Par René Naba, auteur de l’ouvrage «l’Arabie Saoudite, un royaume des ténèbres» – Golias – https://www.renenaba.com/livres/larabie-saoudite-un-royaume-des-tenebres/

Un an après la prosternation collective monarchique arabe face à Israël, trois des principaux protagonistes de cette mascarade à connotation électoraliste ont disparu de la scène publique: Donald Trump, premier président des États Unis à subir deux procédures de destitution; Sheldon Adelson, le magnat juif américain des casinos, généreux faiseurs des rois tant aux États-Unis qu’en Israël, mort à 87 ans, des suites d’un cancer, une semaine avant l’accession au pouvoir de Joe Biden; enfin Benyamin Netanyahu, premier ministre israélien.

Tel un canard boiteux, ce 3eme larron, Benyamin Netanyahu, plombé par l’accusation de corruption, peine à échapper à la justice des hommes, n’est pas parvenu à dégager une majorité de gouvernement viable pour sa survie politique, en dépit de 4 consultations électorales.

Reste en suspension, tel de pantins désarticulés, les autocrates arabes, en attente d’une nouvelle injonction de leurs maîtres américains et israéliens, alors que l’Arabie saoudite, le parrain de la normalisation arabe avec Israël, se trouve, paradoxalement, sous pression des États Unis, plus précisément du président Joe Biden, qui a annulé, dès son entrée en fonction, une transaction militaire de 36 milliards de dollars aux pétromonarchies du Golfe et retirer le mouvement yéménite anti saoudien Houthiste de la liste des organisations terroristes;

Cette double décision a constitué un désaveu en creux de l’agression pétromonarchique contre le Yémen et une riposte subliminale au soutien inconsidéré au rival du président démocrate le populiste Donald Trump, en même temps qu’à l’équarrissage du journal saoudien Jamal Khashoggi, chroniqueur du Washington Post.

Le Royaume saoudien, le plus intransigeant ennemi d’Israël sur le plan théorique, aura opéré le plus grand détournement du combat arabe, soutenant l’Irak contre l’Iran dans la plus longue guerre conventionnelle de l’histoire contemporaine (1979-1988), le détournant du coup du champ de bataille principal, la Palestine, déversant des milliards de dollars, et, surtout, déroutant la jeunesse arabe et musulmane vers l’Afghanistan, à des milliers de km du champ de bataille palestinien, contre un ennemi athée certes mais allié des Arabes, l’Union soviétique, le principal fournisseur d’armes de pas moins de sept pays arabes (Syrie, Irak, Algérie, Libye, Soudan, Yémen et OLP), un utile contrepoids en somme à l’hégémonie américaine.

L’attentat du 11 septembre 2001 contre les symboles de l’hyper puissance américaine a démasqué les complicités saoudiennes dans la montée en puissance de l’intégrisme anti occidental. Bien que quinze des dix-neuf kamikaze ayant participé au raid du 11 septembre soient de nationalité saoudienne, l’administration Bush, plutôt que de frapper le Royaume Wahhabite, le foyer et le terreau du fondamentalisme, va répliquer en Afghanistan et en Irak, les deux points de percussion de la coopération saoudo-américaine dans la sphère arabo-musulmane à l’époque de la guerre froide soviéto-américaine, gommant ainsi au passage toute trace de leurs forfaits antérieurs, se faisant à bon compte une nouvelle virginité politique sous la bannière de la lutte pour la promotion de la démocratie dans le monde musulman.

Principal bénéficiaire des coups de boutoir d’Israël contre les pays du champ de bataille (Égypte, Syrie, Liban, Palestine, voire même Irak et Tunisie), pendant un demi siècle, l’Arabie saoudite, illustration caricaturale de l’impéritie arabe, a fait office de «parrain absolu» de la normalisation des relations entre Israël et les pays arabes, particulièrement les monarchies (Bahreïn, Émirats Arabes Unis et Maroc), soutient le journal libanais Al Akhbar, dans son édition en date du 21 décembre 2020, en se référant à un diplomate marocain.

Y compris dans le cas du Maroc, dont la relation avec le judaïsme marocain est historique et sa relation clandestine avec l’État hébreu de notoriété publique, ajoute le quotidien libanais qui publie en marge de cette affirmation un rapport du Chef des Services de Renseignements Saoudiens, le général Khaled Al Mouhaydine, portant sur «l’évaluation saoudienne des avantages d’une normalisation des pétromonarchies avec Israël».

A propos de l’imposture marocaine

Et la problématique du judaïsme marocain, cf ce lien

Pis, pour la réalisation de son objectif, le prince héritier saoudien Mohamad Ben Salmane n’a pas hésité à inciter les États-Unis à procéder à l’assassinat de Sayyed Hassan Nasrallah, proposant de couvrir les frais inhérents à la guerre qui découlerait de la liquidation du chef du Hezbollah libanais.

«Le royaume saoudien est mu par la haine et non pas la rationalité», a ajouté le dirigeant chiite libanais. Les Américains ont souscrit à la requête saoudienne, en demandant à Israël de s’acquitter de cette mission», a t-il poursuivi. «Mon assassinat est un objectif commun américano-israélo-saoudien», a-t-il conclu.

Pour le locuteur arabophone, les accusations de Hassan Nasrallah contre l’Arabie saoudite, cf ce lien.

Le rapport du chef des Services de Renseignements saoudiens est daté du 31 octobre 2018, soit près de deux ans avant la normalisation collégiale des pays arabes avec Israël, en soutien à la campagne pour la réélection du président Donald Trump, mais surtout dans le mois où s’est produit l’équarrissage du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat saoudien à Istanbul.

Au lendemain de la divulgation de ce rapport, Al Akhbar faisait l’objet d’une méga attaque cybernétique, à titre de représailles contre quiconque révèle la face hideuse de leur comportement belliciste.

«Une cyberattaque avec de gros moyens. Un milliard de visites en quelques heures à partir de plusieurs pays», comme pour confirmer l’authenticité de ce document, présenté dans le cadre d’un dossier intitulé «Saoudi Leaks», a appris la rédaction de https://www.madaniya.info/ auprès du journal libanais.

L’Arabie saoudite et Les Émirats Arabes Unis sont coutumiers de ce type d’action, comme en témoigne la plainte déposée par une journaliste libanaise de la chaîne du Qatar Al Jazeera, Ghada Oueiss, contre ces deux pétro monarchies du Golfe pour «harcèlement et piratage».

