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  • Rene Naba-Hassan Nasrallah, premier dirigeant arabe depuis Nasser à avoir su développer une capacité d’influence sur l’opinion publique israélienne

    Rene Naba-Hassan Nasrallah, premier dirigeant arabe depuis Nasser à avoir su développer une capacité d’influence sur l’opinion publique israélienne

    René Naba -10 juillet 2016-dernière mise à jour le 29 septembre 2024

    https://www.madaniya.info/ remet en avant une série d’articles portant sur Sayyed Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah libanais, tué par un bombardement israélien, le 27 septembre 2024, dans sa guerre de soutien aux mouvements palestiniens de Gaza, le Hamas et le Jihad Islamique.

    À la tête de la formation paramilitaire chiite libanaise depuis 32 ans, ce moine soldat de l’islam moderne, qui a constitué l’ultime digue de retenue face au grand naufrage arabe, peut se targuer d’un glorieux palmarès face à Israël, notamment:

    • Le fait d’avoir contraint l’État hébreu à se retirer militairement du Liban, en 2000, sans négociations ni traité de paix, fait unique dans les annales de la polémologie mondiale.
    • Le fait d’avoir mis en échec, six ans plus tard, en 2006, une offensive terrestre israélienne au Liban, initiant un conflit mobile dans un circuit fermé, une novation stratégique, provoquant une hécatombe des blindés israéliens au sud-Liban et la démission corrélative du premier ministre israélien de l’époque Ehud Olmert, de même que son chef de l’aviation, le général Dan Halutz !

    L’acharnement d’Israël contre Beyrouth s’explique sans doute par le traumatisme infligé à l’État Hébreu par la capitale libanaise au point de glaner le titre de « Beyrouth, le Vietnam d’Israël ».

    Pour aller plus loin sur ce thème, cf ce lien: https://www.madaniya.info/2015/04/13/liban-beyrouth-le-vietnam-d-israel/

    Élu en 1992 à la tête du Hezbollah libanais, Sayyed Hassan Nasrallah avait succédé le 7 Février 1992, à M. Abbas Moussawi, qui avait, lui aussi, succombé à un tir de missiles israélien.

    Dans la foulée de la disparition de son chef, le Hezbollah libanais a confirmé son intention de poursuivre la guerre contre Israël en soutien à Gaza.

    Retour sur ce personnage considérable de l’histoire contemporaine, la sentinelle de l’indépendance libanaise, qui a insufflé l’esprit de résistance au Monde arabe.


    Illustration de la défragmentation mentale arabe et de la vassalisation du Monde arabe à l’imperium israélo-américain, la Ligue arabe, à l’instigation des pétromonarchies du golfe a décidé d’inscrire le Hezbollah Libanais sur la liste des organisations terroristes, fait sans précédent ans les annales diplomatiques arabes.

    La criminalisation de la formation politico-militaire chiite est intervenue au dixième anniversaire de son glorieux fait d’armes face à Israël lors de la guerre de destruction israélienne du Liban, en juillet 2006.

    Artisan de deux exploits militaires face à Israël, le Hezbollah est considéré à juste titre comme l’un des plus prestigieux mouvement de libération du tiers monde, à l’égal du FLN vietnamien, du FLN algérien et des barbudos cubains.

    Sa criminalisation s’est faite au nom de l’Arabisme, un mot d’ordre dont la dynastie wahhabite en a été l’un des grands fossoyeurs.

    Une telle mesure donne rétrospectivement caution à toutes les équipées israéliennes contre le Hezbollah et vise, principalement, à stigmatiser l’unique mouvement de lutte armée arabe contre Israël de mouvance chiite. Même l’Union européenne s’était abstenue de prendre une telle mesure, limitant son ostracisme à la branche militaire du Hezbollah.

    Une telle stigmatisation intervient alors que les bourreaux du Hezbollah paient le prix de leur forfaiture: Ehud Olmert, ancien premier ministre israélien, initiateur de la guerre de Juillet 2006 contre le Liban, purge depuis le 16 Février 2016 une peine de prison après une condamnation à 19 mois pour corruption et entraves à la justice. Ehud Olmert (70 ans) a rejoint en prison l’ancien président d’Israël Moshé Katzav, qui purge, lui, une peine de sept ans pour viols.

    Paris – L’homme pèse ses mots et ses propos valent leur pesant d’or, immédiatement décryptés par tous les exégètes de la philologie, de la sémantique et de la linguistique, tant les universitaires que les diplomates, les stratèges que les spécialistes de la guerre psychologique, les arabisants de chic que les orientalistes de toc.
    La bulle politico médiatique occidentale risque de s’étrangler de colère rentrée, de même que ses thuriféraires arabes, devant une telle affirmation qui correspond néanmoins à la réalité : Sayyed Hassan Nasrallah (2), chef du Hezbollah, le mouvement paramilitaire chiite libanais, est un homme qui ne se paie pas de mots. Ses actes sont conformes à ses discours et ses discours à ses actes. Le contraire en somme d’un bonimenteur, dont les propos retentissent comme autant des sentences.
    Le constat ne relève pas de la fanfaronnade et sa crédibilité ne relève pas de l’effet de propagande. Elle est confirmée dans les faits, attestée par les plus grands journalistes arabophones d’Israël, dont le signataire de ce texte en a recueilli la confidence.
    «Al Manar», la chaîne du Hezbollah, fondée par Hassan Nasrallah en personne, la chaîne du mouvement chiite libanais bannie de l’espace européen à l’instigation de la France, était, en pleine guerre de destruction israélienne du Liban, en 2006, la chaîne de référence du déroulement des hostilités, au même titre que la chaîne trans frontière arabe «Al Jazira», et non la télévision israélienne.

    Une étude universitaire de l’establishment militaire israélien a abondé dans le même sens dans un article paru le 12 juillet 2010 dans le journal israélien «Haaretz» à l’occasion du 4e anniversaire de la guerre de destruction israélienne du Liban.
    Une recherche académique d’un haut officier des renseignements israéliens soutient en effet qu’Hassan Nasrallah, Secrétaire Général du Hezbollah, est le premier dirigeant arabe à disposer d’une capacité d’influence sur le public israélien de par ses discours, depuis le président égyptien Gamal Abdel Nasser.

    Cette thèse a été soutenue par le colonel Rounine, devant l’université de Haïfa, en se fondant sur une analyse du contenu des discours d’Hassan Nasrallah durant la deuxième guerre du Liban (2006), rapporte le journal israélien «Haaretz». L’officier israélien décrit Nasrallah comme «le premier dirigeant à avoir su développer une capacité d’influence sur l’opinion publique israélienne, depuis Abdel Nasser» dans la décennie 1960
    Rounine, qui occupait à l’époque le poste d’officier des renseignements au sein de l’armée israélienne, écrit à ce propos : «Face aux menaces israéliennes, Nasrallah a utilisé deux armes, ses discours, pour s’adresser à son public et mener les batailles défensives sur le front libanais, et les missiles, à destination d’Israël.

    Les discours de Nasrallah ont fait l’objet d’une large couverture en Israël, et ont suscité des réactions virulentes parmi les dirigeants politiques et militaires israéliens. Rounine a souligné que «si Israël avait procédé à une analyse rationnelle des discours de Nasrallah, au cours de la guerre, cela aurait pu influencer la prise de décision». Il a cité Nasrallah qui assurait pendant la guerre, «si on réussit dans la défense, on gagnerait». La victoire signifiait, à ses yeux, «la poursuite de la résistance, et que le Liban reste uni et n’accepte pas des conditions humiliantes».

    «La résistance du Hezbollah s’est poursuivie jusqu’au dernier jour, l’unité du Liban n’a pas été entamée», a indiqué l’officier israélien, faisant remarquer: «Quant aux conditions humiliantes, la réponse ne saurait être catégorique, dans la mesure où Hassan Nasrallah a été obligé d’admettre le déploiement de l’armée libanaise, et de la FINUL, Force intérimaire des Nations Unies au Liban au sud, chose à laquelle il s’opposait au début de la guerre».

    Dans une zone où la démagogie est un mode de gouvernement, l’homme est sobre sans la moindre théâtralité, en faisant la spectaculaire démonstration un certain dimanche après-midi de juillet 2006, ordonnant en plein discours politique, depuis sa tribune télévisuelle, devant des centaines de milliers de téléspectateurs médusés, la destruction d’une vedette israélienne qui narguait les côtes libanaises.

    L’ordre à peine donné, la balistique hezbollahi atteignait de plein fouet sa cible, repoussant la vedette au-delà de l’horizon dans un nuage de fumée noire, signe indiscutable de la blessure de l’ennemi cuirassé, signant par la même dans l’ordre symbolique la défaite israélienne dans ce duel à distance entre ce moine soldat de l’Islam moderne et ses assaillants, les fers de lance de l’hégémonie israélo occidentale sur la sphère arabe.
    Dans un pays où l’instrumentalisation du martyrologe relève d’une véritable industrie florissante au point de constituer une rente de situation, l’homme n’a jamais cherché à tirer avantage de la mort de son fils, Hadi, sur le champ d’honneur dans une opération de harcèlement anti-israélienne au sud Liban. Tué au combat à 18 ans, à Jabal al Rafei, en 1997, dans la zone frontalière libano israélienne.

    Et non au cours d’un règlement de compte entre factions rivales pour le partage du butin, comme la guerre du Liban en a donné de nombreux exemples particulièrement au sein des forces libanaises, la milice chrétienne libanaise.

    Dans une zone gangrenée par une religiosité niaise, ce religieux au langage châtié, au verbe riche, où s’entremêlent expressions religieuses et profanes, le dialectal et le littéraire, est un tribun dont la tonalité du discours ressortit pleinement de la thématique nationaliste arabe la plus exigeante. Une tonalité laïque, qui tranche avec le rigorisme de façade de certains de ses détracteurs.
    Lointaine réminiscence d’une conviction filiale d‘un père membre actif d’un parti laïc, nationaliste et pan syrien, ce chiite libanais et patriote, formé à Nadjaf, la ville sainte du sud de l’Irak, cité refuge de l’Ayatollah Ruhollah Khomeiny, chef de la révolution iranienne, passe pour avoir réussi la synthèse du chiisme arabe et iranien, de l’lslamisme et du nationalisme arabe, du visage occidental du Liban et de son appartenance au monde arabe.

    Natif de Bourj Hammoud, dans la banlieue populeuse de Beyrouth, Hassan Nasrallah a vu le jour dans la zone de brassage par excellence des laissés pour compte de la société d’abondance et de la cohorte des peuples sans terre. Un lieu de naissance, par effet du hasard, formateur, tout comme sa région d‘origine. Le futur chef du Hezbollah est en fait originaire d’une zone géographiquement prédestinée au combat: la région du sud Liban dans la zone frontalière libano israélienne; une zone qui est la cible de l’artillerie et de l’aviation israélienne depuis un demi-siècle; que les militaires israéliens vouaient à faire office de zone tampon, qui sera, paradoxalement, par la suite le fer de lance du combat anti occidental, le tremplin de Hassan Nasrallah vers la gloire militaire.
    Le chef-lieu natal de sa famille, Bazouriyeh, il est vrai, est une localité située près de Bint Jbeil, la grande bourgade du sud Liban, qui infligea deux camouflets militaires aux Israéliens. La première fois, en 1982, avec la destruction du PC israélien fixé dans ce lieu, dans le cadre de «l’opération Paix en Galilée». La deuxième fois, un quart de siècle plus tard, en 2006, lors de la mémorable bataille de chars précédant le cessez le feu israélo-libanais qui transforma Bint-Jbeil en cimetière des Merkava, se soldant par la destruction d’une trentaine de véhicules blindés israéliens.

    L’invasion israélienne du Liban aura d’ailleurs un effet déclencheur de sa prise de conscience politique. A 22 ans, ce chef d’une fratrie de neuf enfants s’engagera cette année-là au sein du Hezbollah, à l’époque vague groupuscule sous la férule des Gardiens de la révolution iranienne, dont il en gravira rapidement tous les échelons pour en devenir dix ans plus tard, en 1991, à 31 ans, son secrétaire général après l’assassinat de Abbas Moussaoui par les Israéliens.

    Une promotion démocratique, d’une ascension au mérite, sans coup de force ni coup d‘état, qui le mettra en position d’intégrer le jeu politique libanais, en 1992, en concomitance avec l’arrivée au pouvoir du milliardaire libano saoudien le sunnite Rafic Hariri, l’autre poids lourd de la politique libanaise.
    Cette arrivée simultanée des deux poids lourds de la politique libanaise va induire une nouvelle équation dans le système politico confessionnel libanais, désormais marqué par la prééminence des deux grandes communautés musulmanes -sunnite et chiite- au détriment des communautés historiques fondatrices du Liban, maronite et druze.

    Issu de la communauté la plus méprisée à l’époque du Liban et la plus négligée des pouvoirs publics, la communauté chiite, dirigée en ces temps-là par des féodaux claniques, trafiquants de drogue et alliés privilégiés du Chah d’Iran et de l’Occident, notamment la famille Kazem al Khalil de Tyr, parent par alliance de l’irakien Ahmad Chalabi, l’agent par excellence de l’invasion américaine de l’Irak. Hassan Nasrallah en fera le fer de lance du combat anti israélien, la fierté du pays, sa colonne vertébrale, obtenant le dégagement militaire israélien du Liban sans négociation ni traité de paix, en 2000.
    Ce faisant, il propulsera son pays à la fonction de curseur diplomatique régional, et, dans l’histoire du conflit israélo-arabe, le standard libanais au rang de valeur d’exemple, tant cet exploit a revêtu dans la mémoire collective arabe un impact psychologique d’une importance comparable à la destruction de la ligne Bar Lev, lors du franchissement du Canal de Suez, lors de la guerre d’octobre 1973.
    Récidiviste huit ans plus tard, il initiera, face à la puissance de feu de son ennemi et à l’hostilité quasi générale des monarchies arabes, une nouvelle méthode de combat, concevant un conflit mobile dans un champ clos, une novation dans la stratégie militaire contemporaine, doublée d’une audacieuse riposte balistique, à la grande consternation des pays occidentaux et de leurs alliés arabes.

    «Malgré l’engagement de l’équivalent de l’armée de terre et l’armée de l’air françaises, les Israéliens ont échoué à vaincre au Liban quelques milliers d’hommes retranchés dans un rectangle de 45 km sur 25 km, un résultat tactique surprenant, probablement annonciateur d’un phénomène nouveau, la fin une ère de guerres limitées dominées par la haute technologie occidentale. L’armée israélienne découvre alors que ses adversaires se sont parfaitement adaptés face au feu aérien israélien, le Hezbollah a développé une version «basse technologie» de la furtivité, combinant réseaux souterrains, fortifications et – surtout – mélange avec la population.
    Le Hezbollah, légèrement équipé, maîtrisant parfaitement son arsenal, notamment antichar, a mené un combat décentralisé, à la manière des Finlandais face aux Soviétiques en 1940.

    Il pratique aussi une guerre totale, tant par l’acceptation des sacrifices que par l’intégration étroite de tous les aspects de la guerre au cœur de la population. En face, l’armée d’Israël s’engage dans une ambiance de « zéro mort», et échoue. Au bilan, Israël a perdu 120 hommes et 6 milliards de dollars, soit presque 10 millions de dollars par ennemi tué, et ce, sans parvenir à vaincre le Parti de Dieu.

    À ce prix, sans doute eût-il été tactiquement plus efficace de proposer plusieurs centaines de milliers de dollars à chacun des 3 000 combattants professionnels du Hezbollah en échange d’un exil à l’étranger» estimera un stratège français au Centre français de doctrine d’emploi des forces (armée de terre), chargé du retour d’expériences des opérations françaises et étrangères dans la zone Asie/Moyen-Orient (3).
    Mais au regard de cet exploit singulier dans l’histoire peu glorieuse du monde arabe contemporain, une levée de bouclier d’une classe politique archaïque, reformatée dans la féodalité moderniste, résultante d’un torrent d’opportunisme fera alors vibrer la fibre communautaire dans une zone en proie à l’intégrisme, dans un pays qui en a si grandement pâti dans le passé. Un pays en proie à la désespérance d’une population en voie de paupérisation croissante, en proie à l’amnésie des victimes des anciennes turpitudes; en proie à l’indigence intellectuelle et morale d’une fraction de l’élite, en proie enfin au nanisme des géants de la politique libanaise coalisés au sein d’une alliance contre nature des anciens «seigneurs de la guerre» et de leur principal bailleur de fonds.

