Six ans après la survenue du phénomène qui a été appelé « Hirak », dénomination que j’ai vite rejetée, des amis m’ont demandé de republier mes analyses, maintenant que le monde bascule. Il me semble nécessaire de les republier dans l’ordre de leur parution. Elles furent des analyses à chaud, sans recul mais avec toujours un souci d’historicité pour saisir les faits dans leurs rapports les plus lointains, les plus cachés ou oubliées avec des faits précédents.
Le plus grand de mes soucis dans ces analyses était de trouver les racines sociales et économiques de cette extraordinaire mobilisation populaire, la nature de classe ou plutôt de caste qui se manifestait dans un Etat toujours algérien mais qui n’était plus un République Démocratique et Populaire et absolument pas un Etat-Nation dans le sens connu que ce type d’Etat contribue à créer les conditions d’unité économique, politique et culturelle.
Parmi ces conditions, produire une idéologie « nationale bourgeoise » à défaut d’une dynamique d’économie solidaire, parente du socialisme comme l’a fait le grand leader Houari Boumediene, est une nécessité de base. Or, en Algérie, plus que dans tout autre pays au monde, toute l’action de démantèlement de notre économie, de notre politique, de notre culture n’a fait qu’emprunter les idées et les supposés « modèles » de réussite du monde capitaliste développé, c’est à dire de l’impérialisme. Sans une idéologie politique propre aucune affirmation de soi nationale, base incontournable du développement, n’est possible.
Dans cette analyse les facteurs culturels et idéologiques, les déterminations anthropologues y compris dans leurs manifestations cultuelles ont été intégrés, car la conscience, vraie ou fausse et les aliénations jouent un rôle premier dans la perception des faits, des détermination et des buts possibles de toute transformation politique.
Premier entretien sur les élections présidentielles par Mohamed Bouhamidi Mercredi 20 février 2019 (historique « Hirak » semaine par semaine )
22 Février 2019
Une amie m’a demandé mon avis sur les présidentielles. J’en livre la première partie comme contribution aux débats entre les femmes et les hommes qui tiennent à la préservation d’une Algérie indépendante, remise et soignée de ses décennies de politiques de démantèlement et de désarmement économique, politique, culturel.
Cette vidéo a été enregistrée trois jours avant sa publication sur ma chaine YouTube
Publications en rapport avec l’histoire du « Hirak »
Transcription
-Alors quelle question tu veux me poser ?
-Par rapport aux élections, quelle issue ?
-A quoi ?
-Aux élections…S’il y a élections !
-Il y aura élection c’est clair,
-Mais il n’y aura pas boycott, il y a ceux qui appellent au boycott aussi
-Eh bien même s’il y a un boycott il y a des gens qui vont aller voter. Bien-sûr qu’il iront voter.Il ya quand même une masse considérable d’institutions sociales qui ont beaucoup d’influence, qui ont énormément d’influence qui vont amener à voter. Tu prends en compte uniquement les zaouias qui ont une extraordinaire influence dans le milieu rural et pas simplement le milieu rural au sens sain du terme ,dans les petites villes etc… c’est énorme ce qu’elles ont comme influence, bon si les zaouias appellent à voterc’est sa voix qui va passer pas celles des partis politiques, bon ça les zaouias c’est déjà les structures anciennes , qu’est ce qu’il ya de nouveau dans le pays?
