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  • Farida Bemba Nabourema-La fin du “soft power” et le retour de la force brute : l’Afrique doit se préparer aux attaques de l’impérialisme américain.

    Farida Bemba Nabourema-La fin du “soft power” et le retour de la force brute : l’Afrique doit se préparer aux attaques de l’impérialisme américain.

    Farida Bemba Nabourema 

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    Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en 2025 a été accueilli dans certains cercles africains par une forme de jubilation. Beaucoup ont salué, avec enthousiasme, ses premières annonces visant à démanteler les agences d’aide internationale et à réduire drastiquement l’influence américaine à l’étranger. Pour certains, cela signifiait enfin la fin d’une ère d’ingérence occidentale dans les affaires internes de l’Afrique. Ce soulagement, pourtant, repose sur un raisonnement à la fois simpliste et profondément naïf.

    Il est vrai que l’aide étrangère a souvent été utilisée comme un outil de domination. Derrière les promesses de développement, de démocratie et de droits humains, se sont souvent cachés des objectifs géostratégiques clairs : influencer les choix politiques, sécuriser des ressources, asseoir une hégémonie. La critique de cette instrumentalisation est légitime. Mais croire que l’effondrement volontaire de cette façade par le régime Trump annonce une ère de respect des souverainetés est une grave erreur d’analyse.

    Car ce que représente aujourd’hui l’administration Trump n’est pas un retrait de l’impérialisme américain, mais un changement de forme : plus direct, plus brutal, plus assumé. Le nouveau gouvernement américain n’a aucun intérêt à promouvoir un monde équilibré ou multipolaire. Il est dirigé par des idéologues qui ne croient ni à l’égalité entre les peuples, ni au droit des nations à disposer d’elles-mêmes. Ce qu’ils revendiquent, c’est le retour à une domination sans masque, fondée sur la peur, la force et l’intimidation.

    Les institutions d’aide, aussi problématiques soient-elles, servaient jusqu’ici à donner une apparence de légitimité à l’interventionnisme occidental. Elles offraient, dans certains cas, des marges de négociation ou des espaces d’expression aux acteurs locaux. Leur disparition ne signifie pas que les États-Unis vont « laisser l’Afrique tranquille ». Elle signifie que les États-Unis ne se sentent plus obligés de faire semblant. Ce qui nous attend, ce n’est pas le silence, mais le choc.

    Dans un contexte de rivalité croissante entre les États-Unis et la Chine, où les ressources africaines deviennent un enjeu central de la guerre économique et technologique, notre continent risque de redevenir un terrain d’affrontement privilégié. La Chine, en reprenant le contrôle de certaines matières premières critiques provoquera une réponse agressive de la part de Washington. Incapable de contraindre Pékin, l’Amérique cherchera à démontrer sa puissance en s’attaquant à des cibles plus faciles. L’Afrique, affaiblie, sous-équipée, sera utilisée comme vitrine de la violence impériale retrouvée.

    Les pays les plus vulnérables seront les premiers exposés. Des dirigeants accusés de ne pas « coopérer » seront ouvertements attaqués. Les pays perçus comme hostiles seront déstabilisés. Des opérations militaires seront lancées sous prétexte de lutter contre le terrorisme ou de protéger la stabilité régionale. En réalité, il s’agira de contrôler les ressources, de sécuriser des routes commerciales, et d’envoyer un message clair au reste du monde : l’Amérique est de retour, et elle ne négocie plus.

    Face à cette nouvelle réalité, l’Afrique ne peut pas rester passive. Il ne suffit plus de dénoncer l’impérialisme. Il faut s’en protéger activement. Nous devons renforcer nos alliances régionales, construire des stratégies de résilience collective, investir dans notre autonomie politique, économique et technologique. Il est impératif que les peuples africains reprennent le contrôle de leurs outils de défense, de leur diplomatie et de leurs institutions. La dépendance, même réduite, reste une faille stratégique.

    Le retour de Trump ne marque pas la fin de l’ingérence occidentale, mais sa radicalisation. Ce n’est pas une ouverture vers plus de souveraineté, mais un avertissement que la guerre nous attend. L’Afrique n’aura pas droit à la paix, sauf si elle est capable de l’imposer elle-même.

    Ceux qui se réjouissent aujourd’hui de voir les États-Unis fermer ou suspendre leurs programmes d’aide, ou annoncer des rapatriements massifs de migrants, ignorent que ces décisions ne visent pas à laisser l’Afrique et les pays du Sud libres de déterminer leur propre voie. Au contraire, elles cherchent à les isoler davantage, à les fragiliser et à préparer le terrain à une politique étrangère brutale fondée sur la force et les rapports de domination. Ce n’est pas un retrait, c’est une reconfiguration.

    Car en réalité, ce que représente le régime Trump, c’est l’adhésion assumée à une vision du monde fondée sur ce que les théoriciens des relations internationales appellent le réalisme. Contrairement au libéralisme, qui met l’accent sur la coopération internationale, les institutions multilatérales, le droit et les valeurs universelles comme la démocratie ou les droits humains, le réalisme part du principe que le monde est anarchique, que chaque État agit uniquement en fonction de ses intérêts, et que la force prime sur les principes.

    Dans cette logique, il n’y a pas de place pour la solidarité entre nations, ni pour la morale dans les choix diplomatiques. Ce qui compte, c’est la puissance. Ce qui justifie l’action, c’est le calcul stratégique. Et ce qui fonde les relations internationales, ce sont les rapports de force, non les traités ou les idéaux. Pour les réalistes, il n’y a pas de “communauté internationale”, seulement des États rivaux qui luttent pour leur survie et leur influence.

    Le trumpisme s’inscrit pleinement dans cette tradition. Il ne cherche pas à convaincre, mais à soumettre. Il ne veut pas construire des ponts, mais imposer des murs. Il ne parle pas d’égalité, mais de suprématie. Et dans cette configuration, les nations les plus faibles deviennent les premières cibles, non parce qu’elles représentent un danger, mais parce qu’elles sont faciles à écraser.

    L’Afrique, si elle ne s’organise pas dès maintenant, risque d’être le théâtre de cette nouvelle realpolitik américaine, où les discours sur les droits humains seront abandonnés non pour mieux respecter nos souverainetés, mais pour mieux imposer les leurs. Nous ne serons plus les partenaires fragiles d’un ordre hypocrite, mais les victimes désignées d’un ordre cynique.

    La seule réponse possible est l’organisation. Une organisation lucide, stratégique, sans complaisance. C’est à nous, Africains, de décider si nous voulons continuer à être les spectateurs impuissants de notre propre mise en danger ou les architectes d’un continent libre, uni et souverain.

    Farida Bemba Nabourema

    Citoyenne Africaine Désabusée!

    Source : TOGO INFO PLUS https://www.facebook.com/groups/332132147278400/?multi_permalinks=2071226190035645&hoisted_section_header_type=recently_seen&__cft__[0]=AZXnV3Ude6h7FaZIxo7UaXaJWmRhEkToQayVVyU9Om5xCycXp_sVWm8idSLBqx52RAMiv8JfrNi-BjeqxC6Q2O572ix_-LbFPB_4q6C2FJ7qbqGO0ya80wEDrOnl06L6VuTZTcSDclhnhxbveQXKbX2cda-ql3jPc1LpVkqqReiOO8MtTsIGwVXh09UWld8mtY8&__tn__=%2CO%2CP-R

  • الطاهر المعز-مُتابعات – العدد العشرون بعد المائة بتاريخ التّاسع عشر من نيسان/ابريل 2025

    الطاهر المعز-مُتابعات – العدد العشرون بعد المائة بتاريخ التّاسع عشر من نيسان/ابريل 2025

    يتضمن العدد العشرون بعد المائة من نشرة "مُتابعات" الأسبوعية فقرة عن تجمع تضامني نظمه الصحافيون العاملون في فرنسا، تضامنًا مع زملائهم الفلسطينيين، تليها فقرة عن عُملاء عرب، وعن السباق بين السعودية والإمارات في مجال العمالة للولايات المتحدة وفي مجال تخريب البلدان العربية، وفقرة عن بعض أسباب الحرب الإقتصادية التي أعلنتها الولايات المتحدة على الصّين وفقرة عن إعادة تسليح أوروبا وفقرة عن التناقض بين توجهات الحكومة ( إعادة التّسلح وإنعاش الصناعات الحربية) واحتياجات المواطنين، مثل الحاجة للسّكن وفقرة عن ارتفاع ثروة مُستثمِري وادي السيليكون (كاليفورنيا) وعميق فجوة الدّخل والثروة بين الأثرياء وسُكّان المنطقة وفقرة عن مشاريع الهيمنة الأمريكية طويلة الأجل ( أجل غير محدود ) على ثروات أوكرانيا

    نظّم بعض الصحافيين العاملين بوسائل الإعلام الفرنسية تجمُّعَيْن تضامُنِيَّيْن مع زملائهم في غزة، يوم السادس عشر من نيسان/ابريل 2025، قبل يوم واحد من يوم الأسير الفليطيني، أحدهما في مدينة باريس والثاني في  مدينة مرسيليا، وأصدروا بيانًا هذا مُلَخّصُه:

    أدت الغارات على قطاع غزة إلى مقتل أكثر من مائتَيْ صحفي وإعلامي فلسطيني خلال ثمانية عشر شهراً، وفقًا للمنظمات الدولية المدافعة عن الصحفيين، مثل مراسلون بلا حدود، ولجنة حماية الصحفيين، والاتحاد الدولي للصحفيين، بالتعاون مع نقابة الصحفيين الفلسطينيين، مما يُشكّل مذبحة لا مثيل لها في تاريخ مهنتنا، وفي تاريخ كل الصراعات، وفق دراسة حديثة أجرتها جامعة براون الأميركية

     […]كان جميع هؤلاء الزملاء المُستهدَفِين يرتدون الخوذات والسترات الواقية من الرصاص، والتي تحمل عبارة  »   « صحافة »، مما يشير بوضوح إلى أنهم محترفون في مجال الإعلام وتم اغتيالهم لمنعهم نهائيا من نقل وقائع ما يجري في غزة، وقد تلقى بعضهم مكالمات هاتفية تهديدية من مسؤولين عسكريين أو من قِبَلِ المتحدث باسم الجيش المُعْتَدِي، وتشير كل المُعطيات إلى أنهم تعرضوا لاستهداف متعمد من قبل الجيش الإسرائيلي ( كما وردت في البيان).

    […] وباعتبارنا صحفيين ملتزمين بشدة بحرية الإعلام، فمن واجبنا أن ندين هذه السياسة، وأن نظهر تضامننا مع زملائنا الفلسطينيين، وأن نطالب مرارا وتكرارا بالحق في دخول غزة… نحن لا نطلب هذا لأننا نعتقد أن التغطية الإعلامية لأحداث غزة لن تكون مكتملة بدون الصحفيين الغربيين، بل إن هدفنا هو نقل وحماية زملائنا الفلسطينيين من خلال تواجدنا، والذين يظهرون شجاعة لا تصدق، من خلال إرسال صور وشهادات لنا عن المأساة التي لا يمكن قياسها والتي تجري في غزة…

    تُمثّل الإنقلابات العائلية – بدعم الإستخبارات والقوى الأجنبية – قاسمًا مُشتركًا لحكام الخليج ( انقلاب قابوس بن سعيد على أبيه في عُمان وأبناء زايد على أبيهم في الإمارات ومحمد بن سلْمان على أبيه في السعودية وحمد على أبيه في قَطَر…)،  ويتوافق حكام السعودية والإمارات على « الإثم والعدوان » وعلى تخريب البلدان العربية ( سوريا وليبيا واليمن…) والتّآمر على الشعب الفلسطيني والشُّعُوب العربية علنًا، ولكنهم يتنافسون مدى القُدْرَة على التخريب والتّدمير، مُستخدمين عائدات الرّيع النفطي والدّيني ( السعودية) والنفطي والتجاري ( الإمارات)، وبلغت هذه المنافسة – غير الشّريفة – خلال الأشهر الأخيرة حدّ السباب والشتائم على منصات التواصل الاجتماعي، حيث يدّعي كل فريق إنه أكثر عمالة للإمبريالية الأمريكية وأكثر عداءً للشعب اللفلسطيني، وفي باب سباق العُملاء، أعلن محمد بن سلمان، إثر انتخاب دونالد ترامب اعتزامه استثمار مبلغ يتراوح بين  600 مليار و تريليون دولار في الإقتصاد الأمريكي، مما دَفَع أبناء زايد في الإمارات إلى إعلان استثمار 1,4 تريليون دولار في الولايات المتحدة، وراجت بعد ذلك إشاعة تفيد إن آل سعود سوف يرفعون مبلغ استثماراتهم في الإقتصاد الأمريكي إلى 1,5 تريليون دولار، وتعود حدّة التّنافس إلى رغبة كل من محمد بن سلمان ومحمد بن زايد في حماية نظامَيْهِما من قِبَل الإمبريالية الأمريكية، وتمتد المنافسة بينهما منذ عشر سنوات إلى اليمن ومصر والسودان وغيرها، ولا يزال التطبيع السعودي مع الكيان الصهيوني يجري في الكواليس، فيما قَطَعت الإمارات أشواطًا في مجال التطبيع العلني مع الكيان الصهيوني، غير إن نفوذ الإمارات في السودان يتعرّض لانتكاسة بفعل الهجوم المُضادّ الذي يشنه الجيش السوداني، وهزيمة قوات الدّعم السريع في الخرطوم ( 26 آذار/مارس 2025) وتدعم الإمارات – المتورّطة كطرف في حرب السودان منذ سنوات – قوات « الدّعم السريع » التي أصبح وجودها مقتصرًا على جنوب غرب البلاد، وولايات دارفور على الحدود مع تشاد وجمهورية أفريقيا الوسطى، ومع جنوب السودان، حيث يدعم نظام جنوب السودان وأهم شركائه التجاريين ( الإمارات وأوغندا وكينيا ) قوات الدّعم السريع، وتُغذّي الإمارات الحرب في هذه المناطق من خلال نهب الذّهب والموارد السودانية مقابل إمدادات الأسلحة، مما قد يُغذّي النّزعات الإنفصالية في المناطق الغنية بالمعادن، على غرار جنوب السودان الذي أدّى انفصاله إلى حرمان السودان من حوالي 75% من مواردها النفطية… 

    نشر موقع مجلة « إيكونوميست » يوم 18 شباط/فبراير 2025، تحليلا قصيرًا عن سيطرة السيارات الصينية على أسواق دول « جنوب العالم »، وسيطرة شركة بي واي دي الصينية سوق السيارات الكهربائية، بعدما أصبحت أكبر الشركات إنتاجا لها وفق وكالة رويترز ( 23 آذار/مارس 2025) وسبق أن نشرت وكالة رويترز/طومسون يوم الثامن عشر من شباط/فبراير 2025، تحليلا عن توسّع شركات السيارات الصينية في الأسواق العالمية، خاصة في دول الأَطْراف، حيث تجاوزت شركات مثل « بي واي دي » و »جيلي » الشركات « الغربية » من حيث الصادرات، وبلغ حجم الصادرات الصينية 4,7 ملايين سيارة سنة 2024، بفعل زيادة إنتاج السيارات الكهربائية وكذلك محركات الاحتراق الداخلي، وكتبت مجلة « إيكونوميست » البريطانية: تم تقييم سيارة « بي واي دي » الصينية في معرض ديترويت ( الولايات المتحدة) للسيارات، سنة 2009، وجاء تقييم الأداء من حيث « التصميم وجودة البناء والتشطيب » مخيبا للآمال، إلا أنه منذ ذلك الحين، شهدت صناعة السيارات العالمية تحولا جذريا، حيث أصبحت الصين أكبر مُصَنّع للسيارات في العالم، وتفوّقت على شركة تسلا المملوكة لإيلون ماسك، لتصبح الشركة الصينية أكبر منتج في العالم للمركبات الكهربائية بالكامل من حيث الحجم، كما تتفوق بفارق كبير عند احتساب السيارات الهجينة القابلة للشحن، وتمكّنت شركة « بي واي دي » من وضع حدّ لسيطرة شركات السيارات الأجنبية على سوق السيارات في الصين، ونجحت « بي واي دي » وشركات صينية أخرى مثل شيري وجيلي وسايك في تحويل الصين إلى أكبر مُصدر للسيارات في العالم، والتّفوّق على كل من ألمانيا واليابان، وتطمح للإطاحة بفولكس فاغن وتويوتا من قمة صناعة السيارات العالمية، ورفع حجم مبيعاتها الخارجية إلى 7,3 ملايين سيارة سنة 2030، وارتفعت حصة العلامات التجارية الصينية في مبيعات المركبات الكهربائية بأوروبا من نحو 4% سنة 2021 إلى 10% سنة 2024، وفق وكالة رويترز (25/03/2025)، وعرقات العقبات والرّسوم الجمركية التي فرضتها الولايات المتحدة على الصادرات الصينية بنسبة 100% منذ رئاسة جوزيف بايدن، دخول المركبات الكهربائية الصينية إلى السوق الأميركية، كما تزايدت العقبات في أسواق الهند وكوريا الجنوبية واليابان، لكن السيارات الصينية على حصة هامة من الأسواق الأخرى: 15% من سوق المركبات في تايلند، على سبيل المثال، وركّزت الشركات الصينية على دول جنوب شرق آسيا والشرق الأوسط وأميركا الجنوبية ( البرازيل والمكسيك…) وأفريقيا، وهي أسواق تشكل مجتمعة أكثر من 20 مليون عملية بيع، فيما تعد روسيا أكبر مستورد للسيارات الصينية، خصوصًا بعد انسحاب شركات السيارات « الغربية » منذ بداية الحرب في أوكرانيا ( شباط/فبراير 2022)، حيث ارتفعت حصة العلامات التجارية الصينية في السوق الروسية من 9% سنة 2021 إلى 61% سنة 2023، وفقا مجلة إيكونوميست، وتحاول  شركات السيارات الصينية الإلتفاف على الرُّسُوم الجمركية من خلال بناء مصانع في الخارج، مثلما فعلت شركة « بي واي دي » في تايلند وأوزبكستان وتخطط لإنشاء مصانع في البرازيل والمجر وإندونيسيا وتركيا والمكسيك.

