
Nestlé est une multinationale suisse fondée en 1873 par Henri Nestlé. Elle commercialise un large éventail de produits et boissons pour l’alimentation humaine et animale; c'est un des plus importants acteurs de l’industrie agroalimentaire de la planète. Son siège social est situé en Suisse. Depuis son origine, elle a pour logo un nid ( Nestlé = petit nid en souabe) occupé par 3, puis 2 (pour rester représentatif de la famille moyenne) oiseaux nourris par un adulte.
Elle détient 100 marques
*l’eau potable (Vittel, Aquarel, San Pellegrino, Perrier),
*les snacks (Kit Kat, Smarties, Lion), le café (Ricoré, Nespresso, Nescafé),
*l’alimentation surgelée (Buitoni pizza),
*le lait pour enfants (Nidal, Nido),
*les céréales (Cheerios, Chocapic)
*l’alimentation pour animaux (Purina).
Avec un chiffre d’affaires de 94,4 milliards de francs suisses en 2023, Nestlé est classée par Forbes comme 1° entreprise agroalimentaire au monde. Elle est aussi la 2° plus grande entreprise laitière. Nestlé est actionnaire majeur du groupe L’Oréal et détient 20 % de ses actions. Le groupe est coté en bourse au SIX Swiss Exchange de Zurich.
Les débuts (1866-1904)
En 1866, le pharmacien Henri Nestlé met au point une farine lactée sur le modèle du lait artificiel conçu par Justus von Liebig en 1865 et la commercialise avec succès en 1867. Ce lait en poudre est considéré comme un complément du lait maternel pour les nouveau-nés. L’efficacité de son produit ayant été montrée, il ne restait à son inventeur qu’à le commercialiser sur une grande échelle.
En 1868, le produit est vendu en Suisse (Lausanne),en Allemagne à Francfort-sur-le-Main. Sollicité, il organisa la vente en France, prit un agent à Paris et confia un dépôt à son frère Georges, attaché au Crédit lyonnais à Lyon. La renommée de la farine lactée franchit l’Atlantique; il créa une agence à Londres. Fin de 1869 la capacité de production de la farine lactée avait atteint 500 kg/ jour.

La guerre franco-allemande éclate en 1870. Le conflit provoqua un arrêt brusque des ventes; les chemins de fer allemands refusaient le transit des marchandises à destination de la Belgique et des Pays-Bas. Àprès la guerre, les conséquences du conflit n’étaient pas favorables au développement de la nouvelle entreprise. L’augmentation du prix du lait, du sucre, des céréales, la pénurie de fer-blanc et la majoration des coûts de transports et des tarifs douaniers avaient contraint Henri Nestlé à appliquer une hausse de 40 % sur le prix des boîtes. Mais le commerce allait renaître en 1871, les expéditions journalières étant de1000 boîtes et l’entreprise comptant 30 ouvriers.
Henri Nestlé agrandit sa fabrique et la production de farine lactée doubla de1871 à1873. Elle se vendait en Allemagne, en Amérique, en Angleterre, en Argentine, en Australie, en Autriche, en Belgique, en Espagne, en France, en Hollande, aux Indes néerlandaises, en Italie, au Mexique, en Russie, en Scandinavie, en Serbie et bien sûr en Suisse. Avec une production de 500 000 boîtes de farine lactée par an, les proportions prises par l’entreprise forcèrent Henri Nestlé (60 ans) à vendre en 1875 à une société veysanne pour 1 million de francs.
La nouvelle société fut constituée sous la raison sociale « Farine Lactée Henri Nestlé », ayant comme administrateur Jules Monnerat (Syndic de Vevey, ancien député), Pierre-Samuel Roussy (meunier et fournisseur d’Henri Nestlé) et Gustave Marquis (propriétaire au Châtelard sur Montreux). Elle devint une société anonyme au capital de 200 actions de 5 000 francs chacune. Henri Nestlé ne conserva aucun intérêt de propriétaire dans la nouvelle société dont il ne fut jamais actionnaire.
Pierre-Samuel Roussy, qui conduit les négociations avec Henri Nestlé, lui offre pour conclure la transaction, un équipage à 6 chevaux blancs qui, par son luxe, restera longtemps dans la mémoire des habitants de la région. Les œillères des chevaux portent déjà l’insigne qui sera le logo de Nestlé. Henri Nestlé a cédé aux 3 associés, ses installations et sa clientèle, son nom qui est devenu leur propriété commerciale, et le procédé de fabrication, tous les brevets d’invention délivrés à Henri Nestlé dans divers pays, sa signature commerciale et sa correspondance médicale. La signature de la transaction se fit comme le voulait la loi vaudoise de l’époque, en présence de 2 témoins dont l’un fut Daniel Peter, qui inventera le chocolat au lait.
