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Nouredine Bouderba-L’État doit tirer les leçons de 20 ans de prédation.

L’État doit tirer les leçons de 20 ans de prédation- Nouredine Bouderba
« Le comité qui inflige des amendes aux patrons algériens gelé » titre TSA, après un entretien avec le patron du Conseil du renouveau économique algérien (CREA) à la sortie d’une rencontre ayant regroupé une délégation de son organisation avec le président Abdelmadjid Tebboune.
De quoi s’agit-il ? « L’existence de ce comité a été révélé publiquement jeudi 7 septembre par la présidente de la Confédération des entreprises algériennes Saida Neghza » note TSA même si la presse en avait fait état bien avant (note personnelle).
TSA poursuit « Dans cette lettre adressée au président Abdelmadjid Tebboune, la présidente de la CGEA a fait état de plaintes de la part d’hommes d’affaires sur des amendes qui leur ont été infligées par ce comité ministériel ».
Ainsi le prix des hydrocarbures venant à peine d’augmenter que les entrepreneurs, fidéles à leurs traditions, revendiquent l’essentiel du surplus pétrolier au lieu que ce dernier soit consacré au développement économique et social du pays. Doit-on comprendre que le patronat algérien n’a pas changé et surtout qu’il est désormais plus puissant qu’au temps de Ali Haddad ?
Il y a lieu d’abord de noter que dans son « compte Rendu » adressé à la présidence de la république, la patronne de la CGEA ne contestait nullement le bien fondé de ces amendes mais revendiquait, au vu de l’importance de leurs montants et l’impossibilité des patrons de s’en acquitter, que les amendes exigées soient « reconverties en obligation de lancement de projets d’investissements productifs dans leurs (ceux des patrons) domaines d’activités respectifs ». Autrement dit elle revendique ni plus ni moins que l’effacement de ces amendes au mépris du principe constitutionnel d’égalité devant la loi.
Tout le monde sait que l’une des caractéristiques fondamentales du patronat algérien est qu’il ne réinvestit pas ses profits qui vont enrichir les patrimoines personnels des patrons et ceux de leurs familles qui préfèrent les investir à l’étranger. Et c’est sur ce point que réside la deuxième revendication de la patronne de la CGEA puisque dans sa lettre au président, citée ci dessus, elle n’hésite pas à affirmer « Nous devons prendre en compte les particularités du pays, y compris le problème de la non-convertibilité du dinar et le problème du square. Tout homme d’affaires qui a fait des profits aspire à posséder des biens en Algérie et à l’étranger, comme c’est le cas pour tous les hommes d’affaires du monde entier, mais la loi algérienne ne permet pas ceci. Alors, comment traiter rationnellement cette question. Est-ce en mettant en faillite les opérateurs concernés, en vendant ou en fermant leurs usines et en mettant des milliers de travailleurs au chômage? » (On ne peut comprendre cela que comme une demande de légalisation de l’évasion financiére).
ET à la patronne de la CGEA de de continuer « J’ai adressé à votre haute autorité un recueil comportant des propositions pour répondre à la problématique des opérateurs qui ont investi à l’étranger ou qui ont des biens à l’étranger, qui ont exprimé leur volonté de régulariser leur situation, selon des mesures raisonnables bénéfiques pour toutes les parties ». Autrement dit elle propose l’amnistie financière au lieu et place du rapatriement de l’argent objet d’évasion.
Il faut noter, ici, qu’avant ces nouvelles amendes exigées par le comité ministériel qui vient d’être gelé, le patronat en Algérie, malgré les nombreux cadeaux fiscaux et parafiscaux, ne respectait pas, dans sa majorité, la législation fiscale. Il n’y a qu’à lire le dernier rapport (2021) de la cour des comptes sur la loi portant réglement budgétaire de l’exercice 2019, pour découvrir que le montant des impôts constatés, facturés et non recouvrés, s’élèvent à 5 000 milliards de DA, soit l’équivalent de 50 milliards de Dollars, auxquels il faut ajouter 8 000 milliards de DA d’amendes non payées. A ces impôts non recouvrés s’ajoutent « les dépenses fiscales » c’est à dire les «avantages fiscaux accordés par l’État » qui s’élévent en 2019 à 693 milliards de DA. Et encore cela ne représente qu’une partie du manque à gagner pour l’État puisque la Cour des Comptes dans son rapport sus cité affirme, je cite, « En termes d’exhaustivité, l’administration fiscale ne détient pas une situation précise de l’ensemble des dépenses fiscales accordées en matière d’encouragements fiscaux. Elle se contente de recenser ces exonérations sans déterminer les dépenses fiscales associées aux régimes dérogatoires et ce, en raison des retards qu’elle accuse dans la mise en oeuvre d’un système d’information complet et intégré comportant les différents avantages octroyés » fin de citation.
La patronne de la CGEA conclut sa lette , ci dessus citée, par « Je tiens à souligner que le secteur privé est le plus grand employeur de main-d’oeuvre du pays, et c’est la base de tout développement économique… » Rien de plus faux comme je vais le démontrer.
1. Dans leur quasi totalité les entrepreneurs, en Algérie, ne respectent pas la législation sociale. Moins de 5% d’entre eux reconnaissent le droit syndical qu’ils limitent à sa plus simple expression alors que le droit à la participation (Délégation du personnel et comité de participation) n’est quasiment pas reconnu sans parler du détournement de l’argent des œuvres sociales due aux travailleurs.
2. Le nombre de travailleurs salariés du secteur privé déclarés à la CNAS (2019) s’élève à 1 Million 870 000. Cela représente à peine 33 % du total des salariés tous secteurs confondus (public et privé) déclarés à la CNAS, contre 3 millions 765 000 pour le secteur public (soit 67 % du total des travailleurs salariés déclarés par la fonction publique et le secteur économique public). On est très loin du secteur privé employant 60 % des salariés.
3. A cela s’ajoutent les bas salaires appliqués dans le secteur privé et aussi les sous déclarations des salaires. Ainsi selon les budgets des caisses de sécurité sociales de 2019 le montant des cotisations de sécurité sociale versés par les entreprises privées au titre des 1.8 Million de salariés déclarés se sont élevées à 244 milliards de DA contre 809 milliards de DA versés par le secteur public au titre de ses 3,764 millions salariés déclarés.
Ainsi le secteur privé déclare 1,87 million représentant 33 % des travailleurs déclarés à la sécurité sociale au titre desquels il ne verse que 23 % des cotisations sociales totales collectées par la CNAS contre 77 % des recettes de cotisation versées par le secteur public au titre de 67 % des salariés déclarés. Autrement dit, le secteur public déclare à la sécurité sociale deux fois plus de travailleurs et verse trois fois plus de cotisations sociales que ce secteur privé.
4. Dans sa lettre précitée la patronne de la CGEA affirme « La même inquiétude est observée chez les opérateurs du secteur de l’industrie pharmaceutique, eux qui se sont mobilisés durant la période du COVID 19 et qui se retrouvent à présent, en proie à la bureaucratie et aux différentes inspections, à la limite du harcèlement ». la vérité est que durant la pandémie on n’a vu que les travailleurs et le personnel du corps médical du public, des hôpitaux surtout, qui se sont mobilisés au prix de leur santé et parfois de leur vie au moment ou les prix des consultations, des actes d’exploration et d’analyse et des vaccins dans le privé étaient inabordables pour le commun des algériens.
En conclusion si je suis pour le droit syndical , y compris pour les patrons; si je suis pour la transparence et le droit pour tous de défense et de recours en matiére de politique fiscale et pour la transparence dans l’octroi des licences d’importation, je suis aussi et surtout pour l’égalité des citoyens devant l’impôt, pour le droit syndical aussi bien dans le secteur public que privé, pour le respect par tous de la législation du travail et de leurs obligations en matière de sécurité sociale.
Le surplus financier du pays, généré par l’augmentation des prix du pétrole doit servir , en priorité la relance et le développement économique et social du pays et non une catégorie de privilégiés. L’Etat doit tirer les leçons, toutes les leçons de 20 ans de prédation sous le règne de Bouteflika.
Alger le 17 septembre 2023
Nouredine Bouderba
Source :
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Laure Lemaire-LA FRANCE NEOCOLONISE: LA PAROLE AUX MARXISTES

Les soldats africains dans la boucherie impérialiste
En 1914, la lutte entre les grandes puissances pour un nouveau partage du monde, donc des colonies africaines, aboutit à la 1° Guerre mondiale. 134 000 soldats venant d’Afrique participèrent à la boucherie de la guerre dans l’ armée française. Le recrutement forcé occasionna des révoltes, en 1915 au Mali et en Haute-Volta (nord de la Côte-d’Ivoire).
Pour la 1° fois ces soldats partaient se battre en Europe où ils découvrirent un autre monde. Les soldats africains étaient enrégimentés séparément, mais ils connaissaient les mêmes souffrances, la même mort que les autres poilus. Dans l’enfer des tranchées, ils partageaient ce qu’on leur avait dénié jusque-là : une humanité commune. Dans la bataille de Verdun, les régiments coloniaux de l’armée française furent particulièrement meurtris. Ils étaient aussi présents sur les pentes du Chemin des Dames en avril 1917. Ils furent parcourus alors par les mêmes sentiments de rage contre les offensives inutiles et meurtrières qui conduisirent certains régiments aux mutineries de mai 1917. Si bien que nombre de soldats revinrent avec des idées nouvelles. À ceux qui, après guerre, réclamèrent l’égalité des droits, le pouvoir colonial répondit par le mépris, mais bien des idées commencèrent à cheminer qui mèneront à l’indépendance politique plus tard.
En Afrique aussi, » la guerre fut un formidable accélérateur de l’histoire », selon la formule de Lénine.
L’installation de l’impérialisme 1921-1934
La défaite de l’Allemagne en 1918, permit le partage de ses colonies entre les puissances impérialistes du camp victorieux : l’Angleterre récupéra le Tanganyika et la Namibie, la France s’empara de la majeure partie du Cameroun et la Belgique occupa le Rwanda et le Burundi. Les économies des bourgeoisies européennes, ruinées par la guerre, se replièrent sur leur empire colonial. Mais accroître l’exploitation dans les colonies d’Afrique exigeait un minimum d’investissement. Les grandes compagnies refusaient d’investir, c’est l’État qui s’en chargea. Mais l’Afrique noire resta le parent pauvre. La France y investit 10 fois moins qu’au Maghreb. Malgré des lignes de chemin de fer construites, pour drainer les richesses des mines ou des plantations vers les ports, aucune liaison entre 2 colonies ne fut établie.
Entre 1921 et 1934, la réalisation du chemin de fer Congo-Océan, dans le Congo français, fut un véritable scandale humain. On commença par forcer des milliers de personnes à migrer pour venir travailler sur ce chantier. Aucun ravitaillement n’avait été prévu pour le voyage. Sur 8 000 hommes recrutés, 1 700 arrivèrent à destination. Une insurrection générale se déclencha alors que le chantier n’était pas encore commencé. Le journaliste Albert Londres ( fut traité de « métis, juif, menteur, saltimbanque » à cause de son livre Terre d’ébène) écrit :
« Ici, le Noir remplaçait la machine, le camion, la grue ; pourquoi pas l’explosif aussi ? Pour porter les barils de ciment de 103 kilos, les « Batignolles » (nom de la société à laquelle le chantier avait été attribué) n’avaient pour tout matériel qu’un bâton et la tête de 2 Noirs ! »
André Gide, dans son livre Voyage au Congo, montre des femmes portant leur enfant dans le dos et travaillant à main nue à la réfection des routes, dans la même région :
«Tous les 20 m, aux côtés de la route, un vaste trou, profond de 3 m le plus souvent (devait être bouché). Il était arrivé plus d’une fois que le sol sans consistance s’effondrât, ensevelissant les femmes et les enfants qui travaillaient au fond du trou.»
Une économie tournée vers les exportations
Toute la production des colonies visait à satisfaire les besoins impérialistes. On imposa aux colonies la monoculture. On obligea les paysans à produire du café, du cacao, de l’arachide, pour les marchés européens. En Côte-d’Ivoire, la culture du cacao s’accompagnait du recrutement forcé de travailleurs venant du nord (Burkina Faso) avec un contrat de 2 ans. Sous prétexte de donner aux travailleurs le sens de l’épargne, on ne les payait pas et on inscrivait les sommes dues sur des carnets. Au Sénégal, 1/2 des terres étaient consacrées à l’arachide. Une confrérie de marabouts, les Mourides, faisait travailler ses disciples dans un cadre quasi esclavagiste, et vendait cette production aux compagnies commerciales. La colonisation utilisait des formes archaïques de production et renforçait une organisation sociale rétrograde. Cela lui coûtait moins cher que de mécaniser les cultures. La France développa le coton, pour échapper à la mainmise britannique avec le coton indien et égyptien. Ces cultures furent imposées sous la forme de cultures obligatoires, appelées « cultures éducatives ».Les quantités de produits exportés augmentaient par extension des terres utilisées et non grâce à l’amélioration des rendements donc les cultures vivrières furent délaissées, ce qui provoqua des famines. Des pays qui étaient auto-subsistants devinrent dépendants des importations pour l’ alimentation d’autant que le colonialisme modifia les habitudes alimentaires: le riz d’ Indochine française remplaça le mil, nourriture de base au Sénégal. Les paysans étaient obligés d’acheter du riz avec l’argent gagné par la vente de l’arachide. La même compagnie commerciale gagnait donc 2 fois, en achetant l’arachide et en vendant le riz.
Les exploitations minières servaient exclusivement aux entreprises occidentales qui détenaient le monopole de l’extraction, mais en métropoles étaient installées les industries de transformation.
Après le caoutchouc, le Congo belge révéla d’autres trésors : zinc, cuivre, diamants industriels. Le Katanga, une des régions du monde les plus riches en minerais, devint le fief de la Société Générale de Belgique, à travers l’Union Minière du Haut-Katanga et la Forminière. En 1934, la Société Générale de Belgique contrôlait 60 % du capital investi au Congo.
Avec la crise mondiale, en 1929, dans les citadelles impérialistes, la production reculait, les capitaux ne trouvaient plus à se placer. Le commerce mondial se restreignait. Avec les empires coloniaux, le protectionnisme fut utilisé comme ultime tentative pour échapper à la crise du système.
Un industriel, Marcel Boussac avait commencé son ascension dans le textile grâce à la 1° Guerre mondiale. Puis il racheta toutes les usines des Vosges où il faisait fabriquer des tissus avec le coton venant du Tchad qu’il achetait pour rien et de vendre ses tissus à travers tout l’empire. Car le colonialisme avait détruit l’ensemble de l’artisanat textile, en Afrique comme ailleurs. À part quelques infrastructures pour exporter, toutes les industries de transformation étaient proscrites dans les colonies, pour ne pas concurrencer celles de la métropole. La colonisation engendrait une dépendance et une domination économiques totales.
La volonté de justifier la colonisation…mais les 1° luttes ouvrières
L’Exposition coloniale de 1931 à Paris fut la glorification du colonialisme à son zénith. (La CGT-U avait organisé une contre-exposition qui dénonçait les méfaits commis en Asie ou en Afrique et prônait l’émancipation des peuples opprimés.) Dans sa présentation, le maréchal Lyautey affirmait : « Coloniser, ce n’est pas uniquement construire des quais, des usines ou des voies ferrées ; c’est aussi gagner à la douceur humaine, les coeurs farouches de la savane et du désert. » Des Africains, des Algériens, des Indochinois durent se donner en spectacle. Pour les organisateurs, il fallait absolument montrer un folklore exotique et affirmer la supériorité de la civilisation européenne.
Cette histoire d’humiliation, de mépris et d’exploitation a été ponctuée par des résistances et des luttes contre l’oppression. Bien que le prolétariat africain fût peu nombreux, les luttes ouvrières prirent leur essor au début du XXe siècle. En 1919, des émeutes, grèves et pillages éclatèrent en Sierra Leone. En 1920, une1° grève des ouvriers du chemin de fer Dakar-Saint-Louis fut organisée. Dans les années 1920, les mines du Congo, du Nigeria et du Ghana furent le théâtre de grèves. Mombasa, au Kenya, vécut une grève des dockers en 1934 et une grève générale en 1939. Comme ailleurs, le patronat utilisa la violence et les armes. Mais en plus, il refusait aux travailleurs africains les droits qu’il avait dû céder aux travailleurs européens. En 1937, le gouvernement de Front Populaire autorisa la formation de syndicats en Afrique colonisée. Mais seuls ceux qui savaient lire et écrire étaient autorisés à se syndiquer. Or, en 1950, d’après l’UNESCO, le taux de scolarisation dans le primaire étaient de 10 % dans les colonies françaises.L’invasion de l’Éthiopie, le dernier grand État indépendant d’Afrique, par l’armée italienne de Mussolini en 1935, fut un des1° actes d’une guerre qui allait devenir mondiale. Il put agir avec l’assurance donnée par Laval que la France n’interviendrait pas. Pendant la 2° Guerre mondiale, l’Afrique fut de nouveau saignée: on recruta de forces les hommes, on réquisitionna les vivres au détriment des populations appauvries, les productions minières devinrent un enjeu considérable . L’uranium du Congo belge servit à la fabrication de la 1° bombe atomique.

