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Bruno Guigue-Une mystique de l’élection. (sur la « démocratie » de, l’Etat sioniste)

Une mystique de l’élection par Bruno Guigue
Puisqu’on ressasse à plus soif le thème de « l’islamisme radical » et du « fanatisme religieux » du Hamas, un petit rappel historique n’est pas superflu. Comme le montre la partialité des prises de position sur la crise actuelle, on ne comprend pas ce conflit, en effet, si l’on oublie l’essentiel : le sionisme n’est pas un mouvement d’émancipation juive, ni un nationalisme séculier classique.
En réalité, c’est un colonialisme européen qui a ceci de particulier qu’il est fondé sur une mystique de l’élection. Lorsque Nétanyahou est reçu au congrès américain, il parle du “peuple élu” et il invoque la “destinée manifeste”. En validant les prétentions israéliennes sur Jérusalem, Trump ne s’était pas contenté de piétiner la loi internationale. Flattant le narcissisme israélien, il accréditait la mythologie fondatrice de l’Etat-colon.
On s’inquiète de la confessionnalisation du conflit, mais on oublie que ce conflit est confessionnel depuis l’origine. Non pas du fait de la résistance arabe, mais du fait de l’entreprise sioniste. En fait, le mouvement auquel le sionisme ressemble le plus est le suprématisme blanc des Afrikaners. Dans les deux cas, ils se prennent pour le peuple élu, et la guerre coloniale vise à s’emparer de la “Terre promise”. L’Etat d’Israël, cet enfant chéri de la conscience laïque occidentale, est un implant colonial justifié par l’Ancien Testament.
Même s’ils ont raison sur le fond, le déni de légitimité que les juifs orthodoxes antisionistes opposent au sionisme est plutôt trompeur. Il faut lire les penseurs sionistes du début du XXe siècle : le sionisme n’a pas trahi le judaïsme, il s’est simplement affranchi de sa passivité. Il substitue à l’attente du sauveur une action politique, mais cette action vise à prendre possession d’“Eretz Israël”, et non d’une lointaine contrée indifférente au récit biblique. Le sionisme moderne n’a pas laïcisé l’espérance messianique, il l’a détournée à son profit pour implanter au Proche-Orient un Etat occidental.
D’un même élan, la conquête coloniale de la Palestine se fonde sur une mystique de l’élection, et cette mystique se nourrit d’une géographie du sacré. Interprétant la Thora comme un acte notarié, elle le brandit comme si un texte religieux pouvait fonder un droit territorial opposable. Croyant occasionnel, Theodor Herzl avait bien compris la puissance symbolique de cette supercherie. “Si la revendication d’un coin de terre est légitime, disait-il, alors tous les peuples qui croient en la Bible se doivent de reconnaître le droit des juifs”. Quel Occidental contestera, si elle est bibliquement établie, la légitimité d’un Etat juif en Palestine ?
L’entreprise sioniste repose sur une idée simple : la Thora tient lieu de titre de propriété, et cette propriété sera reconnue par un Occident pétri de culture biblique. Il faut reconnaître que ce tour de passe-passe a porté ses fruits. Loin d’être une nouveauté, le sionisme chrétien est constitutif du sionisme lui-même. L’idée du retour des exilés en Terre sainte fut une idée protestante avant d’être une idée juive, et le gouvernement britannique s’en fit l’ardent défenseur à l’apogée de l’Empire. Ce n’est pas un hasard si cette entreprise a fini par voir le jour avec la bénédiction d’une Grande-Bretagne férue d’Ancien Testament.
Malheureusement, ce n’est pas la première fois qu’une idée absurde exerce une force matérielle. Pour les sionistes, la cause est entendue : si le droit des juifs sur la terre d’Israël n’est pas négociable, c’est qu’il dérive de la transcendance. Combattre l’entreprise sioniste, c’est faire offense à Dieu, se rebeller contre sa volonté. Avant la proclamation unilatérale de l’Etat d’Israël, le grand rabbin de Palestine déclarait, devant une commission internationale, sa « forte conviction que personne, ni individu, ni pouvoir institué, n’a le droit d’altérer le statut de la Palestine qui a été établi par droit divin”.
Chef du parti national-religieux, le général Effi Eitam expliquait en 2002 : “Nous sommes seuls au monde à entretenir un dialogue avec Dieu en tant que peuple. Un Etat réellement juif aura pour fondement le territoire, de la mer au Jourdain, qui constitue l’espace vital du peuple juif”. On comprend pourquoi le sionisme, à l’appui de ses prétentions, n’invoque pas le droit international, mais la promesse de Yahvé à Abraham : “C’est à ta descendance que je donne ce pays, du fleuve d’Egypte au grand fleuve, le fleuve Euphrate” (Genèse, 15).
Cette mythologie a fait de Jérusalem le joyau de la promesse. La cité de David est l’écrin de la présence divine depuis que son successeur Salomon y bâtit le premier Temple. Espace de communication avec le divin, Jérusalem porte témoignage de la geste hébraïque. Le martyre subi lors de sa destruction en accentue la sacralité, en la déclinant sur le mode messianique. Dans la narration biblique, Jérusalem est le centre d’une histoire sainte. Mais le tour de force du sionisme est de l’avoir fait passer pour une histoire tout court.
Cette conversion de la narration biblique en narration historique, pourtant, est un véritable château de cartes. Israël s’est lancé à Jérusalem dans une quête obstinée des vestiges de sa grandeur passée. A coup d’excavations frénétiques, on a exhibé la moindre breloque comme si elle était la preuve d’une gloire ancestrale, et un tesson de poterie attestait le rayonnement immémorial du royaume hébraïque. Mais cette manie de fouiller le sous-sol palestinien à la recherche d’une gloire perdue a montré ses limites, et les archéologues israéliens ont fini par tirer un trait sur ces affabulations.
“Les fouilles entreprises à Jérusalem n’ont apporté aucune preuve de la grandeur de la cité à l’époque de David et de Salomon”. Mieux encore : “Quant aux édifices monumentaux attribués jadis à Salomon, les rapporter à d’autres rois paraît beaucoup plus raisonnable. Les implications d’un tel réexamen sont énormes. En effet, s’il n’y a pas eu de patriarches, ni d’Exode, ni de conquête de Canaan, ni de monarchie unifiée et prospère sous David et Salomon, devons-nous en conclure que l’Israël biblique tel que nous le décrivent les cinq livres de Moïse, les livres de Josué, des Juges et de Samuel, n’a jamais existé ?”
Ces citations ne sont pas tirées d’un brûlot antisioniste, mais du livre d’Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, « La Bible dévoilée, Les nouvelles révélations de l’archéologie », Bayard, 2002, p. 150. La mythologie sioniste avait maquillé le mythe en histoire pour les besoins de la cause. Cette histoire en carton-pâte est balayée par la recherche scientifique. La véritable histoire reprend ses droits, et la géographie du sacré sombre dans les sables mouvants. Mais peu importe. Avec de vieilles pierres en guise de témoins muets, les sionistes revendiquent obstinément la propriété d’une terre arrachée en 1948 à ses détenteurs légitimes.
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Mohamed Bouhamidi : Ilan Pappe et le Nettoyage ethnique de la Palestine. L’historien israélien témoigne.

Ilan Pappe et le Nettoyage ethnique de la Palestine*. L’historien israélien témoigne par Mohamed Bouhamidi
Le 21 mai 2008, à la Bibliothèque nationale d’Alger, la Belge Marianne Blum, auteur du livre Gaza dans mes yeux où elle a passé dix ans à enseigner et faire du théâtre avec ses étudiants, parlait de la Palestine. Dans la description du désastre mental que provoquait, chez les Palestiniens, leur enfermement dans des îlots compartimentés par les barrages et les points de contrôle, elle a parlé d’un ado palestinien. Les soldats avaient tué son grand frère. A quoi rêvait-il, lui avait-elle demandé. Il rêvait d’un travail dans les champs de la colonie voisine. Marianne Blum rappelait ce souvenir pour insister sur un fait qui lui semblait massif chez les Palestiniens : ils n’avaient pas de haine pour les Juifs et leur écrasante majorité envisageait parfaitement de vivre ensemble avec eux. J’avais été à peine surpris car tous mes souvenirs d’enfant, pendant la guerre de libération, me rappelaient la dualité des sentiments dans mon environnement, tout entier engagé dans la lutte avec son lot de maquisards, de prisonniers, de torturés et de martyrs : la haine totale et absolue du colonialisme (stiâmar, plus rapide à prononcer qu’istiâmar) et l’absence totale de haine pour nos voisins pieds-noirs en tant que personnes, y compris aux moments les plus noirs quand, en 1961-62, l’affrontement se généralisa avec l’OAS et devint direct avec les plasticages et les ratonnades. Cette réalité s’exprima le mieux au lendemain de l’indépendance quand, le problème colonial réglé, tout fut oublié et les pieds-noirs souvent surpris, plus tard, de l’accueil chaleureux qu’ils trouvaient dans les pèlerinages dans leurs anciens quartiers. Mais c’est une vieille histoire que les dominés tournent vite la page.
Cependant, je n’ai pris toute la mesure de ce que voulait nous dire Marianne Blum qu’en lisant le Nettoyage ethnique de la Palestine. Il ne s’agissait pas seulement de cette absence de haine ni d’un manque de volonté manifeste de lutter. Mais de quelque chose d’infiniment plus profond qui apparaît parfois, accidentellement, à d’autres lectures ou dans la rencontre d’autres éclairages. Le livre d’Ilan Pappe m’a irrésistiblement ramené aux propos de Marianne Blum. Sans jamais faire référence spécifiquement aux héritages politiques des uns et des autres, l’auteur du Nettoyage ethnique de la Palestine nous découvre l’océan culturel, la radicale différence des visions du monde, de la vie et de la politique qui séparait palestiniens et sionistes.
Un auteur au grand courage
Ilan Pappe appartient à cette génération des nouveaux historiens israéliens qui a essayé de porter un regard dé-sionisé sur l’histoire de leur Etat. Il va cependant beaucoup plus loin que ses confrères. Il ne s’agit plus chez lui d’une critique universitaire devenue possible et même nécessaire au regard des critères académiques d’une histoire officielle ou de son réajustement aux critères de vérité et aux faits réels et dont la méconnaissance aurait poussé les historiens israéliens vers une reproduction des «vérités» officielles. A la lecture, Ilan Pappe semble bien avoir franchi une frontière interdite. Il parle de nettoyage ethnique et ce terme désigne bien un crime contre l’humanité. Comme tous les universitaires, il commence par valider la notion, retrouver sa définition la plus consensuelle, c’est-à-dire la définition minimale, celle qui ne peut faire l’objet de contestation et au regard de tous les textes disponibles et de toutes les approches avalisées, notamment à partir du cas yougoslave, il montre que, pour l’intention, pour les actes ou pour les fins pratiques poursuivies, on ne peut appeler autrement que nettoyage ethnique l’expulsion de la moitié de la population palestinienne de ses villages et de ses villes. Le coup est rude. L’histoire officielle israélienne parle de départs volontaires et jamais cette version n’a été contestée, mise en doute ou examinée sous son véritable jour. Du point de vue international, dès 1949, il existe bien un problème de réfugiés palestiniens pour lesquels l’ONU a créé un organisme mais, de ce même point de vue international, il n’existe pas un crime contre l’humanité -un crime donc passible des tribunaux– qui s’appelle nettoyage ethnique en Palestine.
Le drame va mettre en présence deux groupes humains. Des Palestiniens, à peine insérés dans le mouvement d’émancipation arabe de la domination ottomane et passés sous domination britannique avant d’avoir construit leurs structures politiques. Ils n’ont comme expérience de l’Etat que la Sublime Porte sans grande influence sur la vie des différentes sociétés qui continuaient à vivre paisiblement avec leurs différentes communautés ethniques ou religieuses. Ils n’avaient aucune idée des grands changements culturels survenus en Europe avec la naissance des Etats-nations et leurs mythes d’unicité ethnique. Ils n’avaient, non plus, aucune expérience militaire, monopole exclusif de la Sublime Porte et de ses armées professionnelles avant l’heure. Ils n’imagineront jamais, même à partir de l’expérience douloureuse de leurs morts et de leurs expulsions, que les juifs arrivés en Palestine voulaient construire un Etat aux formes inédites dans la région : un Etat-nation juif.
En face, les immigrants juifs arrivaient armés d’une idéologie, d’un but et surtout d’une culture et d’une expérience de l’organisation infiniment supérieures à celle des indigènes qui vivaient depuis si longtemps dans une société plurielle qu’ils ne percevaient pas du tout –et d’ailleurs, ils ne l’auraient pas compris– que d’autres hommes ne concevaient la vie que dans l’uniformité ethnique ou, au pire, dans une écrasante domination démographique de leur groupe. Cette différence essentielle que nous découvrons à la lecture du livre d’Ilan Pappe ne constitue pas son sujet central ni sa préoccupation. Mais dans l’examen détaillé des plans d’épuration et de leur exécution, nous sommes frappés par les réactions des Palestiniens. Certes, l’auteur explique que, quand les sionistes, sous la direction politique de David Ben Gourion, passent à l’acte, les Anglais avaient décimé les élites politiques et les capacités organisationnelles des Palestiniens dans la répression de 1936. Certes, l’auteur rappelle le contexte arabe tout entier pris dans les rets de la politique britannique promettant aux grandes familles princières les dépouilles de l’Empire ottoman et, certes, il rappelle les connivences et les complicités durables entre sionistes et Hachémites pour se partager les territoires de la Palestine. Certes, il souligne combien le Monde arabe n’était que virtuel et sans capacités réelles de s’opposer au projet sioniste. Mais la question reste quand même la réaction palestinienne. Tout au long du livre se dégage l’impression d’un peuple pris au piège de sa culture ancestrale de paix civile et de paix sociale. Ilan Pappe nous raconte l’histoire de ces habitants d’un village côtier, près de Haïfa, qui avaient fait place à des migrants juifs, leur apprenant à produire avec eux un sel de grande qualité alors que les attaques de villages avaient déjà commencé, comme s’il s’agissait d’événements accidentels et non d’un plan qui les visait tous.
Ces villageois seront massacrés et expulsés, leurs maisons et leurs biens pillés, leurs terres confisquées. Evidemment, à aucun moment, il n’exista une résistance systématique, organisée, planifiée en dehors de l’arrivée de volontaires arabes en nombre insuffisant, dérisoire presque, sous-équipés, sous-encadrés et sans coordination. Et le livre souligne combien au plus fort des expulsions et des massacres, village après village, les paysans palestiniens restaient sans réaction, cherchant juste à continuer leur vieille vie paisible, à cultiver leurs champs.
La froide détermination moderne
En face, Ilan Pappe nous aligne des noms et des origines. L’Europe de l’Est, la France, l’Angleterre, l’Amérique avec des ingénieurs, des militaires chevronnés, des politiciens formés dans les partis modernes, une tradition politique, des capacités élevées de coordination, de planification, d’organisation et d’évaluation permanente des programmes et de leur exécution.
Des capacités scientifiques permettant la systématisation du renseignement, de la définition des objectifs, de la connaissance préalable du terrain, des villages, des hommes qui y vivent, de leurs manières de vivre, de leurs idées, de leurs différends, de leurs aptitudes à résister. Jusqu’à la valeur des terres, la présence de l’eau, la fertilité de chaque lot, etc. L’attaque d’un village était précédée de toutes ces études, de toutes ces évaluations et de tous ces préparatifs. Déjà, les sionistes trouvaient de précieux auxiliaires chez les mouchards qui les aidaient ensuite à sélectionner leurs victimes. La terreur, le meurtre, l’assassinat, les incursions de nuit, le dynamitage des maisons devaient inspirer une terreur tétanisante.
Ben Gourion et ses adjoints avaient monté, avant le départ des Britanniques, un service de renseignements qui se chargeait de ces besognes. A côté, un organisme avait pour mission de mettre un véritable cadastre parallèle. A côté de la Haganah, armée officieuse puis officielle des sionistes, opéraient la Stern et l’Irgoun. Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Anglais se firent complices des massacres. L’histoire de Haïfa que vous lirez dans le livre –si j’avais un quelconque pouvoir, je mettrais ce livre dans le programme de socio, de sciences politiques, de l’Ecole de journalisme, de l’ENA et des écoles militaires– est bouleversante par sa brutalité inouïe, sa cruauté et la duplicité anglaise. Duplicité qui était le trait dominant des dirigeants sionistes. Quand tous les rapports informaient Ben Gourion de la passivité palestinienne et de son pacifisme, il criait à un deuxième Holocauste et à une menace d’extermination des juifs.
Les colons juifs arrivaient avec dans la tête le modèle de l’Etat moderne : l’Etat-nation. Ils ont d’abord balayé un premier obstacle idéologique : il s’agissait bien de coloniser la Palestine mais pas pour en exploiter les habitants. Les dirigeants qui portaient dans leur tête le schéma classique de colons exploitant les indigènes devaient renoncer à leur vision. C’est une colonie de type nouveau dans laquelle non seulement il fallait déposséder l’indigène de sa terre mais dont il fallait le chasser. C’était une colonie, certes, mais juive et, à aucun moment, la présence des Arabes ne devait constituer une menace sur le caractère juif de ce nouvel Etat et encore moins constituer un danger démographique. Voilà la doctrine de base. Le pourcentage acceptable était un rapport de 20% d’Arabes pour 80% de Juifs. L’objectif ne variera pas au cours des décennies qui suivirent les quelques mois pendant lesquels le nettoyage atteignit les cimes du crime : entre les mois de décembre 1947 à mars 1948 et une prolongation jusqu’en 1949. Mais ce pic ne constitue que le modèle achevé de la cruauté. Tous les dirigeants israéliens continueront à appliquer la doctrine judaïsant les territoires, villes et campagnes, avec la même détermination, la même volonté froide, avec les mêmes arguments et avec les mêmes massacres de femmes et d’enfants, de destruction des vergers et des cultures, le même oubli jeté sur l’histoire palestinienne des lieux conquis, etc.
Ce nettoyage ethnique a été racial, culturel, religieux et il continue. L’appel de Tzipi Livni aux Arabes israéliens pour qu’ils admettent le caractère juif de l’Etat d’Israël présage une nouvelle campagne d’épuration. Elle a fait cette déclaration quelques jours après le discours de W. Bush à la Knesset. Il avait affirmé le caractère juif de l’Etat d’Israël. Tout le monde avait compris qu’il bénissait une proposition israélienne d’envoyer les Arabes israéliens vers les territoires de M. Abbas ou vers des pays arabes contre compensation financière. Ilan Pappe n’écarte pas un scénario de ce genre. Il rapporte le consensus général en Israël sur le danger démographique palestinien dans les territoires annexés. Il montre combien les responsabilités internationales sont lourdes sur ce dossier et combien ce crime bénéficie de complicités pour le taire. Mais Ilan Pappe écrit que cette réalité du crime et du nettoyage ne pouvait rester indéfiniment ensevelie. Il a pris l’immense et l’énorme responsabilité de le décrire en détail et sous toutes ses facettes dans un livre qu’on referme en se disant simplement : cet homme ! Quel courage ! Quel courage d’aller à contre-courant de toute sa société, de toute sa communauté, d’appeler au retour des réfugiés et à la réparation du crime. Mais pas seulement le courage. Ce livre est un modèle de travail scientifique et de méthodologie historique et je ne parle pas de son intérêt immédiat pour les débats actuels et pour tous les Algériens qui s’intéressent à la politique. Parfois les faits sont tellement durs que le lecteur a de la peine à poursuivre, mais il y apprend tant de choses essentielles, capitales sur le fonctionnement de l’intérieur d’une idéologie, d’une politique de domination et des institutions et des hommes qui les portent que l’intérêt et l’envie de comprendre l’emportent. Il frappe, en plus, la propagande sioniste en enlevant aux criminels l’argument de l’antisémitisme et de la haine du juif pour faire taire les critiques. La brèche est immense et seul un homme honnête, profondément honnête pouvait trouver en soi la force de dire la vérité contre les siens. Mais déjà, en la disant, il est aussi palestinien.
Mohamed Bouhamidi. Publié dans La Tribune le 03 – 07 – 2008
* Le Nettoyage ethnique de la Palestine (éditions Apic, 2008, 389 p. 800 DA) par Ilan Pappe, professeur d’histoire à l’université Exeter (Grande-Bretagne)
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Bruno Drweski-Retour de Chine

Retour de Chine par Bruno Drweski
Compte rendu d’un périple en Chine à l’invitation du département international du Comité central du Parti communiste chinois (ID CPC)(05/9/2023 – 17/9/2023)
(texte relu et complété par les apports des autres membres de la délégation française à partir de leurs propres notes)
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J’ai été invité dans le cadre d’une délégation d’Europe occidentale reçue par le département international du Comité central du Parti communiste chinois (ID CPC) et organisée par la section « Europe occidentale » de ce département. Cette délégation était intégrée dans le cadre d’un programme plus vaste de délégations venues d’autres parties du monde et devant toutes participer à la rencontre « Réalisations du Qinghai dans la pratique de la pensée du Xi Jinping sur le socialisme aux caractéristiques chinoises pour l’ère nouvelle ». Nous avons donc été reçus par le département international du PCC à Beijing qui a organisé pour nous des rencontres et discussions puis nous avons été reçus à Xining, capitale de la province du Qinghai, et dans sa région pour participer à cette rencontre internationale, effectuer plusieurs visites et participer à plusieurs rencontres, et enfin nous sommes partis pour Chengdu, la capitale de la province du Sichuan, où nous avons aussi effectué plusieurs visites et participé à plusieurs rencontres.