Jules Monnerat s’occupé de la partie commerciale, Pierre-Samuel Roussy prend la direction de la fabrication des produits et Gustave Marquis s’occupé des achats de lait. Très vite, la société connaît une croissance considérable, au point que plus de 500 000 boîtes de farine lactée sont vendues chaque année, en Suisse, en Allemagne, en France, au Royaume-Uni, en Italie, en Belgique, aux Pays-Bas et à New York, Melbourne et Buenos Aires.
Après la mort de Pierre-Samuel Roussy en 1880, son fils Émile-Louis, neveu par alliance de Jules Monnerat et père du médecin Gustave Roussy, devient administrateur de la société, puis, aux côtés de son oncle Jules Monnerat, président jusqu’en 1899, l’âme directrice de la société jusqu’en 1905. Émile-Louis Roussy fut président de l’administration de la société entre 1905 et 1920. À sa mort, son fils aîné Auguste Roussy lui succédera à ce poste.
Les nouveaux dirigeants achetèrent des machines, firent construire des hangars, agrandir les ateliers et ne négligèrent rien pour maintenir sur le marché un produit de qualité. Mais au début de 1878, l’Anglo-Swiss Condensed Milk Co., entreprise spécialisée dans les laits condensés en boîte et ayant son siège en Suisse centrale, lança sa propre farine lactée. La société de Vevey répondit en fabriquant elle aussi du lait condensé. Les demandes se firent croissantes si bien que le ravitaillement des marchés de Nestlé ne pouvait plus se faire au seul centre de fabrication de Vevey. Aussi, en1880, la société de Vevey acquiert un moulin dans le canton de Vaud pour le transformer en fabrique de lait condensé puis, en 1890 ajoute la fabrique de Payerne à ses installations. Mais la concurrence avec la société Anglo-Swiss Condensed Milk Co. prenait une tournure aiguë.
Les difficultés de ravitaillement en lait frais ainsi que l’aggravation du prix de revient consécutive aux droits de douane sur le sucre et le fer-blanc amenèrent l’entreprise à constater que, dans ce pays, elle ne pouvait plus faire face à la concurrence et décida de s’installer industriellement à l’étranger. En 1898, Nestlé s’implanta en Norvège en achetant la Norwegian Milk Condensing Co. puis aux États-Unis dans l’État de New York en 1900, en Grande-Bretagne en 1901, en Allemagne en 1903, et en Espagne en 1905; Nestlé avait fait l’acquisition d’une 4° fabrique en Suisse, dans le canton de Berne. En 1905 Nestlé comptait 9 centres de productions en Europe et à New-York.
1° fusion et entrée dans l’industrie du chocolat (1906-1913)
En 1905, intervient la 1° fusion de Nestlé avec l’Anglo-Swiss Condensed Milk Co.. C’est l’œuvre de 2 banquiers : Wilhelm Caspar Escher, directeur général du Crédit Suisse à Zurich et administrateur de l’Anglo-Swiss Condensed Milk Co. et Benjamin Rossier, originaire de Vevey et administrateur de la Banque suisse et française à Paris. La fusion s’opère sous la forme d’une absorption de la société Nestlé par l’Anglo-Swiss Condensed Milk Co. Les 2 sociétés apportent chacune 9 entreprises à la nouvelle entité. Ces 18 centres de production vont faire faire bénéficier la nouvelle société anonyme d’une répartition géographique favorable et déterminante pour l’avenir. L’activité de la nouvelle société sera facilitée par l’émission de 50 000 actions nouvelles de 400 francs. Le 1°conseil d’administration fut formé de 10 membres, 5 proposés par la société alémanique et 5 par l’entreprise romande et la direction générale était assurée par 4 personnes. Le capital social de 40 millions de francs traduisait clairement l’importance économique de l’affaire. Toutefois il allait falloir près de 20 ans pour que se réalise une fusion complète et que se crée une société à direction centralisée.
Dès 1906, les ventes s’étaient développées dans des proportions qui réjouissaient les actionnaires. Cependant, les établissements industriels situés à l’étranger pouvant produire à meilleur compte, aux prix moins élevés de la matière 1° et au niveau plus bas des salaires et des frais de transport, la fabrique suisse d’Egnach fut fermée en 1906.