    ارتفعت مبيعات السيارات الكهربائية في الصين من نحو مليون سيارة سنة 2019 إلى 11,3 مليون سيارة سنة 2024، مسجّلة نموًا بأكثر من 10 أضعاف خلال 5 سنوات، بفضل الدعم المالي الحكومي الذي يُقدَّم في إطار برامج استبدال السيارات التقليدية بأخرى كهربائية، وعلى سبيل المقارنة بلغت مبيعات السيارات الكهربائية 1,5 مليون سيارة في الولايات المتحدة، رغم زيادة بنسبة 10% في مبيعات السيارات الكهربائية خلال العام 2024، وقد ينخفض حجم المبيعات بسبب تصريحات الرئيس الأميركي دونالد ترامب بشأن  إلغاء الدعم الحكومي، وفي أوروبا، انخفضت مبيعات السيارات الكهربائية خلال سنة 2024 وبلغت نحو 3,2 ملايين سيارة وبلغت نسبة الإنخفاض 6% مقارنة بسنة 2023، بسبب تباطؤ المبيعات في ألمانيا، ويُتوقَّعُ أن ترتفع مبيعات السيارات الكهربائية خلال سنة 2025، بنسبة 18% لتتجاوز 20 مليون وحدة وأن تبيع الشركات الصينية وحدها 12,9 مليون سيارة كهربائية… 

    أقَرّ البرلمان الأوروبي ( ذو السّلطة الرمزية والضعيفة أمام المفوضية الأوروبية التي تمثل الحكومات) يوم الثاني عشر من آذار/مارس 2025 « الكتاب الأبيض حول مستقبل الدفاع الأوروبي »، وهو عبارة عن تبرير سياسي لخطة الإستثمار الأوروبي المُكثّف في صناعة الأسلحة، أو « إعادة تسليح الاتحاد الأوروبي » خلال السنوات الخمس القادمة، ويُقدّم وجهة نظر الإتحاد الأوروبي ( الحكومات ونواب البرلمان الأوروبي) بشأن الوضع العالمي، واعتبر هذا النّص المُصادَق عليه من قِبَل من يُعتبرون نواب الشعوب الأوروبية : » إن أمن أوروبا مرتبط بقدرة أوكرانيا على مقاومة روسيا ( خصوصًا إثْر ) التغيير في السياسة الأمريكية:  » (…) مما يفرض على أوروبا تعزيز أمنها ودفاعها لتكون قادرة على مساعدة أوكرانيا… » ويُهاجم النّص روسيا التي يعتبرها « العدو المشترك للاتحاد الأوروبي » كما يُهاجم الصّين التي  » تُشكِّل خطرًا على الأمن الإقليمي والعالمي، وكذلك على المصالح الاقتصادية للاتحاد الأوروبي، وعَدُوًّا منهجيا للإتحاد الأوروبي (…) وتُقَوِّضُ النظام الدولي القائم على القواعد من خلال انتهاجها المتزايد لسياسة خارجية حازمة وسياسات اقتصادية وتنافسية عدائية، في إطار تحوُّلِها إلى قوة مهيمنة… »، كما يصف النّص « خطورة الوضع في إفريقيا على أمن واستقرار الإتحاد الأوروبي، بسبب الحروب ( التي تشعلها أوروبا وشركاتها العابرة للقارات) والإرهاب وعدم الاستقرار وانعدام الأمن والفقر وتغير المناخ في منطقة الساحل وشمال شرق أفريقيا وليبيا ( وتشكل هذه العوامل) مخاطر جسيمة على أمن الاتحاد الأوروبي… ويرتبط عدم الاستقرار وانعدام الأمن في الجوار الجنوبي ومنطقة الساحل ارتباطًا وثيقًا ويَظَلّان خطرًا دائمًا على إدارة الاتحاد الأوروبي لحدوده الخارجية… »

    يتمادى النّصّ في تحليل الوضع في مناطق أخرى من العالم، مع المُرُور مَرّ الكرام على مُساهمة الإتحاد الأوروبي ( خصوصًا كدُوَل أعضاء في حلف شمال الأطلسي ) في تخريب الوطن العربي وإفريقيا، لِيُبَرِّرَ زيادة الإنفاق العسكري « لمجابهة التّحدّيات المتعلقة بالأمن والهجرة وتغير المناخ وبالتنمية الإقتصادية وتكثيف المنافسة… » ويرى ممثلو الحكومات والنواب الحلَّ في إعادة التّسلّح والتّحرّش بروسيا والصّين و « تزويد الإتحاد الأوروبي بالوسائل الكفيلة بضمان أمنه ومواجهة التّحدّيات » ويُبرّر النّص  » التّدخّل العسكري وإرسال الجيوش إلى جميع القارات لضمان وجود ومصالح أوروبا ».

    بعد التبرير السياسي وتحديد الأهداف، يأتي ذكر الموارد الهائلة التي تتطلّبها استراتيجية الإتحاد الأوروبي ( الذي يتخذ قراراته بإجماع مُمَثِّلِي الحكومات)، وتتمثل في « تعزيز صناعة الدّفاع لضمان أمن القارة » وقدَّرتها المُفَوّضيّة الأوروبية بنحو ثمانمائة مليار يورو، خلال السنوات الخمس القادمة « لمواجهة العدوان الرّوسي »، ووجب على كافة الدّول زيادة ميزانياتها العسكرية، وعلى سبيل المثال حددت فرنسا لنفسها هدف مضاعفة ميزانيتها العسكرية لتصل إلى 100 مليار يورو بحلول العام 2030، ونظرًا لضُعف قدرات التصنيع العسكري الأوروبي – خصوصًا في مجال المُكَوّنات الإلكترونية – سوف يستفيد المُجَمّع الصناعي العسكري الأمريكي من هذه المبالغ الضّخمة، في ظل هيمنة الأسلحة الأمريكية على أسلحة الدّول الأعضاء في حلف شمال الأطلسي، خلافًا لما تروجه حكومات الإتحاد الأوروبي (خصوصًا فرنسا وألمانيا) من  » خلق فرص العمل والخروج من الأزمة الاقتصادية والاجتماعية والسياسية « ، ويُساهم الإعلام في الحملة الإيديولوجية لتخويف المواطنين من « العدوان الرّوسي الوَشيك »…

    من الناحية الإقتصادية يُمثل الإنفاق العام ( شراء الدولة للمعدات العسكرية )، من الناحية النّظرية ومن وجهة النظر الكينزية المُبسّطة  » دعمًا للنشاط الإقتصادي وللنمو »، غير إن كافة الحكومات الأوروبية ترفع سن التقاعد وتُخَفِّضُ قيمة المعاشات والإنفاق على الصّحّة والتّعليم والإسكان، ولا تتضمن خطط الموازنة مُخصّصات إضافية للتدريب والبحث العلمي، وبالتالي لن ينتفع قطاع التّصنيع ولن تكون زيادة الإنفاق العسكري سوى فرصة إضافية لزيادة أرباح المصارف والشركات والأثرياء ولن تعود بالنّفع على العاملين والفُقراء، بل بالعكس يتم تحويل الإنفاق الإجتماعي إلى إنفاق حربي لا يحتاج سوى العمالة المُؤهّلة وبعض المهندسين والفنيين…

    إن الدعوات الأوروبية لإعادة التسلح مفيدة لبعض الرأسماليين في قطاع غير تنافسي ذي ربحية مرتفعة، خصوصًا بعد عمليات الإندماج  بين شركات صناعة الأسلحة الأوروبية، وأهمها اندماج شركة نيكستر (المعروفة سابقًا باسم جيات) الفرنسية مع شركة أسلحة ألمانية، كما إن ارتفاع نفقات التسلّح تزيد من مستوى الدّيْن العام الذي يُسدّده المواطنون في شكل ضرائب مُباشرة أو غير مباشرة وفي شكل انخفاض حصّة النفقات الإجتماعية والمرافق والخدمات العمومية…

    تبدو حكومات فرنسا وألمانيا ومعظم حكومات دُوَل الإتحاد الأوروبي عاجزة عن توفير المال للرعاية الصحية والمُستشفيات العمومية والتعليم والنقل، ولكنها مستعدة لمضاعفة الميزانيات العسكرية، وهي في حالة استعداد للحرب ضدّ روسيا، وأعلنت حكومة فرنسا « إعادة تنشيط الصناعات العسكرية » وجَمَعَت مصنعي الأسلحة والمصرفيين والمستثمرين لتنظيم زيادة إنتاج البارود والمدافع والصواريخ والدبابات والطائرات المقاتلة والطائرات الآلية (بدون طيار)، كخطوة في الطريق نحو الحرب، وأعَدّت الدّولة – في استعادة لمناخ أيام الحرب – كُتيّبًا دِعائِيًّا من ثلاثين صفحة يقدّم تعليمات بخصوص الإجراءات التي يجب القيام بها للبقاء على قيد الحياة ولحماية النّفس في حالة « وجود تهديد وشيك لأمن فرنسا » ويحثّ الكُتَيّب على الوشاية بتعلّة المُشاركة في المجهود الحربي وتلافي الأضرار…

    تتضمّن الدّعاية السياسية للحرب جانبًا « فَرْعِيًّا » يتمثل في « فَرْض الإنضباط » و « الطّاعة » على العُمّال وإجبارهم على زيادة وتيرة العمل وخفض أو إلغاء الحوافز والمكتسبات، بذريعة « إن البلاد، بل قارة أوروبا كلّها، في حالة خَطَر » مِمّا يُبرّر مضاعفة ميزانية الحرب وعدد الجنود والطائرات والسفن الحربية والصواريخ ( وجميعها من إنتاج شركات خاصّة يُسيطر مالكوها على قطاعات صناعية أخرى وعلى الإعلام وعلى العديد من مجالس البلديات والأقاليم ومقاعد البرلمان وبالتالي فإن ضخ عشرات أو مئات المليارات في الصناعات الحربية يُشكل فرصة ذهبية لتجار الأسلحة للدفاع عن مكانة الإمبريالية الفرنسية في العالم، ولضمان حُصُول الرأسماليين الفرنسيين على نصيبهم من الكعكة في تقطيع أوصال أوكرانيا أو الكونغو أو أي بلد آخر، وتَتِمّ ترجمة زيادة الإنفاق الحربي بخفض ميزانيات الصحة والتعليم والخدمات والسّكن والنّقل وخفض عدد إلأطباء والممرضين والمُدَرِّسِين، ففي فرنسا يصل عدد المتقدمين للحصول على السكن الاجتماعي إلى مستويات قياسية، ويُقدّر عدد الأُسَر التي تقدّمت بمطالب للحصول على السّكن الإجتماعي بأكثر من 2,6 مليون أُسْرَة، سنة 2020، ويوجد في شوارع باريس وضواحيها حوالي ألْفَيْ طفل بدون مأوى، وارتفعت درجة البؤس مما جعل حوالي 900 ألف أسرة عاجزة عن دفع إيجار السكن الاجتماعي بنهاية سنة 2022، بسبب ارتفاع قيمة الإيجار والطاقة بشكل مُجحف، وفقًا للمسح الوطني الذي أجراه اتحاد السكن الاجتماعي ونشره خلال شهر كانون الثاني/يناير 2024، ويمثل هذا الرقم 19.6% من الأسر المستأجرة في مساكن اجتماعية (  HLM)، و تم طرد واحد وعشرين ألفًا وخمسمائة أسرة من منازلها من قبل سلطات إنفاذ القانون سنة 2023، وهو ما يمثل زيادة بنسبة 23% مقارنة بالعام 2022.

    نشرت المُؤسّسة البَحْثِيّة، « جوينت فينتشر سيليكون فالي » يوم السابع من آذار/مارس 2025، تقريرها السّنوي ( منذ 1995 ) الذي يعنى بتحليل الظروف الاقتصادية والاجتماعية في منطقة وادي السيليكون وأَظْهَر التقرير زيادة غير مسبوقة في تركّز الثروة في هذه المنطقة الصناعية والتكنولوجية، حيث يمتلك أغنى تِسْع أثرياء ما يعادل 15 ضعف ما يملكه نحو 50% من العدد الإجمالي لسكانها نصف سكانها مجتمعين، وعبّر مُدير منظمة « جوينت فينتشر سيليكون فالي » عن تخوفه من اتساع فجوة الثروة التي قد تُشكّل « عاملا مزعزعًا للاستقرار » مما يُنذر ببوادر ثورة اجتماعية.

    تمتد منطقة « وادي السيليكون » بين سان فرانسيسكو وسان خوسيه، وتحتضن نحو 56 مليارديرًا و145 ألف مليونير، ويستحوذ 1% فقط من السكان -حوالي 9 آلاف أسرة- على 42% من إجمالي الثروة، بما يعادل 421 مليار دولار، كما يملك 10% من السكان 71% من الثروة الجماعية سنة 2024، بزيادة نقطة واحدة مقارنة بعام 2023، ويتصدّر مارك زوكربيرغ ( شركة ميتا وشركة تسلا…) قائمة الأثرياء، تليه لورين باول جوبز (وريثة مؤسس آبل) ومؤسسَيْ « غوغل » لاري بيغ وسيرجي برين، ثم جينسن هوانغ الرئيس التنفيذي لـ »إنفيديا » وإريك شميدت المدير التنفيذي السابق لغوغل، وجان كوم مؤسس واتساب، وروبرت بيرا مؤسس « يوبيكويتي نيتووركس » والمُستثمر جورج روبرتس…

    أما بالنسبة لعموم السّكّان فإن متوسط الدخل السنوي مرتفع ويصل إلى 157,1 ألف دولار للفرد، وهو ضعف المتوسط الوطني، ومع ذلك فإن 30% من الأسر في وادي السيليكون فقيرة وتعتمد على المساعدات الإجتماعية، وتعيش 10,1% من العائلات بأقل من خمسة آلاف دولار سنويًا، فيما يواجه 37% من الأطفال خطر انعدام الأمن الغذائي، كما تضم المنطقة 12,5 ألف مشرد، بالإضافة إلى حوالي ثمانية آلاف آخرين في مدينة سان فرانسيسكو لوحدها، وفق تقرير « جوينت فينتشر سيليكون فالي » التي علّق مُديرها :إن النظرية التقليدية التي تفترض إن ازدهار الإقتصاد يعود بالنّفع على الجميع خاظئة، ولا تنطبق على وادي السيليكون، حيث لا تستفيد من النّمو سوى قِلّة من المواطنين، خصوصًا لأن قطاع التكنولوجيا يعتمد على قوة رأس المال الاستثماري وليس على الرواتب، فضلا عن تباطؤ نمو الوظائف، إذ وفّرت شركات التكنولوجيا 75 ألف وظيفة جديدة بين سنتَيْ 2020 و2022، لكنها سرعان ما ألغت أكثر من ثمانين ألف وظيفة بين سَنَتَيْ 2023 و2024، أي إن نمو الوظائف كان سلبيًّا بين 2020 و 2024، لأن التركيز انتقل من النمو السريع إلى الكفاءة، مما أدّى إلى ارتفاع الأرباح بدون تحقيق تحقيق نمو المنطقة ككلّ، خصوصًا في مدينة سان فرانسيسكو التي تأثّرت بالتغيرات الاقتصادية بشكل خاص وفقدت قرابة أربعين ألف وظيفة خلال سنتَيْ 2023 و2024، وبقيت نسبة 20% من المكاتب شاغرة، خصوصًا منذ جائحة كوفيد، حيث تم تعميم العمل عن بُعْد، وهو لا يزال مرتفعًا مقارنة ببقية الولايات الأميركية.