Spécialistes du jeu de billard à trois bandes, les dignitaires wahhabites ont ainsi paru voulu désamorcer, par anticipation en quelque sorte, l’opprobre international suscité par ce crime odieux, en offrant, en pâture et en compensation, le bradage de la Palestine, la question centrale du contentieux séculaire entre le Monde arabe et l’Occident.

Comme à l’accoutumé, le rôle central de l’Arabie saoudite a été assuré depuis les coulisses, une tradition chez les wahhabites qui pratiquent la riposte oblique à la confrontation directe, de crainte de susciter la colère d’une population rigoriste façonnée par plus d’un siècle de propagande dogmatique et que soit démasquée la légendaire duplicité de la monarchie saoudienne.

A dire vrai, l’imposture saoudienne est concomitante de la fondation du Royaume. Son désistement de la Palestine a été acté auprès des anglais en contrepartie de leur accession au trône en substitution aux Hachémites, les descendants de la famille du prophète, expulsé vers la Jordanie et l’Irak.

L’appropriation d’une religion planétaire, son interprétation dans un sens ultra restrictif, régressif et répressif ainsi que son instrumentalisation à des fins politiques au service des anciens colonisateurs du Monde arabe et musulman, relève de l’imposture.

Esclave des Anglais au XX me siècle, la dynastie wahhabite a bradé la Palestine pour l’acquisition d’un trône; Sous dépendance américaine au XXI me siècle, pour la survie de son trône, et en dépit de ses protestations formelles, elle a souscrit, par sa connivence tacite, à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, terme ultime de la phagocytose de la Palestine.

Toute honte bue, elle ira jusqu’à adouber l’artisan du «Muslim Ban», Donald Trump, le président le plus xénophobe de l’histoire américaine, abondant le complexe militaro industriel américain d’un budget de 380 milliards de dollars afin de s’épargner les foudres de la justice américaine pour son implication dans le raid terroriste du 11 septembre 2001 en vertu de la Loi Jasta.

L’histoire est ancienne. Elle est contemporaine des turpitudes saoudiennes et du rôle malfaisant de la dynastie wahhabite dans la dislocation du Monde arabe par son alliance contre nature avec les États Unis, le principal protecteur d’Israël, considéré comme l’ennemi officiel du Monde arabe.

A l’époque contemporaine, le Roi Salmane, du temps où il était gouverneur de Ryad et chargé de régler les contentieux au sein de la dynastie wahhabite, entretenait des relations avec Israël depuis la décennie 1980, soit depuis près d’un demi siècle et l’État Hébreu a toujours pris soin d’épargner le royaume saoudien, protectorat américain s’il en fut, de ses coups de boutoir répétitifs contre les pays du champ de bataille (Égypte, Syrie, Liban Irak, Soudan voire même Tunisie).

«Salmane n’agissait pas tant en sa qualité de représentant du clan Saoud, mais agissait pour son propre compte, afin de convaincre les Américains de renforcer sa position au sein de la famille royale, dans le cadre de la lutte d’influence permanente entre le diverses factions wahhabites.

«En contrepartie, Salmane s’était engagé que son groupe de presse As Charq Al Awsat s’emploie à favoriser une normalisation culturelle, intellectuelle et pédagogique entre l’Arabie saoudite et Israël. «Salmane a honoré ses engagements: Al Charq Al Awsat a bien réussi dans sa mission de sionisation de la culture en ce que ce groupe de presse a constitué le vivier le plus dangereux de personnalités les plus menaçantes pour la culture arabe et musulmane.

Telle est en substance la principale conclusion des nouvelles révélations de Moujtahed, le gazouilleur le plus redouté du royaume saoudien pour la fiabilité et la corrosivité de ses informations.

Pour aller plus loin sur ce thème, cf ce lien https://www.madaniya.info/2016/03/04/salmane-israel-1-3-des-relations-saoudo-israeliennes-depuis-la-decennie-1980/

Un secret de polichinelle. Une tartufferie digne du comique des boulevards.

Sous la houlette de l’Arabie saoudite, les pays arabes ont pratiqué une normalisation rampante avec Israël concomitante de l’annexion rampante de la Palestine; Une normalisation rampante du côté arabe, proportionnelle à la montée en puissance du mouvement du boycottage d’Israël sur le plan mondial.

L’Iran a servi de prétexte à la normalisation de facto entre Israël et les pétromonarchies du Golfe en ce que la connivence, d’abord souterraine, est désormais publique.

Rétrospectivement, les Monarchies arabes, le bloc majoritaire au sein de la Ligue Arabe, aura été l’adversaire le plus résolu des aspirations des peuples arabes à l’indépendance et à la souveraineté. Au même titre que l’Otan, dont ils furent la roue dentée.

Le Royaume s’est engagé à financer tous les projets d’accompagnement du processus de normalisation avec Israël, soit par des investissements directs dans les pays concernés en tandem avec les Émirats Arabes Unis, soit par «joint venture» avec des firmes spécialisées israéliennes ou américaines détenues par des capitaux juifs américains, notamment dans le domaine de la technologie et de l’informatique.

L’objectif sous-jacent de la cavalcade monarchique vers Israël est la consolidation du protectorat américain des trônes décriés et des dynasties déconsidérés de tant d’abus et d’excès.

Il n’est pas indifférent de noter à ce propos la décision de Ryad et d’Abou Dhabi de «faire caisse commune» un an avant le début de la normalisation collective avec l’État hébreu.

Extraits du rapport.

Comme pour dédouaner le Royaume, le chef des services de renseignements saoudiens commence par énumérer les principaux contacts et visites entrepris par les autres pétromonarchies depuis la décennie 1990 durant cette phase de normalisation feutrée, apportant ainsi une confirmation directe des informations contenues dans ce texte.

Le responsable sécuritaire saoudien ignore visiblement le vieil adage latin selon lequel nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes…Nemo auditur propriam suam turpitudinem allegans; Une maxime juridique qui peut se traduire par: «Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude», le terme «turpitude» signifiant négligence, faute, comportement illégal ou fraude.

Passons, tout le monde n’a pas obligation de maîtriser un code moral rigoureux et la liste est publiée en fin de texte pour la commodité de la lecture de cet article et les besoins de la démonstration.

«Il est difficile à l’Arabie Saoudite en raison de son positionnement religieux et politique international d’emprunter la même voie en direction d’Israël que le Sultanat d’Oman, les Émirats Arabes Unis, et Bahreïn. …A tout le moins pour le moment.

