurs et les avocats voulaient croire qu’ils pouvaient amasser de véritables trésors en participant à des opérations financières risquées… Le Sud américain a surproduit le coton à la hâte grâce à l’abondance de terres, de crédit et de main-d’œuvre bon marché, la demande des consommateurs n’a pas pu suivre l’offre, et les prix ont chuté. La valeur du coton a commencé à baisser dès 1834 avant de chuter, déclenchant la Panique de 1837. Les investisseurs et les créanciers ont réclamé le remboursement de leur argent, mais les propriétaires du Mississippi, à titre d’exemple, devaient 33 millions $ aux banques de la Nouvelle-Orléans, alors que leurs récoltes n’ont rapporté que 10 millions $. Lorsque le prix du coton a chuté, il a fait chuter la valeur des esclaves et des terres en même temps. Des esclaves qui valaient 2 000 $ n’en valaient plus que 60 $… Comme les esclavagistes ne pouvaient pas rembourser leurs prêts, les banques ne pouvaient pas payer les intérêts sur les obligations qu’elles avaient vendues. Les Etats ( الولايات ) en faillite ont refusé de payer leurs dettes et ont provoqué la crise de 1837, semblable à la crise financière de 2008. Dans les deux cas les emprunteurs ont été sauvés par l’argent public.  

    L’esclavage a enraciné la culture de l’acquisition de richesses sans travailler, de la croissance à tout prix et de l’exploitation éhontée des plus faibles. C’est aussi cette culture qui a été à l’origine des crises de 1837, de 1929 et de 2008. Cette culture a engendré l’accroissement des inégalités et l’appauvrissement de ceux qui travaillent dans des conditions indignes avec des salaires très bas. La précarité et l’insécurité est devenue la règle de ce capitalisme antisyndical, raciste qui creuse un fossé entre riches et pauvres, entre noirs et blancs, entre pays développés et pays sous-développés…

    La population des États-Unis ne dépassait pas les neuf millions l’année de la prétendue « indépendance » (1776), et les colons blancs d’origine européenne étaient une minorité par rapport à la population indigène (appelée « Indiens rouges ») et aux esclaves noirs. L’indépendance américaine n’a eu aucun effet sur les indigènes ou les esclaves, car ils n’étaient pas considérés comme faisant partie de la race humaine, et les femmes n’étaient pas concernées par cette proclamation, pas plus que les hommes blancs pauvres ou les hommes d’origine sociale modeste, y compris de nombreux Irlandais qui étaient réduits en esclavage (femmes, hommes et enfants). Ainsi, seule une minorité de 50 000 hommes blancs fortunés bénéficièrent de cette soi-disant « indépendance », soit moins de 1 % de la population qui a pu grâce à cette « indépendance » accroître sa fortune personnelle.

    Thomas Jefferson est décrit dans l’histoire officielle des États-Unis comme « une source d’inspiration pour la démocratie américaine, une figure humaine et l’une des figures les plus brillantes et les plus aimées de la Révolution américaine, et un symbole d’illumination, d’ouverture, de progrès, etc. , et il est surtout connu pour avoir écrit la Déclaration d’indépendance des États-Unis le 4 juillet 1776, y compris le paragraphe Le deuxième, qui affirme : « … tous les hommes naissent égaux, accordés par le Créateur certains droits inaliénables, y compris : le droit à la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur, comme il est connu pour sa campagne au Congrès pour l’abolition de l’esclavage, et en bref, Thomas Jefferson est considéré comme l’un des principaux héros du peuple américain. Mais ce « caractère profondément humain , caractère d’illumination et de progrès… » L’abolitionniste du Congrès était propriétaire d’esclaves, et en 1784, huit ans après la rédaction de la déclaration d’indépendance, il possédait encore 200 esclaves qui travaillaient dans sa plantation en Virginie. Grâce à leur asservissement et à leur exploitation , il a pu augmenter sa richesse, et il était « grossier et dur » avec eux, alors les tentatives d’évasion de son immense plantation ont été répétées, et 20 esclaves ont réussi à s’échapper et n’ont pas été retrouvés, tandis que d’autres ont été arrêtés et torturés avant de retourner travailler sur la propriété de M. Thomas Jefferson, que l’histoire officielle des États-Unis considère comme « progressiste », car il ne considérait plus les esclaves noirs comme des singes mais comme des « êtres dotés par le Créateur d’une âme et appartenant à la race humaine, mais leurs capacités dans les domaines scientifiques et leurs capacités cognitives à exprimer des sentiments et la foi religieuse restaient primitives et ne pouvaient être comparées aux capacités des hommes blancs… » Cette « fatwa », par l’autorité politique et les religieux l’autorité (l’Église) est considérée comme une raison valable de leur asservissement…

      L’esclavage est toujours ancré dans l’idéologie du capitalisme américain, et de plus, le billet de banque américain de deux dollars comprend un dessin de la maison où Thomas Jefferson est né, sur sa plantation connue sous le nom de (Monticello) où il travaillait 200 esclaves.