En 1907, Nestlé se tourna vers l’Australie, 2° marché exportateur. L’implantation industrielle eut lieu par l’achat de la Cressbrook Dairy Co. deBrisbane, la plus importante entreprise de lait condensé qui possédait 2 centres de production. Comme la Nestlé and Anglo-Swiss vendait annuellement dans ce pays 200 000 caisses de lait condensé et que la production des 2 fabriques australiennes n’atteignait pas ce volume, la décision fut prise en 1910 de construire un établissement industriel dans l’État de Victoria. En 1912, sa forte production permit de vendre l’usine de Wilson Park. L’installation d’un bureau à Sydney vint compléter la 1° implantation australienne peu industrialisé.

L’apparition sur les marchés concurrents du lait condensé sucré écrémé meilleur marché, contraignit la Nestlé and Anglo-Swiss à modifier sa production avant tout sur les laits concentrés entiers. La concurrence obligeant , Nestlé renforça son implantation aux Pays-Bas et au Danemark, qui s’étaient acquis une situation privilégiée dans la fabrication de beurre et du lait concentré. Sous l’impulsion de demandes croissantes, le développement des affaires se poursuivit en Angleterre, en Norvège et en Suisse où l’on fit ouvrir de nouvelles fabriques dès 1912.
Parallèlement à son expansion, l’entreprise perfectionna son organisation de vente en créant des succursales. Cette réforme lui valut une place prépondérante sur le marché asiatique où à partir du dépôt principal de Singapour furent ouverts de nombreux autres dépôts, à Hong Kong, Calcutta, Madras, Bombay, Colombo et au Japon en 1913.
Nestlé durant la 1°guerre mondiale
La plupart des fabriques Nestlé étaient situées en Europe mais la fabrication ne fut arrêtée nulle part durant les 1° mois de la guerre. En effet, en vertu du caractère de ses produits (aliments indispensables), Nestlé put poursuivre ses activités. Comme les hostilités avaient créé d’énormes besoins en produits laitiers, il s’agissait de satisfaire les exigences croissantes de la clientèle, soient les commandes gouvernementales. Dans cette optique, l’entreprise renforça sa politique de décentralisation en créant de nouvelles sociétés nationales de fabrication et de vente en Norvège et en Autriche. Plus la guerre prenait de l’ampleur, plus le lait frais faisait défaut. Des usines cessèrent leur activité et les autres cédèrent pour l’approvisionnement des villes la presque totalité du lait qu’elle recevaient. Toutefois la compagnie réussit à trouver d’autres sources d’approvisionnement en Norvège.
À cette époque, Nestlé comptait 12 sociétés vendant ou fabriquant. Nestlé participa en France à la constitution d’une société anonyme à Cherbourg, disposant du droit de fabriquer et de vendre dans ce pays les produits Nestlé. Le capital de Nestlé and Anglo-Swiss fut porté de 40 à 60 millions de francs par l’émission de 50 000 actions de 400 francs.
Devant la diminution de ses exportations de Suisse et l’accroissement de la demande sur le plan international, Nestlé décida de racheter du lait condensé à des sociétés existantes ainsi que de reprendre certaines fabriques et d’en améliorer le rendement en Amérique dès 1915 et s’amplifièrent jusqu’en 1917. Le Conseil décida d’y envoyer une délégation pour y traiter les achat, pareil en Australie. Ceci permit en 1918 de doubler la capacité mondiale de production par rapport à 1914. Ces transactions en milieu d’instabilité économique dans le monde, posaient des problèmes de financements. Nestlé dut se faire ouvrir de nouveaux crédits auprès des banques.
La crise de 29 et la 2° fusion

La fin des hostilités provoqua un arrêt subit des affaires traitées avec les gouvernements et il fallut procéder à de rapides réadaptations pour ravitailler les populations civiles affectées par la guerre. . En 1920, l’entreprise décida de s’implanter en Amérique du Sud. Le choix se porta sur la région d’Araras au Brésil. Le centre de production érigé constitua le 1° maillon d’une chaîne de fabriques L’implantation dans un pays en voie de développement représentait un investissement élevé pour l’adapter à une contrée où l’industrie locale n’est pas équipée pour fournir les installations indispensables et où les habitants n’ont aucune expérience. Toutefois, fort de son expérience en Australie, Nestlé l’entreprit avec ténacité et avec succès.
L’entreprise entreprit aussi l’acquisition de 11 entreprises australiennes et 11 aux États-Unis. L’organisation comptait dans le monde 80 fabriques et 300 dépôts, maisons de ventes ou agences. Une telle rapidité d’extension ne tarda pas à avoir des conséquences sur la stabilité de l’entreprise et en 1921 des signes d’épuisement apparurent. Le titre d’une valeur nominale de 400 francs passa de 1 020 francs en janvier 1920 à 550 francs en juillet 1921 et il s’abaissa à 225 francs en décembre et à 145 francs au début de 1922; la perte atteignit près de 100 millions de francs suisses et le chiffre d’affaires avait baissé de 20 % par rapport à 1921. Le déséquilibre des changes, la baisse des prix et la crise commerciale en étaient les 3 causes principales.
