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  • Hekmat Aboukhater- Le lobby anti-syrien fait pression sur le Congrès américain pour affamer encore plus le peuple syrien

    Hekmat Aboukhater- Le lobby anti-syrien fait pression sur le Congrès américain pour affamer encore plus le peuple syrien

    À une semaine du 13ème anniversaire de la sale guerre syrienne soutenue par les États-Unis, la Coalition américaine pour la Syrie a organisé sa journée annuelle de plaidoyer à Washington DC. Je me suis infiltré dans des réunions avec des conseillers politiques du Sénat et j’ai été témoin de la campagne cynique du lobby visant à affamer la Syrie et à la soumettre.

    Le matin du 7 mars, alors que le Capitole grouillait de lobbyistes cherchant à obtenir des affectations avant la semaine des crédits et d’activistes dénonçant le génocide de Gaza, un groupe d’intérêt particulier s’est distingué sur la colline. Dans les couloirs du bâtiment Rayburn, un groupe d’une cinquantaine de personnes se préparait à une journée bien remplie de plaidoyer en faveur de sanctions à l’encontre de leur pays.

    Il s’agissait du lobby anti-syrien, dont j’avais infiltré la campagne d’influence.

    Tout au long de la journée, j’ai observé ce groupe pousser les responsables américains à accepter leur politique de sanctions pour affamer la Syrie, tout en ignorant cyniquement les Palestiniens affamés de Gaza.

    Parmi les lobbyistes se trouvait Raed Saleh, le chef des Casques blancs syriens, qui devaient faire de la propagande en faveur d’un changement de régime sous couvert de l’aide humanitaire.

    J’ai assisté à sept réunions avec des équipes politiques représentant les sénateurs Sherrod Brown, Maggie Hassan, Ben Cardin, Mark Kelly, Chris Van Hollen, John Fetterman et Rick Scott. Tout au long de ces séances, j’ai vu le lobby anti-syrien tenter d’intimider et de manipuler les responsables américains pour qu’ils acceptent leur politique de famine, tout en jetant cyniquement sous le boisseau les Palestiniens affamés de Gaza.

    À un moment donné, Raed Saleh, chef des Casques blancs syriens, qui ont été fondés par les services de renseignement britanniques et financés par les États de l’OTAN, a présenté les frappes aériennes israéliennes contre la Syrie sous un jour favorable.

    Carte de la guerre civile syrienne (24 novembre 2023) via Wikimedia Commons.

    Lors d’une autre réunion, Wa’el Alzayat, de l’organisation musulmane pro-sioniste Emgage, a même demandé au bureau du sénateur Chris Van Hollen de soutenir l’approbation de l’aide aux milices liées à Al-Qaïda en Syrie.

    «Arrêtez de paniquer à propos de l’aide aux terroristes», a-t-il insisté, ajoutant que «les Britanniques le font, les Turcs le font, [et] les Qataris le font».

    Se présentant comme le porte-parole de tous les Syriens, le lobby anti-syrien est dirigé par la Coalition américaine pour la Syrie (ACS), une organisation qui regroupe des groupes d’opposition tels que le Conseil syro-américain (SAC), le Forum syrien et une poignée d’autres groupes situés aux États-Unis et en Turquie.

    Emgage, quant à lui, a été crédité d’avoir fait voter la diaspora pour le candidat de l’époque, Joe Biden, en novembre 2020. Le groupe a depuis été critiqué pour avoir agi comme une extension de facto de la Maison-Blanche de Biden et du parti démocrate au sein de la communauté musulmane.

    Farooq Mitha, membre du conseil d’administration d’Emgage, a officiellement travaillé pour le Pentagone de Biden en mars 2021. Le 7 mars, Alzayat a cherché à utiliser l’influence d’Emgage contre les sénateurs démocrates qui semblaient mal à l’aise avec la politique d’escalade des sanctions.

    «J’ai besoin d’une bonne histoire pour mes électeurs», a-t-il expliqué à l’équipe du sénateur Van Hollen.

    Tout au long de leur campagne de sanctions sur la Colline, Alzayat et ses acolytes ont fonctionné comme une version miniature de leurs alliés du lobby israélien, en fournissant à une cinquantaine de bénévoles des dossiers décrivant les points de discussion et les biographies des représentants du Congrès. Les biographies comprenaient une liste complète des positions enregistrées du sénateur ou du représentant sur la Syrie, telles que leurs votes sur l’extension de l’AUMF, le retrait militaire américain de Syrie et les précédents trains de sanctions visant le pays.

    Les documents exposent également les principales demandes législatives du lobby, qui se concentrent essentiellement sur l’obtention d’une aide au développement pour les territoires contrôlés par les milices en Syrie – y compris ceux détenus par l’allié local d’Al-Qaïda dans le pays – et sur l’adoption du «projet de loi contre la normalisation du régime Assad», qui vise à prolonger et à étendre les sanctions à l’encontre de Damas.

    La ressemblance du lobby anti-syrien avec ses homologues israéliens n’est pas une erreur. Comme le chef de cabinet du sénateur républicain de Floride Rick Scott nous l’a assuré, «les Israéliens veulent que vous soyez aux commandes».

    Depuis que les États-Unis ont inscrit la Syrie sur leur première liste d’États soutenant le terrorisme (SST) en raison du soutien de Damas à la résistance palestinienne en 1979, Washington a progressivement intensifié sa guerre financière contre le peuple syrien. Lorsque des décennies de guerre hybride secrète ont débouché sur une bataille par procuration pour le territoire – et la survie – du pays en 2011, le lobby anti-syrien a officiellement commencé à prendre forme à Washington.

    En 2019, alors que le gouvernement syrien sortait victorieux d’une bataille de plusieurs années contre des milices soutenues par l’étranger, Washington a décidé que Damas avait peut-être gagné la guerre, mais qu’il ne ne faudrait pas lui permettre de gagner la paix. En janvier, le représentant de New York Eliot Engel, qui a reçu 1,8 million de dollars de dons de l’AIPAC, a présenté un ensemble de sanctions connu sous le nom de «Caesar Syria Civilian Protection Act» (loi sur la protection des civils en Syrie). Trump a signé le projet de loi dans le cadre de la loi sur l’autorisation de la défense nationale (NDAA) de 2020.

    Le lobby anti-Syrie à Washington, poussé par le lobby israélien, dénonce les
    sénateurs hostiles à la politique américaine antisyrienne comme les
    Sénateurs Rand Paul et Mitch McConnel.

    Le projet de loi était sans précédent, à la fois parce qu’il sanctionnait de vastes secteurs de l’économie syrienne plutôt que des individus spécifiques, et parce qu’il prévoyait ce que l’on appelle des «sanctions secondaires». Les sanctions secondaires sont imposées aux parties qui font des affaires avec une entité sanctionnée, même si ces échanges ont lieu en dehors de la juridiction de l’entité sanctionnée.

    L’économie syrienne est en chute libre depuis l’entrée en vigueur des sanctions Caesar. Aujourd’hui, plus de 12 millions de Syriens, soit plus de la moitié de la population totale, sont confrontés à l’insécurité alimentaire, ce qui représente une augmentation de 51% par rapport à 2019. Par ailleurs, 90% de la population vit sous le seuil de pauvreté. En 2019, le dollar américain s’échangeait contre 500 livres syriennes. Aujourd’hui, ce chiffre est plutôt de 14 100, ce qui représente une dévaluation de 2720%.

    Bien que le projet de loi H.R. 3202 semble se concentrer sur la divergence de l’aide de l’ONU et sur les sanctions à l’encontre d’entités non sanctionnées auparavant, telles que le Syria Trust for Development de Asma Al Assad et le Croissant-Rouge syrien, le véritable programme du projet de loi se trouve au plus profond de son texte de 22 pages.

    Les sanctions Caesar devant expirer à la fin de l’année 2024, le projet de loi H.R. 3202 vise à prolonger discrètement les mesures financières agressives jusqu’en 2032.

    Après avoir été adopté par la Chambre des représentants avec un enthousiasme débordant, le projet de loi apparenté à la H.R. 3202 au Sénat ne peut être adopté qu’avec le soutien des démocrates. Elle a été introduite par le sénateur républicain de l’Idaho James Risch, financé par le lobby israélien, en septembre dernier, et a depuis été coparrainée par le sénateur archi-néoconservateur de Floride Marco Rubio.

    Étant donné que la loi S. 2935 ne peut être adoptée qu’avec le soutien des démocrates, le lobby anti-syrie a choisi le sénateur Ben Cardin, président de la commission sénatoriale des affaires étrangères et parrain de la loi Magnitsky contre la Russie, comme cible privilégiée pour exercer son influence.

    Après avoir rencontré le bureau de Sherrod Brown, l’assistant législatif et de recherche de Ben Cardin, Christopher Barr, nous a accueillis dans le bureau du sénateur. Là, Raed Saleh des Casques blancs s’est plaint à M. Barr que l’USAID avait réduit le financement de son organisation de 12 millions de dollars à 3 millions de dollars ces dernières années.

    Ensuite, il était temps de discuter du véritable objectif de notre visite : l’adoption de la loi S. 2935.

    Barr a semblé mal à l’aise dès le départ et a même exprimé son mécontentement à l’égard du projet de loi, se plaignant : «Ce qui a été adopté par la Chambre, c’est un peu trop… la liste des cibles est vaste».

    «La Syrie a déjà été lourdement sanctionnée», a-t-il ajouté.

    En réponse, Ghanem a révélé une information cruciale sur les forces qui mènent la sale guerre contre la Syrie, expliquant que l’impulsion pour étendre et prolonger Caesar n’est pas venue du lobby anti-syrien lui-même, mais de quelqu’un au Capitole. Ghanem a expliqué que cette source avait en fait contacté la Coalition américaine pour la Syrie pour l’avertir que Caesar allait expirer, déplorant le fait que son expiration équivaudrait à une perte de «l’influence des États-Unis sur le régime syrien».

    Les États-Unis ont une tradition de 45 ans de sanctions et d’isolement économique
    de la Syrie en réponse au soutien de ce pays à la résistance palestinienne

    Cette phrase fait écho au langage inquiétant des représentants de l’administration Biden et de l’administration Trump. En 2019, l’activiste néoconservatrice Dana Stroul a déclaré que grâce à César, Washington «détient une carte pour empêcher l’aide à la reconstruction et l’expertise technique de retourner» en Syrie. Elle a loué le fait que les États-Unis pouvaient utiliser ce «levier» pour maintenir la Syrie dans les «décombres». Deux ans plus tard, elle occupera le poste de secrétaire adjointe à la défense pour le Moyen-Orient sous la direction de Biden.

    De même, lors d’un événement organisé l’année suivante par le groupe de réflexion néoconservateur WINEP, l’envoyé spécial de Trump pour la Syrie, Joel Rayburn, s’est vanté du fait que Caesar «abaisse la barre» des sanctions fondées sur des preuves et permet de cibler largement tous les projets de reconstruction en Syrie.

    «Nous n’avons pas besoin de prouver, par exemple, qu’une entreprise qui se lance dans un projet de reconstruction dans la région de Damas traite directement avec le régime de Assad», a expliqué Rayburn.

    «Nous n’avons pas besoin d’avoir les preuves de ce lien», a-t-il poursuivi. «Il nous suffit d’avoir les preuves qu’une entreprise ou un individu investit dans (…) le secteur de la construction, le secteur de l’ingénierie, la majeure partie du secteur de l’aviation, le secteur financier, le secteur de l’énergie, etc.».

    Ces aveux publics n’ont pas empêché le lobby anti-syrien de mentir au nez et à la barbe des membres du personnel du Congrès tout au long de sa campagne du 7 mars. Lors d’une réunion avec le bureau du sénateur Mark Kelly, Ghanem a faussement déclaré que les sanctions de César étaient «ciblées», «pas sectorielles» et «pas un embargo, rien de punitif pour les civils».

    Pourtant, Alena Douhan, la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les sanctions qui s’est rendue en Syrie pour documenter les effets du régime de sanctions unilatérales de Washington sur la Syrie, n’est pas d’accord. Dans son rapport de 19 pages, elle affirme clairement que les sanctions sont à la fois illégales et inhumaines dans la manière dont elles affectent le Syrien moyen.

    La deuxième demande législative a pris la forme d’un discours bien préparé par Ghanem, Zayat et d’autres, décrivant ce que l’argent des contribuables américains finance ou ne finance pas en Syrie. Les programmes d’aide américains sont généralement divisés en deux catégories : le «financement humanitaire» destiné à des biens tels que la nourriture, l’eau et les fournitures médicales de base, ou le financement de «stabilisation» conçu pour sécuriser un pays qui sort d’une période de troubles. Contrairement à l’aide humanitaire, le financement de la stabilisation peut être utilisé pour soutenir des investissements majeurs et des projets d’infrastructure tels que des routes, des écoles, des installations de soins de santé et des services gouvernementaux.

    Les États-Unis sont le principal bailleur de fonds de l’aide humanitaire dans le nord-est et le nord-ouest de la Syrie. Cependant, alors que les États-Unis dépensent sans compter pour répondre aux besoins de stabilisation dans le nord-est de la Syrie, ils ne dépensent rien dans le nord-ouest.

    En effet, alors que Washington rêve depuis longtemps d’établir un État kurde sécessionniste dans le nord-est de la Syrie, il a négligé d’envoyer des fonds de stabilisation dans le nord-ouest afin d’éviter d’apporter un soutien direct à HTS, la branche d’Al-Qaïda qui gouverne le territoire. Le lobby anti-syrien était à Washington pour changer cela.

    La Syrie est le champion incontesté du SST, n’ayant jamais été retirée
    de la liste depuis sa création en 1979.

    Wa’el Alzayat, un expatrié syrien qui a fièrement servi dans la zone verte de l’Irak sous le département d’État de George Bush et qui a récemment publié un éditorial choquant dans le Washington Post, suppliant les responsables américains de ne pas «lever les sanctions pour aider les victimes du tremblement de terre en Syrie», a pris la tête de la campagne en faveur de l’octroi de fonds américains à des éléments affiliés à Al-Qaïda dans le nord-ouest de la Syrie. Dans le bureau du sénateur Chris Van Hollen, Alzayat a exprimé sa frustration face à l’hésitation des États-Unis dans le Nord-Ouest.

    «Cessez de vous inquiéter de ce qui va aux terroristes», a-t-il demandé, ajoutant que «les Britanniques le font, les Turcs le font, les Qataris le font».

    «Nous manquons une occasion en or de stabiliser la région et d’en tirer parti pour un règlement politique», a-t-il plaidé. En d’autres termes, Alzayat faisait ouvertement pression sur les responsables américains pour qu’ils renforcent la position d’Al-Qaïda en Syrie afin que le groupe terroriste puisse s’opposer au gouvernement du pays.