«Mais il est à observer que l’Arabie Saoudite a donné une forte impulsion en vue de favoriser la tolérance religieuse et la compréhension dans le Monde arabe..«Une orientation imprimée par le prince héritier Mohamad Ben Salmane, ces deux dernières années, par les reformes qu’il a menées sur le plan interne et le projet NEOM, ainsi que ses prises de position suscitées au sein de l’opinion arabe sur l’avenir du Moyen Orient, un climat favorable devant paver la voie à une coopération avec Israël.

Le nom NEOM est une association de neo (nouveau en grec) et M pour Mostaqbal (futur en arabe). Ce projet pharaonique a été initié par le prince Mohamad Ben Salmane en vue d’en faire la «Silicon Valley» du désert. NEOM aura une superficie de 26 000 km, soit la surface de la Bretagne ou «250 fois la taille de Paris». Il coûterait plus de 500 milliards de dollars. Neom empiète sur l’ancien Royaume du Hedjaz et forcera quelque 20. 000 membres de la tribu des Howeitat à quitter un territoire qu’ils occupent depuis des siècles. La direction du projet est confiée à Klauss Kleinfeld, membre du groupe Bilderberg. La première partie des travaux devrait être achevée en 2025. Fin de la note

«-En juillet 2016, une délégation saoudienne comprenant des hommes d’affaires et des médias a effectué une visite en Israël au cours de laquelle elle a rencontré des membres du parlement israélien.

«En Mars 2018, le prince héritier saoudien a rencontré à New York des dirigeants du lobby juif américain. Selon le communiqué publié à cette occasion par l’ambassade saoudienne aux États Unis la rencontre a mis l’accent les liens communs unissant la communauté internationale dans son ensemble. Ce qui devrait favoriser la mansuétude, la cohabitation et la coopération de tous en vue d’un avenir meilleur à l’humanité toute entière.

«Le 27 Février 2018, le site électronique saoudien Sabak a conduit une interview avec le président de la conférence des rabbins d’Europe, le Rabbin Pinhas Schmidt.

«En Mai 2018, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a annoncé que l’Arabie saoudite a autorisé la compagnie aérienne indienne Air India à traverser son espace aérien en direction de Tel Aviv, empruntant pour ce faire un nouveau couloir aérien.

Mais aucune confirmation saoudienne n’a étayé cette information. La Direction Générale de l’Aviation Civile saoudienne a assuré n’avoir donné aucune autorisation à Air India.

«En Mai 2017, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, accueillant à l’aéroport de Tel Aviv le président américain Donald Trump a tenu les propos suivants: «Monsieur le Président, vous avez effectué un vol direct Ryad-Tel Aviv. Nous espérons que le premier ministre israélien pourra, un jour ou l’autre, effectuer un vol Tel Aviv Ryad».

«Dans le contexte actuel, il est possible à l’Arabie saoudite de tirer profit d’Israël dans les domaines suivants:

A – Participation à des projets de coopération régionale sur le plan militaire, économique et sécuritaire.

Pour rappel, le contrôle des pèlerins de la Mecque a été confié à une société israélienne depuis le début du «printemps arabe».

Le Royaume saoudien a en effet noué une coopération technologique avec la société Daront, une société High Tech installée dans la vile de Ramat-Gan, près de Tel Aviv, dont le centre de révision technique est basé dans la colonie de Ilaad. L’accord porte sur un programme informatique et la formation aux États-Unis du personnel saoudien à sa mise en œuvre.

Dans le même ordre d’idées, le royaume a attribué à une société israélienne la responsabilité de la sécurité du pèlerinage à La Mecque et de l’aéroport de Dubaï, le lieu même du meurtre du dirigeant militaire du Hamas Al Madbouh répondent à cette logique et en constitue la traduction la plus concrète de cette tendance.

La maison-mère G4S fournit non seulement des équipements de sécurité aux colons dans les territoires occupés palestiniens, mais participe aux interrogatoires musclés de détenus palestiniens dans plusieurs prisons israéliennes. Dans le monde arabe, elle emploierait 44 000 personnes dans 16 pays, notamment aux aéroports de Bagdad et de Dubaï. Outre l’intérêt financier de ces contrats, la filiale saoudienne de la société israélienne Al Majal G4S peut disposer des relevés d’identité de millions de pèlerins musulmans, y compris leur photo et leurs empreintes digitales.

B- Tirer profit du lobby juif américain en vue de réduire les pressions exercées sur le Royaume et améliorer son image dans les périodes de crise.

Pour rappel «Publicis» est le principal lobbyiste de la stratégie d’influence de l’Arabie saoudite.

Le groupe français –dont Arthur Sadoun, époux en ville d’Anne Sophie Lapix, présentatrice vedette de France 2, est le président du directoire, et Elisabeth Badinter, première actionnaire– apparaît comme l’un des principaux chefs d’orchestre, via sa filiale MSL (à Bruxelles et à Paris) et Qorvis (à Washington), de la stratégie d’influence du royaume saoudien, alors que le royaume est accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité dans le cadre de la guerre au Yémen, et se trouve sous le feu des critiques pour sa complaisance envers l’extrémisme islamiste et pour ses violations des droits humains, notamment des femmes. Sans parler de l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi.

A noter le comportement contradictoire d’Elizabeth Badinter qui pourfend, à journées faites, l’islamisme politique mais dont la firme s’applique à bonifier l’image du Royaume saoudien, l’antre de l’islamisme politique

C- Enfin coopération scientifique, notamment dans le domaine de la recherche.

Pour le locuteur arabophone, le rapport sur ce lien

«En octobre 2018, le mois de l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, les relations entre Israël et le golfe ont été marqués par 3 événements importants:

  • Benyamin Netanyahu a effectué une visite au Sultanat d’Oman.
  • Une délégation sportive d’Israël a participé au Qatar aux championnats mondiaux de Gymnastique.
  • La ministre israélienne de la Culture et du Sport a accompagné l’équipe de judokas israéliens venue participer aux championnats de judo organisés à Abou Dhabi.

La BBC a alors traité d’un sujet inspiré du titre du journal libanais Al Akhbar ayant pour thème «L’Espace du Golfe regorge d’hôtes israéliens, par leur nombre».