Notre délégation européenne était présidée par un membre du Bureau politique du Parti progressiste des travailleurs de Chypre (AKEL, communiste) et la délégation française était dirigée par Carole Bureau-Bonnard, au titre de son rôle « d’amie du peuple chinois » comme ancienne député de LREM, qui fut Présidente de la délégation chargée des activités internationales et membre du groupe d’amitié France-Chine. Participaient à cette délégation donc des communistes chypriotes, des membres de la Fondation Rosa Luxemburg d’Allemagne, deux chercheurs italiens se réclamant du communisme mais représentant la fondation italianieuropei de tendance social-démocrate. Parmi les Français, il y avait, outre moi et la personne déjà citée, le représentant de l’association Solidarité et Progrès qui a été une organisation prônant la coopération eurasiatique dès la fin des années 1980, ce qui en a fait « des vieux amis du peuple chinois », et un représentant d’un fond d’investissement français. Cette délégation peut paraître très hétéroclite dans sa composition mais il faut savoir que le PCC considère qu’il lui faut développer des relations avec tous les partis, groupes ou individus pouvant être classés dans la catégorie des « amis du peuple chinois » ou prêts à s’engager dans l’objectif mondial prôné par le PCC à l’heure actuelle, à savoir la création d’une « civilisation d’avenir partagée pour l’humanité dans le respect de la souveraineté des peuples et des Etats ». La question du socialisme et du communisme étant considérée par le PCC comme l’avenir ultime de l’humanité mais selon un rythme qui doit être adapté aux conditions des différents peuples et en fonction de leur propre niveau de développement. A cet effet, le PCC cherche à entretenir des liens particuliers avec les organisations marxistes-léninistes du monde entier au niveau des échanges politiques et idéologiques mais sans exclusive à l’égard des autres courants politiques représentatifs des différents peuples.
Du coup, notre délégation française était présidée par une ancienne députée aujourd’hui membre du groupe politique Horizons et qui a été jugée par les Chinois comme une personne acquise à l’idée d’un rapprochement entre la France et la Chine malgré les vicissitudes des rapports entre les deux pays et les hésitations manifestées sur le sujet par Macron.
Musée de la science médicale chinoise :
Le musée fait partie de l’Académie chinoise des Sciences médicales. Cette visite a permis de découvrir l’ancienneté et le souci des autorités chinoises pour le développement de la médecine traditionnelle chinoise (acupuncture, moxibustion et massages) non seulement en Chine mais partout dans le monde. La médecine chinoise traditionnelle s’attache depuis des millénaires à connaître la nature, le processus vivant, à prévenir et traiter les maladies afin de rester en forme et prolonger l’existence.
L’accent est mis sur la personne, chacun ayant sa propre façon de s’adapter à un environnement donné. Dans la médecine occidentale on s’intéresse souvent uniquement à la bactérie ou au virus. Ces organismes invisibles à l’oeil nu sont là quoi qu’il arrive. Comment se fait-il qu’à un certain moment ils deviennent nocifs, quel déséquilibre s’est installé dans le corps (notion taoïste du Yin et du Yang) ? Il faut traiter la vraie cause qui n’est pas le virus, mais le déséquilibre. C’est comme l’entente entre mari et femme nous précise-t-on: avant tout rétablir l’harmonie, faute de quoi l’un ou l’autre décroche. La médecine traditionnelle s’intéresse pareillement à chaque personne, sans distinction, traiter chacun « avec un cœur bon ».
Nos interlocuteurs font preuve sur ce sujet d’un véritable esprit missionnaire. Nous avons nous mêmes tous subi un examen médical et chacun des membres de la délégation a ensuite été soumis à un traitement après une analyse de son pouls et des éventuels soucis de santé qu’il signale.
Séminaire avec la cheffe du Bureau des affaires ouest-européennes de l’ID CPC :
Rappel des objectifs des communistes chinois depuis leur prise du pouvoir en 1949 :
1 – Réaliser la libération nationale par la coalition des quatre classes progressistes et anti-impérialistes chinoises, la classe ouvrière, la paysannerie, la petite bourgeoisie et la bourgeoisie nationale (opposée à la bourgeoisie compradore au service de l’impérialisme).
2 – Convaincre la nation chinoise de la justesse de poursuivre la lutte dans l’objectif de passer à une société socialiste puis communiste.
3 – Développer les forces productives pour atteindre et dépasser les grandes puissances capitalistes.
Le premier objectif a été atteint et le PCC veille en principe à ce qu’il ne puisse y avoir de renaissance d’une bourgeoisie compradore au service de l’impérialisme des puissances occidentales ni non plus la naissance d’une bourgeoisie impérialiste chinoise. D’où la nécessité de maintenir le rôle dirigeant du Parti communiste et la dictature démocratique populaire inscrite dans la constitution.
Le second objectif reste à atteindre car la Chine n’a fait que bâtir les bases pour un futur système socialiste développé qui devrait être atteint vers 2049. Pour le moment, le caractère socialiste de la Chine est dû selon ses dirigeants au fait que le Parti communiste chinois mène une politique de lutte contre la pauvreté. Cette politique a abouti à l’élimination de la grande pauvreté en 2021, au résultat que plus de 800 millions de Chinois sont sortis de la pauvreté (200 millions ont rejoint les « classes moyennes » ou supérieures) et que les 400 millions de pauvres restant sont désormais en voie de sortir de la pauvreté au cours des vingt prochaines années. Le fonctionnement du socialisme aux caractéristiques chinoises a permis disent les dirigeants d’éliminer en grande partie les contradictions de classe antagoniques et à régler pacifiquement les contradictions non antagoniques.
Le troisième objectif est de développer les forces productives, ce qui nécessite de permettre aux capitalistes de jouer un rôle pionnier dans certains domaines délimités, tant que ce système gardera ses caractéristiques dynamiques, efficaces pour le progrès économique, tout en veillant à ce que le Parti et le gouvernement gardent le contrôle des secteurs stratégiques de l’économie et insèrent le capitalisme en Chine dans un système de planification à visée socialiste. La période 1949-1978 a permis de créer les bases de l’industrialisation de la Chine en utilisant les méthodes de planification et la structure de propriété empruntée à l’Union soviétique puis, en 1978, sur la base de ces acquis, a été lancée une politique d’ouverture et de réformes, au moment du retour au pouvoir de Deng Xiaoping, dans l’objectif de créer un secteur capitaliste utilisable dans l’intérêt du peuple pour accélérer le développement qualitatif de l’économie chinoise encore sous-développée.
Après ces discussions et ma visite en Chine, je pense pouvoir personnellement définir le système chinois ainsi : « un système de démocratie consultative et de planification étatique d’économie mixte, développementaliste, redistributif, à visée communiste ». C’est-à-dire en fait, un système qui n’est pas caractérisé par ce que les marxistes appellent la « démocratie formelle », soit un système d’élections périodiques donnant la totalité du pouvoir à ceux qui ont réussi à obtenir la majorité absolue au parlement ou à la tête de l’État. Les Chinois préfèrent une démocratie consultative, c’est à dire un système où les élections directes n’ont lieu qu’au niveau du village ou du quartier, à partir de quoi chaque échelon supérieur est élu par les élus de l’échelon inférieur. Simultanément le Parti communiste, les partis associés et les organisations de masse (syndicats, organisations de jeunes et de femmes, personnalités reconnues) au sein de la Conférence consultative du Peuple chinois sont systématiquement consultées à tous les échelons avant de prendre les décisions. Les projets sont aussi mis en consultation publique par le Parti communiste, et les organisations de base du Parti font parvenir au sommet par un canal parallèle au canal administratif (gouvernemental) les opinions recueillies auprès de la population. Ce système est censé permettre une circulation des informations et de larges débats plus démocratiques que le vote strictement formel tous les cinq ans de nos démocraties. J’ai vu l’interview de l’ancien dirigeant d’un parti taïwanais qui avait obtenu 14 % des voix aux élections et qui déclarait qu’il y avait plus de démocratie sur le continent chinois qu’à Taïwan car il disait que le système appliqué sur le continent aurait donné à son parti la possibilité d’être systématiquement consulté sur les décisions politiques tandis que dans le système taïwanais (et occidental) celui qui a pendant cinq minutes tous les cinq ans 50 % plus une voix a un pouvoir absolu pendant cette période alors que lui, à Taïwan, aurait dû au moins avoir 14 % du pouvoir. Au lieu de quoi il a eu 0 % d’influence sur les décisions. Reste à savoir si ces principes du système chinois fonctionnent exactement comme prévu dans la réalité.
Sur le plan économique, le système chinois est un système d’entreprises publiques, mixtes et privées orientées par le plan central étatique, menant dans le cadre d’une économie « développementaliste » (pour un pays du tiers-monde), une politique redistributive que l’on peut considérér comme étant de type social-démocrate en faveur des classes populaires et des régions arriérées. Ceci, en gardant le contrôle de la superstructure et donc d’une éducation prônant la supériorité des comportements collectivistes sur les comportements individualistes avec visée ultime d’arriver à la société communiste. Voilà pour les principes tels qu’on pourrait les formuler dans un langage occidental et qui guident le fonctionnement du système chinois à l’heure actuelle. Ce qui ne veut pas dire que ces principes ne donnent pas lieu à des contradictions entre logique capitaliste et logique socialiste, aussi bien dans le domaine de l’économie, des rapports sociaux que de l’idéologie et des comportements quotidiens. En particulier, les capitalistes et les jeunes subissent l’attrait des clinquants consumérismes et individualismes de type occidental, capitaliste et bourgeois. Et dans les discussions que j’ai eue, j’ai bien senti que ces débats agitent la société chinoise et les membres du PCC.
Ce qui est censé garantir le caractère socialiste de la Chine, selon ses dirigeants et ses cadres, c’est le fait que le Parti communiste reste omniprésent par le biais de ses cellules de base, et qu’il est censé surveiller et contrôler le développement de tendances néfastes en son sein et dans la société envers l’objectif socialiste, qu’il mène avant la prise de chaque décision politique ou la nomination de cadres une politique de consultations systématiques des masses, des organisations de masse et des partis politiques qui lui sont associés, qu’il possède des commissions de contrôle aux pouvoirs étendus pour surveiller l’honnêteté de ses membres et qu’il pratique systématiquement des séances de critique et d’autocritique qui sont censées permettre de déceler les comportements asociaux qui pourraient se développer en son sein et empêcher son « auto-révolution » permanente, terme très répandu récemment par la propagande du Parti. On dit aussi que le système du « crédit social » si critiqué en Chine vise avant tout à la dénonciation de cadres corrompus ou au comportement peu social plutôt qu’à contrôler la masse de la population. J’ai pu mesurer qu’il existe un consensus assez large en Chine sur la justesse du fonctionnement du régime politique actuel et de la capacité de son noyau dirigeant à impulser des débats, des changements et des consultations prenant réellement en compte les opinions du peuple selon le slogan de Xi Jinping « en toute chose, mettre le peuple en premier ! »
Par exemple, le premier jour de mon arrivée, j’ai dîné avec des amis chinois hors du cadre de ma visite. J’ai pu entendre de leur part que la suppression des médecins aux pieds nus dans les campagnes pendant la révolution culturelle a été une erreur qui pousse les ruraux chinois à venir se soigner en ville à l’invitation de leurs enfants qui y ont migré. Et qu’à ce sujet, il y a un débat dans les médias chinois aujourd’hui sur le fait que la médecine chinoise coûte trop cher à la collectivité et qu’on pourrait la rendre tout aussi efficace en diminuant les dépenses de santé de moitié si l’on acceptait de se heurter frontalement aux lobbies de l’industrie privée pharmaceutique. Aujourd’hui, la quasi totalité des Chinois a accès à la sécurité sociale alors que jusqu’à récemment cela ne concernait que les employés des entreprises publiques. La Chine est donc le pays au monde qui compte le plus grand nombre d’assurés sociaux, ce qui mérite d’être souligné vu que ce pays reste encore un pays en développement et, malgré les critiques de ce système mentionnées plus haut, cela reste évidemment une grande réalisation.
Un autre débat médiatique en Chine porte sur les comportements individualistes et égocentriques répandus chez les jeunes Chinois qui sont accrocs aux modes, styles et musiques venues d’Occident et qui participent de la « pollution spirituelle » de la société chinoise. Ces réalités expliquent le développement de tendances conservatrices en réaction à ces phénomènes dans la société chinoise. Au lieu de poursuivre dans la voie du développement d’une morale socialiste, on voit donc se développer en Chine, m’a dit mon interlocuteur, des courants prônant le retour aux valeurs morales, sociales et familiales traditionnelles d’avant la révolution, ce qui peut parfois être positif, parfois moins car la morale traditionnelle avait beaucoup d’aspects contraignants dont les Chinois s’étaient libérés.
Il devient à la mode de prôner chez certains « quatre générations sous un même toit » pour remplacer la tendance des jeunes à chercher un logement séparé de leurs parents, grands-parents et arrière-grands-parents. …il faut dire que le prix de l’immobilier à Beijing est quasiment le même qu’à Paris, pour des salaires inférieurs. En fait, l’idéal pour un Chinois reste de travailler pour une entreprise publique ou tout au moins pour une entreprise privée ayant les moyens d’assurer un logement à ses employés. J’ai pu visiter des quartiers ou des entreprises modèles qui réalisent ce type de politique et on peut espérer que cela s’étendra à l’avenir à l’ensemble du pays. Nos accompagnateurs ne cachaient pas le fait que ces entreprises ou quartiers modèles n’étaient pas généralisées et que les problèmes d’inégalités sociales, régionales, villes/campagnes persistaient. Mais le Parti cherche à montrer le chemin grâce à ces exemples modèles, à généraliser ensuite à tout le pays. Plus bas je décrirai ces visites.
Au cours de son intervention, la directrice de la section Europe occidentale de l’ID CPC a d’abord tenu à nous remercier pour notre courage d’avoir accepté d’être reçu par le PCC alors qu’elle est consciente du fait que nous subissons dans nos pays des pressions pour éviter tout contact avec la Chine et que, malgré cela, nous sommes venus pour écouter le point de vue chinois sur les questions intérieures et internationales. Le département international du PCC entretient à l’heure actuelle des contacts avec plus de 600 partis politiques dans 160 pays du monde. Ce parti considère que nous venons d’entrer dans « une nouvelle ère » de l’histoire de l’humanité qui nécessite une compréhension mutuelle entre des sociétés ayant des expériences différentes et des niveaux de développement différents. Si le gouvernement chinois mène des relations d’État à Etat, le Parti communiste chinois mène des relations de peuple à peuple, ce qui explique son souci de développer désormais des relations avec tous les partis politiques représentatifs de chaque pays et de ne plus se limiter aux seuls partis marxiste-léninistes. L’objectif du PCC est ainsi de prôner la compréhension mutuelle entre les peuples tels qu’ils sont, à développer des réseaux d’amitié entre les peuples et d’aider à promouvoir partout la promotion de la partie de chaque société tournée vers le progrès social et scientifique.
La ligne directrice du PCC dans les relations internationales a trois objectifs : faciliter le développement global de l’humanité, créer les bases d’une nouvelle civilisation humaine et assurer la sécurité pour tous les peuples. Le PCC considère que tout recul d’un pays est néfaste pour l’humanité entière et pour le peuple chinois en particulier. Donc, malgré le caractère impérialiste des politiques européennes, l’objectif du PCC est de favoriser non pas l’affaiblissement de l’Europe mais sa stabilité et sa prospérité avec l’idée d’en faire à terme un partenaire stratégique. En particulier, la Chine souhaite faire le maximum d’efforts pour arriver à la paix en Ukraine. Le manque de compréhension entre la Chine et les pays européens qui règne aujourd’hui est jugé néfaste pour les deux parties. L’actuelle stratégie mise de l’avant par les dirigeants de l’UE sous la formule « derisking strategy » à l’égard de la Chine et de ce qu’on appelle en Europe le « risque chinois » ressemble trop aux yeux des Chinois à la stratégie des USA de « découplage d’avec la Chine ». « Nous devons chacun de notre côté évaluer correctement les risques en se basant sur les faits et pas sur les suppositions » ont ils martelé. La surpolitisation de toutes les questions a abouti à ce que le thème sécuritaire pollue toutes les autre considérations. Les autorités chinoises ne comprennent pas les accusations d’espionnage régulièrement portées contre la Chine (espionnage allégué des étudiants chinois par exemple, ou de responsables d’entreprise comme Huawei). On ne peut souhaiter en effet que l’Europe soit stratégiquement plus autonome d’un côté, et l’espionner de l’autre, cela n’a pas de sens.
Le PCC considère avec étonnement la perte des repères au sein des partis politiques européens, le cas le plus marquant étant celui des partis au départ antimilitaristes comme les Verts qui sont devenus, en particulier avec la guerre en Ukraine, les avant-gardes du militarisme. Nous nous trouvons a dit le directeur adjoint de l’ID CPC dans une situation où il arrive que des partis d’extrême droite disent des choses sensées alors que des partis plus progressistes tombent dans l’irrationalisme. Cela étant, jamais le PCC ne souhaitera que ce soient les partis les plus rétrogrades qui prennent le dessus sous prétexte qu’ils peuvent dire ici ou là des choses justes. Mais on doit regretter que des partis progressistes disent des choses clairement fausses.
Après ces déclarations, les membres de la délégation ont pu intervenir. Michael Brie de la fondation Rosa Luxemburg a parlé du déclin des USA, de la montée de la Chine, de l’importance montante des BRICS et du fait que les USA ayant des ressources limitées avaient besoin de l’Europe pour garder leur statut de puissance dans l’objectif de rester compétitifs vis à vis de la Chine. La guerre en Ukraine est donc pour eux un catalyseur qui freine l’intégration eurasiatique et rend les pays de l’UE dépendant de Washington sur le plan énergétique, géopolitique et des intérêts des complexes militaro-industriels. Dans ce contexte, il faut chercher des alternatives alors qu’on constate qu’il existe objectivement un conflit d’intérêt entre les USA et les pays de l’UE sur l’Ukraine. La politique des USA contribue à déstabiliser l’Europe et l’Afrique dans une situation de découplage grandissant entre les élites européennes et les masses. Cela porte sur l’Ukraine mais aussi par exemple sur la perception de ce qu’est réellement la Chine.
Réponse ID CPC : Il existe un consensus entre les dirigeants chinois et européens visant à terminer la guerre en Ukraine le plus rapidement possible, la question portant désormais sur les méthodes pour y arriver. Cette guerre a été autant un choc pour les Chinois que pour les Européens. Personne ne souhaite une guerre prolongée en Ukraine, hormis le secteur des industries d’armement des USA. La Chine considère que la vieille architecture de sécurité a été un échec pour l’Europe et qu’il faut donc bâtir une nouvelle architecture de paix durable. Le projet de la nouvelle route de la soie, « une ceinture, une route » (BRI), participe pleinement de cette construction d’une nouvelle architecture de paix, de coopération et de sécurité mutuelle.
Le Président de la délégation (du parti AKEL de Chypre) a proposé de constituer des groupes de travail Chine/Europe sur des points précis : éducation, défense, lutte contre la drogue, nouvelles routes de la soie, etc.
Le représentant de Solidarité et progrès a souligné que le défi pour les Européens est de savoir comment réagir aux objectifs poursuivis par les Etats-Unis pour ce qui concerne l’Europe. Le problème en effet n’est pas tant la politique américaine – certes problématique – que celle de l’Europe qui se soumet. En l’occurrence, il nous faut commencer par quitter l’OTAN affirme-t-il au nom de Solidarité et Progrès. C’est à dire rééditer le choix fait par de Gaulle en 1966, après qu’il ait été l’un des premiers chefs d’Etats occidentaux à reconnaître la République populaire de Chine, en 1964. Dans l’esprit du Traité de Westphalie qui prend en compte « l’avantage de l’autre », il faut remettre en avant la politique « d’entente, détente, coopération », leitmotiv du Général. Une des grandes difficulté en Europe est la montée de l’individualisme, en particulier chez les jeunes. L’idée qu’il existe un bien commun tend à disparaître, tant est favorisée par les gouvernements eux-mêmes la poursuite avant tout de leur intérêt personnel. L’idée même de nation est vidée de sa substance. La population française par exemple se dissout en une myriade d’identités réductrices selon l’ethnie, le genre, les croyances ou les groupes d’intérêt particuliers, dans une quête d’épanouissement individuel. Comme si l’on pouvait être « heureux » chacun dans son coin, indépendamment de ce qui se passe au-delà de notre quartier ou de notre pays. Le point de vue néolibéral pénètre ainsi tous les aspects de la vie, bien au-delà des échanges économiques. Les liens entre les gens, qu’ils soient sociaux ou citoyens, se désagrègent peu à peu. Fragmentée, la nation s’affaiblit. Le représentant de SetP a finalement évoqué la possibilité d’échanges entre jeunes Chinois et jeunes Européens sur le modèle de l’Office franco-allemand pour la jeunesse créé en 1963 sous l’impulsion de de Gaulle et du Chancelier Adenauer, contribuant à l’émergence, des deux côtés du Rhin, d’une génération de jeunes bien disposés les uns envers les autres et prêts à œuvrer pour le bien commun.