    Alzayat a ensuite utilisé son salaire à six chiffres en tant que directeur d’Emgage pour intimider le bureau de Van Hollen afin qu’il s’incline devant le lobby anti-Syrie, en prétendant faussement que son organisation liée à l’AIPAC était «derrière» les campagnes de vote «Uncommitted» qui ont nui à la performance de Biden lors des primaires dans le Michigan et le Minnesota.

    Vers la fin de la réunion, le lobbyiste du changement de régime a cyniquement invoqué le massacre par Israël de 30 000 Palestiniens à Gaza pour justifier une dernière fois la présence d’Al-Qaïda en Syrie.

    Il a fait valoir que même si «sa communauté» est en colère contre le financement et l’armement du génocide de Gaza par l’administration Biden, elle reviendrait volontiers vers le parti démocrate si les États-Unis finançaient des routes et des écoles dans la région d’Idlib, contrôlée par Al-Qaïda.

    «J’ai besoin d’une bonne histoire pour mes électeurs», a expliqué Alzayat, soulignant la désapprobation de la communauté musulmane à l’égard de la politique de l’administration Biden à Gaza et au Yémen.

    «Vous êtes contrariés par toutes ces déceptions», a-t-il poursuivi en jouant un scénario dans lequel il convainc un électeur musulman de voter à nouveau pour Biden. «Devinez quoi ? Ils injectent 50 millions d’euros dans le secteur scolaire du nord [de la Syrie] !»

    La crise israélo-palestinienne a occupé une place importante tout au long du voyage de lobbying de l’AEC. La secrétaire du sénateur Sherrod Brown était une musulmane voilée qui portait un pendentif représentant la carte de la Palestine autour du cou. Lorsqu’elle nous a accueillis, Farouk Belal, le président du Conseil syro-américain, a grommelé à Ghanem et à moi : «J’espère qu’elle ne fait pas partie de la résistance».

    Lorsque je lui ai demandé de préciser ce qu’il voulait dire en sortant du bureau, il a expliqué que les personnes alignées sur la cause palestinienne à Washington «ne nous aiment pas».

    Pendant ce temps, dans le bureau du sénateur Cardin, Raed Salah, des Casques blancs, présente sous un jour favorable les frappes israéliennes sur la Syrie, qui ont paralysé les infrastructures syriennes, endommagé régulièrement les aéroports civils internationaux du pays et tué des centaines de soldats syriens et de civils :

    «La situation en Syrie est très compliquée. Chaque jour, nous entendons parler de frappes israéliennes sur les repaires ou les bases du CGRI et de ses milices. Même nous, les Syriens, ne savions pas à quel point les Iraniens étaient implantés dans le pays…»

    Pour Saleh, les frappes israéliennes ne font que souligner la présence militaire iranienne en Syrie, invitée par le gouvernement syrien.

    La monnaie syrienne s’est dévaluée de 35 150 % depuis le taux
    de change initial de 40 SYP pour 1 USD début 2011

    Plus tard dans la journée, Ghanem a tenté de capitaliser sur le fanatisme pro-israélien du sénateur Fetterman en décrivant les récents développements en Syrie à un collaborateur âgé d’une vingtaine d’années. Se référant à la campagne réussie du gouvernement syrien pour reprendre le territoire du sud, il a expliqué que le sud est «l’endroit où ils lancent des missiles sur Israël, soit dit en passant». L’assistante a consciencieusement transcrit cette information apparemment aléatoire dans son bloc-notes. Vers la fin de la réunion, il a été question de Fetterman en tant que sponsor démocrate potentiel de la loi S. 2935 au Sénat.

    Dans le bureau du sénateur Rick Scott, un associé cubano-américain des relations gouvernementales de l’AEC, Alberto Hernandez, a accidentellement dit la partie silencieuse à haute voix.

    Lorsque le conseiller ultra-sioniste à la sécurité nationale du sénateur Scott, Paul Bonicelli, a demandé si notre groupe avait pris contact avec nos «homologues» du lobby israélien afin qu’ils puissent «vérifier» nos propositions – révélant ainsi que Scott a apparemment confié son cerveau à des sionistes – Hernandez a fait remarquer : «Officiellement ? Non. De manière informelle».

    Il s’est ensuite tourné vers le reste de l’équipe de l’AEC dans la salle de réunion et a dit : «Vous ne m’avez pas entendu dire cela».

    Cet aveu a incité Bonicelli à suggérer que l’AEC se coordonne directement avec des groupes tels que l’Église araméenne d’Israël, qui a soutenu les efforts de changement de régime à Damas en dépit du soutien massif des chrétiens au gouvernement syrien lui-même.

    Alors que la réunion touchait à sa fin, Bonicelli nous a informés qu’il était d’accord avec l’AEC sur la nécessité de s’opposer à l’Iran et à la Russie.

    «Si Obama avait fait ce qu’il fallait en 2012, nous ne serions pas ici», a-t-il déploré, ajoutant : «les Israéliens veulent que vous soyez aux commandes».

    À un moment de la réunion dans le bureau de Rick Scott, Alberto Hernandez et Sarah Salas, une assistante législative cubano-américaine, ont exprimé leur accord total avec l’utilisation par les États-Unis de sanctions unilatérales comme moyen de «pousser» les gouvernements que «nous n’aimons pas».

    Bien que plusieurs bénévoles de l’AEC aient partagé des rencontres personnelles douloureuses avec le gouvernement syrien tout au long de la journée, beaucoup étaient tout simplement trop éloignés de la Syrie pour représenter véritablement la voix du peuple syrien, en particulier les plus de 12 millions de civils qui vivent actuellement dans le territoire contrôlé par le gouvernement syrien.

    Une femme de 24 ans, qui ne parlait pas arabe et n’était pas allée en Syrie depuis 2003, a décrit la libération d’Alep par l’armée syrienne en 2016 contre les militants liés à Al-Qaïda comme «la chute d’Alep».

    À un moment donné de la réunion dans le bureau de Rick Scott, Alberto Hernandez
    et Sarah Salas, une assistante législative cubano-américaine, ont exprimé leur
    accord total avec l’utilisation par les États-Unis de sanctions unilatérales comme
    moyen de «pousser» les gouvernements que «nous n’aimons pas».

    D’autres Syriens comme moi ont vécu de près la terreur de la guerre par procuration menée par l’Occident en Syrie. En 2012, ma tante et mes cousins ont assisté avec horreur à l’arrivée dans leur rue, dans le quartier de Seryan El Jdideh à Alep, du Liwa’ Al Tawhid, un groupe de milices djihadistes takfiris soutenu par la Turquie. Les militants ont exécuté un chauffeur de camionnette local et ont volé son véhicule, laissant son cadavre en sang dans la rue. Shahba, où ma famille a vécu jusqu’en 2015, se trouvait à deux pas de ces escadrons de la mort sectaires pendant les derniers mois de notre séjour.

    La sale guerre syrienne a été sanglante et épouvantable, mais le tableau que brosse l’AEC est totalement unilatéral. Malheureusement, alors que des organisations comme l’AEC ont afflué dans le marais du Beltway au cours des 13 dernières années, il n’y a pas de Syriens présents à Washington DC pour les contrer. Alors que ces groupes prétendent parler au nom du peuple syrien, ceux d’entre nous qui ont vécu et vivent encore dans des zones contrôlées par le gouvernement syrien – quelle que soit leur affiliation politique – sont privés de voix dans le centre même du pouvoir, là où notre point de vue devrait compter le plus. Même l’ambassade de Syrie est fermée depuis 2014, tandis que les diplomates syriens à l’ONU à New York sont fortement surveillés et ne peuvent pas voyager au-delà de la zone métropolitaine de New York.

    Comme j’ai pu le constater au Capitole, il y a peu d’obstacles à la poussée impitoyable du lobby anti-syrien pour empêcher la majorité des Syriens de sortir des ruines de la guerre.

    source : The Grayzone 

  • عادل ضاهر : عرض كتاب-تَسْيِيس الدّين  =/= الدّيمقراطيةأوليّة العقل – نقد أطروحات الإسلام السياسي للمؤلف عادل ضاهر

    عادل ضاهر : عرض كتاب-تَسْيِيس الدّين  =/= الدّيمقراطيةأوليّة العقل – نقد أطروحات الإسلام السياسي للمؤلف عادل ضاهر

    أوليّة العقل - نقد أطروحات الإسلام السياسي -  تأليف عادل ضاهر  - "دار أمواج" للطباعة والنشر – لبنان
    ينقسم الكتاب إلى قسمين
    الثاني: الإسلام والشؤون الدنيوية.

    عرض: فهد المضحكي  
    موقع الحوار المتمدّن 23 آذار/مارس 2023
    https://www.ahewar.org/debat/show.art.asp?aid=824326

    أن حركات إسلامية كثيرة تحولت إلى أحزاب أو شبه أحزاب، كحركة الإخوان، وحركة النهضة في تونس، والجماعة الإسلامية في باكستان، وجماعة التوحيد في مصر، والحركة الإسلامية في الأردن، والخمينية في إيران، وغيرها. وهذه الحركات متنوعة في مشروعاتها السياسية، وإن كان ما يوحد بينها أكثر، وعلى الأرجح، أهم مما يباعد بين هذه الحركات.

    من الجدير بالملاحظة أن ظاهرة تسييس الدين ليست مقتصرة على العالم الإسلامي، كما هو شائع بين العامة عندنا وعند سوانا. ثمة حركات أصولية غير إسلامية ناشطة سياسيًا في أنحاء مختلفة من هذه المعمورة. من هذه الحركات الحركة التي يمثلها ما يعرف بـ«اليمين الديني Religious Right» في الولايات المتحدة، وحركتا حريديم وغوش إيمونيم في إسرائيل، والحركة الهندوسية. وحتى البوذية، ولم تسلم سريلانكا من ظاهرة تسييس الدين.

    ولا عجب أن نكتشف أن هناك الكثير مما هو مشترك بين هذه الحركات الأصولية والإسلام السياسي.

    هذا أمر طبيعي، لأن ما يعنيه تسييس الدين، في المنظور المشترك بين كافة الحركات الأصولية، الإسلامية وغير الإسلامية، هو أن النصوص الدينية هي المرجع النهائي في المجال العام في كل الحالات التي الأصوليون، بحسب فهمهم الخاص للنصوص المقدسة لدينهم، أنها مشمولة بهذه النصوص. وهذا بدوره يعني أن اللجوء إلى هذه النصوص يعطي امتيازًا معرفيًا في المجال العام لمن يلجأ إليها لتسويق موقفة إزاء أي قضية من النوع السياسي أو الاجتماعي يفترض أنها مشمولة بهذه النصوص.

    وفي مقابل ذلك، عندما نقحم الدين في السياسة، نضع أنفسنا خارج اللعبة الديموقراطية، فلا يعقل، من منظور الأصولي المسيس للدين، الافتراض أن ثمة معيارًا للخطأ والصواب في المجال السياسي يعلو على المعيار المستمد من النصوص الدينية التي أتفق أنها تشكل المرجع الأخير لهذا الأصولي.

    كثيرة هي القراءات التي تناولت هذا الإصدار الذي ينطلق من نظريات وضعها فلاسفة كبار في معنى العقل والمهام التي تقوم عليه خلال مسيرة حياة الإنسان ومساعيه في تحسين ظروف عيشه وإخضاع الطبيعة لسلطته، ومن أهمها، تلك القراءة الرصينة للمركز الكردي للدراسات، ملخصها: يربط الكاتب حاجة الإنسان إلى استنباط وسائل جديدة لتحسين ظروف حياته، ومواجهة التعقيد الذي يحيط به كلما تدرج في التقدم على سلم الحضارة، باللجوء إلى العقل والتفسير العلمي العقلاني للظواهر، وبالتالي الدفع إلى الابتكار والتطوير والإبداع في ميادين العلوم ومناحي الحياة التي تؤثر تأثيرًا مباشرًا على وجود وكينونة الإنسان. إذن، فالإنسان وبعد أن تطور وتدرج في المدنية، بدأ يفكر ويخضع كل الظواهر لمقياس عقلي ومحاججة علمية منطقية، وبدأ الشك يرفع صوته عاليًا، ويحاول تلمس طريق له إزاء الأفكار التقليدية السائدة والمسيطرة. ينتقد المؤلف النظريات التوفيقية والتي يسميها في الكتاب بـ«الطفيلية» من تلك التي تحاول التوفيق بين العقل والنقل، أو بتطويع العلم ليكون دالًا على صحة النص الديني، وليس داحضًا له، من الجهة العملية المجردة. ويسوق هنا نظرية الخلق في النص الديني من وجهة نظر العلم، وينتقد محاولة البعض تذليل التعارض الواضح ببن العقل/‏والنص الديني، وبين العقل/العلم التجريبي.

    ينتقد الإصدار تسييس الدين، ويعرض الكثير من المفاهيم العقلانية التنويرية، ويقدم أطروحات ينتقد فيها منظري الإسلام السياسي. أما فيما يتعلق بالإسلام السياسي والديمقراطية، وهي أطروحات متباينة شكلًا، ومتفقة مضمونًا، فمنها ما ينفي الديمقراطية وينبذها، ومنها ما يعرض التوافق بينها وبين النص الديني. يخوض المؤلف في آراء مفكري الأسلام السياسي مثل، سيد قطب، وراشد الغنوشي، وحسن الترابي، حيث يحاجج هذه الآراء بالمنطق العلمي العقلي الذي يدافع عنه وينظر إليه في كل فصول الكتاب. ويحذر من الاعتماد على قرار الأغلبية في أثناء العملية الديموقراطية في تمرير مشروع الإسلام السياسي، موضحًا بأن هذا المشروع بهدف السلطة وهو شمولي وأقصائي. ويذكر إن من بين الأطروحات التي تتكرر في أدبيات بعض منظري الحركات الإسلاموية، الأطروحة المتمثلة بالادعاء بأن استهداف إقامة دولة إسلامية لا يتضمن العودة إلى مفهوم الدولة الدينية، كما عرفناه في القرون الوسطى المسيحية. إن الدولة الإسلامية أو (دولة الإسلام بحسب وصف راشد الغنوشي)، المزمع إقامتها لن تكون في نظر هؤلاء المنظرين، دولة كليانية (توتاليتارية)، بل دولة تحفظ فيها الحريات وحقوق الأقليات. ولا غرابة بأن نجد هؤلاء المنظرين يصفون نظام الشورى الإسلامي المستهدف إقامته من قبلهم بأنه النظير الإسلامي للديمقراطية الغربية.

