Ils disent que c’était un psychopathe, un ambitieux, un baathiste, un agent de De Gaulle , un islamiste lié aux FM, un affidé de Nasser, un assassin, un vendu, un embusqué, qu’il a fomenté et exécuté un coup d’état pour prendre le pouvoir, qu’il a toléré la perpétuation de la présence française à Mers el Kébir et Oued Namous, qu’il a sinistré l’enseignement en l’arabisant, qu’il a fait le lit de l’islamisme, qu’il a sinistré l’agriculture en instaurant la Révolution Agraire, l’industrie en promulguant l’industrie industrialisante, détruit le système de santé en décrétant la médecine gratuite etc

1- PSYCHOPATHIE : Tout le monde prend pour argent comptant et pour vérité indiscutable une petite confidence qu’aurait faite Fanon au Colonel Dehilès et dont ce dernier se serait ouvert à je ne sais plus qui… Mais personne ne se pose la question des relations entre les deux Colonels et du fait que les deux hommes n’étaient pas en parfaite entente…

Même si le Colonel Dehilès ne peut être décemment accusé de mensonge, personne n’a osé faire la moindre réserve sur cette « analyse » de Fanon et personne ne s’est dit pourquoi il ne s’en est pas ouvert à d’autres cadres de la Révolution…

Personne n’a pensé un seul instant que tout « révolutionnaire» est quelque part psychopathe car la méfiance dans laquelle il vit, vis-à-vis de ses pairs comme de ses adversaires ne peut lui permettre de rester psychologiquement serein…

Je ne sais pas d’ailleurs pourquoi, en l’occurrence, on fait preuve de ce « deux poids et deux mesures »… S’il faut croire ce qu’a « dit » de Boumediène Fanon à Dehilès, ne devrait-on pas croire ce qu’a « écrit » Bessaoud Mohand Arab à propos de Dehilès et c’est autrement plus grave qu’un avis psychiatrique, les écrits sont là contrairement aux paroles qui elles, se sont envolées ?

2- AMBITION DEMESUREE : L’ambition qui est méritoire car c’est un sentiment qui permet à l’individu de se surpasser est pour Boumediene une tare inexcusable…

Cet homme qui fut le plus jeune Colonel de l’ALN ne s’est jamais imposé par les « vertus » du régionalisme et du clanisme (il avait choisi l’Oranie pour activer et non les régions où résidaient sa tribu et son clan, contrairement à la plupart des responsables)…

Il a été nommé Colonel non pas par cooptation de ses amis (il n’en avait semble t’il pas) ni grâce à l’appui des grands chefs de sa région, mais pour ses qualités de sérieux et d’engagement qui frisaient l’ascétisme, ce que lui reconnaissent ceux qui l’estiment comme ceux qui le haïssent…

3- ETIQUETTES : Cet homme dont tous les observateurs neutres reconnaissent l’ombrageuse algérianité a montré aussi bien durant la guerre qu’après l’indépendance qu’il n’avait jamais souscrit à une quelconque inféodation ni au courant arabiste, ni au courant islamiste, ni au néo-colonialisme ni même à la francophonie et n’a eu de cesse de les dénoncer avec une rare virulence…

Le peu de sérieux de ces étiquettes est démontré par l’accusation de Nasserisme, de Frère Musulman et de Communisme… en même temps !…

Il faut rappeler que Boumediene n’a jamais accepté les ordres ou même les conseils de Saddam, Assad, Nasser ou Hassan et se souvenir de son mémorable coup de gueule contre les pays qui ont assisté au sommet de la francophonie « Wallah ma yerb’hou chi ! » et son « Hussein el kelb ! » qui a suivi Septembre Noir en se disant que ce roi qu’il avait qualifié sous le coup de la colère de ce mot est le premier représentant de la Franc-Maçonnerie Arabe (comme il est connu depuis peu)…

Se souvenir aussi de son froid avec Hafedh El Assad pour son refus de libérer Noureddine El Atassi et de sa consternation publique quand Numeiry fit pendre El Mahdjoub le communiste …

Les étiquettes étant facile à coller, on a attendu qu’il disparaisse pour faire de lui la chose et son contraire, pour rassembler le plus large front possible contre lui…

