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  • Pepe Escobar- La réponse de l’Iran

    Pepe Escobar- La réponse de l’Iran

    Ce nouvel article contextualise des événements marquants de ces derniers jours (nomination d’Ali Khamenei et ses liens avec le CGRI, dommages militaires stratégiques subis par les USA, utilisation de missiles iraniens plus destructeurs, tentatives de cessez-le-feu, appel de Trump à Poutine, etc.) :

    « Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, 57 ans, élu par l’Assemblée des experts, n’a pas encore prononcé un seul mot en public.

    Le CGRI (Corps des Gardes de la Révolution Islamique) parle pour lui. Dès le début, Mojtaba était le candidat préféré pour succéder à l’ayatollah Khamenei, l’homme qui avait méticuleusement planifié comment mettre l’Empire à genoux. Il montre maintenant à toute la planète, en particulier aux pays du Sud, ce qui se cachait derrière la « modération » conseillée par Khamenei depuis des années. En quelques jours, le CGRI a aveuglé les radars américains sur tout le spectre de l’Asie occidentale; armé le détroit d’Ormuz, provoquant la chute de l’économie mondiale; et remis à Washington ce qui, à toutes fins utiles, équivaut à de l’intimidation pour le faire capituler.

    Ce ne sont là que quelques-unes des conditions saillantes d’un éventuel cessez-le-feu, en supposant que Téhéran en vienne à compter sur les États-Unis pour le respecter:

    *Levée de toutes les sanctions contre l’Iran et libération de tous les avoirs iraniens gelés.
    *Reconnaissance du droit de l’Iran d’enrichir de l’uranium sur son propre territoire.
    *Indemnisation intégrale des dommages causés par la guerre imposée.
    *Extradition des cinquièmes colonnes iraniennes à l’étranger et fin des campagnes médiatiques orchestrées contre Téhéran.
    *Ne pas mener d’attaques contre le Hezbollah au Liban ou contre Ansarallah au Yémen.
    *Le démantèlement de toutes les bases militaires américaines en Asie occidentale.


    Laissez cela s’enfoncer petit à petit. Ici, nous avons l’Iran qui demande à l’armée autoproclamée et exagérément la plus puissante de l’histoire du monde de, en substance, se rendre.
    Ajoutez maintenant à cela le commandant de la Force aérospatiale du CGRI, Majid Mousavi, annonçant que « après avoir neutralisé les couches de défense aérienne américaines dans la région, l’Iran passe à une nouvelle doctrine de missiles. Désormais, les missiles dotés d’ogives de moins de 1 tonne ne seront plus utilisés. Les vagues d’attaques de missiles deviendront plus fréquentes et plus répandues. »

    Cela se traduit déjà, dans la pratique, par le lancement par le CGRI de missiles balistiques à moyenne portée à combustible solide Kheibar Shekan, comme cela s’est produit plus tôt cette semaine à Tel Aviv et sur la Cinquième flotte américaine. États-Unis. à Bahreïn.

    Le code de cette première opération, de manière significative, était « Labbayk ya Khamenei ». Cela signifie « À votre service, ô Khamenei. » Considérez cela comme la première opération iranienne explicitement dédiée au nouveau guide suprême.



    Le Kheibar Shekan, d’une autonomie de 1450 km, est mobile par route; il est prêt à être lancé à partir d’un camion en moins de 30 minutes; il vole avec un guidage assisté par satellite avec un véhicule de rentrée maniable qui exécute une évasion terminale en zigzag à des vitesses qui, selon le CGRI, atteignent jusqu’à Mach 10.

    Et oui: à partir de maintenant, il transporte des ogives de 1 tonne. Cela double le rayon d’explosion et la puissance destructrice de chaque missile, autant qu’il double, triple ou quadruple l’intercepteur infernal américano-israélien.

    Un intercepteur Patriot PAC-3 coûte 4 millions de dollars. Un intercepteur THAAD coûte 12,7 millions de dollars. Un Arrow-3 coûte 3,5 millions de dollars. Tous ont été méthodiquement et systématiquement détruits par le CGRI.

    En pratique, désormais, le syndicat Epstein doit utiliser plus d’intercepteurs – ce qu’il n’a pas — pour que chaque missile entrant atteigne peut-être la même probabilité de succès.

    Et puis il y a les missiles Khorramshahr-4: à carburant liquide, d’une portée de 2000 à 3000 kilomètres, transportant des ogives encore plus lourdes, de 1500 à 1800 kilogrammes, avec des véhicules de rentrée maniables alimentés par des propulseurs. Nous parlons des ogives conventionnelles les plus lourdes de l’arsenal iranien, lancées avec le Kheibar Shekan amélioré.Tout cela au nom de « Labbayk ya Khamenei ». La symbologie dit tout.

    Ce sont les derniers faits indéniables sur le champ de bataille. En supposant que quelqu’un à Washington avec un QI supérieur à la température ambiante ait pris la peine de l’expliquer à la Maison Blanche, il n’est pas étonnant que Trump se vante maintenant que la guerre est « presque complète. »En fait, cela s’est produit après (c’est moi qui souligne) son appel téléphonique d’une heure au président Poutine, à la demande de la Maison Blanche.

    Le communiqué de Moscou, délivré par l’imperturbable conseiller présidentiel Yuri Ouchakov, contient cette perle de jade:

    « Le président russe a exprimé un certain nombre d’idées visant à parvenir à une résolution politique et diplomatique rapide du conflit iranien, notamment en tenant compte des contacts qu’il a eus avec les dirigeants des États du Golfe, avec le président iranien et avec les dirigeants de plusieurs autres pays. »

    C’est un langage diplomatique pour dire que Poutine a dit aux Américains de dures réalités et a proposé de trouver cette issue insaisissable. En supposant que Téhéran veuille collaborer. Selon la propagande incessante de Washington, les flagorneurs proverbiaux de Beltway exhortent Trump à « formuler un plan de retrait américain de la guerre », annonçant que « l’armée a largement atteint ses objectifs » (même si ce n’est pas le cas).

    Le fait est que la Maison Blanche a déjà demandé à la Turquie, au Qatar et à Oman de transmettre à Téhéran les propositions américaines de cessez-le-feu. La réponse iranienne est résumée ici:

    « Les négociations avec les États-Unis ne sont plus à l’ordre du jour », Abbas Araghchi, Ministre des Affaires étrangères

    Mohammad Ghalibaf, président du Parlement : « Nous ne cherchons pas du tout un cessez-le-feu. Nous pensons qu’il est nécessaire de frapper l’agresseur à la bouche pour qu’il apprenne la leçon et ne pense plus jamais à attaquer notre cher Iran ».

    Ce qui nous amène une fois de plus à nous demander pourquoi Trump, qui ne cesse de se vanter que « nous gagnons », appellerait le président Poutine alors que la guerre se poursuit, et quelques heures seulement après que Poutine ait fermement proclamé son « soutien indéfectible » à l’Iran et au nouveau Rahbar (« leader »), Mojtaba Khamenei ?

    La réponse, inévitablement, est que Trump cherche une issue. La majorité absolue de la planète, ainsi que de nombreux acteurs des territoires vassaux, accusent déjà les États-Unis de l’effondrement de l’économie mondiale.

    C’est parce que toute la continuité du gouvernement, mise en place par l’ayatollah assassiné Khamenei, est extrêmement confiante dans sa capacité à faire tomber le syndicat Epstein et à le mettre à genoux, trempé de sang. L’ayatollah Khamenei a réalisé ce qui pourrait entrer dans l’histoire comme la plus grande surprise de la géopolitique du XXIème siècle. Tout le mérite lui revient, pour sa clarté de vision, sa résilience, son altruisme et la planification méticuleuse et époustouflante de la stratégie de défense mosaïque, désormais en vigueur.



    Ce que l’Iran, sous la direction de Mojtaba Khamenei (et c’est un consensus national), veut maintenant, c’est une victoire sans équivoque. L’Empire du Chaos, du Pillage et des Attaques Permanentes, avec sa devise « Si ça ne me plaît pas, je le tue », doit être complètement humilié. 

  • Mohamed Adjou – Boumediene…quoi qu’en en dise…

    Mohamed Adjou – Boumediene…quoi qu’en en dise…

    Ils disent que c’était un psychopathe, un ambitieux, un baathiste, un agent de De Gaulle , un islamiste lié aux FM, un affidé de Nasser, un assassin, un vendu, un embusqué, qu’il a fomenté et exécuté un coup d’état pour prendre le pouvoir, qu’il a toléré la perpétuation de la présence française à Mers el Kébir et Oued Namous, qu’il a sinistré l’enseignement en l’arabisant, qu’il a fait le lit de l’islamisme, qu’il a sinistré l’agriculture en instaurant la Révolution Agraire, l’industrie en promulguant l’industrie industrialisante, détruit le système de santé en décrétant la médecine gratuite etc

    1- PSYCHOPATHIE : Tout le monde prend pour argent comptant et pour vérité indiscutable une petite confidence qu’aurait faite Fanon au Colonel Dehilès et dont ce dernier se serait ouvert à je ne sais plus qui… Mais personne ne se pose la question des relations entre les deux Colonels et du fait que les deux hommes n’étaient pas en parfaite entente…

    Même si le Colonel Dehilès ne peut être décemment accusé de mensonge, personne n’a osé faire la moindre réserve sur cette « analyse » de Fanon et personne ne s’est dit pourquoi il ne s’en est pas ouvert à d’autres cadres de la Révolution…

    Personne n’a pensé un seul instant que tout « révolutionnaire» est quelque part psychopathe car la méfiance dans laquelle il vit, vis-à-vis de ses pairs comme de ses adversaires ne peut lui permettre de rester psychologiquement serein…

    Je ne sais pas d’ailleurs pourquoi, en l’occurrence, on fait preuve de ce « deux poids et deux mesures »… S’il faut croire ce qu’a « dit » de Boumediène Fanon à Dehilès, ne devrait-on pas croire ce qu’a « écrit » Bessaoud Mohand Arab à propos de Dehilès et c’est autrement plus grave qu’un avis psychiatrique, les écrits sont là contrairement aux paroles qui elles, se sont envolées ?

    2- AMBITION DEMESUREE : L’ambition qui est méritoire car c’est un sentiment qui permet à l’individu de se surpasser est pour Boumediene une tare inexcusable…

    Cet homme qui fut le plus jeune Colonel de l’ALN ne s’est jamais imposé par les « vertus » du régionalisme et du clanisme (il avait choisi l’Oranie pour activer et non les régions où résidaient sa tribu et son clan, contrairement à la plupart des responsables)…

    Il a été nommé Colonel non pas par cooptation de ses amis (il n’en avait semble t’il pas) ni grâce à l’appui des grands chefs de sa région, mais pour ses qualités de sérieux et d’engagement qui frisaient l’ascétisme, ce que lui reconnaissent ceux qui l’estiment comme ceux qui le haïssent…

    3- ETIQUETTES : Cet homme dont tous les observateurs neutres reconnaissent l’ombrageuse algérianité a montré aussi bien durant la guerre qu’après l’indépendance qu’il n’avait jamais souscrit à une quelconque inféodation ni au courant arabiste, ni au courant islamiste, ni au néo-colonialisme ni même à la francophonie et n’a eu de cesse de les dénoncer avec une rare virulence…

    Le peu de sérieux de ces étiquettes est démontré par l’accusation de Nasserisme, de Frère Musulman et de Communisme… en même temps !…

    Il faut rappeler que Boumediene n’a jamais accepté les ordres ou même les conseils de Saddam, Assad, Nasser ou Hassan et se souvenir de son mémorable coup de gueule contre les pays qui ont assisté au sommet de la francophonie « Wallah ma yerb’hou chi ! » et son « Hussein el kelb ! » qui a suivi Septembre Noir en se disant que ce roi qu’il avait qualifié sous le coup de la colère de ce mot est le premier représentant de la Franc-Maçonnerie Arabe (comme il est connu depuis peu)…

    Se souvenir aussi de son froid avec Hafedh El Assad pour son refus de libérer Noureddine El Atassi et de sa consternation publique quand Numeiry fit pendre El Mahdjoub le communiste …

    Les étiquettes étant facile à coller, on a attendu qu’il disparaisse pour faire de lui la chose et son contraire, pour rassembler le plus large front possible contre lui…

    4- ILLEGITIMITE : On revient toujours à la prise du pouvoir par l’Armée des Frontières, mais personne n’ose reconnaître qu’en ces temps troubles où les Chefs de Guerre se voyaient tous Chefs d’Etat, Boumediene était le SEUL à avoir le droit d’intervenir pour arrêter les dérives car il était Chef d’Etat Major Général, nommé par les organes de la Révolution et disposait de la compétence, du pouvoir et de la légalité pour imposer l’ordre face aux dérives des uns et des autres et c’est à ce seul titre qu’il a intervenu et s’il n’avait pas intervenu, nous lirions dans les livres d’Histoire que cet Homme a failli à ses engagements…

    L’intervention de Boumediène ne s’est pas faite en qualité de Président de la République ou de prétendant à la présidence mais en qualité de chef suprême de l’Armée… Et son appel à Ben Bella a très certainement été en désespoir de cause…

    De plus, il faut le reconnaître, l’homme qui ralliait le plus de suffrages à l’époque et qui bénéficiait d’une plus forte sympathie populaire était Ben Bella, qu’on le veuille ou non, qu’on l’accepte ou pas… peut être pour sa faconde, peut être pour son air enjoué, peut être parce qu’il n’avait pas, comme certains de ses co-détenus, réuni ses partisans dans un parti et qu’il avait souscrit à l’idée de rester sous la bannière du FLN par conviction, « ruse de guerre » ou défaut de soutiens sérieux…

    5- UN PLANQUE QUI N A JAMAIS TIRE UN COUP DE FEU… Le paradoxe c’est que cette accusation qui fait rire vient essentiellement de ceux qui avaient souscrit au principe de la primauté du civil sur le militaire… Ceux qui décochent de manière récurrente cette flèche contre le président Boumediène oublient qu’un chef révolutionnaire n’est pas obligatoirement un soldat…

    Ils n’ont jamais accusé les autres grandes figures de la révolution de ne pas avoir canardé l’ennemi, de Ben M’Hidi à Bitat, de Benkhedda à Abane, de Ferhat Abbas à M’Hamed Yazid, de Ben Bella à Boudiaf…

    Ils ignorent ou font semblant d’ignorer que De Gaulle, Churchill et Eisenhower n’ont jamais pris les armes contre l’ennemi et que Castro ne tira certainement pas une cartouche en se faisant prendre par les troupes de Batista, et Ho Chi Minh et Giap n’ont peut être pas tiré une cartouche même s’il réussirent la tannée administrée aux Français à Dien Bien Phu puis aux yankees malgré leurs B52 et leurs défoliants.