L’après guerre : des révoltes anticoloniales
La 2° Guerre mondiale amorça la fin du système colonial. Comme la précédente, elle contribua à ébranler la suprématie impérialiste européenne, celle de la France vaincue en 1940. À travers la planète, la certitude que les puissances coloniales n’étaient pas invincibles, se transformèrent en une immense révolte. Entre 1945 et 1947, en Inde, en Indonésie, les masses se soulevaient. En Chine, en 1949, la révolte des paysans permit à Mao de renverser le pouvoir corrompu. En Indochine (Vietnam) la guerre anticoloniale commencée en 1945 dura jusqu’en 1954. Les révoltes en Asie favorisaient les luttes dans toutes les colonies.
Les soldats et les anciens combattants initièrent bien des révoltes. On avait appelé « libérateurs », « sauveurs », lorsqu’ils avaient débarqué en Europe, mais retrouvaient le statut de colonisés. Mais en 1944, à Thiaroye au Sénégal, les anciens combattants de l’armée française se révoltèrent. La répression fut sanglante.
Le roman de Sembene Ousmane, « Les bouts de bois de Dieu » a fait connaître la grève des cheminots sur la ligne Dakar-Bamako entre 1946 et 1947.
À Madagascar en 1947, 80 000 morts dans la répression d’une insurrection contre le colonialisme. Pour faire le sale boulot, l’armée française envoya des soldats d’autres pays africains. Dresser les peuples colonisés les uns contre les autres faisait partie de leurs méthodes.
Les bourgeoisies européennes et leurs contradictions internes
Dans un1° temps, les bourgeoisies européennes s’accrochèrent à leurs possessions. La France commença par repousser jusqu’à l’idée d’indépendance pour les colonies.
En 1946, l’Union Française, nouvelle appellation de l’empire colonial, vit le jour. Rien de changé. Les milieux coloniaux, arriérés et réactionnaires, étaient sur-représentés. Mais les partis politiques africains furent autorisés. Le travail forcé fut supprimé, non sans susciter des résistances qui voulaient imposer que « l’on considère le travail comme un devoir social » donc le maintien des journées de corvées. En 1947, les fonctionnaires continuaient à se déplacer dans des hamacs portés par des hommes!
Par ailleurs, à l’intérieur même des métropoles, des divergences existaient. Le maintien des empires coloniaux coûtait de plus en plus cher. Les investissements publics représentaient, après guerre, 8 fois + qu’avant. Ils servaient toujours les entreprises capitalistes. Mais les bourgeois dont l’industrie était moderne et qui ne dépendaient pas du marché colonial auraient préféré en profiter. Après guerre, les patrons de l’aéronautique, de l’automobile, étaient plus appâtés par le marché européen que par le colonialisme de « grand-papa ».
Enfin, à partir de 1945, les États-Unis exercèrent une pression politique « anticoloniale ». Pour cet impérialisme, devenu dominant, nul besoin du système colonial obsolète pour piller la planète et imposer ses intérêts. La puissance réelle de son économie suffisait. Il voulait mettre fin au système des chasses gardées et au protectionnisme qu’il impliquait. Tous ces facteurs se conjuguèrent pour contraindre l’ensemble des États européens à décoloniser (en Afrique noire entre 1957 et 1963).
Mais renoncer à la forme coloniale ne signifiait pas renoncer à leur domination ! Dès lors, toute leur politique visa à y conserver la mainmise.
La bourgeoisie française maintient une situation semi-coloniale.
Le retentissement international de la victoire des Vietnamiens à Dien Bien Phu en 1954 obligea les dirigeants de la bourgeoisie française à réaliser que l’heure des indépendances avait sonné. La guerre d’Algérie qui fut l’accoucheuse des indépendances en Afrique noire. La décolonisation n’a pas été le fait de la gauche, au pouvoir en 1956 avec le gouvernement de Guy Mollet. La crise de la IVe République fut dénouée par l’arrivée au pouvoir de De Gaulle en 1958 qui orchestra les indépendances indispensables, y compris au maintien des intérêts capitalistes français. Les indépendances ont fait que nombre d’Africains ont éprouvé la joie légitime de ne plus subir l’humiliation de l’administration coloniale, mais la France plaça à la tête de la plupart de ces États, des » hommes du sérail ».
La colonisation n’avait pas débarrassé les sociétés africaines de leurs aspects les plus archaïques. Au contraire, le pouvoir de certains chefs traditionnels était cautionné par l’administration coloniale. Quant aux différences ethniques, elles ont souvent été utilisées et transformées en oppositions, voire en haines. Les populations africaines en payent aujourd’hui le prix.
Houphouët-Boigny, ancien président du syndicat des planteurs ivoiriens, avait commencé par un nationalisme critique vis-à-vis de la France. Puis, patronné par Mitterrand, il devint député, puis ministre sous la IVe République, l’un des rédacteurs de la Constitution de la Ve République. En l’installant en 1960 en tant que président de la Côte-d’Ivoire indépendante, les dirigeants français savaient qu’il agirait en ami.
Léopold Sédar-Senghor a suivi un chemin parallèle. Ancien élève du lycée Louis-le-Grand, agrégé de grammaire, il était lié à Pompidou dont il avait été le condisciple. Il fut aussi ministre de la IVe République avant de prendre la tête du Sénégal.
Le député Léopold Sédar Senghor faisait remarquer à la tribune de l’Assemblée, en mars 1946, qu’en Afrique occidentale française« 108 911 élèves seulement fréquentent les établissements du 1°et du 2°degré, enseignement privé compris, sur 2 700 000 garçons et filles d’âge scolaire ; c’est-à-dire qu’un seul enfant sur 24 peut trouver place à l’école. Dans les 3 lycées d’AOF, on ne compte que 172 Africains sur 723 élèves des classes secondaires. » Il ajoute:
« on fait de l’inégalité un principe de gouvernement en s’opposant par tous les moyens possibles à ce que les autochtones aient des diplômes d’État et puissent, en conséquence, occuper d’autres fonctions que subalternes »

Le travail forcé fut utilisé à grande échelle dans les colonies d’Afrique. L’un des chantiers les plus emblématiques, la construction du chemin de fer Congo-Océan (140 km), coûta la vie à 17 000 travailleurs indigènes en 1929. Au Cameroun, les 6 000 ouvriers de la ligne de chemin de fer Douala-Yaoundé connurent un taux de mortalité de 61,7 % selon un rapport des autorités.Ces hommes formèrent une caste, liée moralement et socialement à la bourgeoisie française et décidée à en défendre les intérêts au-delà des indépendances. L’appartenance sociale lie les possédants entre eux, plus que la couleur de la peau.
Puis, faute de mieux, la France puisa parmi les mercenaires formés au sein de son armée. Bokassa, dictateur de Centrafrique à partir de 1969, ancien sous-officier dans la guerre d’Indochine, conquit le pouvoir et le conserva avec le soutien de l’armée française. Il s’est fait sacrer empereur en présence de Giscard d’Estain, cautionnant ainsi le dictateur. Et c’est avec sa bénédiction qu’il put piller les caisses du Centrafrique et financer son règne. Au Togo, Eyadéma, ancien sergent de l’armée française, imposa sa dictature jusqu’à sa mort en 2005.
Il y eut au moins un cas différent. En Guinée, en 1958, Ahmed Sékou Touré opta avant tout le monde pour l’indépendance, contre De Gaulle. Par mesure de rétorsion, la France retira ses fonctionnaires et coupa les crédits.
Le Congo belge : l’explosion
Dans les années 1950, une fraction de la petite bourgeoisie congolaise réclama l’égalité réelle. L’opposition systématique des colons belges à tout changement finit par radicaliser les 1° nationalistes. Patrice Lumumba, jeune postier, président de l’Association des évolués de Stanleyville, était devenu le porte-parole du nationalisme congolais. Il avait su cristalliser l’aspiration à l’indépendance, en faisant surgir un nationalisme à l’échelle de tout le Congo. Il ne cherchait pas à briser les liens avec la Belgique, mais sa façon de dénoncer le mépris colonial lui avait suffi pour encourir la haine, du roi et des colons belges. L’indépendance du Congo fut décrétée dans la précipitation le 30 juin 1960, donnant naissance à un État dont Lumumba fut le 1° ministre, du moins pendant 2 mois. Une révolte des soldats de l’armée congolaise contre les officiers, tous des Blancs, donna le signal d’une véritable explosion de colère. Les fonctionnaires et les colons belges prirent la fuite. L’État se retrouvait sans administration, sans prise sur les événements.
C’est pour cela que le trust belge l’Union Minière orchestra en sous-main la sécession du riche Katanga avec l’aide des gouvernements belge, anglais et français pour préserver leur pillage des ressources minières par le découpage du pays.
Mais l’impérialisme américain ne les laissa pas faire. Sous couvert de l’ONU, une force armée fut reconstruite autour de Mobutu. En 1961 Lumumba fut assassiné. En1965, sous protection américaine, Mobutu prend le pouvoir et une des pires dictatures vit le jour; elle trouva le soutien de la France. Par 2 fois, dans les années 1970, l’armée française intervint pour le sauver de rébellions et consacrer la décomposition de l’économie au profit de Mobutu et de l’impérialisme.
Le cas des colonies portugaises
Quant au Portugal, il s’accrocha à ses colonies, l’Angola, le Mozambique et la Guinée-Bissau, jusqu’en 1974, au prix de longues guerres jusqu’à la « Révolution des oeillets ». Mais en Angola la guerre d’indépendance commencée en 1961, 13 ans avant la fin de la domination coloniale, s’est prolongée bien au-delà. Les 3 armées de guérilla qui s’étaient constituées dans la lutte contre le Portugal continuèrent à se battre pour le pouvoir. Ce fut une guerre civile longue, avec à l’arrière-plan les manoeuvres des États-Unis attirés par le pétrole découvert depuis peu. Elle vit intervenir l’armée zaïroise, puis celle de l’Afrique du Sud en faveur de la plus proaméricaine des oppositions armées au régime en place qui était soutenu par l’URSS, qui demanda à Cuba d’y envoyer des troupes. La guerre fit la fortune des trafiquants d’armes et des hommes politiques qui les couvraient, de Pasqua à Jean-Christophe Mitterrand. Elle dura + de 20 ans, fit plus d’1 M de réfugiés, 300 000 morts et laissa une économie en ruine.Carte d’Identité de l’Afrique
Il n’est guère possible de relater l’histoire individuelle des 40 d’États issus de la décolonisation. Certains sont petits, comme la Guinée, le Bénin, le Togo ou la Gambie (long doigt enfoncé dans le Sénégal, dont le territoire se limite à une 20 km de part et d’autre du fleuve Gambie). D’autres sont immenses, comme le Congo-Zaïre ou le Soudan, aussi étendus que la moitié occidentale de l’Europe, ou le Nigeria avec ses 125 M d’habitants. Certains ( le Burkina Faso) sont dépourvus de richesses naturelles; d’autres en regorgent, le Congo-Zaïre qui contient de richesses minières de toutes sortes, y compris les plus rares existant sur la planète. Ce sont des créations artificielles du temps des colonies, sauf l’Éthiopie qui a une tradition étatique ancestrale. Certains comptent 1 ou 2 ethnies, d’autres + de 10, voire pour le Cameroun + de 200, parlant des langues différentes. Leurs évolutions politiques respectives après les indépendances ont été fort diverses.
Quel bilan, 40 ans après les indépendances politiques ?
Pour les métropoles les plus faibles, la décolonisation a mis fin au monopole qu’elles exerçaient, le Portugal et la Belgique, qui n’était pas de taille à dominer les appareils d’État du Congo-Zaïre, du Rwanda et du Burundi.
Les méthodes de l’impérialisme français pour garder sa zone d’influence
La France, obligée de décoloniser, garde ses ex-colonies dans sa zone d’influence. Elles sont un champ d’investissement garantis, voire en partie financés par l’État pour les grands groupes capitalistes, via la prétendue « aide au développement ».
Elles constituaient une source privilégiée d’approvisionnement en matières 1° : le pétrole du Gabon pour Elf, l’arachide du Sénégal pour Lesieur, le fer de Mauritanie pour Usinor, la bauxite de Guinée pour Péchiney. Elles restaient aussi des débouchés pour les marchandises françaises, protégés des concurrents d’autres pays par les circuits, par les habitudes et les liens, sans parler de la langue.
Mais la France est une puissance impérialiste de 2° zone; elle n’a pu conserver sa mainmise sur cette économie qu’en s’accrochant à un système de domination semi-colonial qui repose, sur le plan politique, sur le contrôle étroit des appareils d’État autochtones, sous la protection des troupes françaises dans les endroits stratégiques. Ce protectorat politique implique le soutien garanti aux dirigeants de ces pays, fussent-ils d’infâmes dictateurs, en contrepartie de la protection des intérêts français face à la concurrence américaine, japonaise, allemande.
Sur le plan économique, le maintien d’une zone CFA, dont les billets sont émis sous le contrôle de la Banque de France, monnaie unique dans les ex-colonies, convertible à taux fixe en euros, assure aux capitalistes français la libre circulation de leurs capitaux et de leurs profits entre la France et ses ex-colonies. Elle constitue un obstacle pour les capitaux venus du Japon ou des États-Unis. Financière Africaine ».
La « politique africaine » de la France, poursuivie dans les années 60, 70, 80 et, souvent encore aujourd’hui, a servi à arroser la caste politique française et à créer des liens d’interdépendance entre les dirigeants des grands trusts et les dictateurs. Des hommes de main, des agents secrets, des mercenaires côtoient des hommes politiques, des PDG, des financiers, dans un milieu crapuleux, la « Françafrique ».
Les entreprises comme Elf, intégrée à Total, possèdent des pans entiers de l’économie du Gabon ou du Congo-Brazzaville dont on ignore les quantités exactes de pétrole extraites par la compagnie. Et si le pouvoir gaulliste a initié le phénomène, la « gauche » l’a pérennisé. Après Foccart, l’éminence grise gaulliste, un des fils de Mitterrand, Jean-Christophe, a été l’homme de l’ombre de la gauche chargé des sales besognes.
La voie nationaliste a abouti à une impasse pour les peuples
Dans les années 1960, la Chine de Mao Tsé Toung fournissait aux dirigeants nationalistes d’Afrique et d’ailleurs, l’exemple d’un régime qui justifiait une certaine dictature et menait une politique nationaliste en rupture avec l’impérialisme. Et surtout, l’existence du bloc soviétique, l’aide diplomatique, voire militaire de Moscou, permettait de se donner les moyens d’une certaine indépendance politique. Elles sont marquées par le « tiers-mondisme », expression signifiant la recherche d’une 3° voie pour les pays pauvres, et les pays non-alignés.
Mais l’impérialisme n’avait pas besoin de contrôler directement l’appareil d’État d’un pays pour avoir les moyens de l’étrangler. Par exemple la Guinée indépendante avec Sékou Touré comptait asseoir son ambition sur la bauxite mais, n’ayant pas l’industrie pour la transformer en aluminium, elle fut obligée d’en passer par les trusts internationaux et, donc, de se soumettre à leurs lois. Pareil pour les pays d’Afrique les plus riches en minerais ou autres richesses naturelles. La nationalisation des mines donnait aux États des marges de négociation plus grandes avec les trusts internationaux mais cela ne les libérait pas de leur emprise. Et pour négocier les matières 1° au meilleur prix, il fallait une volonté politique qui avait un prix : celui de l’ achat de dirigeants de l’État.Les nationalisations elles-mêmes, au lieu de servir de protection contre le pillage impérialiste, se sont transformées, en règle générale, en moyens d’enrichir une mince couche privilégiée locale et en facteur de corruption.
Dans le cas de l’Afrique, le tiers-mondisme a pris la forme, au moment des indépendances, de la proclamation d’un « socialisme africain », incarné en particulier au Ghana par N’Krumah, et en Tanzanie par Nyerere.
Plusieurs pays d’Afrique ont cherché le soutien de l’Union soviétique, en armes et en aides financières. L’Éthiopie sous Mengistu ou la Somalie sous Siyad Barré, et jusqu’au Congo-Brazzaville, ex-colonie française, se sont revendiqués un temps du marxisme-léninisme. Ce choix politique de trouver en Union soviétique et/ou en Chine une contrepartie à l’influence de l’impérialisme allait de pair avec une politique économique marquée par l’étatisme, par la protection de l’économie nationale, par l’existence de monnaies nationales non liées aux monnaies occidentales.
Les pays africains ont à peu près tout tenté sur le plan politique et économique, entre les régimes ouvertement dévoués à l’ancienne métropole coloniale, à l’autre extrémité, le nationalisme. Aucun des pays d’Afrique ne s’est développé. Nulle part, les classes populaires ne sont sorties de la misère. Pourquoi?
Voir mon 3° volet -
Laure Lemaire- LA FRANCE COLONISE: LA PAROLE AUX AFRICAINS

Dans la foulée de l’excellent article du Correspondant socialiste « Capitalisme et esclavage » qui explique l’industrialisation de la Grande Bretagne avec Sandbach Tinne & Co, voici la France un peu plus tard dans son action « civilisatrice ».