    من ناحية أخرى، خسرت منطقة وادي السيليكون جزءًا هامًّا من سُكّانها، ولكن توقّف هذا النزيف بفضل العمال الأجانب الذين أصبحوا يُشكّلون نحو ثُلُثَيْ (66% ) موظفي قطاع التكنولوجيا، ومن بينهم 23% من حاملي الشهادات الجامعية من الهند و18% من الصين و17% فقط وُلدوا في ولاية كاليفورنيا، ويمثل المهاجرون 41% من سكان وادي السيليكون، مقابل 27% في كاليفورنيا عمومًا، و14% في عموم الولايات المتحدة، مما يؤكد – بحسب تقرير منظمة « جوينت فينتشر سيليكون فالي » – أن  » نشاط المنطقة يعكس ظاهرة عالمية بُنيت على عقول كفاءات من جميع أنحاء العالم »، ورغم تباطؤ النمو، لا يزال وادي السيليكون في صدارة الابتكار، حيث كان مصدرًا ل 23,6 ألف براءة اختراع تم تسجيلها سنة 2024، ولاستقطاب استثمارات رأسمالية بلغت 69 مليار دولار، منها 22 مليارًا في مجال الذكاء الاصطناعي، ومع ذلك، يشير التقرير إلى بداية تراجع الهيمنة لصالح مراكز تكنولوجية ناشئة حول العالم.

    من جهة أخرى، تعكس المنطقة عدم توازن بين عدد الموظفين وتطور البنية التحتية وخصوصًا في مجال الإسْكان، حيث تعاني الشركات من أزمة إسكان حادة بسبب ارتفاع الأسعار، وارتفع متوسط سعر المنازل خلال عقد واحد بنسبة 53% ليصل إلى 1,9 مليون دولار، مما اضطر عددا من الشركات الكُبرى إلى التّوسّع في مدن أخرى مثل أوستن في تكساس وسياتل، حيث ارتفعت نسب التوظيف بنسبة 11% و15% على التوالي، كما حصلت مدينة أوستن على 2781 تصريح بناء لكل 100 ألف نسمة خلال الفترة ما بين كانون الثاني/يناير 2023 تشرين الثاني/نوفمبر 2024، أي 5 أضعاف مدينة سان خوسيه، وعشْرة أضعاف مدينة سان فرانسيسكو، مما يشير إلى توجّه واضح للشركات نحو بيئات أكثر دعمًا للنمو العقاري، وبينما تسعى حكومة كاليفورنيا إلى فرض خطط بناء جديدة، لا تزال البلديات مترددة في التنفيذ، مما قد يهدد مستقبل النمو في وادي السيليكون.

    صرّح وزير الخزانة الأمريكي سكوت بيسنت يوم الأربعاء 26 آذار/مارس 2025، إن الولايات المتحدة قدّمت وثيقة مُعَدَّلَة للشراكة الإقتصادية مع أوكرانيا بشأن المعادن الموجودة في جميع أنحاء أوكرانيا، بما في ذلك تلك التي لم يتم استغلالها، ووصف بعض نواب البرلمان الأوكراني مشروع الإتفاق بالكارِثِي، ولا يترك نصيبًا لبريطانيا والدّول الإتحاد الأوروبي، لأن النسخة الجديدة من اتفاقية المعادن تجعل الولايات المتحدة مُختكِرة – خلال فترة غير مُحدّدة – لاستخراج المعادن الأرضية النادرة وجميع معادن أوكرانيا والبنية التحتية المرتبطة باستخراجها، مع تمتع الولايات المتحدة بحق نقض على استخراجها من قبل أوكرانيا، في مقابل المساعدات الأمريكية المقدمة لأوكرانيا، التي بلغت 120 مليار جولارا، خلال الفترة 2022 – 2024، بحسب معهد كيل، وينص مشروع الإتفاق على إنشاء صندوق يديره خمسة أفراد: ثلاثة أميركيين لهم حق النقض الكامل، وتشمل الإتفاقية جميع المعادن، بما في ذلك النفط والغاز والرواسب غير المستغلة في جميع أنحاء أوكرانيا، وستقوم الولايات المتحدة في البداية بتحصيل العائدات من الصندوق، ثم من أوكرانيا، مع إضافة نسبة 4% وسيتم نقلالأموال الموجودة في الصندوق إلى الخارج…تهدف الولايات المتحدة السيطرة الدائمة على كامل الأراضي والثروات الأوكرانية إلى أجل غير مسمى، ولا يجوز تعديلها أو إنهاؤها إلا بموافقة الولايات المتحدة، وتتمتع الولايات المتحدة بحقوق الأولوية ( الإحتكار ) فيما يتعلق بمشاريع البنية الأساسية الجديدة وحق النقض فيما يتعلق ببيع الموارد إلى بلدان أخرى… 

    الطاهر المعز

  • Michael Hudson-Est-ce que les prophètes de la Bible étaient antisémites ?

    Michael Hudson-Est-ce que les prophètes de la Bible étaient antisémites ?

    Est-ce que les prophètes de la Bible étaient antisémites ? par Michael Hudson

    Si les prophètes de l’ancien Israël tels qu’Isaïe, Jérémie, Ezéchiel, Malachie et Amos vivaient aujourd’hui, Benjamin Netanyahou les accuserait d’antisémitisme pour avoir osé décrire son gouvernement comme étant un simulacre de l’alliance mosaïque. L’un des thèmes récurrents qui traverse toute la Bible juive – l’Ancien Testament du christianisme – est la critique des rois, des riches et des tribunaux corrompus qui violaient les Dix Commandements de Moïse qui visaient à créer une société juste et équitable en protégeant les pauvres de l’oppression économique de la servitude pour dettes et de la perte de leurs terres. Si les prophètes étaient appelés à rendre un jugement aujourd’hui, c’est le parti de droite, le Likoud de Netanyahou, et l’économie fortement inégalitaire d’Israël qui seraient condamnés pour avoir violé les lois les plus fondamentales du judaïsme biblique.



    Tous les prophètes les uns après les autres ont décrit à de si nombreuses reprises que le Seigneur était extrêmement mécontent parce qu’Israël s’écartait de ses commandements au point de lui retirer sa protection et de condamner le pays vers lequel Moïse avait conduit ses disciples à être conquis en guise de punition. Les prophètes bibliques ont attribué la défaite d’Israël face à Sargon en 722 avant J.-C. à la punition du Seigneur pour avoir rompu l’alliance offerte par le Seigneur. Le châtiment d’Israël était à la hauteur du crime : Tout comme son élite de riches créanciers avait dépossédé leurs frères de leur terre, les dix tribus d’Israël ont été déportées en Mésopotamie et en Médie, et la taille de Judée a été réduite à la seule région entourant Jérusalem.

    Ezéchiel, le grand prophète de l’Exil, a été emmené en Babylonie en 597 avant J.-C. en tant qu’otage militaire. Il est devenu l’influence principale d’Esdras et de l’école sacerdotale qui a édité les premières sources de la Torah en une version qui a été finalisée lorsque les juifs sont revenus de Babylone et ont inscrit les concepts babyloniens de justice économique dans la sainte loi mosaïque. Sur un ton apocalyptique, Ezéchiel 7 annonce : « La parole du Seigneur est venue à moi : … La fin est maintenant sur vous et je vais déchaîner ma colère contre vous. Je vous jugerai selon votre conduite et je vous rendrai la monnaie de votre pièce pour toutes vos pratiques détestables », citant la polarisation des richesses par les juifs les plus riches, la corruption des tribunaux et la violation de l’alliance originelle avec le Seigneur.

    Les prophètes étaient-ils des juifs qui se détestaient eux-mêmes ? Ceux qui critiquent les politiciens de droite qui aujourd’hui abolissent les cours de justice du pays, encouragent le meurtre de masse de civils et détruisent l’infrastructure d’une société entière sont-ils antisémites ? Le fait de dire que le 7 octobre ne s’est pas produit « dans le vide », comme l’a fait le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres – même après l’avoir qualifié d’atrocité – fait-il de vous un antisémite ?

    Ce que je trouve le plus incroyable, c’est qu’aucun érudit religieux ne souligne que la prétention de Netanyahou d’agir au nom d’un engagement biblique comme excuse pour commettre un génocide en s’emparant de la terre palestinienne et en détruisant sa population existante est un simulacre de ce qui est réellement écrit dans la Bible.

    Par un tour de passe-passe semblable à celui d’un magicien essayant de détourner l’attention du public de ce qui se passe réellement, Netanyahou a évoqué ce qu’il prétend être une excuse biblique pour le génocide israélien. Mais ce qu’il prétend être un pacte issu de la tradition de Moïse est une demande vicieuse du juge et éminence grise Samuel disant à Saül, le général qu’il voulait faire roi : « Maintenant va frapper Amalek [un ennemi d’Israël] et détruis totalement tout ce qui leur appartient. Ne les épargne pas, tue les hommes et les femmes, les enfants et les nourrissons, le bétail et les moutons, les chameaux et les ânes » (1 Samuel 15, 3).

    Ces mots n’étaient pas les paroles du Seigneur, et Samuel n’était pas Moïse. Et il n’y avait pas de promesse générale de soutenir les juifs quelle que soit la manière dont ils se comportent. Et en effet, en suivant la demande de conquête de Samuel – comme moyen de rendre Saül suffisamment populaire pour être fait roi – Saül avait enfreint les commandements du Seigneur concernant les cérémonies religieuses et les coutumes alimentaires appropriés. Rien ne permet de comprendre cela dans la célébration par Netanyahou de l’accord conclu entre Samuel et Saül en vue de devenir populaire par la conquête militaire. L’inconduite de Saül a conduit Samuel lui-même à le réprimander, lui disant que le Seigneur avait décidé qu’un autre homme devait être trouvé pour être roi d’Israël.

    Ce n’était pas le Seigneur qui avait donné l’ordre de détruire Amalek, mais un prophète désireux de placer un roi sur le trône. L’invocation d’un tel commandement est une preuve prima facie de l’intention de commettre un génocide. Mais cela semble moins important aux yeux de Netanyahou que de satisfaire le désir de vengeance des Israéliens. Netanyahou ne mentionne pas le fait que Saül a désobéi aux commandements du Seigneur et que le Seigneur l’a rejeté en tant que roi. Le Likoud ne reconnaît pas non plus le contexte, quelques chapitres plus tôt, dans I Samuel 12:15, qui décrit la corruption des juges et l’avertissement de Samuel que : « Si vous n’obéissez pas à l’Éternel, si vous vous rebellez contre ses ordres, sa main sera contre vous ». L’avertissement du Seigneur selon lequel « si vous persistez à faire le mal, vous serez balayés, vous et votre roi » aurait dû fortement résonner pour Netanyahou.

    La Bible juive est remarquable par sa critique des rois qui ont gouverné les royaumes de Judée et d’Israël. Il s’agit en fait d’un long récit de révolution sociale dans lequel les chefs religieux ont cherché – souvent avec succès – à mettre en échec le pouvoir d’une oligarchie égoïste et agressive, dénoncée à maintes reprises pour son avidité à appauvrir les peuples, à s’emparer de leurs terres et à les réduire à l’esclavage pour dettes. (Mon livre « … and forgive them their debts » « … et pardonne-leur leurs dettes » [Dresde 2018] décrit cette histoire). Les rois juifs, les familles riches et les tribunaux corrompus ont conduit le Seigneur à les abandonner à plusieurs reprises face à l’Assyrie, à Babylone et à des adversaires de moindre importance lorsqu’ils adoptaient un comportement égoïste et oppressif.

    En quoi consistait l’alliance conclue à Horeb, près du mont Sinaï ? Pour le dire simplement, le Seigneur a donné à Moïse les Dix Commandements qui avaient un objectif moral de justice économique, et il a conclu un marché engageant tous les futurs juifs à obéir à ces commandements (Exode 19-23 et Deutéronome 5:2 et 28:43). Dès le début, le Seigneur a menacé de punir les juifs s’ils rompaient cette alliance. Les paroles des prophètes citent les nombreuses façons dont les générations suivantes l’ont rompue.

    La référence à ce contexte de règles équitables était le rôle des prophètes (à la fois anciens et modernes) : réveiller le peuple – et être méprisé par les détenteurs du pouvoir, en particulier par les oligarchies oppressives. La Judée, conformément aux commandements, était censée fournir une aide mutuelle, protéger les pauvres et empêcher les créanciers de s’approprier la terre.

    La Judée a donc perdu des batailles contre des étrangers, que les prophètes ont décrits comme étant des instruments du Seigneur utilisés pour punir les juifs pour avoir transgressé les lois économiques et autres lois morales que le Seigneur avait établies. Peut-on douter que le grand Israël d’aujourd’hui [le territoire sur lequel il exerce un contrôle total, y compris Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est] soit économiquement polarisé et inégal, tant sur le plan financier qu’en termes de droits de l’homme ?

    Le Deutéronome 28:21-25 met en garde les juifs que s’ils n’obéissent pas aux commandements du Seigneur, « le Seigneur vous frappera de maladies jusqu’à ce qu’il vous ait détruits du pays dont vous entrez en possession », et que « vous serez vaincus devant vos ennemis ». Le Deutéronome (29, 24-25) rappelle ensuite aux juifs que si le Seigneur leur fait subir ce qu’il a fait à Sodome et Gomorrhe, Admath et Zéboiim, « c’est parce que ce peuple a abandonné l’alliance du Seigneur, le Dieu de ses pères, l’alliance qu’il a conclue avec eux lorsqu’il les a fait sortir d’Égypte ».

    Les prophètes ont décrit ce que signifiait l’obéissance à l’alliance. Isaïe 5:3 et 8 a cité l’inégalité économique comme le plus grand malheur, blâmant les anciens et les dirigeants pour avoir pris « le fruit du pillage des pauvres dans vos maisons ». Il s’est exclamé : « Malheur à vous qui ajoutez une maison à une autre, qui joignez un champ à un autre, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’espace libre dans le pays ». C’est exactement le sort qui est réservé aux Palestiniens chassés de leurs terres par l’Israël d’aujourd’hui agissant en tant qu’État colonisateur.

    Isaïe 10:1-3 s’exclame : « Malheur à ceux qui font des lois injustes, à ceux qui promulguent des décrets oppressifs destinés à priver les pauvres de leurs droits et à dérober la justice à mon peuple opprimé en faisant des veuves leurs proies et en dépouillant les orphelins. Que ferez-vous au jour du jugement dernier, quand le malheur viendra de loin ? » Et en 29:13-15 : « Le Seigneur dit : « Ces gens viennent à moi avec leurs bouches et m’honorent de leurs lèvres, mais leurs cœurs sont loin de moi. Le culte qu’ils me rendent n’est fait que de règles enseignées par les hommes. … Malheur à ceux qui se donnent beaucoup de mal pour cacher leurs desseins au Seigneur » ».

    Cela vous rappelle quelque chose ? Isaïe 48:1 et 8 dit : « Écoute, ô maison de Jacob, toi qui portes le nom d’Israël … et qui invoques le Dieu d’Israël – mais sans vérité ni droiture. … Je sais combien tu es perfide ; tu as été appelé rebelle depuis ta naissance ».

    Le prophète suivant, Jérémie 2, accuse Israël d’abandonner le Seigneur et de rompre ainsi l’alliance, appelant sur lui le désastre par sa « méchanceté et son égarement » et devenant « une vigne sauvage et corrompue ». Qualifiant Israël d’infidèle (3:8 et 20-21), le Seigneur « donna à l’infidèle Israël son acte de divorce et la renvoya », et la Judée était tout aussi mauvaise. Le Seigneur menace à nouveau (17:3-4) : « Par votre faute, vous perdrez l’héritage que je vous ai donné… car vous avez allumé ma colère et elle s’enflammera pour toujours ».

    Par une évolution qui n’a pas choqué ni consterné les conservateurs chrétiens, les États-Unis sont devenus le protecteur et le seigneur de l’Israël moderne, alors que l’économie israélienne (comme celle des États-Unis) se polarise sur les mêmes lignes que celles dénoncées par les prophètes bibliques, comme lorsque Ezéchiel (7 et 16) répète la colère du Seigneur contre la Jérusalem infidèle, disant métaphoriquement (16:13) que « tu as fait confiance à ta beauté et tu as utilisé ta renommée pour te prostituer », sans tenir compte des pauvres et des nécessiteux. Et dans 34:2 : « Malheur aux bergers d’Israël qui ne s’occupent que d’eux-mêmes » tout en pillant leur troupeau.

    Amos 2 accuse Israël de nombreux péchés : « Ils vendent le juste à prix d’argent, … et ils marchent sur la tête des pauvres… et ils refusent la justice aux opprimés ». Et Michée 7:3 déclame : « Malheur à ceux qui organisent l’injustice, à ceux qui complotent le mal dans leur lit … parce qu’il est en leur pouvoir de le faire. … C’est pourquoi le Seigneur a dit : « Je prépare contre ce peuple un désastre dont vous ne pourrez pas vous sauver » », lorsque les riches s’associent pour que « le dirigeant exige des cadeaux, le juge accepte des pots-de-vin, les puissants dictent ce qu’ils désirent – ils conspirent tous ensemble ».