    لا يعني هذا أنهم يذهبون إلى حد تبني الديمقراطية في جميع وجوهها وسماتها، بل يعني، على الأقل، أنهم يعتقدون (أو ربما يتظاهرون بالاعتقاد) بأن النظام الإسلامي المنتظر سيحتضن فكرة التمثيل السياسي، إضافة إلى حفاظه على العديد من الحريات الديموقراطية. بيت القصيد في هذا، أن علمانية هذا النظام لن تشكل عائقًا أمام تزويده ببعد ديمقراطي عاكسٍ لخصوصيات الإسلام والقيم الإسلامية.

    من الجدير بالملاحظة هنا، أن بعض المفكرين العرب الذين لا تربطهم بالحركات الإسلامية أي رابطة، فلا هم من منظريها، ولا من آبائها الروحيين، ولا حتى من المتعاطفين معها، يفترضون بصورة مضمرة على الأقل، إمكان تعايش الديمقراطية مع نظام إسلامي لا علماني. ويستحضر الكاتب هنا، اسم المفكر المغربي محمد عابد الجابري.

    يعتبر الجابري، أن المشكلة الأساسية التي يواجهها العرب هي مشكلة إقامة نظام ديمقراطي، لا إقامة نظام علماني. في الواقع، إنه يعتقد أن مشكلة العلمانية «مشكلة مصطنعة». إنها اختلقت من قبل مفكرين مسيحيين في المشرق، ظنًا منهم أن العلمانية هي الضمان لحقوق الأقليات أو لحل مشكلة الحريات والحقوق عمومًا. إن خطأهم في اعتقاد الجابري، كامن في أنهم يحولون الأنظار عن الحل الحقيقي والوحيد لمشكلة الحريات والحقوق، الفردية والجمعية، ألا وهو الحل الديمقراطي، متصورين، خطأً، أن التهديد لهذه الحريات والحقوق آتٍ عن عدم فصل الدين عن السياسة. هنا، وعلى حد تعبير المؤلف، نجد الجابري يماشي الإسلاميين في اعتقادهم بأن عدم وجود طبقة إكليروس في الإسلام يمكن أن تستأثر بالسلطة، كما حصل في الغرب المسيحي، لهو عامل مساعد على التوفيق بين الإسلام السياسي والديمقراطية، أو على إقامة نظام إسلامي ديمقراطي. من هنا نفهم وصفة مشكلة العلمانية بأنها «مشكلة مصطنعة».

    دافع الكاتب عن العلمانية كشرط ضروري للديمقراطية، وإن لم يكن كافيًا. بمعنى آخر النظام اللا علماني نظام غير ديمقراطي بالضرورة، ولا يصح العكس، إذ بعض الأنظمة العلمانية هي حتمًا أنظمة غير ديمقراطية. وكما يبين، أن الطابع اللاديمقراطي للنظام اللاعلماني، لا يرتبط بصورة من صور النظام دون سواها. إنه غير مقصور، مثلًا، على الصورة التي يتخذها عندما تستأثر طبقة الكهنوت المسيحي بالسلطة. فسواء وجدت طبقة كهذه أو لم توجد، فإن لا علمانية النظام لا يمكن أن يتولد عنها، في أفضل حال، سوى ديمقراطية صورية، لا ديمقراطية بالمعنى الجوهري. ولذلك، وإن كان للديمقراطية أن تتأسس في مجتمع إسلامي، كما تأسست، مثلًا في مجتمعات مسيحية أو هندوسية أو بوذية، إلا أنها لا يمكن أن تتعايش مع الإسلام السياسي. إذن، بعكس ما يعتقده الجابري، لا يمكن أن تكون العلمانية «مشكلة مصطنعة» للعربي الحريص على إقامة نظام ديموقراطي حقيقي في ظهرانينا، حرص الجابري نفسه على ذلك، خصوصًا وأن فكرة الإسلام دينًا ودولة ما زالت فكرة حية في أذهان الكثيرين، وما زال مطلب إقامة دولة مطلبًا أساسيًا لحركات شتى لا يستهان بقوتها.

    في حديثه عن المسألة المتعلقة بإمكان التوفيق بين الإسلام السياسي (وليس الإسلام الديني) والديمقراطية تساءل: هل يمكن للديمقراطية أن تكون سمة للنظام السياسي المزمع إقامته من قبل الإسلاميين؟ جوابه هو بالنفي، وقد لخص أسبابه على النحو الآتي: لا يمكن لنظام سياسي ديمقراطي أن يجد تربة صالحة له في الدولة الدينية ( اللاعلمانية)، أمسيحية كانت أم إسلامية، لأن الدولة الدينية تميل بطبيعتها لأن تكون دولة كليانية (توتاليتارية)، والدولة الكليانية هي تمامًا عكس الدولة الديمقراطية. وبما أن الغرض الأساسي للإسلام السياسي بكافة أشكاله وألوانه هو إقامة دولة إسلامية – أي دولة دينية -، إذن لا أمل في أن تكون الديمقراطية سمة للنظام السياسي لهذه الدولة.

    عادل ضاهر

    هو مفكر عربي من لبنان. من مواليد النبطي، جبل عامل[1] له عدة مؤلفات فلسفية في اللغتين العربية والإنجليزي. تلقى علومه الجامعية في الجامعة الأميركية في بيروت وجامعة فرانكفورت وجامعة نيويورك. وحصل على شهادة الدكتوراة من جامعة نيويورك عام 1967 عن أطروحة بعنوان (God, Factuality and Necessity). درّس الفلسفة بعدها في جامعة نيويورك ومنهاتن كولدج وجامعة مدينة نيويورك (فرع بروكلين) والجامعة الأردنية وجامعة بيس (Pace University) في نيويورك. شارك الأستاذ الدكتور عادل ضاهر في تأسيس مجلة «مواقف» وكان عضوا في هيئتها الاستشارية لعدة سنوات. كما شغل رئاسة تحرير «المجلة الفلسفية العربية» منذ ابتداء صدورها في 1987 وحتى 1992.

    1. المجتمع والإنسان – دراسة في فلسفة أنطون سعادة الاجتماعية،(منشورات مواقف 1980، الفرات 2006).
    2. الأخلاق والعقل – نقد الفلسفة الغربية، (دار الشروق 1990).
    3. الفلسفة والسياسة (دار الساقي 1991).
    4. الأسس الفلسفية للعلمانية (دار الساقي 1993، 1998، 2015).
    5. الشعر والوجود: أدونيس أو الإثم الهيراقليطي (دار المدى 2000، التكوين 2011).
    6. أولية العقل: نقد أطروحات الإسلام السياسي، (أمواج 2001).
    7. الفلسفة والمسألة الدينية، (دار نلسن 2008).
    8. اللامعقول في الحركات الإسلامية المعاصرة، (بدايات 2008).
    9. نقد الفكر السياسي في الغرب، (بيسان 2018)

    1. الطاهر المعز-تركيا وحكم الإخوان المسلمين المتصهينين

      الطاهر المعز-تركيا وحكم الإخوان المسلمين المتصهينين


      تركيا وحكم الإخوان المسلمين المتصهينين-الطاهر المعز

      كانت تركيا أول دولة إسلامية تعترف رسميا بالكيان الصهيوني سنة 1949، قبل أن تُصبح عضوًا في حلف شمال الأطلسي وتؤوي قواعد ضخمة تُراقب منطقة غربي آسيا، واستمرت العلاقات القوية، رغم الأزمات ورغم التّصعيد الكلامي بعد السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023، بل تضاعفت صادرات تركيا إلى الكيان الصهيوني، من 2,3 مليار دولار سنة 2011 ( خلال فترة احتداد الخلافات التي أعقبت قَتْل تسع موظفي إغاثة أتراك على سفينة “مرمرة”) إلى 7,03 مليار دولار سنة 2022، وتبقى تركيا خامس مُورّد للسلع نحو الكيان الصهيوني، ومن بينها الحديد والصلب والسيارات والأسمنت والمنسوجات، فيما يمر النفط من أذربيجان عبر أنبوب باكو – تبليسي – ميناء جيهان التركي الذي يغطي 40 %من إمدادات العدو السنوية من النفط الخام، كما توفر مجموعة “زورلو” التركية 7% من الكهرباء التي يستهلكها المُستوطنون في فلسطين، وتستورد تركيا المواد الكيميائية والمعدّات عالية التقنية، ومنذ عدوان السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023، أصبحت تركيا أهم وجهة سياحية للمُسْتَوْطِنين الصهاينة…

      يُشكّل الماضي الإستعماري التّركي (العثماني) والعلاقات مع الإمبريالية “الغربية”، والعُنْصُرية ضد العرب المسلمين والمسيحيين، قواسم مشتركة بين أنظمة الحكم في تركيا والكيان الصهيوني، كما تضم تركيا قواعد ضخمة لحلف شمال الأطلسي (ناتو)، وقيادة القوات البرية للجناح الجنوبي للحلف في إزمير، ورادار الدفاع الصاروخي الباليستي في كوريسيك، الموجّه بشكل أساسي نحو إيران، وقاعدة إنجرليك الجوية التي تستقبل الطائرات التي تنقل المعدات العسكرية إلى الكيان الصهيوني، وانضمت تركيا خلال شهر شباط/فبراير 2024 إلى مبادرة درع السماء الأوروبية التي أطلقتها ألمانيا سنة 2023 ودعمتها 17 دولة، وتستخدم هذه المناورات صواريخ أمريكية، ساعدت الولايات المتحدة الجيش الصهيوني على تطويرها، وتشترك تركيا والكيان الصهيوني في العداء المَرَضِي للعرب، وتنفيذ عمليات عدوانية، بالإتفاق مع روسيا في سوريا، وتتعاون تركيا والكيان الصهيوني لإنتاج بعض الأسلحة مثل الطائرات الآلية، وتشتركان كذلك في الدعم السياسي والعسكري نظام أذرْبَيْجان المعادي للجارة إيران…   

      أظهرت إحصائيات وزارة النقل التركية، بنهاية شهر كانون الثاني/يناير 2024، أن أكثر من 700 سفينة تركية وصلت إلى موانئ فلسطين المحتلة منذ بدء عدوان السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023، بمعدل ثماني سفن يوميًا مُحَمَّلَة بمنتجات أساسية لآلة الحرب الصهيونية كالفولاذ والنفط والمنسوجات، تنقلها شركات مملوكة للمُقرّبين من الرئيس التركي، ومن بينها شركات أبنائه التي ازدهرت علاقاتها كذلك مع قطر والسعودية والإمارت ومصر…

      تُؤَكّد البيانات التي تُصدرها وزارة التّجارة التركية واتّحاد المصدرين وتنشرها الصحف التركية ( للعديد منها نُسخة مترجمة إلى العربية) ارتفاع صادرات تركيا إلى الكيان الصهيوني، منذ عدوان السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023، وتتضمن الصادرات الأسلحة والحديد والفولاذ والإسمنت والمنسوجات والأسمدة والأسلاك الشائكة والخضر والفاكهة والنفط، ونشرت وسائل الإعلام التركية أخبارًا عن محاولات المجتمع المدني الضغط على الشركات، وعن حملةَ احتجاج تحت شعار: «التجارة مع إسرائيل خيانة لفلسطين»، ونشرت صحيفة «قرار»، أسماء وصور رؤساء الشركات التي تتاجر مع الكيان الصهيوني، مع عنوان بالخط العريض: «كفى! أنهوا التجارة القذرة». ونشرت الصحيفة تقريرًا يؤكّد ارتفاع حجم التجارة مع الكيان الصهيوني خلال شهر شباط/فبراير 2024، بنسبة 20,7% مقارنة بالشهر السابق، وتستثمر شركة «زورلو» للطاقة نحو 300 مليون دولارا في فلسطين المحتلة حيث تنتج الطاقة من النفط والغاز الذي يسرقه الكيان الصهيوني، وتمتلك الشركة التركية حصة تقدَّر بـ25% من مركز «دوراد» للغاز الطبيعي الذي يُزود دولة العدو بنحو 7% من حاجتها إلى الكهرباء

      تنتمي جميع الشركات المُصدّرَة إلى الكيان الصهيوني إلى « الجمعية الإسلامية للصناعيين ورجال الأعمال المستقلّين » التي تضم أكثر من 14 ألف عضو وأكثر من 60 ألف شركة، وينكر بعض مُدِيري هذه الشركات التعامل مع الصهاينة، رغم البيانات والأرقام والتواريخ الواردة في بيانات وزارة التجارة واتحاد المصدّرين، وتؤكد هذه البيانات إن تركيا ثاني أكبر مُصَدّر للصهاينة للإسمنت والزجاج والسيراميك والسماد، بعد الولايات المتحدة، كما يتم إصلاح وتحديث دبابات «إم 60» التابعة للجيش الصهيوني في مدينة قيصري التركية، فيما تُؤمن شركة « سوكار » ( أكبر مستثمر أجنبي في تركيا)، انطلاقًا من تركيا نحو 60% من حاجة الكيان الصهيوني للنفط، وتستورد النفط الآذربيجاني وتعيد تصديره إلى الكيان الصهيوني الذي يحصل على نحو 20% من حاجته من النفط من آذربيجان « المسلمة » وتستورد كذلك نحو 44 ألف برميل يوميا من وكازاخستان، مرورًا بتركيا…

      الطاهر المعز

    2. Taher Almoez-Evelyn Trent – Anticolonialiste et féministe communiste américaine

      Taher Almoez-Evelyn Trent – Anticolonialiste et féministe communiste américaine

      Evelyn Trent (1892 – 1970) était une communiste américaine (de Californie) internationaliste qui a contribué dans les années 1920 à la fondation des partis communistes au Mexique et en Inde, et ses relations avec l’Inde étaient profondes et solides en raison de son mariage avec le révolutionnaire indien Manabendra Nath Roy (1887 – 1954).

      Elle a formé des militants anticolonialistes dans de nombreuses régions du monde, enseigné à l’université des Cadets de l’Est à Moscou et cofondé le Mouvement international des femmes communistes.

       Pourtant, elle est peu connue, négligée par l’histoire de la gauche américaine, indienne et mexicaine, et considérée comme la simple épouse américaine d’un révolutionnaire anticolonialiste indien. Si Evelyn Trent a été considérée comme l’épouse américaine du révolutionnaire indien anticolonialiste Manabendra Nath Roy, qui ne l’a pas mentionnée dans ses mémoires, malgré sa contribution à la lutte communiste en Inde contre le colonialisme britannique et à la fondation du parti communiste indien, c’est parce qu’Evelyn Trent était une féministe communiste américaine et une combattante internationaliste contre l’impérialisme. Elle s’est intéressée aux nationalistes indiens vivant en exil aux États-Unis lorsqu’elle était étudiante à l’université de Stanford entre 1912 et 1916, où ils ont formé le parti révolutionnaire Ghad avant la Première Guerre mondiale, et c’est à cette occasion qu’elle a rencontré Manabendra Nath.

