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  • Mohamed Bouhamidi- Le 08-01-2008 : Croisade euro-américaine sur Ghaza

    Mohamed Bouhamidi- Le 08-01-2008 : Croisade euro-américaine sur Ghaza

    Mao Tsé Toung : «Aucun rapport de forces n’est immuable»

    Publié dans La Tribune le 08 – 01 – 2009

    D’abord le moment. Israël agresse Ghaza à la veille des élections palestiniennes, à la veille des élections israéliennes et à la veille de la prise de fonction par Barack Obama.

    Les données géostratégiques ensuite. Depuis la guerre du Liban, nous savons que, pour l’Egypte et l’Arabie saoudite, l’Iran est devenu l’ennemi principal. Pour cette raison, les régimes de ces deux pays ont souscrit et couvert l’agression. Il s’agissait de frapper un allié de l’Iran et non un mouvement de libération arabe. Ils ont immédiatement accusé le Hezbollah d’aventurisme et d’irresponsabilité. Depuis, les responsables saoudiens rencontrent ouvertement les responsables israéliens avec des poignées de main chaleureuses à l’appui. Dernier spectacle de la série, la rencontre sur le dialogue des religions à Madrid, financé par l’Arabie saoudite. Depuis la guerre contre le Liban, les trois pays appartiennent à un même axe stratégique déclaré anti-iranien. La donne stratégique au Moyen-Orient a radicalement changé et Israël ne se prive plus de se présenter comme le défenseur des régimes arabes modérés contre l’Iran. Qui ne comprend pas qu’il s’agit d’une alliance stratégique, d’une amitié politique fondée sur des intérêts communs stratégiques ne peut rien comprendre aux attitudes saoudienne et égyptienne ultérieures. L’exigence de la présence de l’Autorité de Mahmoud Abbas pour ouvrir le passage de Rafah. Retenez bien cette exigence : la présence de la police de M. Abbas. Pour ceux qui ont oublié ou n’étaient pas au courant, rappelons que cette police a été «nettoyée» de tous les éléments –officiers, sous-officiers et fonctionnaires de base- qui y ont travaillé sous Arafat contre des indemnités princières pour des Palestiniens. Les Etats-Unis ont supervisé et les moukhabarates égyptiens mené la gestion administrative. Comme dans le scénario libanais, ces deux régimes s’empressent de condamner Hamas pour son refus de respecter la trêve. Les termes de la trêve indiquaient l’ouverture des points de passage et l’arrêt des attentats cibles. Israël n’a respecté ni l’un ni l’autre des ces deux points.

    Livni annonce deux jours avant l’agression qu’Israël va mener une guerre contre le Hamas. Elle insiste. Contre Hamas. Livni et Israël n’ont rien contre l’islam ou contre les Palestiniens. Livni entend combattre des «terroristes» alliés de l’Iran. Les photos montrent Abou El Gheït et Livni radieux se serrant les mains de différentes façons. La photo de deux vrais compères heureux de leurs discussions et de leurs projets. Trois jours avant l’agression, Peres rassure les Saoudiens qu’Israël n’envahira pas Ghaza. «Israël a d’autres moyens.» La promesse d’une guerre propre, donc rapide. Israël avait promis la même «efficacité» au Liban.

    L’attitude de ces deux pays, les réactions européennes de soutien à Israël en droit de se défendre, l’avalanche médiatique et politique sur les responsabilités du Hamas en toute mauvaise foi montrent qu’Israël avait informé les principales puissances politiques mondiales ou régionales du «travail» de nettoyage et de sa rapidité. El Qods, paraissant à Londres, ajoute même que l’Egypte a désinformé le Hamas en lui faisant croire à une trêve informelle de deux jours en attendant des négociations formelles. Quelques jours plus tard et au premier infléchissement de l’Egypte demandant la protection des civils, le journal Haaretz révèle que l’Egypte avait soutenu «les opérations israéliennes» et contribué à «endormir» Hamas. Livni multiplie les déclarations et insiste sur l’objectif : Hamas. L’Egypte tape sur Hamas. Le ministre des Affaires étrangères saoudien, déclarant que rien ne peut être fait sans le retour à l’unité palestinienne –entendez le retour de Ghaza sous l’autorité de Abbas– tape sur Hamas.

    Tout le monde tape sur Hamas. Mais il faut ajouter à ces faits cette résolution bizarre du Conseil de sécurité adoptée le mardi 16 décembre. Je vous en avais parlé dans l’édition du 18 décembre 2008. Rien ne justifiait cette résolution, aucun événement, aucun incident, aucune demande arabe. La seule actualité se centrait sur les élections israéliennes pour lesquelles les candidats rivalisaient de déclarations expansionnistes. Je pensais qu’elle rappelait aux candidats israéliens tentés de revenir à l’idée du Grand Israël qu’étaient dessinés les contours d’une solution globale y compris un futur nettoyage ethnique et qu’il était hors de question de sortir de ces contours. Sauf que… sauf que cette résolution insistait sur la nécessité d’assurer la sécurité d’Israël et de mettre hors circuit les extrémistes et favoriser les modérés –entendez favoriser les modérés palestiniens en urgence. Maintenant que la guerre contre Ghaza se déroule, je comprends mieux ce titre de Paix au Proche-Orient et je comprends mieux cette «spontanéité» occidentale à soutenir Israël. Israël exécutait un plan. Mais avait un cahier des charges.

    Dans quel contexte ? Celui de la montée de deux puissances régionales appelées à assurer les pivots d’une «stabilité» et d’«une sécurité» régionales après la «destruction» de l’Iran des mollahs. La Turquie a de toute évidence été informée et rassurée quand à l’efficacité d’une armée israélienne, troisième puissance mondiale aérienne mondiale après les Etats-Unis et la Russie et devant l’Angleterre et la France. Dès lors, le timing et les enjeux apparaissent clairement. Il fallait ouvrir les voies d’un «succès» électoral à Abbas en désintégrant le Hamas.

    L’opération israélienne achevée en quelques jours, les nouveaux services de sécurité de Abbas auraient transité par l’Egypte pour nettoyer les tranchées et assurer la sécurité en amenant aux Ghazaouis tout ce dont le Hamas les avait privé : aliments et médicaments en échange d’une reconnaissance éternelle. Les résultats auraient justifié le crime. L’armée israélienne aurait récupéré sa réputation et dissuadé d’éventuels candidats à la résistance. Livni et Ehud Barak qui est remonté en flèche dans les sondages dès les premiers morts ghazaouis après en avoir atteint le fond seraient passés haut la main après leur succès. La Turquie, puissance régionale liée par un pacte militaire à Israël qui permet à cette dernière de s’entraîner dans son espace aérien, était informéé. Erdogan et le ministre turc des AE déclareront au vu de la boucherie qu’Israël les avait trompés. John Bolton en a une telle peur qu’il s’est cru obligé d’écrire un article sur le Washington Post, assenant qu’un Etat palestinien serait une illusion et une faute et qu’il fallait en rester au premier projet. Lequel ? Mais celui du Grand Moyen-Orient ! Ghaza passant à l’Egypte et les Palestiniens de Cisjordanie chassés de leurs terres passant dans une fédération jordano-palestinienne où les auraient rejoint les Arabes israéliens.

    Une telle solution signerait l’arrêt de mort du royaume hachémite par la seule pression démographique palestinienne. Mais cette solution aurait ravi les Wahhabites qui n’auraient plus en face d’eux les descendants de la tribu de notre prophète pour leur disputer le leadership religieux. Le roi de Jordanie, instruit par l’aventure libanaise, instruit des projets des néo-conservateurs, s’est précipité pour se démarquer de l’aventure militaire de l’axe arabo-israélien anti-iranien.

    John Bolton ne pouvait voir ses rêves s’envoler sans réagir et se satisfaire des options préconisées par Brezinski, le tombeur de l’URSS, par la combinaison de l’enlisement afghan et la chute du prix du pétrole qu’il espère bien renouveler pour l’Iran. Mais si John Bolton n’arrive pas à renoncer à cause des bicots du Hezbollah et de Hamas, Condoleezza Rice et G. W. Bush non plus. Ils ont signé le dernier crime. Ils ont fait une dernière tentative de réussir quelque chose. Laver l’affront du Liban à Ghaza, cela a aussi de l’importance politique. Va pour la destruction d’une «base arrière» de l’Iran à Ghaza, les Palestiniens comme les Arabes, les Chinois, les nègres, les indios n’ayant aucun libre arbitre et n’étant que des marionnettes entre les mains des autres. Exactement comme les régimes arabes sont des marionnettes sauf que ce n’est pas tout à fait les mêmes Arabes que ceux qui vivent de leur sueur et de leur labeur.

    Ce scénario est le plus optimiste. Il y a toujours plusieurs scénarii. Si les bombes ne suffisaient pas à détruite les capacités militaires de Hamas, les chars entreraient en action pour parfaire le travail mais en laissant le nettoyage des tranchées aux policiers de Abbas. Le scénario pessimiste était –mais il était impossible dans la pensée israélienne-qu’Israël nettoie elle-même les tranchées. Abbas aurait régné sur un cimetière. Mais il fallait faire le sale boulot avant la prise de fonction d’Obama pour ne pas compromettre sa mission stratégique de construire une nouvelle image pour l’Amérique. Il serait alors venu pour bénir la nouvelle réalité du terrain. Le succès d’une Livni convaincue qu’un Etat palestinien dirigé par Abbas lui permettrait de retirer la nationalité israélienne à tous les Arabes de 48 en attendant de les renvoyer dans leur Etat national «naturel». Le succès d’un Mahmoud Abbas enfin récompensé d’une fidélité sans faille à l’ordre israélo-américain.

    La suite vous la connaissez. Rien n’a marché comme prévu. Où s’est situé le malentendu entre tout ce beau monde de comploteurs pour qu’ils en viennent aujourd’hui à devoir se démarquer ? L’Egypte ne parle plus de la présence de l’Autorité de Abbas pour ouvrir le passage de Rafah.

    L’Arabie saoudite ne parle plus de la condition d’une unité palestinienne pour faire quelque chose. Sarkozy ne parle plus du droit d’Israël à se défendre en condamnant les pétards palestiniens. L’Union européenne fait dans moins de morgue et de suffisance dans son soutien à Israël, et même Obama a été obligé de sortir de son silence. Pis, Sarkozy s’agite comme un beau diable pour trouver une sortie non humiliante pour Israël et ne compte plus que sur la Syrie pour faire pression sur Hamas. Quel retournement de situation !

    La Turquie est furieuse du sale travail d’Israël et le dénonce. Je crois que le malentendu majeur entre tous ces complices et ces criminels s’est joué sur le racisme d’Israël. Israël est l’Etat le plus raciste du monde. Lisez leur littérature politique et idéologique. Pour eux, les Palestiniens sont des fourbes, des lâches, des peureux. Depuis toujours, les dirigeants israéliens répètent qu’il faut frapper les Palestiniens pour qu’ils comprennent. Et leur expérience des dirigeants arabes et de l’Autorité ne pouvait que les enfoncer dans cette vision. Leur racisme est si profond qu’au lendemain de la guerre du Liban ils ont cherché désespérément les raisons de leur défaite dans des failles techniques dans leur conduite de la guerre. Pas un instant les Occidentaux et Israël n’ont posé l’hypothèse que les Arabes réels -pas ceux des palais- s’étaient adaptés aux conditions terribles de leur confrontation avec la domination impérialiste et qu’ils avaient appris des luttes et des échecs de leurs pères. Et qu’ils avaient produit une force morale, une détermination exemplaire, une compréhension des enjeux et des stratégies que leur a imposées leur propre combat. Et qu’à l’intérieur de l’islam ils ont opéré des aggiornamentos –des mises à jour– qui en ont refait un facteur de libération contre tous les courants islamistes ayant ont prêté le flans aux manipulations américaines et occidentales pour diriger leurs coups contre leurs propres peuples. Qu’ils ont mis au cœur de leur combat la question nationale, l’indépendance nationale, la souveraineté nationale au lieu d’un mythique califat, trouvant ainsi les clés de leurs problèmes et non dans le passé. Et ceux qui, en Algérie, reprochent au Hamas son caractère religieux, il est temps de leur rappeler que l’islam du Hamas ou du Hezbollah est l’islam de l’ALN pas celui des Wahhabites.

    Pour les Israéliens et pour leurs amis arabes intéressés à justifier leur soumission par la toute puissance d’Israël, les combattants du Hamas allaient faire dans leur froc aux premières bombes, aux premiers morts. Ils auraient cédé à la terreur. Et parce qu’ils n’ont pas cédé, le caractère fondamental de leur guerre s’est accentué, s’est révélé au grand jour. Cette guerre était une guerre de la terreur et les Israéliens sont allés jusqu’au bout du crime.

    Les premiers à l’avoir compris pour avoir un long passé militaire, un long passé impérial, ce sont les Turcs et ils furent les premiers à dénoncer l’incurie militaire israélienne. Tout le reste vous le savez. Ghaza a été le ghetto de Varsovie. Ghaza a été Guernica. Mais Ghaza est aujourd’hui Stalingrad. J’utilise ces références européennes exprès pour qu’un Occidental me comprenne s’il venait à me lire. Sinon dans les croisades nous pouvons puiser des exemples d’atrocités occidentales à l’infini. Mais Israël vient de se casser sur la résistance d’une poignée d’hommes libres, conscients des enjeux et déterminés à ne pas plier.

    Son racisme et celui de ses sponsors ont contribué à l’aveugler. Aujourd’hui, sur les cadavres des enfants suppliciés par les bombes américaines sophistiquées et interdites, s’écrit la défaite morale et politique d’Israël. Sa première défaite médiatique. L’Egypte se contorsionne pour trouver une issue en dehors du Conseil de sécurité et pour offrir une chance supplémentaire à Sarkozy de faire prendre des mesures pour étrangler l’approvisionnement de la résistance en armes et de Ghaza en denrées. L’Egypte et tous les

    régimes arabes complices de cette boucherie multiplient les artifices pour faire croire à une position amicale à l’égard des Palestiniens.

    Les peuples retiendront surtout l’image des frontières syriennes ouvertes aux réfugiés libanais et du passage de Rafah fermé aux secours. Ils ont raison de trembler pour leurs pouvoirs. L’émotion, pour une fois, risque de se transformer en énergie politique. Et ces peuples ont bien raison de rendre hommage aux Ghazaouis pour avoir signé sur les pages de l’histoire le compte à rebours de la pire réalité coloniale jamais connue. Pour avoir tenu contre le monde occidental tout entier et contre ses domestiques.

    M. B.

  • Med Bouhamidi- Le 29/01/2009 : Pourquoi la précipitation franco-allemande à renforcer le blocus de Ghaza ?

    Med Bouhamidi- Le 29/01/2009 : Pourquoi la précipitation franco-allemande à renforcer le blocus de Ghaza ?

    Publié dans La Tribune le 29 – 01 – 2009

    Pourquoi la précipitation franco-allemande à renforcer le blocus de Ghaza ? Car le blocus n’a pas été levé, n’est-ce pas, ni les points de passage franchement rouverts, ni l’aide nécessaire autorisée à entrer à Ghaza où elle arrive au compte-gouttes ! La France a donc envoyé un navire de guerre, un porte-hélicoptères du nom de «Germinal».