La représentante d’Horizons, ex-députée et membre du Groupe d’amitié France-Chine, a appuyé cette idée d’échanges de jeunes et souligné de son côté la continuité de la politique française vis-à-vis de la Chine. Dans le sillage de l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui est depuis 2018 le représentant spécial du ministère des Affaires étrangères pour la Chine, elle en a rappelé les grandes lignes, avec la métaphore du feu tricolore pour réguler la circulation :
– Feu rouge : points de blocage, notamment liés au respect des droits de l’homme
– Orange : points de coopération économique possible, à étudier au cas par cas
– Vert : Points d’entente et de rapprochement, avec la coopération culturelle et les sujets internationaux d’intérêt commun (environnement, patrimoine..)
Pour ma part, j’ai concentré mon intervention sur le fait que la droite en Europe présentait la Chine comme un pays communiste et agressif alors que la plupart des grands partis de gauche la présentait comme un pays trop capitaliste, voire impérialiste, ce à quoi la directrice a répondu que ces jugements étaient effectivement erronés car la Chine est bien un Etat socialiste, car aucun Etat capitaliste sous-développé et soumis à l’impérialisme n’avait réussi à réduire la pauvreté, ce qu’a fait la Chine. Le socialisme se mesure d’abord à ses résultats, et si le résultat est l’élimination de la grande pauvreté et la diminution de la pauvreté, comment peut-on considérer un tel Etat comme capitaliste ? Il ne faut pas confondre capitalisme et économie de marché. L’économie de marché peut fonctionner en faveur du socialisme.
Il est clair qu’il faut toujours commencer à poser la question de savoir pour qui sont élaborés les objectifs politiques ? En Chine, ils sont élaborés à partir des intérêts du peuple, pour servir le peuple. Le PCC ne travaille pas en faveur du capital comme cela se passe au niveau des gouvernements dans l’UE. La politique du PCC est orientée vers la paix et l’élaboration de solutions pacifiques ce qui est une autre caractéristique du socialisme. Nous savons que notre propre développement ne pourra vraiment aboutir sans le développement commun du monde entier, ce qui est un autre critère de socialisme. La tradition chinoise est collectiviste et non individualiste. Cela commence avec nos rapports avec nos voisins puis cela s’élargit au pays et enfin au monde. Les Chinois sont depuis toujours conscients par leur philosophie traditionnelle que toute l’humanité vit « sous le même toit » et partage donc un destin commun.
Rencontre et dîner avec le vice-directeur de l’ID CPC
Le vice-directeur nous a reçu en s’excusant de l’absence du directeur qui était en délégation auprès du Parti communiste du Vietnam et du Parti populaire révolutionnaire du Laos. Il a commencé son intervention en soulignant que le PCC voulait être humble et que chacun doit pouvoir apprendre de l’autre. Le but de notre visite et les régions que nous allions visiter ont été décidés après une longue réflexion. Notre délégation est la première délégation étrangère reçue par le PCC après la réouverture du pays suite à la crise du covid ce qui témoigne de l’intérêt de la Chine pour les pays et les partis d’Europe et d’Asie qui sont accueillis à cette occasion. Après notre visite et nos rencontres dans la capitale, il a été décidé de nous envoyer au Qinghai, région montagneuse du plateau Tibet-Qinghai car c’est la province la plus pauvre de Chine, donc celle où la lutte contre la pauvreté est la plus acharnée, celle qui est la plus pionnière en terme de construction d’une civilisation écologique, celle où cohabitent plusieurs ethnies et qui doit donc être pionnière en terme de cohabitation inter-ethnique. Par ailleurs, Xining, la capitale du Qinghai, et Chengdu, la capitale du Sichuan que nous allions aussi visiter, sont les deux têtes de ligne de chemin de fer du projet « une ceinture, une route » (Belt and Road Initiative) en direction de l’Europe à travers le Xinjiang, le Kazakhstan, la Russie, la Biélorussie pour atteindre la Pologne, à partir de quoi partent les trains vers toute l’Europe occidentale.
Le XXe congrès du PCC a lancé un plan de développement devant faire d’ici 2050 de la Chine un pays de civilisation socialiste moyennement développée, ce qui permet aux partenaires de la Chine de voir en elle un pays prévisible dans ses principes et ses réalisations. La Chine peut être comparée à un train, c’est un attelage qui a des objectifs clairs, il peut rouler plus vite ou plus lentement mais sa direction est connue. La Chine est un Etat stable affichant clairement ses objectifs. Au cours du premier semestre 2023, le PIB de la Chine a progressé de 5,5 %, ce qui en fait l’économie ayant la croissance la plus rapide au monde. La Chine se heurte néanmoins à plusieurs problèmes, le plus grave étant que l’environnement économique du pays est en mauvais état, ce qui provoque des problèmes opérationnels et aussi que le développement de la consommation est du coup trop faible. Les médias occidentaux sont néanmoins selon lui trop pessimistes dans leurs analyses de l’économie chinoise et nous ne sommes pas inquiets pour notre avenir. Les médias occidentaux parlent du ralentissement de l’économie chinoise à cause des pressions extérieures que le pays subit mais la Chine reste un des plus grand partenaire économique mondial avec 140 pays qui commercent avec elle et il est clair pour les dirigeants chinois que les pays occidentaux ne sont pas en état de se « découpler » de l’économie chinoise comme le soutiennent les dirigeants des USA. La Chine possède le système industriel le plus complet au monde et son marché intérieur est en augmentation constante par rapport à ses marchés extérieurs.
Dans les dix prochaines années 10 millions de Chinois devraient se déplacer vers les villes, ce qui devrait permettre le développement de la consommation et doper la croissance du pays. Le taux d’urbanisation est déjà de 75 % dans l’ouest du pays, en particulier dans les régions côtières, et de 65 % à l’échelle de tout le pays. Donc les dirigeants chinois estiment pouvoir faire preuve « d’optimisme raisonnable ». Le peuple chinois sait bien que le progrès du pays est dû à la direction du pays par le PCC et que le Parti doit maintenir son cap d’un parti mettant la compétence de ses cadres de l’avant. Après 100 ans d’existence et 70 ans au pouvoir, le PCC constitue un exemple étudié dans le monde, en même temps qu’au PCC on étudie l’histoire des partis politiques dans le monde. Chaque parti rencontre des problèmes, en particulier un parti comme le PCC qui approche les 100 millions de membres. Le PCC a sélectionné six grands problèmes auxquels le Parti est confronté :
1/ Ne jamais oublier ses fondements et des objectifs fondateurs. Si l’on analyse l’histoire des religions, on se rend compte que ce qui les rend attrayantes, c’est le fait que leurs règles fondamentales ne changent pas, aussi le PCC doit faire de même en n’oubliant jamais les buts à atteindre qui ont été formulés lors de sa fondation. Le PCC ne renoncera donc pas au marxisme-léninisme et à la pensée Mao Zedong comme fondement idéologique.
2/ Maintenir à tout prix l’unité du Parti, dans sa pensée, dans son action et dans sa volonté. L’idée qu’il puisse y avoir des factions constituées à l’intérieur du Parti est exclue. Le Parti encourage les discussions et les différences d’approche mais une fois que la décision est prise après larges débats, tous les membres du Parti doivent l’appliquer.
3/ Le PCC doit faire preuve d’une capacité à gouverner et à se développer tout le temps. Il doit savoir ce qui change dans un pays aussi grand que la Chine. Il doit être un parti compétent, où l’on connaît les langues étrangères, l’économie, la science et l’art militaire.
4/ Le PCC doit faire en sorte que ses membres soient des citoyens et des travailleurs politiquement et socialement actifs. Il ne peut accepter d’avoir des membres passifs et donc inutiles.
5/ Faire en sorte que le Parti trouve toujours des solutions aux problèmes.
6/ Mener en permanence une lutte contre la corruption par la méthode de l’auto-révolution. C’est ainsi que le PCC restera un parti populaire et efficace.
Tout le PCC et toute la Chine sont engagés dans un combat pour la paix et pour le progrès de l’humanité. Bon but, bonne compétence, bonne vision du monde à venir !
Après cette rencontre, nous sommes allés dîner avec la direction du département international. On remarquera qu’il nous avait été demandé de venir à la rencontre en cravate mais que quand le repas a commencé, le vice-directeur a retiré sa cravate, ce qui était le signe du fait que nous avons été reçus comme des officiels avant d’être admis comme des « amis ».
Lors du repas, un cadre du Parti répondant à la question de la guerre ou de la paix a déclaré « pourquoi y a-t-il des tensions autour de Taïwan alors que la Chine populaire a prouvé depuis des décennies qu’elle maintenait une politique pacifique dans la région ? » ce qui était une façon de montrer que ce sont les USA qui constituent là comme ailleurs le facteur de tensions et pas la Chine.
Séminaire avec la directrice de l’Institut d’économie de l’Académie de macro-économie et de recherches
La directrice Guo Chenli a d’emblée soulignée que pour les Chinois l’économie était, dans son fonctionnement, « macro-logique » et qu’elle allait nous présenter cinq points caractéristiques de la politique économique chinoise :
1° La modernisation chinoise
2° Les théories économiques
3° l’expérience économique depuis 1978
4° les réalisations obtenues depuis 2013
5° la signification globale des résultats de la Chine
La Chine a essayé tous les systèmes politiques et économiques inventés en Occident avant 1949 mais aucun n’a marché et ce n’est qu’avec la proclamation de la République populaire de Chine que le pays a commencé à sortir de l’arriération et de la pauvreté. De 1949 à 1978, le pays a construit sous l’initiative du Parti et de l’État les bases nécessaires à sa sortie du sous-développement par l’industrialisation de tous les secteurs économiques. Après quoi, la Chine a été en état de passer au développement qualitatif de ses forces productives dans le cadre de la politique de l’économie socialiste de marché et de l’ouverture. En 2012, le Congrès du Parti a lancé la nouvelle stratégie sous la direction de Xi Jinping et le XXe congrès de 2022 a lancé le projet d’unir le peuple dans la construction d’un pays socialiste moderne, objectif qui devrait être accompli en 2049 pour le centième anniversaire de la RPC.
La politique de modernisation socialiste prend en compte la situation générale et les spécificités chinoises. Il y a cinq caractéristiques distinctes :
1. La politique de modernisation se réalise dans le cadre d’un pays ayant un nombre gigantesque d’habitants,
2. Le principe de base est d’arriver à une « prospérité commune », sur la base de l’équité et de la justice,
3. Il faut mener une avancée simultanée dans les domaines à la fois matériels et spirituels. Renforcer la foi dans les objectifs du socialisme et tenir compte des traditions chinoises,
4. Progresser en faisant coexister pacifiquement l’homme et la nature par un développement soutenable. Atteindre la prospérité pour tous et pour l’équilibre environnemental,
5. Le développement de la Chine doit être pacifique, ce qui veut dire qu’il doit être assuré sans aller piller les pays étranger comme l’ont fait les colonialistes. La Chine doit apporter sa contribution au développement du monde entier.
– Mettre le socialisme de l’avant
– Assurer un développement partagé pour l’humanité
– Atteindre l’objectif d’une pays socialiste moderne et fort entre 2021 et 2049 ; atteindre en 2025 un niveau de modernisation modéré et passer à partir de 2025 à la construction d’un pays socialiste, prospère, démocratique, harmonieux et beau.
– Garder le rôle dirigeant du Parti et l’esprit de lutte.
Secteur par secteur, étape par étape, région par région, il faut lancer des innovations qui pourront ensuite être reproduites dans d’autres parties du pays. Savoir mener le développement en tenant compte de la tactique et de la stratégie. La stratégie générale est adoptée par la Conférence consultative politique du peuple chinois (assemblée du PCC, des autres partis politiques chinois et des organisations de masse) et la tactique doit être flexible et adaptée aux niveaux locaux.
Equité et efficacité. L’augmentation de la productivité doit donner des résultats bénéfiques et perceptible pour tous.
Indépendance et ouverture dans le cadre de la division internationale du travail.
Servir le peuple et mettre toujours le peuple en avant !
Les innovations théoriques doivent être basées sur la pratique, sur une politique basée sur les réalités et qui ne copie pas passivement l’analyse marxiste arrivant de l’étranger sans tenir compte des spécificités chinoises. Développement coordonné, prospérité commune et empêcher la polarisation de la richesse.
La politique de réforme et d’ouverture se base sur des accords de libre échange (il y en a 93 actuellement), la création de zones franches et le développement du projet « une ceinture, une route » BRI.
S’appuyer sur la confiance et le courage de tous les groupes ethniques du pays.
La Chine a développé une économie efficace et productive soucieuse non plus seulement de la quantité mais aussi de la qualité. Aujourd’hui, le secteur des services représente 52,8 % de l’activité économique et il est donc devenu le principal moteur de l’économie, en particulier grâce aux innovations. L’industrie s’oriente de plus en plus vers la haute technologie, les équipements et l’industrie manufacturière. La structure de consommation s’oriente de plus en plus vers la satisfaction des besoins du marché intérieur. Le PIB est passé d’un facteur 1 à un facteur 20 depuis 1978. La Chine contribue à hauteur de 18,4% au PIB mondial. Le productivité du travail augmente encore plus vite que le PIB.
Soucis pour l’amélioration constante du bien être social, des services publics, de la culture et de la sécurité sociale. L’espérance de vie en Chine a atteint 72 ans en 2022, ce qui donne à la modernisation chinoise un rôle mondial et l’apport du Parti communiste chinois au développement de la civilisation mondiale est basé sur une politique de développement prenant le peuple comme point central de référence.
Question des invités : Quels sont les principaux obstacles rencontrés à l’étranger ?
– La situation internationale est redevenue complexe et nous devons tenter de maintenir la stabilité et se concentrer sur notre propre développement.
Question des invités : Pourquoi utiliser la notion de PIB sans inclure la notion de PPP qui, pour la Chine, est bien plus élevé que le simple PIB ? Et pourquoi continuer à communiquer les statistiques en fonction du taux de change du dollar ? Comment résoudre les inégalités ? Votre croissance est-elle due au capitalisme ou au socialisme ?
– L’évaluation par le PIB dans le cas chinois est beaucoup plus signifiante que dans d’autres pays car notre économie est basée sur une production réelle. Notre politique a permis d’éradiquer la grande pauvreté et de diminuer les écarts entre la ville et la campagne, entre les régions et entre les revenus, par le biais de transferts d’investissements, d’amélioration des infrastructures et d’aides directes. La poursuite de l’urbanisation, l’intégration entre les zones rurales et les villes environnantes, la construction de nouvelles infrastructures dans les zones rurales devraient continuer à réduire la polarisation. Par ailleurs, nous avons un système fiscal progressif, une assurance sociale et un système d’aides pour les plus pauvres, en particulier au cours de la période des restrictions dues au covid. Tout cela contribue à diminuer les différences mais nous devons introduire toutes ces mesures de façon telle que cela ne provoque pas en retour un développement de la paresse.
Pour ce qui est du marxisme, les politiques du PCC sur les questions propriété et de distribution montrent que le PCC est strictement marxiste. En Chine, c’est la propriété publique qui est dominante et elle joue également un rôle indirect par le biais des propriétés mixtes qui permettent d’insérer l’économie privée au sein des mécanismes de l’économie publique. Tous les secteurs stratégiques en Chine appartiennent à l’État et le système de distribution est bâti en fonction du travail, de la protection des droits des travailleurs et de la redistribution de la richesse. Il y a interaction entre le plan et le marché.
Jiang Yigao (Chinese Civil Engineering Construction corp. Entreprise née en 1979, au tout début de la politique d’ouverture). Elle possède 111 filiales dans le monde entier avec 38 000 employés. Construction, design, consulting, financements, investissements, chemins de fer. Elle a formé 31 000 employés dans les pays où elle est présente. Construction de chemins de fer en Afrique, d’une université au Nigeria, etc. Elle a construit 9 000 km de chemins de fer à l’étranger (Afrique, EAU, Asie, etc). En Ethiopie la construction de la ligne de chemin de fer a permis la création le long de la ligne de 100 000 emplois et de six parcs industriels. Projets hydrauliques financés par la Banque africaine de développement, autoroutes, ponts, centres médicaux, logements, stades, aéroports, centrale d’énergie, tramways. La société est aussi présente en Europe, en particulier en Europe orientale et en Allemagne où elle construit des chemins de fer, des routes, organise le système de drainage des mines, des logements et des écoles, des formations. Elle s’est lancée en partenariat avec des Européens dans des projets en Afrique.
Contemporary World Magazine (édité par l’ID CPC http://www.ddsjcu.com) : pour la promotion d’un développement plus équitable en faveur des régions les plus pauvres. Pour la promotion du développement international. Appel à des contributeurs étrangers, chercheurs ou politiciens. Aujourd’hui, la situation internationale est devenue imprévisible. Promotion d’une version digitale du magazine qui atteint 7 millions d’abonnés.
Gao Yang : Il vient de revenir à Beijing après trois années passées dans la politique de développement régional au Xinjiang. Son intervention avait pour titre « Pour la promotion d’une communauté humaine d’avenir partagé ». Les gens de tous les pays réalisent que ce à quoi aspirent toutes les sociétés c’est l’abondance matérielle, la paix, la stabilité et la prospérité culturelle. Pour atteindre ces objectifs, nous avons besoin de croissance, de sécurité et de civilisation, chaque aspect est complémentaire des autres et le tout se renforce mutuellement. Le Président Xi Jinping a en effet proposé en mars de cette année une initiative globale de civilisation, la troisième initiative globale donc qui vient compléter l’initiative du développement global et celle de sécurité globale. La croissance est à la base de la sécurité et de la civilisation. C’est seulement quand les pays prospèrent que la paix peut durer et la civilisation s’épanouir. Pour avoir la paix, il faut des gens bien nourris et bien habillés. Réciproquement, il ne peut y avoir de développement économique sans stabilité et sans sécurité.
Ces trois initiatives globales, qui mettent l’accent sur les enjeux fondamentaux dans un contexte de changement profonds et inédits dans le dernier siècle, tracent des chemins praticables pour qu’à l’échelle du monde se bâtisse une communauté humaine avec un futur partagé. Entrant dans une période de turbulence et de transformation, l’humanité a une fois de plus atteint un carrefour de l’histoire. Son futur dépend du choix de tous les peuples de par le monde. L’initiative de développement global (IDG) c’est d’abord l’aspiration et le besoin urgent, particulièrement pour les pays en voie de développement, d’une croissance économique plus rapide. Il faut résoudre le problème du développement inégal et impropre à l’intérieur même des nations et entre les nations. Pour toutes les question liées aux conflits, aux guerres, à la stabilité et à la paix, l’IDG met en évidence la voie pratique pour arriver à l’initiative globale de sécurité (IGS) qui consiste aussi à traiter les point chauds régionaux et les conflits géopolitiques. Le succès que la Chine a obtenu en réalisant la médiation entre l’Arabie saoudite et l’Iran ainsi que son engagement à promouvoir un accord politique dans la crise ukrainienne à travers des pourparlers de paix, sont des exemples de la façon dont nous adressons les dilemmes sécuritaires dans le cadre de l’IGS.
L’initiative globale de civilisation (IGC) vise quant à elle à achever l’unité dialectique basée sur ce qui rassemble les civilisations au-delà de leur diversité, en recherchant les points communs entre elles tout en respectant intégralement leurs identités propres. D’un côté l’ICG souligne l’importance pour chaque civilisation de bien cultiver son héritage unique, en maitrisant au mieux son histoire présente et passée, comme un miroir pour comprendre le présent et le futur. En même temps l’IGC appelle à un dialogue inter-civilisationnel et à des échanges soutenus de peuple à peuple afin de mieux se découvrir mutuellement et de nouer des liens d’amitié. Les outils du matérialisme dialectique et historique sous-tendent la vision des trois initiatives, révélant les lois qui gouvernent le développement de la société humaine et sa direction future. Le peuple y est toujours au centre. La civilisation chinoise a toujours prôné les liens de parenté entre toutes les créatures. Nous sommes à la veille d’une ère nouvelle pour toute l’humanité et cela pose la question de la guerre ou de la paix. Pour garantir la paix, il faut pouvoir imposer par la force la renonciation à la violence, ce qui permettra de déboucher sur une coexistence pacifique. Non pas sur la base d’une politique de force et de clash des civilisations mais sur la base d’un futur partagé. La Chine ne va jamais rechercher l’hégémonie car nous recherchons la paix et le développement, ce qui est à la fois notre intérêt et celui de toute l’humanité, il n’y a aucune contradiction entre les deux.
