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    John Pilger-Nous sommes Spartacus
    Nous sommes Spartacus maintenant. Le sommes-nous ? Spartacus est la résistance des gens ordinaires contre un fascisme qui prononce rarement son nom. La réponse à cette question - à savoir si nous sommes prêts ou non à résister - est la plus importante de notre époque.

    Par John Pilger

    Spartacus est un film hollywoodien de 1960 basé sur un livre écrit secrètement par le romancier Howard Fast, mis à l’index, et adapté par le scénariste Dalton Trumbo, l’un des « 10 d’Hollywood » qui ont été bannis pour leur politique « anti-américaine ». Il s’agit d’une parabole de la résistance et de l’héroïsme qui s’adresse sans réserve à notre époque.

    Les deux écrivains étaient communistes et victimes de la Maison des activités anti-américaines du sénateur Joseph McCarthy qui, pendant la guerre froide, a détruit les carrières et souvent les vies de ceux qui avaient suffisamment de principes et de courage pour s’opposer à un fascisme américain bien de chez nous.

    Nous ne vivons plus dans l’après-midi crépusculaire où le mal se mêlait au bien et embrouillait le monde », écrit Arthur Miller dans The Crucible.

    Il y a maintenant un provocateur « précis » ; il est clair pour ceux qui veulent le voir et prédire ses actions. Il s’agit d’une bande d’États dirigée par les États-Unis, dont l’objectif déclaré est de « dominer l’ensemble du spectre ». La Russie est toujours détestée, la Chine rouge redoutée. Depuis Washington et Londres, la virulence n’a pas de limite. Israël, anachronisme colonial et chien d’attaque déchaîné, est armé jusqu’aux dents et jouit d’une impunité historique afin que « nous », Occidentaux, nous assurions que le sang et les larmes ne tarissent jamais en Palestine. Les députés britanniques qui osent demander un cessez-le-feu à Gaza sont bannis, la porte de fer du bipartisme leur est fermée par un dirigeant travailliste qui refuserait de donner de l’eau et de la nourriture aux enfants de Palestine.

    À l’époque de McCarthy, il y avait des trous de souris pour la vérité. Les francs-tireurs accueillis à l’époque sont aujourd’hui des hérétiques ; il existe un journalisme clandestin (comme ce site) dans un paysage de conformisme mensonger. Les journalistes dissidents ont été défenestrés du « mainstream » (comme l’a écrit le grand éditeur David Bowman) ; la tâche des médias est d’inverser la vérité et de soutenir les illusions de la démocratie, y compris une « presse libre ».

    La social-démocratie s’est réduite à la largeur d’un papier à cigarette qui sépare les principales politiques des grands partis. Leur seule adhésion est un culte capitaliste, le néolibéralisme, et une pauvreté imposée décrite par un rapporteur spécial de l’ONU comme « l’appauvrissement d’une partie significative de la population britannique ».

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    La guerre est aujourd’hui une ombre immobile ; les guerres impériales « éternelles » sont considérées comme normales. L’Irak, le modèle, est détruit au prix d’un million de vies et de trois millions de dépossédés. Le destructeur, Blair, s’enrichit personnellement et est salué lors de la conférence de son parti comme un vainqueur électoral. Blair et son opposant moral, Julian Assange, vivent à 14 miles l’un de l’autre, l’un dans un manoir de la Régence, l’autre dans une cellule en attente d’extradition vers l’enfer.

    Selon une étude de l’université Brown, depuis le 11 septembre, près de six millions d’hommes, de femmes et d’enfants ont été tués par l’Amérique et ses acolytes dans le cadre de la « guerre mondiale contre le terrorisme ». Un monument doit être construit à Washington pour « célébrer » ce massacre ; son comité est présidé par l’ancien président George W. Bush, le mentor de Blair. L’Afghanistan, où tout a commencé, a finalement été dévasté lorsque le président Biden a volé les réserves de sa banque nationale

    Il y a eu beaucoup d’Afghans. Le légiste William Blum s’est attaché à donner un sens à un terrorisme d’État qui a rarement prononcé son nom et qui doit donc être répété :

    Au cours de ma vie, les États-Unis ont renversé ou tenté de renverser plus de 50 gouvernements, la plupart démocratiques. Ils ont interféré dans des élections démocratiques dans 30 pays. Ils ont largué des bombes sur les populations de 30 pays, pour la plupart pauvres et sans défense. Elle a lutté pour supprimer les mouvements de libération dans 20 pays. Elle a tenté d’assassiner d’innombrables dirigeants.

    J’entends peut-être certains d’entre vous dire : cela suffit. Alors que la solution finale de Gaza est diffusée en direct à des millions de téléspectateurs, que les petits visages des victimes sont gravés dans les décombres, encadrés par des publicités télévisées pour des voitures et des pizzas, oui, c’est sûrement suffisant. Le mot « assez » n’est-il pas profane ?

    C’est en Afghanistan que l’Occident a envoyé des jeunes hommes chargés du rituel des « guerriers » pour tuer des gens et y prendre plaisir. Nous savons que certains d’entre eux y ont pris du plaisir grâce aux témoignages des sociopathes australiens du SAS, notamment une photographie les montrant en train de boire dans la prothèse d’un Afghan.

    Aucun sociopathe n’a été inculpé pour cela, ni pour des crimes tels que jeter un homme par-dessus une falaise, abattre des enfants à bout portant, trancher des gorges : rien de tout cela n’a été commis « au cours d’une bataille ». David McBride, un ancien avocat militaire australien qui a servi deux fois en Afghanistan, était un « vrai croyant » dans le système moral et honorable. Il est capable de les définir comme peu de gens peuvent le faire. Le 13 novembre, il comparaît devant le tribunal de Canberra en tant que criminel présumé.

    Un dénonciateur australien », rapporte Kieran Pender, avocat principal au Centre australien des droits de l’homme, « sera jugé pour avoir dénoncé d’horribles actes répréhensibles. Il est profondément injuste que la première personne jugée pour crimes de guerre en Afghanistan soit le dénonciateur et non un criminel de guerre présumé ».

    M. McBride est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 100 ans de prison pour avoir révélé la dissimulation du grand crime commis en Afghanistan. Il a tenté d’exercer son droit légal de dénonciateur en vertu de la loi sur la divulgation de l’intérêt public (Public Interest Disclosure Act), que l’actuel procureur général, Mark Dreyfus, déclare « tenir notre promesse de renforcer les protections des dénonciateurs du secteur public ». Pourtant, c’est Dreyfus, un ministre travailliste, qui a approuvé le procès McBride après une attente punitive de quatre ans et huit mois depuis son arrestation à l’aéroport de Sydney : une attente qui a détruit sa santé et sa famille.

    Ceux qui connaissent David et qui sont au courant de l’affreuse injustice dont il a été victime remplissent sa rue à Bondi, près de la plage de Sydney, pour adresser leurs encouragements à cet homme bon et décent. Pour eux, et pour moi, c’est un héros.

    McBride a été choqué par ce qu’il a trouvé dans les dossiers qu’il avait été chargé d’inspecter. Il y avait là des preuves de crimes et de leur dissimulation. Il a transmis des centaines de documents secrets à l’Australian Broadcasting Corporation et au Sydney Morning Herald. La police a fait une descente dans les bureaux de l’ABC à Sydney, tandis que les journalistes et les producteurs ont assisté, choqués, à la confiscation de leurs ordinateurs par la police fédérale.

    Le procureur général Dreyfus, réformateur libéral autoproclamé et ami des dénonciateurs, a le pouvoir singulier d’arrêter le procès McBride. Une recherche de la liberté d’information sur ses actions en ce sens suggère une indifférence à la question de savoir si un innocent pourrit ou non.

    On ne peut pas mener une démocratie à part entière et une guerre coloniale ; l’une aspire à la décence, l’autre est une forme de fascisme, quelles que soient ses prétentions. Il suffit de penser aux champs de bataille de Gaza, réduits en poussière par l’Israël de l’apartheid. Ce n’est pas une coïncidence si, dans une Grande-Bretagne riche mais appauvrie, une « enquête » est actuellement menée sur l’assassinat par des soldats britanniques des SAS de 80 Afghans, tous civils, y compris un couple au lit.

    L’injustice grotesque dont est victime David McBride est issue de l’injustice dont est victime son compatriote Julian Assange. Tous deux sont mes amis. Chaque fois que je les vois, je suis optimiste. Tu me fais plaisir », dis-je à Julian lorsqu’il lève un poing provocateur à la fin de notre période de visite. Tu me rends fier », dis-je à David dans notre café préféré de Sydney. Leur courage a permis à beaucoup d’entre nous, qui pourraient désespérer, de comprendre le sens réel d’une résistance que nous partageons tous si nous voulons empêcher la conquête de nous-mêmes, de notre conscience, de notre respect de soi, si nous préférons la liberté et la décence à la conformité et à la collusion. En cela, nous sommes tous des Spartacus.

    Spartacus était le chef rebelle des esclaves de Rome en 71-73 av. Dans le film Spartacus de Kirk Douglas, il y a un moment palpitant où les Romains demandent aux hommes de Spartacus d’identifier leur chef et d’être ainsi graciés. Au lieu de cela, des centaines de ses camarades se dressent, lèvent le poing en signe de solidarité et crient : « Je suis Spartacus ». La rébellion est en marche.

    Julian et David sont Spartacus. Les Palestiniens sont Spartacus. Les gens qui remplissent les rues de drapeaux, de principes et de solidarité sont des Spartacus. Nous sommes tous des Spartacus si nous le voulons.

    @johnpilger

  • Kevin Barrett-Israël va perdre, oui, absolument, et voici pourquoi.

    Kevin Barrett-Israël va perdre, oui, absolument, et voici pourquoi.
    Le journaliste Kevin Barrett

    Depuis février 2022, les grands médias occidentaux nous disent que la Russie ne peut pas gagner sa guerre en Ukraine. Zelensky, avec le soutien de centaines de milliards de dollars de l’Occident, l’emporterait sûrement. La Russie a toujours subi des pertes insupportables. Poutine est toujours sur le point de tomber raide mort. Une nouvelle livraison d’armes miracles américaines va inverser la tendance. Une victoire ukrainienne écrasante est toujours à portée de main.

    (Voir l’interview du colonel Col. Douglas Macgregor: “Israel is losing everywhere. Eventually they will lose support from US!” Israël est en train de perdre partout, ils peuvent même perdre le soutien états-unien).

    Inner Vision , https://youtu.be/UZrPj-vdYqg?t=123

    Parce qu’ils ne pouvaient pas imaginer que l’Ukraine perdrait, les experts occidentaux ne voyaient pas qu’elle était en train de perdre. Ils n’ont pas compris qu’à partir du moment où la majorité mondiale non occidentale refusait d’accepter les sanctions américaines contre la Russie, tout était effectivement terminé. La quasi-totalité de la guerre s’est déroulée dans l’ombre d’une inévitable victoire russe. Ce n’était qu’une question de temps.

    Une situation similaire pourrait-elle prévaloir dans la guerre pour la Palestine ? La majorité mondiale non occidentale s’est fortement retournée contre Israël – encore plus violemment qu’elle ne s’est retournée contre les États-Unis dans leur guerre contre la Russie à travers l’Ukraine. Pourtant, les médias occidentaux continuent de fabriquer et d’habiter une bulle complètement détachée de la réalité morale et stratégique. Ils ne peuvent même pas imaginer qu’Israël ait tort, même si c’est manifestement le cas. Ils ne peuvent pas imaginer le Hamas comme des combattants nobles et chevaleresques, et les Israéliens comme de lâches terroristes tueurs d’enfants, même si c’est évidemment le cas. Ils ne peuvent pas reconnaître que la grande majorité du monde n’est pas d’accord avec eux pour de très bonnes raisons, et non à cause de « l’antisémitisme ». Et surtout, ils ne peuvent pas imaginer qu’Israël, malgré (ou à cause) de son attaque génocidaire contre des civils, soit en train de perdre la guerre.

    Tout comme il a fallu lire des sources « pro-russes » (comme le colonel Douglas MacGregor) pour connaître la vérité sur la guerre en Ukraine, il faut se tenir au courant de l’opinion de la majorité mondiale pro-Résistance pour avoir une image précise de la guerre. pour la Palestine. À cette fin, consultez mon interprétation rapide, assistée par Google, d’un article éclairant publié hier par Al-Jazeera :

    (Voir Hamdani et Talal Mushati pour Al-Jazeera)

    Les dirigeants israéliens préparent une population israélienne tendue et frustrée à des surprises imprévues dans leur guerre contre Gaza, en parlant d’une guerre longue, coûteuse et cruelle.Mais lLes attentes élevées qu’ils ont placées dans leur guerre seront difficiles à réaliser, faute d’un plan militaire ou politique clair.

    Le chef d’état-major israélien Herzi Halevy déclare : « Nous menons une guerre contre un ennemi cruel, et cette guerre a un prix douloureux et lourd », tandis que le ministre de la Défense Benny Gantz résume la difficulté de la guerre terrestre : « Les images provenant des combats au sol font mal et nos larmes coulent lorsque nous voyons nos soldats tomber.

    Les dirigeants israéliens ont lancé leur guerre contre Gaza à un moment où ils n’ont la confiance que de 27 % de l’opinion publique israélienne, alors qu’environ 51 % seulement font confiance à l’armée israélienne. À cela s’ajoute le fardeau de 250 000 personnes cherchant refuge dans la région de Gaza et dans les régions du nord proches du Liban, ainsi que des plus de 240 Israéliens retenus prisonniers par la résistance à Gaza.

    En conséquence, pour Israël, cette guerre n’est pas comme les guerres précédentes. Israël subit déjà d’énormes pertes quotidiennes et une érosion de ses ressources, notamment en soldats, en équipement, en temps, en argent et en légitimité (soutien interne et externe). Le coût continuera d’augmenter à mesure que la guerre se prolongera ou s’étendra.

    Le journal Maariv commente les conditions de la guerre terrestre qui se déroule à la périphérie de Gaza, en disant : « Les forces de résistance sont très loin d’être brisées. Malgré les liquidations et les assassinats, le Hamas parvient dans la plupart des cas à maintenir une méthode de combat organisée, basée principalement sur les combats dans les tunnels, à la sortie des cachettes et avec le lancement de missiles sur nos véhicules blindés. »

    Deux facteurs primordiaux motivent la féroce guerre israélienne contre Gaza : le choc de la défaite militaire retentissante et l’échec de la sécurité et du renseignement qui ont résulté du lancement par la résistance palestinienne de l’opération « Tempête Al-Aqsa » le 7 octobre ; et la situation difficile du grand nombre de prisonniers détenus par les Brigades Al-Qassam et d’autres factions palestiniennes. L’action militaire s’articule donc autour de ces deux objectifs.

    Sous l’influence psychologique des événements du « Samedi noir », les Israéliens se sont dirigés directement vers le but ultime de toute guerre, qui est de « détruire l’ennemi ». Il s’agissait d’un plafond élevé dont ils savaient probablement, en raison de leur expérience antérieure, qu’il ne pourrait pas être atteint. Cela ne peut se produire qu’à un prix qu’ils ne pourraient pas se permettre de payer.

    Dans ce contexte, le ministre de la Défense Yoav Galant a déclaré : « Il n’y a pas de place pour le Hamas à Gaza. À la fin de notre combat, il n’y aura plus de Hamas. » Il s’agit d’un objectif irréaliste, si l’on s’en tient à l’expérience passée et les réalités actuelles sur le terrain.

    En considérant les guerres précédentes, notamment celles de 2008 et 2014, nous constatons que « détruire le Hamas » a toujours été un objectif fondamental et nécessaire…. Il n’y a aucune raison de croire que cela sera réalisable cette fois-ci, d’autant plus que le mouvement est désormais beaucoup plus fort et bien plus profondément enraciné dans la bande de Gaza qu’auparavant. Ses défenses militaires et son arsenal ont été renforcés au point d’être difficiles à pénétrer, et en fin de compte, il ne s’agit pas d’un État ou d’une armée régulière qui puisse annoncer sa capitulation, mais d’un mouvement de résistance populaire étendu sur le chemin d’une guerre palestinienne prolongée.

    Si la guerre consiste en des opérations de combat qui nécessitent de mobiliser les ressources et les capacités de l’État pour mener une campagne militaire spécifique afin de mettre en œuvre des objectifs militaires et politiques, allant du déplacement d’un front à l’obtention de succès tactiques et à l’imposition de certaines conditions ou à la mise en œuvre d’une décision, une bataille capable de briser la volonté de « l’ennemi » nécessite alors un leadership convenu qui bénéficie d’un certain degré de consensus. Cela nécessite un appareil militaire entraîné, équipé et au moins minimalement mobilisé psychologiquement pour le combat ; un plan de confrontation approprié ; et un front politique et social interne unifié et cohérent orienté vers cet objectif.

    Cela nécessite également une mobilisation économique qui embrasse les circonstances et le déroulement de la guerre, ainsi que de ses surprises, ainsi qu’un front international et régional compréhensif ou solidaire. La victoire est difficile à obtenir si l’une ou l’ensemble de ces conditions est absente, surtout dans le cas de batailles longues qui nécessitent une mobilisation continue. Les résultats sont également liés à la réaction de l’ennemi, à l’étendue de sa force et aux tactiques qu’il choisit.

    En termes de capacités militaires, Israël semble toujours prêt à faire la guerre sur plusieurs fronts. Mais les capacités militaires techniques et les armes ne suffisent pas pour trancher les guerres, surtout s’il ne s’agit pas du genre de guerres éclair qu’Israël privilégie. Dans la pratique, Israël souffre de défauts significatifs dans presque tous les ingrédients mentionnés ci-dessus pour gagner une guerre.

    Au niveau du leadership : il n’existe pas en Israël de leader agréé qui jouisse d’un consensus ou du charisme nécessaire. Comme le montrent les sondages, le Premier ministre Benjamin Netanyahu est extrêmement impopulaire. Dans une récente enquête d’opinion publique israélienne menée par le journal israélien Maariv, il a été constaté que seulement 27 % des Israéliens soutiennent sa survie politique, et que ses décisions politiques et militaires ne sont pas acceptées mais font l’objet de nombreuses critiques. Le cours de la guerre a également prouvé qu’il est indécis et qu’il ne dispose pas d’un plan d’action militaire ou politique clair et convaincant.

    Netanyahu refuse également d’accepter la responsabilité de l’échec sécuritaire du 7 octobre, qui l’a exposé à de sévères critiques internes. Le chef de l’opposition israélienne, Yair Lapid, a par exemple averti que les tentatives de Netanyahu d’échapper à ses responsabilités et de faire porter le chapeau aux instances de la sécurité, affaiblissant ainsi l’armée israélienne, revenait à « franchir des lignes rouges ».

    Le front intérieur semble s’être désintégré. Les Israéliens vivent dans un état de profonde division aux niveaux partisan, populaire et politique. La question des prisonniers détenus par la résistance est particulièrement controversée, compte tenu des dangers d’une guerre terrestre et des pertes importantes qu’elle entraînerait.