    Le sionisme d’aujourd’hui est en contradiction avec la Bible juive. C’est compréhensible étant donné que son idéologie provient d’un groupe très séculier en dépit de sa récente prise de contrôle par des juifs se définissant comme orthodoxes. La rhétorique utilisée par Netanyahou est un simulacre, surtout quand on sait combien la Bible juive proclame que la richesse et la propriété doivent être distribuées équitablement et non concentrées entre les mains d’une oligarchie. Les versets 1 et 9 de l’Exode 23 donnent un aperçu de la manière dont les étrangers – les Palestiniens de l’époque – devaient être traités : « Ne suivez pas la foule en faisant le mal », mais « établissez la loi de la justice et de la miséricorde : N’opprimez pas l’étranger ; vous savez vous-mêmes ce que c’est que d’être étranger car vous avez été étrangers en Égypte ».

    Est-ce faire preuve de justice et de miséricorde que de couper l’eau, la nourriture, les médicaments et le carburant à toute une population et de raser ou d’endommager la moitié de ses bâtiments et la plupart de ses infrastructures essentielles, y compris des quartiers entiers de maisons ? Est-ce faire preuve de justice et de miséricorde que de forcer les hôpitaux à fermer, de bombarder les ambulances et de larguer six bombes d’une tonne sur un camp de réfugiés ?

    Alors que des milliards de personnes dans le monde assistent aux massacres de la nuit de Cristal à Gaza et aux pogroms flagrants en Cisjordanie, des journalistes occidentaux « sérieux » mettent en garde contre la menace existentielle que représentent les réfugiés qui pratiquent le deltaplane mais n’ont ni avion, ni char, ni pièce d’artillerie. Ces mêmes journalistes ignorent le truisme éprouvé selon lequel « le sang des martyrs est la semence de la foi » et que le fait de tuer des milliers d’innocents immédiatement et plusieurs milliers dans le chaos qui s’ensuit n’affaiblira pas un mouvement de résistance mais le renforcera. C’est cette même réaction, dans le sillage du nazisme, qui a transformé les dirigeants sionistes d’aujourd’hui en hommes remplis de haine.

    Dans les dernières lignes de la Bible juive, Malachie 4 parle de l’insistance du Seigneur sur le fait que l’alliance d’Israël avec Dieu comportait une forte contrepartie contractuelle comme condition de son soutien : « Tous les arrogants et tous les méchants seront de la paille, et le jour qui vient les embrasera, dit le Seigneur tout-puissant. « Souvenez-vous de la loi de mon serviteur Moïse, des décrets et des lois que je lui ai donnés à l’Horeb pour tout Israël ». Si l’on ne cesse de désobéir encore à ces lois, le Seigneur menaçait : « Je viendrai frapper le pays de malédiction » ».

    Il semble que cette malédiction soit maintenant arrivée, sous la forme d’une majorité de la population mondiale tellement consternée par le génocide bien-pensant commis par deux gouvernements laïques se réclamant (au discrédit des religions occidentales) de la sanctification divine, Israël et les États-Unis, au moment où l’économie occidentale non soviétique créée en 1945 dans le sillage de la Seconde Guerre mondiale est en train de se briser en deux parties.

    Nous vivons dans une époque laïque. Les États-Unis sont devenus le protecteur et le seigneur de l’Israël moderne, et ils se sont eux-mêmes corrompus en suivant les mêmes tendances dénoncées par les grands prophètes. Les évangélistes américains, comme le gouvernement israélien, ont exclu le message des prophètes bibliques et le message social de Jésus, ne retenant que l’Alliance comme acte de conquête et comme promesse d’un ticket pour le paradis sans aucune contrepartie comportementale.

    Le large spectre de la religion judéo-chrétienne a été sécularisé, car le monde d’aujourd’hui diffère si fondamentalement de celui de l’antiquité classique. Les évangélistes de la télévision américaine travestissent la tentative de Jésus de rétablir l’année jubilaire mosaïque destinée à annuler les dettes qui menaçaient les populations anciennes d’esclavage et les privaient de leurs moyens de subsistance sur la terre. L’« Évangile de la prospérité » a remplacé Jésus par Ayn Rand, Milton Friedman et Frederick Hayek.

    Dès les IVe et Ve siècles, presque dès que Constantin a fait du christianisme la religion d’État romaine, Augustin a modifié la traduction de la Prière au Seigneur et du Sermon sur la montagne de Jésus en remplaçant l’annulation de la dette par l’idée non économique du péché originel hérité d’Adam. Pour couronner le tout, la nouvelle interprétation a remplacé l’appel de Jésus à l’annulation des dettes par des demandes de contributions monétaires de la part de l’Église pour obtenir des indulgences et le pardon. Par la suite, le christianisme est devenu si favorable aux créanciers qu’il a défendu le caractère sacré de la dette et non son annulation. Pour financer les croisades au XIIIe siècle, les papes ont excommunié le clergé chrétien et les réformateurs laïques qui s’opposaient au paiement de l’usure – qui a été redéfinie comme « intérêt » et autorisée tant que c’était des banquiers chrétiens qui accordaient les prêts.

    Israël peut avoir un droit légal alambiqué de tirer sur les Palestiniens qui franchissent son mur pour tenter de défendre les terres que les colons leur ont illégalement confisquées. Mais en tant que puissance occupante, il n’a pas le droit moralisateur d’ignorer pratiquement toutes les lois internationales concernant la guerre et les punitions collectives simplement pour se venger et pour montrer au Liban, à la Syrie, à la Turquie et à l’Iran ce qu’il leur fera avec le soutien des États-Unis s’ils se joignent à la mêlée. Les actions de Netanyahou et ses revendications de sanctification religieuse sont l’antithèse du judaïsme originel. Son gouvernement mené par le Likoud rejette l’éthique de la Bible juive autant que les évangélistes chrétiens américains rejettent le message de Jésus.

    Michael Hudson


    Michael Hudson, ancien économiste de Wall Street, est professeur à l’Université de Missouri, Kansas City (UMKC). Il a écrit de nombreux livres dont Super Imperialism : The Economic Strategy of American Empire (new ed., Pluto Press, 2002) et Trade, Development and Foreign Debt : A History of Theories of Polarization v. Convergence in the World Economy. Conseiller des gouvernements islandais, letton et chinois en matière de législation financière et fiscale, il fait partie du groupe d’experts économiques et financiers du mouvement Occupy.

  • La décision du président Richard Nixon de mettre fin en 1971 aux accords de Bretton Woods3 janvier 2023 par Michael Hudson

    La décision du président Richard Nixon de mettre fin en 1971 aux accords de Bretton Woods3 janvier 2023 par Michael Hudson

    L’État s’endette pour la politique, les guerres et d’autres causes supérieures et le ’progrès’ … L’hypothèse est que l’avenir honorera cette relation à perpétuité. L’État a appris des marchands et des industriels comment exploiter le crédit ; il défie la nation de le laisser faire faillite.Aux côtés de tous les escrocs, l’État est désormais l’escroc en chef.

    – Jacob Burckhardt, Judgments on History and Historians (tr. Boston : 1958), p. 171.



    En mai 1970, le secrétaire au Trésor David Kennedy a averti que si les pays étrangers ne permettaient pas aux États-Unis d’augmenter leurs exportations, le Congrès pourrait restreindre leurs importations aux États-Unis. ’N’est-ce pas aux pays excédentaires, demandait-il, qu’il incombe tout particulièrement de prendre des mesures positives en vue de leur élimination ?’

    Ce que M. Kennedy demandait était quelque chose de tout à fait nouveau dans les relations internationales. En substance, il déclarait qu’au fur et à mesure que le capital privé américain continuait à s’emparer des industries et des entreprises d’Europe et d’Asie, établissant un déficit dans sa balance des paiements, les nations qui recevaient ces afflux de dollars devaient augmenter leurs importations en provenance des États-Unis pour un montant équivalent au coût de la prise de contrôle de leurs entreprises. Si, en outre, les États-Unis continuent à connaitre un déficit de leur balance des paiements par des actions militaires dans n’importe quelle partie du globe, les nations contraintes à une position excédentaire doivent exposer leurs industries nationales à une concurrence artificiellement parrainée par le secteur des exportations de l’économie américaine.

    En bref, les politiques monétaires, d’investissement et commerciales du reste du monde devaient être déterminées par ce qui se passait dans les affaires intérieures et internationales des États-Unis. Déplaçant la responsabilité du déficit de la balance des paiements des États-Unis des politiques intérieures et extérieures américaines vers l’Europe et le Japon, M. Kennedy a affirmé qu’il était ’incohérent pour les pays étrangers de demander instamment aux États-Unis d’avoir une balance des paiements excédentaire et d’adopter ensuite des politiques qui tendent à contrecarrer la réalisation de cet objectif même’. [1]

    La déclaration de M. Kennedy n’était pas tant un plaidoyer pour la coopération internationale qu’une menace que l’Amérique prendrait toutes les mesures qu’elle jugerait nécessaires pour contraindre l’Europe et l’Asie à accepter les instructions que M. Kennedy leur donnait impérieusement. Les États-Unis étaient très sérieux.

    Les quotas textiles illégaux proposés par l’Amérique suscitent des menaces de représailles de la part des pays étrangers

    Pourtant, à l’époque, cela ne se ressentait guère à l’étranger, et encore moins aux États-Unis. En fait, les choses semblaient aller dans la direction opposée. Les nations avaient commencé à résister à l’agression économique des États-Unis, du moins en apparence. Le Japon en est un bon exemple. Au cours de l’hiver 1970, le Département d’État lui avait demandé d’imposer des quotas volontaires sur ses exportations de textiles vers les États-Unis. Le Japon a rejeté cette demande aussi catégoriquement que les États-Unis auraient rejeté la suggestion d’imposer des quotas d’exportation sur leurs produits agricoles. Wilbur Mills, de l’Arkansas, président de la commission des voies et moyens de la Chambre des représentants, a alors préparé un projet de loi prévoyant des quotas obligatoires sur les importations de textiles et de chaussures, ainsi que d’autres mesures protectionnistes.

    Les responsables japonais ont menacé de promulguer une législation commerciale pour riposter en nature à toute entrave américaine à leurs ventes de textiles aux États-Unis. En juin, une tentative timide d’accord est abandonnée. Le 8 juin, le président Nixon a rencontré les dirigeants de l’industrie textile et a indiqué qu’il ne s’opposerait pas aux propositions du Congrès relatives aux quotas visant à réduire les importations de quelque 40 %, pour les ramener à leur niveau de 1967-1968.

    Cette politique marquait le début d’une agression commerciale majeure des États-Unis contre d’autres pays

    Rappelant la promesse électorale de M. Nixon à l’industrie textile en 1968, cette politique marquait le début d’une agression commerciale majeure des États-Unis contre d’autres pays. Le 25 juin 1970, le secrétaire au commerce Maurice Stans annonça le soutien ’réticent’ de l’administration aux quotas obligatoires sur les textiles, comme le demandait le projet de loi Mills, qui avait été soumis à la commission des voies et moyens de la Chambre. M. Stans a conclu qu’en dépit des clauses d’exemption spéciales dont bénéficient les États-Unis en vertu de l’accord du GATT, ’à bien des égards, nous avons été la vache à lait du reste du monde’. Cela a préparé le terrain pour la propagande des États-Unis sur le thème des abus dont ils étaient victimes que les porte-parole du gouvernement devaient dorénavant adopter. Le Wall Street Journal a trouvé ironique que le jour même où M. Stans soutenait le projet de loi Mills, ’le président de la Réserve fédérale, Arthur F. Burns, était à Séoul pour féliciter la Corée pour son ’incroyable record’ d’augmentation des exportations totales. … Dans un texte préparé avant que l’administration ne prenne position, M. Burns a déclaré qu’il est ’gratifiant de voir que les hommes d’État pratiques du monde’ redécouvrent des concepts économiques classiques tels que la liberté du commerce, ajoutant que ’nous devons beaucoup à des pays comme la République de Corée, la Chine nationaliste, Hong Kong et la Thaïlande qui ont récemment démontré comment les hommes opérant sur des marchés libres peuvent surpasser le totalitarisme’. [2]

    Le Marché commun européen est scandalisé par les menaces de quotas américaines. Les négociateurs américains ont refusé sa proposition de négociations multilatérales sur le commerce mondial du textile. Dans une stratégie de division et de conquête, ils invitèrent les porte-parole de la CEE à Washington pour discuter du problème de manière bilatérale. Le 1er juillet 1970, Edmund Wallenstein, directeur du commerce extérieur du Marché commun, et Fernand Braun, directeur adjoint des affaires industrielles, arrivent à Washington. Ils reçoivent l’assurance que les États-Unis n’ont pas l’intention de protéger leurs marchés textiles contre les producteurs européens, mais seulement contre ceux de l’Extrême-Orient. Aucun quota ne serait imposé sur les articles en laine et les textiles synthétiques ou les fibres de filaments synthétiques, produits plutôt des industries européennes que japonaises. En outre, l’administration promet qu’elle fera à nouveau pression pour la suppression du système tarifaire des prix de vente américains, auquel l’Europe s’oppose vigoureusement.

    Cette offre n’a pas réussi à calmer les négociateurs du Marché commun. Si des quotas sur les textiles étaient adoptés, ils faisaient valoir que d’autres quotas seraient probablement imposés sur les chaussures, l’acier, les produits électroniques et d’autres produits, les lobbys textiles au Congrès cherchant à obtenir le soutien législatif d’autres industries à tendance protectionniste. En outre, les textiles asiatiques détournés du marché américain seraient probablement acheminés vers l’Europe. Les quotas d’importation américains feraient donc de la CEE une zone commerciale préférentielle pour les exportations de l’Extrême-Orient et des pays en développement, à moins que le Marché commun n’impose ses propres quotas d’importation.

    Les économistes du Marché commun ont estimé que les quotas sur les textiles et les chaussures proposés par les États-Unis coûteraient à la CEE quelque 500 millions de dollars en réduction des ventes annuelles aux États-Unis. Les économistes britanniques ont calculé que la législation commerciale américaine réduirait les ventes de leur pays d’un montant équivalent. Ils ont parlé de représailles contre les exportations américaines de soja et d’huile de soja, ce qui ferait des agriculteurs américains des victimes secondaires des quotas textiles américains. Le décor était ainsi planté pour les premières scènes d’un drame de confrontation entre les États-Unis et le reste du monde.

    Une réunion des ’quatre grands’ du GATT, composée des États-Unis, du Marché commun, du Japon et de la Grande-Bretagne, est convoquée à Genève les 31 juillet et 1er août 1970. Le Marché commun menace à nouveau de prendre des mesures de rétorsion contre la loi Mills si elle est adoptée, et proteste contre tout candidat à la présidence des États-Unis, ou tout autre candidat à une fonction publique, qui promettrait à nouveau de violer les règles du GATT pour gagner une élection. Les protectionnistes américains, cependant, supposent que les représailles européennes sur le front commercial seraient futiles. D’où l’Europe obtiendrait-elle ses graines de soja, demandaient-ils, si ce n’est des États-Unis ?

    Les porte-parole du Marché commun ont expliqué que les représailles de la CEE pourraient ne pas se produire du tout dans le domaine du commerce extérieur, mais dans celui des finances et des investissements internationaux. Par exemple, le dernier jour de 1969, l’Allemagne avait fait la faveur de vendre au Trésor américain de l’or pour une valeur de 500 millions de dollars. Elle avait maintenant accumulé plus qu’assez de dollars pour racheter cet or. Et la France a discrètement informé les banquiers américains qu’elle était prête à commencer à échanger ses excédents en dollars contre de l’or sur une base mensuelle, comme elle le faisait régulièrement avant mai 1968.

    La France a informé les banquiers américains qu’elle voulait recommencer à échanger ses excédents en dollars contre de l’or

    L’Allemagne et la France se sont abstenues de telles actions tant que le projet de loi Mills n’a pas été adopté, en partie pour maintenir leurs soldes officiels liquides en dollars comme pouvoir de négociation, en partie en reconnaissance de la croissance rapide du sentiment nationaliste protectionniste au sein du Congrès américain.

    Ce qui avait été dit, cependant, était la seule menace impardonnable. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Europe menaçait d’utiliser sa puissance financière contre les États-Unis. Cela ne pouvait être toléré. Aux yeux officiels de l’Amérique, l’Europe était toujours une dépendance des États-Unis. Elle ne pouvait pas plus être autorisée à agir de manière autonome que les colonies américaines ne l’étaient par George III. Les États-Unis ne reculeront pas. L’affirmation de leur puissance impériale ne leur permet pas de le faire. La question s’est élargie, passant d’une question pragmatique de commerce à la question de principe du pouvoir et de son exercice.

    Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Europe menaçait d’utiliser sa puissance financière contre les États-Unis. Cela ne pouvait être toléré
    Le 13 août 1970, après cinq semaines d’audiences, la Commission des voies et moyens de la Chambre des représentants a approuvé le projet de loi Mills par un vote de 17 contre 7. C’était le premier pas vers son adoption par la Chambre entière, et pas un mot de protestation n’a été entendu de la part du président Nixon ou de son cabinet. Outre l’imposition de quotas sur les importations de textiles et de chaussures, le projet de loi proposait une modification de la clause d’exemption afin de faciliter l’imposition de quotas d’importation supplémentaires, ainsi qu’un report d’impôt spécial pour les exportateurs sous la forme de DISCS (Domestic International Sales Corporations). Les industries cherchant à obtenir une protection tarifaire spéciale n’auraient plus à établir que les importations étaient un facteur majeur de leurs difficultés économiques, mais devraient seulement montrer que certaines conditions étaient remplies : les importations devaient augmenter rapidement, les coûts unitaires de main-d’œuvre des produits importés devaient être inférieurs à ceux des États-Unis, et les importations devaient représenter 15 % ou plus de la consommation américaine ou bien l’industrie nationale devait souffrir d’une baisse de l’emploi, des heures travaillées et des revenus. Dans ces conditions, le président serait obligé d’imposer des quotas d’importation, à moins qu’il ne remette au Congrès un rapport détaillé expliquant pourquoi il n’est pas dans l’intérêt national de le faire. La nouvelle législation mettait la politique tarifaire américaine entre les mains de la Commission tarifaire protectionniste de la nation, et permettait d’imposer des quotas sur les automobiles, les radios et les produits électroniques, les bicyclettes et autres articles de sport, ainsi que sur de nombreuses autres marchandises. Il s’agissait donc de l’équivalent d’une déclaration de guerre commerciale.

    En 1970, Washington déclare une guerre commerciale. La CEE menace de répondre par des représailles

    Les États-Unis ont jeté le gant à l’Europe et à l’Asie : soit se soumettre, soit riposter dans des conditions où la maxime tactique appropriée est ’Ne frappez pas le roi si vous ne pouvez pas le tuer’. En fait, l’Amérique demandait au reste du monde ce qu’elle allait faire en réponse.

    Le 6 novembre, un dirigeant politique français, Michel Poniatowski, secrétaire général du Parti républicain indépendant et proche collaborateur du ministre des Finances Valéry Giscard d’Estaing, a suggéré que les représailles du Marché commun se concentrent sur les filiales européennes des multinationales américaines. Il estime que : « une guerre monétaire et tarifaire est prévisible, voire probable, d’ici 1973. … D’abord, les États-Unis imposeraient des quotas sur les textiles. Puis la Communauté économique européenne riposterait en limitant les ventes américaines de soja en Europe. Ensuite, le Congrès serait ’indigné par une telle insolence’ de l’Europe et riposterait à son tour en limitant les ventes européennes aux États-Unis de chaussures et de tapis. La CEE répondrait en frappant les exportations américaines d’avions et d’électronique vers l’Europe. Ensuite, les États-Unis attaqueraient le verre et l’acier européens. Enfin, les Européens seraient provoqués pour imposer des restrictions aux activités industrielles américaines en Europe, ce qu’il a suggéré comme l’arme ultime de l’arsenal économique. ’Cette guerre est prévisible’, a déclaré M. Poniatowski. ’Nous devons donc tout faire pour l’éviter. Mais, si elle éclate, ce ne sera franchement pas la faute de l’Europe.’ [3]

    ’Ne frappez pas le roi si vous ne pouvez pas le tuer’

    Le 19 novembre 1970, la Chambre des représentants adopte la loi Mills par 215 voix contre 165. Le président Nixon ne dit toujours rien, et son attaché de presse déclare qu’il garde l’esprit ouvert sur les questions. Même les diplomates commerciaux britanniques, habituellement dociles, protestent. Peter Tennant, directeur général du British National Export Council, a annoncé : ’Nous avons été trop polis pendant trop longtemps’ [4]. L’Espagne a parlé de ’réduire les achats des entreprises contrôlées par l’État’. Une grande partie des exportations américaines vers l’Espagne est constituée de machines lourdes et la majeure partie de celles-ci – centrales électriques, avions et autres – est achetée par des entreprises d’État.’ [5] Le projet de loi aurait menacé environ 100 millions de dollars d’exportations de chaussures de l’Espagne vers les États-Unis, malgré le fait que ’l’accord sur les bases militaires signé plus tôt cette année contenait des assurances que les États-Unis feraient tout leur possible pour améliorer la balance commerciale [de l’Espagne].’ L’Espagne a menacé de réduire ses achats de pétrole auprès des filiales américaines à l’étranger, à moins que le président Nixon ne lui accorde une exemption spéciale des quotas prévus par le projet de loi.

    Le projet de loi Mills est passé devant la commission des finances du Sénat dirigée par le sénateur Russell Long de Louisiane, qui a promis de le joindre au projet de loi sur la sécurité sociale alors en cours. Soutenu par le sénateur Talmadge de Géorgie, le projet de loi sur le commerce n’a fait l’objet que d’une journée d’audiences, convoquées avec un préavis de vingt-quatre heures seulement. En fin de compte, cependant, le projet de loi sur le commerce n’a pas été joint à la mesure sur la sécurité sociale, mais a été remplacé par une législation commerciale et financière américaine ultérieure.

    En termes les plus simples, la position officielle des États-Unis était qu’ils étaient les seuls à être exemptés et immunisés contre les accords multilatéraux. (…) Même la loi Mills n’était pas une réponse suffisante, car en termes économiques, l’enjeu était bien plus important que les importations et les exportations. Ce qui est à la base des problèmes, c’est la persistance des déficits de la balance des paiements américaine qui, selon les États-Unis, doivent être financés par d’autres pays. L’enjeu est le pouvoir dans le monde. Si les autres pays pouvaient être perpétuellement liés par les décisions américaines, de quelque nature et à quelque fin que ce soit, leur autonomie serait négligeable et leurs menaces dénuées de sens. Ce qu’il fallait donc, c’était une épreuve de force entre les États-Unis et l’Europe et l’Asie non communiste, une confrontation qui clarifierait une fois pour toutes l’emplacement du pouvoir.

    Le monde est loin de savoir où se situe réellement le pouvoir. En termes de capacités militaires vis-à-vis des États-Unis, l’Europe compte pour peu et le Japon pour rien. Le pouvoir ultime appartient donc aux États-Unis. Ce n’est toutefois pas la puissance ultime qui est en cause, mais les forces relatives plus subtiles et moins définissables des économies nationales et régionales.

    Ce n’est que récemment que la disparité croissante entre la puissance économique européenne et américaine a commencé à attirer l’attention générale. L’Europe avait gardé le silence sur ce sujet pour des raisons compréhensibles. Les États-Unis s’étaient aveuglés en partant du principe que la santé économique nationale et la taille du produit national brut étaient des identités, et non des mesures de dimensions distinctes et séparées. Même les déficits extérieurs des États-Unis avaient alarmé peu d’observateurs.

    Spéculation privée concertée des citoyens et des entreprises américaines contre le dollar

    Cet aveuglement était toutefois en train de disparaître, tout comme l’angle mort de la théorie économique qui l’avait produit. Aux États-Unis, lentement d’abord, mais avec une accélération croissante, l’inquiétude la plus sérieuse a commencé à se faire sentir. Elle s’est exprimée par ce qui allait devenir une spéculation privée concertée des citoyens et des entreprises américaines contre le dollar. Les fonds ont fui le pays, menés par les entreprises spéculatives des trésoriers des sociétés américaines contre le maintien de la parité de facto du dollar.

    La crise du dollar de l’été 1971 fait grimper les taux de change de l’Europe

    Cette spéculation sur les devises et l’or reflète les doutes croissants quant à la capacité des États-Unis à continuer à dicter les décisions économiques fondamentales au reste du monde. S’ils ne le pouvaient pas, leurs dettes extérieures risquaient de les submerger. Ces dettes sont euphémisées en Europe et en Asie par l’expression ’surplus de dollars’.

    En mars 1971, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié une étude avertissant que les excédents de dollars continueraient à peser sur le système monétaire européen au moins tout au long de l’année. Un déficit des paiements américains de 6 milliards de dollars était prévu pour 1971. Publiée avec la bénédiction des États-Unis, cette projection faussement optimiste venait compléter l’annonce du président Nixon selon laquelle une réduction des impôts pourrait être nécessaire pour

    Notes
    [1] “Trade Bars Abroad Make U.S. Restive : Congress May Well Curtail Imports, Kennedy Says,” The New York Times, May 21, 1970.

    [2] “Textile Import Quotas Backed by Administration,” Wall Street Journal, June 26, 1970.

    [3] “Europe Maps Retaliation if U.S. Trade Bill Passes,” The New York Times, November 7, 1970. (Mr. Poniatowski’s article appeared in the Paris weekly, L’Economie.)

    [4] “Briton Foresees a Rift on Trade : Says Retaliation Is Possible If U.S. Passes Trade Bill,” The New York Times, November 20, 1970.

    [5] “Europeans Vexed by U.S. Trade Bill. Warning by Spain,” The New York Times, November 21, 1970.

    [6] “Connally Says U.S. Plans No Shift in Money Policy,” The New York Times, May 8, 1971.

    [7] “Inside Common Market : Monetary Friction,” The New York Times, May 11, 1971.

    [8] “Common Market Drafting a Plan in Money Crisis,” The New York Times, May 9, 1971. On Mr. Schiller’s plan, see also “Bonn Revives Idea of 6-Nation Float,” The New York Times, June 16, 1971. For the Werner report see https://ec.europa.eu/economy_finance/publications/pages/publication6142_en.pdf.

    [9] “Monetary Challenge. Currency Crisis Highlights Problems of Rate Flexibility and Trade Policy,” The New York Times, June 9, 1971.

    [10] “No U.S. Currency Move Set Now,” The New York Times, May 11, 1971.

    [11] Ibid.

    [12] “European Foreign-Exchange Traders Await Trend – U.S. Denies Responsibility,” The New York Times, May 12, 1971.

    [13] “Europeans Step up Dollar Pressure. Monetary Inquiry Urged,” The New York Times, May 13, 1971.

    [14] “Connally Is Firm on Dollar Policy,” The New York Times, May 18, 1971.

    [15] “Monetary Challenge,” The New York Times, June 9, 1971.

    [16] “A Special Tariff on Japan Weighed. U.S. Considers a New Duty on All Goods Unless Yen Is Revalued Upward,” The New York Times, May 24, 1971.

    [17] “Japanese Ponder Trade Imbalance,” The New York Times, June 19, 1971. See also “Japan Firm on Yen,” ibid., May 28, 1971, and “Japan Vows Not to Revalue Yen,” ibid., May 18, 1971.

    [18] Ilse Mintz, U.S. Import Quotas : Costs and Consequences (Washington, D.C. : 1973), pp. 1f.

    [19] John Lynch, Toward an Orderly Market : An Intensive Study of Japan’s Voluntary Quota in Cotton Textile Exports (Tokyo : 1968), pp. 77-94, quoted in Mintz, U.S. Import Quotas, p. 20. See also Mintz, ibid., pp. 51f.

    [20] “U.S. Threat Reported,” The New York Times, May 12, 1971.

    [21] “Mansfield Asks 50% Cut in U.S. Forces in Europe,” The New York Times, May 15, 1971.

    [22] “Nixon Firm in Fight to Bar U.S. Troop Cut in Europe,” The New York Times, May 14, 1971.

    [23] “Economic Analysis : Big Stakes at Issue as Group of 10 Meets,” The New York Times, September 15, 1971.

    [24] “Europe Welcomes Move  ; Dollar Trading Is Mixed,” The New York Times, August 28, 1971.

    [25] “13 Billion Gain Sought to Spur Payments to US : Connally Issues Challenge on Improving Balance as Group of Ten Meets. Europeans Skeptical,” The New York Times, September 16, 1971.

    [26] “Report on IMF Plan Lifts Currencies,” The New York Times, September 24, 1971.

    [27] “Dollar Devaluation : Most Pressing Issue at IMF Talks Is Not Whether but How Large It Will Be,” The New York Times, September 29, 1971.

    [28] “Group of 10 Fails to Find Accord on Dollar Crisis,” The New York Times, September 17, 1971.

    [29] “Summary of the Recommendations of the Commission on Trade,” The New York Times, September 19, 1971.

    [30] “Common Market Agrees to Resist U.S. on Dollar. 6 Finance Ministers Ask America to Devalue,” The New York Times, September 14, 1971.

    [31] “France Rejects Concession to U.S.,” The New York Times, September 24, 1971.

    [32] “Japan Urged to Buy Arms, Help Pay for U.S. Troops,” The New York Times, September 10, 1971.

    [33] “U.S. Gives Seoul a Textile Ultimatum,” The New York Times, September 23, 1971.

    [34] “South Korea Plans U.S. Pact,” The New York Times, October 1, 1971.

    [35] “U.S. Gives Japan Plan on Textiles. Tokyo Told to Accept Curbs or Face Quotas on Oct. 15,” The New York Times, October 1, 1971.

    [36] “Textile Makers Defy Tokyo Government,” The New York Times, October 9, 1971.

    [37] “Japan Agrees to Restrict Flow of Textiles into U.S.  ; Surcharge on Them Ends,” The New York Times, October 16, 1971.

    [38] “Denmark Plans Surcharge as Protectionist Measure. European Trading Partners Critical – Common Market Retaliation Against U.S. Is Said to Be a French Goal,” The New York Times, October 20, 1971.

    [39] “Import Authority for Nixon Backed,” The New York Times, November 5, 1971.

    [40] “Dollar Devaluation : It Could Be Tricky,” The Wall Street Journal, December 15, 1971.

    Auteur.e
    Michael Hudson Michael Hudson, ancien économiste de Wall Street, est professeur à l’Université de Missouri, Kansas City (UMKC). Il a écrit de nombreux livres dont Super Imperialism : The Economic Strategy of American Empire (new ed., Pluto Press, 2002) et Trade, Development and Foreign Debt : A History of Theories of Polarization v. Convergence in the World Economy. Conseiller des gouvernements islandais, letton et chinois en matière de législation financière et fiscale, il fait partie du groupe d’experts économiques et financiers du mouvement Occupy.

  • Vidéo : Crises des dettes en Grèce et dans l’UE

    Vidéo : Crises des dettes en Grèce et dans l’UE

    13 juillet 2015 par Eric Toussaint , Michael Hudson , Dimitris Papadimoulis

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    Conférence d’Eric Toussaint (CADTM) et de Michael Hudson (Levy Economics Institute, USA) coordonnée par Dimitri Papadimoulis (eurodéputé Syriza, vice président du parlement européen) le 2 juillet 2015 à Bruxelles au Parlement européen.

    Eric Toussaint Docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, porte-parole du CADTM international et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France.
    Il est l’auteur des livres, Banque mondiale – Une histoire critique, Syllepse, 2022, Capitulation entre adultes : Grèce 2015, une alternative était possible, Syllepse, 2020, Le Système Dette. Histoire des dettes souveraines et de leur répudiation, Les liens qui libèrent, 2017 ; Bancocratie, ADEN, Bruxelles, 2014 ; Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet des livres AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège.
    Il a coordonné les travaux de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015 par la présidente du Parlement grec. Cette commission a fonctionné sous les auspices du parlement entre avril et octobre 2015.

  • Mohamed Bouhamidi-L’article 102 au 26 mars 2019

    Mohamed Bouhamidi-L’article 102 au 26 mars 2019

    Cette fin du mois de mars 2019 enregistre une décantation accélérée au sein des marées humaines qui déferlaient sur les places publiques tous les vendredis et étouffaient les mots d'ordre colorées, à tel point que les "ténors" du "Hirak" et les ONG ont commencé à proposer des formes d'actions sectorielles avec les étudiants ou des actions spectaculaires comme les grèves des commerçants pour échapper au poids considérable des masses présentes les vendredis et prendre la direction de ce mouvement. Cette tactique a échoué. Les appels aux grèves générales des commerçants visaient à instaurer un climat de désobéissance civile, favorable à un effondrement de l'Etat en tant que tel. Les ONG présentes dans les universités et d'autres officines  ont pu organiser et encadrer des marches d'étudiants notamment, celle aventurière et extrêmement dangereuse pour notre pays vers le Palais du Gouvernement. Elles n'ont jamais été suivies dans leurs mots d'ordre de grève générale ou de grève des commerçants, ce qui explique leurs échecs suivants et les remarques et conseils que leur prodigueront un peu plus tard le Financial Times et Crisis Group que je republierai dans l'ordre de cette chronologie.   
    Cette accélération explique pourquoi à partir de fin mars 2019 mes analyses écrites, plus adaptées à la réactivité et aux rythmes de la lutte se font plus nombreuses et plus tournées vers les questions tactiques immédiates. Cette analyse est la première analyse tactique proprement dit.