4- ILLEGITIMITE : On revient toujours à la prise du pouvoir par l’Armée des Frontières, mais personne n’ose reconnaître qu’en ces temps troubles où les Chefs de Guerre se voyaient tous Chefs d’Etat, Boumediene était le SEUL à avoir le droit d’intervenir pour arrêter les dérives car il était Chef d’Etat Major Général, nommé par les organes de la Révolution et disposait de la compétence, du pouvoir et de la légalité pour imposer l’ordre face aux dérives des uns et des autres et c’est à ce seul titre qu’il a intervenu et s’il n’avait pas intervenu, nous lirions dans les livres d’Histoire que cet Homme a failli à ses engagements…

L’intervention de Boumediène ne s’est pas faite en qualité de Président de la République ou de prétendant à la présidence mais en qualité de chef suprême de l’Armée… Et son appel à Ben Bella a très certainement été en désespoir de cause…

De plus, il faut le reconnaître, l’homme qui ralliait le plus de suffrages à l’époque et qui bénéficiait d’une plus forte sympathie populaire était Ben Bella, qu’on le veuille ou non, qu’on l’accepte ou pas… peut être pour sa faconde, peut être pour son air enjoué, peut être parce qu’il n’avait pas, comme certains de ses co-détenus, réuni ses partisans dans un parti et qu’il avait souscrit à l’idée de rester sous la bannière du FLN par conviction, « ruse de guerre » ou défaut de soutiens sérieux…

5- UN PLANQUE QUI N A JAMAIS TIRE UN COUP DE FEU… Le paradoxe c’est que cette accusation qui fait rire vient essentiellement de ceux qui avaient souscrit au principe de la primauté du civil sur le militaire… Ceux qui décochent de manière récurrente cette flèche contre le président Boumediène oublient qu’un chef révolutionnaire n’est pas obligatoirement un soldat…

Ils n’ont jamais accusé les autres grandes figures de la révolution de ne pas avoir canardé l’ennemi, de Ben M’Hidi à Bitat, de Benkhedda à Abane, de Ferhat Abbas à M’Hamed Yazid, de Ben Bella à Boudiaf…

Ils ignorent ou font semblant d’ignorer que De Gaulle, Churchill et Eisenhower n’ont jamais pris les armes contre l’ennemi et que Castro ne tira certainement pas une cartouche en se faisant prendre par les troupes de Batista, et Ho Chi Minh et Giap n’ont peut être pas tiré une cartouche même s’il réussirent la tannée administrée aux Français à Dien Bien Phu puis aux yankees malgré leurs B52 et leurs défoliants.

Je vais arrêter là… je sais qu’après avoir perdu des ami(e)s islamistes, arabistes, et kabylistes, je vais devoir supporter que le ciel me tombe sur la tête en me positionnant comme défenseur du Colonel Boumediène … mais j’ai fait le serment de dire ce qui me tient à cœur, pas ce qui me vaudra la sympathie de ceux qui aiment bien qu’on leur dise ce qu’ils veulent entendre…

Mais j’ai bon dos et je compte bien développer le reste des points cités en introduction pour peu que je trouve le temps de le faire…

Le courage, la volonté et les arguments ne me manqueront certainement pas…

29/10/2017

Source : https://www.facebook.com/100000246702335/posts/25883055891285947/?rdid=m1zzrwnZxZDJJWzM#

Dans les reproches faits à Boumediène on rencontre outre ceux que j’ai cités dans la première partie et qui ne furent malheureusement que très peu débattus, les intervenants se cramponnant à 2 ou 3 idées fixes, on rencontre dis-je deux autres, l’un politique et l’autre économique, qui sonnent en « eureka » dans la bouche et les écrits de ses pourfendeurs :

𝟏- 𝐥’𝐨𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐦𝐨𝐧𝐨𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢𝐬𝐭𝐞

𝟐- 𝐥’𝐨𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐬𝐨𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐭𝐞

Je vais, dans ce qui suit, essayer de dire quelques mots sur ces choix que certains jugent catastrophiques en faisant prévaloir l’idée que d’autres choix auraient permis au pays un décollage vertigineux quand d’autres affirment que sans ces choix le pays aurait été disloqué et la Révolution n’aurait même pas tenu la promesse de l’unité de la nation et de la conservation de son intégrité territoriale…

Les deux ont bien sûr raison parce qu’avec des hypothèses toute conclusion se tient…

𝟏- 𝐋𝐄 𝐂𝐇𝐎𝐈𝐗 𝐃𝐔 𝐏𝐀𝐑𝐓𝐈 𝐔𝐍𝐈𝐐𝐔𝐄.

