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Laure Lemaire- Du rififi dans les DOM-TOM


Cette série d’articles a pour but de mettre en évidence les luttes exemplaires qui se sont déroulées (se déroulent toujours) malgré la sourde oreille des gouvernements de la métropole. A bien des égards, elles peuvent donner des idées (sinon des leçons) à ceux qui ne supportent plus les méfaits de la mondialisation ultralibérale.1- Comment la France gère ses anciennes colonies d’Outre-mer
La France d’outre-mer comprend les territoires de la République française éloignés de la France métropolitaine, en Europe.
On parle aujourd’hui de DROM-COM (départements et régions d’outre-mer et collectivités d’outre-mer), mais la dénomination de DOM-TOM (départements d’outre-mer et territoires d’outre-mer) est encore la plus utilisée.
Ils sont tous très éloignés de la métropole : les Antilles françaises: 6 800 km de Paris,
la Polynésie:16 000 km (+ Papeete est à 5 700 km de l’Australie, son plus proche partenaire économique ), .la Nouvelle-Calédonie: 16 800 km. Tous sont des îles sauf la Guyane, mais qui est isolée du reste de l’Amérique du Sud par son enclavement entre océan Atlantique et Amazonie. Avec une superficie terrestre de 552 528 km2 en incluant la Terre Adélie et une population 2,5 M d’habitants en 2019, elle représente 18% du territoire terrestre et 4 % de la population de la France.
Ils permettent à la France de disposer d’une zone économique exclusive (ZEE) de 11 M de km2, soit la 2° après celle des États-Unis. Depuis 2015, 579 000 km2 supplémentaires de plateau continental sont exploitables exclusivement par la France dans le prolongement de la ZEE de plusieurs espaces ultra-marins.
À l’exception des Terres australes et antarctiques et de Saint-Pierre-et-Miquelon, situés en zone de climat froid, tous sont situés dans des zones climatiques tropicales ou équatoriales et sont soumis à des risques naturels importants (cyclones, tremblements de terre, volcanisme).
Sur les 2,7 M de personnes, les populations ont connu un fort mouvement migratoire vers la métropole depuis 1946 (voulue par la France) et, dans le même temps, la Guyane ou La Réunion connaissent une importante immigration.
Le droit d’outre-mer français remonte au droit colonial. Il est censé être identique au droit français de l’Hexagone, mais il en diffère.
Issus des anciens empires coloniaux français (du 16° au 18° et aux 19-20° siècles), ces territoires sont situés en Amérique, Océanie, dans l’océan Indien et en Antarctique. Ils recouvrent des réalités culturelles et politiques très variées et sont soumis à des régimes administratifs et juridiques très différents.
La situation économique les situe comme des « espaces opulents », notamment en raison des flux financiers en provenance de la métropole : le PIB par habitant, l’indice de développement humain (IDH) ou l’espérance de vie des entités de l’outre-mer sont largement supérieurs à ceux des pays voisins. Mais elle est extrêmement dépendante de la métropole : 60 % des échanges extérieurs des DROM ont lieu avec la métropole. De plus, l’agriculture, le tourisme et le bâtiment sont les 3 seuls secteurs des économies ultramarines.
Les niveaux de vie en outre-mer sont nettement inférieurs à ceux de la métropole : le salaire moyen lui est inférieur de 10 % et le chômage est 3 fois plus élevé. Les prix sont beaucoup plus élevé pour les produits de 1° nécessité (jusqu’à 35 % pour les carburants)

2- Evolution de leur statut
Les îles françaises des Antilles, la Guyane, La Réunion et Saint-Pierre-et-Miquelon ont été conquises avant l’abolition de l’esclavage.
Au 19° siècle, la France colonise de nouveaux territoires en Afrique, en Asie du Sud-Est et en Océanie, où une diversité de statuts existent : départements en Algérie, colonie, protectorat, auxquels s’ajoutent les mandats reçus de la Société des Nations au Proche-Orient. Aux Antilles françaises et à la Réunion, les habitants ont accès à la citoyenneté française alors qu’ailleurs son acquisition est difficile et les habitants soumis au régime de l’indigénat.
Pendant la 1° Guerre mondiale, engagé volontaire, Jean Ralaimongo (nationaliste malgache, membre dirigeant du mouvement national malgache Vy Vato Sakelika (V.V.S, « fer, pierre, Réseau »), président de la Ligue française pour l’accession des indigènes de Madagascar aux droits des citoyens français, est le 1° à réclamer le statut de département d’Outre-mer. Réclamant « Madagascar département français », et pour tous les Malgaches la citoyenneté française au même titre que ceux nés sur le territoire national.
À l’issue de la 2° Guerre mondiale(les possessions françaises d’outre-mer joue un rôle important), le statut de l’empire colonial français change puis disparait. La loi de départementalisation de mars 1946 fait de la Guadeloupe, la Martinique, La Réunion et la Guyane des départements français où s’appliquent les lois et décrets en vigueur en France métropolitaine.
La Constitution de la IV° Républiquecrée l’Union française. Les colonies deviennent territoires d’outre-mer et font partie avec les départements d’outre-mer (Algérie, Guadeloupe, Martinique, Réunion, Guyane) de la République française alors que les protectorats deviennent États associés ( plusieurs prendront leur indépendance).
Avec la V° République, l’article 76 offre le choix à chaque TOM :
- soit de conserver son statut de TOM au sein de la République française ;
- soit de devenir département d’outre-mer, DOM intégré à la République) ;
- soit de quitter la République française en devenant État membre de la Communauté française qui remplace l’Union Française( caduc en 1960).
La plupart des territoires choisit la Communauté puis l’indépendance. La Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, les Terres australes et antarctiques françaises, Saint-Pierre-et-Miquelon, la Côte française des Somalis et les Comores choisissent le statut de TOM. Wallis-et-Futuna ,protectorat, devient TOM par référendum en 1961.
À la suite d’un référendum, les Comores deviennent indépendantes en 1975 sauf Mayotte, qui vote pour rester française. (voir l’arnaque). La loi du 24 décembre 1976 fait de Mayotte une « collectivité territoriale au sein de la République française ». En 2001, elle devient une « collectivité départementale ». En 2009, les électeurs de Mayotte choisissent par référendum de devenir un DROM régi par l’article 73. Une collectivité territoriale unique exerçant les compétences d’un département et d’une région d’outre-mer est créée en 2011 sous le nom de « Département de Mayotte ».
La Côte des Somalis, rebaptisée territoire français des Afars et des Issas, devient indépendante en 1977.
Saint-Pierre-et-Miquelon est transformé en collectivité à statut particulier par une loi du 11 juin 1985.
Dans les années 1980, la Nouvelle-Calédonie connait des troubles violents qui culminent avec la prise d’otages d’Ouvéa. Les accords de Matignon en 1988, validés par référendum, ramènent la paix : elle est découpée en provinces dotées d’importants pouvoirs et un référendum d’autodétermination, repoussé et la Nouvelle-Calédonie devient une collectivité à statut particulier régie par des dispositions spécifiques de la Constitution. La loi organique relative à la Nouvelle-Calédonie de 1999 organise les institutions de la collectivité.
La révision constitutionnelle de 2003 abolit la notion de territoire d’outre-mer et crée 2 catégories juridiques, ( + le statut spécifique de la Nouvelle-Calédonie):
- les départements et régions d’outre-mer (DROM) sont régis par l’article 73 qui prévoit que « les lois et règlements [y] sont applicables de plein droit » mais que des adaptations sont possibles en raison des « caractéristiques et contraintes particulières » de ces territoires. Les conseil départemental et régional d’un DROM peuvent fusionner pour former une collectivité unique.
- les collectivités d’outre-mer (COM) sont régies par l’article 74 qui prévoit que le statut de chacun est fixé par une loi organique qui prévoit « les conditions dans lesquelles les lois et règlements y sont applicables ». Cette réforme , ainsi que le régime législatif et l’organisation des Terres australes et antarctiques françaises, est fixée par une loi.
En 2004, la Polynésie française, TOM, est dotée d’un statut remplaçant qui la qualifie de « Pays d’outre-mer au sein de la République » régi par l’article 74 de la Constitution et il lui permet d’adopter des lois du pays à valeur réglementaire.
En 2007, les communes de Saint-Barthélemy et Saint-Martin sont détachées de la Guadeloupe pour former chacune une COM. Mayotte et Saint-Pierre-et-Miquelon deviennent COM.
En 2010, la Guyane et la Martinique refusent par référendum de devenir des COM, mais acceptent la création de collectivités territoriales uniques regroupant région et département, soumises à l’article 73.
La République malgache continue à revendiquer la souveraineté sur les îles Éparses, l’enjeu principal étant celui de l’exploitation de la zone économique exclusive (ZEE) : 127 300 km2 pour l’île Europa. La France exerce des droits souverains sur les espaces maritimes adjacents à l’île, afin d’assurer la protection d’une biodiversité riche, des biens culturels et naturels ainsi que des ressources économiques dont elle a la responsabilité.
En mai 2019, Emmanuel Macron, se montre disposé à « un dialogue pour aboutir à une solution commune » par la mise en place d’une commission mixte sans avoir recours à une juridiction internationale. Les 2 délégations se rencontrent en mai 2019 pour aboutir a un accord pour juin 2020, date du 60e anniversaire de l’indépendance de Madagascar.

3- A quand remontent ces possessions?
Le renforcement de la marine par Richelieu, va de pair avec une action coloniale et commerciale. La colonisation des Antilles est lancée: Saint-Christophe est conquise en 1626, la Guadeloupe et la Martinique en 1635. Mais il peine à lutter contre l’indépendance des colons français qui n’hésitent pas à se mettre sous la protection des Hollandais. Quant à Québec (1628) elle est prise un temps par les Anglais. Mazarin délaisse la mer et les colonies. Il faut attendre Colbert pour avoir une véritable politique maritime et coloniale qui met en place d’une stratégie commerciale à l’échelle mondiale, soutenue par l’action militaire de Louis XIV.
Les ports militaires et arsenaux de Brest et Toulon sont agrandis et modernisés, et l’arsenal de Rochefort est créé ex nihilo peu avant l’embouchure de la Charente. Une des grandes innovations de Colbert se trouve dans le recrutement en multipliant les condamnations aux galères de Méditerranée.
La volonté de gloire de ’Louis XIV et l’agrandissement du vieux continent par delà des mers doit être le reflet de la grandeur de la France et de son Roi. Cela va de pair avec un renforcement commercial de la France.
La mer a une place importante dans la stratégie de Colbert pour faire prospérer l’économie française qu’il s’agisse de la protection de la mer et du commerce comme l’ordonnance de la marine de 1681, ou de la réglementation des esclaves à travers le code noir de 1685. Le Code noir vise à favoriser la culture de la canne à sucre dans les Antilles, jusque là sans législation concernant les esclaves. Sous Louis XIII, Richelieu avait encouragé la traite négrière au motif qu’elle était déjà en usage dans d’autres monarchies. Pour lutter contre l’hégémonie des Hollandais et des Anglais qui ont déjà bâti de grands empires commerciaux, sont créees des compagnies de commerces qui ont des monopoles d’exploitation ou d’importation mais les succès ne sont pas au rendez-vous. Alors la technique de la guerre de course est employée. Les corsaires de Saint-Malo, de Dunkerque, attaquent les navires de commerce ennemis. Jean Bart affaiblit le commerce anglais et surtout hollandais.
La compagnie royale d’Afrique fut fondée en 1560 dans le but de faire du commerce en Afrique du Nord. Reformée en 1741 par un édit de Louis XV, cette société au capital énorme, dont le siège était à Marseille, acheta avec ses équipements, le Bastion de France situé près de Bône (Annaba-Constantine)à la frontière algéro-tunisienne. La Compagnie royale d’Afrique ( ou comptoir de la Barbarie) garda l’exploitation des concessions d’Afrique pendant près de 60 ans, jusqu’en 1793. Fin du XVIIIe siècle, le commerce français fut très prospère en Algérie. Elle fut la seule entreprise de l’Ancien régime à verser des dividendes à ses actionnaires, vu ses activités très lucratives et son monopole avec l’Algérie, pour le blé et pour le corail. Elle sera supprimée définitivement comme les autres sous la Révolution
La France de la fin du XVIIe siècle a tout de même réussi à se constituer un grand empire colonial ( malgré les rivalités britannique et néerlandaise) qui peut être divisé en 3 zones géographiques, la Nouvelle-France, les Antilles, et les possessions sur la route des Indes. Chacune de ces zones a ses ressources, son système administratif et commercial qui lui est propre.
La Nouvelle-France
Le but de la colonisation en Amérique du Nord est d’abord l’exploitation des aires de pêche, mais aussi la traite des fourrures avec les Indiens et l’exploitation du bois. Les Français y développent l’agriculture Bien que leur nombre augmente grâce à la politique de peuplement impulsée par Colbert, les colons sont peu nombreux. Aux conditions climatiques s’ajoutent aussi l’hostilité de peuples amérindiens non alliés aux Français : les Iroquois anéantissent les Hurons, alliés de la France, en 1649-1650.
Mais la population augmente rapidement fin XVII°s ( pour atteindre 12 000 personnes en 1700). Ceci est dû à un encouragement massif au départ, à une politique d’assimilation des populations indiennes qui sont instruites et converties à la foi chrétienne et à une politique nataliste. La société coloniale répond à ses propres coutumes et ses libertés, soit la naissance d’un peuple canadien. Des institutions religieuses sont implantées pour le contrôler puis la colonie de la nouvelle France devient possession de la couronne. Elle est donc dotée d’une administration similaire à une province française, avec à sa tête un gouverneur, un intendant et la législation française y est appliquée. Cette administration royale sert son but 1°, l’exploitation de la colonie.
Sous Louis XIV une nouvelle vague d’explorations est encouragée et en 1670, le tour des grands lacs est réalisé, puis en 1682 Cavelier de La Salle descend le Mississippi et revendique au nom du roi de France toute la région qu’il nomme Louisiane.
Les Antilles
Les Espagnols sont les 1° après la découverte de Colomb mais la chute de leur puissance vers 1630, laisse la place à tous les autres. Pour les Français, les Antilles sont d’abord un lieu propice à la culture du tabac, mais la canne à sucre permet de meilleurs profits. Au centre du système de développement d’une société coloniale sucrière,. se trouve le riche colon et son exploitation. Des engagés sont envoyés de France travailler dans les plantations, dans des conditions difficiles. Puis très vite l’esclavage se développe dans toutes les îles où + de1/2 de la population est composée d’esclaves. Dirigés par un commandeur, ils travaillent dans les plantations dans des conditions atroces, pour des maîtres tout puissants. Le besoin d’esclaves entraîne le développement de comptoirs français sur les côtes africaines qui lui permet un approvisionnement moins dépendant des marchands hollandais. Les Antilles françaises sont densément peuplées et dans les villes, se retrouvent colons et marchands, mais aussi flibustiers ou boucaniers. Sur une population de 455 000 en 1788. l’esclavage, représente 405 000 personnes.
La monarchie va tout faire pour limiter l’autonomie des colons. Dès 1674, est établie une administration royale, avec à sa tête un gouverneur. Les Antilles sont un enjeu important car les Français tirent de très gros profits de leurs îles à sucre. Ils y conservent cependant un rival sérieux, l’Angleterre.
La route des Indes
La route du Cap de Bonne Espérance est bien contrôlée par les Portugais puis par les Néerlandais. Les Français sont eux aussi intéressés par les marchandises asiatiques, épices et textiles qu’ils aimeraient importer. La compagnie des Indes orientales créée par Colbert doit assurer le monopole des importations françaises d’Asie en s’appuyant sur Madagascar, colonisé par la France mais c’est un échec car cette colonisation manquée coûte très cher. Alors en 1664, ils colonisent l’île Bourbon, puis en 1715 l’Isle de France, qui servent d’étape sur la route des Indes. Enfin ils s’installent en Inde et fondent un comptoir à Pondichéry, établissement commercial florissant. De là, les Français gagnent le commerce d’autres zones d’Asie comme le Bengale ou le Siam.
Malgré ses bénéfices, la lutte contre la VOC est très onéreuse. Elle doit mener bataille, et fortifier Pondichéry, son commerce est perturbé mais les Français sont durablement implantés sur le continent asiatique où ils ont un commerce permanent. Ils peuvent rivaliser avec les Néerlandais, en perte de vitesse fin du XVIIe siècle, et les Anglais.
Les Mascareignes sont un archipel de l’océan Indien, situé à l’Est de Madagascar, de 3 îles principales :La Réunion, l’île Maurice et Rodrigues (Maurice).
Les îles sont découvertes par les navigateurs arabes et swahilis qui quadrillent la mer de Zanj. Elles sont mentionnées par Ahmed Ibn Majid au XVe siècle, et Sulayman al-Mahri vers 1511 Elles sont reprises sur le planisphère de Cantino en 1502, et la 1° visite d’un européen est celle d’un portugais en 1500 mais elles portent le nom dun autre, Pedro de Mascarenhas qui y arrive en 1513.
En 1638, la France prend possession de l’archipel. Ils débarquent en rade de Saint-Paul à La Réunion. En 1735, le Français Bertrand-François Mahé de La Bourdonnais en devient le 1° gouverneur général car en 1764, la Compaquandgnie française des Indes orientales fait faillite et l’archipel est racheté par Louis XV. François Julien du Dresnay des Roches est nommé, en 1768 « gouverneur général des Isles de France et de Bourbon ». Il écrit : « On compte à l’Isle de France, 20 000 Noirs seulement employés à la culture des terres. Il en faudrait 20 000 de plus. » Il indique aussi que la préférence des colons va aux Noirs de Guinée ou du Mozambique, ceux de Madagascar étant jugés « mous, paresseux, inaptes et sujets à aller marron ».
Sur le territoire du Sénégal se développent plusieurs royaumes. Après 1591, suite au morcellement politique ouest-africain, plusieurs comptoirs coloniaux européens s’établissent sur la côte, qui servent au commerce triangulaire. La France établit en 1659 celui de Saint-Louis qui deviendra la1° capitale du Sénégal. En 1677, les Français occupent l’île de Gorée (un des principaux centres du commerce des esclaves avec Saint-Louis et le fort de l’île James en Gambie). Les XVIIIe et XIXe siècles voient l’apogée des signares, de riches commerçantes métisses, centrées à Gorée et à Saint-Louis.
Ces 1° possessions avaient une grande importance économique pour le royaume: les Antilles avec le sucre ré-exportable vers le reste de l’Europe, le Sénégal fournissant la main d’œuvre servile, Saint-Pierre et Miquelon la morue, les Indes françaises des produits asiatiques et la Réunion comme lieux de relâche.
Au Traité de Paris en 1763, la France perd l’Inde et la Nouvelle-France. Mais elle conserve les Mascareignes (peu développées), aux Antillaises, Saint-Domingue, Guadeloupe et Martinique, 1° exportatrices mondiales de sucre. Ces territoires avaient aussi acquis un certain niveau d’intégration dans la réalité nationale naissante et certaines de ces possessions envoyèrent des députés aux États Généraux (1789) ainsi que des cahiers de doléances.
La Révolution affirma l’assimilation de ces colonies à la métropole en même temps qu’elle y abolit l’esclavage. Napoléon reviendra sur ces 2 décisions. En 1803, il vend la Louisiane, sa plus grande colonie, aux États-Unis. En 1804, la France perd sa plus riche colonie, Saint-Domingue qui devient indépendante sous le nom d’Haïti. Il est défait et perd en 1814, les Seychelles et l’île Maurice.