«Fin septembre 1994, une première délégation officielle israélienne a effectué une visite à Manama au cours de laquelle elle avait rencontré le prince héritier Salmane Ben Hamad Al Khalifa.

Le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, Cheikh Khaled Ben Ahmad Al Khalifa, dans une interview au quotidien trans-arabe Al Hayat en date du 12 octobre 2008, avant lancé un appel à la constitution d’une entité régionale qui transcenderait les clivages religieux et ethniques à l’effet d’englober l’Iran la Turquie et Israël.

Simultanément, des rumeurs persistantes faisaient état d’un projet d’ouverture d’une ambassade israéliennes à Manama. Bahreïn, il est vrai, avait accueilli le 24 juin 2018 une délégation israélienne venue participer aux travaux du «Comité du Patrimoine Mondial», organisé par l’UNESCO en coopération avec l’Office bahreïni pour la culture et le patrimoine.

Auparavant, en Mai 2017, Bahreïn avait accueilli une délégation israélienne venue participer à l’Assemblée générale de la FIFA (Foot). En décembre 2016, une délégation israélienne avait célébré à Bahreïn la fête juive des Lumières de Hanoucca, commémorant la ré-inauguration de l’autel des offrandes dans le Second Temple de Jérusalem, lors de son retour au culte judaïque, trois ans après son interdiction par Antiochus IV des Séleucides.

En retour, une délégation de 24 personnalités bahreïnies, membres de l’association «This is Bahrein» avait effectué une visite en Israël, en décembre 2017. «EN FAIT, LES RELATIONS AVEC ISRAEL N’ONT JAMAIS ETE INTERROMPUES. MAIS LE FAIT NOUVEAU A ETE LE SOUCI DE LES PORTER SUR LA PLACE PUBLIQUE», dixit le rapport.

«La succession de ces visites ne constitue pas une surprise dans le contexte régional. Il y a vingt ans déjà, les relations entre le Qatar et Israël avaient connu un très fort degré de rapprochement.

En 1996, une représentation commerciale israélienne a été inaugurée au Qatar par le premier ministre israélien Shimon Perez, mais Doha en a ordonné la fermeture après l’attaque israélienne contre la Bande de Gaza, 3 ans plus tard. De même un accord avait été conclu pour la vente du gaz du Qatar à Israël.

De son côté, Israël a apporté son soutien à Abou Dhabi contre l’Allemagne pour être le pays hôte de la conférence de «l’International Renewable Energy Agency» qui a abouti à l’ouverture d’un bureau régional de l’IRENA à Abou Dhabi en novembre 2015.

En 1994, le premier ministre Itzhack Rabin a rencontré le Sultan Qabous à Mascate pour discuter des modalités d’amélioration du ravitaillement en eau du Sultanat d’Oman. En Mars 1995, à la suite de l’assassinat de Rabin, Shimon Perez, qui assurait l’intérim à la tête du gouvernement israélien, a accueilli à Tel Aviv, Youssef Ben Alami, ministre omanais des Affaires étrangères; une rencontre marquée par la signature d’un accord pour l’ouverture dans les deux pays d’une mission de représentation commerciale et un accord portant sur le dessalement de l’eau de mer en vue de ravitailler le Sultanat en eau potable.

«Les relations avec Israël ne se sont jamais interrompues dans les faits. Mais le fait nouveau a été le souci de toutes les parties de les porter sur la place publique, comme en témoignent la succession des visites en Oman, au Qatar et aux Émirats Arabes Unis.

«Cette activité diplomatique a donné l’impression qu’une course de vitesse est engagée parmi les États du Golfe en direction d’Israël, accréditant l’idée qu’une fluidité diplomatique s’est produite dans le système régional. De nos jours, le système régional en vigueur dans le Monde arabe (Ligue arabe, Pacte de défense commune) ne revêt plus la même rigueur qu’auparavant.

«De profondes divergences existent à propos de la Turquie et de l’Iran, de même que le rôle des grands états arabes, l’Arabie saoudite et l’Égypte. Il en est résulté une érosion de la position arabe à l’égard de la cause palestinienne.

Fin du rapport.

Le chef des services de renseignements saoudiens énumère placidement les faits, comme une sorte de fatalité, sans mentionner nullement l’impulsion politique derrière cette course inter-monarchique vers la normalisation avec Israël;

Le souci de substituer l’Iran à Israël en tant qu’ennemi héréditaire des Arabes en attisant la querelle sunnite-chiite, ni la majorité de blocage dont disposent les monarchies arabes dans le processus décisionnaire de la Ligue arabe, entravant toute remise en cause de son fonctionnement; l’alliance des pétromonarchies avec l’Otan pour la destruction des pays arabes à structure républicaine (Libye, Syrie, Yémen), dans la séquence dite du «printemps arabe», (auparavant le Liban et l’Algérie, à la fin du XX me siècle); la considérable réduction de la consommation d’énergie résultant de la pandémie du Covid et l’avènement corrélative d’une économie écologique à l’effet d’affecter les ressources financières des pétro-monarchies; enfin, dernier et non le moindre, l’instrumentalisation de l’Islam à des fins politiques faisant de l’Arabie saoudite et du Qatar des incubateurs absolus du terrorisme islamique et les autres pétromonarchies leurs philanthropes, générant une vive phobie occidentale pour la cause arabe particulièrement la cause palestinienne

L’Arabie saoudite a veillé à entraîner le Pakistan dans la vague de normalisation de ses relations avec Israël, conditionnant une aide de plusieurs milliards de dollars à ce pays impécunieux à l’établissement de relations diplomatiques avec l’État Hébreu.

Mais le «pays des purs», qui a assumé un rôle de body guard de la dynastie wahhabite pendant un demi-siècle, a rejeté l’offre saoudienne, subordonnant tout rapprochement avec Israël à un règlement «durable et tangible» de la question palestinienne.

Le ministre pakistanais des affaires étrangères, Mohamad Al Qoreichy, s’est déplacé spécialement à Abou Dhabi pour proclamer haut et fort la position d’Islamabad.

Le ministre pakistanais a fait cette déclaration, le 23 décembre le jour même où un appareil d’El Al s’envolait de Tel Aviv vers Rabat pour sceller la normalisation des relations, jusque là clandestine, entre Israël et le Maroc, dont le Roi, commandeur des croyants et Président du Comité Al Qods, a théoriquement en charge de la défense du 3me Haut Lieu Saint de l’Islam.