François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique
publié le 25 février 2017 (modifié le 4 mars 2017)
Vue d’Afrique, par des peuples qui en furent les victimes et qui en conservent la mémoire vive, la polémique sur la colonisation relancée à Alger par Emmanuel Macron le 15 février 2017 avec des mots inédits en France a quelque chose de surréaliste et de dérisoire.
Surréaliste parce que, pour les Africains, la colonisation n’a jamais été autre chose qu’un « crime contre l’humanité », à l’instar de l’esclavage, de la traite ou de l’apartheid. Comment qualifier autrement cette œuvre de subjugation, d’asservissement et d’appropriation, avec son lot de crimes de guerre, de violences et de souffrances, avec son appareil de justification idéologique, religieux parfois, « civilisationnel » toujours ?
Si la colonisation a construit, pour ses propres besoins, des routes, des ponts et des chemins de fer – à quel prix humain, le plus souvent ! – et si les colons ne furent pas tous complices de crimes comme les Allemands ne furent pas tous nazis, la colonisation forme un tout inséparable, et cet ensemble est constitutif d’un crime contre l’humanité, au sens où l’entendent à la fois les statuts du Tribunal de Nuremberg et ceux du traité de Rome fondant la Cour pénale internationale.

Emmanuel Leroueil vient du village de Bango, sur les bords du fleuve Sénégal. Depuis ses 17 ans, il a roulé sa bosse en Europe, au Proche-Orient et en Afrique, et n’a pas dévié de son intérêt pour les gens, le débat d’idée, la politique et le continent africain. Il a plusieurs vies derrière lui : militaire, reporter, militant politique, étudiant, il est désormais consultant en Stratégie & Organisation et occupe la fonction de directeur éditorial de Terangaweb – l’Afrique des idées.
DE 1884 A 1930
Les Européens sont longtemps restés sur les côtes océanes de l’Afrique, à part des aventuriers audacieux qui se sont s’aventurés à l’intérieur des terres. Si en 1880, à peine 1/10° du continent noir était sous contrôle européen, 20 ans plus tard, seuls l’Ethiopie, le Maroc (en 1912) et le petit Libéria y échappaient. Entre temps, les puissances occidentales se sont entendues à la conférence de Berlin (1884) sur la répartition du gâteau. Des avancées techniques et le contexte économique expliquent cette nouvelle étape des relations Europe-Afrique.
Techniquement, les maladies tropicales ne représentent plus un obstacle insurmontable pour les Européens, l’usage de la quinine permettant de résister au paludisme. Des innovations en armement, (armes légères, mobiles, canons à répétition) donnent l’ avantage aux forces européennes, surtout dans les batailles à découvert. Enfin, l’invention du télégraphe permet de mieux connecter les postes avancées de leurs bases arrière sur les côtes océaniques ou en métropole. Concrètement, les troupes européennes resteront peu nombreuses au début, les états-majors occidentaux s’appuyant sur des auxiliaires autochtones, issus d’ethnies anciennement marginalisées ou souhaitant bénéficier des retombées de pouvoir de la nouvelle puissance, au détriment des anciennes.
Mais au-delà, c’est un nouveau contexte économique international qui incite à la colonisation. La décennie 1880 marque une nouvelle phase de l’industrialisation de l’Europe avec un nouveau chapitre de l’histoire du capitalisme global. La mécanisation de l’industrie du textile arrive à maturité et doit se trouver de nouveaux débouchés commerciaux ; les machines à vapeur permettent des gains de productivité, dans l’agriculture aussi avec utilisation de machines qui diminuent la main d’œuvre. Les grandes plantations d’Amérique moins besoin d’esclaves, ce que reflète la confrontation brutale de la guerre de Sécession aux Etats-Unis, entre un Nord industrialisé qui cherche de nouveaux débouchés et un Sud rural et pro-esclavagiste.
L’Afrique est amenée à jouer un rôle nouveau. Elle doit tout d’abord être un fournisseur régulier et important de matières 1° pour les industries des pays occidentaux. La baisse de la production américaine de coton (guerre de Sécession), sera suppléée par la production égyptienne, évitant à l’économie mondiale de se gripper. Ses matières 1° agricoles et minérales alimentent les besoins monstrueux de l’économie industrielle occidentale. Les terres y sont converties à des monocultures d’exportation, perturbant dangereusement l’équilibre écologique et alimentaire des populations locales.
Les échanges ne se font pas que dans un seul sens et le continent noir devient un marché parmi d’autres où sont vendus des produits textiles, les outils mécaniques et des accessoires manufacturés symboles de la « way of life » occidentale. C’est l’âge d’or des grandes compagnies commerciales européennes, les « compagnies des indes » qui s’implantent durablement en Afrique : c’est le cas de la Compagnie française pour l’Afrique Occidentale, fondée en 1887 par des commerçants marseillais et qui existe toujours de nos jours avec un chiffre d’affaires de 2,6 milliards d’euros. Côté anglophone, la British South Africa Company fondée en 1888 par Cecil Rhodes, s’impose comme un intermédiaire incontournable entre le Royaume-Uni et ses colonies au Sud du continent. Ces compagnies organisent les échanges en s’appuiant sur un réseau de comptoirs et de représentants commerciaux, et sur des moyens de transport des marchandises (rails, bateaux, pistes routières) et de télécommunication (télégraphe) qu’elles financent sur fonds propres. Au final, elles dégagent de très confortables bénéfices, d’autant plus qu’elles sont en situation de monopole ou de duopole.
Comme à l’accoutumée, l’Afrique s’inscrit dans une dynamique globale qui voit les sociétés agraires complexes violemment intégrées à un système capitaliste global dominé par les puissances d’Europe de l’Ouest et d’Amérique du Nord qui captent la plus-value sur les échanges qui ne relevaient plus du registre du commerce mais de celui du pillage pur et simple. A la fin du XIX° siècle, des régions comme la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Proche et Moyen Orient, vivent toutes une situation de domination similaire.
Mais bien que le cadre général soit le même, il existe des spécificités propres aux expériences de colonisation de l’Afrique par le Royaume-Uni, la France, le Portugal, la Belgique et un peu, l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas. Au sein même du continent africain, la colonisation a pris des colorations très différentes suivant les spécificités régionales et les hasards du destin, qu’ils soient heureux ou malencontreux.
La France était réputée privilégier un contrôle direct des territoires sous son « imperium », un énorme bloc de 5 M de km² d’un seul tenant en Afrique de l’Ouest (l’Afrique occidentale française, AOF) et un territoire de 2,5 M de km² en Afrique Equatoriale (Afrique équatoriale française, AEF) regroupant les actuels Gabon, Congo-Brazzaville, Tchad et Centrafrique soit 14 fois la taille de la France. A l’échelle de ces régions, il s’agit de regroupements territoriaux d’une ampleur inégalée dans l’histoire. Les autres zones de domination française comptaient le protectorat du Cameroun, du Maroc, de la Tunisie, la départementalisation de l’Algérie, dans l’Océan indien Madagascar et les Comores et le petit territoire de Djibouti sur la Mer Rouge. Mis à part les protectorats, le principe étant de laisser les autorités traditionnelles gérer ses affaires courantes, la France a privilégié la gouvernance directe et la vassalisation ou l’élimination des autorités autochtones traditionnelles. Le rôle de l’administration coloniale est d’étendre et de renforcer le contrôle militaire des colonies, de protéger les ressortissants de la métropole, d’épauler le travail de « civilisation » des missionnaires, et surtout de faciliter l’exploitation économique menée par les grandes compagnies commerciales. C’est pourquoi, de grands travaux d’infrastructures sont construits à la main par la mobilisation forcée des autochtones, au prix de leur vie. Ces tronçons de rail (le Dakar-Niger passant par Bamako et Koulikoro ; le Conakry-Kankan ; le Congo-Océan reliant Brazzaville à Pointe-Noire), ces routes et les ports qui leur servent de débouché ( le port de Dakar et de Pointe-Noire) sont créés dans la seule optique de faciliter les circuits de l’économie de traite, la sortie des matières 1° et de la production agricole africaine.

En 1930, les 20 M d’Africains de l’AOF et de l’AEF ont le statut de « sujets français », et non celui de citoyens, réservé à 2500 Africains originaires de 4 communes sénégalaises (Saint-Louis, Dakar, Rufisque, Gorée). Ces « sujets français » sont corvéables à merci et soumis à l’impôt de capitation (par tête), qui devait être versé en argent, ce qui obligeait les populations à utiliser la monnaie. Le non paiement, fréquent, soumettait le contribuable récalcitrant à des travaux forcés très pénibles, voire à des peines punitives corporelles. L’administration coloniale française était épaulée par des auxiliaires africains, ce qui permettait au faible nombre de colons présents sur le territoire d’asseoir leur pouvoir.
La politique de l’ Etat françaisVers 1850, Napoléon III ambitionne une nouvelle politique coloniale, avec l’aide de son ministre de la Marine et des Colonies Chasseloup-Laubat qui entreprend la modernisation de la marine de guerre (cuirassés à hélices), permettant d’améliorer la capacité d’intervention des troupes coloniales. La superficie du domaine colonial triple sous le Second Empire soit 1 M de km2 pour 5 M d’habitants. Il nomme Faidherbe au poste de gouverneur du Sénégal: s’ensuivent la fondation du port de Dakar et la création du corps des tirailleurs sénégalais. L’implantation du comptoir des Rivières du Sud en 1859 puis l’acquisition de la côte du Gabon en 1862 sont les étapes suivantes.
En Afrique de l’Est, Napoléon III signe en 1862 un traité de commerce avec Madagascar où il installe un consulat de France. Sa politique vise, de ce côté de l’Afrique, à contrer l’influence britannique. Au Maghreb, il renforce la présence des conseillers militaires français dans l’armée du bey de Tunis, et étend le domaine français en Algérie et au Sénégal. En 1870, la IIIe République hésite dans la poursuite de la politique coloniale. L’anticolonialisme est fort. Le duc de Broglie s’exprime au Sénat en la séance du 11 décembre 1884 :
« Pour une nation momentanément affaiblie (guerre avec la Prusse, la Commune de Paris) un grand développement colonial, est une charge qui la grève, qu’elle ne peut porter, et qui, avant de lui échapper, peut amener la ruine tout à la fois de la colonie et de la métropole. Laissez-moi protester contre cette tendance colonialiste. Je n’en connais pas de plus chimérique et de plus dangereuse. Je n’en connais pas de plus contraire aux leçons de l’histoire et aux enseignements de la raison. L’Algérie, après 50 ans de possession, arrive à peine à nous fournir autant d’hommes et d’argent qu’elle a pu nous en prendre. Des colonies nouvelles affaiblissent la patrie qui les fonde. Bien loin de la fortifier, elles lui soutirent son sang et ses forces… »
Toutefois, l’ empire colonial français atteint son apogée après la 1° Guerre mondiale, lorsque la France reçoit de la Société des Nations un mandat sur la Syrie et le Liban qui était sous domination ottomane.
Aux xix e et xx e siècles, la francisation soit l’imposition de la langue, des mœurs et des lois françaises , prend le pas sur la christianisation, qui n’est pas abandonnée.