-Larue
-oui mais est ce que la rue un facteur de changement, c’est à dire est ce que la rue elle est capable de penser un programme ou alors est ce que la rue est capable juste de dire une colère, or la colère l’émotion c’est pas un programme mais tu l’as vu d’ailleurs un peu partout mais le cas qui m’a fait moi le plus mal au coeur c’est la Tunisie en plus ce n’est pas n’importe quelle rue la tunisie attention c’est un pays qui est beaucoup travaillé par une vieille culture politique par une vieille habitude de la pensée où il y a eumaintien des stratifications intellectuelles c’est-à-dire c’est un pays où l’autorité morale et l’autorité intellectuelle ont été maintenues parce qu’elles n’ont pas connu la destruction que nous avons connu mais surtout la Tunisie a conservé un extraordinaire mouvement populaire nationaliste patriotique pour l’indépendance et la souveraineté nationale tunisienne et quia fonctionné en synergie avec le peuple tunisien quand tu écoutes Chokri Belaïd qui parle Chokri Belaïd Allah Yarahmou, tu vois à quel point cette capacité des forces les plus avancées en matière de lutte pour la souveraineté nationale ont le contact en tout cas engagé ( yahdar kima chaâb dyalou)avec le peuple, alors imagine que dans tunisie il y a infiniment moins de facteurs de division qu’en algérie; en algérie il faut rajouter à toute notre régression dans l’analyse politique dans la production de la connaissance de la vie sociale et politique eh bien tu rajoutes tous les facteurs de division ethniques tous les facteurs de division linguistique tous les facteurs de division importés c’est-à-dire des facteurs de division totalement artificiels mais qu’ils sont agité de l’extérieur et d’ailleurs qui sont soutenus de l’extérieur par les médias par les télévisions par des… cette question de de la centralité nationale du débat politique en Algérie pour nous elle est entière; qu’est ce qui fait que le débat national( Taâna) est centré sur l’Algérie ?! D’abord il est issu d’une dynamique algérienne, quand tu vois les auteurs préfabriqués par Saint-Germain-des-Prés qui ont été publiés par un saint-germain des-prés par qui ? Qui c’est qui nous en parle qui c’est qui nous impose Sansal comme étant une référence littéraire ou politique ? c’est pas nous ,c’est pas nous, c’est pas à partir d’un lectorat algérien que les gens se sont confrontés dans leurs idées (gale ouachi hkayete hadh l’officier nazi que Boumedienne a recruté pour former les officiers de l’ALN c’est-à-dire que l’ALN a été foncièrement construite sur le modèle de l’idéologie nazie de la structure nazie( chkoun machi h’na li goulnaha) et puis il y a il y a pire que ça aujourd’hui. Dans la question de l’issue je réagis à la question elle-même, réfléchir en terme d’issue c’est déjà poser comme évidente et comme indiscutable la notion de crise( c’est-à-dire kayna une crise lazem nokhordjou menha !),- oui il y a peut-être une crise il faut en discuter- mais pourquoi réfléchir en terme d’issue ? parce que réfléchir en termes d’issue c’est ne pas réfléchir en termes de processus ,comme si le moment où nous sommes aujourd’hui avec ces difficultés n’est pas le résultat d’un processus c’est-à-dire d’une longue période de changements visibles quelques fois mais le plus souvent invisibles qui a amené aussi bien les citoyens à espérer un changement que parce que c’est ça qui est important aussi que dans la lettre qui a été associée à la candidature du président Bouteflika pour un nouveau mandat, cette lettre son contenu essentiel c’est de promettre un changement et il faut souligner qu’elle promet une démarche inclusive c’est-à-dire après les élections il y aurait une conférence nationale tout le monde va y être on va dégager un programme politique économique culturel qui sera un programme national,il est prévu que même s’il faut faire des modifications dans la constitution eh ben elles seront faites c’est-à-dire bon en clair qu’il y aura peut-être un poste de vice président, bon c’est ça que les gens ont compris en tout cas et ce que les gens ont espéré, alors dans un cas comme dans l’autre regarde si tu enlèves dont ta réflexion l’idée qu’il y a eu un processus qui nous a ramené à la fois au niveau de la jeunesse algérienne à espérer un changement et au niveau des pouvoirs tel qu’il est aujourd’hui encore à sentir à comprendre qu’il doit proposer l’espérance l’espoir d’un changement c’est donc il y a eu d’un côté comme de l’autre le sentiment la perception l’impression que nous sommes arrivés non pas à une impasse qui nous demanderait une issue, c’est pas parce que le mot issue ça vient du mot impasse et du sentiment que ça ne peut pas marcher comme avant, mais ce