Joignant le geste à la parole, le Pakistan a remboursé par anticipation un prêt de 3 milliards de dollars que lui avait accordé l’Arabie saoudite pour l’entraîner dans ce mouvement.

La dignité ne s’apprend pas. Elle ne se marchande pas. La dignité est innée.

ILLUSTRATION

Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salman, en compagnie du président américain Donald Trump, le 20 mars dernier à Washington. REUTERS/Jonathan Ernst/File Photo

Source :https://www.madaniya.info/2021/09/13/larabie-saoudite-parrain-absolu-de-la-normalisation-israelo-arabe-sous-la-presidence-de-donald-trump/

Sur fond d’une pression subliminale américaine via la réactivation de la «Golden List» des philanthropes saoudiens du djihadisme planétaire, le Roi Salmane projette de se tourner vers Moscou, à la mi mars, en visite officielle, à l’arrière plan d’une conjoncture périlleuse pour le trône wahhabite, sur fond d’une rupture avec l’Iran, d’un enlisement tragique au Yémen, de déconvenues politiques et militaires en Syrie, et, dernier et non le moindre, d’une rivalité interne entre son propre fils Mohammad Ben Salmane et le prince héritier en titre Mohammad Ben Nayef.

Survenant après deux visites infructueuses de son propre fils à Moscou, en 2015, porteur de mirifiques promesses de gigantesques contrats et de coopération dans le domaine énergétique et nucléaire, le Roi Salmane va tenter, sinon d’infléchir la politique russe au Moyen-Orient, à tout le moins de solliciter l’aide du Kremlin pour une «sortie honorable» à sa politique calamiteuse tant au Yémen qu’en Syrie, alors que des informations persistantes dans la presse occidentale et arabe font état d’une possible «révolution de palais» en Arabie saoudite.

Brandissant la menace d’une intervention terrestre en Syrie, avec déploiement de forces aériennes à la base turque d’Incerlick, s’engageant par la voix de son ministre des affaires étrangères Abdel Joubeir, le poulain du prince des ténèbres Bandar Ben Sultan, de mettre en échec la stratégie russe de maintenir à flot le président Bachar Al Assad, le Roi Salmane risque de se heurter à l’intransigeance de Vladimir Poutine, qui parle de plus en plus ouvertement de «crimes de guerre» au Yémen dans une tentative de modérer les ardeurs belliqueuses du dynaste wahhabite.

Un an après le déclenchement de la guerre du Yémen, cinq ans après le déclenchement de la guerre de Syrie, le Royaume est conduit à constater que nul parmi ses alliés ne paraît disposer à s’engager dans une nouvelle aventure aux résultats aléatoires.

En déclinant tour à tour de prendre le commandement d’une coalition islamo-atlantiste en vue d’une offensive terrestre en Syrie, en lui refusant l’autorisation de livrer des missiles sol-air à l’opposition wahhabite, Barack Obama a signifier au gérontocrate atrabilaire, qui tient lieu de Roi d’Arabie, son refus de voir des GI’s mourir pour les beaux yeux de la dynastie wahhabite, ses aigreurs et ses rancœurs.

En vue de prévenir une détérioration plus grave de l’image du Royaume saoudien dans le Monde, particulièrement aux États-Unis, le clan wahhabite a décidé de lancer un lobby pro saoudien sur le modèle de son exemple israélien AIPAC, avec pour nom SAPRAC (comité des relations saoudo-américaines).

Son lancement devrait coïncider avec la visite programmée du Roi Salmane à Moscou. L’Arabie Saoudite avait eu recours à ce procédé, en 2001, sous l’impulsion du Prince Bandar Ben Sultan, l’ancien chef du djihadisme planétaire pro-saoudien, pour amortir le choc de l’implication de quatorze de ses nationaux dans le raid du 11 septembre 2001, contre les symboles de l’hyperpuissance américaine.

En 2001, les Saoudiens avaient réussi à conjurer le mauvais sort, grâce à l’amitié du clan George Bush jr avec l’industrie pétrolière saoudienne et leur opération de séduction avait détourné le feu américain sur l’Irak et par effet de boule à la création de Daech. Qu’en sera-t-il quinze après ?

Un an accession après son accession au pouvoir, retour sur la face cachée du Roi Salmane à travers les révélations du plus redouté censeur saoudien.

Sous la houlette de l’Arabie saoudite, les pays arabes ont pratiqué une normalisation rampante avec Israël concomitante de l’annexion rampante de la Palestine ; une normalisation rampante du côté arabe proportionnelle à la montée en puissance du mouvement du boycottage d’Israël sur le plan mondial.

L’Iran a servi de prétexte à la normalisation de facto entre Israël et les pétro-monarchies du Golfe en ce que la connivence, d’abord souterraine, désormais publique, a préexisté au rapprochement entre les États-Unis et son ancien super-gendarme du Golfe du temps de l’Iran impériale de la dynastie Pahlévi.

Telle est en substance la principale conclusion des nouvelles révélations de Moujtahed, le gazouilleur le plus redouté du royaume saoudien pour la fiabilité et la corrosivité de ses informations.

Le verbatim de Moujtahed (http://www.al-akhbar.com/node/235873)

«Salmane a eu des contacts avec les sionistes dès la décennie 1980. Il a été le précurseur en ce domaine au sein de la famille royale saoudienne. Le gouverneur de Riyad avait des contacts réguliers à l’époque par l’entremise de ses protégés, Ousmane Al Omeir et Abdel Rahmane Ar Rached, les deux premiers rédacteurs en chef de son journal amiral «Al Charq Al Awsat».

Les contacts se déroulaient au Maroc en ce que le royaume chérifien et son pendant au Machreq, le Royaume hachémite de Jordanie sont les traditionnels partenaires historiques de la diplomatie souterraine israélo-monarchique.

L’identité de ce mystérieux justicier intrigue, mais AL Rai Al Yom, le journal de l’influent éditorialiste arabe, Abdel Bari Atwane, a avancé le nom du Dr Saad Al Faqih, Président du «Mouvement Islamique pour la Réforme». Ancien professeur de chirurgie à la Faculté de médecine de l’Université du Roi Saoud à Ryad et consultant chirurgical à l’hôpital du Roi Khaled, dans la décennie 1990, il vit en exil à Londres et dispose d’un compte twitter crédité de 1,6 millions de followers. http://www.raialyoum.com/?p=138997

«Salmane n’agissait pas tant en sa qualité de représentant du clan Saoud, mais agissait pour son propre compte, afin de convaincre les Américains de renforcer sa position au sein de la famille royale, dans le cadre de la lutte d’influence permanente entre le diverses factions wahhabites.