4- Napoléon III, l’empereur de l’impérialisme
Le début de la conquête de l’Algérie lancée par le roi Charles X en 1830 annonciatrice d’une politique d’expansion impérialiste (création le 2 juin 1848 des départements français d’Algérie). qui s’étend par les implantations militaires ou commerciales dans le golfe de Guinée en 1838-1842. Dans l’océan Indien, une1° implantation à Madagascar a lieu en 1839 et l’île de Mayotte, aux Comores, devient protectorat français dès 1841.
La France s’intéresse aux îles du Pacifique puisqu’un autre traité de protectorat sera signé avec le royaume de Tahiti en 1843, après l’annexion des îles Marquises
La 2° République abolit de nouveau l’esclavage (décret du 27 avril 1848) et ré-assimila ces territoires à la métropole avec comme conséquence l’arrivée à Paris de 11 députés des colonies
Avec Napoléon III, la superficie du domaine outre-mer triple jusqu’à atteindre 1 M de km² pour 5 M d’habitants. L’annexion de la Nouvelle-Calédonie en 1853 permet à Napoléon III d’instituer les bagnes coloniaux en 1854. Les bagnes maritimes vont être transférés vers Cayenne en 1852, en Nouvelle-Calédonie en 1864, au moment où la Marine passe de la voile à la vapeur, le besoin de main d’œuvre se faisant moins sentir. On parle de “Transportation pour la peine des travaux forcés “
En Afrique, il nomme Faidherbe au poste de gouverneur du Sénégal. fondation du port de Dakar et la création du corps des tirailleurs sénégalais. L’implantation du comptoir des Rivières du Sud en 1859, puis l’acquisition de la côte du Gabon en 1862 sont les principales étapes de la pénétration française en Afrique de l’Ouest.
Il signe en 1862 un traité de commerce avec Madagascar où s’installe un consulat de France pour contrer l’influence britannique. La France occupe un petit territoire proche de la ville de Djibouti; ce sera le 1° point d’ancrage français dans la région Au Maghreb, il renforce la présence des conseillers militaires français dans l’armée tunisienne.Le Second Empire étend le domaine français en Algérie et entreprend la conquête de la Cochinchine colonisée en 1862 puis du Cambodge
Après 1870, les 1° colonies sont favorisées par rapport aux nouvelles possessions car que leurs ressortissants se voient reconnaître la qualité de citoyen français. Ce droit sera étendu à l’ensemble des habitants de l’empire à la suite de la Conférence de Brazzaville (1944) dont les travaux préliminaires avaient été réalisés par le gouverneur de l’Afrique-Équatoriale française (AEF) Félix Éboué.
5- La théorie et la pratique: Jules Ferry
Au début de la 3° République, L’idée coloniale est surtout relancée par quelques militaires, explorateurs, médecins ou géographes tel que Pierre Savorgnan de Brazza, soutenus par des hommes politiques comme Jules Ferry, Léon Gambetta ou le député oranais Eugène Étienne
À partir de 1878, un important mouvement d’expansion impérialiste se développe, lancé par le Britannique Benjamin Disraeli. En France, cette politique est défendue par Jules Ferry, qui profite de la bienveillance intéressée de Bismarck. source de dépenses propres à affaiblir la France face à une Allemagne forte. Ainsi la Tunisie endettée devient en 1881 un protectorat français grâce au traité du Bardo. L’expansion s’effectue aussi à partir du Sénégal et du Congo. En revanche, l’Égypte passe entre les mains des Britanniques malgré l’influence française due au percement du canal de Suez.
Soutenu par les militaires et les missionnaires mais contesté par les nationalistes et les radicaux de Georges Clemenceau, Jules Ferry a moins de facilités à obtenir les crédits nécessaires pour la colonisation de la péninsule indochinoise. Les Français parviennent tout de même à mettre sous protectorats le Tonkin et l’Annam ; l’Indochine française est créée en 1887 pour englober les possessions de la France en Asie du Sud-Est. L’extention coloniale se termine.
La Constitution de 1946 crée l’Union française, qui remplace l’empire colonial. Les DOM-TOM sont crées.
Vont suivre des articles les différents territoires et sur les mouvements sociaux qui s’ y déroulent.
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الطاهر المعز-غزة : تدمير الموروث الحضاري والثقافي

غزة – تدمير الموروث الحضاري والثقافي : الطاهر المعز
تتميز غزة بكثافة عدد السكان في كل كيلومتر مربع، حيث لا تزيد مساحتها عن 365 كيلومترًا مربعًا فقط ويسكنها 2,3 مليون فلسطيني، وأدّى العدوان الصهيوني، طيلة حوالي 16 شهرًا، إلى اغتيال عشرات الآلاف – قَدّرت المجلة الطّبّيّة البريطانية « لانسيت » عددهم بنحو مائة ألف بين قتيل ومفقود – وإصابة وتشريد مئات الآلاف، وتدمير المباني والبُنْيَة التّحتية وتجريف الأراضي الزراعية، ولم يسلم التراث الحضاري والمعماري والثقافي من التّدمير المُتَعَمّد، وهو إرث لا يمكن تعويضه، وفق منظمة الأمم المتحدة للثقافة والعلوم والتربية ( يونسكو) التي وثَّقت التراث الأثري والثقافي الذي يعكس وجود العديد من الحضارات التي تواجدت في غزة منذ آلاف السّنين، كما وثّقت منظمة اليونسكو الأضرار – التي لا يمكن إصلاحها – والتي تعرضت لها المساجد والكنائس وغيرها من المباني التاريخية والمواقع التُّراثية ذات القيمة التاريخية التي لم يكن تصنيفها على قائمة التراث العالمي لليونسكو كافياً لحمايتها، ومعظمها لا يمكن ترميمه أبداً، ومن بينها التراث المعماري والتاريخي الذي يعود إلى العصور القديمة والآشورية، ثم الهلنستية والرومانية والإسلامية والعثمانية…
يُخَيَّلُ لمن يُتابع وسائل الإعلام السّائد إن قطاع غزة منطقة بلا تاريخ وبلا نشاط اقتصادي واجتماعي وثقافي، رغم امتداد تاريخها إلى عدة آلاف من السنين، ووجود شواهد على هذا التّاريخ العريق الذي وثّقته منظمة الأمم المتحدة للعلوم والتربية والثقافية (يونسكو) كما وَثَّقَتْ ما تم تدميره في محاولة من الكيان الصهيوني لإلغاء هذه الشَّوَاهد التاريخية ولترسيخ الفَرَضية الصّهيونية: إن فلسطين « أرض بلا شعب »، وهي إرادة سياسية تهدف محو الذاكرة الجماعية للشعب الفلسطيني ومن ضمنه سكان غزة، أو ما يمكن أن نطلق عليها مَذْبَحَة أو إبادة ثقافية ومحاولة المَحْو المَنْهَجِي لهويّة ولذاكرة الشعب الفلسطيني بالإضافة إلى تدمير مُقوّمات الحياة: البنية التحتية الأساسية كاطرقات ومؤسسات التّعليم ودور العبادة الإسلامية والمسيحية والمُستشفيات وخزّانات المياه وما إلى ذلك…
تندرج الرغبة في القضاء على الثقافة والهوية ضمن خطة سياسية استعمارية تتمثل في طرد أكبر عدد ممكن من الفلسطينيين من قطاع غزة، وخصوصًا الفلاحين – كما يحدث في الضّفة الغربية، وكما حدث في الجليل، ويحدث في النّقب – وإعادة إنشاء المستوطنات التي فككتها الحكومة الصّهيونية سنة 2005، وترافق ذلك التّفكيك بحصار مطبق…
تتعاون منظمة الأمم المتحدة للتربية والعلوم والثقافة ( يونسكو) في فلسطين مع وكالة غوث وتشغيل اللاجئين الفلسطينيين (أنروا) لتوفير المساعدات الفنية والتعليمية والثقافية للاجئين من سكان الضفة الغربية وغزة، وَوثّقت المنظمة الدّمار الذي أصاب التراث الثَّرِي ومواقع غزّة، كما وثّقت عدم احترام الكيان الصهيوني لاتفاقية لاهاي لحماية التراث زمن النزاعات المُسلّحة ( 1954 ) وأظْهَرَ التّقْيِيم الأولي للأضرار التي لحقت بالممتلكات الثقافية باستخدام صور الأقمار الصناعية والتحليلات التي يقدمها مركز الأقمار الصّناعية التّابع للأمم المتحدة ( Unosat)، بين تشرين الأول/أكتوبر 2023 وتشرين الأول/أكتوبر 2024، أضْرارًا لحقت بـ 75 موقعًا: 48 مبنى تاريخيًا أو فنيًا، و10 مواقع دينية، و7 مواقع أثرية، و6 معالم، و3 مستودعات للممتلكات الثقافية، ومتحف واحد، وصرّح مُنَسِّق مشروع تاريخ فلسطين وتراثها إن الكيان الصّهيوني « استهدفت عَمْدًاً كبيراً من المواقع الأثرية، ومن أبرزها موقع تل السكن جنوب مدينة غزة، ويعود إلى العصر البرونزي المبكر (بين 3200 و2300 قبل الميلاد)، وتل العجول، من العصر البرونزي الأوسط والمتأخر (2300-500 قبل الميلاد)، وتعرضت مواقع في تل المنطار وأضرحة الشيخ علي المنطار للتدمير، فيما تضرّر حي الشيخ رضوان شمال غرب مدينة غزة، وموقع البلاخية (ميناء غزة القديم، أنثيدون، الذي بني خلال الفترة اليونانية الرومانية وظل نشطًا حتى القرن الثاني عشر) وألحقت نيران المدفعية أضراراً جسيمة بكنيسة تعود للعصر البيزنطي في جباليا، مع احتمال فقدان فسيفسائها الغنية… كما تعرض التراث – الذي شمل المباني التاريخية والمساجد والمدارس والمنازل الخاصة والأضرحة والنوافير العامة – للتدمير المُتَعَمّد في مدن غزة وبيت حانون ودير البلح وخان يونس ورفح، وهُدِمَ مبنى المسجد العمري، الذي تبلغ مساحته 4100 متر مربع، بالكامل، كما تعرضت كنيسة القديس بورفيري في حي الزيتون بغزة لتدمير شبه كامل، كما تم قصف المسجد الكبير في غزة، وهو أقدم مسجد في فلسطين »، ولم يَكُنْ المسجد الكبير مكانًا للعبادة فحسب، بل هو أيضًا رمز للأنماط المعمارية المختلفة في غزة، ولحقت أضرار جسيمة بمتحف قصر الباشا، وهو قلعة مملوكية من القرن الثالث عشر، ومقر إقامة باشوات غزة خلال فترة الإحتلال العثماني وتم ترميم القَلْعَة وتحويلها إلى متحف سنة 2005، بتمويل من برنامج الأمم المتحدة الإنمائي ( UNDP )، كما استهدف القصف الصهيوني دير القديس هيلاريون ( تل أم عامر) بأكمله الذي تم إدراجه ( خلال شهر تموز/يوليو 2024 ) على القائمة الدولية للممتلكات الثقافية المحمية المعززة لليونسكو، لأنه « أحد أقدم المواقع في الشرق الأوسط، أسسه القديس هيلاريون واستضاف أول مجتمع رهباني في الأرض المقدسة، ويقع على مفترق طرق التجارة الرئيسية بين آسيا وأفريقيا، ويُشكل مركزًا للتبادلات الدينية والثقافية والاقتصادية، مما يوضح ازدهار المواقع الرهبانية الصحراوية في العصر البيزنطي »، وفق وثيقة اليونسكو، كما قامت مجموعة مكونة من حوالي عشرين أكاديميًا بنشر « قائمة جرد للتراث المدمر » في غزة على الإنترنت، خلال شهر تشرين الأول/اكتوبر 2024، ويتم تحديث هذا الموقع باستمرار ليقدم خريطة للدمار وقائمة بالعشرات من المعالم الأثرية المتضررة وبيانًا توضيحيًا يوضح بعضًا منها، وتوفر الروابط أيضًا إمكانية الوصول إلى قواعد البيانات ذات الصلة لتقييم مدى هذه الكارثة، وهكذا تم رَصْدُ الأضرار الفادحة التي لحقت كنيسة « القديس بورفير »، خلال قَصْف صهيوني يوم 19 تشرين الأول/اكتوبر 2023، وسَبَقَ أن تَعرّضت نفس الكنيسة للقصف خلال عدوان صيف سنة 2014، ويعود تاريخ هذه الكنيسة الأرثوذكسية اليونانية إلى القرن الخامس، وتم ترميمها وتَوْسيعها خلال القرن الثاني عشر.
لم تُشر السلطات البريطانية إلى تدمير المقابر العسكرية في غزة ودير البلح التي تحتوي على آلاف قبور جنود الكومنولث الذين سقطوا خلال الحرب العالمية الأولى، بين سنتَيْ 1917 و1918 أثناء الغزو البريطاني لفلسطين، كما دمّر القصف الصهيوني، كلّيًّا أو جُزْئِيًّا مقر بلدية غزة الذي أقيم سنة 1930 وسينما سمير ونصر، التي افتتحت منتصف القرن العشرين، وذكر مركز الأقمار الصناعية التابع للأمم المتحدة (يونوسات ) أن العدوان الصهيوني دَمَّرَ، خلال عام واحد، حوالي 32 ألف مبْنى وتَعرض 17 ألف مبنى لأضرار بالغة…
حاول بعض المُثقفين الفلسطينيين حماية جزء من تراث غزة بالتعاون مع صندوق الطوارئ التابع للتحالف الدولي لحماية التراث في مناطق الصراع (Aliph)، بسويسرا، من خلال نَقْلِ بعض التحف الفنية، وتدريب السّكّان على الحفاظ على التراث، رغم القصف اليومي والدّمار…
الطاهر المعز
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John Helmer-Coût des pommes de terre, coût du sang – quand l’inflation (en Russie) est mortelle