Ceux qui reprochent à Boumediene l’option monopartiste oublient sciemment cette incontestable évidence: L’Algérie n’est ni la France, ni le Maroc, ni la Libye, ni la Tunisie.

L’Algérie est un cas unique.

C’est un pays qui a subi une colonisation de peuplement et dont la décolonisation s’est faite avec une rare brutalité et une véritable politique de la terre brûlée.

La guerre a été menée sous la bannière du FLN, un mouvement de libération qui avait pour programme essentiel et exclusif: LA LIBERATION DU PAYS car c’était en elle même un trop vaste programme…

Pour y arriver, le FLN a du réduire toutes les velléités et les ambitions politiques (parfois fondamentalement divergentes) qui divisaient les Algériens: Ulémas, communistes, messalistes, arabistes, berbéristes, assimilationnistes…

La mise au pas de ces tendances ne pouvait se faire avec un gant de velours et ça se comprend ! Et si les différentes tendances ont accepté de se fondre dans le moule du FLN, elles n’ont pas pour autant renié leurs principes ni pardonné cette mise au pas.

A l’indépendance, deux choix se présentaient:

a)- libérer les tendances et leur permettre d’activer, chacune selon ses conceptions.

b)- adopter le même schéma politique que celui imposé par la guerre de libération …

La première alternative ne pouvait être envisagée, sachant que le pays était d’une part extrêmement fragile et que d’autre part, la guerre froide battait son plein et faisait courir le risque d’une guerre civile dévastatrice sous les influences et les exhortations des deux blocs.

Et c’est la deuxième option qui ne fut même pas choisie mais qui s’est imposée.

La première Constitution a le mérite d’expliquer sans ambages cette option puisque dans son préambule elle dit textuellement:

 » Les régimes présidentiels et parlementaires classiques ne peuvent garantir (la) stabilité alors qu’un régime basé sur la prééminence du peuple souverain et du parti unique, peut l’assurer efficacement. »

Le pouvoir de l’époque fut aussi très clair dans ses choix puisque:

Le 14/8/63, le décret 63/297 fut promulgué; tous les ministres et Ben Bella signèrent l’interdiction  » sur l’ensemble du territoire national les associations ou groupements de fait ayant un caractère politique. »

Et comme conséquence logique de ce décret, le 28/9/63 est prononcée la dissolution du FFS « considérant qu’il poursuit un but politique, que son activité est de nature à porter atteinte à l’intégrité du territoire et à l’unité nationale. »

Le choix du parti unique ne découle pas de la volonté de Boumediene mais des résolutions sans ambiguïté du CNRA…

Dans l’annexe réservée au parti, voici en toutes lettres ce qui est dit:

 » Pour réaliser les objectifs de la Révolution démocratique populaire, il faut un parti de masse puissant et conscient.

Né dans le feu de l’action, le FLN a rassemblé en son sein toutes les forces vives de la nation. Des tendances diverses drainant des idéologies disparates ont coexisté en son sein.

Les structures ont été élaborées d’une manière empirique et en fonction des besoins immédiate de la lutte.

Sa reconversion en parti politique est devenue une nécessité impérieuse pour notre marche en avant. »

Ceux qui accusent Boumediene d’avoir choisi le monopartisme se gardent toujours de citer ce texte et se contentent de disserter sur l’antinomie qui existe entre démocratie et parti unique… chose que le CNRA a évacuée à sa manière en prévoyant l’application de la démocratie dans le parti lui-même et non en dehors.

Conclusion ; le monopartisme n’est pas une décision de Boumediene… le FLN a, dans la plate forme du Congrès de la Soummam exclu d’emblée le pluripartisme en dénonçant nommément toutes les tendances (communisme, messalisme, maraboutisme etc)…

Mais les pourfendeurs de Boumediène ne font aucun cas des textes « fondamentaux » de la Révolution pour la bonne et simple raison qu’ils ne les ont pas lus ou… parce qu’ils croient plus pertinentes les théories démocratistes développées en «métropole»…

𝟐- 𝐋’𝐎𝐏𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐒𝐎𝐂𝐈𝐀𝐋𝐈𝐒𝐓𝐄

Dans le domaine économique aussi, deux alternatives (il n’y en a pas d’autres !) devaient s’imposer: le libéralisme ou le dirigisme.