      Evelyn Trent – grâce à ses contacts avec des révolutionnaires indiens et mexicains – a reconnu les particularités de la phase impérialiste du développement capitaliste, a résisté à l’impérialisme et au capitalisme et a influencé Roy pour qu’il passe du nationalisme radical au communisme.

      Ils se sont rendus ensemble au Mexique lorsque les États-Unis ont commencé à réprimer les réfugiés des colonies britanniques et françaises (leurs alliés pendant la Première Guerre mondiale). Le Mexique était, alors, en pleine révolution, à partir de 1910, sous la direction d’Emiliano Zapata.

      Evelyn Trent participe à l’activité intellectuelle et idéologique et, avec les femmes du Parti socialiste mexicain, supervise l’association des « Amis de l’Inde », participe à la fondation du Parti communiste mexicain et cache dans sa maison « Mikhaïl Borodine, l’envoyé de l’Internationale communiste qui demanda à Trent et Roy – après la révolution bolchevique – de se rendre à Moscou en 1920 pour participer au deuxième congrès du Comintern. C’était, pendant le blocus imposé par la Grande-Bretagne, la France et les États-Unis à l’Union soviétique (de 1918 à 1922), qui entraîna la mort d’au moins cinq millions de personnes, ainsi que les massacres commis par la bourgeoisie européenne contre les communistes, notamment en Allemagne, en 1919. Malgré le blocus, l’Union soviétique parvint à accomplir certaines réalisations, et Evelyn Trent fut impressionnée par le degré de libération des femmes et par les réalisations de la réforme agraire. …

      Son mari, Manabendra Nath Roy, avec qui Lénine dit avoir discuté de la question coloniale et à qui l’on attribue le développement de la pensée de Lénine sur ce qui se passait en Asie et dans les colonies et sur les questions de libération nationale du colonialisme, a contribué à la rédaction d’un document clé, le Manifeste communiste indien. Ce manifeste soulignait que l’indépendance de l’Inde ne pouvait être obtenue que par une mobilisation de masse et une révolution sociale…

      Roy et Trent ont représenté le Comintern (l’organe directeur de l’Internationale communiste) en Ouzbékistan, où les forces coloniales soutenaient et armaient des milices de notables locaux et des bandits ouzbeks qui ont massacré des Arméniens – en raison du soutien arménien aux bolcheviks – entre 1918 et 1920. 

      Entre 1918 et 1920, Evelyn Trent, inspirée par les événements de la révolution de Boukhara (capitale de l’Ouzbékistan) contre le féodalisme et par ses expériences en matière de réforme agraire et d’éducation de masse, s’y installe quelque temps et enseigne aux femmes dans une école militaire créée par son mari Roy pour former des migrants anti-impérialistes qui constituaient une brigade de l’Armée rouge. Evelyn Trent participe à la fondation du Parti communiste indien (octobre 1920) dans la diaspora (à Tachkent).

      À partir de 1921, elle enseigne le féminisme et l’histoire des révolutions à des étudiants indiens, chinois, coréens et soviétiques d’Asie centrale à l’Université communiste des travailleurs de l’Est à Moscou, une école d’éducation politique pour les anticolonialistes du monde entier, dont Ho Chi Minh était l’un des plus jeunes étudiants. Elle se rend occasionnellement en Europe, notamment à Berlin et à Paris, écrivant des articles – parfois signés sous des pseudonymes – qui font l’éloge de Gandhi et de sa mobilisation anti-impérialiste. Ses expériences et son activisme constant lui ont permis de combiner de manière créative le féminisme bolchevique et l’anticolonialisme. Elle a admiré les transformations que l’Union soviétique a pu réaliser en peu de temps, malgré le blocus : dépénalisation de l’avortement et de l’homosexualité, libéralisation des lois sur le mariage, droit de vote aux femmes et ouverture des écoles d’alphabétisation pour des millions de paysannes. Evelyn Trent a écrit sur ces réalisations. … 

      En 1920, Evelyn Trent participe à la première conférence internationale des femmes communistes. Ses contributions et interventions critiquent une résolution rédigée par les communistes européens sur les « femmes de l’Est », qu’elle considère comme une résolution qui « se concentre principalement sur l’arriération des femmes de l’Est, un thème qui est constamment mis en avant pour attaquer les femmes de l’Est parce qu’elles sont différentes des femmes européennes mais ne sont pas nécessairement arriérées ».

      Tout au long de sa vie de lutte, elle s’est engagée à respecter les principes communistes en paroles et en actes, à résister aux attitudes condescendantes qui reflètent une forme de racisme « blanc occidental » à l’égard des femmes sud-américaines ou asiatiques et à résister à la tendance à essayer de dicter aux autres ce que devrait être le féminisme.

      En 1925, Trent participe à une conférence anti-impérialiste à Amsterdam, où elle recommande la formation d’un « comité d’Indiens, d’Égyptiens et d’Irlandais pour une action concertée contre l’impérialisme britannique ». Cette participation est suivie d’une décennie de traque par les services secrets britanniques, au cours de laquelle elle reste cachée. Elle ne participe plus à aucune activité publique depuis 1925. Les pressions, les rumeurs, les poursuites, la détention et la déportation entraînent des relations tendues avec son mari, Manabendra Nath Roy. Devenue journaliste, elle écrit sur les affaires du monde pour le San Francisco Chronicle, puis travaille pour le Federal Writers Project, ne participe plus aux activités du parti, mais consacre ses écrits aux mouvements féministes en Asie (Inde et Japon), et dénonce l’oppression des femmes en Asie.

      Elle dénonce la répression du mouvement anticolonial en Inde et la répression des communistes en Chine, et lorsqu’elle est approchée par des communistes indiens – pendant la période du maccarthysme – pour écrire sur les débuts du mouvement communiste en Inde et sa participation à des conférences internationales, elle refuse, malgré sa place dans les programmes anticoloniaux de l’Internationale communiste et parmi les premiers rejetons du féminisme blanc et les fondateurs de deux importants partis communistes, malgré le siège…

      Muzaffar Ahmed, l’un des premiers dirigeants du parti communiste indien, a écrit dans son important ouvrage sur les origines du parti communiste indien que le travail d’Evelyn Trent a été essentiel dans sa formation avec la première génération de communistes et dans la compréhension du lien entre les objectifs communistes et la lutte pour la libération nationale, en particulier entre 1920 et 1925. Il la dépeint comme une éducatrice et une théoricienne du communisme indien, déplore « l’effacement de son rôle dans les mémoires de Roy » et regrette (lors de la publication de son livre dans les années 1960) qu’elle ait été ignorée. On sait très peu de choses sur Evelyn Trent parmi les nationalistes, les communistes et les démocrates radicaux en Inde. …

      Son ancien mari, Manabendra Nath Roy, a quitté le parti communiste (et renoncé à la pensée communiste) après son emprisonnement (avant la Seconde Guerre mondiale), a rejoint le parti du Congrès indien, a soutenu les Alliés pendant la guerre mondiale, a renoncé à ses convictions théoriques antérieures, a écrit quelques ouvrages intellectuels qui s’éloignaient du marxisme, et est mort le 25 janvier 1954.

      Evelyn Leonora Trent a joué un rôle majeur dans les mouvements communistes et féministes indiens et internationaux, mais on ne se souvient plus d’elle en Inde, et ses études à l’université de Stanford – une université prestigieuse – ont marqué un tournant dans sa carrière académique. Entre 1912 et 1915, elle est très active dans les domaines du sport, du féminisme, du théâtre et de la rédaction du magazine de l’université. Elle rencontre des étudiants du Mexique et du Bengale, qui luttent contre les guerres coloniales, et ses contacts avec eux l’aident à développer sa vision du colonialisme et de la nature de la révolution dans les colonies. Pendant ses études universitaires, elle enseigne gratuitement à des enfants pauvres pendant une heure par jour et, après avoir obtenu son diplôme, au début de 1916, elle commence à écrire sur le chômage, la pauvreté et les questions économiques. … 

      La maison d’Evelyn Trent a été incendiée en 1963 et toutes ses archives ont été détruites. Elle est décédée le 21 novembre 1970, ne laissant derrière elle que quelques documents que son neveu a rassemblés et donnés à la Hoover Institution…  

    3. الطاهر المعز-إيفلين ترينت : نسوية أمريكية شيوعية مناهضة للاستعمار

      الطاهر المعز-إيفلين ترينت : نسوية أمريكية شيوعية مناهضة للاستعمار

      إيفلين ترينت – نسوية أمريكية شيوعية مناهضة للاستعمار-الطاهر المعز

      كانت إيفلين ترينت ( 1892 – 1970 ) شيوعية أمريكية ( من كاليفورنيا) أُمَمِيّة، ساهمت خلال عقد العشرينيات من القرن العشرين في تأسيس الحزبين الشيوعيين في المكسيك والهند، وكانت علاقتها بالهند عميقة ومتينة بفعل زواجها من  الثوري الهندي « مانابندرا ناث روي » ( 1887 – 1954 ) كما قامت بتدريب المسلحين المناهضين للاستعمار في العديد من مناطق العالم، كما دَرّست في جامعة كادحي الشرق في موسكو،  وشاركت في تأسيس الحركة النسائية الشيوعية العالمية، ومع ذلك فهي ليست معروفة، وأهملها تاريخ اليسار الأمريكي والهندي والمكسيكي، واعتُبِرَتْ مجرد زوجة أمريكية للثوري الهندي المناهض للاستعمار مانابندرا ناث روي الذي لم يذْكُرْها في مُذَكّراته، رغم مساهمتها في نضال الشيوعيين بالهند ضد الإستعمار البريطاني، وفي تأسيس الحزب الشيوعي الهندي، لأن إيفلين ترينت كانت نسوية شيوعية أمريكية ومناضلة أُمَمِيّة ضد الإمبريالية، ولذلك اهتمّت بالقوميين الهنود المناهضين للإستعمار البريطاني الذين كانوا يعيشون بالمنفى في الولايات المتحدة، عندما كانت طالبة في جامعة ستانفورد بين سَنَتَيْ 1912 و1916، حيث شكّلوا حزب « الغد » الثّوري، قبل الحرب العالمية الأولى، وكانت تلك ظروف لقائها ب »مانابندرا ناث روي » سنة 2016، وكان مُطاردًا من قِبَل الإستعمار البريطاني، وأدْرَكت إيفلين ترينت – من خلال احتكاكها بالثوريين من الهند ومن المكسيك – خصوصيات المرحلة الإمبريالية للتطور الرأسمالي – فقاومت الإمبريالية والرأسمالية، وأث »ّرت على رُوي ليتحول من القومية الرّاديكالية إلى الشيوعية، وذهبا معًا إلى المكسيك لما بدأت الولايات المتحدة تُضيّق الخناق على اللاجئين القادمين من المُستعمَرات البريطانية والفرنسية (حلفاءها خلال الحرب العالمية الأولى) وكانت المكسيك في حالة ثورة، بداية من سنة 1910، بقيادة إميليانو زاباتا (وُلد سنة 1879 وتم اغتياله سنة 1919)، وهي إحدى أكبر الثورات العالمية قبل الثورة البلشفية، وشاركت إيفلين ترينت في النشاط الفكري والعقائدي، ومع نساء الحزب الاشتراكي المكسيكي، وأشْرفت على جمعية « أصدقاء الهند »، وساعدت في تأسيس الحزب الشيوعي المكسيكي، وأخفت في منزلها « ميخائيل بورودين »، مبعوث الأممية الشيوعية الذي طلب من ترينت و روي – بعد الثورة البلشفية – السفر إلى موسكو سنة 1920 للمشاركة في المؤتمر الثاني للكومنترن، خلال الحصار الذي فرضته بريطانيا وفرنسا والولايات المتحدة على الإتحاد السوفييتي ( من 1918 إلى 1922) والذي أدى إلى مقتل ما لا يقل عن خمسة ملايين شخص، فضلا عن المجازر التي ارتكبتها البرجوازية الأُوروبية ضدّ الشيوعيين، وخصوصًا في ألمانيا، سنة 1919، ورغم الحصار تمكّن الإتحاد السوفييتي من تحقيق بعض الإنجازات، وكانت إيفلين ترينت مبهورة بدرجة تحرير المرأة وبإنجازات الإصلاح الزراعي…

      أما زوجها مانابندرا ناث روي فقد ذكر لينين إنه ناقشه حول المسألة الاستعمارية وله الفضل في تطوير فكر لينين حول ما يحصل في آسيا وفي المُسْتعمَرات وحول مسائل التّحرّر الوطني من ربقة الإستعمار، وساهمت ترينت في كتابة وثيقة رئيسية بعنوان « البيان الشيوعي الهندي » التي أكّدت أن استقلال الهند لن يتحقّق إلاّ من خلال التعبئة الجماهيرية والثورة الاجتماعية، ضدّ النهب الاستعماري، ومَثّل روي و ترينت الكومنترن ( الهيئة الإدارية للأممية الشيوعية) في أوزبكستان حيث كانت القوات الإستعمارية تدعم وتُسلِّحُ مليشيات الأعيان المَحَلِّيِّين وقطاع الطرق الأوزبكيين الذين ارتكبوا مجازر ضد الأرمن – بسبب دعم الأرمن للبلاشفة –  بين 1918 و 1920، واستوحت إيفلين ترينت رواية من أحداث ثورة بخارى ( عاصمة أزبكستان) ضد الإقطاع وتجاربها في الإصلاح الزراعي والتعليم الجماهيري، واستقرّت ترينت بها فترةً حيث دَرّست النساء في مدرسة عسكرية أنشأها زوجها « روي » لتدريب المهاجرين المناهضين للإمبريالية الذين شكّلوا لواءً في الجيش الأحمر، كما ساهمت إيفلين ترينت في تأسيس الحزب الشيوعي الهندي (تشرين الأول/اكتوبر 1920) في المهجر (في طشقند)، ثم أصبحت، بداية من سنة 1921، مُدَرِّسَة لمادة الحركة النسائية وتاريخ الثورات للطلاب من الهند والصين وكوريا وآسيا الوسطى السوفيتية، بالجامعة الشيوعية لكادحي الشرق بموسكو، وهي مدرسة للتثقيف السياسي لمناهضي الاستعمار من جميع أنحاء العالم، وكان هوشي مينه من أصْغَر طلبتها سنًّا، وكانت تتنقل أحيانا إلى أوروبا وخصوصًا إلى برلين وباريس، وكتبت مقالات – وقعتها أحيانًا بأسماء مستعارة – أشادت بغاندي لحشده الجماهير وانتقدته لمحاولته السيطرة على الجماهير، ومكّنتها تجاربها ونشاطها المستمر من الجمع بشكل إبداعي بين النسوية البلشفية ومناهضة الاستعمار، وكانت معجبة بالتحولات التي تمكّن الإتحاد السوفييتي من إنجازها في وقت قصير، رغم الحصار، فألغى تجريم الإجهاض والمثلية الجنسية، وحرر قوانين الزواج، وأعطى المرأة حق التصويت، وافتتح مدارس محو الأمية لملايين الفلاحات، وكتبت إيفلين ترينت عن هذه الإنجازات… 