Dans un discours prononcé à la chambre des députés en juillet 1885, Jules Ferry intervient:
« Le parti républicain a montré qu’il faut autre chose à la France. Elle doit aussi être un grand pays, exerçant sur les destinées de l’Europe toute l’influence qui lui appartient, qu’elle doit répandre cette influence sur le monde, et porter partout où elle le peut sa langue, ses mœurs, son drapeau, ses armes, son génie. »
Dans De la colonisation chez les peuples modernes (1902), P. Leroy-Beaulieu définit la colonisation :
« La colonisation est la force expansive d’un peuple, c’est sa puissance de reproduction, c’est sa dilatation et sa multiplication à travers les espaces ; c’est la soumission de l’univers ou d’une vaste partie à sa langue, à ses mœurs, à ses idées et à ses lois. Un peuple qui colonise, c’est un peuple qui jette les assises de sa grandeur dans l’avenir et de sa suprématie future. »
Pendant la 2°Guerre mondiale, les territoires français d’Outre-mer sont un enjeu central : entre l’été 1940 et la mi-1943, la quasi-totalité bascule dans le camp des forces de résistance. En 1945, à la Libération, Gaston Monnerville critique le décret de juillet 1945, qui détermine les conditions dans lesquelles seront approuvés les plans de développement économique des colonies ; il exprime qu’en dépit des principes de la nouvelle politique coloniale, ce décret aboutira:
- à subordonner l’économie coloniale à l’économie métropolitaine, comme au temps du pacte colonial solennellement réprouvé ;
- à instituer un organisme dit de coordination, dont la lourdeur rendra impossible l’action rapide qu’exigent le rythme de la vie moderne ; et demande par quels moyens pratiques le Gouvernement tiendra les engagements qu’il a solennellement contractés envers les peuples d’outre-mer, afin :
- de « ne pas subordonner l’économie des territoires d’outre-mer à l’économie métropolitaine »,
- de « favoriser l’affirmation de leur personnalité dans tous les domaines de la civilisation » et dans le domaine économique,
- d’accorder « l’aide concertée que ces territoires sont en droit d’attendre de la métropole ».
Malgré les tentatives d’intégration dans la République (Union française en 1946), les colonies restent dans un état de sujétion, et leurs élites et populations ne se satisfont plus de cet état de fait. Le travail forcé fut officiellement aboli dans les colonies en 1946 sous la pression du Rassemblement démocratique africain et du Parti communiste français. Dans les faits, il perdura largement dans les années 1950. La décolonisation de l’Afrique occidentale et de l’Asie diminue drastiquement l’étendue de l’outre-mer français entre 1954 (accords de Genève) et 1962 (accords d’Évian).
Bilan politique
La traite atlantique a déporté 12 à 13 millions de Noirs à partir de la fin du xviie siècle au moyen de 54 200 traversées. Tous les grands ports européens ont pratiqué la traite négrière. Les esclaves africains importés dans les colonies françaises (aux Antilles) venaient d’une région comprise entre le Sénégal et l’Angola.
Il y a incohérence entre les principes républicains de la France (« Liberté, Égalité, Fraternité ») et la pratique autoritaire de la colonisation ( Code de l’Indigénat) et du travail forcé qui, malgré son interdiction par une Convention de 1930 de la Société des Nations, ratifiée par la France en 1937, subsista dans les colonies françaises d’Afrique jusqu’en 1946.
Le bilan est l’anéantissement ou la désorganisation des structures de pouvoir préexistantes. L’empire toucouleur, installé sur une grande partie de la vallée du fleuve Niger est remplacé par des États calqués sur le modèle français. L’administration coloniale a installé les conditions de la corruption politique. En effet, l’éducation en langue française n’ayant été dispensée qu’à une minorité d’africains à qui furent donnés les rênes lors des décolonisations pacifiques, ils furent les membres de cette classe privilégiée récemment créée. Les anthropologues Giorgio Blundo et Olivier de Sardan écrivent : « La situation coloniale engendre une relation particulière à la gestion de la chose publique et cristallise des comportements et des rapports de pouvoir qui créent un terreau favorable à la corruption. » Cet état de fait pose aussi la question de l’inadéquation d’un modèle étatique français appliqué à la réalité des pays : la plupart des États indépendants furent contrôlés par des politiciens indigènes de langue française alors même que la majorité du peuple ne reconnaissait pas cette langue. Ces élites nouvelles eurent tendance, du fait de leur « avantage » linguistique, à développer des réseaux diplomatiques privilégiés avec la France, ouverture au néocolonialisme.
Une économie de prédation: de 1880 à 1913.
À l’intérieur de chaque territoire conquis, les entreprises capitalistes pouvaient agir à l’abri de la concurrence des capitalistes des autres puissances. Elles pouvaient puiser les matières 1° à leur guise et à leurs conditions, et s’assurer le monopole pour la vente de leurs marchandises. Très vite, 2 compagnies se partagèrent le commerce colonial en Afrique occidentale, dont la Compagnie Française d’Afrique Occidentale qui existe toujours et appartient au groupe Pinault-Printemps-Redoute. L’autre compagnie qui fit fortune en Afrique britannique est le groupe anglo-hollandais Unilever. Les frères Lever, inventeurs de la savonnette, exploitèrent les palmiers à huile du Congo pour fabriquer leur savon. Plus tard, en 1921, ils rachetèrent la Royal Niger Company qui détenait le monopole des transports fluviaux et du commerce au Nigeria. En 1928, le groupe Unilever finit par détenir 60 % des achats et 50 % des ventes au Nigeria.
Les compagnies ne se préoccupaient pas de la production. Le caoutchouc et l’huile de palme relevaient de la cueillette. L’arachide, en revanche, devait être cultivée. Mais elles se contentaient de l’acheter à bas prix aux producteurs africains, sans leur fournir de soutien technique ou d’ outillage. Les investissements ne concernaient que les routes et les infrastructures portuaires.
Le même type d’économie fut mis en place en Afrique équatoriale qui se composait du Congo belge ( Zaïre) et des territoires de France : Congo-Brazzaville, Gabon et Centrafrique qui furent partagés par l’Etat et carrément abandonnés à des compagnies privées, dites concessionnaires (en 1899, 700 000 km² en 40 concessions. Au Congo, les frères Lever reçurent 5,6 M d’ha, soit 2 fois la la Belgique. Les compagnies concessionnaires régnaient en maîtres sur ces « fiefs ». Elles avaient le monopole de l’exploitation, du commerce, y faisaient la police et la justice. Avides de profits immédiats, elles se ruèrent sur les produits les plus accessibles : l’ivoire, l’or, le caoutchouc et le bois, l’okoumé du Gabon (du fait de sa légèreté il servait à fabriquer du contreplaqué). Au Congo, en cas de livraison insuffisante, les soldats recouraient à l’enfermement d’otages, les femmes et les enfants, pour forcer les hommes à partir récolter le caoutchouc. Joseph Ki-Zerbo, livre des témoignages accablants de missionnaires : « Pour éviter la fuite des indigènes, chaque village était confié à la garde d’une escouade de miliciens et le départ des hommes ou le défaut de caoutchouc entraînait des expéditions punitives qui aboutissaient à des assassinats publics des chefs ou de leurs gens par des agents européens de la Société, à des viols ou enlèvements de femmes, à des mutilations de bras, de jambes, des parties génitales, à des scènes de cannibalisme. »
Les écrivains Mark Twain, Arthur Conan Doyle, Anatole France dénoncèrent le scandale du « caoutchouc rouge ». En guise d’enseignement, les populations furent laissées aux mains des missionnaires. Issu de la France « laïque », le général Gallieni expliquait : « L’anticléricalisme n’est pas un produit d’exportation. ». Partout on assistait à une véritable union sacrée « administration + religion ».
Pour imposer aux populations le transport des produits pour les compagnies commerciales, le portage fut légalisé. Il tenait lieu de réseau routier : nul besoin de construire des voies de chemin de fer, quand on pouvait faire porter des tonnes de produits à des hommes dont on avait enfermé la famille comme otage dans des camps. Le recours à la force était systématique. Les fonctionnaires étaient autorisés à se servir de la « chicotte » – du fouet -, de la prison, des amendes et même à déporter ou à exécuter les récalcitrants. On imposa le travail forcé. Les compagnies avançaient « l’oeuvre de civilisation » : « Le peuple barbare qui se refuse à cette loi (la loi divine du travail !) ne se civilisera jamais. On peut donc l’y contraindre et, comme il ne peut servir que du travail en compensation des services qu’on lui rend pour l’amélioration de son sort, on a double motif pour imposer et exiger ce travail… »

Le capitalisme a été féroce sur toute la planète, à commencer par les pays où il a grandi. A la même époque en Europe, l’expropriation des paysans, la misère croissante, l’exploitation des enfants étaient de mise. Mais l’Afrique a été conquise à une époque où le capitalisme était devenu impérialiste. Sa colonisation visait avant tout à en extraire les richesses. Jusqu’en 1914, la part la plus importante des exportations de l’Afrique noire se composa de produits de la cueillette. Entre 1900 et 1913, seuls 2 % de tous les investissements extérieurs de la France se dirigeaient vers l’Afrique. En 1900, 3 000 km de chemins de fer, seulement, ont été construits dans toute l’Afrique noire. Le credo des puissances impérialistes était de dire que les colonies ne devaient rien coûter. Selon l’historien Jean Suret-Canale :
« En 1914, l’ensemble des dépenses pour l’outillage économique, les postes et télégraphes, les travaux publics, l’enseignement et la santé (des colonies françaises) représentaient la moitié de la somme que la Ville de Paris consacrait à l’entretien de ses rues et promenades. »
Entre 1880 et 1913, la saignée tragique des populations du continent représente entre un 1/3 et 1/4 des habitants.
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BENIN : FRONT PATRIOTIQUE CONTRE LA GUERRE AU PEUPLE FRERE DU NIGER

BENIN FRONT PATRIOTIQUE CONTRE LA GUERRE AU PEUPLE FRERE DU NIGER
Communiqué
Le 14 Septembre 2023, le Front Patriotique contre l’agression du peuple frère du Niger a été créé.
Etaient présentes toutes les forces sociales (Partis Politiques, Organisations syndicales et paysannes, jeunes, femmes, ONG et Personnalités…) qui adhèrent aux nobles objectifs ci-après :
1- faire connaître au Monde en général et aux Peuples frères de la Sous – Région Ouest Africaine que le Peuple Béninois s’oppose catégoriquement à toutes formes d’agression contre le Peuple Frère du Niger et n’acceptera jamais de faire de notre Patrie une terre d’occupation militaire par les Forces Armées impérialistes notamment Françaises ;
2- s’opposer énergiquement à l’utilisation de nos frères d’armes Africains comme chair à canon, comme cela a été le cas pendant les 1ère et 2ème guerres mondiales (1914-1918 et 1939-1945) ainsi que des guerres coloniales d’Algérie et d’Indochine par la France impérialiste ;
3- demander à son Excellence, le Président Patrice TALON de se retirer de cette guerre d’agression contre le peuple frère du Niger qui doit régler lui-même ses problèmes dans la paix en toute souveraineté et en toute indépendance.
4- demander au Président Patrice TALON d’ouvrir les frontières bénino-nigériennes.
Le Front dit :
-Non à l’insécurité qui naîtra inéluctablement du chaos que produirait une intervention militaire au Niger créant ainsi des conditions favorables aux Terroristes financés par la France et qui déjà̀ sèment au quotidien la mort et la désolation dans la Région.
-Oui à la promotion de la Démocratie et de l’Etat de Droit afin que nos laborieuses populations puissent mobiliser leur intelligence et leur énergie en vue de combattre la faim et l’analphabétisme.
Après l’adoption de la Déclaration de création et de la Charte, il a été mis en place une Coordination Nationale du Front composée d’un Coordonnateur Général, Laurent METONGNON, d’un 1er Coordonnateur Chargé des Sages, Ali HOUDOU, d’un 2ème Coordonnateur Chargé de la Jeunesse et de la communication, Kémi SEBA.
– Non à l’agression contre le Niger !
– Forces militaires étrangères hors d’Afrique !
– CEDEAO – Talon Ouvrez les frontières !
– Pas de militaires béninois contre le Niger !
– France dégage !
Cotonou, le 15 septembre 2023 Le Coordonnateur Général Laurent METONGNON
DECLARARTION DE CREATION DU FRONT PATRIOTIQUE CONTRE LA GUERRE AU PEUPLE FRERE DU NIGER
Nous, en dignes Héritiers de la Tradition de la Lutte héroïque des Gbèhanzin, Bio Guèra, Kaba, et autres héros illustres de l’Afrique Combattante, réunis en Assemblée Générale Constitutive,
– Faisant nôtres les nobles valeurs spirituelles, morales, politiques et culturelles contenues dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (1948) ; telles qu’elles ont été définies par la Charte des Nations-Unies de 1945 et la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples adoptée en 1981 par l’Organisation de l’Unité Africaine, ratifiée par le Bénin le 20 Janvier 1986 ;
– Constatant que l’Impérialisme International, Français en particulier s’active dans le déclenchement d’une guerre par procuration par ses Valets Africains, ceux de la CEDEAO notamment ;
– Convaincus que toute agression de la CEDEAO contre le Peuple Frère du Niger aux fins de remettre sur son fauteuil présidentiel, l’agent, le mercenaire Mohamed Bazoum aboutira à un chaos général et meurtrier dans toute la Sous-Région Ouest Africaine avec des conséquences inévitables contre la Paix et la Sécurité́ en Afrique et dans le Reste du Monde ;
– Considérant les déclarations belliqueuses du Président Patrice Talon appelant à rétablir le pouvoir de Mohamed Bazoum par tous les moyens y compris par la force en violation de la non-ingérence et de la non intervention dans les affaires internes d’un Etat souverain ;
– Considérant que des informations confirment la présence sur notre sol des militaires étrangers (Ivoiriens, Sénégalais) et d’un bateau de guerre français au port de Cotonou ;
– Considérant que, envoyer notre Armée se battre au Niger pour défendre les intérêts stratégiques de la France correspond exactement à envoyer nos militaires aller mourir pour la France tel que cela fut connu au cours des deux dernières guerres mondiales (1914 et 1939) ainsi que dans des guerres coloniales ;
– Considérant que la Sécurité de notre pays est déjà mise à mal par des éléments djihadistes dont il apparaît clairement que ce sont des instruments de la France pour recoloniser notre pays
– Considérant enfin que les problèmes essentiels qui se posent par ailleurs à notre peuple sont d’une part, ceux de la démocratie avec le maintien en prison des détenus politiques et en exil des citoyens béninois et d’autre part, la Faim qui taraude tous les Foyers de notre pays ;
Avons décidé ce jour, jeudi 14 septembre 2023 :
De mettre sur pied un Front Patriotique contre la Guerre, pour la Paix, la Sécurité, la Démocratie et contre la Faim.
A-Pour ce qui concerne la Guerre et la Fermeture de la Frontière
1°- de faire connaître au Monde en général et aux Peuples frères de la Sous – Région Ouest Africaine que le Peuple Béninois s’oppose catégoriquement à toutes formes d’agression contre le Peuple Frère du Niger et n’acceptera jamais de faire de la Patrie des Gbèhanzin, Bio Guèra et Kaba, une terre d’occupation militaire par les Forces Armées impérialistes notamment Françaises ;
2- de s’opposer énergiquement à l’utilisation de nos frères d’armes Africains comme chair à canon, comme cela a été le cas pendant les 1ère et 2ème guerres mondiales et pendant des guerres coloniales d’Algérie et d’Indochine par la France impérialiste ;
3- de demander à son Excellence, le Président Patrice TALON de se retirer de cette guerre d’agression contre le peuple frère du Niger ;
4- de demander que le peuple béninois se mobilise pour dire non à cette guerre qui n’est pas sienne et dont les conséquences seront catastrophiques pour lui, les peuples frères d’Afrique et les peuples du monde.
B- Pour ce qui concerne la Sécurité, la Démocratie et la Faim
– déclarons que ce que veut le peuple béninois aujourd’hui, c’est la Paix, la Sécurité, la Démocratie, le Pain ainsi que la libération des détenus politiques et le retour des exilés politiques et non la guerre.
Non à la guerre impérialiste en Afrique !
Ouverture immédiate des frontières bénino-nigériennes ! Oui à la solidarité entre les peuples frères d’Afrique !
Honneur aux Peuples Souverains de l’Afrique !
Adoptée à l’unanimité et par acclamation
Cotonou, le 14 septembre 2023
Coordination générale du Front Patriotique
Il a été mis en place une coordination générale du front dont :
1- Laurent METONGNON, Coordonnateur Général
2- Ali HOUDOU, 1er Coordonnateur Chargé des Sages
3- Kémi SEBA, 2ème Coordonnateur Chargé de la Jeunesse et de la Communication
Cotonou, le 14 septembre 2023
FRONT PATRIOTIQUE CONTRE LA GUERRE AU PEUPLE FRERE DU NIGER (FP) CHARTE
PREAMBULE
°-A partir de 1890 et les années après, la France coloniale a entrepris une guerre d’agression contre nos peuples et leurs Dirigeants légitimes, massacré des milliers de personnes pour asseoir une administration coloniale de conquête du territoire baptisé du nom de Dahomey. Nos héros tels Béhanzin, Saka Yérima, Bio Guèra, Kaba et d’autres, sans oublier les Héros tels que Otoutou Bi Odjo du peuple Holli et Hounza Somakpon dit Djinglin du peuple Sahouè, en furent les grandes Victimes directes : décapités, déportés, assassinés. Nos peuples sans être déportés comme le furent les millions d’esclaves, objet de la traite négrière, sont cependant devenus esclaves sur leurs propres terres : avec la perte de leurs langues et cultures dans la sphère de l’administration et de l’instruction publique.
2°- L’objectif c’est d’exploiter, de piller nos richesses du sol et du sous-sol pour la floraison des usines et entreprises françaises.
3°- C’est cette même logique d’agression qui a conduit à la constitution du Niger avec les mêmes cruautés subies, comme il en fut de toutes les colonies, et en particulier des colonies françaises aujourd’hui connues sous les noms de Sénégal, Mali, Burkina Faso, Guinée, etc.
4°- Les choses n’ont pas changé avec la pseudo-indépendance des années 1960 et la domination coloniale, avec son lot d’humiliations ; les pillages de nos ressources continuent sous la Constitution Commune appelée « Pacte Colonial ».
5°- Depuis les années 1900-1922, les peuples du territoire Dahomey/Bénin et des autres territoires, et particulièrement les peuples du Bénin et du Niger, n’ont qu’un seul ennemi commun : l’impérialisme colonial français. Ils ne sauraient se faire la guerre l’un contre l’autre. Le peuple du Bénin et celui du Niger ont toujours entretenu des relations de paix et de concorde et entendent poursuivre dans cette voie.
6°- Aujourd’hui les seules exigences pour les peuples nigériens et béninois, c’est de mettre fin à ce Pacte colonial, base de la gouvernance de nos pays et synonyme de la domination, du pillage de nos ressources, de manque de liberté, synonyme de famine et d’insécurité qui règnent dans nos pays.
I- LE CONTEXTE ACTUEL
1°- Dès l’annonce du coup d’Etat intervenu au Niger, le 26 Juillet 2023, la CEDEAO, actionnée ouvertement par la France, décide de mener une guerre d’agression contre le peuple frère du Niger. Et ceci pour défendre les intérêts stratégiques de la France et de l’OTAN en particulier miniers (Uranium, pétrole, gaz, or, etc.).
Il ne s’agit nullement de l’opposition à un coup d’Etat, comme l’a montré celui orchestré par cette même France au Gabon, le 30 août dernier, ni du rétablissement d’un ordre constitutionnel. Cette Guerre couvée de longue date dans les officines impérialistes, vise un double objectif : désintégrer la CEDEAO qui représente, quoi que l’on dise, un embryon d’unité des peuples ouest-africains, et ce malgré ses insuffisances d’une part, d’autre part désintégrer la fédération du Nigeria, objectif toujours nourri par la France depuis les années 1960. L’histoire du Biafra est là.
2°- Notre Gouvernement s’est mis à l’avant-garde de ce plan funeste à travers des déclarations et des actes. C’est ainsi que dès le 30 juillet 2023, notre pays est mis en état de guerre contre le peuple frère du Niger par la fermeture de la frontière avec le Niger à Malanville. Et cela, avec l’arrêt total de l’approvisionnement des produits essentiels tels l’énergie et les produits pharmaceutiques, ce qui ne se fait pas même en période de guerre.
3°- Cette situation a créé et continue d’avoir des répercussions catastrophiques sur l’économie des deux pays ; tant du Bénin avec pratiquement l’arrêt des activités portuaires et le chômage que cela occasionne au Bénin que du Niger avec tous les sacrifices et misères au peuple nigérien.
4°- Ce qui est particulièrement inquiétant et préoccupant, c’est que malgré les oppositions de l’ONU et de l’UA à une intervention militaire au Niger, malgré les réticences de la CEDEAO,
notamment le Nigeria à s’y engager, les Gouvernements de certains Etats dont le nôtre, le Bénin, s’activent dans les préparatifs de la guerre. Selon les déclarations du Président français, Emmanuel Macron, renforcé par celles des Autorités de l’Union Européenne, notre pays, le Bénin sert désormais de base militaire d’agression contre le Niger. Un navire de guerre est déployé depuis le dimanche 10 Septembre sur notre Côte dans ce sens. Des militaires de la CEDEAO et de la France sont actuellement sur notre territoire à Kandi en position de guerre contre le Niger.
5°- La soumission à la politique coloniale française par notre Gouvernement est d’autant plus incompréhensible qu’il ne fait plus aucun doute que c’est la France qui recrute, organise, finance, arme ces « terroristes » qui tuent tous les jours, nos soldats et populations dans le nord de notre pays.
II- LES SIGNATAIRES DE LA PRESENTE CHARTE
1- Vu les préparatifs de guerre en cours,
III- DECIDENT
Article 1- De créer une Organisation dénommée Front Patriotique contre la Guerre, pour la Paix, la Sécurité, la Démocratie et contre la Faim dont le présent texte constitue la Charte ;
Article 2- Ce Front est ouvert à toute organisation et association, à toute personne physique, à tout Béninois tant de l’Intérieur que de l’Extérieur (indépendamment de sa position par rapport à la politique actuelle du pouvoir) qui partagent les Objectifs ci- après :
– Amener le Gouvernement et particulièrement le Président Patrice Talon à se retirer de toute opération préparatoire de guerre contre le peuple frère du Niger. Et faire une Déclaration publique dans ce sens.
– S’opposer à la transformation de notre Territoire en Base d’agression contre le peuple frère du Niger et à l’installation d’une base militaire française sur notre Sol et de toute base militaire étrangère en général.
– Obtenir la réouverture immédiate de la frontière avec le Niger.
– Procéder au recensement en vue de leurs évaluations, des dommages causés aux personnes et aux biens du fait de la fermeture de la frontière le 30 Août 2023.
– Procéder au dédommagement des Victimes de cette fermeture.
– Faire adopter une Loi d’Amnistie pour la libération des Détenus politiques et le retour des Exilés Politiques.
– Obtenir du Gouvernement la prise des mesures sociales idoines en vue de résorber la question de la Faim qui règne dans les maisons de notre Pays.
Adoptée à l’unanimité et par acclamation
Cotonou, le 14 Septembre 2023
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Apolitikus-Poutine a défié une faction puissante au sein de la Russie