La propriété terrienne, commerciale ou industrielle étant vacante du fait du départ général et précipité des colons, commerçants et industriels français suite à la grave fracture entre les deux communautés causée par l’OAS, il fallait consacrer cette propriété « bien du peuple » ou l’affecter à de nouveaux propriétaires.

La Révolution s’étant laissée prendre à son altruisme a préféré ne pas considérer cette propriété comme un butin de guerre et la répartir entre les combattants.

Le pouvoir a confié l’exploitation des fermes dès le 22 octobre 1962 aux « Comités De Gestion » (décret signé par Ben Bella, Francis, Medeghri, Ouzeggane et Boumaaza) et en fit de même pour celle des usines, ateliers et mines le 23 novembre 1962 (décret du 23 novembre 1962 signé Ben Bella, Francis, Laroussi Khelifa et Boumaaza ).

Le choix du socialisme qu’on avait surnommé « autogestion » s’est ainsi imposé de lui-même et bien malin celui qui peut même aujourd’hui suggérer une autre solution sans occulter les réalités des statuts des biens de production aux lendemains de la libération…

Et pour prouver que le socialisme fut une option imposée aussi bien par la philosophie de la Révolution que par la situation réelle de l’économie et non par Boumediene, on doit savoir que le 5/4/1963 déjà Ben Bella avait nommé Mohamed Harbi conseiller chargé du secteur socialiste; et ce qu’on feint d’ignorer c’est que Boumediene fut plutôt accusé de tiédeur dans la mise en œuvre du socialisme plutôt que d’empressement…

L’option socialiste qu’on impute à Boumediene ne fut en rien comme nous venons de le voir, une lubie du Kim Il Sung qui dormait en « Boukharrouba » mais une option prévue par les textes fondamentaux de la Révolution et imposée par le statuts des terres et des établissement industriels, artisanaux et commerciaux… C’est en tergiversant dans l’adoption de cette option que Boumediene aurait trahi la cause nationale, pas en l’assumant.

Source : https://www.facebook.com/100000246702335/posts/25890749517183251/?rdid=bmYUwWhRKjdGIPRL#

𝗔𝗖𝗖𝗢𝗥𝗗𝗦 𝗗’𝗘𝗩𝗜𝗔𝗡, 𝗢𝗨𝗘𝗗 𝗡𝗔𝗠𝗢𝗨𝗦, 𝗠𝗘𝗥𝗦 𝗘𝗟 𝗞𝗘𝗕𝗜𝗥, 𝗜𝗡𝗡 𝗘𝗞𝗘𝗥

Il y’a d’abord une vérité sur laquelle s’accordent tous les gens intellectuellement honnêtes : Boumediene n’a pas accepté les termes des accords d’Evian négociés par Krim Belkacem et un aréopage de cadres de la Révolution parce qu’il y’aurait décelé des clauses limitant l’indépendance du nouvel état…

Certains disent que ce refus n’est qu’une manifestation de sa jalousie morbide face à Krim qui, en signant ces accords s’est construit le statut de fondateur de l’Algérie moderne et que son refus de cautionner le texte découle de cette seule raison… Il s’en faut de peu pour qu’ils aillent prouver son implication dans l’assassinat du « lion du Djurdjura » en invoquant cette même raison…

Il est quasi certain que les clauses rejetées par Boumediène sont militaires et concernent les facilités et concessions arrachées par Joxe et ses compagnons sur la poursuite de la présence de l’armée française dans « certains sites » après l’indépendance.

Quant au rejet de ces accords pour cause de « jalousie », il ne tient pas la route… il n’a jamais été prouvé qu’une quelconque inimité existait entre les deux hommes si ce n’est peut être la méfiance inhérente à tous ceux qui cohabitent et agissent dans la clandestinité…