Question : la guerre contre la pauvreté, l’unité et la diversité, le bien et l’intérêt commun contre l’individualisme, tout cela entre en opposition avec la financiarisation de l’économie qui s’oppose à l’économie physique. Or qu’en est il de la spéculation immobilière en Chine ? Et pour l’Afrique, est-ce que la Chine ne contribue pas à l’endettement de ces pays ?
– La construction des infrastructures en Afrique aboutissent à la diminution constante de la main-d’oeuvre chinoise au profit de la formation d’employés locaux réalisant des projets décidés par les Africains. La construction par les Chinois de centres de formation devrait aboutir au résultat d’avoir aujourd’hui dans les projets chinois en Afrique, un Chinois pour 15 locaux. Si cela n’a pas toujours été le cas, désormais embaucher un Chinois revient plus cher. Mieux vaut embaucher des locaux et les former. L’objectif de la Chine dans son aide au développement est à long terme, il s’agit d’investissements qui doivent créer un cercle vertueux entre la Chine et les pays partenaires. La Chine forme des étudiants étrangers, elle permet la création de parcs industriels le long des chemins de fer qu’elle construit et cette expérience a d’ailleurs été réutilisée en Chine même, au profit des régions les plus pauvre du pays.
Sur la question de la rentabilité des investissements en infrastructure : « si tu veux devenir riche, construis une route » dit le proverbe chinois. On ne doit pas considérer ce que rapporte un chemin de fer par exemple, par le seul revenu venant des tickets vendus ou du règlement des factures de transport de marchandises. La vente des billets couvre les coûts d’exploitation (coûts de fonctionnement au jour le jour : énergie, salaire des personnels), pas les coûts liés aux investissements initiaux (les voies, les matériels ferroviaires). Il faut prendre en compte les revenus qui dérivent de l’activité induite par l’existence même de ce moyen de transport, en particulier les activités générées au sein des parcs industriels le long du chemin de fer. Si les retombées pour l’économie du pays sont toutes prises en compte, on estime qu’un dollar investi dans le chemin de fer, créé 9 dollars d’activité induite.
Pour ce qui est du secteur immobilier, il faut d’abord noter le développement réel de ce secteur. L’intervenant lui-même mentionne qu’il est originaire de la campagne et qu’il a pu ainsi mieux mesurer l’amélioration réelle de la qualité de vie dans les campagnes. Il y a une crise en Occident mais il n’y a pas de crise en Chine. Suite à l’augmentation excessive des prix notamment dans les villes, la crise immobilière en Chine est le résultat du changement de politique décidé par les pouvoirs publics visant à provoquer un déclin relatif des investissements dans ce secteur. Le problème du secteur immobilier a été détecté par nous-mêmes et nous l’avons fait porter sur le dos des spéculateurs dans le but de diminuer l’importance de ce secteur et tout particulièrement de la partie de ce secteur orientée vers les plus riches. l’État a planifié cette « crise » qui a servi d’avertissement.
Visite des Archives nationales chinoises pour les publications et la culture
Un énorme complexe de bâtiments construits à flanc de montagne avec le gros des collections sous-terre. La partie visible est en partie ouverte aux visiteurs et a pour objet de montrer l’histoire de l’écrit en Chine. Chaque époque est traitée en montrant des œuvres de l’époque, choisies en fonction des priorités politiques actuelles. Montrant par exemple des documents anciens soulignant le caractère anciennement chinois de territoires contestés en mer de Chine, etc. Une importante section est dédiée aux études des œuvres du marxisme-léninisme sous le titre « La voie vers la vérité », une autre à la pensée de Mao Zedong puis d’autres aux théories de Deng Xiaoping, Jiang Zemin, Hu Jintao et Xi Jinping.
Soirée dans un grand centre commercial à ciel ouvert de Beijing
Nous y avons été amenés par trois employés de l’ID CPC qui aiment y venir. Musique rock chinoise avec refrains en anglais, look « mondialisé anglo-saxon ». Lieux de rencontre de jeunes « branchés » qui aiment boire de la bière locale « faite maison ». Je demande à l’une de nos accompagnatrices qu’elle me traduise le texte de la chanson (techniquement assez bien faite d’ailleurs), elle me répond que c’est une des chansons les plus populaires dans la jeunesse chinoise aujourd’hui mais qu’elle ne connaît pas les paroles.
Le lendemain, longue conversation avec une jeune employée de l’ID CPC qui connaît l’Europe. Elle parle de la jeunesse chinoise, du prix élevé des logements, des distances à parcourir entre son logement et son travail, du fait que les jeunes ne savent plus s’ils vivront mieux que leurs parents, que leurs parents avaient un avenir prévisible, que ce n’est plus le cas pour les jeunes et que la crise du covid a été un choc car ils ont soudainement compris que l’avenir n’était pas écrit d’avance. Globalement, elle pense que ses parents ont peut-être eu une vie meilleure qu’elle, que la jeunesse chinoise remet en avant par individualisme grandissant la centralité du travail comme valeur dominante en Chine et que le collectif et les entreprises devraient penser un peu plus aux intérêts des individus. Elle pense qu’avoir un enfant aujourd’hui ça coute cher à élever, à nourrir et à éduquer, que beaucoup de jeunes ne veulent pas avoir d’enfants car c’est une trop grande contrainte, et que s’ils en ont, ce sera rarement plus d’un enfant. Bref des questions qui ressemblent beaucoup à celles des jeunes des « classes moyennes » occidentales. Cela étant, elle nous dira par la suite très honnêtement qu’elle a demandé son adhésion au Parti « comme presque tous les jeunes des meilleures universités » par conformisme et parce que cela pouvait « un peu » aider dans sa carrière mais qu’après quelques années d’appartenance, de réunions de formation sur l’histoire du Parti et sa philosophie et de sessions de critiques et d’autocritiques visant à améliorer sa moralité et son comportement elle a été convaincue que le Parti était réellement là pour « servir le peuple » et qu’elle est contente de travailler à cette mission.
Visite de la Cité interdite, de la place Tien an Men et du temple du Ciel
Visite de la cité interdite sous la pluie, un lieu très fréquenté par les touristes, d’une grande beauté, très bien entretenue, mais palais et temples assez vides car la plupart des pièces ont été emportées par le Kouomintang à Taïwan au moment de sa débâcle et de la libération de Beijing. Elles sont exposées à Taipei dans un immense musée du palais impérial bâti là-bas à cet effet …et qui prouve bien que Taïwan se considère comme chinoise et en est fière !
Les Chinois sont très fiers de leurs traditions mais la société semble en même temps très laïcisée, voire athéisée. Je constaterai tout au long de mon voyage que peu de Chinois comprennent ce qu’est la foi et la religiosité telle qu’elle peut être vue dans les pays de tradition monothéiste ou même dans les autres pays de tradition bouddhiste. J’ai noté un moment particulier. Lors de la visite du temple du Ciel, il y a une pierre sur laquelle l’empereur se plaçait chaque année pour accomplir une prière demandant de bonnes récoltes et où il était censé avoir alors le lien direct avec le ciel pour que sa prière soit exaucée. Une masse de touristes chinois se font photographier sur cette pierre et font des vœux au ciel. Cela ressemble plutôt à une rigolade qu’à un acte sérieux et je demande aux cadres du Parti pourquoi ils ne font pas comme eux et je reçois la réponse, « ce sont des superstitions, nous devons les combattre ». A ce moment là arrive un groupe organisé d’hommes et de femmes portant tous les mêmes chemises et un badge avec une étoile rouge, certains en plus un badge de Mao Zedong et certains même un troisième badge communiste. Et les uns après les autres, ils vont sur cette pierre en rigolant et en se faisant photographier. Je dis à la cadre qui venait de me parler des superstitions « Vous voyez, vous ne pouvez pas dire que eux ce ne sont pas des communistes et pourtant ils vont sur cette pierre comme les autres », ce à quoi elle me répond « ce ne sont visiblement pas de vrais communistes, tout au moins pas des cadres communistes ! On ne doit pas rigoler de la religion, on doit la traiter sérieusement et la combattre sérieusement ». Je lui demande alors si on peut être membre du PCC et croyant, elle me répond que non, les croyants peuvent adhérer aux autres partis politiques chinois associés au PCC mais ne peuvent pas adhérer au PCC. Les membres du Parti communiste peuvent entrer dans des temples religieux mais ils n’ont pas le droit d’y faire de rituels religieux. Ce qui explique pourquoi, par exemple, les Ouïghours qui font le Ramadan ne peuvent être membres du PCC (et ce qui a donné en Occident la version médiatique qu’on traque en Chine les fonctionnaires pratiquant l’islam, mais en fait on les exclue du Parti comme tous les autres pratiquants). Mais elle reconnaît que dans le Parti on trouve des gens qui camouflent leurs croyances.
J’ai eu aussi une longue discussion avec un cadre de l’ID CPC sur la question de savoir comment empêcher la dégénérescence du pouvoir populaire. Il m’a parlé du rôle très important de la Commission de contrôle au niveau central et à chaque niveau de l’organisation. Elle a plus de pouvoir que le Comité central et peut enquêter sur n’importe quel membre de la direction du Parti. Le Parti avance selon lui selon le principe « d’auto-révolution » qui vise à ce que chaque membre et chaque organisation du Parti s’améliore et surveille son propre comportement et celui de ses camarades. Chaque membre du Parti doit contrôler la discipline et l’honnêteté de chaque camarade, à quoi s’ajoute la formation théorique par la lecture des œuvres du marxisme-léninisme et de Mao Zedong. Le Parti à chaque niveau consulte les masses à propos du comportement des membres du Parti. Chaque promotion se fait après avoir envoyé le membre promu dans différentes missions et enquêté auprès des masses de chaque lieu d’activité sur l’opinion qu’elles ont du militant en question. Si les opinions concordent dans ces différents lieux, le militant est élu cadre à un niveau de base et ainsi de suite jusqu’au niveau national. Donc chaque cadre du Parti a d’abord « tourné » à différentes missions dans son entreprise puis son quartier, puis ensuite au niveau de son district, puis de sa province et finalement au niveau de tout le pays. Et c’est donc après ce processus qu’il peut être élu au Comité central où il reste sous la surveillance de la Commission de contrôle et « des masses » parmi lesquelles il est en mission.
Un autre point que j’ai remarqué en Chine c’est que le noyau dirigeant chinois est très masculin mais que les femmes sont particulièrement nombreuses à l’échelon immédiatement inférieur, dans le Parti comme hors du Parti (direction des départements au Parti, des hôpitaux, etc.)
Le hasard a fait que à la table d’à côté du restaurant de l’hôtel où nous étions, j’ai remarqué une délégation syrienne (que j’allais recroiser d’ailleurs au Qinghai) et je suis allé vers eux. Cette délégation était nombreuse et pour moitié composée de femmes, c’était une délégation officielle du Baath socialiste arabe syrien (le parti du président Assad), ce qui montre l’étroitesse des relations de ce parti avec le PCC. J’ai donc discuté avec eux un long moment. La discussion a été très chaleureuse, ils m’ont dit que la Syrie n’avait pas cédé et que maintenant, même si la situation économique du pays sous blocus était catastrophique, la partie était gagnée, les Occidentaux n’ayant pas réussi à casser la colonne vertébrale du peuple syrien. J’ai expliqué que j’avais été deux fois en Syrie avant la guerre et que j’y avais même rencontré le président Assad dans le cadre d’une visite organisée par l’Appel franco-arabe et les éditions Le temps des cerises (dirigée alors par Francis Combes). Je garde de cet échange ce qu’ils m’ont dit lors de notre conversation, à savoir qu’en Syrie on fait la différence entre le peuple de France et ses élites, qu’un sentiment de solidarité très fort existe chez les baathistes envers la Russie, la Chine et l’Iran et qu’ils sont persuadés que l’intégration de toute l’Eurasie est en route alors que les USA sont sur le déclin. « Malgré le fait qu’ils détruisent notre monnaie, qu’ils nous affament, qu’ils volent notre pétrole et qu’ils bloquent même l’importation de médicaments, nous restaurons nos capacités productives, nous sommes un peuple patient, nous avons le temps et la ténacité et nous avons déjà gagné. La Russie n’a jamais été défaite dans l’histoire et en s’attaquant à elle les USA se sont condamnés, les Européens doivent comprendre que la guerre que les USA ont lancé contre la Russie est encore plus une guerre contre les Européens »
Visite de la communauté de résident de Wentingxiang à Xining (Qinghai)
La première journée de séjour à Xining, la capitale de la province la plus pauvre du pays, le Qinghai, nous nous sommes promenés sans programme dans la ville. Une ville très moderne qui a connu un agrandissement très récent et où habite presque la moitié de la population de la province (la plupart des constructions remontent à moins de 15 ans). C’est une ville à majorité han dans une province où les minorités nationales représentent la moitié de la population (Tibétains, Mongols, Houeï-musulmans, Ta et autres).
Nos hôtes ne cachent pas qu’ils ont voulu nous montrer leurs réalisations dans cette région pauvre, pluriethnique et encore écologiquement préservée et que c’est la raison pour laquelle c’est une province pilote. Ce que nous verrons seront des réalisations modèles qu’il faudra ensuite généraliser à l’ensemble de la province et du pays. L’expérience acquise par les Chinois en Afrique et ailleurs à l’étranger leur a servi disent ils pour faire de même dans les régions intérieures défavorisées de la Chine. C’est donc à partir d’une expérience extérieure que les Chinois se sont mieux attelés à une tâche comparable chez eux.
Notre visite de Xining a donc commencé par la visite de la communauté de résidents de Wentingxiang construite récemment et qui est un quartier modèle récemment visité par Xi Jinping. Il y a dans cette communauté de logements 7 232 logements construits en hauteur pour 22 000 habitants. La communauté est divisée en petites cités, chacune ayant son propre comité de résidents. L’organisation du Parti de la communauté compte six cellules avec 952 membres. La majorité des habitants appartient à l’ethnie han mais les minorités nationales sont regroupées dans une cité afin de faciliter la préservation de leurs langues et de leurs traditions culturelles. L’objectif affiché est donc de faciliter l’intégration pluri-ethnique par une cohabitation au sein de la communauté de résidents tout en préservant simultanément les traditions culturelles des minorités nationales. Chaque minorité nationale peut cultiver ses traditions et les faire partager aux habitants de toute la communauté. C’est ainsi que pour les fêtes lamaïstes tibétaines, le nouvel an tibétain ou l’Aid musulman, tous les habitants sont sollicités pour assister à des manifestations artistiques et goûter à des plats spécifiques. J’ai pu remarquer que, en Chine, le port du foulard islamique pour les femmes ou de la chechia pour les hommes est assez répandu et ne semble poser aucun problème, il est considéré comme une tradition culturelle ethnique tout aussi respectable que les habits traditionnels des autres minorités, y compris à l’école où la tendance dominante reste cependant l’uniforme commun à tous les élèves de chaque établissement, et se différenciant des uniformes d’autres établissements. On peut remarquer que beaucoup d’élèves portent aussi le foulard rouge de l’organisation des pionniers de la jeunesse communiste.
Une partie des activités sociales de la communauté est déléguée à des bénévoles. Les personnes âgées habitent avec les plus jeunes ou dans des logements où elles sont mélangées avec des plus jeunes. Chaque personne âgée doit pouvoir avoir à moins de quinze minutes de marche un accès à un club où elle pourra exercer des activités sociales permettant aussi de mieux irriguer leur cerveau (calligraphie, chant, broderie, peinture, lecture, etc.). Un local existe pour des consultations médicales et psychologiques. Le vivre ensemble est favorisé par le biais d’activités communes et d’activités de dialogue visant à éliminer les sources de tensions ou de violences. Des activités de formation sociales, artistiques, politiques, etc sont proposées. Les habitants modèles sont proposés en exemple à leurs voisins et les personnes âgées ayant eu un parcours de vie intéressant sont sollicitées comme exemple pour parler de leurs vies aux plus jeunes. Tous les samedis ont lieu des rencontres de voisinage pour promouvoir « l’auto-gouvernance » et « l’harmonie collective », et éliminer à la base les problèmes d’insécurité et d’incivilité afin qu’ils soient réglés avant d’avoir besoin de faire appel à la police. Le commissariat local de la « police du peuple » est en relation directe avec les comités de résidents pour prévenir les tensions et mener des activités d’éducation au droit. L’objectif affiché par les élus de la communauté est de ne laisser personne seul ou inactif, quelque soit son âge, ce qui passe par l’encouragement au bénévolat pour bâtir le lien social. Cette communauté est évidemment joliment construite, très verte, et fait figure de modèle à suivre. On peut penser que c’est une communauté exceptionnelle et que son rôle est de servir d’exemple à ce que le pouvoir cherche à propager sur tout le territoire. J’ai pu toutefois remarquer que partout où je passais en Chine, les allées étaient fleuries, les autoroutes bordées de larges espaces boisés, que les immeubles d’habitations ont tous un style spécifique, que les éclairages sont tous disposés la nuit de manière artistique, ce qui nécessite sans doute de fortes dépenses en électricité et que toutes les constructions nouvelles sont faites en tenant compte de critères écologiques visant à l’auto-suffisance de chaque unité en matière d’autonomie énergétique (panneaux solaires sur les toits, etc.).
Visite du Musée des ressources naturelles du Qinghai
Toute la province a été érigée en territoire pilote pour la Chine en raison de son caractère pauvre, pluri-ethnique et écologique. La province est la source des trois plus grands fleuves chinois et de l’Asie du sud-est (Le Mekong, le Yangtzé et le fleuve jaune), c’est à cause de ses glaciers, qualifiés de « troisième pôle glaciaire » de la terre (derrière cette expression se profile des revendications chinoises pour intégrer le processus de gouvernance de l’Arctique). C’est donc pour cela qu’elle a été choisie comme province pilote pour le développement d’une « civilisation écologique ». Xining est par ailleurs, à côté de Xian et de Chengdu que nous allons aussi visiter, la tête de la ligne de chemin de fer du projet « Une ceinture, une route » BRI en direction du Xinjiang, du Kazakhstan, de la Russie, de la Biélorussie et du port sec polonais de Malaszewicze, tête de ligne pour les trains de marchandises chinois en direction d’Europe occidentale.
A côté de cela, le Qinghai est le symbole du retour de la politique de l’État chinois vers le marché intérieur et les régions occidentales de la Chine contrairement à la première phase des réformes de 1978 quand ce sont les régions maritimes qui jouaient un rôle pionnier dans le développement de l’économie nationale et internationale.
Visite du monastère bouddhiste tibétain (lamaïste) Kumbum de Ta’er
C’est un très vaste monastère avec une architecture extrêmement riche et bien entretenue qui permet de voir dans cette région multi-ethnique des caractéristiques tibétaines mélangées à une influence de l’architecture des régions hans et mongoles. L’impression générale que j’ai retenue est que les moines locaux ne faisaient pas grand chose si ce n’est de nous regarder, de loin, ce qui m’a donné un peu l’impression d’être un genre de touriste découvrant une réserve indienne, d’autant plus que le guide nous expliquant la religion tibétaine n’était pas un moine mais une guide han. Ce monastère qui a semble-t-il joué un rôle fondamental dans la naissance du bouddhisme tibétain est censé nous montrer la politique de tolérance et d’aide aux activités religieuses et culturelles mise en place par l’État chinois mais j’ai quand même eu l’impression que si, sur le plan du décorum et du respect stricte des règles du rituel, on a effectivement affaire à une protection du patrimoine historique et religieux tibétain, le volet « foi authentique » ne semble pas évident. Hormis les moines, c’est à une masse de touristes que l’on a affaire, un peu comme au mont St Michel, mais je n’ai vu en tout et pour tout au long de cette longue visite qu’une seule fidèle faire un acte de dévotion, les moines eux-mêmes donnant l’impression d’être désoeuvrés ou se livrant sur la place centrale du monastère à quelque chose qui ressemblait plus à un jeu qu’à des discussions théologiques, même si on m’a expliqué qu’ils « jouaient » ainsi en se tapant les mains dans un rituel coutumier pour prendre la parole et contredire l’autre moine qui venait de donner son interprétation de ce que les moines avaient lu pendant la matinée. La majorité des moines ne participaient à aucune activité et on m’a dit que l’après midi était le moment de pause après les études des textes sacrés du matin. Comme pause, j’avais plus l’impression de les regarder comme des animaux de zoo et eux aussi nous regardaient comme des bêtes étranges. Pendant ce temps là, la guide han nous expliquait dans le détail les fondements théologiques de la religion lamaïste sans oublier de mentionner en passant les inscriptions permettant de voir le rôle des empereurs de Chine dans le développement du monastère. Impression ambiguë. Mais, en ce qui concerne le nombre de moines, il faut constater qu’ils sont très nombreux et qu’on peut se demander qui les fait vivre.