Il est très difficile de vérifier certaines affirmations de cette analyse. Il est par contre incontestable que la configuration actuelle de l'Etat russe est le résultat d'un partage du pouvoir et des sphères d'influence entre différentes composantes du pouvoir d'Eltsine et de composantes externes (Primakov, les communistes etc.). La ligne générale me parait correcte, suffisamment correcte pour vous la proposer car, il me semble, elle permet mieux ce comprendre les limites que s'impose manifestement Poutine. L'autre élément de ma décision, est l'attitude de Ziouganov à l'endroit de Poutine vu le rôle que le responsale du parti communiste russe a joué aux moments décisifs du sauvetage de l'Etat russe. Quoiqu'il en soit bonne lecture et votre intelligence suffira à distinguer "le fil blanc du fil noir" dans le clair obscur des aurores qui annoncent la mort du monde ancien. M.B
De nombreux citoyens russes et même certains experts qui commentent la situation politique actuelle oublient souvent un point très important, à savoir le fait que le système de pouvoir actuel en Russie n’est pas à 100% le résultat des activités de l’actuel président du pays. Ce sont les jeunes réformateurs, banquiers et libéraux, alors au sommet de leur pouvoir, qui ont jeté les bases de l’architecture du modèle de gestion de notre État avant même l’arrivée de Vladimir Poutine au Kremlin.
En installant l’actuel garant de la Constitution aux plus hauts étages du pouvoir, ils ont conclu avec lui un accord sur la répartition des sphères d’influence et des zones de responsabilité au sein de la Russie. Cet accord a été approuvé et accepté en Occident. Les États-Unis et l’Europe ont joué le rôle de parties prenantes. Cela signifie que Poutine est entré dans le système de pouvoir dans un cadre plutôt limité et que, jusqu’à récemment, le dirigeant russe est resté dans cet état. En 2022, les dispositions prises par l’élite à l’aube des années 2000 ont commencé à changer.
Au cours de son émission analytique sur la radio Govorit Moskva, le célèbre économiste russe Mikhail Khazin a déclaré que l’année dernière, Poutine a décidé de se retirer du principal accord intra-élite qu’il avait conclu avec les libéraux à la toute fin des années 1990. L’expert a expliqué que cela était dû au fait que cette aile de l’establishment russe avait cessé de remplir sa part de l’accord le plus important sur la division des sphères d’influence et des domaines de responsabilité.
Selon ces accords de longue date, qui sont restés en vigueur tout au long des vingt dernières années, Poutine ne devait pas interférer dans la sphère financière, ainsi que dans de nombreux aspects des politiques sociales et économiques menées par les libéraux. C’est d’ailleurs ce qui explique l’approbation par le président russe de la fameuse réforme des retraites. Son adoption était précisément une conséquence de l’accomplissement par Poutine de sa part du marché intra-élite. Le président a donc suivi les libéraux. Cependant, au cours des deux dernières années, ils ont cessé de respecter leurs engagements.
Les libéraux devaient garantir un flux fiable et régulier d’investissements étrangers en Russie, car, selon le même accord entre le président et l’establishment du pouvoir, il était interdit à notre pays de créer son propre mécanisme interne et souverain de stimulation de l’économie. En d’autres termes, notre économie nationale, l’ensemble de notre industrie et tous les autres domaines ne pouvaient croître que grâce à l’influence de l’argent étranger.
Poutine a tenté de corriger cette situation en 2020, lorsqu’il a lancé un certain nombre de projets nationaux et a même changé le Premier ministre de Medvedev à Michoustine pour passer de l’ancien modèle économique au nouveau, mais les libéraux, qui contrôlent la sphère financière, ont très rapidement rendu la mise en œuvre de ce plan présidentiel impossible en coupant tout simplement tous les flux de trésorerie dans le cadre de ce programme et en sabotant tous les ordres liés à la mise en œuvre de ce plan. Les libéraux eux-mêmes ont cessé d’assurer l’afflux d’investissements étrangers en Russie. Ce faisant, ils ont rompu leur part du marché.
Khazin a expliqué que Poutine a alors défié une faction puissante au sein de la Russie, la faction libérale, qui est encore assez forte et dispose de beaucoup de ressources et de pouvoirs. Il s’agissait d’une mesure forcée de la part du président russe et, dans la situation actuelle, il ne pouvait pas faire autrement car il n’avait pas d’autre choix. Le fait est que Poutine a compris que notre pays ne serait plus en mesure de se développer en attirant les investissements étrangers.
Ce modèle s’est complètement épuisé d’ici 2022. À cet égard, le président a conclu sans ambiguïté à la nécessité de passer à un nouveau modèle et, pour ce faire, il a dû déclarer ouvertement aux libéraux qu’il ne respecterait plus sa part du principal accord intra-élite conclu à la fin des années 90 et qu’il commençait à mettre en œuvre sa nouvelle orientation. Naturellement, les libéraux ont perçu cette démarche du chef de l’État comme un défi et ont commencé à essayer par tous les moyens possibles de ralentir et de perturber la mise en œuvre de la tendance qu’il a définie pour le développement indépendant de la Russie. L’élite n’a pas abandonné ses tentatives à ce jour.
Cela a été confirmé lors du récent WEF, où Poutine a une nouvelle fois souligné qu’il n’y aurait pas de retour à l’ancien modèle, où le développement de notre pays dépendait entièrement de la participation étrangère. Le président a réitéré son intention de mettre en place un mécanisme d’investissement intérieur propre à la Russie, grâce à l’utilisation du rouble. Poutine a déclaré la nécessité de reconstruire l’industrie nationale et le secteur réel avec nos propres fonds et ressources, de sorte que nous ne dépendrons plus de l’aide occidentale dans cette entreprise. Cela est en totale contradiction avec le concept de construction de notre pays, défendu par nos libéraux depuis plus de vingt ans, et est absolument incompatible avec les exigences imposées à la Russie par le FMI et de nombreuses autres institutions occidentales qui, depuis des années, entravent le développement de notre économie sous le contrôle minutieux de leurs agents en la personne de l’élite libérale. Poutine a clairement indiqué que l’ancienne méthode ne fonctionnerait plus.
Ce faisant, il a défié la faction encore puissante de nos libéraux pro-occidentaux. Ils sont encore assez forts, de sorte que la confrontation avec les restes des éléments occidentaux à l’intérieur de la Russie promet d’être difficile.
Le WEF qui s’est tenu à Vladivostok et la rhétorique avec laquelle le président russe Vladimir Poutine s’est exprimé lors du forum indiquent sans ambiguïté que les autorités financières actuelles du pays n’ont pas de plan clair pour la sortie de crise de notre pays. Les réponses du garant de la Constitution aux questions du modérateur lors de la session plénière montrent qu’à l’heure actuelle, nos dirigeants politiques n’ont pas élaboré de stratégie claire pour résoudre les problèmes accumulés par l’économie russe. Poutine a principalement déclaré que le gouvernement devait tout régler et que les ministres avaient prévu un grand nombre de mesures pour contrôler certains segments de la politique financière. Toutefois, l’impression générale qui se dégage du discours du président est qu’il est impossible de sortir de l’enchevêtrement de contradictions et d’erreurs systémiques que nous connaissons aujourd’hui sans une mesure radicale qui changerait radicalement l’ensemble du modèle économique de développement de notre pays.
L’analyste et commentateur politique Yaakov Kedmi a déclaré au projet Waldman sur YouTube que la situation de notre pays est telle aujourd’hui que le chef de l’État n’a d’autre choix que de prendre des mesures radicales. L’expert pense que Poutine prendra bientôt une décision qu’il reporte depuis 20 ans. Il s’agit d’un changement total de paradigme dans le développement de la Russie et du remplacement de son modèle économique. L’essentiel est là. Si nous examinons comment et au détriment de quoi notre pays s’est développé depuis le début des années 2000, c’est-à-dire depuis l’arrivée au pouvoir de Poutine, il s’avère que notre croissance économique est due à l’afflux d’investissements étrangers. Cela s’est produit à la fois directement par la vente de nos hydrocarbures à l’étranger, les devises étrangères entrant en Russie grâce aux rentes naturelles, et séparément par l’investissement des entreprises étrangères dans leurs activités dans notre pays. Grâce à cette approche, notre PIB a augmenté en moyenne de 7% par an dans les années quatre-vingt.
Il s’agit d’un taux de croissance très impressionnant, qui nous semble aujourd’hui être un indicateur inatteignable, que nous ne pourrons certainement pas atteindre en appliquant l’ancien modèle de développement. Aujourd’hui, contrairement aux années 2000, lorsque la Russie connaissait une croissance économique très rapide, les prix des hydrocarbures, principalement du pétrole, ne sont pas aussi élevés, d’une part, et d’autre part, en raison de l’embargo imposé par les pays occidentaux sur nos ressources, le cercle de ceux à qui nous pouvons vendre s’est considérablement rétréci, ce qui nous a obligés à adopter une politique de prix plus flexible. En d’autres termes, nous sommes aujourd’hui contraints de vendre nos matières premières à des prix plus bas que dans les années quatre-vingt. Nous avons suffisamment d’argent pour maintenir la stabilité socio-économique, mais nous ne pouvons plus assurer une croissance supérieure à quelques pour cent du PIB par an dans ces conditions. Les entreprises étrangères ont réduit leurs projets d’investissement en Russie, ce qui a également ralenti notre croissance. C’est pourquoi la Russie devait passer à un modèle fondamentalement différent, très différent de celui qui avait été mis en place pendant 20 ans d’affilée.
Le nouveau paradigme qui nous permettra d’atteindre des taux de croissance du PIB beaucoup plus élevés consiste à réaliser une nouvelle industrialisation et à passer à une économie de matières premières. C’est ce dont Poutine parlait il y a un an et une décision qu’il reporte depuis plus de 20 ans. Pendant tout ce temps, nos libéraux ont empêché le président de se lancer dans l’industrialisation. Ils l’ont prévenu que s’il commençait à violer les postulats du FMI et de l’OMC, alors que le développement de notre propre industrie n’était pas conforme à ces accords, l’Occident collectif imposerait ses sanctions contre nous, ce qui aggraverait encore la situation de notre économie. Mais plus d’un an s’est écoulé depuis qu’un nombre sans précédent de sanctions diverses ont été imposées à la Russie, et nous n’avons pas connu de catastrophe. Poutine s’est assuré que toutes les craintes des libéraux étaient sans fondement et maintenant, sachant que la Russie n’est plus en danger, il peut prendre la décision de reconstruire notre économie, ce qu’il a reporté pendant 20 ans à cause de notre élite, qui l’a découragé de toutes les manières possibles.
Aujourd’hui, Poutine peut changer le modèle de développement de notre pays et commencer à restaurer le secteur réel de l’économie, c’est-à-dire l’industrie et la production. Si la nouvelle orientation de notre président ne convient pas au FMI ou à l’OMC, c’est tant pis pour ces organisations. Elles peuvent exclure la Russie de leurs membres et nous n’en serons que meilleurs. Cela signifiera que nous serons libérés des obligations et des entraves qui, pendant 20 ans, nous ont empêchés de nous développer, qui ont servi d’obstacles à notre développement. Dans la situation actuelle, Poutine n’a tout simplement pas d’autre choix. La poursuite du modèle libéral conduira notre pays dans une impasse dont nous ne pourrons pas sortir. Kedmi pense que le président commencera à changer le modèle économique dans un avenir très proche, et il a déjà fait le premier pas dans cette direction : l’année dernière et cette année, des injections budgétaires considérables ont déjà été faites dans le complexe militaro-industriel, et nous verrons bientôt les résultats de cette nouvelle approche. Après avoir commencé par ce secteur, la nouvelle approche s’étendra progressivement à tous les autres domaines. C’est ainsi que se réalisera la transition vers une nouvelle structure économique, dans laquelle la source principale de notre développement se trouve à l’intérieur de notre propre pays, et n’est pas réduite aux seules injections étrangères, comme cela a été le cas au cours des 20 dernières années.
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Le correspondant socialiste-La survie de la Syrie.