    Netanyahu et les membres extrémistes de son gouvernement sont accusés de diviser la société israélienne. Le chef du parti travailliste d’opposition, Merav Michaeli, a accusé le Premier ministre de « combattre l’armée et le peuple d’Israël ». La question des prisonniers détenus par la résistance a également suscité des divisions internes, en particulier après que le ministre du Patrimoine, Amichai Eliyahu, a appelé à bombarder Gaza avec une arme nucléaire, en disant : « Que signifie un otage ? En temps de guerre, on en paye le prix [dans le sang]. Pourquoi la vie des otages est-elle plus précieuse que celle des soldats ? Cela a été considéré par les Israéliens comme « un abandon par le gouvernement de son engagement à rendre les otages ».

    Les événements du « Déluge d’Al-Aqsa », en particulier les six premières heures du 7 octobre, ont démontré que l’armée israélienne souffre de graves déficiences, tout comme ses nombreux services de sécurité. Aujourd’hui, les pertes quotidiennes qu’elle subit au cours de ses opérations terrestres en cours sont un objet de suspicion au sein de la société israélienne, qui comptait sur son armée pour maintenir une aura de sécurité et de stabilité.

    La situation économique israélienne est à son pire niveau, avec des secteurs majeurs tels que le tourisme paralysé, les voyages en net recul et le secteur agricole subissant des dégâts. Avec la mobilisation d’environ 360 000 soldats de réserve, pour la plupart soudainement retirés du marché du travail, et l’évacuation d’environ 250 000 colons, l’économie connaît une grave pénurie de main-d’œuvre dans divers domaines. Israël a récemment annoncé que les trois dernières semaines de guerre avaient coûté environ 7 milliards de dollars, sans tenir compte des dommages directs et indirects. Même si ces dégâts pourraient coûter environ 3 milliards de dollars par mois, les estimations préliminaires montrent que la guerre contre Gaza coûtera au budget israélien 200 milliards de shekels (51 milliards de dollars), soit environ 10 % du produit intérieur brut, et comme la guerre se poursuivra sur une longue période, l’économie israélienne pourrait se retrouver bloquée selon les estimations israéliennes.

    Après le 7 octobre dernier, les pays occidentaux historiquement favorables à Israël se sont précipités pour le soutenir, mais ce soutien a rapidement commencé à s’éroder en raison de l’impact des crimes israéliens et des doutes sur la capacité de l’armée israélienne à résoudre le conflit. De nombreux pays ont condamné Israël ou rompu leurs relations diplomatiques avec Israël (Colombie, Bolivie), tandis que d’autres pays ont rappelé leurs ambassadeurs (Chili, Jordanie, Bahreïn, Turquie, Honduras…). La pression populaire mondiale toujours croissante pousse les gouvernements à prendre des mesures de boycott, exposant Israël à un isolement qui a commencé à s’aggraver.

    Contrairement au soutien direct du début, l’administration du président Joe Biden a commencé à réévaluer son soutien absolu à Netanyahu, de peur que les choses ne dégénèrent en une guerre régionale plus large. Washington craint les scénarios fous que Netanyahu pourrait élaborer pour tenter de sauver son avenir aux dépens de l’Amérique.

    Au bout d’un mois environ, les Américains ont réalisé que la seule constante du plan israélien était le recours à une force destructrice massive ciblant les civils et les infrastructures de la bande de Gaza. Il semblait que Netanyahu attendait une solution pour se sortir d’une dure situation difficile dans les sables de Gaza – et se berçait de l’illusion d’une reddition de la résistance qui n’allait pas se produire. Ils ont commencé à avoir des doutes sur la gestion israélienne de la guerre et sur ses résultats.

    CNN a indiqué que le président américain Joe Biden et de hauts responsables de l’administration américaine ont averti Israël que le soutien à Israël s’érodait à mesure que la colère mondiale s’intensifie face à l’ampleur des souffrances humaines résultant de ses crimes à Gaza.

    Au cours d’environ un mois de guerre, il ne semble pas qu’Israël ait réalisé de progrès sérieux sur le terrain. Des déclarations contradictoires indiquent une confusion sur la manière de gérer la bataille et de fixer les objectifs finaux face à une résistance acharnée. Le choc de la bataille mal gérée du 7 octobre et les cicatrices psychologiques qu’elle a laissées sur l’ensemble de l’establishment militaire israélien pèse toujours sur le cours de la guerre.

    Cette atmosphère psychologique plane également sur les soldats, qui réalisent que leur retour des sables de Gaza nécessiterait un miracle. Ils évoquent les expériences de leurs collègues et leurs souvenirs amers de la guerre de 2014 en voyant l’élite de la Brigade Givati se noyer dans les sables de Gaza dans une bataille qui n’en est qu’à ses balbutiements. En effet, l’armée israélienne a avancé de quelques mètres sur des terrains découverts au nord de la bande de Gaza et y a perdu 30 soldats – selon les rapports – ce qui signifie qu’il est possible que des centaines de soldats soient perdus d’avance, si l’armée avançait de quelques kilomètres, au milieu d’un contexte complexe, de réseau de tunnels et de fortifications, de champs de mines, de tireurs d’élite, d’engins explosifs et de combats au corps à corps dans les rues face à la volonté combative illimitée de la résistance.

    Comme Israël n’a pas de plan clair pour la guerre, il s’oriente vers des progrès lents et calculés à l’intérieur de Gaza. Ainsi, atteindre l’objectif final douteux peut prendre longtemps, au prix de pertes insupportables. Entre-temps, d’importantes transformations militaires ou politiques pourraient survenir et ravager l’ensemble du plan.

    Dans ses opérations actuelles, Israël perd jusqu’à 5 soldats chaque jour à la périphérie de Gaza sans une avancée militaire claire et efficace. Nahum Barnea, le journaliste israélien du journal Yedioth Ahronoth, déclare : « Une guerre d’usure à la périphérie de Gaza est la dernière chose que les Israéliens veulent vivre. »

    Les responsables militaires israéliens se rendent compte qu’il est impossible de libérer les prisonniers militairement, mais ils procèdent néanmoins sous la pression politique, malgré le fait que les familles des prisonniers, ainsi que les pays qui comptent des ressortissants parmi les prisonniers, souhaitent un accord d’échange. Netanyahu estime qu’un tel accord serait une reconnaissance définitive de la défaite sioniste, et une victoire du Hamas et de la résistance palestinienne.

    L’opinion publique israélienne craint que la guerre ne soit perdue sur deux ou plusieurs fronts, en ne parvenant pas à libérer ou à faire relâcher les prisonniers (une soixantaine d’entre eux ont déjà été tués lors de raids israéliens) et en ne démantelant pas les capacités du mouvement Hamas et du Résistance palestinienne. Pire encore, un grand nombre de soldats seront tués, peut-être par centaines.

    Contrairement au non-plan israélien, suite au coup militaire douloureux lancé contre Israël le matin du 7 octobre, le plan du Hamas et de la résistance semble clair : Israël devra arrêter la guerre, procéder à un échange global de prisonniers et lever le siège de Gaza. La résistance mène une guerre d’usure contre l’armée israélienne, lui infligeant des pertes quotidiennes toujours croissantes, et semble préparée à une longue guerre visant à éroder les éléments de la puissance israélienne. Le temps ne joue pas en faveur d’Israël, qui perdra davantage d’argent, d’hommes et de légitimité, sa crise interne s’aggravant et les pressions et les doutes qui l’entourent augmentant, avec la possibilité d’une explosion de la situation au niveau régional. Au contraire, le temps joue en faveur de la résistance palestinienne, qui estime que toutes ces pressions militaires et politiques internes et externes finiront par amener Israël à céder et à accepter ses conditions. Dans ce cas, la guerre se terminerait non seulement par la défaite de Netanyahu, mais aussi par la défaite du gouvernement d’extrême droite et de son programme raciste. La société israélienne rejette de plus en plus la politique de ce gouvernement à tous les niveaux, et la guerre a prouvé qu’elle ne peut pas imposer la reddition au peuple palestinien malgré les drames causés par les crimes israéliens à Gaza, dont les répercussions ont rendu la communauté internationale méfiante et encline à rejeter les récits israéliens.

    La communauté internationale commence à comprendre que la campagne lancée par Benjamin Netanyahu contre Gaza n’est rien d’autre qu’une série d’horribles massacres quotidiens contre des civils, qui n’ont abouti à aucune percée militaire significative. Le pronostic : Israël sera contraint de se soumettre à la défaite sous les pressions internes et externes. Des mouvements sérieux ont déjà commencé au sein de la communauté internationale pour mettre fin à la guerre à la suite de l’horreur des massacres israéliens en cours. Nadav Eyal affirme dans son article du journal Yedioth Ahronoth que l’armée israélienne ne peut se contenter de « l’image de la victoire » dans sa guerre contre Gaza, et que l’ère de la politique de « la tondeuse à gazon » (réduire les menaces à un niveau acceptable) est révolue. Au lieu de cela, Israël a besoin d’une « vraie victoire ». Mais cela laisse le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans une situation extrêmement pénible. Le principal dilemme concerne Netanyahu lui-même, qui ne veut pas descendre du haut de l’arbre dans lequel il s’est précipité le matin du 7 octobre. Il se rend compte qu’il est fini au plan politique (à cause de l’opération Tempête Al-Aqsa) mais rêve d’une résurrection liée aux résultats de sa campagne à Gaza. Netanyahu et son cabinet de guerre agissent de manière impulsive sous l’influence du choc du 7 octobre, sans plan militaire clair pour la guerre, qui est principalement menée comme une réaction émotionnelle insensée face à la résistance bien préparée à Gaza. Israël n’a pas de plan clair pour libérer ou récupérer les prisonniers, ou pour faire face aux énormes protestations internationales qui ne cessent de s’intensifier, au point que Netanyahu a commencé à s’adresser aux soldats israéliens à Gaza avec des citations de la Bible, leur disant de « se rappeler ce qu’Amalek a fait contre toi.” (Amalek représente le comble du mal dans la tradition juive.) Netanyahu a utilisé la référence à Amalek à plusieurs reprises pour motiver l’armée israélienne dans sa guerre contre Gaza. Netanyahu accumule les pertes sur tous les fronts, essayant d’effacer le « Samedi noir », ignorant que son leadership ne jouit pas d’une acceptation populaire, et faisant semblant de ne pas remarquer l’armée israélienne brisée, l’économie érodée, la réputation internationale fragilisée, le front intérieur désintégré et l’importance militaire quotidienne des pertes, outre la condamnation de ses crimes par les Nations Unies.

    ​ https://www.unz.com/kbarrett/israel-will-lose-heres-why/Adr

  • Mohamed Bouhamidi-Yasmina Khadra et le colonialisme de rêve qu’on nous invente

    Mohamed Bouhamidi-Yasmina Khadra et le colonialisme de rêve qu’on nous invente

    Le titre original était : « Le colonialisme de rêve qu’on nous invente«  en date du 25-03-2010



    La thèse d’une Algérie coloniale mais fraternelle n’est pas nouvelle. Yasmina Khadra ne reprend qu’une vieillerie dans son entretien avec Julia Ficatier du journal la Croix (17/03/2010). Ses prédécesseurs algériens avaient autant que lui parlé d’une Algérie des petites gens, ouvriers, artisans, petits colons, pas vraiment riches et pas très loin de la condition indigène. Disons une Algérie d’un bon voisinage quand ce voisinage existait.  Un belle «qualité» de cette thèse du bon voisinage consiste à transformer une nécessité économique en vertu sociale.

    La colonie pouvait-elle nettoyer ses villes, assurer les transports, faire vivre ses usines, ses ports, ses marchés de gros ou de détail, cultiver ses domaines sans la présence des «Arabes» ? Sans même de parler des «fatmas» si nécessaires au ménage et dont leurs employeurs nous rappellent qu’elles «furent de la famille». 

    « Autant en emporte le vent », best-seller mondial, n’aurait pas suffi à nos écrivains et créateurs, si cultivés, pour comprendre l’aménagement de certains rapports domestiques même dans l’esclavagisme le plus pur et le plus dur ou alors ne l’ont-ils pas dans leurs bibliothèques ? La  nécessité économique devient, en un tour de main, une «fraternité» de deux communautés. D’inépuisables anecdotes de rapprochements individuels inévitables dans des zones de contacts en deviennent la preuve et le colonialisme se transforme en formidable opportunité interculturelle. Il se transforme en un «colonialisme de rêve», la possibilité historique inégalée d’amours croisées, de métissages et de partage humain. Yasmina Khadra essaye de nous dire ce  monde dans cet entretien dont la journaliste postule l’existence comme s’il était prouvé. Et il faut bien en lire de larges extraits pour ne pas trahir sa pensée :

    «La Croix : Vous n’avez jamais caché, dans vos romans, votre nostalgie de cette Algérie fraternelle où les pieds-noirs avaient leur place. Pourquoi ?»

    Yasmina Khadra : «…Pour moi, cela ne fait aucun doute : l’Algérie, qui est mon pays, est aussi le pays des pieds-noirs. Chaque pied-noir, pour moi, est un Algérien, et je ne dirai jamais le contraire. Nous restent en mémoire, Français et Algériens, ces amitiés déchirées, ces voisinages dépeuplés… Algériens et Français, nous voulons lutter contre les traumatismes historiques. Et ce n’est pas facile. Je le dis clairement, on ne peut ramener la colonisation à celle des colons militaires… C’est oublier les «petites gens» que nous, les Algériens, nous aimions, le petit peuple des Français, des Italiens, des Espagnols, des Juifs, avec qui l’on vivait au quotidien. Nous avons la nostalgie du vivre-ensemble. Les injustices étaient là, valables pour les uns comme pour les autres. Nous vivions si proches.…Mon père, jeune homme, avait une amie, prénommée Denise, une petite voisine, qu’il voulait épouser, qu’il aimait… Mais mon grand-père s’est opposé à son mariage. Aujourd’hui, il me parle toujours de Denise avec nostalgie. …Même sous la colonisation, il y avait des mariages mixtes… A Rio Salado… vivent toujours Jonas et Emilie ; elle est française, lui est algérien. …Combien de pieds-noirs me racontent et m’ont raconté leur pays, et combien ils souffraient d’en être privés ! …J’ai la chance d’être romancier, et je peux écrire sur cette nostalgie qui nous tient tous à cœur, Algériens et pieds-noirs. J’ai la prétention de croire que je peux arranger les choses, pour nous Algériens et pour les pieds-noirs, nous tous qui avons vaincu la dislocation atroce de nos deux communautés…»

    Yasmina Khadra va cependant plus loin que ses prédécesseurs. Jusqu’à présent, on nous avait invité à discuter les erreurs de l’ALN et son usage parfois aveugle de la violence. On nous avait suggéré que le 1er Novembre était peut-être un acte précipité. On nous a fait entendre que le départ des pieds-noirs fut pour nous une perte. Mais on n’a jamais dit que notre guerre de libération était un pur acte d’injustice, c’est-à-dire un crime. Voilà qui est fait.

    Dans cet entretien, Yasmina Khadra accuse clairement notre guerre de n’avoir pas eu de raisons humainement acceptables -a-t-on raison de déclencher une guerre contre des voisins si attachants ?- et d’avoir commis une injustice en provoquant «la dislocation atroce de nos deux communautés».  Une injustice, c’est un crime. Voilà donc les raisons de son silence devant David Camus  qui réclamait le «jugement des terroristes du FLN». Qu’est-ce qui différencie aujourd’hui ce discours de celui des nostalgiques ?