    Taher Al-MOUEZ

    La plupart des données de cet article figurent dans le livre de l’historien Joshua Rothman, intitulé « Flush Times and Fever Dreams » publié en 2012.

    +

    Article publié par The New-York Times Magazine, en date du 14 août 2019, intitulé : « American capitalism is brutal. You can trace that to the plantation » + un autre article intitulé : « Pour comprendre le capitalisme, il faut commencer par les plantations »

  • Mohamed Bouhamidi-Ô Pharaon de Kamel Daoud, le livre procès des patriotes et GLD

    Mohamed Bouhamidi-Ô Pharaon de Kamel Daoud, le livre procès des patriotes et GLD
    Voleurs, violeurs, rançonneurs, maffieux, criminels et assassins de masse, délinquants par filiation s bâtardes, homosexuels par vocation, par goût, et par perversion, l’image horrifique des patriotes et GLD dans le regard de Kamel Daoud.

    In La Tribune (dz) du 04 avril 2017.

    Le récit-recyclage des clichés.

    Homosexuel, assassin, criminel de guerre, chef de groupes coupables de crimes de masse diurnes et nocturnes en cagoule ou à visage découvert devant les foules à tétaniser par la terreur ou dans les trous perdus de quelques fermes isolées ; coupable de mutilations sur les cadavres abandonnés dans des oliveraies qu’on ne peut s’empêcher de situer à Sig ou coupable de jeter d’autres cadavres dans des charniers ; exécuteur de basses œuvres en tous genres et seigneur de guerre à la tête d’un trésor amassé par la rançon de bijoutiers, commerçants ou paysans des alentours ; maffieux qui impose des taxes protectrices à qui peut encore payer, pourvoyeurs de filles pour les orgies du trio mythique de toute bonne dictature algérienne en tous points du territoire – le colonel, le Commissaire de police, le Wali ; « tacticien » hors pair qui envoie cadeaux, vierges rafistolées, argent, convois de moutons aux ministres mais aussi aux détenteurs cachés du pouvoir pour les acheter etc. etc. Pharaon est le représentant type des hommes qui pour une raison ou une autre ont pris les armes contre les terroristes.

    Homosexuel, mais pas vraiment, car Pharaon aime uniquement se faire monter. Car dans cette ville, où selon Kamel Daoud se déroule en secret la chasse des notables à des garçons plus beaux que les filles, Pharaon tient a fait la chasse à un vague quidam, vaguement son parent par lien tribal, aux attributs sexuels hors-normes qu’il découvre dans un hammam. Il engage le quidam comme garde communal pour l’affecter ensuite officiellement à la garde de son bureau mais réellement à sa monte quotidienne aux heures médianes que vous devinez.

    Il faut être un algérien et se le dire en arabe dans la tête pour mesurer qu’il mobilise pour le procès qu’il intente aux patriotes à l’image qu’ont de l’homosexualité la canaille des bas-fonds et le Lumpen.

    L’habillage des idées communes.

    Et ce n’est pas la seule trivialité habillée en effets de manches littéraires. Car, voyez-vous Kamel Daoud nous invite à comprendre le succès criminel de Pharaon dans des raisons plus profondes que sa seule fourberie. C’est que le garde communal a recherché la proximité de pharaon pour accomplir un « côté sombre » de sa personnalité. Et cette ville nommée M’dina ne se laisse dominer, violenter, racketter que pour des raisons historiques remontant au déracinement des paysans par la colonisation et jetés sans ressources, dans les bidonvilles autour des « métropoles agricoles coloniales », condamnés à vivre de la prostitution de leurs femmes et de leurs filles. M’dina serait entièrement un de ces « Village Left » ou village de la honte de Sidi bel Abbès.