La publication de ce texte poursuit deux objectifs liés à notre culture politique algérienne.
Le premier est de rappeler, par l'analyse même partielle, que la vision "spontanée" que les ensembles politiques et culturels sont cohérents, non contradictoires, identiques à eux-mêmes et sans altérations est non seulement fausse mais aussi trompeuse. Et il faut donc se garder, par vigilance théorique, de prendre les processus politiques, même sous une chefferie au long cours (Poutine, Xi Jin Ping, Maduro, Khamenei) pour une continuité passible ou ou les changements fréquents (Biden, Trump, Strarmer, Hollande, Sarkozy, Melonie) comme des ruptures.
Le deuxième objectif est de "donner à voir" dans l'analyse de John Helmer, qui n'est certainement pas un marxiste, un moment du processus historique, relativement de courte durée, trente-cinq ans, qui a consisté à transférer, via la prise du pouvoir d'Etat, les richesses soviétiques du peuple russe à des oligarques sélectionnés par les USA. Ce moment, sur lequel John Helmer nous informe, sur une de ses séquences, la guerre Russie-OTAN/USA, de l'approfondissement de la contradiction entre croyances néo-libérales de Poutine et d'd'une partie de son équipe et la besoins d'une défense résolue de l'Etat russe dont l'exigence minimum est la destruction de l'alliance entre ces oligarques fabriqués made in USA.
Bonne lecture vers plus d'appropriation de dialectique dans nos approches cognitives. Mohamed Bouhamidi.Coût des pommes de terre, coût du sang – quand l’inflation (en Russie) est mortelle par John Helmer
par John Helmer, Moscou
@ bears_withAucun gouvernement ne peut survivre s’il ne parvient pas à contrôler le coût du sang versé sur le champ de bataille et celui des pommes de terre, du beurre et du pain sur le front intérieur. Cette combinaison est en même temps politiquement mortelle.
Le président américain Lyndon Johnson l’a appris entre 1965 et 1968, lorsque le taux d’inflation nationale a quadruplé et que le nombre de morts au combat au Vietnam a été multiplié par neuf. Le 31 mars 1968, Johnson a annoncé qu’il se retirait de la course à la présidence plus tard dans l’année.*
Le président Vladimir Poutine a réussi à éliminer la moitié de l’équation mortelle en menant une campagne expéditionnaire limitée en Ukraine, en limitant les ressources, les plans, les cibles et les opérations de l’état-major général ; en attaquant avec des armes à distance, principalement aéroportées ; en transférant le fardeau des pertes des combats au sol vers les groupes socialement marginaux ; et en gardant la majorité des électeurs hors de la ligne de tir. Son succès réside dans un soutien électoral élevé et stable .
Pour l’instant, le président n’est pas tenu pour responsable de la hausse des prix des denrées alimentaires en 2024. Selon un rapport , les betteraves ont augmenté de 71 %, les pommes de terre de 65,4 %, les œufs de 48,5 %, l’ail de 41 %, le sel de 27 %, l’huile végétale de 24 % et le beurre de 22 %. Selon les calculs du Centre AB , le prix des pommes de terre a augmenté de 65,2 %, celui de l’huile d’olive de 35,5 %, celui du beurre de 35,2 %, celui de l’ail de 24,7 % et celui des betteraves de 22,7 %.
Selon l’agence nationale des statistiques Rosstat, le taux d’inflation officiel global du pays s’élève à 8,6 % pour 2024, tandis que l’inflation des prix de détail des denrées alimentaires, selon Rosstat, est de 9,5 %. Personne ne le croit, selon les sondages auprès des consommateurs et les analyses des experts. Les attentes des consommateurs et les prévisions des experts laissent présager que la flambée des prix des denrées alimentaires se poursuivra cette année à des taux compris entre 50 % et 100 % selon les produits alimentaires .
Sergueï Glazyev, économiste public réputé, candidat à la présidentielle de 2004 et haut fonctionnaire de la Commission économique eurasienne , est sans détour dans ses attaques. « La hausse des prix frappe tout le monde et rend tout le monde plus pauvre. Les citoyens comme les entreprises. Seules les banques sont gonflées d’ argent . »
« La politique de la Banque de Russie conduit l’économie dans un piège stagflationniste, dans lequel la baisse de la production, la dévaluation du rouble et la hausse de l’inflation se renforcent mutuellement : une augmentation du taux directeur [21 %] comprime les prêts à la production, ce qui entraîne une baisse des volumes et une augmentation des coûts de production, le niveau technique et l’efficacité de la production diminuent, la compétitivité de l’économie diminue, ce qui est compensé par la dévaluation du rouble. Cela provoque alors une nouvelle poussée d’inflation, que la Banque de Russie tente de compenser par une nouvelle augmentation du taux directeur. Après dix ans de ciblage inefficace de l’inflation, il est clair que la poursuite de cette politique insensée n’a aucune perspective. » https://t.me/glazieview/6705
Mikhaïl Deliaguine, vice-président de la commission de la politique économique de la Douma d’État, est tout aussi cinglant. Selon lui, le taux d’inflation officiel pour 2024 n’est pas de 8,5 %, comme le prétend le gouvernement, mais plutôt de 19 % ; il prévient qu’il pourrait atteindre 29 % cette année. Le problème est dû au taux d’intérêt de la Banque centrale, fixé à 21 %, qui est plus destructeur à mon avis que l’utilisation d’armes nucléaires tactiques. Mais il y a de bonnes nouvelles. Si des armes nucléaires tactiques sont soudainement utilisées contre nous, ce sera certainement un choc grave et de nombreuses personnes mourront, mais pour l’économie dans son ensemble, ce ne sera pas un choc plus grave que la politique d’Elvira Sakhipzadovna Nabiullina. Et [du ministre des Finances] Anton Germanovitch Silouanov, qu’il ne faut pas non plus oublier .
« Cependant, comme nous le savons, lors de la réunion du 20 décembre [2024] , la Banque centrale n’a pas relevé une fois de plus le taux directeur à 23 %, comme beaucoup, y compris moi-même, l’attendaient. C’est probablement un bon signal, car en augmentant le taux directeur dans des conditions de pénurie de masse monétaire, la Banque de Russie accélère ainsi l’inflation. Jusqu’à présent, Elvira Sakhipzadovna a refusé d’accélérer davantage l’inflation, mais rien ne garantit qu’elle ne reviendra pas à cette pratique au début de l’année prochaine . »
L’incapacité de la gouverneure de la Banque centrale Nabiullina à enrayer l’inflation est si grave , et la suspicion de l’opinion publique à l’égard de sa compétence et de ses intentions est si répandue que la Banque centrale a publié le 13 janvier un communiqué démentant que Nabiullina envisage de geler l’épargne des particuliers russes en bloquant les retraits des comptes bancaires. « Il est tout à fait évident que dans toute économie de marché, dont le crédit bancaire fait partie intégrante, une telle mesure est impensable », a déclaré la Banque centrale sur Telegram . « Tout d’abord, cela saperait immédiatement la confiance dans le système bancaire et mettrait fin aux prêts à l’économie. Deuxièmement, le gel des dépôts ne contribuera pas à réduire l’inflation. Les gens se précipiteront pour investir de l’argent non pas dans des dépôts, mais dans des biens et des biens immobiliers, avec les conséquences néfastes qui en découlent en termes de hausse des prix ».
Les sondages nationaux sur l’opinion publique à l’égard des dirigeants politiques n’ont jamais permis de distinguer Nabioullina de manière positive. Dans les questions ouvertes posées aux électeurs en qui ils ont confiance, le nom de Nabioullina n’a jamais été mentionné. Au lieu de cela, elle apparaît en quinzième position sur la liste nationale des responsables et des hommes politiques auxquels on ne fait pas confiance – elle se classe à égalité avec le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, le président de la Douma d’État Viatcheslav Volodine et le maire de Moscou, Sergueï Sobianine.
Aucun critique de l’inflation intérieure et de la politique de la Banque centrale ne mentionne le président Poutine. Il est toutefois considéré comme le protecteur de Nabiullina contre ses détracteurs intérieurs. Au cours du mois dernier, il a cependant été pressé de nuancer ses propos.
Lors de sa conférence de presse du 19 décembre, la veille de la réunion de la Banque centrale pour décider si elle devait relever le taux d’intérêt à 23 %, Poutine a déclaré : « Hier encore, en préparant l’événement d’aujourd’hui, j’ai parlé au gouverneur de la Banque centrale et Elvira Nabiullina m’a dit que le taux d’inflation avait déjà atteint environ 9,2-9,3 % depuis le début de l’année. Cela dit, les salaires ont augmenté de 9 %, et je parle d’une augmentation en termes réels, moins l’inflation. En outre, les revenus disponibles ont également augmenté. La situation générale est donc stable et, permettez-moi de le répéter, solide . »
Les archives du Kremlin affirment qu’il n’y a pas eu de rencontre officielle entre Poutine et Nabiullina depuis septembre 2019 .
Lors de sa conférence de presse de décembre, Poutine a reconnu que « l’inflation et la reprise économique posent certains problèmes. C’est pourquoi le gouvernement et la Banque centrale cherchent à assurer un atterrissage en douceur ». Interrogé par un journaliste sur la décision concernant le taux d’intérêt, Poutine a ajouté : « Elle ne me dit pas quel sera le taux. Peut-être ne le sait-elle pas encore, car ils en discutent lors de la réunion du conseil d’administration, de leur cellule du Komsomol, et prennent la décision finale au cours de la discussion. J’espère qu’elle sera équilibrée et répondra aux exigences d’aujourd’hui ».
« L’équilibre » est le terme utilisé par Poutine pour désigner la satisfaction de chacun de ses électorats d’oligarques, de militaires et d’électeurs, alors même qu’ils se contredisent et s’opposent les uns aux autres .
Pour une publication rapide des données sur l’inflation russe avec une analyse précise, suivez la plateforme Telegram de Sovereign Economy :


Source: https://t.me/suverenka/12974
Le graphique du haut illustre l’inflation galopante des prix des denrées alimentaires que la Banque centrale n’a pas été en mesure de contrôler. Le graphique du bas montre l’impact du taux d’intérêt directeur de la Banque centrale sur la baisse des nouveaux crédits pour toutes les catégories d’emprunts, à l’exception des prêts automobiles.
L’écart entre l’objectif d’inflation du gouvernement et les résultats de fin d’année est évident. Il en va de même pour l’impact du taux d’intérêt de 21 % de la Banque centrale et l’inflation des prix alimentaires, qui ne réagit pas aux contrôles du crédit. Le débat intérieur vigoureux sur les responsabilités et les mesures à prendre n’a pas été étouffé.
Le président Donald Trump a tenté d’exploiter cette situation en annonçant cette semaine : « La Russie est en grande difficulté. Il suffit de regarder son économie, il suffit de regarder son inflation en Russie. Je m’entends très bien avec [Poutine], j’espère qu’il veut conclure un accord. »

Nabiullina (à droite ) a accusé la hausse des revenus russes de stimuler la demande plus vite que les producteurs ne peuvent fournir leurs produits. Ses critiques, y compris des groupes de réflexion libéraux comme l’Institut Gaïdar, soulignent que l’explosion des prix des denrées alimentaires est responsable d’environ 40% de la hausse du taux d’inflation. Pour cette raison, les Gaidarites reconnaissent que l’inflation des prix à la consommation est au moins à 40% imperméable aux mesures de la Banque centrale, car ces dernières visent à réduire la demande alimentée par le crédit, lorsque la nourriture est achetée avec le salaire, et non à crédit auprès des banques.
Selon les données rapportées par RANEPA , un groupe de réflexion gouvernemental sur la politique économique, « après que les tarifs des services publics ont été indexés de 9,9 % en juillet, leur contribution à l’inflation annuelle a commencé à dépasser celle des produits non alimentaires. Même si, si l’on considère la situation dans son ensemble pour 2024, le poids des produits non alimentaires dans le panier de consommation est toujours plus élevé (34 %) que celui des services, soit environ 28 %. Mais les deux sont en deçà de l’alimentation ».
Nabiullina s’est opposée dès le début à l’opération militaire spéciale (SVO). Elle aurait tenté de démissionner en signe de protestation en mars 2022 , à l’approche de la date limite pour sa retraite ou sa reconduction. Poutine a alors « équilibré » son renouvellement pour un troisième mandat avec des restrictions sur les opérations de l’état-major général en Ukraine.
Depuis 2022, Nabiullina et ses partisans accusent la guerre d’être responsable de la hausse des prix. Le débat de politique intérieure sur l’inflation s’est transformé en une bataille sur les dépenses de défense et les objectifs de la guerre. Dans cette lutte, les combattants américains à Washington considèrent Nabiullina comme une avocate utile des conditions de fin de guerre que Trump propose à Poutine – elle est l’une des raisons pour lesquelles Washington est convaincu que Trump réussira.

COÛT DES POMMES DE TERRE, COÛT DU SANG – QUAND L’INFLATION EST MORTELLE


par John Helmer, Moscou
@ bears_withAucun gouvernement ne peut survivre s’il ne parvient pas à contrôler le coût du sang versé sur le champ de bataille et celui des pommes de terre, du beurre et du pain sur le front intérieur. Cette combinaison est en même temps politiquement mortelle.
Le président américain Lyndon Johnson l’a appris entre 1965 et 1968, lorsque le taux d’inflation nationale a quadruplé et que le nombre de morts au combat au Vietnam a été multiplié par neuf. Le 31 mars 1968, Johnson a annoncé qu’il se retirait de la course à la présidence plus tard dans l’année.*
Le président Vladimir Poutine a réussi à éliminer la moitié de l’équation mortelle en menant une campagne expéditionnaire limitée en Ukraine, en limitant les ressources, les plans, les cibles et les opérations de l’état-major général ; en attaquant avec des armes à distance, principalement aéroportées ; en transférant le fardeau des pertes des combats au sol vers les groupes socialement marginaux ; et en gardant la majorité des électeurs hors de la ligne de tir. Son succès réside dans un soutien électoral élevé et stable .
Pour l’instant, le président n’est pas tenu pour responsable de la hausse des prix des denrées alimentaires en 2024. Selon un rapport , les betteraves ont augmenté de 71 %, les pommes de terre de 65,4 %, les œufs de 48,5 %, l’ail de 41 %, le sel de 27 %, l’huile végétale de 24 % et le beurre de 22 %. Selon les calculs du Centre AB , le prix des pommes de terre a augmenté de 65,2 %, celui de l’huile d’olive de 35,5 %, celui du beurre de 35,2 %, celui de l’ail de 24,7 % et celui des betteraves de 22,7 %.
Selon l’agence nationale des statistiques Rosstat, le taux d’inflation officiel global du pays s’élève à 8,6 % pour 2024, tandis que l’inflation des prix de détail des denrées alimentaires, selon Rosstat, est de 9,5 %. Personne ne le croit, selon les sondages auprès des consommateurs et les analyses des experts. Les attentes des consommateurs et les prévisions des experts laissent présager que la flambée des prix des denrées alimentaires se poursuivra cette année à des taux compris entre 50 % et 100 % selon les produits alimentaires .
Sergueï Glazyev, économiste public réputé, candidat à la présidentielle de 2004 et haut fonctionnaire de la Commission économique eurasienne , est sans détour dans ses attaques. « La hausse des prix frappe tout le monde et rend tout le monde plus pauvre. Les citoyens comme les entreprises. Seules les banques sont gonflées d’ argent . »
« La politique de la Banque de Russie conduit l’économie dans un piège stagflationniste, dans lequel la baisse de la production, la dévaluation du rouble et la hausse de l’inflation se renforcent mutuellement : une augmentation du taux directeur [21 %] comprime les prêts à la production, ce qui entraîne une baisse des volumes et une augmentation des coûts de production, le niveau technique et l’efficacité de la production diminuent, la compétitivité de l’économie diminue, ce qui est compensé par la dévaluation du rouble. Cela provoque alors une nouvelle poussée d’inflation, que la Banque de Russie tente de compenser par une nouvelle augmentation du taux directeur. Après dix ans de ciblage inefficace de l’inflation, il est clair que la poursuite de cette politique insensée n’a aucune perspective. » https://t.me/glazieview/6705
Mikhaïl Deliaguine, vice-président de la commission de la politique économique de la Douma d’État, est tout aussi cinglant. Selon lui, le taux d’inflation officiel pour 2024 n’est pas de 8,5 %, comme le prétend le gouvernement, mais plutôt de 19 % ; il prévient qu’il pourrait atteindre 29 % cette année. Le problème est dû au taux d’intérêt de la Banque centrale, fixé à 21 %, qui est plus destructeur à mon avis que l’utilisation d’armes nucléaires tactiques. Mais il y a de bonnes nouvelles. Si des armes nucléaires tactiques sont soudainement utilisées contre nous, ce sera certainement un choc grave et de nombreuses personnes mourront, mais pour l’économie dans son ensemble, ce ne sera pas un choc plus grave que la politique d’Elvira Sakhipzadovna Nabiullina. Et [du ministre des Finances] Anton Germanovitch Silouanov, qu’il ne faut pas non plus oublier .
« Cependant, comme nous le savons, lors de la réunion du 20 décembre [2024] , la Banque centrale n’a pas relevé une fois de plus le taux directeur à 23 %, comme beaucoup, y compris moi-même, l’attendaient. C’est probablement un bon signal, car en augmentant le taux directeur dans des conditions de pénurie de masse monétaire, la Banque de Russie accélère ainsi l’inflation. Jusqu’à présent, Elvira Sakhipzadovna a refusé d’accélérer davantage l’inflation, mais rien ne garantit qu’elle ne reviendra pas à cette pratique au début de l’année prochaine . »
L’incapacité de la gouverneure de la Banque centrale Nabiullina à enrayer l’inflation est si grave , et la suspicion de l’opinion publique à l’égard de sa compétence et de ses intentions est si répandue que la Banque centrale a publié le 13 janvier un communiqué démentant que Nabiullina envisage de geler l’épargne des particuliers russes en bloquant les retraits des comptes bancaires. « Il est tout à fait évident que dans toute économie de marché, dont le crédit bancaire fait partie intégrante, une telle mesure est impensable », a déclaré la Banque centrale sur Telegram . « Tout d’abord, cela saperait immédiatement la confiance dans le système bancaire et mettrait fin aux prêts à l’économie. Deuxièmement, le gel des dépôts ne contribuera pas à réduire l’inflation. Les gens se précipiteront pour investir de l’argent non pas dans des dépôts, mais dans des biens et des biens immobiliers, avec les conséquences néfastes qui en découlent en termes de hausse des prix ».
Les sondages nationaux sur l’opinion publique à l’égard des dirigeants politiques n’ont jamais permis de distinguer Nabioullina de manière positive. Dans les questions ouvertes posées aux électeurs en qui ils ont confiance, le nom de Nabioullina n’a jamais été mentionné. Au lieu de cela, elle apparaît en quinzième position sur la liste nationale des responsables et des hommes politiques auxquels on ne fait pas confiance – elle se classe à égalité avec le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, le président de la Douma d’État Viatcheslav Volodine et le maire de Moscou, Sergueï Sobianine.
Aucun critique de l’inflation intérieure et de la politique de la Banque centrale ne mentionne le président Poutine. Il est toutefois considéré comme le protecteur de Nabiullina contre ses détracteurs intérieurs. Au cours du mois dernier, il a cependant été pressé de nuancer ses propos.
Lors de sa conférence de presse du 19 décembre, la veille de la réunion de la Banque centrale pour décider si elle devait relever le taux d’intérêt à 23 %, Poutine a déclaré : « Hier encore, en préparant l’événement d’aujourd’hui, j’ai parlé au gouverneur de la Banque centrale et Elvira Nabiullina m’a dit que le taux d’inflation avait déjà atteint environ 9,2-9,3 % depuis le début de l’année. Cela dit, les salaires ont augmenté de 9 %, et je parle d’une augmentation en termes réels, moins l’inflation. En outre, les revenus disponibles ont également augmenté. La situation générale est donc stable et, permettez-moi de le répéter, solide . »
Les archives du Kremlin affirment qu’il n’y a pas eu de rencontre officielle entre Poutine et Nabiullina depuis septembre 2019 .
Lors de sa conférence de presse de décembre, Poutine a reconnu que « l’inflation et la reprise économique posent certains problèmes. C’est pourquoi le gouvernement et la Banque centrale cherchent à assurer un atterrissage en douceur ». Interrogé par un journaliste sur la décision concernant le taux d’intérêt, Poutine a ajouté : « Elle ne me dit pas quel sera le taux. Peut-être ne le sait-elle pas encore, car ils en discutent lors de la réunion du conseil d’administration, de leur cellule du Komsomol, et prennent la décision finale au cours de la discussion. J’espère qu’elle sera équilibrée et répondra aux exigences d’aujourd’hui ».
« L’équilibre » est le terme utilisé par Poutine pour désigner la satisfaction de chacun de ses électorats d’oligarques, de militaires et d’électeurs, alors même qu’ils se contredisent et s’opposent les uns aux autres .
Pour une publication rapide des données sur l’inflation russe avec une analyse précise, suivez la plateforme Telegram de Sovereign Economy :

Source: https://t.me/suverenka/12754
Source: https://t.me/suverenka/12974
The top chart illustrates runaway food price inflation which the Central Bank has been unable to control. The bottom chart shows the impact of the Central Bank’s key interest rate depressing new credit for all categories of borrowing except car loans.L’écart entre l’objectif d’inflation du gouvernement et les résultats de fin d’année est évident. Il en va de même pour l’impact du taux d’intérêt de 21 % de la Banque centrale et l’inflation des prix alimentaires, qui ne réagit pas aux contrôles du crédit. Le débat intérieur vigoureux sur les responsabilités et les mesures à prendre n’a pas été étouffé.
Le président Donald Trump a tenté d’exploiter cette situation en annonçant cette semaine : « La Russie est en grande difficulté. Il suffit de regarder son économie, il suffit de regarder son inflation en Russie. Je m’entends très bien avec [Poutine], j’espère qu’il veut conclure un accord. »

Nabiullina (à droite ) a accusé la hausse des revenus russes de stimuler la demande plus vite que les producteurs ne peuvent fournir leurs produits. Ses critiques, y compris des groupes de réflexion libéraux comme l’Institut Gaïdar, soulignent que l’explosion des prix des denrées alimentaires est responsable d’environ 40% de la hausse du taux d’inflation. Pour cette raison, les Gaidarites reconnaissent que l’inflation des prix à la consommation est au moins à 40% imperméable aux mesures de la Banque centrale, car ces dernières visent à réduire la demande alimentée par le crédit, lorsque la nourriture est achetée avec le salaire, et non à crédit auprès des banques.
Selon les données rapportées par RANEPA , un groupe de réflexion gouvernemental sur la politique économique, « après que les tarifs des services publics ont été indexés de 9,9 % en juillet, leur contribution à l’inflation annuelle a commencé à dépasser celle des produits non alimentaires. Même si, si l’on considère la situation dans son ensemble pour 2024, le poids des produits non alimentaires dans le panier de consommation est toujours plus élevé (34 %) que celui des services, soit environ 28 %. Mais les deux sont en deçà de l’alimentation ».
Nabiullina s’est opposée dès le début à l’opération militaire spéciale (SVO). Elle aurait tenté de démissionner en signe de protestation en mars 2022 , à l’approche de la date limite pour sa retraite ou sa reconduction. Poutine a alors « équilibré » son renouvellement pour un troisième mandat avec des restrictions sur les opérations de l’état-major général en Ukraine.
Depuis 2022, Nabiullina et ses partisans accusent la guerre d’être responsable de la hausse des prix. Le débat de politique intérieure sur l’inflation s’est transformé en une bataille sur les dépenses de défense et les objectifs de la guerre. Dans cette lutte, les combattants américains à Washington considèrent Nabiullina comme une avocate utile des conditions de fin de guerre que Trump propose à Poutine – elle est l’une des raisons pour lesquelles Washington est convaincu que Trump réussira.