      شاركت إيفلين ترينت، سنة 1920، بالمؤتمر الدولي الأول للنساء الشيوعيات، وانتقدت مساهماتها ومداخلاتها قرارًا صاغه الشيوعيون الأوروبيون بشأن « نساء الشرق »، واعتبرته قرارًا « يركز بشكل أساسي على تخلف نساء الشّرق، وهو موضوع يتم طرحه باستمرار لمهاجمة النساء الشرقيات لأنهن مختلفات عن نساء أوروبا ولسن بالضّرورة مُتخلّفات » وأكّدت « إن الأوروبِّيِّين الليبراليين يعتقدون إن للإستعمار جوانب إيجابية، وهم مسؤولون بذلك عن اضطهاد شعوب الشّرق » وكانت طيلة حياتها النضالية مُلتزمة بالمبادئ الشيوعية قولا وفِعْلاً وقاومت المواقف الإستعلائية التي تنم عن شكل من أشكال العنصرية « الغربية البيضاء » تجاه نساء أمريكا الجنوبية أو آسيا، وقاومت النزعة التي تسعى إلى إملاء ما يجب أن تكون عليه النسوية على الآخرين…

      شاركت ترينت، سنة 1925، في مؤتمر مناهض للإمبريالية في أمستردام، حيث أوصت بتشكيل « لجنة من الهنود والمصريين والأيرلنديين للعمل المتضافر ضد الإمبريالية البريطانية، وكانت هذه المُشاركة متبوعة بمطاردة المخابرات البريطانية لها طيلة عقد من الزمن، وبقيت خلال هذه الفترة مُطاردة ومتخفية ولم تُشارك في النشاط العَلَنِي، منذ سنة 1925، وأدّت الضغوط والشائعات والمُطاردة وموجهة الإحتجاز والتّرحيل عدة مرات، إلى  توتر علاقتها مع زوجها مانابندرا ناث روي، وعادت إلى الولايات المتحدة، واستاءت كثيرًا من تجاهل « روي » لها في مذكراته، فأصبحت صحفية تكتب عن الشؤون العالمية لصحيفة « سان فرانسيسكو كرونيكل »، ثم عملت في مشروع الكتاب الفيدراليين، ولم تعد تُشارك في النشاط الحزبي، بل كرست كتاباتها للحركات النسوية في آسيا (الهند واليابان…)، وندّدت بقمع الحركة المناهضة للإستعمار في الهند وبقمع الشيوعيين في الصين، ولما اتصل بها الشيوعيون الهنود – خلال فترة الماكارثية – لتكتب عن بدايات الحركة الشيوعية بالهند وعن مُشاركتها في المؤتمرات الدّولية، رفضت ذلك، رغم مكانتها ضمن برامج الأُمَمِيّة الشيوعية لمناهضة الإستعمار وضمن أوائل الرافضين للنسوية البيضاء، وضمن مؤسسي حزبين شيوعيين هامّيْن، رغم الحصار

      دَوّن « مظفر أحمد »، وهو من زُعماء الحزب الشيوعي الهندي في بداياته في كتابه المُهم عن أصول الحزب الشيوعي الهندي إن عمل إيفلين ترينت كان أساسيا في تكوينه مع جيل الشيوعيين الأوائل، وفي فهم الرابط بين الأهداف الشيوعية والنضال من أجل التحرّر الوطني، خصوصًا بين سنتي 1920 و 1925، ورسَم صورةً لها كمعلمة ومُنظِّرَة واعتبرها شيوعية هندية واستنكر « مَحْوَ دورها في مذكرات رُويْ »، وأَسِف (عند نشر كتابه خلال عقد الستينيات من القرن العشرين) لتجاهلها، فلا يُعرف سوى القليل جدًا عن إيفلين ترينت بين الوطنيين والشيوعيين والديمقراطيين الراديكاليين في الهند. ..

      أما زوجها السابق  » مانابندرا ناث روي  » فقد غادر الحزب الشيوعي ( وتنكّر للفكر الشيوعي) بعد سجنه (قبل الحرب العالمية الثانية)، فانتمى لحزب المؤتمر الهندي، ودعم الحلفاء في الحرب العالمية، وأعلن تراجعه عن قناعاته النظرية السابقة، وكتب بعض الأعمال الفكرية التي ابتعدت في منهجها عن الماركسية وتوفي يوم 25 كانون الثاني/يناير سنة 1954.

      لعبت إيفلين ليونورا ترينت دورًا كبيرًا في الحركة الشيوعية الهندية والعالمية والحركة النّسوية، ومع ذلك، لم يعد يذكرها أحد في الهند، وشكّلت دراستها في جامعة ستانفورد – وكانت جامعة مرموقة – نقطة تحول في مسيرتها الأكاديمية، حيث كانت كثيرة النّشاط بين سنتَيْ 1912 و 1915، في مجالات الرياضة والحركة النّسوية والمسرح والكتابة في مجلة الجامعة، وتعرفت على طلبة من المكسيك والبنغال، لما كانت تناضل ضد الحروب الإستعمارية وساعدها احتكاكها بهم على تطوير نظرتها لقضايا الإستعمار وطبيعة الثورة في المُسْتَعْمَرات، وكانت أثناء دراستها الجامعية تُدَرِّسُ الأطفال الفقراء مجانًا لمدة ساعة يوميًا، وبعد تخرجها، بدأت في أوائل العام 1916 تكتب عن مشاكل البطالة والفقر والقضايا الاقتصادية… 

      تم إحراق منزل إيفلين ترينت سنة 1963 وتم تدمير جميع سجلاتها، وتوفيت يوم 21 تشرين الثاني/نوفمبر 1970، دون أن تترك وراءها سوى القليل من الوثائق التي جَمَعها ابن أخيها وتبرع بها لمؤسسة هوفر… 

    4. الطاهر المعز-عن الهيمنة الثقافية في القرن الواحد والعشرين

      الطاهر المعز-عن الهيمنة الثقافية في القرن الواحد والعشرين

      عن الهيمنة الثقافية في القرن الواحد والعشرين-الطاهر المعز

      لقد تطورت الطبقة العاملة في تركيبتها الاجتماعية بسبب تطور هيكلة الإقتصاد العالمي، ولم تعد الشركات الصناعية الكبرى تمثل النواة الصلبة والنضالية للطبقة العاملة، لأن شركات المقاولة من الباطن وشركات العمل المؤقتة وتَعَدّد أوضاع العمال في نفس الشركة تؤدي إلى تعقيد مهام النقابات وتشكل عقبات أمام الوعي الطبقي، فضلا عن تدهور الوضع تحت إسم « مرونة عالم العمل »، في ظل النيوليبرالية السائدة منذ أكثر من أربعة عقود، ما فرض على الحركة النقابية والبروليتاريا إعادة النّظر في وسائل النضال، لكنها تظل الطّبقة العاملة محركًا للنضال الاجتماعي.

      كيف تتكيف الأحزاب والمنظمات الإشتراكية المناضلة مع هذا الوضع؟ كيف يمكن إعادة بناء العلاقة بين الفرد والطبقة، وأعادة النظر في أساليب التعبئة الجماعية، وما إلى ذلك؟ كيف تشارك المنظمات الشيوعية في إعادة بناء مرجعيات الطبقة العاملة وفي بناء هوية جماعية للعمال، والحدّ من تأثير الدعاية النيوليبرالية، من أجل خلق توازن القوى وبناء أُسُس « الهيمنة الثقافية »؟ كيف يمكن إعادة التحليل المادي إلى مركز النقاش، من خلال إظهار أن الصراع ليسن بين « النُّخَب » والبشعب، بل هو صراع طبقات تواجه بعضها البعض، دفاعًا عن مصالحها المُتناقضة، حيث تقف الطبقة العاملة على الخط الأمامي، في مواجهة الطبقة التي تستغلها والتي تثري نفسها بفضل القيمة المضافة التي تحققها من سرقة  جهد « الآخرين »: جهد العمال المُثَبّتين أو غير المستقرين أو العاملين بالإقتصاد الموازي، وجهد الفلاحين والحرفيين وعمل الأطفال، وما إلى ذلك.

      كيف يمكننا إنشاء هياكل اجتماعية مَرِنَة (بالإضافة إلى الهياكل النقابية أو الخلايا الموجودة في مكان العمل أو في مناطق الإقامة) قادرة على استقبال النساء والموظفين والعاطلين عن العمل؟ ما هي الهياكل التي ينبغي خلقها لزيادة مُعَدّل مشاركة الناس في الحياة السياسية والإجتماعية؟ وما هي أفضل طريقة لإنشاء منظمات التضامن والتعاونيات والتعاضديات وجمعيات تبادل الخدمات وما إلى ذلك؟

      من الضروري إنشاء أماكن يرتادها الناس بشكل يومي: تعاونيات لشراء المنتجات الأساسية، مقاهي، أماكن ترفيهية، ألعاب (شطرنج، ورق)، نوادي رياضية، نوادي أدبية وغيرها، وهي أماكن مفتوحة تساهم في نشر الأفكار التقدمية والثورية بين الطبقات الشعبية، ويتطلب إنشاؤها تمويلاً من الطبقة العاملة والمُستفيدين من هذه الفضاءات، وكذلك من  تبرعات ومساهمات الأعضاء والمناضلين والأصدقاء ومن الحفلات أو تنظيم اليانصيب والسحوبات أو غيرها من الأنشطة، ولكن المسألة تتعلق بالقرار السياسي قبل أن تكون مسألة ميزانية، لأن هذه الأماكن وأنشطتها هي “مدارس تدريب” لفهم المجتمع وتغييره، حيث يتعلم المناضلون التحليل والتفكير في حلول للمشاكل المحلية والدولية المعقدة…

      لا يمكن إصلاح الرأسمالية من داخلها، فهي بطبيعتها تقوم على الاستغلال لتحقيق أقصى قدر من الأرباح، والرأسمالية هي التي ابتكرت « الديمقراطية البرجوازية » (البرلمانية) التي تحاول إخفاء الطابع الاستبدادي لرأس المال، لذا، يتعين علينا أن ننشر الدعاية السياسية المبنية على ضرورة الانفصال عن الرأسمالية ومؤسساتها، لكن المساهمة في النشاط السياسي والظروف قد تدفع الأحزاب والمنظمات الشيوعية إلى المُشاركة في الانتخابات البرلمانية، ما يجرنا لطرح السؤال التالي: كيف يمكننا التوفيق بين مواقفنا المبدئية ومطالب المؤسسات البرجوازية، لأن جهاز الدولة ليس محايدا بل له دور تاريخي محدد يتمثل في إعادة إنتاج النظام القائم، وهو غير مُصَمَّمٍ لتيْسير عملية التغيير المجتمعي ضمن الإطار الذي يفرضه، غير إن الوقائع تُظْهِرُ إن السلطة الحقيقية ليست في الوزارات أو البرلمان، بل إن البنوك والشركات الكبرى هي التي تتحكم بمقاليد السّلطة وتختبئُ خَلْفَ الإعلام وجماعات الضغط للدفاع عن مصالحها، لتفوق قوة جماعات الضغط نفوذ البرلمان والحكومة، إذا ما حاولت إحدى السُّلط التنفيذية أو التّشريعية تجاوز الحُدُود المُقَرّرة لنفوذها. أما في البلدان الفقيرة، فالسلطة السياسية المحلية ليست سوى ممثل أو وكيل أو صاحب امتياز للشركات متعددة الجنسيات وللقوى الإمبريالية…

      أظهرت تجارب تشيلي (1973) وسيريزا (في اليونان) أو بوديموس (في إسبانيا)، وكذلك إندونيسيا (1965) أو إيران ( 1953) أو غواتيمالا (1954) حدود الاستيلاء على السلطة من خلال الإنتخابات والحصول على الأغلبية البرلمانية، لأن الديمقراطية وقوانينها تتوقّف أو تتعطل عندما تُصبح هيمنة الطبقة الرأسمالية المهيمنة مُعَرّضَة  للخطر من قِبَل ميزان القوى الجديد في البرلمان. إن الرأسمالية (في مرحلة الإمبريالية) قادرة على تنظيم انقلاب عسكري للإطاحة بسلطة منتخبة ديمقراطيا أو لإفساد الحكومة. لهذه الأسباب، يمكن أن تكون الانتخابات البرلمانية مفيدة إذا كانت بمثابة منصة لنشر رؤية ثورية أو إذا كانت بمثابة نقطة دعم لاستراتيجية خارج البرلمان، تتمثل في خلق ميزان قوى جماهيري ثوري يُطيح بسلطة البرجوازية وحلفائها، وتتمثل السلطة الدّيمقراطية الحقيقية في تمثيل السكان بشكل مُباشر ليتمكن المواطنون من السيطرة الفعالة على الهيئات المنبثقة عن الإنتخابات والبرلمان وإبعاد النواب الذين يفقدون ثقة الناخبين…

      في القرن التاسع عشر، نشطت الحركة العمالية في الفضاء السياسي العام بأوروبا وأنشأت هياكلها ومنظماتها الخاصة لبناء « المجتمع المضاد » أو « القوة المضادة » المُستَمَدّة من المثل الأعلى للمجتمع الاشتراكي المستقبلي، حيث تحل المشاركة والتضامن محل الأنانية والمصلحة الفردية..

      كان معظم عمال التجمعات الصناعية الأوروبية الكبيرة في نهاية القرن التاسع عشر من النازحين من الريف، ويعيشون في اكتظاظ في الأحياء الفقيرة، وأدى نضالهم من أجل ظروف معيشية وعمل أفضل، من خلال الإضرابات والمظاهرات، إلى تشكيل النقابات أو الأحزاب السياسية وإنشاء مؤسسات التضامن العمالي التي تقدم المساعدات المادية والترفيه والتثقيف السياسي، ثم تم إنشاء شبكات من التعاونيات والحانات أو « بيوت الشعب » في المدن العمالية البلجيكية والإنغليزية والفرنسية والإيطالية والألمانية، على منوال نموذج المؤسسات المرتبطة بالكنيسة.