    Bref, l’indignité des gens de M’dina leur serait inscrite dans leurs origines sans paternité certaine des bâtards. Vite fait l’explication sociologique est happée par la perception canaille et lumpen qui structure ce texte. L’appel à la notion des rivalités tribales et leurs accusations réciproques de collaboration avec la colonisation pouvait sembler achever une sorte d’analyse « sociologique » de l’indignité.

    L’envol scientifique » se transformera très vite en exposé de l’essence bâtarde la population de cette ville, tous fils de p… et tous complices. Derrière les formules ampoulées de Daoud pointait juste le langage des castes féodales à l’endroit des classes forcées à la servilité.

    Les représentations de la canaille Lumpen et celles des castes féodales sont les deux faces de la même réalité sociale.

    Le paradoxe reste qu’au bout du compte la violence coloniale sorte exempte de cette condition d’indignité car elle était celle des classes serviles, des khammès et des bergers de toute éternité. Le besoin incoercible de refouler la lecture des « villages nègres » par Fanon indique à quel point, Kamel Daoud porte le complexe du colonisé et l’urgence quotidienne de s’extraire de sa peau indigène.

    Quelle formidable plasticité que celle des idéologies capables de jouer des rôles absolument contraires selon les circonstances et les besoins.

    Une incohérence qui sert de maquillage.

    C’est que tout cela est pénible à suivre. D’un chapitre à un autre, tous très courts voire trop courts, Daoud passe des approximatives narrations de quelques faits imprécis à de « savantes » digressions sur de vagues et supposées analyses historiques et politiques, toutes communes à l’opinion publique, celles des cafés maures ou celles des hôtels cinq étoiles. Il n’est pas dans ce texte une idée, une proposition, une image qui ne soit déjà celles d’un accord et d’un consensus social. L’explication de nos déconvenues par la corruption, le népotisme, les réseaux délinquants qu’on imagine aux salons de coiffures ou aux élus locaux, sont dans toutes les bouches.

    Le ramassis de lieux communs sert à passer un autre message. Ici, il est transparent. La responsabilité écrasante de la violence des années de terrorisme est imputable aux seules structures du pouvoir appuyées sur des groupes de criminels et de délinquants.

    Il n’y a plus de détails ni d’histoire concrète. Inutile de chercher des chemins particuliers à la formation des groupes de patriotes à Igoudjal, dans la Mitidja, dans la région de Ténès, ou ailleurs.

    On est sidéré par ce réquisitoire unilatéral, confus, désordonné, multicouches jusqu’aux pages 120 et suivantes qui nous donnent la clé de ce roman/récit. Alors que Pharaon règne sans partage et dans l’impunité totale, des chercheurs d’os tentent de recenser les crimes et les charniers et finissent dans face à un procès. La référence à un pont rassis sur un oued desséché où se trouve un charnier qu’il me semble bien que le récit « qui part de « faits imaginaires » est construit sur une confrontation qui eut lieu entre Hadj Ferguène maire RND de Relizane et Hadj Smaïn militant de la LADDH en 2002. (1 et 2)

    Toutes les boursouflures du texte, les effets de manches, les pseudo-figures de style servent dans ce livre à faire passer sans risques et dans l’excès de fards et de maquillages une histoire réelle. Nous ne sommes ni dans la contrebande comme procédé littéraire, ni dans le mentir-vrai mais dans l’emballage faussaire.

    Du procès des patriotes à la défense du « qui tue qui »

    Ô Pharaon instruit donc le procès en règle des patriotes. Publié en 2005, par Dar El Gharb, il tombe en plein débat de cette année marquée par le passage de la Loi de grâce amnistiante à la Charte de Réconciliation nationale. Il est difficile pour la maison d’édition comme pour l’auteur de nier la volonté de prendre parti et de peser sur le débat.

    Procès que l’auteur refuse d’assumer. Dans un avertissement alambiqué il prévient tout lecteur d’une compréhension de son texte autre que ce qu’il autorise et brandit d’avance sur la tête de tout récalcitrant l’accusation de récupération politicienne.

    1. pourtant un livre totalement voué à une perception lourdement politicienne de la décennie de terreur que nous avons connue.

    « «La meilleure formule était celle la vérité : ce récit est le récit de faits réels, inspirés de faits imaginaires…Ce récit n’a pas la prétention de viser une vérité mais seulement une émotion…. Ce récit est seulement celui d’une intuition émue ».