qui signifie que tous ceux qui veulent réfléchir d’un point de vue du des programmes etc… d’emblée doivent se placer dans la perspective d’un changement déjà opéré ,bon je veux dire quoi, je veux dire si je dois parler aux jours des élections ,en fait c’est pas les élections qui seraient importantes pour moi, ce qui sera important c’est que je me place du point de vue d’un changement qui est déjà en train de se faire, qui est déjà en route et nous sommes dans un maillon intermédiaire et donc je vais réfléchir mais quelle orientation donner à ce changement ? changer pour aller vers quoi ? et changer en venant de quoi ? qu’est-ce qui s’est accumulé comme expérience économique, culturelle, politique, artistique etc… dans notre pays qui fait qu’on sort, bon évidemment tu me parles à moi sur la base de mes options c’est pas une nouveauté que je suis partisan du socialisme, que je pense que l’option du capitalisme qui a été prise après la mort de Boumediene est une option qui allait nous enfoncer dans un processus de crise, celle-là même dont on parle aujourd’hui, et que tout cela s’est fait en jouant sur des mots parce que le socialisme tel qu’il a été construit par Boumediene c’était d’abord pas le socialisme auquel on pense en général c’était la nécessité d’une économie solidaire, si l’état algérien au lendemain de l’indépendance avec toutes les fractures que nous avions subi du colonialisme en tant que système économique social et politique mais aussi de la guerre des guerres de résistance et ensuite de la guerre de libération nationale ce que la société notre société a payé le prix fort et est ce que en 62 il y avait des puissances économiques des puissances de l’argent qui auraient pu mobiliser des capitaux pour développer l’Algérie,il n’y en avait pas, le seul acteur qui pouvait mobiliser des capitaux pour construire des écoles des routes des hôpitaux des usines et prendre en charge un million et demi d’éclopés d’orphelins de guerre de veuves etc… c’était l’état et même l’état à l’époque était pauvre parce que les accords d’Evian c’était oui que nous avions l’indépendance le drapeau etc… mais aussi les accords d’Evian garantissaient les interêts à la fois des pieds noirs mais surtout des institutions économiques nées de la colonisation qui les assuraient c’est-à-dire les assurances les banques les mines( donc win kayen drahem manedenech c’était garanti par les accords d’Evian) et encore plus le pétrole, or pour que l’état puisse à un moment donné ouvrir les écoles ce qui était notre rêve c’est incroyable les gens d’aujourd’hui ne peuvent pas imaginer cela parce qu’il vivent dans des conditions totalement différentes mais le rêve de nos mamans de nos papas qu’on aille à l’école qu’on devienne des avocats des médecins d’abord, c’était ça, après ingénieurs mais des médecins et avocats parce que c’était les besoins nés de la colonisation. Eh ben cet argent n’était pas à nous, bon évidemment les terres non plus on n’avait pas droit mais le départ des pieds noirs les a laissés vides et il y a eu bagarre autour de » on officialise l’occupation des terres par les travailleurs ou bien on va contre ? »; bien des gens qui étaient contre, par exemple Dehiles le colonel Sadek qui insultait et les comités de gestion du processus en les appelant comités d’indigestion c’est-à dire qu’il accusait l’état de dormir; bon quand tu vois ça tu comprends que dans la haute hiérarchie de l’ ALN les gens n’étaient pas d’accord déjà sur l’option. A prendre l’indépendance mais continuer à rouler sur la base de l’économie de marché ce qu’on appelle économiquement système capitaliste ou alors et c’était ça l’option des officiers d’autres officiers de lALN officiers supérieurs notamment autour de Boumedienne pour qu’on aille vers une économie solidaire c’est-à-dire que ce pays qui était arraché par tout le peuple ce pays doit rendre au sacrifice de tout le peuple la plus grande partie possible des bienfaits de l’indépendance, et donc ce qui a été fait à l’époque est d’un courage immense, il ne faut pas oublier Mossadek,il ne faut pas oublier les coups d’états organisés à chaque fois qu’un gouvernement ou un état a essayé de récupérer ses richesses, le cas de Mossadek en Iran en 53 le canal de suez en 56 sans oublier les pays d’Amérique latine qui ont vécu les coups d’état à la chaine, eh ben l’Algérie a nationalisé, ce qui était une nécessité si nous voulions avoir de l’argent pour construire des écoles il fallait qu’on prenne cet argent là où il est, donc on a nationalisé les banques les assurances les mines et puis c’est le plus gros morceau c’était après c’était nationaliser le pétrole et c’était nationaliser en partie le pétrole parce