    Je vais arrêter là… je sais qu’après avoir perdu des ami(e)s islamistes, arabistes, et kabylistes, je vais devoir supporter que le ciel me tombe sur la tête en me positionnant comme défenseur du Colonel Boumediène … mais j’ai fait le serment de dire ce qui me tient à cœur, pas ce qui me vaudra la sympathie de ceux qui aiment bien qu’on leur dise ce qu’ils veulent entendre…

    Mais j’ai bon dos et je compte bien développer le reste des points cités en introduction pour peu que je trouve le temps de le faire…

    Le courage, la volonté et les arguments ne me manqueront certainement pas…

    29/10/2017

    Source : https://www.facebook.com/100000246702335/posts/25883055891285947/?rdid=m1zzrwnZxZDJJWzM#

    Dans les reproches faits à Boumediène on rencontre outre ceux que j’ai cités dans la première partie et qui ne furent malheureusement que très peu débattus, les intervenants se cramponnant à 2 ou 3 idées fixes, on rencontre dis-je deux autres, l’un politique et l’autre économique, qui sonnent en « eureka » dans la bouche et les écrits de ses pourfendeurs :

    𝟏- 𝐥’𝐨𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐦𝐨𝐧𝐨𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢𝐬𝐭𝐞

    𝟐- 𝐥’𝐨𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐬𝐨𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐭𝐞

    Je vais, dans ce qui suit, essayer de dire quelques mots sur ces choix que certains jugent catastrophiques en faisant prévaloir l’idée que d’autres choix auraient permis au pays un décollage vertigineux quand d’autres affirment que sans ces choix le pays aurait été disloqué et la Révolution n’aurait même pas tenu la promesse de l’unité de la nation et de la conservation de son intégrité territoriale…

    Les deux ont bien sûr raison parce qu’avec des hypothèses toute conclusion se tient…

    𝟏- 𝐋𝐄 𝐂𝐇𝐎𝐈𝐗 𝐃𝐔 𝐏𝐀𝐑𝐓𝐈 𝐔𝐍𝐈𝐐𝐔𝐄.

    Ceux qui reprochent à Boumediene l’option monopartiste oublient sciemment cette incontestable évidence: L’Algérie n’est ni la France, ni le Maroc, ni la Libye, ni la Tunisie.

    L’Algérie est un cas unique.

    C’est un pays qui a subi une colonisation de peuplement et dont la décolonisation s’est faite avec une rare brutalité et une véritable politique de la terre brûlée.

    La guerre a été menée sous la bannière du FLN, un mouvement de libération qui avait pour programme essentiel et exclusif: LA LIBERATION DU PAYS car c’était en elle même un trop vaste programme…

    Pour y arriver, le FLN a du réduire toutes les velléités et les ambitions politiques (parfois fondamentalement divergentes) qui divisaient les Algériens: Ulémas, communistes, messalistes, arabistes, berbéristes, assimilationnistes…

    La mise au pas de ces tendances ne pouvait se faire avec un gant de velours et ça se comprend ! Et si les différentes tendances ont accepté de se fondre dans le moule du FLN, elles n’ont pas pour autant renié leurs principes ni pardonné cette mise au pas.

    A l’indépendance, deux choix se présentaient:

    a)- libérer les tendances et leur permettre d’activer, chacune selon ses conceptions.

    b)- adopter le même schéma politique que celui imposé par la guerre de libération …

    La première alternative ne pouvait être envisagée, sachant que le pays était d’une part extrêmement fragile et que d’autre part, la guerre froide battait son plein et faisait courir le risque d’une guerre civile dévastatrice sous les influences et les exhortations des deux blocs.

    Et c’est la deuxième option qui ne fut même pas choisie mais qui s’est imposée.

    La première Constitution a le mérite d’expliquer sans ambages cette option puisque dans son préambule elle dit textuellement:

     » Les régimes présidentiels et parlementaires classiques ne peuvent garantir (la) stabilité alors qu’un régime basé sur la prééminence du peuple souverain et du parti unique, peut l’assurer efficacement. »

    Le pouvoir de l’époque fut aussi très clair dans ses choix puisque:

    Le 14/8/63, le décret 63/297 fut promulgué; tous les ministres et Ben Bella signèrent l’interdiction  » sur l’ensemble du territoire national les associations ou groupements de fait ayant un caractère politique. »

    Et comme conséquence logique de ce décret, le 28/9/63 est prononcée la dissolution du FFS « considérant qu’il poursuit un but politique, que son activité est de nature à porter atteinte à l’intégrité du territoire et à l’unité nationale. »

    Le choix du parti unique ne découle pas de la volonté de Boumediene mais des résolutions sans ambiguïté du CNRA…

    Dans l’annexe réservée au parti, voici en toutes lettres ce qui est dit:

     » Pour réaliser les objectifs de la Révolution démocratique populaire, il faut un parti de masse puissant et conscient.

    Né dans le feu de l’action, le FLN a rassemblé en son sein toutes les forces vives de la nation. Des tendances diverses drainant des idéologies disparates ont coexisté en son sein.

    Les structures ont été élaborées d’une manière empirique et en fonction des besoins immédiate de la lutte.

    Sa reconversion en parti politique est devenue une nécessité impérieuse pour notre marche en avant. »

    Ceux qui accusent Boumediene d’avoir choisi le monopartisme se gardent toujours de citer ce texte et se contentent de disserter sur l’antinomie qui existe entre démocratie et parti unique… chose que le CNRA a évacuée à sa manière en prévoyant l’application de la démocratie dans le parti lui-même et non en dehors.

    Conclusion ; le monopartisme n’est pas une décision de Boumediene… le FLN a, dans la plate forme du Congrès de la Soummam exclu d’emblée le pluripartisme en dénonçant nommément toutes les tendances (communisme, messalisme, maraboutisme etc)…

    Mais les pourfendeurs de Boumediène ne font aucun cas des textes « fondamentaux » de la Révolution pour la bonne et simple raison qu’ils ne les ont pas lus ou… parce qu’ils croient plus pertinentes les théories démocratistes développées en «métropole»…

    𝟐- 𝐋’𝐎𝐏𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐒𝐎𝐂𝐈𝐀𝐋𝐈𝐒𝐓𝐄

    Dans le domaine économique aussi, deux alternatives (il n’y en a pas d’autres !) devaient s’imposer: le libéralisme ou le dirigisme.

    La propriété terrienne, commerciale ou industrielle étant vacante du fait du départ général et précipité des colons, commerçants et industriels français suite à la grave fracture entre les deux communautés causée par l’OAS, il fallait consacrer cette propriété « bien du peuple » ou l’affecter à de nouveaux propriétaires.

    La Révolution s’étant laissée prendre à son altruisme a préféré ne pas considérer cette propriété comme un butin de guerre et la répartir entre les combattants.

    Le pouvoir a confié l’exploitation des fermes dès le 22 octobre 1962 aux « Comités De Gestion » (décret signé par Ben Bella, Francis, Medeghri, Ouzeggane et Boumaaza) et en fit de même pour celle des usines, ateliers et mines le 23 novembre 1962 (décret du 23 novembre 1962 signé Ben Bella, Francis, Laroussi Khelifa et Boumaaza ).

    Le choix du socialisme qu’on avait surnommé « autogestion » s’est ainsi imposé de lui-même et bien malin celui qui peut même aujourd’hui suggérer une autre solution sans occulter les réalités des statuts des biens de production aux lendemains de la libération…

    Et pour prouver que le socialisme fut une option imposée aussi bien par la philosophie de la Révolution que par la situation réelle de l’économie et non par Boumediene, on doit savoir que le 5/4/1963 déjà Ben Bella avait nommé Mohamed Harbi conseiller chargé du secteur socialiste; et ce qu’on feint d’ignorer c’est que Boumediene fut plutôt accusé de tiédeur dans la mise en œuvre du socialisme plutôt que d’empressement…

    L’option socialiste qu’on impute à Boumediene ne fut en rien comme nous venons de le voir, une lubie du Kim Il Sung qui dormait en « Boukharrouba » mais une option prévue par les textes fondamentaux de la Révolution et imposée par le statuts des terres et des établissement industriels, artisanaux et commerciaux… C’est en tergiversant dans l’adoption de cette option que Boumediene aurait trahi la cause nationale, pas en l’assumant.

    Source : https://www.facebook.com/100000246702335/posts/25890749517183251/?rdid=bmYUwWhRKjdGIPRL#

    𝗔𝗖𝗖𝗢𝗥𝗗𝗦 𝗗’𝗘𝗩𝗜𝗔𝗡, 𝗢𝗨𝗘𝗗 𝗡𝗔𝗠𝗢𝗨𝗦, 𝗠𝗘𝗥𝗦 𝗘𝗟 𝗞𝗘𝗕𝗜𝗥, 𝗜𝗡𝗡 𝗘𝗞𝗘𝗥

    Il y’a d’abord une vérité sur laquelle s’accordent tous les gens intellectuellement honnêtes : Boumediene n’a pas accepté les termes des accords d’Evian négociés par Krim Belkacem et un aréopage de cadres de la Révolution parce qu’il y’aurait décelé des clauses limitant l’indépendance du nouvel état…

    Certains disent que ce refus n’est qu’une manifestation de sa jalousie morbide face à Krim qui, en signant ces accords s’est construit le statut de fondateur de l’Algérie moderne et que son refus de cautionner le texte découle de cette seule raison… Il s’en faut de peu pour qu’ils aillent prouver son implication dans l’assassinat du « lion du Djurdjura » en invoquant cette même raison…

    Il est quasi certain que les clauses rejetées par Boumediène sont militaires et concernent les facilités et concessions arrachées par Joxe et ses compagnons sur la poursuite de la présence de l’armée française dans « certains sites » après l’indépendance.

    Quant au rejet de ces accords pour cause de « jalousie », il ne tient pas la route… il n’a jamais été prouvé qu’une quelconque inimité existait entre les deux hommes si ce n’est peut être la méfiance inhérente à tous ceux qui cohabitent et agissent dans la clandestinité…

    Et puis, il faut savoir que parmi les 9 négociateurs : 𝑇𝑎𝑖̈𝑒𝑏 𝐵𝑜𝑢𝑙𝑎ℎ𝑟𝑜𝑢𝑓, 𝑆𝑎𝑎̂𝑑 𝐷𝑎ℎ𝑙𝑎𝑏, 𝑀𝑜ℎ𝑎𝑚𝑒𝑑 𝑆𝑒𝑑𝑑𝑖𝑘 𝐵𝑒𝑛𝑦𝑎ℎ𝑖𝑎, 𝐾𝑟𝑖𝑚 𝐵𝑒𝑙𝑘𝑎𝑐𝑒𝑚, 𝐵𝑒𝑛𝑚𝑜𝑠𝑡𝑒𝑓𝑎 𝐵𝑒𝑛𝑎𝑜𝑢𝑑𝑎, 𝑅𝑒𝑑ℎ𝑎 𝑀𝑎𝑙𝑒𝑘, 𝐿𝑎𝑘ℎ𝑑𝑎𝑟 𝐵𝑒𝑛𝑡𝑜𝑏𝑎𝑙, 𝑀’𝐻𝑎𝑚𝑒𝑑 𝑌𝑎𝑧𝑖𝑑 𝑒𝑡 𝑆𝑒𝑔ℎ𝑖𝑟 𝑀𝑜𝑠𝑡𝑒𝑓𝑎𝑖̈, on va en rencontrer 8 qui vont s’accommoder de son pouvoir et y participer chacun à sa manière…

    Ceci démontrera aussi le doute quant à l’implication de Boumediene dans l’assassinat de Krim car il est impensable que pas un seul de ses compagnons n’en soit venu à dénoncer sa responsabilité dans l’assassinat de leur « responsable » à ces négociations qu’ils semblaient pourtant tenir en haute estime…

    L’argument de la peur sera évacué pour deux raisons :

    1- personne ne peut décemment accuser ces 8 héros de couardise…

    2- leur silence à ce propos s’est poursuivi même après la mort de Boumediène.

    On parle aujourd’hui d’un accord secret conclu sous l’impulsion des DAF entre le pouvoir de Boumediene et l’armée française, particulièrement en ce qui concernait la poursuite des essais des armes chimiques à Oued Namous jusqu’en 1978; et certains pourfendeurs de Boumediene le rendent responsable de la poursuite de l’occupation de Mers El Kébir jusqu’en 1967 et des essais nucléaires au Sahara jusqu’en 1966.

    Je suis très certain que ceux qui lancent sous formes de scoops récurrents ces accusations sont, très bien (dés)informés et le font plus pour discréditer l’homme que par jalousie pour « l’indépendance trahie » du pays…

    Ces gens là se recrutent dans :

    1- les milieux revanchards qui ont été exclus du pouvoir ou s’en sont plutôt exclus par narcissisme et trop haute estime de leur importance ; parce que ce « pouvoir » ne semble avoir exclu que ceux qui ont trouvé que s’il était rentable d’y participer, il était encore plus intéressant de s’y opposer …

    2- les embusqués qui se sont inclus dans les pouvoirs ayant succédé à Boumediene et qui n’ont jamais réussi à gagner le prestige du leader en dépit de leur populisme et de leur démagogie, qui ont pensé que leur aura est bridée par la sienne et qu’elle ne s’illuminera que s’ils arrivent à l’éteindre même en usant des plus vils procédés…

    3- les théoriciens et rhétoriciens du démocratisme qui parlent du peuple pour les besoins de leurs dissertations en le considérant toujours comme une canaille immature qui ne connait pas son intérêt et qui applaudit les fossoyeurs de ses « libertés »…

    Ces trois milieux ont toujours agi séparément mais en toute bonne intelligence…

    Les premiers en créant des contre-vérités quitte à leur trouver des témoins parmi leurs activistes…

    Les seconds en laissant faire, la main sur le cœur pour dire que s’ils n’avaient pas arrêté les dérives c’est qu’ils étaient impuissants devant « le dictateur » ou… non-informés…

    Les troisième en colportant la propagande, en l’étoffant et en prenant pour vérités coraniques les témoignages des premiers et comme aveu de véracité, mais jamais comme preuve de complicité, les silences des seconds afin de ne pas les effaroucher et s’en aliéner le partage de la haine pour Boumediène.

    Et pour parfaire l’idée que les accusations sont incontestables, la France officielle s’est toujours confinée dans un mutisme trop parlant en jubilant intérieurement, mutisme qui se veut certification que tout ce qui se disait sur les forfaits et la forfaiture de l’homme était vrai, laissant même se développer l’idée de l’existence de ces accords secrets qui ne sont pas exhibés juste parce qu’il n’est pas encore temps de les «déclassifier»…

    Les Accords d’Evian permettent pourtant au dernier de leurs lecteurs de comprendre que s’il y’eut « troncage » d’une partie de notre indépendance, la cause en revient aux clauses qu’ils comportent et que ce sont les pièges insérés dans le texte d’origine qui ont motivé sa dénonciation par Boumediene plutôt que des raisons psychologiques qui ne tiennent pas la route comme on l’a vu aux premiers paragraphes.