Source: https://www.chathamhouse.org/Un article publié le 10 janvier par Chatham House, le journal britannique de guerre, conseille à Trump d’exploiter l’opportunité offerte par Nabiullina. « La conséquence de taux d’intérêt aussi élevés est que l’économie va ralentir, peut-être très fortement. Poutine est donc confronté à un dilemme aigu : soutenir les efforts de la banque centrale pour maintenir l’inflation à un niveau bas au risque d’une récession ; ou maintenir l’économie en marche et laisser l’inflation se propager. C’est ce dilemme qui donne de l’influence à la nouvelle administration Trump. En agissant pour restreindre l’accès de la Russie aux devises étrangères, les États-Unis peuvent exercer davantage de pression sur le rouble et rendre le choix de Poutine plus douloureux. »
A la Douma, Deliaguine réfute la thèse de Nabioullina selon laquelle la guerre est la cause de l’inflation . « La part des habitants dont les revenus sont de 150 à 200 000 roubles n’a augmenté que de 1,1 %, et ceux dont les revenus sont supérieurs à 200 000 roubles, de pas plus de 0,5 %. En revanche, le nombre de ceux qui touchent entre 100 000 et 150 000 roubles par mois a diminué de 1,8 %. Dans le même temps, la majorité de nos compatriotes, soit 66 %, gagne jusqu’à 40 000 roubles par mois. »
« En général, les gens qui participent à l’opération militaire spéciale, comme on nous l’a dit, reçoivent plus de 150 000 roubles par mois. Avec une petite réserve. Ils utilisent cet argent pour acheter l’équipement nécessaire, disons que c’est politiquement correct. Dans certains cas, au moins… En d’autres termes, beaucoup d’entre eux ont considérablement augmenté leurs dépenses. L’augmentation de leur bien-être n’est donc pas si notable. Ces propos sont confirmés par de nombreux soldats qui sont aujourd’hui sur la ligne de contact : « Nous achetons principalement des générateurs, de l’essence, des outils, des matériaux de construction, des uniformes (ce qui n’arrive pas toujours) – nous avons brûlé sur place, au sens propre comme au sens figuré ; nous achetons plus de nourriture, des cigarettes ; nous faisons des remises mensuelles pour les besoins en batteries. Il n’y a pas de cantine au front, nous recevons des conserves et chaque escouade cuisine pour elle-même… Ils vous racontent probablement de belles choses à la télévision, mais il n’y a pas grand-chose de beau ici », dit l’un des commandants de combat.Selon Deliaguine , « en général, au moins deux tiers de la population du pays n’ont pas d’économies importantes et sont donc complètement sans défense contre toute évolution négative. Et, bien sûr, ils seront de plus en plus nombreux dans les conditions des opérations militaires. 5 % des Russes sont pauvres : ils n’ont même pas assez d’argent pour se nourrir… 16 % ont assez d’argent pour se nourrir… même acheter des vêtements est un problème. 40 % ont de l’argent pour se nourrir et se vêtir, mais ont des difficultés à acheter des biens durables. Ces deux catégories vivent dans la pauvreté : leur niveau est de 56 %. Ces données datent d’il y a deux ans. Et il semble qu’elles soient très probablement toujours d’actualité. Si la situation ne s’est pas aggravée ».
Il y a un mois, Deliaguine a intensifié ses attaques contre Nabioullina. « Il est impossible de ralentir la voiture en appuyant sur l’accélérateur. De même, il est impossible de stopper l’inflation en prenant des mesures qui ne font que l’accélérer. Nabioullina elle-même admet que l’inflation est provoquée par des raisons non monétaires qui n’ont rien à voir avec le taux d’intérêt directeur. Et augmenter le taux d’intérêt directeur pour lutter contre l’inflation aujourd’hui revient à donner à quelqu’un un comprimé pour faire disparaître le mal de tête d’une autre personne. Elle-même admet l’absurdité de sa politique. »« L’une des agences gouvernementales a annoncé qu’une réduction de l’inflation à 4 % [l’objectif de la Banque centrale] était possible avec un taux directeur de 52 %. Mais ensuite, bien sûr, ils ont nié tout cela. Mais cela caractérise parfaitement la politique de la Banque centrale… il s’agit clairement de ralentir l’économie, pas l’inflation. Le fait est qu’une augmentation du taux d’intérêt dans des conditions de pénurie de monnaie accélère l’inflation, au lieu de la ralentir. Lorsque le taux augmente, l’inflation s’accélère, ce qui est bien confirmé statistiquement. Il est très difficile de ralentir la voiture en l’accélérant en même temps . »
« Pour limiter réellement la croissance de l’inflation, il faut assurer la croissance de l’activité économique afin que les biens soient produits en Russie et non en Chine. Pour cela, il faut baisser les taux d’intérêt en rendant le crédit disponible et limiter la spéculation financière. »

Left: Mikhail Delyagin; right, Sergei Glazyev.
Glazyev, qui a mené et perdu la bataille pour remplacer Nabiullina à la Banque centrale en mars 2022 , a conservé son poste de commissaire de niveau ministériel pour l’intégration et les macronomies à la Commission économique eurasienne . Il s’agit également d’une nomination de Poutine ; elle empêche Glazyev de s’impliquer directement dans l’élaboration de la politique économique russe.
Malgré tout, Glazyev continue dans ses discours, ses articles et ses apparitions sur les réseaux sociaux de cibler Nabiullina et d’exploiter l’inquiétude de Poutine face à la montée de l’hostilité des électeurs. Il a fait valoir que les échecs de la régulation étatique se sont multipliés et pas seulement à la Banque centrale. En conséquence, il prône une action étatique bien plus importante que celle que Poutine est prêt à accepter. Il pense même qu’il faudrait mobiliser pleinement l’économie de guerre.
« Les principaux facteurs de l’inflation », écrit Glazyev , « en les classant par leur contribution, sont :
1. L’inflation des coûts due à la croissance plus rapide des tarifs de transport et d’énergie (le domaine de responsabilité du Service fédéral antimonopole de la Fédération de Russie) s’élève à au moins 60 % de la croissance de l’indice des prix à la consommation (IPC). Ainsi, l’augmentation du coût du transport de marchandises en 2022-2024 est supérieure à 20 % par an, l’augmentation du coût du carburant et de l’électricité dépasse 12 % par an.
2. La dévaluation du rouble en 2024 est responsable de 30 % de la croissance de l’IPC, car les importations technologiques et de consommation représentent jusqu’à 40 % du chiffre d’affaires. On estime qu’une dépréciation de 10 roubles par rapport au dollar entraîne une augmentation de l’inflation de 2 %.
3. Une augmentation de 1 % du taux directeur de la Banque centrale de la Fédération de Russie entraîne une augmentation de l’inflation des coûts (hausses forcées des prix et des tarifs) de 0,24 %, réduisant l’inflation du côté de la demande de seulement 0,2 %, c’est-à-dire que l’effet net d’une nouvelle augmentation du taux directeur est négatif. L’augmentation du taux de 7,5 % à 21 % a entraîné une augmentation supplémentaire des prix d’au moins 0,6 %.
La contribution du déficit budgétaire consolidé, qui se situe dans la norme généralement acceptée, est bien inférieure à ces trois facteurs.TRAJECTOIRE SUR CINQ ANS DU TAUX D’INTÉRÊT RÉFÉRENTIEL DE LA BANQUE CENTRALE, 2020-25

Source: https://tradingeconomics.com/russia/interest-rateL’analyse de Glazyev sur les causes de la dévaluation du rouble accuse Nabiullina d’encourager la spéculation monétaire et la fuite des capitaux russes à l’étranger. « Les principaux facteurs de dévaluation (classement par contribution) :
1. Le refus de la Banque centrale de la Fédération de Russie de protéger la stabilité du rouble, prescrite par l’article 75 de la Constitution de la Fédération de Russie. La Banque de Russie a placé le taux de change du rouble entre les mains des spéculateurs, à la fois nos banques et les acteurs occidentaux (marché Forex). Le caractère manipulateur des échanges est prouvé par la différence entre les taux du marché Forex et du marché interbancaire, qui a atteint 6 roubles (5 %) le 27 novembre 2024.
La contribution de ce facteur est de 60 %.
2. Exportation de capitaux privés (absence de contrôle des changes), tout d’abord, réduction de la dette extérieure des entreprises (de 200 milliards de dollars sur trois ans). Réduction de la norme de vente obligatoire des gains en devises. La contribution du facteur est de 30 %.
3. Valorisation de l’épargne des entreprises et du public. La contribution du facteur est de 10 %.TRAJECTOIRE SUR CINQ ANS DU TAUX DE CHANGE ROUBLE-USD, 2020-25

Source: https://tradingeconomics.com/russia/currencyGlazyev et Delyagin prônent tous deux la prise en charge par l’État des banques commerciales par un nouveau système de régulation et d’opérations des banques d’État : « Pour sortir du piège stagflationniste, il est nécessaire de stabiliser le taux de change du rouble et de déployer des canaux de prêt ciblés pour le secteur manufacturier, ainsi que de supprimer les causes non monétaires de l’inflation en prenant immédiatement les mesures suivantes :
1. Fixer la position monétaire des banques commerciales en bloquant leur jeu spéculatif contre le rouble.2. Rétablir la règle obligatoire de vente de 80 % des recettes en devises par les exportateurs.
3. Supprimer l’assurance des dépôts en devises par l’Agence d’assurance des dépôts, en passant de la demande de devises étrangères de la population à sa vente.
4. Arrêter la cotation du dollar et de l’euro par la Banque de Russie et la Bourse de Moscou, les nationaliser, en réprimant le battage spéculatif et la manipulation du taux de change du rouble.
5. Introduire une cotation directe du rouble par rapport au yuan et aux devises d’autres partenaires majeurs, et fixer les limites des fluctuations du taux de change du rouble par la décision de la Banque centrale. « Créer une réserve de change distribuée en monnaies cotées.
6. Reprendre le swap de devises et de crédits entre les banques centrales de Russie et de Chine, et convenir de la même chose avec l’Inde.
7. Achever la transition vers les monnaies nationales dans le commerce extérieur.
8. Inclure un instrument spécial de refinancement des banques afin de prêter des exportations à un taux ne dépassant pas 5 %.
9. Bloquer les canaux de sortie de capitaux pour les opérations non commerciales, y compris le retrait de capitaux dans l’intérêt des non-résidents de pays hostiles conformément aux décrets du président de la Russie sur la protection du système financier du pays.
10. Remplir le NWF [ Fonds national de richesse ] d’or et d’autres actifs à l’épreuve de l’inflation. »« Le lancement d’un mécanisme de refinancement du secteur manufacturier nécessite :
1. Le déploiement d’outils spéciaux de refinancement bancaire à des fins de prêt : investissements prévus par des projets nationaux et des programmes d’État ; dépenses engagées par les entreprises afin d’exécuter les commandes gouvernementales ; dépenses du gouvernement russe pour l’achat de biens de production nationale dans la réserve d’État ; fonds de roulement des entreprises pour l’achat d’équipements nationaux ; location de machines et d’équipements de production nationale ; hypothèques et construction de logements ; investissements dans la création d’industries de substitution aux importations ; investissements dans l’approfondissement de la transformation des matières premières ; investissements dans le développement des infrastructures ;
investissements dans le cadre du SPIC et d’autres accords d’investissement avec la participation de l’État ;
projets innovants ; investissements dans la création de nouvelles industries technologiques ; institutions de développement de l’État. »« Le taux d’intérêt pour les emprunteurs finaux sur ces instruments de refinancement ne devrait pas dépasser 2%, et pour les banques – de 0,5% à 1,5% – l’administration des banques devrait appliquer l’utilisation prévue des prêts. Les banques participantes devraient être pleinement responsables de l’utilisation ciblée des prêts alloués et surveiller leurs dépenses par les emprunteurs.
2. L’introduction du rouble numérique pour les transactions de commerce extérieur et de crédit, y compris celles effectuées via les instruments de refinancement spéciaux mentionnés ci-dessus afin de surveiller automatiquement l’utilisation ciblée des prêts.
3. La fin des opérations de dépôt de la Banque centrale et de l’émission d’obligations, qui aspirent l’argent de l’économie et coupent le crédit bancaire du secteur manufacturier . »Le Parti communiste (KPRF), qui détient actuellement la plupart des sièges de l’opposition (57) à la Douma d’État, s’est montré plus réticent que Deliaguine et Glaziev à attaquer directement Nabioullina, et également moins capable de proposer aux électeurs un plan alternatif d’action de l’État pour couvrir l’ensemble de l’économie. Comparé à l’opposition non communiste, le KPRF est plus timide en matière de nationalisation et de planification de l’État. En novembre, par exemple, Sergueï Obukhov a appelé à une régulation des prix par l’État pour « les produits de première nécessité, comme le pain, le lait, le sucre et les aliments pour bébés ».

A gauche, source : https://kprf.ru/activity/prices/230255.html ;
à droite, le Dr Sergei Obukhov, député du KPRF (Parti Communiste de Russie). Il est vice-président du comité de la Douma d’État sur le développement de la société civile et secrétaire du comité central du KPRF.Obukhov a fait écho à Delyagin et Glazyev en attaquant la manipulation des prix de détail des denrées alimentaires par les monopoles, mais il a orienté son remède vers l’appel au gouvernement à intensifier les efforts du Service fédéral antimonopole (FAS) pour combattre les prix des cartels.
« Un accord a été conclu avec les dirigeants des chaînes de distribution pour ne pas augmenter trop les prix de détail du pain. Le problème semble-t-il résolu ? Malheureusement non… La réponse à cette question nous dit littéralement que « les marchés de détail alimentaires sont généralement concurrentiels avec un grand nombre de participants ». En d’autres termes, pour ne pas être vaincues dans une compétition acharnée, les entreprises qui ont conclu de tels « accords » peuvent les rompre à tout moment. C’est le paysage macroéconomique dans lequel nous nous trouvons actuellement. Tout va plus ou moins bien, sauf l’inflation, qui est une situation catastrophique . » « On comprend pourquoi le président considère la lutte contre l’inflation comme une priorité et pourquoi il a donné carte blanche
au régulateur », explique Obukhov. « Nous ne voulons pas finir comme en Turquie. Rappelons qu’après une expérience infructueuse avec des taux bas et une inflation élevée, ils ont maintenu le taux à 50 % pendant près d’un an et n’ont jusqu’à présent réussi à réduire l’inflation que de 70 % à 50 % en termes annuels. « Il convient également de rappeler le prix qu’il a fallu payer pour stopper l’ inflation aux États-Unis au début des années 1980. L’inflation y était comparable à la nôtre en termes de niveau, mais elle a duré plus longtemps, de sorte que les attentes élevées en matière d’inflation ont réussi à prendre pied (ce qui n’est pas encore arrivé dans notre pays, mais cela va arriver si l’inflation n’est pas stoppée rapidement)… Il est clair que nous n’avons certainement pas besoin de ramener notre inflation au niveau des États-Unis des années 1970 ou de la Turquie moderne : nous ne voulons pas d’un taux de 50 % pendant des années ou d’une récession avec 10 % de chômage. Plus la lutte décisive contre l’inflation tarde, plus elle sera coûteuse. Mais ce n’est pas tout. À l’heure actuelle, le président a d’autres raisons de lutter résolument contre l’inflation, notamment politiques. » « Après tout, dans un avenir proche – à l’automne 2026 – nous aurons des élections à la Douma d’État, et avec une telle inflation, il sera très difficile pour le parti au pouvoir de participer avec succès à ces élections. Les gens ressentent l’inflation dans leur réfrigérateur, et les chiffres de croissance économique, même s’ils sont très impressionnants, sont toujours diffusés à la télévision. Aucun ralentissement de la croissance économique ou même une récession n’inquiétera la population s’il ne s’accompagne pas d’un chômage de masse, mais cela ne nous menace certainement pas dans un avenir prévisible. Les autorités peuvent donc bien se rendre aux urnes avec un taux directeur élevé et des taux de croissance économique faibles, mais pas avec une inflation telle qu’elle est actuellement. Après tout, en fin de compte, le réfrigérateur l’emporte toujours sur la télévision pour façonner l’opinion publique . »
*[L’image principale est une caricature de John Fischetti parue dans le Chicago Daily News du 9 septembre 1969. Richard Nixon a remporté les élections de novembre 1968, mais un an après le début de son mandat, il est confronté à la même combinaison mortelle que le président Johnson l’année précédente, à savoir l’augmentation des pertes dues à la guerre et la hausse de l’inflation des prix à la consommation. -
Peter Ford, ancien ambassadeur britannique en Syrie. et Rick Sterling – entretien sur l’effondrement de l’Etat syrien