    Pariant implicitement sur une défaite du Hezbollah, le trio pro occidental -Saad Hariri, Walid Joumblatt et leur allié maronite Samir Geagea, l’ancien compagnon de route d’Israël de la guerre civile inter libanaise- s’est lancé dès la fin des hostilités, au-delà de toute décence, dans le procès de la milice chiite aux cris «Al-Haqiqa» (la vérité), plutôt que de rechercher la condamnation d’Israël pour sa violation du Droit Humanitaire International et sa destruction des infrastructures libanaises.
    Un cri de guerre curieusement popularisé par la fugace pasionaria de la scène libanaise, la ministre maronite Nayla Mouawad, paradoxalement, plus soucieuse de démasquer les assassins de Rafic Hariri que ceux de son propre époux, l’ancien Président René Mouawad, tué dans un attentat le 22 novembre 1990, le jour anniversaire de l’Indépendance libanaise. Affligeant spectacle et infamant.
    Nasrallah s’en tirera, faisant preuve de mansuétude à l’égard des supplétifs de l’armée israélienne, enrôlés sous la férule d’un général félon, Antoine Lahad, les exonérant du crime de trahison, leur épargnant le supplice du goudron réservé aux collaborateurs français du régime nazi. Il contournera ce piège démagogique par son alliance avec la hiérarchie militaire chrétienne, les deux anciens commandants en chef de l’armée, soucieux de brider les pulsions mortifères de l’ordre milicien chrétien.

    Le président Émile Lahoud «un résistant par excellence» aux dires de son allié chiite et le général Michel Aoun, chef de la plus importante formation politique chrétienne, l’assureront d’une couverture diplomatique internationale trans confessionnelle, d’un sas de sécurité à l’effet de briser net un nouveau clivage islamo chrétien, point de basculement vers une nouvelle guerre civile à connotation religieuse.

    De l’aveu même des responsables américains, les Etats Unis, depuis 2006, à travers l’USAID et la Middle East Partnership Initiative (MEPI), ont débloqué de plus de 500 millions de dollars, pour neutraliser le Hezbollah, la plus importante formation paramilitaire du tiers monde, arrosant près de sept cents personnalités et institutions libanaises d’une pluie de dollars «pour créer des alternatives à l’extrémisme et réduire l’influence du Hezbollah dans la jeunesse» (4). A cette somme se superpose le financement de la campagne électorale de la coalition gouvernementale aux élections de juin 2009, de l’ordre de 780 millions de dollars, soit un total de 1,2 milliards de dollars en trois ans, à raison de 400 millions de dollars par an. En vain.

    État dans l’état ?

    Véritable état dans l’état, le principal grief de ses adversaires, son mouvement aura pourtant supplée pendant trente ans la vacance d’un pouvoir d’état longtemps auparavant vidé de sa substance par l’ordre milicien prédateur et parasite, en tout cas bien avant la naissance du Hezbollah, collaborant étroitement avec les services d’un état en déshérence, initiant une culture du combat et de la résistance dans un pays aux mœurs redoutablement mercantiles.

    Principale formation politico-militaire libanaise, dont le démantèlement est réclamé les États-Unis, le Hezbollah dispose d’une représentation parlementaire sans commune mesure avec l’importance numérique de la communauté chiite, sans commune mesure avec sa contribution à la libération du territoire national, sans commune mesure avec son prestige régional, sans commune mesure avec l’adhésion populaire dont il jouit sans chercher à en tirer avantage.

    Tant au niveau de la démocratie numérique que de la démocratie patriotique, la place qu’occupe le Hezbollah est une place de choix. Un positionnement incontournable à l’effet de dissuader quiconque songerait à usurper la place qui n’est pas la sienne. Dans les querelles byzantines dont les Libanais sont tant friands, il était salutaire que cette vérité d’évidence soit rappelée et les mésaventures du tandem Hariri Joumblatt sont là pour l’attester.
    Walid Joumblatt et Saad Hariri feront amende honorable après une succession de revers et reprendront le chemin de Damas, sans trop de fanfaronnade, avant un nouveau mouvement de bascule, trois ans plus tard à l’occasion du «printemps arabe».

    Le premier ministre socialiste français Lionel Jospin, qui avait qualifié de «terroriste» le Hezbollah, en a fait l’expérience à ses dépens, déclenchant le plus célèbre caillassage de l’époque contemporaine, terminant piteusement sa carrière politique, irrémédiablement carbonisé.
    Jacques Chirac qui avait préconisé des «mesures coercitives» pour brider le Hezbollah se ravisera après l’échec israélien dépêchant une escadrille française pour protéger l’espace aérien libanais lors du défilé célébrant la «divine victoire», craignant que la moindre anicroche atteignant Nasrallah, ne déclenche par représailles l’éradication politique et physique de la famille de son ami Rafic Hariri, assassiné en février 2005, particulièrement de son héritier politique, Saad Hariri, planqué à l’étranger durant les hostilités, loin d’une capitale dont il est le député et d‘un pays dont il est le chef de sa majorité gouvernementale.
    Dan Halloutz, chef de l’aviation israélienne, ordonnateur des raids destructeurs sur Beyrouth, a été démis de ses fonctions, renvoyé à ses pénates pour manigance financière, de même que son premier ministre Ehud Olmert en prison.

    Victorieux sans appel d’une épreuve de force contre une coalition pro occidentale agrégeant tous les anciens seigneurs de la guerre du Liban, qui voulaient porter atteinte à l’autonomie de son réseau de transmissions, le nerf de sa guerre contre Israël, le 7 mai 2008, le dignitaire religieux acquiert alors une nouvelle stature, celle d’un prescripteur dans l’ordre régional, initiateur de la rhétorique des représailles et de la parité de la terreur. Son fief du sud de Beyrouth supplante alors Beyrouth Ouest dans la conscience arabe en tant que foyer de la contestation pan arabe, signant définitivement le désengagement du sunnisme militant dans le combat contre Israël, le Hamas palestinien excepté à Gaza.

    L’inculpation début juillet 2010 d’un responsable exerçant des fonctions sensibles au sein d‘une entreprise stratégique de téléphonie cellulaire pour «intelligence avec l’ennemi», a donné a posteriori raison au Hezbollah dans sa détermination à préserver son autonomie tant au niveau de son réseau de télécommunications que de ses voies de ravitaillement. Elle a justifié en même temps la méfiance des Syriens à l’égard de l’entourage de Walid Joumblatt tant est patente sa connivence pro occidentale.

    L’homme, Charbel Qazzi, en poste depuis quatorze ans dans les télécommunications, est accusé par la justice militaire d’avoir connecté le réseau de la téléphonie mobile de sa firme Alpha, au réseau des services israéliens, répercutant l’ensemble du répertoire de ses abonnés et de leurs coordonnées personnelles et professionnelles, y compris bancaires, de même que leur communications à un pays officiellement en guerre au Liban et qui n’a cessé ses incursions militaires contre le Liban.

    Alors que le Liban retentit régulièrement de la commémoration des «martyrs» Bachir Gemayel, le chef des milices chrétiennes et président éphémère du Liban, septembre 1982, et Rafic Hariri, le milliardaire libano saoudien, ancien bailleur de fonds de la guerre inter factionnelle libanaise et ancien premier ministre sunnite du Liban, Hassan Nasrallah porte un deuil muet sur son fils, trente ans après sa mort au combat, s’abstenant de toute commémoration.

    Un comportement identique à celui qu’il observe à l’égard d’une autre figure prestigieuse du Hezbollah, Imad Fayez Moughnieh «Al Hajj Radwane», le cauchemar de l’Occident, maître d’œuvre des opérations anti occidentales au Moyen orient depuis la décennie 1980, fondateur de l’ossature militaire du Hezbollah et par capillarité militante du mouvement palestinien Hamas à Gaza, artisan du dégagement militaire israélien du sud Liban après 22 ans d’occupation, tué dans un attentat à Damas, le 12 février 2008.

    Un partisan chiite tient une affiche montrant Hassan Nasrallah, le chef du mouvement militant musulman chiite libanais Hezbollah, alors qu’il s’adresse à ses partisans à travers un écran géant lors d’un meeting dans la banlieue sud de Beyrouth, à Mujammaa Sayyed al-Shuhada, le 30 janvier 2014. Le chef du Hezbollah a déclaré qu’il ne voulait pas de guerre avec Israël, après que l’armée israélienne a bombardé les zones frontalières à la suite d’une attaque du Hezbollah qui a fait deux morts parmi les soldats israéliens.

    Julia Boutros Ahiba’i
    https://www.youtube.com/watch?v=1_2QF2Ep8B0

    1. Les journalistes français, particulièrement ignorants en la circonstance des réalités locales, s’imaginent qu’Hassan Nasrallah habite une autre planète que la capitale libanaise, qualifiant son lieu de résidence de «Dahiyeh». «Dahyeh» signifie en fait en arabe «banlieue» par abréviation de «Dahyeh al jounoubiyah», la banlieue sud de Beyrouth, ce qui prouve a contrario que le chef du Hezbollalh réside bien dans la banlieue sud de Beyrouth et non dans une agglomération urbaine autre que la capitale libanaise.
    2. Sayyed Hassan Nasrallah signifie littéralement en arabe «Belle Victoire de Dieu». Le titre Sayyed qui signifie littéralement en arabe «seigneur» ou «Maître», est un titre honorifique donné à des musulmans de haut rang, descendants du prophète Mahomet par sa fille Fatima Zahrah et son cousin et beau-fils Ali ibn Abi Talib.
      Hassan Nasrallah est né le 31 août 1960 dans le quartier de Bourj-Hammoud (Beyrouth Est). Il est l’aîné d’une famille de neuf enfants qui n’est pas particulièrement religieuse. Son père, Abdel Karim, épicier de son état, est membre du Parti Social Nationaliste syrien. Il débute des études théologiques à l’école publique de Sin el Fil, un quartier où cohabitent chrétiens et musulmans à l’est de Beyrouth, ce qui lui permet de faire la connaissance de chrétiens libanais.
      En 1975, lorsque la guerre civile éclate au Liban, sa famille est obligée de retourner dans leur village d’origine, Bazourieh, proche de la ville de Tyr (Sud Liban). C’est là que Nasrallah décide de rejoindre le mouvement Amal («Espoir»), une organisation chiite politique et paramilitaire, présidée alors par l’Imam Moussa Sadr, chef spirituel de la communauté chiite, mystérieusement disparu en 1978 lors d’un voyage en Libye. Il étudie la Théologie dans la ville sainte de Nadjaf, en Irak, où il fait la connaissance de celui qui sera son prédécesseur à la tête du Hezbollah, Abbas Moussaoui.
      La jonction s’est faite, sous l’égide de L’Imam Mohamad Bakr al Sadr, Fondateur du parti ad-Daawa et parent de l’Iman Moqtada Sadr, le chef de la révolte anti américaine en Irak. L’intensification de la répression du gouvernement de Saddam Hussein à l’encontre des religieux chiites en Irak, de même que la guerre de succession engagée au sein du mouvement Amal libanais, consécutive à la disparition de l’Iman Moussa Sadr en Libye, le contraint à rentrer au Liban en 1978 pour intégrer avec son ami Abbas Moussaoui le Hezbollah. Hassan Nasrallah est marié et père de trois enfants, dont l’aîné, Hadi, tué alors qu’il combattait l’armée israélienne au Liban sud à Jabal al-Rafei, en 1997.
      Ses deux prédécesseurs ne disposaient ni de son charisme, ni son sens de l’organisation. Le premier cheikh Sobhi Toufayli était davantage perçu comme un chef radical, en méconnaissance des rapports de forces régionaux, le second Abbas Moussaoui a été tué sans disposer du temps pour imprimer sa marque au mouvement.
      Le grand ayatollah Mohammad Hussein Fadlallah, mort dimanche 4 juillet 2010, a longtemps été considéré comme le mentor du parti pro-iranien Hezbollah. A l’instar du dirigeant actuel du Hezbollah, Hassan Nasrallah, il était inscrit par les Etats-Unis sur leur liste des «terroristes internationaux» établie en 1995. Il avait été accusé dans les années 1980 par les médias américains d’être à l’origine des prises d’otages d’Américains au Liban par des groupes radicaux liés à l’Iran. En 1985, il a été la cible d’un attentat qui a tué 80 personnes, une opération organisée par la CIA avec trois millions de dollars, venant de fonds pétro monarchiques du Golfe. Son garde de corps de l’époque n’était autre qu’Imad Moughniyeh.
      Personnalité très influente de l’Islam chiite au Liban, en Asie centrale et dans le Golfe, Fadlallah se servait de ses prêches du vendredi pour dénoncer la politique américaine au Moyen-Orient. Il a émis des fatwas (décrets religieux) interdisant les crimes dits d’honneur ou l’excision. Auteur de plusieurs ouvrages théologiques, il était connu pour son ouverture sur le développement scientifique et son audace dans l’interprétation des textes de l’islam. Le charismatique dignitaire à la barbe blanche et au visage serein était connu pour ses avis religieux tolérants, notamment vis-à-vis des femmes.
    3. «Dix millions de dollars le milicien, La crise du modèle occidental de guerre limitée de haute technologie» par Michel Goya, CF la revue Politique étrangère 1/2007 (Printemps), p. 191-202. Lieutenant-colonel et rédacteur au Centre de doctrine d’emploi des forces (armée de terre), il est chargé du retour d’expériences des opérations françaises et étrangères dans la zone Asie/Moyen-Orient. Il est l’auteur de La Chair et l’Acier (Paris, Tallandier, 2004) qui s’attache au processus d’évolution tactique de l’armée française pendant la Première Guerre mondiale.
    4. Déposition de Jeffrey D. Feltman, assistant de la secrétaire d’État américaine et responsable du bureau des affaires du Proche-Orient, et de Daniel Benjamin, coordinateur du bureau de lutte contre le terrorisme, devant une commission du Sénat américain le 8 juin 2010. CF à ce propos le journal libanais «As Safir», en date du 29 juin 2010, sous la plume de Nabil Haitham, affirmant qu’ «une liste de 700 noms de personnes et d’organisations ayant bénéficié de l’aide américaine circule et que certains ont reçu des sommes comprises entre 100 000 et 2 millions de dollars. Le journaliste s’interroge: «Quelles clauses du code pénal ces groupes ou personnes ont-ils violées? Est-ce que contacter ou agir avec un État étranger, et travailler avec cet État en échange d’argent à une campagne visant l’une des composantes de la société libanaise -une campagne qui pourrait avoir déstabilisé la société- est légal ?» (…) Et Nabil Haitham se demande pourquoi Feltman a rendu cette information publique, d’autant qu’elle risque d’embarrasser des alliés des États-Unis au Liban. Selon lui, l’ambassade américaine à Beyrouth a rassuré ses alliés en leur affirmant que Feltman voulait simplement montrer au Congrès que les États-Unis agissaient au Liban et qu’il n’est pas question qu’ils révèlent des noms».
      À cette somme de 500 millions de dollars se superpose le financement de la campagne électorale de la coalition pro occidentale. Le quotidien américain New York Times a accusé, de son côté, l’Arabie Saoudite et les États-Unis, dans un article intitulé «élections libanaises: les plus chères au monde», d’ingérence dans le processus électoral des prochaines élections législatives de juin 2009 en révélant que des sources proches du gouvernement saoudien ont admis le financement de candidats opposés au mouvement chiite Hezbollah, le financement du voyage d’expatriés libanais, voire l’achat du vote collectif de communautés entières en faveur de leurs alliés locaux. Selon le New York Times, plusieurs centaines de millions de dollars (700 millions de dollars) auraient été ainsi transférés au Liban non seulement pour participer à la campagne électorale mais également pour corrompre leur vote. Le quotidien ajoute qu’il s’agirait pour l’Arabie Saoudite de limiter l’influence iranienne au Liban et de soutenir ses alliés pour faire pression sur Téhéran.
      Côté américain, toujours selon le même quotidien, l’International Republican Institute, réputé pour être un lobby proche du parti républicain, aurait ouvert des bureaux à Beyrouth pour aider les dirigeants de la majorité actuelle ainsi que leurs médias affiliés dans la campagne électorale.
      Ce lobby aurait ainsi ouvert des bureaux auprès des différents partis appartenant à la coalition pro occidentale du 14 mars, dont les forces libanaises de Samir Geagea, le courant du futur du député Saad Hariri, le parti phalangiste d’Amine Gemayel et du député druze Walid Joumblatt (New York Times 24 avril 2009, «élections libanaises: les plus chères au monde»). Deux jours après ses révélations, Hillary Clinton, secrétaire d’état, effectuait une visite surprise à Beyrouth pour fleurir la tombe de Rafic Hariri, l’ancien premier ministre assassiné, et préconisé, sans craindre le ridicule, des élections libres de toute ingérence… à l’exception sans doute de l‘argent saoudien et américain.
    5. Le juge du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) a ordonné mercredi 29 avril 2009 la remise en liberté immédiate des quatre généraux libanais pro syriens détenus depuis 2005 dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri. L’attentat à la bombe avait fait un total de 23 morts le 14 février 2005 à Beyrouth. Les généraux Jamil Sayyed, Ali Hajj, Raymond Azar et Moustapha Hamdan, seuls suspects, étaient détenus le 30 août 2005.Ils n’avaient pas été officiellement inculpés. Le juge Daniel Fransen a suivi les procureurs qui trouvaient le dossier trop léger pour maintenir ces hommes en détention. Des feux d’artifice ont salué l’annonce de leur libération à Beyrouth.