    𝐌𝐄𝐑𝐒 𝐄𝐋 𝐊𝐄𝐁𝐈𝐑 𝐄𝐓 𝐎𝐔𝐄𝐃 𝐍𝐀𝐌𝐎𝐔𝐒

    Le texte des Accords d’Evian signé le 18 mars 1962 dit très clairement : « L’Algérie concède à bail à la France l’utilisation de la base de Mers El-Kébir pour une période de quinze ans, renouvelable par accord entre les deux pays. »

    La fin du 1er bail devait donc avoir lieu en 1977…

    L’évacuation se déroula le 31 janvier 1968, soit une bonne dizaine d’années avant…

    Personne ne fait état du probable pressing exercé par Boumediène pour que cette clause soit corrigée au profit du principe d’indépendance et d’aucuns mettent même cette « victoire » sur le compte de tractations secrètes visant en échange, à conserver plus longtemps le site de Oued Namous, sans oublier de préciser que ce site qui devait être évacué en 1978 l’a été définitivement en…1986, c’est-à-dire 8 années après la mort de Boumediene.

    Mais qu’en réalité le gros des installations y avait été démantelé en 1974 soit, 4 ans avant la date programmée de sa restitution que je n’ai lue ou entendue nulle part ailleurs que dans une interview du général Benyelles datant du 22 mai 2017…

    Le texte des Accords d’Evian dit en effet et de manière très évasive : « L’Algérie concède également à la France l’utilisation de certains aérodromes, terrains, sites et installations militaires qui lui sont nécessaires. »

    Il n’est pas précisé quels sites sont concernés, ni la durée de conservation, ni les modalités techniques et financières auxquelles doivent obéir les concessions de ces sites…

    Il est très compréhensible que les français n’aient pas indiqué les noms, coordonnées, superficies et activités de ces sites et qu’un accord secret lie les deux pays sur ce point.

    Cet accord peut même avoir été signé par Boumediène qu’il ne devrait pas être invoqué à charge contre lui mais à sa décharge puisque la clause figure dans le texte des négociations qui fut déposé à l’ONU et qui engageait les deux pays…

    M. Benyelles parle de l’échéance de 1978… vous pouvez chercher autant qu’il vous plaira, vous ne trouverez jamais cette date dans un document officiel et je suppose que le général a divulgué en la précisant, un secret militaire dont il était détenteur…

    Et je pense, sauf si on m’apporte la preuve du contraire que ces accords secrets s’ils ont existé et ils doivent exister sont de rédaction similaire à celui, public, qui régit la concession de la base de Mers El Kébir, c’est-à-dire qu’ils contiennent une clause de renouvellement du bail…

    Il est par ailleurs certain que le désengagement français de Oued Namous s’est effectué avant terme comme pour la base de Mers El Kebir suite à l’intransigeance de Boumediene et à son animosité déclarée et assumée contre l’ancienne puissance coloniale plutôt que ne se soit poursuivie l’occupation pour quelque cynique amitié secrète liant Boumediene à la France ou pour ce fumeux lien de subordination qu’on a inventé entre lui et De Gaulle…

    Mais on n’évacue pas une base d’expérimentation chimiques et bactériologiques comme on évacuerait un champ de pommes de terre après la récolte…

    Il doit y avoir plein de mesures à relever sur le terrain des opérations sur le court et moyen terme et d’opérations de décontamination à réaliser ; et la poursuite de la présence français de 1974 à 1986 devait rentrer dans ce cadre et non dans l’utilisation du site pour de nouvelles expériences et c’est d’ailleurs ce qu’affirmait le Général Benyelles…

    Ceux qui accusent aujourd’hui Boumediene d’avoir conclu un « accord secret » ne savent pas ce qu’ils disent…

    En réalité si accord il y’eut c’est certainement pour régler les modalités de retrait des équipes françaises et non pour la reconduction du bail…

    Ce qui est loufoque dans l’exploitation de cette affaire, c’est le gros holà de feinte consternation des scribouillards en tous genres devant le caractère « secret » de ces tractations…

    Comme si on devait reprendre in-extenso les termes de ses tractations par nature secrète comme on reprendrait le texte d’un accord sur les échanges culturels entre l’Algérie et la République Equatorienne…

    Autre grief retenu contre Boumediene, celui d’avoir fait garder la base de Oued Namous par l’ANP, suggérant une complémentarité, une subordination ou une complicité entre notre armée et celle de l’ex puissance coloniale, juste pour réactiver l’abcès de fixation des DAF, sans penser que si Evian a permis de tronquer notre indépendance à Oued Namous, laisser le site sous occupation loin de la surveillance de notre armée aurait été aliéner totalement cette indépendance…

    𝐄𝐒𝐒𝐀𝐈𝐒 𝐍𝐔𝐂𝐋𝐄𝐀𝐈𝐑𝐄𝐒 𝐃𝐄 𝐈𝐍𝐍 𝐄𝐊𝐊𝐄𝐑

    Les sites réservés par l’Armée française pour ses essais nucléaires datent d’avant l’indépendance quand la France considérait notre pays comme un de ses départements.

    Ces sites ne pouvaient être désaffectés du jour au lendemain… Ce sont les Accords d’Evian qui ont prévu le maintien de leurs activités et Boumediène n’avait aucune possibilité de les dénoncer ou d’y mettre fin avant l’échéance du premier bail…

    il n’avait pas aussi la force de s’y opposer… la volonté, il est certain qu’elle ne lui manquait pas !…

    Et c’est à ce titre que les essais ont continué après le 19 mars et jusqu’en 1966…

    Il est affirmé sans que je n’en ai personnellement trouvé trace, que les Accords d’Evian prévoyaient que : « la France utiliserait pour une durée de cinq ans les sites comprenant les installations In-Eker, Reggan et de l’ensemble de Colomb-Béchar-Hamaguir ».

    Je pense que si cette affirmation est exacte, ce ne sont pas les Accords d’Evian qui prévoyaient cette disposition mais des accords secrets explicitant le point relatif à la concession à la France de « certains aérodromes, terrains, sites et installations militaires qui lui sont nécessaires »…

    Mais même si la France s’est désengagée du site de In Ekker avant le terme de 5 ans pour aller exécuter ses méfaits sur d’autres terres qui ne sont pas les siennes, en Polynésie, les détracteurs de Boumediène n’hésitent pas à lui imputer une félonie qu’ils sont les seuls à voir en l’accusant de permissivité avec De Gaulle dans les 11 essais nucléaires de Inn Ekker exécutés entre 1963 et 1966.

    𝐄𝐍 𝐑𝐄́𝐒𝐔𝐌𝐄́

    1- Boumediene ne saurait être accusé d’une quelconque responsabilité dans la rédaction des clauses des Accords d’Evian défavorables à l’Algérie… il n’était pas négociateur ni signataire et il a dénoncé haut et fort ces Accords.

    2- En dépit de tout ce qui se dit ou s’écrit, Boumediène n’a pas renouvelé les baux(1) prescrits par les Accords d’Evian pour Mers El Kebir, Inn Ekker et Oued Namous puisque la France a quitté ces sites avant terme…

    3- L’éventuel accord secret autorisant la présence française à Oued Namous n’est qu’une hypothèse… aucun document officiel ne prévoit une durée précise de la concession.

    4- Les français ont arrêté leurs essais à Oued Namous 4 années (1974) avant la date de fin de concession (1978) prévue par les dispositions secrètes des Accords d’Evian (selon le Général Benyelles)

    5- Affirmer que Boumediène aurait négocié en secret la présence française sur ces sites est une cynique contre-vérité… Les dispositions relatives à ces sites sont nécessairement secrètes et ont été négociées en marge des Accords d’Evian et certainement pas par Boumediene car il était opposé à ces accords, principalement à cause de ces dispositions.

    6- L’ANP mobilisée pour garder Oued Namous n’était pas supplétive de l’Armée Française mais exerçait ses missions de souveraineté en veillant à ce que les opérations réalisées dans le site y restent circonscrites et ne dépassent pas le cadre dans lequel elles étaient autorisées par les Accords d’Evian.

    Source : https://www.facebook.com/100000246702335/posts/25897439706514232/?rdid=JVENGIeRrokbRqTU#

    Mohamed Adjou – Djabahia.

  • Laure Lemaire- Les luttes intestines de l’ impérialisme au Soudan

    Laure Lemaire- Les luttes intestines de l’ impérialisme au Soudan

    Le Soudan a connu 2 guerres civiles depuis l’indépendance (1955-1972 puis 19832005) qui s’expliquent par la volonté de la minorité arabe

    Sadek Al-Mahdi

    Président de l’un des plus anciens partis politiques au Soudan,Al-Oumma,il est le petit-fils de « Mahdi », héros de la révolte de 1880 contre les Britanniques. Il a occupé à 2 reprises le poste de 1° ministre, en 1966 et en 1986.Durant son 2°mandat, il a été destitué par Béchir. Appelant au « djihad civil » contre le régime, Mahdi a été 8 fois incarcéré avant de s’évader en 1996 et devenir chef de l’opposition en exil, appelant les membres de son parti à manifester et « le peuple souda­nais à intensifier les protestations » contre le régime.

    « Le changement surviendra au Soudan à travers la mobilisation de notre peuple. C’est la méthode que nous avons choisie, et qui a déjà permis 2 révolutions pacifiques au Soudan », assure Farouk Abou-Issa, président des Forces du consensus national (coalition des partis d’opposition), qui annonce un projet pour renver­ser dans 100 jours, et de façon pacifique, le régime de Béchir. D’origine égyptienne, Abou-Issa est né en 1933 et a choisi d’y faire ses études universitaires Considéré comme l’un des lea­ders du Parti communiste souda­nais dans les années 1950-60, il fut arrêté à plusieurs reprises de 1958 à 1964.

    Sa lutte politique n’empê­cha pas sa réussite profession­nelle : Ministre des Affaires étran­gères (1969-1971), observateur à l’Onu en 1971 et à l’Unesco en 1973, et secrétaire général de l’Union des avocats arabes (1983-2003). Il s’est exilé en Egypte avant de revenir au Soudan en 2005 après un accord entre le gouvernement et l’opposition. La défense des droits humains dans le monde arabe, l’indépendance de la magistrature, les droits politiques et sociaux des femmes et des minorités eth­niques et religieuses, et la cause palestinienne faisaient partie de ses préoccupations.

    Agé d’une soixantaine d’années, Malik Agar est le chef du Front révolutionnaire soudanais, une coalition de mou­vements rebelles qui vise à renverser le régime de Khartoum. Il rejoint le Mouvement de libération populaire du Soudan du Sud en 1984,et devient l’un des proches adeptes de John Garang, partageant ses principes de laïcité du Soudan. Il fut nommé ministre de l’Investissement en 2006 avant d’être élu gouverneur du Nil Bleu en 2010.

    Après la scission en 2011, Malik Agar est devenu président du Mouvement populaire de libération du Soudan (Nord), se transformant par la suite en parti politique « non officiel ». Agar a été limogé de son poste de gouverneur après les combats sanglants qui ont opposé en septembre 2011 l’armée soudanaise aux forces de l’Armée de libération du Soudan du Sud. Il s’est enfui et Khartoum accuse Juba de lui fournir refuge et des camps pour diriger les opérations contre les forces de Béchir dans le Nil Bleu Indépendance et république (1956)

    Source :Héba Nasreddine et Aliaa Al-Korachi – 2013-Ahram info

    En 2009, la Cour pénale internationale (CPI) lance un mandat d’arrêt contre Omar el-Béchir pour crimes contre l’humanité puis accusation de génocide.

    Depuis 15 avril 2023, la guerre entre l’armée soudanaise (SAF) et les FSR d’ Hemetti, a forcé le déplacement de plus de 14 M de personnes et plongé la 1/2 de la population dans l’insécurité alimentaire. Massacres, tortures, viols, pillages… L’état d’urgence alimentaire a été décrété au Tchad voisin, où se sont réfugiés plusieurs centaines de milliers de civils. Selon des sources de l’ONU, la guerre a fait + de 150 000 morts en octobre 2025, sans compter les + de 522 000 enfants morts de faim, et les 24,6 M de personnes qui ont besoin d’une aide humanitaire urgente.

    C’est surtout dans des régions comme le Nord-Darfour et les montagnes Nuba que la famine, combinée à la cruauté des combats, sévit de la manière la plus impitoyable. L’ épicentre de la violence se trouve à El Fasher, sa capitale assiégée par le RSF. Rien qu’entre le 5 et le 8 octobre, au moins 20 civils ont été tués dans une mosquée et un hôpital, et on a dénombré + de 53 morts et 60 blessés. À cause de la violence des conflits et de la recherche de nourriture, la population des villes a baissé de 62 % en 2 ½ ans, laissant + de 260 000 personnes dans des conditions catastrophiques.

    Le système de santé s’est effondré, l’inflation a grimpé à + de 170 % (au taux de change officiel, il faut 600 livres soudanaises pour un dollar sur le marché noir) et l’économie a reculé de 42 % par rapport à son niveau d’avant-guerre : voilà jusqu’où sont allés certains pays, ceux qui se sont vraiment immiscés au Soudan et y ont déclenché la guerre civile afin de saper le processus de transition politique qui avait commencé après Bashir.

    Uriel Araujo-(docteur en anthropologie, spécialisé dans les conflits ethniques et religieux, avec des recherches approfondies sur la dynamique géopolitique et les interactions culturelles)

    Le conflit en Ukraine est en grande partie une guerre d’usure par procuration menée par l’Occident contre la Russie, comme l’ admettront même les analystes pro-occidentaux. Kiev, fortement dépendante des armements et des transferts financiers occidentaux, a servi de ligne de front à une confrontation géostratégique plus vaste. De plus en plus d’informations pointent du doigt ses opérations clandestines en Afrique, où elle aurait aidé des séparatistes, voire des groupes terroristes.

    Peu médiatisé, Moscou a affirmé que Kiev utilisait ses ambassades pour soutenir des groupes armés au Mali, au Soudan ( affirmation reprise par le ministère soudanais des Affaires étrangères), etc. L’Ukraine rejette ces allégations. Mais même Jenny Mathers (maître de conférences en politique internationale à l’université d’Aberystwyth) note que le pays « peine à défier la Russie » sur le continent africain. En octobre 2024, Le Monde Afrique rapportait que des drones ukrainiens avaient apporté leur soutien au du nord du Mali, aux séparatistes touaregs, contre les forces de Bamako et de Wagner. Kiev elle-même s’ en est vantée après qu’ils ont tendu une embuscade aux forces russes à l’été 2024. Après 2022, Kiev a annoncé ce qu’elle a appelé la politique de « Renaissance ukraino-africaine », visant à contrer l’influence traditionnelle de Moscou. L’année dernière, le diplomate ukrainien Dmytro Kuleba a souligné la « lutte pour réduire l’emprise du Kremlin sur l’Afrique, fondée sur la corruption ».

    Moscou entretient des liens étroits avec les pays africains depuis l’époque soviétique, par le biais d’entraînements militaires, de contrats d’armement et d’une solidarité idéologique. Aujourd’hui, ces liens sont renforcés par les développements des BRICS ( Nouvelle Banque de Développement ), par des projets d’infrastructures financés, par de nouveaux partenariats énergétiques et par la coopération Sud-Sud.