Peter Ford, ancien ambassadeur britannique en Syrie. et Rick Sterling – entretien sur l’effondrement de l’Etat syrien
Par Rick Sterling, le 06 janvier 2025.
Rick Sterling : Pourquoi pensez-vous que l’armée et le gouvernement syriens se sont effondrés si rapidement ?
Peter Ford : Tout le monde a été surpris, mais avec le recul, nous n’aurions pas dû l’être. Pendant plus d’une décennie, l’armée syrienne a été vidée de sa substance en raison de la situation économique extrêmement difficile de la Syrie, principalement causée par les sanctions occidentales. La Syrie ne disposait que de quelques heures d’électricité par jour, n’avait pas d’argent pour acheter des armes et ne pouvait pas utiliser le système bancaire international pour acheter quoi que ce soit. Il n’est donc pas surprenant que l’armée ait été réduite à néant. Avec le recul, on pourrait dire que la surprise vient du fait que le gouvernement et l’armée syriens ont réussi à repousser les islamistes. L’armée syrienne les a repoussés dans la redoute d’Idlib il y a quatre ou cinq ans. Mais par la suite, l’armée syrienne s’est détériorée, elle est devenue moins prête au combat sur le plan technique et sur le plan moral.
Les soldats syriens sont principalement des conscrits et ils souffrent autant que n’importe quel Syrien ordinaire de la situation économique vraiment épouvantable de la Syrie. J’hésite à l’admettre, mais les sanctions occidentales ont été extrêmement efficaces pour faire ce qu’elles étaient censées faire : mettre l’économie syrienne à genoux. Nous devons donc dire, et je le dis avec un profond regret, que les sanctions ont fonctionné. Elles ont fait exactement ce qu’elles étaient censées faire : faire souffrir le peuple syrien et susciter ainsi le mécontentement à l’égard de ce qu’ils appellent le régime.
Les Syriens ordinaires ne comprenaient pas les complexités de la géopolitique, et ils blâmaient le gouvernement syrien pour tout : pas d’électricité, pas de nourriture, pas de gaz, pas de pétrole, une inflation élevée. Tout ce qui découlait du fait d’être coupé de l’économie mondiale et de ne pas avoir de partisans aux poches pleines.
La Syrie était attaquée et occupée par de grandes puissances militaires (Turquie, États-Unis, Israël). Plus des milliers de djihadistes étrangers. L’armée syrienne était tellement démoralisée qu’elle n’était plus qu’un tigre de papier à la fin de la journée.
RS : Pensez-vous que le Royaume-Uni et les États-Unis ont participé à l’entraînement des djihadistes avant l’attaque de décembre sur Alep ?
Peter Ford : Absolument. Les Israéliens aussi. Le chef de Hayat Tahrir al Sham (HTS), Ahmed Hussein al Sharaa (anciennement connu sous le nom de Mohammad abu Jolani) a très certainement des conseillers britanniques en arrière-plan. En fait, j’ai détecté la main de ces conseillers dans certaines des déclarations faites dans un anglais impeccable. L’orthographe de ces déclarations était américanisée, ce qui signifie que la CIA est également présente. Jolani est une marionnette qui dit ce qu’ils veulent qu’il dise.
RS : Quelle est la situation actuelle, un mois après l’effondrement ?
Peter Ford : Il y a des escarmouches ici et là, mais dans l’ensemble, les islamistes et les combattants étrangers font la loi. Il y a des poches de résistance à Lattaquié où les Alaouites se battent littéralement pour leur vie. Une grande partie des combats porte sur les tentatives des HTS, les dirigeants actuels, de confisquer les armes. Les Alaouites résistent et il y a des poches de résistance dans le sud où il y a des milices druzes locales.
Le HTS est très dispersé sur le terrain. Il éprouve des difficultés à s’affirmer. Bien qu’ils aient eu le dessus sur l’armée syrienne, ils n’ont jamais eu à se battre. Je dirais qu’ils ne disposent que d’environ 30 000 combattants et, répartis sur l’ensemble du territoire syrien, ce n’est pas beaucoup. Il existe une importante poche de résistance dans le nord-est, où se trouvent les Kurdes. Les alliés américains des Kurdes résistent.
La soi-disant Armée nationale syrienne, qui est un front pour l’armée turque, pourrait entrer dans une guerre à part entière contre les forces kurdes. Mais cela dépendra en partie de ce qui se passera après l’investiture du nouveau président américain, de la manière dont Trump traitera la situation.
RS : Que vous disent les gens en Syrie ?
Peter Ford : L’histoire n’est pas belle à voir. Les HTS et leurs alliés ont paradé pour montrer leur domination, brandissant les drapeaux d’ISIS et d’Al-Qaïda. Ils ont brutalisé, intimidé, confisqué et pillé. Les soldats chrétiens et alaouites qui se sont rendus ont fait l’objet d’une justice sommaire, les exécutions en bord de route étant la norme. Dans leurs villes et villages, les chrétiens essaient simplement de se terrer et de prier. Littéralement. Je suis au regret de dire que les hauts dignitaires religieux chrétiens, à une ou deux nobles exceptions près, ont opté pour l’apaisement et ont effectivement trahi leurs communautés. Les hauts responsables de l’Église orthodoxe, en particulier de l’Église gréco-catholique, se sont fait photographier avec des dignitaires du régime djihadiste.
Ils tendent l’autre joue. C’est tout un contraste avec les Alaouites. Mais ils n’ont pas le choix. Vous vous souvenez peut-être que le slogan des armées djihadistes pendant le conflit était : « Les chrétiens à Beyrouth, les alaouites dans la tombe ». Le HTS multiplie les rencontres avec les religieux et les discours lénifiants. Pendant ce temps, leurs hommes de main circulent dans des camions arborant des drapeaux de l’ISIS. Ce que j’entends est très déprimant.
Le régime laisse les Alaouites totalement à l’abandon. Les médias occidentaux parlent à peine du sort des Alaouites et encore moins de celui des Chrétiens.
RS : Les médias occidentaux ont diabolisé Bachar al Assad et même Asma Assad. Quelle était votre impression de Bachar et d’Asma lorsque vous les avez rencontrés ? Que pensez-vous des accusations selon lesquelles ils auraient accumulé des milliards de dollars ?
Peter Ford : Ces accusations sont totalement fallacieuses. Je connais certains membres de la famille Assad, dont certains ont vécu de nombreuses années en Grande-Bretagne. Ils vivaient dans des conditions personnelles très modestes. Si Assad avait été milliardaire, comme ils le disent, une partie de cet argent aurait été redistribuée. Je peux vous garantir que cela n’a pas été le cas. Ces accusations vont également à l’encontre des impressions que j’ai recueillies lorsque je fréquentais les Assad en tant qu’ambassadeur. Ils appréciaient les bonnes choses de la vie comme tout le monde, mais ils n’étaient pas du genre (Ferdinand et Imelda) Marcos. Rien de tout cela. Ce ne sont que des mensonges, inventés pour servir l’agenda le plus profond.
Les coups de pied des médias à l’encontre de Bashar et d’Asma Assad sont vraiment déplaisants. C’est inutile. Il a déçu les quelques partisans qui lui restent, même s’il n’était pas réaliste, je crois, qu’ils en attendent davantage. Mais le fait est qu’il est parti quand d’autres n’étaient pas en mesure de le faire, et nombre d’entre eux ont été tués, ou se cachent, ou se sont échappés au Liban dans certains cas, où ils se cachent également.
Il s’en est sorti, mais s’acharner sur lui comme le font les médias est vraiment déplaisant et inutile. Cela s’apparente à ce nouveau genre de pornographie politique, les histoires de torture, la narration exagérée sur la prison et les tombes qui sont ouvertes. En fait, la plupart de ces tombes sont des morts de guerre. Il ne s’agit pas de personnes torturées à mort comme le prétendent les médias. Des centaines de milliers de personnes sont mortes au cours du conflit qui a duré plus d’une décennie, et nombre d’entre elles ont été enterrées dans des tombes anonymes. Mais les médias occidentaux se délectent de ce nouveau genre de porno Assad.
Tout cela a pour but de faire accepter au public occidental la façon dont l’Occident s’allie à Al-Qaïda. Plus ils diabolisent Assad et insistent sur les méfaits du régime Assad, plus nous sommes susceptibles d’avaler et d’être détournés des atrocités hideuses qui sont commises en ce moment même.
Les dirigeants occidentaux baisent les pieds d’un homme qui est toujours un terroriste recherché et qui a été un membre fondateur d’ISIS, pour l’amour de Dieu, ainsi qu’un membre fondateur d’Al-Qaïda en Syrie. C’est moralement répugnant et honteux.
Jolani a désespérément besoin de l’Occident maintenant. Sinon, il connaîtra le même sort que Bashar al-Assad. Si l’économie continue sur la trajectoire des dernières années, Jolani ne sera plus que de la chair à canon dans peu de temps.
Il doit apporter une amélioration économique massive et rapide pour survivre en tant que dirigeant. Et c’est bien de cela qu’il s’agit. Sa stratégie consiste évidemment à exploiter son statut de marionnette de l’Occident afin d’obtenir non seulement une aide à la reconstruction, à long terme, mais aussi, dans l’immédiat, un allègement des sanctions, le rétablissement de l’électricité et du pétrole.
N’oublions pas que le pétrole et le gaz syriens sont toujours entre les mains des États-Unis qui, par l’intermédiaire de leurs marionnettes kurdes, contrôlent un segment de l’économie qui représentait, je crois, 20 % du PIB et fournissait du pétrole essentiel pour le carburant, la cuisine et tout le reste. Il doit mettre la main dessus et faire lever les sanctions. C’est de cela qu’il s’agit en grande partie. Mais il a un problème majeur : Israël. Israël n’est pas d’accord. Israël est l’exception. Tout le front occidental se met en quatre pour aller baiser les pieds du sultan de Damas. Mais les Israéliens serrent les dents, disant qu’ils ne lui font pas confiance.
Israël détruit les restes de l’armée syrienne et son infrastructure. Pendant ce temps, il s’empare de plus en plus de terres syriennes. Ils veulent maintenir la Syrie à genoux indéfiniment en insistant pour que les sanctions occidentales ne soient pas levées. J’ai l’impression qu’une bataille royale se déroule à Washington entre ce que nous pourrions appeler l’État profond, qui serait favorable à la levée des sanctions, et le lobby israélien, qui s’y oppose pour des raisons israéliennes égoïstes.
Etant donné que le lobby israélien gagne ces batailles neuf fois sur dix, les perspectives ne sont peut-être pas très bonnes pour le régime de Jolani.
RS : Quels sont vos espoirs et vos craintes pour la Syrie ? Quel est le scénario le plus cauchemardesque et quel est le meilleur possible ?
Peter Ford : Je suis très pessimiste. Il est très difficile de voir une lueur d’espoir dans ce qui s’est passé. La Syrie a été retirée de la table des acteurs du Moyen-Orient. L’ancienne Syrie est bel et bien morte. La Syrie était le dernier homme debout, le dernier Etat parmi les pays arabes qui soutenaient les Palestiniens. Il n’y en avait pas d’autre. Il y avait des milices comme le Hezbollah et le Yémen, mais il n’y avait pas d’autres États que la Syrie. Aujourd’hui, la Syrie a disparu et les djihadistes disent au monde qu’ils s’en fichent. D’ailleurs, c’est un exemple de la façon dont les Israéliens ne veulent pas assumer les faits. Les djihadistes ne cessent de dire au monde : « Nous aimons Israël. Nous nous moquons des Palestiniens. Acceptez-nous, s’il vous plaît. Nous vous aimons. » Et les Israéliens n’acceptent pas de répondre par l’affirmative.
Le meilleur espoir pour le peuple syrien est d’obtenir un peu de répit. Il est possible d’imaginer un scénario dans lequel le peuple syrien serait en mesure de se rétablir, du moins économiquement, un scénario dans lequel les sanctions seraient levées, dans lequel le gouvernement central de la Syrie reprendrait le contrôle de son pétrole et de ses céréales, où les combats auraient cessé, où il n’aurait plus à payer pour entretenir une armée parce qu’il n’essaierait pas de le faire. Il pourrait être en mesure de tout mettre en œuvre pour la reconstruction.
Il est donc possible d’imaginer un scénario dans lequel la Syrie perdrait son âme, mais gagnerait plus d’heures d’électricité. C’est peut-être le scénario le plus probable. Mais il existe des obstacles majeurs, comme nous l’avons évoqué : Israël qui fait obstacle aux sanctions, la levée des poches de résistance dans les rangs des djihadistes, la Turquie qui se déchaîne contre les Kurdes et ISIS qui n’est pas encore une force complètement épuisée. Les perspectives sont donc évidemment nuageuses. Nous devrions faire le point dans un mois, lorsque nous verrons les premiers jours du nouveau régime à Washington, dont beaucoup dépendra.
RS : Au cours de son premier mandat, Trump a tenté de retirer toutes les troupes américaines de l’est de la Syrie, mais ses efforts ont été ignorés. Cela aurait peut-être pu faire une grande différence ?
Peter Ford : Oui, cela aurait pu changer la donne. Si la Syrie avait eu accès à son pétrole, elle n’aurait pas eu de problème de carburant ou d’électricité. Cela aurait pu changer l’histoire de la région.
Aujourd’hui, les États-Unis augmentent le nombre de soldats et de bases en Syrie. Et ils ont récemment assassiné un dirigeant d’ISIS qui pourrait avoir joué un rôle dans le déclenchement de la récente attaque terroriste aux États-Unis. Tout cela fait qu’il est maintenant beaucoup plus difficile pour Trump de retirer les forces américaines parce que cela sera perçu comme une retraite, une récompense pour ISIS.
J’ai soutenu pendant des années que les sanctions ne fonctionnaient manifestement pas. Mais en fin de compte, elles ont fonctionné. C’est comme un pont. Il est miné et soudain il se brise. Il n’y avait pas de cause unique. C’était juste le point culminant et les choses ont atteint un point de basculement.
Propos recueillis le 6 janvier 2025 par Rick Sterling
Rick Sterling est un journaliste indépendant basé dans la région de la baie de San Francisco.
Source : Gérard Colasse
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الطاهر المعز-متابعات، نشرة أسبوعية – العدد 108، بتاريخ ا25 من كانون الثاني/يناير 2025