    Les mythes et les faits
    Mais, encore une fois, il faut confronter les discours aux faits et à la vérité historique. D’abord sur la réalité des rapports de deux communautés. La lecture de Passeurs de rives de Claude Liauzu lui aurait évité de tels raccourcis. Elle lui aurait surtout enseigné que la cohabitation entre deux communautés même irréductiblement ennemies engendre des contacts et des passages de l’une à l’autre et que ces passages ne sont pas des échanges mais des changements de communauté, une adhésion aux valeurs, aux émotions, aux idéaux de leur nouvelle communauté. Trois livres parus ces dix derniers mois peuvent nous en parler, ainsi que de la condition coloniale, sans raccourcis ni manichéisme : Akfadou, un an avec le colonel Amirouche de Hamou Amirouche (Ed. Casbah), Des chemins et des hommes de Mohamed Rebah (Ed. Mille feuilles) et Parcours d’un combattant – Wilaya III de Abdelmadjid Azzi. Le lecteur y découvrira quelques réalités de la condition coloniale et du code de l’indigénat ainsi que de précieux témoignages sur les relations entre pieds-noirs et Algériens. Et ces livres, sur ce plan, renvoient à des rapports autrement plus compliqués, autrement plus vrais et plus profonds. Et les noms de Raymonde Peshard, de Maurice Audin, de Pierre Ghenassia, pour ne citer que ceux qui sont évoqués dans ces livres pèsent d’un poids autrement plus fort que le destin contrarié de Denise. Dans ces livres –il faut bien recourir à des textes contre des textes- on ne retrouve nulle trace de cette Algérie coloniale idyllique. Froid, faim, maladies, isolement des campagnes, état d’exception permanent, répression constante, déni de droits élémentaires font le quotidien de la colonie. Il faut y ajouter le racisme. Car le tableau de Yasmina Khadra nous dit essentiellement cela : une fraternité de tous les jours dans les rapports coloniaux. Sur la réalité du racisme entre petites gens du peuple, il vaut mieux chercher la vérité chez les plus avancés des petites gens pieds-noirs. Une annexe reproduit en entier un article d’un journal ouvrier qui donnera au lecteur -au jeune lecteur, les vieux savent de quoi il retournait- une première idée de ce racisme massif. On peut en trouver des images dans les livres cités plus haut. Mais lisons un passage de cet article d’un journal ouvrier : «Qu’en Algérie, nous restions Français, et que l’Arabe reste Arabe, à la condition toutefois que nous ayons droit au respect, si nous n’en avons pas d’autre.  Si nous avons fait tuer beaucoup d’hommes en 1830, et beaucoup aussi depuis, je suppose que ce n’est pas dans le simple but d’aider les Arabes à trouver le bien-être, et de leur permettre de se moquer de nous. Si c’était pour en arriver là que l’on a sacrifié tant de vies humaines et dépensé tant d’argent sué par les contribuables, ce n’était vraiment pas la peine. C’est là cependant le résultat que nous avons atteint, et après lequel, il faut le reconnaître, nous courons à bride abattue depuis quelques années. On a voulu, dans un but illusoire d’assimilation, nous attirer l’amitié des Arabes, amitié sur laquelle nous ne pouvons pas compter, jamais, malgré les salamalecs que leurs chefs prodiguent aux nôtres… Je disais donc que, si nous devons reconnaître aux Arabes toute liberté dans leurs mœurs, tolérer chez eux la traite des femmes et des fillettes, et laisser commettre dans les douars des crimes qui feraient rougir les Indiens des forêts vierges, il faut, en avouant que la France qui prétend vouloir porter la civilisation au loin, est incapable de civiliser chez elle, nous faire au moins l’honneur de séparer nettement deux races qui n’ont pas les mêmes conceptions.» (l’Ouvrier algérien. N°4. avril 1906). Faut-il d’autres documents pour rappeler le racisme au
    quotidien de ces petites gens pieds-noirs ? Faut-il même signaler au lecteur que ce racisme populaire a été la raison majeure qui a rendu impossible la naissance d’un mouvement pied-noir ouvert à l’égalité comme en Afrique du Sud ? Faut-il rappeler aussi que c’est ce racisme et son expression politique ultra qui n’a laissé d’autre solution politique que  le recours  à la violence pour les anticolonialistes algériens d’origine indigène ou pied-noir ? Yasmina Khadra et Julia Fricatier se débrouilleront avec ce texte «ouvrier» pour réinventer une Algérie fraternelle. Nous, nous avons eu assez à faire avec l’Algérie coloniale réelle.Il est infiniment plus important de comprendre le mécanisme mis en œuvre pour réhabiliter le discours colonial et travailler les imaginaires de la jeunesse des anciennes colonies. Le discours colonial direct n’a aucune chance. Il se met immédiatement face à la vérité historique et apparaît d’emblée comme un discours idéologique même s’il prend les allures d’une écriture de l’histoire. Patrick Buisson, conseiller du président Sarkosy, ancien directeur du journal d’extrême droite Minute et «historien» n’arrive pas à faire passer ses textes pour autre chose qu’une apologie primaire du colonialisme. Et faits contre faits, documents contre documents, textes contre textes, il ne fait pas le poids. Ni lui ni ceux qui ont écrit le discours de Dakar. La création artistique, documentaires, films, romans essentiellement deviennent le vecteur porteur inespéré. Présentés comme œuvres de création, leurs auteurs travaillent toujours à partir d’une thèse : en ce qui nous concerne, l’existence d’une Algérie fraternelle. Vous n’avez pas le droit de discuter leur thèse, ils avanceraient  qu’il s’agit d’une œuvre d’art et de liberté de création. A-t-on jamais vu de créations qui soient l’illustration d’une thèse ? Et si vous discutez la création, vous devenez un ennemi de la liberté de création, d’expression, etc. Mais surtout, surtout, un partisan de cette réécriture de l’histoire et de l’invention du mythe de la fraternité nous a donné, dans le dossier Camus de Liberté, la bonne clé pour comprendre ce choix de l’art comme véhicule du discours politique. L’œuvre d’art a besoin de ses exégètes qui en délivrent le «vrai» sens au commun des mortels. Elle a besoin de ses prêtres, de ses officiants, de ses cérémonies. L’«œuvre» est toujours «trop complexe» pour un accès direct. Il nous faudra, peuple de novices, nous faire à cette idée de l’assistance littéraire pour comprendre et renoncer à toute pensée critique. Nous ramène-t-on une caravane dans un autre but ? Ce n’est pas tout à fait la même chose que la problématique socialiste : «élever les masses au niveau de l’art ou rabaisser ce dernier au niveau des masses». C’est même le contraire du point de vue de la démarche. C’est convaincre les masses qu’elles ne seront jamais au niveau de l’art. Elles doivent accepter cette réalité «naturelle». Nous ne sommes pas les seuls à le découvrir. Au côté de ces dispositifs parisiens de domination par la culture, des voix nous ont ouvert quelques portes pour les comprendre : «La culture tend à prendre la place qui fut naguère celle de la religion. Comme celle-ci, elle a maintenant ses prêtres, ses prophètes, ses saints, ses collèges de dignitaires. Le conquérant qui vise au sacre se présente au peuple non plus flanqué de l’évêque mais du prix Nobel. Le seigneur prévaricateur pour se faire absoudre ne fonde plus une abbaye mais un musée. C’est au nom de la culture maintenant qu’on mobilise, qu’on prêche les croisades. A elle maintenant le rôle de ‘‘l’opium du peuple’’.» ((Jean Dubuffet, Asphyxiante culture, éditions de Minuit, Paris, 2007 (rééd.) p.22.)Il nous reste quand même une dernière question. En retenant l’expression que «Paris vaut bien une messe», l’histoire française, elle-même, nous invite à questionner les subites ou spectaculaires conversions sur leurs vraies motivations et leurs vrais enjeux. Avons-nous le droit de prendre au mot un enseignement de l’histoire française ?

     M. B.

    Question indigène

    Si les mœurs des différents pays sont respectables et doivent être respectées, pourquoi diable nous mettons-nous en quatre pour porter la civilisation sur les terres où nous n’avons rien à voir ? Laissons les peaux rouges, noires, ou chocolat laver leur linge sale en famille : chacun pour soi, X pour tous. Mais alors, qu’on nous permette de conserver nos distances, suivant notre degré de civilisation, et d’après nos sentiments. Qu’en Algérie, nous restions Français, et que l’Arabe reste Arabe, à la condition toutefois que nous ayons droit au respect, si nous n’en avons pas d’autre.  Si nous avons fait tuer beaucoup d’hommes en 1830, et beaucoup d’autres aussi depuis, je suppose que ce n’est pas dans le simple but d’aider les Arabes à trouver le bien-être, et de leur permettre de se moquer de nous. Si c’était pour en arriver là que l’on a sacrifié tant de vies humaines et dépensé tant d’argent sué par les contribuables, ce n’était vraiment pas la peine. C’est là cependant le résultat que nous avons atteint, et après lequel, il faut le reconnaître, nous courons à bride abattue depuis quelques années. On a voulu, dans un but illusoire d’assimilation, nous attirer l’amitié des Arabes, amitié sur laquelle nous ne pouvons pas compter, jamais, malgré les salamalecs que leurs chefs prodiguent aux nôtres. Ces salamalecs qui chatouillent l’amour-propre de certains personnages, ne prouvent nullement l’attache de gros bonnets indigènes à la France. Ils prouvent tout simplement leur ambition et leur hypocrisie. Il faut être réellement bien naïf, après tant d’exemples qui auraient dû nous ouvrir les yeux, pour se laisser prendre à ces comédies de cour. On a vu où nous a menés en France le régime des courtisans, l’histoire les a jugés, ces messieurs peu recommandables. Il serait au moins prudent de ne pas se lancer en Algérie dans une voie qui peut mener bien loin. Je reviendrai sur ce sujet, chaque question a son heure. Je disais donc que, si nous devons reconnaître aux Arabes toute liberté dans leurs mœurs, tolérer chez eux la traite des femmes et des fillettes, et laisser commettre dans les douars des crimes qui feraient rougir les Indiens des forêts vierges, il faut, en avouant que la France qui prétend vouloir porter la civilisation au loin est incapable de civiliser chez elle, nous faire au moins l’honneur de séparer nettement deux races qui n’ont pas les mêmes conceptions. Si au contraire nous avons la prétention tardive de répandre nos idées parmi les indigènes, pour les emmener, dans un temps forcément très éloigné encore, au degré qui leur permettra d’aspirer à la place qu’on leur a prématurément donnée dans la société, il me semble absolument indispensable de commencer leur éducation morale, à laquelle, pour leur être agréable, ou n’a jamais voulu songer. Avant de leur apprendre à lire et à chanter le Coran à la médersa, il serait bon,
    peut-être, de leur inculquer l’idée qu’il n’est pas tout à fait honorable de vendre sa sœur ou de violer sa cousine. Question politique à part, puisque, au Parlement, les indigènes ont de puissants soutiens depuis surtout que sidi Albin Rozet a fait leur apologie après son long séjour dans l’intérieur de l’Afrique du Nord, qu’il me soit permis de demander aux candidats qui sollicitent en ce moment nos suffrages, s’ils seraient bien fiers de déclarer un jour qu’ils sont les élus de trafiqueurs de chair humaine !Et nous en arriverons là si la marche en avant suit son cours. On dit quelquefois : «C’est triste, mais pas déshonorant.» Dans le cas qui nous occupe, je crois que c’est autant l’un que l’autre.

     (In l’Ouvrier algérien. 1906 – 09 avril – n°4)

  • Pour la confrontation dans une perspective sur l’histoire récente

    Pour la confrontation dans une perspective sur l’histoire récente

    Dr Adel Samara

    (Cette analyse rapide a été demandée par des camarades de gauche en France et dans d'autres pays étrangers)

    L’entité sioniste diffère des diverses colonies capitalistes coloniales blanches en ce que sa métropole / patrie est le système capitaliste impérialiste mondial, plutôt qu’un seul État impérialiste [ainsi que c’était la cas dans les colonies antérieures]. C’est un colonialisme de peuplement enraciné dans l’idéologie sioniste depuis ses débuts. Le sionisme, fondé sur des mythes religieux, niant ses revendications laïques, visait, dès le début, à établir un État. Ainsi, il ne s’agit pas simplement d’une colonisation résultant de la migration européenne de populations pauvres [{excédentaires, Surplus], comme cela avait été le cas dans deux périodes historiques : les croisades des Francs dans l’Orient arabe et les migrations européennes de surplus humains vers les Amériques, l’Afrique du Sud, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Algérie. Ces dernières ayant suivi les invasions coloniales occidentales dans la phase capitaliste et impérialiste.

    Alors que d’autres colonies blanches ont réduit le nombre de immigrants admis ou recrutés, l’entité sioniste a continué à amener des colons. C’est un gang armé envoyé par l’impérialisme pour s’emparer d’une patrie de manière suicidaire, et qui, par conséquent, se battra jusqu’au bout, et par tous les moyens, et recourant même à des moyens nucléaires.

    L’entité sioniste est le seul cas dans l’histoire mondiale moderne soutenu par toutes les grandes puissances mondiales : les blocs communistes et sociaux-démocrates, l’impérialisme, et de nombreux régimes arabes asservis, bien que ces derniers indirectement.

    Par conséquent, l’attaque contre la Palestine était préméditée. L’entité sioniste est l’occupation d’une partie de la patrie arabe, aboutissement des visées impérialistes dans toute la patrie arabe depuis trois siècles. Aussi, la question palestinienne est arabe et pas seulement palestinienne. En effet, la patrie arabe était et est toujours la zone la plus visée par l’impérialisme dans le monde ; et en son sein par des régimes ennemis de leur propre nation. Dans toutes les guerres menées par elle, l’entité sioniste n’était pas seule ni agissant avec ses propres forces. L’impérialisme capitaliste occidental a été et est toujours un partenaire militaire, humain, fournisseur d’armement, financier, idéologique et culturel, en même temps qu’il était et est le dirigeant de cette entité. En tant qu’elle promeut le remplacement de la population arabe par des colons, elle a provoqué des déplacements de population et des réfugiés au-delà de la patrie palestinienne occupée.

    En raison de cette relation avec l’impérialisme, cette entité est, pour ce dernier, un investissement stratégique. Peu importe combien d’argent, d’armes, de soldats et d’experts, l’impérialisme investit, il en profite stratégiquement car l’entité sioniste protège son exploitation de la patrie arabe, en en entravant l’unité, en contenant le développement et en perpétuant le pillage de la patrie arabe. Compte tenu de cela, nous pouvons interpréter ce qui s’est passé depuis le 7 octobre 2023 dans la bataille en cours, comme l’expérimentation d’un modèle et d’un projet pilote pour la libération de la Palestine. La percée, précise, audacieuse et rapide de la guérilla du Hamas a confirmé que le conflit arabo-sioniste est la lutte entre la nation arabe et la trinité contre-révolutionnaire qu’est l’alliance du centre capitaliste impérialiste, de l’entité sioniste et des régimes et classes dirigeantes arabes, compradores ou parasitaires, affiliés aux sionistes arabes au pouvoir.

    Cela signifie que le conflit a un caractère antagoniste. L’opération armée menée par le Hamas n’était pas seulement un affrontement ordinaire, mais constitue un nouveau modèle pour une guerre de libération globale qui a affolé la contre-révolution.

    Nous en appelons à une guerre de libération, indispensable parce que aucune des résolutions des Nations Unies depuis 1948 sur le droit des Palestiniens à retourner dans la partie occupée de leur patrie en 1948 n’a été respectée. L’entité sioniste a occupé le reste de la Palestine et des parties d’autres pays arabes en 1967, forçant l’Égypte et la Syrie à poursuivre la lutte même après la défaite de 1967.

    La nation arabe, et non les régimes, vise le retour des Palestiniens par la libération, en non par l’apaisement prôné par les Nations Unies. Concernant l’implication des régimes arabes dans la lutte de libération palestinienne, si certains États arabes ne se sont pas battus pour elle, en particulier les royaumes et les émirats depuis la guerre de 1948 jusqu’à aujourd’hui, les régimes républicains arabes se sont par contre battus pour elle depuis 1948 et 1967.

    Après les défaites de 1948 et 1967, l’Égypte et la Syrie et, dans une large mesure, l’Irak et l’Algérie, ont engagé la guerre en 1973 et ont remporté une véritable victoire contre l’entité sioniste ashkénaze. Cependant, ils ont fait face à une intervention militaire directe des États-Unis et de l’Occident pour empêcher toute victoire arabe. Le secrétaire d’État américain de l’époque, Henry Kissinger, qui était juif, a déclaré que : « Les Arabes ne doivent pas remporter la victoire ». Il a également dit que « nous n’avons jamais pensé que les Arabes avaient le courage de combattre Israël » !

    Après la guerre de 1973, de nombreuses solutions ont été proposées, notamment la reconnaissance d’Israël dans les frontières de 1948 et la création d’un État palestinien dans les frontières de 1967. Proposition approuvée par plusieurs États arabes, mais rejetée par Israël.

    Le peuple palestinien et l’auteur de ce texte plaident pour la libération de toute la Palestine, pas seulement des territoires occupés en 1967, en mettant l’accent sur le retour des réfugiés palestiniens dans leur patrie. Cette perspective remet en question l’exploitation de la région par le capitalisme impérialiste et s’oppose à l’entité sioniste, la considérant comme l’outil principal de cette exploitation et la cause du retard de toute la patrie arabe. La résistance palestinienne permanente, la victoire des armées arabes en 1973 et les victoires de la résistance libanaise en 2000 et 2006 remettent en question l’invincibilité de l’armée sioniste, soulignant la résistance arabe réussie. La victoire actuelle du Hamas est un fait incontesté. Je suggère également que l’interprétation du conflit comme uniquement entre l’entité sioniste et les Arabes fait partie d’une guerre psychologique. Ce récit vise à faire en sorte que les Arabes se sentent faibles et lâches, les décourageant à se battre.  La grande différence entre les masses arabes et la clientèle des régimes arabes, en particulier dans le conflit Sioniste / Arabe actuel, nous impose de faire la distinction entre les régimes arabes et les masses arabes ainsi que les classes populaires. Nous devons nous concentrer sur une question fondamentale : la nécessité pour le peuple de rompre complètement avec le régime arabe au pouvoir et de divorcer comme condition pour poursuivre la lutte vers l’établissement d’un État arabe centralisé réalisant l’unité arabe, et pour cela remporter la victoire dans la cause centrale de ce conflit, la question palestinienne, c’est à dire la libération de la Palestine.

    La bataille en cours a également confirmé notre analyse et notre lecture de la structure de l’entité sioniste, qui est une collection de groupes provenant d’une centaine de nations. Par conséquent, il n’y a pas de nation israélienne, pas de nationalisme israélien, et pas de culture israélienne unifiée. Ce qui existe, c’est une assemblée militaire unie dans la lutte pour empêcher les Arabes de libérer la Palestine.

    Cette bataille confirme le fait que plusieurs pays occidentaux hostiles aux Arabes, ont affirmé un soutien entier à l’entité sioniste dans cette bataille, et ont dénoncé la capture ou le meurtre de certains de leurs ressortissants dans l’entité sioniste, des colons et aussi des soldats. Ce qui prouve notre théorie selon laquelle cette entité est un ensemble de colons de nombreuses nations similaires aux Nations Unies.

    Dans les quelques jours de cette bataille, les médias occidentaux se sont précipités pour défendre l’entité sioniste, accusant le Hamas et toutes les organisations palestiniennes d’être impitoyables et de tuer des civils, etc. Il est bien connu que dans toute guerre, des civils peuvent être tués, de sorte que le principe de la protection des civils a été formulé. C’est différent de cibler délibérément des civils.

    Nous pouvons résumer la brutalité de l’entité sioniste contre le peuple palestinien depuis cent ans comme suit. Les nazis ont commis un massacre sévère et intensif contre les Juifs, mais les Juifs sionistes ont commis un massacre prolongé contre le peuple palestinien pendant une centaine d’années. Aucune personne sensée ne peut ignorer que cet État militarisé, disposant d’armes nucléaires, s’est établi sur la terre de quelqu’un d’autre. Personne ne peut ignorer la brutalité des soldats sionistes contre les civils palestiniens, en particulier les femmes et les enfants. Aujourd’hui, l’entité sioniste coupe l’eau, l’électricité, la nourriture et les communications pour plus de deux millions et demi de Palestiniens à Gaza.

    La restriction de la résistance aux Palestiniens : Traîtrise

    Pendant des années, ceux qui sont derrière la défaite ont qualifié le conflit de palestino-israélien, dépouillant la cause palestinienne de son essence arabe dans une tentative ouverte de soutenir l’entité sioniste et de normaliser les relations avec elle.

    Cependant, au cours des deux dernières années, un discours ayant le même objectif, mais employant des outils entièrement différents a émergé. Après le développement de la lutte armée en Cisjordanie occupée, avec des militants défilant à Naplouse et à Djénine, et les personnes faisant des sacrifices audacieux, les médias officiels, y compris les médias de l’axe de la résistance, ont commencé à amplifier la lutte des Palestiniens au point que certains ont commencé à prétendre que seuls les Palestiniens déracineraient l’entité sioniste.

    En réalité, cette tendance dangereuse sert également les intérêts de l’entité sioniste. Elle ignore que l’entité sioniste a occupé la Palestine pour servir d’instrument contre l’ensemble de la nation arabe. De plus, la portée de cet événement doit être reconnu afin que la situation puisse être corrigée, et mise debout sur ses propres pieds au lieu d’être comme une dialectique hégélienne debout sur sa tête comme Marx l’a écrit un jour. Ainsi ciblée par la contre-révolution, la nation arabe a été sapée. La réduction de la lutte aux seuls Palestiniens et l’affirmation de leur capacité à vaincre seuls l’entité sioniste, qui incarne fondamentalement toutes les forces contre-révolutionnaires, vise à nier le rôle des Arabes dans le conflit, maintenant leur grande nation dans un état de fragmentation et de division. Division qui a conduit à des guerres interarabes, telles l’attaque de l’État arabe irakien en 1991, menée par une alliance entre les armées arabes et les armées impérialistes. Cette division criminelle a contribué à la destruction du Printemps arabe en Syrie, en Libye et au Yémen. Cela a été précédé par le crime de la décennie noire qui a frappé l’Algérie. Plus précisément, nous voulons dire ici, c’est que la capacité de faire face efficacement à la contre-révolution repose sur tous les Arabes, alors que la lutte palestinienne est le catalyseur fondamental de la libération de la terre occupée et du déclenchement de la révolution à travers le pays, conduisant à la liberté, au développement, à l’unité, et au socialisme pour la patrie arabe.