    Cette publication, les précédentes et les suivantes ont été des moments de cette lutte au corps à corps avec les ONG, les révolutionnaires colorés tapis au sein et au sommet du pouvoir ou dans l’opposition, contre les illusions de toujours plus de capitalisme et de néolibéralisme, toujours plus de conformité aux conseils de l’Union Européenne, car le « modèle, le vrai, de la prospérité mondialiste » a été mal appliqué.

    26 Mars 2019 

    Il est difficile de ne pas lier la demande de l’application de l’article 102 aux dernières informations et derniers événements. Le 23 mars Algérie-part publie l’information confidentielle que le général Tewfik allait rencontrer des diplomates occidentaux. Bien sûr l’information est totalement invérifiable. Mais elle vient couronner des rumeurs sur « une réactivation des réseaux du DRS », évidemment tout aussi invérifiables. Mais il plane comme un soupçon de récupération (au profit de qui ? )car on laisse entendre que ces supposés réseaux dormants allaient secourir le président dans une sorte de réconciliation générale de la caste des oligarques. Le 24 mars Saadani parle. Il mène une charge d’une violence extrême contre l’Etat profond dont le démon penseur, planificateur et exécutant est Ouyahia. Mais dans la bouche de Saadani l’Etat profond est bien sûr le DRS de Tewfik. Aucun doute là-dessus puisque le même Saadani a mené, en octobre 2016, les mêmes attaques avec la même violence contre Tewfik pour préparer sa mise à l’écart, Il est donc logique de penser que Saadani a attaqué Tewfik après que les rumeurs aient parlé du réveil des « réseaux dormants » et de la rencontre du général avec des diplomates.

    Peu de gens ont relevé que le fond du discours de Saadani nous disait que le peuple a tort de regarder vers le président Bouteflika qui allait partir à la fin de son mandat et que le peuple devrait plutôt regarder vers Ouyahia et cet État profond qu’il représente. Il attaquait donc ouvertement, un courant qu’on dit créé par et appuyé sur le DRS. Le sous entendu est patent, l’Etat profond allait s’allier avec des puissances étrangères pour rétablir sa vitrine politique Ouyahia.

    Deux jours plus tard, le 26, le jour même de la rencontre présumée du général Tewfik avec des diplomates le général Gaïd Salah demande l’application de l’article 102.

    Cette demande met fin officiellement à toutes les situations de non-droit et de transgressions de la constitution commises par le 5ème mandat puis les lettres attribuées au président et « rédigées par Ouyahia » selon Saadani.

    Le motif de la rencontre de Tewfik disparaissait avec le motif des situations de transgressions du droit et de la constitution. Cette information sur la rencontre du général Tewfik avec des diplomates étrangers était-elle vraie ? Aucune importance. On dit que les services secrets se demandent d’abord si une information sert un intérêt ou un groupe avant de se préoccuper de savoir si elle est vraie. Cette méthode des services est utile quand on parle d’une affaire de services.

    Donc à ce jour du 26 mars, nous avons un fait : la demande de l’ANP d’appliquer l’article 102. La première pensée est qu’elle semble faucher l’herbe sous les pieds du clan Ouyahia, tel que Saadani nous a présenté ses intérêts, ses manœuvres et ses manigances.

    L’article 102 au 26 mars 2019.

    Le problème est que le retour à la légalité constitutionnelle intervient trop tard. Le peuple contestait la légitimité du pouvoir. Le 5ème mandat a sapé la légitimité du pouvoir car ce 5ème mandat retirait toute légitimité aux sentiments et à l’opinion du peuple. Puis ce refus s’est développé en refus de la politique de l’oligarchie et en condamnation des actes des groupes non légaux et non constitutionnels qui gérait le pays, ses finances, la sélection des ministres et hauts responsables. Le peuple a surtout dénoncé les connivences avec l’étranger.

    Dès que ce point a été franchi, le peuple a contesté non seulement la légitimité entachée du pouvoir mais également sa légalité. C’est toute la base constitutionnelle et légale qu’il tient à renverser.

    Le retour au fondement légal de l’action politique n’est plus la base possible d’une solution d’entente.

    Notre peuple a d’ailleurs formulé que les bases d’entente doivent se construire sur la légitimité de la proclamation du 1er novembre. Les photos de nos dirigeants du 1er novembre, les slogans anti colonialistes, le retour aux sources de notre révolution montrent bien que notre peuple veut l’État souverain, indépendant, démocratique et social dans le cadre des principes de l’Islam qui, nous le savons, étaient perçus comme les principes de la solidarité, de la fraternité, de la bienveillance morale et sociale. Il n’était nullement question d’Etat théocratique ou d’un État de classe.

    Il est fort probable que le peuple algérien refuse ce retour tardif et sans aucune garantie pour sa revendication d’un État juste, moral, protecteur de la Nation, de la Société et du pays.

    Bien sûr, dans son expérience notre peuple a bien vu que notre Etat a pu être dévié des buts de novembre. Il sent qu’il a besoin de temps pour penser ces déviations et s’en prémunir dans les conditions infiniment plus complexes où nous ont mis les politiques de l’Incitation capitaliste sauvage. Il prend son temps pour bien mesurer la tâche et la penser.

    Il est plutôt certain que notre peuple refusera d’aller vers des formes de représentations verticales de la base communale à la wilaya comme le préconisent certains, et comme l’ont les 3’rouchs. C’est cette forme construire en dehors du l’armature économique et des centres et réseaux nerveux du pays qui a ruiné les 3’arouchs. Seule l’organisation sur cette armature économique et nerveuse du pays permettra de proposer les programmes nationaux par grandes questions, de contrôler l’activité représentative des délégués et d’agir en cas de nécessité. Si les travailleurs des finances s’étaient organisé et concertés dans la branche des banques et des finances, ils auraient pu alerter le peuple sur les fuites de devises ou leurs sorties illégales et ainsi les empêcher.

    L’élection par système de commune, daïra et wilaya est le même que le vote pour les députés: une fois élu le délégué est coupé de ses électeurs et incontrôlable.

    En attendant que le pouvoir trouve les solutions para-constitutionnelles avec un présidium, un conseil, ou toute autre solution, le peuple, lui demande non le changement des hommes et des méthodes mais le changement même de la base légale de l’État et le retour aux principes de la déclaration du 1 er novembre.

    La demande de l’application de l’article 102 est une défaite partielle de la caste des oligarques. Elle n’est pas encore une victoire pour notre peuple

    Mohamed Bouhamidi. Le 26 03 2019.

    Source : https://bouhamidimohamed.over-blog.com/2019/03/l-article-102-au-26-mars-2019.html

  • Bekhti ould Abdellah-Zabor ou les soliloques d’un bavard

    Bekhti ould Abdellah-Zabor ou les soliloques d’un bavard

    In TSA du 18 mars 2018. 

    J’ai beaucoup de respect et d’admiration pour Kamel Daoud. On me demandera une seule preuve, je brandirai, comme un trophée, la persévérance que j’ai mise pour terminer son interminable conte.

    Shéhérazade qui a mené en bateau, comme chacun sait, Chahrayar, aurait applaudi. C’est clair : il y a du Shéhérazad en Daoud ! Que de fois ai-je arrêté, fatigué par le monologue narcissique d’un égaré, mais à chaque fois la pensée des mérites de l’écrivain et de Macron s’extasiant à la lecture du livre, m’a poussé à aller à la découverte des pépites cachées quelque part que je m’échinais à découvrir et que je ne trouvais pas.

    Le miracle de Zabor est là : j’ai pu terminer un livre qu’une lecture à l’aveugle m’aurait fait tomber des mains à la trentième page ! Non pas qu’il soit un repoussoir, mais c’est un genre qui ne me sied pas. Question de goût. J’aime les histoires claires, simples, classique quoi, démontrant ainsi mon appartenance à la famille des « vieux jeu ». Un ringard.

    Le complexe et le compliqué me font détaler, restant ainsi fidèle à la règle d’art du grand Tolstoï : « Mon Dieu, donnez-moi avant tout la simplicité du style ». Et quand je n’accroche pas dès les premières pages, je lâche même si l’auteur est un grand écrivain comme Joyce dont j’ai quitté Ulysse après une quarantaine de pages.

    Zabor fait du Daoud

    De l’air… de l’air… Peut-être n’ai-je pas la hauteur nécessaire pour me hisser au niveau d’un génie. Ou peut-être ai-je été trop marqué par la Bruyère : « Tout le but de l’art est de plaire. » Victime je suis de La Bruyère. Victime heureuse, s’entend. Tenez, quand naguère j’ai commencé à lire « Cent ans de solitude » du grand Gabriel Garcia Marques, mon goût ne me portait guère vers ce genre de lecture où l’imagination la plus débridée se permettait les plus hautes altitudes. Et pourtant, dès les premières pages j’ai été entraîné par le courant d’une histoire merveilleuse, magique même où tout ce qui se racontait était imaginaire et pourtant si réel. Le réalisme magique, comme l’ont appelé certains critiques.

    Avec Zabor, je me suis dit, passé les premières lignes prometteuses, que j’ai affaire à un membre de la même famille que le chef d’œuvre du colombien. J’étais heureux. Sur le point de crier au chef d’œuvre. Las, la chute fut terrible. Au fil des pages s’amoncelaient des phrases qui allaient dans tous les sens. Le paysage était terrible : des clichés à perte de vue, des scories, des lapalissades, mais aussi, parfois, heureusement, de très belles trouvailles qui sont autant de bouées de sauvetage pour le lecteur. Elles lui permettent de respirer sous le déluge zaborien. Dépité par la lecture, j’ai écarté la filiation à « Cent ans de solitude ». Adieu Marques ! Repose en paix, Zabor n’est qu’un étranger, si étrange d’ailleurs.

    Pourtant, l’idée créative est généreuse : un homme qui fait reculer la mort par l’écriture. L’écriture qui sauve, beau sujet, on en convient, ça nous change de l’écriture qui assure la postérité, la soupe préférée des écrivains frustrés par leur présent. Tout dépend ensuite du traitement qu’on en fait. Si on possède la grâce, le souffle puissant d’un Voltaire écrivant Candide, on en fait un chef d’œuvre. Sinon une œuvre d’art, sinon une œuvre, sinon…

    En écrivant Zabor ou les psaumes, Daoud fait du fantasque avec un sujet fantastique. Ce n’est pas mauvais en soi pour peu qu’on retrouve, comme dans tous les contes, une morale qui devient une règle pour la postérité. Que de promesses dans cette entame : « Écrire est la seule ruse efficace contre la mort. Les gens ont essayé la prière, les médicaments, la magie, les versets en boucle ou l’immobilité, mais je pense être le seul à avoir trouvé la solution : écrire. »

    Plus loin, l’écrivain, par la bouche de Zabor, décline ses thèmes récurrents, l’islam, Dieu, la révolte contre l’ordre établi, la supériorité de la langue française sur l’arabe académique : « Ma découverte de la langue française fut un événement majeur car elle signifiait un pouvoir sur les objets et les sujets autour de moi. » Zabor fait du Daoud. D’ailleurs Zabor a la même lucidité que Daoud : « Un homme qui dit qu’il écrit pour sauver des vies est toujours un peu malade, mégalomane ou affolé par sa propre futilité qu’il tente de contrer par le bavardage. ».

    Un véritable feu qui brûle

    Un lecteur sévère penserait que cela s’applique à cette fable où le soliloque se perd dans les sables mouvants de deux homonymes bedonnants : la longueur et la langueur. Il s’étire tant et si bien que même la beauté de quelques trouvailles « secourantes », comme on l’a vu plus haut, se noie comme perle au fond d’un océan sans fond.

    Zabor sait-il au moins que le style n’emprunte jamais les chemins de la prolixité ?  Quoi, me voilà écrivant presque comme le maître du soliloque parle. On ne fréquente pas impunément ce jeune homme rejeté par son père, mais guérisseur des malades les plus désespérés, par l’écriture ;  ce jeune homme qui parle comme un journaliste, avec des humeurs de journaliste, avec des expressions de journaliste tant et si bien qu’on pourrait penser que c’est le Daoud journaliste qui a pris le pas sur le romancier de Meursault contre-enquête.

    Mais pour peu qu’on soit fan de l’auteur, on peut penser le contraire. On peut crier au chef d’œuvre comme on qualifie beaucoup de romans incompréhensibles et rebutant au plus grand nombre, mais salué par la critique. En vérité, ce conte dérangeant et tourbillonnant  aurait pu être un véritable diamant s’il avait trouvé en Daoud l’orfèvre qui l’aurait poli avec son style incisif en une trentaine de pages faisant ainsi l’économie d’un grand gaspillage de sa verve et de son talent.

    Car Daoud a du talent, un grand talent soutenu par une colère permanente, un véritable feu qui brûle. Il faut juste qu’il fasse attention à ce qu’il ne le brûle pas lui-même. Ce même feu qui le pousse à se lancer – pour faire plaisir à qui Don Quichotte ?- dans de vaines polémiques  qui grossissent les rangs de ses admirateurs occidentaux et inversement ses contempteurs du monde musulman. Pfttt ! Futilité tout ça ! Daoud doit prendre de la hauteur, c’est-à-dire se détacher du factuel, de tout ce qui n’est pas son art. Un écrivain, s’il est doué et inspiré produit de l’art, un journaliste, le plus grand fut-il, ne produit que des articles éphémères. Le père de Zabor doit choisir.

    Je suis de ceux qui pensent en Algérie, et on n’est pas très nombreux hélas tant l’écrivain est exécré par une certaine critique, que le jour où Daoud laissera de côté les joutes journalistiques stériles qui n’ajoutent rien à sa gloire, ce jour-là, il pourra produire une grand œuvre et pourra dire comme Goethe répondant sereinement aux critiques sur Werther : «  Quand je fais une chose qui me convient, les conséquences ne me regardent pas. S’il y a des fous à qui sa lecture fait du mal, ma foi, tant pis. »

    Ce n’est pas encore le cas de l’auteur de Zabor que le moindre post-it sur la toile fait bondir. Cela dénote une sensibilité à fleur de peau, une sensibilité d’écorché vif à la Lucien de Rubempré arrivant de sa province natale pour affronter Paris. Affronter, j’ai bien dit affronter, car Daoud est dans l’affrontement pour laver quel affront ? Lui seul le dira ou ne le dira pas, ce qui revient au même pour un écrivain. Seul compte ce qu’il écrit.

    Un homme public a beaucoup d’admirateurs, peu d’amis et de solides inimités à cause de sa notoriété. Même mère Thérésa, une sainte femme, n’a pas échappé aux attaques et aux calomnies. Elle s’est blindée. À Daoud de marcher sur ses traces. Pas pour la sainteté, non rien que pour la paix de son âme. En tuant Zabor et en créant une œuvre qui pourrait faire reculer la mort. Comme Zabor sans son arme fatale pour le lecteur : le bavardage !