Et puis, il faut savoir que parmi les 9 négociateurs : 𝑇𝑎𝑖̈𝑒𝑏 𝐵𝑜𝑢𝑙𝑎ℎ𝑟𝑜𝑢𝑓, 𝑆𝑎𝑎̂𝑑 𝐷𝑎ℎ𝑙𝑎𝑏, 𝑀𝑜ℎ𝑎𝑚𝑒𝑑 𝑆𝑒𝑑𝑑𝑖𝑘 𝐵𝑒𝑛𝑦𝑎ℎ𝑖𝑎, 𝐾𝑟𝑖𝑚 𝐵𝑒𝑙𝑘𝑎𝑐𝑒𝑚, 𝐵𝑒𝑛𝑚𝑜𝑠𝑡𝑒𝑓𝑎 𝐵𝑒𝑛𝑎𝑜𝑢𝑑𝑎, 𝑅𝑒𝑑ℎ𝑎 𝑀𝑎𝑙𝑒𝑘, 𝐿𝑎𝑘ℎ𝑑𝑎𝑟 𝐵𝑒𝑛𝑡𝑜𝑏𝑎𝑙, 𝑀’𝐻𝑎𝑚𝑒𝑑 𝑌𝑎𝑧𝑖𝑑 𝑒𝑡 𝑆𝑒𝑔ℎ𝑖𝑟 𝑀𝑜𝑠𝑡𝑒𝑓𝑎𝑖̈, on va en rencontrer 8 qui vont s’accommoder de son pouvoir et y participer chacun à sa manière…

Ceci démontrera aussi le doute quant à l’implication de Boumediene dans l’assassinat de Krim car il est impensable que pas un seul de ses compagnons n’en soit venu à dénoncer sa responsabilité dans l’assassinat de leur « responsable » à ces négociations qu’ils semblaient pourtant tenir en haute estime…

L’argument de la peur sera évacué pour deux raisons :

1- personne ne peut décemment accuser ces 8 héros de couardise…

2- leur silence à ce propos s’est poursuivi même après la mort de Boumediène.

On parle aujourd’hui d’un accord secret conclu sous l’impulsion des DAF entre le pouvoir de Boumediene et l’armée française, particulièrement en ce qui concernait la poursuite des essais des armes chimiques à Oued Namous jusqu’en 1978; et certains pourfendeurs de Boumediene le rendent responsable de la poursuite de l’occupation de Mers El Kébir jusqu’en 1967 et des essais nucléaires au Sahara jusqu’en 1966.

Je suis très certain que ceux qui lancent sous formes de scoops récurrents ces accusations sont, très bien (dés)informés et le font plus pour discréditer l’homme que par jalousie pour « l’indépendance trahie » du pays…

Ces gens là se recrutent dans :

1- les milieux revanchards qui ont été exclus du pouvoir ou s’en sont plutôt exclus par narcissisme et trop haute estime de leur importance ; parce que ce « pouvoir » ne semble avoir exclu que ceux qui ont trouvé que s’il était rentable d’y participer, il était encore plus intéressant de s’y opposer …

2- les embusqués qui se sont inclus dans les pouvoirs ayant succédé à Boumediene et qui n’ont jamais réussi à gagner le prestige du leader en dépit de leur populisme et de leur démagogie, qui ont pensé que leur aura est bridée par la sienne et qu’elle ne s’illuminera que s’ils arrivent à l’éteindre même en usant des plus vils procédés…

3- les théoriciens et rhétoriciens du démocratisme qui parlent du peuple pour les besoins de leurs dissertations en le considérant toujours comme une canaille immature qui ne connait pas son intérêt et qui applaudit les fossoyeurs de ses « libertés »…

Ces trois milieux ont toujours agi séparément mais en toute bonne intelligence…

Les premiers en créant des contre-vérités quitte à leur trouver des témoins parmi leurs activistes…

Les seconds en laissant faire, la main sur le cœur pour dire que s’ils n’avaient pas arrêté les dérives c’est qu’ils étaient impuissants devant « le dictateur » ou… non-informés…

Les troisième en colportant la propagande, en l’étoffant et en prenant pour vérités coraniques les témoignages des premiers et comme aveu de véracité, mais jamais comme preuve de complicité, les silences des seconds afin de ne pas les effaroucher et s’en aliéner le partage de la haine pour Boumediène.

Et pour parfaire l’idée que les accusations sont incontestables, la France officielle s’est toujours confinée dans un mutisme trop parlant en jubilant intérieurement, mutisme qui se veut certification que tout ce qui se disait sur les forfaits et la forfaiture de l’homme était vrai, laissant même se développer l’idée de l’existence de ces accords secrets qui ne sont pas exhibés juste parce qu’il n’est pas encore temps de les «déclassifier»…

Les Accords d’Evian permettent pourtant au dernier de leurs lecteurs de comprendre que s’il y’eut « troncage » d’une partie de notre indépendance, la cause en revient aux clauses qu’ils comportent et que ce sont les pièges insérés dans le texte d’origine qui ont motivé sa dénonciation par Boumediene plutôt que des raisons psychologiques qui ne tiennent pas la route comme on l’a vu aux premiers paragraphes.