متابعات، نشرة أسبوعية – العدد 108، بتاريخ ا25 من كانون الثاني/يناير 2025 : الطاهر المعز
يتضمن العدد الثّامِن بعد المائة، من نشرة « متابعات » الأسبوعية فقرة عن توقّف العدوان – ولو مُؤقّتًا – في غزة، وفقرة عن بعض ملامح « سوريا الجديدة »، وفقرة عن ذكرى اغتيال روزا لكسمبورغ، وفقرة عن التعاون التكنولوجي بين روسيا والصين في مجال الإتصالات و »الذّكاء الإصطناعي »، في مواجهة الحَظْر الأمريكي و « العقُوبات الغربية »، وفقرة عن ارتفاع مُعدّلات الفقر بفرنسا التي تنفق حكومتها المال العام لدعْم نظام أوكرانيا والكيان الصهيوني وفقرة عن إضراب عُمّال أمازون لأول مرة في الولايات المتحدة وفقرة عن هيمنة الولايات المتحدة على التحويلات المالية الدّولية من خلال السيطرة على منظومة « سويفت » وعلى الشبكة الإلكترونية الدّولية
نعي:
داوود أحمد مراغة “أبو أحمد فؤاد” – القُدس 1942 – 17 كانون الثاني/يناير 2025 – كان أحد مؤسسي وقادة الجبهة الشعبية لتحرير فلسطين وأحد أبرز القادة العسكريين للمقاومة الفلسطينية في الأردن ولبنان… انتمى إلى حركة القوميين العرب، قبل أن يُشارك في تأسيس الجبهة الشعبية لتحرير فلسطين ( كانون الأول/ديسمبر 1967)
فلسطين، غزة – تساؤلات مشروعة
عَبَّرَ سُكّان غزّة عن فَرَحِهم بوقف العدوان وحرب الإبادة ( ولو مُؤقّتًا)، وما كان العدو ليتفاوض ويُوَقِّعَ أي اتفاق لولا الصّمود البُطولي والإستثنائي للمقاومة طيلة حوالي 16 شهرًا، لكن وجب الحذر، فقد عَوَّدَنا الكيان الصّهيوني بعدم الإلتزام والتّنكُّر للإتفاقيات ( مثل مفاهمات أوسلو منذ 1993 )، وهو ما يحصل في لبنان حيث يواصل العدو القصف والإغتيال والتّدمير بعد أكثر من ستة أسابيع من وقف إطلاق النار، كما عوّدنا العدو بإعادة اعتقال الأسرى الذين يتم إطلاق سراحهم
تم تدمير قطاع غزة بشكل شبه كامل، ويُقدّر عدد الشهداء والمُصابين والمفقودين بأكثر من مائتَيْ ألف شخص، أو حوالي 10% من سكان قطاع غزة، قبل توقيع الإتفاق يوم الخامس عشر من كانون الثاني/يناير 2025، ولم يتم نَشْرُ تفاصيل الإتفاق فيما نُشرت بعض « التّسريبات » من الإتفاق المُحرّر باللغة الإنغليزية ولم تتجاوز وقف إطلاق النار وتبادل الأسْرى، دون أي ضمانات لمراقبة التنفيذ، وأعلن رئيس حكومة العدو عدم الإنسحاب من محور فيلادلفيا ( بين غزة وسيناء ) ولن يكون هناك وقف نهائي للحرب، وهو في ذلك مُحِقٌّ فلن يحصل الوقف النّهائي للحرب قبل زوال الكيان الصهيوني أو الإبادة الكاملة للشعب الفلسطيني…
لم يتطرق الإعلام القَطَرِي إلى مستقبل قطاع غزة وإعادة الإعمار، وقد يبدأ الكيان الصهيوني الفصل الثاني من العدوان بعد إطلاق سراح الأسرى الصهاينة…
من جهة أخرى، قَدّرَ الإعلام الصّهيوني عدد المُجَنَّدِين من قوات الإحتياط بحوالي 220 ألف، وعدد القتلى من العسكريين بنحو 840 جندياً والجرحى بنحو 14 ألفاً، بمعدل يقل قليلا عن ألْف مُصاب شهريا، كما بدأ الإعلام الصهيوني يكشف التّكلفة المادّية ( الإقتصادية ) للعدو، فقد قَدَّرَ الموقع الإقتصادي الصهيوني « كالكاليست » يوم الأحد 19 كانون الثاني/يناير 2025، كلفة الحرب على فلسطينِيِّي غزة، حتى الخامس عشر من كانون الثاني/يناير 2025، بنحو 150 مليار شيكل (41,8 مليار دولار)، وتتراوح الأرقام الرسمية بين 34,09 مليار دولارًا ( وزارة المالية الصهيونية ) وأكثر من 67,75 مليار دولارا وفق البنك المركزي الصهيوني، ويشمل هذا المبلغ « النفقات العسكرية وتكاليف الأمن وخسائر الإيرادات، والنفقات المدنية الناتجة عن الحرب… »
تسببت الحرب في نُزُوح الإستثمارات الأجنبية وتراجع قيمة البورصة وشلل قطاعات السياحة والزراعة والصناعة، وفي ارتفاع العجز المالي إلى 5,2 مليارات دولارا… ولولا الدّعم الإمبريالي ( الأمريكي والألماني والبريطاني خصوصًا ) لكانت هذه الحرب كارثة على اقتصاد العدو…
سوريا 2025
استولت هيئة تحرير الشام ( النُّصرة سابقا، التابعة لتنظيم القاعدة) على السلطة بدعم تركي وأطلسي ونشرت الشرطة بسرعة ولكنها لم تُعِر أي اهتمام للإحتلال الصهيوني، بل أعلنت إن العدو الرئيسي هو إيران وليس الكيان الصهيوني…
ينعكس هذا الموقف السياسي في مجال الإقتصاد، حيث أعلنت هيئة تحرير الشام فَتْح أبواب البلاد أمام الإستغلال الإقتصادي للشركات العابرة للقارات، وأبلغت الرأسماليين المحليين والدوليين أنها « تتبنى نموذج السوق الحرة والتّخلِّي عن سيطرة الدولة على الإقتصاد وتعمل على دَمجه في الاقتصاد العالمي »، وقد تزامن دخول المليشيات الإرهابية دمشق مع ارتفاع وتيرة تدمير البنية التحتية والمواقع الاقتصادية والصناعية السورية من قِبَلِ قوات الإحتلال الصهيوني ولم تفعل الحكومة التي تهيمن عليها هيئة تحرير الشام شيئًا لمواجهة هذه الهجمات، رغم أهمّيّة الحفاظ على الأصول الاقتصادية الرئيسية لإعادة بناء البلاد…
تُعَدّ هذه التصريحات والأقوال والأفعال مُؤشِّرًا على نوع الدولة التي يخطط الزعماء الإرهابيون لبنائها، فهذه المليشيات ( مثل هيئة تحرير الشام ) متحالفة مع الإمبريالية الأميركية ومع تركيا الأطلسية، وهو نقيض للنهج الإقتصادي السابق الذي سمح للدّولة بالتّدخّل في مجالات الرعاية الصحية والتعليم المجاني وتحديد الأسعار وتوزيع السلع، بهدف تحقيق قدر من الاستقلال السياسي…
اعترف جيمس جيفري ( مسؤول سياسات الشرق الأوسط بوزارة الخارجية الأمريكية) لشبكة بي بي إس، إن الولايات المتحدة كانت على اتصال مستمر مع هيئة تحرير الشام التي أعلن زعيمها: « نريد أن نكون أصدقاءكم. نحن لسنا إرهابيين. نحن فقط نقاتل الأسد »، وكانت الولايات المتحدة تساعدها « بشكل غير مباشر » لأنها مُصنّفة ككيان إرهابي من قبل وزارة الخارجية، واستجابت قيادة هيئة تحرير الشام للنصيحة الأمريكية فأصدرت خلال شهر تموز/يوليو 2022 وثائق بشأن « مستقبل سوريا »، وتتضمّن « التّعَهّد بتبني نموذج السوق الحرة، وفتح الأسواق المحلية للاقتصاد العالمي »، وما إلى ذلك من العبارات التي يبدو إنها منقولة من وثائق صندوق النقد الدولي الذي رفضت حكومة سوريا قُرُوضَهُ منذ سنة 1984، ومن المُتَوَقَّع أن تتم ترجمة « إصلاح الإقتصاد » بنقل الثروات والشركات الوطنية إلى الشركات العابرة للقارات، وأن تُصبح سوريا تعتمد على توريد الغذاء والدّواء والطاقة ( حيث تُسيطر الولايات المتحدة على حقول المحروقات وعلى الأراضي الزراعية الخصبة، شرقي نهر الفُرات، فيما يُسيطر الكيان الصهيوني على المياه) وبذلك يُصْبِح الاقتصاد السّوري مجرد سوق للإنتاج الأجنبي، وخاضعًا لسيطرة القوى الإمبريالية، ويقتصر دور الجيش على القمع الدّاخلي، فيما يحتل الكيان الصهيوني المزيد من الأراضي… ( التصريحات وبعض البيانات منقولة عن وكالة رويترز بتاريخ 12/12/2024 )
تونس – الإتحاد العام التونسي للشغل 20 كانون الثاني/يناير 1946 – 2025
تأسس الإتحاد العام التونسي للشغل – أول نقابة عُمالية في إفريقيا والوطن العربي – يوم 20 كانون الثاني/يناير 1946 وشارك قادته في النضال الوطني ضدّ الإستعمار الفرنسي المُباشر ( 1881 – 1956 ) ودفعت قواعده القيادة التي تنتمي إلى الحزب الحاكم ( حزب الدّستور ) إلى إعلان الإضراب العام يوم 26 كانون الثاني/يناير 1978، وإلى القَطْع مع السّلطة
يعيش الإتحاد العام التونسي للشغل حاليا أزمةً قد تعصف به، بسبب البيروقراطية والإدارة غير الدّيمقراطية التي أدّت إلى إقصاء عشرات المسؤولين النقابيين المنتخبين، بسبب معارضتهم تضرفات القيادة البيروقراطية التي تشبثت بالمكاسب المادّية وانقلبت على قرارات المؤتمرات، مثل تحديد فترة « المناصب » القيادية، وبسبب الصراعات الدّاخلية، وكذلك بسبب معاداة السلطة السياسية للعمل النقابي وللإتحاد العام التونسي للشغل.
ذكرى
روزا لوكسمبورغ – آذار/مارس 1871 بمدينة زاموش – بولندا ( الجزء الذي كانت تحتله روسيا ) واغتيلت يوم 15 كانون الثاني/يناير 1919
واحدة من أهم مُناضلي ومُنَظِّرِي الماركسية في ألمانيا وضمن اليسار الثّوري والأممية الثانية، ومناضلة نسائية وعُمّالية، مناهضة للإمبريالية وداعمة لحق الشعوب في تقرير مصيرها، وكانت ذات ثقافة واسعة ومتنوعة، حيث درست الرياضيات والعلوم، ثم القانون والاقتصاد السياسي، وقدمت أطروحة دكتوراه حول ” تطور بولندا الاقتصادي” (آذار/مارس 1897)، وشاركت بمؤتمر الأممية الثانية بباريس، بصفة منتدبة بولونية، وهي من مؤسسي الحزب الاشتراكي الديمقراطي لبولندا وليتوانيا، واضطرت إلى مغادرة بولندا سرّا إلى سويسرا ثم ألمانيا حيث حصلت على الجنسية الألمانية وساهمت بنشاط في النضال الثوري ببولندا وألمانيا وشاركت في ثورة 1905 في روسيا، وساهمت في النقاشات الفكرية ومناظرات الشيوعيين مع كارل ولويز كاوتسكي واوغست بيبل، وفرانز مهرنغ وكلارا زيتكين وفلاديمير لينين، وكتبت عددًا من الكراسات والكتب ومجموعة من المقالات من بينها مجموعة تحت عنوان ” إصلاح اجتماعي أم ثورة ؟” و “الإضراب الجماهيري، والحزب والنقابة” (1906) والخلاصات التحليلية والإستراتيجية من ثورة 1905، ونادرًا ما كان المناضلون بارعين في مجالات الدّعاية والتّحريض، فيما كانت روزا لكسمبورغ بارعة في المَجَالَيْن
حرّض تيّار « الدّيمقراطية الإجتماعية » على اغتيالها لمّا كانت تتحمّل مهام قيادة « رابطة سبارتاكوس الجديدة » منذ 1915،
ندّدت بالفريق البرلماني للحزب الإشتراكي الدّيمقراطي الألماني، و بالبيروقراطية النقابية اللّذَيْن تَصَالَحَا عمليا مع الرأسمالية والدّولة الألمانية، خصوصًا بعد تصويت نواب الحزب في البرلمان على اعتمادات الحرب العالمية الأولى، مثل كل فروع الأممية الثانية، بينما ناضلت روزا لوكسمبورغ ضد الحرب، مما أدّى إلى سجنها مرارا بتهمة “التحريض على التمرد” و ” تحريض الجنود على العصيان” و ” إهانة الإمبراطور” وكتبت بالسجن « أزمة الاشتراكية الديمقراطية » وتم نشره باسم مُستعار، وناضلت روزا وليبكنخت وزيتكين ومهرنغ ضد الحرب ومن أجل بناء منظمة أممية جديدة، الأممية الثالثة التي تأسست بعد اغتيالها سنة 1919…
تأبعت من السّجن الأخبار القليلة التي كانت تصلها عن الثورة الروسية، وكتبت عنها مجموعة من المقالات وكتاب « الثورة في روسيا » الذي نُشِرَ بعد اغتيالها…
بعد خروجها من السّجن بفضل الثورة الألمانية ( تشرين الثاني/نوفمبر 1918) ساهمت مع قادة رابطة سبارتاكوس – وبالأخص كارل ليبنيخت – في نقاش مواضيع هامة مثل المُشاركة في الإنتخابات البرلمانية ودَوْر النقابات قبل أن تُقَرِّرَ الحكومة « الاشتراكية الديمقراطية » اغتيالهما مع مئات المناضلين العماليين، يوم 15 كانون الثاني/يناير 1919.
كتبت روزا لكسمبورغ – ردًّا على المُرتدّ إدوارد برنشتاين – عضو الحزب الإشتراكي الدّيمقراطي الألماني، سنة 1898 ضمن كتاب : » إن الذين يحبذون وسيلة الإصلاح التشريعي بدلا من الثورة الإجتماعية كوسيلة للاستيلاء على السلطة السياسية، لا يختارون طريقا مختلفًة لإنجاز الثورة بل يختارون هدفا مختلفا، بديلا عن هدف بناء مجتمع جديد، فهم يُدافعون عن الإكتفاء بتعديلات سطحية على المجتمع القديم ” (“إصلاح اجتماعي أم ثورة ؟” ومن أهم منشوراتها:” مدخل إلى الاقتصاد السياسي” (1907-1912) و كتاب ” تراكم الرأسمال” (1913)روسيا والصين- تعاون تكنولوجي
تطمح روسيا منذ سنوات أن تصبح قوة في مجال تقنية الإتصالات والتكنولوجية فائقة التّطَوُّر، لكن الولايات المتحدة كانت – ولا تزال – بالمرصاد لعرقلة جهود أي منافس محتمل، حيث تحتل الولايات المتحدة والصّين الصدارة في مجال تطوير الذكاء الاصطناعي، فضلا عن حرب أوكرانيا التي عرقلت جُهود روسيا، وكانت هذه الحرب ذريعة لتشديد « العقوبات » ضد روسيا، وحَظْر تصدير منتجات التكنولوجيا الفائقة إلى روسيا، كما إلى الصّين، ولذلك قرّرت روسيا – التي غادرها العديد من العُلماء والمُتَخصِّصين في مجالات التكنولوجيا – التّعاون مع الصين في مجال الإبتكار وتطوير « الذّكاء الإصطناعي » للتغلب على العقوبات « الغربية » المفروضة على التقنيات المتطورة، ولكسر هيمنة الولايات المتحدة على القطاع التكنولوجي، وطلب فلاديمير بوتين، خلال شهر آذار/مارس 2024، من حكومته تطوير مجلات التكنولوجيا، وإنشاء وحدات تحكم ألعاب فيديو وخدمات ألعاب سحابية وأنظمة تشغيل خاصة بها بهدف تسريع استقلال روسيا عن الدول الغربية ومنع العقوبات من شل صناعة التكنولوجيا الروسية، كما أعلن الرئيس الرّوسي خلال شهر تشرين الثاني/نوفمبر 2024، عند تقديم مشروع استرتيجية تطوير تكنولوجيات الذّكاء الإصطناعي: » لا ينبغي السماح للغرب باحتكار مجال الذكاء الاصطناعي، وسوف يتم قريبًا إقرار استراتيجية لتطوير هذه التكنولوجيا »، ثم دعا الحكومة ومصرف « سبيربنك »، أكبر مصرف روسي ومبتكر التكنولوجيات الجديدة، إلى الشراكة مع الصين لتطوير الذكاء الاصطناعي، ثم انعقد مؤتمر دولي حول الذكاء الاصطناعي في موسكو في الفترة من 11 إلى 13 كانون الأول/ديسمبر 2024، حيث أكد بوتين على ضرورة تطوير الذكاء الاصطناعي، وأعرب عن رغبته في تطوير التّدريب ودَمْج الذكاء الاصطناعي في الأنظمة الحكومية لتطوير التعليم والتأهيل، وتنظيم مؤتمرات دولية حول هذا الموضوع، ونشر المجلات الدولية حول تكنولوجيا الذكاء الاصطناعي و إنشاء منصة في موسكو لعرض الإنجازات في هذا المجال، إلى جانب تعزيز التعاون مع الصين في مجالات التمويل والتصنيع والنقل والحوسبة الكمومية وتعزيز الابتكار والتّكامل بين البحث التكنولوجي والابتكار، والتطبيقات وبمكن لموارد البيانات والقاعدة التكنولوجية في الصين أن توفر سيناريوهات تطبيقية عملية للبحوث النظرية في روسيا التي تميّزت جامعاتها ومراكز البحث بها بتطوير خوارزميات الذكاء الاصطناعي والنظريات الأساسية، فيما تميّزت مراكز البحث الصينية بتطوير استخدام البيانات وتحسين الخوارزميات، بهدف تعزيز التطبيقات الصناعية وتسويق تقنيات الذكاء الاصطناعي الروسية، في مجالات مثل الطاقة والفضاء والصناعة والأسلحة…
فرنسا – ارتفاع معدلات الفقر
ينشر مرصد عدم المساواة تقريرا عن الفقر في فرنسا كل عامين، ويشير تقريره الرابع الذي نشر نهاية العام 2024 – والمبني على أرقام رسمية – إلى أن الفقر يتزايد بين الفئات الشعبية منذ عقدين من الزمن، وتقدم الوثيقة نظرة عامة شاملة ومنظورًا نقديًا للبيانات المتعلقة بالفقر في فرنسا.
قُدِّرَتْ عتبة الفقر المالي بدخْل يُعادل 1014 يورو شهريًا للشخص الواحد و1500 يورو للزوجين، و2500 يورو لأُسْرة مُكونَة من زوجين مع طِفْلَيْن يزيد عمرهما عن 14 عامًا، ويتراوح معدل الفقر في فرنسا سنة 2022 بين 8,1% و14,4%، من العدد الإجمالي للسّكّان، أي ما بين 5,1 ملايين و9,1 ملايين فقير، بحسب اختلاف المصادر التي تُجْمِعُ على عدم تَحَسُّنِ مستوى معيشة أفقر 10% من السكان طيلة عشرين عاماً، بل على العكس من ذلك، فقد ظل الدّخل راكداً حول ألف يورو شهرياً للشخص الواحد بين عامَيْ 2002 و2022، وفقاً للمعهد الوطني للإحصاء والدراسات الاقتصادية ( Insee ) الذي يشير إلى أن المستوى الحقيقي للدخل لأفقر 10% انخفض بنسبة 9%، بين سَنَتَيْ 2008 و2021.
تتعرض بعض الفئات الاجتماعية بشكل خاص للفقر، وخصوصً العمال والموظفون والأُسر ذات العائل الوحيد والمعوقون والمهاجرون، ويرتفع معدل الفقر بشكل خاص بين الشباب، حيث يبلغ 11,4% بين من تقل أعمارهم عن 18 عاما، و10% بين الذين تتراوح أعمارهم بين 18 و29 عاما، مقارنة بـ 8,1% بين جميع السكان.
ترتفع نسبة الفقر بشكل مُخيف لدى العاملين بعقود هشة أو بدوام جزئي، لكن أكثر من نصف الفقراء الذين تزيد أعمارهم عن 18 عامًا « غير نشطين » ( لا يعملون ولا يحصلون على منحة عَطالة ) وتشمل هذه الفئة العاطلين عن العملوالمتقاعدين والبالغين الذين تخلّوا عن البحث عن عمل والأمهات ربات البيوت والطلاب الذين يعيشون مع والديهم، وما إلى ذلك. أما النصف الآخر من السكان الفقراء فهم من الموظفين والعاملين لحسابهم الخاص والمُعَطّلِين عن العمل، ويبلغ معدل الفقر بين المُعَطَّلِين عن العمل نسبة مرتفعة تصل إلى 24,5%، ويُؤثر ارتفاع معدّل الفقر على معنويات المواطنين، حيث تُظهر الإستطلاعات إن 80% من الفرنسيين يشعرون بالقلق إزاء الفقر الذي تزايد منذ سنة 2018، بحسب مرصد عدم المساواة الذي يوصي بزيادة الأجور وتعزيز الخدمات العامة لمحاربة الفقر.
الولايات المتحدة – إضراب تاريخي لعمال « أمازون »
أطلق عمال الشركة العابرة للقارات « أمازون » للتجارة الإلكترونية، وهي ثاني أكبر شركة عالمية وتبلغ قيمته في البورصة تريلْيُونَيْ دولارا، إضرابًا تاريخيًا على مستوى الولايات المتحدة، مباشرةً قبل الأعياد المسيحية للأسبوع الأخير من سنة 2024، وحَظِيَ الإضراب بمساندة غير مسبوقة، فيما كانت التحضيرات النقابية ضعيفة، وكان حَضُور الشرطة مُكثّفا واعتقل عناصر الشرطة ( الفرْقة التي تخصّصت في قَمْع التظاهرات المُندّدة بالكيان الصّهيوني ) عددًا غير مُحَدَّد من المضربين، لأنهم يحتجون ضدّ الإستغلال الفاحش والرواتب الضعيفة وانعدام أمان الوظيفة والتّأمين…
بدأ الإضراب في سبعة مراكز لتوزيع السّلع، من بينها مركز كوينز في نيويورك، في خضم موسم الاستهلاك الشتوي، حيث يضطر عمال أمازون إلى العمل لساعات إضافية إجْبارِيّة للإستجابة لزيادة الطّلب، على أن تلتحق المواقع الأخرى ( نيويورك وأتلانتا وولاية إلينوي وسان فرانسيسكو وجنوب كاليفورنيا وداكس…) تدريجيا وفق جدول زمني مُحَدَّد، وبدأ الإضراب لما رفض مئات السائقين تفريغ طرودهم، مُتعلّلين بالرواتب الضعيفة رغم ارتفاع وتيرة العمل وعدد الساعات وغياب الرّعاية الصّحّية والتّأمين، فيما يُكدّس رئيس الشركة ( جيف بيزوس، ثاني أغنى رجل في العالم ) مليارات الدّولارات من الأرباح، وبعد وقت قصير ألقت فِرَق الشرطة – المُختصّة في قمع المظاهرات – القبض على سائق ونقابي سابق وعضو من الإتحاد الدّولي لسائقي الشّاحنات (IBT) ويُمثل الفرع النقابي بشركة أمازون حوالي عشرة آلاف عامل، وترفض الشركة الإعتراف بنقابة العُمّال، وأخرجت الشرطة أحد السّائقين بالقُوّة من الشاحنة المُحَمَّلَة بالطُّرُود التي كان يسُوقها واعتقلته، بهدف ترهيبه لأنه كان يُحرّض زُملاءه على الصّمُود، من أجل الإعتراف بنقابتهم، وإعادة التفاوض على عقودهم، وإجراء تغييرات حقيقية، وإنهاء العمل الإضافي الإلزامي، وزيادة الحد الأدنى للأجورليصل إلى 30 دولارًا في الساعة.
يُعَدّ نضال عمال أمازون حلقة من نضالات الحركة العمالية الأمريكية من أجْل ظروف عمل أفضل وأُجُور أعْلَى سواء في شركة بوينغ أو في صناعة السيارات، ويُدِير شركة أمازون مُؤسّسها جيف بيزوس الذي تَبَرّع مؤخرًا بمليون دولار لصناديق تنصيب دونالد ترامب، وتقدم شركة أمازون خدماتها لدولة الكيان الصّهيوني التي تمارس الإبادة الجماعية ضد الشعب الفلسطيني والشعوب العربية، وتتعاون الشّركة مع الشرطة ووكالة الهجرة والجمارك الأمريكية لِتَرْهِيبِ عمال أمازون والمهاجرين.
انتهى إضراب سائقي شاحنات نقل وتوزيع الطُّرُود – الذي استمر خمسة أيام – بشركة أمازون دون التوصل إلى حل، بسبب الأساليب البيروقراطية للنقابة التي أدّت إلى ضُعْف المُشاركة العُمالية في الإضراب، واعلنت نقابة العاملين إنها سوف تُنَظِّمُ اعتصامات وإضرابات أخرى، خصوصًا بعد أن سلّطت العديد من وسائل الإعلام الضّوءَ على ظروف العمل السيئة والخطيرة برواتب هزيلة…
سويفت، أداة هيمنة مالية أمريكية على العالم
أسّست بعض المصارف الدّولية ومعظمها أوروبية، قبل أكثر من خمسة عُقُود، شبكة « سويفت » ( SWIFT ) لتنظيم المعاملات المالية الدّولية من خلال نظام الرسائل بين المصارف، وتم اختيار بروكسل (عاصمة بلجيكا) مقرًّا لنظام « سويفت » الذي تَوَسَّعَ ليُصبح أداة المراسلة الرئيسية للنظام المصرفي الدولي وللتحويلات المالية والمعاملات التّجارية العابرة للحدود، ولم تنضم الولايات المتحدة إلى الشبكة سوى سنة 1977، لكنها سرعان ما سيطرت عليها وسرقت الإستخبارات الأمريكية البيانات المصرفية، خصوصًا بعد « تطبيع » وتعميم المعاملات الإلكترونية، بداية من سنة 1998، لأن الولايات المتحدة تُهيْمن على الشبكة الإلكترونية التي تمر عبرها المعاملات المصرفية الدولية، واستغلت الولايات المتحدة فرصة تفجيرات أيلول 2001 لتُحَوّل التجسّس المصرفي إلى عمل قانوني باسم محاربة الإرهاب ومكافحة تمويل المنظمات الإرهابية، وأنشأت الولايات المتحدة، سنة 2004، مكتب مكافحة الإرهاب والاستخبارات المالية ضمن وزارة الخزانة، وأقَرّ الكونغرس قوانين استثنائية لـ »مكافحة الإرهاب »، وأصبحت الحكومة الأمريكية تُراقب كافة العمليات والتّحويلات المالية لشبكة « سويفت »، داخل أو خارج الولايات المتحدة، بذريعة منع « تمويل الإرهاب »، وبعد سنتَيْن، امتدّت الرقابة (سنة 2006) إلى حسابات الدول الحليفة وأعضاء حلف شمال الأطلسي، ولم تعترض دُول ومصارف أوروبا التي كانت من مُؤسّسِي هذه المنظومة المالية، ليُصبح التجسس المالي أمْرًا واقعًا قبل الموافقة الرسْمية للإتحاد الأوروبي، وبذلك تمكّنت الولايات المتحدة من الإطّلاع على معاملات الصين وروسيا وإيران، والسّطو على الأموال التي أودعتها بعض الدّول بالخارج لتسوية معاملاتها التجارية ونهبت الولايات المتحدة احتياطي العملات الأجنبية لروسيا وأفغانستان وإيران وفنزويلا وغيرها، فضلاً عن إقرار نظام الحَظْر و »العُقُوبات »، واستبعاد المنافسين والخُصُوم من التّجارة الدّولية ومن النظام المصرفي الدّولي، من خلال السيطرة على « سويفت »، وتعرّضت العديد من المصارف ل »عقوبات » وغرامات أمريكية بذريعة « انتهاك العقوبات »…
لهذه الأسباب أنشأت روسيا والصين أنظمة بديلة لـSWIFT، ولكنهما لم تتمكنا من الإفلات من مراقبة وزارة الخزانة الأميركية، بسبب الشبكة الإلكترونية، لأن كلًّا من سويفت والإنترنت هما آليتان تضمنان هيمنة الولايات المتحدة على بقية العالم، وهو أمر ليس في متناول أي دولة أخرى حاليا، وتناقشُ مجموعة « بريكس » مسألة إنشاء منظومة مالية خاصة بها.
الطاهر المعز
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Philippe Tancelin-Quelle paix ?! (poème)