    15 juillet 2016 dernière mise à jour le 29 septembre 2024

    https://www.madaniya.info/ remet en avant une série d’articles portant sur Sayyed Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah libanais, tué par un bombardement israélien, le 27 septembre 2024, dans sa guerre de soutien aux mouvements palestiniens de Gaza, le Hamas et le Jihad Islamique.

    À la tête de la formation paramilitaire chiite libanaise depuis 32 ans, ce moine soldat de l’islam moderne, qui a constitué l’ultime digue de retenue face au grand naufrage arabe, peut se targuer d’un glorieux palmarès face à Israël, notamment:

    • Le fait d’avoir contraint l’État hébreu à se retirer militairement du Liban, en 2000, sans négociations ni traité de paix, fait unique dans les annales de la polémologie mondiale.
    • Le fait d’avoir mis en échec, six ans plus tard, en 2006, une offensive terrestre israélienne au Liban, initiant un conflit mobile dans un circuit fermé, une novation stratégique, provoquant une hécatombe des blindés israéliens au sud-Liban et la démission corrélative du premier ministre israélien de l’époque Ehud Olmert, de même que son chef de l’aviation, le général Dan Halutz !

    L’acharnement d’Israël contre Beyrouth s’explique sans doute par le traumatisme infligé à l’État Hébreu par la capitale libanaise au point de glaner le titre de « Beyrouth, le Vietnam d’Israël ».

    Pour aller plus loin sur ce thème, cf ce lien: https://www.madaniya.info/2015/04/13/liban-beyrouth-le-vietnam-d-israel/

    Élu en 1992 à la tête du Hezbollah libanais, Sayyed Hassan Nasrallah avait succédé le 7 Février 1992, à M. Abbas Moussawi, qui avait, lui aussi, succombé à un tir de missiles israélien.

    Dans la foulée de la disparition de son chef, le Hezbollah libanais a confirmé son intention de poursuivre la guerre contre Israël en soutien à Gaza.

    Retour sur ce personnage considérable de l’histoire contemporaine, la sentinelle de l’indépendance libanaise, qui a insufflé l’esprit de résistance au Monde arabe.


    L’auteur dédie ce papier à Imad Moughniyeh (Hajj Radwane), le fondateur de la branche militaire du Hezbollah, à son fils Jihad, ainsi qu’à Moustapha Badreddine (Zoulficar), le successeur d’Imad Moughnieh à la tête de la branche militaire du Hezbollah, enfin Samir Kintar, l’ancien doyen des prisonniers politiques en Israël, tous quatre tués sur le champ de bataille en Syrie afin que se maintienne vivace l’esprit de résistance dans la conscience arabe, pour la sauvegarde de l’Indépendance et de l’intégrité du Liban.

    Le Hezbollah, au palmarès militaire infiniment plus prestigieux que son bourreau saoudien, à faire pâlir d’ailleurs bon nombre des protagonistes des conflits du Moyen-Orient, se distinguera par une série de magistrales et époustouflantes victoires, tant contre Israël qu’en Syrie, suscitant l’admiration de bon nombre de spécialistes militaires occidentaux.

    Sur ces divers théâtres d’opérations, le Hezbollah a affiné sa stratégie, optant pour une «méthode complexe» de combat, un combiné d’opérations de guérilla et de guerres frontales, couplant les méthodes de guerre d’une armée régulière aux méthodes de la guerre de guérilla.

    Au Liban, sur son propre terrain au sein d’un environnement favorable, le sud Liban à majorité chiite, il livrera une guerre défensive au moyen de la guérilla face à Israël. En Syrie, en terrain hostile face à des djihadistes, il mènera des guerres frontales en rase campagne.

    En Syrie, il opérera en tandem avec son alter ego iranien, le général Qassem Souleimany, chef de la prestigieuse «Brigade de Jérusalem» des Pasdarans, -dont la transcription en arabe claque comme baïonnettes aux vents, «Faylaq Al Qods Lil harath As Saouri Al Irani»-: Faylaq Al Qods, «Jerusalem brigade» comme pour rappeler la permanence de la revendication iranienne et chiite dans le combat pour la libération de la Palestine.

    Le cours de la guerre de Syrie a conduit le Hezbollah a mené des combats de chars et de blindés alors que son point fort était l’infanterie. Il s’offrira le luxe, cas unique dans les annales militaires, de faire sauter le verrou de Damas, Yabroud, le 15 mars 2014, le jour même du référendum de rattachement de la Crimée à la Russie, à la date commémorative du 3eme anniversaire du soulèvement populaire en Syrie.

    «Le Hezbollah a réussi à assumer un rôle distinctif croissant dans la direction des opérations de l’armée syrienne lors d’offensives majeures des forces gouvernementales». A Qoussayr (Juin 2013), le Hezbollah a pris directement en main la conduite des opérations, assumant, parallèlement, la surveillance aérienne permanente du champ de bataille, via des drones», relèvera «The Brookings Doha Center Report», dans sa livraison de Mai 2014 signée de Charles Lister.

    En deux ans (2012-2014), le Hezbollah mettra ainsi en échec six offensives majeures des djihadistes de Syrie visant à percer les lignes de défense du parti chiite, à coups de vagues humaines, dans la zone frontalière syro libanaise, dans le secteur Ersal-Brital, décimant les unités d’élite des assaillants takfiristes, constituées de troupes conjointes de Daech et de Jabhat An Nosra avec le soutien d’Israël.

    Par quatre fois en Syrie (Al-Qoussayr, Yabroud, et dans le périmètre de la base militaire de Minbej, dans la région d’Alep, assiégée de nombreux mois par le géorgien Tarkhan Batirashvili – Abou Omar al-Shishani), ainsi qu’à Palmyre, dans le désert syrien (Mars 2016), Hassan Nasrallah, à la tête de ses hommes, fera la preuve de sa science militaire et de la maîtrise du commandement.

    Se posant en égal des mythiques «barbudos» cubains, il assumera un rôle comparable au légendaire Camilo Gorriarán Cienfuegos, l’adjoint opérationnel de Fidel Castro et d’Ernesto Che Guevara de La Serna, le voltigeur de pointe de l’armée révolutionnaire cubaine, le commandant de l’avant, celui qui opéra, à la tête de la Colonne n°2 «Antonio Maceo», la percée décisive vers La Havane, dont il s’emparera le 2 janvier 1959, à 27 ans.

    Rompues à la guerre de guérilla, ses troupes d’élite réussiront l’exploit non seulement de renverser le cours de la guerre, mais de modifier radicalement les règles d’engagement des combats dans la zone de confrontation israélo-libanaise, il tiendra t en respect Israël, la principale puissance militaire du Moyen-Orient, la terreur absolue des Arabes, qu’il narguera avec un drone de sa fabrication, le drone «Ayoub», tandis que son complice iranien détournait, à son profit, un drone américain, faisant tous les deux la preuve de la maîtrise technologique de la surveillance aérienne.

    Le lancement le 2 octobre 2012 d’un avion sans pilote du Hezbollah en direction d’Israël a constitué la première incursion aérienne réussie de l’aviation arabe depuis la guerre d’octobre 1973, il y a 40 ans.

    Son survol du site nucléaire de Dimona, dans le Néguev, a démontré l’absence d’étanchéité du «dôme d’acier» israélien, édifié avec de coûteux moyens avec l’aide américaine en vue d’immuniser le ciel israélien de toute attaque hostile. Cet exploit militaire du Hezbollah, et par voie de conséquence de l’Iran, est apparu comme une spectaculaire démonstration de leur capacité technologique à forte portée psychologique tant à l’égard d’Israël que des États-Unis, qu’à l’encontre du groupement des pays sunnites gravitant dans l’orbite atlantiste.

    Une percée technologique attestée deux ans plus tard par le Hamas dans son combat à Gaza, en juillet 2014, infligeant un camouflet majeur à Israël en apportant la preuve manifeste de l’absence total d’étanchéité de son «dôme d’acier», qui s’est révélé en fin de compte un parapluie troué.

    Le Hezbollah est certes inscrit sur les «liste des organisations terroristes» tant de l’Union européenne, à tout le moins sa branche militaire, que de la Ligue arabe à la demande pressante de l’Arabie saoudite, au même titre d’ailleurs que les anciens pupilles de l’Occident, les Frères Musulmans, Jobhat An Nosra et Da’ech.

    Mais par rapport aux organisations sunnites, le Hezbollah dispose d’un avantage comparatif incontestable en termes de crédibilité dissuasive concrétisée par sa présence, solitaire, sur l’ultime champ de bataille contre Israël, en tant qu’ultime barrage de retenue à une reddition générale arabe face au diktat israélo américain.

    Une crédibilité concrétisée par le fait que de tous les protagonistes du conflit, Hassan Nasrallah ne désertera jamais le champ de bataille, contrairement à ses contestataires sunnites: Saad Hariri, le chef du camp saoudo américain au Liban, planqué en Arabie saoudite, le chef politique du Hamas Palestinien, Khaled Mecha’al, planqué à Doha, à une trentaine de kms de la plus importante base militaire américaine du tiers-monde et le prédicateur Ahmad Al-Assir, la dague salafiste du Qatar sur le flanc du Hezbollah, intercepté à l’aéroport de Beyrouth, alors qu’il tentait de suivre l’exemple de son chef sunnite Saad Hariri, en voulant s’enfuir du Liban, pour échapper à ses forfaitures.

    Une crédibilité dissuasive concrétisée enfin par le fait que la formation chiite est la seule instance arabe à proclamer son attachement effectif au combat pour la libération de la Palestine, matérialisé par ses combats contre Israël et son attachement à la célébration de la journée mondiale d’«Al Qods», commémorée chaque année le dernier vendredi du mois de Ramadan, en l’absence de la moindre participation sunnite, alors que la Palestine est dans sa très grande majorité peuplée de sunnites et d’une minorité chrétienne arabe, dont la population ne comporte aucun chiite; et que la responsabilité de la défense des Lieux Saints Musulmans incombe aux vingt pays arabes qui se réclament du sunnisme, la branche majoritaire de l’Islam.

    Alors qu’Israël parachève la phagocytose de la Palestine, démarche ultime avant l’estocade finale, la reconnaissance d’Israël comme «État Juif», verrouillant ainsi toute revendication future des Palestiniens à un hypothétique «Droit au retour» sur la terre de leurs ancêtres, le Hamas, de même que les autres déclinaisons de la nébuleuse islamiste sunnite se sont curieusement engagés dans le combat anti Assad, plutôt que de se lancer à la reconquête de leur terre natale, la Palestine, en un tragique dévoiement de sa stratégie.

    Nasrallah versus Bandar : KO Debout

    Fruit d’une copulation ancillaire du Prince Sultan Ben Abdel Aziz avec une roturière d’extraction modeste, l’ancien «Great Gatsby» de la vie diplomatique américaine s’est imposé comme l’homme fort du Royaume du fait de la maladie d’une large fraction de l’équipe dirigeante frappée de pathologie handicapante.

    Intronisé par le général David Petraeus, l’ancien chef du renseignement américain, Bandar passait pour être le nouvel homme providentiel de la stratégie saoudo américaine. Par cinq fois, toutefois, Bandar a mordu la poussière face Hassan Nasrallah, le contraignant à prendre le chemin de l’exil, entraînant dans sa chute l’ensemble de sa fratrie, son aîné, Khaled Ben Sultan, vice-ministre de la défense et propriétaire du journal «Al Hayat» et son cadet, Salman Ben Sultan, le chef opérationnel du PC conjoint islamo atlantiste à Amman.

    Voir à ce propos les déclarations du général Welsley Clark, ancien commandant en chef de l’Otan (1997-2000): «Nos alliés et nous avons crée Daech pour combattre le Hezbollah». voir la vidéo sous-titrée en français :

    En 2006, la riposte balistique victorieuse du Hezbollah libanais face à l’aviation israélienne, de même que la destruction du navire amiral de la flotte israélienne, ont semé la consternation dans le camp saoudo américain, fragilisant l’héritier politique du clan Hariri.

    En 2007, la neutralisation du camp palestinien de Nahr el Bared, (Nord du Liban), en mettant hors circuit le chef de file des djihadistes Chaker Absi, à la solde de l’Arabie saoudite, a mis en échec le projet djihadiste d’en faire voulait une zone de non droit, en vue de parasiter le Hezbollah sur son arrière garde.

    En 2008, l’affaire du réseau des transmissions stratégiques du Hezbollah s’est soldée par une capitulation en rase campagne de ses adversaires, particulièrement le chef druze Walid Joumblatt, à l’époque le fer de lance du clan Hariri.

    Enfin en 2013-2014, les revers de Syrie se sont accumulés en complément de la perte considérable représentée par l’assassinat de sa dague sécuritaire, le capitaine Wissam Hassan, chef de la section des renseignements des forces de sécurité intérieure libanaise, dynamité trois mois après la décapitation de la hiérarchie militaire syrienne.

    Ce bilan ne tient pas compte de l’éradication de l’excroissance salafiste du Qatar, Ahmad al Assir, le 25 juin 2013, le jour même de la destitution déguisée de son commanditaire l’émir du Qatar, Cheikh Khalifa Ben Hamad Al Thani, à la date anniversaire du 13 me anniversaire du dégagement militaire israélien, sous l’effet des coups de butoir du Hezbollah.

    Dernier intervenant sur le champ de bataille syrien, après les escouades de djihadistes de Tchétchénie à la Tunisie en passant par la Belgique, le Kosovo et la France, de même que les Moudjahidines Khalq, formation de l’opposition iranienne islamo marxiste, et le clan Hariri, le Hezbollah a brisé net la stratégie islamo-atlantiste, il écrabouillera au passage ses anciens compagnon d’armes, les soldats perdus du Hamas, dans la mémorable bataille des tunnels de Qoussyar: «Par ses brillantes performances non seulement à Qoussayr, à Lattaquieh et Homs, mais aussi dans sa contribution à la défense de la base aérienne de Menagh, (Nord Syrie), Hassan Nasrallah a bien mérité le titre de «Seigneur de la résistance», admettra le site nassérien du Caire.