Visite de l’usine de production de tapis traditionnels tibétains de Shengyuan à Xining (Shengyuan Carpet Co, Ltd.)
Le lendemain nous avons visité une usine de tapis traditionnels tibétains qui a été créée en 2007 en se basant sur les savoir faire ancestraux, par un propriétaire han et sa fille. C’est aujourd’hui une usine qui produit des tapis pour le monde entier. Certains continuent à être produits à la main par des maîtres du détail et de la perfection, d’autres utilisent des machines modernes conçues pour produire des tapis aux motifs divers mais découlant de la tradition tibétaine et aussi proches que possible de la solidité que les tapis faits à la main. Les clients peuvent aussi commander des tapis « mixtes », avec une base industrielle et une finition faite main. Les machines ont été importées de Belgique et du Royaume-Uni et la fille du propriétaire a fait à cet effet un long stage dans l’entreprise belge les produisant. L’entreprise familiale coopère avec les éleveurs de Yak de la région, elle a construit des logements à bas loyers pour ses employés, ce qui est une forme de salaire différé pour les ouvriers et surtout ouvrières non originaires de la ville. Il existe un syndicat et une cellule du Parti dans l’usine. Un des principaux rôle du Parti est d’aider à la formation politique et professionnelle des ouvriers membres pour les promouvoir ensuite à des postes de responsabilité.
J’ai profité de cette visite et de la visite dans d’autres entreprises pour essayer de comprendre le rôle des organisations du Parti dans les établissements publics ou privés. J’ai noté qu’il n’y a pratiquement jamais de grèves dans les entreprises publiques où les conditions de travail semblent nettement supérieures à celles des autres entreprises, ce qui explique qu’un Chinois préfère travailler dans une entreprise publique d’autant plus qu’à l’école il apprend que les entreprises d’État sont synonyme de socialisme et d’avant-garde alors que les entreprises privées sont des concessions provisoires faites au capitalisme dans le but d’accélérer le développement des forces productives tant que les entreprises publiques n’auront pas appris à être aussi efficaces que l’initiative privée, et qu’une concession au capitalisme est nécessaire pour sortir la Chine du sous-développement. Au départ, les grèves étaient extrêmement fréquentes dans les entreprises à capitaux étrangers mais le Parti a finalement imposé la création d’organisations syndicales et du Parti dans ces établissements ce qui a abouti à la généralisation de l’application du code du travail et à la baisse radicale du nombre de grèves dans ces entreprises. Ce sont donc aujourd’hui surtout les entreprises privées à capitaux chinois qui sont touchées par des conflits sociaux de grandes ampleurs, d’où le soucis, comme dans l’entreprise décrite plus haut, d’établir aussi dans ces entreprises des syndicats et des organisations du Parti qui permettent une meilleure éducation politique des travailleurs et une meilleure conscience de leurs droits. En général, m’a-t-on dit, une entreprise où il n’y a pas d’organisation syndicale ou du Parti est plus suspecte et plus souvent visitée par les inspecteurs du travail.
D’une façon générale, le Parti est un lieu où sont censés se retrouver les éléments les plus actifs, les plus éduqués et les plus utiles à la collectivité. C’est donc un lieu de formation et de promotion sociale. Mais pour éviter qu’il ne devienne un lieu de carriérisme, le candidat à l’adhésion doit obtenir une opinion positive de l’organisation du Parti qui vérifie sa motivation et son niveau de formation politique et idéologique et qui vérifie aussi auprès de ses collègues de travail quelle opinion ils ont de lui. Avant d’être accepté comme membre du Parti, il faut passer par l’étape du candidat à l’adhésion au cours de laquelle le postulant doit assister aux réunions, participer aux activités de l’organisation, réaliser les missions qu’on lui assigne, respecter les secrets internes à l’organisation mais sans droit de vote aux réunions. Chaque candidat au Parti est suivi par deux membres de l’organisation qui le conseillent, le forment et l’évaluent. Ce n’est qu’au bout d’un certain temps que l’organisation du Parti prend une décision sur son admission, le prolongement de son stage de candidat ou sa non admission. Le même processus se répète à chaque promotion interne à un niveau supérieur en partant de la cellule de base d’entreprise ou de quartier jusqu’au niveau de la direction nationale. A chaque fois on recueille les opinions concernant le candidat de la part des membres du Parti et « des masses » auprès desquels il a travaillé.
Visite de l’usine de panneaux solaires Trina Solar de Xining
C’est une énorme entreprise privée de production de panneaux solaires très largement automatisée et dont 2/3 du chiffre d’affaires provient des ventes faites à l’étranger. Elle possède un syndicat et une cellule du Parti. Dans cette usine comme dans celle des tapis, nos interlocuteurs insistent sur le rôle crucial de la Recherche/Développement et de la technologie.
Visite de l’exposition sur les « Réalisations du Qinghai dans la pratique de la pensée du Xi Jinping sur le socialisme aux caractéristiques chinoises pour l’ère nouvelle »
L’exposition a montré les détails des initiatives prises pour lutter contre la pauvreté, éliminer la grande pauvreté, développer une économie productive et écologique et faire du Qinghai une base du projet « Une Ceinture, une route » en direction de l’Asie centrale, de l’Asie occidentale et de l’Europe.
Participation au meeting international sur les « Réalisations du Qinghai dans la pratique de la pensée du Xi Jinping sur le socialisme aux caractéristiques chinoises pour la nouvelle ère de l’humanité » et « la modernisation chinoise visant à l’harmonie entre l’homme et la nature »
Notre délégation a été conviée à cette grande conférence de 150 représentants de partis politiques venus de 30 pays d’Europe occidentale et d’Asie, et avec lesquels le département international du PCC entretient des relations. Pour l’Europe occidentale, c’était notre délégation qui était présente, pour l’Asie-Pacifique, j’ai pu noter la présence de représentants du Pakistan, de Syrie, de Turquie, d’Iran, du Népal, des îles Fidji et sans doute d’autres pays encore.
La rencontre a été présidée par Liu Jianchao, directeur de l’ID CPC de retour du Vietnam et du Laos. Il a axé son intervention sur les questions environnementales en soulignant qu’après de multiples études, le PCC avait décidé de lutter contre l’habituel « polluons d’abord et traitons ensuite » pour revenir à des principes contenus dans la culture chinoise traditionnelle d’harmonie avec la nature en même temps qu’on procède au développement économique. La décision a été donc prise lors du XVIIIe congrès du Parti en 2012 de bâtir une « civilisation écologique » visant à multiplier les efforts de la Chine dans ce sens à l’échelle mondiale. L’écologie étant le point clef correspondant à l’intérêt ultime de tous les peuples, de tous les pays, de tous les groupes sociaux et de toutes les orientations politiques, elle peut permettre de bâtir cette entente minimum entre les pays nécessaire pour préserver la paix et faciliter les coopérations économiques. La Chine est donc devenue en dix ans le pays qui s’est le plus développé dans le domaine de l’amélioration de la qualité de l’air, qui a réussi à garantir que 87 % de ses cours d’eau soient sains et qu’elle représente le quart des étendues reboisées dans le monde. La Chine est arrivée à cela en utilisant une approche holistique des questions économiques et écologiques, elle a décidé de favoriser un tourisme écologique et de faire du projet « une ceinture, une route » un axe de « développement vert » à l’échelle du monde. Le XXe congrès du Parti a poursuivi dans cette ligne de développement les concepts novateurs de Xi Jinping en matière d’écologie visant à construite un pays socialiste moderne contribuant à la construction d’une nouvelle civilisation pour l’humanité entière. L’intervenant a souligné la responsabilité des partis politiques du monde entier dans cette tache visant à inaugurer une nouvelle ère de progrès pour toute l’humanité.
La parole a ensuite été prise par Chen Gang, premier secrétaire du PCC de la province de Qinghai. Ce dernier vient d’être élu à ce poste depuis huit mois et il est un nouveau venu dans la province. On lui avait dit avant de venir dans cette province que c’était une province difficile, pauvre, éloignée, au climat et à l’altitude (3000 m et plus) rudes mais il a tout de suite été charmé par sa « magnificente beauté » et le fait que sa tache était concentrée, selon les documents de l’ONU, dans « une des quatre région les plus propre du monde » ce qui devrait lui permettre de faire du Qinghai une province modèle pour la civilisation écologique chinoise en construction et pour le monde. Le Qinghai fait en effet partie du plateau Tibet-Qinghai encore peu touché par le changement climatique mondial et devant permettre plus aisément de passer de la théorie à la pratique. La mission qu’il a reçu du Parti pour appliquer la loi de la protection de la nature adoptée par la Chine et créer une région écologique modèle basée sur une vision innovante holistique de développement vert est donc exaltante. Il faut protéger et en même temps utiliser pour le développement le troisième pôle glacier de la terre. En développant le nombre de parcs nationaux et assurant la croissance des espèces naturelles locales, végétales et animales. L’humanité a-t-il dit ne peut se permettre de perdre la bataille contre les changements climatiques. La Chine atteindra en 2030 son pic carbone à partir de quoi il déclinera pour atteindre en 2060 la neutralité carbone. Au Qinghai, 84,5 % de l’énergie produite et consommée localement ou exportée dans d’autres régions du pays est une énergie propre.
L’objectif décidé par le Parti est de construire « une belle patrie » respectueuse de ses traditions culturelles et ethniques et propageant un éco-tourisme réfléchi à la place du tourisme de masse abrutissant en vigueur dans les pays capitalistes. Au Qinghai, 146 000 éleveurs ont été formés pour être également des protecteurs de l’environnement selon la philosophie chinoise traditionnelle qui pourrait aider à promouvoir un futur commun pour toute l’humanité « tous sous un même ciel ».
A ces deux interventions de cadres du Parti ont succédé six interventions d’acteurs de terrain décrivant leurs activités régulières dans le domaine de l’écotourisme, de logement pour touristes chez l’habitant, de guides touristiques et de protecteurs de l’environnement.
Un intervenant est un éleveur qui a pu élargir ses activités, augmenter son niveau de vie, apprendre le chinois littéraire (« mandarin ») et établir des contacts et des coopérations mutuellement avantageuses avec les touristes qu’il a reçus, accompagné et avec lesquels il a établi des contacts réguliers utiles au lancement d’initiatives économiques transrégionales.
Un autre intervenant est un « navigateur » qui a créé dans le désert du Gobi « une mer de panneaux solaires » à partir desquels s’est développée « une mer d’industries vertes » aidant aussi au développement de la faune locale.
Un autre intervenant a développé des activités de recherches des changements climatiques et des conditions atmosphériques, un « ranger du parc national » chargé de surveiller l’environnement, un acteur du grand lac salé du Qinghai contenant du lithium et du sel. 70 % du lithium se trouve dans les lacs salés et 43 % du lithium en Chine se trouve dans le grand lac salé du Qinghai, ce qui a permis la création du groupe industriel du grand lac salé permettant de produire du lithium sans créer de problèmes environnementaux, à un coût moindre et de construire sur les rives du lac un parc industriel écologique.
Une autre intervenante a décrit l’école pour enfants de nomades établies depuis 1958 et qui est devenue en 2004 l’école pour les enfants des éleveurs désormais rassemblés dans un nouveau village pour anciens nomades devenus à la fois éleveurs et gardiens de la nature collectant les informations sur l’évolution de la flore et de la faune locales.
Ont suivi deux interventions des représentants étrangers présents à cette rencontre. La délégation des pays d’Asie était représentée par le Parti communiste du Népal d’Unité marxiste-léniniste dont le représentant a parlé de la modernisation de la Chine, de la crise écologique menaçant la vie des peuples. Il a parlé de l’expérience gouvernementale de son parti qui a donc été confronté à la question du développement économique et écologique dans la situation d’une compétition géopolitique mondiale freinant le développement d’un consensus minimum pour l’humanité. Il a souligné l’importance de quatre idées : la modernisation verte, la sécurité écologique, la solidarité coordonnée, l’initiative chinoise pour la promotion d’un civilisation écologique mondiale. La Chine et le Népal a-t-il dit sont de bons voisins tant au niveau des relations d’État à État que de Parti à Parti. La délégation d’Europe occidentale était représentée par le membre du bureau politique d’AKEL qui a parlé de son observation de la société chinoise et de la nécessité de développer des canaux de communication avec la Chine pour mieux connaître ce pays malgré la pression médiatique des pays menant une politique impérialiste allant à l’encontre des politiques honnêtes promues par la Chine en direction de la paix et de bénéfices mutuels. Il a parlé de la politique dialectique d’égalité, de paix, de démocratie et de modernisation socialiste promue dans un environnement mondial difficile nous forçant à reposer la question « socialisme ou barbarie ». Il a mentionné la politique impérialiste des Etats-Unis contre le peuple chypriote faisant contraste avec la politique de la Chine visant à redessiner une gouvernance mondiale qui explique pourquoi le monde entier attend beaucoup de la Chine qui avance de façon régulière grâce à ses plans quinquennaux et sa politique d’harmonie avec la nature.
Visite du parc écologique Kanbula, du parc écologique Nan Zong et du réservoir Lijiaxia dans la préfecture autonome tibétaine de la province du Qinghai
Ce parc écologique a été créé dans une région de haute montagne très spectaculaire. Le touriste ne peut s’aventurer n’importe où dans le parc mais marche sur une large ponton de quelques kilomètres en bois placé à un mètre environ au-dessus du sol ce qui lui permet de passer par tous les endroits intéressant du parc sans interférer avec la faune et la flore locales. C’est un endroit vénéré par les Tibétains et une de ses montagnes est ornée d’une gigantesque statue de Bouddha où les croyants viennent se prosterner.
A la fin de la visite, les délégations ont eu droit à un repas dans une immense tente construite près du parking de sortie. Des artistes des différents groupes ethniques habitant la province ont exécuté des chants et des danses, ce qui a poussé les Pakistanais présents et très réactifs à ces incantations himalayennes et comparables aussi aux incantations islamiques (le Pakistan est à la fois himalayen et islamique) à se joindre aux danseurs et à exécuter avec eux des danses pakistanaises, créant ainsi une ambiance d’amitié qui a poussé les Fidjiens présent à rejoindre la piste de danse et finalement tout s’est terminé dans une immense danse improvisée sino-tibéto-pakistano-fidjo-européenne aux sons d’un orchestre tibétain donnant le « la » …Une ambiance extraordinaire de fraternité et d’amitié spontanée entre les peuples. Ce qui est d’autant plus notable que les Pakistanais qui ont joué un rôle moteur dans cette « déformalisation » de l’événement représentaient des partis différents allant de partis laïcs socialisant à la Ligue musulmane et que tout le monde, y compris un mollah, s’est retrouvé à danser dans une danse plurinationale et mixte. Le mollah en particulier, le jour précédent, m’avait été signalé par un des Pakistanais comme un homme rigide refusant la danse, la musique, la mixité et tout ce qui rend sur terre la vie agréable. Cette fois ci, ses compatriotes ont réussi à le pousser vers la piste de danse …en l’entourant toutefois un peu pour qu’il ne touche pas par inadvertance une femme en train de danser. Délicatesse réussie et remarquable de leur part qui augure de la possibilité d’un monde meilleur là où certains s’y attendraient le moins. D’une façon générale, j’ai été impressionné par la grande politesse, la grande délicatesse et la grande capacité des Chinois à créer, par petites touches, des liens entre personnes venues d’horizons très différents, ce qui m’a poussé à croire qu’ils souhaitent réellement un monde de paix, de coopération et de relations humaines et commerciales stabilisées, confiantes et mutuellement avantageuses.
Visite du village de Deji
Ce village modèle a été bâti pour des anciens nomades tibétains qui ont accepté de se sédentariser. Le village fait un peu carte postale avec tous les bâtiments, objets et monuments censés montrer la sollicitude des autorités envers la culture tibétaine. Nous avons donc eu droit à la visite de la très belle salle d’exposition de la culture locale, d’une danse traditionnelle « spontanée » au bord de l’eau, de stands où l’on pouvait acheter tous les produits de l’artisanat local et d’une visite dans une maison d’hôtes modèle où l’on nous a fait déguster le beurre tibétain mélangé à des herbes et quelque chose qui m’a semblé être une sorte d’orge local. Le village est en principe tibétain mais j’y ai croisé quelques femmes houeï en foulard islamique et nous avons pu échanger par l’intermédiaire de notre interprète avec deux délicieuses petites filles tibétaines rencontrées au bord du trottoir et qui nous dévisageaient avec intérêt. Elles devaient avoir six ou sept ans et pouvaient nous parler en chinois qu’elles apprenaient à l’école. Elles nous prenaient pour des Américains, le seul pays « blanc » dont elles avaient connaissance, le mot France ne leur disant rien.
Visite de l’Institut d’art bouddhique tibétain de Tongen
Nous sommes ensuite arrivés dans la ville de Tongen, capitale d’une préfecture autonome tibétaine où nous avons visité cet institut d’exposition d’art bouddhique et de peinture Thangka. Nous avons été accueilli par le fondateur et directeur de cet institut accompagné de deux cadres portant un badge rouge avec la faucille et le marteau. Ce directeur a visité plusieurs pays du monde et y a organisé des expositions du travail de ses élèves. Impressionnant de voir ces élèves peindre détail ultra-minutieux après détail ultra-minutieux, chaque élément de ce tableau sacré qui prendra quelques mois voire plus avant d’être réalisé. J’avais au départ l’impression qu’il s’agissait d’un travail à but lucratif pour riches touristes ou pour lieux de cultes en demande, mais sans grande consistance mystique. Mais notre interprète chinoise nous a expliqué qu’un tel travail était impossible à exécuter sans une foi profonde, non seulement parce que le soucis du détail rendrait n’importe quel « mécréant » impatient et incapable de poursuivre l’oeuvre jusqu’au bout mais parce que chaque artiste qui a passé des années à apprendre ce travail doit donner sa propre interprétation du verset sacré qu’il a choisi de décrire par sa peinture, ce qui nécessite une très bonne connaissance de la croyance et une conviction intime devant transparaître dans l’oeuvre et être convaincante pour les croyants, en particulier pour les maîtres du bouddhisme lamaïque avec lesquels on ne peut pas tricher. Cette explication m’a paru crédible, même si j’ai à cette occasion pu ressentir à quel point le mysticisme tibétain et sans doute plus largement asiatique est très éloigné du mysticisme de nos monastères chrétiens.
Visite au Sichuan
Après le périple au Qinghai, région rocailleuse et grandiose de haute montagne, nous nous sommes envolés vers Chengdu la capitale du Sichuan verdoyant. Le Sichuan est une des provinces chinoises les plus engagées dans les innovations et la recherche de nouvelles méthodes économiques, sociales et politiques. C’est aussi une province que les Chinois considèrent comme un endroit où l’on est plus détendu et où l’on peut mieux s’amuser et passer du bon temps. C’est une des provinces ayant ses propres services de relations internationales et qui est très fière d’avoir un des aéroports internationaux de Chine. Nous avons été accueillis à l’aéroport par le délégué aux relations internationales du PCC de la province. La première rencontre que nous avons faite était en présence de nombreux dignitaires sous la présidence du chef des ONG de relations internationales du Sichuan. En fait nous allions comprendre que c’était un ancien dirigeant du Parti et de l’administration provinciale et ce qu’on peut appeler en Chine une « éminence grise », une personnalité qui, par son âge, son expérience et son autorité morale jouit dans la société d’une autorité informelle mais autrement plus importante que beaucoup de hauts fonctionnaires « en activité ». La Chine est une société qui respecte profondément l’âge.
Le Sichuan est une région d’expérimentations économiques qui nous a reçu de façon princière et très amicale. Nous avons eu au cours des banquets beaucoup de conversations informelles sur le monde, l’Europe, la Chine, etc. Cela a beaucoup aidé à comprendre « la Chine de l’intérieur ».
Le soir nous sommes allés dans un club « underground » pour la jeunesse très branchée de Chine, chansons anglo-saxonnes, rythme ultra-bruyant, jeunesse qui se saoule un max et tout cela avec de jeunes membres du Parti en visite au Sichuan et enchantés de se retrouver dans un lieu aussi …branché. Le Parti aura des problèmes à lutter contre ce qu’il appelle la « pollution spirituelle » venant de l’Ouest ! Les jeunes des classes moyennes en Chine semblent parfois plus proches des jeunes d’Europe ou d’Amérique que de leurs grands parents. En est il autrement chez les jeunes des classes populaires ?