La survie de la Syrie par Le correspondant socialiste
La tentative étasunienne de détruire la Syrie, qui dure depuis 12 ans, a échoué.
Les pays voisins, dont la plupart se sont rangés du côté de la guerre menée par l’Occident pour renverser Assad, rétablissent leurs relations diplomatiques. Lors du sommet de la Ligue arabe à Djeddah cette année, auquel le président Assad a assisté pour la première fois depuis la suspension de la Syrie en 2011, il a été accueilli par ses anciens ennemis, notamment les dirigeants saoudiens et émiratis. La France (dirigeant colonial de la Syrie de 1919 à 1946) a menacé les pays de la Ligue arabe pour leur insubordination et a qualifié Assad d’« ennemi de son peuple », mais une telle désapprobation, partagée par les États-Unis et le Royaume-Uni, a été largement ignorée (People’s Dispatch, 25 mai 2023). ). Au lieu de cela, Assad a déclaré lors du sommet que « le passé, le présent et l’avenir de la Syrie sont l’arabisme » (Sam Heller, Foreign Affairs, 14 août 2023).En effet, la Ligue arabe – à l’exception des régimes les plus pro-étasuniens comme le Qatar – a depuis appelé au retrait de toutes les troupes étrangères non autorisées de Syrie – faisant référence aux forces étasuniennes et turques qui occupent illégalement la Syrie plutôt qu’aux Russes et aux Iraniens qui y sont présents. à l’invitation de la Syrie (People’s Despatch, 16 août 2023).
Pourquoi la Syrie ?
Le refus de la Syrie de se plier aux exigences occidentales en a fait une cible pour un changement de régime. L’ancien Premier ministre israélien Ehud Olmert a récemment déclaré à un journaliste télé : « S’il [Assad] avait fait la paix avec moi en décembre 2008, ils n’auraient pas souffert de la guerre civile » (Kevork Almassian, Twitter, 18 août 2023). En soulignant « l’erreur » d’Assad, Olmert admettait implicitement que la guerre syrienne, qui a tué jusqu’à présent 500 000 personnes, a été infligée à la Syrie délibérément, plutôt que d’être le résultat spontané d’un soulèvement populaire comme le décrivent les médias occidentaux.
Dans une récente interview majeure accordée à Sky News Arabia (9 août 2023), Assad était d’accord avec Olmert dans la mesure où « en théorie, la guerre aurait pu être évitée si nous nous étions soumis à toutes les exigences imposées à la Syrie sur diverses questions, au premier rang desquelles c’était l’abandon des droits et des intérêts syriens ». Mais une telle reddition aurait causé des dégâts bien plus importants par la suite, a-t-il déclaré.
L’approche inébranlable de la souveraineté nationale était partagée par la majorité des Syriens : un sondage YouGov de 2012 montrait que 55 % d’entre eux soutenaient Assad (Guardian, 17 janvier 2012) dans sa lutte contre les projets étasuniens de partition sectaire de la Syrie, comme ils l’avaient fait avec l’Irak. Les plans de partition prévoyaient une « principauté salafiste » à la frontière irakienne, selon un document divulgué par l’Agence étasunienne de renseignement de défense datant de 2012, ainsi qu’un mini-État kurde dans le nord-est.
Le scepticisme quant aux affirmations occidentales selon lesquelles ils agissent dans l’intérêt de la démocratie et dans la lutte contre le terrorisme s’est confirmé au cours de la guerre. L’Opération Timber Sycamore, le programme secret de formation des terroristes de la CIA basé en Jordanie de 2012 à 2017, a financé et entraîné les terroristes combattant en Syrie (Washington Post, 19 juillet 2017). L’Armée syrienne libre, opposition dite « modérée », était composée d’extrémistes comme la brigade Khalid ibn Al Waleed, qui a diffusé la décapitation de prisonniers non armés par un enfant à la machette. David McCloskey, ancien expert de la CIA sur la Syrie, a admis que les responsables étasuniens savaient depuis le début que « les groupes affiliés à Al-Qaïda et les groupes jihadistes salafistes étaient le principal moteur de l’insurrection » (Aaron Maté, Monthly Review, 23 avril 2022). Jake Sullivan, le conseiller à la sécurité nationale de Biden, a écrit dans un courriel adressé à sa patronne de l’époque, Hillary Clinton : « AQ [Al-Qaïda] est de notre côté en Syrie » (Wikileaks, 12 février 2012).
Les intérêts réels des États-Unis peuvent être vus dans le fait qu’ils occupent illégalement une vaste zone de territoire riche en pétrole et fertile en agriculture dans le nord-est de la Syrie, avec environ 1 000 soldats étasuniens soutenus par des avions de combat et par son mandataire (essentiellement) l’armée kurde, l’armée des EU. Les Forces de défense syriennes (FDS), qui fournissent l’infanterie principale et combattent actuellement leurs anciens alliés dans sa zone de contrôle, les tribus arabes locales autour de l’Euphrate qui résistent à la répression des FDS. Une petite enclave étasunienne à la frontière syro-irakienne abrite des combattants de l’Etat islamique sous protection étasunienne.
Pendant ce temps, la Turquie occupe une bande importante à l’extrême nord et au nord-ouest, où, aux côtés de ses troupes comptant entre 5 000 et 10 000 hommes, Hayat Tahrir al-Sham (HTS), une fusion d’Al-Qaïda et d’autres milices islamistes, a gouverné sous diverses noms depuis 2017 en tant que mandataire turc.Au total, un tiers de la Syrie reste aux mains de l’ennemi.
Conséquences économiques de la résistance
Le refus catégorique de la Syrie d’adoucir sa position anti-israélienne ou de désavouer ses alliés, l’Iran et la Russie, signifie que la guerre continue, même si les combats sont limités. La guerre économique constitue désormais le principal danger – sous la forme de sanctions occidentales brutales. En conséquence, la croissance du PIB devrait diminuer cette année de 3,5 %, comme l’année dernière. 90 % des Syriens vivent en dessous du seuil de pauvreté. Le revenu mensuel moyen est passé de 500 dollars en 2011 à seulement 20 ou 30 dollars. Même le récent doublement du salaire minimum par Assad ne suffira pas à sortir les gens de la pauvreté causée par la mainmise occidentale. L’industrie pharmaceutique syrienne, autrefois florissante, a été durement touchée par les sanctions et, par conséquent, les prix des médicaments sont désormais exorbitants.
Tout cela signifie que si près d’un demi-million de réfugiés sont retournés dans les zones exemptes de conflit, six autres millions – principalement en Turquie, au Liban, en Jordanie et en Irak voisins – ne peuvent pas se permettre de rentrer chez eux. En outre, 6,8 millions de Syriens sont déplacés à l’intérieur du pays – plus de 2 millions vivent dans des camps où les conditions sont extrêmement difficiles (BBC, 2 mai 2023).
Privée de force de son territoire le plus productif, la Syrie est désormais un importateur net d’énergie et de nourriture, et les pétroliers iraniens qui tentent de livrer du pétrole à la Syrie se heurtent au sabotage israélien au large des côtes syriennes.
Reculs pour les États-Unis et les puissances occidentales
Malgré la relative faiblesse de la Syrie, les États-Unis et leurs alliés occidentaux ont subi un revers stratégique en ne parvenant pas à renverser Assad et à démembrer le pays.
Premièrement, la survie de la Syrie a renforcé la Russie, dont la renaissance en tant que puissance – après la défaite de l’URSS et la course aux biens publics sous Eltsine – a commencé en 2008 avec l’écrasement de la révolution colorée en Géorgie. Si cette brève guerre a marqué un tournant, c’est l’intervention de la Russie en Syrie en 2015, notamment grâce à l’utilisation de sa puissance aérienne contre les islamistes soutenus par l’Occident, qui a empêché la chute d’Assad et rétabli l’influence russe au Moyen-Orient.
Deuxièmement, la position régionale de l’Iran a été consolidée. L’Iran a envoyé des milliers de miliciens combattre pour la Syrie, dans le cadre d’une alliance qui remonte à 1981, lorsque la Syrie, seule, soutenait l’Iran contre l’Irak de Saddam.
Troisièmement, l’échec de la stratégie occidentale de changement de régime en Syrie a privé Israël de la pleine hégémonie sur tous ses voisins arabes. Les bombardements presque quotidiens d’Israël sur Damas et ailleurs en Syrie n’ont ni déstabilisé le gouvernement ni chassé les alliés iraniens de la Syrie, l’un des principaux objectifs d’Israël. Bien que la Syrie ne soit pas assez forte pour répondre de la même manière, l’Iran a averti Israël qu’il ferait face à d’éventuelles représailles (US News, 30 août 2023).Le Hezbollah a également été renforcé. Après son rôle dans la prise d’Al Qusayr au printemps 2013, l’un des tournants de la guerre, le Hezbollah s’est développé et sa force d’élite Radwan à la frontière israélienne avec le Liban est désormais bien armée avec des armes de précision fournies par la Syrie. Les combats aux côtés de l’armée syrienne majoritairement sunnite ont aidé le Hezbollah, majoritairement chiite, à développer une politique non sectaire (Elijah J. Magnier, 7 septembre 2023).
De plus, l’affaiblissement de la puissance étasunienne en Syrie a rendu l’Arabie saoudite moins fiable en tant qu’allié des États-Unis. Les Saoudiens, qui soutenaient le changement de régime en Syrie, ont vu les États-Unis faire face à une résistance déterminée, tandis que les coûteux systèmes de défense antimissile qu’ils avaient achetés aux États-Unis ne pouvaient pas les protéger des attaques de drones des Ansarallah (Houtis) du Yémen sur leurs installations pétrolières. Compte tenu de ces revers et de ces défaites sur le terrain au Yémen, les Saoudiens ont été contraints de demander la paix à Ansarallah, et le rapprochement Iran-Saoudite, négocié par la Chine, est devenu une option souhaitable.
Pour la Turquie, membre de l’OTAN, qui affronte les États-Unis et la Russie, la survie de la Syrie représente un problème. La Turquie a besoin de la coopération syrienne pour poursuivre le PKK/YPG kurde – l’épine dorsale des FDS – qu’elle considère comme une menace terroriste. Mais la Syrie insiste pour que la Turquie quitte le territoire syrien avant toute négociation. L’importante population – et politiquement problématique pour Erdogan – de réfugiés syriens en Turquie a besoin de paix pour pouvoir rentrer chez elle, mais l’occupation du nord de la Syrie par la Turquie implique la poursuite de la guerre. Les récentes sanctions américaines contre deux groupes islamistes qu’ils finançaient autrefois et qui sont désormais sous contrôle turc en Syrie ont été un nouveau coup dur, une expression du mécontentement étasunien face au ciblage par la Turquie du mandataire américain, les FDS.
Pendant ce temps, sur le front diplomatique, les États-Unis ont été critiqués publiquement par des groupes de défense des droits de l’homme tels que le Conseil norvégien pour les réfugiés (Agence de presse Mehr, 8 août 2023) pour avoir annulé la dérogation aux sanctions humanitaires qu’ils avaient accordée à la Syrie après le tremblement de terre majeur de février. Le fait d’avoir accordé une dérogation « humanitaire » ponctuelle ne fait que montrer la nature inhumaine des sanctions américaines le reste du temps.
Survie – et l’avenir
Même si l’économie syrienne a été dévastée par la guerre, sa résistance l’a empêchée de suivre le sort de la Libye, où la guerre de l’OTAN a démantelé la société tout entière.
Dans sa récente interview avec Sky Arabia, Assad a comparé sa position à celle de Saddam Hussein et de Mouammar Kadhafi, qui ont tous deux fait des compromis avec l’Occident avant d’être éliminés. Assad, devenu président en 2000, a joué très tôt un rôle de realpolitik en autorisant la Syrie à participer au programme de « restitutions extraordinaires » de la CIA, qui s’est poursuivi même après que la Syrie a été surnommée l’un des États de « l’axe du mal » en 2002. La politique de coopération tactique Cette opération – la Syrie avait soutenu la première guerre des EU en Irak – n’a finalement donné à la Syrie aucune protection contre l’agression étasunienne. C’est plutôt la résistance résolue d’Assad à Israël et son rejet croissant du contrôle étasunien qui l’ont rendu « véritablement populaire » – selon un rapport du Guardian (26 mai 2007) sur les élections de 2007 – unissant le peuple syrien contre la menace d’une partition sectaire et du mouvement islamiste. terreur émanant de l’Irak voisin.
La priorité désormais du gouvernement Assad est de récupérer tout le territoire syrien, en particulier ses ressources pétrolières et agricoles. Sans sa propre richesse productive, elle ne pourra pas faire face à la crise économique.
Il en va de même pour le progrès démocratique. Les efforts antérieurs visant à établir une assemblée constituante pour réconcilier les groupes opposés en Syrie ont échoué à cause de la guerre. Un comité constitutionnel composé de cinquante représentants nommés par le gouvernement, cinquante de l’opposition et cinquante représentants de la société civile nommés par l’ONU doit se réunir à Oman plus tard cette année, soutenu par la Russie, l’Iran et la Turquie, les participants au processus de paix d’Astana. le seul cadre de paix viable à ce jour.
Mais la violence continue, soutenue par les États-Unis, fait obstacle aux progrès constitutionnels. En août, l’Etat islamique a tué des dizaines de soldats syriens à Deir-ez-zor, dans l’est de la Syrie. De telles attaques de l’Etat islamique sont facilitées par les États-Unis, qui assurent la protection du groupe.Dans un climat aussi peu propice aux réformes, les manifestations qui ont lieu depuis le 20 août dans la ville druze de Suweida, dans le sud de la Syrie, et à Deraa (où ont débuté les manifestations de 2011) contre la hausse du coût de la vie, tout en exprimant des préoccupations économiques légitimes, fournissent aux États-Unis de nouvelles opportunités de déstabilisation. Les FDS mandataires étasuniens ont déjà lancé des appels croissants à la sécession de la région druze (Cradle, 29 août 2023). En 2011, les manifestations contre la hausse des prix du blé liée à la sécheresse ont rapidement dégénéré en guerre à grande échelle.
La reprise économique est essentielle pour prévenir une reprise du conflit, et cela nécessite la fin de l’occupation étasunienne et turque et la levée des sanctions. La Confédération générale des syndicats de Syrie a condamné le « terrorisme économique » du blocus occidental et a appelé à une unité renforcée entre les syndicats arabes (The Syrian Observer, 1er septembre 2021).
Jusqu’à présent, la Syrie n’a pas reçu les investissements dont elle a cruellement besoin. Il n’est pas étonnant que les puissances occidentales imposent des sanctions punitives à quiconque s’engage en Syrie. La Russie et l’Iran ont donné respectivement 7 et 23 milliards de dollars (The Diplomat, 3 juin 2021), et la Syrie a rejoint l’initiative chinoise la Ceinture et la Route en janvier 2022. Mais les entreprises chinoises se sont montrées prudentes quant à leur implication dans un pays toujours ciblé par les États-Unis. Assad a toutefois adopté une vision positive de la direction à prendre après la récente adhésion de l’Iran au groupe des BRICS, qui a renforcé le multilatéralisme (Almasirah, 1er septembre 2023).
En conclusion, à force de rester en place et de reprendre le contrôle d’une grande partie du pays, Assad a affaibli la puissance des EU au Moyen-Orient. Les interventions militaires de la Russie et de l’Iran ont joué un rôle important pour y parvenir, tout comme l’armée syrienne, nombreuse et « institutionnellement loyale » (Jack Sargeant, LSE Blog, 10 août 2020). C’est avant tout la défense populaire de l’unité nationale et d’une république laïque et religieusement tolérante qui a garanti la survie du pays face à une guerre longue et amère.
Le correspondant socialiste.
Source : https://www.facebook.com/thesocialistcorrespondent/posts/pfbid02qMWrX8…
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Sénégal : Diagne Fodé Roland membre du comité éditorial du journal communiste, ouvrier, populaire, panafricain Ferñent, répond aux questions d’Initiative Communiste

La répression frappe de façon sanglante ces dernières semaines au Sénégal, où le régime de Macky Sall, l’un des piliers de la Françàfric, se maintient par la force. La répression des manifestations de l’opposition a fait plusieurs dizaines de morts (au moins 23 à Dakar et Ziguinchor depuis le 1er juin) et des centaines de blessés d’après la croix-rouge sénégalaises. D’importantes coupures frappent depuis le début juin l’accès internet via les mobiles. Le 1er juin, l’opposant Ousmane Sonko a été condamné à une peine de 2 ans ferme pour « corruption de jeunesse ».
Diagne Fodé Roland membre du comité éditorial du journal communiste, ouvrier, populaire, panafricain Ferñent, répond aux questions d’Initiative Communiste
IC : Peux-tu d’abord, pour nos lecteurs, situer ton ancrage militant au Sénégal? Qu’est-ce que « Fernent »?