Sous l’effet de la crise, des dispositions d’urgences furent prises. Des fabriques fermèrent en Suisse, en Norvège, et Australie et en Amérique avec une réorganisation de la direction générale, une réduction de l’administration et une diminution des stocks. Mais elles furent inutiles. Le conseil d’administration dut , sous la recommandation des milieux bancaires britanniques, recourir à un expert en finance, Louis Dapples qui prit les rênes de la société et entreprit une réduction du volume de l’affaire américaine. Elle représentait une des plus grandes problématiques en raison des productions pléthoriques des 48 fabriques durant les années de guerre. La reconstitution de fonds de réserve nécessaires au remboursement des avances bancaires permit à l’entreprise de s’acquitter en 1925 de ses dettes. Des corrections furent apportées en matière administrative avec une nouvelle direction.
La nouvelle équipe de directeurs centraux s’orienta vers une politique nouvelle : adjoindre aux principaux articles classiques (lait condensé, farine lactée, lait en poudre, chocolats) d’autres spécialités destinées aux mêmes consommateurs. En 1927, Nestlé s’assura au Danemark la vente de beurre et la vente de fromage en boîtes lui fut confiée par l’intermédiaire de la société suisse Gerber & Co. A.G., Thoune. Parallèlement, comme l’activité du chocolat prenait de l’ampleur, Louis Dapples, devenu président du conseil d’administration, chercha une base d’entente avec les dirigeants de Peter, Cailler, Kohler, Chocolats Suisses S.A. La fusion se réalisa le 1er janvier 1929.

Plus récemment
En 2002, le Nestlé Venture capital fund, qui vise à financer des projets de recherche en sciences de la vie est fondé par Andrea Pfeifer. Ceci inaugure un virage stratégique entamé dès 1986 (fondation de Clintec avec Baxter) avec l’établissement d’un pôle d’activité dans la recherche en nutrition et santé. En 2011, Nestlé rachète 60 % de Hsu Fu Chi International et en 2012, Nestlé obtient le rachat de la filiale de nutrition infantile de Pfizer, en compétition avec Mead Johnson et Danone.
En 2012, le groupe compte un site de transformation dans tous les pays et emploie 328 000 personnes. C’est la plus grande entreprise de ce secteur au monde, avec 120 milliards de $.
En 2014, Nestlé achète à Valeant Pharmaceuticals des produits de soins de la peau. En 2015, Nestlé est en cours de discussion pour fusionner une partie de ses activités dans la crème glacée, en Europe et en Égypte, Philippines, Brésil et Argentine, avec R&R Ice Cream, dans le but de former une co-entreprise dénommée Froneri, qui comprend les activités surgelés de Nestlé en Europe, hors pizzas et surgelés italiens; elle est dirigée par le PDG de R&R Ibrahim Najari depuis la Grande-Bretagne. En 2016, Nestlé annonce l’acquisition des participations dans Osem, une entreprise israélienne de produits alimentaires puis l’acquisition d’une participation de 15 % dans Aimmune Therapeutics, entreprise médicale spécialiste des allergies alimentaires. En 2017, Nestlé annonce l’acquisition d’une participation de 68 % dans Blue Bottle, une entreprise américaine de cafés puis celle de Chameleon Cold-Brew, une entreprise spécialisée dans le café biologique et d’Atrium Innovations, spécialisée dans les compléments alimentaires, et encore Sweet Earth Foods, spécialiste américain des sandwichs sans viande. En 2018, Nestlé vend de ses activités dans la confiserie chocolatée aux États-Unis, incluant les marques BabyRuth, Butterfinger et Crunch à Ferrero. Nestlé obtient la licence Starbucks pour vendre du café en grande distribution.
Début 2019 Nestlé présente à ses salariés de Nestlé Waters de Vittel et Contrexéville (Vosges) un plan de réorganisation des usines d’embouteillage. Ce plan prévoit le « départ » de 100 salariés.
Mises en cause et controverses
En Indonésie
Nestlé refuse de dévoiler les salaires de ses employés de son usine du district de Panjang à Bandar Lampung afin de ne pas les intégrer dans la convention collective en cours d’élaboration. Un conflit oppose depuis 2007 Nestlé au syndicat indonésien affilié à l’UITA qui porte plainte auprès de l’OCDE pour violation de ses principes directeurs et la plainte est jugée recevable.