    Les Allemands ont envoyé des spécialistes et des technologies de pointe pour assister la police égyptienne dans le contrôle des tunnels. La sécurité d’Israël méritait-elle cette rapidité d’exécution des décisions de Charm El Cheikh prises sans un mandat international légal, c’est-à-dire en Conseil de sécurité de l’ONU ? Israël vaut bien une violation du droit international.

    Une de plus dans la longue liste des violations. La France, l’Allemagne, l’Angleterre et les autres pays européens protégeront-ils les Palestiniens contre la colonisation rampante, contre le mur de l’apartheid, contre les assassinats, contre le bombardement des plages ghazaouies ? Même avec le cessez-le-feu, protégeront-ils les enfants palestiniens de la mort par des armes interdites ? Ce n’est pas leur souci. Et si la mort d’un soldat israélien hier a soulevé un tollé, la mort de trois civils palestiniens et les bombardements de la marine israélienne survenus la veille et l’avant-veille n’ont dérangé aucun dirigeant européen. Et si le sens profond de la précipitation franco-allemande à renforcer le blocus de Ghaza vous échappe, écoutez Louis Michel, le commissaire européen à la Coopération..

    Au milieu des ruines de Ghaza, il a déclaré mardi que le Hamas porte la responsabilité des destructions et de la mort des Palestiniens. Mieux, il a qualifié Hamas de mouvement terroriste et a donné une définition du terrorisme qui laisse perplexe. Hamas est terroriste car il vise des civils. Il faut croire que les bébés et les enfants palestiniens portaient des tenues de combat et utilisaient des armes interdites.

    Bref, au plan diplomatique comme au plan militaire, les dirigeants du monde occidental se mobilisent pour assurer la sécurité d’Israël et conforter ses thèses.

    L’immense émotion des opinions publiques européennes et américaine laisse froids ces dirigeants. Ils viennent participer à ce blocus qui est un véritable crime contre l’humanité. Les habituelles explications expéditives et sentimentales parlent d’un alignement euro-américain sur Israël, du poids du lobby juif ou sioniste selon les expressions des uns ou des autres. L’ambassadeur palestinien à Alger reprenait cette thèse, hier dans un quotidien national, qui blanchit les USA et l’Union européenne. Ces deux grandes puissances sont assez bêtes pour ne pas connaître leurs intérêts et se laisser manipuler. Leurs dirigeants n’ont rien vu des horreurs, des ruines ou des crimes de guerre israéliens ? Ce sont des idiots absolus qu’il faut juste réveiller de l’envoûtement sioniste ? J’ai déjà dit dans un article précédent sur cette question que les Euro-Américains ne s’alignent pas sur Israël mais confortent Israël dans la mission fondamentale qu’ils lui ont confiée en 1948 quand ils l’ont créé comme première colonie «multinationale». Contrer le mouvement de libération arabe, casser les tentatives de construction d’Etats nationaux tentés de récupérer leurs ressources et leurs richesses, laisser planer sur tous les pays de la région la menace de guerres de destruction dès qu’ils atteignent un niveau significatif de développement et notamment la maîtrise des technologies de la chimie et du nucléaire.

    Cette intervention franco-allemande en catastrophe, en attendant les autres pays européens, a une réalité. Elle vole au secours d’Israël qui ne pouvait plus continuer son «travail» de nettoyage sans payer le prix le plus élevé, un prix insupportable, dans l’opinion publique mondiale. Les Etats-Unis et les Européens auraient payé avec lui ce prix très fort face à leurs propres peuples réveillés par les images d’El Jazeera, de la torpeur engendrée par l’incessante propagande sioniste des grands médias. Or, il fallait terminer «le travail», désarmer le Hamas, l’étrangler sur le plan militaire tout en lui ouvrant les portes d’une soumission déguisée sous la forme d’une unité avec Abbas assortie de promesses d’argent et d’aides. Unité sur quelle base et pour faire quoi ? Laisser Israël coloniser encore plus de terres, réduire les enclaves palestiniennes pour ensuite invoquer, comme Condoleezza Rice, la réalité du terrain et l’opposer aux aspirations palestiniennes. Voilà la première raison de cette diligence européenne. Continuer le travail d’Israël. Frapper encore et toujours la résistance palestinienne abusivement réduite au seul Hamas. Frapper la résistance sans en avoir à payer le prix. Exercer les pires pressions pour faire céder cette résistance en utilisant tous les moyens, toutes les menaces, toutes les formes de bâton, promettant toutes les carottes contre le renoncement à la résistance. Les dirigeants européens seraient bien en peine de s’expliquer sur leur refus d’accéder à la demande de M. Abbas d’une intervention internationale pour protéger le peuple palestinien des exactions israéliennes, de l’étranglement économique, de la colonisation continue des terres, de la construction du mur déclaré illégal par la cour de justice de La Haye. Cette continuation de la politique israélienne par des moyens européens sans la fronde des opinions publiques est-elle la seule raison ? Il est difficile de séparer le Moyen-Orient et ses ressources stratégiques du reste du monde. Et d’abord de séparer l’action politique et militaire d’Israël du contexte arabe lui-même. Nous savons aujourd’hui que vers le dix-septième jour de l’agression israélienne, Moubarak a téléphoné à G. W. Bush pour lui dire que la montée de la colère populaire mettait désormais en péril la stabilité des régimes arabes amis des USA et d’Israël.

    Le «travail» qui devait être rapide a traîné en longueur et en horreurs engendrant une émotion de plus en plus forte. Cette émotion, au fil des jours, se transformait en conscience que les USA et l’Europe se comportaient en ennemis des Arabes d’abord sur le mode du racisme puis en ennemis des peuples arabes sur le mode de la conscience anti-impérialiste. En quelques jours, l’agression israélienne a balayé toutes les illusions qu’entretenaient pêle-mêle les régimes arabes, les ONG stipendiées et spécialisées dans l’apologie des modèles euro-américains de démocratie et de droits de l’Homme, les courants politiques néo et ultra libéraux qui espèrent leur insertion dans les créneaux du capitalisme mondial, les modernistes qui ont épousé les thèses occidentales d’une antinomie entre islam et langue arabe avec les standards de la raison moderne. Dans le monde arabe, ces mêmes courants n’ont pu faire l’impasse des atrocités israéliennes tout en reprenant les thèses de Tzipi Livni, des régimes égyptiens et saoudiens incriminant le Hamas dans la rupture de la trêve. Ils ont été obligés de condamner Israël pour faire le jeu des islamistes avec ses méthodes barbares et de réveiller le radicalisme. Il faut croire que ce radicalisme les dérange ou menace leurs intérêts, leurs rêves d’un commerce sans frontières, leur rêve d’un libre-échange généralisé. Ils ont exprimé à leur manière cette idée que la politique d’Israël met en danger les intérêts à long terme des Euro-Américains. Ils avaient vraiment besoin de conseils, ces Euro-Américains ? Sont-ils en situation de mettre en balance le fanatisme des quelques milliers de colons juifs avec les intérêts de leur commerce, de leurs investissements et des débouchés immenses pour leurs produits dans le monde arabe ? Quelle erreur infantile quand on sait que la solution immédiate de la question palestinienne est la création d’un Etat palestinien ! Ce n’est pas sorcier ! Leur intérêt est de contrôler les ressources énergétiques, leur transport et d’empêcher que les peuples arabes ne se lèvent pour demander leur souveraineté sur leurs richesses. Leur intérêt est de ne pas avoir d’Hugo Chavez dans la région. Pas d’Evo Moralès. Pas d’héritier de Nasser ou de Boumediene. Pas même d’héritier du roi Fayçal. Or, c’est bien de cette menace que les Euro-Américains, les Israéliens et les régimes arabes modérés parlent depuis quelques années en évoquant la menace iranienne. C’est quoi la menace iranienne pour les régimes arabes ? La bombe atomique qui n’existe pas ? Ou la menace d’une contagion révolutionnaire, d’un radicalisme anti-américain qui les engloberait comme relais de cet hégémonisme qui postule à changer le Moyen-Orient ? La réponse se trouve dans les déclarations des dirigeants de ces deux pays. Aussi bien à l’occasion du soutien direct ou indirect qu’ils ont apporté aux agressions israéliennes contre le Liban que contre Ghaza considérées comme frappe contre des alliés de l’Iran. Voilà la deuxième raison de la hâte franco-allemande à prendre le relais d’Israël. Prévenir tout développement d’un radicalisme arabe. Le dispositif mis en place vise à prévenir ce radicalisme et son éventuelle transformation en mouvement populaire contestataire de la domination impériale US. Cette montée en puissance d’une dynamique populaire anti-impérialiste inquiète au plus haut point les Euro-Américains. Peut-être plus les Européens que les Américains pour toutes les raisons de proximité avec le monde arabe et l’affirmation d’une communauté arabe et/ou musulmane comme contre-société dans leurs propres pays.

    Maîtriser cette «révolte» arabe leur aurait cependant posé moins de problèmes avant la crise. Le succès du projet UPM, la fortune des idées néolibérales, l’alignement des régimes arabes sur les thèses occidentales étaient autant de garanties que des «révoltes arabes» resteraient circonscrites et facilement mises en échec. Le coût de ces «révoltes arabes» aurait été important bien sûr. L’existence de forces arabes attachées à l’Occident pouvait quand même les dévoyer dans des guerres civiles sans issue sauf si ces révoltes entraînaient une adhésion de masse irrépressible.

    Le fait nouveau et inquiétant pour les Européens reste la montée des mécontentements de leurs populations. Les dirigeants européens vont devoir affronter la contestation à l’intérieur de leur forteresse. Grèves, manifestations et débrayages se multiplient. Bien sûr, le spectre politique européen reste dominé par la social-démocratie prête à gérer au mieux les crises du capitalisme. Mais l’existence d’une extrême gauche active et un réveil même timide des partis communistes laissent planer ce danger de la radicalisation de leurs propres mouvements sociaux. Peuvent-ils faire supporter à leurs peuples les coûts des guerres interminables d’Israël ? Cela ne paraît pas raisonnable. Les Européens doivent immédiatement répondre à cette équation. Ghaza était la promesse du feu qui attend toute contestation arabe, tout radicalisme. Le message était clair et mûrement pesé. Israël devait donner aux Arabes le spectacle de ce qui les attend en cas de velléité de résistance. Et le message devait être compris avant que des passerelles, des convergences et des synergies ne naissent entre ces mouvements comme l’émotion des peuples européens le préfigure. Les Euro-Américains ont vécu le mouvement ascendant de leur victoire sur le camp socialiste et de leur domination sur le monde. L’Amérique latine a donné le signal d’un retour des peuples sur la scène de l’Histoire. Les résistances libanaise et palestinienne ont renoué avec les traditions de résistance anticoloniales et d’émancipation des peuples du Moyen-Orient.

    Ghaza a été une des tentatives de la contre-révolution mondiale de rependre le dessus avant un réveil généralisé des peuples. Il reste aux USA et à l’Europe la seule solution que le capitalisme connaît pour résoudre ses crises : une guerre mondiale, la troisième.

    L’hypothèse est sérieuse. Très sérieuse.

    M. B. le 29 01 2009.

  • Mohamed Bouhamidi-Samir Amin : « Le monde arabe dans la longue durée »

    Mohamed Bouhamidi-Samir Amin : « Le monde arabe dans la longue durée »

    Sept ans après le « printemps arabe», qui peut encore trouver du sens à cet événement indiscutablement historique ? Qui peut encore se satisfaire de la compréhension qui nous en a été proposée sur le champ et dans l’avalanche des informations tous les jours plus chargées d’émotions. Ce « printemps » a pris sa part de mort, particulièrement en Egypte. Il en pris malheureusement infiniment plus en Syrie dans laquelle la forme militaire de contestation a été immédiate. Nous savons maintenant qu’elle était préméditée et préparée de longue date.

    Cette dénomination de « printemps » cachait mal qu’il s’agissait de différents « printemps » cache la dénomination « monde arabe » elle-même un monde d’une grande diversité. Pourtant l’analyse de Samir Amin nous dévoile des traits profonds d’unité de ce monde, traits surprenants qu’i met à jour dans une archéologie des constructions économiques et sociale sur la longue durée. Il fallait pour entreprendre cette archéologie ressortir de dessous les couches successives des identités réputées historiques par la périodisation classique, une autre périodisation totalement singulière et une unité territoriale débordant l’idée du Monde arabe pour inclure ce dernier dans une zone plus large, celle d’une plaque tournante du commerce et des échanges unifiée pour la première fois par Alexandre le Grand au 3ème siècle av. J.-C. Les différentes formes de d’organisations étatiques et  les différentes identités/identifications correspondantes ne reflètent que des moments de domination et de contrôle de cette plaque tournante et de la « route de la soie », selon les rapports des forces.

    La première grande période s’étend d’Alexandre le Grand à 1492 et correspond pour cette plaque tournante au passage d’une activité marchande mais encore mercantile à l’activité marchande de type capitaliste. Empires, royaumes, civilisations, Etats, croyances naissent, s’éteignent ou survivent autour du contrôle de ces routes de la richesses. C’est bien cette lutte pour le contrôle de cette région, qui explique historiquement l’hostilité constante, profonde de l’Europe pour le Monde musulman ou arabe car ces derniers leur barraient les chemins de la conquête de cette route de la soie. Cette zone est une partie constitutive d’une première mondialisation, une mondialisation marchande mais de type mercantiliste et précapitaliste, une mondialisation dont le centre moteur démographique, inventif et producteur de surplus était justement la Chine talonnée par l’Inde.

    La suprématie européenne ne cessera de s’affirmer à partir du 15ème siècle et du passage de l’artisanat à la manufacture puis à l’usine. Il faudra malgré tout quatre siècles pour que cette suprématie s’affirme définitivement par l’affaiblissement de l’Empire Ottoman et la domination sur le Moyen Orient. Nous passons alors à la phase supérieure, quasi définitive d’une mondialisation au niveau suprême du capitalisme.

    Le Monde arabe est une fraction de cette zone de transit. Samir Amin remonte, loin dans le temps, pour mettre à jour les strates historiques, profondément enfouies et oubliées, qui permettent de comprendre la naissance des grands blocs historiques, leurs interactions, leurs échanges, leurs influences réciproques.

    Malgré les routes maritimes ouvertes après 1492, la route continentales vers la Chine reste stratégique. Elle passe par tous les pays soumis à une instabilité créée et entretenue en permanence par les puissances impérialistes.

    Mais cette unité historique reproduite à partir des données démographiques, économiques, commerciales, politiques et culturelles ne rend pas compte d’une autre réalité. Les mouvements de protestations qui ont a agité le Monde arabe à partir des années 2010/2011 s’expliquent par une autre donnée fondamentale. Samir Amin réexamine la thèse émise par Mao Tsé Toung que les tempêtes post-2ème guerre mondiale se dérouleraient dans le Sud. Alors les événements qui ont secoué le Monde arabe ne peuvent être compris que comme une composante des luttes contre et autour de la mondialisation, entre les puissances elles-mêmes avec la suprématie US que nous connaissons au final et entre ces puissances et les peuples qui refusent cette domination mais n’ont pas toujours en mains les instruments politiques et la conscience/connaissance de la domination d’un centre capitaliste sur une périphérie qu’il intègre pour l’assujettir à son système de domination et qu’il maintient dans cet Etat de domination apr des recadrages et des recalibrages permanents. Dans ces luttes les avancées latino-américaines, par exemple, ont certainement accompagné les flux ou les reflux de ces luttes auxquelles la Conférence d’avril 1955 de Bandung va donner pour la première fois le caractère d’une lutte mondiale des Etats du Sud, autonome du camp socialiste mais bénéficiant de son soutien,   contre une domination impérialiste mondiale.