que le contexte du moment était quasiment de guerre que nous risquions ,et ceci n’est pas en vérité le socialisme, je veux dire au sens classique du terme ,au sens marxiste du terme ; ça c’est la prise par l’état d’un acte de volonté et de souveraineté sur des richesses qui nous avaient été déjà spoliées parce que ni les banques ni les assurances ni les mines n’auraient pu être françaises s’il n’y avait pas eu l’acte de la colonisation et donc à ce moment-là eh ben il fallait qu’il y ait une volonté algérienne qui s’affirme pour avoir un destin un avenir différent de ce que vous avez déjà tracé dès l’intrusion coloniale et l’occupation coloniale qui est elle-même, maintenant ça dépend de celui qui parle, qui est elle-même un résultat d’un système économique mondial qu’on appelle impérialisme; bien sûr d’autres gens peuvent considérer que c’est une intrusion d’un autre système religieux, d’une volonté religieuse, bon ce n’est pas tout à fait faux puisque soit les prêtres précédaient les soldats soit les soldats précédaient les prêtres dans toutes les colonisations, ceci est une part de vérité mais pour d’autres la colonisation est une histoire d’occasions historiques -c’est des indigènes qui disent ça- ces occasions historiques pour permettre à des peuples dits retardataires d’avancer vers(?) et donc tu vois bien que même chez nous la perception de la profondeur de ce que c’est le système colonial on n’est pas d’accord, chacun sa perception; et ces ressources naturelles financières ont été nationalisées dans un but solidaire, on les a pas donné à un individu, c’est l’état qui les a pris, à partir de là on a dit socialisme mais c’était par défaut, les termes de (red dawn?) le contenu c’est le contenu qui nous permet de vivre encore aujourd’hui,le contenu c’était cela faire des usines, percer des routes , créer des hôpitaux ,développer les universités et les écoles, c’était cela le compte solidaire ça veut dire, pour utiliser une formule actuelle, qu’il y avait une socialisation des bénéfices et il y avait socialisation des moyens de production et il y avait aussi en face une socialisation des bénéfices de ce développement économique ;c’était aussi sur le plan philosophique sur le plan psychologique mais aussi affirmr sa volonté, les hommes ne peuvent pas comprendre qu’aujourd’hui déjà des jeunes d’aujourd’hui c’est pas qu’ils manquent d’intelligence c’est les conditions simplement qui sont différentes, combien d’entre nous qui sortions d’une époque coloniale dont la marque principale sur le plan moral et mental c’est un racisme combien on avait envie de leur remontrer à ceux qui nous ont colonisés de le remontrer sur nos capacités et que nous étions capables à la fois de devenir des ingénieurs des architectes de faire des camions de faire des tracteurs de faire des moteurs , il y avait derrière cette volonté nationale eh bien il y avait à la fois une sorte de revanche sur le racisme et surtout avec la volonté -ça marche ensemble- il y avait de l’optimisme social, il y avait l’optimisme de cette volonté en œuvre et en marche,et donc on était optimiste pour le pays; personne d’entre nous ne songeait à partir, évidemment il y a des gens qui sont partis,il y avait des gens qui d’ailleurs depuis l’époque coloniale n’avaient qu’une seule envie c’est d’être à l’étranger, de s’extraire de l’indigénat, mais quand tu vois aujourd’hui c’est cet optimisme quand après la mort de Boumediene on a fait le choix du capitalisme,eh bien c’était le choix d’entrer déjà à l’époque,c’était en 1980/1981,c’était déjà le choix d’entrer dans un système qui manifestait lui-même des accès de fièvre et des accès de crise; sur le plan pratique tu as eu l’idéologie vulgaire de « laissez-nous gagner, vous nous empêchez, c’est aberrant cette omniprésence de l’état » avec l’expression achevée, c’était huit ans après en 1988/1989 avec l’émergence du FIS avec comme slogan « Tidjara Halal/Commerce libre sans garde-fous et laissez-nous travailler » c’était cela et du point de vue du principe que vous n’avez pas à réglementer une activité qui est licite c’est-à-dire que si « Tidjara est Halal/ le commerce est licite » pourquoi alors la réglementer en imposant registre de commerce et impôts, parce que nous le licite/le Halal, il est supérieur au réglementaire, le Halal est au dessus de la loi, voilà pour l’expression vulgaire; ce qui n’était pas l’expression vulgaire c’était chez les modernistes et puis chez les socialistes repentis ils disaient que le choix du capitalisme était un choix judicieux parce qu’il allait permettre de ramener sur notre pays où il y avait encore de la survivance conservatrice, ils allaient nous amener la rationalité