Le lait en poudre
Une étude montre, dans les années 1970, la supériorité du lait maternel sur le lait en poudre, a fortiori dans les pays dépourvus d’eau potable. En 1979, 150 organisations internationales fondent le Réseau international pour l’alimentation infantile dont l’objectif est de lutter contre la publicité pour le lait en poudre. Aux États-Unis, le comité international de boycott de Nestlé, constitué de 30 ONG et d’églises, lance en 1977 une campagne de boycott, suivie en Amérique du Nord, en Grande-Bretagne, en Suède et en Allemagne. Une session extraordinaire de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) vote en 1981 un code international pour la commercialisation du lait en poudre. Il interdit toute forme de publicité incitant à la substitution du lait en poudre au lait maternel qui est signé en 1984 par Nestlé, qui le viole régulièrement. En 2010, un rapport de l’IBFAN dénonce les méthodes utilisées en Indonésie par les multinationales Nestlé, Danone et Friesland pour promouvoir le lait en poudre auprès du personnel hospitalier aux dépens de la santé des femmes et des nouveau-nés. La situation est également dénoncée par l’association Save the Children

Nationalisation en Ethiopie
En 2002, l’ONG Oxfam révèle que Nestlé réclame 6 M de dollars à l’Éthiopie en compensation de la nationalisation de l’entreprise éthiopienne Elidco (Ethiopian Livestock Development) par le gouvernement de Mengistu en 1975. Nestlé refuse l’offre d’arrangement d’1 1/2 M de dollars proposée par le gouvernement éthiopien, car en 1998, il a vendu l’entreprise à un homme d’affaires local. Sous la pression de l’opinion publique, Nestlé signe un accord en 2002 pour la somme de 1,5 million de dollars et déclare la consacrer à des projets de lutte contre la famine dans la région, en collaboration avec la Croix-Rouge internationale.
Boîtes de lait périmé en Colombie
En 2002, la police colombienne découvre que Nestlé procède au réétiquetage de 200 tonnes de lait périmé ; Nestlé de Colombia SA fait renouveler les emballages de produits laitiers périmés importés de pays d’Amérique latine, mettant en danger la vie de la population. Avant et après la confiscation par l’État des produits périmés, Nestlé a tenté d’intimider les employés pour éviter que des salariés ne dénoncent ses pratiques illégales.
L’huile de palme et les internautes
En2010, Greenpeace lance une campagne contre Nestlé qui contribuerait à la déforestation en Indonésie. Autour de la marque Kit Kat, cette campagne cherche à démontrer que l’utilisation de l’huile de palme dans des produits de Nestlé contribuerait à l’éradication de l’écosystème de plusieurs espèces animales dont les orangs-outans. Grâce à une vidéo sur la page Facebook de Nestlé qui détourne l’un des produits phares du géant de l’agroalimentaire, Greenpeace permet aux internauts d’employer un « avatar » détourné de la marque KitKat, transformé en Killer, pour relayer sur les différents médias sociaux, leur appel au boycott. Elle fait l’objet de plusieurs centaines de posts très virulents et la gestion de crise de Nestlé, défraie la chronique chez les experts du secteur qui reprochent à Nestlé d’avoir rompu le dialogue avec les internautes, et agité le chiffon rouge, en les menaçant, sur Facebook, de supprimer leurs posts. Les internautes se sont d’autant plus déchaînés. Les détracteurs reprochent à Nestlé d’avoir répondu de manière trop institutionnelle sur sa volonté de revoir l’usage de l’huile de palme, en 2015 (soit 5ans plus tard).
Nina Simone ne fait pas de pub
Feeling Good est une reprise par le groupe Muse (album Origin of Symmetry) d’une chanson de Nina Simone. Nestlé a essayé de l’utiliser dans une de ses publicités pour le café en Angleterre mais le groupe musical a refusé. Nestlé a continué de l’utiliser, ce qui a conduit Muse à intenter une action en justice où Nestlé a été reconnu coupable et a dû payer au groupe 756 000 € de dommages-intérêts (qu’il a donné à l’association Oxfam).

Contamination bactérienne aux États-Unis
En 2009, des produits de Nestlé, faits à partir de pâte à cookies, contenaient la bactérie E. coli O157, associée à des contaminations fécales. 69 personnes ont été intoxiquées dans 21 États. Nestlé refuse aux inspecteurs alimentaires l’accès à plusieurs documents. Les inspecteurs de la Food and Drugs Administration (FDA) n’expliquent pas comment cette bactérie a pu être présente. Nestlé, qui détient 41 % du marché des pâtes à cookies, avertit qu’il ne faut pas manger cette préparation crue (au risque d’être touché par la salmonelle, bactérie affectant les œufs crus).