    Invincible à ce jour, artisan de deux dégagements militaires israéliens du Liban sans négociation ni traité de paix, ferme soutien du Hamas face aux offensive israéliennes, le Hezbollah demeure, n’en déplaise aux esprits chagrins, le phénomène politico-militaire majeure de l’histoire arabe contemporaine; l’ultime digue de retenue face au grand naufrage arabe, glanant au passage le titre envié de «sentinelle de l’indépendance libanaise»

    Ni Palace, ni limousine, incorruptible dans un monde ruisselant de pétrodollars, cette figure marquante du monde arabo musulman force le respect de ses interlocuteurs par la retenue de son comportement, son sens de l’humour et une crédibilité à tout crin, sa marque de fabrique, son viatique pour l’éternité. «Al Wahd al Sadeq», la «promesse sincère» sera une promesse tenue.

    Elle apportera, en 2007, la démonstration la plus éclatante de sa fiabilité en obtenant la libération du doyen des prisonniers arabes en Israël, le druze libanais Samir Kintar, au cours de la plus importante opération d’échange de prisonniers qui aboutit en outre à la restitution de la dépouille de Dalal Moughrabi, une résistante palestinienne tuée au cours d’une opération commando à l’intérieur du territoire israélien.

    Ni port, ni aéroport, aucune route ni autoroute, pas la moindre ruelle, ni venelle ne rend hommage à celui qui porte en lui une part du destin du Liban et du monde arabe, un prescripteur essentiel de l’ordre régional. Aucun monument, aucune œuvre humaine pour immortaliser le passage sur terre de cet homme. Aucune trace, aucune autre trace que celle que l’histoire réservera à cet homme dont le passage réussi des Thermopyles, l’été 2006, au sud Liban sur le champ d’honneur de la résistance, a réanimé le souffle du monde arabe dans la reconquête de sa dignité.

    Huit cent des siens ont péri cet été-là, l’arme à la main, pour que vive le Liban dans son intégrité territoriale et sa souveraineté nationale et que se maintienne vivante la revendication nationale palestinienne à un état indépendant.

    Bulleurs occidentaux, ne vous égarez pas trop une fois de plus en de vaines recherches: «L’Islam des Lumières», c’est lui et non la cohorte des gérontocratiques pétro monarchies obscurantistes du Golfe.

    Bulleurs occidentaux, ne vous méprenez pas, non plus: «L’Islam moderne», c’est lui et non cette cohorte de dictateurs bureaucratiques libidineux à propension dynastique.

    Lui, le nouveau chef de file d’un nationalisme arabe revigoré, que vous avez tenté de démanteler depuis un demi-siècle, lui ce chiite minoritaire d’un monde arabe majoritairement sunnite, le digne héritier du sunnite Nasser, lui la sentinelle de l’indépendance libanaise.

    Lui, et non ce véritable dindon de la farce de l’affaire afghane, Oussama Ben Laden, célébré par vous toute une décennie en tant que «combattant de la liberté» pour avoir détourné 50.000 combattants et vingt milliards de dollars pour faire le coup de feu contre les Russes en Afghanistan à des milliers de km du principal champ de bataille, la Palestine.

    Lui, l’idole des jeunes et des moins jeunes, lui, le théologien de la libération sans successeur prédestiné, lui, Hassan Nasrallah, l’indomptable, l’homme qui n’a jamais pactisé avec ses ennemis, ni avec les ennemis de ses ennemis.

    Lui, dont l’unique point de mire est Israël, dont il n’en détachera ni le regard ni la gâchette pour d’autres de vos mirages incertains, pour d’autres de vos cibles incertaines, pour aucune autre cible, aucun autre objectif que la libération du sol national et la sécurisation de l’espace national arabe.

    Du Grand Moyen Orient au Nouveau Proche-Orient ou le conte d’une folie ordinaire. Par Roger Naba’a, Universitaire et philosophe libanais in «Liban: chroniques d’un pays en sursis» ouvrage co-écrit par Roger Naba’a et René Naba, Éditions du Cygne, 2007.

    Journaliste-écrivain, ancien responsable du Monde arabo musulman au service diplomatique de l’AFP, puis conseiller du directeur général de RMC Moyen-Orient, responsable de l’information, membre du groupe consultatif de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme et de l’Association d’amitié euro-arabe. Auteur de « L’Arabie saoudite, un royaume des ténèbres » (Golias), « Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français » (Harmattan), « Hariri, de père en fils, hommes d’affaires, premiers ministres (Harmattan), « Les révolutions arabes et la malédiction de Camp David » (Bachari), « Média et Démocratie, la captation de l’imaginaire un enjeu du XXIme siècle (Golias). Depuis 2013, il est membre du groupe consultatif de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme (SIHR), dont le siège est à Genève et de l’Association d’amitié euro-arabe. Depuis 2014, il est consultant à l’Institut International pour la Paix, la Justice et les Droits de l’Homme (IIPJDH) dont le siège est à Genève. Editorialiste Radio Galère 88.4 FM Marseille Emissions Harragas, tous les jeudis 16-16H30, émission briseuse de tabous. Depuis le 1er septembre 2014, il est Directeur du site Madaniya.

  •  Caitlin Johnstone-15 règles pour discuter du bellicisme israélien

     Caitlin Johnstone-15 règles pour discuter du bellicisme israélien

    Israël a tué quelque 500 personnes lors d’un nouvel assaut massif au Liban lundi qui a vu Tsahal lancer plus d’un millier de frappes aériennes.

    Les États-Unis envoient à nouveau des troupes supplémentaires au Moyen-Orient alors que la situation s’aggrave, sur ordre de dieu sait qui car le cerveau du président a complètement cessé de fonctionner.

    Il y a quelques minutes qu’Israël a lancé un nouveau projet de violence militaire de masse, il est donc peut-être temps de rafraîchir les règles officielles sur la façon dont nous sommes censés penser et parler de ces questions.

    Règle 1 : L’histoire enregistrée a commencé le 7 octobre 2023. Il s’est peut-être passé des choses avant cette date, mais personne ne s’en souvient.

    Règle 2 : Tout ce qu’Israël fait de mal est justifié par la règle 1. Cela est vrai même s’il fait des choses qui seraient considérées comme totalement injustifiables si elles étaient faites par une nation comme la Russie ou l’Iran.

    Règle 3 : Israël a le droit de se défendre, mais personne d’autre ne l’a.

    Règle 4 : Israël ne bombarde jamais les civils, il bombarde les terroristes. Si un nombre choquant de civils meurent, c’est parce qu’ils étaient en fait des terroristes, ou parce que des terroristes les ont tués, ou parce qu’un terroriste s’est tenu trop près d’eux. Si aucune de ces raisons ne s’applique, c’est pour une autre raison mystérieuse sur laquelle nous attendons toujours que les FDI enquêtent.

    Règle 5 : Critiquer tout ce que fait Israël signifie que vous haïssez le peuple juif. Il n’y a aucune autre raison pour laquelle quelqu’un pourrait s’opposer à ce que des explosifs militaires soient largués sur des zones remplies d’enfants, si ce n’est une haine obsessionnelle pour une petite foi abrahamique.

    Règle 6 : Rien de ce que fait Israël n’est jamais aussi mauvais que les critiques haineuses décrites dans la règle 5. Les critiques des actions d’Israël sont toujours pires que les actions d’Israël elles-mêmes, parce que ces critiques haïssent les juifs et souhaitent commettre un nouvel Holocauste. Empêcher cela doit mobiliser 100% de notre énergie politique et de notre attention.

    Règle 7 : Israël ne peut jamais être la victime, il ne peut qu’être la victime. Si Israël attaque le Liban, c’est parce que le Hezbollah l’a attaqué sans aucune provocation alors qu’Israël s’occupait innocemment de ses affaires en essayant de commettre un petit génocide en toute tranquillité. Si les gens protestent contre le fait qu’Israël bombarde des villes entières pour les réduire en poussière, alors Israël est la victime parce que les protestations ont rendu les partisans d’Israël tristes.

    Règle 8 : Le fait qu’Israël soit littéralement toujours en état de guerre avec ses voisins et avec les populations indigènes déplacées doit être interprété comme une preuve que la règle 7 est vraie plutôt que comme une preuve que la règle 7 est un non-sens ridicule.

    Règle 9 : Les vies arabes sont beaucoup, beaucoup moins importantes pour nous que les vies occidentales ou israéliennes. Personne n’est autorisé à réfléchir sérieusement aux raisons de cette situation.

    Règle 10 : Les médias disent toujours la vérité sur Israël et ses différents conflits. Si vous en doutez, vous êtes probablement en violation de la règle 5.

    Règle 11 : Les affirmations non fondées qui dépeignent les ennemis d’Israël sous un jour négatif peuvent être rapportées comme des nouvelles factuelles sans aucune vérification des faits ou qualification, tandis que les dossiers largement prouvés de la criminalité israélienne doivent être rapportés avec un scepticisme extrême et des qualificatifs douteux comme «le Liban dit» ou «selon le ministère de la santé dirigé par le Hamas». Il est important de le faire, car sinon vous pourriez être accusé d’être un propagandiste.

    Règle 12 : Israël doit continuer à exister dans sa forme actuelle, quel qu’en soit le coût ou le nombre de morts. Il n’est pas nécessaire de présenter des raisons logiques ou morales pour lesquelles c’est le cas. Si vous contestez cela, vous êtes probablement en violation de la règle 5.

    Règle 13 : Le gouvernement américain n’a jamais menti sur quoi que ce soit, et est toujours du bon côté dans tous les conflits.

    Règle 14 : (Américains uniquement) Rien de ce qui se passe au Moyen-Orient n’est aussi urgent ou important que de s’assurer que la bonne personne gagne l’élection présidentielle américaine. Ignorez tous les faits gênants qui vous distraient de cette mission d’une importance inégalée.

    Règle 15 : Israël doit être protégé parce qu’il est le dernier bastion de la liberté et de la démocratie au Moyen-Orient, quel que soit le nombre de journalistes qu’il doit assassiner, quel que soit le nombre d’institutions de presse qu’il doit fermer, quel que soit le nombre de manifestations que ses partisans doivent démanteler, quelle que soit la liberté d’expression qu’il doit éliminer, quels que soient les droits civils qu’il doit effacer, et quel que soit le nombre d’élections que ses lobbyistes doivent acheter.

  • Rene Naba-Les médias arabes sous contrôle israélien.

    Rene Naba-Les médias arabes sous contrôle israélien.

    Les médias arabes sous contrôle israélien par Rene Naba

    René Naba-24 septembre 2024

    La totalité des médias gouvernementaux arabes et leur personnel est sous le contrôle des Israéliens, de même que la formation des responsables des programmes d’information des médias arabes sont placées sous la supervision des Israéliens dont certains sont issus de l’Unité 8200, la formation de l’armée israélienne relevant du Mossad, le service de renseignement de l’Etat hébreu.

    Telle est la principale conclusion d’une enquête menée par le journal libanais Al Akhbar et publiée dans son édition en date du 27 Mars 2024.

    Retour sur cette invraisemblable et calamiteuse affaire.


    L’Union des radios et télévisions des Etats Arabes (ASBU/ Arab States Broadcasting Union) a été fondée, en 1969, en vue de renforcer la coopération entre les médias arabes dans le domaine de l’information.

    Cet organisme, dont le siège est à Tunis, groupait l’ensemble des médias officiels arabes de même que des vecteurs privés et des agences de presse étrangères faisant usage de la langue arabe comme mode de diffusion de leur information.

    ASBU assurait la formation technique du personnel dans le domaine de la radio-télévision, les échanges de programme dans le domaine de l‘information, notamment la couverture des grands évènements arabe sou internationaux ;

    En 2023, dans un souci de s’adapter de moderniser son fonctionnement et à s’adapter aux nouvelles technologies, ASBU a introduit l’usage du réseau SERVERS, établissant une connexion entre l’ensemble des membres de l’Union interarabe, avec ses applications dérivées, notamment ASBU CLOUD.

    Via ce dispositif, ASBU procède aux échanges de programme. L’harmonisation des systèmes de banques de données des adhérents et leur archivage s’opérant via un DATA CENTRER.

    Une technologie, propriété d’une firme israélienne de Beersheba (Bi’r Al Sabeh, le puits de l’ours, son nom arabe avant son hébraïsation, dans le désert du Néguev (An Naqab).

    Depuis 2023, le personnel de l’ASBU a intégré le système DALET dans son système informatique (ordinateurs, Iphone, Podcast etc..) tant les appareils professionnels et que personnels.

    DALET a ainsi accès aux usagers à leur mot de passe, ainsi qu’aux fichiers échangés parmi les utilisateurs qui sont ainsi placés de facto sous le contrôle du fournisseur israélien de cette technologie, qui peut à loisir localiser l’usage et le contenu de la correspondance et, par voie de conséquence, l’opinion du digitaliste.

    Cent cinquante (150) employés de divers médias arabes ont déjà installé l’application DALET dans leurs équipements et près de 60 pour cent des échanges entre les partenaires sont effectués via cette application ; 83 pour cent des échanges radiophoniques.

    DALET a été fondée en 1993 par les frères Salomon et Michel Haddad et David Lasry, lequel est à la tête de 14 entreprises dont la branche française. Les frères Haddad dirigent le centre de recherches technologiques de Beersheba.

    Parmi les salariés de la firme figurent des officiers et des soldats de l’Unité 8.200 de l’armée israélienne rattachée au Mossad, le service de renseignement de l’armée israélienne.

    DALET ou Daleth est la quatrième lettre de l’alphabet hébreu, laquelle a aussi donné le delta (Δ, δ) de l’alphabet grec, le D de l’alphabet latin et son équivalent cyrillique. Le mot hébreu Délét signifie «porte». Ce terme a servi de nom de code pour désigner l’opération d’expulsion des Palestiniens lors de la proclamation unilatérale de l’indépendance d’Israël, en 1948, et la guerre israélo-arabe qui s’est ensuivie.

    DALET est un système visant à créer des contenus superbes avec un ensemble d’outils collaboratifs conçus pour la production multimédia à distance afin de répondre aux exigences de la diffusion multiplateforme.

    Les radiodiffuseurs sont confrontés à un défi permanent. Avec la numérisation massive des plateformes de diffusion, de nouveaux canaux ne cessent de voir le jour. Aux sites Web d’hier, s’ajoutent les services de diffusion numérique (DAB, DRM, câble,…) et les environnements de distribution mobile (podcast, téléphonie,..).

    Répondre à cette accélération technologique est d’autant plus impérieux pour une station de radio ou un groupe de média dont la survie repose sur la présence de sa marque et de son offre de contenus sur l’ensemble de ces nouvelles plateformes de diffusion. Un tel objectif est d’autant plus ambitieux qu’il exige non seulement la mise en œuvre d’un environnement technique de production adapté, mais aussi le déploiement de nouveaux circuits d’édition.

    Tirant parti de son savoir-faire en matière de production et de gestion de médias numériques en réseau, DALET DIGITAL MEDIA SYSTEMS propose une gamme de produits adaptés aux besoins de toute station ou réseau : Standard de la FM, DALET 5.1 compte plusieurs centaines d’installations de par le monde et offre une plateforme de production et de diffusion clés en main à même de répondre aux besoins de toute station de radio

    Les logiciels DALET tirent parti du meilleur des technologies numériques pour conjuguer ergonomie et fiabilité. Plateformes ouvertes, ils sont à même de fournir un environnement unique de production pour l’ensemble des médias numériques, que ceux-ci soient de type broadcast traditionnel ou interactifs. Doté d’un tel outil de production, un éditeur ou diffuseur peut ainsi adresser l’ensemble des canaux de diffusion à sa disposition.

    Saleh Al Zohbi, chef du département de l’ASBU et responsable au premier chef de la sécurisation des communications de l’organisme.