      انطلقت التعاونيات الاستهلاكية من خلال شراء الفحم والخبز والمواد الغذائية الأساسية الأخرى بكميات كبيرة لتوفير المال، وليتمكن العُمّال من شرائها بثمن أقل من محلات التجار العاديين والمُضاربين، وتتيح أرباح هذه التعاونيات تمويل أنشطة أخرى، مثل صناديق إغاثة المرضى أو مطابخ الحساء للرفاق المضربين أو دفع التكاليف القانونية أثناء النزاعات مع أرباب العمل.

      أنشأت الحركة العمالية العديد من المؤسسات (الحانات، الأندية الرياضية، المسارح، المكتبات، المعسكرات الصيفية، إلخ) لتعزيز المثل الاشتراكية والاستجابة للاحتياجات المباشرة للبروليتاريا، وكانت هذه الهياكل، التي غالبا ما ترتبط بالأحزاب السياسية، تمثل شكلا من المشاركة والتضامن بين العمال، واندثرت مثل هذه التقاليد أو تكاد، خصوصًا منذ هيمنة تيارات الليبرالية الجديدة على الحياة السياسية وعلى المؤسسات الدّولية، ومن الضروري إعادة إحياء تراث المؤسسات الشعبية هذا وإعادة طرحه بجدول الأعمال، بأشكال جديدة تتكيف مع وضع ومشاكل السكان في القرن الحادي والعشرين، لتخدم هذه الهياكل مصالح الطبقة العاملة ومنظماتها السياسية التي يمكنها إعادة التواصل مع الفئات الشعبية وتجنيد مناضلين جدد، وخلق المؤسسات العمالية في ظل غياب أو شح الأماكن المخصصة للمناقشات والاجتماعات والأنشطة الترفيهية والفنية والرياضية المُتاحَة للعمال والتي وجب تكْيِيف برامجها وَجَدَاوِلِهَا مع أوقات عمل الكادحين والأُجَراء وما إلى ذلك، إذا أردنا تغيير ميزان القوى وفَرْض « الهيمنة الثقافية » الشعبية التي تتمثل في نشر الثقافة الاشتراكية في كافة مجالات المجتمع وتشكيل مجتمع مضاد، وهو نموذج مضاد للنظام الرأسمالي الاستهلاكي. إنه نموذج يجسد المثل الأعلى للمجتمع الاشتراكي المستقبلي حيث ستحل المشاركة والتضامن محل الفردية التي تنشرها الرأسمالية، ولابد من نشر هذه الثقافة المضادة ــ وانتقادها أيضاً ــ من قِبَل الأحزاب السياسية، والنقابات، والصحافة اليسارية، والمنظمات النسائية والطلابية، وما إلى ذلك.

      تمثل الأزمة الاقتصادية المستمرة منذ عدة سنوات فرصة للتفكير في إنشاء أماكن جديدة للتواصل الاجتماعي والتضامن الشعبي، وهياكل جماعية للإنتاج أو الاستهلاك أو الإصلاح والتّرميم ( إعادة التدوير)، تدار ذاتيًا، من قِبَل من يستخدمها من المواطنين الأُجَراء والفقراء والعمال غير المستقرين والعاطلين عن العمل أو المزارعين الفقراء، وتتم إدارتها بأشكال جديدة ومتنوعة لتوسيع شكل الإشراف والمراقبة، وقد أظهرت التجربة أن الدولة، من خلال شرطتها، وكذلك البلديات، تحارب هذه الهياكل التي تعتبر أماكن تحدي للنظام الاجتماعي القائم، مما يخلق لها صعوبات مالية وقانونية… لكن السياسة ليست « فن الممكن » بل فن التّخطيط والجرأة وابتكار أدوات تغيير المجتمع…

      الطاهر المعز

    5. La Palestine, histoire de renoncements à la lumière des idées de Samir Amin. Par Samia Zennadi.

      La Palestine, histoire de renoncements à la lumière des idées de Samir Amin. Par Samia Zennadi.

      publié le 28 Février 2020 

      Le 1er janvier 2020, la Jordanie est devenue le premier client à se fournir en gaz d’Israël. En réponse à la grogne populaire, le royaume Hachémite présente ce contrat comme une opportunité d’économiser 500 millions de dollars par an. Alors, pourquoi aller chercher son gaz plus loin, et donc plus cher ! Le 15 janvier 2020, l’Égypte emboite le pas à la Jordanie. Hasard du calendrier ou un choix délibéré, c’est la date d’anniversaire du Président Nasser. Il aurait eu 102 ans ! Le Raïs qu’une chaîne française d’information en continu avait confondu l’année dernière avec Nasser Al-Khelaïfi, un homme d’affaires qatari, patron d’un club de football parisien, mis en examen pour corruption active. Une bourde, tout comme celle d’une autre chaîne qui annonçait depuis Jérusalem une rencontre Macron/Arafat ! Un lapsus révélateur de l’ampleur de l’ignorance méprisante.

      D’ailleurs, si on avait dit à Gamal Abdel Nasser que, 50 ans à peine après son décès, la République arabe d’Égypte, ou un autre pays arabe, allait importer du gaz naturel d’Israël, non seulement il ne l’aurait pas cru mais il aurait certainement tourné en dérision ce qui est présenté comme une coopération qui « servirait les intérêts économiques des deux parties ». Il ne l’aurait pas cru, non pas parce qu’il se serait vu toujours président centenaire même grabataire, mais il semble invraisemblable que quelques décennies suffisent à dévier une révolution en marche de sa trajectoire.

      Rien qu’en visionnant le discours de Nasser sur les frères musulmans, dévoilant avec classe et prestance leurs alliances de saboteurs et de sous-traitants de l’impérialisme, ou une des nombreuses prise de parole fortes de Boumediene, « Qararna ! » (Nous avons décidé), suffit à mesurer la profondeur du gouffre qui sépare nos histoires d’indépendances, celles des aspirations des peuples solidaires en luttes pour la liberté et la souveraineté et celles de nos réalités indépendantes de nos volontés de peuples mis devant un état de fait accompli, dicté par les intérêts des marchés et des marchandeurs.

      La crise économique amorcée dès le milieu des années 60 dans le champ des relations inter-impérialistes et l’effondrement du système monétaire de Bretton Woods avaient élargi les champs des possibles.

      L’orientation révolutionnaire des années 1970-1975 avait permis au Tiers-Monde d’enregistrer dans un laps de temps très court une série de victoires politiques successives : la nationalisation des hydrocarbures en Algérie en 1971, la guerre d’octobre en 1973 et la perspective d’un recul du sionisme, l’indépendance des colonies portugaises en 1974, la victoire des peuples du Vietnam et du Cambodge en 1975, la montée des luttes au Zimbabwe, en Namibie et en Afrique du Sud, la révolution paysanne en Éthiopie, les mouvements populaires du Bénin et de Madagascar, etc.

      Un mois après la fin de la guerre d’octobre 1973, le 6ème sommet des chefs d’État arabes tenu à Alger, suivi par la tenue d’un sommet de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), où 42 États africains avaient décidé de rompre leurs relations diplomatiques avec Israël, confirmant la position stratégique et politico-économique des pays de la Ligue Arabe et mettant en lumière les faiblesses de la Communauté européenne qui ne pouvait qu’obliger les pays d’Europe occidentale à annoncer leur acceptation des revendications des pays arabes concernant Israël.

      Le choc pétrolier de 1973, conséquence direct de la guerre d’octobre, faisait souffler sur l’hégémonie américaine un vent de frayeur et on parlait même d’un éminent éclatement de l’Europe.

      « L’indépendance n’est pas un mot à exorciser mais une condition indispensable à l’existence des hommes et des femmes vraiment libérés, c’est-à-dire maîtres de tous les moyens matériels qui rendent possible la transformation radicale de la société. »

      C’est en résonnance à cette définition de l’indépendance de Frantz Fanon et dans une conjoncture de luttes des damnés de la terre que le groupe des non-alignés, réunis à Alger en septembre 1973, avait rédigé la plate-forme du Nouvel Ordre Économique International (NOEI). La réplique de l’impérialisme, en guerre depuis des mois contre le gouvernement du Président chilien Salvador Allende, ne s’est pas faite attendre. Le 11 septembre 1973, à peine 48 heures après la clôture de la Conférence d’Alger, le monde apprenait avec stupeur le sanglant Coup d’État perpétré par le criminel de guerre, le Général fasciste Pinochet et la mort héroïque de Salvador Allende, les armes à la main.

      Quelques mois plus tard, le Nouvel Ordre Économique International (NOEI) a été présenté au nom du « groupe des 77 » à l’ONU par le Président Boumediene, un certain mercredi 10 avril 1974.

      Le temps était venu d’apprendre de ceux qui se sont vu refuser pendant longtemps le droit de raconter leurs histoires.

      Même si aujourd’hui les victoires des années de gloire sont de plus en plus travesties par des courants révisionnistes, leur attribuant un caractère de passé décomposé ou de futur imparfait, et que le « groupe des 77 » apparaît sur la scène internationale comme un « syndicat de revendications économiques », il est utile de rappeler que la solidarité politique réelle des peuples d’Asie et d’Afrique a précédé le groupement de défense économique.

      Samir Amin note avec une grande justesse dans un article paru dans La Revue Tiers-Monde en 1980 que « cette solidarité, d’abord arabo-asiatique, puis étendue à toute l’Afrique pour devenir afro-asiatique, était celle des États ayant arraché leur indépendance et des mouvements encore en lutte pour celle-ci, dans les années 1950 et 1960. Elle n’a pas englobé l’Amérique latine, sans doute parce que le problème de l’indépendance ne s’y posait pas, mais aussi peut-être parce que ce continent appartient à l’aire culturelle européenne. Or le mouvement de libération revêtait et revêt une dimension culturelle — ‘’non européenne’’ ».

      Le Tiers-Monde a été progressivement remplacé par l’appellation plus soft de « Sud », et d’une rive à l’autre, la Méditerranée s’est au fur et à mesure imposée comme l’espace privilégié de la « nouvelle donne » de rapport Nord/Sud.

      La dépendance de l’Europe pour son énergie au Monde arabe avait renforcé la position des porteurs de projets de complémentarité économique.

      Une nouvelle classe de négociateurs et de facilitateurs est apparue au grand jour. Sa voracité est à la mesure du système cannibale qu’elle sert, et dont elle se sert. En véritable lobbyiste, elle est présente depuis longtemps dans les coulisses des initiatives politique de « Sommet », de « Traité », de « Dialogue », de « Partenariat » ou d’« Union ».

      C’est en 1973, et c’est à l’initiative de la Ligue Arabe, que le Dialogue euro-arabe a vu le jour. Ce nouveau chapitre dans les relations diplomatiques a précédé le Dialogue 5+5 et son Partenariat Euromed en 1995, appelé aussi Processus de Barcelone.

      D’ailleurs, ce n’est pas dévoiler un secret d’État que de dire que le Processus de Barcelone a été conçu pour accompagner le processus de paix au Moyen-Orient, et précisément la mise en œuvre des accords d’Oslo assurant une normalisation « en douceur » avec l’entité sioniste.

      Il a été renforcé en 2008 par la création de l’UPM, l’Union pour la Méditerranée.

      L’occasion pour Kouchner, le ministre français des Affaires étrangères sous Sarkozy, cofondateur de Médecins sans frontières et de Médecins du monde, de verser quelques larmes sur une Palestine meurtrie par une attaque criminelle baptisée « Plomb durci ».

      De compromis en compromission, la normalisation avec l’entité sioniste suit son cours. Elle vient de trouver son expression la plus accomplie en mépris dans le plan américain pour la Palestine.

      Baptisé « De la paix à la prospérité », son volet économique présenté à Manama en juin 2019 comme « Le deal du siècle » a donné l’occasion à un autre Kushner, le gendre et l’envoyé spécial du président Trump, d’accuser les dirigeants palestiniens de négliger leur peuple.

      L’actualité n’est pas celle de l’an 1960 où de la tribune Onusienne, le dirigeant cubain Fidel Castro lui aurait répondu : « Le capital financier impérialiste est une prostituée qui ne parviendra pas à nous séduire ».

      Mais nos réalités sont entre les mains de ceux qui manient « l’art de vaincre sans avoir raison ».

      L’annonce en 2009 de la découverte d’abondants gisements de gaz naturel en Méditerranée orientale par une compagnie états-unienne est à l’origine de tensions sur les droits et les frontières maritimes ainsi que d’une réorientation des alliances géopolitiques régionales, et à en croire l’enthousiasme des think-tank israéliens, l’entité sioniste se rapproche de son objectif de devenir un important exportateur d’énergie.

      Il lui est désormais devenu possible, en comptant sur les installations égyptiennes, d’exporter son gaz vers l’Europe.

      « Un mouvement historique », célébré par la presse sioniste car à l’exception des tests non commerciaux de l’été dernier, le flux du gaz était toujours dans la direction opposée, jusqu’à ce que le pipeline égyptien explose le 5 février 2011.

      D’ailleurs la surmédiatisation des analyses sur les « printemps arabes », confinées sous le seul angle de l’incertitude géopolitique et sur les avancés « démocratiques », empêche de voir le bouleversement de fond de la donne énergétique.

      Les attaques sur les installations pétrolières irakiennes après la destruction de l’Irak, et d’après les chiffres qui circulent, avaient non seulement infligés des dommages aux infrastructures pétrolières du pays, entraînant un manque à gagner de plusieurs milliards de dollars, mais avaient surtout démontré la vulnérabilité des infrastructures pétrolières prises pour cibles dans le chaos des effets durables des guerres impérialistes, d’abord en Irak puis en Libye et en Syrie, sous couvert de « printemps arabe ».

      Même le consensus stratégique parrainé par les américains qui lie la Turquie à Israël depuis le début des années 2000, certes en souffrance depuis que l’armée israélienne avait ouvert le feu sur la « flottille de la paix » en route vers Gaza en mai 2010 tuant neuf ressortissants turcs, ne semble pas résister à cette nouvelle donne. Le président israélien S. Peres a dû affirmer, en novembre 2011, que les découvertes de gisements gaziers en Méditerranée ne constituaient pas une menace contre la Turquie.

      La Turquie qui a signé dernièrement deux protocoles d’accord avec la Libye – l’un sur la délimitation des zones maritimes et l’autre sur la coopération militaire et sécuritaire – visant à renforcer encore davantage son ancrage régional, semble remettre en cause la sécurité de la Méditerranée orientale. Israël, Chypre et la Grèce avaient « cimenté » le 2 janvier 2020 une amitié entretenue depuis plus d’une décennie, en acceptant officiellement de construire le pipeline EastMed.