A la minute qui précéda la signature d’un accord, l’armée d’occupation dynamitait ce qui restait encore debout de certaines maisons épargnées…A l’heure de la trêve, la plus grande partie de Gaza se révèle rasée…
A l’instant où les gazaouis comptent 20.000 enfants orphelins et découvrent dans les ruines les squelettes des leurs par centaines…
Quelle paix ?
A cette heure où tombent des bombes sur Jénine et les agressions de colons se multiplient en Cisjordanie…
Quelle paix ?!
Quand depuis des mois le brasier de la haine consume tout espoir
et chaque information porte ici sa rayure de silence
Quelle paix lorsque le prétendu grand ouvert de nos fenêtres sur le monde
dévoile le plus obscur des regards d’avenir
La paix…La paix… oui la paix… Mais sous quel clair de nuit pour chacune de ses lettres
marquées du fantôme du possible ?
A quel horizon adosser l’apparent calme du jour venant ? Lors
Je ne vois couler du citronnier que sève-sang des larmes
En le jour déchiré déchirant
inqualifiable au milieu des récits ravagés par les censures
quel vocable peut venir près des lèvres ouvrir une arène de prières?
Passeurs de lumières à travers la nuit des événements nous voulons chercher le sentier imaginaire
dont la guerre ne sortira plus vivante
Par quel cri entre les mots
couvrir la parole faussaire qui détourne les faits?
Comment depuis l’exhalaison des tombes-décombres porter le souffle de l’ange
jusqu’en les plaies du sens des choses ?
Sous les aubes brisées
errant de part en part du devenir
que contenir des larmes pour recueillir la joie?
Du double discours des fossoyeurs d’histoire arrachons la paix à la confusion des voix-
-simulacres d’appels
Osons un autre labour de ciel
qui romprait les entraves aux signes du large dessinerait les gestes de libre arbitre
d’un frère à l’autre
La Paix…La paix… Oui la paix
à commencer par une parole de vérité face aux vigies du commun mensonger
La paix demande visage à bout de traits tirés
La paix demande rivage à bout de terres comptées A bout d’impuissance à convoquer le juste
Oui…
La paix demande par chacun de ses pas sur le sable des promesses une robe de berger
qui guiderait l’étoile vers la source d’équité
à ce jour arrêtée par le sang
Philippe Tancelin
23/1/2025
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Vijay Prashad- Les aspirations prométhéennes des nations les plus sombres


Les États-Unis considèrent l’émergence de la Chine et d’autres pays asiatiques comme une « concurrence féroce ». Pour les pays du Sud, cependant, ces développements offrent de nouvelles opportunités pour poursuivre un développement souverain.Depuis des décennies, il est clairement admis que les modèles de développement proposés par le Fonds monétaire international (FMI) et le Consensus de Washington – dette, austérité, ajustement structurel – n’ont tout simplement pas fonctionné. La longue histoire d’adversité vécue par les anciens pays coloniaux reste intacte. Un coup d’œil aux chiffres de la base de données du projet Maddison 2023 montre que le produit intérieur brut (PIB) mondial en parité de pouvoir d’achat (PPA) a augmenté de 689,9 % entre 1980 et 2022 (passant de 18,8 billions de dollars à 148,5 billions de dollars). Cependant, au cours de la même période, les taux de pauvreté mondiaux n’ont pas diminué à un rythme proportionnel, ce qui indique que les avantages de la croissance économique mondiale n’ont pas été répartis rationnellement. La seule exception à cette tendance est la Chine. Le rapport le plus récent de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), intitulé
Un monde de dette, nous montre que la dette publique mondiale a atteint un « niveau record » de 97 000 milliards de dollars (2023) et que la dette publique des pays en développement a augmenté deux fois plus vite que celle des pays développés depuis 2010. Il n’est pas surprenant que, pendant des décennies, des institutions comme la Banque mondiale et le FMI aient dit aux pays du Sud que la seule façon de se sortir de la dette était d’emprunter, c’est-à-dire de s’endetter davantage. En 1998, le Wall Street Journal a écrit sans ambages que le FMI « n’a pas combattu les incendies financiers, mais les a aspergés d’essence ».
En 1980, sous la direction du président Julius Nyerere, le gouvernement tanzanien a organisé la Conférence Sud-Nord sur le système monétaire international et le nouvel ordre international. Cette conférence a débouché sur l’Initiative d’Arusha, qui appelait à la création d’une nouvelle autorité monétaire internationale qui serait sous gestion et contrôle démocratiques, avec une unité monétaire internationale qui servirait à la fois de moyen d’échange international et d’actif de réserve primaire. « Le monde ne peut pas continuer à se permettre une situation », a fait valoir l’Initiative d’Arusha, « où un pays impose sa propre monnaie pour jouer ce rôle et où la création monétaire internationale incontrôlée et les mouvements spéculatifs transnationaux sont autorisés ». Cette conférence était l’une des nombreuses à cette époque, alors que la crise de la dette du tiers monde se profilait à l’horizon et qu’il semblait clair que les prescriptions politiques du FMI ne permettraient que la souffrance et non le développement. « Quand le FMI est-il devenu un ministère international des Finances ? », a demandé M. Nyerere dans ses remarques lors de la conférence. « Quand les nations ont-elles accepté de lui céder leur pouvoir de décision ?… Les problèmes de mon pays et d’autres pays du tiers monde sont suffisamment graves sans l’ingérence politique des responsables du FMI. S’ils ne peuvent pas aider, ils devraient au moins cesser de s’en mêler ».

Pourtant, malgré l’opposition des dirigeants du tiers-monde comme Nyerere, l’ingérence du FMI a continué. Nyerere a terminé ses remarques les mains en l’air : « Je crois qu’ils supporteront les sacrifices et les fardeaux supplémentaires que les conditions actuelles nous imposent, tant qu’ils auront l’assurance que nous faisons de notre mieux pour partager équitablement les fardeaux et continuer à poursuivre nos propres politiques ». Mais quelles étaient les « nôtres » politiques ? Cela n’a été ni esquissé lors de la conférence ni clairement articulé au cours des cinq dernières années du mandat de Nyerere en tant que président. En 1986, l’année suivant le départ de Nyerere, le nouveau gouvernement tanzanien s’adressa au FMI et adopta le Programme de relance économique, qui réduisait les dépenses publiques et libéralisait le contrôle des changes. Sans alternative en vue, la Tanzanie a dû se rendre au FMI et abandonner les politiques de développement coopératif d’Ujamaa que Nyerere avait mises en œuvre.
À quelques années d’intervalle, les pays du Sud traversent le même cycle. Après avoir capitulé devant le FMI et son régime d’austérité de la dette, une crise profonde s’installe inévitablement et conduit à des troubles politiques. De nouvelles forces émergent alors qui promettent une issue à la crise, de nouveaux gouvernements prennent le pouvoir et, après plusieurs expériences, ces pays retournent au FMI et le cycle se poursuit une fois de plus. Malgré la création de « nos politiques », comme l’a noté Nyerere, l’équilibre des forces a été si défavorable qu’aucun programme indépendant de ce type n’a été possible. Tout appétit pour un nouvel ordre économique international a été réprimé, et il y a eu un manque de financement concessionnel suffisant pour des politiques en dehors de la recette du FMI.
Dans son dernier discours en tant que président des États-Unis, Joe Biden a déclaré : « C’est une concurrence féroce en cours – l’avenir de l’économie mondiale, la technologie, les valeurs humaines et bien d’autres choses encore ». Cette « compétition mondiale », a-t-il dit, oppose les États-Unis et leurs alliés d’un côté et « l’Iran, la Russie, la Chine, la Corée du Nord » de l’autre, et les États-Unis sont en train de la « gagner ». Il y a quelque chose de juvénile dans ce discours. Aucun autre pays n’a parlé de « concurrence ». Lorsqu’un journaliste de l’Agence France-Presse a interrogé le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, sur ces remarques, il a répondu calmement : « Au cours des quatre dernières années, les relations sino-américaines ont connu des hauts et des bas, mais sont restées stables dans l’ensemble. » Il n’y a pas eu de belligérance. Les mots clés du reste du discours étaient « consultation », « dialogue » et « coopération ». Mais Biden a raison. L’émergence de la Chine et d’autres pays asiatiques en tant que source de demande de biens et de financement pour l’industrialisation dans les pays du Sud a fait pencher la balance des forces pour les pays en développement. Maintenant, ils n’ont plus à compter sur le FMI. Le centre de gravité du commerce et de la technologie mondiaux est en train de se déplacer.

C’est précisément parce que ce glissement est désavantageux pour les États-Unis – et le capital monopoliste qu’il représente – qu’ils ont commencé à voir la situation comme une « concurrence », alors que les pays qui ont émergé en tant que grandes puissances économiques y voient leur droit au développement. Nous, à l’Institut Tricontinental de recherche sociale, ne voyons pas la situation mondiale actuelle comme une « concurrence » au sens où la décrit Biden, mais comme une opportunité. À mesure que de nouvelles sources de financement et d’investissement émergent, les pays du Sud auront une autre occasion de « poursuivre nos propres politiques », comme l’a dit Nyerere il y a un demi-siècle. Quelles seront ces nouvelles politiques ?
Dans notre dernier dossier, Vers une nouvelle théorie du développement pour les pays du Sud (réalisé en partenariat avec Global South Insights), nous soutenons qu’il existe une corrélation ultra-forte entre la part de la formation nette de capital fixe dans le PIB et la croissance économique. En termes simples, ce qui est fondamentalement nécessaire pour faire croître une économie, c’est l’investissement dans de nouveaux actifs fixes (qu’il s’agisse de bâtiments, d’infrastructures ou de machines industrielles). De plus, nous montrons une corrélation statistiquement significative entre le PIB par habitant et l’espérance de vie. Ces résultats montrent clairement que l’entrée d’investissements directs étrangers et de flux financiers spéculatifs n’améliorera pas à elle seule les indicateurs sociaux. La qualité du financement est essentielle au programme de développement, et au cœur de celui-ci se trouve le processus d’industrialisation. Aucun pays ne s’est développé sans une industrie mécanique moderne et, pour autant que nous puissions le dire à notre époque, il n’est possible pour aucun pays de se développer sans développer sa capacité industrielle. Nous devons investir pour construire, construire pour grandir et grandir pour améliorer la vie des gens.

Notre institut passera les prochaines années à explorer les différents aspects d’une nouvelle théorie du développement. Nous pensons que cette opportunité, que Biden qualifie de « concurrence », est trop importante pour être laissée à fumer. Il y a de la poésie dans les dernières lignes du dossier :
Le révolutionnaire africain Amílcar Cabral nous a enseigné que le but de la libération nationale est « la libération du processus de développement des forces productives nationales ». Par conséquent, la formulation d’une nouvelle théorie du développement pour les pays du Sud est aussi un retour à la source de nos luttes pour nous libérer de l’impérialisme et du néocolonialisme. Avec lui, nous tracerons le chemin des aspirations prométhéennes des nations les plus sombres.
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الطاهر المعز-دونالد ترامب رَمْز الغَطْرَسَة الأمريكية المُكَثَّفَة