    1. Zohbi travaille sous l’autorité du Président de l’Union, Abdel Aziz Sleimane et de la commission d’ingénierie dirigée par Nasser Ahmad Mouheyssène, ingénieur, avec rang de sous-secrétaire d’état au ministère koweïtien de l’information.

    Mouwaffak Fawaz Al Chamry, Directeur de l’information à l’office de radio télévision saoudienne.

    Abdallah Omar al Hachémy, Directeur du départ de technologie au sein de la société de presse d’Abou Dhabi.

    Il en découle de cette liste que les principaux dirigeants de l’ASBU sont originaires des pétromonarchies, ayant vocation à officialiser leurs relations avec Israël. C’est le cas d’Abou Dhabi. Cela sera possiblement le cas de l’Arabie saoudite, dont la normalisation a été entravée par la guerre de destruction israélienne de Gaza (Octobre 2024).

    A la lecture de cette information, la question se pose de savoir si la hiérarchie de l’ASBU est «incompétente ou de connivence contre les pays arabes hostiles à la normalisation avec Israël (Liban Syrie, Irak, Yémen, Algérie, Tunisie)», conclut Al Akhbar au terme de son enquête.

    Pour Mémoire ci-joint la liste des membres de l’ASBU.

    ASBU Members

    Active Members

    Participating Members

    Associate Members

    Addounia TV (Syria)

    Pour le locuteur arabophone, cf, ce lien

    Illustration

    Le Président de l’ASBU honore les comités du jury du Festival de la Radiodiffusion Arabe : https://www.spa.gov.sa/w1921210

    Source :
    https://www.madaniya.info/2024/09/24/les-medias-arabes-sous-controle-israelien/

  •  Paolo De Prai- Palestine-Israël : essayer de lire dans les pensées sionistes

     Paolo De Prai- Palestine-Israël : essayer de lire dans les pensées sionistes

    https://assets.contropiano.org/img/2024/09/ebraismo-antisionista-buona-720x300.jpg



    J’ai eu l’occasion de lire un magazine de la communauté juive, où l’on comprend clairement comment il est géré par les Zélotes/Sionistes. Et il convient de rappeler que ces derniers sont la négation du judaïsme (les sionistes sont au judaïsme ce que la Sainte Inquisition catholique est au christianisme, repetita iuvant !).

    Le problème central de cette revue est que les Juifs italiens reçoivent, à travers cette publication et d’autres, une vision absolument partisane, déformée et propagandiste de la réalité, comme ils le reconnaissent eux-mêmes dans un article interne.

    Notre problème, nous qui sommes définis par eux comme des « nazislamistes » (une bonne dose d’impertinence et d’impudence de ceux qui soutiennent et justifient ceux qui commettent un génocide et qui le revendiquent !), c’est de savoir comment parler aux juifs italiens et comment nous faire comprendre parce que je ne pense pas qu’ils soient tous « lobotomisés », mais certainement empoisonnés et confus par ces marchands de boue.

    La première chose évidente dans ce magazine pseudo-juif est l’absence absolue du massacre à Gaza et de la violence brutale des colons en Cisjordanie : seuls les Juifs sont victimes de récits faux et biaisés, et comme je l’illustrerai plus tard, la seule violence existante est celle du 7 octobre, perpétrée uniquement par le Hamas.

    La revue propose une amnésie et un « somnambulisme » de la réalité, entre autres en associant la réalité (pacifique) de la diaspora à la situation en « terre sainte » (je refuse d’utiliser le mot Etat d’Israël, parce qu’elle est sacré, pour nommer un État raciste, colonialiste et génocidaire).

    Un article du magazine illustre la situation française à l’approche des élections législatives, au cours desquelles le double extrémisme de droite et de la liste de gauche La France insoumise (LFI) aurait été évité. L’article, cependant, est presque entièrement dirigé contre LFI.

    Il est rappelé que lors de la campagne électorale le CRIF (organisation des Juifs de France) a invité à ne pas voter LFI pour ses positions sur le 7 octobre car ils auraient fait « apologie du terrorisme » et « soutien fervent » à celui-ci, bref, le vrai danger n’est pas la droite postfasciste et raciste mais La France Insoumise, dont une affiche montrant le drapeau palestinien et les mots « soutenir le peuple palestinien », ce qui, pour ces personnages, est évidemment, est déjà un témoignage de haine violente contre les Juifs (qui, cependant, sont autre chose que les habitants de l’État sioniste, ne faisant qu’un avec les Juifs français), donc rien de « palestinien » ne devrait être montré, seulement l’oubli et la négation.

    L’accusation d’« apologie du terrorisme » n’est pas simplement de diffamer ceux qui dénoncent le génocide à Gaza, mais c’est la base légale avec laquelle les sionistes de divers pays (Grande-Bretagne, Allemagne, France, etc.) tentent de faire condamner à la prison ceux qui manifestent ou dénoncent les politiques criminelles des zélotes.

    Un autre article fait état d’un politicien allemand dont le titre contient l’expression « L’antisémitisme islamique ne se cache plus », une phrase qui est maintenant le leitmotiv obsessionnel des sionistes pour qui toute critique du sionisme (et/ou toute information sur le massacre de Gaza) est une haine anti-juive, en utilisant un terme qui inclut tous les manifestants, y compris les Européens et/ou les gauchistes, avec l’islam (et c’est explicitement une attitude raciste des sionistes parce qu’ils mettent tous les musulmans dans un contexte violent en tant que complices) et utilisent aussi le terme « antisémite » alors que les Arabes sont d’abord sémites : les sionistes commenceraient à utiliser des termes corrects, les leurs, non racistes et fidèles à la réalité !

    En continuant à faire défiler les articles du magazine pseudo-juif, ce qui est déjà défini dans le titre comme « l’obsession anti-israélienne du siège de l’ONU » est abordé, où l’élimination de la réalité devient manifeste. 

    Après la résolution de 1947 qui a décrété la division de la « Palestine mandataire », que les sionistes n’ont pas respectée en procédant à un grand « nettoyage ethnique » (et plus tard la répudiation des nombreuses résolutions de l’ONU jamais respectées par l’État sioniste et pour cette raison condamnées 140 fois), maintenant l’action des ONG présentes au « siège de l’ONU » qui dénoncent le génocide en cours comme des actions partisanes et sans raison concrète (« l’ONU devrait condamner le Hamas ») est également contestée.

    Si la Cour pénale internationale émet finalement un mandat d’arrêt contre Netanyahu et Gallant pour génocide (mais j’ai de sérieux doutes parce qu’elle est trop « apprivoisée » par les gouvernements occidentaux), même dans ce cas, ils auraient recours à l’argument de la victime (ils diraient : ils sont en colère contre nous parce que nous sommes juifs).

    L’article qui nous permet d’entrer dans l’esprit des partisans du sionisme est celui mentionné par le psychologue Paul Waltzlawick.

    Son but est de disséquer l’utilisation et l’abus des médias de masse, à partir de l’expression « la réalité est d’abord et avant tout un récit », et ce qui s’ensuit concrètement dans la réalité dépend du récit qui passe entre les gens.

    Le récit entre deux questions opposées peut donc donner un faux sentiment d’alternative et seulement formellement, de sorte que le chroniqueur cite la dichotomie entre le nationalisme et le bolchevisme, qui pour  lui sont égaux, tandis que l’opposé est la démocratie : la citation est absurde parce que l’État sioniste, annoncé comme la « seule démocratie au Moyen-Orient », est en fait une fausse démocratie, c’est-à-dire qu’un État raciste comme l’Afrique du Sud jusqu’en 1994 et de surcroît associant le nationalisme au bolchevisme montre un crypto-anticommunisme.

    Tout ce discours du chroniqueur narratif, c’est parce qu’’« Israël » (un terme biblique superposé à un État, qui n’est pas délibérément mentionné, c’est-à-dire État de-, et qui est également assimilé et superposé aux « Juifs », donc à la Diaspora) dans la communication est toujours une cible pour lui, et s’il est « bon et compréhensif » le monde ne l’aimera pas, car « Israël sera toujours le coupable et les Juifs mauvais ».

    Cette réflexion victimaire de l’éditorialiste sur « être bon ne sert à rien », révèle indirectement la nature violente des sionistes : les autres nous haïssent et donc nous frappons les premiers, comme l’ont explicitement dit Netanyahou et plusieurs de ses ministres.

    Pour éviter et contrer ces récits, certaines pistes d’action sont proposées.

    Le chroniqueur propose une présence « inflexible, obsessionnelle » dans les médias de masse, avec une « task-force » qui s’en occupe et qui s’oppose au récit défavorable aux sionistes, « criant » puis « diffusant largement les vidéos dénonçant l’horreur subie le 7 octobre ».

    Le chroniqueur conclut en disant qu’il qualifie cette communication de « stratégique » ou, si vous préférez, de « propagande », en précisant tout d’abord le but auquel tend l’ensemble de l’article, mais aussi le magazine dans son ensemble.

    Alors, que pouvons-nous dire de cet article et de ses conclusions ?

    Qu’il y ait un récit faux et infâme contre les sionistes est un mensonge flagrant, à la fois pour la réalité des faits à Gaza et maintenant en Cisjordanie (41 000 morts certains), unis par la censure continue qui est faite par les politiciens occidentaux et les médias de masse, à la fois sur les faits et sur ceux qui les dénoncent.

    Qu’il y ait une task-force de censeurs sionistes n’a rien de nouveau, il suffit de regarder comment les nouvelles ne sont pas données ou transformées par les médias de masse, et la propagande partisane de certains personnages est maintenant connue et flagrante.

    Ce qui reste évident dans l’article, c’est la victimisation continue des sionistes et de leurs partisans, évidente dans l’utilisation des événements du 7 octobre, comme s’il n’y avait rien eu avant et après.

    Le 7 octobre est le résultat de 76 ans de colonialisme et d’apartheid violent, suivis d’un génocide en cours.

    La violence est toujours inacceptable, mais elle a toujours des causes a priori qui ont exacerbé les problèmes et les relations, et les sionistes ont tout fait pour éviter toute forme de coexistence et d’accord pacifique, à commencer par l’assassinat d’Yitzach Rabin qui l’avait tenté avec une once d’accord, car leur objectif est le nettoyage ethnique complet de la « Palestine mandataire ».

    Si le chroniqueur propose une propagande « obsessionnelle » par le biais d’une force d’intervention et victimise Israël avec le récit du 7 octobre (mais ce jour-là, de nombreuses morts israéliennes ont été causées par l’action criminelle de Tsahal), nous devons toujours nous rappeler que :

    – Les sionistes ne sont pas des juifs, ce sont des fanatiques racistes zélotes, ils sont la négation.

    – Il ne faut jamais appeler de manière impersonnelle les racistes messianiques, qui sont colonialistes, du nom d’Israël parce que c’est un nom biblique sacré et quand il est nécessaire de le mentionner, utiliser « État sioniste ».

    – Rappelez-vous toujours qu’Abraham est une figure mythique inventée dont l’origine peut être démontrée, donc Dieu n’a rien promis à aucun sioniste/Zélote,

    Le 7 octobre n’a pas été un événement exceptionnel, malheureusement il y a eu plusieurs centaines de morts innocentes à cause d’une haine à laquelle les sionistes ne veulent pas mettre fin.

    – Que les Palestiniens sont soumis à la violence du 7 octobre depuis 76 ans, 365 jours par an,

    – Que la propagande est produite d’abord par les sionistes et ne sert qu’à eux-mêmes à cacher leurs crimes, à poursuivre l’apartheid et le colonialisme de peuplement et non à dénoncer la violence pour y mettre fin,

    – Que les habitants sionistes de l’État constitué en « Palestine mandataire » sont quelque chose de différent des Juifs, qui ont toujours vécu dans la diaspora,

    – Qu’il n’y a pas de peuple juif (donc un concept ethnique), mais une communauté religieuse israélite, dont les adhérents appartiennent et proviennent de nombreuses nations, une religion qui exprime une culture multiforme d’origines multiples appelée judaïsme, une culture qui a donné des caractères et des idées positifs et fondamentaux à toute l’humanité.

    – Pour réaffirmer que les Juifs ont la légitimité de vivre en Terre Sainte, tout comme leur lien affectif avec ce territoire est légitime, mais cette vie ne peut pas et ne peut pas se faire au détriment des autres, en particulier des Palestiniens, qu’ils soient musulmans, chrétiens ou d’autres communautés, au contraire, précisément à cause de la violence commise par les Zélotes, il doit y avoir non seulement une réconciliation mais aussi une compensation concrète.

    Ce que j’espère avec des articles comme celui-ci, c’est que la communauté juive suscitera un désir de rédemption et une opposition aux sionistes parce que l’action violente et maintenant génocidaire des Zélotes détruit l’honneur du judaïsme et ternit la mémoire des morts qui ont souffert des ghettos, des pogroms et des shoahs, mais aussi le risque réel que l’esprit même du judaïsme soit détruit par les sionistes.

    Qui défend les raisons des Juifs d’Italie contre les sionistes ? Seulement Moni Ovadia qui est déjà intimidé par les sionistes ?

    *Anpi= Association nationale partisans d’Italie; Trullo-Magliana = quartier périphérique de Rome

  • Élections en Jordanie : islamisme, nationalisme et tribalisme convergent

    Élections en Jordanie : islamisme, nationalisme et tribalisme convergent

    Les élections parlementaires jordaniennes ont déclenché un profond changement politique qui a déstabilisé la monarchie, révélant une résistance croissante à sa paix fragile avec Israël et l’influence croissante que ces forces pourraient exercer sur l’orientation future du royaume.

    Le Premier ministre jordanien Bisher al-Khasawneh a présenté  la démission de son gouvernement  au roi Abdallah II quelques jours seulement après les élections parlementaires du 10 septembre, après que le Front d’action islamique ( FAI ) de l’opposition ait réalisé des gains significatifs en termes de sièges au Parlement.

    En toile de fond des résultats officiels des élections, deux scènes clés révèlent les réalités profondes des défis auxquels la monarchie jordanienne est aujourd’hui confrontée. La première concerne  Ahmad al-Daqamseh , un soldat jordanien libéré de prison après avoir purgé une peine de 20 ans pour avoir tué sept femmes israéliennes en 1997 près de la frontière jordano-israélienne.

    Daqamseh a été vu participant à la tente de deuil de  Maher al-Jazi , le chauffeur de camion et ancien soldat qui a mené l’opération de passage de Karameh contre le personnel frontalier israélien plus tôt ce mois-ci.

    La deuxième scène montre des partisans en liesse du Front d’action islamique, le parti qui a obtenu le plus de sièges aux élections parlementaires, célébrant des chants faisant l’éloge d’Abou Obeida, le porte-parole militaire de la branche armée du Hamas à Gaza.

    Ces deux moments résument les courants sous-jacents changeants de la réalité politique jordanienne, où les récits traditionnels et les statistiques officielles ont cédé la place à une image beaucoup plus complexe et incertaine.

    Les résultats des élections en Jordanie sont loin d’être ordinaires. L’inquiétude du gouvernement face aux troubles croissants à Gaza et en Cisjordanie occupée,  exacerbés  par les crimes de guerre commis par Israël, semble d’autant plus d’actualité après la récente opération de résistance et la montée des islamistes en Jordanie.

    La montée en puissance des forces islamistes, dont beaucoup sont étroitement liées aux Frères musulmans, suscite des interrogations qui vont bien au-delà des urnes. Depuis 2016, les Jordaniens ont vu le gouvernement fermer les sièges des Frères musulmans dans plusieurs villes, d’Amman à Madaba.

    Malgré cette répression, l’aile politique des Frères musulmans, l’IAF, contrôle désormais 31 sièges au parlement, soit 22 % de l’assemblée. Même si cela ne représente pas une majorité écrasante, cela représente un changement significatif dans l’équilibre politique du pays.

    Une source jordanienne se décrivant comme indépendante confie  à The Cradle  que les préoccupations auxquelles est confrontée la monarchie jordanienne à l’époque du Printemps arabe sont bien différentes de celles d’aujourd’hui.