    Samir Amin rappelle combien de luttes victorieuses des peuples ont été récupérées par le système capitaliste à travers ses instruments financiers, économiques, commerciaux, politiques, idéologiques et de subversion par la création de mouvement politiques et religieux engagés  à fourvoyer les peuples dans les voies du passéisme. Le mouvement des Frères Musulmans et le salafistes, c’est-à-dire l’Islam politique, en sont la meilleure illustration.

    Samir Amin investit dans ce livre la recherche du temps long qui a façonné ce Monde arabe, en fait une partie d’un ensemble plus grand, qui a participé à une première mondialisation. Mais il y investit aussi l’examen minutieux des derniers développements de la confrontation entre les peuples arabes et les puissances impérialistes qui les haïssent en tant qu’arabes et musulmans d’autant plus fort qu’ils se trouvent sur cette plaque qui inclut une partie de l’Eurasie.

    Naturellement le cas de l’Egypte prend une place importante et méritée. L’analyse est passionnante de la récupération par les Frères musulmans puis par le régime policier autoritaire de Sissi de l’extraordinaire mobilisation populaire égyptienne, jusqu’à 15 millions de manifestants à certains moments, voire plus selon certaines sources, un bilan qui recense mille morts. Comment cela a-t-il pu arriver et pourquoi ? Voilà ce que le lecteur peut découvrir, une histoire immédiate passé au microscope du « temps long » et la satisfaction d’avoir partagé un grand moment d’intelligence historique.

    M.B

    Le monde arabe dans la longue durée.  Samir Amin. 2011  Le Temps des Cerises Editeurs – 2011 Editions APIC Alger – 255 pages.

  • Zaid Al Mahbashi-Lavage de cerveau : le sionisme des programmes éducatifs saoudiens et la «normalisation» en douce.

    Zaid Al Mahbashi-Lavage de cerveau : le sionisme des programmes éducatifs saoudiens et la «normalisation» en douce.

    Au cours des deux dernières décennies, de nombreuses organisations, institutions et centres d’études sionistes sionistes ont été actifs dans l’Orient arabe, certains sous leurs noms hébreux, et d’autres sous des noms occidentaux et américains, dans une course contre la montre pour accelerer la » normalisation», et cette fois l’attention s’est tournée vers les programmes éducatifs arabes, parallèlement au recyclage des déchets des politiques modérées et de la Soumission, son motif principal est d’améliorer l’image de l’entité sioniste usurpatrice dans l’esprit et la mémoire des générations arabes montantes, et de créer une mentalité arabe conforme à l’idéologie « sioniste-américaine », à la sionisation de l ‘âme et de l’identité arabes , à la sécularisation de l’Islam et des décisions de justice.

    La modification des programmes éducatifs arabes conformément au diktat « sioniste-américain » est en cours sous le slogan de « développement », « modernisation » et « ouverture », et a fait de grands progrès dans de nombreux pays arabes, comme l’Égypte, le Maroc, la Jordanie, les Emirats, Bahreïn et l’Algérie ( Note : ?) , et de manière relative le Koweït et le Qatar, et le dernier maillot pour nager dans la piscine putride du sionisme ‘israélien’ (en ‘Israël’) «l’Arabie Saoudite», le pays des Deux Saintes Mosquées, du baiser des musulmans, la destination de leurs cœurs et la place de leur Prophète.

    Les amendements continus en faveur de l’occidentalisation ont affecté les articles liés au rôle corrupteur des juifs et des chrétiens occidentaux, au conflit « sioniste-palestinien », et même les décisions juridiques, les statuts, la morale et les enseignements religieux n’ont pas été épargnés par leur futilité.

    Dans cette brève lecture, il nous suffira de nous concentrer sur les changements astronomiques qui ont affecté les programmes éducatifs saoudiens sous le règne du prince héritier « Mohammed ben Salmane », avec l’espoir de les développer à l’avenir, en raison de leur importance cruciale dans l’influence de l’orientation éducative et culturelle de la future communauté arabe, compte tenu de l’importance et du statut de l’Arabie saoudite pour les Arabes et les musulmans.

    Les programmes scolaires saoudiens ont été soumis à un examen minutieux en Occident après les attentats du 11 septembre 2001 contre l’Amérique, et depuis lors, Riyad a progressivement supprimé de ses manuels scolaires les contenus critiques à l’égard des juifs, des sionistes et de l’Occident, afin de les améliorer. son image en Occident, et en retirer l’accusation de terrorisme et d’extrémisme, qui est ce qui a été brassé. Ses livres éducatifs traitent de la violence, de l’extrémisme et de l’expiation depuis leur création.

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    INFORMA SOBRE ESTE ANUNCIO

    Après l’arrivée de « Mohammed ben Salmane » au mandat du Pacte et l’annonce de son plan de « développement » « 2030 », renforcé par un ensemble de réformes, au premier rang desquelles la modification des programmes éducatifs, l’Arabie saoudite a été témoin d’un choc des transformations ouvertes qui ont franchi toutes les lignes rouges et toutes les constantes religieuses et nationales.

    Derrière cette démarche, il cherche à œuvrer pour changer la mentalité du citoyen saoudien, afin de se conformer à ce qu’il souhaite en adoptant l’approche occidentale dans son pays, et de s’éloigner de tout héritage religieux ou idéologique sur lequel reposent de nombreuses générations de son les gens ont été élevés, selon le Centre d’études et de recherches de la péninsule arabique chargé des affaires saoudiennes, jusqu’à accepter la normalisation officielle des relations avec l’entité sioniste, au cas où la décision serait prise de le faire, et c’est une question de temps unanimement prise par les penseurs des singes sionistes et les théoriciens des vaches américaines.

    Pendant des décennies, le régime saoudien a fait tout ce qui était en son pouvoir pour obtenir une légitimité dans son pays et à l’étranger en positionnant son pays comme le berceau de l’Islam et le foyer des deux lieux saints des musulmans sous forme laïque de nationalisme.

    Ceci, selon l’institut hébreu «Impact SA», «est cohérent avec les efforts visant à atténuer l’intolérance religieuse des Juifs et à ouvrir progressivement la voie en cas de décision politique concernant la normalisation des relations avec Israël».

    Afin de détourner l’attention du peuple saoudien du crime de modification des programmes scolaires, « Ben Salman » s’efforce d’intensifier les fêtes de promiscuité et de transformer son pays en une arène ouverte pour accueillir les stars de l’art, de l’excitation, de la prostitution et de l’homosexualité dans le monde sans égard aux valeurs sacrées islamiques sur les terres de la péninsule arabique.

    Dans ses justifications marketing, «Bin Salman» prétend œuvrer pour purifier les programmes éducatifs des impuretés et éliminer les matériaux qui attaquent d’autres religions, ce qui est une vaine tentative de tromper ses bienfaiteurs de Tel Aviv et de la Maison Noire en leur faisant croire que son pays est devenu ouvert. , et qu’il a jeté au mur toutes les restrictions de l’institution religieuse, mais il n’a malheureusement pas rejeté les restrictions de l’institution religieuse et les constantes du mariage sacré entre elle et l’institution dirigeante qui a duré plus de trois siècles. Au contraire, il a jeté contre le mur tous les enseignements de l’Islam, sans regret, pour autant que cela ouvre la voie à l’accès au siège du pouvoir.

    En 2020, un porte-parole de l’ambassade saoudienne à Washington, Fahd Nazer, a affirmé que les responsables de l’éducation de son pays « avaient trouvé des éléments répréhensibles et offensants dans les manuels scolaires et s’étaient efforcés de les retirer de l’ensemble du programme et de les remplacer par des éléments qui promouvoir la modération, la tolérance et la coexistence pacifique», ce qui est un nouveau mensonge. Il s’inscrit dans le même contexte.

    Les actions de Ben Salman ont reçu la bénédiction de Washington dès le premier jour de leur annonce, et son secrétaire d’État, Rex Tillerson, a déclaré à l’époque que « l’Arabie saoudite a commencé à faire face à la propagande extrémiste en incluant de nouveaux matériels et en en retirant d’autres de ses programmes scolaires ». le ministre saoudien de l’Éducation ajoutait à l’époque, «Ahmed Bin Muhammad Al-Issa», que «son pays a commencé à traiter avec l’Association nationale américaine pour l’éducation des jeunes enfants – Nike, afin de concevoir de nouveaux programmes et normes méthodologiques». «

    Christine Diwan, chercheuse résidente principale au Gulf States Institute de Washington, a également confirmé Tamashee :

    Les changements qui ont affecté les programmes scolaires saoudiens avec la nouvelle orientation politique du Royaume et avec l’importance de la famille régnante dans sa légitimité.

    Les Américains affirment que les programmes éducatifs saoudiens contiennent de nombreux éléments préoccupants pour leur sécurité nationale, incitant au meurtre et à la destruction de non-musulmans et à l’antisémitisme. C’est pourquoi le Congrès américain a clairement exhorté, vers 2016, les autorités saoudiennes. de supprimer certains versets du Saint Coran qui traitent des enfants d’« Israël ». Et du jihad contre les infidèles, après quoi les demandes de suppression, d’amendement et d’ajout ont suivi comme un torrent.

    Dans une interview accordée au magazine Time, deux responsables américains ont rendu au prince héritier Mohammed ben Salmane le mérite des nouveaux changements intervenus dans le royaume et ont confirmé qu’ils coïncidaient avec l’appel de Washington au Royaume à normaliser ses relations avec l’entité sioniste. Le Daily Telegraph a décrit ce changement comme… « une partie de changements et de tendances plus larges dans le royaume qui permettent des relations permanentes avec les Juifs et l’acceptation de leur présence dans la région ».

    Ce qui est ironique, c’est que le régime saoudien a établi ces programmes anti-occidentaux, antisémites et anti-infidèles que Washington exige aujourd’hui de modifier à la demande et sous la supervision de Washington lui-même lors de l’invasion soviétique de l’Afghanistan dans les années 1970, et aujourd’hui encore, ils sont supprimés à la demande et sous la supervision des Américains et des sionistes pour être cohérents avec l’atmosphère de normalisation.

    Les organisations sionistes américaines s’efforcent d’atteindre plusieurs objectifs derrière la sionisation des programmes éducatifs arabes, y compris cette tendance dangereuse aux répercussions catastrophiques, dont les effets s’étendront aux générations arabes pour les décennies à venir, notamment :

    1 – Changer la structure des mentalités, des cultures, des convictions et des orientations des peuples et des générations de la péninsule arabique et de la nation arabe, en les aliénant culturellement, intellectuellement et moralement, en déformant leur identité et leurs sociétés, en les aliénant de leur religion et de leur arabisme, et établir des concepts qui contredisent les enseignements de l’Islam et la morale des Arabes et menacent de détruire les principes et les valeurs de générations.

    2 – Créer des peuples arabes hybrides et soumis qui ne comprennent leur religion que de nom, et élever une génération arabe passive et soumise qui ne connaît ni l’hostilité ni la haine de l’Occident ou de l’entité sioniste usurpatrice, conduisant à consolider le concept de non-religion et l’antisémitisme dans la mentalité arabe et la transformation de la laïcité en une religion que les gens adorent à la place de Dieu.

    3 – « Ben Salmane » a ouvert la voie à son pays pour rejoindre le train de la normalisation, dont les épisodes ne se limitent plus à l’aliénation dans les domaines éducatif et culturel.

    4 – Les nouveaux programmes éducatifs placent les « Juifs » sur un pied d’égalité avec les « Musulmans » en citant des textes affirmant que l’Islam reconnaît la Torah comme un livre sacré et qu’il autorise la consommation de nourriture « casher », qui est une nourriture autorisée dans le pays. La religion juive et la reconnaissance du droit des Juifs à la terre. La Palestine perdue et l’affirmation selon laquelle il existe un lien religieux entre les Juifs et la terre historique de Palestine en incluant dans les programmes de nouveaux termes tels que « la terre juive » et « Jérusalem.»

    5 – Imaginer les étudiants saoudiens et arabes que les Juifs sont de doux agneaux qui ont été soumis à de nombreuses injustices il y a 70 ans et le sont encore, et qu’ils sont un peuple sans terre. Ils ont été soumis aux meurtres les plus horribles de l’histoire de l’humanité à travers « l’Holocauste », un prétendu Holocauste que les Juifs prétendaient avoir été causé par « Hitler » et les nazis allemands. Ils ont brûlé vif 6 millions de Juifs pendant la Première Guerre mondiale, et ce mensonge est toujours une carte de chantage utilisée par les Sionistes contre L’Allemagne jusqu’à aujourd’hui travaille par tous les moyens à la transformer en vérité et en histoire, mais malheureusement elle a trouvé parmi les hommes et les femmes parmi les intellectuels arabes ceux qui y croient et les commercialisent.

    Le régime saoudien ne s’est pas arrêté aux limites de l’enseignement de ce mensonge dans ses programmes : en effet, ces dernières années ont vu la visite du président de la Ligue musulmane mondiale, Muhammad Al-Issa, au Musée de commémoration de l’Holocauste juif et «Vivez Rajab et voyez une merveille.»

    Les organisations « sionistes-américaines » adoptent plusieurs méthodes pour atteindre leur objectif satanique visant à sioniser les programmes éducatifs arabes, notamment :

    1 – Tenir des réunions successives avec la plupart des responsables arabes en visite dans les capitales américaine et britannique, et cela se limite aux pays arabes qui ont encore honte de dévoiler les eaux de la normalisation sous la table avec la générosité de Hatami, comme c’est le cas avec Arabie Saoudite.

    2 – Sensibiliser les membres du Congrès et les responsables américains à la nécessité de modifier et d’actualiser les programmes d’études lors de leurs réunions avec les responsables arabes, et les autorités américaines à exercer une pression importante afin de faire passer sans problème le processus éducatif et culturel sioniste.

    3- Intégrer les organisations internationales telles que les Nations Unies, la Banque mondiale et les organisations d’aide humanitaire dans le processus de changement des programmes au nom de l’innovation, de la réforme, du développement et de la modernisation.

    4 – Utiliser d’autres campagnes de pression, notamment médiatiques et de diffamation.

    Le processus de sionisation des programmes éducatifs arabes vise à ajouter 5 domaines :

    1 – Religion comparée.

    2 – Comment traiter avec les adeptes d’autres religions.

    3 – Choc des civilisations.

    4 – Paix, guerre et jihad.

    5 – Éducation civique et droits de l’homme.