«En contrepartie, Salmane s’était engagé que son groupe de presse s’emploie à favoriser une normalisation culturelle, intellectuelle et pédagogique entre l’Arabie saoudite et Israël.

«Salmane a honoré ses engagements : Al Charq Al Awsat a bien réussi dans sa mission de sionisation de la culture en ce que ce groupe de presse a constitué le vivier le plus dangereux de personnalités les plus menaçantes pour la culture arabe et musulmane.

Moujtahed fait observer que sa garde rapprochée a fait office de task force pour la protection de Salmane et sa promotion médiatique tant sur le plan interne saoudien que pour sa visibilité sur le plan de la diffusion satellitaire. «L’insolite dans cette affaire est que la normalisation ne résulte pas d’une volonté délibérée de Salmane, en ce que son état mental (Alzheimer) ne l’autorise pas de telles audaces, mais résulte de son propre entourage, en la personne des deux Mohammad : son fils, Mohammad Ben Salmane, vice prince héritier et ministre de la Défense et Mohammad Ben Nayef, son neveu, prince héritier et ministre de l’Intérieur.

Moujtahed met l’accent sur la rencontre, début avril 2015, entre Dore Gold, le nouveau directeur général du ministère israélien des Affaires étrangères et ancien ambassadeur israélien à l’ONU, et le général saoudien Anwar Eshké, à Washington, en compagnie du publiciste saoudien Daham Al Anzi, «lequel a émis le souhait de l’installation d’une ambassade israélienne à Riyad, terme ultime de la normalisation entre les deux pays».

La nomination d’Adel Al Jobeir, ancien ambassadeur saoudien à Washington, au poste de ministre des Affaires étrangères, de même que celle d’Adel Al Tarifi, au poste de ministre de l’information, constituent «une traduction concrète et manifeste du processus de normalisation», conclut Moujtahed.

Ainsi donc, la jonction israélo-pétromonarchique s’est faite dès la décennie 1980, c’est à dire dès l’avènement de la Révolution islamique en Iran, dans une manœuvre à double détente qui a eu pour effet de dégager Israël de toute menace militaire sur son front nord pendant toute une décennie, pendant que l’état Hébreu neutralisait la menace sur son front sud, via un traité de paix avec l’Égypte.

  • Via l’Irak, d’une part, en commanditant une guerre contre l’Iran par Saddam Hussein interposé en vue de fixer sur le sol, une «révolution chiite», deux facteurs déstabilisateurs pour la survie dynastique de monarchies sunnites, héréditaires et rétrogrades.
  • Via l’Afghanistan, d’autre part, en déportant le principal champ de bataille à 5.000 km de la Palestine, y déroutant du même coup 50.000 arabes afghans dans un djihad contre l’Union soviétique, c’est à dire contre le principal fournisseur d’armes des pays du champ de bataille contre Israël (Égypte, Syrie, OLP, Irak, Algérie, Libye, Soudan et Somalie).
  • Via la Syrie, dans la décennie 2010, la dynastie wahhabite s’emploie à détourner la jeunesse saoudienne de l’attraction de Daech.

Ce faisant, la stratégie saoudienne a ainsi lâché la bride à Israël pour détruire la centrale nucléaire irakienne de Tammouz (1981), annexer le Golan et Jérusalem (1981), envahir le Liban (1982), faire des raids contre le QG tunisien de Yasser Arafat (1984) et assassiner deux de ses principaux adjoints (Abou Iyad et Abou Djihad).

Les pétromonarchies du Golfe, pour la survie de leur trône, ont ainsi donc fait le choix d’Israël contre l’Iran depuis belle lurette. L’alliance militaire de l’Arabie saoudite et du Qatar avec la Turquie, le meilleur allié d’Israël dans la zone, répond à cette préoccupation en ce qu’il constitue un contrepoids au désenchantement des États-Unis à l’égard de la psychorigidité dogmatique du Grand et du Petit wahhabite (Arabie Saoudite et Qatar), les principaux bailleurs de fonds du salafisme djihadiste.

La visite spectaculaire de l’Émir du Qatar à Gaza, avec le consentement israélien, de même que le débauchage du chef politique du Hamas à Khaled Mechta de son alliance avec la Syrie et son installation à Doha, à 30 km de la base américaine d’Aydid, la plus importante base américaine du tiers-monde, en superposition avec les rencontres saoudo israéliens de Turki Ben Faysal, -le parrain originel d’Oussama Ben Laden durant la guerre d’Afghanistan, dans la décennie 1980-, tant à Monaco, le 10 décembre 2013, avec son ancienne collègue du Mossad Tzipi Livni, qu’à Davos, en février 2014 avec Shimon Pérès, confirment une tendance lourde de la nouvelle orientation de la diplomatie pétro-monarchique : Le jeu à découvert sans faux fuyant, qui était auparavant la marque de fabrique traditionnelle de leur diplomatie.

L’Arabie saoudite a noué une coopération technologique avec la société Daront, une société High Tech installée dans la vile de Ramat-Gan, près de Tel Aviv, dont le centre de révision technique est basé dans la colonie de Ilaad. L’accord porte sur un programme informatique et la formation aux États-Unis du personnel saoudien à sa mise en œuvre.

Par ailleurs, le royaume a attribué à une société israélienne la responsabilité de la sécurité du pèlerinage à La Mecque et de l’aéroport de Dubaï, le lieu même du meurtre du dirigeant militaire du Hamas Al Madbouh répondent à cette logique et en constitue la traduction la plus concrète de cette tendance. La maison-mère G4S fournit non seulement des équipements de sécurité aux colons dans les territoires occupés palestiniens, mais participe aux interrogatoires musclés de détenus palestiniens dans plusieurs prisons israéliennes. Dans le monde arabe, elle emploierait 44 000 personnes dans 16 pays, notamment aux aéroports de Bagdad et de Dubaï.

Outre l’intérêt financier de ces contrats, la filiale saoudienne de la société israélienne Al Majal G4S peut disposer des relevés d’identité de millions de pèlerins musulmans, y compris leur photo et leurs empreintes digitales.