capitaliste, voilà ce qu’ils disaient, d’abord il fallait penser que le capitalisme à une rationalité ce qui est une équation mentale impossible, le capitalisme c’est un mode de production, c’est pas une personne ,c’est pas une organisation militaire politique , le capitalisme c’est un mode de production et donc il ne va pas te ramener la rationalité , il ne va pas te ramener la rationalité parce que sa propre rationalité il l’a construite sur trois quatre siècles de développement en Europe en faisant la série de crises que tout le monde connaît-les révolutions contre les révolutions, le retour des républiques…- enfin bref ,il serait en définitive que le capitalisme a mûri dans une expérience européenne qui l’a amené du stade de la manufacture au stade de la révolution industrielle, du stade de la révolution industrielle au stade primaire de l’impérialisme avec la fusion du capital financier et du capital bancaire, il faut lire Zola pour ceux qui qui veulent s’informer un peu, ou lire Lénine pour comprendre ce que ça veut dire la fusion du capital financier et du capital bancaire, et puis cette étape primaire de l’impérialisme s’est développé en impérialisme développé jusqu’à aujourd’hui en hyper impérialisme , où donc est passée sa rationalité ? qui va importer leur ratonalité comme si tu as apporté les usines clés en main que l’on reproche à Boumediene de ramener ! évidemment que c’est impossible, si tu ramènes le capitalisme , tu ramènes le principe de base qui est que l’intérêt individuel va primer sur l’intérêt collectif c’est à dire sur l’intérêt solidaire et nous avons le reversement d’équations ,ce n’est pas la socialisation des bénéfices du développement qui allait se passer c’était la privatisation des bénéfices du développement, cette privatisation va prendre des formes fantastiques parce qu’elle va apparaître sous la forme des individus-Tahkout/Haddad-c’est ça la privatisation des bienfaits du développement, et amener le capitalisme a été la fracture fondamentale principale qui fit que l’action de l’état a abandonné le terrain de la socialisation des bienfaits du développement vers sa privatisation et alors quand la volonté de faire quelque chose disparaît, tu laisses place à quelles forces ?pas du tout la logique du capitalisme ,tu vas laisser la place aux forces qui sont réelles dans la société et les forces réelles de la société à l’époque jusqu’à aujourd’hui c’était les liens tribaux et claniques et donc les richesses ont commencé à se créer puis à se développer et puis à s’imposer à travers les liens familiaux et on a commencé à placer des élus au niveau des mairies ou des wilayas ou au niveau de l’APN non pas pour réfléchir un programme national mais pour réaliser des intérêts sectoriels, non pas dans un esprit de solidarité sociale et nationale mais dans l’esprit de régler des problèmes étroits et personnels ( famille, tribu, clan, village , quartier etc…); c’est dans cette perdition de l’intérêt national, de l’idée que nous devons avoir conscience de l’intérêt commun, qui est supérieur à l’intérêt de chacun, est supérieur à la somme des intérêts de chacun, d’abord pour rappel, à l’ère de Boumediene où il était question d’harmonie et de solidarité qui sont essentielles, il y avait la question de l’équilibre régional et chaque région avait reçu sa part d’investissement et d’usines mais elle était aussi au niveau de la représentation et Boumediene prenait soin qu’à chaque niveau de représentation APN, gouvernement ainsi qu’aux autres institutions il fallait qu’on retrouve des élus des responsables des chefs des ministres qui représentent les différentes régions d’Algérie pour que jamais notre cohésion nationale ne soit prise en défaut ,Eh bien parce que la guerre d’indépendance notre guerre d’indépendance c’est notre guerre d’indépendance ensuite elle n’était pas basée sur la réalité d’une économie nationale, notre économie était encore une économie domestique et il a fallu qu’on construise cette économie nationale et le grand péril de Boumediene c’est d’avoir construit une économie nationale qui fait que nous achetons à Batna des téléviseurs de Bel Abbès, à Bel Abbès des tracteurs des moteurs de Simotrav(?) ,que nous achetions à Alger des souliers fabriqués à Tiaret ou des couvertures fabriquées à Bougie, c’était ce système d’échange de marché national que Boumediene avait créé, eh bien le marché national pour nous son contenu historique était une économie solidaire c’est-à-dire c’est une économie dans laquelle l’ensemble des algériens se retrouvaient ; on ne peut pas se retrouver en tant qu’ensemble algérien face à des gens qui importent des Kiwis, ni des bananes, l’importation l’économie