𝐌𝐄𝐑𝐒 𝐄𝐋 𝐊𝐄𝐁𝐈𝐑 𝐄𝐓 𝐎𝐔𝐄𝐃 𝐍𝐀𝐌𝐎𝐔𝐒

Le texte des Accords d’Evian signé le 18 mars 1962 dit très clairement : « L’Algérie concède à bail à la France l’utilisation de la base de Mers El-Kébir pour une période de quinze ans, renouvelable par accord entre les deux pays. »

La fin du 1er bail devait donc avoir lieu en 1977…

L’évacuation se déroula le 31 janvier 1968, soit une bonne dizaine d’années avant…

Personne ne fait état du probable pressing exercé par Boumediène pour que cette clause soit corrigée au profit du principe d’indépendance et d’aucuns mettent même cette « victoire » sur le compte de tractations secrètes visant en échange, à conserver plus longtemps le site de Oued Namous, sans oublier de préciser que ce site qui devait être évacué en 1978 l’a été définitivement en…1986, c’est-à-dire 8 années après la mort de Boumediene.

Mais qu’en réalité le gros des installations y avait été démantelé en 1974 soit, 4 ans avant la date programmée de sa restitution que je n’ai lue ou entendue nulle part ailleurs que dans une interview du général Benyelles datant du 22 mai 2017…

Le texte des Accords d’Evian dit en effet et de manière très évasive : « L’Algérie concède également à la France l’utilisation de certains aérodromes, terrains, sites et installations militaires qui lui sont nécessaires. »

Il n’est pas précisé quels sites sont concernés, ni la durée de conservation, ni les modalités techniques et financières auxquelles doivent obéir les concessions de ces sites…

Il est très compréhensible que les français n’aient pas indiqué les noms, coordonnées, superficies et activités de ces sites et qu’un accord secret lie les deux pays sur ce point.

Cet accord peut même avoir été signé par Boumediène qu’il ne devrait pas être invoqué à charge contre lui mais à sa décharge puisque la clause figure dans le texte des négociations qui fut déposé à l’ONU et qui engageait les deux pays…

M. Benyelles parle de l’échéance de 1978… vous pouvez chercher autant qu’il vous plaira, vous ne trouverez jamais cette date dans un document officiel et je suppose que le général a divulgué en la précisant, un secret militaire dont il était détenteur…

Et je pense, sauf si on m’apporte la preuve du contraire que ces accords secrets s’ils ont existé et ils doivent exister sont de rédaction similaire à celui, public, qui régit la concession de la base de Mers El Kébir, c’est-à-dire qu’ils contiennent une clause de renouvellement du bail…

Il est par ailleurs certain que le désengagement français de Oued Namous s’est effectué avant terme comme pour la base de Mers El Kebir suite à l’intransigeance de Boumediene et à son animosité déclarée et assumée contre l’ancienne puissance coloniale plutôt que ne se soit poursuivie l’occupation pour quelque cynique amitié secrète liant Boumediene à la France ou pour ce fumeux lien de subordination qu’on a inventé entre lui et De Gaulle…

Mais on n’évacue pas une base d’expérimentation chimiques et bactériologiques comme on évacuerait un champ de pommes de terre après la récolte…

Il doit y avoir plein de mesures à relever sur le terrain des opérations sur le court et moyen terme et d’opérations de décontamination à réaliser ; et la poursuite de la présence français de 1974 à 1986 devait rentrer dans ce cadre et non dans l’utilisation du site pour de nouvelles expériences et c’est d’ailleurs ce qu’affirmait le Général Benyelles…

Ceux qui accusent aujourd’hui Boumediene d’avoir conclu un « accord secret » ne savent pas ce qu’ils disent…

En réalité si accord il y’eut c’est certainement pour régler les modalités de retrait des équipes françaises et non pour la reconduction du bail…

Ce qui est loufoque dans l’exploitation de cette affaire, c’est le gros holà de feinte consternation des scribouillards en tous genres devant le caractère « secret » de ces tractations…