Rencontre avec les économistes du comité provincial du PCC
Deux économistes, un homme et une femme, du Parti local se relayaient lors de cette séance. Le premier a fait son intervention et la seconde répondait aux questions ou donnaient des conseils à son collègue comment répondre aux questions (le professeur Xu Yan, directeur du département d’enseignement et de recherche économique pour l’école du parti du comité provincial du Sichuan et la professeure Guo Xianfeng, directrice adjointe)
L’intervention a commencé par une explication sur la manière dont on a cherché à trouver le moyen juste pour répondre aux spécificités locales de la province du Sichuan. Pour cela il a fallu trouver les atouts de la province pour la rendre compétitive par rapport aux provinces plus riches. Ce qui est passé par :
1°/ La compétitivité des industries traditionnelles sichuanaises d’avant la période de réforme et d’ouverture (1978)
2°/ La prise en compte du fait que le Sichuan était riche en énergies propres
3°/ Le potentiel de cohérence des industries d’importance stratégique en combinant les vieilles usines avec la création de nouvelles usines
Les industries traditionnelles au Sichuan étaient l’électronique, l’automobile, la nourriture, le textile, la production de machines, la production d’énergie, l’industrie pharmaceutique. Les investissements ont donc été concentrés dans l’amélioration du potentiel de ces secteurs. Dans la foulée on s’est lancé dans la construction d’industries vertes et le Sichuan est devenu le « hub propre » de la Chine, en particulier grâce à ses ressources hydro-électriques, ses réserves de gaz naturel et de gaz de schiste. Le Sichuan s’est aussi lancé dans la production de batteries au lithium et il profite du fait qu’il possède 14 ressources minières d’importance stratégique.
Le Sichuan a su combiner tradition et innovation, ce qui a boosté sa productivité. Il est en train de construire dans deux villes de la province un « hub » scientifique, technologique et informatique, ce qui devrait accroître la compétitivité de la province. Le Sichuan est enclavé, ce qui constitue un handicap, ce pour quoi il a beaucoup investi dans les infrastructures de transport, désormais ouvertes sur le monde par l’aéroport international et par le chemin de fer qui relie Chengdu au réseau « une ceinture, une route » BRI.
Une politique de développement intégré des villes et des campagnes a été lancée dans le but de diminuer l’écart entre ces deux espaces. Vu la configuration du Sichuan, une agriculture de grandes exploitations comme en Europe ou aux USA est impossible à introduire dans la province, ce qui implique la construction d’un système d’agriculture socialisé permettant une synergie entre exploitations et marchés urbains. Les développements urbains ont été élaborés en cercles concentriques à partir du centre ville vers les banlieues et les campagnes environnantes. Les intervenants concluent en soulignant que l’Europe est pour eux un partenaire de premier plan et que par ailleurs le développement de la Chine contribue au développement de toute l’économie mondiale.
Les questions posées portaient surtout sur la polarisation ville campagne et l’aspect social. Une des questions soulignait que la Chine pour développer ses forces productives avait à partir de 1978 fait appel au secteur privé comme élément nécessaire pour construire les bases du futur socialisme mais que, à terme, pour arriver au socialisme, le secteur privé devrait être socialisé. L’économiste a répondu en disant, certes, mais que Deng Xiaoping avait dit que la période de développement des forces productives nécessitant le maintien d’un secteur privé serait longue et que, pour le moment, ce qui donnait à la Chine son caractère socialiste, c’est le fait qu’elle menait une politique résolue de lutte contre la pauvreté.
Visite de Haite group aviation
On nous a montré cette entreprise en nous disant que nous étions des amis du peuple chinois et qu’on nous la montrait pour cette raison mais que nous ne pourrions pas photographier car on nous montrerait des choses confidentielles. Cette entreprise lancée au départ par un père et son fils, aujourd’hui cotée en bourse, s’occupe de la production de pièces et moteurs pour avions, de la maintenance et plus récemment de la diffusion de la 5G. Elle a des accords de coopération avec Airbus, Boeing, Thales, Israel defense industry et beaucoup de compagnies aériennes de par le monde. C’est une entreprise privée de pointe qui a connu un développement ultra-rapide et où il existe une organisation syndicale et une cellule du PCC.
Visite du parc d’exposition Tianfu
C’est en fait un parc modèle pour habitants avec en dessous du parc et des lacs à l’eau pure, sous terre, une immense station d’épuration d’eau et autour un quartier résidentiel avec des immeubles et services ultra-modernes. Autre cité modèle.
Panda park
Dans la campagne assez loin de Chengdu, on a visité le parc zoologique qui abrite l’animal fétiche du Sichuan renommé dans toute la Chine, le panda. On trouve dans ce parc des pandas noirs et des pandas rouges. Le panda était une espèce menacée à cause de la disparition de son habitat mais il est en train de reprendre vie avec les mesures de protection de l’environnement qui ont été prises. Sur les 1 500 pandas vivant, un millier est aujourd’hui en liberté et 500 en captivité. Le problème des pandas est qu’ils sont lents et donc voudraient bien manger de la viande mais ont rarement la rapidité nécessaire pour chasser leurs proies et doivent se replier sur le bambou dont ils n’assimilent que 20 % de ce qu’ils mangent, ce qui les obligent à dormir très longtemps pour digérer. En captivité ils sont mieux nourris ce qui explique qu’ils y vivent en moyenne dix ans de plus, l’objectif étant de les renvoyer dans leur état naturel tout en les aidant à se procurer de la viande. En captivité, ils ont tendance à ne pas se reproduire mais les chercheurs ont eu l’idée de leur projeter des films avec des ébats mâles/femelles, ce qui leur a redonné l’idée de se reproduire.
Visite du plus vieux système d’irrigation du monde à Chengdu
Il y a 2200 ans, le gouverneur de la ville de Chengdu a eu l’idée d’organiser avec l’aide d’un ingénieur un réseau de distribution et d’épuration d’eau à partir du fleuve en créant des ramifications multiples qui amènent l’eau à tous les quartiers de la ville jusqu’à aujourd’hui. Ce système nécessite simplement d’être nettoyé et rénové tous les dix ans ce qui s’est réalisé jusqu’à aujourd’hui. Quelques investissements supplémentaires seulement ont été faits dans les années 1950 et 1970. Le président Mao en personne était venu examiner cette réalisation extraordinaire et a donné quelques conseils pour son élargissement. C’est en fait un gigantesque parc le long du fleuve et de ses ramifications artificielles avec de très nombreux temples sur les collines ou dans le parc et des statues des ingénieurs qui ont travaillé à sa construction et à son développement. Encore aujourd’hui les Chinois viennent se faire photographier à côté de ces statues d’ingénieurs qui sont l’objet d’un véritable culte au point où la statue du premier ingénieur du lieux est systématiquement caressée par les visiteurs car cela est censé leur apporter la chance et le savoir. C’est presque un lieu de promenade et de pèlerinage scientifique, culturel, historique, patriotique.
Musée municipal de Chengdu
Chengdu est une ville au passé glorieux avec un très fort patriotisme provincial et local et le musée est le témoignage imposant et grandiose de cette longue histoire et de la fierté de ses habitants depuis la plus haute Antiquité jusqu’à nos jours. Beaucoup d’articles exposés de grande beauté et de grande habileté qui témoignent de la grandeur de la civilisation chinoise et de la puissance en son sein de la province du Sichuan à la très forte personnalité. Ce qu’on avait d’ailleurs pu voir lors d’un repas « princier » d’où nous pouvions voir la scène où l’on voyait des spectacles de l’opéra Sichuanais qui est assez différent de la tradition de l’opéra de Pékin.
Du musée j’ai remarqué au loin la statue du président Mao et j’ai demandé à la guide si nous avions le temps d’aller la voir, ce qui a été possible. La statue de Mao se trouve devant le Musée de la science et de la technologie du Sichuan ce qui explique pourquoi sous la statue il y a une citation du président Xi Jinping sur l’importance de la science et de la technologie. Nous avons pris des photos sous la statue du président Mao et à cette occasion j’ai dit aux cadres du Parti qui m’accompagnait la seule phrase en chinois que je connais « vive le président Mao ! » ce qui a provoqué leur étonnement, les ont amenés à discuter avec moi sur ce que je connaissais de la révolution chinoise et de la pensée Mao Zedong, et le cadre de la province délégué aux relations internationales a manifesté son admiration pour ma connaissance du président Mao si bien que le lendemain au pied de l’avion me ramenant en Europe, en me disant au revoir il a levé son poing et m’a dit « vive le président Mao ! ». J’ai en effet remarqué que les Chinois éprouvaient toujours beaucoup d’admiration, voire de tendresse, pour Mao Zedong et son héritage, sa capacité à avoir restauré l’État chinois. Mais ce phénomène semble surtout observable chez ceux qui sont particulièrement attachés à l’égalité sociale et on peut sentir que le clivage droite/gauche existe bien en Chine, même si aujourd’hui il se manifeste en douceur et par la façon dont les cadres mettent l’accent sur certaines périodes de l’histoire du communisme ou sur certains anciens dirigeants communistes. La question des classes sociales en Chine existe donc comme partout ailleurs dans le monde mais elle est visiblement traitée autrement dans le régime chinois que dans les pays capitalistes ou dans les autres pays socialistes, du passé ou actuels. Tout cela dans le cadre d’une société gigantesque et diversifiée, aux fortes traditions collectivistes et étatiques mais confrontée aujourd’hui au défi de la culture capitaliste mondialisée apportant individualisme et esprit de compétition tendant à concurrencer l’émulation socialiste des démocraties populaires d’après 1945.
Bruno Drewski.
Source : mail de l’auteur.
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Jonathan Cook-L’hypocrisie de l’Occident sur le soulèvement de Gaza est à vomir

L’hypocrisie de l’Occident sur le soulèvement de Gaza est à vomir par Jonathan Cook
Lorsqu’ils seront bombardés par Israël, les Palestiniens assiégés dans la bande de Gaza n’auront pas droit à plus de compassion de la part de l’Occident que les fois précédentes. L’expression «riposte israélienne» servira à nouveau à justifier leur immense souffrance.
L’actuel élan de sympathie à l’égard d’Israël devrait faire frémir tous ceux qui ont un peu de cœur.
Non pas parce qu’il n’est pas horrible de voir des civils israéliens mourir et souffrir en si grand nombre. Mais parce que les civils palestiniens de Gaza subissent régulièrement, depuis des décennies, des agressions israéliennes qui leurs causent des souffrances bien plus grandes, sans jamais susciter ne serait-ce qu’une fraction de l’inquiétude actuellement exprimée par les hommes politiques ou les opinions publiques occidentaux.
L’hypocrisie de l’Occident face aux combattants palestiniens qui tuent et blessent des centaines d’Israéliens et en retiennent des dizaines d’autres en otage dans les communautés autour et à l’intérieur de la bande de Gaza assiégée, est frappante.
C’est la première fois que les Palestiniens emprisonnés dans l’enclave côtière de Gaza, parviennent à lancer en Israël une attaque d’une ampleur qui reflète vaguement la sauvagerie qui s’abat régulièrement sur eux, depuis qu’ils ont été mis en cage, il y a plus de 15 ans, lorsqu’Israël a commencé son blocus terrestre, maritime et aérien en 2007.
Les médias occidentaux qualifient de «sans précédente», la manière dont les Palestiniens de Gaza ont réussi à s’échapper de leur prison à ciel ouvert et à passer à l’attaque, tout comme l’échec le plus lamentable d’Israël en matière de renseignement depuis la guerre du Kippour, où il a aussi été pris au dépourvu, il y a exactement 50 ans.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a accusé le Hamas, qui dirige théoriquement la prison à ciel ouvert de Gaza, d’avoir déclenché «une guerre cruelle et diabolique». Mais la vérité, c’est que les Palestiniens n’ont rien «commencé». Ils ont réussi, après des décennies de luttes, à trouver un moyen de causer quelque dommage à leur bourreau.
Inévitablement, pour les Palestiniens, comme l’a également fait remarquer Netanyahou, «le prix à payer sera lourd», en particulier pour les civils. Israël infligera aux prisonniers le plus sévère des châtiments pour leur impudence.
Vous verrez le peu de compassion et d’intérêt que l’Occident manifestera à l’égard des nombreux hommes, femmes et enfants palestiniens qu’Israël assassinera encore. Leurs immenses souffrances seront occultées et justifiées par l’expression «riposte israélienne».
Les vraies leçons
Toute l’analyse actuelle qui se concentre sur les «erreurs» des services de renseignement israéliens détourne l’attention de la véritable leçon à tirer de ces événements qui évoluent rapidement.
Personne ne s’est vraiment soucié des Palestiniens de Gaza soumis au blocus israélien qui les privait des nécessités de base. Les quelques dizaines d’Israéliens retenus en otage par les combattants du Hamas font pâle figure au regard des deux millions de Palestiniens retenus en otage par Israël dans une prison à ciel ouvert depuis près de vingt ans.
Qui s’est inquiété lorsqu’on a appris que les Palestiniens de Gaza étaient soumis à un «régime de famine» par Israël, qui ne laissait entrer qu’une petite quantité de nourriture, juste assez pour que la population ne meure pas tout à fait de faim ?
Qui s’est soucié du fait qu’Israël bombarde l’enclave côtière tous les deux ou trois ans, tuant à chaque fois des centaines de civils palestiniens ? Israël appelle cela «tondre la pelouse». La destruction de vastes zones de Gaza, afin de ramener l’enclave à l’âge de pierre, comme s’en sont vantés les généraux israéliens, est devenue une stratégie officielle connue sous le nom de «doctrine Dahiya».
Qui s’est alarmé lorsque des tireurs d’élite israéliens ont fait des cartons sur des infirmières, des jeunes et des personnes en fauteuil roulant qui venaient protester contre le siège israélien ? Plusieurs milliers de personnes ont dû être amputées parce que ces tireurs d’élite avaient reçu l’ordre de tirer sur les manifestants dans les jambes ou les chevilles.
L’inquiétude occidentale face à la mort de civils israéliens aux mains de combattants palestiniens soulève le cœur. Des centaines d’enfants palestiniens ne sont-ils pas morts au cours des 15 dernières années lors des campagnes de bombardement répétées d’Israël sur Gaza ? Leurs vies ne comptent-elles pas autant que celles des Israéliens – et si ce n’est pas le cas, pourquoi ?
Après tant d’indifférence pendant si longtemps, il est difficilement soutenable de voir l’horreur se répandre tout à coup dans les gouvernements et les médias occidentaux parce que les Palestiniens ont enfin trouvé un moyen – similaire à la politique inhumaine qu’Israël leur fait subir depuis des décennies – de riposter efficacement.
Les masques tombent et tout le monde voit que ce qui essaie de se faire passer pour des préoccupations morales dans les capitales occidentales, est en réalité du pur racisme.
L’hypocrisie incarnée
Volodymr Zelensky, le président ukrainien, incarne cette hypocrisie. Le week-end dernier, il a publié un long tweet condamnant les Palestiniens qu’il qualifiait de «terroristes» et offrant à Israël son soutien indéfectible.
Il a affirmé que «le droit d’Israël de se défendre est incontestable», ajoutant : «Le monde doit être uni et solidaire pour que le terrorisme ne parvienne pas à soumettre ou supprimer la vie en tout lieu et à tout moment».
Une telle inversion de la réalité laisse sans voix. Les Palestiniens ne peuvent pas «soumettre la vie» en Israël. Ils n’ont pas ce pouvoir, même si quelques-uns ont réussi à s’échapper de leur cage pour un court moment. C’est Israël qui soumet la vie des Palestiniens depuis des décennies.
Il semble que toutes les formes de «terrorisme» ne soient pas égales aux yeux de Zelensky ou de ses protecteurs dans les capitales occidentales. Certainement pas le terrorisme d’État d’Israël qui fait de la vie des Palestiniens un calvaire depuis des décennies.
Pourquoi Israël a-t-il le «droit incontestable» de «se défendre» contre les Palestiniens dont il occupe et contrôle le territoire ? Pourquoi la Russie n’a-t-elle pas le même droit de «se défendre», lorsqu’elle frappe des villes ukrainiennes en «riposte» à des frappes ukrainiennes qui visent à libérer son territoire de l’occupation russe ?
Israël, la partie belligérante de très loin la plus forte, est en train de dévaster Gaza «en riposte», comme dit la BBC, à propos de la dernière attaque palestinienne.
Comment Zelensky ou ses ministres feront-ils pour condamner Moscou lorsqu’elle tirera des missiles «en riposte» aux frappes de l’Ukraine sur le territoire russe ? Si la résistance palestinienne à l’occupation israélienne de Gaza est du terrorisme, comme l’affirme Zelensky, alors la résistance ukrainienne à l’occupation russe n’est-elle pas elle aussi du terrorisme ?
Nulle part où fuir
Israël est si habitué à être couvert par ses alliés qu’il se permet de proférer des mensonges de plus en plus énormes. Le week-end dernier, Netanyahou a dit aux Palestiniens de Gaza de «partir tout de suite» parce que les forces israéliennes se préparaient à «agir avec toute la force nécessaire».
Mais Netanyahou sait bien, tout comme ses complices occidentaux, que la population de Gaza n’a nulle part où fuir. Nulle part où se cacher. Les Palestiniens sont enfermés dans Gaza et Israël les assiège par terre, par mer et par air.
Les seuls Palestiniens capables de «quitter Gaza» sont les factions armées qui se sont échappées de la prison dont Israël garde la clé, et qui sont accusés d’être des «terroristes» par les politiciens et les médias occidentaux. Les gouvernements occidentaux si horrifiés par l’attaque palestinienne contre Israël sont les mêmes qui restent silencieux quand Israël coupe l’électricité de la prison qu’est Gaza, toujours en vertu de ses prétendues «riposte».
La punition collective des deux millions de Palestiniens de l’enclave de Gaza, qui dépendent d’Israël pour l’électricité parce qu’Israël les encercle et contrôle tous les aspects de leur vie, est un crime de guerre.
Étrangement, les responsables occidentaux comprennent qu’il s’agit d’un crime de guerre lorsque la Russie bombarde des centrales électriques en Ukraine et coupe ainsi l’électricité. Ils réclament à cor et à cri que le président russe Vladimir Poutine soit traduit devant la Cour pénale internationale de La Haye. Alors pourquoi sont-ils incapables de voir qu’Israël fait exactement la même chose à Gaza ?
Une évasion audacieuse
Il y a deux leçons immédiates et opposées à tirer de ce qui s’est passé à Gaza.
La première est que l’esprit humain ne peut être mis en cage indéfiniment. Les Palestiniens de Gaza n’ont jamais cessé d’imaginer de nouveaux moyens de se libérer de leurs chaînes.
Ils ont construit un réseau de tunnels, dont la plupart ont été repérés et détruits par Israël. Ils ont tiré des roquettes qui étaient invariablement abattues par des systèmes d’interception de plus en plus sophistiqués. Ils ont protesté en masse contre les clôtures lourdement fortifiées, surmontées de pylônes, dont Israël les a entourés, avant d’être abattus par des tireurs d’élite.
Aujourd’hui, ils ont organisé une évasion audacieuse. Israël va soumettre l’enclave à des bombardements massifs, uniquement «en riposte», bien entendu. La soif de liberté et de dignité des Palestiniens n’en sera pas diminuée pour autant.
Une autre forme de résistance, sans doute plus brutale encore, verra le jour. Et les principaux responsables de cette violence seront Israël et l’Occident qui soutient si généreusement l’État hébreu, parce qu’Israël refuse d’arrêter de martyriser les Palestiniens qu’il force à vivre sous sa botte.
La deuxième leçon est que le soutien indulgent dont bénéficie Israël de la part de ses protecteurs occidentaux, ne l’incite pas à prendre conscience de la vérité fondamentale susmentionnée. La rhétorique de son gouvernement actuel, composé de fascistes et de suprématistes juifs, est sans nul doute particulièrement détestable, mais il y a, de toute façon, un large consensus parmi les Israéliens de toutes tendances politiques sur le fait qu’il ne faut pas arrêter d’opprimer les Palestiniens.
C’est pourquoi la soi-disant opposition n’hésitera pas à soutenir le pilonnage militaire de l’enclave assiégée de Gaza, et à tuer encore plus de civils palestiniens pour leur «donner une leçon», la leçon étant que les Palestiniens doivent accepter, une fois pour toutes, d’être traités en inférieurs et de vivre en prison.
Les «bons Israéliens» – les leaders de l’opposition Yair Lapid et Benny Gantz – sont déjà en discussion avec Netanyahou pour le rejoindre dans un «gouvernement d’unité d’urgence».
Quelle «urgence» ? L’urgence de s’occuper des Palestiniens qui réclament le droit de ne pas vivre comme des prisonniers dans leur propre patrie.
Les Israéliens et les Occidentaux peuvent continuer leurs acrobaties mentales pour justifier l’oppression des Palestiniens et leur refuser tout droit à la résistance. Mais leur hypocrisie et leur duplicité n’échappent pas au reste du monde.
source : Middle East Eye
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Laure Lemaire-Offensive surprise contre l’État colonialiste d’Israël


Offensive surprise contre l’État colonialiste d’Israël.