Pour ne pas être en reste, Abou Dhabi a confié la protection de ses champs pétrolifères à une firme israélienne dirigée par l’ancien député de gauche Yossi Sarid, alors que le site d’investigations Middle East Eye révélait l’existence de vols secrets réguliers entre Abu Dhabi et Tel Aviv en dépit de la prétendue interdiction faite aux citoyens israéliens d’entrer aux Émirats Arabes Unis.

La firme israélienne AGT a édifié un barrage électronique dans la région frontalière entre les Émirats Arabes Unis et le Sultanat d’Oman afin de prévenir les infiltrations hostiles.

Le barrage est en en fait un «mur intelligent» qui recèle des caméras pouvant enregistrer les traits de visage de ceux qui touchent le mur. Des données immédiatement transférées dans les fichiers des services de renseignements et de la police capables de déclencher une intervention des forces de sécurité».

«Le maître d’œuvre du projet est la firme AGT, dirigée par Mati Kochavi, un israélien installé aux États-Unis». Cf. Le business secret d’Israël dans le golfe Persique, Georges Malbrunot Le Figaro 26 juin 2010.

Sous couvert de guerre contre le terrorisme, l’Arabie saoudite a par ailleurs opéré un rapprochement tangible avec Israël, criminalisant la confrérie des Frères Musulmans, renouant avec Mahmoud Abbas et Khaled Mecha’al, chef politique du Hamas, dans une tentative de renflouement de la question palestinienne, la grande oubliée du «printemps arabe», en vue d’accompagner le règlement du conflit israélo-arabe selon un schéma américain conférant un statut minoré au futur état palestinien.

Au-delà des rivalités de voisinage et des conflits de préséance, la diabolisation des Frères Musulmans, la matrice originelle d’Al Qaida et de ses organisations dérivées, apparaît ainsi comme une grande opération de blanchissement des turpitudes saoudiennes et de dédouanement de la dynastie à son soutien à la nébuleuse du djihadisme erratique depuis son apparition dans la décennie 1980 lors de la guerre anti soviétique d’Afghanistan. Un parrainage qui a valu à l’Irak d’assumer, par substitution, la fonction de victime sacrificielle d’un jeu de billard à trois bandes, en 2003, en compensation au châtiment de l’Arabe saoudite pour sa responsabilité dans les attentats du 11 septembre 2001 contre les symboles de l’hyperpuissance américaine.

Le Gardien des Lieux Saints de l’Islam a certes financé la promotion de l’Islam à travers le monde, mais son prosélytisme religieux tous azimut s’est souvent confondu avec une instrumentalisation politique de la religion comme arme de combat contre les ennemis de l’Amérique, notamment l’athéisme communiste, au détriment des intérêts stratégiques du Monde arabe.

Le chef de file de l’Islam sunnite a porté le fer aux quatre coins de la planète pour le compte de son protecteur américain, mais le bailleur de fonds des équipées militaires américaines dans le tiers monde -de l’Afghanistan au Nicaragua, à l’Irak et à la Syrie- n’est jamais parvenu à libérer l’unique Haut Lieu Saint de l’islam sous occupation étrangère, la Mosquée d’Al Aqsa de Jérusalem. Au point que son leadership est désormais concurrencé par le nouveau venu sur la scène diplomatique régionale la Turquie et sa posture néo ottomane, de même que par Daech, l’État Islamique autoproclamé par le calife Ibrahim.

Le protégé de l’Amérique, auteur de deux plans de paix pour le proche orient, n’a jamais réussi à faire entériner par son protecteur américain et son partenaire israélien les propositions visant à régler le conflit israélo palestinien, ni à prévenir l’annexion rampante de Jérusalem, ni la judaïsation de la 3e ville sainte de l’Islam, pas plus qu’il n’a pu éviter le basculement des grandes capitales arabes hors de la sphère sunnite, dans le giron adverse : Jérusalem sous occupation israélienne, Damas sous contrôle alaouite et Bagdad enfin sous partage kurdo Chiite.

Le plus riche pays arabe, membre de plein droit du G20, le directoire financier de la planète, a dilapidé une part de sa fortune à d’extravagantes réalisations de prestige et à la satisfaction d’invraisemblables caprices de prince, sans jamais songé à affecter sa puissance financière au redressement économique arabe ou au renforcement de son potentiel militaire, bridant au passage toute contestation, entraînant dans son sillage le monde arabe vers sa vassalisation à l’ordre américain.

Plus grave, allié inconditionnel et résolu des États-Unis, le bailleur de fonds de toutes ses équipées dans la zone, même au delà en Amérique latine et en Afrique, hors de la sphère de la sécurité nationale arabe, l’Arabie Saoudite aura été de surcroît la caution morale et politique du principal partenaire stratégique du principal ennemi des Arabes, Israël, le propagateur zélé d’une politique qui a abouti, paradoxalement, à la judaïsation rampante de la quasi totalité de l’ancien territoire de la Palestine du mandat britannique en contradiction avec les vœux d’un des plus éminents monarques saoudiens, le Roi Fayçal, assassiné en 1975, avant de réaliser son souhait de prier à la Mosquée libérée d’Al-Aqsa de Jérusalem.

Plus que tout autre, l’Arabie Saoudite aura illustré jusqu’à la caricature la réalité paralytique arabe dont elle assume une lourde part de responsabilité. Pays rigoriste, l’Arabie a fait du Coran, son arme absolue et du prosélytisme religieux son vecteur d’influence diplomatique, véritable rente de situation stérilisant tout débat interne, au point que le pays aura sombré pendant un demi-siècle dans le «degré zéro de la culture».

Dans une opération d’enfumage médiatique, sans doute l’une des plus vastes de l’histoire, le plus riche pays arabe, membre de plein droit du G20, le directoire financier de la planète, a ainsi donc dilapidé une part de sa fortune à d’extravagantes réalisations de prestige et à la satisfaction d’invraisemblables caprices de prince, sans jamais songé à affecter sa puissance financière au redressement économique arabe ou au renforcement de son potentiel militaire, bridant au passage toute contestation, entraînant dans son sillage le monde arabe vers sa vassalisation à l’ordre israélo-américain.

La dynastie wahhabite, détournant les Arabes et les Musulmans de leur principal champ de bataille, la Palestine, dans de furieux combats en Afghanistan, n’a jamais tiré un coup de feu contre Israël, au point que le meilleur allié arabe des États Unis apparaît, rétrospectivement, comme le principal bénéficiaire des coups de butoir israélien contre le noyau dur du monde arabe, et Israël, comme le meilleur allié objectif de la monarchie saoudienne.