    La source, qui a demandé à rester anonyme, explique que même si les Frères musulmans sont officiellement autorisés en Jordanie depuis l’époque du premier roi Abdallah en 1946, les bouleversements du Printemps arabe ont suscité des craintes internes quant au potentiel du groupe à déstabiliser le royaume, en particulier compte tenu de l’implication du mouvement dans les manifestations et les violences en Égypte, en Syrie et en Libye.

    Le roi Abdallah II a alors vu là une occasion de réduire l’influence des Frères musulmans. Pourtant, malgré les efforts du gouvernement pour contenir le groupe, les Frères musulmans sont  réapparus comme un acteur majeur  de la politique jordanienne, notamment par le biais de l’IAF.

    L’approbation par le gouvernement jordanien de nouvelles lois électorales en 2022, qui visaient à renforcer la représentation des partis politiques au Parlement, a été introduite avant la vague actuelle de tensions régionales.

    Un analyste jordanien informe  The Cradle  que la stratégie d’Amman consistait à maintenir le contrôle du Parlement en renforçant l’influence des représentants tribaux, traditionnellement fidèles  au trône, tout en promouvant des députés modérés et centristes.

    Les résultats des élections ont toutefois défié ces attentes. Le FAI a remporté la plus large victoire jamais remportée par un groupe islamiste depuis le retour au travail parlementaire en 1989, triplant ainsi sa représentation par rapport au parlement précédent.

    Ce succès inattendu a déconcerté les observateurs, d’autant plus que le système électoral a été délibérément conçu pour favoriser les zones rurales et tribales au détriment des villes, où les Jordaniens d’origine palestinienne – qui sont généralement plus actifs politiquement et plus favorables au mouvement islamique – constituent une grande partie de la population.

    La capacité de l’IAF à gagner des sièges dans ces districts traditionnellement tribaux illustre un changement ironique. Malgré les efforts déployés pour marginaliser leur influence, les islamistes ont réussi à pénétrer dans des zones qui leur étaient autrefois quasiment fermées, notamment celles dominées par des affiliations tribales.

    Dans la deuxième circonscription d’Amman, les candidats de l’IAF ont remporté plusieurs sièges, dont un candidat chrétien,  Jihad Madanat , et une femme, Rakeen Abu Haniyeh. Cette évolution illustre la façon dont les islamistes ont réussi à se fondre dans les tribus et autres éléments traditionnels de la société jordanienne d’une manière qui aurait été impensable il y a seulement quelques années.

    Illustrant encore davantage ce changement politique, la visite de la délégation de l’IAF à la tente funéraire du clan Jazi avait de profondes connotations politiques. Un observateur arabe des affaires jordaniennes explique à  The Cradle  qu’une telle visite des dirigeants du mouvement islamique à la tribu Huweitat, à laquelle appartient le clan Jazi, représente la convergence des forces nationalistes et islamistes autour de la cause palestinienne.

    Cette convergence a fait naître chez les Jordaniens une conviction croissante selon laquelle les résultats des élections constituent un soutien clair à la résistance palestinienne. Qu’ils soient ou non partisans des Frères musulmans, de nombreux Jordaniens considèrent désormais la victoire électorale des islamistes comme un vote en faveur de la résistance contre l’agression de l’Etat occupant à Gaza et en Cisjordanie.

    Ce n’est pas de bon augure pour la position provocatrice du roi Abdallah concernant le maintien des relations officielles avec Israël.

    Les résultats des élections révèlent également une préoccupation plus vaste. Selon une source jordanienne indépendante, de nombreux Jordaniens considèrent que la menace israélienne s’étend au-delà des territoires palestiniens et constitue un danger direct pour la Jordanie elle-même.

    Dans ce contexte, le vote n’était pas seulement un geste symbolique mais un message politique retentissant visant à protéger la souveraineté jordanienne. Cette perspective est de plus en plus répandue alors que l’IAF appelle au gel des accords commerciaux et de sécurité avec Tel-Aviv, notamment le controversé  traité de Wadi Araba , qui a normalisé les relations entre la Jordanie et Israël en 1994 sous l’ancien roi Hussein.

    Alors qu’Amman doit faire face aux conséquences de ces résultats électoraux, la monarchie jordanienne se trouve confrontée à de nouvelles réalités politiques. Le roi pourrait être contraint de reconnaître la convergence croissante entre les forces tribales et islamistes, ce qui aurait un impact sur les relations avec Israël.

    Bien que le roi Abdallah II conserve de larges pouvoirs, notamment celui de dissoudre le Parlement, il est de plus en plus probable que les islamistes joueront un rôle plus important dans la formation du prochain gouvernement. Certaines sources spéculent que le roi pourrait même être contraint de nommer des personnalités issues du courant islamiste à des postes ministériels.

    Malgré les gains électoraux importants du FAI, les 31 sièges remportés par le parti ne lui confèrent pas un pouvoir écrasant au sein du parlement qui en compte 138. De plus, le système politique jordanien reste fermement aux mains de la monarchie, qui conserve le dernier mot sur la plupart des questions de politique nationale.

    Plusieurs facteurs ont contribué au succès électoral du FAI  . Les observateurs notent que la loi électorale a été délibérément conçue pour empêcher tout parti, y compris les islamistes, d’obtenir une majorité. Pourtant, malgré ces contraintes, les électeurs ont récompensé le mouvement islamiste pour sa présence constante dans les rues, en particulier pour avoir organisé des manifestations devant l’ambassade d’Israël en solidarité avec Gaza.

    Pendant ce temps, les partis de gauche et nationalistes traditionnels de Jordanie n’ont pas réussi à dialoguer efficacement avec la population ni à répondre à ses besoins, laissant un vide que les islamistes n’ont pas tardé à combler.

    Le martyre de Jazi, dont la tente funéraire est devenue un sanctuaire symbolique pour de nombreux Jordaniens, a également joué un rôle dans le résultat des élections. La présence de dirigeants islamiques sous la tente funéraire à la veille du scrutin a envoyé un message clair de solidarité avec la Palestine tout en renforçant l’alignement plus large entre la tribu Huweitat et le mouvement islamiste.

    Alors que le gouvernement jordanien réfléchit au résultat des élections, il pourrait tenter d’utiliser la montée des islamistes à son avantage en la présentant comme un avertissement adressé à ses alliés occidentaux, en particulier aux Etats-Unis. Amman pourrait arguer que la guerre en cours à Gaza a créé une nouvelle réalité politique en Jordanie, une réalité qu’il faut prendre au sérieux.

    Pour de nombreux Jordaniens, les résultats des élections reflètent toutefois un sentiment croissant d’évolution de la situation sur la rive est du Jourdain. Le gouvernement extrémiste d’extrême droite d’Israël, dont beaucoup pensent qu’il a l’intention de déclencher une nouvelle  Nakba contre les Palestiniens de Cisjordanie , est confronté à une menace croissante pour sa sécurité de l’autre côté de la frontière jordanienne.

    La voix des Jordaniens qui s’opposent à la politique israélienne et à la présence militaire américaine ne peut que s’amplifier. Les élections ont révélé bien plus qu’un simple changement dans la répartition des sièges au parlement : elles ont dévoilé une nouvelle réalité politique, que la monarchie jordanienne ne peut se permettre d’ignorer.

    Les opinions exprimées dans cet article ne reflètent pas nécessairement celles de The Cradle.

    Source : https://thecradle.co/articles/jordans-elections-islamism-nationalism-and-tribalism-converge

  • الطاهر المعز-من وحي الجرائم الصهيونية الأخيرة في لبنان

    الطاهر المعز-من وحي الجرائم الصهيونية الأخيرة في لبنان

    نقلت وسائل إعلام عن وزارة الحرب الصهيونية إن كيان الإحتلال تسلَّمَ من الولايات المتحدة من شهر تشرين الأول/اكتوبر 2023 إلى منتصف شهر آب/أغسطس 2024، أكثر من خمسين ألف طن من المعدات العسكرية لمُساعدته على تنفيذ المجزرة ضد فلسْطِينِيِّي، وتشمل المعدات 500 طائرة عسكرية و107 شحنات بحرية، فضلاً عن مركبات مدرعة وذخيرة ومعدات حماية شخصية ومعدات طبية، بحسب بيان وزارة الحرب الصهيونية التي أوضحت إن هذه المساعدات تندرج ضمْنَ « التعاون والتحالف الأمريكي الإسرائيلي »، ويشمل هذا « التّعاون » الدّعم العسكري والسياسي والإيديولوجي ( تمجيد الإحتلال والإبادة وتهجير السكان الأصليين) والدّبلوماسي والإعلامي، وتحويل الإجرام إلى « دفاع عن النّفس »، وانتهاك قرارات الأمم المتحدة والقضاء الدّولي…

    تُشكّل الأسلحة الأمريكية أكثر من 80% من مُعدّات الجيش الصهيوني الذي يشتري معظمها – أو كلّها – بما يتلقاه من مساعدات عسكرية أمريكية أو بأسعار منخفضة، وتلقّى الكيان الصّهيوني نحو 310 مليارات دولار من المساعدات الأميركية المُعْلَنَة رسْمِيًّا، بين سَنَتَيْ 1948 و 2022، بحسب الموقع الرسمي للمساعدات الخارجية الأميركية، بمعدّل يفوق أربع مليارات دولار سنويا، أو حوالي 18% من الميزانية العسكرية السنوية للعدو، ولا تتضمن هذه الأرقام الأسلحة التي يحصل عليها الجيش الصهيوني من مخازن الجيش الأمريكي بفلسطين المحتلة أو من القواعد في تركيا أو اليونان أو قُبْرص وغيرها، ولا تتضمّن 10 مليارات دولار من مساهمات الولايات المتحدة في تطوير أنظمة الصواريخ المعروفة بالقبة الحديدية، لتكون بذلك دولة الإحتلال أكبر متلقّية للمساعدات الأميركية، وفق “خدمة أبحاث الكونغرس الأميركي” التي تؤكّد إن ثلاثة أرباع الدعم الأمريكي هو دعم عسكري مباشر ويُشكل الدّعم الإقتصادي حوالي 25% من الدّعم المباشر، فضلا عن الإعفاء من الرسوم الجمركية والحوافز والقروض الحكومية بدون فائض والتّبرّعات، والاقتراض من المصارف الأميركية بأسعار فائدة منخفضة عن سعر السوق، وحث المؤسسات على شراء السندات الصهيونية، بالإضافة إلى الدّعم الأمريكي المباشر لقطاعات البحث العلمي والتكنولوجي وتصنيع الأسلحة والذّخائر وقطع غيار السلاح، وأقَرّ الكونغرس الأمريكي سنة 2008، مفهوم «التفوّق العسكري النوعي» الصهيوني أي ضمان قدرة الكيان الصهيوني على هزيمة جيوش الدّول العربية مجتمعة، ولذلك حصل الجيش الصهيوني على طائرات إف – 35 قبل جيوش الدّول الأعضاء في حلف شمال الأطلسي، وشكّل الدّعم العسكري للكيان الصهيوني، سنتَيْ 2021 و 2022، أي قبل عُدوان تشرين الأول/اكتوبر 2023، قرابة 60% من إجمالي “المساعدات” العسكرية الأمريكية لدول العالم.

    ارتفع حجم الدّعم الأوروبي والأمريكي إثْر كل عدوان صهيوني على الشعوب والأوطان العربية، وتجلّى الدّعم الأمريكي والألماني والأوروبي بشكل واضح منذ عدوان السابع من تشرين الأول/اكتوبر، فقد أقرّت الولايات المتحدة مُساعدات عسكرية إضافية بقيمة 26 مليار دولارا مُعْلَنَة، لاستكمال عملية إبادة الفلسطينيين في غزّة، ثم الضّفّة الغربية، بمشاركة مالية وعسكرية أمريكية مباشرة، فضلا عن الدّعم اللوجيستي والإستخباراتي والدّبلوماسي والإعلامي لأي عدوان صهيوني على الشعب الفلسطيني وعلى الشعوب العربية، وتحرّكت الأساطيل الأمريكية في البحر الأبيض المتوسط والبحر الأحمر حيث توجد قواعد عديدة، لردع أي طرف يدعم المقاومة الفلسطينية قصف المقاومة في اليمن، فضلا عن شحنات الأسلحة التي يتسلمها الجيش الصهيوني بشكل يومي منذ السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023، ومن بينها صواريخ أرض-جو، وصواريخ موجهة بالليزر، وصواريخ خارقة للتحصينات والأنفاق، وذخائر مُسَيَّرَة ومُجهزة بكاميرا، ومركبات وبنادق، وأجهزة استشعار تعمل بالأشعة تحت الحمراء وقذائف مُعدّة لتدمير المناطق السّكنية وفق وكالة بلومبرغ ووفق رسالة احتجاج وجّهتها ثلاثون منظمة إلى وزير الحرب الأميركي “لويد أوستن”…

    أوردت وسائل الإعلام الأمريكية أخبارًا عن زيادة عدد السفن والطائرات والجنود الأميركيين المنتشرين في المشرق العربي، منذ عدوان تشرين الأول/اكتوبر 2023، وعن ارتفاع عدد الجنود والضّبّاط المتخصّصين في الاتصالات والذخائر والمتفجّرات لدعم الجيش الصهيوني، وقُدِّرَ عدد الجنود والضّبّاط الأمريكيين في القواعد العسكرية في 10 بلدان عربية بما لا يقل عن 46 ألف، فضلا عن قواعد تركيا وقبرص واليونان حيث تحتفط الولايات المتحدة بالأسلحة والعتاد والذّخائر في فلسطين المحتلة، وأهم هذه القواعد في قطر (العِدِيد والسِّيلِيّة الجَوِّيّتَيْن) والبحرين ( مقرّ القيادة المركزية للقوات البحرية الأميركية في الشرق الأوسط والأسطول البحري الخامس)، والإمارات والكويت والسعودية وعُمان والأردن والعراق (الأنبار وأربيل) وفي سوريا (دون موافقة أجهزة الدّولة السّورية)، فضلا عن مركز استخبارات وحوالي 300 جندي في القاهرة، و”مراقبون” عسكريون أمريكيون في شبه جزيرة سيناء… كما إن الوطن العربي مُحاط بالقواعد العسكرية الأمريكية في تركيا – التي تتلقى الدّعم العسكري الأمريكي منذ سنة 1947 – وفي معظم دول جنوب أوروبا، من جبل طارق، جنوب إسبانيا إلى قبرص، مرورًا بالقواعد الضخمة في جنوب إيطاليا واليونان، وتُعتبر قواعد حلف شمال الأطلسي في تركيا من أخطرها، نظرًا لدَوْرِها في الحرب الباردة، خصوصًا منذ مشاركة جيش تركيا في العدوان على كوريا سنة 1950 وانضمام تركيا إلى حلف شمال الأطلسي سنة 1952 مع الإشارة إلى اعتراف تركيا بالكيان الصهيوني منذ سنة 1949، وتطوير العلاقات بينهما في ظل حكومة يرأسها عدنان مندريس لفترة عشر سنوات، حتى 1961، وهو أحد رموز الإسلام السياسي (كما نجم الدّين أربكان، مُعلم أردوغان، وكان رئيس حكومة تركيا من 1996 إلى 1997)، لكن تراجعت مكانة تركيا ودورها في المشرق العربي، بعد انهيار الإتحاد السوفييتي، وأعلنت الولايات المتحدة ثُلُثَيْ قواعدها (8 من 12) وخفض المساعدات العسكرية الأميركية لتركيا، مما يُفَسِّر اختلاف وجهات النّظر بين تركيا من جهة والكيان الصهيوني والولايات المتحدة مكن جهة أخرى، لكن الأطراف الثلاثة مُعادية للشعوب العربية، ويمكن تصنيفها ضمن أشدّ الأعداء شراسةً…

    تُساهم الولايات المتحدة – بالإضافة إلى تسليم الأسلحة المتطورة – في التخطيط والإشراف على العمليات العسكرية للجيش الصهيوني الذي لا يقوم بأي عمليات ذات بعد استراتيجي أو ذات خطورة كبيرة دون إذن مُباشر أو موافقة الإدارة والجيش الأمريكييْن، وهو ما حصل قبل عدون الثامن من تشرين الأول/اكتوبر 2023 في غزة والضفة الغربية، وما حصل في لبنان يوميْ السابع عشر والثامن عشر من أيلول/سبتمبر 2024  في لبنان، حيث انتقل العدو الصهيوني إلى درجة أخرى من العدوان، بتنفيذ تفجير جماعي لأجهزة الإتصال التي يستخدمها الجميع ( أجهزة النّداء أو الإستدعاء والإرسال)، وأورد موقع صحيفة نيويورك تايمز الأمريكية، يوم الثلاثاء 17 أيلول/سبتمبر 2024، نقلا عن « مسؤولين أمريكيين » إن الكيان الصهيوني نَفَّذَ عمليات التّفجير بإخفاء مواد متفجرة داخل دفعة من أجهزة الاتصال التي استوردها لبنان من شركة « غولد أبولو » التايوانية، والتي تم تَفْخِيخُهَا وزَرْعُ مادّة متفجرة داخل كل جهاز اتصال قبل وصول الشّحنة إلى لبنان، ليتسَنّى تفجيرها عن بُعد، ورغم ادّعاء الجيش الأمريكي عدم ضلوعه في عمليات التفجير فإن الخبراء يُؤكّدون إن الجيش الأمريكي يستخدم هذا النوع من التكنولوجيا التي تعتمد على الذكاء الاصطناعي فقط، من الجو عبر طائرات سي 130.