    L’accent a été mis principalement sur les jeunes groupes d’âge éducatif, depuis la maternelle jusqu’à l’université, car ils sont les plus sujets au changement, à l’orientation, à la programmation et à la domestication, et c’est ce qu’affirme le PDG de la Ligue Anti-Diffamation «ADL», «Jonathan Greenblatt» et l’ancien Premier ministre britannique «Tony Blair». Dans un rapport commun :

    «Élever une nouvelle génération libérée des pensées haineuses du passé peut conduire à l’émergence des champions les plus puissants œuvrant pour la prospérité et la paix dans la région.»

    Cela signifie créer une génération monstre privée de décision, de volonté, de souveraineté, d’identité et de personnalité.

    Au niveau des dirigeants, l’attention a été attirée sur les jeunes groupes dirigeants, notamment dans les pays du Golfe, car ils sont les plus fascinés par la civilisation occidentale et les idées laïques occidentalisées. Mira Al-Hussein, chercheuse qui s’intéresse aux pays du Golfe au L’Université écossaise d’Edimbourg estime que : « Les dirigeants des nouveaux pays du Golfe sont modernes, progressistes et tendancieux. »

    Et quant aux raisons de leur réponse rapide à la demande « sioniste-américaine » de modifier les programmes éducatifs dans leurs pays malgré la forte opposition de leurs peuples, « Mira Hussein » renvoie à leur désir effréné « d’attirer un public extérieur spécifique à leurs pays », et « cette affaire est très ambitieuse pour que les gouvernements fassent soudainement un tour à 180 degrés, et que vous commenciez à prêcher la tolérance, en s’appuyant sur la mémoire courte des gens, c’est une erreur dans ce cas. »

    Et c’est en effet trompeur, car ces jeunes dirigeants ont trouvé la porte d’entrée vers la normalisation en récitant une bouée de sauvetage pour protéger leurs régimes en ruine de la colère de leur peuple gouverné par le feu et le fer, éliminer leurs opposants locaux et blanchir leurs antécédents noirs dans le domaine de la politique droits et libertés publics internes devant la communauté internationale.

    De nombreuses organisations ont été actives dans le domaine de la surveillance, du suivi et de la supervision du processus de modification des programmes éducatifs arabes, de défense de l’entité sioniste usurpatrice, d’amélioration de son image dans la mémoire arabe, de blanchiment de ses crimes et d’œuvrer à son intégration dans les systèmes d’interrelations dans l’Orient arabe.

    Ces organisations sont apparues publiquement sur la scène politique du Golfe, notamment après les événements du 11 septembre 2001, profitant du fait que l’Occident et les Américains lancent des accusations contre les chefs religieux financés par l’Arabie Saoudite ou les incubent intellectuellement, pour pénétrer la scène arabe dans toutes ses facettes.

    Ces dernières années, il a publié plusieurs rapports sur ses réalisations dans le domaine de l’évolution des programmes éducatifs et a adopté la méthodologie consistant à supprimer les textes incompatibles avec les passions sionistes et occidentales, en plus des textes qui prétendent perpétuer les concepts de coexistence. , la paix et l’acceptation de l’entité sioniste usurpatrice dans le système commun de coopération arabe, et la diffusion d’une culture d’ouverture, de libération laïque et de non-antisémitisme, et la plus importante de ces organisations :

    Basée en Amérique, elle se spécialise dans la défense de l’entité sioniste usurpatrice.

    En 2021, on a publié un rapport conjointement avec l’Institut Tony Blair pour le changement global – dirigé par l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair – intitulé « Enseigner la paix et la tolérance dans le monde arabe deux décennies après le 11 septembre ».

    Dans son rapport, elle a appelé à une pression continue sur les pays arabes pour qu’ils incluent un ensemble d’exigences dans les programmes éducatifs, notamment :

    A – Inclusion de l’état de l’entité sioniste usurpatrice sur les cartes arabes.

    B – Enseigner aux étudiants arabes le processus de paix avec l’entité sioniste usurpatrice et les familiariser avec les massacres imaginaires de l’Holocauste.

    C – Réviser les contenus démoniaques des sionistes et de l’Occident.

    D – la suppression des cours scolaires qui accusent l’Occident d’invasion intellectuelle.

    E – Travailler à élargir les enseignements qui enseignent le dialogue et la coopération entre les civilisations et les religions.

    Elle a salué «qu’il y a des contenus positifs et innovants dans les manuels scolaires de la plupart des pays arabes, mais dans de nombreux domaines fondamentaux de la paix et de la tolérance, il y a encore beaucoup de place à l’amélioration».

    Il s’agit d’un centre d’études hébraïques spécialisé dans le suivi des programmes scolaires dans les pays arabes et islamiques, le suivi de l’ampleur des changements dans ces pays et la supervision de leurs changements. Son siège se trouve à Jérusalem et à Londres occupées.

    Il a été actif ces dernières années en Égypte, à Bahreïn, aux Émirats arabes unis et en Arabie Saoudite, et a supervisé un changement radical dans les programmes scolaires de ces pays, ce qui a affecté tout ce que les sionistes considèrent comme négatif chez eux.

    Il a publié plusieurs rapports sur l’ampleur de la réponse au changement en Arabie Saoudite, dont le dernier remonte à juin 2023, et s’est concentré sur l’ampleur des changements dans les programmes des années universitaires « 2019/2020 » et « 2022/2023 ». et il a enregistré plusieurs observations sur les amendements de l’année 2019, notamment que les commissions concernées par les amendements n’ont pas été supprimées. Les dispositions complètes contre les juifs ou d’autres groupes religieux et l’oppression des femmes, qui ont été absorbées dans les amendements « 2022/2023 ».

    Il a poursuivi le processus de changement en cours dans les programmes éducatifs saoudiens depuis le début des années 2000, et a touché plus de 80 manuels scolaires du programme de l’année scolaire « 2022/2023 », et plus de 180 manuels des programmes précédents, estimant que » un signe encourageant, indiquant que des progrès ont été réalisés. » Cela inclut les attitudes envers Israël et le sionisme. » Dans une déclaration datée du 20 août 2021, le ministre saoudien de l’Éducation, le Dr » Hamad Al Al-Sheikh «, a parlé de faire 120 000 amendements à environ 89 livres pédagogiques et 34 livres et programmes d’études qui ont été élaborés, portant le total des cours nouvellement créés à 52 livres.

    L’institut a confirmé que le régime saoudien avait annulé une grande partie de ses programmes académiques, pour se débarrasser des « idées antisémites et autres qui soutiennent les extrémistes islamiques », ce qui, selon ses dires, constitue un changement historique dans les orientations du Royaume.

    Son directeur, Markus Schiff, a qualifié ces développements d’« étonnants » et a ajouté que les troupeaux de l’entité d’occupation sioniste usurpatrice sont très fiers d’avoir supprimé l’antisémitisme des programmes saoudiens, notamment en supprimant le hadith : « L’heure ne viendra pas avant le Les musulmans combattent les Juifs, et les arbres et les pierres disent : « Ô musulman, ô Abdallah, derrière moi. » » Un Juif, viens le tuer.

    L’écrivain hébreu Daniel Salami a fait l’éloge des programmes scolaires saoudiens parce qu’ils avaient commencé à connaître des « changements fondamentaux » et ne parlaient plus de la « menace sioniste » ou de « la domination du monde par le sionisme avec l’argent et la drogue », soulignant que « l’esprit de rapprochement entre Tel Aviv et Riyad a commencé à suivre son cours. » Vers la suppression du contenu anti-israélien des manuels scolaires saoudiens.

    Riyad a apporté des changements majeurs à ses programmes éducatifs, malheureusement basés sur l’absence totale de la question palestinienne, alors qu’elle avait fait semblant de ne pas la négliger.

    Parmi les modifications les plus notables apportées à ses programmes pour les années universitaires 2019/2020 et 2022/2023 figurent :

    1 – Supprimer le mot « Palestine » des cartes du manuel de géographie du secondaire et laisser la place vacante, à la lumière des pressions américano-sionistes pour inclure le mot « Israël » sur les cartes, et il a effectivement été inclus dans les programmes scolaires de plusieurs pays arabes, et les nouveaux programmes évitent d’inclure des cartes qui fixent les frontières de l’entité sioniste usurpatrice et les zones de l’Autorité palestinienne.

    2 – Remplacer les mots « sionisme » et « l’ennemi israélien » ou « l’ennemi sioniste » et « l’armée sioniste » par « Israël » et « l’occupation israélienne » et « l’armée d’occupation israélienne » et « l’armée israélienne », et le mot « Nakba palestinienne » avec « La guerre palestinienne de 1948 » est une introduction à l’éducation de la génération arabe sur le fait que l’entité sioniste usurpatrice n’est plus le seul ennemi des Arabes et des musulmans, mais plutôt un ami proche et un peuple opprimé qui ont droit à la vie et à la survie.

    Il est étrangement ironique que la littérature des Nations Unies décrit ce qui s’est passé en 1948 comme une catastrophe et un revers, alors que l’approche hybride saoudienne le décrit comme une guerre.

    3 – Supprimer le terme « entité sioniste » ou État « illégitime » qui a été créé dans le but de s’étendre aux dépens des Palestiniens.

    4 – Remplacer les termes « Jérusalem (Al-Qods, Quds) » ou « Jérusalem » par la ville « Jérusalem » et souligner le lien des Juifs avec ce qu’on appelle « le Temple de Salomon » au motif qu’il s’agit d’un droit biblique.

    5 – Supprimer du manuel de langue arabe du secondaire une leçon sur la poésie nationale qui parle de « l’opposition à l’implantation juive en Palestine occupée » et de « l’occupation juive de la Terre Sainte », et supprimer un chapitre entier intitulé « Le sionisme ». Menace », et en supprimant les photos de la mosquée Al-Aqsa et un document d’introduction indiquant qu’elle est située à Jérusalem occupée.

    6 – Supprimer du manuel d’études sociales prescrit aux élèves du secondaire un document qui parle des résultats positifs de la première Intifada palestinienne, supprimer un chapitre entier qui parle de la question palestinienne et supprimer des manuels d’histoire une phrase disant que l’Organisation de La Coopération islamique a été fondée à la suite des « tirs criminels commis par des éléments sionistes dans la ville de Jérusalem occupée en 1969 », et en mentionnant simplement la date de fondation de l’organisation et ses objectifs. Le livre ne reconnaît plus l’implication d’Israël dans la Incendie de la mosquée Al-Aqsa en 1969.

    7 – Remplacer l’expression « la tentative d’établir l’entité sioniste » par « le mandat britannique sur la Palestine », en réduisant l’ingérence britannique dans le processus d’établissement de l’entité usurpatrice et en lui donnant le pouvoir d’accéder à la terre volée de Palestine, et en réduisant l’importance de la communauté juive. le contrôle de l’appareil de l’entité usurpatrice émergente et de son économie, et la suppression des déclarations relatives à la « nomination d’un grand nombre de Juifs à des postes de haut rang » par les Britanniques, « facilitant les affaires des Juifs pour qu’ils s’organisent et les forment à des postes élevés » et l’utilisation d’armes à feu », « soutenir les Juifs économiquement et militairement » et supprimer une déclaration indiquant que le premier haut-commissaire de Palestine, « Herbert Samuel », était juif et non britannique.

    8 – Supprimer les versets coraniques et les hadiths prophétiques qui mettent en garde contre le rôle corrupteur des Juifs et indiquent clairement aux musulmans qui sont leurs ennemis et qui représente un danger pour eux.

    9 – Supprimer les paragraphes qui parlent de la quête des Juifs pour contrôler le monde et mettent en garde contre leurs projets d’établir leur grand État du Nil à l’Euphrate, en passant par Médine.

    10 – Suppression d’un texte prophétique du programme de septième année qui parle de la guerre entre les juifs et les musulmans comme une affaire inévitable dans laquelle les musulmans tuent les juifs. Le Messager, que les prières et la paix de Dieu soient sur lui et sur sa famille, a déclaré qu’il viendrait à la fin des temps : « L’Heure ne viendra pas tant que vous n’aurez pas combattu les Juifs et que le Juif ne se cachera derrière des pierres et des arbres et que la pierre dira Et les arbres, ô musulman, ô Abdallah, voici un Juif derrière moi, venez le tuer.

    11 – Suppression d’un article du manuel d’études sociales du secondaire qui parle de « mentionner l’une des revendications sionistes liées à leur droit à la terre arabe de Palestine », en la réfutant avec des documents historiques et religieux, et en supprimant un texte qui parle de la manque de droits religieux historiques pour les Juifs en terre de Palestine, et un texte expliquant un verset de la sourate Al-Baqarah. Il met en garde contre l’imitation des Juifs en faisant des ruses pour échapper à la loi de Dieu, comme l’ont fait les « observateurs du sabbat » qui se sont transformés en singes.

    12 – Supprimer la plupart des versets coraniques qui attaquent le culte des idoles et de Satan et faisant référence au châtiment de Dieu en transformant certains Juifs en singes et en cochons des livres d’études islamiques, et supprimer les versets qui accusent les Juifs de mentir à Dieu, de tuer les prophètes, et s’écartant de la religion de Dieu, et appelant à les combattre à moins qu’ils ne paient la jizya.

    13 – Empêcher l’exposition de livres antisémites dans les salons internationaux du livre.

    14 – Inclure des textes dans les nouveaux livres d’éducation islamique qui parlent de la positivité dans les relations entre les juifs et les religions islamique et chrétienne, comme source principale des droits de l’homme et des libertés publiques, et que les Dix Commandements que le Prophète de Dieu Moïse, la paix soit sur lui, transmises à son peuple, constituent la base qui doit être respectée dans les relations entre les peuples. Indépendamment de l’identité, de la religion et de la race, la plus grande forme de coexistence entre les trois religions est le mariage d’hommes musulmans ou chrétiens avec des femmes juives.

    Le plus intéressant est que les érudits des sultans se sont identifiés aux orientations de « Ben Salman », y compris l’appel de l’imam de la Grande Mosquée de La Mecque Al-Mukarramah, « Abdul Rahman Al-Sudais » le 6 septembre. , 2020, au dialogue et à la sympathie avec les non-musulmans, et il a spécifiquement fait référence aux Juifs.

    L’affaire s’est étendue aux médias saoudiens, où il y a trois ans, la chaîne MBC a diffusé la série dramatique « Umm Haroun », et cette démarche a été saluée par l’institut hébreu « Impact SA », considérant la série comme un message clair selon lequel « Juifs, Chrétiens et les musulmans vivent ensemble en paix.»

    15 – Éliminer les références qui diabolisent les juifs et les chrétiens, les décrivant comme des non-croyants, et les textes décrivant les juifs comme désobéissants.

    16 – Suppression de 19 contenus liés à l’attitude envers les chrétiens et les juifs, et annulation des textes coraniques qui incitent à la « haine » envers d’autres religions et interdisent les amitiés avec les juifs et les chrétiens.

    17 – Suppression des textes qui parlent de décisions de justice sur l’adultère, les actes homosexuels, la sorcellerie, le blasphème et la sorcellerie, accordant des facilités aux homosexuels étrangers et aux partisans de l’homosexualité visitant des lieux de destruction, ce qui a fait de l’Arabie saoudite ces dernières années l’un des plus importants destinations pour les homosexuels et les homosexuels dans le monde.

    18 – Insérer des éléments critiques à l’égard de groupes islamiques tels que le Hezbollah, Al-Qaïda, Ansar Allah et les Frères musulmans.