ATTAC espionnée par Neslé
L’entreprise Nestlé a mandaté la société de surveillance Securitas SA pour espionner, à partir de 2003, la section vaudoise de Attac Suisse qui prépare le livre Attac contre l’empire Nestlé. Une employée de Securitas est infiltrée dans les réunions d’Attac et écrit 30 rapports pour ses supérieurs. Elle se charge du chapitre sur « marché du café », et fait valider ses notes par les responsables de Nestlé. Une 2° taupe vient prendre le relais quand elle démissionne. L’affaire est révélée en 2008 par la Télévision suisse romande et Attac dépose une plainte pénale contre Nestlé et Securitas. Les espionnes Shinta Juilland et Fanny Decreuze refusent de témoigner. L’instruction pénale se termine par un non-lieu prononcé en 2009 ( les faits sont prescrits). Le tribunal civil de Lausanne, par contre, a condamné Nestlé et Securitas pour espionnage, les 2 sociétés devant payer 3 000 francs par personne lésée, aux plaignants, en plus des frais de justice .
Fraude à la viande de cheval de 2013
La branche portugaise du groupe Neslé annonce que des tests ont mis en évidence des traces d’ADN de cheval dans un plat de lasagnes congelées transformées à base de bœuf, en France et destinées aux industries de la restauration en France et au Portugal (lasagnes à la bolognaise gourmandes). Nestlé retire aussi en Italie des raviolis et des tortellinis vendus sous la marque Buitoni Beef Ravioli et Beef Tortellini en raison d’un mauvais étiquetage. Mais aucune trace de viande de cheval n’y a été trouvée. La chute de ventes de plats préparés a conduit Nestlé à cesser la production de lasagnes et hachis parmentier surgelés dans son usine de Beauvais (Oise), supprimant 120 postes de travail.
Manœuvres sur le lait au Cameroun et au Sénégal
En 2007, 3 familles camerounaises portent plainte contre Nestlé pour avoir provoqué la mort de leurs enfants avec des substituts végétaux vendus comme du lait infantile. Cette affaire résonne avec le boycott de Nestlé dans les années 1970 à la suite de la parution du livre Le tueur de bébés.
Au Cameroun encore, Pius Bissek, PDG de Codilait, accuse Nestlé d’avoir importé du lait à base d’huile de palme et de coco, faisant couler la concurrence. Il gagne son procès en 2010, Nestlé étant condamné à lui verser 1 million d’euros de réparation. Après des procédures en appel pour obtenir un dédommagement plus important, Pius Bissek gagne son procès contre Nestlé en 2017 au terme de 17 ans de marathon judiciaire : Nestlé est condamné à lui verser 517 millions de FCFA de dommages et intérêts, soit 223 millions de FCFA de moins qu’au jugement de 1° instance de 2010.
Au Sénégal, Amadou Moctar Sow, PDG de la SIPL (Société Industrielle de Produits Laitiers), parle d’une association entre la Société générale de banques au Sénégal (SGBS) et Nestlé pour faire tomber son entreprise de production laitière. En 2014, la chaîne France 5 diffuse le documentaire Un empire en Afrique qui revient sur les manœuvres de Nestlé pour conquérir les marchés africains.

Travail forcé et travail des enfants
En 2016, Amnesty International publie un rapport dénonçant le travail des enfants et l’esclavage dans les plantations Indonésiennes de palmiers à huile fournissant des entreprises comme Nestlé, Unilever, Kellogg’s, Colgate-Palmolive et Procter & Gamble. Aux États-Unis, il y a eu un procès concernant l’implication de Nestlé dans l’esclavage des enfants en Afriique. En 2019, Nestlé annonce qu’il ne peut pas garantir que ses produits chocolatés sont exempts de travail d’enfants esclaves, car la traçabilité n’est assurée que sur 49% de ses achats. Le Washington Post souligne que l’engagement de mettre fin sous 4 ans à l’esclavage des enfants dans la filière du chocolat, pris en 2001 sous la pression du Congrès des États-Unis, n’a pas été tenu en 2005 ni lors des échéances successives de 2008 et 2010, et qu’il ne le sera pas non plus en 2020.
Opposition aux avertissements sanitaires
Notamment entre 2013 et 2019, Nestlé demande au Secrétariat d’État à l’économie (Suisse) de s’opposer à des politiques de santé publique au Mexique, en Équateur, au Chili et au Pérou – en particulier des avertissements sur des aliments obésogènes. Nestlé s’est opposé au Nutri-score jusqu’en 2019 ; il l’a ensuite promu pour éviter un étiquetage plus strict comme au Mexique.