    B.OA

    In TSA : https://www.tsa-algerie.com/zabor-ou-les-soliloques-dun-bavard/?fbclid=IwAR0JNR8f7Q8et4ac2ReuUjpPYjYjib_i5Tvodh-hYQG-qo8sVggA4_Pcw-0

  • الطّاهر المعز- باسم الدّيمقراطية أوروبا مَهْد الرّأسمالية والإستعمار والعُنصرية

    الطّاهر المعز- باسم الدّيمقراطية أوروبا مَهْد الرّأسمالية والإستعمار والعُنصرية

    لم يكن ظهور النّازية في أوروبا، وفي ألمانيا بشكل خاص، من باب الصُّدْفَة، لأن ل »ثقافة » الإقصاء جذور عميقة، فقد ارتكب الإستعمار الألماني مجازر وعمليات إبادة جماعية في العديد من مناطق العالم، وخصوصًا في إفريقيا، وارتكب المُسْتعمِرُون المُستوطنون الأوروبيون عمليات إبادة مَنْهَجِيّة للسكّان الأصليين في أمريكا (جنوبها وشمالها) وفي العديد من مناطق بحر الكاريبي والمحيط الهادئ، كما إن زُعماء المذهب المسيحي البروتستَنْتِي الذي وُلِدَ مع عملية التّراكم الرأسمالي،   ومن أهمهم الألماني مارتن لوثر ( 1483 – 1546 ) دَعَوا – لأسباب عقائدية دينية – إلى تهجير اليهود الأوروبيين وتجميعهم في فلسطين للتعجيل بعودة المسيح، فكان لوثر ( ثم الفرنسي/السويسري جان كالفين 1509 – 1564 ) من رُوّاد ما أصبح يُسمّى اليوم تيار « المسيحية الصّهيونية »…

    انهزمت النّارية عسكريا، بنهاية الحرب العالمية الثانية، بفضل التضحيات السوفييتية وتضحيات المُقاومين الشيوعيين في أوروبا الغربية ( اليونان وإيطاليا وفرنسا…) ولم تنهزم سياسيا وعقائديّا وعادت بقوّة منذ بداية القرن الواحد والعشرين في معظم البلدان الأوروبية، ولها مواقع في مؤسسات الحكم وفي هيئات وبرلمانات هولندا وسويسرا وفرنسا وألمانيا وإيطاليا والنمسا وفي شمال أوروبا وغيرها، لذلك أصبح التّهجّم على العاملين والفُقراء والمُهاجرين والشعوب الواقعة تحت الهيمنة يتم بصورة عَلَنِيّة وفي وسائل الإعلام الحكومية ومن قِبَل أعضاء الحكومات…

    انطلق العدوان الصهيوني المُكثّف، منذ تشرين الأول/اكتوبر 2023، في هذا المناخ المُعادي لحركات التّحرّر الوطني والإجتماعي، داخل الدّول الرأسمالية المتقدمة وخارجها، فكان الدّعم المُطلق – بالسلاح والدبلوماسية والإعلام – لعمليات الإبادة الجماعية التي استهدفت الشعب الفلسطيني، بعد تصفية أنظمة « الجُمْهُوريّات » العربية بمشاركة الملَكِيّات والإمارات والمَشْيَخات النّفطِيّة في الخليج وبمساهمة مَمْلكات الأردن والمغرب…  

    شكّل القمع الذي استهدَفَ المُندّدين بالهمجية الصّهيونية مُنعرجًا في تاريخ تدجين مؤسسات البحث الأكاديمي والجامعات وتضييق الخناق على الحُرّيات الأساسية، الفردية والجَمْعِيّة، مثل حرية الرّأي والتعبير وحُرّية التّجمّع والتظاهر، وحاولت السلطات الأوروبية والأمريكية القضاء على أي صوت مُخالف للإيديولوجيا السائدة ولما يمكن أن نُسمِيه « العقيدة الرّسمية » وهو أمر لا يختلف عن ممارسات النّازيّة والفاشية، مع مراعاة الفارق في الزمن وتَكيُّف الفاشية مع التطورات التي طرأت خلال ثمانية عُقُود…

    تستعرض هذه الورقة ثلاثة نماذج من القمع الذي تعرّضَ ويَتَعَرّضُ له كل من عَبّرَ عن رأي مختلف عن رأي السلطة بشأن القضية الفلسطينية وبشأن الدّعم غير المشروط للإبادة والمجازر الصهيونية في فلسطين، وذلك في بريطانيا وفي فرنسا وخصوصًا في ألمانيا، مهد النّازية، وثاني أكبر داعم عسكري ومالي للكيان الصهيوني بعد الولايات المتحدة، ومهد أحد أكبر أحزاب اليمين المتطرف في أوروبا حاليا…

    اظْهَرَ العدوان الصهيوني المُسْتَمِرّ منذ تشرين الأول/اكتوبر 2023، حجم الدّعم الإمبريالي للكيان الصهيوني، وأظْهَرَ كذلك حُدُودَ الدّيمقراطية وحُرّية التّعبير التي تتبجّح بها سُلطات الدّول الإمبريالية، حيث أصبح اختطاف واعتقال وتهديد وترحيل الطلاب العرب والمتضامنين مع الشّعب الفلسطيني أمرًا مُعتادًا في الولايات المتحدة كما في أوروبا وجميع الدول الإمبريالية، وفي بريطانيا تم توجيه الإتهام إلى طالب بجامعة الدّراسات الشرقية  (SOAS  – School of Oriental and African Studies  )  وتم اعتقال آخر بموجب قانون مكافحة الإرهاب، بسبب المُشاركة  في مظاهرات تضامن مع الشعب الفلسطيني، فضلا عن التحقيق مع أكثر من مائة شخص وإيقافهم عن العمل وطردهم لنفس السبب، ونجحت سلطات الدّول الإمبريالية في أمريكا الشمالية وأوروبا في نَشْر مناخ الرّعب في أوساط الباحثين والصحافيين وفي الجامعات، حيث يُشكّل رؤساء الجامعات وشركات الأمن الخاصة والشرطة والمجموعات الصهيونية حِلْفًا لإسكات الأصوات المعارضة للدّعم الذي تُقدّمه الإمبريالية للكيان الصهيوني ولخَنْق الإحتجاجات ضد الإبادة الجماعية للشعب الفلسطيني، وفي بريطانيا – بقيادة حكومة حزب العمال – تستهدف الشّرطة السياسية – التي تتمتع بصلاحيات استثنائية واسعة بموجب قانون « مكافحة الإرهاب » – مناضلي اليسار بشكل عام، وتم اعتقال مناضلين من مجموعة العمل الفلسطيني بسبب احتجاجهم ضد شركة إلبيت سيستمز الصهيوية لصناعة الأسلحة، وتم اقتحام مبنى أحد مراكز الإجتماعات في لندن، من قِبَل ثلاثين ضابط شرطة، بعضهم مسلحون، واعتقلوا ستة من المشاركين بتهمة « التآمر لإثارة الاضطرابات وتعكير صفو النظام العام »، كما نفّذت الشرطة سلسلة من العمليات العنيفة في لندن، خلال ساعات الصّباح الأولى بذريعة البحث ضد 12 شخصًا آخرين من المتضامنين مع الشعب الفلسطيني الذين شاركوا في احتجاجات ضد الإبادة الجماعية في غزة، وسبق أن اعتقلت الشرطة البريطانية يوم 18 كانون الثاني/يناير 2025 سبعة وسبعين متظاهرا، من بينهم أعضاء معروفون في ائتلاف أوقفوا الحرب وحملة التضامن مع فلسطين، وتم استجواب أعضاء البرلمان المشاركين، بما في ذلك زعيم حزب العمال السابق جيريمي كوربين، في مركز الشرطة، مما يُؤكّد « تجريم » أي احتجاج ضد الإبادة الجماعية في غزة، وتمهيد الطريق لقمع أي معارضة سياسية لعسكرة الحياة اليومية البريطانية والإمبريالية، لأن الهجمات على الحقوق الديمقراطية وحق التعبير للطلاب تشكل خطوة أولى في تنفيذ هذه السياسة القَمْعِيّة الأوسع نطاقا، بعد سلسلة من عمليات تفتيش المنازل واعتقال الصحفيين في المطارات، بتهم مختلفة، ومن أهمها « معاداة السامية  » كوسيلة لحظر التضامن مع شعب فلسطين ومنع أي إدانة لجرائم الكيان الصهيوني المدعوم عسكريا وإعلاميا وسياسيا وعقائديًّا من قِبَل الإمبريالية بتواطؤ من السلطات الحاكمة في البلدان العربية…

    حافظ حزب العُمّال البريطاني – بعد عودته إلى السلطة خلال شهر تموز/يوليو 2024 – على كافة التّشريعات القَمْعِيّة السّابقة، ووسَّعَ نطاق استخدام القوانين الإستثنائية التي أصبحت « عادية » بذريعة « مقاومة الإرهاب » أو مكافحة « مُعاداة السّامية » وستخدم حزب العمال تشريعات مكافحة الإرهاب ونظام الوقاية الذي أقرته حكومات حزب العمال السابقة برئاسة توني بلير وغوردون براون لقمع المتظاهرين والمُضْرِبين واعتقالهم، كما أقرّت الحكومة البريطانية، سنة 2023، قانونًا جديدًا لفرض الرقابة على الإنترنت، وكانت منصّة –  BitChute – الضحية الأولى، وهي منصة ظهرت خصيصًا للالتفاف على رقابة منصة « يوتوب »، حيث أصبح نَشْر أي محتوى سَمْعِي- بَصَرِي يخضع لرقابة مُزْدَوَجَة قبل النّشْر، بعدما مَنَحَت الرقابة البريطانية سلطات استثنائية لهيئة تنظيم الاتصالات « أوفكوم » التي هددت، خلال شهر آذار/مارس 2025،  بفرض غرامة قدرها 18 مليون جنيه إسترليني على موقع « غاب »، وهو منصة أميركية معروفة بدفاعها عن حرية التعبير، مطالبة إياها بالامتثال لقوانين الرقابة البريطانية، واتهمتها زُورًا بنشر محتوى « يميني متطرف » وخطاب الكراهية والمعلومات المضللة ذات المصدر الروسي، قبل إغلاق موقع هذه المنصّة، وتمثل الغرامة 10% من الإيرادات السنوية لشركة غاب، التي ليس لها وجود قانوني في بريطانيا، وردت المنصة برفض مطالب أوفكوم، لكنها أصبحت تمارس الرقابة الذّاتية لأنها – على عكس غوغل أو فيسبوك – لا تستطيع تحمل الغرامات الضخمة التي تفرضها سلطات الدّول « الدّيمقراطية » لوضع حدّ لحرية التعبير…

    لم أشَأ التّطرّق إلى المسؤولية المُباشرة للإستعمار البريطاني في دعم الحركة الصهيونية، من وعد بلفور إلى 1948 مرورًا بتركيز المليشيات والمُؤسسات والمُستوطنات الصّهيونية، خلال فترة « الإنتداب » ( من 1918 إلى 1948) والقمع السافر لمقاومة الشعب الفلسطيني، مثل قمع إضراب بداية الثلاثينيات من القرن العشرين وثورة 1936 والإعدامات التي لا تزال محفوظة في ذاكرة الشعب الفلسطيني والشعوب العربية، لأن مسؤولية الإستعمار البريطاني ثابتة ونادرًا ما تعرّضت إلى الإنكار أو التّشكيك، ولا يزال الدّعم البريطاني الرّسمي مُستمرًّا، من قِبَل حزْبَيْ العمّال والمُحافظين، على حدّ السّواء.

     تُمثل فرنسا حالة استعمارية مختلفة عن بريطاينا، وبالتالي فإن تعاملها مع « المجتمع المدني » مختلف، فقد جعلت الدولة الفرنسية من مكافحة « التطرف الإسلامي » محورا أساسيا لتدخلها الأيديولوجي والقسري، باسم « الحرب ضد الإرهاب » التي شكّلت ذريعة لتكثيف قمع الحركات الاجتماعية، وممارسة الحصار الأمني على الأحياء الشعبية وأحياء المهاجرين وأبنائهم، إب استمرار الإعتداءات العسكرية الفرنسية ضد الشعوب، من أفغانستان إلى مالي، مروراً بليبيا وسوريا والصّومال، وتجري هذه الحروب في الخارج بالتزامن مع التطرف الاستبدادي داخل البلاد، فقد أَقَرّ قانون المالية لسنة 2023 خلق 4500 وظيفة جديدة في الجيش والشرطة و2500 منصب جديد فقط في مجال التدريس، ولذا فإن الحديث عن التطرف الاستبدادي للدولة الفرنسية (والدول الأوروبية) نابع من حقيقة ملموسة من خلال الاختيارات المتعلقة بالميزانية التي تسمح بتوظيف المزيد من الجنود والشرطة، وعدد أقل من المعلمين والعاملين في مجال الصحة، ويعني التطرف الاستبدادي أيضًا تدخل الجيش في الشوارع والساحات ومحطات القطار والحافلات، كجزء من « مكافحة الإرهاب » وبالتالي فإن الدولة الفرنسية وشرطتها ونظامها القضائي هي التي تُمارس « التّطرف الإستبدادي » ضد شعبها وشعوب البلدان الفقيرة، وتُعتبر فرنسا « نموذجًا » لهذا التمازج بين الأعداء الخارجيين والداخليين، وذلك بفضل قوانينها الأمنية الثلاثة عشر التي سُنّت بين سنتَيْ 1995 و 2022، فضلا عن العدد الكبير من القوانين التي تُضيّق الخناق على المُقيمين الأجانب، بمعدّل قانون واحد (أو تحوير قانون سابق) كل 18 شهرًا منذ سنة 1993…   

    لقد أدى نظام التراكم الذي يهيمن عليه المال ( رأس المال المالي ) إلى هجوم واسع النطاق على حقوق الموظفين والشباب في إطار سياسات التقشف (الليبرالية الجديدة)، وكانت الطبقات الحاكمة وسُلطتها (حكوماتها ) تعلم أن هذه العملية سوف تثير المقاومة، ومن ثم فإن السلطة تعتبر إن الأمن القومي مهدد من الداخل، لأسباب اقتصادية أو اجتماعية.

    في هذا الإطار العام – سواء في فرنسا أو العديد من الدّول الأخرى بالإتحاد الأوروبي – الذي جرت وتجري ضمنه عمليات القمع ضد أي نشاط موالي للشعب الفلسطيني أو مُندّد ببعض ممارسات الكيان الصّهيوني.

    طلب المدعي العام ( الخاضع لسلطة وزير القضاء ) في محكمة الجنايات في آكس أون بروفانس ( Aix – en – Provence ) الحكم بالسجن لمدة ثمانية أشهر على أستاذ الجامعة الفرنسي فرانسوا بورغات ( François Burgat )، البالغ من العمر سبعًا وسبعين سنة، بسبب منشوراته حول الوضع في غزة، وما ورَدَ في واحد من كُتُبِه، بعد تسْع سنوات من نَشْرِهِ، وطلب الادعاء العام أيضًا حظر النشر على شبكة التواصل الاجتماعي –  X/Twitter – لمدة ستة أشهر وغرامة قدرها أربعة آلاف يورو، ومن المقرر أن يتم التصريح بالحُكم يوم الثامن والعشرين من أيار/مايو 2025.  

    شغل فرانسوا بورغات منصب مدير المجلس الوطني للبحوث العلمية، ونَشَر العديد من المؤلّفات المرجعية حول القضايا المتعلقة بالعالم الإسلامي وكذلك المتعلقة بالإستعمار ومخلفاته، وقد تمت محاكمته بتهمة الدفاع عن الإرهاب، وتم اعتقاله خلال شهر تموز/يوليو 2024، على إثر شكوى تقدمت بها المنظمة اليهودية الأوروبية، بتهمة « ترويج موقف ورواية حماس بشأن ما حدث يوم السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023  » وصرّح الأكاديمي الفرنسي في دفاعه خلال المحاكمة: « لم أُهنئ حماس قط يوم السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023، لكني أميل إلى تصديق الرواية التي قدمتها حماس للأحداث، في ظل الوضع الحالي »…

    إن محاكمة فرانسوا بورغات ليست حدثًا معزولا، بل تتنزل ضمن حملة قمع شديدة في فرنسا ومجمل الدّول الأوروبية، ضدّ النّقابيين والمناضلين « الإجتماعيين » والمناهضين للعولمة والدّاعمين لنضالات الشعوب، ومن بينهم الشعب الفلسطيني، وتمت في فرنسا محاكمة العديد من المناضلين غير المعروفين وكذلك من الشخصيات المعروفة بتهمة الترويج للإرهاب بسبب انتقادهم علناً لعمليات الإبادة الجماعية التي يرتكبها الكيان الصهيوني ضدّ الشعب الفلسطيني، ومن بينهم بطلة كرة السلة السابقة إيميلي غوميس، التي تم التّشهير بها خلال شهر شباط/فبراير 2024، بعد نشرها صُورة تُعبّر عن مدى التّدمير والقتل، وتعليقًا يُندّد بالإستعمار الإستيطاني الصهيوني لفلسطين،  ولم يسلَم نواب البرلمان الفرنسي من التّشهير ومن المُضايقات حيث تم تجميد عضوية نائب برلماني لمدة أسبوعَيْن بسبب شعار مناصر للشعب الفلسطيني، كما تواجه النائبة الفرنسية ( من أصل فلسطيني) في البرلمان الأوروبي « ريما حسن » أيضًا عدة دعاوى قضائية في أعقاب شكوى من وزير الداخلية، لأنها وصفت حماس بأنها حركة مقاومة، في بيان لوسائل الإعلام، ويواجه العديد من المُشاركين في حملة المُقاطعة الشاملة للكيان الصهيوني، ملاحقات بوليسية وقضائية وحملات تشويه…