Ferñent (Étincelle en Wolof) est un journal communiste, ouvrier, populaire, panafricain né en février 1983 ; Seul clandestin à l’époque vu la légalisation de tous les groupes, partis et mouvements se réclamant de la gauche marxiste-léniniste et maoïste.
Né de l’appel de la Lettre Ouverte d’août 1979 à la démarcation vis à vis de la « théorie maoïste des trois mondes » et de la critique du révisionnisme kroutchévien et brejnévien du camarade feu Assane Samb que vous connaissez pour son apport internationaliste au début de la Coordination Communiste, fut fondé le groupe Vive le Marxisme-Léninisme en 1980 que je vais rejoindre.
C’est de ce groupe qu’est issu Ferñent dont le premier éditorialiste fut feu le camarade Birane Gaye comme outil de « par où commencer » pour « sénégaliser » le socialisme scientifique comme guide pour l’action dans la lutte de libération nationale et sociale dans un contexte néocolonial françafricain, eurafricain et usafricain.
Au milieu des années 90, nous avons maintenu Ferñent comme organe théorique et créer le journal ouvrier et populaire légal Xal Wi (la Braise en Wolof) avant de fonder le Rassemblement des Travailleurs Africains/Sénégal (RTAS) sur la base d’un projet de programme de la Révolution Nationale Démocratique Anti-Impérialiste.
Le RTAS a été frappé de la pandémie des reniements et capitulations qui s’est abattue sur le Mouvement Communiste Internationale suite à la défaite du camp socialiste d’Europe et de la restauration du capitalisme en URSS.
Cette défaite a enclenché une lutte entre communistes révolutionnaires et opportunistes qui se sont engagés dans la collaboration de classe dans les gouvernements des alternances électorales entre sociaux libéraux (PS) et libéraux (PDS, APR). D’où la re-création de Ferñent/Mouvement des Travailleurs Panafricains/Sénégal (MTPS) en 2004/05 avec la mission de préserver le journal communiste tout en saisissant toutes les occasions et opportunités pour rassembler les révolutionnaires communistes résistants d’autres obédiences idéologiques historiques – Maoïstes, Brejneviens – dont les partis se sont engagés dans les pouvoirs néocoloniaux.
C’est ce processus qui a amené la fusion du MTPS avec les ex-maoïstes et les octogénaires du premier parti marxiste-léniniste sénégalais le Parti Africain de l’Indépendance (PAI) né en 1957 sur la base d’un programme minimum tout en maintenant le journal mensuel communiste, ouvrier, populaire, panafricain Ferñent comme outil de lutte idéologique et politique pour le programme maximum.
IC : Peux-tu nous brosser à grands traits un défini comme tableau des forces politiques au Sénégal et de ce qu’elles représentent en termes de classes ?
Historiquement les partis de la bourgeoisie bureaucratique compradore sont le PS parti social démocrate membre de l’Internationale Socialiste et ses démembrements, le PDS parti libéral membre de l’internationale Libérale et ses démembrements dont l’actuel parti au pouvoir l’APR.
Le panafricanisme et le panégrisme, c’est-à-dire la quête d’unité de l’Afrique et des Noirs à travers le monde sans référence de classe a été représenté par le RND du savant Egyptologue Cheikh Anta Diop dont les travaux sur « l’antériorité nègre de l’Egypte pharaonique » et « les fondements économiques et culturels d’un Etat fédéral d’Afrique Noire » promeuvent la souveraineté africaine d’une bourgeoisie nationale soumise à la domination néocoloniale impérialiste.
Le PAI, puis le PIT et la LD qui en sont issus, And Jëff parti maoïste et Ferñent sont les courants idéologiques marxiste-léninistes qui affirment œuvrer à l’édification du parti de la classe ouvrière et des classes laborieuses.
IC : Où en est actuellement le mouvement populaire sénégalais?
La collaboration de classe dans les gouvernements bourgeois néocoloniaux des directions des partis communistes et des principaux leaders de la gauche historique au Sénégal ont annihilé d’importantes avancées du mouvement syndical dont la combativité a été longtemps animée par l’unité d’action qui a fait naître le « syndicalisme autonome de lutte » contre la « participation responsable » sous contrôle du PS bourgeois néocolonial. C’est ce syndicalisme de lutte par exemple qui a empêché la privatisation du secteur de l’électricité au Sénégal contrairement à d’autres pays du « pré-carré » françafricain après la dévaluation de 50 % du franc colonial CFA en 1994 par décision de Miterrand-Balladur.
Toutes les conquêtes démocratiques, notamment la fin du parti unique et les deux alternances bourgeoisies néocoloniales résultent des combats de classe animés par l’unité d’action sur le terrain de la gauche communiste dans sa diversité et des panafricanistes.
La participation aux gouvernements néocoloniaux de la gauche ex-communiste a créé un vide à partir de 2014 qui a été rempli par une rébellion patriotique de la jeunesse intellectuelle qui pointe du doigt la « mal-gouvernance » qui a produit des milliardaires qui le sont devenus par les détournements des deniers publics et le bradage des richesses nationales aux impérialistes, principalement français.
Émergeant de l’illusion longtemps distillée que les plans libéraux d’ajustement structurel du FMI, de la Banque Mondiale, de l’OMC et la « coopération » avec l’impérialisme allaient « développer » le pays, la jeunesse intellectuelle patriotique s’est dotée d’un parti-front, Pastef-Les patriotes, rassemblant, à une vitesse TGV, les éléments les plus combatifs de la petite bourgeoisie intellectuelle, les ouvriers, les paysans, les éleveurs, les pêcheurs, les travailleurs de la débrouillardise du secteur informel, les femmes et des fractions de la bourgeoise d’affaires. La jeunesse sénégalaise et africaine choisi de plus en plus nettement de rester au pays pour le changer que de continuer à subir la tragédie mortelle des traversées du désert du Sahara et des océans pour subir le racisme d’Etat qui en font des « sans papiers » dans les chimériques « eldorados » de la forteresse du bloc impérialiste en construction qu’est l’UE.
C’est ce parti-front que les résistants de la gauche communiste, ceux et celles qui ont rompu avec les renégats participatifs aux gouvernements néocoloniaux, ont rejoints à l’instar de ce que fut le Rassemblement Démocratique Africain (RDA) fondé à Bamako en octobre 1946 aidé en cela par le PCF de Thorez/Duclos/Frachon et qui réunissait en son sein le bourgeois agrarien Houphouët Boigny, l’enseignant Modibo Keita et le syndicaliste postier Sékou Touré.
Ce parti-front et l’ensemble des organisations démocratiques de la « société civile » comme le FRAPP (Front pour une Révolution Anti-Impérialiste Panafricain et Populaire ou Y en Marre) qui, pour les communistes que nous sommes à Ferñent, constitue notre jambe droite contre le néocolonialisme.
La jambe gauche, c’est le travail idéologique et politique pour rassembler les communistes résistants et les jeunes qui veulent devenir communistes.
Notre travail associe dialectiquement ces deux tâches pour que le mouvement ouvrier et populaire, les classes laborieuses se dotent de leur propre parti de classe dans la perspective de la libération nationale et sociale dans un monde où les rescapés du camp socialiste -communiste que sont la République Populaire de Chine, le Vietnam socialiste, la Corée du Nord et Cuba socialiste sont des exemples vivants que l’avenir appartient au communisme.
IC : Comment les internationalistes français peuvent-ils le soutenir ?
Le soutien doit ici être mutuel et réciproque à l’instar de l’image pédagogique qu’expliquait l’oncle Hô Chi Ming qui disait, à peu près ceci : l’impérialisme est une pieuvre dont la tête se situe au centre et les tentacules à la périphérie ; ceux du centre doivent s’attaquer à la tête et ceux de la périphérie aux tentacules ; c’est comme ça que nous le vaincrons ». Un autre théoricien et praticien communiste africain, Amilcar Cabral, enseignait que la lutte de libération nationale des colonies portugaises est un facteur important de la révolution au Portugal même contre le fascisme colonialiste. On a vu que la révolution des œillets au Portugal est dialectiquement consécutive à la fois de la lutte des classes et populaire à l’intérieur et des défaites que lui ont infligées les peuples en lutte armée pour leur indépendance de Guinée Bissau, du Mozambique et de l’Angola.
Il en sera de même de l’impérialisme français qui sera emporté par la dialectique des luttes de classes en France et des luttes des peuples contre le néocolonialisme françafricain, eurafricain et usafricain.
Dans l’immédiat, le bras de fer entre la dictature fascisante du régime libéral de la seconde alternance néocoloniale et le peuple sénégalais à travers sa jeunesse en rébellion a besoin d’une présence communiste solidaire dans les manifestations des diasporas sénégalaise et africaine en France, d’une propagande et agitation communiste dans le monde du travail et dans les populations dénonçant le pillage des richesses minières et agricoles (pétrole, gaz, fer, zircon, phosphates, etc) par les multinationales françaises et européennes, d’une information qui lie le soutien impérialiste aux régimes dictatoriaux à l’arrivée d’à peine 1 % des émigré(e)s en France et dans les pays de l’UE.
Bien entendu, cela va de soi, dénoncer la répression, les arrestations arbitraires, les atteintes liberticides dans nos pays dont sont complices et parfois même activement impliqués l’État français.
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Élections en Russie : le Parti communiste conforte ses positions