Comme si on devait reprendre in-extenso les termes de ses tractations par nature secrète comme on reprendrait le texte d’un accord sur les échanges culturels entre l’Algérie et la République Equatorienne…

Autre grief retenu contre Boumediene, celui d’avoir fait garder la base de Oued Namous par l’ANP, suggérant une complémentarité, une subordination ou une complicité entre notre armée et celle de l’ex puissance coloniale, juste pour réactiver l’abcès de fixation des DAF, sans penser que si Evian a permis de tronquer notre indépendance à Oued Namous, laisser le site sous occupation loin de la surveillance de notre armée aurait été aliéner totalement cette indépendance…

𝐄𝐒𝐒𝐀𝐈𝐒 𝐍𝐔𝐂𝐋𝐄𝐀𝐈𝐑𝐄𝐒 𝐃𝐄 𝐈𝐍𝐍 𝐄𝐊𝐊𝐄𝐑

Les sites réservés par l’Armée française pour ses essais nucléaires datent d’avant l’indépendance quand la France considérait notre pays comme un de ses départements.

Ces sites ne pouvaient être désaffectés du jour au lendemain… Ce sont les Accords d’Evian qui ont prévu le maintien de leurs activités et Boumediène n’avait aucune possibilité de les dénoncer ou d’y mettre fin avant l’échéance du premier bail…

il n’avait pas aussi la force de s’y opposer… la volonté, il est certain qu’elle ne lui manquait pas !…

Et c’est à ce titre que les essais ont continué après le 19 mars et jusqu’en 1966…

Il est affirmé sans que je n’en ai personnellement trouvé trace, que les Accords d’Evian prévoyaient que : « la France utiliserait pour une durée de cinq ans les sites comprenant les installations In-Eker, Reggan et de l’ensemble de Colomb-Béchar-Hamaguir ».

Je pense que si cette affirmation est exacte, ce ne sont pas les Accords d’Evian qui prévoyaient cette disposition mais des accords secrets explicitant le point relatif à la concession à la France de « certains aérodromes, terrains, sites et installations militaires qui lui sont nécessaires »…

Mais même si la France s’est désengagée du site de In Ekker avant le terme de 5 ans pour aller exécuter ses méfaits sur d’autres terres qui ne sont pas les siennes, en Polynésie, les détracteurs de Boumediène n’hésitent pas à lui imputer une félonie qu’ils sont les seuls à voir en l’accusant de permissivité avec De Gaulle dans les 11 essais nucléaires de Inn Ekker exécutés entre 1963 et 1966.

𝐄𝐍 𝐑𝐄́𝐒𝐔𝐌𝐄́

1- Boumediene ne saurait être accusé d’une quelconque responsabilité dans la rédaction des clauses des Accords d’Evian défavorables à l’Algérie… il n’était pas négociateur ni signataire et il a dénoncé haut et fort ces Accords.

2- En dépit de tout ce qui se dit ou s’écrit, Boumediène n’a pas renouvelé les baux(1) prescrits par les Accords d’Evian pour Mers El Kebir, Inn Ekker et Oued Namous puisque la France a quitté ces sites avant terme…

3- L’éventuel accord secret autorisant la présence française à Oued Namous n’est qu’une hypothèse… aucun document officiel ne prévoit une durée précise de la concession.

4- Les français ont arrêté leurs essais à Oued Namous 4 années (1974) avant la date de fin de concession (1978) prévue par les dispositions secrètes des Accords d’Evian (selon le Général Benyelles)

5- Affirmer que Boumediène aurait négocié en secret la présence française sur ces sites est une cynique contre-vérité… Les dispositions relatives à ces sites sont nécessairement secrètes et ont été négociées en marge des Accords d’Evian et certainement pas par Boumediene car il était opposé à ces accords, principalement à cause de ces dispositions.

6- L’ANP mobilisée pour garder Oued Namous n’était pas supplétive de l’Armée Française mais exerçait ses missions de souveraineté en veillant à ce que les opérations réalisées dans le site y restent circonscrites et ne dépassent pas le cadre dans lequel elles étaient autorisées par les Accords d’Evian.

Source : https://www.facebook.com/100000246702335/posts/25897439706514232/?rdid=JVENGIeRrokbRqTU#

Mohamed Adjou – Djabahia.