دونالد ترامب رَمْز الغَطْرَسَة الأمريكية المُكَثَّفَة : الطاهر المعز
مهرجان الأثرياء واليمين المتطرف
عاد دونالد ترامب إلى البيت الأبيض وأدّى اليمين الدستورية في « كابيتول هيل » يوم الاثنين 20 كانون الثاني/يناير 2025، ليصبح رسميًا الرئيس السابع والأربعين للولايات المتحدة، وأعلن في خطاب تنصيبه « إن انحدار أميركا قد انتهى ويبدأ العصر الذهبي لأمريكا الآن… إن 20 كانون الثاني/يناير 2025 هو يوم التحرير… سنستعيد سيادتنا. سيتم استعادة أمننا »، وَوَقَّعَ فور تنصيبه العديد من المراسيم، من بينها الخروج من اتفاق باريس للمناخ وإعلان حالة طوارئ الطاقة، التي من المفترض أن تعزز إنتاج المحروقات في الولايات المتحدة، وأطلق حملة واسعة النطاق ضد المهاجرين وتضمّنت التّراجع عن الحقوق المُكتسبة لأبناء المهاجرين المولودين في الولايات المتحدة، واعتبر بعض اختصاصيِّي القانون إن هذا التّراجع يُعَدُّ خَرْقًا للتعديل الرابع عشر للدستور، كما أعلن حالة الطوارئ على حدود الولايات المتحدة مع المكسيك، واستئناف بناء الجدار على الحُدُود، كما أكد أنه يعتزم فرض رسوم جمركية بنسبة 25% على المنتجات القادمة من كندا والمكسيك المجاورتين اعتباراً من الأول من شهر شباط/فبراير 2025، في مخالفة صريحة لعلاقات الشراكة بين الدّول الثّلاث، ورَدّت الرئيسة المكسيكية كلوديا شينباوم على هذا الإستفزاز ب »ضرورة التّعقُّل والحفاظ على الهدوء » في مواجهة قرارات وسياسات دونالد ترامب التي بدأت منذ ولايته الأولي بين سنتَيْ 2017 و 2020 بشأن الهجرة وبشأن العلاقات التّجارية والرُّسُوم الجمركية وما إلى ذلك.
مقابل هذا التَّشَدُّد إزاء المهاجرين وأبنائهم وتجاه الفُقراء والدول الأخرى، يبدو دونالد ترامب مُتسامحًا جدًّا مع الأثرياء ومع اليمين المتطرف، وأصدر مرسوماً بالعفو عن أكثر من 1500 من أنصاره المشاركين في اقتحام مبنى مجلس النواب (كابيتول ) يوم السّادس من كانون الثاني/يناير 2021 وبتخفيف الحكم على أربعة عشر من مثيري الشغب الآخرين، المدانين بارتكاب أخطر الجرائم، وتم الإكتفاء بمدة السجن التي قضوها بالفعل، ومن بين أوائل المفرج عنهم: ستيوارت رودس، مؤسس ميليشيا « حراس القسم » اليمينية المتطرفة، الذي أطلق سراحه من السجن مساء الاثنين 20/01/2025، وتم تقليص عقوبة السجن لمدة 18 عامًا التي صدرت بحق مهاجمي الكابيتول – والتي تعد واحدة من أقسى الأحكام التي صدرت بحقهم – من قبل دونالد ترامب.
تحَوَّلَ حفل تنصيب دونالد ترامب إلى تَجَمُّعٍ لمليارديرات التكنولوجيا الذين حضروا الحفل، وفي مقدّمتهم إيلون ماسك، رئيس شركات تيسلا وسبيس إكس وإكس، الذي أظْهَر انتماءه لتيار اليمين المتطرف، وزادت خلال الأسابيع الأخيرة تصريحاته الداعمة لحزب البديل من أجل ألمانيا (حزب اليمين المتطرف الألماني)، ورئيسة الوزراء الإيطالية اليمينية المتطرفة، جيورجيا ميلوني التي كانت حاضرة في حفل تنصيب دونالد ترامب، والحزب البريطاني المناهض للمهاجرين… وأصبح بذلك مستشارًا سياسيًا لدونالد ترامب، واصطفّ كبار زعماء التكنولوجيا الأمريكية خلف دونالد ترامب وإيلون ماسك، وانضَمّ مارك زوكربيرغ مالك مجموعة « ميتا » – الذي كان ينتمي إلى الحزب الدّيمقراطي – إلى الحزب الجمهوري ليُصبِح مُنسجمًا مع تاريخه الطّويل في الدفاع عن القضايا اليمينية، من خصخصة المدارس إلى « تحرير الحكومة »، وتستضيف شركة ميتا، مع تطبيقاتها فيسبوك وإنستغرام وواتساب نحو 3,3 مليار مستخدم نَشِط، وتبلغ قيمتها 1600 مليار دولار في البورصة…
رئيس الأثرياء
شكّل حفل تنصيب الرئيس دونالد ترامب، يوم العشرين من كانون الثاني/يناير 2025، فُرصةً للأثرياء للتّقرّب من السّلطة السياسية، من خلال التبرعات التي لا تَعْدُو أن تكون استثمارًا يَدُرُّ عائدات وأرباحًا هامة، وتميز هذا الحفل بانضمام العديد من الأثرياء والرؤساء التّنفيذيين للشركات العابرة للقارات، ومنهم من أنفق الملايين لدعم الحملة الإنتخابية ولتمويل حفل التنصيب الذي أعلنت اللجنة المنظِّمَة إنها أنفقت أكثر من مائتَيْ مليون دولارا جمعتها من « المُتَبَرِّعِين » والشركات وكبار رجال الأعمال الأثرياء ( مقابل 62 مليون دولارا جمعتها لجنة تنصيب جوزيف بايدن سنة 2021 )
اعلنت شركات التكنولوجيا الكبرى مثل غوغل ومايكروسوفت وميتا وأمازون وأوبن إيه آي- التبرع بمبلغ مليون دولار أو أكثر، لكل منها، وتعهدت شركة العملات المشفرة ريبل بمبلغ خمسة ملايين دولارا ونظمت حفل افتتاح خاص بها، كما تبرعت الشركات المُدْرَجَة في بورصة وول ستريت مثل غولدمان ساكس وبنك أوف أميركا وصناديق التّحَوّط بمبالغ لم تُفْصِح عن قيمتها، وكان بعض مُدِيِري هذه الشركات مُعارضًا لدونالد ترامب في السّابق، لكن رأس المال يبحث عن الرّبح حيثما وُجِدَ، وأعرب بعض منتقدي ترامب السابقين مثل مارك زوكربيرغ من شركة ميتا، وجيف بيزوس من أمازون، وسام ألتمان من شركة أوبن إيه آي، عن أمَلِهم في الحصول على عقود حكومية كبرى خلال رئاسة دونالد ترامب، أي شراء الإمتيازات بواسطة التّبرّع للحملة الإنتخابية أو حفل تنصيب الرئيس…
بَرَزَ إيلون ماسك بضخامة إنفاقه على الحملة الإنتخابية وبحماسته ووقوفه إلى جانب دونالد ترامب الذي أنشأ وزارة على قياسه، سماها « وزارة كفاءة الحكومة » ويُجسّد إيلون ماسك تَوجُّهات دونالد ترامب واندماج السلطة الإقتصادية والمالية بالسّلطة السياسية، حيث نَصّب نفسه – من خلال دعم دونالد ترامب – مخلصًا للعصر الرقمي، ليمارس نفوذًا كبيرًا في مجالات عديدة، ولكنه لفت الإنتباه من خلال التّهريج الذي يُمارسه باستمرار، والذي أظْهَر دعمه لليمين المتطرف ودفاعه عن ورثة النّازية في ألمانيا، وأظْهَرَ عُنْصُرِيّتَهُ وصهيونيته – بعد أن كان على خلاف مع جوناثان غرينبلات، الرئيس التنفيذي لمجموعة الضغط الصهيونية و »منظمة مكافحة الكراهية » التي أطلقت على نفسها اسم رابطة مكافحة التشهير (ADL) – وكان يدّعي إنه مُؤَيِّدٌ لحريّة التّعبير المُطْلَقَة، ثم أصبح يُمارس الرّقابة على مُعارضي الصهيونية قبل زيارة فلسطين المحتلة لدعم جرائم الإبادة الجماعية والترويج للسرديات الصهيونية، بالتّوازي مع التصريحات المنسجمة تمامًا مع العنصرية الأمريكية البيضاء، وبذلك يُجسِّدُ إيلون ماسك التقاطع بين الرأسمالية والصهيونية – المتمثلة في دعم المشروع الإستعماري الإستيطاني الصهيوني، في ذروة العدوان الصهيوني – والعنصرية البيضاء وتعزيز الفاشية في العالم من خلال تجريم السكان الأصليين والسود والسمر والمهاجرين، وتَبَنِّي ما يسمى « التهديد الديموغرافي » ( « للعِرق الأبيض ») الذي يشكله المُهاجرون في أوروبا أو الفلسطينيون في بلادهم. أما الحل فهو الإبادة التّامة إن سمحت الظروف، أو الفصل العنصري، للمحافظة على « أمْن ونقاء الأمة البيضاء الغربية » التي تَضُمُّ اليهود الأوروبيين الذي أسّسُوا الكيان الصهيوني على أرض فلسطين ليكون الكيان الصهيوني وكيلاً لرأس المال – في مرحلة الإمبريالية – لاستغلال الموارد والموقع الإستراتيجي وتحقيق أقصى قدر من الأرباح…
يهمّنا كعرب وتقدّميين تتبّع مسار الرأسمالي إيلون ماسك الدّاعم للفاشية وللصهيونية، واندماجه تدريجيا في « مشروع أستير » وهو عبارة عن حملة للتشهير بكل من يُعادي النظريات العنصرية ومن يُعادي الصهيونية، ويتضمّن التّشهير بالفلسطينيين ومن يدعمهم، في إطار التّشْهِير بالسكان الأصليين والسود والسُمر والمهاجرين، والمثليين وجميع المجموعات المهمشة، والتّشهير بوجهات النظر المناهضة للاستعمار في كافة المجالات الإقتصادية والسياسية والعلوم والثقافة، وتحظى المجموعات الصهيونية الأمريكية (والأوروبية) بمكانة بارزة واختصّت في ملاحقة وقمع ومحاكمة كافة مظاهر المقاومة المناهضة للاستعمار…
استلهم إيلون ماسك من مشروع أستير وأطلق مشروع (DOGE ) وادّعى إنه « فرصة للشراكة بين القطاعين العام والخاص » بهدف تفكيك ما تَبقّى من برامج الرعاية في الولايات المتحدة، ويتضمن صيانة « القِيَم الأميركية » ضد شبح « النفوذ الأجنبي » الذي يُرَوِّجُ « مُعاداة الرأسمالية » والصهيونية، وقمع كل من يدعو إلى العدالة والمُساواة…
دبلوماسية العصا الغليظة
هناك ثوابت تُميّز سياسات الإمبريالية الأمريكية، بغض النّظر عن إسم الرئيس وعن لون الأغلبية النيابية في الكونغرس، وتمثلت حاليا في الدّعم المُطلق للكيان الصّهيوني وتعزيز حلف شمال الأطلسي وضخ الأسلحة والأموال في حروب الكيان الصهيوني وأوكرانيا ( نيابة عن الولايات المتحدة وحلف شمال الأطلسي) وتمثلت هذه الثّوابت كذلك في حِصار كوبا وفنزويلا وكوريا الشمالية وإيران وغيرها وفي تشديد الحصار واستفزاز روسيا والصّين
اشتهر دونالد ترامب باستفزازاته العديدة وباستهتاره بِقِيَم الأدب والإحترام واللّياقة، ومنذ اليوم الأول لرئاسته وَقَّعَ مرسوما يقضي بانسحاب الولايات المتحدة من منظمة الصحة العالمية، متهما الوكالة التابعة للأمم المتحدة بـ ”الاحتيال” على البلاد، وسبق للولايات المتحدة تجميد عضويتها في منظمات الأمم المتحدة (يونسكو ومنظمة الصحة العالمية…)، وكانت الولايات المتحدة قد انْضَمَّتْ إلى منظمة الصحة العالمية سنة 1948 على أساس قرار مشترك من الكونغرس، ولن يجد الرئيس صعوبة في تنفيذ قراره بحكم سيطرة الحزب الجمهوري على كلا المجلسين، ومن شأن هذا الإنسحاب أن يترك فجوة كبيرة في الموارد المالية لمنظمة الصحة العالمية، لأن أمريكا تساهم بحوالي 20% من إجمالي ميزانية المنظمة، بنحو 110 مليون دولار من المساهمات الإلزامية السنوية و1,066 مليار دولار من المساهمات الطوعية لميزانية سنة 2022-2023.
هدَّدَ دونالد ترامب بالإستيلاء على قناة بنما وعلى جزيرة غرينلاند ( مُرتبطة بالدّنمارك وتتمتع بالإستقلال الذّاتي إثر استفتاء شعبي) فيما صرّح رئيس وزراء غرينلاند : « لا نريد أن نكون أميركيين « ، كما هدّدَ أوروبا والصّين برفع التعريفات الجمركية على السلع الدّاخلة إلى الولايات المتحدة، ولذلك كثرت التصريحات في دافوس ( المنتدى الإقتصادي العالمي الذي صادف افتتاحه تنصيب دونالد ترامب) بشأن « الحرب التجارية » و « الدفاع عن التجارة الحرة »، وقدر المستشار الألماني أن الأوروبيين – الذين يريدون « تجارة عالمية حرة وعادلة » – سوف يدافعون « مع شركاء آخرين » عن هذا المبدأ ضد مبدأ « العزلة التجارية التي تضر بالرخاء »، وأعلن نائب رئيس مجلس الدولة الصيني دينغ شيويكسيانغ « إن نزعة الحماية لن تؤدي إلى أي شيء، وليس هناك فائزون في الحروب التجارية « . أما رئيسة المفوضية الأوروبية، أورسولا فون دير لاين، فتعتقد أن اتفاق باريس للمناخ « يظل أفضل أمل للإنسانية، وبالتالي فإن أوروبا ستواصل المسار وستواصل التعاون مع جميع الدول التي لديها الرغبة في حماية الطبيعة ووقف ظاهرة الاحتباس الحراري ».
رُدُود الفعل
أثارت التصريحات والمراسيم التي أَقَرّها جونالد ترامب رُدُود فعل مختلفة خارج الولايات المتحدة، فقد توجّهت حكومة بنما إلى الأمم المتحدة وعبّرت عن قلقها (يوم الثلاثاء 21 كانون الثاني/نوفمبر 2025 ) بشأن « نية دونالد ترامب المعلنة للاستيلاء على قناة بنما »، وتذرّع دونالد ترامب ب »عدم وفاء بنما بالوعد الذي قطعته لأن السفن الأمريكية تُسدّد مبالغ كبيرة من رسُوم العُبُور »، فيما أعلن رئيس بنما خوسيه راؤول مولينو، منذ يوم الإثنين 20/01/2025: « القناة لنا وستظل كذلك… لقد أدارت بنما هذا الممر البحري الحيوي من واقع الإحساس بالمسؤولية تجاه العالم والتجارة بما في ذلك تجارة الولايات المتحدة، وستظَلُّ بنما تدير القناة بحيادية دائمة »
عَبَّرَ دونالد عن نواياه العُدوانية بشأن بنما والصين وأوروبا والمكسيك وغيرها قبل فترة من تنصيبه، ومن بين هذه النّوايا السيطرة على قناة بنما – ولو باستخدام القُوّة العسكرية »، بذريعة ضمان الأمن الاقتصادي للولايات المتحدة الذي يتعارض (بحسب زَعْمِهِ) مع « خضوع هذا الممر البحري للنفوذ الصيني »، ونفى رئيس بنما أن تكون القناة خاضعة لتأثير الصين أو أي دولة أخرى، وأكد أن سيادة بلده واستقلاله أمر غير قابل للتفاوض، وإن “كل متر مربع من قناة بنما والمناطق المتاخمة لها هو ملك لبنما وسيظل تابعا لها. » (وكالة الصحافة الفرنسية أ. ف. ب. 21/01/2025)
بخصوص أوروبا، يعتقد الرئيس الأمريكي دونالد ترامب أن الدنمارك سوف تستسلم في نهاية المطاف بشأن قضية غرينلاند، الإقليم الدنماركي المستقل الذي تريد الولايات المتحدة السيطرة عليه، وقال إن « غرينلاند مكان رائع، ونحن بحاجة إليه من أجل الأمن الدولي، وأنا على يقين من أن الدنمارك ستتقبل فكرة منحها للولايات المتحدة »، لكن وزير الخارجية الدنماركي لارس لوك راسموسن، أعْلَنَ يوم الثلاثاء 21/01/2025: » لا يمكن أن يكون لدينا نظام عالمي تستطيع فيه الدول الكبيرة فعل ما يحلو لها ».
تتمتع غرينلاند، التي تسعى للاستقلال عن الدنمارك، باحتياطيات هائلة من المعادن والنفط غير مستغلة، بالإضافة إلى موقعها الاستراتيجي، وسبق أن أعرب دونالد ترامب، سنة 2019 خلال فترة ولايته الأولى، عن نيته شراء الجزيرة ورفضت غرينلاند والدنمارك هذا العَرْض
الحرب التجارية
تُقَدّر قيمة صادرات الإتحاد الأوروبي السنوية إلى الولايات المتحدة بنحو 500 مليار يورو، وقيمة واردات الإتحاد الأوروبي من البضائع الأمريكية بنحو 350 مليار يورو، ويريد دونالد ترامب ملء العجز التّجاري ولذلك أعلن الحرب التّجارية على أوروبا ( بعد الصين وكندا والمكسيك وغيرها) أي الحرب على عدّة جبهات، وأكد الرئيس الأميركي غداة تنصيبه في البيت الأبيض « إن هناك عجزاً تجارياً على حساب واشنطن، وإن الاتحاد الأوروبي سيء للغاية بالنسبة لنا… إنهم يعاملوننا بشكل سيء للغاية، فلا تشتري دُوَلُهُ الكثير من سياراتنا أو منتجاتنا الزراعية أو نَفْطنا وغازِنا، ولذلك لن يتمكن الإتحاد الأوروبي من التهرب من الرسوم الجمركية »، وأعلن يوم تنصيبه فرض ضرائب إضافية على المنتجات الأوروبية التي تدخل الأراضي الأميركية ( السيارات الألمانية أو النبيذ الفرنسي )، واعلنت رئيسة المفوضية الأوروبية أورسولا فون دير لاين ( التي تبالغ في الولاء للولايات المتحدة وحلف شمال الأطلسي وفي دعم الكيان الصّهيوني): « إن الإتحاد الأوروبي مستعد للتباحث مع الحكومة الأمريكية حول الرسوم الجمركية التي يعتزم دونالد ترامب فرضها على الاتحاد الأوروبي، لكننا نتواصل أيضا مع الصين، وسنواصل الدعوة إلى التعاون، ليس فقط مع أصدقائنا القدامى (…) ولكن أيضا مع كل البلدان التي لدينا معها مصالح مشتركة. »
يسعى الإتحاد الأوروبي منذ سنوات إلى تنويع الشركاء التّجاريين، ولكن لا يوجد إجماع داخل الاتحاد الأوروبي، لمواجهة التهديد الأمريكي، وكان الإتحاد الأوروبي قد أطْلَقَ مناقشات حول اتفاقية التجارة الحرة مع ماليزيا، ومحادثات لتمديد الاتفاقيات التجارية مع المكسيك وكندا، وهما دولتان أخريان مُهدّدتان من قِبَل الولايات المتحدة بضرائب جمركية بنسبة 25% بداية من الأول من شهر شباط/فبراير 2025، رغم اتفاقية الشركاة التجارية بين كندا والولايات المتحدة والمكسيك…
رُدُود فعل الصّين
عبّرت مُذَكِّرَة صادرة عن وزارة الخارجية الصّينية عن القلق من انسحاب الولايات المتحدة من اتفاق باريس للمناخ ومن منظمة الصحة العالمية، لأن « تغير المناخ يمثل تحديًا مشتركًا يواجه البشرية جمعاء، ولا يمكن لأي دولة أن تظل غير مبالية أو تحل المشكلة بمفردها، ولذا وجب تعزيز دور منظمة الصحة العالمية وليس إضعافه… إن الصين ستدعم منظمة الصحة العالمية في إنجاز مهامها، لتعزيز صحة الإنسانية »، كما حَذَّرَ نائب رئيس مجلس الدولة الصيني الذي يُشارك في مُنْتَدَى دافوس من « ‘الحروب التجارية التي ليس لها فائزون »، تعليقًا على إعلان الرئيس الأمريكي رفع الرسوم الجمركية بنسبة 60% أو أكثر، في وقت لاحق، « بعد الحديث مع الرئيس الصيني شي جين بينغ »، وأعلن المتحدّث باسم وزارة الخارجية الصينية: « إن الصين مستعدة لتعزيز الحوار والتواصل مع الولايات المتحدة ولإدارة الخلافات بشكل صحيح (… ) ونأمل أن تعمل الولايات المتحدة مع الصين لتعزيز التنمية المستقرة (…) للعلاقات الاقتصادية والتجارية الصينية الأمريكية »، وتجدر الإشارة إن الحرب التجارية ضد الصين لم تهدأ خلال فترة رئاسة جوزيف بايدن، حيث اتّخذ الرئيس والكونغرس عدّة قرارات تُعزّز الحرب التجارية وخصوصًا الحرب التكنولوجية ومنع تصدير أشباه المواصلات ومكونات الشّرائح بهدف عرقلة صناعة السيارات الكهربائية الصينية والهواتف « الذّكية » والحواسيب وأجهزة الإتصالات الحديثة…
مَوْقِعُنا
بخصوص قضايانا العربية، فإننا أدْرَكْنا منذ عُقود حجم ونوعية الدّعم الأمريكي (والأوروبي) المُطْلق للعدو الصهيوني، سواء كان الحُكْم بيد الحزب الجمهوري أو الدّيمقراطي، ويتميّز دونالد ترامب بالفجاجة وبالتّطَرُّف في مجالات السياسات الدّاخلية والخارجية، ولذلك نَوّهَ أشدّ القادة الصّهاينة تَطَرُّفًا « بسياساته الحكيمة » وبدعمه الثابت لدولة المُستوطِنِين، خصوصًا بعد قراره رفع العقوبات الأميركية عن المستوطنين المُسلحين المجرمين الأربعة المُتَّهَمين بارتكاب أعمال عنف ضد الفلسطينيين في الضفة الغربية المحتلة و « بالمشاركة في التهجير القسري للأشخاص والقرى وتدمير الممتلكات »، واتهمت السلطة الفلسطينية – التي تُشارك قواتها الأمنية في قتل وإصابة واعتقال المقاومين الفلسطينيين – دونالد ترامب « بتشجيع المستوطنين المتطرفين على مواصلة جرائمهم في الضفة الغربية »، ونددت برفع العقوبات الأميركية عنهم.
في سوريا، فقد هنأت السلطة الجديدة – التي يترأسها زعيم العصابات الإرهابية – الرئيس الأميركي بعد تنصيبه يوم الاثنين 20 كانون الثاني/يناير 2025، والإدّعاء « إنه الزعيم الذي سيحقق السلام في الشرق الأوسط »، وأعلن أحمد الشرع (أبو محمد الجولاني ): « نحن مقتنعون بأنه سيكون الزعيم الذي سيحقق السلام في الشرق الأوسط ويعيد الاستقرار إلى المنطقة (…) نحن نتطلع إلى تحسين العلاقات بين بلدينا على أساس الحوار والتفاهم ( في إطار ) شراكة تعكس تطلعات البلدين « ، لكن دونالد ترامب لم يستمع إلى توسّلاته من أجل رفع العقوبات التي فرضتها الدول الغربية على البلاد وشعبها.
من الضّرُوري دراسة وفهم ما يحدث في العالم، وخصوصًا ما ينتظرنا، غير إن الحل يكمن في درجة مقاومتنا وصمودنا، ثم في درجة دعم الأصدقاء لنا، والدّعم لا يعني القتال مكاننا بل دعم برامجنا ومخططاتنا…
الطاهر المعز
« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »
– Keiko, Londres
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– Sarah, New York
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– Olivia, Paris