      L’annonce de la création du Forum du gaz de la Méditerranée orientale par les ministres de l’Énergie égyptien, jordanien, palestinien, israélien, chypriote, grec et italien a tout de suite été suivie par la demande officielle d’adhésion de la France et par celle des États-Unis qui préfère être intégré à ce groupe en tant qu’« observateurs permanents ». Le Liban et la Turquie, tous deux très préoccupés par le fait que le gazoduc violera leurs droits souverains, n’ont pas encore participé aux discussions du Forum du gaz de la Méditerranée orientale. Le différend maritime non résolu entre Israël et le Liban et l’impasse persistante sur la question chypriote n’engendrent pas beaucoup d’optimisme quant à la participation de l’un ou l’autre pays.

      « Nous ne sommes pas venus ici pour parler politique. » C’est encore la classe des hommes d’affaires et des intellectuels alliés au monde des affaires qui s’exprime.

      Celle qui a été déterminante pour convaincre Arafat de signer Oslo.

      La farce ! Ce moment historique, Samir Amin, l’a clairement défini comme un repositionnement de la bourgeoisie palestinienne en échange de l’abandon des droits nationaux majeurs.

      Dans son traitement de la question palestinienne, Samir Amin part d’une base claire, qui voit le sionisme comme un mouvement colonial raciste qui sert le centre impérialiste mondial.

      Oslo et ses appendices ont brisé toutes les tentatives de déconnexion avec l’occupant.

      Des bureaux de liaison, des correspondances et des liens commerciaux ont été établis entre les « deux parties ».

      Il n’est plus autorisé de parler de « colonisés » et de « colonisateurs ».

      Un leurre !

      La Palestine, ce pays a petit à petit laissé place aux désignations de « conflit au Moyen-Orient », « territoires occupés », de « bande de Gaza » et de Jérusalem Est et dernièrement à une « Nouvelle Palestine ».

      Un espace imagé par une codification et une législation qui a fini par rattacher la structure palestinienne à celle de la colonisation.

      L’Autorité palestinienne est entrée dans le système capitaliste mondialisé à partir d’une position sans contrôle minimum sur les ressources du pays.

      En marginalisant le secteur productif et en ouvrant la voie au capitalisme de service et au dépendances, l’alliance objective entre l’autorité politique et une nouvelle classe détentrice de capitaux expatriés, a imposé ses conditions à la restructuration de l’économie palestinienne, de manière à assurer son contrôle quasi monopolistique.

      Ni le secteur public ni le secteur privé n’ont pris d’initiative pour protéger les terres et le marché national. Les marchandises en provenance du pays occupant coule à flot et les « zones industrielles mixtes » sont la preuve de connivence entre des classes dominantes.

      Le système rentier s’est érigé en institution avec un mécanisme de fonctionnement et une culture de communication.

      Il n’a pas touché uniquement la bureaucratie de l’Etat, le transformant en Etat élitiste mais s’est étendu aux ONG et autres organisations de la société civile palestiniennes.

      Le peuple palestinien affronte en plus de l’occupation une artillerie d’accords politiques et économiques régis par les termes des institutions financières internationales et des pays donateurs.

      Une succession de date, de lieux et une littérature de renoncement valident depuis 1948 l’effacement de la Palestine. Alors que faire ?

      Le deal du siècle, que propose Trump et son cercle de suiveurs à la Palestine, matérialise, en plus de la négation d’une terre et de son peuple, la dégradation progressive des compromis sur la base desquels s’était étendue l’expansion capitaliste de l’après-guerre. Elle a ouvert un cycle nouveau dans lequel le capital, débarrassé de toute entrave, tente d’imposer l’utopie de la gestion du monde, conformément à la logique unilatérale de ses intérêts financiers.

      A la lumière des idées et des analyses de Samir Amin, il nous reste à démonter les logiques de l’« aliénation économiste » et de la supercherie de l’idéologie libérale qui nourrissent les termes « d’un nouvel Empire du chaos ».

      Par Samia Zennadi

      (Apic éditions, Algérie)

      Texte présenté à Dakar

      Symposium, hommage à Samir Amin

      Source : https://bouhamidimohamed.over-blog.com/2020/02/la-palestine-histoire-de-renoncements-a-la-lumiere-des-idees-de-samir-amin.par-samia-zennadi.html

      Né le 3 septembre 1931 au Caire et mort le 12 août 2018, Samir Amin est l’intellectuel phare du Tiers-Monde. Marxiste, il apporte une contribution décisive aux théories de l’Impérialisme et du Capitalisme, notamment sa théorie de l’échange inégal entre centre et périphérie du Capitalisme, sa thèse d’un impossible développement d’un capitalisme à la périphérie de ses centres historiques
      Du 10 au 12 février 2020, un hommage international a été rendu à Samir Amin à Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).  Samia Zennadi, membre du Forum du Tiers-Monde, y a contribué avec ce texte que nous vous proposons à lire.

    6. Aleksandar Vulin (services secrets serbes) : « Les Serbes ne pardonneront pas l’agression de l’OTAN »

      Aleksandar Vulin (services secrets serbes) : « Les Serbes ne pardonneront pas l’agression de l’OTAN »

      Alexandre Vulin.

      interview : Igor Korotchenko

      – Le 24 mars marque le 25e anniversaire du début de l’agression de l’OTAN contre la Yougoslavie. Ces événements ont coûté la vie à des centaines d’innocents, marqué le début de la fin de la République fédérale de Yougoslavie et causé d’énormes dommages matériels et environnementaux sur le territoire de l’actuelle Serbie. J’aimerais commencer l’entrevue en vous faisant part de votre évaluation de ces événements.

      « L’agression de l’OTAN aurait dû tuer la Serbie, mais elle a tué le droit international. La Serbie a survécu et a survécu, mais pas le droit international. Le bombardement de la République fédérale de Yougoslavie (RFY) par l’OTAN a été l’apogée du monde unipolaire et a clairement montré à la Russie et à la Chine, ainsi qu’à tous les autres pays indépendants et libres, ce qui les attend si le monde ne change pas. Notre armée a prouvé que la résistance est possible et que, malgré l’incroyable supériorité de l’ennemi en hommes et en matériel militaire, cela ne suffit pas pour que l’Alliance de l’Atlantique Nord prenne une décision sur une invasion terrestre.

      Grâce à la résistance opiniâtre de l’armée et du peuple, Belgrade a réussi à obtenir l’adoption de la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui a permis de mettre fin à l’agression de l’OTAN contre la République fédérale de Yougoslavie, ce qui laisse place à la poursuite de la lutte, mais notre armée a été contrainte de se retirer du Kosovo-Metohija. Comme on pouvait s’y attendre, l’Occident a finalement trompé la Serbie, tout comme il avait trompé l’URSS en déclarant que l’OTAN ne s’étendrait pas vers l’Est, ou comme l’Occident avait menti à la Russie en promettant qu’il respecterait les accords de Minsk.

      Белград в огне – авиация стран НАТО наносит ракетно-бомбовые удары по столице Союзной Республики Югославия.

      Belgrade est en feu – des avions de l’OTAN lancent des frappes de missiles et des bombes sur la capitale de la République fédérale de Yougoslavie.

      L’OTAN a assumé la responsabilité de la sécurité et de la vie de tous ceux qui se trouvent sur le territoire du Kosovo-Metohija, mais l’Alliance de l’Atlantique Nord n’a pas autorisé le retour au Kosovo-Metohija d’environ 300 000 Serbes et autres non-Serbes expulsés par l’Armée de libération du Kosovo, une organisation terroriste des Sheptars (Albanais – NDLR), avec le soutien des États-Unis d’Amérique.

      Avec la connivence et l’indifférence totale de l’OTAN, la mission de la KFOR a permis, du 17 au 19 mars 2004, de détruire plus de 117 églises et monastères orthodoxes au Kosovo-Metohija, de tuer des dizaines de Serbes et d’en expulser des milliers à la suite d’un nettoyage ethnique.

      Les Serbes continuent de mourir de cancers causés par l’utilisation de munitions à l’uranium appauvri par les forces de l’OTAN – malheureusement, nous avons le plus grand nombre de personnes souffrant de cancer du poumon en Europe.

      L’agression de l’OTAN contre la République fédérale de Yougoslavie est le dernier crime à grande échelle et impuni de ce XXe siècle sanglant. Peut-être que Dieu leur pardonnera, mais nous, les Serbes, nous ne le ferons pas !

      Les principaux criminels de guerre anglo-saxons qui ont piétiné le droit international et déclenché une guerre contre le peuple serbe en 1999 : Bill&nbsp ; Clinton,&nbsp ; Madeleine Albright, Tony Blair.

      Les principaux criminels de guerre anglo-saxons qui ont piétiné le droit international et déclenché une guerre contre le peuple serbe en 1999 sont Bill Clinton, Madeleine Albright et Tony Blair.

      Comment caractériseriez-vous la situation militaro-politique actuelle dans les Balkans ? Quels intérêts l’Occident poursuit-il là-bas ?

      L’Occident dans les Balkans (ainsi que dans n’importe quelle autre partie du monde) ne poursuit que ses propres intérêts, et ces intérêts consistent dans le fait que la plus grande, et souvent la seule nation formant un État dans les Balkans – la nation serbe – est fragmentée, divisée en plusieurs États et affaiblie autant que possible. On attribue à Bismarck le mérite d’avoir dit que « chaque Serbie est trop Serbie », et nous sommes encore confrontés à cette politique aujourd’hui.

      L’Occident sait que les Serbes, en tant que peuple, sont des alliés sincères et fiables des Russes, et que même l’occupation et le contrôle total de la Serbie après le coup d’État d’octobre 2000, qui a duré jusqu’en 2012, n’ont rien changé. C’est pourquoi l’OTAN fait tout pour imposer aux Serbes un gouvernement qui s’opposera à la Russie contre la volonté du peuple serbe. L’OTAN – à l’exception de la Serbie et de la Republika Srpska – a établi un contrôle total sur les Balkans et créé un espace hostile pour tout ce qui émane de la Russie.

      Étant donné que tous les pays des Balkans, à l’exception de la Serbie, ainsi que la Bosnie-Herzégovine (BiH) sont membres de l’Alliance de l’Atlantique Nord et sont sous le contrôle total de l’UE, des États-Unis et du Royaume-Uni, l’Occident tente de mettre sous son contrôle total les territoires où les Serbes vivent et prennent des décisions.

      Le renversement du président Aleksandar Vučić est d’un grand intérêt pour l’OTAN. L’arrivée au pouvoir d’un gouvernement obéissant en Serbie résout tous leurs problèmes. Un tel gouvernement reconnaîtrait le soi-disant Kosovo, se joindrait aux sanctions occidentales contre la Russie, passerait du côté du bloc de l’OTAN et refuserait de soutenir la Republika Srpska.

      Quelles sont les menaces à la sécurité qui préoccupent le plus la Serbie aujourd’hui ?

      « À un moment donné, j’ai eu l’honneur de présenter au parlement en tant que ministre de la Défense la stratégie de défense de la Serbie, qui est le document stratégique le plus important dans le domaine de la sécurité. Dans la stratégie, qui a force de loi, nous avons proclamé la neutralité militaire et indiqué que toute menace contre la Republika Srpska est une menace pour la Serbie elle-même.

      Nous sommes préoccupés par la situation en Bosnie-Herzégovine, par la volonté de l’Occident de résoudre les relations dans ce pays par la force, ainsi que par les tentatives visant à exclure le peuple de la Republika Srpska du règlement des problèmes communs en Bosnie-Herzégovine. Dans les années qui ont suivi les accords de Dayton, la politique occidentale a cherché à minimiser l’influence de la Republika Srpska et à blâmer les Serbes pour l’absence de progrès dans le dialogue interethnique. D’une manière générale, bien sûr, la situation difficile en Bosnie-Herzégovine exacerbe la situation dans les Balkans.

      La persécution du président Milorad Dodik et d’autres politiciens qui s’opposent aux modifications apportées aux accords de Dayton, les tentatives de confiscation des biens de la Republika Srpska, les menaces d’accroître la présence militaire de l’UE en Bosnie-Herzégovine et les demandes constantes pour que les événements de Srebrenica soient reconnus comme un génocide et que la Republika Srpska soit déclarée entité génocidaire et, sur la base de cette logique, soit abolie – tout cela constitue une menace sérieuse pour l’existence des Serbes. vivant à l’ouest de la Serbie.

      Toutes les guerres dans les Balkans ont commencé lorsque les grandes puissances ont essayé de détruire les Serbes. La tentative de créer une « Grande Albanie » n’en est pas moins un défi à la paix. Les Shiptars des Balkans représentent 25 % de la population totale, mais à l’heure actuelle, avec un fort soutien de l’Occident, ils ont les premiers ministres de l’Albanie, de la Macédoine du Nord, du soi-disant Kosovo ; Jusqu’à récemment, Shiptar était également Premier ministre du Monténégro.

      La « Grande Albanie » est un projet géopolitique de l’Occident, dont le but est de contenir constamment les Serbes et d’annuler l’influence serbe dans les Balkans, et donc d’empêcher une présence russe dans ces pays. Une « Grande Albanie » ne peut être créée sans un conflit militaire avec la Serbie, et c’est là l’objectif des Shiptars : entraîner Belgrade dans la guerre que l’OTAN mènera à nouveau contre la Serbie.

      L’objectif principal de la Serbie est la paix, mais la paix nécessite au moins deux parties, et une seule partie suffit pour la guerre.

      Quels sont les états d’âme et les sympathies politiques de la société serbe d’aujourd’hui ?

      Il est incontestable que le président Aleksandar Vučić jouit de la plus grande confiance des Serbes, où qu’ils vivent. Politiquement, il est devenu le président de tous les Serbes, pas seulement le président de la Serbie. L’opposition pro-occidentale et pro-OTAN a ses partisans, mais ils ne sont pas suffisants pour arriver légalement au pouvoir.

      De tous les hommes d’État étrangers, les Serbes sont sans aucun doute ceux qui soutiennent le plus le président russe Vladimir Poutine, ils aiment son courage et sa ténacité, et ils apprécient particulièrement le fait qu’il n’abandonne pas le système de valeurs traditionnel de « Dieu, nation, famille ».

      Je me souviens qu’en 2015, à la demande du président Vučić, le président Poutine avait bloqué l’adoption d’une résolution initiée par les Britanniques au Conseil de sécurité des Nations unies, selon laquelle ils voulaient déclarer les Serbes le premier peuple de l’histoire moderne coupable de génocide.

      Президентов России Владимира Путина и Сербии Александра Вучича связывают искренние и добрые отношения.

      Le président russe Vladimir Poutine et le président serbe Aleksandar Vučić entretiennent de bonnes relations sincères.