    تمثل عمليات التفجير هذه بُعْدًا إجراميا جديدًا للعمليات العسكرية والإرهاب الحكومي، أو إرهاب الدّولة أو الإرهاب السياسي، فالعملية الإرهابية الصهيونية التي حصلت في لبنان ليست مُعقّدة من الناحية الفَنِّيّة، وهي ليست أكثر تعقيدًا من زرع أجهزة تَنصّت وتحديد المَواقع، حيث يمكن زرع مادّة مُتفجّرة في أي بطارية لتصبح مجمل الأجهزة التي نستخدمها يوميا قنابل متنقلة، مثل الهواتف المحمولة وأجهزة الحاسوب والمُعدّات والأجهزة المنزلية (كأجهزة التلفزيون والثلاجات وأدوات المطبخ) والسّمّاعَات والسيارات الكهربائية والطّائرات المدنية أو العسكرية وغيرها، وتكمن الصعوبة في تنزيل الأوامر التي يمكن أن تظهر في شكل تحديث للبرنامج…  

    أظهرت هذه العملية الإرهابية المدعومة من قِبَل الإمبريالية الأمريكية مَخاطر استخدامِ أجهزةٍ مصنوعة في الخارج ( في الدّول الإمبريالية أو الحليفة لها) دون إدْراك ما تُخْفِيه مُكَوّناتها، ما قد يُؤَدِّي إلى انفجارها في الأماكن العمومية وفي محلات السّكن أو التجارة أو الأسواق والمستشفيات والمدارس والمصانع والسّاحات والمتاحف وما إلى ذلك، فقد تم إنتاج الأجهزة الملغومة – التي انفجرت في لبنان –  من قِبَلِ شركة تايوانية، وتايوان مَحْمِيّة أمريكية، وتم بيع الأجهزة إلى لبنان بواسطة  شركة وهمية يقع مقرّها الوهْمِي في المجر، كما انفجرت أجهزة أخرى، بعد حوالي 24 ساعة، تنتجها شركة يابانية، واليابان قاعدة عسكرية أمريكية ضخمة، لها عشرات الفروع في جميع أنحاء العالم، وأدّت هذه الأجهزة المُستوردة من بلدان تُهيمن عليها الولايات المتحدة، إلى قتل عشرات المواطنين وإصابة الآلاف في لبنان، من بينهم بعض الجنود وأعضاء حزب الله، فيما يُشكل المواطنون العاديون والعُمّال والموظفون والأطباء والأطفال والنّساء الأغلبية الساحقة من الضحايا…

    اعتاد العدو الصهيوني على تنفيذ الإغتيالات الإجرامية، دون تحمل تبعات هذا الإجرام، بحكم الدّعم الإمبريالي للحركة الصهيونية منذ القرن التاسع عشر، ثم الدّعم غير المحدود للكيان الصهيوني منذ إنشائه، واستهدف هذا الإجرام ثلة من الضحايا، من بينهم الكونت برنادوت، مبعوث الأمم المتحدة سنة 1948 والمثقفون الفلسطينيون والعرب، ناهيك عن الباحثين (عُلماء الذرّة) وحتى الشباب الأمريكيين المُسالمين، المعارضين لبعض جوانب سياسات الإستيطان وليس للكيان الصهيوني كدولة أو مؤسسة ( راشيل كوري سنة 2005 و عز النّور إيزقي سنة 2024)، وتمثل تفجيرات لبنان خطوة أو مرحلة إجرامية متقدّمة، تستهدف المَدَنيّين بواسطة أجهزة اتصال يحملها الناس ويستخدمونها في أي مكان…

    يضُمُّ لبنان بيئة حاضنة وداعمة للمقاومة، ويضُمّ كذلك تنظيمات سياسية وأجهزة إعلامية وأمْنِيّة تعاونت مع الكيان الصهيوني ضد الوطن المواطنين والشعب اللبناني، بدعم من الإمبريالية الفرنسية التي خلقت بعض هذه الفصائل والطوائف والمُكَوّنات، وبدعم من الإمبريالية الأمريكية التي تدخّلت عسكريا سنة 1958 لدعم كميل شمعون، ثم سنة 1982 مع الإمبريالية الأوروبية لدعم الإحتلال الصهيوني وحلفائه من المسيحية الصهيونية (الكتائب وحراس الأرزة وما أصبح يُسمّى « القوات اللبنانية…) ولإجلاء فصائل المقاومة الفلسطينية عن لبنان، ولذا فإن المقاومة في لبنان تُواجه أجهزة الإستخبارات الصهيونية والأمريكية والأوروبية والعربية وبعض أجهزة الأمن الحكومية أو الحزبية ( من مختلف الدّيانات والطّوائف) العميلة للكيان الصهيوني وللإمبريالية الأمريكية والأوروبية، ولهذه الأحزاب والطّوائف شبكات إعلامية مسمومة تذات تمويل عربي مشبوه، ولا تتردّد هذه الشبكات الإعلامية في إعلان دعمها للكيان الصهيوني ضد الشعب الفلسطيني وضد المقاومة العربية في اليمن وفي لبنان، وبالتّالي ضد الرأي العام العربي الذي لا تعترف نسبة تُقدّر بحوالي 90% منه بالكيان الصهيوني وتناهض عمليات التطبيع الرسمي للأنظمة وبالتالي تُشكل هذه الأغلبية الحاضنة الحقيقية للمقاومة ( وقد لا يعني دَعْم فِعْل المقاومة دعمًا لإيديولوجية حماس أو حزب الله) رغم الضخ الإعلام السعودي والخليجي والرجعي العربي…

    نفّذ الكيان الصهيوني عمليات التفجير الإجرامي في لبنان التي استهدفت مباني سكنية ومستشفيات ومتاجر ومواطنين يقضون شؤونهم اليومية في وطنهم، ومن بينهم بعض قيادات أو مناضلي حزب الله، وهم مواطنون لبنانيون في بلادهم، ونَفَّذ العدُوُّ هذه الجرائم بدعم من اجهزة الإستخبارات الأمريكية والأوروبية وبعض أجهزة المخابرات العربية، وبعد استشارة الرئيس الأمريكي وقيادة أركان الجيش الأمريكي، وحصل هذا العمل الإجرامي بعد أربعة أشهر (19 أيار/مايو – 17 و 18 أيلول/سبتمبر 2024) من انفجار طائرة الرئيس الإيراني إبراهيم رئيسي ووزير الخارجية ومرافقيهما، وكانت لديهم أيضًا أجهزة نداء شبيهة بتلك التي انفجرت في لبنان، وقد يكون الفاعلُ (المُجْرِمُ) واحِدًا، ولم تُثر الجرائم الأخيرة للكيان الصهيوني التي تدعمها الإمبريالية – الولايات المتحدة والإتحاد الأوروبي بشكل خاص – ردود فِعْل شعبية ترتقي إلى مستوى خطورة الحدث، وكأن العقول تَخَدّرت لتقْبل الإجرام كفعل عادي أو « طبيعي » لا يتطلب مقاومة أو حتى التنديد والإعتراض، ونأمل أن يكون مفعول هذا التّخدير قصيرًا، وأن يكون الرّد في مستوى فداحة العدوان، ولو طال الزّمن… 

    ما يرتكبه العدو من مجازر وإبادة في فلسطين وفي لبنان هو امتداد لمجازر « التّأسيس » في دير ياسين وطنطورة، ومجازر ملجأ قانا في لبنان ومصنع أبو زعبل ومدرسة بحر البقر في مصر وحمام الشاطئ في تونس وغيرها من المجازر التي لم تستهدف الجيوش بل المدنيين بهدف إرهابهم، من مشرق الوطن العربي إلى مغربه، وما كان للعدو أن يستمر في إجرامه لولا الدّعم الإمبريالي غير المحدود، ويظهر ذلك جليا في المجالات العسكرية والإعلامية والدّبلوماسية وفي عدم إصدار مجلس الأمن الدّولي قرارات إدانة (وإن كانت عقيمة) وفي تجاهل قرارات محكمة العدل والمحكمة الجنائية، مما يؤكّد الدّور الوظيفي للكيان الصهيوني كقاعدة ومَحْمِيّة للدّول الإمبريالية في المنطقة، ولولا تواطؤ الأنظمة العربية وبعض فئات العُملاء المَحلِّيِّين…

    من الضروري التّأكيد للمرة الأَلْف إن القضية الفلسطينية لا تتمثل في صراع على الحدود، بل هي قضية وُجُود الشعب الفلسطيني في فلسطين التي احتلها مستعمرون جاؤوا من كل بقاع الأرض، بدعم من الإمبريالية، ولذا فإن الحل يكمن في تحريرها كاملة وليس في تقاسم الوطن مع العدو (وهو يرفض ذلك على أي حال) مما يجعل شعار « حل الدّوْلَتَيْن » عَبَثِيًّا ومُهينًا للشُّهداء ولاغِيًا وغير واقعي وخارج التاريخ، كما إن المَيْز والعنصرية جزء من إيديولوجية الإستعمار، والإستعمار الإستيطاني بشكل خاص، ومن الخطأ الإكتفاء بحصر القضية أو الهدف في « المُساواة » أي مُساواة المُسْتَوْطِن المُسْتَعْمِر بصاحب الأرض والوطن، لأن الإستعمار الإستيطاني يرتكز، بطبيعته، على نَفْي « الآخر » ( الأغيار أو « الغويم » بلغة التّوراة ثم الحركة الصهيونية) وعلى إبادته أو إزاحته عن وطنه بالقوة وبالتّجويع، كما وجب التّأكيد إن الكيان الصهيوني والإمبريالية يتخذان من فلسطين قاعدة ارتكاز للهيمنة على الوطن العربي ومياهه وثرواته وطرقاته التجارية، من البحر إلى البحر، فنحن مُستَهْدَفُون جميعًا من المغرب إلى العراق، وامتدّ قصف العدو (بالطائرات الأمريكية) من العراق إلى تونس، ولا يمكن أن تقتصر المقاومة على الشعب الفلسطيني أو على شعوب الجوار، بل يجب أن تمتد من المحيط إلى الخليج، دفاعًا عن أنفسنا.     إن المقاومة ليست جيشًا نظاميا يخوض المعارك بكثافة في زمن مُحدّد ( يُسمى زمن الحرب) بل تتمثل المقاومة في إرهاق العدو واستنزاف قدراته على مدى متوسط أو طويل، ولذلك وجب العمل على تعدّد الجبهات وتنوعها من العمل العسكري إلى المقاطعة الإقتصادية للشركات والكيانات الدّاعمة للعدو، والعمل الإعلامي والدّعائي بهدف رَدْع الشركات الرأسمالية عن الإستثمار في فلسطين وردع المستوطنين الجدد عن الهجرة إلى فلسطين، بل توفير الظروف لهجرة المستوطنين الحاليين، ومنع السائحين من التوجه إلى فلسطين المحتلة، فضلا عن تخريب البُنية التحتية والمؤسسات الإقتصادية القائمة، وجعل فلسطين المحتلة مكانًا غير آمن للمُستوطنين والوافدين ولرأس المال، ضمن عملية تقويض قواعد رأس المال الذي يبحث عن الرّبح، وإذا ما فاقت الخسائرُ الأرباحَ، يَنْفُرُ رأس المال ليبحثَ عن ملاذات آمنة…  

    الطاهر المعز

  • Caitlin Johnstone – Il n’existe aucun argument, qui soit à la fois logique et moral, pour soutenir Israël.

    Caitlin Johnstone – Il n’existe aucun argument, qui soit à la fois logique et moral, pour soutenir Israël.

    C’est fou de constater que personne ne puisse réellement articuler une raison pour laquelle Israël devrait être soutenu qui soit à la fois logiquement cohérente et moralement défendable.

    Les Occidentaux grandissent en étant endoctrinés avec le préjugé que ce petit pays du Moyen-Orient est super important et doit être soutenu et défendu à tout prix, mais si vous examinez les raisons avancées pour expliquer pourquoi il doit en être ainsi, vous constatez qu’aucune d’entre elles ne tient vraiment la route.

    « Israël est le seul endroit où les Juifs peuvent être en sécurité ! »

    C’est clairement faux. Un Juif à New York est évidemment beaucoup, beaucoup plus en sécurité qu’un Juif à Tel-Aviv. Créer de force un tout nouvel État ethnique d’apartheid, imposé à une civilisation préexistante, signifie naturellement qu’Israël ne peut exister que dans une violence perpétuelle, ce qui met en danger tous ceux qui y vivent.

    Pourquoi ? Pourquoi une religion mériterait-elle d’avoir son propre pays où ses membres seraient en charge de tous les autres et recevraient un traitement préférentiel ? Il y a plus de mormons dans le monde que de juifs, et ils n’ont pas leur propre pays. Il y a plus de sikhs dans le monde que de juifs, et ils n’ont pas leur propre pays. Il n’y a aucune raison logiquement cohérente pour que chaque religion ait son propre État-nation, et il n’y a aucune raison logiquement cohérente pour qu’un tel principe s’applique aux juifs mais pas aux scientologues.

    C’est tout simplement ridicule. Un régime d’apartheid génocidaire qui prive activement de ses droits et maltraite la population palestinienne est l’exact opposé de « libéral » et de « démocratique ». Mais même si ce n’était pas le cas, il n’y a aucune raison logiquement cohérente et moralement défendable pour qu’une religion donnée ait un représentant d’une idéologie politique particulière en son sein, peu importe le nombre de personnes qui doivent être assassinées et opprimées pour qu’il en soit ainsi.

    Cette phrase est très populaire auprès des libéraux, mais elle est absurde et contradictoire. Israël a maltraité les Palestiniens tout au long de son existence, depuis sa création ; ce n’est que dans les contes de fées imaginaires des sionistes libéraux qu’il a existé sans tyrannie, vol et meurtre, et ce n’est que dans leurs contes de fées imaginaires qu’un État ethnique juif peut être imposé à une civilisation de non-juifs d’une manière qui pourrait se faire sans tyrannie, vol et meurtre incessants.

    Les seules options sont une solution à deux États, qu’Israël fait ouvertement tout ce qu’il peut pour empêcher d’advenir, et une solution à un État où tout le monde a des droits égaux, qui ne serait donc, par définition, pas un État juif. Les sionistes libéraux prétendent vivre dans un monde alternatif où ce n’est pas la réalité. C’est ainsi que les libéraux tentent de résoudre le problème du soutien à Israël alors que c’est moralement indéfendable ; ils inventent simplement un monde imaginaire dans lequel cela est moral, et prétendent que c’est une possibilité réelle.