    19 – L’inclusion dans les programmes scolaires du penseur américain connu pour son anti-Islam «Samuel Huntington», auteur de la théorie du choc des civilisations, et d’un certain nombre d’autres penseurs occidentaux hostiles à l’Islam, dans un dangereux précédent.

    20 – Suppression de certaines approches du « Livre du Tawhid » du chef du wahhabisme, Cheikh « Muhammad bin Abdul Wahhab ».

    21 – Suppression d’un hadith prophétique racontant que le Prophète Mahomet, que Dieu le bénisse ainsi que sa famille et leur accorde la paix, a demandé à son serviteur, avant sa mort, de se convertir à l’Islam, en disant : « Louange à Dieu, Dieu l’a sauvé du feu.»

    22 – Un texte précisant que « le martyre est un don de Dieu et un honneur divin » et les textes relatifs à l’effacement des péchés des martyrs ont été supprimés.

    23 – Supprimer une unité entière qui parle du jihad et reformuler la manière d’enseigner le concept du jihad conformément à la fantaisie « sioniste-américaine », sous prétexte de limiter ce qu’ils appellent « les possibilités de recrutement terroriste », et y inclure des leçons qui interdisent strictement le jihad armé si le dirigeant ou le parent ne l’accepte pas.

    24 – Inclure dans le manuel de septième année une caricature représentant une femme souriante disant : «Je pense qu’ajouter des matières économiques au cours est une chose positive.»

    Un homme répond : «Quelle est cette opinion ? Qui es-tu pour dire cela ?» Marquez la réponse en rouge afin d’encourager les élèves à critiquer.

    À cette fin, deux livres ont été ajoutés au programme intitulé « Pensée critique », dans le but de promouvoir « le dialogue et le respect de l’autre, et d’encourager la paix et la coexistence en se concentrant sur les traités et accords historiques entre les premiers musulmans et non-musulmans sous le toit de l’Islam. »

    Et l’ajout d’un texte intitulé « L’Islam porte le message de paix », comprenant 8 exemples d’accords historiques conclus par le Prophète Mahomet, que Dieu le bénisse ainsi que sa famille et la paix avec les communautés non musulmanes, dont l’accord de Médine avec le juifs, le traité avec les juifs de Khaybar, la paix de Najran avec les chrétiens, deux contrats de réconciliation avec des tribus arabes. Et ils inscrivaient ces accords dans le cadre du « renforcement du partenariat entre les adeptes des religions et des cultures sur des questions communes, et de la consolidation de significations de la coexistence humaine.

    Références:

    1 – Omar Al-Badawi, 120 000 modifications dans les manuels scolaires en Arabie Saoudite, journal Al-Sharq Al-Awsat, 21 août 2021.

    2- Firas Dalati, La modification par l’Arabie saoudite de ses programmes scolaires est-elle le signe d’un changement dans sa politique à l’égard d’ ‘Israël’ ?, The New Arab, 23 juillet 2023.

    3 – Mansour Al-Ali, Programmes éducatifs saoudiens : modèles d’amendements, Al Jazeera Mirror, 4 juillet 2023.

    4 – Nidal Khalaf, Une lecture sioniste dans les programmes d’éducation saoudiens : plus ouverts et modérés… et moins hostiles à Israël, journal libanais Al-Akhbar, 23 juin 2023.

    5 – Yasser Baamer, Changer les programmes islamiques en Arabie Saoudite, Al Jazeera Net, 26 juillet 2010.

    6 – Centre d’études et de recherche de la péninsule arabique, Changer le programme saoudien, le dernier épisode avant la normalisation avec Israël, 23 décembre 2020.

    7 – Site Al-Khandaq, citant le réseau américain CNN, Que se cache-t-il derrière les modifications des programmes éducatifs en Arabie Saoudite ?, 4 juin 2023.

    8 – Journal « Hadith Al-Nas », l’Arabie saoudite supprime un hadith prophétique et modifie les programmes éducatifs en vue de la normalisation avec Israël, 2 février 2021.

    9 – Site Khaleej 24, Ben Salman supprime des versets du Coran… Un institut israélien révèle ce qui se cache sur l’Arabie Saoudite, 3 juillet 2022.

    10 – Site Saudi Leaks, Qu’est-ce que Mohammed ben Salmane a supprimé des programmes éducatifs ?, 23 décembre 2020.

    11 – Site Internet du Forum des érudits égyptiens, Changer les programmes éducatifs dans le monde arabe… vers une génération qui ne connaît pas l’hostilité envers Israël, 13 décembre 2021.

    Centre de recherche et d’information : Zaid Al Mahbashi

    A.A.A.

    SANAA Sept. 08. 2023, Media saba.

    Source : https://albagranadanorthafrica.wordpress.com/2023/10/31/le-sionisme-des-programmes-educatifs-saoudiens/

  • Pierre Stambul- Comment la terre d’Israël fut inventée, selon Shlomo Sand.

    Pierre Stambul- Comment la terre d’Israël fut inventée, selon Shlomo Sand.

    Comment la terre d’Israël fut inventée !« Dans la guerre israélo-palestienne, il y a un aspect qu’il ne faut jamais mésestimer. Le sionisme a opéré une gigantesque manipulation de l’histoire, de la mémoire et des identités juives. C’est cette manipulation qui permet l’adhésion majoritaire des Juifs (aussi bien en Israël que dans le reste du monde) à un projet colonialiste et militariste qui détruit chaque jour un peu plus la Palestine et généralise l’apartheid. »

    Pierre Stambul, dans le texte ci-dessous, confirme et abonde les thèses de Shlomo Sand que j’évoquais récemment. Bien entendu, chacun peut partager ou non la totalité des thèses de Shlomo Sand rapportées par Pierre Stambul.
    Michel Peyret

    Un mythe meurtrier, « Dieu a donné cette terre au peuple juif. »

    Dans un ouvrage précédent (Comment le peuple juif fut inventé, Fayard, 2008), Shlomo Sand avait réduit à peu de choses deux mythes fondamentaux du sionisme : l’exil et le retour. Non, il n’y a pas eu d’exode massif des Juifs lors de la destruction du Temple par les troupes de Titus en 70 ap JC. Les Juifs d’aujourd’hui ne sont pas les descendants des Hébreux de l’Antiquité. Ils descendent majoritairement de convertis. L’idée sioniste qu’après des siècles d’exil, ils auraient fait leur retour sur la terre de leurs ancêtres est une fiction.

    Cette fois-ci, Shlomo Sand s’attaque à un autre mythe meurtrier. Pour les membres du courant national-religieux, « Dieu a donné cette terre au peuple juif » et au nom de ces conceptions intégristes, les Palestiniens sont des intrus. Mais les sionistes « laïques » partagent cette même conception. Ils ont fait de la Bible un livre de conquête coloniale en affirmant que les Juifs ont toujours eu un attachement indéfectible à « la terre d’Israël », ce qui leur donne un droit de propriété exclusif. C’est ce mythe de la terre qu’il passe à la moulinette avec un style agréable et de très nombreuses références historiques et bibliographiques. Bref, c’est un livre absolument indispensable.

    Histoires personnelles

    Dans Comment le peuple juif fut inventé, Shlomo Sand avait raconté quelques anecdotes personnelles. Son amitié ancienne avec le poète palestinien Mahmoud Darwish, banni de son propre pays et qui n’aura même pas pu être enterré dans son village d’origine (qui n’existe plus). L’histoire aussi de son beau-père, catalan et rescapé de la guerre d’Espagne qui finit par « atterrir » en Israël.
    Là, Shlomo nous livre quelques touches de ses origines. Il est né dans un de ces camps de rescapés juifs du génocide nazi pour lesquels il n’y avait qu’une seule destination possible : Israël. Les Palestiniens ont payé pour un crime européen.
    En 1967, Shlomo est soldat dans une armée qui fait la conquête sanglante de Jérusalem-Est. Il décrit la fièvre nationaliste des jeunes qui l’entourent, cette certitude de « revenir sur la terre de leurs ancêtres ». Il décrit aussi un crime de guerre gratuit : un vieux Palestinien torturé à mort par cette armée qui se dit morale. Son écriture s’empreigne alors d’une grande émotion.

    Shlomo Sand est professeur d’histoire à l’université de Tel-Aviv. Son université, située dans les faubourgs de la ville, a été construite sur un de ces nombreux villages (plusieurs centaines) rayés de la carte avec l’expulsion de la population palestinienne en 1948. Les habitants de ce village n’ont pas combattu et ont espéré jusqu’au bout qu’ils ne seraient pas expulsés. L’État d’Israël pratique un négationnisme total sur la vraie histoire de cette terre et notamment sur les Palestiniens. Shlomo évoque l’action de l’association israélienne anticolonialiste « Zochrot » qui fait revivre la mémoire de ces villages rayés de la carte.

    Shlomo a milité dans le mouvement de l’extrême gauche antisioniste Matzpen dans les années 80. Il ne se définit plus comme antisioniste. Pourtant, encore plus que le précédent, son livre démolit avec beaucoup d’efficacité les mythes sionistes.

    Il est partisan de deux États vivant côte à côte en Palestine qui seraient des États de tous leurs citoyens. Il écrit pourtant : « En apparence, l’occupation, entrée dans sa cinquième décennie, prépare au plan territorial, la constitution d’un État binational ».

    Il est contre le droit au retour des réfugiés palestiniens. Il explique à titre de comparaison qu’on ne fera pas revenir les millions d’Allemands originaires des pays de l’Est descendants de ceux qui ont été chassés en 1945. Pourtant, il montre bien comment l’expulsion des Palestiniens de leur pays en 1948 a été criminelle, comment Israël a rendu définitive leur expulsion. Son enquête sur le village détruit pour construire son université (et ses habitants) est précise et sans concession.

    Il a espéré avant 1967 que son pays saurait se normaliser et faire une paix juste. Amèrement il écrit : « je ne savais pas que je vivrais la majeure partie de mon existence à l’ombre d’un régime d’apartheid, alors que le monde “civilisé”, du fait notamment de sa mauvaise conscience, se sentirait obligé de transiger avec lui, et même de lui apporter son soutien ». Le mot « apartheid » est souvent utilisé dans le livre pour qualifier la réalité actuelle.

    Une terre habitée par de nombreux peuples et une religion venue de l’étranger

    Dans Comment le peuple juif fut inventé, il y a un chapitre difficile pour un non-spécialiste sur la notion de « peuple ». Cette fois-ci, Shlomo examine les notions de patrie, de frontières, du droit du sol et de droit du sang. Chapitre ardu mais dont la conclusion est claire. La prétention des sionistes de retourner dans leur « patrie » au nom d’une histoire réécrite ne repose sur aucune des différentes constructions de patries que l’histoire a connue.

    Comment la terre qui est aujourd’hui Israël/Palestine fut appelée dans l’histoire ? Quelle est l’importance de Jérusalem ?

    La Bible parle de Canaan et affirme que les Hébreux sont venus de l’étranger. Les deux personnages centraux, Abraham et Moïse seraient venus, l’un de Mésopotamie, l’autre d’Égypte. Ces personnages sont légendaires. Le livre de Josué (qui est une véritable apologie du nettoyage ethnique et du génocide) évoque une terre habitée par de nombreux peuples qui restent toujours là malgré les massacres. Autrement dit la religion juive décrit un peuple venu de l’extérieur ayant une haine terrible pour les autochtones.

    Dans la Bible dévoilée, les archéologues israéliens estimaient que la Bible avait été essentiellement écrite dans le royaume de Judée, peu avant la prise de Jérusalem par les Babyloniens (VIIe siècle av JC). Shlomo Sand va plus loin. Il pense que le texte a été écrit par les lettrés qui ont été autorisés par l’empereur perse Cyrus à retourner à Jérusalem, voire plus tard à l’époque hellénistique. Ces lettrés sont entourés de paysans restés majoritairement païens, ce qui explique tout le mal que la Bible dit des autochtones.

    Dans le livre des livres, la promesse de la terre pour le peuple élu est toujours soumise à condition. Tout est conditionné par le degré d’intensité de la foi en Dieu. Quand les colons religieux actuels prétendent que « Dieu leur a donné cette terre », ils s’écartent beaucoup de leur texte fondateur. La région d’Israël/Palestine s’est appelée Canaan et la région de Jérusalem la Judée. Cette région avait un peuplement hétérogène et on y parlait des langues diverses. Ce n’est qu’à l’époque des Maccabées (IIe siècle av JC) que la religion s’est répandue dans de nouvelles régions (Samarie, Galilée, Néguev) puis plus loin dans l’empire romain. Il n’y a aucune référence à la « terre promise ». Le philosophe juif Philon d’Alexandrie a vécu à l’époque de Jésus-Christ et il est peu probable qu’il ait effectué un quelconque pèlerinage à Jérusalem pourtant toute proche.

    Contrairement au mythe enseigné aujourd’hui dans les écoles israéliennes (l’exode de plusieurs de millions de Juifs quand les troupes de Titus détruisent le deuxième temple), il y a eu trois grandes révoltes juives aux premier et deuxième siècles après Jésus-Christ qui traduisent un antagonisme fondamental entre polythéistes et monothéistes. Mais aucun exode massif et encore moins un tel nombre. Après la dernière révolte juive (Bar Kokhba, 135 ap JC), la région prend le nom de Palestine et la population va se convertir au christianisme puis cinq siècles plus tard à l’islam. Il n’y a pas de trace du terme « Eretz Israel » (la terre d’Israël) à l’époque.

    La religion juive et l’absence d’attachement à la terre

    Le premier commandement du Talmud « interdit explicitement aux fidèles juifs de s’organiser pour émigrer dans le foyer saint avant la venue du messie ». Seule une dissidence du judaïsme, les karaïtes prêcheront une immigration en Palestine. Malgré (comme les Juifs) une grande dispersion dans le monde, les karaïtes seront présents à Jérusalem lors de la prise de la ville par les Croisés et il y a toujours une synagogue karaïte à Jérusalem.

    Les lettrés juifs qui visitent la région au Moyen-Âge cherchent surtout leurs coreligionnaires. L’un note d’ailleurs qu’il y a beaucoup plus de Juifs à Damas qu’à Jérusalem.

    À la base du sionisme, il y a l’alyah, la « montée » en Israël. C’est une manipulation : l’alyah, c’était (dans la Kabbale) « l’ascension mystique de la personne qui se condense dans la formule : ascension de l’âme ». Du IVe au XIXe siècle, les chroniques ont répertorié seulement 30 pèlerinages juifs en Palestine alors qu’elles ont répertorié 3500 comptes rendus de pèlerinages chrétiens. Il n’y a rien d’étonnant à cela. Le pèlerinage est une tradition chrétienne puis musulmane. La prière juive « l’an prochain à Jérusalem » évoque une rédemption prochaine et pas une émigration. « La ville sainte est pour le juif religieux un souvenir qui nourrit la voix et pas un site géographique attractif ».

    Et si le sionisme était une invention chrétienne ?