    Dans ce contexte d’affaiblissement de l’identité arabe, des forces terroristes orientalistes ont été formées, tuant des Arabes, ces forces religieuses politisées terroristes se sont attaquées à des républiques arabes, et ont conduit à des massacres d’Arabes par des Arabes. Au sein de la nation arabe les cibles les plus évidentes ont été les républiques arabes laïques qui ont été attaquées : l’Irak de Saddam Hussein et la Syrie aujourd’hui. De telles attaquent n’ont eu lieu nulle part ailleurs, ni contre Cuba, ni contre la Corée du Nord, ni contre l’Union soviétique après la révolution d’octobre 1917, ni contre l’Iran aujourd’hui.

    Pendant le blocs de Cuba, l’URSS et la Chine ont pu l’ignorer, et pendant celui contre l’Iran, la Russie et la Chine ont commercé avec ce pays, mais durant le siège contre la Syrie et l’Irak, celui-ci a été total !

    Dans le siège contre l’Irak à l’époque de Saddam et celui de la Syrie aujourd’hui, il n’y a pas de place pour la clémence. Ce qui se passe en la Syrie est une éradication intentionnelle de la société pour la disperser dans le monde entier et empêcher le retour de ceux qui le souhaitent, exterminant effectivement un peuple. C’est une répétition de la catastrophe palestinienne.

    Aujourd’hui en Palestine, le massacre sioniste soutenu par l’armée américaine et de nombreux régimes occidentaux, est une fragmentation délibérée, et même la fin, de la résistance palestinienne. Chaque partie palestinienne est séparée de l’autre, afin qu’ils ne participent pas à une lutte commune. Cette attaque inclut le déplacement forcé des Palestiniens de Gaza vers l’Égypte.

    L’entité sioniste est une structure coloniale armée illégitime. Elle fonctionne comme un agent de l’impérialisme capitaliste occidental, et cela des travailleurs de la santé aux premiers ministres. Elle ne peut être rien d’autre. Par conséquent, la position de l’entité sioniste est suicidaire car elle ne peut même pas discuter ou négocier les objectifs et les ordres des impérialistes, qui ont permis sa création. Son destin est lié à celui de l’impérialisme ou de à celui de l’ensemble de la contre-révolution dans la région. Certains pourraient alors se demander : en cas de défaite de l’entité et de libération de la Palestine, qu’en sera-t-il des Juifs ? Cependant, il est essentiel de souligner que cette question concerne la troisième étape dans le développement du conflit.

    Comme les Arabes le disent depuis huit décennies et ce que les penseurs arabes disent depuis le début du XXe siècle, cette entité doit être déracinée, Karl Kautsky a également déclaré en 1930 que l’État juif en Palestine le serait après la défaite de l’impérialisme dans la région.

    La libération de la Palestine est conditionnée par deux autres étapes principales :

    Premièrement, il doit y avoir un changement dans la réalité politique autoritaire dans la grande nation arabe, et son évolution vers une réalité socialiste unitaire progressiste. Deuxièmement, pour que cela soit possible, il faudra abattre l’emprise impérialiste sur cette nation. Une fois ces deux conditions remplies, la libération de la Palestine deviendra possible, et se réalisera dans un système socialiste arabe.

    A ceux qui pourraient demander, qu’en est-il alors des Juifs en Palestine ? Notre réponse est que ce sont eux qui devront choisir après la libération. Soit, ils feront le choix de partir s’ils ont une autre patrie et une autre nationalité, un choix qu’ils font sans notre implication. Certains pourraient rester et devenir ainsi citoyens du nouvel État arabe, mais ils devront alors renoncer à toute terre et maison palestiniennes. Leur vie et leurs conditions d’existence seront de la responsabilité du nouvel État arabe plus vaste.

    Toutefois, au septième jour du conflit et de la sauvage agression américano-sioniste et de la conspiration de nombreux régimes arabes, ou des larbins sionistes officiels des Arabes, nous pouvons nous interroger sur la manière dont l’Axe de la Résistance participera à la défense de Gaza ? Cependant, il est préférable de ne pas spéculer sur cela.

    Adel Samara.

  • Michel Raimbaud « Nous ne savions pas », diront-ils….

    Michel Raimbaud « Nous ne savions pas », diront-ils….

    L’image d’hommes en larmes devant l’hôpital indonésien de Jubilee au nord de la bande de Gaza le 8 octobre, est bouleversante. Prise à l’instant où l’armée de l’air israélienne venait de frapper des civils, elle exprime l’infinie douleur de tout un peuple face à l’innommable.

    L’image d’hommes en larmes devant l’hôpital indonésien de Jubilee au nord de la bande de Gaza le 8 octobre, est bouleversante. Prise à l’instant où l’armée de l’air israélienne venait de frapper des civils, elle exprime l’infinie douleur de tout un peuple face à l’innommable.

    En ce sinistre automne, ami lecteur, vous n’aurez pas pu échapper au déferlement de la propagande de guerre dans notre « grande démocratie ». Depuis maintenant un mois, les chaînes du petit écran ou les tribunes des grands journaux sont comme les passages à niveau de jadis, un débat sur la guerre Israël-Hamas pouvant en cacher un autre sur la guerre Hamas-Israël…Avec une inquisition obsédante : des deux protagonistes imposés, l’un bénéficie par définition d’une totale légitimité tandis que l’autre est maudit : il est « conseillé » de préférer l’un et de le dire d’entrée au meneur de jeu, pour l’apprivoiser. Certains préfèreront même ne pas prononcer le nom du diable, afin de ne pas avoir d’ennuis. Peu importe la chaîne (c’est le mot qui convient) ou le média, car la plupart sont de connivence. Peu importe l’inutilité de ce radotage, puisque l’objectif n’est pas d’informer, mais de conforter une doxa sommaire, de formater les moutons du « bercail occidental », ce qui ne présage rien de bon en matière de sauvegarde des libertés fondamentales au pays des lumières, ou de respect des droits de l’homme et du citoyen dans le pays qui se targue d’en être la patrie.…

    La doxa réduit donc les conflits à une lutte entre le Bien et le Mal, entre notre « Occident collectif », bastion de la civilisation, et le reste du monde, la « jungle » où règnent le méchant Poutine et le sournois Xi-Jinping, attirant les sauvages du « Sud Global » tricontinental (Asie, Afrique et Amérique latine). Les narrateurs sont ainsi mis au défi de défendre et d’illustrer une cause perdue d’avance : ceux qui ont pris possession de l’histoire et dit le droit durant cinq siècles, « les gens comme nous », un dixième de la population mondiale, sont confrontés aux neuf dixièmes restants, qui ne supportent plus l’arrogance des Occidentaux et de leurs suppôts. Pour leur part, astreints à une lutte à un contre neuf ou dix, les dirigeants du camp en déclin sautillent de guerre en guerre: avant-hier contre le Covid, hier en Ukraine, aujourd’hui à Gaza, contre la Palestine et les Arabes, demain en Mer de Chine ou au large de Taiwan…

    Hamas-Israël ou Israël-Hamas ? L’appellation (l’une ou l’autre) a de toute évidence été imposée comme un élément de langage déterminant permettant de classifier et de situer les protagonistes sur l’échelle des valeurs.

    Au centre des préoccupations de notre Axe du Bien trône Israël, un Etat « moral » par définition, en situation de légitime défense, à qui incombe la rude tâche de devoir défendre le monde civilisé, ses valeurs, ses règles, le Bien, la Liberté, les Droits de l’Homme, représentant donc les fameux « gens comme nous ». Les occupants, leurs soldats, leurs policiers, les colons extrémistes, les milices de l’apartheid ? Des gardiens de la paix, un peu brusques, mais, face à des « animaux humains », que voulez-vous…etc….

    Blinken rencontre Netanyahu in Tel Aviv  vendredi. (Israeli Government Press Office)

    Cet Etat bien de chez nous révèle toute sa vertu face au Hamas, clairement « un groupe terroriste », acteur d’une agression immotivée, incarnation du Mal absolu, de la barbarie, émanation en filigrane des soi-disant Palestiniens (qui « n’ont jamais existé », pas plus que les territoires occupés, selon les affirmations de feue Golda Meir). Le lecteur trouvera peut-être sur le net la trace de vidéos terrifiantes, dans lesquelles il pourra lire ou entendre des propos hallucinants : « Nous leur faisons de toute façon ce que nous voulons et personne ne nous dit ce que nous devons faire !!…Mais nous disons aux autres ce qu’ils doivent faire !!! ». Des dizaines années d’impunité ont effacé toutes les limites qui auraient pu brider les garde-chiourmes du blocus illégal et inhumain infligé aux 2,5 millions de Palestiniens de la bande de Gaza, réfugiés de 1948 sur leur propre terre, parqués en 1967 dans cette enclave occupée, devenue à partir de 2007 le plus grand camp de concentration à ciel ouvert de la planète. Si vous avez le cœur bien accroché, jetez donc un autre coup d’œil aux vidéos circulant sur le web, surréalistes dans leur violence, incroyables dans leur sauvagerie, extraites d’un film d’horreur, filmées, au milieu de la panique, des bombardements, des destructions, du massacre généralisé, notamment des enfants…Tel est le quotidien de Gaza depuis un mois, tabou dans le camp du Bien. C’est aussi le sort occulté des trois millions de Palestiniens de Cisjordanie ou de Jérusalem, exposés aux exactions, confiscations et vexations quotidiennes.

    S’il convient de déplorer toutes les victimes civiles, sans exception, cette dénonciation ne saurait faire oublier le droit des Palestiniens à la résistance à toute occupation ou oppression, légitimé par le droit international après 1945, quelle que soit la forme de cette résistance. Car la « communauté internationale » est responsable de cette situation qu’elle a acceptée. Bien que la colère monte : le Secrétaire Général des Nations-Unies Guttierez ne cache plus sa colère et la rapporteuse spéciale de l’ONU, Francesca Albanese, n’hésite pas à dire que « toute l’action militaire d’Israël à Gaza est illégale ». Des démissions sont annoncées. On commence par ailleurs à s’inquiéter (mieux vaut tard que jamais) des 56 années d’occupation, en violation flagrante du droit international (Institute for Public Accuracy). En février 2024, la Cour Internationale de Justice de La Haye devrait se prononcer quant au caractère, légal ou illégal, de cette occupation (cf Bulletin Comaguer 535).

    Chez ceux qui ont entrepris de réécrire l’Histoire, il est habituel de brouiller les repères chronologiques. N’en déplaise aux faussaires, l’histoire de la Palestine arabe crucifiée ne commence pas le 7 octobre 2023 et elle ne s’est pas gelée à cette date. Il sera pourtant rarissime de trouver dans les prestations de nos journalistes un semblant de mémoire qui replacerait la guerre de Gaza dans l’histoire tragique de la Palestine depuis un siècle.

    Le drame est initié par la déclaration Balfour de 1917, et annoncé dans le sillage de la Grande Guerre, lors de la suppression du califat en 1924, lorsque la région Syrie-Irak-Palestine est confiée en mandat aux deux superpuissances coloniales que sont alors la Grande-Bretagne et la France. A l’ombre de la perfide Albion, les Arabes de Palestine font connaissance avec les sionistes à la faveur du démantèlement de l’Empire Ottoman.

    Peu populaire chez les Juifs d’Europe, le projet sioniste est surtout un projet colonial patronné par les Britanniques. La création d’un « Etat tampon » peuplé de colons venus d’ailleurs avait été planifiée au début du siècle dernier par le Premier Ministre Campbell-Bannerman. Le double but de cette stratégie – servir les intérêts de la Couronne et semer une zizanie perpétuelle dans la zone moyen-orientale – sera atteint, au-delà de toute espérance.

    Ce sont les crimes perpétrés par les Européens à l’encontre des Juifs, culminant sous le régime hitlérien avec l’horrible Holocauste, qui favoriseront la montée d’un courant favorable à la création du Foyer National juif, en Afrique, en Amérique du Sud, ou en Palestine.

    Le sort de la Palestine se concrétise à l’issue de la seconde guerre mondiale (en 1947) et peu de temps après la création de l’ONU, dont les 51 fondateurs sont « occidentaux » ou de la bonne mouvance. Si le Plan de partage tient lieu de repentir aux Européens, c’est à bon marché puisqu’il ignore les droits des Arabes autochtones et les dépossède sans vergogne de plus de la moitié de leurs terres historiques (55% aux sionistes contre 45% aux Arabes palestiniens). Cette partition sera concrétisée en 1948 : les Britanniques mettent fin sans préavis à leur mandat et l’Etat d’Israël est proclamé. Dans le désordre ambiant, l’Etat arabe et le statut international de Jérusalem passeront aux oubliettes, la Jordanie héritant de leur administration. La première guerre contre Israël est déclenchée sur-le-champ.

    Les historiens ou analystes escamotent cette usurpation irréparable dont les Arabes sont alors victimes, qui alimentera une rancœur indélébile, carburant efficace pour l’entretien d’un état de guerre. Voté sous pressions américaines, le Plan de partage donne une légalité au nouvel Etat, mais il n’efface en rien la légitimité des droits palestiniens. La guerre actuelle ne saurait donc être appréhendée en ignorant ce contexte de frustration, exacerbée en 1967, suite à la défaite-éclair des Arabes : ayant annexé de facto la Cisjordanie, Jérusalem et Gaza, les Israéliens les administreront en tant que puissance occupante, étendant bientôt leur mainmise sur d’autres territoires. Cette situation se traduira par une aggravation du sort des Palestiniens, à qui rien ne sera épargné : déni du droit à l’autodétermination, répression, discrimination, apartheid, avec l’appui de ses protecteurs.

    On aurait pourtant pu attendre d’un Etat créé par l’ONU qu’il respecte ce droit international sur lequel était fondée son existence, mais la communauté onusienne n’a pas bronché, amnistiant systématiquement son protégé malgré ses innombrables violations. Dès lors que se délite sa toute-puissance, l’Occident déloyal préfère imposer des « règles » de son invention. L’Etat d’Israël, qui préfère lui aussi les « règles » au droit international, a pu ainsi imposer ses caprices, ses provocations, sa dérive folle…Et c’est en toute connaissance de cause que les accords d’Oslo ont été « oubliés », que les condamnations multiples ont été ignorées (atteintes aux droits de l’homme, arrestations arbitraires, exécutions sommaires…). Vexations, destructions, confiscations, provocations ont pu se pérenniser, les violations des Lieux Saints se banaliser : la colonisation a pu se poursuivre comme si de rien n’était.

    Quelques chiffres suffiront à décrire un parcours de hors-la-loi fondé sur cette impunité totale garantie par les Etats-Unis et leur véto. Pour la seule période 1948/2016, on dénombrera 226 résolutions du Conseil de Sécurité violées en 68 ans, soit une moyenne de trois par an, auxquelles il faut ajouter 21 résolutions pour les sept années passées, soit en tout près de 250 résolutions en théorie immédiatement exécutoires. On dénombrera parallèlement 140 résolutions de l’Assemblée Générale de 2015 à 2023….

    Les 75 ans du chemin de croix palestinien seront marqués par les guerres israélo-arabes de 1956, de 1967, de 1973, les accords d’Oslo, deux intifadas (soulèvements), l’invasion de la bande de Gaza par les Israéliens en 2007, suite au succès électoral du Hamas. Il sera jalonné par les bains de sang de Deir Yassine (1948), Dawaniya (1949), Qibya (1953 par Ariel Sharon), Kafr Qassem (1956), Bahr al Baqqar (1970), Sabra et Chatila (1982), présentés comme actes d’auto-défense de la sentinelle du monde libre face à la barbarie.

    Depuis le marché de dupes des accords d’Oslo, cette Palestine était sortie des écrans, perdant sa « centralité » dans l’esprit des Arabes, mais non dans les obsessions sionistes : de 2002 à 2023, on décompte quatorze offensives, sous des enseignes saugrenues à l’américaine : Rempart (2002), Arc-en-ciel puis Jour de pénitence (2004), Pluie d’été et Changement de direction (2006), Orchard (2007), Plomb durci (2008/2009), Pilier de défense (2012), Bordure protectrice et Gardien de nos frères (2014), Bouclier du Nord ‘2018), Ceinture noire (2019), Gardien du mur (2021) et Epées de fer (2023).

    La solution à deux Etats ayant fait long feu, dès lors que cette perspective n’a jamais été qu’un leurre à l’usage des Arabes, et la question de Palestine s’étant évaporée, les dirigeants de l’Etat sioniste ont pu mener au grand jour leur véritable entreprise : marginaliser, à défaut d’anéantir, la présence palestinienne en Palestine, en transformant l’Etat d’Israël en Etat juif. Ne cachant plus qu’ils considèrent les Arabes, qui constituent l’essentiel de leur environnement, comme des « animaux humains », ils ont accéléré la mise en place d’une ségrégation globale, comme celle de l’Afrique du Sud ou de la Rhodésie à la belle époque. Entre autochtones arabes et occupants sionistes a été consacré un régime de séparation totale selon le modèle sud-africain : paradis pour les uns et enfer pour les Palestiniens.

    Ceux-ci ont été condamnés à vivre ce statut de paria sur leur propre terre, devenue la terre d’autrui. La Cisjordanie a été transformée en un puzzle de bantoustans ou en un labyrinthe de murs, de barbelés, de routes de contournement au milieu desquels se glissent des postillons de Palestine. Jérusalem est devenue un terrain d’affrontement où mosquées et églises subissent les assauts périodiques des fanatiques. Gaza est un camp de concentration où sont livrés à la merci de leurs geôliers plus de deux millions et demi de prisonniers…C’est ainsi que la Palestine est devenue le théâtre d’une tragédie qui a nom « génocide ».

    Soucieux de se démarquer de leur voisin saoudien tout en s’attirant les bonnes grâces de l’irascible Trump, certains Etats du Golfe avaient multiplié les avances au ci-devant « ennemi sioniste ». Sortis de nulle part tel un pieux Covid, des « accords d’Abraham » avaient été signés avec les Emirats de l’ex-Côte des Pirates et le Bahrein, suivis par le Soudan (ex-« pays des trois Non » à Israël), par le Maroc, dont le Roi est président du Comité Al Qods (la ville sacrée). Le gendre de Donald Trump, Jared Kouschner, était chargé de transformer l’essai en faisant miroiter aux yeux des Arabes « ibrahimisés » une « transaction du siècle » qui mettrait au rencart la cause palestinienne pour une poignée de dollars…L’avenir était radieux…pour les sionistes. Mais ils avaient sans doute eu tort de se réjouir trop vite.