Opération Spéciale Russe en Ukraine
Pour Nestlé, la Russie représente un marché d’expansion. Le géant de l’alimentaire y génère un revenu annuel de 1,65 milliard d’Euros soit environ 2% de son revenu global, et y emploie 7000 personnes. Le 17 mars 2022, à la suite de l‘Opération Militaire Spéciale Russe en Ukraine, le 1° ministre ukrainien, Denys Shmyhal a exhorté Mark Schneider, directeur de Nestlé, à suspendre ses activités en Russie. Le 19 mars, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a renouvelé cette demande, soulignant que les impôts payés par Nestlé en Russie soutiennent l’économie russe et aident à financer l’invasion de l’Ukraine. Face à ces mises en causes, Nestlé a publié un communiqué et réplique qu’ils se doivent de protéger leurs salariés.
Contamination par E. coli en 2022
En mars 2022, un rappel de produit est effectué sur toute la gamme de pizzas surgelées Fraîch’Up de la marque Buitoni de Nestlé après l’apparition de cas d’infection liés à l’ingestion de la bactérie Escherichia coli. L’hygiène de l’usine Nestlé France de Caudry (Nord) est remise en cause. Cette contamination provoque le décès de 2 enfants en France
À la suite de 2 inspections d’hygiène approfondies menées en 2022 par des agents de la direction départementale de la protection des populations (DDPP) du Nord et de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), un arrêté préfectoral décide de l’arrêt de l’activité industrielle de production alimentaire des 2 lignes de production de pizzas de l’usine SPAC-Nestlé de Caudry. Des photos publiées dans les médias montrent une usine sujette à de gros problèmes d’hygiène et de maintenance (nourriture et déchets non alimentaires laissés au sol, champignons au mur, déchets alimentaires coincés dans les machines durant plusieurs jours, vers de farine sur la chaîne de production, installations vétustes situées trop près de la nourriture, présence de rongeurs dans les locaux) ainsi que de graves négligences humaines (non respect du lavage des mains, cycles de congélation et décongélation, etc.).
Une 2° plainte est déposée contre Buitoni et Nestlé, propriétaire de la marque, à la suite d’une allégation d’intoxication avec la gamme de pizzas « Bella Napoli »; des lots interdits étaient encore commercialisés dans 2 magasins Franprix à Paris.
En 2023, Nestlé a annoncé la fermeture définitive de l’usine de Buitoni, à Caudry. Cette décision fait suite au scandale sanitaire issu de cette usine de production et ayant causé plusieurs intoxications mortelles. À la suite de cette décision, le groupe Neslé s’est engagé à fournir aux 140 salariés de l’usine de Buitoni « une opportunité de reclassement interne »; un accord « d’indemnisation amiable » a été signé entre Nestlé et les dizaines de victimes du scandale pizzas Buitoni contaminés par la bacterie E. coli. Il a pour effet de clôturer le volet civil de l’affaire et n’a aucune incidence sur son volet pénal (dans la mesure où l’action pénale n’est pas éteinte).

Récemment, Nestlé a admis son implication dans le régime nazi pendant la guerre mondiale en utilisant le travail forcé dans sa filiale allemande, selon l’historien suisse Jean François Bergier;
Nestlé au Brésil
Les 1° mentions de la présence de Nestlé au Brésil remontent à 1876, avec l’importation et la commercialisation de sa farine laitière. En 1921, la société a commencé sa production au Brésil, à Araras avec le lait concentré Moça. Avec son succès, d’ autres produits ont été lancés et, actuellement, plus d’un millier d’articles sont commercialisés sur le territoire brésilien sous le sceau de Nestlé. Leite Moça est toujours celui qui détient le volume de ventes le plus élevé. Nestlé Brésil, produit aussi des aliments pour animaux de compagnie. Elle possède 57 marques propres sur le marché intérieur et maintient 16 autres marques autorisées à la commercialisation.

Nestlé au Portugal
En 1923 a eu lieu la Fondation de la Société des produits laitiers, Lda., ayant comme partenaire principal le professeur Egas Moniz. Ainsi naît à Avanca, dans le district d’Aveiro, la 1° usine portugaise de lait en poudre simple, qui sera l’embryon de ce qui est aujourd’hui Nestlé Portugal. Elle commence la fabrication de Nescafé, puis la fabrication de produits culinaires. 10 ans plus tard, la Dairy Society obtient le droit exclusif de fabriquer et de vendre les produits Nestlé. Cela marque le début de la croissance de l’entreprise au Portugal. Dans les années 40 et 50, la commercialisation des produits Maggi et Nescafé a commencé. 1968 est l’année de la fondation à São Miguel aux Açores, de Nestlé Produtos Alimentos, SARL. 1984 est l’année où Nestlé acquiert la chocolaterie Rajá.