    Il multiplie, pourtant, les efforts, les allusions, les indices qui nous guident vers le nom réel du cadre de l’action, la ville de Relizane et d’une ville plus petite mais proche voisine. Au cas où cela pouvait échapper au lecteur, Kamel Daoud parle abondamment des mouches. Image qu’un lecteur étranger pourrait prendre pour la description d’un paysage cauchemardesque d’un désert de Western-spaghetti. L’indigène habitué à la lecture savante n’aura aucun mal à discerner dans cette récurrente invasion des mouches une référence opportuniste au nom de Relizane ou « hauteur des mouches » en berbère.

    Plus on avance dans la lecture de ce livre plus on est perplexe sur la multiplication des indices qui qui mènent de Pharaon, le personnage principal de « récit » à Hadj Ferguène. Plus personne depuis 2002 et le tollé médiatique soulevé en France autour de procès de Hadj Mohamed Smaïn, militant de la LADDH pour diffamation n’ignore que Hadj Ferguène est présenté comme le maire aux pouvoirs pharaoniques de la ville de Relizane.

    Ce livre est un univers totalement faussaire, dans lequel toutes les affirmations finissent par apparaître obliques et aucune affirmation réellement sincère.

    Le récit qui par miracle ne devait, contrairement à sa définition, ne désigner nul lieu précis et seulement des faits imaginaires, ô splendide oxymore, va devenir, sous nos yeux, une construction lourdement allusive.

    Kamel Daoud désigne le personnage qui est au centre de son texte sous le nom principal de Pharaon et secondaire de Maître de la ville. La connotation et le parti-pris sont limpides. C’est un emprunt au langage des islamistes qui désignent leurs ennemis de Taghout(s). Ce n’est pas fini. Les acteurs anti-terroristes sont des milices, des groupes, des bandes. Kamel Daoud qualifie, un nombre incalculable de fois, leurs actes de terrorisme, de banditisme, de rançons, d’extorsion. Il ne désigne que deux ou trois fois les terroristes sous ce nom. Il prend un soin particulier à les qualifier de maquisards malgré le contenu positif que les gens donnent à cette dénomination pour ce qu’elle renvoie à un mode de lutte du faible contre le fort. Et pour bien ancrer cette image de maquisards, page 17, Kamel Daoud impute aux forces anti-terroristes les pratiques de l’armée française : « On était au beau milieu des années 90 et les mutilations patientes des cadavres, les morts que l’on promenait comme des sangliers abattues sur les jeeps des forces anti-terroristes, après les ratissages dans les maquis environnants et les soins apportés aux signes de terreur des deux bords… ». ce sera la seul fois où il renverra dos à dos « maquisards » et forces antiterroristes. Le reste sera consacré aux crimes des milices. Pas un détail ne manque à la panoplie : exécution sommaires, nocturnes ou diurnes, publiques ou secrètes, des parents des « maquisards », cadavres abandonnés dans les oliveraies (donc dans la région de Sig)

    Ô Pharaon est présenté comme un récit. Même dans les définitions et acceptions les plus larges, un récit rapporte des faits, des événements. Mais en général un récit raconte des aventures, ou des mésaventures ; le récit est le genre obligé du voyageur. Contrairement à ce qu’avance l’avertissement de l’auteur, la qualification de récit nous oriente bien vers l’idée qu’il s’agit d’événements-aventures réels.

    Et dès les premières lignes, nous avons les signes multiples d’une référence à la ville de Relizane désignée M’dina et à son maire El Hadj Ferguène, à un de ses parents El Hadj El-Abed, et très évasivement à Hadj Smaïn, militant de la ligue des droits de l’homme sous le personnage et le pseudo du découvreur d’os dans le roman.

    Ce sont donc ces pages 120 et suivantes qui nous donnent la clé. La structure réelle du livre, sa trame sont la représentation donnée par José garçon en 2002 dans libération.

    Tout le reste n’est qu’habillage faussaire pour une autre défense du terrorisme que nous avons subi, une autre présentation de la thèse du qui tue qui.

    1. http://www.liberation.fr/planete/2002/02/26/algerie-l-accusateur-devient-l-accuse_395155
    2. https://groups.google.com/forum/#!topic/soc.culture.maghreb/UqYjjCCrIqM

Note : 5 sur 5.

« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »

– Keiko, Londres

Note : 4 sur 5.

« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »

– Sarah, New York

Note : 5 sur 5.

« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »

– Olivia, Paris