    L’Ukraine, en revanche, est arrivée tard sur le théâtre africain. Sa stratégie repose sur 3 piliers. : l’initiative « Céréales d’Ukraine »,pour l’ aide alimentaire, la coopération entre militaires (la formation aux opérations spéciales avec les gouvernements de Mauritanie et du Soudan), les transferts de renseignements et d’armes à des forces hostiles à celles soutenues par la Russie. Selon James Horncastle (titulaire de la chaire Edward et Emily McWhinney en relations internationales), ces opérations spéciales sont partie intégrante de son effort de guerre plus large contre la Russie. Les armes seraient utilisées pour la guerre civile au Soudan, et on peut spéculer sur un facteur de contrebande, puisqu’une part importante des armes occidentales envoyées en Ukraine, a fini sur les marchés noirs internationaux, avec un trafic d’armes en hausse .

    De telles interventions font planer le spectre d’une Ukraine agissant comme mandataire de l’Occident en Afrique. Le journaliste Tafi Mhaka avertissait déjà en 2024 que le pays « perdait la tête » sur le continent, en sollicitant ses ressources limitées et en risquant un retour de bâton diplomatique au Niger et au Mali qui ont rompu leurs relations diplomatiques avec Kiev. Washington et certaines puissances européennes pourraient juger utile d’encourager ses efforts afin de contrer la présence russe, sans troupes occidentales sur le terrain. Cette logique s’inscrit dans une stratégie familière de la Guerre froide : utiliser des intermédiaires pour déstabiliser les adversaires dans des régions tierces, comme le montre l’histoire de la CIA, sur le continent. Il n’est donc pas étonnant que le rôle de l’Ukraine soit discrètement toléré par Washington.

    L’or finance la guerre civile, via les Emirats arabes unis

    En février 2024, la Sudan Mineral Resources Company (SMRC), une entreprise publique, a annoncé que 64 T d’or avaient été produites en 2024, contre 42 en 2022, avant la guerre. Si l’or a rapporté 1,57 milliard de dollars aux caisses de l’Etat, selon la Banque centrale « près de la moitié de la production passe en contrebande à travers les frontières »,

    A près de 2 000 km de là, à la frontière entre le Soudan, le Soudan du Sud et la République centrafricaine, des mines qui font partie de l’empire aurifère des Forces de soutien rapide sont en pleine expansion. La grande majorité de l’or des 2 camps est acheminée illégalement au Tchad, au Soudan du Sud et en Egypte, avant d’être exportée aux Emirats, selon des sources de l’industrie minière.

    Au cœur du territoire contrôlé par les militaires-gouvernement., à mi-chemin entre Port-Soudan et Khartoum, la mine de Kush est le fleuron de l’industrie aurifère Evacuée au début du conflit, elle produit de nouveau des centaines de kilos d’or chaque mois, selon un ingénieur de l’usine. Un porte-parole d’Emiral, propriétaire de la mine, a confirmé à l’AFP que « la production a[vait] repris de manière limitée ». Sur son site Internet, Emiral, basée à Dubaï, mentionne Kush comme l’un de ses actifs par l’intermédiaie de sa filiale Alliance for Mining, qui est, selon elle, « le plus grand producteur d’or au Soudan ». Une source du secteur affirme que cette société, à l’origine russe, a été « rachetée en 2020 par un investisseur émirati ».

    Au Darfour, où ses troupes sont accusées de génocide, le chef des FSR, « Hemetti » contrôle des mines d’or très lucratives. Selon l’expert Alex de Waal, il a bâti une « entreprise mercenaire transnationale », avec la société familiale Al Junaid Multi Activities, sanctionnée par les Etats-Unis et l’Union européenne. A la faveur d’un réseau alimenté par l’or comptant jusqu’ à 50 entreprises, il a accumulé une énorme richesse, qui lui a permis d’« acquérir des armes, de payer des salaires, de financer des campagnes médiatiques et de faire pression sur d’autres groupes pour acheter leur soutien », ont expliqué des experts de l’Organisation des Nations unies l’an dernier.

    3 anciens ingénieurs d’Al-Junaid ont déclaré à l’AFP que les revenus de la société en temps de guerre s’élevaient à 1 milliard de dollars par an. La seule région frontalière du sud du Darfour produit au moins 150 kg d’or par mois. L’or est acheminé vers un aéroport de Raga, au Soudan du Sud, à 200 km de la frontière, « puis transporté par avion vers l’Ouganda et le Kenya, puis vers les Emirats arabes unis ». Selon M. Ummel, « les Emirats n’appliquent pas vraiment leur réglementation, ils n’effectuent pas tous les contrôles nécessaires, et continuent donc ainsi à financer la guerre ».

    Les Émirats arabes unis (EAU), qui fournit des armes, des fonds et un soutien logistique via le Tchad, la Libye, l’Éthiopie a plus d’un intérêt à affaiblir le Soudan, favorisant une fragmentation afin de renforcer son emprise sur le Nil et d’acquérir une zone importante pour son accès, certes indirect, à la mer Rouge. Les intérêts des ÉAU et de l’Éthiopie se sont souvent rejoints sur ce point, tout comme ils se sont mis d’accord, dans la perspective du golfe d’Aden, pour encourager les tendances centrifuges internes en Somalie, en 1° lieu en soutenant les rêves séparatistes de ce qui reste du Somaliland (depuis sa proclamation en 1991, les régions orientale et occidentale se sont à leur tour séparées pour revenir à Mogadiscio, laissant la « capitale » Hargeisa). En Libye, profitant des frontières poreuses du sud-est du Sahara, contrôlées par les tribus, les ÉAU, qui ont de bonnes relations avec Benghazi, fournissent d’importants stocks à la RSF, comme le Tchad. Jusqu’à l’année dernière, quand les Français avaient encore des bases au Tchad, les ÉAU en profitaient pour fournir tout le nécessaire au RSF, mais maintenant , Abu Dhabi compense avec du matériel militaire neuf et plus moderne, livré par avion et acheté sans que les pays producteurs ne le sachent (avec les armes chinoises, ce qui a provoqué une crise diplomatique entre Pékin et Abu Dhabi dès que Pékin a été informé par Khartoum), en plus des avions remplis de mercenaires colombiens et européens. Certains de ces avions ont même été abattus par la défense aérienne des SAF : un coup dur pour les hommes de Hemedti, la RSF connue sous le nom de tristement célèbre Janjaweed de Bashir.

    Riyad, pour montrer le climat de paix et de neutralité créé par la paix entre l’Arabie saoudite et l’Iran, (négociée par Pékin au printemps 2023), laisse les avions cargo iraniens passer par son espace aérien pour approvisionner les SAF en armes. L’Arabie saoudite et l’Iran s’accordent à dire que la croissance potentielle de l’influence de leurs principaux adversaires, comme les ÉAU et Israël, au Soudan et en Somalie, entre la vallée du Nil, la mer Rouge et le golfe d’Aden, représente une menace majeure pour leur propre sécurité régionale. La Chine, partenaire économique, infrastructurel et énergétique important de Khartoum, avec une forte vocation diplomatique, espère pouvoir jouer un rôle de médiateur pour résoudre les conflits internes et rétablir la cohésion et la stabilité dans le pays. Enfin, la Russie a rapidement fait savoir qu’il soutenait Khartoum comme seul gouvernement légitime et garant de la stabilité, surtout quand Wagner a été dissous et transféré en grande partie vers le nouveau Corps africain de Russie, contrôlé par l’armée russe.

    Dans une Corne de l’Afrique où les tensions montent de tous les côtés, le renforcement des liens entre Asmara et Khartoum est un contre-mouvement positif, qui offre de bonnes perspectives pour une issue au conflit civil dramatique qui ensanglante le Soudan depuis avril 2023.

    Le 10 octobre, le1° ministre soudanais, Kamil Idris a été reçu à Asmara par le président érythréen, Isaias Afwerki, pour parler de questions bilatérales : la coopération économique, la sécurité et la stabilité régionale. Cette rencontre a montré que l’Érythrée est de plus en plus active dans son soutien au Soudan, bien plus qu’un « pays frère ». Le général Abdel Fattah al-Burhan, qui a salué la « position courageuse » de l’Érythrée pour l’avoir soutenu pendant « les moments difficiles causés par une guerre imposée ». Le président Afwerki a dit que l’Érythrée soutiendrait toujours l’unité et la dignité du Soudan et que la position d’Asmara était « inchangée ». Les 2 parties ont aussi décidé de bosser plus ensemble dans d’autres domaines, comme la pêche, les raffineries et l’exploitation minière, et de coopérer dans les forums régionaux et internationaux, y compris la campagne pour le retour du Soudan dans l’Union africaine. Idris a rencontré des membres de la communauté soudanaise du pays, dont beaucoup sont arrivés juste après le début du conflit civil et ont été accueillis par Asmara « comme des frères, avec qui on a partagé du pain et un toit ».

    L’Érythrée a des liens ethniques et culturels historiques avec le Soudan (le peuple Beja, qui vit entre l’Ouest de l’Érythrée et l’Est du Soudan et a joué un rôle de médiateur dans les conflits par le passé.

    Depuis le début de la guerre civile, Asmara a soutenu le gouvernement soudanais en formant des militaires , en jouant le rôle de médiateur , en ouvrant ses aéroports aux avions des SAF menacés par les drones des RSF et, enfin en accueillant des milliers de civils qui auraient été tués. Selon la chaîne Dabanga Sudan, des groupes importants comme le Congrès Beja et le Front populaire uni pour la libération et la justice auraient rejoint les SAF. Au cours des années 90, alors que Khartoum était sous le long règne d’Omar el-Béchir, l’Érythrée a souffert des tentatives de déstabilisation d’un « trio » inhabituel composé des gouvernements soudanais, éthiopien et yéménite. Bashir, Zenawi et Saleh agissaient avec le soutien des États-Unis et de l’Union européenne. L’histoire nous montre que ces mêmes pays, en conflit avec leurs gouvernements centraux, ont fini par demander l’aide diplomatique d’Asmara comme médiateur pour en sortir, ce qui a été accompagné d’un soutien international jamais mis en avant.

    Aujourd’hui, le soutien de l’Érythrée au Soudan est dû à des intérêts stratégiques, comme la sécurité aux frontières et la stabilité dans la mer Rouge et la Corne de l’Afrique, mais aussi historiques avec le soutien des gouvernements de Khartoum avant Bashir, (Jaafar Nimeyri) ont apporté à l’EPLF et aux citoyens érythréens pendant la guerre de libération contre l’Éthiopie.

    Israël s’intéresse toujours beaucoup à tout ce qui touche aux régions de la mer Rouge à la vallée du Nil, jusqu’aux Grands Lacs et à l’Afrique du Sud ; c’est la stratégie israélienne de l’Alliance de la périphérie.

    Le 3 février 2025, le général Abdel Fatah Al-Bourhane, président du Conseil souverain soudanais, et le 1° ministre israélien Benyamin Netanyahou se retrouvaient en Ouganda,, afin d’entamer une coopération pour la « normalisation des relations » entre leurs 2 pays. Pour Israël, déjà engagé dans une entreprise de séduction à destination des pays subsahariens, l’officialisation de ce rapprochement est une victoire diplomatique non négligeable puisqu’elle augmente le nombre de pays arabes qui, comme l’Égypte, la Jordanie ou les pétromonarchies du Golfe, rompent avec son boycottage.

    Côté soudanais, la nouvelle a surpris le gouvernement fédéral du 1° ministre Abdallah Hamdok qui a dénoncé le caractère « unilatéral » de cette initiative, jugée comme ayant « dépassé le mandat » du général Al-Bourhane, qui pour se justifier, a avancé un vague motif de « sécurité nationale » qui n’a pas convaincu l’opposition.

    En réalité, Al-Bourhane vise 2 objectifs. Le plus important est d’améliorer les relations avec les États-Unis, sans lesquels Khartoum ne peut obtenir le rééchelonnement de sa dette extérieure (150 milliards de dollars, soit l’équivalent de 160 % de son PIB). Or, à Washington, le Soudan est toujours inscrit dans la liste des pays qui soutiennent le terrorisme depuis les années 1990, les autorités soudanaises étant alors accusées d’avoir soutenu Al-Qaida dans la préparation des attentats contre les ambassades des États-Unis au Kenya et en Tanzanie (1998) et de l’attaque contre le navire de guerre USS Cole (2000).

    Autre mise en cause, la livraison d’armes au Hamas palestinien, qui fut à l’origine d’un raid aérien israélien en 2009 contre un convoi de camions parti de Port-Soudan, sur les rives de la mer Rouge (119 morts). En acceptant de participer à la coalition saoudienne engagée militairement contre les forces houthistes au Yémen en mars 2015 et en rompant ses relations diplomatiques avec l’Iran en 2016, l’ancien pouvoir soudanais s’était rapproché des monarchies du Golfe, qui ont plaidé sa cause à Washington qui, en 2017, a levé partiellement ses sanctions. Mais elle maintient l’exigence de réparations financières pour les victimes des attentats.

    En nouant des relations officielles avec Israël, le Soudan pourra donc bénéficier de l’entregent d’un facilitateur de taille. Et cela lui permettra aussi de se concilier les faveurs des milieux évangéliques américains, qui furent favorables à l’indépendance du Soudan du Sud en 2011 et qui constituent un lobby efficace auprès de l’administration Trump.

    Cette quête de soutien international a aussi des implications en matière de politique intérieure. M. Al-Bourhane et ses pairs militaires n’ignorent pas que l’isolement international d’ Al-Bachir a beaucoup joué dans sa chute. Un régime bénéficiant de l’aide financière des monarchies du Golfe et de la neutralité favorable d’une Amérique peu encline à pénaliser un nouvel allié arabe d’Israël, peut compter sur l’indulgence de ces acteurs si la situation se tend entre lui et l’opposition. M. Al-Bourhane sait que président égyptien, Al-Sissi exerce une répression impitoyable contre tout type d’opposition sans que cela émeuve les chancelleries occidentales. Un calcul risqué, car rien ne dit que les officiers supérieurs, sans compter le reste de la troupe, accepteront le rapprochement avec Israël.

    
    
    
    
    
    
  • Laure Lemaire- Le Soudan en cartes

    Laure Lemaire- Le Soudan en cartes

    Avant le massacre géographique des colonisateurs avec des frontières arbitraires et géométriques pour se partager le continent (accords de Berlin), les occidentaux distinguaient vaguement 3 « pays »: la Guinée (tout le golf), le Congo (toute l’Afrique centrale), et le Soudan (jusqu’au Mali) + l’Afrique du sud ou australe, ce qui explique que plusieurs d’entre eux portent le même noms. Les guerres entre l’empire britannique et la république française (1885-1898), les 2 plus puissantes armées du monde, y ont été sanglantes mais elles ont cessées pour être remplacées par l’omniprésence des USA. Le Darfour fait partie du Soudan. Observez la toute petite frontière entre le Darfour et la Lybie.