    A l’heure où l’on feint de s’interroger sur la violence endémique sur la terre trois fois sainte, carrefour des civilisations, il est bon de rappeler que la Syrie-Palestine se situe à l’épicentre de la confrontation violente qui a déclenché un basculement géopolitique du monde : l’hégémonie de « l’Occident collectif » n’est plus qu’une relique du passé et un nouvel ordre guidé par trois Etats-civilisations (Russie-Chine-Iran) prend le relais, entraînant dans son sillage un « Sud Global » séduit par le modèle multipolaire en cours de structuration. La Syrie – pays emblématique – figure en bonne place dans le nouveau camp gagnant, et l’on pouvait jusqu’ici se demander quelle serait la place réservée à la Palestine, cette « Syrie du Sud » rejeton naturel de la Syrie historique.

    Tous ceux qui tentent de pressentir le destin des pays arabes, de la Syrie, du Liban, de la Palestine, de l’Egypte, de l’Arabie, auront noté que c’est au cinquantième anniversaire (quasiment jour pour jour) de la guerre de Ramadan/Kippour de l’automne 1973 que s’est esquissé le début d’une réponse. L’offensive palestinienne sur Gaza du 7 octobre 2023 a créé la stupéfaction et rebattu profondément les cartes du dossier, détruisant le mythe écorné de l’invincibilité d’Israël : elle a redonné à la cause palestinienne toute sa centralité et mis du baume au cœur de beaucoup de Palestiniens ou d’Arabes, quelles que soient leurs positions par rapport aux assaillants …La « résistance » a été qualifiée de « terrorisme », c’est normal, rappelait De Gaulle dans une conférence de presse de novembre 1967, restée célèbre.

    Après quatre semaines de carnage, durant lesquelles les parties prenantes de l’Occident collectif et ses proxies ont communié dans une certaine exécration du Mal. Il est temps de s’interroger sur le bilan de l’opération « Epées de fer », riposte à la tempête déclenchée par les Palestiniens (Toufan al Aqsa). Les Israéliens se vantent beaucoup de performances sans gloire. Suite aux bombardements incessants sur les deux millions et demi de Palestiniens enfermés dans leur camp de concentration de 360 kilomètres carrés, les chiffres fusent et parlent d’eux-mêmes : selon l’Agence Medias Palestine, plus de 10000 Palestiniens tués, dont près de la moitié sont des enfants (d’après Defense for Children International Palestine)…

    Soldats israéliens se préparant à une opération terrestre à Gaza le 29 octobre. (Unité du porte-parole des FDI, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0)

    S’il est entendu que les extrémistes d’Israël projettent l’extermination de toute la population de Gaza, puisque ses responsables s’en vantent et en ont entamé la mise en œuvre, un débat est engagé : génocide ou « nettoyage ethnique » ? Ce qui est en cours à Gaza s’inscrit en droite ligne dans la politique adoptée par les sionistes dès 1948 consistant à effacer toute trace de la Palestine et des Palestiniens sur leur lieu d’implantation : le ressenti penche plutôt vers le génocide, à base de crimes de guerre et/ou de crimes contre l’humanité, relevant de la Cour Pénale Internationale (CPI). La chambre préliminaire de cette dernière a confirmé sa compétence territoriale sur l’ensemble de la Palestine en février 2021, bien qu’Israël n’ait pas signé le Traité de Rome. Et en Occident, le terme de « génocide » est de plus en plus utilisé.

    Comme d’autres peuples de la région, les Palestiniens sont face à un dilemme : mourir à petit feu en espérant un improbable sursaut de conscience de leurs bourreaux, ou mourir au combat en provoquant le destin. Comment se taire, comment rester stoïque face à l’arrogance des promoteurs de ce génocide, sous nos yeux, puisque les gouvernements occidentaux donneurs de leçons, pourvoyeurs de crimes et châtiments à l’encontre des Arabes, accordent un soutien aveugle aux acteurs du génocide, en notre nom.

    Comment peut-on parler sérieusement d’une solution politique à deux Etats, alors que la part palestinienne est réduite à des confettis, que les dirigeants israéliens ressemblent à des fous furieux et que la haine gagne toute la région ? L’Occident en porte la responsabilité, mais le vent tourne : la colère gronde dans ses grandes villes, où les manifestations en faveur de la Palestine prennent de l’ampleur. En ce samedi 4 novembre, une foule immense défilait dans les rues de Paris en protestant avec véhémence « contre le génocide des Palestiniens », avec une immense ferveur qui ne trompe pas. Ne sentons-nous pas une immense bouffée d’espoir quand de grandes voix, d’horizons divers, appellent à la paix, à la raison, à la justice, à l’humanité, à l’intelligence.

    De toute façon, nous ne pouvons nous taire, a fortiori face à nos enfants et petits-enfants. Innombrables sont ceux qui diront, quand le vent aura tourné : « Nous ne savions pas ». On les croira peut-être, mais sur leur lit de mort ou dans leur tombe, il y aura toujours un œil de Caïn pour les fixer du regard.

    Michel Raimbaud, le 6 novembre 2023

    Michel Raimbaud, ancien ambassadeur de France, ancien directeur de l’Ofpra, conférencier, essayiste. Auteur de plusieurs ouvrages, notamment : Le Soudan dans tous ses états. – Tempête sur le Grand Moyen-Orient. –  Les Guerres de Syrie. – Syrie, Guerre globale : fin de partie ? (livre collectif)

    Source : https://arretsurinfo.ch/nous-ne-savions-pas-diront-ils/

  • SALEM EL QOBBI-Boualem Sansal, chien de guerre sioniste,« avec tout l’art nécessaire »

    SALEM EL QOBBI-Boualem Sansal, chien de guerre sioniste,« avec tout l’art nécessaire »

    Au moment où les Palestiniens meurent  dans un déluge de feu, sacrifiés sur l’autel d’une extermination sioniste orchestrée avec l’assentiment des États-Unis d’Amérique et de l’Union européenne, le président français en tête, il n’y a rien de plus révoltant que les échos surdimensionnés donnés aux propos de harkis, Algériens sans dignité et sans honneur. C’est à Paris que s’exprime Boualem Sansal, particulièrement en verve, n’oubliant pas une virgule  de la propagande sioniste sur « Ghaza, la terroriste » selon une vulgate occidentale et otanienne. Comme hier, Sansal, qui n’a de religion que pour la sombre fulgurance des canonnières, a parfaitement assimilé les mots d’ordre des plateaux de télés françaises, unanimes dans leur alignement derrière Israël, ses crimes de guerre et son déni d’humanité.

    Sansal, curieusement toujours « Algérien » et le faisant le savoir ces jours-ci au quotidien parisien « Le Figaro », à Paris, n’en est pas à sa première crapulerie envers les Arabes, les Palestiniens et, précisément, les Algériens. En 2023, cette nouvelle confrontation militaire inégale entre le Hamas et Israël lui ouvre la possibilité de recycler à peu de frais de vieux démons. Ceux qui ont lu « Rue Darwin » (2011) en connaissent déjà les incantations judaïques. La fable d’un adolescent du quartier populaire de Belcourt recueilli par un rabbin juif extrêmement caricatural, agitant fiévreusement ses papillotes, est d’une mythomanie sidérante. Sansal s’est découvert juif au moment où sa carrière littéraire marquait le pas dans une trajectoire d’échecs consommés. À soixante-et-un ans révolus.

    Comment ce juif autoproclamé, s’élevant contre toutes les adversités d’une société et d’un pouvoir algériens selon lui opiniâtrement antisémites, a-t-il pu gravir toutes les échelles de la haute Fonction publique pour parvenir au poste de « directeur général de l’Industrie et de la restructuration », le troisième grade supérieur du ministère éponyme, juste après le ministre et le secrétaire-général ? Et après tant de responsabilités décrétées sur examen de la fameuse fiche bleue des « services » qui a fait d’authentiques patriotes algériens des étrangers en leur pays. Étrangers ? Non, parias. Mais pas Sansal, « le petit juif de Belcourt » qui est passé à travers les mailles. Tant et si bien que sous le régime du président Chadli Bendjedid, il lui est revenu la mission de casser, au sens propre du terme, l’industrie nationale rêvée et projetée par le président Boumediene.

    Le « directeur général de l’industrie et de la restructuration » Boualem Sansal n’est pas parvenu à cette haute fonction de l’État sans de puissants garants aux étoiles dorées, comme ce fut la règle sous le règne du parti unique. Vraiment, juif de Belcourt ? Comment est-il passé à travers l’étroit sas de la redoutable Sécurité militaire qui sait tout des Algériens – et, même, à l’occasion, d’un fantasme de « petit juif de Belcourt ». Boualem Sansal aurait dans son jeune âge été surnommé par ses camarades « Rabbinet » en raison de sa fréquentation assidue de la synagogue de son quartier. Cela ne devait apparaître nulle part dans les fiches de la SM pour qu’il puisse emprunter sans obstacle le chemin fléché de la haute administration algérienne ? Il a grandi dans le cocon de l’État, qui l’a toujours choyé. Combien de fois Sansal s’est-il bruyamment esclaffé à l’idée d’avoir fait payer ses études jusqu’en Tchéquie par le contribuable algérien ? Il n’en a pas fini d’en rire et de s’en féliciter. L’enfant perdu d’un bordel militaire français de l’Ouarsenis a, dès l’école primaire, pris les premières places en faisant habilement le vide devant lui pour parvenir aux éminentes charges de l’État malgré les obstacles des enquêtes d’habilitation des « services » et les barrages réputés insurmontables du Front de libération nationale de l’« Article 120 », lugubre antichambre du pouvoir.

    En 2023, Sansal lève-t-il un coin du voile sur cette époque ? Au moment où son « plus-que-frère », le criminel nazi Netanyahou, tue à nouveau par milliers les femmes et les enfants de Ghaza dans une agression génocidaire, Sansal rappelle son « tropisme juif » dans une contribution publiée par « Le Point » (Paris), où officie son comparse, le néo-Français Kamel Daoud : « À l’indépendance, les Algériens se sont coulés dans la religion de l’État, le socialisme tortionnaire, c’est ce que j’ai fait avec tout l’art nécessaire, mais mon tropisme juif me trahissait et me valait bien des suspicions » (1). « Socialisme tortionnaire » ? Encore un effort Sansal pour avouer avoir été plongé jusqu’au cou dans cette sorcellerie, « avec tout l’art nécessaire » pour être au premier rang de toutes les missions – les plus abjectes – et des récompense lénifiantes de la République algérienne démocratique et populaire, pour payer les bières et les putes à Paris… 

    Viendra le temps de savoir qui étaient ses garants étoilés – ou pas – qui l’ont conduit allègrement et sans faille au poste de directeur général de l’industrie. Il s’y est occupé à démonter et à démanteler comme dans un jeu de quilles le tissu industriel, notamment à Rouiba mais aussi dans le vaste pays, patiemment organisé par la planification socialiste de Boumediene, jetant sur le bord de chemins des dizaines de milliers d’ouvriers et d’agents, gonflant les chiffres du chômage. Dans un entretien avec le cinéaste Ali Ghalem, collaborateur occasionnel du « Quotidien d’Oran », il ne se dérobe pas : « Je suis Directeur général de l’Industrie. Je suis censé m’occuper de la restructuration du tissu industriel pour l’adapter à l’économie de marché. Les grands combinats industriels comme El-Hadjar et compagnie, il faut restructurer ça, et il faut les préparer à la privatisation. Il faut leur réapprendre l’efficacité, leur apprendre en fait, parce que je ne sais pas si à un moment ou à un autre ils l’ont sue » (2). Cette restructuration à l’algérienne, accouchant un capitalisme local à la sauce bédouine, Sansal y veillait chaque jour fortement. Restructuration ? En vérité, un bel euphémisme pour faire oublier la casse de grands ensembles industriels et leur bradage en petites et moyennes unités aux copains et aux coquins. Sansal faisait le job.

    Dans cette opération de destruction consentie à une nième théorie économique vendue au régime, on citait à l’époque le nom d’un vague économiste grenoblois, Sansal était à la manœuvre en héraut d’un libéralisme décadent, le fameux « infitah » de Chadli Bendjedid : « En Algérie, on a beaucoup utilisé ce mot : brader. Cela ne veut rien dire. On peut vendre une entreprise au prix d’un dinar symbolique ; mais si elle ne vaut que cela, c’est à ce prix seul qu’on la vendra. Je crois qu’on utilise ce mot parce qu’il y a encore une idéologie socialiste, un discours rétrograde. Il faut se résoudre à vendre les entreprises à leur prix. Ce prix peut être très bas, voire nul dans certains cas, parce que l’entreprise ne vend plus rien, est endettée jusqu’au cou, a des équipements obsolètes, une production qui ne trouve pas preneur sur le marché » (3). En fait, une abstruse leçon d’économie politique. L’argument de l’idéologie socialiste, c’est-à-dire « le pouvoir d’avant » qui a conçu ces géants industriels, est court. L’essentiel pour le haut fonctionnaire de l’Industrie en costume bleu-pétrole, c’était de démolir l’outil industriel et de le solder au prix de casse. À des clients du système, mais il aurait préféré à la France.

    À Paris, bien plus tard dans un autre contexte, Boualem Sansal s’est attaché à faire oublier ce rôle grassement rétribué de factotum du système, briefé à l’occasion par les « services » auprès desquels il dénonçait les « têtes brûlées » – syndicalistes et communistes – rétives à la mise à mort de l’industrie algérienne naissante. Aucun journaliste français, et principalement ceux qui ont aidé son ascension française, n’ignore cette charge de délateur dans la demi-obscurité des palais de la République. Mais la France, ses polices de tout acabit et ses élites dans les champs politique et culturel ont besoin d’« Algériens de service », sans foi ni loi, qu’ils pourraient en toutes circonstances utiliser contre le pouvoir d’Alger. Sansal entre dans cette case, manipulé, certes, mais aussi manipulateur lorsqu’il s’exprime ouvertement dans une hostilité personnelle envers l’Algérie, réglant ses comptes et mécomptes. Et, à l’occasion, poussant ses propres ambitions. « Avec tout l’art nécessaire », faut-il y insister ?

    À cinquante ans, Boualem Sansal n’avait aucun lien avec la littérature. Il avait dans sa bibliothèque à côté d’archaïques traités soviétiques de chimie industrielle et d’économie comparée aux couvertures de carton bouilli, vestiges d’études doctorales à Prague, dans la défunte Tchécoslovaquie, une collection de polars de James Hadley Chase et de Carter Brown aux pages branlantes et rancies. Au ministère de l’Industrie, une salle de réunion et deux portes le séparaient de son ministre, qui n’avait d’yeux et de passion, rapporte-t-il, que pour les dessins animés de chaines de télévision arabe. Cela abrutit-il son homme ? Sansal y échappe, s’essayant au roman, entassant sur des liasses de papier pelure d’infinies phrases sans queue ni tête. La maison d’édition Gallimard, à Paris, qui se vante de faire du bottin mondain un succès de librairie et même une distinguée récompense littéraire du Catalogue de l’Académie des Vins de la Loire, en a fait sous les auspices de l’éditeur Jean-Marie Laclavetine un roman de basse saison littéraire intitulé « Le Serment des barbares » (1999). L’Algérie était à feu et à sang dans une nouvelle Guerre de Sept Ans fomentée par un islamisme sanguinaire et incendiaire. Et ce « Serment » paraissait inévitablement prometteur.

    Sous le strict contrôle de son superviseur et directeur de collection, Sansal devenait un auteur d’écurie. Vieille tantouze, courant les parties fines de la nuit parisienne, Laclavetine n’avait pour seul horizon professionnel que de maîtriser la langue française et d’en entendre à demi-mot les subtilités littéraires. Ses commensaux du comité de lecture de l’austère boutique des lettres parisiennes, rue Sébastien-Bottin, savaient son art rare de transmuer une facture de Fauchon en épitre rabelaisienne. Sansal, qu’il cornaquait, n’avait à faire valoir qu’une plume de piètre rédacteur administratif de ministère rodée  aux rapports d’activités souterraines en dix ampliations. Résumons : ce romancier de circonstance, aspirants aux cuisines grasses du succès littéraire, a forcé les portes de la République des lettres par le buzz, le compagnonnage  assidu de beuveries et un sacré coup de fourchette dans les cantines huppées de Saint-Germain-des-Prés.

    Après la  cuisante rebuffade de ses deuxième (« L’Enfant fou de l’arbre creux », 2000), troisième (« Dis-mois le paradis », 2003) et quatrième opus (« Harraga », 2005), Sansal s’est préoccupé de mettre un tigre dans son moteur rouillé d’écrivaillon emprunté. Son triomphe en librairie n’est pas corroboré par ses romans quasi-illisibles et mal écrits, vite tombés dans l’oubli à une vitesse qui défie les lois du genre ; il s’est construit dans la radicalité du buzz : taper sur le pouvoir à Alger dont il a été le rejeton adultérin, étrenner kippa et talit face au mur des lamentations à Jérusalem, déclarer dans un saumâtre diner à l’aïoli du CRIF que les Palestiniens n’ont jamais existé, assimiler les moudjahidine de la Bataille d’Alger à des terroristes islamistes et, enfin, parader dans une vile comédie de nativité judaïque. Ça fait vendre ? Certainement, le bruit et l’argent néfaste.

    Le buzz ? Tout oser pour un « Wlid hram » (enfant du péché), né, utile précision, dans un bordel militaire sur l’amont de l’Ouarsenis, revendiquant une basse extraction marocaine. Il est vite confronté, en 2003, à un inattendu tournant. Il a eu le malheur de s’attaquer au président Abdelaziz Bouteflika, dans l’absolue plénitude de ses jambes et de ses facultés mentales, qu’il a traité de « César Borgia » dans les colonnes de « Jeune Afrique », forçant sur la dose, le campant à la Mouradia, un étrange et étincelant lupanar de république bananière, entouré de ses frères et d’une cour de malappris féroces bouffeurs de rogatons. Si Abdelaziz, qui entendait la plaisanterie, avait la vengeance rude et lourde, c’est connu (merci, M. Mansour Kedidir !). Le président sommait le haut fonctionnaire d’État de choisir entre ses canulars de potache attardé, complaisamment servis à une presse ordurière, et le revigorant haut salaire de commis du bureau de l’Industrie. Peu téméraire, Boualem voulait garder la mirifique rente de séide de la RADP et Sansal la gaudriole faisandée des gazettes germanopratines. En 2003, Si Abdelaziz devait le chasser comme un malpropre, sans indemnités de licenciement, sans pour autant jeter à ses trousses toutes les maréchaussées du pays.

    À défaut d’écrire de vrais roman et de s’inscrire dans la durée littéraire, que fait Boualem Sansal dans ses costumes bleu-pétrole défraichis, privé de salaire et de défraiements faramineux de l’État pour payer des bières et des putes à Paris et Marseille ? Il va s’allier à des ligues extrémistes et revanchardes, accroupies dans les souilles de la République française, donnant plus d’entrain à ses divagations sur l’Algérie. D’autres cibles complèteront sa panoplie de tireur embusqué : il s’écriera dans une émission de radio : « L’islam, voilà l’ennemi ! » L’islamophobie est en marche. Qui l’arrêtera ?