    On connaît aujourd’hui les mouvements chrétiens sionistes. Ces mouvements évangélistes ont très puissamment aidé la colonisation de la Palestine financièrement et politiquement. Accessoirement, ces Chrétiens sionistes sont attachés à un « Juif irréel », pas aux Juifs réels. Pour eux, les Juifs doivent chasser de la terre sainte Armageddon (= le mal = les Arabes) puis se convertir à la « vraie foi », sinon ils disparaîtront car ce courant est millénariste (et antisémite). Ces Chrétiens sionistes ont identifié la colonisation de nouveaux territoires (Amérique du Nord, Afrique du Sud, Australie) à la conquête de Canaan par Josué.

    Déjà Mohamed Taleb était allé plus loin dans l’idée que le sionisme a des origines chrétiennes. Les Chrétiens sionistes, ce sont les « dissidents » du protestantisme (évangélistes, puritains).

    Shlomo Sand parle aussi des Anglicans et il accumule des faits sur l’histoire anglaise. Dès le XVIe siècle avec la Réforme, la Bible est traduite. Le monde hébraïque antique, tel qu’il est décrit dans la Bible devient familier. Le « juif irréel » devient sympathique. Après plusieurs siècles d’interdiction de séjour, Cromwell (en 1656) autorise le retour des Juifs en Angleterre (des facteurs économiques jouent aussi. Les Juifs chassés d’Espagne et réfugiés aux Pays-Bas ont contribué à la prospérité de ce concurrent).

    De nombreux personnages publics britanniques évoquent le « retour » des Juifs en Palestine (au XIXe siècle, Shaftsbury, Palmerston et bien sûr Disraeli, Premier ministre). Les Britanniques manifestent un intérêt croissant vers la Palestine, pièce essentielle sur la route de l’Inde.

    À partir des pogroms de 1881, des millions de Juifs de l’empire russe partent vers l’Ouest. Ils iront principalement vers les États-Unis car la Grande-Bretagne ferme ses portes. Premier ministre en 1905, Lord Balfour fait adopter en 1905 une loi très restrictive contre l’immigration, principalement celle des Juifs. Il tiendra publiquement des propos antisémites. Le même enverra à Rothschild la fameuse déclaration Balfour en 1917. Il n’y a pas contradiction. Pour Balfour, les Juifs sont « inassimilables » s’ils viennent en Europe mais ils deviennent des colons servant les intérêts de l’empire britannique s’ils vont s’installer en Palestine. Pour de nombreuses raisons, dont l’attachement à une lecture familière de la Bible, la déclaration Balfour a fait consensus chez les principaux hommes politiques britanniques.

    On a donc eu au début du XXe siècle la rencontre de trois phénomènes politiques qui ont rendu faisable le projet sioniste : une sensibilité chrétienne issue du monde protestant articulée avec une vision coloniale britannique, l’antisémitisme virulent en Europe de l’Est et l’apparition d’un nationalisme juif qui a tout inventé : l’histoire, la terre, la langue.

    Le sionisme et la religion juive

    On connaît les virulentes critiques contre le sionisme, venues des Juifs socialistes qui seront hégémoniques dans le monde juif européen jusqu’à la deuxième guerre mondiale. Le Bund, parti ouvrier préconisant « l’autonomie culturelle » des Juifs sans territoire spécifique, était farouchement antisioniste. Et les partis ouvriers socialistes ou communistes dans lesquels militaient beaucoup de Juifs étaient aussi très critiques.

    On connaît moins l’opposition radicale des Juifs religieux au sionisme. Le livre de Yacov Rabkin Au nom de la Torah, l’opposition juive au sionisme apporte de nombreux faits. On a souvent en tête l’attitude actuelle des religieux juifs. Depuis 1967, ils sont devenus majoritairement colonialistes, nationalistes et racistes à l’image d’Ovadia Yossef, fondateur du Shass ou du grand rabbin de la ville de Safed qui interdit de louer à des « Arabes ». Il n’en a pas toujours été ainsi et Shlomo Sand rappelle que, pour les religieux, la « terre sainte » n’a jamais été la patrie des Juifs. Le judaïsme réformateur était contre le sionisme car il craignait (à juste titre) que cela retarderait la marche vers l’égalité des droits. Les Juifs orthodoxes étaient encore plus durs. Citons certains de leurs propos : « reçois la Torah dans le désert, sans pays, sans propriété terrienne », « Les sionistes n’aspirent qu’à secouer le joug de la Bible et des commandements pour n’en conserver que le national, voilà ce que sera leur judaïsme ».

    Dans le sionisme, la terre remplace la Bible, et la prosternation devant le futur État prend la place de la ferveur envers Dieu.

    Quand Theodor Herzl essaiera de rallier au sionisme les rabbins, l’immense majorité d’entre eux protestera et organisera même une résistance aux idées sionistes. Ils publieront à plusieurs en 1900 une brochure : « livre éclairant, pour les honnêtes gens, contre le système sioniste ».

    Le sionisme n’est pas seulement en contradiction avec les droits fondamentaux (refus du racisme, du colonialisme, des inégalités), il est aussi en contradiction avec la religion. Il a nationalisé le langage juif religieux et transformé la Bible en un livre de conquête coloniale.

    Le sionisme et les Arabes

    La question de la présence d’Arabes en Palestine au début du mouvement sioniste n’a quasiment jamais été soulevée. Comme la plupart des colonisateurs, les sionistes n’ont pas vu (ou pas voulu voir) le peuple autochtone.

    Pourtant, alors que jusqu’en 1922, l’immigration des Juifs en Palestine est autorisée, ce pays reste arabe à 90% à cette époque. Et les Palestiniens formeront les 2/3 de la population quand la guerre de 1948 éclate.

    Il y a eu chez les sionistes des humanistes qui imaginaient une coexistence pacifique avec les Palestiniens. Citons Ahad Haam ou plus tard Martin Buber. Mais ils ont vite été débordés par les partisans du « transfert », l’expulsion des Palestiniens.

    Dans son film La terre parle arabe, la cinéaste franco-palestinienne Maryse Gargour montre que tous les dirigeants sionistes étaient favorables au « transfert » dès 1930. Ils ne divergeaient que sur la méthode pour y parvenir.

    Dès 1930, la plupart des recherches sionistes sur le passé se sont efforcées de situer et de maintenir la terre d’Israël au centre de « l’être juif ». Ils sont parvenus à une conclusion insensée : « les Arabes se sont emparés de la terre d’Israël en 634 et ils s’y sont maintenus depuis lors en tant qu’occupants étrangers ». Certains propagandistes vont même jusqu’à comparer avec la présence arabe en Espagne qui a duré plus de 7 siècles. En fait, au-delà de tous les textes d’autojustification, la colonisation sioniste n’a connu comme seul frein que les limites du rapport de force. C’est pourquoi le gouvernement israélien actuel qui est soutenu à bout de bras par l’Occident semble pouvoir tout se permettre.

    Shlomo Sand analyse plusieurs mythes qui ont accompagné la conquête sioniste : celui du travail, celui des kibboutz qui, au-delà de l’idéal égalitaire, étaient avant tout des instruments de conquête de la terre réservés aux seuls Juifs, et celui du syndicat Histadrout, réservé lui aussi aux seuls Juifs. Les kibboutz ont systématiquement été installés dans les zones frontalières pour empêcher le retour des « infiltrés » (= les réfugiés palestiniens). Ils sont en déclin aujourd’hui parce qu’on est passé à une nouvelle forme de colonisation.

    Depuis 1967

    Le mythe de la terre a guidé la politique sioniste. Depuis 1967, il en est le centre.
    La colonisation sioniste s’est faite sous l’égide imaginaire, dynamique et mobilisatrice de la « rédemption du sol ».

    Shlomo Sand est très sévère pour la « gauche sioniste » qui a participé à toutes les conquêtes.

    Il y a eu consensus pour le concept de « judaïsation de la terre » qui signifie bien sûr l’expulsion des Palestiniens. Les nationalistes les plus zélés sont venus de la gauche : Moshé Dayan, Yigal Allon.

    Shlomo Sand pense que la guerre de 1967 n’était préméditée ni d’un côté, ni de l’autre. J’ai des doutes à partir d’un témoignage familial. Un cousin de mon père, général de l’armée de l’air israélienne, m’a affirmé dès juillet 1967, qu’Israël n’avait pas été menacé, que les projets de bombardements étaient prêts depuis des années et que la colonisation allait commencer.

    Dès la fin de cette guerre, les intellectuels israéliens les plus éminents ont signé le « manifeste pour le grand Israël », prélude à la colonisation. 20 ans plus tard et malgré l’Intifada, le principe de l’État « ethno-démocratique » a repris le dessus. Le sionisme est une machine infernale qui ne saura pas s’arrêter d’elle-même.

    Pour conclure

    Logiquement, Israël se retrouve aujourd’hui gouverné par une coalition d’extrême droite. Le consensus qui a abouti à cela vient en partie d’une histoire totalement réécrite. Comme pour son livre précédent, Shlomo Sand sera sûrement très lu en Israël. Les sionistes l’injurieront. On enverra d’éminents spécialistes pour réfuter des faits pourtant indéniables. Ce livre doit nous aider à démonter les mythes meurtriers. Le jour où la « rupture du front intérieur » sera possible en Israël, ce livre, comme le précédent, aidera les Israéliens à se débarrasser d’une identité falsifiée qui contribue à détruire la société palestinienne mais qui est aussi suicidaire à terme pour les Israéliens.

    Pierre Stambul

    Comment la terre d’Israël fut inventée
    Shlomo Sand (Flammarion)

    Source : https://www.paperblog.fr/7353692/comment-la-terre-d-israel-fut-inventee/amp

  • Laure Lemaire- Hommage au 1°novembre 1954

    Laure Lemaire- Hommage au 1°novembre 1954

    Introduction

    Aujourd’hui, 1° novembre 2023, en plein drame de la Palestine contre son colonisateur Israël, nous sommes encore nombreux à commémorer le 1° novembre 1954 de chaque côté de la Méditerranée. Je voudrais rendre hommage à Guy De Maupassant. Pionnier dans le métier de reporter «envoyé spécial», le talentueux écrivain a signé plusieurs reportages, dans de nombreux périodiques, comme «Le Gaulois» et «Le Gil-Blas». Il entame ses voyages dans sa «seconde patrie, après la Normandie.».

    A l’âge de 31 ans, il découvre l’autre rive de la Méditerranée: « Je me sentais attiré vers l’Afrique par un impérieux besoin, par la nostalgie du Désert ignoré, comme par le pressentiment d’une passion qui va naître. Je quittai Paris le 6 juillet 1881. Je voulais voir cette terre du soleil et du sable en plein été, sous la pesante chaleur, dans l’éblouissement furieux de la lumière.».

    Source : Au Soleil, Récit du voyage de Guy de Maupassant en Algérie, Paris, Albin Michel, 1925.

    Le texte qui suit paraît dans Le Gaulois, le 26 juillet 1888.

    1- Vers Oran

    En partance d’Alger, Guy arrive dans la province d’Oran : « Pour aller à Oran, il faut un jour en chemin de fer. On traverse d’abord la plaine de la Mitidja, fertile, ombragée, peuplée. Voilà ce qu’on montre au nouvel arrivé pour lui prouver la fécondité de notre colonie. Certes, la Mitidja et la Kabylie sont deux admirables pays. Or la Kabylie est actuellement plus habitée que le Pas-De-Calais par kilomètre carré ; la Mitidja le sera bientôt autant. Que veut on coloniser par-là ? […] Nous suivons l’immense vallée du Chelif, enfermée en des montagnes désolées, grises et brûlées, sans arbre, sans une herbe. De place en place,  la ligne des monts s’abaisse, s’entrouvre comme pour mieux montrer l’affreuse misère du sol dévoré par le soleil, tout plat. Un espace démesuré s’étale, tout plat, borné, là-bas, par la ligne presque invisible des hauteurs perdues dans une vapeur. Puis, sur les crêtes incultes, parfois, de gros points blancs, tout ronds, apparaissent, comme des œufs énormes, pondus là, par des oiseaux énormes. Ce sont des marabouts élevés à la gloire d’Allah. […] Puis, dans l’étendue de terre stérile et poudreuse on distingue, si loin qu’on la voit à peine, une sorte de fumée, un nuage mince qui monte vers le ciel et semble courir sur le sol. C’est un cavalier qui soulève, sous les pieds de son cheval, ma poussière fine et brûlante. Et chacune de ces nuées sur la plaine indique un homme dont on finit par distinguer le burnous clair presque imperceptible. De temps en temps, des campements d’indigènes. On les découvre à peine, ces douars, au près d’un torrent desséché où les enfants font paître quelques chèvres, quelques moutons ou quelques vaches (paître semble infiniment dérisoire). Les huttes de toiles brunes, entourées de broussailles sèches, se confondent avec la couleur monotone de la terre. Sur le remblai de la ligne un homme à  la peau noire, à la jambe nue, nerveuse et sans mollets, enveloppée de haillons blanchâtres, contemple gravement la bête de fer qui roule devant lui.  Plus loin, c’est une troupe de nomades en marche. La caravane s’avance dans la poussière, laissant de la poussière derrière elle. Les femmes et les enfants sont montés sur des ânes ou des petits chevaux ; et quelques cavaliers marchent gravement en tête, d’une allure infiniment noble.

    Et c’est ainsi toujours. Aux haltes du train, d’heure en heure, un village européen en montre : quelques maisons  pareilles à celles de Nanterre ou de Rueil, quelques arbres brûlés alentour, dont l’un porte des drapeaux tricolores, pour le 14 juillet, puis un gendarme grave devant la porte de sortie, semblable aussi au gendarme de Rueil ou de Nanterre.[…] A Orléans ville, le thermomètre de la gare donne, à l’ombre, quarante-neuf degrés passés ! On arrive à Oran pour dîner. Oran est une vraie ville d’Europe, commerçante, plus espagnole que française, et sans grand intérêt. […] Dès qu’on a mis les pieds sur cette terre africaine, un besoin singulier vous envahit, celui d’aller plus loin, au Sud.

    2- Direction Saïda

    J’ai donc pris un billet pour Saïda, le petit chemin de fer à voie étroite qui grimpe sur les hauts plateaux. Autour de cette ville, rôde avec ses cavaliers l’insaisissable Bou Amama.( 1833-1908) dans la région d’Oujda, près de la frontière algérienne. 

    Après quelques heures de route, on atteint les premières pentes de l’Atlas. Le train monte, souffle, ne marche plus qu’à peine, serpente dur le flanc des côtes arides, passe auprès d’un lac immense, formé par trois rivières que garde, amassées dans trois vallées, le fameux barrage de l’Habra. Un mur colossale, long de cinq cent mètres, contient, suspendu au-dessus d’une plainte démesurée, quatorze millions de mètres cubes d’eau.Saïda ! C’est une petite ville à la française qui semble habitée que par des généraux. Ils sont au moins dix ou douze et paraissent toujours en conciliabule. On a envie de leur crier : «Où est aujourd’hui Bou Amama, mon général?».[…]

    Sur la gauche se dresse un rocher d’un rouge ardant, haut d’une cinquantaine de mètres et qui porte sur un sommet quelques maçonneries en ruine. C’est là tout ce qui reste de la Saïda d’Abdelkader. Ce rocher vu de loin, semble adhérent à la montagne, mais si on l’escalade, on demeure saisi de surprise et d’admiration. Un ravin profond, creusé entre des murs tout droits, sépare l’ancienne redoute de l’Emir de la côte voisine. Elle est, cette côte, en pierre de pourpre et entaillée par places par des brèches où tombent les pluies d’hiver. Dans le ravin coule la rivière au milieu d’un bois de lauriers roses. D’en haut, on dirait un tapis d’Orient étendu dans un corridor. La nappe de fleurs parait ininterrompue, tachetée seulement par le feuillage vert qui la perce par endroits.