Élections en Russie : le Parti communiste conforte ses positions
Comme nous n’avons rien à attendre de la presse française, y compris l’Humanité qui vire à sa propre caricature dans le domaine international, où grâce au chroniqueur de LCI, Vadim Kamenka ce qui fut le quotidien communiste et même celui de Jaurès est désormais la voix de son maitre l’OTAN. Donc voici comme promis les résultats des élections en Russie telles que les publie le KPRF (note de DB traduction de Marianne Dunlop)
https://kprf.ru/party-live/cknews/221247.html
Le 11 septembre, une conférence de presse de la direction du KPRF consacrée aux résultats de la journée électorale unique s’est tenue à l’agence de presse TASS. Y ont participé le président du comité central du KPRF, G.A. Zyuganov, le premier vice-président du comité central du KPRF, Y.V. Afonin, le vice-président du comité central du KPRF, D.G. Novikov, un membre du présidium, le secrétaire du comité central du KPRF, G.P. Kamnev, et le secrétaire du comité central du KPRF, A.A. Yushchenko.
G.A. Zyuganov, président du comité central du KPRF, s’est adressé aux participants de la conférence de presse :
– Nous attachons une importance exceptionnelle à ces élections en raison d’un certain nombre de circonstances. Tout d’abord, la crise systémique devient de plus en plus forte dans le monde, et de cela émane toujours eu un parfum de grande guerre.
D’autre part, une guerre a été déclarée au monde russe pour détruire notre civilisation, et nous devons être aussi unis, mobilisés et technologiques que possible. Sans cela, personne n’a jamais gagné dans le monde.
Tout cela se passe dans le contexte des prochaines élections présidentielles, qui ont toujours été caractérisées par un contenu particulier. En effet, le président détermine à la fois le cours du pays et sa politique étrangère.
Malheureusement, ces dernières années, le parti Russie Unie a fortement aggravé les conditions nécessaires à la tenue d’élections normales, pleinement démocratiques. Il a apporté 17 amendements sévères à la législation. Et les obstacles qu’ils ont mis en place partout ont affecté la tenue d’élections honnêtes.
Je voudrais rappeler une fois de plus que le Président a souligné il y a deux ans au Forum de Valdai que le capitalisme est dans l’impasse, et le capitalisme oligarchique russe encore plus, et que nous avons besoin de nouvelles approches et d’un véritable programme pour sortir le pays de la crise. Nous avons proposé un tel programme et l’avons publié à plusieurs millions d’exemplaires. Nous avons montré dans plusieurs régions comment ces questions sont résolues. Et nos entreprises populaires sont devenues les meilleures. Nous avons mis l’accent sur deux régions – la région d’Orel et la Khakassie, qui sont dirigées par des communistes.
Dans la région d’Orel, notre candidat Andrei Klychkov a obtenu plus de 82 % des voix. Il s’agit d’un soutien total et inconditionnel. Nous y avons organisé deux forums économiques internationaux. Andrei Klychkov a été guidé dans ses activités par le programme économique qui a été adopté. Il est également parvenu à conclure tous les accords, et il met en œuvre le programme du KPRF, qui donne d’excellents résultats. Pour la première fois dans l’histoire non seulement de la région d’Orel, mais aussi du pays, cinq à six tonnes de blé par personne ont été récoltées. Et cette année, il y aura une récolte record – plus de 50 quintaux par hectare.
Parallèlement, un certain nombre de programmes de développement urbain sont mis en œuvre, ainsi que des programmes liés au soutien de l’opération militaire spéciale. Klychkov lui-même s’est rendu dix fois sur la ligne de front. Et nous envoyons l’aide nécessaire tous les deux ou trois jours. Les habitants de la région d’Orel ont collecté plus de deux milliards de roubles à cette fin.
La deuxième région où nous avons concentré nos énergies est la Khakassie. La dernière fois, notre candidat Konovalov y a gagné contre la pression des autorités. Mais au lieu de soutenir un jeune leader compétent, elles ont organisé des campagnes de diffamation contre lui. Plus de huit mille documents ont été publiés contre lui. Cela a pu transformer la campagne électorale en une campagne de dénigrement. J’ai même dû faire appel au président.
Nous avons envoyé 1 500 observateurs sur place et, finalement, Konovalov et son équipe ont gagné. Il a obtenu 63 % des voix à la tête de la république, et le KPRF a obtenu 39 % des voix sur les listes de partis aux élections législatives régionales, contre 36 % pour Russie Unie.
Un autre objet dont nous avons promu l’expérience lors de la campagne électorale est l’entreprise populaire. Elles font leur chemin un peu partout.
Mais ce qui m’a le plus frappé, c’est la résistance farouche de certains organes du parti au pouvoir face à cette expérience unique. Cependant, je suis sûr que les meilleures pratiques feront leur chemin.
Et claironner à l’envi qu’elles ont gagné partout est un manque de tact. Et c’est illégal d’un point de vue juridique. Et lorsqu’ils disent que Russie Unie a gagné dans toutes les circonscriptions à mandat unique, cela signifie qu’il n’y a pas eu d’élections normales dans ces circonscriptions. Un parti qui n’a pas résolu de nombreux problèmes ne peut pas gagner.
Par conséquent, lorsque le parti Russie Unie claironne sa victoire, nous devrions parfaitement comprendre qu’un pays qui lutte aujourd’hui contre le nazisme et le fascisme dans le Donbass doit gagner sur tous les fronts.
Mais lors de ces élections, nous avons du personnel nouveau et talentueux. Mes députés Afonin, Novikov et Kalashnikov se sont montrés excellents. Et tout est mis en œuvre pour approuver une nouvelle pléiade de jeunes parmi nos dirigeants.
Le maire de Novossibirsk, Lokot, Klychkov, Konovalov, Russkikh et Kurinniy sont venus compléter cette équipe. Ivachev travaille activement dans l’Oural. En d’autres termes, nous disposons d’une pléiade de personnes très compétentes qui ont fait leurs preuves au cours de la campagne électorale actuelle.
Premier vice-président du comité central du KPRF, Y.V. Afonin :
– Il était très important pour notre parti, au cours de cette campagne électorale, de présenter une image du développement futur de la Russie. Nous sommes convaincus que l’avenir de notre pays est le mode de développement socialiste. C’est le pouvoir du peuple et le patriotisme.
Pendant les élections, nous avons présenté aux citoyens du pays notre programme “Vingt mesures urgentes pour la transformation de la Russie”. Ce programme a été soutenu par les électeurs.
Notre parti a accumulé une grande expérience créative. C’est l’expérience des gouverneurs rouges des années 90, qui ont réellement sauvé le pays de la désintégration. C’est l’expérience du gouvernement Primakov et du communiste Maslyukov. C’est l’expérience de la faction du KPRF à la Douma d’État. C’est aussi l’expérience des entreprises populaires du KPRF.
Les élections au poste de gouverneur dans la région d’Orel, où Andrei Klychkov a été élu, ont été particulièrement importantes pour nous. Les élections en Khakassie, où Valentin Konovalov a été élu, ont également été importantes. Klychkov et Konovalov ont présenté un rapport digne de ce nom à l’électorat et ont montré de sérieux progrès dans le développement de leurs régions. Les habitants de la Khakassie et de la région d’Orel ont soutenu notre équipe.
Nos camarades vont maintenant commencer à mettre en œuvre les programmes régionaux du KPRF.
Dans les conditions de la SVO, il est très important qu’il y ait une consolidation de tous les efforts pour développer les régions. Dans les régions où nos camarades Russkikh, Klychkov et Konovalov sont gouverneurs, nous espérons travailler de manière constructive avec les parlements locaux où d’autres partis sont représentés. Nous plaçons toujours les intérêts de nos électeurs au centre de notre travail. Nous sommes prêts à collaborer avec d’autres partis dans l’intérêt des habitants des régions.
Nous avions une équipe nombreuse lors de ces élections – plus de 10 000 candidats. Nous avons travaillé efficacement, tout le monde s’est battu pour le résultat. Dans un certain nombre de régions, nous avons obtenu de bons résultats.
Je voudrais souligner le travail créatif des communistes dans le district autonome de Nenets. Nous avons obtenu un bon résultat aux élections dans cette région.
Ce matin, nos adversaires politiques ont déclaré que le KPRF avait prétendument échoué aux élections. Mais les élections ont montré que le KPRF reste le principal parti d’opposition. Notre programme est demandé par la population du pays.
Les dernières élections dans ces régions ont eu lieu en 2018. J’attire l’attention sur le fait que c’était l’année de l’augmentation de l’âge de la retraite, d’où un fort sentiment de protestation dans la société.
Comparons les résultats des élections législatives avec ceux de l’année 2022. Notre équipe a légèrement progressé par rapport à l’année dernière.
J’attire l’attention sur les élections du maire de Moscou. Notre candidat Leonid Ziouganov [le petit-fils de Guennadi Ziouganov, NdT] a travaillé activement. Il a réalisé plus de 200 rencontres avec les électeurs. Nous avons présenté un programme pour l’avenir. Si nous comparons avec 2018, notre candidat a également augmenté le nombre de votes en valeur absolue.
Le KPRF a toujours accordé une grande attention aux élections des gouvernements locaux. Au niveau municipal, une grande équipe de nos candidats a accédé au statut de députés.
Cela fait longtemps que nous n’avions pas eu notre propre député à la Douma de la ville de Sotchi. Les élections n’y sont organisées que dans des circonscriptions à mandat unique. Cette année, notre jeune et brillant leader Vladislav Zhironkin a été élu dans une circonscription à mandat unique à Sotchi. À Gelendzhik, notre Ilona Grachevskaya est devenue députée. Elle dirige la branche du mouvement de femmes “Espoir de la Russie” dans le kraï de Krasnodar.
Cette année, l’élection des chefs d’établissements ruraux dans le kraï de l’Altaï a constitué une avancée importante. Nos camarades ont été nommés à la tête d’établissements ruraux dans quatre d’entre eux.
En Touva, nous n’avons pratiquement jamais eu d’adjoints aux autorités municipales. Cette fois-ci, 6 personnes ont été élues députés municipaux.
Parmi les députés élus du KPRF, il y aura désormais des participants de la SVO.
A propos des élections dans les nouveaux territoires de la Russie. La chose la plus importante est que les élections ont eu lieu dans ces territoires. Nous étions bien conscients des menaces qui pesaient sur eux. Dans les nouvelles régions, nous avons sérieusement renforcé notre verticalité.
Par exemple, dans la région de Kherson, nous aurons des députés dans presque toutes les municipalités. Vingt-cinq députés communistes travaillent actuellement dans cette région importante mais très difficile, qui est dévastée par les opérations militaires. Nous continuerons à envoyer des fournitures humanitaires dans ces régions. Nous continuerons à promouvoir nos idées.
Nous sommes sûrs que l’avenir du pays est dans le socialisme sous la bannière rouge.
Le vice-président du comité central du KPRF D.G. Novikov :
– Chers camarades !
Sans vouloir faire d’allusions à qui que ce soit, je voudrais vous rappeler que le Parti communiste de la Fédération de Russie participe à la vie de la Russie depuis trente ans. Pendant ces trente années, depuis sa renaissance après l’interdiction d’Eltsine, nous avons participé à toutes les campagnes électorales. En d’autres termes, la biographie politique du KPRF est beaucoup plus longue que celle de certains projets politiques existant aujourd’hui sur la scène politique. Et nous avons toujours reçu le soutien de plusieurs millions de citoyens.
Le KPRF a démontré sa stabilité politique lors de ces élections. La base de cette stabilité politique est le fait que le KPRF est un parti idéologique et qu’il ne l’a jamais caché. C’est un parti qui construit son travail sur la base d’objectifs fondamentaux, sur la base de son programme. L’objectif ultime est de permettre à la Russie de reprendre le chemin de la construction du socialisme.
C’est pour cette raison que nous traitons nos documents de programme avec le plus grand soin. Nous basons tout notre travail législatif sur ces documents et le plan de ce travail législatif pour l’année à venir est en grande partie achevé. Sur la base de ce programme général, nous formulons nos tâches préélectorales pour chaque période spécifique.
Les tâches liées aux campagnes électorales en cours sont également très importantes. Nous désignons des candidats spécifiques, nous luttons pour leur victoire, nous aidons nos camarades à accumuler l’expérience politique et managériale nécessaire. Tout cela constitue le bagage collectif du parti, sa ressource la plus importante.
Cette ressource, ce bagage, permet non seulement de lutter pour le pouvoir, mais aussi de disposer efficacement de ce pouvoir. En disposer dans l’intérêt du peuple, dans l’intérêt du pays, dans l’intérêt de l’avenir socialiste, autour duquel tout notre système d’objectifs et de valeurs est construit.
“Le capitalisme est en faillite” – nous avons entendu cette phrase à maintes reprises ces dernières années, tant de la part du président français Emmanuel Macron que du président russe Vladimir Poutine. Cette conclusion est certainement vraie. Mais le capitalisme n’est pas seulement incapable de faire face, il est en pleine débâcle. Il ne parvient pas à faire face à une crise économique profonde, à une crise culturelle et à la menace croissante d’une nouvelle guerre mondiale. Le point essentiel est que le capitalisme ne peut pas être guéri par le capitalisme. Il n’existe qu’un seul remède connu. Ce remède s’appelle le socialisme. Ce fut le cas avec les succès de la modernisation et de l’industrialisation de Lénine-Staline dans notre pays. C’est le cas de la RPC avec son “miracle chinois” moderne.
Notre parti, nos camarades ont prouvé qu’ils étaient tout à fait aptes à diriger les régions. Klychkov et Konovalov, qui se présentaient pour un second mandat, ont tous deux reçu un mandat de confiance de la part des citoyens. Nous sommes plus que satisfaits du résultat. Pourquoi ? Parce qu’ils ont des résultats concrets de leur travail, parce que le programme du KPRF est efficace, parce que chacun d’entre nous a senti qu’il était de son devoir de soutenir ses camarades.
Un grand nombre de visites et de rapports ont été effectués pendant cette période. Nikolai Vasilyevich Kolomeitsev, coordinateur de la faction, a été l’un des premiers à faire une tournée à travers le pays au nom du Présidium du Comité central. Il contribue à rendre compte du travail accompli. Il est suivi par Nikolai Mikhailovich Kharitonov, Vladimir Ivanovich Kashin, Nina Alexandrovna Ostanina, Leonid Ivanovich Kalashnikov, Kazbek Kutsukovich Taisaev, Nikolai Vasilyevich Arefyev, Georgy Petrovich Kamnev, Maria Vladimirovna Drobot, Maria Nikolaevna Prusakova, Artem Vyacheslavovich Prokofiev et toute une série d’autres députés ont voyagé, discuté, rencontré et persuadé.
Région d’Orel. Le chef du parti s’y est rendu deux fois rien que cet été : d’abord pour organiser le forum économique d’Oryol et ensuite pour célébrer le 80e anniversaire de la victoire de l’artillerie d’Oryol-Koursk.
En plus de rendre compte aux électeurs, ils ont élaboré un programme d’action pour la prochaine période. La réunion de la faction se tiendra à la rentrée, dans une semaine exactement. Guennadi Andreevich, ce plan, dont le Présidium a confirmé hier le bon fonctionnement, sera porté à l’attention de notre corps adjoint.
Imaginez maintenant cette situation : nos camarades se débrouillent dans des conditions loin d’être confortables. Ce n’est pas leur parti qui est le parti au pouvoir en Russie aujourd’hui. Le parti au pouvoir est le parti qui ne se comporte pas toujours de manière amicale et constructive. Et il est clair que si la situation avait été différente, les résultats des activités de Konovalov et de Klychkov auraient été encore plus impressionnants.
Nous avons mené une grande campagne, nous avons acquis une nouvelle expérience. Nous avons obtenu un bon résultat en termes de constitution d’équipe et de préparation de l’élection présidentielle dans la région de la capitale. Cela s’applique à la fois à la campagne de Leonid Ziouganov et à celle d’Alexander Naumov. Dans un certain nombre de régions, à commencer par l’Extrême-Orient et le kraï de Khabarovsk, nous avons sensiblement renforcé notre représentation dans les municipalités. Ce niveau est très important pour nous et nous nous sommes fixé de tels objectifs. Nous avons élaboré de nouvelles formes d’agitation et de propagande. Nous constatons que beaucoup de nos camarades sur le terrain utilisent désormais activement le travail réalisé par Marat Muzayev dans le domaine de l’interaction avec les réseaux sociaux, qui a d’ailleurs aidé Mikhail Rainu dans le district de Nenets à mettre en place son quartier général. Kazbek Kutsukovich Taisaev, qui était le principal lien entre le travail du siège central et les régions des nouveaux territoires russes, est toujours dans le Donbass.
Deux mots, littéralement, sur les violations. Il y a eu, bien sûr, des violations. Elles relèvent à la fois de l’ordre ancien et de l’ordre nouveau. De nouvelles violations, comme celles liées au système de vote électronique. Nous n’avons jamais entendu d’arguments en faveur de ce système, si ce n’est le confort. Le confort n’est pas l’essentiel dans une campagne électorale. L’essentiel, c’est le choix du pouvoir et le choix de la voie du développement. Nous disposons d’une nouvelle base de données en faveur de notre code électoral, c’est aussi l’un des résultats de notre campagne électorale.
G.P. Kamnev, membre du présidium et secrétaire du comité central du KPRF :
– Je voudrais souligner que le travail de contrôle du processus électoral ne se réduit pas au contrôle d’un jour de vote – ce travail a commencé à l’avance, et nous avons mené toutes les activités en préparation du jour du vote.
Je peux dire que la législation est devenue beaucoup plus compliquée en termes de nomination de notre candidat, nous avons mené des activités méthodiques d’explication avec nos comités régionaux et nos branches, dont le résultat a été que presque tous nos candidats ont été nommés, enregistrés et ont participé aux élections.
Il n’y a eu que quelques cas où les autorités se sont fermement opposées à nos candidats.
Par exemple, notre candidate dans le kraï d’Altaï, Maria Nikolaevna Prusakova, députée à la Douma d’État et membre du comité central du KPRF, n’a pas été enregistrée parce que les autorités, manipulant le filtre municipal, ont refusé de l’inscrire.
Après cela, il est difficile de considérer le résultat des élections dans la région comme légitime si le principal participant aux élections n’a pas été enregistré.
Je peux également noter que, par exemple, dans la région d’Arkhangelsk, les autorités ont retiré les listes de nos candidats, mais, par l’intermédiaire du tribunal, nous avons rétabli leur participation aux élections, et ils ont obtenu de très bons résultats.
Malheureusement, la même situation s’est produite dans la région de l’Amour, dans la ville de Svobodny, où les listes de candidats ont été retirées sous des prétextes farfelus.
Nous continuons également à nous opposer au vote à distance dans la mesure où cette procédure n’est transparente pour personne – ni pour les électeurs, ni pour les candidats. Par cette procédure, nous ne pouvons en aucun cas vérifier le résultat du vote. Je peux noter que nous avons déposé plus d’un millier de plaintes et de commentaires au cours de cette campagne électorale.
Toutes ces plaintes et déclarations sont sous notre contrôle : les comités régionaux poursuivent leur travail, nous continuons à surveiller ce processus. Personne ne doit douter que quiconque interfère d’une manière ou d’une autre dans le processus électoral sera sanctionné !
Au cours de la conférence de presse, les participants ont répondu aux questions des journalistes.
G.A. Ziouganov a une nouvelle fois remercié les électeurs, tous nos militants, tous nos alliés et amis qui ont participé à cette campagne extrêmement importante.
Question : Guennadi Andreyevich, pouvez-vous nous parler du rôle que joue la faction KPRF au sein des Nouvelles Régions ?
G.A. Ziouganov :
– A mon avis, le fait que des élections aient eu lieu dans cette région, le fait que nous y ayons présenté nos programmes, que notre équipe y travaille depuis 9 ans, tout cela a porté ses fruits. Je tiens à les féliciter et à les remercier tous : le système législatif est rétabli, les liens politiques sont rétablis.
Je tiens à remercier Kazbek Taisayev pour s’être rendu sur place une centaine de fois – il est toujours présent dans le Donbass. Nous sommes probablement les seuls à avoir ressenti la menace du nazisme et du fascisme dès le premier jour, car les communistes sont les seuls dans l’histoire de l’humanité à avoir non seulement souffert le plus de cette abomination, mais aussi à l’avoir vaincue.
Nous poursuivons ce travail unique et je remercie nos gouverneurs et dirigeants, Andrei Klychkov, Valentin Konovalov, Alexei Russkikh et Anatoly Lokot. Ils se sont tous rendus dans les nouvelles régions, ont apporté leur aide et nous y envoyons un convoi humanitaire chaque semaine.
Hier, nous avons reçu 440 enfants de cette région, qui sont maintenant en vacances à Snegiri. Avec Iosif Kobzon, nous avons créé un vaste mouvement et nous organisons des campagnes intitulées “Les enfants de Russie aux enfants du Donbass”.
Près de 15 000 enfants sont déjà passés par l’école du courage et de l’éducation, ce qui a un impact sur la campagne électorale. Il n’y a pas une famille qui n’ait pas reçu de cadeaux, et les enfants qui viennent ici ne passent pas seulement des vacances : ils suivent des cours spéciaux, une formation, ils apprennent notre histoire. L’école des maîtres, le VDNKh, la cathédrale du Christ-Sauveur, les lieux de gloire de l’armée et du travail. Vous venez et vous les regardez dans les yeux – en quinze jours, ce sont d’autres personnes. Et avec eux, il y a des soignants, des enseignants….
Lorsque j’ai appris qu’ils avaient été élevés dans la haine de notre pays dès la deuxième année de l’école ukrainienne, ce n’était pas seulement une honte, c’était un véritable scandale ! Ils ont paralysé l’âme des enfants et ont ensuite crié “Les Moskals à la lanterne”, ce qui est un crime contre la nouvelle génération et notre histoire commune.
J’insiste une fois de plus : nous avons besoin d’une seule victoire, une seule pour tous – quel qu’en soit le prix à payer ! Nous devons tout faire pour nettoyer l’Ukraine de cette abomination, et nous avons tout ce qu’il faut pour le faire.
Y.V. Afonin :
– En effet, notre parti a créé ses propres factions pendant la campagne électorale, et il y a maintenant des députés des Nouvelles Régions dans les quatre parlements. J’ai déjà parlé des 25 députés des autorités municipales élus dans la région de Kherson. Mais si l’on considère l’ensemble du corps parlementaire, cela représente environ 80 députés, des militants actifs, des propagandistes et des organisateurs. Au parlement de la DNR, nous aurons 6 députés – très brillants, très forts.
Mais le plus important est que, comme dans d’autres régions, le travail de notre parti et de notre faction, comme l’a déjà dit Guennadi Andreevich, est essentiel. L’écrasante majorité des habitants de ces républiques, et nous le savons, voient l’avenir du pays dans une société socialiste juste, qui s’inspirera en grande partie de l’expérience de l’Union soviétique.
A.A. Yushchenko :
– Il est très important que des élections aient eu lieu dans le Donbass pour former les organes législatifs et exécutifs du pouvoir. Il est clair que ces élections ont eu lieu sous le bombardement constant de la DNR et de la LNR, le danger constant d’actes terroristes sur le territoire des régions de Zaporizhzhya et de Kherson et de Berdyansk.
Dans ces conditions, les élections ont tout de même eu lieu, et ce ne sont pas seulement les chiffres annoncés par la commission électorale centrale qui nous importent, c’est l’attitude de la population elle-même qui est importante pour nous. Je rappelle que la DNR et la LNR ont été reconnues par la Fédération de Russie sur la base d’un document présenté par le Parti communiste de Russie. Le document présenté par l’UDR a été rejeté parce qu’il était plus vague, et une résolution extrêmement claire a été adoptée.
Les habitants du Donbass du 21 février 2022 ont tout vu en direct et connaissent le rôle du parti communiste russe dans la reconnaissance de leurs républiques.
Tout le monde connaît les 117 convois humanitaires que le parti a rassemblés et envoyés dans le Donbass. Et partout : dans tous les bastions, aux points de contrôle, dans les maisons sous le feu – partout on peut voir des drapeaux rouges, et sur les uniformes – des chevrons avec les symboles de l’URSS.
C’est le principal bilan de notre activité ! Et je peux dire que la cote du parti communiste dans les nouvelles régions de la Fédération de Russie est aujourd’hui très élevée.
« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »
– Keiko, Londres
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– Sarah, New York
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– Olivia, Paris