    عُمومًا طبّقت السّلطات الفرنسية وَصْفَةَ السّلطات الأمريكية بخصوص قمع الطّلبة والشباب وكل من يُندِّدُ بالإبادة الجماعية في فلسطين ومقاطعة الشراكات المجامعات المتعاونة مع دولة الإحتلال في فلسطين بالتوازي مع الحملة المُعادية للعرب ومن تم تصنيفهم « مُسلمين »، حيث لا يختلف خطاب وممارسات السُّلطة مع خطاب اليمين المتطرّف، وطاوَلَ القمعُ المُؤيِّدين لدولة الإحتلال لكنهم يختلفون مع بَعَ ممارساتها وتم تأجيل أو إلغاء العديد من النّدوات العلمية والتاريخية، فضلا عن حَظْر التّجمّع والتّظاهر دَعْمًا للشعب الفلسطيني، أو لمجرّد التنديد ببعض ممارسات الكيان الصهيوني، وتمت إحالة بعض الباحثين إلى النيابة العامة من قبل نواب أو منظمات يهودية ويواجه العديد من الباحثين والنّقابيين ومناضلي « المجتمع المدني » ملاحقات قضائية بتهمة « مُعاداة السّامية » أو « تبرير الإرهاب »، لمجرد التّذكير بالسياق التاريخي لعملية المقاومة يوم السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023، وتعرّض كل من تجرأ على التذكير بأن « حماس جزء من المقاومة الوطنية الفلسطينية، أو من ذَكَّرَ بمساهمة الصناعات العسكرية الفرنسية في عمليات الإبادة، إلى المُلاحقة القضائية والتشويه الإعلامي، وتَتَعَمّدُ معظم وسائل الإعلام ( الحكومية والخاصّة) الخَلْط بين اليهودية والصّهيونية وبين دعم القضية الفلسطينية ومُعاداة السّامية ( وهي ظاهرة أوروبية بحتة) فيما رفضت وزارة التعليم العالي والبحث العلمي إمكانية مراجعة الشراكات مع الجامعات الصّهيونية أو شركات السلاح، ووظّفت الدّولة الفرنسية الجهاز السياسي والأمني والإداري والقضائي والإعلامي لتهميش صوت الدّاعمين للشعب الفلسطيني، وفرضت الحكومة إخضاع أي فعالية تتعلق بفلسطين أو بالوطن العربي أو بالإسلام أو قضايا الإرهاب، لعملية « تدقيق » ( أو رقابة ) وفي المقابل تُروّج الدّولة ومؤسسات الإعلام والبرلمان الرواية الصّهيونية التي تصور الصراع على أنه « مواجهة بين الحضارة التي تمثلها إسرائيل والهمجية التي يمثلها الفلسطينيون » وتطلب السلطات السياسية من الباحثين الأكاديميين إضفاء الشرعية على توجّهاتها، بدل تقديم منظور نقدي مُستقل، وأدّى قمع الطلبة وطاقم التّدريس الجامعي والبحث العلمي إلى عملية « تَبْسِيط فكْرِي » يتعمّد اختزال القضايا السياسية والاجتماعية في بُعد أمني، مما يُمثل عودة قوية إلى الفِكر الإستعماري، ومما يؤدي إلى تزايد نفوذ الأجهزة الأمنية والاستخباراتية في عمليات صنع القرار، باسم « المحافظة على النّظام العام »، وفق مرصد الانتهاكات ضد الحريات الأكاديمية، وهو منظمة غير حكومية فرنسية، ويُمثّل التفكير النّقدي والحُرّيات الأكاديمية مُؤشّرًا على حالة الدّيمقراطية والعدالة الاجتماعية، ويرتبط مفهوم العدالة والحرية للشعب الفلسطيني بالعدالة والحرية وتقرير المصير لشعوب العالم، وبما إن الفكر الإستعماري لا يزال سائدًا في فرنسا وفي الدّول الأوروبية الأخرى، فإن مبادئ المُساواة والعدالة أصبحت منبوذة، وأصبح خطاب اليمين المتطرف سائدًا على المستويات السياسية والإعلامية…  

    لا يعرف العديد منا سوى القليل عن الماضي الإستعماري لألمانيا قبل الحرب العالمية الأولى، والإبادة الجماعية والتّهجير القسري لسكان مستعمراتها الإستيطانية في ناميبيا وتنزانيا وتوغو والكامرون وسيراليوني وبوروندي ورواندا وبعض جزر المحيط الهادئ وغينيا الجديدة وسامُوَا وغيرها، ورافق هذا الإستعمار إيديولوجية « التَّفَوُّق العرقي » – التي استعادتها، ولم تخلُقْها، النّازية – والخطاب العُنصري ضدّ السّكّان الأصليين، كما لا يعرف الكثير منّا إن الطّوائف المسيحية البروتستَنْتِية الألمانية – التي ولدت المسيحية الصهيونية – أنشأت مستعمرات استيطانية في فلسطين، منذ عقد الستينيات من القرن التّاسع عشر، وأنشأ « فُرسان الهيكل » أهم مستوطناتهم في حيفا سنة 1868، قبل حوالي عشر سنوات من تأسيس أول مستعمرة استيطانية صهيونية مَوّلتها أُسْرة روتشيلد الثّرية، وتُظْهِر الوثائق المكتوبة درجة العنصرية التي اتّسم بها المُستوطنون الألمان الذين كانوا ضمن شبكة فكرية عابرة للحدود القومية، ألْهَمت مؤسّسي المنظمة الصهيونية العالمية ومشروعها وبرنامجها ووسائل عملها، وسعى المُستوطنون الألمان في فلسطين –بعد تأسيس المنظمة الصهيونية العالمية – إلى إلى تحقيق التقارب بين أهداف المنظمة الصهيونية العالمية والمصالح الجيوسياسية للإمبراطورية الألمانية في الشرق، ودعموا المشروع الاستيطاني اليهودي في فلسطين، وكان لنموذج الاستعمار الألماني التأثير الأقوى على مفهوم الاستعمار الإستيطاني الصهيوني في فلسطين، فكانت ألمانيا، المثال الذي يُحتذى به وفق المنظمات الإستيطانية الصهيونية، منذ سنة 1900 وكان البرنامج الإستيطاني الألماني في فلسطين يحظى بدعم سياسي ومالي من الإمبراطور فيلهلم الثاني (1859-1941)، الذي زار فلسطين سنة 1898، ومن سفير ألمانيا لدى الدّولة العثمانية، أدولف مارشال فون بيبرشتاين (1842-1912)، وبدعم من المصارف والشركات الألمانية ( شركات الصّلب والسكك الحديدية وشركات الزراعة…) ودويتشه بنك واللجنة الإقتصادية الإستعمارية الألمانية وغيرها، إلى أن غيّرت الحرب العالمية الأولى التوازنات الدّولية… غير إن العلاقات بقيت متينة بين زعماء الحركة الصهيونية والسلطات الألمانية، بما فيها السلطات النازية التي عقدت وفاقًا مع الحركة الصهيونية لإرسال اليهود إلى فلسطين حَصْرًا واستخدام الأموال والممتلكات المُصادَرَة لشراء آلات وتجهيزات وسلع من ألمانيا، ولا تزال ألمانيا، سنة 2025، ثاني أكبر داعم سياسي واقتصادي وإيديولوجي للكان الصهيوني…

    هذه جُذور العلاقات المتينة والدّعم المُطلق من قِبَل سُلطات ألمانيا الحالية للكيان الصهيوني، وازدهار إيديولوجية اليمين المتطرف وقمع أي شكل من أشكال التّضامن مع الشعب الفلسطيني…

    شاركت 25 مدينة في العالم، في تظاهرة تضامن مع الشعب الفلسطيني، يوم الجمعة 25 نيسان/ابريل 2025، وفي مدينة رام الله بالضّفة الغربية اختار المُتظاهرون مقر الممثلية الألمانية في المدينة للتعبير عن التّضامن مع أشقائهم في غزة، واحتجاجًا على الدّعم الألماني المُطلق للإحتلال الصهيوني ولعمليات الإبادة الجماعية.

    في ألمانيا، حذّر اتحاد الصّحافيين، منذ يوم الإثنين الثالث من شهر أيار/مايو 2021، بمناسبة اليوم العالمي لحرية الصحافة، من تدهور وضع الحريات العامة وبالخصوص حرية النّشر والإعلام وحذرت منظمات وسياسيون محلّيُّون من التهديدات التي يتعرض لها الصحافيون، والتي تُقوّض استقلالية الإعلام وأُسُسَ الديمقراطية، وأشار فرانك أوبرال رئيس اتحاد الصحفيين الألمان إلى تضاعف عدد أعمال العنف ضد صحفيين خمس مرات خلال عام واحد، ولم يدعم السياسيون وجهاز الشرطة والقضاء و »المجتمع المدني » الصحافيين الذين تم الإعتداء عليهم…

    في هذا المناخ السياسي الذي طَغَت عليه إيديولوجيات اليمين المتطرف، زادت انتهاكات حرية التعبير والإعتداء الجسدي على الصحافيين وزاد انتشار المعلومات المُظلِّلَة حول المهاجرين واللاّجئين والشعوب الفقيرة والواقعة تحت الإحتلال ومن بينها الشعب الفلسطيني الذي يتعرّض للإبادة، وفي هذا الإطار وخلال نفس السنة ( 2021) نشر الموقع الحكومي للإذاعة والتلفزيون  » دويتشه فيللّه »، منتصف شهر حزيران/يونيو 2021، نتائج استطلاع واسع بشأن حرية التعبير في ألمانيا « ويعتقد نصف الذين شملهم الإستطلاع « إن حرية التعبير تدهورت في ألمانيا بشكل غير مسبوق… ( لأنه) لم يعد بوسعهم التعبير عن رأيهم بحرية كاملة »، وهو ما ينطبق تمامًا على أصحاب الرأي المخالف للإيديولوجية السائدة بشأن الإستعمار الإستيطاني الصهيوني وبشأن معاناة الشعب الفلسطيني، بشهادة غير العرب، ففي بداية سنة 2024، أطلق أكثر من 500 فنّان وسينمائيّ وكاتب وعامل في المجال الثقافي من مختلف أنحاء العالم حملة ضدّ موقف ألمانيا من العدوان الصهيوني على فلسطينيي غزّة، وطالبو المبدعين والمثقفين الألمان (وغيرهم ) بالتوقّف عن التعاون مع المؤسّسات الثقافية الألمانية التي تموّلها الدولة، والتي تدعم الكيان الصهيوني وتفرض رقابة على حرية التعبير، ووَرَدَ في بيان هذه الحملة: « إن ألمانيا تبنّت سياسات كارثية تقمع حرّية التعبير، وتحديداً التعبير عن مختلف مظاهر التضامن مع الشعب الفلسطيني، سواء من خلال قمع المظاهرات الشعبية، أو رقابة البرامج الثقافية أو إلغاء بعض المحاضرات والندوات… ولم يتوقّف الأمر عند ذلك، بل قامت السلطات المختصّة أيضاً بمنع المساعدات اللازمة لتلك الجمعيات والهيئات الثقافية التي نظّمت تظاهرات وفعاليات تُندّد بالعدوان وتدعم الشعب الفلسطيني الذي يتعرض للقتل على يد قوّاتٍ مدعومةٍ من ألمانيا بمعدّل غير مسبوق (لذا ) أصبح من المهمّ الآن أكثر من أي وقت مضى أن يرفض المثقّفون في ألمانيا وخارجها هذه العنصرية المناهضة للفلسطينيّين بطريقة حازمة وعلنيّة ومقاطعة المنظّمات التي تنشر أو تغطّي مثل هذه العنصرية ».

    بعد ذلك بفترة قصيرة، اشتكى بعض المناصرين للقضية الفلسطينية  (يوم 29 نيسان/ابريل 2024 ) من الضغوط المفرطة والقُيُود والقمع الذي تمارسه بحقهم السلطات الألمانية التي يعتبرونها مسؤولة عن الحدّ من حريتهم في التعبير الذي أصبح مكشوفًا منذ انطلاق الموجة الحالية من الإبادة الجماعية للشعب الفلسطيني، ومن الأمثلة التي أوردها هؤلاء، عدم السماح في العاصمة برلين، لأطفال الفلسطينيين بالذهاب إلى المدرسة مع ملصقات تضم صورًا للوشاح الفلسطيني أو الأعلام الفلسطينية، ومارست قوات الشرطة عُنفًا وقسوة غير عاديَّيْن ضد المتظاهرين المندّدين بالعدوان الصهيوني، فضلا عن تفتيش منازل العرب والفلسطينيين واعتقال العديد منهم، وألغت السلطات الألمانية العديد من الدّعوات التي وجّهتها منظمات محلية ألمانية إلى مُثقفين وأكاديميين وأطباء وفنانين من مناطق مختلفة من العالم للإدلاء بشهادتهم حول ما يجري في فلسطين المحتلة، من ذلك منع طبيب فلسطيني ووزير سابق للمالية في اليونان من دخول ألمانيا للمشاركة في تظاهرة تحت عنوان « مؤتمر فلسطين » في برلين بداية من 12 نيسان/ابريل 2024، ومزقت الشرطة لافتات تُندّد بحرب الإبادة و بتزويد ألمانيا الجيش الصهيوني بالسلاح الألماني، ومنعت أفراد مجموعة إيرلندية من الغناء بلغتهم الخاصة التي يعترف بها الإتحاد الأوروبي ( 19 نيسان/ابريل 2024)، وحظرت الشرطة رفْع العلم الفلسطيني والتحدث باللغة العربية ( أي منع الهتاف والشعارات باللغة العربية) في الاعتصامات والاحتجاجات ( وهو ما يحصل كذلك في فرنسا)، وأصبحت « معاداة السامية  » ( التي نشأت وتمت ممارستها في أوروبا حصريًّا) تُهمَةً يتمّ توظيفها لأغراض سياسية بهدف تشويه ومحاكمة المُعارضين للإبادة الجماعية…

    أقَرّ مجلس النواب الألماني »البوندستاغ » ( كانون الأول/ديسمبر 2024) قانونًا جديدًا « لمكافحة معاداة السامية والعداء لإسرائيل في المدارس والجامعات وحماية اليهود في ألمانيا (…) وقَطْع التمويل الحكومي للجماعات والمنظمات والأفراد الذين ينتقدون الحكومة الإسرائيلية » وتعمّد القرار الخَلْط بين اليهود والصهيونية وحكومة الكيان الصهيوني، وفق ما ورد في نص وقّعه مثقفون من يهود ألمانيا…  

    من جهة أخرى رفضت حكومة ألمانيا وأغلبية النواب في برلمانها تطبيق مذكرة الإعتقال التي أصدرتها المحكمة الجنائية الدّولية يوم 21 تشرين الثاني/نوفمبر 2024، ضد رئيس حكومة العدو الصهيوني ووزير الحرب بتهمة  » ارتكاب جرائم حرب وجرائم ضد الإنسانية، وخلق وضع معيشي يهدف القضاء على جزء من السكان المدنيين في غزة »، وبذلك يجري تمكين المجرمين الصهاينة من الإفلات من العقاب من قِبَل حكومات ألمانيا وفرنسا وبريطانيا والولايات المتحدة والمَجَر وغيرها.

    تجدر الإشارة إلى اقتصار الحظر على المظاهرات المندّدة بالكيان الصهيوني والدّاعمة للشعب الفلسطيني ( مع حالات قليلة أخرى) سواء في ألمانيا أو غيرها من الدّول الأوروبية، فيما تظاهرت الحركات السياسية اليمينية المتطرفة، التي تُرَوِّجُ « خطاب الكراهية » بل تمارس العنف والقَتْل ضد المهاجرين في إيطاليا وألمانيا وفرنسا وبريطانيا وغيرها، غير إن ألمانيا بالغت في القمع ( المَوْروث من النّازية؟) فقد أصدرت حكومتها تحذيرا لكل من المواطنين الألمان والمهاجرين الذين يعرضون أي شكل من أشكال الدعم المعنوي للشعب الفلسطيني في غزة، مهددة بعواقب وخيمة، بما في ذلك السجن، وأثار هذا القرار جدلا واسعًا لأنه قمع سافر يعكس نهجًا انتقائيًّا لحقوق الإنسان وحرية التعبير، مما يقوض أسس المجتمع الديمقراطي المزعوم…

    لو اتخذنا القضية الفلسطينية كمعيار، يمكننا التّأكيد على « اختفاء » حرية التعبير في أوروبا ( وفي النّظام الرأسمالي النيوليبرالي عموما)، ويستخدم القضاة قوانين « مكافحة الإرهاب » كوسيلة شاملة لفرض عقوبات تعسفية، بينما تتمتع المنظمات الصهيونية ومجموعات اليمين المتطرف الدّاعمة للكيان الصهيوني، بحرية التعبير والحركة والتصرف، وتتمتع بالحصانة وبحماية الشرطة والقضاء والإفلات من المحاسبة ومن العقاب، مما شجعها على زيادة تنفيذ أعمال العنف والتهديد الذي يستهدف العرب والمهاجرين ومناضلي المنظمات الدّيمقراطية التي تُندّد بالعدوان الصهيوني، وذلك بالتواطؤ مع سلطات الدول الأوروبية والمُفوضية الأوروبية ( وهي سلطة غير منتخبة وتُمثل الحكومات) وأغلبية نواب البرلمان الأوروبي، حيث تواطأت هذه المؤسسات والقوى علنًا مع الكيان الصهيوني في عمليات الإبادة الجماعية التي تُرتكب ضد الشعب الفلسطيني في غزة وفي الضفة الغربية…

    الطّاهر المعز

Note : 5 sur 5.

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Note : 4 sur 5.

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– Sarah, New York

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– Olivia, Paris