    En 1994, le Darfour fut divisé en 3 États fédérés au sein de la république fédérale du Soudan : Nord (Chamal), Sud (Janoub), et Ouest (Gharb) Darfour. Les capitales sont dans l’ordre : Al-Fachir, Nyala et Al-Djounaïnah

    Le Darfour est une charnière stratégique avec le Tchad. Dans les années 1980, alors qu’il cherchait à renverser le régime tchadien de Hissène Habré, le colonel Mouammar Kadhafi parvint à s’allier avec Sadiq Al-Mahdi : il l’aida à gagner les élections de 1986, en échange de bases militaires au Darfour contre le Tchad. Kadhafi y envoya ses soldats, et arma des tribus arabes, qui adhérèrent à la Légion islamique que Tripoli venait de créer. Or les leaders arabes du Darfour (nomades) avaient créé une Union islamique qui militait pour la domination régionale des tribus arabes ; les armes et l’argent leur servirent plus tard contre les tribus noires sédentaires. Le conflit fit + de 10 000 morts en 16 ans.

    Dans le même temps, l’élite de la province centrale du Darfour recruta les habitants ( Arabes et Noirs confondus) pour aller combattre les sudistes chrétiens, au nom de l’islam et de l’arabité. Mais les soldats darfouris se sentirent plus de points communs avec leurs « ennemis » sudistes qu’avec leurs maîtres de Khartoum. Les désertions se multiplièrent et la guérilla s’organisa au Darfour, avec l’aide des rebelles sudistes, qui y virent l’occasion de gagner des alliés musulmans.

    Doc. issu de la conférence de Marie-Louise Benoit: « Les grands enjeux de l’eau »

    Dans cet environnement aride, la 1° richesse du Soudan est l’eau. L’accès à la mer Rouge est de 1° importance; s’y trouve Port Soudan. Il permet d’emprunter la route (anciennement swahilie jusqu’à Madagascar en passant par Zanzibar). C’est celle de exportations, notamment vers Israël et les Emirats Arabes Unis aujourd’hui.

    La capitale du Soudan, Khartoum se trouve à la jonction du Nil Blanc et du Nil Bleu, ce qui constitue un vaste réseau de communications dans toute l’Afrique de l’Est. Si le Nord du pays est plutôt désertique, il arrose les terres fertiles du Sud.

    Le barrage de Sabaloka, sur la 6° cataracte ferait disparaître un des rares paradis du Nord-Soudan, une zone verte à la flore et la faune luxuriante, enclavée dans des montagnes arides au milieu d’un désert de blocs erratiques. Le barrage de Kajbar, sur la 3 e cataracte, effacerait non seulement le paysage magnifique des rapides du Nil en Moyenne Nubie, mais il engloutirait des sites importants comme le Wadi Sabo, un oued asséché dont les rives escarpées abritent la plus belle collection de gravures rupestres du Soudan. Enfin, le barrage de Dal, entre la 2° et la 3° cataracte, s’il venait à se réaliser, détruirait les principaux sites pharaoniques de Nubie soudanaise : Amara et sa colonie égyptienne de la XIX° dynastie, l’île de Saï et ses vestiges étagés du paléolithique à l’époque ottomane disparaîtraient complètement sous les eaux tandis que les temples d’Aménophis III et de la reine Tiyi à Soleb et à Sedeinga seraient gravement touchés et devraient être déplacés malgré leur fragilité.

    Aux destructions infligées au patrimoine archéologique s’ajouteraient le terrible coût humain de populations déracinées, réimplantées forcément loin du Nil où la densité est déjà maximale. Les plus touchés seraient les Rubatab, sur la 5° cataracte et surtout les Nubiens du Mahas et du Sukkot, en aval de la 3°. Ils ont en mémoire la tragédie de leurs cousins nubiens, tant Soudanais qu’Égyptiens, en amont de la 1° cataracte, dont l’habitat millénaire a été rayé de la carte lors de l’érection du barrage d’Assouan. Ils sont tous fortement opposés aux barrages en Nubie. Des heurts dans la région de Kajbar, lors des études de faisabilité il y 4 ans, ont fait plusieurs morts.

    En Éthiopie, la situation est « instable », ce qui n’attire pas les investisseurs, dont beaucoup ont suspendu leurs activités ; tandis que le FMI et la Banque mondiale, qui contrôlent une grande partie de sa dette, après avoir favorisé sa déstabilisation financière, s’agitent en criant que c’est insoutenable. Au moment où les travaux du GERD ont commencé en 2011, l’Éthiopie était encore dirigée par le TPLF (Tigray People’s Liberation Front) de Meles Zenawi. Abiy Ahmed, à la tête du PP (Prosperity Party) est arrivé au pouvoir en 2018, remportant le prix Nobel de la paix pour avoir décidé de mettre fin à la situation « ni guerre ni paix » qui opposait son pays à l’Érythrée. En 1998, l’Éthiopie dirigée par le TPLF déclare la guerre à l’Érythrée jusqu’en 2000, quand les 2 pays ont mis fin aux hostilités avec les accords d’Alger. Mais pendant les 18 années qui ont suivi, l’Éthiopie dirigée par le TPLF n’a pas voulu respecter ces accords, continuant à occuper des zones frontalières et se livrant à des affrontements réguliers. L’arrivée d’Abiy a débloqué la situation, ouvrant la voie à un 1° processus d’intégration régionale qui, impliquant l’Érythrée, Djibouti et la Somalie, semblait très prometteur. Le déclenchement de la guerre de sécession en 2020 dans l’État du Tigré, au nord de l’Éthiopie (l’Éthiopie est une république fédérale, basée sur l’ethnicité), gouverné par le TPLF, a interrompu cette voie avec un nouveau conflit qui a duré jusqu’en 2022.

    Après ce conflit, tout a changé : les accords de Pretoria qui étaient censés le résoudre n’ont été appliqués ni par le gouvernement fédéral d’Abiy Ahmed ni par le TPLF, et Addis-Abeba a commencé à changer ses positions régionales. D’acteur « montante » du multipolarisme, elle est redevenue un pion du néocolonialisme occidental, et pas seulement : elle est certes membre des BRICS, mais ça ne veut pas dire qu’elle est un acteur géopolitique « à contre-courant », non aligné sur le soi-disant consensus de Washington (on pourrait dire la même chose d’autres acteurs du BRICS)

    Les problèmes du GERD ne sont pas tant d’ordre technique parce que dans un cadre d’harmonie régionale, son utilisation pourrait être facilement régulée entre l’Éthiopie et les autres pays en aval, le Soudan et l’Égypte. Après tout, à Khartoum, il y a souvent de graves inondations et une gestion coordonnée du réservoir pourrait permettre au Soudan de mieux y faire face ; mais pour y arriver, il faudrait d’abord que la guerre civile qui déchire le Soudan, et maintenant l’Éthiopie, s’arrête. Pour ça, l’Éthiopie devrait se libérer du contrôle que les États-Unis, Israël et les Émirats arabes unis lui ont imposé, pour qu’ils ne puissent plus l’utiliser comme bélier dans la région: c’est pas facile à imaginer pour l’instant, même si le régime d’Abiy s’effondre jour après jour.

    Le GERD a un potentiel pour le développement du pays et, par conséquent pour la région, vu que la vente d’électricité à bas prix serait avantageuse pour l’économie des 2 et du Kenya, etc. ; mais sans se perdre dans une grande rhétorique anticolonialiste, si on veut parler d’« anticolonialisme », et de « panafricanisme », il faut alors accepter que les pays d’un même continent puissent discuter de leurs problèmes et intérêts communs, entre eux et sans ingérence extérieure; donc, sans penser à s’approprier les terres d’autrui comme le fait encore le gouvernement d’Abiy, en s’adressant au Soudan, à la Somalie et à l’Érythrée.

    En plus de 10 ans, l’Éthiopie n’a pas été capable de fournir à l’Égypte et au Soudan la moindre documentation sur l’utilisation et l’impact réel du GERD, tout en continuant à élever le niveau du bassin avec l’eau du Nil Bleu. Le Caire et Khartoum ont signé en 1959 un accord sur l’exploitation des eaux du Nil, qui révisait ceui de 1929 ; sa validité est reconnue par la Cour internationale de justice (CIJ) des Nations unies, selon le principe que les traités entre États sur l’eau sont équivalents à ceux sur les frontières. Les 3 pays auraient donc pu en discuter, en s’accordant sur des outils politiques et diplomatiques, selon le principe que toute question concernant la Corne de l’Afrique, la vallée du Nil ou les Grands Lacs doit toujours être traitée uniquement par les pays qui en font partie, entre eux, de manière pacifique, sans ingérence d’autres pays.

    Après tout, il existe des autorités intergouvernementales spécifiques pour le faire, dont l’IGAD (Autorité intergouvernementale pour le développement, qui comprend le Soudan, le Soudan du Sud, l’Éthiopie, l’Érythrée, la Somalie, Djibouti, le Kenya et l’Ouganda), qui, a été mise de côté, paralysée par des vetos et des sabotages qui ne sont qu’apparemment internes. Elle aurait aussi pu être internationalisée, mais toujours par la voie diplomatique, en se tournant vers la Cour internationale de justice des Nations unies : c’est ce qui se fait pour discuter des frontières, de l’accès à la mer et pour obtenir d’autres arbitrages politiques et territoriaux.

    Rien de tout cela ne s’est jamais produit. Le gouvernement d’Abiy a préféré poursuivre son unilatéralisme habituel, sachant que devant la CIJ, ses revendications ne seraient jamais acceptées ; il a donc préféré continuer à menacer ses voisins. Pour l’utilisation des eaux du Nil Bleu avec le Soudan et l’Égypte, il a attisé les tensions militaires contre eux .

    Pourquoi cette situation est-elle bloquée ? Alors que l’inflation continue de grimper, rongeant la valeur du birr, de plus en plus de soldats et d’officiers se mutinent au sein de l’armée fédérale éthiopienne, beaucoup fuyant même vers l’Érythrée. Les gens et même les autorités des États du nord de l’Éthiopie, le Tigré, l’Amhara et l’Afar, continuent à suivre la politique de fraternité et de bon voisinage, Tsimdo, avec l’Érythrée. Les peuples veulent la paix, alors qu’Abiy veut les pousser à la guerre.

    Les conditions déplorables de sécurité dans les mines et la très faible rentabilité du secteur (faible qualité du minerai), la corruption et la contrebande sont de mise. Une agence gouvernementale dépendant du ministère des Mines est créée dans le but de superviser l’ensemble du secteur..

    La production est très inégalement répartie entre les « sociétés minières traditionnelles », l’orpaillage artisanal, qui produit 4/5 de l’or soudanais ( les sociétés minières pour le reste), et qui font vivre dès 2016, 1/2 M de personnes.5 ans plus tard, 2 M d’habitants en dépendent ; une proposition d’interdire cette pratique a dû être abandonnée, tant le secteur aurifère dépend massivement de l’exploitation individuelle. Elle a fait place à une mesure de conciliation avec contrôle drastique du commerce.

    Les mines artisanales, si elles sont relativement mécanisées, elles restent extrêmement accidentogènes. En 2013, un effondrement au Darfour a fait 100 victimes. et en 2021, 31 mineurs sont ensevelis sous l’effondrement d’une mine. Et bien-sûr, pour éviter les comptes au fisc soudanais, de nombreux prospecteurs travaillent sous l’égide de seigneurs de guerre locaux ou de fonctionnaires corrompus

    Les 100 T d’or produites en 2017 apportent à l’État soudanais un revenu de 400 M de dollars, selon Hashim Ali Salem, ministre soudanais des minerais ; les observateurs économiques ne manquent pas de souligner qu’aux cours d’alors sa valeur devrait être 10 fois supérieure et expliquent cette distorsion par la nature de la production, la faible qualité du minerai et la contrebande. Ainsi, alors que le Soudan conserve un rôle de 1° plan dans la production et l’exportation d’or en Afrique, les réserves de la banque centrale sont très faibles

    Et voici la 3° richesse: le pétrole. On constate que les gisements se trouvent au Sud et que les raffineries au Nord conduisent à Port Soudan.

    Le secteur pétrolier et gazier du Soudan est marqué par les conséquences profondes de la sécession du Soudan du Sud en 2011 et les conflits internes persistants. Historiquement vital pour l’économie soudanaise, le secteur a transformé le Soudan d’un producteur majeur en un pays de transit essentiel.

    Actuellement, les réserves de pétrole brut pour les 2 Soudan s’élèvent à 5 milliards de barils. (Les réserves de gaz naturel sont estimées à 3 billions de pieds cubes, bien que le gaz ne soit ni produit ni consommé). La production a montré une légère baisse, fin 2023. L’infrastructure pétrolière pourtant robuste, souffre d’une sous-utilisation massive et de vulnérabilités accrues par les conflits, comme en témoignent les récentes perturbations de pipelines et les dommages aux raffineries.

    Les défis sont multiples et interconnectés : un sous-investissement chronique, des problèmes de gouvernance endémiques, des subventions énergétiques coûteuses, et l’impact dévastateur des conflits armés sur les opérations et les revenus. Ces facteurs ont non seulement entravé la croissance économique, mais ont également eu de graves implications sociales et environnementales ( déplacements forcés de populations et une pollution accrue).

    Malgré ces obstacles, des opportunités émergent. La reprise partielle des exportations de pétrole du Soudan du Sud via les pipelines soudanais offre une perspective de stabilisation des revenus de transit.

    Parallèlement, le Soudan possède un potentiel considérable en énergies renouvelables, notamment solaire et éolienne, qui attire l’intérêt d’investisseurs et de partenaires internationaux, signalant une voie possible vers la diversification énergétique et une plus grande résilience économique. La réalisation de ces perspectives dépendra crucialement de l’établissement d’une stabilité politique durable et d’une gouvernance transparente.

    La 2° guerre civile achevée en 2005 par l’Accord de Paix Global (APG) qui a conduit à la création du Soudan du Sud en 2011, a profondément modifié le paysage énergétique et économique du Soudan.

    Le pays est actuellement confronté à des défis macroéconomiques aigus, exacerbés par les conflits internes. L’économie est marquée par une inflation élevée et d’importants déficits budgétaires. Le conflit en cours au Soudan a fortement perturbé les routes commerciales et entraîné un afflux de + 1 M de réfugiés et de rapatriés au Soudan du Sud. Historiquement, le secteur pétrolier a joué un rôle central dans la politique et l’économie du Soudan, façonnant sa trajectoire de développement. Avant la sécession du Sud, il était un exportateur de pétrole important en Afrique mais la perte de ses réserves a transformé son rôle, le pays devenant un corridor de transit. Malgré cette transformation, le secteur reste d’une importance capitale pour les revenus du gouvernement, notamment grâce aux redevances de transit, et pour la sécurité énergétique intérieure, bien que la production nationale ne suffise plus à couvrir la demande. La stabilité du secteur pétrolier est donc intrinsèquement liée à la capacité du Soudan à gérer ses relations avec le Soudan du Sud et à stabiliser sa propre situation interne.  