    Revenons à la littérature et à ses consécrations qui sont la raison de l’irrémissible folie de l’ancien directeur général de l’Industrie et de la restructuration. Voyons, comment fonctionnent les rites de distinction dans le champ littéraire germanopratin. Jean-Marie Laclavetine, directeur de collection chez Gallimard, est un romancier de métier, à la compétence linguistique et littéraire indiscutables. Il serait pourtant difficile de lui accorder la vingtaine de prix littéraires de Sansal dont il aura pieusement colligé les textes au style rébarbatif de rédacteur administratif au bureau de l’Industrie, à Alger. Sur Wikipedia, Laclavetine est crédité exactement de huit prix, parfois de troisième catégorie comme celui du meilleur livre de la Région Centre. Comparativement à celui qui l’a créé ex nihilo, Sansal rafle petits et grands prix, qui sont souvent des prix de concussion politico-idéologique. En 2013, il recevait le prix du B’nai B’rith, organisme de défense du sionisme dans le monde, à l’occasion du 80e anniversaire de sa section française. Un prix de servitude. Mais il est un prix qu’il n’a jamais jeté dans son escarcelle, le Goncourt. C’est-là que se noue le drame. Cet échec est mal ressenti pour celui qui a tout enlevé au cœur de l’impénétrable sérail algérien.

    Avec une mentalité de tueur fou, il était évident que Sansal applique la semblable et éprouvée stratégie de pénétration des combles de l’État algérien à la littérature pour se hisser au sommet, en France et mettre le Goncourt dans son tableau de chasse. Triste rappel : « Avec tout l’art nécessaire ». Là, où les roués Mouloud Mammeri, Malek Haddad, Kateb Yacine, mais aussi après eux Rachid Boudjedra et Rachid Mimouni, porteurs d’une langue et d’une identité littéraires, ont échoué, il s’est juré de tracer son champ de gloire. Cette gloire littéraire à laquelle il aspirait éperdument, il l’a envisagée dans des épousailles judéo-sionistes. Qui ignore la puissance du lobby sioniste du champ littéraire germanopratin et de son chef tutélaire Pierre Assouline, homme de main et de plume et, accessoirement, prête-nom de l’assassin des Libyens Bernard-Henri Lévy ? A-t-on jamais vu un romancier se déculotter et s’agenouiller devant un pair dans les pages de son œuvre ? Dans « Rue Darwin » (2011), Sansal célèbrera à dessein Assouline, membre influent du jury Goncourt et faiseur de rois et de reines du gotha littéraire parisien. Le factotum de Bernard-Henry Lévy lui fera décerner, en 2012, le Prix du Roman arabe pour « Rue Darwin », récompense littéraire instituée sous l’égide des ambassadeurs de la Ligue arabe à Paris dont celui de l’Algérie, qui n’a pas exprimé le regret d’y lire que Golda Meir a écrasé Houari Boumediene. Temps d’amertume et de délitement des valeurs nationales quand un ambassadeur d’Algérie acquiesce à la récompense d’un roman de propagande sioniste, qui n’a pas craché seulement sur Boumediene.

    Le filon juif – majoré d’insidieux sionisme – ce n’était qu’un début, Sansal allait l’exploiter à profusion, sans ménager sa peine : faux juif et sioniste de comédie, pour assouvir cette obsession traumatique de gagner le Goncourt qu’aucun écrivain algérien n’a obtenu. Il se rapprochera, à dessein, de l’État sioniste, de ses chefs et de ses démembrements internationaux avec le semblable projet d’infiltrer autrefois les rouages de l’État algérien pour en gravir tous les échelons. « Avec tout l’art… ».

    Sansal a-t-il manifesté de la clairvoyance en se rapprochant des garants parisiens du sionisme international pour relancer sa carrière et sortir de l’étouffoir d’un fatal anonymat littéraire ? Ces suppôts du sionisme international sont de grosses pointures de l’édition germanopratine, à l’image de Pierre Assouline (Gallimard), juif sépharade du Maroc, journaliste littéraire, romancier et biographe, chef de file du lobby sioniste de la littérature française, ou des plumes avisées des médias parisiens qui vont lui faire la courte échelle à la sortie, en 2008, du « Village de l’Allemand. Le journal des frères Schiller ». Ce roman (intentionnellement philosémite) marque un virage – léger et aérien – dans la carrière littéraire française de Sansal, adoubé par de nombreuses académies littéraires en France et en Europe, non pas pour la qualité de ses œuvres d’une écriture médiocre mais pour son entregent dans les médias français relayant ses déclarations tonitruantes sur l’Algérie et son pouvoir, les Arabes, les Palestiniens (qui n’ont jamais demandé, selon lui, à exister en tant que peuple et nation), et surtout sur Israël qu’il défendra en toutes circonstances hasardeuses, qu’il encouragera dans ses massacres de Ghaza.

    En 2008 donc, en campagne de promotion du « Village de l’Allemand », Sansal s’était engagé dans les colonnes de la presse parisienne dans une opération de terre brûlée contre l’Algérie, accusant l’Armée de libération nationale (ALN), élément révéré d’une mémoire algérienne combattante, fer de lance de la guerre anticolonial, d’être une armée nazie, dirigée et inspirée par d’anciens soldats nazis. Et, cette année-là, il s’affichait en fervent soutien de l’État sioniste dans le Salon du Livre de Paris dédié à la littérature israélienne, boycotté par les écrivains du Maghreb et du Moyen Orient. Dans ses dégoulinantes saillies, les Algériens étaient traités d’antisémites, fomenteurs de pogroms, qui refusent d’enseigner la Shoah dans leur École. Sansal savait d’instinct que plus il créait le buzz plus les ventes de ses ouvrages s’emballaient.

    Après le pèlerinage à Jérusalem (kippa, talit, mur des lamentations et visite de monuments commémoratifs), au mois de juillet 2012, déjà annoncé dans « Le Village de l’Allemand », Sansal se dressera ignominieusement en 2014 dans des propos sous la ceinture contre Mme Bukova, directrice générale de l’Unesco, qui avait annulé à la demande d’ambassadeurs arabes une exposition sur le patrimoine archéologique d’Israël – aliénant des sites de fouilles palestiniens. Ce « coup de gueule » lui vaudra de figurer sur l’instruction expresse du Boucher de Ghaza Netanyahou comme indispensable référent dans des comités culturels gouvernementaux israéliens et de parler de la même voix outrancière et vulgaire que son protecteur dont il se flattera de posséder la ligne directe.

    C’est en Israélien putatif que Sansal regrette devant les dineurs du CRIF, après son coup d’éclat à l’UNESCO, que l’État hébreu « doit se battre sur trente-six fronts, et pendant ce temps ses amis se font distants comme s’ils s’apprêtaient à changer de doctrine. Une démocratie au cœur du monde arabe ne leur semble plus une idée sensée, elle crée trop de remous autour d’elle, elle met à nu les voisins, ça les enrage » (4). Un faucon du gouvernement israélien ne démentirait par ce propos rageur. Sur le conflit israélo-palestinien, Sansal est résolu, allant plus loin que l’extrémiste nazi Netanyahou : il fait ainsi valoir qu’il n’y a pas de « conflit israélo-palestinien », mais « israélo-arabe », car les Palestiniens n’ont jamais existé et n’ont rien demandé. Répliquant sur un réseau social à une intervenante, l’interpellant sur son discours au dîner du CRIF, il devait préciser dans un profond déni : « Les arabes ont roulé tout le monde dans la farine, ils ont inventé les palestiniens et leur ont inventé une identité, une histoire et un programme, comme ils ont réussi à faire croire aux maghrébins qu’ils étaient arabes, et comme ils font croire au monde qu’ils travaillent à la paix » (5). La vérité du dîneur du CRIF reste immuable, en 2023 comme en 2014 et en 2012, n’y a pas de Palestine et de Palestiniens car l’Histoire n’en a jamais reconnu la trace et il n’y a surtout pas d’occupation coloniale israélienne en Palestine. Est-ce que cette charge sioniste exaltée ne vaut pas le Goncourt ?

    De 2008 à cet automne 2023 d’extermination de la population de Ghaza, Sansal manifeste un soutien inconditionnel à Israël dont il retire de viles récompenses. Relevons pour l’anecdote : une des plus  humiliantes est celle que lui remettra en monnaie sonnante et trébuchante – 1905 euros exactement, correspondants à la date de la séparation de l’Église et de l’État en France – le sénateur du Parti radical de gauche (proche du PS) Jean-Michel Baylet, membre du groupe parlementaire France-Israël, qui menait à titre personnel un combat pugnace contre l’admission de la Palestine à l’ONU. Le prix Jean Zay, lui a été attribué le 4 décembre 2013, par le Sénat français, pour son inconsistant opuscule « Gouverner au nom d’Allah. Islamisation et soif de pouvoir dans le monde arabe » (2013), navrant discours anti-arabe et islamophobe. C’est vrai que l’islamophobie commençait à s’imposer avec la défense du sionisme mondial comme l’autre ressource du « petit juif de Belcourt ».

    Las ! En 2015, l’activisme sioniste et islamophobe reste sans conséquences. Son roman « 2084. La fin du monde » est recalé dans un exceptionnel tour de table de l’académie Goncourt sous les fondrières du musée du Bardo, à Tunis. Un célèbre membre du jury dira dans un aparté avec la presse la position unanime de ses pairs. Le magazine parisien « L’Obs » en apporte un compte-rendu précis : « Pour beaucoup, l’affaire était jouée : Sansal serait le Goncourt 2015. Son livre, ‘‘2084’’, charge orwellienne contre le fondamentalisme islamique, se vend bien (septième au dernier classement des meilleures ventes L’Obs/GfK), et il a bénéficié d’une exposition médiatique importante ces dernières semaines. Cette Sansal-mania portait peut-être plus sur sa passionnante personne et son urgent sujet que sur le texte lui-même, qui souffre de quelques défauts. Certains s’apprêtaient même à déplorer ce triomphe annoncé. Un juré du Goncourt, récemment, émettait des réserves préventives, en rappelant que ‘‘le Goncourt n’est pas un prix de vertu’’. Il aura été entendu. Depuis le musée du Bardo, en Tunisie, le jury a sélectionné les quatre derniers romans en lice. Sansal, donc, n’y figure pas… » (6). Allons donc ! « Quelques défauts… » ? La morale de ce sordide affairement c’est que « Sansal ne sait pas écrire ». Tout est dit, comme un point final.

    Qui est Boualem Sansal ? En France, son terrain de prédilection, il est plus connu comme lanceur d’alerte sur les Algériens harraga, l’Islam, Israël et le sionisme mondial, aiguisant la peur dans les foyers et dans les chefferies politiques et policières, en pourfendeur du terrorisme arabo-islamique. Aujourd’hui, le crépuscule est tombé sur ses infâmes agissements d’écrivain sans talent, faiseur de buzz, qui soutient par le mensonge « la solution finale » à Ghaza, en défenseur acharné d’Israël et du sinistre Netanyahou pour engranger des prix littéraires, parfois, on l’a vu, à l’enseigne du sionisme mondial.

    Fin de partie pour des récompenses littéraires prestigieuses ? Peut-être pas. À la faveur de l’agression génocidaire sioniste contre Ghaza, Sansal s’est remis en selle. Depuis le 7 octobre 2023, il a revêtu sa défroque de Juif errant pour courir les rédactions de France et prêcher la bonne parole de la paix pour Israël, accablant « Ghaza, la terroriste », sur un fond immuable d’arabophobie et d’islamophobie. Que vaut cette agitation dans les cercles littéraires, en France notamment où la sincérité de sa conversion juive devrait certainement être discutée ? Cette assignation à une judéité, aussi imprévue que foudroyante, de Sansal ne s’explique que par une inaltérable rapacité de prix littéraires (7).

    Cependant, à l’épreuve de faits tenaces et d’échecs répétés, il est bien visible qu’Israël, qui dispose d’un puissant lobby sioniste dans les lettres françaises, ne peut subjuguer les jurys de prix littéraires, à Paris et ailleurs, pour propulser Sansal vers les cimes. Et que l’immonde Sansal, imposteur des Lettres, ne sait pas écrire une œuvre littéraire universelle pour y prétendre. Ces dernières années, son bilan littéraire est bien mince, insignifiant : après « 2084 », « Le train d’Erlingen ou la Métamorphose de dieu » (2018) et « Abraham et la Cinquième alliance (2020) ont été boudés par la critique et le lectorat français. En peu de mots : une morbide appétence de distinctions littéraires et jamais de talent et de créativité. Que peuvent, désormais, Israël, le sionisme mondial, Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut, Pierre Assouline, Pascal Bruckner et tutti quanti pour élever sur la scène littéraire française celui qui les a manipulés « avec tout l’art nécessaire » pour parvenir à son ambition d’irrépressible gloire littéraire ? Comme, il l’a  fait de longues années avec le pouvoir d’Alger.

    Il n’y a rien de net chez Sansal-« Rabbinet », coureur de fond des prix littéraires : le voilà, à soixante-quatorze ans sonnés et quinze années en papillotes et « talit », en quête d’une autre stratégie de légitimité littéraire. Par quel biais ? Hier, il a utilisé jusqu’à l’usure le levier juif et sioniste pour triompher dans les médias et dans la librairie, aujourd’hui il se fabrique un ethos d’« écrivain algérien maudit », l’empreinte juive en sus, pourchassé dans son pays par une société et un pouvoir antisémites, qui ne cesse de crier envers et contre tous son credo sioniste au monde. À la faveur de plusieurs entretiens et tribunes dans la presse française depuis le 7 octobre 2023, Boualem Sansal est devenu subitement un « écrivain algérien ». Il l’était moins auparavant.

    Que faire pour en finir avec ce chien de guerre sioniste, demi-Marocain de bordel militaire colonial de l’Ouarsenis, qui marche sur les dépouilles des victimes de Ghaza ? Il ne serait ni sage ni salutaire de le saigner au « Flore » ou dans une pissotière parisienne, comme l’a été récemment cet autre piteux écrivain de fantaisie, bâtard de la littérature mondiale, dans une sauterie à New York. Ou de lui destiner « deux balles au front » qu’a supputées un de ses zélateurs imbéciles de la presse culturelle parisienne. Horrible destinée. Qui la lui souhaiterait ? Appelons plutôt sur ses méprisables errements politico-idéologiques calculés « avec tout l’art nécessaire » l’oubli, l’oubli et, aussi, l’effacement d’une algérianité usurpée. Après avoir  injurié les victimes de Ghaza-la-Martyre, approuvé et célébré le génocide des Palestiniens par son « plus-que-frère » Netanyahou, le fantasque athlète des prix littéraires, décidément un mal incurable, a-t-il le droit de se proclamer Algérien et d’utiliser cette qualité comme tremplin de félonies futures ? Plus que dans toute autre nation du monde, c’est le combat et le sacrifice de leurs héros et de leurs héroïnes de la Guerre d’Indépendance qui a donné aux Algériens leur nom : ce nom, Sansal le mérite-t-il ?

    SALEM EL QOBBI

    Notes

    1. « Boualem Sansal : ‘‘Je suis sur toutes les listes noires’’ », « Le Point », n° 2672, 19 octobre 2023.

    2. « Boualem Sansal ‘‘L’actualité, ça se vend, l’Algérie aussi’’ », entretien avec Ali Ghalem, « Le Quotidien d’Oran », 20 septembre 2000.

    3. Id.

    4. Allocution au dîner du CRIF (Paris, 2014).

    5. Id.

    6. « Goncourt : quatre finalistes (et aucun Boualem Sansal) », « L’Obs », 27 octobre 2015.

    7. Un prix littéraire augmente nettement les ventes. En termes strictement financiers, le Goncourt assure un tirage en France autour d’un million d’exemplaires et quatre fois plus avec les traductions. La règle dans l’édition parisienne est qu’à partir de seuil de cinquante mille exemplaires par ouvrage, un écrivain peut décider de son pourcentage sur le prix de vente public hors taxes. Alors que les droits de l’auteur sont traditionnellement plafonnés à 10 % du prix public hors taxes de l’ouvrage, le romancier et essayiste Jean d’Ormesson avait exigé et reçu 25% de l’éditeur Gallimard. Pour Boualem Sansal, la course aux prix littéraires est aussi une question de revenus, de gros revenus.

  • Adel Samara -ARABES SIONISTES : ENNEMIS ARABES.

    Adel Samara -ARABES SIONISTES : ENNEMIS ARABES.

    Note : ZAR : ZIONIST ASHKENAZI REGIME (régime ashkénazi sioniste)

    DE LA CONSTRUCTION, POUR LUTTER AU NOM DU RÉGIME SIONISTE ASHKÉNAZE

    Note : La Jordanie, le Maroc, l’Égypte, les Saoudiens, les Émirats arabes unis et les Qataris, malgré leurs déclarations et leurs condamnations du génocide palestinien, ne bougent pas le petit doigt – le dernier en date est qu’Oman empêche les plans sionistes de traverser son espace aérien, et que les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite l’autorisent. !
    
    Article présenté au séminaire « Le sionisme du 21ème SIÈCLE, UN ENNEMI À SAVOIR », tenu à Turin/Italie du 1er au 3 décembre 2013

    « Disons ici que ce n’est pas seulement Balfour qui a donné ce qu’il ne possédait pas aux Juifs qui ne le méritaient pas, mais aussi que des agents arabes et/ou des Arabes sionistes ne le possédaient pas non plus »
    « Lorsque le ZAR a attaqué le Liban en 2006 dans le but de déraciner le Hezbollah en tant que mouvement de résistance, les dirigeants égyptiens, saoudiens et jordaniens ont encouragé le ZAR à ne pas arrêter la guerre jusqu’à la fin définitive du Hezbollah . «
    « Le nationalisme arabe signifie l’unité arabe et le dépassement du plan/conspiration Sykes-Picot. Dans le cas d’une quelconque forme d’unité arabe, la République tchèque sera en crise et se détériorera jusqu’à la défaite. L’unité arabe est contre les États Qutria, contre le ZAR et contre les intérêts coloniaux. «

    —————————————————-

    Il était et est toujours difficile de situer ou de situer les Arabes qui coopèrent, collaborent, reconnaissent et sont de connivence avec le régime sioniste ashkénaze ZAR en tant que régime blanc, colonial, capitaliste.

    Je n’ai pas mentionné son racisme parce que les colons sont racistes par nature, et nous, Arabes palestiniens, ne devrions pas accepter un avenir commun avec eux. Chaque fois que nous blâmons le racisme des colons, nous voulons dire que nous l’acceptons, acceptons de vivre avec des racistes et échangeons simplement la libération de la Palestine contre des gains et des améliorations marginaux.

    Certes, le terme Arabes sionistes (ZA) est relativement nouveau, mais en tant que processus et faits, il est ancien. C’est pourquoi le problème ici n’est pas le terme mais la manière de classer les Arabes dans leur relation avec le sionisme. Les ZA sont-ils ceux qui sont des agents secrets, des normalisateurs, ceux qui reconnaissent ZAR…etc ? Ce court discours n’a pas pour objectif d’aborder ce point en détail.