d’importation dans laquelle nous sommes est une économie qui nous met en phase et directement avec l’étranger et non pas entre nous, ce n’est pas un système d’économie qui permet des échanges à terme mais qui permet la domination des produits extérieurs et donc du facteur du marché international, et c’est ces systèmes et ces mécanismes sur lesquels s’appuient les systèmes concrets, réels de parenté soit directe soit clanique qui a usé au fur et à mesure notre cohésion nationale, alors nous nous retrouvons qu’à mesure que la cohérence ramenée par le développement solidaire se détruisait et aboutissait à la perte de capacité de décision, alors nous avons eu deux grandes phases:- La première phase de la désocialisation a été l’idée qu’il fallait vendre les usines à des capitalistes nationaux ,c’est comme ça qu’on a vendu l’usine Tamzali qui aurait du revenir à la famille Tamzali qui était encore vivante eh ben on l’a vendue à Rebrab mais pas seulement on a vendu à Rebrab l’usine de sucre de Khemis Milianaqui était un projet national et qui était lié avec la culture la betterave sucrière , et la culture de la betterave sucrière allait de Miliana à Aïn Defla avec promesse qu’il allait maintenir et l’usine et la production sucrière, et une production algérienne de sucre qui avait déjà commencé, résultats des courses il ferme l’usine malgré l’accord signé et la culture de la betterave sucrière s’arrête et nous importons du sucre c’est à dire d’emblée dans ce système capitaliste où c’est la règle du profit qui est primordiale qui est la première qui est la loi supérieure et bien là il y avait infiniment plus de profit immédiat à importer du sucre que de fabriquer en Algérie et voilà ici comment l’intérêt privé a supplanté tout intérêt national; bon cette privatisation des ensembles industriels a amené à une crise qui a été aggravée en 1986/1985 par la chute des prix du pétrole et ce que nous avons eu après la phase suivante c’est que quand tu rentres dans le capitalisme, tu perds la main sur les décisions, sur ta volonté, tu n’as plus la décision de faire ce que toi tu veux, mais au fur et à mesure tu vas faire ce que le marché veut, or le marché c’est pas un fantôme, le marché c’est le système complexe des prêts, des dettes, le FMI, la Banque Mondiale, qui chaque fois que cette option qualifie d’untel est en crise comme elle nous a mis en crise, bien après la Tunisie après les émeutes du pain du Caire qui ont débouché sur Saddate et l’Infitah, la deuxième étape est qu’à chaque fois que tu es ancré dans le capitalisme, pour résoudre le problème du capitalisme il te faut plus de capital pas moins et la deuxième étape figure toi qu’elle a commencé dans les années1999, les années 2000 on a commencé à compter sur les IDE l’investissement direct étranger allaient, et malgré que nous étions dans le système capitaliste, on nous a expliqué qu’ on n’a pas su, on n’a pas su et on nous a ramené des experts pour nous expliquer qu’il nous manquait l’intelligence économique, on savait pas mettre l’emballage pour vendre notre produits etc… eh ben les IDE ça a été la désillusion, on leur a dit d’accord, on va offrir on va donner toutes les conditions qu’ils veulent aux émissaires étrangers pour qu’ils viennent; le problème numéro un c’est quand ils viennent c’est pour faire quoi ? Ils viennent pour réaliser les profits ou bien pour réaliser tes besoins ? ils vont venir pour réaliser des profits ,c’est la question numéro une et donc il faut bien que s’ils viennent il faut que tu aies un minimum de maitrise sur les dégâts que leurs profits vont produire; bon comment dire à des jeunes qu’en 2000 ou 2001 tout le monde parle du port de Djendjen, qu’ils vont venir s’installer à djendjen d’où partiront les marchandises mais personne ne s’est présenté au port de Djendjen, parce que les IDE ne se déplacent pas de cette façon-là; ce n’est pas une concurrence entre nous et la chine ou entre nous et le Maroc ou entre nous et la Malaisie pour penser qui c’est qui va offrir les meilleures conditions et les meilleures garanties, on n’est pas au Souk/Bazar où il y a concurrence sur le prix du kilo de sardine, non les IDE se déplacent en fonction d’autres critères qui ne sont pas des critères uniques de main d’œuvre ,des prix de la main d’œuvre et je me souviens bon et j’ai le temps de me souvenir que notre premier plan pour inciter les IDE à venir c’était qu’on a mis 50 millions $ sur le marché algérien histoire de les faire venir travailler, nous avions accompagné ces 50 milliards d’un certain nombre de conditions ,on a demandé aux constructeurs automobiles et aux importateurs d’automobiles de venir investir mais qu’au bout de trois ans vous construisez