    Il est essentiel de comprendre la liaison géographique et opérationnelle entre les secteurs pétroliers des 2 pays. La plupart des actifs de production pétrolière sont situés près de leur frontière commune ou en travers. Le Sud, bien que riche, est enclavé et entièrement dépendant de l’infrastructure du Nord pour l’exportation de son brut vers les marchés mondiaux. Cette dépendance mutuelle a établi une relation symbiotique mais instable. Le Soudan compte sur les frais de transit pour ses revenus , tandis que le Sud dépend des pipelines Nord pour sa survie économique. Cette interdépendance crée une vulnérabilité régionale partagée, constamment mise à l’épreuve par l’instabilité politique et les conflits internes qui affectent les 2 nations.

    Pétrole Brut

    Début de 2024, le Soudan et le Soudan du Sud détenaient collectivement des réserves prouvées de pétrole brut estimées à 5 milliards de barils, un chiffre inchangé par rapport à l’année précédente, ce qui indique une stagnation des efforts d’exploration et de développement.  

    En 2023, la baisse atteint 206 052 Mb/j ce qui souligne les défis persistants du sous-investissement et de l’instabilité politique, qui empêchent le pays de maximiser son potentiel de production. malgré les réserves existantes. Sa viabilité à long terme est incertaine.

    Les Soudan produisent 3 mélanges de pétrole brut : le Dar, le Nil et le Fula. Le mélange Dar est un pétrole brut lourd qui pose problème pour l’entretien des pipe lines des coûts de maintenance plus élevés, ce qui accentue la fragilité du secteur.  

    Le mélange Nil est un brut moyen; ses caractéristiques le rendent plus attrayant pour les raffineurs en raison de ses rendements élevés en carburant et en gazole. Le mélange Fula, un brut très acide, traité pour la consommation intérieure.  

    Gaz Naturel

    Le Soudan et le Soudan du Sud détenaient collectivement des réserves prouvées de gaz naturel estimées à 3 billions de pieds cubes au début de 2024. Malgré ces réserves, ni l’un, ni l’autre n’en produisent ou n’en consomment. Cette situation met en évidence une lacune critique dans le développement des infrastructures et l’investissement pour son exploitation. Cela suggère une opportunité manquée pour la diversification énergétique et la consommation intérieure, d’autant plus que le Soudan est confronté à un grave déficit énergétique. Le développement de ces réserves de gaz pourrait offrir une voie viable pour réduire la dépendance aux importations de pétrole, améliorer la sécurité énergétique nationale et potentiellement générer de nouvelles sources de revenus, offrant un avenir plus stable que le secteur pétrolier en déclin.  

    Le Soudan est doté d’une « infrastructure pétrolière robuste » , bien que son état opérationnel actuel soit fortement affecté par les conflits et le sous-investissement.  

    Le réseau de pipelines est étendu : 1510 km + 1472 km + 716 km soit 3700 km, avec une capacité combinée de 1,5 M de barils de pétrole par jour, et une capacité totale de stockage des terminaux maritimes de 4,8 M de barils.  

    Les exportations de pétrole brut se font principalement depuis Port-Soudan sur la mer Rouge, vers les marchés asiatiques via le détroit stratégique de Bab el-Mandeb. Les Forces armées soudanaises (SAF) contrôlent ce terminal d’exportation.  

    La capacité nominale des infrastructures de pipeline et de traitement du Soudan est supérieure à la production intérieure actuelle et aux volumes d’exportation du Soudan du Sud. Cette disparité met en évidence leur sous-utilisation massive. Si la stabilité revenait, il y aurait une infrastructure existante suffisante pour soutenir une augmentation substantielle du débit, surtout pour le Sud, Cette capacité latente représente un atout significatif pour le futur commerce énergétique régional et la reprise économique.

    La situation, combinée aux perturbations des raffineries, entraîne une dépendance croissante aux importations de carburant, avec 50 % de l’essence, + de 60 % du diesel et 50 % du GPL importés en 2019. Cela crée un goulot d’étranglement critique dans la chaîne d’approvisionnement énergétique du Soudan, rendant le pays vulnérable aux chocs des prix mondiaux et aux perturbations de l’approvisionnement.

    La dépendance excessive au pétrole et la vulnérabilité des infrastructures de transit créent une vulnérabilité fiscale chronique pour les 2 pays. Les revenus gouvernementaux sont directement liés à la stabilité des flux pétroliers, ce qui rend les budgets nationaux extrêmement sensibles aux chocs de production et aux perturbations des pipelines, ce qui empêche une planification budgétaire stable et entrave la capacité à fournir des services publics essentiels, créant un cercle vicieux d’instabilité économique et sociale.

    Historiquement, le géant pétrolier américain Chevron a été la 1° entreprise étrangère à investir à partir de 1974, mais a suspendu ses opérations en 1984 en raison de la 2° guerre civile et s’est retiré en 1992 suite à la pression du gouvernement américain. La détérioration des relations entre Khartoum et Washington (les sanctions américaines), a dissuadé d’autres grandes compagnies pétrolières d’investir. Ce vide a été comblé par des entreprises asiatiques, dont la CNPC, la société d’État malaisienne Petronas et l’ONGC indienne, qui dominent le marché pétrolier soudanais depuis 1995.

    La Sudan National Petroleum Corporation est une entité étatique qui gère les ressources pétrolières et les infrastructures nationales, supervisant l’exploration et le développement des ressources. La CNPC est un acteur clé dans l’exploration et la production, avec un accent sur les partenariats stratégiques et des opérations étendues en amont, y compris le développement de pipelines.

    L’exploitation pétrolière à grande échelle au Soudan a été inextricablement liée à l’intensification du conflit civil et à de graves violations des droits humains. Le pétrole est devenu un objectif principal et une cause majeure de la guerre, avec les revenus utilisés par le gouvernement pour acquérir des armes et des munitions, intensifiant ainsi le conflit. Le cycle de financement de la guerre par le pétrole, (qui permet de sécuriser les zones pétrolières), crée un environnement où les populations locales sont les principales victimes de l’exploitation des ressources naturelles. On estime qu’en mars 2002, 174 200 civils restaient déplacés en raison du conflit dans les champs pétroliers de l’État du Nil supérieur occidental/Unité.

    Source: Petrole Africa by Tanokanpetrol

  • Zohra Mahi – Yahya Sinwar Al Ghazaoui, prince des Martyrs : (bonnes feuilles du livre)

    Zohra Mahi – Yahya Sinwar Al Ghazaoui, prince des Martyrs : (bonnes feuilles du livre)

    « Yahya Sinwar en homme de son temps donne la prééminence au réel  et quoique musulman pratiquant, les mouvements contemplatifs d’où l’action sociale et politique était absente ou qui se limitaient à l’émission de fatwas sur la longueur des abayas et de la barbe, ne l’attiraient qu’à demi.

    Certes, on l’a vu participer à des joutes verbales avec des échanges musclés à coups de citations coraniques mais cela ne l’enthousiasmait pas plus que ça au point d’en faire une activité à plein temps.

    C’est ainsi qu’en 1985 et avant même la formation du Hamas par Cheikh Yassine, Yahya Sinwar a participé à la création d’un groupement politique  al-Majd (en arabe : « Gloire » ; acronyme de Munaẓẓamat al-Jihād wa al-Daʿwah, « Organisation pour le jihad et la Daʿwah [prédication et ] ») en souvenir du nom arabe du berceau de sa famille , Asqalan-Majdat.

      Ce Majd était un réseau de jeunes musulmans, convaincus de l’excellence de la voie islamique, qui se préoccupaient de la sécurité dans leur ville et qui avaient pour objectif la mission de rechercher et dénoncer le nombre croissant d’informateurs palestiniens recrutés par Israël pour espionner les Palestiniens, et pas seulement à Gaza, du berceau au tombeau.

    Une députée à la Knesset, le lieu parait-il de la démocratie et donc de la vertu, n’a pas craint de soutenir que ces informateurs étaient tellement utiles qu’il fallait affamer toute la population pour créer des vocations de traitres et multiplier leur nombre afin qu’eux, les sionistes, puissent dormir sur leurs deux oreilles sans crainte des révoltes !!

    A l’âge de 27 ans, Yahya adhère au Hamas du Cheikh Yassine et du Docteur al Rantissi, qui était à l’origine un mouvement caritatif religieux sans lien avec la politique de quelque bord que ce soit comme il en existe à peu près dans tous les pays arabes et musulmans sous d’autre noms.

    Ce mouvement évoluera vers le réformisme en opposition avec les Wahabites et autres salafistes qui sont plus rigoureux dans l’exercice du culte et plutôt parcimonieux dans le partage des richesses au profit des pauvres musulmans du monde.

    En 1984, Ahmed Yassine adhère au mouvement des Frères musulmans.  Il est arrêté par l’occupant sioniste pour une prétendue participation à de la  contrebande d’armes et condamné à  7 ans de prison par les tribunaux sionistes.

    Agé de 62 ans, il est libéré par suite d’un accord dit «  Jibril » qui a consisté en l’échange de plus d’un millier de détenus arabes palestiniens contre trois Israéliens tueurs du Mossad, des pieds nickelés qui ont été emprisonnés en Jordanie à la suite de l’échec à Amman de la tentative d’assassinat de Khaled Mechaal, autre dirigeant du Hamas. Mechaal ne mourra pas du poison qui lui a été inoculé dans l’oreille par les deux idiots dépêchés par Netanyahou pour accomplir leur mission criminelle, car Hussein, furieux que cet assassinat se déroule  chez lui alors qu’un accord de paix avec Israël était en cours de signature sous la garantie des USA, avait exigé le contre-poison et Netanyahou le gribouille, a bien été obligé de le fournir.

    Toutes ces libérations pléthoriques (1israélien pour 1000 palestiniens) indiquent qu’Israël emprisonne à tort et à travers juste pour remplir ses prisons et maintenir les Palestiniens dans un état permanent de terreur et d’insécurité et faire durer l’occupation avec la conviction que plus le temps passe et plus cette colonisation illégale se transformera en propriété perpétuelle.

    En 1987, Cheikh Yassine crée le mouvement « Al-Moujamma al-Islami »  qui deviendra Hamas avec le docteur Abdel Aziz al-Rantissi, et en fera la déclaration auprès des autorités israéliennes  puissance occupante. Le Cheikh Yassine a des ambitions politiques pour cette organisation à Gaza 

    Il s’agit au départ, dans un cadre  d’œuvres sociales, de prodiguer des soins dans des dispensaires médicaux, ouvrir  des écoles pour alphabétiser  etc. La base du mouvement est donc caritative, ce qui lui confère une grande popularité dans le petit peuple car l’objectif est de s’adresser aux plus démunis qu’Israël maintient volontairement comme tous les colonialistes dans la misère et !’arriération. Cette dimension obligera le Hamas à chercher des financements auprès des frères Arabes, ce qui n’était  que justice.

    En 1989 à l’issu d’un procès à charge, sans véritable défense comme toujours en Israël quand il s’agit de Palestiniens, Yahya Sinwar a été reconnu coupable du meurtre de Palestiniens accusés de collaboration, dont ce Shteiwi, avec Israël et a été condamné à quatre fois la peine de prison à perpétuité.

    Emprisonné à Beer-Sheva, dans un complexe situé dans le Néguev  sous le matricule 73333351, il  se prépare à subir une longue période de privation de liberté. Il mettra à profit cette incarcération sans fin pour faire des études d’histoire jusqu’à obtenir un diplôme et à apprendre l’hébreu et surtout la mentalité tordue de ses cerbères pour mieux les combattre à sa sortie car il n’a jamais désespéré de la miséricorde divine et de sa libération par la grâce d’Allah.

    Dès le début de son incarcération il a été astreint à un interrogatoire permanent par le dénommé  Yuval Bitton, un juif Marocain parlant parfaitement l’arabe, se prétendant dentiste et médecin de la prison mais en réalité comme tous les Israéliens, il était l’officier du Mossad désigné pour le soumettre à une espèce d’analyse freudienne, un viol de conscience, certainement pour en faire un Mohamed Dahlan et un informateur de haut vol qui le renseignerait sur les décisions prises au sommet du Hamas. 

    Ce Dahlan ressortira, en effet, de prison tout à fait acquis à la cause du sionisme et infatigable traitre, il continuera à œuvrer pour être nommé Gauleiter de Gaza. Il a dû renoncer à ses ambitions car il en a été chassé avec pertes et fracas lorsque les enquêteurs du Hamas ont trouvé sa maison bourrée de correspondances et autres preuves de son allégeance à l’état voyou d’Israël et notamment la preuve de son implication dans la mort de Yasser Arafat.

    Mais avec Yahya Sinwar il en a été autrement. C’est l’agent-analyste qui a craqué et est devenu obsédé, au point  dit-il qu’il  pensait à Sinwar matin, midi, et soir. Non seulement il ne l’a donc pas « retourné » comme il avait mission de le faire mais c’est lui qui a servi de cobaye à Yahya qui a eu tout le loisir d’étudier le cerveau tordu d’un sioniste et de s’en souvenir pour ses actions futures. Par la même occasion, il se faisait remettre des journaux sionistes par ce même psychanalyste et en a profité pour apprendre l’hébreu et prendre connaissance du délire de leurs grands esprits.

    Le dentiste-agent du Mossad, présumant de ses forces et de son intelligence, jouait le rôle du sioniste sympathique et avait donc ces fréquents entretiens « amicaux » pour s’en servir dans l’analyse de son sujet mais il a fini par  avouer que « le client » qu’il avait devant lui était coriace et intelligent sans pour autant lui reconnaitre aucune autre qualité comme celles par exemple d’être loyal et dévoué à son peuple et incorruptible alors qu’il cumulait toutes ces qualités et bien plus, comme le courage, la résilience et la simplicité des braves.

    Zohra Mahi

    Toute ma gratitude à Zohra pour ces bonnes feuilles. (Mohamed Bouhamidi)

    Yahya Sinwar Al Ghazaoui -Zohra Mahi – Paris- auto-édition- Paris – 147 pages – 20 euros

  • Philippe Tancelin – Quoi donc qu’on ne saurait prétendre…. (Sur Ghaza et la Palestine )

    Philippe Tancelin – Quoi donc qu’on ne saurait prétendre…. (Sur Ghaza et la Palestine )

    Photo Ernest Puerta – Palestine résistante

    Que de mots n’ai-je pas écrit, publié depuis cinq décennies en l’honneur des palestiniennes.iens qu’ils soient des camps oubliés, de Ghaza la suppliciée, de Jordanie, de Cisjordanie occupée ou de la diaspora….Qu’ils soient enfants, adultes, à quelque classe qu’ils appartiennent…Qu’ils soient artistes, poètes ou non, pourvu que j’entende et sache reconnaître leur pas dans la commune histoire de libération des peuples.

    Chaque fois j’ai cherché, j’ai espéré, j’ai voulu sculpter des mots à la taille des résonances de leur ferveur en moi.

    Aujourd’hui, cinquante ans plus tard, tandis que « l’inchangé » de leur vie d’opprimés, de pourchassés demeure par toute l’étendue criminelle du colonialisme et des néo-colonialistes de ce monde,je persévère sans réserve dans une expression librement consentie en soutien certes et solidarité avec la justesse de leur cause…Mais pas seulement… !… ?