    3- Plus loin Aïn-el-Hadjar.

    Un seul désir me tenait toujours, celui d’aller plus loin. Mais, tout le pays étant en guerre, je ne pouvais m’aventurer seul. Une occasion s’offrit, celle d’un train allant ravitailler les troupes campées le long des chotts. C’était par un jour de siroco. Dès le matin le vent du sud se leva, soufflant sur la terre ses haleines lentes, lourdes, dévorantes. A sept heures le petit convoi se mit en route, emportant deux détachements d’infanterie avec leurs officiers, trois wagons-citernes pleins d’eau et les ingénieurs de la compagnie, car depuis trois semaines aucun train n’était allé jusqu’aux extrêmes limites de la ligne que les Arabes ont pu détruire.

    La machine l’Hyène part bruyamment s’avançant vers la montagne droite, comme si elle voulait pénétrer dedans. Puis soudain elle fait une courbe, s’enfonce dans un étroit vallon, décrit un crochet, et revient passer à cinquante mètres au-dessus de l’endroit où elle courait tout à l’heure. Elle tourne de nouveau, trace des circuits, l’un sur l’autre, monte toujours en zigzag, déroulant un grand lacet qui gagne le sommet du mont.

    Voici de vastes bâtiments, des cheminées de fabriques, une sorte de petite ville abandonnée. Ce sont les magnifiques usines de la Compagnie franco-algérienne. C’est là qu’on préparait l’alfa avant le massacre des Espagnols. Ce lieu s’appelle Aïn-el-Hadjar.

    4- Le sirocco et la guerre

    Nous montons encore. La locomotive souffle, râle, ralentit sa marche, s’arrête. Trois fois elle essaie de repartir, trois fois elle demeure impuissante. Elle recule pour prendre de l’élan, mais reste encore sans force au milieu de la pente trop rude. Alors les officiers font descendre les soldats qui, égrenés le long du train, se mettent à pousser. Nous repartons lentement au pas d’un homme. On rit, on plaisante; les lignards blaguent la machine. Nous voici sur les hauts plateaux. Le mécanicien, le corps penché en dehors, regarde sans cesse la voie qui peut être coupée; et nous autres, nous inspectons l’horizon, très attentifs, en éveil dès qu’un filet de poussière semble indiquer au loin un cavalier encore invisible. Nous portons des fusils et des revolvers.

    Parfois, un chacal s’enfuit devant nous; un énorme vautour s’envole, abandonnant la carcasse d’un chameau presque entièrement dépecé; des poules de Carthage, très semblables à des perdrix, gagnent des touffes de palmiers nains. A la petite halte de Tafraoua, deux compagnies de ligne sont campées. Ici, on a tué beaucoup d’Espagnols. A Kralfallah, c’est une compagnie de zouaves qui se fortifient à la hâte, édifiant leurs retranchements avec des rails, des poutres, des poteaux télégraphiques, des balles d’alfa, tout ce qu’on trouve. Nous déjeunons là; et les trois officiers, tous trois jeunes et gais, le capitaine, le lieutenant et le sous-lieutenant nous offrent le café.

    Le train repart. Il court interminablement dans une plaine illimitée que les touffes d’alfa font ressembler à une mer calme. Le siroco devient intolérable, nous jetant à la face l’air enflammé du désert; et, parfois, à l’horizon, une forme vague apparaît. On dirait un lac, une île, des rochers dans l’eau: c’est le mirage. Sur un talus, voici des pierres brûlées et des ossements d’homme: les restes d’un Espagnol. Puis, d’autres chameaux morts, toujours dépecés par des vautours.

    On traverse une forêt! Quelle forêt! Un océan de sable où des touffes rares de genévriers ressemblent à des plants de salade dans un potager gigantesque! Désormais aucune verdure, sauf l’alfa, sorte de jonc d’un vert bleu qui pousse par touffes rondes et couvre le sol à perte de vue. Parfois on croit voir un cavalier dans le lointain. Mais il disparaît; on s’était peut-être trompé. Nous arrivons à l’Oued-Fallette, au milieu d’une étendue toujours morne et déserte. Alors je m’éloigne à pied avec deux compagnons, vers le sud encore. Nous gravissons une colline basse sous une écrasante chaleur. Le siroco charrie du feu; il sèche la sueur sur le visage à mesure qu’elle apparaît, brûle les lèvres et les yeux, dessèche la gorge. Sous toutes les pierres on trouve des scorpions.

    Autour du convoi arrêté et qui a l’air de loin d’une grosse bête noire couchée sur la terre sèche, les soldats chargent les voitures envoyées du campement voisin. Puis ils s’éloignent dans la poussière, lentement, d’un pas accablé, sous l’écrasant soleil. On les voit longtemps, longtemps, s’en aller là-bas, sur la gauche; puis on n’aperçoit plus que le nuage gris qu’ils soulèvent au-dessus d’eux. Nous restons à six maintenant auprès du train. On ne peut plus toucher à rien, tout brûle. Les cuivres des wagons semblent rougis au feu. On pousse un cri si la main rencontre l’acier des armes.

    Voici quelques jours, la tribu des Rezaïna, tournant aux rebelles, traversa ce chott que nous n’avons pu atteindre, car l’heure nous force à revenir. La chaleur fut telle durant le passage de ce marais desséché que la tribu fugitive perdit tous ses bourricots de soif, et même seize enfants, morts entre les bras de leurs mères. La machine siffle. Nous quittons l’Oued-Fallette. Un remarquable fait de guerre rendit alors ce lieu célèbre dans la contrée.

    Une colonne y était établie, gardée par un détachement du 15e de ligne. Or, une nuit, deux goumiers se présentent aux avant-postes, après dix heures de cheval, apportant un ordre pressant du général commandant à Saïda. Selon l’usage, ils agitent une torche pour se faire reconnaître. La sentinelle, recrue arrivant de France, ignorant les coutumes et les règles du service en campagne dans le sud, et nullement prévenue par ses officiers, tire sur les courriers. Les pauvres diables avancent quand même; le poste saisit les armes; les hommes prennent position, et une fusillade terrible commence. Après avoir essuyé cent cinquante coups de fusil, les deux Arabes, enfin, se retirent; l’un d’eux avait une balle dans l’épaule. Le lendemain, ils rentraient au quartier général, rapportant leurs dépêches. ».

    • Pierre Bourdieu

    Plus récemment, un autre Français a été séduit par l’Algérie qui a marqué son oeuvre. Je me permet de mentionner son parcours.

    Jeune agrégé de philo, Pierre Bourdieu est appelé pour son service militaire dans les 1° années de la guerre d’Algérie, dans le service de propagande de Robert Lacoste, en pleine « bataille d’Alger »,de 1955 à 1958

    Démobilisé deux ans plus tard, il retournera cette épreuve malheureuse contre elle-même, restant à Alger malgré la guerre pour y enseigner la sociologie. Pris d’amour pour un pays qui lui rappelle ses propres origines rurales, il étudie les transformations brutales de cette société, découvrant la sociologie tout en apprenant à mieux se connaître lui-même.

    Cette expérience a fait du jeune Bourdieu un sociologue porteur d’un regard à la fois empathique et critique, attentif à toutes les formes de domination. Il nous aide à mieux comprendre une Algérie aussi familière que méconnue.

    Aujourd’hui justement, partons sur ses traces, à la recherche de la genèse de cet intellectuel majeur, qui a révolutionné la sociologie avec

    Pierre Bourdieu en Algérie (1956-1961). Témoignages, par Tassadit Yacine, aux éditions du Croquant, et 

    Combattre en sociologue. Pierre Bourdieu et Abdelmalek Sayad dans une guerre de libération (Algérie, 1958-1964), par Amin Perez, aux éditions Agone.

  • Mohamed Bouhamidi-De l’indigénat. Anatomie d’un « monstre » juridique. Le droit colonial en Algérie et dans l’Empire français.  Olivier Le Cour Grandmaison.

    Présomption permanente de culpabilité, punitions pour l’exemple, internement administratif, regroupement forcé ou expulsion de leurs terres des populations, jugement sans nécessité de preuve et sur simple conviction du juge, responsabilité collective, séquestre des biens et des terres sur simple décision administrative, incendie de village et meurtres de masse pour retard d’impôts, corvée collective, accès limité ou interdit aux eaux et aux forêts, état d’exception permanent, voilà quelque composantes des codes coloniaux dont le Code de l’indigénat, et celui des eaux et forêts, imposés au peuple algérien restent le modèle indépassé.

    Quelques mesures, parmi les exceptions des codes coloniaux, appliquées  en Nouvelle Calédonie ou en France même  indiquent que les codes coloniaux de l’indigénat reposent sur des principes philosophiques qui dépassent le contexte historique propre à la période coloniale. En juin 1970, une notion clé du Code de l’indigénat, la responsabilité collective est incluse dans la loi Pleven dite « anticasseurs ». Ce principe se retrouve dans la loi Estrosi de mars 2010 sur la responsabilité collective des regroupements temporaires, comprenez des manifestations qu’auraient émaillé des violences. Le retour de l’internement administratif, prérogative féodale des  administrateurs coloniaux est de nouveau autorisé en Nouvelle Calédonie, par une loi adoptée en janvier 1985 à l’initiative du gouvernement Fabius.  La grande Bretagne l’utilisera contre les migrants, tout comme la France d’ailleurs. La responsabilité collective devient la règle dans la gestion des guerres que mènent les USA en Irak ou en Afghanistan.

    Le Code de l’indigénat dans toutes ses composantes, responsabilité collective, internement administratif, séquestre des biens et des terres  est appliqué dans toute son étendue et son horreur en Israël, sans que du point du droit on ne pointe que ces pratiques relèvent d’un droit particulier, d’un droit séparé atteint dans son principe d’unité : une même loi s’applique à tous.

    Pourquoi donc cette dualité du droit contraire même à son principe ? Quelles raisons profondes que des lois d’exception survivent à leurs circonstances ? 

    Le Cour Grandmaison signale que les juristes qui ont produit et prolongé les dispositions des codes coloniaux les considèrent comme des « monstres » juridiques. Mais ils rappellent immédiatement que cette monstruosité est nécessaire et ne doit se juger que sur son efficacité, celle de maintenir la « présence française » dans ses possessions. Il serait utile de noter que cette notion de présence française est plus parlante pour les conjonctures actuelles que celle trop étroite de néocolonialisme.    

    Monstruosité car codes appliqués aux indigènes introduisent une spécialisation du ce droit et deux ordres juridiques sur un même territoire pour deux populations différentes. Cette spécialisation légalisée par la loi fondamentale de 1848, institue donc deux ordres d’humains ou deux ordres de l’humanité.

    Ce droit d’exception imposé aux peuples colonisés n’est pas une exception extérieure à l’idée de droit qui soutient la Déclaration des droits de l’Homme du 26 aout 1789 qui est celle de l’universalité, un même droit pour tous. Cette exception est prévue pat la loi fondamentale  elle-même, celle de 1848, qui stipule que ces droits [de l’homme] ne s’applique pas aux sujets administrés ou protégés de la France. « La loi ne doit pas être la même pour tous » voilà la formule de Le Cour Grandmaison qui résume l’esprit des codes d’indigénat. Les lois dans les colonies s ont donc soumises à une restriction de territoire et à la qualité des populations, entre colons et indigènes.

    Les législateurs français, (puis les autres, israéliens, US, anglais) sont arrivés à percevoir la monstruosité de ces lois tout en les justifiant, sur la base d’une discrimination raciale. Les mœurs, la culture, la religion du sauvage ou du barbare sont pour ces législateurs autant d’obstacles qui leur interdisent de « comprendre la portée des principes » issus de la révolution française. Ils ont besoin d’un « bon tyran » qui supplée à leur manque de jugement.  Cette même thèse se retrouvera sous la plume de Mannoni à propos de l’attente d’un guide blanc par les indigènes de Madagascar. 

    Plus profond encore, selon ces théoriciens des législations coloniales d’exception, l’application des principes universels butent sur la réalité d’une « existence de races différentes et hiérarchiquement situées les unes par rapports aux autres ». « Ces races inférieures » ne sauraient d’ailleurs utiliser les dispositions du droit de la métropole, elles qui ne comprennent que le chef dont la force est manifeste et se manifeste par la capacité à punir. C’est d’ailleurs pour cela que pour ces milieux, l’indépendance politique autant que les droits universels, sont hors de portée de ces indigènes. Ils ne sauraient que faire de l’une et des autres.

    C’est bien pour cette raison que ces lois d’exception ont largement débordés de leur contexte colonial chronologique. Elles sont l’expression d’un ordre de l’idéologie qui englobe tout à la fois le colonialisme que l’esclavagisme : le racisme.

     M.B   

  • Mohamed Bouhamidi-Sur Gilad Shalit Prisonniers palestiniens, l’autre crime israélien.

    Mohamed Bouhamidi-Sur Gilad Shalit  Prisonniers palestiniens, l’autre crime israélien.

    Publié dans La Tribune le 09 – 12 – 2010

    Gilad Shalit : une image, une seule, peut tout résumer. Quand il leur arrive de se rendre en Palestine occupée, les dirigeants occidentaux exigent d’abord à haute, ferme et intelligible voix la libération de Gilad Shalit. Après, il leur arrive de murmurer quelques vagues considérations sur les détenus palestiniens. Si les mots ont un sens, c’est bien en ces circonstances que nous le découvrons. Ces responsables occidentaux parlent d’otage à son propos. Gilad Shalit est un soldat. Par vocation ou par métier, il s’est destiné à la mort et à la captivité. Capturé les armes à la main – et en possession d’un blindé – il ne pouvait passer pour un pacifique passager pris en otage. Et pourtant c’est ainsi qu’on le présente. Israël – et les médias dominants – aura réussi, aussi, cette prouesse de faire passer pour anormale la résistance à sa violence. Il flotte dans l’air du temps – et depuis si longtemps – que la violence israélienne est légitime en soi, sans égard au droit ; réactive ou préventive, elle reste légitime. L’Occident a inventé même la notion de «sentiment d’une menace existentielle» et ce simple sentiment passe pour un motif suffisant et légitime, pour Israël, de tuer, détruire, agresser. Et, bien sûr, emprisonner. Cette notion de «sentiment d’une menace existentielle» et cette mobilisation autour de Gilad Shalit font passer aux yeux de la seule opinion publique qui compte que tout ce qui attente à Israël appartient à l’illégitime. Car figurez-vous que Gilad Shalit n’est pas un conscrit comme les autres ; il est franco-israélien ! Il a revêtu l’uniforme militaire israélien par vocation, par choix, en toute conscience et donc pour tuer. Lui, il a fait le chemin mental ou physique de la France vers la Palestine pour aller faire la guerre à un peuple qui habitait cette terre. Le gouvernement français a fait beaucoup de bruit pour Gila Shalit. Combien de fois Sarkozy a-t-il évoqué ce cas avec la fermeté et le ton direct qu’on lui connaît ?