1985 : Début de la fabrication du chocolat Nestlé à l’unité de Rajá. Acquisition de Tofa – Torrefação
1986 : Début de la fabrication des céréales pour petit-déjeuner à l’usine d’Avanca. Changement de dénomination sociale en Nestlé Portugal, S.A.
1987: Acquisition de la société Casa Christina – Torrefações.
1993 : Acquisition de la société Longa Vida (yaourts et desserts laitiers) et Buondi (café torréfié).
1994 : Lancement de Nestea. Nouveau siège de Nestlé Portugal à Oeiras.
2001 : Lancement de Nestlé Aquarel (eau).
2002 : Sociedade de Águas de Pisões – Moura change de nom en Nestlé Waters. Création de Nestlé Purina PetCare au Portugal.
2003 : Célébration du 80e anniversaire de Nestlé au Portugal. Visite du Président de la République, à l’usine Nestlé d’Avanca. En raison de l’acquisition internationale du groupe Powwow, intégration dans le groupe Nestlé de la société Selda. Lancement de l’activité Nespresso .
2006 : Création de la joint-venture Lactalis Nestlé Produits Frais pour l’activité yaourt et desserts laitiers en Europe. Au Portugal, elle est gérée par la Sociedade Longa Vida qui en fait partie.
Aujourd’hui, Nestlé est reconnue par Brand Finance comme la marque alimentaire la plus précieuse au monde.

Nestlé tente de redorer l’image de la filière cacao
Construction de salles de classe dans les zones de culture du cacao ou alphabétisation des femmes commerçantes dans les marchés : Nestlé cherche-t-il à améliorer son image dans la production de cacao, où le travail des enfants existe toujours ?
La multinationale suisse, consciente de l’image déplorable liée à l’exploitation du cacao, a lancé plusieurs projets pour lutter contre le travail des enfants, toujours répandu dans les champs de cacao. Face à cela, Nestlé a financé la construction de salles de classe dans les zones agricoles. L’alphabétisation des femmes est aussi une de ses priorités, notamment celles commerçantes sur les marchés. Mame Pane Sakho, directrice de communication chez Nestlé Côte d’Ivoire, explique les raisons de cet engagement social :
« Le nom de Nestlé n’est pas du tout écorché en Côte d’Ivoire. En fonction des défis qui se posent dans notre environnement, on apporte des solutions. On a notre marque Maggi ici. On travaille avec 20.000 femmes, il est tout à fait normal qu’on puisse travailler à les rendre un peu plus autonomes. »

800.000 enfants- Collaboration avec l’Unesco
En 2021, la police ivoirienne avait mené l’opération « Nawa 2 » contre le travail des enfants. En Côte d’Ivoire, plus de 800.000 enfants travaillent dans les plantations cacaoyères, selon une enquête de l’Université de Chicago réalisée en 2019 et depuis, plus de 200.000 d’entre eux auraient été retirés des champs cacao. Malgré tous ces efforts, dans certaines plantations de cacao, on rencontre encore des enfants. C’est ce qu’explique Toussaint Luc N’Guessan, manager du programme Accelerator chez Nestlé : « Le problème du travail des enfants est réel. Même si les enfants ne descendent pas du Burkina pour venir travailler dans les champs. Quand même dans les localités ce problème existe.. » A ce jour, dans le cadre de son plan Cacao, Nestlé a construit 40 écoles en Côte d’Ivoire pour lutter contre le travail des enfants dans les plantations de cacao. Ce projet aurait aidé à la scolarisation de 10.000 enfants (sur 800 000). Depuis 2017, le programme d’alphabétisation de l’entreprise agro-alimentaire suisse aurait aussi formé plus de 1.500 femmes dans les marchés d’Abidjan. Pour soutenir l’alphabétisation des femmes sur les marchés, Nestlé s’est associé à l’Unesco. Yves Marius Sagou, coordonnateur des programmes d’alphabétisation dans cette structure onusienne, explique les objectifs de ce projet : « L’Unesco travaille avec les entreprises privées pour mettre en œuvre certains de leurs projets ou programmes parce que l’Unesco promeut le « PPP » , le partenariat public privé, en offrant des programmes d’alphabétisation. »