    Je m’exclame et je me, nous pose questions :

    Depuis tous ces ans, nous artistes, poètes, indignés devant cette hypocrisie politique, morale,intellectuelle d’un Occident dans le déni de ses fondamentaux,…NOUS:qu’en reflétons-nous encore qui nous place au mieux dans les rangs d’un humanisme orphelin de la lumière voire trop souvent d’un humanitarisme avilissant ?

    Qu’est-ce qui dans nos écritures, notre travail de la langue, nos multiples expressions-expériences artistiques y compris critiques, résonne profondément avec les valeurs en devenir pour la libération et toutes leurs représentations d’avenir lointain comme de futurs proches ?

    En quelle proximité nôtre avec la liberté parfois lointaine de l’autre, situons-nous contenus et formes de nos expressions-créations ?

    A-travers les nombreuses œuvres de résistance culturelle artistique que les palestiniens créent depuis la « Nakba » qu’est-ce qui dans nos propres formes de solidarité artistique avec eux a changé ? Qu’est-ce qui s’est transformé, voire, fut bouleversé dans nos œuvres et les représentations que nous nous faisons et livrons de la chair sensible de leur combat ?

     A quelle figure de compassion renonçons-nous, tandis que les artistes palestiniens ne s’expriment avec aucun des accents victimaires qu’on voudrait insolemment leur prêter ?

    Qu’est-ce qui depuis leur être de sérénité dans l’épreuve de l’intolérable, bouleverse nos propres catégories esthétiques-politiques ?

    Qu’est-ce que d’un poème du poète Refaat Alareer (assassiné par l’occupant) et de tant d’autres artistes disparus sous les décombres ou survivants ce jour, retenons-nous par cette citation « Que ma mort apporte l’espoir » ?

    Quel espoir dressons-nous en « Commune » aspiration de nos œuvres pour les leurs, de sorte que vivions tous hors des cendres, hors de la mort programmée par l’usurpateur  ?

    Ces quelques interrogations sans prétention de réponse mais plutôt de recherche, s’adressent à nous, artistes musiciens, plasticiens, sculpteurs, danseurs, gens de théâtre, poètes, cinéastes…, nous tous et chacun.e depuis une confrontation sincère des effets de résonances de nos écritures avec la liberté défendue là-bas chairs à chairs..

    Que ne considérons-nous la montagne depuis la surrection nos propres œuvres !

    En serais-je là, moi-même à l’instant de l’ECRIRE,…Il faudrait que sitôt s’en suive l’autre poème, poèmement autre….

    Photo Ernest Puerta – Palestine résistante

    Philippe Tancelin

    2 Décembre 2025

    Illustrations Ernest Puerta

  • Tinhinane Hadji – Malgré les nuits qui tremblent (poème)

    Tinhinane Hadji – Malgré les nuits qui tremblent (poème)

    Malgré les nuits qui tremblent

    Et les jours qui se brisent,

    Malgré les voix du monde

    Qui dictent ce qu’on doit être,

    Il reste en toi une flamme,

    Fine, fragile, mais vraie.

    Les doutes te traversent,

    Les échecs te secouent,

    Pourtant ton cœur avance

    Même quand tes pas reculent.

    Tu n’es pas faite pour plaire,

    Mais pour te rencontrer.

    Chaque épreuve t’a forgée,

    Comme la mer polit la pierre.

    Chaque chute t’a appris

    À te relever différemment.

    Et même quand tu vacilles,

    Ta lumière ne s’éteint pas.

    Crois en toi, encore.

    Pas parce que tout va bien,

    Mais parce que tu vaux

    Bien plus que tes combats.

    Et un jour, sans t’en rendre compte.

    Illustration : La dame coquelicot peinture de Tinhinane Hadji

  • Laure Lemaire- Madagascar: vers sa seconde Indépendance et la souveraineté populaire ?

    Laure Lemaire- Madagascar: vers sa seconde Indépendance et la souveraineté populaire ?

    1° partie- Inspirée d’ INITIATIVE COMMUNISTE (Revue mensuelle du Pôle Renaissance du Communisme en France)- De Hubbard-

    Le texte ci-dessous ( en 2° partie) nous a été transmis par des représentants au sein de la diaspora malgache du Mouvement GenZ. Ce mouvement, plutôt spontané, semble s’être inspiré par l’émulation des évènements au Népal. Il travaille bien heureusement à son organisation. Quelques éléments apparaissent indispensables à la bonne compréhension des évènements

    La décolonisation inachevée se manifeste sur le plan économique. Madagascar figure parmi les seuls pays au monde à s’être appauvris sans discontinuer ces dernières décennies. Aujourd’hui, + de 60% de sa population vit sans électricité et 80% sous le seuil de pauvreté.

    Son économie présente les traits typiques d’une néo-colonie. Elle reste majoritairement agricole (4/5 malgaches sont paysans). Son agriculture est largement tournée vers l’exportation: girofle, vanille (1° producteur mondial), cacao (non transformé sur l’île) , sucre,  poivre, café. Elle peine à assurer la subsistance de sa propre population, ce qui oblige l’Etat à importer du riz de qualité douteuse alors que la plupart des Malgaches ne mangent qu’ une fois par jour, du riz juste accompagné de sel. La pêche aussi et l’élevage crevettiers – les fameuses “crevettes roses de Madagascar” – sont en grande partie tournée vers l’exportation.

    Le désengagement de l’Etat dans les raffineries de sucre en a fait chuter la productivité, et en 2019 la production locale ne couvrait qu’à peine 50% de la demande. Sous la pression des institutions financières impérialistes, le secteur du coton a été privatisé en 2004, Il n’y a pas d’ entreprise malgache, même privée, pour s’occuper de l’exploitation minière d’un sous-sol bien garni…

    Donc, les 2 personnages politico-financiers (Andry Rajoelina, président de la République et Mamy Ravatomanga, 2e plus riche du pays, très proches), fustigés par les manifestants ont fini par prendre leurs jambes à leur cou: Les Malgaches ne s’y sont pas trompés en ciblant ces classiques relais de l’impérialisme, qui parlent de développement mais qui ont bien pris soin d’éviter l’industrialisation, pour se consacrer soit au tertiaire, soit à la gestion locale de l’exploitation des petits paysans.

    Avant de devenir maire d’Antanarivo, la capitale, en 2007, puis président de la République, Andry Rajoelina était DJ, puis s’occupait d’affichage publicitaire, avant de lancer sa propre chaîne de télévision. Mais, il se heurte à la fermeture de sa chaîne de télévision par le gouvernement, ce qui le poussera à s’associer à un mouvement de contestation dont le caractère composite empêchait toute rupture sérieuse, mais qui le portera au pouvoir une 1° fois, dans un scénario typique de confrontation entre 2 factions de bourgeoisie compradore, le président de l’époque étant plutôt proche des américains et Andry Rajoelina des français. Il acquiert donc la nationalité française en 2014, ce qui lui a beaucoup coûté en terme de popularité, peut-être par la prévoyance d’un départ forcé… Rajoelina a instauré un système autoritaire avec emprisonnement arbitraire politique, basé sur une corruption intégrale et une garde prétoriennene issue de la Gendarmerie – celle qui a tué les manifestants.

    Mamy Ravatomanga est à la tête d’un empire financier s’occupant aussi bien de sous-traitance pétrolière, de BTP, de presse, d’hôtellerie, de tourisme et de santé (poly-cliniques privées, monopole du transport routier, et d’aérodromes. Ses pratiques monopolistes dans l’exportation agricole de rente rendent toute production concurrente impossible, le marché lui est fermé, ce qui achèvent de le faire détester par une population majoritairement paysanne. Il a également été dans le viseur des justices malgaches et françaises, et aujourd’hui dans celui de la justice mauricienne, pour divers délits financiers et de la fraude fiscale. L’enquête ouverte à son encontre par le Parquet National Financier (français) a été annulée en 2023…Pierre Bleue, comme on l’appelle à Mada(gascar), a placé rien qu’à Maurice, 28 milliards d’euros volés au peuple tandis que la dette Malgache est de 10 milliards.

    On comprend donc que la plaine était prête à s’embraser à la moindre étincelle! Ce furent les insuffisances aberrantes de la Jirama, la compagnie nationale de production d’eau. Le lobby des importateurs de carburant avait forcé la JIRAMA, à s’en tenir aux couteuses et peu écologiques centrales thermiques aux dépens des centrales hydrauliques plus économes. L’État devait ainsi subventionner la JIRAMA qui devint un gouffre financier dans lequel puisaient ces prédateurs incarnés par Rajoelina au pouvoir. La JIRAMA, sensée fournir eau et électricité à la population de Madagascar ( à une partie), mais qui soumettait le peuple à des coupures de plus en plus longues, jusqu’à 12 heures par jour!

    A Madagascar comme dans beaucoup de pays d’Afrique soumis à la poigne de fer impérialiste, subsiste une entreprise publique chargée de fournir l’énergie; ce qui peut paraître fantaisiste au regard de la frénésie privatisante des organismes financiers qui dictent leur loi, mais qui s’explique aisément par 2 fonctions:1-Fournir en énergie les monopoles étrangers opérant sur le territoire à un prix d’autant plus sympathique qu’il est subventionné par l’Etat 2-Offrir une source d’enrichissement aux membres de la clique dirigeante compradore à qui l’on confie l’entreprise, qui peuvent détourner une partie des fonds d’aide internationaux destinés à financer le développement promis….

    La Gen Z est constituée des – de 30 ans (nés entre 1990 et 2010), soit la majorité de la population. L’équipe initiatrice de la Gen Z fait partie des classes moyennes prolétarisées, les étudiants des universités qui vivent et travaillent dans des conditions misérables. Un des signes visibles de cette misère sont les coupures d’électricité et d’eau dont sont victimes 30 % de Malgaches qui y ont accès, soit tous des citadins.

    Le chef de l’État voyant ses réseaux sociaux se retourner contre lui, chaque ministère en vint à alimenter de faux comptes pour désinformer ou attaquer les facebookers rebelles. Ces derniers ne manquèrent pas de révéler les scandales de plus en plus nombreux causés par les tenants du régime : l’arrestation en flagrant délit à Londres de Romy Voos, la chef du cabinet du président, accusée de tentative de corruption ; les certificats de complaisance accordés aux Iraniens pour l’achat de 5 Boeings américains, impliquant l’un des fils du Président ; sans parler des frasques d’une sénatrice qui fit emprisonner son propre mari…

    C’est dans ce contexte que les amateurs de réseaux sociaux suivirent à partir du 8 septembre les pérégrinations de la GenZ népalaise. Un petit groupe de jeunes étudiants et lycéens appelèrent à manifester dans les rues des grandes villes contre les coupures d’électricité et d’eau. Les étudiants furent les premiers à répondre à l’appel. La répression fut brutale.

    La situation se tend rapidement et la présidence, arguant de très louches pillages nocturnes effectués tranquillement sous les yeux de la police, fait donner la troupe: + de 22 morts, et des dizaines de blessés. Le tournant sera la participation de certaines divisions de l’armée à des manifestations: le 11 Octobre, la CAPSAT refuse de tirer et rejoint le cortège, le lendemain Rajoelina est exfiltré par l’armée française.

    “Encore” les militaires ! disent les « Occidentaux ». Oui mais dans un pays où la bourgeoisie a renoncé à toute dignité nationale, où les artisans, qui compose avec le manque d’électricité qui fait tourner ses archaïques outils de travail, où il ny a pas d’organisation nationaliste populaire, les masses peuvent certes déclencer la crise; mais pour la sortie, c’est le coup d’Etat militaire ou l’intervention étrangère (les 2 ne s’excluant pas). L’ ex président, déjà hors du territoire, annonce prendre un décret dissolvant une Assemblée où il dispose d’une large majorité. En réponse, elle décide de le destituer par 130 voix sur 163 députés..et lui a retiré sa nationalité Malgache en vertu de la Constitution, il n’a donc même plus le droit de revenir ! 

    Alors, Hourra! pour les fils du peuple, ces militaires qui ont arraché le pouvoir au tyran.

    N’oublions pas que c’est de Madagascar que Sankara était revenu initié au marxisme à l’occasion d’une formation militaire; où le bouillonnement révolutionnaire agitait le milieu des sous-officiers à l’époque. Le nouvel homme fort du régime, Michael Randrianirina, a étudié à l’Université d’Antsirabe, la même que le dirigeant burkinabé avait fréquenté. Michael Randrianirina avait été sanctionné en 2023 pour incitation à la mutinerie et préparation d’un Coup d’Etat. Pourtant il avait été nommé à la tête de la fameuse CAPSAT grâce à sa forte popularité au sein de l’armée et, en 2009, avait joué le même rôle pour l’installer à la tête du pays. D’ailleurs, il n’y a pas eu d’affrontement entre factions des forces armées suite à sa prise de pouvoir en tant que chef d’Etat-Major puis en tant que dirigeant national.

    Néanmoins, il va falloir manoeuvrer avec tact pour garder à la fois le soutien populaire sans brusquer un appareil d’Etat quasi intact. La rapidité du processus de rupture des 2 derniers mois laisse des lignes de front politiques chaotiques. Le nouveau dirigeant a pu montrer d’ores et déjà une certaine habileté puisqu’il a obtenu sa nomination à la tête de la “Transition” par la Haute Cour Constitutionnelle après avoir menacé de la dissoudre. Il a en revanche du donner des gages aux institutions politiques internationales, comme l’Union Européenne ou l’Union Africaine, qui agitent la menace d’une suspension de l’aide internationale. Bref, les recettes habituelles de l’impérialisme pour reprenne la main.

    Les militants de la GenZ ont donc raison de s’activer pour leur organisation et de revendiquer une vigilance sourcilleuse envers le pouvoir dit “de Transition”. Comme on dit: “la confiance n’exclut pas le contrôle”.

    2° partie- Repela Manankasy-Madagascar : une décolonisation inachevée

    (25 octobre 2025)

    65 ans après son indépendance, Madagascar reste prisonnière des structures héritées du colonialisme français. Si la décolonisation a bien été amorcée, elle n’a jamais été pleinement accomplie. Derrière l’image d’une souveraineté retrouvée, persiste une dépendance profonde — politique, économique et intellectuelle.

    L’histoire coloniale de Madagascar commence officiellement le 6 août 1896, lorsque la France met fin à la monarchie malgache et installe son administration. Cette île, riche en ressources naturelles et stratégiquement très bien située, a depuis toujours attiré les convoitises.

    À la fin des années 1950, alors que soufflent les vents des mouvements anti-impérialistes et anticoloniaux, le général Charles de Gaulle comprend que la France ne peut contenir à la fois la guerre d’Indochine et la montée des revendications dans ses colonies africaines. Il choisit alors de promouvoir une indépendance négociée, sous la forme d’une continuité institutionnelle: la Communauté française. Le référendum du 14 octobre 1958 marque l’entrée de Madagascar dans cette Communauté, une autonomie sous tutelle où la France conserve la haute main sur l’économie, la défense et la diplomatie.