vos usines de montage, pour les médicaments c’est les mêmes conditions et le même principe conducteur, évidemment il ne l’ont jamais fait.Ils l’ont fait maintenant, mais maintenant que cela fait trois ans que le marché de l’automobile se resserre une fois qu’on a acheté une quantité incroyable de véhicules,ils ont trouvé le marché ouvert et ils ne se sont pas génés pour prendre les 50 Milliards que nous y avons injectés, mais ils nous encore embobinés en nous disant que pour les IDE ,il faut aussi des accords il faut des garanties… Nous avons signé l’accord d’association avec l’Union Européenne en 2003 sous Belkhadem alors ministre algérien des affaires étrangères mais celui ou ceux qui ont donné l’ordre de signer restent inconnus à ce jour; et l’accord d’association avec l’union européenne personne n’y a participé, même pas les capitalistes même pas ceux qui avaient des usines donc le droit de parler et si vous faites ça vous allez ruiner votre production nationale et les accords avec l’Union Européenne n’a jamais abouti sur des investissements dits être directs étrangers européens en Algérie, par contre ils ont débouché sur la multiplication du financement des ONG dans tous les domaines, ils ont donc financé les ONG qui au final sont devenues quoi ? sont devenues une armée de fonctionnaires sous payés pour diffuser le point de vue politique de l’Union Européenne, voila ce qui s’est passé. Ils les ont aidé à créer des radios, ils ont ils ont financé des ONG qui allaient dans les villages pour parler des droits de l’homme des droits démocratiques , enfin ils ont financé la propagande et tout cela est connu mais nulle trace d’investissements à l’horizon; enfin l’association avec l’Union Européenne n’a rien donné, croire dans les IDE ça n’a rien donné, d’ailleurs en 2005 après son deuxième mandat le président Bouteflika avait formulé cette remarque » Ils ne sont pas venus » mais qu’est ce qui s’est passé pour que cette Algérie, optimiste sous politique d’économie solidaire, passe à une Algérie pessimiste et désespérée, comment se fait-il que nos enfants aillent mourir en mer plutôt que de rester en Algérie; le problème ce n’est pas tellement que des ministres, parce que c’est arrivé, les accusent de traîtrise, que d’autres notamment responsables du FLN elle les méprisent et parle des suicides, le problème c’est comment nos positions qui sont censés aussi apporter le débat sur les questions des espérances des citoyens soient absents, qui connaît les élections dont personne n’en parle, qui c’est qui a posé un débat national sur le pourquoi nous enfants fuient , comment ce pays soit passé de l’optimisme à ce pessimisme mortel et en évoquant la période où l’on a basculé vers le capitalisme en 1994 nous avions signé un accord avec le FMI qui nous bloquait l’augmentation des salaires et qu’est ce qui s’est passé avec le capitalisme, sous l’ère Boumediene on avait au moins le SGT c’est-à-dire que nous avions un système d’harmonie des salaires où l’ingénieur est mieux rémunéré qu’un technicien supérieur et ce dernier à son tour touche un salaire plus important que celui d’un ouvrier hautement qualifié, il y avait donc une hiérarchie qui visait à une harmonie sociale , il ne fallait pas qu’il y ait désharmonie sociale, évidemment il n’y avait pas d’harmonie qui était parfaite, le SGT était l’œuvre de Ahmed Akkache Allah yarahmou puis il y a eu un autre qui a joué un grand rôle dans sa réalisation c’est Rachid ??????? mais aujourd’hui nous avons signé un accord avec le FMI en 1994 qui bloquaient l’échelle dans les salaires dans la fonction publique et nous en arrivons aujourd’hui dans la désharmonie, dans la catastrophe c’est à dire que nous avons des médecins qui touchent 45000 , 500000, 60000, 70000 dinars c’est-à-dire 2000 dinars par jour alors que le dernier des manœuvres touche 2000 dinars en Algérie, il est impossible pour les médecins de vivre avec 2000 dinats par jour parce que même dans le système capitaliste on estime que le cas de cadres supérieurs c’est-à-dire médecins ingénieurs architectes techniciens supérieurs économistes parmi leurs besoins vitaux il n’y a pas que la pomme de terre il y a aussi les outils culturels les livres la fréquentation des théâtres cinémas etc… comment est ce qu’il va pouvoir aller au théâtre, idem pour les livres dont le plus prix est de 810 dinars; cette politique de blocage des revenus d’ingénieurs ,de compétences que nous avons formé avec notre argent on leur demande de partir on les expulse et on expulse nos cerveaux depuis cet accord avec le FMI, en fait depuis 1994 avec une accélération continue et est ce qu’on en parle du côté de l’opposition ? Qui c’est qui a mis ça