La Coordination nationale de l’ Union Juive Française pour la Paix (UJFP) s’exprime le 7 octobre 2023:
Ça suffit le concert des nations pro-israélien ! Résister à un occupant est légitime !
Un déferlement de commentaires présente le Hamas et les Palestiniens comme les agresseurs et l’armée israélienne comme leur ripostant. La stratégie du Hamas est peut être discutable, mais il faut d’abord rappeler que c’est :- Israël, la puissance colonisatrice,
- Israël qui impose un blocus inhumain à Gaza,
- Israël qui poursuit à marche forcée, une colonisation de peuplement sur toute la Palestine historique,
- Israël qui conforte un régime d’apartheid et utilise l’emprisonnement massif comme moyen de gestion de son occupation,
- Israël dont l’armée dans la dernière période couvre les pogroms opérés par les colons contre les villages palestiniens.
Plus de 200 morts palestiniens depuis le début de l’année 2023, plus de 1000 détenus administratifs (sans jugement et sans accès au dossier d’accusation)! Les récents événements doivent rappeler à toutes et tous, et en particulier à la population israélienne, qu’il n’y aura pas de paix possible pour une communauté juive dans cette région du monde sans que soit reconnu à toutes et tous, l’égalité des droits. Tandis que les autorités françaises continuent à faire référence au droit d’Israël à la sécurité et collabore militairement et économiquement avec cet État colonial, tandis qu’Israël foule du pied le droit international qui justifie la résistance, y compris armée, à l’occupation et à l’oppression, nous soutenons la résistance du peuple palestinien face à l’occupation, à la répression, au déni du droit des Palestiniens.
Le gouvernement israélien vient peut-être de « déclarer la guerre », mais sa guerre contre le peuple palestinien a commencé il y a plus de 75 ans. L’apartheid et l’occupation israélienne, avec la complicité des États-Unis, sont la source de toute cette violence.
Mandela avait déclaré :
« C’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé, qui détermine la forme de la lutte.»L’offensive du Hamas contre Israël a débouché sur une attaque d’une violence inédite de la part d’Israël contre la population de la bande de Gaza, avec déjà près de 200 morts. face à l’intensification continue de la politique de colonisation illégale menée par Israël en Palestine occupée.
Depuis plus de 75 ans, le peuple palestinien et sa jeunesse luttent courageusement pour leurs droits fondamentaux, leur autodétermination et la justice. Les actes de résistance, qu’ils soient pacifiques ou armés, sont une réponse légitime à l’occupation israélienne, aux blocus de Gaza et à la poursuite de la colonisation illégale aux dires mêmes des résolutions de l’ONU à l’intérieur des frontières palestiniennes, avec pour conséquence l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens de leurs terres d’origine. Les exactions perpétrées par Israël, qui y compris avant les frappes de vengeance aveugles d’aujourd’hui, ont causé des centaines de morts, détruisent très régulièrement les infrastructures palestiniennes et tuent de nombreux civils dont des enfants.
L’intensification récente de la politique de colonisation israélienne dans les territoires palestiniens, avec l’aval des États-Unis, constitue une violation flagrante du droit international, enfreignant les résolutions des Nations Unies et compromettant sérieusement la possibilité d’une paix juste et durable. Les colonies israéliennes illégales entraînent la confiscation de terres, avec la déportation des populations dans les camps de réfugiés, la démolition de maisons palestiniennes, des hôpitaux et des écoles, la restriction de mouvement et l’humiliation quotidienne du peuple palestinien (privation de l’accès à l’eau).
Le Pole de Renaissance Communiste de France (PRCF), fidèle à son engagement en faveur de la lutte pour la Justice, la Paix et la Liberté, appellent à mettre fin à cette politique de colonisation illégale portée par un gouvernement fasciste et d’extrême droite, et à soutenir les droits légitimes du peuple palestinien. Avec lui, appelons à la levée du blocus inhumain de Gaza, source d’une crise humanitaire insoutenable.
Que tous ceux qui militent encore pour la solidarité internationale des peuples, ceux qui sont restés des communistes, tous ceux qu’oppriment l’axe UE-OTAN et ses alliés tels l’Etat d’Israël, renforcent le mouvement de solidarité avec la Palestine dans le monde entier. Il en va in fine de la liberté de l’ensemble des nations du monde, y compris des libertés démocratiques en Israël qui sont écrasées par le gouvernement Netanyahou. Les peuples du monde sont PARTOUT soumis aux déstabilisations et aux conséquences des politiques impérialistes, voire exterministes, de l’UE-OTAN et de ses alliés.
L’indépendance de la Palestine est le combat de tous les défenseurs conséquents de la souveraineté des peuples, y compris de celle du peuple français.
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Julien Macfarlane- La « grande poussée » de la Russie.

La « grande poussée » de la Russie par Julien Macfarlane.
grande bigoffensive russe – le « Big Push » – va-t-elle commencer ? Russian offensive—the“Big Push”—going to begin?
Les Russes fêteront-ils Noël à Kiev ?Will the Russians be celebrating Christmas in Kiev?
Désolé de vous dire ==il n’y aura pas de cadeaux sous le sapin à Kiev pour Vladimir Poutine Sorry to tell you==there will be no presents under the tree in Kiev for Vladimir Putin ce this Noël. Christmas.
Et ce n’est pas parce que les grands médias affirment que la Russie est en train de perdre et qu’elle est sur le point de s’effondrer. Ou parce que Poutine est un Grinch slave.And that’s not because mainstream media says Russia is losing and about to collapse. Or because Putin is a Slavic Grinch.
Gardez à l’esprit que Poutine fait du judo. Au Judo, on ne pousse pas. Vous faites pousser votre adversaire et vous utilisez son élan et sa force contre lui,Keep in mind that Putin does Judo. In Judo, you don’t push. You get your opponent to push and you use his momentum and force against him,

Pourquoi pourquoi ??
La contre-offensive ukrainienne étant dans l’impasse et Zelensky de plus en plus pétulant, exigeant et impopulaire en Occident, on pourrait penser que le moment de l’offensive russe est venu – tout comme le treillis non lavé de Zelensky. La seule personne qui semble apprécier Zelensky ces jours-ci est Justin Trudeau, peut-être parce qu’il n’a plus d’amis au Canada. Ou peut-être simplement parce qu’il a besoin de quelqu’un avec qui prendre de la coke.
Il est mûr lui aussi. En fait, il est pourri.
De plus….
Les Ukrainiens lancent beaucoup d’attaques terroristes, ce qui devrait donner aux Russes une bonne raison d’intervenir et d’en finir.
Après tout, ils ont les ressources : une nouvelle armée, déjà composée de 300 000 à 600 000 hommes en Ukraine ; beaucoup de missiles, de drones et bien sûr d’artillerie ; des systèmes de défense aérienne sans égal ; la technologie de guerre électronique la plus avancée au monde et même les armes laser.
N’oublions pas la technologie hypersonique. Ils créent même des balles hypersoniques !!
Ils ont amélioré leur ISR, notamment en intégrant de nouvelles plates-formes radar avancées.

Le dernier homme.
« Comment demander à un homme d’être le dernier à mourir pour une erreur ? »
John Kerry
Les Ukrainiens savent The Ukrainians know comment faire how. Continuez la guerre – pour qu’il n’y ait pas de « dernier » homme.
Les pertes ukrainiennes sont désormais les plus élevées depuis le début de la guerre – officiellement environ 70 000 – officieusement, soit environ le double. Le nombre ne cesse d’augmenter.
L’armée ukrainienne utilise pour la plupart des conscrits non entraînés – littéralement de la chair à canon – le nombre de corps sur le terrain, vivants et morts, est maintenu par une conscription universelle et renvoie les soldats blessés au front avant que leurs blessures ne soient complètement i guéries – sans qu’ils aient grand-chose en réserve. moyen de services médicaux pour soigner les blessés de toute façon.
Avec l’hiver, les forêts ukrainiennes sont dénudées de feuilles, ce qui rend plus difficile pour les AFU de camoufler leurs atouts. Le sol gèle, plus facile pour les chars, dont les Russes sont nombreux. Les Ukrainiens ont perdu beaucoup d’armures, notamment des Léopards, des Challengers et des Bradley – et bientôt des Abrams américains au rabais sans armure DU.
Les Ukrainiens combattent à pied. S’ils tentent de se rendre ou ne font pas preuve de suffisamment d’enthousiasme, leurs commandants nazis leur tirent une balle dans le dos . Les Russes tuent effectivement beaucoup d’Ukrainiens, mais il semble que les équipes de barrières tuent aussi beaucoup – et davantage meurent à cause de la pure stupidité et de l’insensibilité militaires.
Pour les Russes, il s’agit de tirer sur des canards dans un étang.
La guerre des missiles.
Les Ukrainiens peuvent ou non recevoir des missiles à plus longue portée, mais cela ne fera aucune différence.
Les Ukrainiens ont tiré des missiles Storm Shadow dans une tentative désespérée de montrer à leurs soutiens occidentaux qu’ils peuvent faire des dégâts – et tout cet argent qu’on leur donne, dont une grande partie semble disparaître, devrait continuer à affluer.
Chaque missile coûte 3 millions de dollars, plus l’alpha. La partie « plus alpha » est le profit. Avec Zelensky, vous savez où s’arrête l’argent. Son portefeuille. En Ukraine, tout est à vendre, y compris votre âme.
Les frappes ukrainiennes ont effectivement fait du mal , mais jusqu’à présent, elles n’ont que peu ou pas de signification militaire,
Chaque attaque génère cependant des frappes russes massives sur les bases d’où proviennent les attaques, entraînant un épuisement progressif des actifs ukrainiens qui ne peuvent pas être facilement remplacés.
Les Ukrainiens tentent de déplacer leurs actifs vers des bases secondaires, mais chaque fois qu’ils le font, les Russes les traquent. es pour guider les missiles vers leur cible, ce qui alerte en même temps les défenses aériennes russes, leur permettant ainsi d’abattre un pourcentage important des missiles. Il s’agit d’un système d’alerte précoce involontaire – pour les Russes.
Pourtant, les médias occidentaux vantent les « succès » de l’Ukraine dans ses attaques contre la Russie elle-même, Sébastopol par exemple – tout en affirmant que la Crimée ne fait pas partie de la Russie.Still, the Western media are trumpeting the “successes” of Ukraine in attacking Russia itself, Sevastopol, for example—at the same time claiming Crimea is not part of Russia.
Et il est question de fournir à l’Ukraine des missiles à plus longue portée (190 milles) – ATACMS. Même si la Russie peut abattre les ATACMS aussi facilement qu’elle l’a fait avec d’autres systèmes de missiles occidentaux, quelques-uns réussiront toujours.
Alors naturellement, tout le monde s’attend à ce que les Russes se lancent maintenant dans la grande offensive – pour prendre le reste du Donbass et Kharkov, sans parler d’Odessa, en sécurisant la mer Noire, en mettant Donetsk et la Crimée hors de portée.

Système anti-ABM S400,S400 Anti ABM system, Pourtant, tout au long de la ligne de front, les Russes continuent de se battre de manière défensive, en dépensant un minimum de ressources. Se retirer parfois ; puis réattaque. Pas pressé.
L’art opérationnel de Svechin.
Pour de nombreux analystes, cela signifie que les Russes se préparent à quelque chose de vraiment très dramatique, qui arrivera bientôt. Ces gens ne peuvent pas abandonner l’idée que ce SMO est en quelque sorte une revisite de la Seconde Guerre mondiale – d’où les comparaisons avec les batailles historiques de la Seconde Guerre mondiale comme celles de Koursk et de Leningrad.
Pourtant, Poutine et ses généraux n’utilisent pas la stratégie ou les tactiques russes de la Seconde Guerre mondiale, mais plutôt « l’art opérationnel » de Svechin – adaptant avec souplesse la stratégie offensive et les tactiques défensives, en fonction de la situation.
Durant la Seconde Guerre mondiale, Staline exigeait une stratégie offensive et exécuta Svechin de peur que ses idées ne portent atteinte à son autorité. Poutine ne veut pas répéter ses erreurs.
C’est pourquoi en Russie, il faut utiliser le mot – SMO—même si beaucoup de gens l’appellent encore par réflexe « guerre ».
Les mots ont du pouvoir. La « guerre » évoque des hypothèses, des attentes, etc., basées sur ce que nous avons appris à l’école ou à l’université comme « l’histoire » – renforcée par les films et la télévision – les batailles gagnées et perdues – la force des armes, les questions militaires.

Poutine veut que les gens pensent différemment.
John Boyd, le plus grand stratège militaire du XXe siècle et un mathématicien autiste, a souligné que les guerres n’ont jamais été uniquement militaires – mais aussi morales et psychologiques – et qu’une stratégie fixe mène à la défaite. Il faut déchirer les règles et se les approprier. .
C’était aussi le point de vue de Svechin.
Poutine s’est donné beaucoup de mal pour définir le conflit en Ukraine pour ce qu’il est – un Putin has gone to great lengths to define the conflict in Ukraine for what it is—a conflit fraternel – fraternal et non pour le genre de « guerre » entre le Bien et le Mal telle que présentée dans les films. conflict – not the kind “war” between Good and Evil as presented in the movies.
Au XXIe siècle, les armes nucléaires signifient qu’il ne peut y avoir de guerre totale entre pairs dotés de l’arme nucléaire – ce qui signifie que la guerre à ce niveau doit être économique, culturelle et psychologique – et que les conflits militaires directs sont minimisés. In the 21st century, nuclear weapons mean there can be no total war between nuclear armed peers—which means war at this level has to be economic, cultural, and psychological – with direct military conflict minimized.
C’est pourquoi les Américains choisissent de combattre la Russie par procuration. Ils ne veulent pas mourir.That’s why the Americans choose to fight Russia with proxies. They don’t want to die.
Laisser votre ennemi se détruire.
L’Ukraine est le deuxième plus grand pays d’Europe – elle est 30 % plus grande que l’Irak. Pour prendre l’Irak, les Américains ont dû procéder au « choc et à la crainte », en bombardant des villes comme Falloujah et en détruisant les institutions sociales et la culture, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles violences de la part d’extrémistes comme l’EI.
S’ils ne l’avaient pas fait, ils auraient subi des pertes, avec des répercussions politiques.
La Russie veut faire le moins de victimes possible pour ses propres troupes, mais aussi pour les civils en Ukraine – ses frères, sœurs et cousins – qui parlent majoritairement russe. Et ils ont bien plus en commun avec les autres groupes ethniques de la Fédération de Russie qu’avec les Européens.
L’idéologie banderienne est une aberration, une maladie civilisationnelle pour laquelle il n’existe aucun médicament, si ce n’est la maladie qui s’éteint d’elle-même, ce qui prend du temps. Il s’autodétruira . Mais comme un virus, il attaque d’abord son hôte.
Chaque échec ukrainien sur le champ de bataille ou dans son pays est un symptôme de la maladie.
Par conséquent, la Russie a créé une situation dans laquelle les Ukrainiens continuent d’attaquer – et continuent de perdre des hommes et du matériel, se démilitarisant et laissant la maladie s’épuiser.
Pour s’en remettre, les Ukrainiens doivent reconnaître la pathologie de la consommation de chair, l’infection banderite qui inclut la conscription universelle et une tentative d’ethnocide qui dure depuis près d’une décennie dans l’est de l’Ukraine – sans parler des restrictions de la liberté sociale et politique. Il s’agit d’un processus d’autodénazification.
Le corps politique doit se guérir lui-même – ou mourir – et espérer renaître.
L’Ukraine s’effondrera avec le temps, que les Russes mènent ou non une offensive. Quand ce sera le cas, elle aura besoin des Russes. Si les Russes proposent leur aide, les Ukrainiens ordinaires changeront de camp, tout comme les Japonais l’ont fait après la capitulation de l’empereur. Les pires nazis ukrainiens fuiront vers les États-Unis et le Canada, ou peut-être vers l’Australie et la Nouvelle-Zélande, comme ils l’ont fait après la Seconde Guerre mondiale.,
En d’autres termes, pourquoi faire un grand effort maintenant ? Les néo-nazis se détruisent tout seuls.
Cette « grande poussée » n’interviendra pas avant l’année prochaine, avant la réélection de Poutine et avant les élections américaines. À moins, bien sûr, que quelque chose ne change radicalement la situation.
Ironiquement, l’Ukraine ne peut gagner qu’en perdant. S’il gagnait réellement il n’aurait d’avenir que comme État esclavagiste exploité par l’Occident néolibéral – tout comme il l’était autrefois sous les Polonais.
Autres raisons d’attendre.
Il y a une autre raison pour laquelle les Russes retardent cette offensive dont on parle tant.
L’Ukraine n’est qu’un champ de bataille dans une guerre mondiale – la Troisième Guerre mondiale.
Toutes les guerres mondiales sont civilisationnelles et surviennent en réponse à des changements historiques dans un monde en évolution. Cependant, lorsqu’elles prennent fin, elles génèrent de nouvelles voies de changement, conséquences involontaires de la victoire d’un camp ou de l’autre
Par exemple, l’évolution des tendances à la fin du XIXe siècle et au début du XXe a abouti à la Première Guerre mondiale. Personne n’aurait pu prévoir le genre de monde qui a émergé par la suite.
Ce n’est qu’avec le recul que nous avons pu comprendre comment ces changements ont conduit à la Seconde Guerre mondiale, qui, comme la Première Guerre mondiale, a dû être menée sur des bases différentes de toutes les guerres précédentes, grâce aux nouvelles technologies et à la science.
Une fois de plus, les résultats étaient, comme on pouvait s’y attendre, différents de ceux auxquels on s’attendait – et c’est là le paradoxe.
L’URSS a gagné la guerre militairement, mais ce sont les États-Unis qui ont gagné économiquement et psychologiquement, produisant un court âge d’or pour la plus grande génération américaine qui n’était pas tant grande, mais simplement chanceuse de mener une guerre avec un minimum de pertes et un maximum d’avantages économiques et politiques. .
Cet âge d’or a été court parce qu’il n’était pas intentionnel. Un tour de roue.
La Troisième Guerre mondiale est une autre guerre culturelle et civilisationnelle – résultat de changements sociaux, politiques, économiques et technologiques – tout comme les guerres mondiales précédentes – mais sa portée est plus vaste. Et ses armes de destruction massive sont les céréales et le carburant, les technologies et les idées, bien plus que les bombes et les roquettes.
L’élite occidentale ne cache pas son objectif qui est, je cite, « la défaite stratégique de la Russie ». Qu’est-ce que cela signifie pour nous ? Cela signifie qu’ils prévoient d’en finir avec nous une fois pour toutes. En d’autres termes, ils envisagent de transformer un conflit local en une confrontation mondiale.
Vladimir Poutin:
Il s’agit d’une guerre entre un empire en déclin et le reste du monde, entre unipolarité et multipolarité – entre le néolibéralisme – l’exploitation économique et néocoloniale – et ce que l’on pourrait appeler le « développementalisme indépendant » – l’autonomie et la liberté locales – avec chaque pays. se développer en fonction de ses besoins et de ses capacités, de ses valeurs culturelles et de ses ressources.
La Russie est le plus grand pays du monde et le plus riche en ressources. L’Occident est dirigé par une nouvelle itération du Lebensraum Lebensraum—d’Hitler – qui ne concernait jamais « l’espace vital », mais le pétrole, les métaux et les céréales.
La Russie est donc la cible.
Qui gagne?
Poussées par la menace existentielle posée par l’avarice occidentale, la Russie et la Chine prospèrent. Plus la guerre est longue, plus ils progressent, plus ils parviennent à un consensus parmi leurs peuples et alliés.D
Pour la Russie, une longue guerre par procuration en Ukraine unit le peuple russe et favorise le progrès dans tous les domaines, y compris de nouveaux partenariats. Si la guerre prenait fin trop tôt, la menace posée par l’Occident semblerait moins immédiate aux yeux de l’opinion publique russe – pourtant, les États-Unis et l’OTAN resteraient dangereux, comme le sont tous les empires en déclin. Le risque pourrait en fait être plus grand.
La Russie doit donc renforcer ses forces, comme elle l’a fait en utilisant l’Ukraine comme terrain d’essai afin de pouvoir, si nécessaire, mener une guerre conventionnelle avec l’OTAN et les États-Unis. En épuisant les réserves de munitions et d’armes de l’Occident, il réduit la menace non seulement contre lui-même, mais aussi sur d’autres théâtres du monde.
C’est la base du plan d’action 2021-2025 du Kremlin, auquel Shogiu a fait référence récemment – — et qui a été largement mal cité et mal compris
La Russie continue de renforcer la puissance de combat de ses forces armées, notamment en fournissant des armes modernes et en améliorant la formation des troupes, en tenant compte de l’expérience des opérations militaires spéciales. Les objectifs peuvent être atteints si les activités du Plan d’action 2025 sont menées de manière cohérente.