    — derek davison (@dwdavison) 2 septembre 2024

    Netanyahou se contente maintenant de nonchalamment montrer tous les signes d’une annexion de la Cisjordanie tandis que l’administration Biden continue d’insister sur le fait qu’il est un partenaire de bonne foi et que la solution à deux États est toujours sur la table. https://t.co/P8mLz2zcaT

    Cela est logiquement cohérent d’un certain point de vue, mais ce n’est certainement pas moralement défendable.

    Il n’y a même aucune raison logiquement cohérente pour qu’un occidental normal dise qu’Israël protège « nos » intérêts au Moyen-Orient. Il est logiquement cohérent pour les dirigeants de l’empire occidental de dire qu’aider Israël à mener l’incessante violence nécessaire à son existence contribue à semer le chaos, la tyrannie, la déstabilisation et la division nécessaires pour assurer sa domination géostratégique d’une région riche en ressources et empêcher les nations du Moyen-Orient de s’unir en un bloc de superpuissances qui utiliseraient leurs ressources pour faire avancer leurs propres intérêts dans le monde.

    Contrairement à ce que certains croient, Israël n’est pas responsable de l’existence du bellicisme occidental. Par contre le bellicisme occidental est responsable de l’existence d’Israël. S’il n’y avait pas d’Israël, ils inventeraient simplement une autre excuse pour maintenir une présence militaire au Moyen-Orient et continuer à semer la violence et le chaos. Biden lui-même l’a reconnu, en déclarant : « S’il n’y avait pas Israël, les États-Unis devraient inventer un Israël pour protéger leurs intérêts dans la région. »

    De ce point de vue, il est donc logique de dire que l’empire occidental aurait plus de mal à faire avancer ses objectifs unipolaristes sur la scène mondiale sans un agent déstabilisateur dont l’existence dépend entièrement du soutien constant de l’Occident. Et si vous voulez vraiment vous ranger du côté des impérialistes pour soutenir Israël, vous pouvez alors affirmer qu’Israël fournit la couverture narrative parfaite pour maintenir une présence militaire au Moyen-Orient.

    Pendant de nombreuses années, le dernier argument mettant fin au débat contre le retrait militaire occidental du Moyen-Orient a été que cela provoquerait la destruction d’Israël, car les voisins d’Israël l’élimineraient tout simplement sans la dissuasion de la machine de guerre américaine pour le protéger.

    Et si vous prenez pour acquis qu’Israël doit continuer d’exister dans sa forme actuelle, c’est vraiment un argument qui met fin au débat. Si vous considérez comme acquis qu’Israël doit être autorisé à exister en tant qu’État ethnique d’apartheid, créé artificiellement de force au milieu du XXe siècle, alors bien sûr, il n’y a aucune chance qu’il existe sans violence incessante, et bien sûr, il n’y a aucune chance qu’il sorte vainqueur de toute cette violence sans le soutien de l’empire centralisé par les États-Unis.

    Ce que cela signifie, c’est que si vous acceptez qu’Israël doit continuer à exister tel qu’il existe actuellement, vous acceptez nécessairement que les États-Unis et leurs alliés occidentaux doivent conserver une mainmise militaire sur le Moyen-Orient. Il n’y a aucun moyen de maintenir cet État artificiel créé artificiellement sans violence incessante, vous devez donc rester en position de contribuer à infliger cette violence à tout moment.

    Ce qui est très pratique pour la structure de pouvoir centralisée par les États-Unis, c’est le moins que l’on puisse dire. Mais ce n’est bien sûr pas moralement défendable. Il n’est pas moralement défendable de continuer à tuer des Moyen-Orientaux année après année, décennie après décennie, afin de diriger le monde. C’est peut-être logiquement cohérent, mais c’est aussi profondément maléfique.

    Tous les arguments en faveur du soutien à Israël échouent soit logiquement, soit moralement, soit les deux. C’est pourquoi tant de propagande est utilisée pour nous manipuler afin de soutenir ce régime meurtrier, et pourquoi les voix qui s’y opposent sont de plus en plus réprimées par les structures de pouvoir de l’establishment.

    C’est pourquoi les médias de masse ont été manifestement biaisés en faveur de la promotion des intérêts israéliens dans leurs reportages, et c’est pourquoi les critiques des atrocités israéliennes comme Richard Medhurst, Sarah Wilkinson et Mary Kostakidis sont outrageusement persécutés au Royaume-Uni et en Australie.

    Ils n’ont aucun argument, alors ils ont de plus en plus recours à l’instrument autoritaire.

    Si l’on enlève les couches, les arguments en faveur du maintien du projet israélien sont tous axés sur la domination et le contrôle, ce qui explique pourquoi de plus en plus de domination et de contrôle sont utilisés pour protéger ce projet de tout examen minutieux.

    Israël, en fin de compte, n’est rien d’autre qu’une guerre incessante. Et, comme toutes les guerres, son existence dépend de la dissimulation de la vérité au public.

    Caitlin Johnstone

    Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

  • Le (nouveau) Parti Communiste Italien et la Palestine.

    Le (nouveau) Parti Communiste Italien et la Palestine.
    Ce texte du (nouveau) Parti Communiste Italien retient l'attention par sa rupture avec le style "orthodoxe" des écrits des partis communistes. Est-ce un texte gauchiste, est-ce une autre perception et une autre volonté politiques d'agir face à ce que nous sommes bien obligés de constater : l'atrophie des partis communistes ouest-européens, de leurs capacités à comprendre le monde au moments mêmes de ses mutations, de leurs pratiquées et influences politiques concrètes ?
    Est-ce une volonté d'explorer les voies de reconquête des capacités à comprendre le monde via une alliance audacieuse entre pensée et action, théorie et pratique, c'est à dire au fond d'interroger les significations du concept léniniste 'd'avant-gardes" au jour d'aujourd'hui ? La comparaison est-elle justifiée avec les autres voies qui essayent de renouer avec la pensée et les concepts marxistes et/ou Léninistes mais dans comme pensées et concepts et non comme praxis très peu liés aux formes inédites de lutte des classes comme le furent les luttes des Gilets Jaunes  ? 
    Il n'est pas étonnant que ces interrogations proviennent d'Italie, le seul pays européen dont le Parti Communiste est né dans l'enveloppe da la pensée marxiste "indigène" et tellement féconde d'Antonio Gramsci que ne connaissait pas les textes de Lénine au moment même où les grandes luttes ouvrières du Nord de l'Italie projetaient la naissance de ce parti. Bonne lecture. Mohamed Bouhamidi..

    « L’objectif du Forum n’est pas de créer un nouveau groupe politique, mais d’ouvrir un débat et une nouvelle relation dans l’espace communiste qui aidera à surmonter l’état dans lequel se trouvent les groupes et même les camarades individuels, et qui jusqu’à présent n’a produit que des décombres et des mystifications.
    Au cours des dix mois qui nous séparent du début des activités du Forum, nous nous sommes surtout attachés à définir la nécessité de mettre fin à une manière romantique et subjective de comprendre la renaissance d’un mouvement communiste en Italie. Nous continuerons à insister sur ce point, en ouvrant des interlocutions qui, bien que difficiles, sont le seul instrument qui puisse nous permettre de creuser les lieux communs, les ambiguïtés et les improvisations qui ont caractérisé l’expérience communiste jusqu’à présent. Sans prétendre à la cathédrale, mais en essayant de parvenir, par l’analyse et la discussion, à un point de vue commun et à des hypothèses de travail politique suffisamment vérifiée
    s.
    Pour l’avenir, nous n’attendons donc pas de percées organisationnelles annonçant la naissance d’une nouvelle vérité qui regrouperait les rangs épuisés des communistes qui tentent de se réorganiser depuis des décennies.

    Nous pensons plutôt que le moment est venu d’ouvrir une phase dans laquelle les questions fondamentales concernant l’avenir des communistes italiens sont placées au centre d’une élaboration collective qui nous fera avancer.
    Ce chemin est ardu et suppose que, face au bilan négatif, nous évitions de nous enfermer dans des niches organisationnelles ou culturelles qui ne sont que des manifestations de notre difficulté à nous situer par rapport à la réalité. Pour nous, communistes, la théorie est la science de la transformation. C’est dans ce cadre que s’inscrivent les écrits qui traitent des points essentiels d’une discussion entre communistes :

    *la nature de la crise du mouvement communiste et le nouveau cadre international,

    *un schéma interprétatif de l’histoire du PCI de la chute du fascisme à sa mutation génétique,

    *une note sur Salerne qui nous fait comprendre sur quels rails la situation italienne a été canalisée après 1944

    La Communauté internationale des groupes impérialistes US-OTAN, sionistes et européens craignent que la résistance contre l’occupation de la Palestine ne se développe et confient aux journaux du régime la tâche de dénigrer les promoteurs de la solidarité avec le peuple palestinien. Depuis plus d’une semaine, Il GiornaleIl MessaggeroHuffington Post (appartenant au groupe GEDI détenu par Agnelli-Elkann) et d’autres tabloïds insistent sur la nécessité d’interdire la manifestation convoquée pour le 5 octobre à Rome par les communautés palestiniennes d’Italie, reprise par le ministre de l’Intérieur Piantedosi lorsqu’il déclare  » célébrer ouvertement un massacre est quelque chose qui nous oblige à évaluer la protection de l’ordre public « 

    Nous devons rendre la vie impossible au gouvernement Meloni et aux agents et collaborateurs de l’entité sioniste opérant en Italie. L’interdiction des manifestations du 5 octobre à Rome va de pair avec les difficultés qu’éprouvent les médias du régime et les autorités de la classe dirigeante à dissimuler le nettoyage ethnique des Palestiniens, qui a commencé au début des années 1900 avec les premières initiatives promues par la composante la plus réactionnaire du mouvement sioniste en Palestine pour s’emparer des terres des Arabes palestiniens et les expulser de leurs villages.

    Le 7 octobre 2023, depuis la bande de Gaza, la Résistance palestinienne a montré qu’il était possible de frapper l’État sioniste d’Israël et a démenti la réputation d’invincibilité avec laquelle la Communauté internationale des groupes impérialistes US-OTAN, sionistes et européens cherchent à étouffer la lutte du peuple palestinien. Pour ces raisons, à partir du 8 octobre 2023, la violence génocidaire de l’État sioniste est devenue encore plus féroce qu’elle ne l’a été depuis son autoproclamation (mai 1948) jusqu’à ce jour.

    2) Organiser des garnisons de contre-information et de dénonciation devant les sièges des entreprises sionistes et devant les sièges des entreprises italiennes et multinationales qui collaborent avec elles, en veillant à l’avenir des travailleurs de ces entreprises et de leurs emplois.

    3) Reproduire et étendre les initiatives des étudiants pour la suspension des collaborations entre les universités italiennes et les universités et agences sionistes : les camps d’étudiants ont été un instrument efficace pour sensibiliser une grande partie des jeunes universitaires en Italie et pour amener un certain nombre d’enseignants, de chercheurs et d’autres travailleurs universitaires à prendre parti dans la lutte contre les accords de recherche entre les universités italiennes et l’État sioniste. Ces mobilisations doivent être étendues et renforcées en impliquant un nombre croissant de travailleurs universitaires par des grèves, la suspension des activités d’enseignement programmées et la tenue de conférences thématiques sur le nettoyage ethnique en cours en Palestine, des occupations d’universités et d’autres formes de protestation.

    4) Bloquer les bateaux, les avions et les trains transportant des armes (provenant d’entreprises italiennes, américaines et autres) à destination de l’État sioniste d’Israël : suivre l’exemple du Collettivo Autonomo Lavoratori Portuali (CALP) de Gênes, du Gruppo Autonomo Portuali (GAP) de Livourne, des travailleurs inscrits à l’USB de l’aéroport de Montichiari (BS) et d’autres travailleurs qui se sont mobilisés pour bloquer le trafic d’armes ; former des groupes de travailleurs dans chaque port, aéroport et dépôt ou nœud ferroviaire qui s’organisent pour surveiller, dénoncer, bloquer et saboter le trafic d’armes et d’équipements destinés à l’État sioniste d’Israël.

    6) Faire du siège des principaux médias du régime (journaux tels que La Repubblica, La StampaCorriere della Sera, Il Giornale, Il Foglio, etc.), la cible de mobilisations et d’initiatives de l’entité sioniste, la cible des mobilisations et des initiatives de lutte. Mettons notre énergie contre des journalistes complices des crimes de l’État sioniste, boycottons activement les centres médiatiques de propagande pro-sioniste qui se sont engagés dans une intense campagne de désinformation depuis le 7 octobre 2023, qui a affecté les masses populaires en Italie comme dans tous les autres pays, esclaves de la Communauté internationale, des groupes impérialistes américains, sionistes et de l’Union européenne. Une avalanche de mensonges a inondé les masses populaires dans une tentative d’étouffer le mouvement de sympathie soulevé dans le monde entier par l’offensive de la résistance palestinienne, d’étouffer le grand sentiment de solidarité avec les masses populaires de la Palestine occupée,  d’occulter le nettoyage ethnique par la désinformation.

    7) La réalisation de cyber-attaques contre les sites, les bases de données et les réseaux des entreprises, des médias et des journalistes qui collaborent avec l’État sioniste d’Israël : en Italie, il y a des centaines, des milliers, de personnes qui ont les compétences informatiques nécessaires pour réaliser de telles attaques avec les précautions nécessaires pour ne pas être détectées. Nous appelons les hackers et tous les informaticiens à mener des cyber-attaques en solidarité avec le peuple palestinien et comme forme entreprendre le boycott concret des activités des sionistes en Italie.

    9) Boycotter et saboter les activités des bases militaires de l’US-OTAN qui ont besoin d’un approvisionnement constant. Identifier la manière dont elles s’approvisionnent : elles font souvent appel à des entreprises locales qui opèrent à l’intérieur et à l’extérieur des bases. Il s’agit d’organiser les travailleurs et les masses populaires vivant à proximité des champs de tir et des installations militaires pour entreprendre des initiatives de boycott et de sabotage : endommager ou détruire les réseaux de services de base (électricité, gaz, eau, égouts), faire sauter et déserter les appels d’offres (avec des appels, des actions de lutte, etc.) pour l’attribution de travaux d’approvisionnement sur les bases (fournitures, blanchisseries, etc.), ralentir ou empêcher le déroulement normal des activités quotidiennes. Dans la plupart des cas, elles volent l’eau et les autres ressources de la communauté environnante (c’est le cas de la base américaine de Niscemi et des polygones de l’OTAN en Sardaigne) et n’apportent aucun bénéfice au territoire.

    L’intolérance des masses populaires à l’égard du gouvernement Meloni s’accroît et s’accroîtra au fur et à mesure qu’il continuera à mettre en œuvre l’agenda Draghi : privatisations, réduction des retraites, répression toujours plus forte et participation de notre pays à la Troisième Guerre mondiale. Il faut renverser le gouvernement Meloni en rendant le pays ingouvernable au point d’imposer un gouvernement d’urgence qui soit l’expression des organisations ouvrières et populaires et du reste des masses organisées. C’est l’objectif à poursuivre pour agir avec détermination contre les fermetures et les délocalisations d’entreprises, les assassinats sur les lieux de travail et sur le chemin du travail, la pollution de l’environnement, la précarité croissante, la destruction du système national de santé et des écoles publiques, et pour mettre fin à la complicité de notre pays avec le nettoyage ethnique qui a lieu en Palestine.

    Pour entrer en contact avec le Centre du (n)PCI voir https://www.nuovopci.it/contatti/infocont.html Site web : www.nuovopci.it
    e.mail : nuovopci@riseup.net

Note : 5 sur 5.

« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »

– Keiko, Londres

Note : 4 sur 5.

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– Sarah, New York

Note : 5 sur 5.

« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »

– Olivia, Paris