    Le sionisme est une idéologie conçue par un groupe de personnalités capitalistes et intellectuelles occidentales appartenant à plusieurs nationalités mais juives de religion et pour la plupart laïques. Leur objectif était de construire une colonie. Certains devaient investir dans un projet capitaliste imitant les précédentes colonies de colons blancs. Ils ont été assez intelligents pour comprendre le besoin urgent des puissances coloniales dans notre région : créer une base pour protéger et étendre leur colonialisme dans la patrie arabe. Ces sionistes se sont trouvés l’offre adéquate pour répondre à cette demande. Le contenu de cette explication est que le ZAR est un simple outil et dépend des puissances coloniales.

    Ce n’est pas un hasard si les colons sionistes en Palestine étaient issus de près d’une centaine de nations et, par conséquent, leur métropole n’était pas une seule nation, mais les différentes nations du centre impérialiste, le Système capitaliste mondial (SMC).

    En tant qu’idéologie nationale sans nation, le sionisme cherchait désespérément à fabriquer une nation :

    • La soi-disant nation juive
    • Et de le placer quelque part, c’est à dire pas délibérément en Palestine.

    Il convient de noter que ni les juifs ni les sionistes ne considéraient la Palestine comme une priorité en termes de lieu d’implantation. Tous deux cherchaient un endroit pour investir du capital. Les Juifs, faisant partie des vagues coloniales européennes vers l’Amérique du Nord, occupent des terres et construisent leur propre État à Brzdnetz en 1670, mais les esclaves noirs le détruisent en 1774[1].Annonces

    Plus de deux siècles plus tard, le sionisme a été créé et commence à tester plusieurs autres endroits à occuper et à coloniser, à savoir l’Argentine, l’Ouganda et d’autres.

    Cependant, l’État juif en Palestine n’a jamais été conçu ni par le judaïsme ni par le mouvement sioniste lui-même, mais très tôt par le « réformiste » Martin Luther (1483-1546), qui fut l’un des premiers intellectuels organiques du capitalisme marchand qui s’est élevé à cette époque en Hollande et Grande-Bretagne[2]. J’espère que cela rendra évident que la création d’un État juif en Palestine n’a jamais commencé ou n’a jamais été conçue par des Juifs, mais par les intérêts coloniaux du système capitaliste mondial visant à occuper la Palestine et à y construire une base agressive, en considérant deux faits comme je l’ai noté. au-dessus de:

    • Les intérêts des principaux régimes capitalistes dans la patrie arabe
    • Et leur besoin d’un règlement pour protéger ces intérêts.

    Les Arabes sionistes ont été créés de manière synchrone avec le sionisme lui-même, en tenant compte du fait que le sionisme s’est cristallisé en 1897 dans le but de satisfaire les besoins impérialistes dans notre région qui, plus tard (1916), ont conçu l’accord Sykes-Picot ou un plan/conspiration[3] pour fragmenter la patrie arabe d’une part. , et préparer la Palestine aux colons juifs selon la déclaration Balfour (1917) d’autre part. La fragmentation de la patrie arabe au profit  des États Qutry  s’est déroulée parallèlement au plan de création du ZAR. Les deux ont été inventés par le même impérialisme. C’est pourquoi le « cordon ombilical » est le même dans la mesure où leur destin est fortement lié. (Voir plus tard)

    Tous les régimes arabes qui ont été créés sur la base du plan/conspiration Sykes-Picot, c’est pourquoi ils n’ont d’autre choix que d’être loyaux envers leurs maîtres coloniaux, car leur simple existence, leur pouvoir et même la continuité de leurs règles sont garantis par l’impérialisme .

    Lors de la conférence de paix à Paris en 1919, le prince Fayçal de la famille hachémite accepte l’engagement écrit de Lawrence selon lequel il accepte le point 3 qui stipule : « que l’administration coloniale de la Palestine facilitera l’immigration juive en Palestine »[4]. L’approbation de Faisal est un échange de la patrie palestinienne contre du pouvoir politique (monarchies) pour Faisal et ses frères en Syrie, en Jordanie et en Irak. Toutes ces monarchies ont été conçues par l’impérialisme britannique imposé aux peuples arabes dans ces régions.

    A titre de comparaison, le sultan Abdulhamid de Turquie refuse la demande de Herzl d’immigration juive en Palestine. La différence est la suivante : le colonialisme ottoman n’était pas dépendant des autres, ni un outil créé par les impérialistes [5].

    Il en va de même pour la famille saoudienne. Le fondateur de l’Arabie Saoudite, Abdul Aziz, a écrit de sa propre main son approbation du « don » de la Palestine aux Juifs.

    Disons ici que ce n’est pas seulement Balfour qui a donné ce qu’il ne possédait pas aux Juifs qui ne le méritaient pas, mais aussi que les agents arabes et/ou ZA ne ​​le possédaient pas non plus . On ne peut éviter de conclure que ces Arabes sont des sionistes, sachant que l’objectif principal du sionisme est de créer un État juif en Palestine.

    Après 1936 – longue grève et révolution palestinienne, le prince jordanien Abdallah a envoyé une suggestion formelle au comité d’enquête anglo-américain de diviser la Palestine comme suit : Jérusalem et Naplouse pour son émirat, la Galilée pour le Liban, Beer Shiva et Gaza pour l’Égypte et le reste. pour les Juifs[6].

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    Sur le plan démographique, de nombreux dirigeants arabes ont été soit poussés (cas des Juifs irakiens) [7], soit se sont prononcés en paroles (cas du Maroc) en faveur de l’immigration des Juifs arabes en Palestine. En faisant cela, ces dirigeants arabes étaient soit délibérément sionistes, soit des agents impérialistes qui ne pouvaient pas, mais obéissaient à la demande ultérieure de fournir au ZAR une main d’œuvre bon marché et des tueurs sous forme de soldats.

    Le tableau suivant montre que les Juifs arabes constituent la deuxième secte en ZAR après les Juifs venus de l’ex-Union soviétique.

    En 1976, le roi Hassan du Maroc déclarait qu’après dix ans d’accord de paix entre Israël et les Arabes, il y aurait une alliance entre les deux parties [8]. Qu’est-ce que cela signifie? Cela signifie que lui, du Maroc, a décidé que le ZAR était une entité normale malgré le fait qu’il soit construit sur les ruines de la Palestine !

    En mai 1977, le prince Fahd d’Arabie Saoudite renouvela l’engagement de son père envers la ZAR et déclara : « Israël doit être sûr que nous n’avons aucune objection à son existence [9].

    En 1979, le président égyptien Sadate a signé un accord de paix avec la ZAR basé sur sa reconnaissance et le retrait égyptien du conflit israélo-arabe.

    En 1993, l’OLP a fait de même en signant les Accords d’Oslo. En bref, les Accords d’Oslo sont une reconnaissance par l’OLP du ZAR sur la majeure partie de la Palestine, en échange d’un permis sioniste contre une organisation politique palestinienne pour exercer un régime administratif sur la population de Cisjordanie et de Gaza, mais pas sur la terre, ce que j’appelle Oslo. Stan.

    Plus tard, plusieurs régimes arabes (Qatar, Arabie saoudite et Émirats arabes unis… etc) ont noué des relations politiques et économiques secrètes ou indirectes avec la ZAR [10].

    Lorsque le ZAR a attaqué le Liban en 2006 dans le but de déraciner le Hezbollah en tant que mouvement de résistance, les dirigeants égyptiens, saoudiens et jordaniens ont encouragé le ZAR à ne pas arrêter la guerre jusqu’à la fin définitive du Hezbollah.

    On pourrait comprendre que ces dirigeants, leurs régimes et les classes capitalistes compradores n’aiment pas ou ne peuvent pas se battre. Mais les encouragements évidents du ZAR à mettre fin à un mouvement de résistance en tant que mouvement arabe comportent des indications dangereuses. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ces dirigeants sont sionistes.

    Leur soutien au ZAR pour occuper le Liban est une extension de son soutien en Palestine.

    Même si certains pourraient s’opposer aux faits mentionnés ci-dessus, la ZA de l’Arabie saoudite, du Qatar et des Émirats arabes unis et leur participation à la guerre coloniale de l’OTAN contre la Libye ont clairement montré les choses.

    Il en va de même pour la Syrie. Le Qatar et l’Arabie Saoudite recrutent des dizaines de milliers de terroristes partout dans le monde, faisant les frais de cette guerre contre la Syrie depuis près de trois ans. D’un point de vue pratique, ces Arabes sionistes sont engagés dans une guerre d’agression contre la Syrie. Les terroristes qui luttent contre la Syrie déclarent sans cesse qu’ils sont soutenus par la ZAR et qu’ils feront la « paix » avec elle. L’un des objectifs de ces Arabes sionistes est de soutenir le ZAR.

    Il ne suffit pas de dire que cette agression est due au fait que ces régimes dépendent des États-Unis et d’autres impérialismes occidentaux, car ce n’est pas une condition pour que les Arabes dépendants doivent lancer une guerre contre d’autres pays arabes, en particulier la Syrie.

    L’attitude sioniste contre la Syrie pourrait fournir une bonne explication à la guerre des Arabes sionistes contre la Syrie, au moins au niveau des intérêts communs entre eux et la ZAR.

     « La seule perspective qui nous donne de l’espoir est le dépeçage de la Syrie… Il est de notre devoir de nous préparer à cette perspective. Tout le reste n’est qu’une perte de temps inutile[11].

    « Nous devons nous préparer à passer à l’offensive. Notre objectif est d’écraser le Liban, la Transjordanie et la Syrie. Le point faible est le Liban, car le régime musulman est artificiel et facile à saper. « Nous y établirons un État chrétien, puis nous écraserons la Légion arabe, éliminerons la Transjordanie et la Syrie tombera entre nos mains [12] ».

    « Le changement de régime est bien entendu notre objectif, tant au Liban qu’en Syrie. Nous avons écrit il y a longtemps qu’il existe trois manières d’y parvenir : le dictateur choisit de changer ; il tombe devant son propre peuple malheureux ; ou s’il constitue une menace pour l’extérieur, l’extérieur le fait sortir…[13].”

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    Considérons que ZAR sait très bien que la Palestine est la partie sud de la Syrie, et que si la Syrie ne parvient pas à libérer la Palestine, elle ne la sacrifiera pas pour la ZAR. Sur la base des mêmes faits et développements, l’agression de la ZA contre la Syrie est un soutien direct au ZAR, compte tenu au moins de son encouragement au ZAR à détruire le Hezbollah en 2006.

    ZAR a conçu sa politique dans la région en lançant des guerres contre la nation arabe et Ben Gourion, l’un de ses principaux fondateurs ayant écrit qu’il était prêt à faire don d’un émir arabe pour lancer la guerre contre ZAR, maintenant ZA paie pour la guerre et combat au nom de la ZAR. Les sionistes contre la Syrie.

    » Dans l’esprit de Ben Gourion et des officiers, Sharet écrivait : « Israël n’a aucun souci, ni international ni économique. La question de la paix n’existe pas. Ce qui se passe dans la région et dans le monde n’a aucune importance. Selon eux, [l’État] devrait considérer la guerre comme le principal et peut-être le seul moyen d’augmenter le bien-être et de maintenir la tension morale… [Les opérations de représailles] exilent la vie… Elles nous aident à maintenir la tension civile et militaire. Sans eux, nous n’aurions pas de nation combattante, et sans régime combattant, nous sommes perdus… Dans ce but, nous pouvons concocter des dangers, en effet, nous y sommes obligés. Donnez-nous une guerre avec les pays arabes et tous nos problèmes prendront fin… Ben Gourion lui-même a dit un jour que nous devrions prendre un Arabe et lui payer un million de lires pour enfin déclencher une guerre » (Sharet 1978 : Vol. III, pp.  1201-2 ). Ignorant les   journaux personnels de Sharet, encore inédits, Aronson et Horowitz (1971) ont spéculé dans cet esprit, arguant spécifiquement que la fonction latente des opérations de représailles était à la fois d’aider à intégrer les masses immigrées et d’accroître leur soutien à Ben Gourion et à son gouvernement. 14].

    La guerre des Arabes sionistes contre la Syrie nécessite encore plus de compréhension en ce qui concerne la Palestine. Personne n’accepte la prétention impérialiste selon laquelle ils attaquent la Syrie dans le seul but de la démocratiser. Il n’est pas nécessaire de parler de l’histoire, mais plutôt de ces dernières années, lorsque l’Occident capitaliste dirigé par les États-Unis prétendait que sa guerre contre l’Irak visait à le démocratiser. Le résultat n’a pas été la démocratie mais la destruction de l’Irak et la défaite de l’impérialisme américain.

    Si la démocratisation américaine de l’Irak est un crime couvert par la démocratie bourgeoise américaine, quelle est la couverture derrière la prétention du Qatar et de l’Arabie Saoudite de « démocratisation » de la Syrie ?

    Cela soulève une question cruciale : quel est l’intérêt commun de la contre-révolution (CR) à détruire la Syrie ?

    Les trois composantes de la République tchèque ont un profond intérêt à bloquer toute forme d’unité arabe, car c’est la véritable menace qui pèse sur elles toutes. Tant que le mouvement de libération arabe aura été vaincu par la RC depuis les années 1960, et qu’il s’est renouvelé récemment dans la version Résistance et Rejet (RR), et tant que la Syrie sera l’une des composantes de la RC, alors sa destruction deviendra un problème. nécessité.

    Le nationalisme arabe signifie l’unité arabe et le dépassement du plan/conspiration Sykes-Picot. Dans le cas d’une quelconque forme d’unité arabe, la République tchèque sera en crise et se détériorera jusqu’à la défaite. L’unité arabe est contre les États Qutria, contre le ZAR et contre les intérêts coloniaux.

    Dans ce temps limité, je ne peux pas entrer dans les détails des questions théoriques, mais je tiens à clarifier certains points, en particulier pour de nombreux faux gauchistes en Occident, à savoir que leur compréhension traditionnelle et conventionnelle selon laquelle le marxisme en tant que théorie est en contradiction absolue avec le nationalisme. est faux. Les intellectuels arabes dépendants sont de connivence avec le marxisme occidental qui est retranché derrière un « discours marxiste » qui rejette le nationalisme, en particulier le nationalisme arabe. Dans ce discours, il n’est pas difficile de déceler des influences sionistes qui, sous couverture « marxiste », luttent pour soutenir le ZAR parce qu’ils savent profondément que la libération de la Palestine est étroitement liée à l’unité arabe [15].

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    Le nationalisme dans les sociétés coloniales, c’est-à-dire en Europe avant et à l’époque de Marx et aujourd’hui, est en réalité un nationalisme colonial et une arme entre les mains de la bourgeoisie. À la périphérie, le nationalisme joue toujours un rôle révolutionnaire de libération. Tous les écrivains qui ont écrit et croient que les pays de la périphérie, y compris et surtout la patrie arabe, se sont transformés en une ère post-coloniale sont naïfs. L’ère courte mais brutale de la mondialisation conforte mon idée selon laquelle le colonialisme n’a pas pris fin mais s’est renouvelé pendant la mondialisation.

    Mon argument est que dans la patrie arabe, le nationalisme des classes populaires est un pouvoir social/politique/de classe luttant pour la libération, l’émancipation des femmes et la transformation sociale vers le socialisme pour les Arabes et leurs partenaires nationaux et ethniques dans la patrie arabe, à l’exclusion de la ZAR [16]. Pendant des décennies, l’antiarabisme a critiqué le nationalisme arabe, le qualifiant de chauvin. Ils entendent mélanger les régimes arabes d’orientation nationale avec la question du nationalisme arabe ! Et ils ne comprennent pas que le nationalisme n’est pas le même pour toutes les classes sociales.

    Le nationalisme des classes capitalistes dépendantes compra dirigeantes qui oppriment les classes populaires (arabes, kurdes, amazigs (arabes berbères)…etc) est différent du nationalisme latent des classes populaires qui est progressiste par nature et socialiste selon leurs intérêts.

    Enfin, dans nombre de ses écrits, notamment dans le Manifeste, Marx soutient qu’un État national fort est un meilleur véhicule de transformation vers le socialisme. En conséquence, l’unité arabe dirigée par les classes populaires est en contradiction antagoniste avec les entités arabes  Qutriya  , en particulier celles du Golfe, contre le ZAR et les principales classes dirigeantes capitalistes.


    REMARQUES:

    [1] Al-Massiri Abdul-Wahab, Al-Jama’at Al-Wazifiya Al-Yahudiya : Namozaq Tafciri blasé, Le Caire 2002.

    [2] Voir Mohamad Wild el-Mai, L’origine non juive du sionisme dans Le géographe du monde arabe Vol. 5, n° 1 (2002) pp 34-52. Traduit et publié dans Kana’an Review, n° 113 avril 2003 pp28-60.

    [3] De nombreux intellectuels et politiciens occidentaux libéraux, universitaires et marxistes aiment nous accuser de croire à la théorie du complot. En fait, il est plus vaste, il s’agit d’un plan occidental continuellement renouvelé contre la patrie arabe, mais la conspiration est le moment de l’exécution du plan.

    [4] Voir Kheriya Qasem, Al-Qadiya Al-Falastinya fi Ahd Al-Hukuma Al-Arabiys fi Dimishq, Shoun Falastiniiya, mars 1971.

    [5] Herzl Theodor, The Complete Diaries of Theodor Herzl, The Herzl Press et Thomas Yoseloff, 1960, cité dans Kayali Abdulwahab, Tarigh Filisteen Al-Hadith, publié par Al-Muassa Al-Arabiah Lil-Dirasat Wal-nashr, Beyrouth, Dixième édition, 1990, p. 24

    [6] Voir Relation britannique-jordanienne pp 157-58.

    [7] Voir Shiplaq Abbas. L’attrait de Sion : le cas des Juifs irakiens, Al-Saqi Books, Londres 1986.

    [8] Quotidien Al-Quds, 6 juin, Jérusalem 1976.

    [9] Samara Adel, Al-Nidal Al-Muwahad fi Muwajahat Dwalat Al-Taswiyah, Jérusalem 1977, pp 32-33.

    [10] Samara Adel, Thawrah Mudadah, Irhasat am Thourah, Dar Fada’at, Amman, 2012, chapitres 2 et 3.

    [11] « Zeév Jabotinsky, militant sioniste : Source – « Nous et la Turquie » dans Di Tribune, 30 novembre 1915.

    [12] «  David Ben-Gurion, Extrait de « Ben-Gurion, A Biography » de Michael Ben-Zohar, mai 1948.

    [13] Institut juif pour les affaires de sécurité nationale (JINSA), Extrait du document de stratégie n° 474 « Priorités au Liban et en Syrie », 2 mars 2005.

    [14] Cité dans The Global Political Economy of Israel par Jonathan Nitzan et Shimshon Bichler, Pluto Press, 2002, p. 102.

    [15] La guerre contre l’Irak, la Libye et actuellement la Syrie montre à quel point les intellectuels arabes de gauche sont mixtes. Kana’an Makiya a exhorté George W. Bush à envahir l’Irak, Sadiq al-Azm, Gelbair Ashqar, Azmi Bishara (ancien membre du Parlement de la ZAR) soutiennent la destruction de la Libye par l’OTAN et la guerre actuelle des Wahabites contre la Syrie.