Sergueï Choïgou,Sergei Shoigu,
Malgré ce que presque tout le monde semble dire dans les médias, cette déclaration ne signifie PAS que la Russie poursuivra son action militaire en Ukraine au-delà de 2024 – mais plutôt qu’elle continuera à construire son armée au point où elle pourrait facilement gagner une guerre conventionnelle en Europe. – ou sur presque n’importe quel autre théâtre, quels que soient les progrès du SMO.
Une longue guerre en Ukraine ne fait que prouver au peuple russe la nécessité de ce plan.

Jusqu’à présent, c’étaient les États-Unis qui possédaient les armes. C’est toujours le cas. Beaucoup . _Il n’y a tout simplement pas de balles.
C’est parce que les États-Unis et le reste de l’anglosphère, y compris le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie, etc. – les Cinq Yeux Aveugles – échouent sur les plans social, économique, politique et industriel.
Autrefois, nous parlions de l’homme malade de l’Europe, c’est-à-dire de l’Empire ottoman. Aujourd’hui, l’homme malade du monde, ce sont les États-Unis et leur empire.
Mehmed VII, le dernier calife, n’a pas provoqué l’effondrement de son empire, qui s’est effondré à la suite d’une décadence systémique. Les Ottomans ne s’en sont pas sortis facilement ni sans effusion de sang. L’Empire américain non plus.
Le problème aux États-Unis et chez leurs alliés n’est pas, comme c’était le cas avec les Ottomans, non pas un problème de leadership leadership mais un problème de système – une question d’histoire et de culture. En fait, il n’y a pas de cause unique à la chute d’un empire.
Biden n’est pas le problème. Trump n’est pas non plus le problème – ni même MICIMATT – l’hydre institutionnelle qui comprend l’État profond.
En l’absence d’une cause identifiable, il ne peut y avoir de solution unique ou simple – certainement pas sous la forme d’une candidature du Parti démocrate ou du Parti républicain, y compris RFK. Le système bipartite fait partie du problème.
Poutine, étudiant en histoire, comprend tout cela. La normale est – le plus souvent – anormale.
Notes du zoo.
Les Gibbons partagent 96 % de votre ADN. Mais on les appelle petits singes, tandis que les chimpanzés, les bonobos, les orangs-outans, les gorilles et les humains sont de grands singes.
Une différence notable est que les grands singes peuvent se reconnaître dans un miroir et sont donc considérés comme supérieurs, comme si le narcissisme reflétait l’intelligence. Cela dit, les gibbons sont intelligents, amicaux, généralement agressifs et monogames contrairement à les grands singes.
Donc, si vous voulez épouser un singe, épousez un gibbon. Monogame – et non narcissique. Ne passe pas beaucoup de temps devant les miroirs,
Mon zoo avait deux gibbons. Hansel et Gretal.
Non, la photo ci-dessous n’est pas MA photo de bébé.

Julian Macfarlane – 28 sept. 2023
Source : https://julianmacfarlane.substack.com/p/russias-big-push
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A la lumière des travaux de Samir Amin : La question du « sous-développement » de l’économie africaine par Demba Moussa Dembelé.

A la lumière des travaux de Samir Amin : La question du « sous-développement » de l’économie africaine par Demba Moussa Dembelé.
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Laure Lemaire-Pour la « génération Banania », comprendre la nouvelle Afrique de l’Ouest


La Cédéao
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest est une organisation intergouvernementale ouest-africaine de 15 États, créée le 28 mai 1975:
Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée Conakry, Guinée Bissau, Liberia, Mali, Niger, Nigeria, Sierra Leone, Sénégal, Togo.
Tous ne sont pas d’anciennes colonies françaises (Portugal); 5 viennent d’être le théâtre d’un coup d’état: le Mali en Août 2020 et surtout en mai 2021, La Guinée en septembre 2021, le Burkina Faso en Janvier et en septembre 2022, le Niger en juillet 2023 et le Gabon. Tous demande le retrait des troupes françaises de la région, ainsi que la liberté de prendre en main leur propre économie.
La Cédéao était destinée à coordonner leurs actions. Son but était de promouvoir la coopération et l’intégration avec l’objectif de créer une union économique et monétaire. En 1990, son pouvoir est étendu au maintien de la stabilité régionale avec la création d’un groupe militaire d’intervention qui devient permanent en 1999. En 2020, le produit intérieur brut global des États membres de la CEDEAO s’élève à 686 milliards de dollars américains.
Bien qu’au départ son rôle soit économique ( elle créé des infrastructures régionales: transports et de télécommunications), elle s’est vite intéressée au maintien de la paix pour que l’ union puisse se réaliser. En 2009, elle propose au Conseil national pour la démocratie et le développement d’envoyer des forces d’intervention en Guinée; la Côte d’Ivoire est réintégrée après la victoire d’Alassane Ouattara en 2011. En 2012, le Conseil de sécurité des Nations unies charge les pays de la Cédéao de définir un plan de reconquête militaire du Nord Mali entre les mains de groupes armés islamistes comme Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao). La Mission internationale de soutien au Mali commence à se déployer début 2013. En 2017, la Cédéao s’engage dans la médiation de la crise gambienne à la suite de l’élection présidentielle où l’ancien président refuse de quitter le pouvoir. Avec l’adoption de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, les armées du Sénégal, du Nigeria, du Ghana, du Mali et du Togo entrent en Gambie et mobilisent « l’ensemble des moyens, terre, air et mer » Adama Barrow, élu qui a prêté serment dans l’ambassade de Gambie au Sénégal, peut gouverner .
En 2019, le conseil de convergence de la zone monétaire ouest-africaine, se tient à Conakry à propos de l’eco, regroupant les pays membres de la Cédéao qui n’utilisent pas le franc CFA. En juillet 2020. les chefs d’État des 15 pays ont adopté le symbole de l’eco « EC » et le nom de la future banque centrale de la Cédéao, la « Banque centrale de l’Afrique de l’Ouest ». En février 2020, le Nigeria demande un report du lancement de l’eco « les critères de convergence entre États n’ont pas été atteints par la majorité des pays » devant adopter cette monnaie commune. L’agence de notation américaine S&P Global Ratings étudie le projet de sortie du franc CFA, et se dit rassurée par le fait que l’eco reste arrimé à l’euro et que la France continue à garantir sa convertibilité. Le lancement de la nouvelle monnaie n’aurait donc pas d’effets immédiats, et une dévaluation n’est pas prévue. La BCEAO gérera ses réserves de changes comme elle le jugera. Elle ne sera plus obligée d’en déposer la 1/2 auprès du Trésor public français. Le Conseil des ministres français adopte l’idée qui entérine la fin du franc CFA. Ce logo de Total montre bien dans quel cadre on se trouve
Le Rassemblement démocratique africain (RDA)
est une ancienne fédération de partis politiques africains fondée à l’issue du Congrès de Bamako en 1946. Il fait partie des 3 partis fédéraux (avec le Parti du regroupement africain( PRA ) et le Parti des fédéralistes africains ( PFA) panafricains revendiquant la création d’une fédération des partis politiques d’Afrique au moment des indépendances.
Sa naissance
La métropole coloniale française tente d’assimiler plus fortement encore les élites des territoires d’Outre-Mer, alors les partis politiques africains se créent. Ils sont d’abord associés aux partis politiques français, comme la SFIO (prolongée au Sénégal) ou le Parti communiste dont les Groupes d’études communistes devaient créer des partis ou mouvements anticolonialistes. Des élus africains appellent à un rassemblement à Bamako en octobre 1946 mais le ministre socialiste de la France d’Outre-Mer, Marius Moutet, fait pression pour les en empêcher. Les délégués de l’AEF ne purent pas y participer. De plus, sur les conseils de leurs parrains français, les socialistes africains, Léopold Sédar Senghor, boycottent le congrès, « une erreur » qu’il regrette après coup . Le congrès peut finalement se tenir à Bamako, sous la présidence de Félix Houphouët-Boigny, (sorti de l’avion affrété par le ministre communiste de l’Air Charles Tillon). Il aboutit à la création du Rassemblement démocratique africain, fédérant des partis politiques locaux sur la base de l’anticolonialisme. Il rassemble l’Union démocratique sénégalaise, l’Union soudanaise, l’Alliance pour la démocratie et la fédération de Haute-Volta.
L’aspiration 1° du RDA est de réaliser la plus large union de forces politiques africaines, la circulaire du Comité de coordination du RDA, le 26 février 1947 en pose les préceptes : le RDA est « une réalité indépendante des conceptions philosophiques ou religieuses, des affinités ethniques, de la situation sociale » pour la lutte contre la domination coloniale des africains. Le 2° congrès, prévu dans l’actuel Burkina Faso, est interdit par son gouverneur. Il se tient à Abidjan en 1949 avec des centaines de délégués. Il y exprime sa solidarité avec les peuples du Vietnam et de Madagascar (répression sanglante de l’insurrection de 1947). Le congrès adopte des résolutions marquées à gauche concernant les ouvriers et les paysans, ce qui conforte les soupçons de « communisme » de l’administration coloniale.
La trahison d’Houphouet- Boigny
Le RDA cherche à peser sur l’avenir de l’Union française. Il rassemble des organisations et personnalités de tendances différentes : des « modérés » souhaitant réformer le système colonial afin d’obtenir plus de droits pour les colonisés, des « communistes » qui défendent l’indépendance et de profondes réformes économiques et sociales, et des « nationalistes » qui militent pour l’indépendance sans marxisme.
Il est proche à ses débuts du PCF, plus ouvert aux réformes que les autres partis, et de l’Union soviétique, qui critique la colonisation. Pour des raisons d’efficacité et tactiques, la totale indépendance du RDA aux partis politiques français, et son positionnement au-delà des clivages politiques ne peuvent être conservés (Félix-Houphouët Boigny entre en 1956 dans le gouvernement français). Le soutien du PCF donne à la fédération un poids important dans la politique française, et le groupe s’apparente en 1947 au groupe parlementaire du Parti communiste à l’Assemblée nationale.
Le RDA reste un cadre de coopération des élus socialistes et communistes africains, permettant une action unitaire pour les droits des africains. Ses membres élus sont représentants de leurs partis locaux, avec leur mode de fonctionnement propre. Ainsi, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) est une des sections du RDA. Félix Houphouët-Boigny, figure de compromis, est choisi comme président. Il n’est pas son chef unique. D’autres autorités morales le dépassent, comme Mamadou Konaté, fondateur du syndicat des instituteurs d’AOF en 1937, ou Gabriel Dadié, fondateur du syndicat agricole africain en Côte d’Ivoire en 1944. Un comité de coordination représente l’instance dirigeante du parti.
Houphouët-Boigny, richissime planteur africain est reçu secrètement à l’Élysée par Vincent Auriol le 27 juillet 1950 et affirme son souhait de « collaborer » avec le gouvernement. Promettant de se séparer des communistes et de marginaliser les éléments les plus fermement anticolonialistes au sein du RDA, il demande en échange de réduire la puissance des colons qui font fortune dans le café et le cacao, expliquant que ce « gros commerce » est le principal problème. Le président français comprend que son interlocuteur entend monnayer son influence politique contre la défense de ses intérêts économiques. Houphouët-Boigny rencontre aussi François Mitterrand, ministre de la France d’Outre-mer, chargé de sceller le rapprochement. Il accepte de remettre à ce dernier la promesse écrite que le RDA respectera le cadre de l’Union française, renonçant à revendiquer l’indépendance. En octobre, les parlementaires du RDA se retirent du groupe communiste ; en 1952, le RDA rejoint le groupe UDSR (parti centriste auquel étaient affiliés François Mitterrand), et appartient officiellement à la majorité gouvernementale..
Ce changement de ligne politique considéré comme un simple « repli tactique » est accueilli avec scepticisme puis comme une « trahison » par l’Union démocratique sénégalaise, l’Union des populations du Cameroun et l’AERDA, branche étudiante du RDA. Houphouët-Boigny est fragilisée par la lourde défaite du RDA aux élections législatives, truquées, de 1951. Mais il parvient à manœuvrer pour imposer sa ligne. Un rapport confidentiel des autorités françaises décrit son putsch: « Pendant la période de mi-1950 à la mi-1951, le RDA fit volte-face pour devenir un parti pro-administratif. Houphouët mena son jeu seul avec des roueries dignes de Machiavel, se gardant bien de convoquer le comité directeur ou le congrès de son parti. » Le comité de coordination n’est convoqué qu’en 1955, après le départ de ses opposants (Gabriel d’Arboussier, Djibo Bakary); l’UPC du Cameroun et l’UDS du Sénégal sont exclues.
Le RDA et les indépendances : l’éclatement
Cependant, les répressions contre le Rassemblement entraîne le renouveau de l’intérêt des intellectuels, avocats africains pour le parti fédéraliste. En Côte d’Ivoire, les autorités coloniales favorisent les dissensions internes à l’aide d’agents provocateurs et font incarcérer en masse les militants du parti, générant une montée des tensions. Durant toute l’année 1949, les grèves, les manifestations et les affrontements se multiplient, faisant au moins 50 morts et plus de 3 000 arrestations. Début 1950, la plupart des cadres sont arrêtés ; le sénateur Victor Biaka Boda, est décapité. Les autorités interdisent toute réunion du RDA avec l’idée d’ une interdiction du parti. Les années 1950 sont donc à l’origine d’un élargissement de son audience. En 1957 est créée l’Union générale des travailleurs de l’Afrique noire à l’initiative du RDA. Il remporte de nombreuses victoires électorales entre 1956 et 1957.
Dans les années 1960, les territoires d’outre-mer d’Afrique occidentale et équatoriale françaises deviennent des États indépendants. Les chefs d’État africains peinent à s’entendre sur l’application des préceptes de fédéralisme prôné par le RDA: la Fédération du Mali – regroupant le Sénégal et le Soudan Français, actuel Mali -, ne s’inscrit pas dans la durée et les divergences politiques des leaders sont des obstacles. Félix Houphouët-Boigny neutralise les dirigeants les plus nationalistes du RDA et les remplace par des « collabos ». La présence inégale des sections du RDA en Afrique est un inconvénient majeure. Le mouvement s’est pour l’essentiel focalisé sur les territoires des ex-colonies françaises, rendant difficile une union plus large des États africains, le cœur des territoires du RDA étant l’ancienne AOF, laissant l’Afrique équatoriale de côté.
Mais son travail n’est pas un échec. Au contraire, il incarne l’image d’un idéal africain d’indépendance. Aujourd’hui, le RDA incarne encore l’idéal-type du panafricanisme et de l’anticolonialisme.
Partis politiques constituant le RDA: Parti démocratique de Côte d’Ivoire; Parti démocratique voltaïque, puis en 1957 Union démocratique voltaïque, devenu le Rassemblement démocratique africain; Soudan français (Mali):Union soudanaise; Union des populations du Cameroun (jusqu’en 1951); Union démocratique sénégalaise (exclu en 1955); Parti démocratique de Guinée (exclu en 1958 après son rejet de la Communauté française); Parti progressiste nigérien; Parti progressiste tchadien; Parti progressiste congolais, remplacé en 1958 par l’Union démocratique de défense des intérêts africains; Comité mixte gabonais, puis en 1954 Bloc démocratique gabonaisL’indépendance du Ghana et ses conséquences
En 1957, le processus d’union africaine est fortement dynamisé par la proclamation de l’indépendance du Ghana (entre le Togo et la Cote d’Ivoire, au sud du Burkina) de Kwame Nkrumah . Dans son discours, il rappelle que « l’indépendance du Ghana n’a pas de sens si elle n’est pas liée à la libération totale de l’Afrique ». En 1958, la Conférence des États Indépendants d’Afrique réunit à Accra, sa capitale, les délégués des 8 puissances africaines déjà souveraines (Égypte, Libye, Maroc, Tunisie, Éthiopie, Ghana, Liberia et Soudan) ; ils y exigent la décolonisation de tout le continent et demandent la création des États-Unis d’Afrique. La Guinée devient indépendante et Nkrumah et Sékou Touré fondent l’Union Ghana-Guinée. Accra accueille la Conférence des Peuples Africains, dans l’idée de rassembler les peuples d’Afrique. Evoquant les mots de Marx et Engels, « Vous n’avez rien à perdre d’autres que vos chaines, vous avez un continent à regagner »,+ de 60 partis et mouvements politiques, syndicats et association participent à cette conférence. On y croise Patrice Lumumba du Mouvement national congolais ; Kenneth Kaunda du Zambian African National Congress ; Frantz Fanon du Front de libération nationale (FLN) ; Félix Moumié de l’Union des populations du Cameroun, etc. Ailleurs en Afrique, le climat politique de la fin des années 1950 est favorable à la concrétisation politique du panafricanisme. En 1958 à Cotonou, Léopold Sédar Senghor accueille en tant que dirigeant du Parti du regroupement africain, des délégués de l’Afrique française afin de conforter ses positions panafricaines et fédéralistes. Les mouvements nationalistes ( le Kenya, l’Ouganda, le Mozambique) se retrouvent à Mwanza au Tanganyika pour créer Mouvement panafricain pour l’Afrique orientale et centrale.
Mais les divergences sont bien là. On distingue des « radicaux » et des « modérés », les adeptes d’une rupture socialiste avec le monde occidental, les partisans d’un maintien de relations pacifiques avec les États capitalistes. Identifié comme le courant le plus radical du panafricanisme, le Ghana de Kwame Nkrumah convoque en 1962 un Congrès des africanistes réunissant des savants du monde entier, spécialistes de l’Afrique . La Conférence Internationale des États indépendants d’Afrique, organisée à Addis-Abeba en 1962, consacre la position des « modérés ». Marquée par les discours d’Haïlé Sélassié, Kwame Nkrumah et Patrice Lumumba, elle crée l’Organisation de l’unité africaine (OUA) qui comprend « les États africains continentaux, Madagascar et les îles voisines de l’Afrique ». Elle se donne pour objectif de « renforcer l’unité et la solidarité des États africains », de « défendre leur souveraineté », d’éliminer « sous toutes ses formes » le colonialisme et de « favoriser la coopération internationale ». Réunie à Accra en 1965, l’OUA adopte une « Déclaration sur la subversion » qui interdit l’intervention d’un État africain dans les affaires d’un autre. Cette déclaration provoquera des désaccords sur la question du dialogue avec le régime de l’apartheid sud-africain.
L’Union africaine
L’acte constitutif de l’Union africaine, créée en 2002 à Durban, a été signé par tous les chefs d’État de tous les pays membres de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA). Ces dirigeants se donnent les objectifs suivants : l’unité et la solidarité des pays d’Afrique, la défense de l’intégrité et de la souveraineté de ces pays, l’accélération de l’intégration politique et socio-économique du continent et de la recherche scientifique et technologique, la promotion internationale des « positions africaines communes » et enfin l’harmonisation et la coordination des politiques économiques régionales.
La constitution de l’Union africaine comporte des principes: l’égalité entre les États membres, le respect des frontières, le règlement pacifique des conflits, la condamnation des changements anticonstitutionnels de gouvernement ou encore le droit des États membres à solliciter l’intervention de l’Union pour restaurer la paix et la sécurité. L’Union Africaine est dotée d’organes exécutifs: un Parlement panafricain et une Cour de Justice. Sa constitution est écrite dans les 4 langues majoritaires du continent : l’arabe, l’anglais, le français et le portugais.
Le NEPADLe Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) a vu le jour en 2001, de la fusion du Plan Oméga et du Plan MAP. Il s’agit d’un projet économique sous tutelle de l’Union Africaine depuis 2007 et visant, selon son programme fondateur, à « éradiquer la pauvreté » et placer les pays africains « sur la voie d’une croissance et d’un développement durables ». L’Afrique du Sud, le Sénégal, l’Algérie, l’Égypte et le Nigeria, pays riches y jouent un rôle de 1° plan. Le NEPAD vise entre autres à mettre en place « une nouvelle relation de partenariat entre l’Afrique et la communauté internationale ». Le texte fondateur énumère les sa richesse minérale, pétrolière et gazière
·la taille des forêts tropicales et la présence minime d’émissions de gaz à effet de serres qui font de l’Afrique un véritable « poumon écologique »
·la variété de la faune et de la flore africaine
·sa richesse culturelle, paléontologique et archéologique
Le texte fondateur considère que « l’appauvrissement du continent africain » est le fruit de « l’héritage du colonialisme, de la guerre froide et des rouages du système économique international ». Il considère les perspectives soulevées par la mondialisation et « les progrès dans le domaine des technologies de l’information et de la communication » comme positives pour l’Afrique et énonce diverses propositions :
· consolider les mécanismes de résolution des conflits au niveau national
· promouvoir la démocratie
· restaurer la stabilité macro-économique grâce à la rénovation des politiques monétaires et budgétaires et à l’installation de « cadres institutionnels adéquats »
· élargir les services d’enseignement et de santé
· promouvoir le rôle des femmes dans le développement socio-économique et politique
· renforcer les forces de l’ordre africaines
· promouvoir le développement de l’agriculture, de l’industrie et des manufactures au service des marchés locaux et de l’exportation
« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »
– Keiko, Londres
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– Olivia, Paris