Au vu de ce brouillage, pathétique paraît la destinée des «Arabes Afghans», paumés de l’Islam, et paumés du djihad, détournés de Palestine, qui se devait être le principal champ de bataille du Monde arabe, déroutés vers l’Afghanistan, soldats perdus d’une cause perdue.

Voilà qui pourrait expliquer l’absence de toute action hostile d’Al Qaida contre Israël, pas plus que de Da’ech d’ailleurs, l’autre excroissance monstrueuse de la pathologie wahhabite.http://www.renenaba.com/lettre-ouverte-aux-djihadistes-de-tous-les-pays

[notification type= »information » title= »Verbatim de Wikileaks »]Le verbatim de Wikileaks sur le rapprochement entre les pétromonarchies du Golfe et Israël. Sur les 500.000 câbles qu’il détient en réserve, Wikileaks a diffusé 61.291 câbles concernant aussi bien l’espionnage des présidents français que les câbles du ministère saoudien des Affaires étrangères. «Saudicables» confirme en termes explicites la connivence israélo-pétro-monarchique, dont voici le verbatim: «En 2009, un câble diplomatique du Département d’état américain donne un aperçu d’une alliance montante entre Israël et les pays arabes du Conseil de Coopération du Golfe (CCG).

Le câble cite Yacov Hadas, un officiel du Ministère des Affaires étrangères israélien affirmant que «les Arabes du Golfe croient dans le rôle d’Israël à cause de la perception qu’ils ont des relations étroites entre Israël et les États-Unis», ajoutant que les pays du CCG «pensaient qu’Israël pouvait faire des miracles.» «Israël et les pétromonarchies avaient aussi un intérêt commun: Contrer l’influence croissante de l’Iran au Moyen-Orient», pouvait-on lire aussi. Dans la duplicité: «Ainsi, alors que les deux parties croisaient le fer en public, notamment lors de l’opération militaire israélienne «Plomb Durci» contre Gaza, qui avait fait 1.400 victimes dans l’enclave palestinienne, que l’Arabie saoudite avait condamné comme étant une «violente agression», les deux pays entretenaient en sourdine «d’excellentes relations» derrière des portes closes. Hadas aurait ajouté que les Arabes du Golfe n’étaient pas encore «prêts à faire en public ce qu’ils disaient en privé.»

«Six ans plus tard, les pétromonarchies paraissaient prêts à rendre public leur rapprochement avec Israël. Lors d’une réunion à Washington, au Conseil des Relations étrangères, commentée sur Bloomberg TV par Eli Lake, d’anciens officiels de haut rang saoudiens et israéliens ont non seulement partagé la scène mais ont révélé que les deux pays avaient eu toute une série de rencontres de haut niveau pour discuter de stratégies communes, concernant surtout la prédominance de l’Iran sur la région.

L’ancien général saoudien Anwar Eshké a ouvertement appelé à un changement de régime en Iran. De son côté, Dore Gold, ancien ambassadeur israélien à l’ONU, qui fut en son temps un farouche opposant à l’Arabie saoudite, a parlé de sa sensibilisation à ce pays au cours des dernières années et des possibilités d’aplanir les divergences résiduelles entre les deux pays.

Il a déclaré: «Le fait que nous soyons ensemble ici sur cette scène aujourd’hui ne signifie pas que nous avons résolu tout ce qui nous sépare depuis tant d’années mais nous espérons fermement y parvenir tout à fait dans les années à venir.»

Sous le double phénomène des printemps arabes et de l’influence montante de l’Iran, le rapprochement saoudo-israélien s’est accéléré. En 2014, le prince saoudien Turki Ben Faysal s’offrait le luxe, fait sans précédent, d’écrire un éditorial dans un grand journal israélien, appelant à la paix entre Israël et les monarchies du golfe, ainsi qu’au règlement du conflit israélo-palestinien. Le site d’investigations Middle East Eye a révélé l’existence de vols secrets réguliers entre Abu Dhabi et Tel Aviv en dépit de la prétendue interdiction faite aux citoyens israéliens d’entrer aux Émirats Arabes Unis.

Dans son livre publié en 2012, « Acter thé Cheikhs: Thea Coing Collapse off thé Golf Monarchies », Chris Davidson, professeur à l’université de Durham, écrit que les pays du Golfe continueront à rechercher le soutien d’Israël à cause des pessions extérieures grandissantes qui se font sentir suite aux soulèvements régionaux. Même s’il dit que les pays du CCG sont constitués de «populations nationales pour la plupart anti-israéliennes et pro-palestiniennes hyper sensibles sur les sujets du Sionisme et d’Israël», le livre montre une coordination clandestine croissante sur les plans économique et politique entre les dirigeants des pays du CCG et leurs homologues israéliens au cours de ces dernières années.[/notification]

POUR ALLER PLUS LOIN

À propos de la création du Royaume saoudien, Abdel Aziz, Emir du Najd, esclave des Anglais ½

Sur la rivalité sunnite-chiite

Sur les relations entre Israël et le Kurdistan irakien

Pour le lecteur arabophone

Entre Israël et les pétromonarchies du Golfe رصد لحالات التطبيع في دول مجلس التعاون وفرص المقاطعة وسحب الاستثمارات

René Naba

Journaliste-écrivain, ancien responsable du Monde arabo musulman au service diplomatique de l’AFP, puis conseiller du directeur général de RMC Moyen-Orient, responsable de l’information, membre du groupe consultatif de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme et de l’Association d’amitié euro-arabe. Auteur de « L’Arabie saoudite, un royaume des ténèbres » (Golias), « Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français » (Harmattan), « Hariri, de père en fils, hommes d’affaires, premiers ministres (Harmattan), « Les révolutions arabes et la malédiction de Camp David » (Bachari), « Média et Démocratie, la captation de l’imaginaire un enjeu du XXIme siècle (Golias). Depuis 2013, il est membre du groupe consultatif de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme (SIHR), dont le siège est à Genève et de l’Association d’amitié euro-arabe. Depuis 2014, il est consultant à l’Institut International pour la Paix, la Justice et les Droits de l’Homme (IIPJDH) dont le siège est à Genève. Editorialiste Radio Galère 88.4 FM Marseille Emissions Harragas, tous les jeudis 16-16H30, émission briseuse de tabous. Depuis le 1er septembre 2014, il est Directeur du site Madaniya.