    [16] Il est si difficile d’inventer un nom propre pour la région sans l’appeler Patrie arabe, car certains pourraient croire que nous ignorons nos partenaires.

    Source : Dr Adel Samara

    SAMARA, ‘ADEL (1944-)

    Né à Beit ‘Ur Al-Foqa, près de Ramallah, le 29 janv. 1944 ; diplômé du Collège des sciences politiques et économiques de l’Université libanaise en 1965 ; devient un fervent partisan et militant du socialisme ; est emprisonné pour son engagement politique en 1963, 1965 et 1966 par les autorités jordaniennes, et est placé à plusieurs reprises en détention administrative par l’armée israélienne au cours de la période 1967-73 ; devient directeur de l’association coopérative Al-Bireh ; travaille comme rédacteur économique du quotidien Al-Fajr à Jérusalem de 1973 à 1977 et du bihebdomadaire Al-Shira’ à Jérusalem de 1980 à 1983 ; se rend au Royaume-Uni pour poursuivre ses études et obtient une maîtrise en philosophie du Birkbeck College, université de Londres, et une maîtrise en philosophie et économie politique de l’université d’Exeter, toutes deux en 1985 ; a également travaillé comme rédacteur économique du quotidien Al-Arab, à Londres, de 1984 à 1987 ; a obtenu un doctorat en développement de l’université d’Exeter en 1990 ; est retourné en Palestine et a travaillé comme consultant économique, d’abord avec le PNUD à Jérusalem de 1990 à 1991, puis avec l’UNRWA à partir de 1991 ; Directeur du Centre de recherche Az-Zahra à Ramallah depuis 1993 ; Directeur du Centre Al-Mashreq pour le développement et les études culturelles ; Directeur de Badil (Centre d’information alternatif) en 1997 ; Arrêté par l’AP en novembre 1999 et emprisonné à Jéricho.

    1999 et emprisonné à Jéricho pendant 23 jours pour avoir signé la pétition « Un cri de la patrie » dénonçant les performances et la corruption de l’AP (signée par 20 personnes) ; écrivain et rédacteur en chef du magazine Kana’an et du bulletin en ligne Kana’an, tous deux consacrés aux causes de l’unité arabe, du développement et du socialisme ; gagne également sa vie en tant qu’éleveur de volailles ;

    auteur de nombreux articles, essais et livres en arabe et en anglais, notamment The Political Economy of the West Bank : From Peripheralization to Development (1967-87) (1988) et Epidemic of Globalization : Ventures in World Order, Arab Nation and Zionism (2002).

  • Jihad islamique palestinien : « L’inondation d’Al-Aqsa était une frappe préventive contre l’ennemi ».

    Jihad islamique palestinien : « L’inondation d’Al-Aqsa était une frappe préventive contre l’ennemi ».
    Dans une interview exclusive avec The Cradle , Ihsan Ataya, membre du bureau politique du Jihad islamique palestinien (JIP), chef du département des relations arabes et internationales du JIP et envoyé au Liban, explique ce que l'opération Al-Aqsa Flood a permis de réaliser jusqu'à présent, le rôle joué par l'Axe de la Résistance dans la région et les nouvelles réalités que la bataille de Gaza imposera à l'occupation israélienne.  L'une des révélations les plus étonnantes d'Ataya est que l'opération « Inondation d'Al-Aqsa » menée par la résistance palestinienne le 7 octobre était une « frappe préventive ». L’armée d’occupation israélienne, révèle-t-il, se préparait à porter un « coup préventif » à la résistance à Gaza – dans le cadre du plan de normalisation mené par les États-Unis avec les États arabes. Après tout, les États arabes ne peuvent pas s’entendre confortablement avec Israël tant que la résistance continue d’exister, maintenant la question palestinienne vivante et embarrassant à chaque instant les régimes arabes.  Cet entretien avec Ihsan Ataya a été réalisé le samedi 28 octobre.

    The Cradle : Quels étaient les principaux objectifs de la bataille pour le « Déluge d’Al-Aqsa » ? Quelles étaient vos attentes, et dans quelle mesure les factions de la résistance ont-elles réussi à les atteindre ?

    Ataya : L’objectif de l’opération « Inondation d’Al-Aqsa » a été déclaré dès le début : il s’agit d’empêcher que la mosquée Al-Aqsa (à Jérusalem) soit prise pour cible, que les rites religieux musulmans soient dénigrés ou insultés, que nos femmes soient agressées, que des efforts soient faits pour judaïser la mosquée Al-Aqsa et normaliser l’occupation israélienne, ou encore pour la diviser dans le temps et dans l’espace.

    C’est ce que l’ennemi s’efforçait de faire en permanence, et c’est pourquoi l’opération a été baptisée « Inondation d’Al-Aqsa ».

    Le deuxième objectif de l’opération est de libérer des milliers de prisonniers palestiniens des prisons de l’occupation, après le refus constant de l’ennemi d’échanger des Palestiniens détenus dans ses prisons depuis des années contre des prisonniers détenus par la résistance à Gaza – ce qui a contraint les factions de la résistance à capturer davantage de soldats sionistes.

    En outre, l’un des principaux objectifs de l’opération était de mener une opération préventive, car l’ennemi se préparait à une attaque surprise contre la résistance.

    Bien entendu, l’opération a remporté d’importants succès dès le début, montrant la faiblesse et la fragilité de l’entité d’occupation, la possibilité de la vaincre et de libérer toute la Palestine. Un grand nombre de soldats et de colons sionistes sont tombés entre les mains de la résistance palestinienne ; ils joueront un rôle important dans le processus de négociation pour l’échange de prisonniers palestiniens.

    L’opération « Déluge d’Al-Aqsa » a également interrompu la récente initiative de normalisation avec l’Arabie saoudite, que les États-Unis s’efforçaient d’atteindre, et l’opération a donc, à tout le moins, entravé l’initiative.

    The Cradle: Israël fait le pari de paralyser l’environnement qui incube la résistance par les massacres sans précédent qui sont commis aujourd’hui à Gaza. A-t-il l’intention d’y parvenir en punissant tous les Palestiniens ?

    Ataya : Les Palestiniens de Gaza ne sont pas un « incubateur », ils font partie intégrante de la résistance. Ce sont eux qui mènent la scène de la confrontation avec l’ennemi, avec leur fermeté et leur défi, malgré tous ces massacres sans précédent et la guerre d’extermination menée par l’administration américaine aux mains des sionistes pour déplacer le peuple palestinien, l’intimider et briser la volonté de résistance. Jusqu’à présent, ils ont échoué et l’ennemi n’a pas pu atteindre son objectif déclaré – aux côtés des Américains – qui est le déplacement du peuple palestinien de Gaza et de la Cisjordanie.

    The Cradle: Les Israéliens tentent de séparer les partis de la résistance les uns des autres et de présenter ce qui se passe aujourd’hui à Gaza comme un effort visant uniquement le Hamas. Quelle est la position du PIJ sur cette question ?

    Ataya : Cibler le Hamas, c’est cibler toute la résistance palestinienne, et c’est cibler le fer de lance de la résistance dans cet axe. C’est pourquoi l’occupation a essayé de faire passer l’idée que « le Hamas est ISIS » et de manipuler l’opinion publique internationale contre la résistance palestinienne avec ces mensonges. Mais il est certain que toute attaque contre le Hamas vise tous les mouvements de résistance palestiniens, car briser la résistance à Gaza, c’est briser la résistance dans toute la région.

    Par conséquent, nous pensons que les tentatives de l’ennemi ont échoué, et même les trolls des médias sociaux qui ont essayé de créer une division entre les Palestiniens, leur résistance et la résistance de la région ont tous échoué, parce que toute la résistance a prouvé qu’elle était présente sur le champ de bataille. Comme l’a annoncé la direction de la Résistance islamique au Liban, le Hezbollah, dès le premier jour, la résistance « n’est pas neutre », en plus des messages militaires envoyés depuis l’Irak, le Yémen et la Syrie.

    Le front nord (Liban) avec la Palestine occupée, ce front est « bouillant » et non chaud. Mais maintenant, nous pouvons dire que les fronts irakien, syrien, yéménite et iranien sont, bien sûr, des fronts chauds, mais au Liban, c’est un front en ébullition. Le Hezbollah a offert un grand nombre de martyrs jusqu’à présent, c’est une preuve qui réfute tous ces soupçons et ces tentatives de tromper l’opinion publique – en plus de la réunion qui a rassemblé le secrétaire général du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, le secrétaire général du mouvement du Jihad islamique, Ziad al-Nakhaleh, et le chef adjoint du Politburo du Hamas, Saleh al-Arouri.

    Toutes les factions de la résistance sont fortement présentes à la table, gérant la bataille à partir d’une salle d’opérations commune à différents niveaux, suivant attentivement ce qui se passe – moment par moment – évaluant la situation, faisant des recommandations et décidant de ce qui est approprié pour l’intérêt de Gaza et l’intérêt de la résistance pour briser le projet américano-sioniste dans la région.

    The Cradle: Quelles sont les « lignes rouges » suivies par ces partis de la résistance pour étendre leur portée ?

    Ataya : A mon avis, l’ennemi a franchi toutes les lignes rouges. L’expansion de la bataille est liée au déroulement des événements à Gaza : si la résistance à Gaza peut briser le projet sioniste-américain et vaincre cet ennemi seul sur le terrain, pourquoi ouvrir tous les fronts et en faire une bataille régionale ?

    Il est peut-être dans l’intérêt de la résistance palestinienne de briser l’ennemi et de lui infliger une deuxième défaite en moins d’un mois – après son incapacité à protéger ses soldats et ses colons au début de l’opération « Déluge d’Al-Aqsa ». La deuxième défaite aura lieu si l’ennemi engage une bataille terrestre et envahit Gaza. Cela dépend donc du déroulement de la bataille, de la capacité de la résistance à résister à l’assaut et de sa capacité à posséder des cartes puissantes à Gaza, avec lesquelles elle affronte cet ennemi.

    Malgré la laideur des massacres et l’ampleur des tueries contre le peuple palestinien, nous sommes convaincus que les victoires ne sont jamais sans prix et sans sacrifices. L’Algérie a donné des millions de martyrs pour se libérer du colonialisme français, et le peuple palestinien a fourni, et fournit encore, des martyrs pour sa cause.

    The Cradle: Nous avons parlé d’intégration et de coordination autour de l’opération « Al-Aqsa Flood ». Qui a choisi le moment ?

    Ataya : Les Brigades Al-Qassam et les dirigeants du Hamas ont annoncé, dès le début, que c’étaient eux qui avaient choisi le moment et planifié cette opération. Mais après le début de l’opération, les autres factions de la résistance palestinienne à Gaza ont été informées – au sein de l’équipe d’opérations conjointes – de se joindre à cette bataille, parce qu’elles avaient également le sentiment qu’elle serait vaste et étendue, et qu’elle ne se limiterait pas à la destruction d’un site militaire, à la capture de soldats ennemis et à leur rapatriement à Gaza. Nous avons infiltré les colonies, élargi la zone de nos incursions, et la bataille s’est étendue dans le cadre de l’opération « Inondation d’Al-Aqsa ».

    The Cradle: Les brigades Al-Quds du PIJ ont lancé une importante opération militaire depuis le sud du Liban. Qu’est-ce que cela indique ? Ces opérations vont-elles se poursuivre ?

    Ataya : L’opération militaire a pu porter un coup à l’ennemi : elle a pu prouver l’unité des lieux de confrontation palestiniens, que les Palestiniens sont une unité, un peuple et une résistance indivisibles, et que ce qui se passe n’importe où contre les Palestiniens nous concerne tous, où qu’ils se trouvent.

    Qu’un groupe de combattants des Brigades Al-Quds puisse prendre d’assaut le territoire palestinien occupé, y pénétrer sur une bonne distance et tendre une embuscade aux soldats sionistes – c’est aussi un coup porté à la sécurité de toutes les agences de surveillance et de renseignement sionistes, un coup porté à la morale. Elle épuise l’ennemi dans le nord de la Palestine, ce qui a conduit à la neutralisation d’une partie des forces qu’il souhaite mobiliser contre Gaza, et l’empêche de se concentrer sur un seul front sur le terrain.

    Il s’agissait d’un message très important pour les réfugiés palestiniens dans leurs camps à l’intérieur du Liban – pour leur rappeler de pointer leurs armes vers l’ennemi et non entre eux – et aussi d’un aspect positif pour le Liban, car le pays est soumis à une forte pression étrangère pour naturaliser ses réfugiés palestiniens. Cette opération est donc venue dire à tout le monde que nous ne voulons pas de cela, que le peuple palestinien veut libérer sa terre et y retourner.

    C’est une voie importante que nous poursuivrons. Les tentatives de l’ennemi de faire pression sur le Liban pour empêcher les opérations menées contre lui dans le nord de la Palestine lui sont dues. Mais cela ne justifie pas que l’ennemi prenne pour cible des sites libanais, car il s’agit de groupes palestiniens qui mènent des opérations à l’intérieur de la Palestine occupée.

    La bataille est ouverte et se poursuivra. Même en Cisjordanie, il y a des confrontations constantes où nous frappons partout où c’est possible, et ces derniers jours, la rue palestinienne en Cisjordanie s’est enflammée, car les gens sont sortis pour manifester contre cette barbarie sioniste, ce bombardement intensif de Gaza, et la coupure de son électricité et de son réseau internet vendredi.

    The Cradle: L’invasion terrestre a-t-elle commencé ?

    Ataya : A mon avis, jusqu’à présent, nous avons assisté à une tentative de tester la capacité de la résistance à faire face, et l’occupation ne s’est pas encore engagée à commencer l’invasion terrestre, afin de ne pas être déçue et de ne pas être incapable de progresser. Il a donc ajouté qu’il souhaitait étendre l’opération contre Gaza, afin de faire pression sur la résistance pour qu’elle négocie la libération des prisonniers civils.

    The Cradle: Où en sont les négociations aujourd’hui ?

    Ataya : Les négociations sont clairement dans l’impasse parce que l’ennemi ne veut pas respecter une condition qui établirait un cessez-le-feu de 5 jours. Il veut un cessez-le-feu d’un jour seulement, mais la résistance sait qu’un seul jour n’est pas suffisant – ni pour décharger les camions d’aide, ni pour les distribuer au peuple palestinien.

    The Cradle: Plusieurs scénarios ont été proposés pour mettre fin à la guerre, comme la proposition rapportée par le journal saoudien Asharq Al-Awsat, qui recommande de remettre le chef du Hamas, Yahya Sinwar, à l’occupant et de mettre fin à tout cela. Ou encore une proposition visant à déployer des forces arabes ou internationales à Gaza.  Comment les factions de la résistance palestinienne voient-elles ce qui se passe aujourd’hui ?

    Ataya : Tout d’abord, la tentative de l’ennemi de changer les faits sur le terrain et de redessiner la carte de la région à partir de Gaza échouera. Tout comme la tentative de dessiner la carte d’un « nouveau Moyen-Orient » a échoué en 2006, tout comme ces tentatives ont échoué dans la guerre contre le Yémen, tout comme elles ont échoué dans la guerre globale contre la Syrie, et tout comme elles ont échoué dans la guerre économique étouffante dirigée contre tous ces pays de la région, ce projet aussi échouera sans aucun doute.

    Il existe certaines similitudes entre ce qui s’est passé au Liban en 2006 et ce qui se passe actuellement à Gaza. À l’époque, la résistance libanaise a été accusée de s’être aventurée dans la guerre de manière inconsidérée. L’ennemi a lancé de vastes campagnes contre elle et a exercé une forte pression sur elle, exigeant que le Hezbollah lui remette les deux soldats israéliens capturés, tout en lançant une vaste agression sous le prétexte de les récupérer.

    Ce que la résistance de Gaza veut aujourd’hui, c’est arrêter la guerre d’extermination contre le peuple palestinien, reconnaître la défaite de l’ennemi et se rendre auprès d’un négociateur pour un échange mutuel de prisonniers.

    Aujourd’hui, l’Amérique tente de sauver cette entité, car « Israël » est considéré comme sa base pour coloniser toute la région. Le « gros bâton » de l’Amérique a été brisé lors de l’opération « Déluge d’Al-Aqsa », elle est donc venue inverser cette défaite pour cette armée qui a attaqué toute la région, elle est venue pour sa base avancée dans cette région.

    Tant que la résistance à Gaza sera inébranlable, tant qu’elle n’épuisera pas ses capacités dans la confrontation, et tant que le peuple palestinien supportera cette énorme pression, elle brisera certainement ce projet.

    Après tous ces sacrifices, aucun des leaders de la résistance ne sera satisfait sans la libération de tous les prisonniers palestiniens en échange des soldats sionistes qui sont maintenant considérés comme un trésor entre les mains de la résistance.

    The Cradle: Dans quelle mesure comptez-vous sur le monde arabe ?

    Ataya : Du côté populaire, nous comptons sur toutes les populations arabes pour exercer une grande pression, y compris dans les pays qui ont normalisé leurs relations et suivi le projet américain. Cette pression de la rue arabe affectera la prise de décision à Washington – si l’Amérique sent que des têtes vont tomber, que des régimes vont tomber, elle y remédiera pour ne pas perdre ses outils dans la région.

    Quant aux pays de l’axe de la résistance, ils sont prêts et présents pour une participation sur le terrain. Par exemple, les Irakiens se rassemblent aujourd’hui à la frontière jordano-irakienne, le Yémen est prêt à rejoindre la Palestine et à se battre à nos côtés si les frontières sont ouvertes, et la Syrie aussi. Dès le premier instant, le ministre iranien des affaires étrangères n’a cessé de se déplacer, de contacter et de visiter des pays et des dirigeants afin de faire pression sur eux et de les amener à changer d’avis sur ce qui se passe – pour mettre un terme à la guerre d’anéantissement de l’ennemi.

    La résistance a également gagné au Liban en 2006. La résistance à Gaza gagnera en 2023, elle gagnera une victoire divine, nous en sommes sûrs, cette guerre doit avoir des répercussions qui feront tomber des trônes ou des régimes dans ce monde.

    The Cradle: Que pensez-vous qu’Al-Aqsa Flood ait établi dans votre conflit avec l’ennemi israélien ?

    Ataya : L’opération a été mise en place pour changer la face de la région et la face du monde, dans l’intérêt de la résistance, dans l’intérêt de la libération de la Palestine, et dans l’intérêt de briser le projet américano-sioniste dans cette région.

    Les opinions exprimées dans cet article ne reflètent pas nécessairement celles du The Cradle

    Source : https://new.thecradle.co/articles/palestinian-islamic-jihad-al-aqsa-flood-was-a-preemptive-strike-against-the-enemy

Note : 5 sur 5.

« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »

– Keiko, Londres

Note : 4 sur 5.

« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »

– Sarah, New York

Note : 5 sur 5.

« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »

– Olivia, Paris