    Salah Hamouri, une victime oubliée

    Salah Hamouri est français. Il n’a pas porté d’armes et surtout pas d’uniforme. Français, il avait le droit de voyager en Israël. Normal qu’il veuille retourner en Israël, il est d’origine palestinienne. Il a voyagé vers sa terre que les parents de Gilad Shalit ont spoliée et arrachée à ses parents. Il a été arrêté. Il ne portait pas d’armes. Il n’a pas commis «un attentat». Il avait juste des idées et des rêves d’une Palestine indépendante. Il était plutôt situé dans la gauche palestinienne. Il est en prison et a même dépassé le temps «légal» d’incarcération. Les Israéliens l’ont mis en prison pour un soupçon de préparation d’une action violente. La mère de Salah Hamouri a écrit au président français, au ministre français des Affaires étrangères. Des associations et des élus français ont entrepris des démarches pour que l’Etat français se préoccupe autant – pas plus – du Français Salah Hamouri – qui n’a pas de double nationalité et vous devinez pourquoi ! – que du Franco-Israélien Gilad Shalit. Salah Hamouri aussi a écrit. Ce nom de Salah Hamouri ne remplit pas l’espace des médias dominants, les officiels français ne font pas entendre leur indignation à son propos et, pour tout dire, trouvent plutôt légitime le sort fait à leur citoyen en Israël. Ils n’ont pas beaucoup protesté non plus que les soldats israéliens maltraitent une dame française agent consulaire en Cisjordanie et dégradent le drapeau français à Ghaza.Selon que vous soyez franco-israélien ou français d’origine palestinienne, vous ne pouvez pas jouir du même statut. La mère de Salah Hamouri, les amis de Salah Hamouri et Salah Hamouri lui-même ne comptent pas émouvoir le président français ou les autorités de leur pays. Ils écrivent pour se battre. Pour continuer à se battre en dépit des prisons. Leurs lettres sont des actes et des moments de résistance, non de supplication. Le parallèle entre Gilad Shalit et Salah Hamouri ne cherche qu’à rappeler le contexte d’appui à Israël dans son agression permanente contre les

    Palestiniens et- ô combien ! – que la question des prisonniers relève du rapport des forces. L’hégémonie israélienne paraît, également dans ce domaine, complète et définitive. A part une passagère indignation, les photos de la soldate s’amusant de «ses prisonniers» sont vite tombées dans l’oubli. Après coup, nous, nous pouvons nous demander si l’Etat d’Israël, reconnu expert en manipulations, n’a pas utilisé la mise en ligne de ces photos pour prouver qu’il s’agissait d’un dépassement personnel et isolé de la soldate. Mieux, les dépassements de celle-ci représenteraient les seuls fautes commises sur les otages palestiniens. Oubliés alors les autres faits de torture physique et morale, de chantage exercé sur les familles, de détention d’enfants et d’adolescents, etc. etc.

    L’Occident, encore et toujours

    Ce rapport de force en faveur d’Israël n’est cependant pas immuable. «Aucun rapport de force n’est immuable», nous apprenait Mao Zedong. Les flottilles de la liberté nous l’ont rappelé. Au prix de sacrifices considérables, de détermination et de patience, au prix de la mort aussi des militants turcs, au prix de la persévérance. Pour les prisonniers, c’est évidemment le même chemin. Quelques participants au colloque d’Alger sur les prisonniers l’ont bien compris et bien exprimé avec un degré de lucidité à saluer. Ainsi, un professeur de sciences politiques a souligné qu’il fallait plutôt compter sur les opinions et sur les militances occidentales. C’est de l’Occident encore et toujours que peuvent venir les modifications souhaitables et significatives. Car, si «nul rapport de forces n’est immuable», encore faut-il savoir le changer et trouver les leviers «capables de soulever le monde». Ce professeur algérois est dans la lucidité la plus plate. Les protestations officielles arabes sont à la base sujettes à caution car «parties prenantes au conflit» mais surtout parce que les parties officielles arabes ne sont pas exemplaires en matière de prison et de prisonniers politiques. Elles le sont encore moins aujourd’hui que Wikileaks a dévoilé les connivences et accords cachés entre les Etats arabes et Israël. La seule vraie pression viendra forcément des opinions anglaises, françaises, allemandes et peut-être bientôt des Etats-Unis puisque, mardi dernier, un syndicat américain a rejoint le mouvement B. D. S. (Boycott – Désinvestissement – Sanctions). Et les faits démontrent la justesse de ce point de vue. Galloway a fait infiniment plus pour desserrer l’étau qui étouffe Ghaza et affaiblir politiquement Israël que tous les Etats et les mouvements arabes réellement anti-sionistes. Nous le savons, tous les Etats et mouvements arabes anti-sionistes, ça ne fait pas beaucoup. C’est même peu. Cela donne encore plus de valeur au travail de Galloway car il aura milité contre les sionistes juifs, les sionistes chrétiens, les sionistes euro-américains et les sionistes arabes aussi. Tous les militants savent qu’en réalité Galloway est une figure culminante mais la seule figure de ce mouvement occidental en faveur de la Palestine. Nous trouvons pêle-mêle des figures juives religieuses ou laïques, à l’instar de Pierre Stamboul, des chrétiens, des musulmans installés en Europe, quelques militants de gauche échappés aux traditions colonialistes et sionistes de la gauche institutionnelle, des militants d’extrême gauche et encore plus simplement d’innombrables humanistes authentiques, des hommes de cœur et de conviction comme Hessel vient de nous en administrer la preuve.

    Une conscience salutaire

    La conscience de poids de ces militants européens pour la cause des prisonniers palestiniens a de quoi rassurer sur l’impact futur du Colloque d’Alger. Nous avons bien entendu un haut responsable algérien dire que ce colloque doit devenir la référence future de toute action au profit des prisonniers palestiniens. Il aura tout le temps de comprendre qu’on n’impose pas comme cela une référence à des hommes et des femmes qu’on appelle à la rescousse. Et qu’on n’impose rien à des esprits aussi libres – voire des esprits rebelles – que ces hommes et ces femmes qui ont le cran et le panache de se lever contre le sionisme : la force idéologique et politique la plus puissante de leur continents respectifs, Europe ou Etats-Unis. Mais, pour le reste, il faut convenir que la préparation de ce Colloque est en soi une action importante en faveur des prisonniers palestiniens et qu’il prévoit certainement de meilleures coordinations

    et de meilleures alliances pour aider les prisonniers eux-mêmes et leurs familles.

    Créer les conditions du défi moral

    Toutes les personnes qui évoquent l’apartheid pour désigner des pistes en vue de lutter contre l’Etat raciste d’Israël tapent dans le mille. Il existe la similitude d’un colonialisme arrivé au stade du développement séparé que nous chantait déjà Camus. Mais il existe aujourd’hui aussi la similitude du profil moral entre Israël et l’apartheid sud-africain : celle de la «légalisation» d’un statut de «sous-hommes» à l’intérieur d’un même ensemble juridique. L’Etat que prépare Obama aux Palestiniens n’est rien d’autre qu’un ensemble de bantoustans sous protectorat israélien. C’est un territoire précis, le déni de tout ce que l’humanité a essayé de construire pour se préserver à minima : l’idée que les hommes se valent les uns les autres. Israël n’est pas moins que cela. Ceux qui ont exterminé les Indiens d’Amérique ont fait et continuent de faire la guerre à tous les peuples de la terre se retrouvant dans cette image israélienne. On ne fait pas payer à toute la terre le confort américain sans dégât moral.

    M. B.

    Lettre de Salah Hamouri à Sarkozy

    «Au pays de la Révolution française qui a mis fin au féodalisme et à la servitude en propageant à travers le monde les mots de «Liberté – Egalité – Fraternité» ; à Paris, capitale d’un pays qui a résisté hautement pour se libérer de la barbarie d’une armée occupante féroce et brutale ; depuis vos bureaux à l’Elysée ou ceux du Quai d’Orsay, j’espère que vous lirez ma lettre.Dans l’un de ces bureaux, ma mère a été finalement reçue afin de discuter des moyens pour obtenir ma libération.Nous savons tous que la démocratie fonde le respect de la diversité des êtres humains. Elle définit les bases légales qui accordent à chacun des droits et des devoirs. Elle prône l’égalité des droits humains et refuse absolument d’établir des différences négatives et ségrégatives selon la couleur de la peau, l’origine, la religion, etc.Comme citoyen franco-palestinien, je pensais que les autorités françaises se devaient de me protéger (comme elles le font pour tous nos compatriotes français injustement en difficulté dans le monde) alors que je vis dans un pays sous occupation militaire décidée par un gouvernement qui refuse obstinément de reconnaître et d’appliquer le droit international.Il semblerait que ce gouvernement, le gouvernement israélien, vous ait convaincu que le seul moyen pour moi de retrouver la liberté n’était pas que, lui, fasse ce qu’il devrait faire pour cela mais qu’en plus de l’injustice que je subis, moi, je fasse un acte d’humiliation supplémentaire : que je présente des «regrets» devant un tribunal militaire d’occupation.Je voudrais vous poser une seule question : Aurait-il été acceptable pour vous que les résistants français, pendant la Seconde Guerre mondiale, «regrettent» leurs actes devant des tribunaux d’occupation ou de collaboration ?Si l’on ne peut comparer terme à terme les deux situations, il n’en demeure pas moins que la Palestine vit aussi sous occupation étrangère depuis maintenant 62 ans. Une occupation brutale qui multiplie les meurtres, qui construit des murs, qui assiège et colonise, qui expulse le plus possible de Palestiniens de leurs terres ou de leurs maisons, surtout à Jérusalem-Est où je vis avec ma famille.Devant cette occupation que vit mon peuple, je ne peux rester ni indifférent ni me taire. Je suis né et j’ai grandi dans un pays occupé et, parce que je ne peux pas me taire, je suis depuis plus de 5 ans en prison. Comment pourrais-je accepter cette occupation que vous-même avez condamnée ? C’est mon droit que de la refuser.Dans ces conditions, il n’est pas pensable une seule minute, qu’en plus de tout cela que je subis, j’en vienne à «regretter» ou à «m’excuser» de quoi que ce soit devant un tribunal militaire d’occupation.Je soutiens la résistance légitime de mon peuple qui bénéficie de la solidarité des gens libres à travers le monde.

    Bien à vous, Salah Hamouri, prison de Guilboa, section 4, le 14 juillet 2010

    Réponse de la mère de Salah Hamouri à la lettre scandaleuse de Rama Yade publiée le vendredi 23 mai 2008

    Denise Hamouri : «Vous ne pouvez vous transformer en avocate de la justice militaire israélienne, Madame la secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme en France !»

    Jérusalem, le 20 mai 2008 Madame la secrétaire d’Etat,

    Je me permets de vous adresser ce courrier suite à votre lettre datée du 13 mai que m’a transmise bien évidemment Monsieur Jean-Claude Lefort, député honoraire, concernant la situation de mon fils Salah Hamouri détenu injustement en Israël.Je dois vous avouer, Madame, que votre lettre m’a profondément choquée. Vous y donnez en effet certaines «informations» qui méritent corrections et rectifications.Tout d’abord, je rappelle que c’est dans le cadre d’une cour de justice militaire que Salah et nous-mêmes, ses parents, avons dû accepter un «plea bargain» (un compromis). Nous n’avions pas d’autres choix. C’était «soit vous acceptez sept ans de prison, soit vous prenez la responsabilité d’encourir une peine plus lourde». C’est à la suite de ce chantage et dans ce cadre tout particulier, qui ne vous échappera pas, que Salah a déclaré être en «accord» avec l’énoncé des faits et ne rien avoir à déclarer. C’est clair.Vous appelez une «tentative d’assassinat avec préméditation» le fait d’être passé en voiture avec un ami devant la maison du rabbin Yossef Obadia et d’avoir pensé un moment à le tuer, cela sans aucune arme ni munitions et sans que rien de concret ait été prouvé. Vous ne pouvez vous transformer en avocate de la justice militaire israélienne, Madame la secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme en France !Vous précisez ensuite que Mousa Darwish a été condamné à 12 années de prison pour ces «faits», sous-entendu : Salah doit s’estimer heureux de la clémence du juge qui ne lui en a donné que sept… Peut-être devrions-nous aussi le remercier ? Concernant l’appartenance au FPLP, Salah est accusé (toujours dans le cadre de ce «plea bargain» (procédure de jugement simplifiée, qui ne laisse pas de choix) d’appartenir à un mouvement de jeunesse «proche» du FPLP. Il y a ici une nuance certaine (son avocate, Me Lea Tsemel, pourrait vous l’expliquer) Vous écrivez plus loin que, le 17 avril, Salah ne s’étant pas excusé, le juge l’a donc condamné !!! Je dois comprendre que, s’il avait présenté des regrets ou des excuses, il serait à la maison ? C’est bien mal connaître la justice militaire occupante ! Nous avons aussitôt posé la question à Me Lea Tsemel, en présence du représentant du consulat général de France à Jérusalem qui peut en attester, et nous lui avons demandé si elle était en mesure de nous donner des garanties sur une autre issue s’il s’était excusé. Elle nous a répondu qu’elle ne pouvait évidemment pas en donner (pas de peine moins sévère, encore moins de libération). C’est un «plea bargain» encore une fois, où on se met d’accord par avance sur la sentence. C’est peut-être étrange pour vous mais c’est courant ici.Salah ne s’est pas excusé et il ne s’excusera pas dès lors qu’il n’a rien fait. Le rabbin Obadia Youssef s’est-il excusé auprès des Palestiniens quand il a dit publiquement que les Arabes étaient des «cafards qu’il fallait exterminer» ?Madame, on ne s’excuse pas de vivre sous une occupation étrangère car là est le problème central que vous occultez. Il n’est pas mentionné une seule fois dans votre courrier que la Palestine est occupée illégalement par Israël. Cet «oubli» est pour le moins étrange de la part d’une ministre qui, de surcroît, est en charge des droits de l’Homme dans le monde.Les droits de l’Homme commencent par la dignité. Et Salah ne perdra pas la sienne en s’excusant comme un petit garçon honteux auprès d’un représentant de l’occupation. En conclusion, vous lui souhaitez de finir sa peine de sept ans en prison avec, il est vrai, l’assistance des agents consulaires. Merci beaucoup…J’ai pourtant lu au point de presse du MAE (24 avril) que la France avait une nouvelle position officielle au sujet de Salah et qu’elle demandait désormais une «issue humanitaire» compte tenu des trois années déjà passées en prison. C’est d’ailleurs ce que dit aussi l’Elysée. Mais rien de tel dans votre courrier… Pourrais-je savoir pourquoi ? Il s’agit pourtant de votre ministère et de la

    Présidence…En espérant que ces informations vous apporteront les éclaircissements nécessaires, je vous prie d’agréer, Madame la secrétaire d’Etat, l’expression de mes sentiments distingués.

    Madame Annick- Denise Guidoux Hamouri Po box 19 587 Jérusalem

Note : 5 sur 5.

« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »

– Keiko, Londres

Note : 4 sur 5.

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– Sarah, New York

Note : 5 sur 5.

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– Olivia, Paris