sur la table et dire on ne peut pas l’Algérie ne peut pas continuer à financer la formation des ressources humaines aussi capables aussi importantes et puis les offrir à l’étranger( Canada ,France etc…) voilà ce que veut dire la perte de volonté mais parce qu’avec la perte de volonté il ya également la perte de la perception du problème c’est-à-dire on est soumis à des… Alors pourquoi l’état est incapable d’augmenter les salaires et nous avons une série de conséquences de l’option capitaliste parmi lesquelles la perte de votre capacité de souveraineté, vous perdez votre capacité de volonté et en perdant votre capacité de volonté ,vous perdez la capacité de vous imposer; alors la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui c’est une étape intermédiaire qui décide de ce long processus de désinvestissement de notre volonté nationale, de notre attachement et dans notre devoir d’attachement d’ailleurs équivaut à une société à un état solidaire tel que programmé dans le 1er novembre et ensuite proclamé dans le congrès de la Soummam, c’est une situation qui est désolante mais on ne peut pas sortir comme ça dans la rue et croire qu’on va résoudre une impasse ,parce que croire que nous avons trouvé une issue à une impasse c’est croire qu’il y a une crise des institutions ,croire qu’il y a une crise du régime, bien sûr qu’il doit y avoir des problèmes d’institutions, des problèmes de régime, mais ce qui est le véritable problème de notre pays c’est la crise de l’option ,c’est quelle est cette option que nous avons adoptée, que nous avons prise et qui nous a amenés dans ce processus de désarmement, alors pendant cette longue période il y a eu ceux qui ont appelé à la désertification industrielle, nous avons fermé nos usines, et de grandes usines celles qui étaient porteuses, en réalité il s’agissait d’un désarmement industriel, on a désarmé l’Algérie face à ses concurrents du point de vue de l’économie mondiale sans doute, on a vu ensuite le désarmement politique de l’Algérie, comment nous n’étions plus capables de prendre des décisions, et le gouvernement se fait taper sur les doigts par l’union européenne au moindre écart jugé non conforme à leur politique, le désarmement politique c’est que les lois étrangères s’appliquent dans ton pays, alors qu’une ONG américaine qui a été agréée par l’état algérien alors que l’association de quartier pour aller faire du jardinage ne reçoit pas de récépissé d’agrément; et puis il y a eu ce qui est pire c’est le désarmement culturel quand l’Algérie c’était L’Algérie officielle devant la caravane Camus qui vous nous expliquer que Camus c’est un algérien alors que lui ne voulait pas être algérien c’est-à-dire n’importe qui se permet des libertés avec notre patrimoine culturel; des fois ils organisent des caravanes de français pour venir nous dire que Camus c’est le beau visage de la colonisation et ils viennent discuter avec nous les bases de notre identité nationale ?! ceci n’est du qu’au silence de nos autorités mais le comble c’est après des tournées qui signent un accord avec des français pour le financement de films, la réalité c’est que c’est nous qui finançons les projets de films français et on n’a aucune chance selon les termes de ce contrat de faire financer par les français un projet de films algériens et nous arrivons à cette compagne du film « l’oranais », du fim « les hors la loi » où on nous présente l’ALN/FLN comme étant un ramassis de brigands, de voyous et c’est là où nous en sommes et nous ne pouvons pas parler pour dénoncer. Est ce qu’il y a encore aujourd’hui les capacités de de parler des élections, se dire c’est maintenant déjà le principe de base c’est de se situer dans un post changement à ce stade cela veut dire que le changement est en train de se faire, on discute pas on va garder le système actuel ????? c’est quel système peut correspondre à votre ????? est donc ça vatrès difficile parce qu’il vient de lire une contribution n ont ni de combien délicat qui sont en train de se battrebientôt pour pouvoir prendre le pouvoir et pas le pouvoir par exemple et un montant très longtemps maintenant il se bat pas pour savoir qui quel est celuides deux qui va avoir la suprématie sur notre qui va arracher sur pouvant de lapeau les mains des poissons qu’on est alors née à kiev où l’on pensé à unealgérie unis et d’en tirer solidaire et m’aguerrir notre peuple le droit de vivre dans la dignité dans avec despossibilités de travail de logement de culture éducation alors comment on va faire pour dire ets’agit pas de parler de changement qui ta façon qui est toujours en 30 c’est bien mais quelle direction donner à ce changement j’espère que je vais prendre un taxi