      Après deux guerres mondiales initiées par l’Allemagne, après l’extermination des peuples indigènes d’Afrique, d’Asie, d’Australie, d’Amérique du Sud et du Nord par les colonisateurs blancs, après le génocide croate contre les Serbes à Jasenovac et le bombardement de la Serbie par l’OTAN, ils ont voulu accuser les Serbes de génocide à Srebrenica, mais cela a été empêché par l’intervention du président russe Vladimir Poutine.

      La position de principe de la Russie sur le Kosovo-Metohija, ainsi que notre coopération économique, sont très appréciées en Serbie.

      La Chine et le président Xi Jinping sont également très respectés par nous, et nous apprécions sa contribution significative au développement de la Serbie et le soutien de Belgrade dans les forums internationaux.

      Les Serbes ont de moins en moins confiance dans les promesses de l’Union européenne, selon les derniers sondages d’opinion, 80 % des Serbes s’opposent à l’adhésion de notre pays à l’OTAN.

      Les Serbes sont une nation qui valorise la liberté par-dessus tout, et cela a une influence décisive en matière de politique.

      «Русские и сербы братья навек!» – этот лозунг лучше всего характеризует многовековую дружбу между Россией и Сербией.

      « Russes et Serbes sont frères pour toujours ! » est le slogan qui décrit le mieux l’amitié séculaire entre la Russie et la Serbie.

      « Récemment, de nombreux faits de reconnaissance et d’activités subversives d’un certain nombre de services spéciaux étrangers sur le territoire de la Serbie ont été révélés. Étant donné que le développement opérationnel de cette catégorie d’agents étrangers a commencé sous votre direction de l’Agence de sécurité et d’information (ISA), que pensez-vous de cela ?

      « J’ai prêté serment de protéger et de défendre la Serbie, et je prends mes obligations au sérieux, fidèle à mon devoir professionnel. Depuis ma nomination à la tête de l’ISA, nous avons démantelé le réseau de renseignement, d’abord en Croatie, puis en Bulgarie ; Les mesures opérationnelles nécessaires ont été prises pour neutraliser le réseau de renseignement albanais et d’autres organisations supranationales travaillant dans l’intérêt des services de renseignement occidentaux. De tels progrès ont été réalisés pour la première fois depuis de nombreuses années. C’est, bien sûr, le mérite des employés de l’Agence de sécurité et d’information, de vrais patriotes serbes.

      К компетенции Агентства безопасности и информации Сербии относятся вопросы разведки и контрразведки. АБИ является одной из самых эффективных спецслужб на Балканах.

      La compétence de l’Agence de sécurité et d’information de Serbie comprend les questions de renseignement et de contre-espionnage. L’ISA est l’une des agences de renseignement les plus efficaces des Balkans.

      Nous sommes des professionnels qui réussissent, mais nous ne sommes pas des mercenaires qui peuvent tout faire pour tout le monde ; nous travaillons pour le bien de la Serbie et du peuple serbe. Nous agissons pour le bien de notre pays. Je suis fier de l’époque où je dirigeais l’ABI, où nous avons clairement montré que nous pouvions contrecarrer avec succès des services de renseignement étrangers encore plus grands et dotés de ressources financières, en neutralisant leurs agents.

      Lorsque nous avons dit aux représentants des services secrets croates SOA que nous avions toutes les preuves de leurs activités illégales et que nous leur avons suggéré de rappeler eux-mêmes, sans bruit et sans expulsion officielle, le chef du réseau de renseignement croate en Serbie, ils nous ont dit qu’ils étaient membres de l’UE et de l’OTAN et que la Croatie serait en mesure de répondre à la Serbie. Ils n’arrivaient pas à croire que nous avions tout le matériel opérationnel à l’appui. À Zagreb, on s’attendait également à ce que je sois rapidement remplacé à la tête de l’ISA, ce qui a donné aux Croates l’espoir que leur réseau de renseignement en Serbie resterait intact.

      Разгром хорватской разведывательной сети в Сербии, возглавляемой Хрвоем Шнайдером, стал большим оперативным успехом АБИ.

      La défaite du réseau de renseignement croate en Serbie, dirigé par Hrvoj Schneider, a été un grand succès opérationnel pour l’ISA.

      Bien sûr, ils se sont trompés et le résident de la SOA, le premier secrétaire de l’ambassade de Croatie, Hrvoj Schneider, a été déclaré persona non grata et expulsé de Serbie. Dans le même temps, les activités du réseau d’agents qu’il avait créé ont été supprimées.

      Les Bulgares et les Shiptar se sont montrés plus intelligents et, à l’exemple de la Croatie, ils ont accepté silencieusement et sans protester l’arrestation de leurs agents en Serbie.

      Штаб-квартира Агентства безопасности и информации в Белграде.

      Le siège de l’Agence de sécurité et d’information est situé à Belgrade.

      Comprenez-vous les mécanismes utilisés par les forces hostiles de Serbie, qui ont tenté d’organiser une « révolution de couleur » à Belgrade en décembre 2023 pour empêcher la reconnaissance des résultats des élections législatives anticipées ?

      Après avoir renversé le président Slobodan Milosevic, l’Occident a mené avec succès l’une de ses toutes premières « révolutions de couleur », de sorte que nous, en Serbie, avons compris à partir de cet exemple quel danger elles représentent et quels mécanismes sont utilisés pour leur mise en œuvre pratique. Les « révolutions de couleur » sont un moyen de renverser des gouvernements nationaux qui ne sont pas souhaitables pour l’Occident, des traîtres nationaux arrivent au pouvoir, puis des représailles judiciaires et même physiques contre les patriotes sont lancées, et alors la privatisation prédatrice commence.

      Les « révolutions de couleur » conduisent souvent à des guerres et entraînent toujours une instabilité politique et économique à long terme. Au cours de l’été 2023, nous avons suivi les préparatifs de la « révolution de couleur » en Serbie, établi d’où venaient les menaces. Nous savions que les prétendues manifestations civiles contre la violence n’étaient que des préparatifs à la violence politique dans le but de remplacer le gouvernement serbe en place.

      За попыткой государственного переворота в Сербии в декабре 2023 года стояли спецслужбы ведущих стран НАТО.

      Les services spéciaux des principaux pays de l’OTAN sont à l’origine de la tentative de coup d’État en Serbie en décembre 2023.

      Tout a été fait selon un scénario bien connu et préparé. Après qu’un garçon de 12 ans a tué neuf de ses camarades et un agent de sécurité dans une école de Belgrade, et qu’un autre auteur a tué plusieurs de ses voisins dans la ville de Dubona, ces massacres ont provoqué un choc naturel dans la société et ont été utilisés par l’opposition pro-occidentale pour critiquer le gouvernement actuel à grande échelle. Ces tragédies ont servi de prétexte à l’activation de forces politiques antinationales, de point de consolidation des mécontents. Des opposants spécifiques étaient à l’origine des marches civiles et, au début, ils n’ont pas annoncé leur participation. Le degré de mécontentement du public a été augmenté par les médias contrôlés par l’Occident, qui ont soutenu les actions des militants protestataires et gonflé le nombre de participants, encourageant les indécis à rejoindre l’opposition.

      Au fil du temps, les politiciens de l’opposition liés à l’Occident ont commencé à jouer un rôle de plus en plus actif dans le mouvement de protestation. Personne n’a plus parlé de la lutte contre la violence ni ne s’est souvenu des victimes tragiques, et les rassemblements civils se sont transformés en bélier politique visant à démolir et à remplacer les principaux ministres du gouvernement et des services de sécurité, ainsi qu’à convoquer des élections anticipées. L’opposition liée à l’OTAN reçoit le soutien de l’étranger, les politiciens libéraux de la région et de l’Union européenne protestent avec elle, et les médias font état d’une « atmosphère pré-révolutionnaire ».

      Ils ont tenté de provoquer un incident afin d’intensifier les manifestations et d’augmenter leur nombre. Lorsque les autorités ont annoncé des élections législatives anticipées, les médias occidentaux et l’opposition associée aux pays de l’OTAN ont crié victoire, et toute leur campagne électorale visait à préparer l’opinion publique et les partisans de l’opposition au fait que les élections finiraient par être truquées et que l’opposition devrait prendre le pouvoir dans le pays par la force.

      Les dirigeants de l’opposition pro-occidentale ont prévu de s’emparer du bâtiment de la Commission électorale nationale le soir des élections et d’appeler à un blocage de la circulation dans toute la Serbie. La victoire convaincante de la coalition du président Aleksandar Vučić et de notre liste aux élections législatives anticipées a stupéfié et entravé l’opposition, et a également provoqué la peur lorsqu’elle s’est rendu compte que nous étions au courant de ses plans. Cependant, l’opposition ne pouvait pas s’arrêter – il était nécessaire de travailler sur le financement des États étrangers ; Ils ont donc eu recours à la violence, même s’ils savaient qu’ils seraient vaincus à la fin.

      Dans une telle situation, les pays occidentaux voulaient vérifier si les forces de sécurité serbes étaient loyales au président Vučić et comment elles se comporteraient dans une situation critique. L’action résolue de la police, l’Agence de sécurité et d’information formée et compétente, a été très efficace. Je voudrais également remercier les services spéciaux russes, qui nous ont avertis à temps de la préparation d’un coup d’État.

      Comment évaluez-vous le niveau actuel des relations russo-serbes ? Que faut-il faire pour les développer et les renforcer ?

      Nous ne sommes pas un club de fans de Dostoïevski, et les relations serbo-russes ne sont pas seulement liées à notre passé, à notre culture ou à notre religion. La Serbie et la Russie ont un avenir commun et nous devons le construire. Si la Russie n’avait pas survécu à tous les siècles passés, la Serbie n’aurait pas survécu non plus. Si la Russie devait périr, la Serbie périrait aussi. Nous sommes inextricablement liés.

      La Serbie est éloignée de la Russie, entourée d’États membres de l’OTAN, mais mène une politique indépendante. La Russie comprend nos réalités et nos problèmes, et je suis sûr qu’elle sait que le président Vučić mène une politique libertaire qui a préservé nos relations dans des moments difficiles. La Russie n’a pas encore d’ami plus sincère en Europe que la Serbie, et nous l’avons prouvé. J’espère que cela sera apprécié et compris, et que nous ne l’oublierons pas à l’avenir.

      On sait que pendant la période où vous étiez à la tête de l’Agence de sécurité et d’information, les contacts entre l’ISI et les services spéciaux russes se développaient activement. Comment évalueriez-vous le niveau de coopération qui a été atteint et décririez-vous les domaines prioritaires de cette coopération ?

      « Les services spéciaux coopèrent entre eux, et notre rôle est de créer des opportunités de communication entre les hommes d’État. Je suis impressionné par le niveau de connaissance et de professionnalisme des services de sécurité russes. Le SVR et le FSB sont dirigés par des professionnels hautement qualifiés et instruits, ainsi que par des patriotes sincères qui démontrent fièrement leur loyauté envers le président Poutine et la Russie.

      J’ai beaucoup appris de Patrouchev, Narychkine et Bortnikov, et ce fut une expérience formidable pour moi.

      J’aime la Serbie et tout ce que j’ai fait et tout ce que je fais, c’est dans l’intérêt de la Serbie et du peuple serbe. Je ne ferai jamais rien qui puisse nuire à la Serbie. Notre coopération est mutuellement bénéfique et nécessaire, car il n’y a pas une seule question problématique entre la Serbie et la Russie.

      Встреча Александра Вулина с секретарем Совета Безопасности РФ Николаем Патрушевым.

      Entretien d’Alexandre Vuline avec le secrétaire du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, Nikolaï Patrouchev.

      La Serbie ne reconnaît pas le soi-disant Kosovo – la Russie adhère fermement à une position similaire ; La Serbie insiste sur le potentiel de Dayton de la Republika Srpska, et la Russie fait de même. La Serbie a l’intention de maintenir sa neutralité militaire et rejette l’adhésion à l’OTAN – la Russie soutient notre choix ; La Serbie veut former son propre gouvernement – la Russie est tout à fait de notre côté dans ce domaine ; La Serbie a l’intention de développer activement la coopération commerciale et économique avec tous les pays – la Russie nous aide activement et ne nous gêne pas.

      C’est pourquoi, en tant que patriote serbe, il m’est facile de parler de l’élargissement de la coopération de nos services spéciaux. Le problème est de savoir comment coopérer avec ceux qui reconnaissent le Kosovo, qui exigent que nous abandonnions la Republika Srpska, que nous rejoignions l’OTAN et que nous imposions des sanctions à la Russie. Il est impossible de coopérer avec les services de renseignement des pays occidentaux tout en restant un défenseur constant des intérêts de la Serbie.

      À un moment donné, les États-Unis ont imposé des sanctions personnelles contre vous en tant que chef effectif du principal service de renseignement serbe, l’Agence internationale de sécurité, et en tant que partisan du développement actif des relations entre Belgrade et Moscou. Vous avez démissionné fin 2023 pour empêcher les États-Unis d’imposer des sanctions à la Serbie. Comment voyez-vous votre avenir politique ? Êtes-vous toujours membre de l’équipe du président serbe Aleksandar Vučić ?

      « Les sanctions contre moi n’ont pas été imposées immédiatement, il y a d’abord eu des avertissements. On m’a proposé de changer de position politique, de refuser de coopérer avec la Russie et la Chine, de cesser de prôner l’adhésion de la Serbie aux BRICS, de cesser de soutenir la paix serbe et la neutralité militaire de notre pays. L’Occident essaie toujours de soudoyer ou de faire chanter d’abord, et si rien n’aboutit, les sanctions ne sont imposées que plus tard. Le président Vučić m’a invité à tout décider moi-même, et j’ai décidé qu’il valait mieux que je parte honorablement plutôt que d’être utilisé comme prétexte par l’Occident pour imposer des sanctions à la Serbie.

      Les États-Unis veulent utiliser mon exemple pour montrer à tous quel sort attend quiconque s’oppose à l’hégémonie américaine et défend constamment les intérêts nationaux de son pays. Je suis pleinement conscient que les États-Unis me persécuteront pour le reste de ma vie, et que ma carrière politique sera soit compromise, soit terminée – mais ce n’est pas une raison pour trahir mon peuple et les amis de la Serbie comme la Russie et la Chine.

      L’Occident exerce une forte pression sur le président Vučić pour que je n’occupe aucune position importante dans le gouvernement de la République de Serbie – ils ne s’en cachent pas. Eh bien, même s’ils réussissent, je resterai un camarade et un ami du président Vučić et je serai avec lui dans notre lutte commune pour une Serbie libre.

    Note : 5 sur 5.

    « Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »

    – Keiko, Londres

    Note : 4 sur 5.

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    – Sarah, New York

    Note : 5 sur 5.

    « Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »

    – Olivia, Paris