    Les colonisateurs avaient déjà préparé des élites locales à prendre la relève. Ces collaborateurs, formés ou encadrés par l’administration française, prennent le pouvoir lors de l’accession à l’ indépendance. Les observateurs et chercheurs de la Françafrique parleront de « gouverneurs noirs » : les colons s’en vont, mais leurs relais demeurent.

    Philibert Tsiranana en est l’exemple emblématique. Il a lui-même dit avec fierté qu’il était formé par le Général De Gaulle. Il fut l’un des fondateurs du PADESM, un parti politique soutenu par la France pour rivaliser avec le MDRM, mouvement nationaliste réprimé lors de l’insurrection de 1947. Derrière la façade de l’indépendance, la France maintient son influence à travers une série d’accords de coopération dans des secteurs clés : défense, justice, ressources stratégiques, enseignement supérieur et politique étrangère.

    Le 26 juin 1960, Madagascar proclame son indépendance. Mais, comme le soulignait Frantz Fanon dans Les Damnés de la Terre (1961), « la violence est nécessaire à la libération totale ». Autrement dit, il n’y a pas de rupture véritable sans conflit de fond. Or, l’indépendance malgache fut négociée, pacifique, et donc incomplète. Il ne faut pas non plus oublier le détachement arbitraire des Îles Éparses, acté par décret le 1er avril 1960? la veille même de la signature des accords d’indépendance. Cet épisode, souvent passé sous silence, montre combien cette indépendance fut juridiquement et symboliquement incomplète. Les luttes populaires, de 1947 à la révolution de 1972, ont exprimé le désir d’émancipation, sans toutefois renverser les structures profondes de dépendance. Même après la signature de nouveaux accords par Didier Ratsiraka en 1973, la présence française demeure visible dans la vie politique, économique et culturelle du pays. Madagascar continue d’évoluer dans un cadre institutionnel et mental largement hérité du modèle colonial. Cette dépendance, parfois invisible, s’est simplement adaptée aux temps modernes.

    Au-delà de la domination politique, la colonisation a profondément marqué les mentalités. Elle a ancré dans la conscience collective une hiérarchie symbolique : le colon “supérieur”, le colonisé “inférieur”. Cette fracture, transmise de génération en génération, se manifeste encore dans la culture, la langue et les représentations. Les penseurs postcoloniaux, tels qu’Edward Saïd (L’Orientalisme, 1978), ont appelé à une décolonisation intellectuelle : déconstruire le regard occidental, redonner voix et dignité à ceux qui ont été réduits au silence. Il faut déconstruire le regard binaire qui fixe de façon déséquilibrée et inégalitaire les identités entre l’Occident et l’Ailleurs. Comme le rappelait Saïd, les intellectuels ont la responsabilité de retrouver la mémoire, de réhabiliter l’histoire et de transmettre un savoir libéré des logiques coloniales. Fanon, de son côté, parle de désaliénation : un processus qui exige l’abandon du mode de pensée hérité du colon. Les intellectuels doivent combattre l’oppression culturelle et psychologique en changeant radicalement de perspective, en s’ancrant aux côtés du peuple dans sa lutte pour l’émancipation. Ce n’est qu’à cette condition que les séquelles psychosociales laissées par le système colonial, véritables pathologies de la domination, pourront être surmontées.

    Pour la philosophe Seloua Luste Boulbina, spécialiste en études post-coloniales, « l’hégémonie n’a pas disparu : l’indépendance n’a pas mis fin à l’inégalité entre les nations ». Elle rappelle que « l’indépendance n’est pas la fin de la décolonisation, mais le début ». Cette réflexion souligne que la décolonisation n’est pas un événement ponctuel mais un processus, une transformation lente, politique, économique, culturelle et psychologique.

    Comme le rappellent plusieurs juristes, la décolonisation véritable consiste à bâtir les conditions d’une souveraineté effective, et non une indépendance formelle. Le juriste Carré de Malberg affirmait déjà en 1920 que la souveraineté externe est «en essence, synonyme d’indépendance». Pourtant, comme l’a montré Stephen Krasner (1999), cette conception relève d’une « hypocrisie organisée » : les États invoquent la souveraineté dans le discours, mais son application dépend toujours des rapports de force et des intérêts stratégiques.

    Les anciennes puissances coloniales, dont la France, conservent une influence mondiale durable, par leur rôle au Conseil de sécurité de l’ONU ou à travers leurs réseaux économiques et culturels. On parle de leur puissance pérenne. Mais cette asymétrie ne saurait condamner Madagascar à la soumission. Si le monde est régi par un rapport de forces, Madagascar doit s’allier avec une puissance capable d’équilibrer celle de la France sur le plan géopolitique, mais dans un esprit de coopération équitable.

    La colonisation fut violente, et le néocolonialisme l’est encore, sous des formes plus subtiles. La France continue de tirer profit de la faiblesse institutionnelle, du désintérêt des élites intellectuelles et de la corruption des responsables politiques, tandis que la majorité du peuple reste enfermée dans la pauvreté et le désenchantement. Ainsi, la révolution actuelle à Madagascar, depuis le 25 septembre 2025, s’inscrit dans une volonté profonde de rupture totale, tant vis-à-vis du colonisateur que de ses relais locaux. Il est temps de prendre une décision claire et ferme : réaliser enfin cette rupture totale.

    L a conscience populaire se réveille. Les Malgaches réclament aujourd’hui une libération réelle, fondée sur la dignité, la mémoire et la justice. L’avenir du pays dépendra de sa capacité à penser par lui-même, à coopérer sans se soumettre, et à bâtir une force collective capable d’imposer le respect. Ce n’est qu’à ce prix que Madagascar pourra tourner la page du passé colonial et écrire enfin sa propre histoire, libre et souveraine.

    3° partie-Les îles Éparses : un enjeu géopolitique crucial entre la France et Madagascar

    Les Îles Éparses, un archipel méconnu de l’océan Indien, sont aujourd’hui au cœur d’une intense crise diplomatique entre la France et Madagascar. Véritables trésors géographiques, ces îlots inhabités cachent des enjeux stratégiques, environnementaux et économiques considérables. Ce territoire, sous administration française depuis les années 1960, suscite des revendications de souveraineté de la part de Madagascar qui s’appuie sur des arguments historiques et juridiques. Alors que la France prône une cogestion des îles, Madagascar demande leur restitution complète. En effet, les ressources maritimes abondantes associées sont récemment qualifiées par les Malgaches d’« or bleu », révélateur de la valeur économique, écologique et politique de ces espaces marins.

    Les Îles Éparses englobent plusieurs îlots : Europa, Juan de Nova, Bassas da India et les Glorieuses. Chacune de ces îles présente des caractéristiques uniques qui participent à leur attrait géopolitique et leur valeur stratégique. Administrées par la France dans le cadre des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF), ces îles sont situées stratégiquement dans le canal du Mozambique, à proximité de la route maritime principale entre l’Afrique et l’Asie.

    • Europa : S’étendant sur environ 30 km², cet îlot est particulièrement connu pour sa biodiversité et son écosystème fragile. Peu de personnes y résident, sauf pour des missions scientifiques et des patrouilles militaires.
    • Juan de Nova : Avec une superficie d’environ 5 km², cet îlot est également une réserve naturelle qui abrite une faune marine diversifiée, notamment des espèces migratrices.
    • Bassas da India : Cet atoll, difficile d’accès en raison de ses récifs coralliens, soulève des questions de sécurité maritime. Sa localisation est favorable pour la surveillance des voies maritimes.
    • Les Glorieuses : Ce groupe d’îles, bien moins connu, est d’une importance cruciale pour les recherches maritimes et abrite un nombre diversifié d’espèces d’oiseaux et de poissons.

    L’intérêt de la France pour ces îles n’est pas seulement d’ordre militaire, mais également économique. Les zones économiques exclusives (ZEE) liées à ces îlots couvrent environ 640 000 km², faisant de cet espace un lieu privilégié pour l’exploitation des ressources maritimes. À ce titre, le thon représente une ressource vitale pour la pêche à Madagascar, mais également pour l’économie française, renforçant ainsi la tension entre les deux pays.

    Les Îles Éparses se trouvent au cœur de préoccupations environnementales croissantes. La majorité de ces îlots sont classés comme réserves naturelles, représentant ainsi une immense valeur en matière de biodiversité. Des espèces tropicales protégées ainsi que des récifs coralliens y sont présents, éléments cruciaux pour l’équilibre écologique de la région.

    À ce titre, la gestion durable de ces territoires est impérative. La protection des écosystèmes menacés est l’un des principaux arguments pour la cogestion entre la France et Madagascar. Les associations de protection de l’environnement à Madagascar craignent que la pêche excessive et l’exploitation des ressources maritimes, si ces îles étaient intégralement sous contrôle français, entraînent une destruction potentielle des habitats marins et d’importantes pertes de biodiversité.

    Un rapport de 2025 spécialement sur l’impact des actions humaines sur ces îles souligne l’importance d’une approche collaborative. Les experts avertissent que sans un dialogue constructif, les maigres ressources naturelles pourraient devenir un fardeau économique pour les générations futures. L’inclusion d’expertises locales dans la gestion de ces îles est indispensable pour assurer la pérennité de leur environnement fragile.

    Le cœur du contentieux entre la France et Madagascar réside dans la question de la souveraineté. Alors que le gouvernement français évoque une gestion partagée, Madagascar revendique fermement le retour des îles au sein de son intégrité territoriale. Ce clash est alimenté par un enracinement historique des luttes anticoloniales et des principes de souveraineté nationale.

    Les deux parties s’appuient sur des arguments juridiques pour défendre leurs positions. Pour Madagascar, les résolutions de l’ONU des années 1970 ayant traité de la décolonisation sont une référence clé. Ces résolutions ont en effet demandé la restitution des territoires séparés lors de la colonisation, renforçant leur revendication sur les îles Éparses. En réponse, la France cite les accords bilatéraux qui, selon elle, donnent à Paris le droit d’administrer ces territoires.

    Cette dispute trouve également un écho dans la mobilisation de la société civile malgache, de plus en plus active. Environ 800 ONG se sont fédérées pour marquer leur opposition à la présence française sur ces îles. Ces organisations exigent non seulement la reconnaissance de la souveraineté d’Antananarivo, mais aussi une prise en compte de la voix des Malgaches dans les discussions concernant ces territoires.

    La mobilisation pour la restitution des îles Éparses à Madagascar a gagné en intensité ces dernières années. La société civile, comprenant des acteurs variés allant des ONG aux syndicats de pêcheurs, a exprimé son indignation face à la position de la France. Le constat des inégalités flagrantes en matière d’exploitation des ressources maritimes a alimenté ce mécontentement général et a ainsi fait émerger des critiques profondes à l’égard de la persistance des structures néocoloniales.

    Les luttes pour la reconnaissance de la souveraineté se manifestent également au sein de campagnes médiatiques et auprès des réseaux sociaux. Les auditions organisées par des groupes de réflexion et des forums académiques à Madagascar sont devenues courantes, favorisant une prise de conscience collective sur les enjeux relatifs aux Îles Éparses.

    ÉvénementDateImportance
    Visite d’État d’Emmanuel Macron à MadagascarAvril 2025Évaluation des relations bilatérales
    Réunion de la commission mixte30 juin 2025Discussion sur la souveraineté des îles
    Mobilisation de la société civile2025Pression sur le gouvernement malgache

    Les îles Éparses sont souvent qualifiées d’or bleu pour les richesses maritimes qu’elles recèlent. Les ressources halieutiques de cette zone sont considérables, variant des poissons de fonds aux crustacés. Ce potentiel a conduit à des investissements croissants des deux côtés de la dispute, accentuant encore les tensions.

    Pour Madagascar, la récupération du contrôle sur les îles revêt une importance capitale. La pêche, un secteur clé de l’économie malgache, est directement affectée par le statut des ZEE. La présence de la France dans ces eaux est perçue comme un frein à l’exploitation durable des ressources, limitant ainsi les revenus potentiels pour les pêcheurs malgaches.

    • Pêche durable : La possibilité de réglementer l’exploitation halieutique dans la ZEE augmente si Madagascar obtient la restitution de ces îles.
    • Tourisme écologique : Le développement d’un tourisme responsable pourrait s’épanouir si les îles sont gérées par Madagascar, attirant des investissements et générant des revenus.
    • Exploitation des hydrocarbures : Des gisements potentiels de pétrole et de gaz offshore pourraient être découverts, représentant une opportunité économique majeure pour le pays.

    La France, de son côté, se positionne comme un acteur clé dans la région, cherchant à maintenir sa présence pour sécuriser ses intérêts économiques et stratégiques. Le contrôle des ressources maritimes dans ce secteur est vital pour garantir la continuité des approvisionnements en produits de la mer tant pour le marché intérieur que pour l’exportation.

    RessourcesImportanceImpact sur l’économie malgache
    Poissons (thon, crustacés)Ressources halieutiques majeuresEssentielles pour la subsistance
    HydrocarburesPorteurs de revenus économiquesPouvant transformer l’économie nationale
    Tourisme écologiqueValorisation des ressources naturellesAmélioration de la visibilité internationale

    Alors que la situation actuelle semble stagnante, des voies d’apaisement pourraient émerger à travers des négociations permanentes combinées à un engagement authentique des deux gouvernements. Un dialogue constructif est essentiel pour permettre une gestion multipartite de ces îles, prenant en compte tant les intérêts économiques que les préoccupations environnementales.

    Des propositions de cogestion des Îles Éparses pourraient offrir un compromis viable, bien que ces discussions devront pleinement intégrer les avis et les aspirations de la société civile malgache. L’implication de parties prenantes variées dans ces décisions pourrait également enrichir le processus, prévenant des tensions futures.

    Parallèlement, il est impératif pour Madagascar de renforcer ses capacités et d’accroître ses compétences en termes d’expertise environnementale et de gestion des ressources. Des collaborations avec des centres de recherche internationaux pourraient conduire à des solutions innovantes adaptées aux spécificités locales.

    Les tensions entourant les Îles Éparses illustrent bien plus qu’une simple dispute territoriale. Elles relèvent de problématiques liées à la géopolitique, à la mémoire coloniale ainsi qu’à la construction d’un avenir durable pour les générations futures. Le chemin reste semé d’embûches, mais les choix qui seront faits dans les années à venir façonneront non seulement l’avenir de ces îles, mais aussi les relations entre la France et Madagascar sur une scène internationale fluctuante.

    Stratégies de résolutionActeurs impliquésObjectifs
    Négociations bilatéralesFrance et MadagascarAtteindre un accord sur la souveraineté
    Cogestion des îlesSociété civile, gouvernementsAssurer une gestion durable et équitable
    Partenariats en rechercheUniversités, centres de rechercheApporter des solutions scientifiquement fondées

Note : 5 sur 5.

« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »

– Keiko, Londres

Note : 4 sur 5.

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– Sarah, New York

Note : 5 sur 5.

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– Olivia, Paris